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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

eau

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #fontaine, #fut, #grotte, #medicis

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La structure et l'esprit de la Fontaine Médicis sont inspirés des fontaines et des nymphées en vogue dans les jardins italiens au XVIe et au XVIIe siècles. Dans l'écrin de verdure du Palais du Luxembourg, la reine Marie de Médicis (1575-1642) voulut recréer une scénographie proche de celle des jardins de son enfance. Elle en confia l'élaboration à l'ingénieur florentin Thomas Francine qui dessina les plans de la « Grotte Médicis » aux alentours de 1630.

 

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Dans la Grèce antique, le nymphée était un sanctuaire consacré aux nymphes, les gardiennes des bois, des montagnes et des sources. A proximité d'une source, le nymphée était une grotte naturelle ou une fausse grotte constituée de rochers rassemblés et d'un décor de rocaille.

 

Dans la Rome ancienne, le nymphée devint une fontaine monumentale décorée de sculptures et sublimée par des jeux d'eau. Il contemplait un grand bassin ou un ensemble de bassins.

 

Au XVIIe siècle, Thomas Francine (Francini), (1571-1651), Intendant Général des Eaux et Fontaines Royales, fut à l'origine d'un ingénieux système destiné à acheminer les eaux de Rungis vers Paris. Il conçut les plans de la « Grotte Médicis », un nymphée qui inspirera celui du château de Wideville, en 1636, dans les Yvelines.

 

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(Le nymphée de Wideville. Cette gravure provient du site du Sénat).

 

La façade de la « Grotte Médicis » était composée de trois niches en cul de four que séparaient quatre colonnes toscanes « au fût bagué orné de bossages et de congélations ».

 

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Congélations

 

Un grand fronton portant les armes d'Henri IV et des Médicis la couronnait. Il était surmonté par des pots à feu et encadré par deux figures allongées représentant le Rhône et la Seine, réalisées par le sculpteur Pierre Biard (1592-1661). De chaque côté, s'étendait un mur décoré d'arcades.

 

Après la Révolution, la grotte fut restaurée par Jean-François-Thérèse Chalgrin(1739-1811). Architecte du palais depuis 1780, il réaménagea le jardin et sollicita, pour restituer les allégories fluviales, les sculpteurs Ramey, Duretet Talamona.Une petite statue de la déesse Vénusfut placée dans la niche centrale. Les armes de France et des Médicis disparurent au profit d'un rectangle à congélations et la grotte évolua en fontaine.

 

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(Dessin de la grotte par Jean-Baptiste Maréchal, 1786)

 

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(Cette photographie de la grotte fut réalisée vers 1860. Elle provient du site du Sénat.)

 

Quand la rue Médicis fut ouverte, en 1862, sur l'initiative du Préfet Haussmann, la fontaine dut être déplacée et rapprochée du palais, « d'environ trente mètres ».

 

Une scénographie nouvelle fut orchestrée par l'architecte Alphonse de Gisors (1796-1866). Il fit réaliser devant la fontaine un bassin d'une cinquantaine de mètres et commanda plusieurs sculptures à Auguste Ottin (1811-1890).

 

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Les sculptures décrivent la tragique histoire des amants Acis et Galatée, relatée par Ovide dans Les Métamorphoses.

 

 

Fille de Nérée, le dieu de la mer primitive, et de Doris, une océanide, Galatée est une néréide. Le cyclope Polyphème tomba passionnément amoureux de cette nymphe marine, « à la peau blanche comme le lait », mais Galatée lui préféra le charmant berger Acis. Fou de douleur et de jalousie, Polyphème écrasa son rival sous un rocher.

 

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Les amants se lovent dans une position très sensuelle mais le danger les surplombe sous les traits de Polyphème.

 

Les corps entrelacés forment des arabesques voluptueuses. Les reflets aquatiques soulignent la pureté des lignes et la tendresse des visages.

 

 

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Le cyclope Polyphème incarne les forces brutes de la Nature. Fils de Gaïa, la Terre, il prend appui sur le rocher et s'apprête à « punir » les amoureux. Sa rude silhouette de bronze s'oppose aux corps de marbre blanc, caressés par la lumière.

 

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Dans le chuchotement de l'eau, leur séduisante union semble à jamais préservée de la cruauté désespérée de Polyphème.

 

La légende de ces amants infortunés connut une grande célébrité au XVIIe siècle. En 1686, Jean-Baptiste Lully composa l'opéra Acis et Galatée. Cette « pastorale » grandiose fut jouée pour la première fois devant le Grand Dauphin, fils de Louis XIV.

 

 

De part et d'autre du cyclope, se dressent deux statues de pierre, réalisées par Auguste Ottin, chacune dans une niche surmontée d'un mascaron.

 

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Un faune (le dieu Pan)

 

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Une chasseresse (la déesse Diane)

 

 

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La façade orientale de la fontaine 

 

Alphonse de Gisors la fit décorer d'un bas-relief. Réalisé en 1807 par Achille Valois (1785-1862) pour la fontaine (disparue) de la rue du Regard, il représente Léda et Jupiter métamorphosé en cygne.

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Sur les rampants du fronton qui couronne le bas-relief, s'ébattent deux jolies naïades, oeuvres du sculpteur Jean-Baptiste-Jules Klagmann (1810-1867).

