

Le Mardi, on propose un poème chez LADY MARIANNE.
Le thème du 22 Octobre est « Les Îles », sur un choix de COVIX ou thème libre...
J'ai choisi ce poème de Paul-Jean Toulet, une évocation de l'Île Maurice.
« Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l'Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme ;
Douce aux ramiers, douce aux amants,
Toi de qui la ramure
Nous charmait d'ombre, et de murmure,
Et de roucoulements ;
Où j'écoute frémir encore
Un aveu tendre et fier -
Tandis qu'au loin riait la mer
Sur le corail sonore. »
Poème issu du Recueil « Les Contrerimes », paru en 1921. Contrerime XLVI.

Esprit brillant, touche à tout littéraire, Paul-Jean Toulet (1867-1920) est plutôt méconnu du grand public mais il fut très apprécié en son temps dans les milieux culturels. Il était poète, romancier, moraliste, essayiste, critique d'art...
De grands esprits ont profondément aimé et encensé sa poésie. Je pense aux académiciens Jean d'Ormesson (1925-2017) et Jean Dutourd (1920-2011), à l'écrivain argentin Jorge Luis Borges (1899-1986) ou encore au Président Georges Pompidou (1911-1974).

Amoureux de son Béarn natal, Paul-Jean Toulet fut un voyageur accompli (Île Maurice où vécurent ses parents, île inscrite dans son ADN ; Algérie, Asie...) et un passionné de Paris où il s'établit de 1898 à 1912. Il vécut ensuite en Aquitaine avant de s'installer à Guéthary, marié à l'âge de 49 ans, à partir de 1916.
Jouisseur assumé, il vécut une existence libertine et noctambule, préférant à la clarté du jour l'obscurité des rues de la capitale où se mêlaient des lumières ambiguës. Gourmand de tous les plaisirs, il broda dans son écriture les saveurs de la chair féminine et les vapeurs des plus fins alcools. Il aimait le gandia ou ganja, sorte de chanvre séché qui faisait chavirer l'esprit. Il était également opiomane.
Il mourut d'une overdose de Laudanum (Vin d'Opium, l'une des substances les plus consommées à l'ère Victorienne et à l'époque Romantique) et repose au cimetière de Guéthary. Il disait volontiers que ce qu'il avait le plus aimé au monde était « les femmes, l'alcool et les paysages. »

Paul-Jean Toulet écrivit des Contrerimes, soit des poèmes courts composés de trois à cinq strophes de quatre vers qui alternent, le plus souvent, avec un octosyllabe et un hexasyllabe. Cette expression poétique fondée sur une rythmique subtile et inattendue est peu utilisée en Littérature. On en trouve quelques exemples chez les poètes Pierre-Charles Roy (1683-1764) et Leconte de Lisle (1818-1894) mais elle est surtout liée à l'écriture de Paul-Jean Toulet.
Le recueil « Les Contrerimes » parut entre 1920 et 1921...

Paul-Jean Toulet adorait l'Île Maurice et lui offrit une myriade de vers envoûtants... Comme le poème que j'ai choisi pour ce mardi et les mots ci-dessous...
« Jardin qu’un dieu sans doute a posé sur les eaux
Maurice, où la mer chante et dorment les oiseaux. »

Je vous souhaite de belles rêveries poétiques, au chant des îles...
Gros bisous chers Aminautes !
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