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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #abbe, #bourg, #cariatides, #passage, #rue

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Ce passage, ouvert en 1828 par l'architecte Auguste Lusson sur une dépendance de l'abbaye Saint-Martin-des-Champs, reliait la rue Saint-Denis et l'ancienne rue du Bourg-l'Abbé. Il se situe entre le passage du Grand Cerf et le passage de l'Ancre, allée privée bordée de petites boutiques, qui se dévoile à quelques pas du musée des Arts et Métiers.

 

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 Il appartient à un réseau de cheminement piéton qui se déploie entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin, à l'instar du passage Saucède (ancien passage de la Croix de Lorraine), ouvert en 1827 à proximité du passage de l'Ancre et dont il ne demeure aucune trace.

 

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Le passage du Bourg-l'Abbé fut amputé de son extrémité ouest en 1854, lors du percement de la rue de Turbigo et du boulevard de Sébastopol. Après diverses modifications, il mesure aujourd'hui 47 mètres de longueur. Certains promeneurs lui préfèrent le passage du Grand Cerf mais il offre de beaux détails d'architecture et ne mérite pas d'être boudé.

On y contemple des devantures en bois qui rappellent les boutiques anciennes. Elles ont été restaurées, il y a quelques années, après un incendie.

 

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Sa verrière est arrondie alors que dans la plupart des passages parisiens, les verrières présentent une structure à deux pentes.

 

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Verrière à deux pentes du Passage du Grand Cerf, avec des cadeaux de Noël en suspension.

 

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 Quand il était encore en vogue, le passage du Bourg-l'Abbé abritait un estaminet, un marchand de liqueurs, une imprimerie, une fabrique de pipes appartenant à un certain monsieur Krebs et plusieurs échoppes de tissu. Depuis 1965, on y trouve l'atelier de la famille Lulli, ébénistes de père en fils.

 

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 Une horloge et un baromètre se situent à chacune de ses extrémités, bijoux mécaniques qui ont échappé aux griffes du temps.

 

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 L'horloge nous séduit par la finesse de son décor et les heures s'écoulent, rythmées par le cliquetis de la petite étoile d'or.

 

 Un dialogue secret semble s'établir entre le baromètre et l'horloge qui se font face.

 

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Le passage de l'Opéra, joyau architectural du 9e arrondissement de Paris et malheureusement détruit en 1925 lors du prolongement du boulevard Haussmann, était organisé autour d'une galerie de l'Horloge et d'une galerie du Baromètre. Ces deux instruments marquaient le temps tout en témoignant de la splendeur et de la richesse des lieux.

 

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Le passage s'ouvre sur la rue Saint-Denis, quasiment en face du passage du Grand Cerf.

 

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Il débouche sur la rue de Palestro, bordée par une petite place qui s'étend vers le boulevard de Sébastopol. Sa façade monumentale fut reconstruite aux début des années 1860 par l'architecte Henri Blondel (1821-1897), gendre de Charles Garnier (1825-1898), le célèbre concepteur de l'Opéra.

 

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 Henri Blondel construisit de nombreux immeubles le long des boulevards percés par le baron Haussmann sous le règne de Napoléon III. Il fut aussi l'architecte de la Bourse de Commerce, érigée à l'emplacement de l'ancienne Halle aux blés, rue de Viarmes, à partir de 1885.

 

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Une majestueuse arcade englobe le rez-de-chaussée et l'entresol de l'immeuble. Elle est flanquée de deux puissantes cariatides qui soutiennent le balcon du premier étage et symbolisent l'Industrie et le Commerce. Elles ont été sculptées en 1863 par Aimé Millet (1819-1891).

 

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 Entre ces deux gardiennes, à la clef de l'arcade, une ruche entourée d'abeilles dans un fin cartouche évoque l'activité économique des lieux, autrefois « bourdonnante ».

 

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L'Industrie est appuyée sur un marteau, outil polyvalent qui évoque la force de production, le travail industriel mais aussi l'ouvrier qui le manipule.

