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    Avec une promenade dans la Propriété Caillebotte...

     

    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

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    Pour ce mardi, j'ai songé à deux poèmes, lus lors d'une promenade à Yerres où, comme je l'ai exprimé, j'aime beaucoup aller. Poèmes en résonance avec le thème du Tableau de Samedi dernier consacré aux rivières. Une passerelle d'inspiration, cette semaine, entre le mardi et le samedi.

     

    Ces poèmes sont issus du programme des Francopoésies d'Yerres de 2003.

     

    Claude Albarède, poète contemporain Yerrois, Riv'Yerres

     

    « Comme une langue sans fin

    entre ses rives

    Comme de la poésie

    entre deux lèvres

    Elle coule de source

     

    C'est quoi couler de source ?

    sinon aller son chant

    d'un arbre à l'autre

     

    D'un mot à l'autre

    Aller son rêve... »

     

    Claude Albarède

     

     

    Jean-François Ducis (1733-1816), poète, dramaturge, écrivain spécialiste de Shakespeare, A la rivière d'Hière...

     

    « Sur tes rives, charmante Hière

    Vois sans trouble ainsi que tes flots

    Couler les jours d'un solitaire

    Qui te demande le repos

    Que ce champ de ton eau féconde

    Soit pour moi les bornes du monde,

    Soit pour moi l'univers entier,

    Que mon esprit jamais ne songe

    Qu'à ce saule, à ce peuplier

    Qui couvre ton eau vagabonde !

    Assez ton bord hospitalier

    De grâce et de fraîcheur abonde

    Ah! S'il se peut, prête à ton onde

    La vertu de faire oublier. »

     

    Jean-François Ducis a chanté l'Yerres/Hière à travers d'autres vers...

     

    « Bords de l'Hière, aimés de Flore,

    Vous m'attirez ; je viens vers vous.

    Les vents ont quitté leur courroux ;

    Les bourgeons sont tout près d'éclore ;

    Le ciel sourit, l'air est plus doux ;

    Le tendre rossignol, pour nous,

    Va donc bientôt chanter encore. »

     

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    L'Yerres, entité miroitante, indissociable de la vie des lieux, irrigue les différents chemins de la propriété Caillebotte, comme je prenais grand plaisir à vous le dire samedi. Puissance esthétique et matricielle, dans le regard des peintres, elle est un territoire de loisirs où règne une élégante sociabilité. Les œuvres de Gustave Caillebotte témoignent de l'attraction exercée par sa présence.

     

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    Les bords de l'Yerres sont indissociables des charmes de la propriété Caillebotte où des « fabriques », séduisants petits édifices, constructions pittoresques évoquant l'architecture en vogue dans plusieurs pays, se dressent parmi la végétation.

     

    Pagodes, kiosques, pyramides, temples, tourelles, colonnes, ponts miniatures, chaumières... se sont ainsi multipliés, aux XVIIe et XVIIIe siècle, un peu partout en Europe, dans de nombreux parcs et jardins. Les fabriques ont été créées en Angleterre vers les années 1750, « adoptées » dans la foulée en Allemagne et en Suède et très appréciées en France surtout à partir des années 1770. Elles symbolisent les étapes d'un voyage à travers les beautés du monde mais aussi les différents aspects d'un voyage intérieur.

     

    Florilège de plaisirs architecturaux...

     

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    Le KIOSQUE ORIENTAL et la GLACIÈRE : deux fabriques qui n'en forment qu'une...

     

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    Le Kiosque, belvédère de conception romantique, offrait jadis au visiteur la possibilité de considérer le paysage à partir d'un « nouveau » point de vue. Il est agrémenté d'un décor de style oriental : les panneaux sont encadrés de faux bambous et décorés de fleurs de lotus qui symbolisent la sagesse. Les vitraux sont ornés ça et là de griffons, en référence au Mont Griffon, point culminant d'Yerres (115 mètres) qui se situe dans l'axe visuel de l'édifice. On n'y accède plus mais ses portes se rouvriront peut-être...

     

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    Couverte d'une butte de terre surmontée du kiosque et profonde de sept mètres, la Glacière fut construite, vers 1830. On y entreposait la glace naturelle, entre des couches de paille, afin de conserver les aliments.

