

Le Mardi, on propose un poème chez Lady Marianne
Le thème du 10 septembre concerne « les derniers jours d'été-adieu l'été », sur une proposition de Mamykool, ou on peut préférer un thème libre
Voici mon choix, pour dire « au revoir à l'été » :

Stephan George (1866-1933), On dit que les jardins sont morts
« On dit que les jardins sont morts ; viens et regarde
Le reflet de ces bords lointains et souriants ;
Et des nuages purs l'azur inespéré
Éclaire les étangs et les couleurs des sentes.
Prends ce jaune profond, le moelleux de ces gris
Parmi les buis et les bouleaux ; la brise est tiède ;
Tardives ne sont point encore flétries les roses,
Choisis-les, baise-les et tresse la couronne.
Songe à n'oublier point les derniers des asters
Ni la pourpre enroulée à la vigne sauvage
Prends ce qui reste encor de vivante verdure
Fonds-le d'un doigt léger dans l'image automnale. »
Stefan George, poème écrit en 1897, issu de L'Année de l'Âme, Das Jahr der Seele.

Stefan George par Curt Stoeving (1863–1939) sur Artnet.
Poète, linguiste et traducteur allemand, Stefan George (1866-1933) fut l'une des figures du Symbolisme, un défenseur des théories de l'Art pour l'Art et un émule des visions philosophiques de Friedrich Nietzsche (1844-1900).
Ami et élève du poète Stéphane Mallarmé (1842-1898), il traduisit des œuvres majeures de la littérature comme L'Enfer de Dante, les pièces de William Shakespeare, les poèmes de Baudelaire, de Mallarmé et de Rimbaud...
Marquant son opposition au nazisme, il s'exila en Suisse. Son influence se poursuivit en Allemagne mais il ne fut pas apprécié de tous les amateurs de poésie et certains intellectuels ont malmené verbalement son talent.
Les artistes symbolistes s'efforçaient de déchiffrer les mystères du monde à travers une conception spirituelle de l'art. Le Symbolisme voulait dépasser différentes certitudes affichées par le matérialisme scientifique. Les adeptes cherchaient l'essence de l'art à travers une forme subtile de musicalité, perceptible au cœur des mots. Leurs thèmes fétiches étaient l'ésotérisme, la mythologie, le mystère, la mort, la vie secrète des choses, la mécanique changeante et le rythme envoûtant des saisons, les espaces temps intermédiaires comme le crépuscule... Passionnés de symboles et d'images à la manière d'un artiste comme Baudelaire qui traduisit cette effusion créatrice, notamment dans ses Correspondances, ils voulaient établir des passerelles entre le visible et l'invisible. Ils privilégiaient le vers libre.
Le poème que j'ai choisi évoque avec sensibilité le passage entre les saisons, le lien subtil entre les temps que l'on ressent quand on se promène dans un jardin ou au cœur de la Nature. La fin de l'été n'appelle pas des larmes et des regrets mais la vie sous d'autres couleurs. La vie ne finit pas quand l'été se termine, elle se métamorphose, annonçant une parade luxuriante et flamboyante...
Une autre page à écrire avec les pigments soyeux et veloutés de l'Automne...
Belles pensées pour vous qui passez par ici... Merci...

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