 

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Instrument à la fois créateur et destructeur, le marteau forme la matière et brise ce qui entrave le processus de création. Il est associé aux anciens dieux du tonnerre et de la forge. Le marteau Mjöllnir est l'attribut de Thor dans la mythologie nordique. Héphaïstos, le seigneur des Cabires, artisans mystérieux de l'Antiquité gréco-romaine, possédait un marteau capable de faire jaillir le feu de la terre. Sucellus, le dieu gaulois des croisées de chemin, patron des bûcherons, des tonneliers, divinité champêtre et passeur d'âmes, brandit un maillet avec lequel il tue et ressuscite, à l'instar de l'omniscient dieu celte Dagda, le porteur de massue.

 

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Symbole de vigueur, le marteau accompagne le dieu Mercure du pont du Carrousel, sur la rive droite de la Seine. Le dieu du commerce se présente ici comme un dieu de l'industrie et un gardien des richesses de la ville, à l'instar des cariatides du passage du Bourg-l'Abbé.

 

Avec la faucille, le marteau était considéré comme l'incontournable symbole du communisme mais depuis quelques mois certains ont jugé ces instruments obsolètes voire honteux. Ils n'apparaissent donc plus sur les affiches officielles du parti, chacun jugera...

 

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Une roue crantée, symbole de mouvement et emblème des mécaniciens, apparaît derrière le drapé de l'Industrie. Elle représente la vitesse des échanges, la subtilité des rouages du destin et le cycle inéluctable des saisons qui se déroulent sur l'écheveau du calendrier.

 

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L'allégorie du Commerce est reconnaissable à l'ancre de marine qui se dévoile près de sa draperie. Un paquet rappelle les marchandises qui transitaient par voie d'eau, marchandises particulièrement abondantes dans le quartier Montorgueil-Saint-Denis.

 

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L'ancre est aussi un symbole de stabilité et d'espoir. Elle retient les bateaux dans la tempête et permet aux marins de trouver le salut face aux caprices des éléments.

 

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Au-dessus de la belle arcade sculptée, le travail des balcons et des fenêtres ornées de mascarons retient également l'attention.

 

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Henri Blondel et Aimé Millet ont à nouveau associé leurs talents au numéro 15 de la rue du Louvre, dans les premier et deuxième arrondissements de Paris.

 

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En 1889, Henri Blondel reprit le dispositif de la façade du passage du Bourg-l'Abbé mais il choisit de doubler l'arcade d'entrée pour donner davantage d'ampleur à la composition. Aimé Millet créa deux figures d'atlantes pour soutenir la balustrade ouvragée du balcon.

 

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Blondel et Millet construisirent, à l'emplacement d'un hôtel qui fut la résidence du président Baillet (1560) et du chancelier Pierre Séguier (1630) avant de devenir le siège de la Ferme Générale (1690), un double portail monumental encadré de deux larges bustes d’atlantes non symétriques, juchés sur des consoles à guirlandes.

 

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En 1891, la cour de l'élégant édifice fut occupée par une compagnie de diligences dont les bâtiments s'élevaient sur les vestiges de l'ancienne Cour des Fermes. Ce vaste espace avait été érigé là où se dressait l'hôtel de Jean de Ferrières (1520-1586), ami de Gaspard de Coligny (1519-1572). Amiral de France et chef du parti protestant, Gaspard de Coligny fut assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélémy. La rue du Louvre regorge de trésors et mérite amplement qu'on lui consacre une série d'articles. J'ai commencé ce travail d'écriture il y a plusieurs mois, je laisse « décanter » comme à l'accoutumée et quand ce sera prêt je vous montrerai la variété de son architecture.

 

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(Désolée pour la voiture, j'ai attendu pour prendre ma photo mais le véhicule n'était pas disposé à s'en aller...)

 Les figures d’atlantes et de cariatides se généralisèrent, à partir des années 1860, dans le décor des façades d'immeubles. Charles Garnier lança cette mode sur les façades de l'Opéra et de nombreux architectes lui emboîtèrent le pas. Ils voulurent opposer une réaction ornementale à ce qu'ils appelaient « l'uniformisation haussmannienne ». Les propriétaires d'immeubles cherchèrent à attirer le regard des visiteurs et des passants sur la beauté de leur bien.

 Le plus souvent, les atlantes et les cariatides soutiennent le balcon axial du premier étage. Ils sont parfois placés de part et d'autre de certaines fenêtres et se présentent comme des enseignes monumentales témoignant du prestige et de l'aisance financière de leur commanditaire.