     

    Sa porte d'accès est encadrée par un « enrochement de meulière » en forme de grotte.

     

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    A proximité, se dressent une CHAUMIÈRE dite NORMANDE et une ravissante petite CHAPELLE appelée NOTRE-DAME DU LIERRE.

     

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    La Chaumière était la réserve à outils de la propriété. On y entreposait entre autres les objets nécessaires à la récupération de la glace. Ses portes à croisillons de bois sont caractéristiques de l'architecture dite de montagne. Ses murs sont appareillés en pierres de meulière et son toit aux pentes fortement marquées était autrefois couvert de chaume.

     

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    Notre-Dame du Lierre, petite chapelle aux lignes pures, fut consacrée en 1864. Elle fut construite pour Alfred Caillebotte, demi-frère de Gustave, qui était prêtre et son nom est emblématique du charme bucolique de l'endroit.

     

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    Elle apparaît comme un ancien lieu de culte lunaire associé à une déesse mère parée de lierre, le « Gort » de la tradition celtique qui signifie « l'embrassement » et elle est liée à la rivière Yerres. Le nom qu'elle porte est le fruit d'un jeu d'écriture.

     

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    La promenade se poursuit autour du CASIN, maison de campagne à l'italienne, rythmée par de jolies colonnes, érigé dans les années 1860, à l'initiative de Martial Caillebotte, père de Gustave, sur les vestiges de l'Hôtel de Narelles, manoir Renaissance de Nicolas Budé, le dernier seigneur d'Yerres. Il ne reste de cette construction que des caves voûtées qui ne se visitent pas.

     

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     Les façades de ce bâtiment aux lignes élégantes et pures ont été réhabilitées de 1997 à 2001.

     

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    Caillebotte, Le Parc à Yerres avec le Casin, 1877.

     

    On y admire des frises sculptées qui évoquent des divinités antiques, sans précision particulière.

     

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    Le « casin » a engendré le mot « casino » qui signifie littéralement « petite maison » et désigne un lieu de détente situé à l'écart des activités trop intenses de la ville.

     

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     Un peu plus loin, apparaît L'ORANGERIE, bâtiment néo-classique dont la façade principale est orientée plein sud afin de recueillir un maximum de lumière et de chaleur solaires.

     

    A l'époque de Gustave Caillebotte, elle abritait non seulement des orangers, des citronniers, des grenadiers et des mandariniers mais aussi de superbes collections d'orchidées qui ne sont plus visibles aujourd'hui.

     

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    Joliment restauré, le bâtiment dévoile ses fins ornements : une nymphe gracieuse et une séduisante Vénus assise sur un dauphin fantastique.

     

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    Le CHALET SUISSE, beau bâtiment de bois agrémenté d'élégantes découpures nous montre ses couleurs. Utilisé comme laiterie, à l'époque de Gustave Caillebotte, il a accueilli pendant des années un restaurant gastronomique : celui du chef Philippe Detourbe.

     

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    Près du Chalet Suisse, se dresse une statue que j'aime beaucoup :

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    L'ENFANT A L'OIE

     http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-propriete-caillebotte-l-exedre-et-l-enfant-a-l-oie-a130536836

     

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    La rivière Yerres nous invite à découvrir de très jolis espaces autour de ses miroitements. Au fil du temps, j'aurais d'autres promenades « en vert » à vous montrer...

     

    Merci pour vos messages et votre fidélité, je vous souhaite de très agréables journées d'été !

     

    N'oubliez pas de bien vous reposer...

     

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    Bien affectueusement...

     

    Cendrine

    Plume

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    23 commentaires
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    Merci pour vos gentilles pensées et les petits mots déposés sur mon blog.

    Je reviens doucement avant ma prochaine pause. Les jours derniers ont été compliqués. Plusieurs crises d'épilepsie (neuf crises en trois jours), la crainte que se rouvrent les blessures de mon bras, la douleur intense résultant des « vrillages » pendant les crises, les saignements des muqueuses, la vision floue etc...

    Je teste un nouveau dosage de protocole de soins et comme je le dis chaque fois, « on verra bien, on y croit ! » Garder le Moral, Garder Espoir...

