Et si nous nous promenions dans les jardins de Flore...
Déesse des fleurs dans la Rome antique, Flore nous offre des trésors de couleurs et de fécondité alors que tombent les feuilles...
De sa corne d'abondance jaillissent de flamboyantes beautés.
Dans la lumière du soir, un air vif fouette le sang, annonçant déjà l'hiver mais les roses d'automne nous offrent une parenthèse enchantée.
La Dame Blanche... fleur fantôme et pourtant si charnelle...
Une mini forêt se dévoile, en tournant les pages d'un carnet de promenades.
Le rouge et le blanc, couleurs alchimiques évoquant l'union des contraires, la passion charnelle et la virginité, les visages de la lune et de la féminité.
Dans le Jardin du Palais-Royal, les Grâces se sont incarnées. Elles représentent la pureté, la sagesse, la Mère Universelle...
Les Trois Soeurs
Les roses blanches musquées sont associées à la nouvelle lune, propice à la purification et à la magie, à l'Autre Monde des Celtes et des esprits de la Nature.
A l'instar de l'anémone et du mûrier, la rose est née d'une effusion de sang. Quand la déesse Aphrodite s'est piqué le doigt, les premières roses blanches se sont métamorphosées.
Dans le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, la fleur de Cupidon apparaît comme une des plus puissantes herbes magiques. Dans l'ancienne Angleterre, lors des célébrations de Midsummer (le solstice d'été), la rose était la fleur primordiale, gardienne des clans, des passages vers les anciens mondes et des secrets.
Un petit bout de Nature où caracolent sûrement quelques fées. Le lieu regorge de moineaux facétieux, gourmands et très habiles à se cacher.
Soleils fuchsias
Le dahlia est une fleur magnifique, originaire d'Amérique Centrale, des hauts plateaux du Mexique et du Guatemala. Il en existe plus de 40000 variétés, de formes et de tailles très diverses.
Il était cultivé par les Mayas et les Aztèques qui le nommaient « acocotli », c'est à dire « canne à eau ».
Sub rosa: « sous le sceau du silence »...
Lors des festins antiques, quand on échangeait des propos sous une rose suspendue, on se plaçait sous la protection d'Harpocrate, le dieu du silence. Le secret des mots partagés était alors de mise.
Les fées ont laissé, bien en évidence, leurs bouquets de mariées, le temps de s'ébattre et de comploter, dans les allées du Parc Monceau. Gare à ceux qui s'aviseraient de vouloir dérober ces merveilles roses!
En toute fleur sommeille une enchanteresse prête à souffler ses sortilèges...
Y aurait-il une porte derrière ce bosquet, ovale comme un oeil de chat?
Une odeur sucrée monte dans l'air. J'imagine Flore et son parèdre Faunus, lovés dans la fraîcheur mystérieuse.
Eôs, l'Aurore aux doigts de rose, dessine ses pensées le long du chemin...
Des couleurs qui se respirent...
Châtelet, le territoire des roses
Avec leurs pétales soyeux et leurs ondulations frissonnantes, les roses évoquent les mystères de la féminité. Le rouge et le blanc mélangés engendrent des nuances douces et voluptueuses, à caresser du regard...
Eclosion de flamme
Calices de fées, gants de sorcières, moufles de lutins...
La digitale pourprée se dévoile dans les squares, à l'abri de l'agitation urbaine. Prenons le temps de la contempler et de décrypter les dessins mystérieux qui tapissent l'intérieur de ses clochettes. Une écriture hantée, peut-être...
(Pour connaître davantage de détails au sujet de la digitale, vous pouvez consulter mon article dans ce blog.)
Entre mars et septembre, la digitale est appréciée par les abeilles qui y récoltent un nectar capiteux et vénéneux mais la proportion de miel de digitale que l'on peut trouver dans une ruche est généralement limitée.
La pensée est une petite fleur rêveuse, au visage bien dessiné, qui symbolise le souvenir. Elle travers les saisons avec force et délicatesse, dans sa jolie robe de velours.
Dans l'Angleterre élisabéthaine, elle appartenait à un herbier magique et portait des noms pittoresques: « love-in-idleness », « heartsease », « amuse-coeur », « rose-coq », « trois-têtes-sous-un-chapeau »...
Tutti frutti...
La fleur d'Iris, la messagère des dieux, dans la mythologie grecque, à la fois compagne et personnification de l'arc-en-ciel.
Dans les reflets « irisés » de ses pétales, le folklore prétend qu'à la nouvelle lune, on peut apercevoir, à la clarté d'une chandelle, une fée qui révèle les secrets oubliés.
Vénéré dans l'Egypte ancienne, symbole de pouvoir et de royauté, emblème de connaissance, l'iris fut stylisé en fleur de lys héraldique.
Il est doté d'un rhizome, grosse racine gorgée d'éléments nutritifs et irriguée par des radicelles (petites racines courantes) qui forment des touffes et des noeuds. Très prisé en parfumerie, ce rhizome permet d'obtenir une essence aromatique jadis appréciée par Catherine de Médicis.
Au XVIIe siècle, le rhizome séché était pilé pour obtenir une poudre au délicieux parfum de violette, bénéfique pour la peau et les cheveux.
Au chevet de la cathédrale Notre-Dame, les roses sont reines. La lumière et les ombres tissent leurs sublimes atours. Si nous prêtons l'oreille à leurs chuchotements, nous entendrons peut-être les légendes du vieux Paris, les sabots des licornes et le souffle des dragons...
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