 Les cariatides et les atlantes des bâtiments officiels se situent plutôt au dernier étage pour « supporter esthétiquement » les coupoles et les frontons.

 

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(Photo d'Harrieta 171 datée du 21/01.06).

 Les cariatides font référence aux « jeunes filles » appelées « cariatides de l'Erechteion », temple d'ordre ionique situé sur l'Acropole d'Athènes, au nord du Parthénon. Il existe plusieurs interprétations mais la plus répandue prétend que ces jeunes filles vouaient un culte à Artémis Caryatis ou Karyatis, déesse de la lune, de la chasse et des arbres fruitiers.

 

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 En 1550, Jean Goujon (1510-mort entre 1564 et 1569), artiste majeur de la Renaissance française et maître d'oeuvre de la Fontaine des Innocents, sculpta des cariatides pour soutenir la tribune des musiciens au Louvre, dans la salle du même nom.

 

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Gravure de Jacques Ier Androuet du Cerceau (1510-1584). Image Gallica.bnf.fr.

 Les cariatides se fondent et se dévoilent majestueusement dans les paysages de nos villes. Elles sont très nombreuses à Paris où elles décorent aussi les célèbres fontaines Wallace.

 

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Ces charmants édicules en fonte ont été conçus pour distribuer de l'eau potable à différents endroits de Paris. Nous les devons à Sir Richard Wallace (1818-1890), un philanthrope qui offrit aux parisiens une part conséquente de sa fortune, suite à la guerre de 1870. Il fit construire un hôpital pour les victimes et distribuer de la nourriture dans les rues de Paris. Il dessina lui-même les plans de ses fontaines.

 

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Il en confia la réalisation à Charles-Auguste Lebourg (1829-1906) qui illustra sa devise « bonté, simplicité, charité, sobriété » à travers quatre cariatides aux drapés délicats.

Au fil du temps, je vous montrerai les différentes cariatides de ma collection.

 

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Nées sous le ciseau d'Aimé Millet, les cariatides du passage du Bourg-l'Abbé sont restées les gardiennes d'un lieu autrefois apprécié pour son effervescence. Épargnées par les outrages du temps, elles nous invitent à contempler les façades qui bordent nos rues, à la recherche des visages de jadis qui ont une infinité de grandes et de petites histoires à nous relater.

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet article, j'aime particulièrement ces deux statues et l'atmosphère hors du temps (certains diront inanimée) du passage du Bourg-l'Abbé qui dévoile aux promeneurs de beaux vestiges de sa splendeur passée.

 

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Je vous souhaite une très agréable semaine, bien au chaud si possible... Je vous remercie pour votre fidélité. Gros bisous!

 

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Plume

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P
Un an auparavant je m'y étais égaré, sans doute attiré par le calme fuyant le stress de la ville...<br /> J'y avais pris quelques photos floues (grisailles du mois d'avril) en particulier pour le baromètre, merci pour ces photos qui m'éclairent plus pour ces détails!
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Q
Très intéressant, j'ai appris beaucoup de choses sur ces lieux que j'ai visité hier, de passage à Paris.Merci
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A
Bonjour,ma petite fée.<br /> Merçi de tes gentils commentaires.<br /> Tu sais toujours trouver des mots gentils,dit avec beaucoup de tendresse.<br /> En ce moment,pas la grande forme.<br /> Mon torticolis spasmodique,me fait bien souffrir et m'empèche de dormir la nuit.<br /> C'est systématique...Toutes les nuits,ces douleurs,toujours les mèmes.<br /> 4 heures de sommeil à peu près par jour et beaucoup de fatigue.<br /> Mais,il y a pire...Ca reviendra,un petit coup de blues.<br /> Bisous ma douce et courageuse Cendrine.<br /> Aimée
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A
Bonjour chère Cendrine ma plume frigorifiée ce matin vient se poser délicatement sur ton beau blog de l'amitié, afin de te souhaiter une agréable journée gros bisous à bientôt
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S
Chère Cendrine, Bonjour, j'espère que tu vas bien, merci pour cet article car vois-tu je ne connaissais pas ce passage..ou alors je l'ai oublié, j'adore ces passages, on a vraiment l'impression de pénétrer dans un autre monde. J'espère qu'ils seront toujours préservés! Gros bisous et bonne journée, Sylvie
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