    Pensées pour vous tous, bonne convalescence à plusieurs d'entre vous (Zaza, Fabienne, Annick... je ne vous cite pas toutes et tous mais le cœur y est, vous le savez, je vous soutiens bien fort, chers Aminautes) et place au Tableau du Samedi...

     

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    En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

     

    https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

     

    Le thème des 4 et 11 Juillet proposé par Fardoise est « Des rivières pour nous rafraîchir.. ».

     

    http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

     

    Merci à Fardoise et à Lilou

     

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    J'ai choisi une toile du peintre impressionniste Gustave Caillebotte (1848-1894), génie atypique dont les œuvres reflètent un sens très particulier de l'art du cadrage, considéré comme photographique.

     

    Avec Christophe, nous allons à chaque fois que c'est possible à Yerres, dans l'Essonne, nous promener autour de la propriété familiale de l'artiste, d'où mon choix de publication.

     

    Nous papillonnons dans les allées et les petits coins secrets du parc Caillebotte : lieu d'agrément de onze hectares entourant la demeure, peuplé de grands arbres et de fabriques, petits édifices pittoresques et j'imagine Gustave arpentant les lieux avec ses toiles et ses pinceaux à la main... Yerres se situe sur notre ligne de RER, la ligne D. C'est un endroit que nous aimons beaucoup ! J'ai hâte de pouvoir y retourner.

     

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    Gustave Caillebotte nous conduit sur les bords de l'Yerres, affluent de la rive droite de la Seine, qui irrigue les lieux. Cette rivière, en partie souterraine sur son cours supérieur, naît en Seine-et-Marne, à Courbon, près de l’étang de Guerlande. Elle « nourrit » les villages de Soignolles-en-Brie et de Brie-Comte-Robert, traverse le département de l’Essonne et rejoint la Seine à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Sinueuse à son point de départ, elle se nourrit de sources et de rus pour franchir autant de communes rurales que d'espaces très urbanisés. Son principal affluent se nomme Le Réveillon.

     

    Gustave Caillebotte a peint près de quatre vingt dix toiles sur ses berges végétalisées et pendant plusieurs années, ses amis artistes ont pris plaisir à le rejoindre à Yerres pour écrire, peindre et deviser au bord de l'eau.

     

    Martial Caillebotte, père de Gustave, a acquis ce lieu de villégiature pour en faire la résidence d'été familiale et ainsi « échapper » aux nouvelles contraintes du Paris Haussmannien. Martial Caillebotte avait fait fortune en fabriquant des toiles à matelas pour l'Armée Française. Son entreprise se nommait « Service des lits militaires ».

     

    Dans les années 1860, Martial Caillebotte fit ériger bien des merveilles à Yerres. La Propriété qui vit le jour appartient depuis 1973 à la commune d’Yerres qui l’a entièrement restaurée. Haut lieu de l’Impressionnisme, elle est considérée comme l'équivalent de l’atelier et du jardin de Claude Monet à Giverny.

     

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    Dès l'âge de douze ans, Gustave Caillebotte a particulièrement aimé cet endroit. Pensionnaire tout au long de l'année hormis en été, il pouvait retrouver ses parents aux grandes vacances et profiter, à Yerres, d'un bonheur bucolique. Ce fut donc naturellement qu'il se mit à peindre les différents points de vue et les endroits pittoresques du parc ainsi que la rivière.

     

    Entre 1875 et 1879, plusieurs de ses tableaux majeurs ont été peints dans l'écrin verdoyant de la demeure. Il a cheminé le long de la rivière, étudié les jeux d'ombre et de lumière sur les façades des différentes dépendances, observé l'évolution du potager... Son style atypique s'est défini à cette époque là, mêlé de poésie impressionniste et d'une modernité très personnelle.

     

    En 2014, quarante trois de ses œuvres ont été exposées à Yerres et le rendez-vous était d’autant plus exceptionnel que ces tableaux n’avaient jamais été, pour la plupart, présentés devant le public.

     

    On a donc pu admirer les œuvres peintes au bord de la rivière dont le célèbre triptyque peint en 1878 qui se compose de Pêche à la ligne, Baigneurs, bords de l’Yerres et Périssoires sur l’Yerres ainsi que l’œuvre intitulée Partie de Bateau, dit aussi Canotier au chapeau haut de forme.

     

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    Partie de bateau dit aussi Canotier au chapeau haut de forme, 1875-1878, collection particulière. Deuxième tableau de Caillebotte que j'ai choisi pour ce samedi.

     

    Ce tableau fut raillé, moqué, décrié de manière très violente, par les critiques à l'Exposition Impressionniste de 1879 où le trio de toiles fut présenté sous la forme de panneaux décoratifs.

     

    Ce célébrissime tableau, peint à Yerres, fut qualifié en son temps de « fantaisie ultra-naturaliste » ce qui se voulait très péjoratif. Le modèle est inconnu. Un homme en tenue de ville capte l'attention du spectateur. La vigueur du mouvement est hautement perceptible. La composition est très originale et moderne : le champ de vision n'accueille qu'une partie du corps du personnage dont le regard, détourné de celui du spectateur, effleure le vague de l'atmosphère... Avec cette œuvre profondément personnelle, Caillebotte a rompu avec toutes les conventions de l'art ce qui lui fut intensément reproché.

     

    Quant aux périssoires, Caillebotte les appréciait beaucoup. Il a peint plusieurs fois leurs glissades aquatiques et les couleurs envoûtantes de l'Yerres.

     

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    La périssoire, sous sa forme monoplace, est un canot qui mesure entre trois mètres cinquante et quatre mètres de longueur. Il existe des périssoires de course qui sont environ deux fois plus grandes.

     

    Embarcation très maniable mais susceptible de chavirer facilement, d'où la référence au verbe « périr », la périssoire était très en vogue au XIXe et au début du XXe siècle, en Europe et dans le Nouveau Monde. Elle dérive de la pirogue Cajun, utilisée par les Français de Louisiane et fut peu à peu détrônée par le canoë kayak.

     

    Je suis charmée par ces personnages qu'emportent les mouvements de l'eau, avec douceur et dans une harmonie de teintes fines et précieuses : du bleu, du vert, du jaune citronné doré... Les arbres, le long de la berge, contemplent la scène... Instants choisis, légers, privilégiés... Une alchimie de petits bonheurs !

     

    Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une autre rivière, l'Epte, célébrée par Václav Radimský (1867-1946), artiste tchèque Impressionniste.

     

    http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-vaclav-radimsky-la-riviere-epte.html

     

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    Belles pensées pour vous et amitiés sans modération !

     

    Plume

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    BLOGUEUSE EN PAUSE QUELQUES JOURS

     

    Merci pour vos pensées chers Aminautes

    Nouvelle phase de soins et de convalescence pour mon épaule droite, mon omoplate, mes vertèbres. Je dois aussi reposer le côté gauche qui « compense ».

    J'ai promis de ne pas toucher à l'ordinateur à chacune de ces phases, je m'y tiens...

    Les soins déjà pratiqués m'ont fait du bien, je me sens mieux mais il y a encore du travail à effectuer et surtout, à chaque nouvelle crise d'épilepsie (vu ma pharmaco-résistance), les progrès peuvent être détruits ou fortement ralentis.

    J'ai davantage de force dans mon bras, je pratique mes exercices assidûment tous les jours et j'espère que les choses continueront à s'améliorer. Sans crise qui ravage tout, surtout. Je croise les doigts...

     

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    Je pense bien à vous et aux aminautes qui affrontent des problèmes de santé. Je suis de tout cœur avec vous.

     

    Merci aux personnes, inquiètes, qui m'ont demandé des nouvelles au sujet du foyer de coronavirus de Sarcelles. Je réponds ici. Depuis février, avec Christophe, nous avons été au milieu de cas de coronavirus, il y en a eu beaucoup autour de chez nous et là, ça a empiré. Nous faisons attention et nous souhaitons le meilleur rétablissement possible à celles et ceux qui en sont atteints.

     

    https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/a-sarcelles-il-y-a-quatre-fois-plus-de-tests-positifs-au-coronavirus-qu-en-ile-de-france-17-06-2020-8337585.php

     

    https://www.bfmtv.com/sante/val-d-oise-l-apparition-de-27-cas-de-coronavirus-inquiete-a-sarcelles_AV-202006190082.html

     

    Gardons foi en l'avenir et préservons ceux que nous aimons...

     

    Merci de votre gentillesse, je vous embrasse bien affectueusement !

     

    Cendrine

     

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    Plume

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    Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées pour sa famille et ses ami(e)s.

     

    J'ai choisi un poème que j'aime intensément depuis longtemps et que je me récite souvent.

     

    Je veux « l'offrir » en ce mardi 16 juin à mon Christophe adoré en lui souhaitant un très Joyeux Anniversaire avec plein de facéties et de gourmandises à partager, la tête dans les étoiles et nos cœurs dans le même brasier...

     

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    ©Marie Cardouat

     

     

    « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

    Un rond de danse et de douceur,

    Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

    Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

    C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

     

    Feuilles de jour et mousse de rosée,

    Roseaux du vent, sourires parfumés,

    Ailes couvrant le monde de lumière,

    Bateaux chargés du ciel et de la mer,

    Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

     

    Parfums éclos d’une couvée d’aurores

    Qui gît toujours sur la paille des astres,

    Comme le jour dépend de l’innocence

    Le monde entier dépend de tes yeux purs

    Et tout mon sang coule dans leurs regards. »

     

    Paul Eluard (1895-1952), poème écrit en 1926.

     

    Pour les personnes intéressées, voici un lien pour accéder à une excellente biographie et à une chronologie des œuvres d'Eluard.

     

    https://eluard.org/

     

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    J'illustre ce poème avec une sculpture que j'aime infiniment pour sa force et sa simplicité. Elle est issue d'un ensemble de sculptures réparties dans le Quartier de la Défense, le long de l'Esplanade du Général de Gaulle, qui mène à la Grande Arche. Ces sculptures regroupées sous le terme « La Danse » sont des jardinières qui mêlent le béton et le grès, des émanations de matière « intense » et matricielle, situées dans ce qu'on appelle le Jardin de la Place Basse. Je vous en reparlerai bientôt avec des articles sur La Défense.

    Cette sculpture d'amour, datant de 1983, entre joliment en résonance, je trouve, avec les mots de Paul Eluard. Elle est l’œuvre de Shelimo Selinger, artiste Franco-Israélien né en 1928 en Pologne. Interné dans les camps nazis, l'artiste ne cessa, en contraste avec ce qu'il avait vécu, de multiplier les œuvres « douces ». Il choisit la beauté et l'amour pour s'exprimer. En 1989, François Mitterrand l'a fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il est appelé « le sculpteur de lumière ».

     

     

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    Très Joyeux Anniversaire à mon Christophe et aussi à l'une de mes amies qui se reconnaîtra, sous le signe du Farfadet... Sourires et secrets murmurés sur un chemin bordé de pavots...

     

    Avec une infinité de gros bisous !

     

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    Plume

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    En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

     

    https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

     

    Pour les 6 et 13 juin 2020, le thème proposé par Fardoise est « Nos petits compagnons ». Qu'ils soient Chiens, Chats ou NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).

     

    http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

     

    Fort joli thème, je persiste à l'écrire...

     

    Après vous avoir présenté la semaine dernière des oiseaux familiers (moineau et chouette), je ne résiste pas au plaisir de présenter cette jeune femme au chat, un tableau que j'aime énormément !

     

    Le cadrage de l’œuvre me ravit, de même que la robe rouge chic et sensuelle, l'attitude « stylée » du personnage et celle du chat noir, pleine de douceur voluptueuse... Cette réalisation remarquable est signée par le peintre américain John White Alexander (1856-1915).

     

    Tant de beauté jaillit de cette rencontre entre la femme et le chat ! J'y reviendrai tout à l'heure...

     

    Nous entrons dans un univers féminin, ardent, rêveur et tissé d'élégances, celui de John White Alexander qui naquit, en 1856, dans la ville d'Allegheny, en Pennsylvanie. L'artiste eut une vie truffée de rencontres très intéressantes.

     

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    Orphelin dès son plus jeune âge, il fut élevé par ses grands-parents et dut travailler comme télégraphiste, dès l'âge de douze ans. Ce fut à cette époque qu'il manifesta des aptitudes pour le dessin.

     

    En 1875, âgé de 18 ans, il s'installa à New York et débuta comme illustrateur et caricaturiste politique dans le célèbre hebdomadaire des frères Harper intitulé le Harper's Weekly.

     

    Le Harper's Weekly fut, le 14 janvier 1893, le premier journal américain à publier une aventure de Sherlock Holmes. Il s'agissait de La Boîte en carton.

     

    Au Harper's Weekly, John White Alexander rencontra de nombreux écrivains et de prestigieux illustrateurs comme Howard Pyle (1853-1911), Joseph Pennell (1857-1926) et Edwin Austin Abbey (1852-1911). Après deux années d'apprentissage intensif, il quitta New York pour découvrir l'Europe.

     

     

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    Après un bref séjour à Paris, il se rendit en Allemagne où il devint l'élève du peintre académique hongrois Gyula Benczúr (1844-1920), à la Kunstakademie de Munich.

     

    Il rejoignit ensuite en Bavière (dans le village de Polling) le cercle artistique de Frank Duveneck (1848-1919), peintre américain d'origine allemande et il rencontra des artistes prestigieux comme le peintre William Merritt Chase (1849-1916) et le romancier Henry James (1843-1916).

     

    Quelques temps après son apprentissage auprès de Frank Duveneck, John White Alexander découvrit les splendeurs de Venise et le travail remarquable du peintre et graveur James Abbott Mac Neil Whistler (1834-1903) dont les créations oscillaient entre Réalisme, Symbolisme et Impressionnisme.

     

    L'inspiration de John White Alexander fut à ce moment là nourrie par l'extraordinaire lumière émanant du ciel de Venise, par les formes changeantes et les mystérieux reflets de l'eau. Fasciné par les effets de matière et les ruissellements dorés de la lumière à la surface des tissus et par des maîtres comme Diego Velasquez (1599-1660) et Frans Hals (1580-1666), il poursuivit son apprentissage à Florence, à Paris et aux Pays-Bas.

     

    Il regagna les États-Unis en 1881 pour enseigner le dessin à l'Université de Princeton et ses portraits de jeunes femmes aux robes magnifiques suscitèrent l'engouement des critiques et du public.

     

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    Il vécut à Paris de 1890 à 1901 et bénéficia d'une solide renommée fondée sur le charme et la profondeur psychologique émanant des sujets qu'il représentait. Il multiplia les portraits féminins et les portraits d'intellectuels célèbres comme celui du poète Walt Whitman (1819-1892), réalisé en 1889, qui constitue un moment majeur dans son art.

     

    Ses œuvres connurent un immense succès au Salon de 1893 et à l'Exposition Internationale Carnegie. Il fut élu membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et fréquenta des artistes comme Auguste Rodin, Octave Mirbeau, Henry James, Oscar Wilde...

     

    Membre émérite de l'Académie Américaine des Arts et des Lettres, il reçut la Médaille d'Or à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 et à l'Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904. Il devint Chevalier de la Légion d'Honneur en 1901.

     

    Ses œuvres sont exposées dans nombre de musées prestigieux comme le Metropolitan Museum of Art, le Musée des Beaux-Arts de Boston, la Bibliothèque du Congrès à Washington ou encore le Musée d'Art de l'Institut Carnegie à Pittsburgh... Il est un artiste incontournable !

     

    Profondément marqué par l'intensité psychologique des rêveries et des pensées féminines, l'art de John White Alexander honore la beauté des matières, la vibration de la couleur et la gracilité des lignes. C'est un voyage étoffé d'émotions très subtiles comme celui qui nous emporte à travers « La femme au chat »...

     

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    Avec son pelage d'obsidienne qui saisit la lumière, le chat de la toile nous invite à voyager dans l'univers des mystères félins.

     

    Le chat est par nature associé à la femme, à ses émotions, ses lunes, ses pensées et ses songes. Le chat est lié, de manière très intime, aux différentes étapes de la féminité. Dans l'Antiquité, il était l'apanage des déesses du foyer et de la maternité à l'instar de Bastet, la puissante divinité égyptienne de l'amour, de la naissance, de la musique et des parfums.

     

    Dans l'Égypte ancienne, les chats étaient appréciés pour leur agilité, leur beauté et leur capacité à chasser les rats qui véhiculent des maladies comme la peste. Protecteurs des moissons, ils devinrent des compagnons au sein du foyer. Considérés comme des divinités familières, ils reçurent le nom de Miw et furent consacrés à Bastet. A leur mort, ils étaient embaumés et rejoignaient Bubastis, la capitale sacrée de la déesse chatte, célébrée le 5 février.

     

    Entité féline, protectrice de la maternité, Bastet régnait sur la famille. On la représentait comme une chatte au regard énigmatique ou comme une femme à tête de félin. On la contemple, dans les temples et les musées, allaitant sa portée de chatons ou parée de bijoux, incarnant la sensualité de la femme, maîtresse de la beauté, des ornements et des parfums.

     

    Elle joue souvent du sistre, un instrument de musique qui émet des sortes de cliquetis, représenté sur de nombreux éléments de parure, que l'on agitait comme un hochet.

     

    Déesse chatte, douce, maternelle et nourricière, Bastet est l'incarnation apaisée de l’œil de Rê, le dieu soleil, dont la représentation féroce est la déesse lionne Sekhmet, redoutable guerrière.

     

    D'autres déesses étaient associées au Chat, le gardien de la connaissance des cycles lunaires. En l'occurrence Diane/Artémis, déesse Lune dans l'antiquité gréco-romaine et Freya/Freyja, déesse de l'Amour, de la Magie, de la Terre et de la Fertilité dans la mythologie nordique...

     

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    Le chat est également apprécié dans le monde musulman. Le prophète Mahomet préféra déchirer la manche de sa tunique plutôt que de rompre le sommeil de sa petite chatte Muezza. Il lui accorda, ainsi qu'à ses descendants, la capacité de retomber sur ses pattes.

     

    Ce petit félin fut introduit en Europe sur les navires marchands grecs. Il devint le protecteur des greniers. Il fut aussi considéré comme un veilleur magique.

     

    Dans plusieurs pays du nord de l'Europe, des chats lutins apportent dans les habitations la richesse et la prospérité. En Allemagne, ce sont des pourvoyeurs en nourriture.

     

    Les chats noirs ont hélas été si souvent honnis, pourchassés, assassinés... au nom des peurs ancestrales associées au noir, à la nuit et à la magie des sorcières auxquelles on attribuait des chats noirs -ou roux- pour familiers mais dans plusieurs comtés d'Angleterre, les chats noirs étaient perçus comme des porteurs de chance. Dans le Yorkshire, les femmes de marins vivaient avec un chat noir familier, destiné à veiller à distance sur leurs époux. Dans le Surrey, on recommandait de caresser l'échine d'un chat noir avec un billet de loterie et de toucher sept fois la queue d'un chat noir pour attirer la prospérité et aussi pour trouver l'amour etc...

     

    Les chats sont et ont été aimés par une myriade de peintres, de poètes, de romanciers, de musiciens...

    Par nature, ils se lovent avec un bonheur infini dans l'univers des artistes ! Je vous reparlerai volontiers de leur symbolique dans d'autres articles car j'ai écrit un texte « conséquent » à ce sujet, il y a quelques années, pour un mémoire Universitaire. J'en ai extrait, pour ce samedi, quelques petits passages et j'y reviendrai avec grand plaisir...

     

    En attendant, je vous adresse de belles pensées et je vous propose sur La Chimère écarlate de contempler un jeune garçon au lapin...

     

     

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    Sir Henry Raeburn (1756-1823), Garçon au Lapin, 1814

     

    http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/06/le-tableau-du-samedi-sir-henry-raeburn-garcon-au-lapin-1814.html

     

    Belles pensées pour vous, aminautes fidèles et je n'oublie pas ceux qui parmi vous sont en lutte contre des maladies et de grandes souffrances. Vous vous reconnaîtrez... Je vous aime profondément, battez-vous...

     

    Pensées aussi pour l'inoubliable Pépita de notre amie Annick (http://annick-amiens.eklablog.com/) et bonne convalescence...

     

    Gros bisous !

    Plume

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