 

 

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Les sortilèges de l'eau

 

Dans de nombreuses mythologies, la fontaine est liée au culte des arbres, des eaux mystérieuses et des pierres sacrées. Territoire « domestiqué » par l'homme, elle est aussi une porte vers l'invisible.

 

Les racines des arbres se nourrissent des énergies aquatiques et telluriques qui s'y entremêlent.

 

 

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L'eau est en perpétuel mouvement. La féerie qui émane de ses nombreux reflets est à l'origine des croyances qui lui sont associées. Dans les bassins des fontaines s'unissent les vertus de l'eau céleste et la puissance des eaux chthoniennes.

 

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  La fontaine est de nature féminine. L'eau s'écoule dans une vasque ronde évoquant le cercle, la spirale et les anneaux de croissance lovés dans les arbres et les coquillages.

 

Depuis fort longtemps, l'eau des sources et des fontaines est considérée comme sacrée. Les Celtes vénéraient les esprits aquatiques qu'ils associaient aux pouvoirs fertiles de la Terre-Mère. La coutume qui consiste à lancer dans l'eau des pièces de monnaie ou des épingles à cheveux est une réminiscence de ces cultes anciens.

 

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D'après la légende, les larmes des ondines ont engendré l'eau chatoyante des fontaines. A l'instar des sirènes, ces nymphes aquatiques coiffent leurs longues chevelures au soleil ou sous la clarté de la lune.

 

Les dames blanches aiment contempler leur reflet dans l'eau miroitante des fontaines.

 

Verser de l'eau sur le perron d'une fontaine est réputé susciter un orage magique, comme dans la légende de la fontaine de Barenton, nichée dans la forêt de Brocéliande.

 

Tour à tour croquemitaine des eaux ou déesse très ancienne régnant sur les « enfers aquatiques », la Nisse aime les étangs, les mares et les rivières mais elle hante aussi les profondeurs des fontaines.

 

La Vouivre, serpent ailé paré d'une escarboucle, œil de feu fantastique, vit dans les puits, les étangs, les fontaines, les rivières et les ruisseaux. L'escarboucle est le nom ancien et savant du grenat et du rubis, aux magnifiques éclats rouges.

 

Les féroces lavandières de nuit lavent leur linge dans le sang des infortunés qui croisent leur chemin, au bord de certaines fontaines.

 

 

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Liée aux profondeurs de l'inconscient, l'eau est la matière qui façonne les rêves.

 

Quand la lune se reflète dans l'eau, l'eau se gorge de sa force et devient un passage pour les songes et les âmes. De nombreux puits sont protégés par un petit toit, de crainte que la lune n'y distille son « venin » magique en y plongeant ses rayons d'argent. L'eau des fontaines s'imprègne, quant à elle, des énergies célestes et souterraines. Domaine par excellence des métamorphoses, elle fascine jusqu'à la mort ou dérobe l'âme à travers un reflet. Elle attise aussi des peurs primales, comme celle d'être avalé par une puissance mortifère.

 

La fascination que l'eau exerce sur les esprits est née de son ambivalence. Elle est habitée par des êtres protecteurs et des créatures vampiriques. Elle peut provoquer la mort et stimuler la fécondité et l'amour. 

 

Dans plusieurs régions de France, les jeunes filles lançaient une épingle dans l'eau d'une fontaine afin de savoir si elles se marieraient dans l'année. Si l'épingle était attirée vers le fond, il n'y aurait pas de mariage. Si elle flottait à la surface, le mariage aurait lieu.

 

Parfois, l'épingle devait plonger doucement vers le fond pour que le mariage ait l'occasion de se produire.

 

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Gardiennes de trésors, défendues par des dragons ou des bêtes fantastiques, les fontaines évoquent, dans les jardins des palais, la luxuriance et les délices des sens.

 

Les jeux d'eau étaient autrefois très prisés dans les résidences royales. Par leur chant cristallin et leurs effets de recréation de la lumière, ils favorisaient une mise en scène grandiose et onirique de l'espace.

 

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La Fontaine Médicis est un lieu de repos et de flânerie romantique apprécié par de nombreux lecteurs. Tout y semble magique: les platanes aux frondaisons d'or vert qui se reflètent dans l'eau, les poissons colorés, les miroitements et les ombres, les gestes voluptueux des amants dont la peau de marbre est parfois si vivante...

 

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La fontaine, dans l'écrin de l'hiver

 

 

Sources et Bibliographie

 

Gallica.bnf.fr/ Bibliothèque Nationale de France. (Le dessin de la Grotte Médicis par Jean-Baptiste Maréchal: gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77).

 

Gaston BACHELARD: L'eau et les rêves. Essai sur l'imagination de la matière. Première parution en 1942.

 

Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

 

Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

L'Art pendant la Révolution: beaux-arts, arts décoratifs. Paris: H. Laurens, 1888.

 

Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

 

Paul SÉBILLOT: Le Folklore de France(1904-1906). Réédition sous le titre Croyances, mythes et légendes des pays de Franceaux éditions Omnibus en 2002.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annee, #dragon, #eau, #jour, #rouge

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Le 23 Janvier 2012, le Lapin de Métal s'en est allé, cédant la place à une figure majeure de la mythologie chinoise, le Dragon d'Eau, seigneur du Zodiaque et des éléments. Avec fantaisie et majesté, il règne, dans ses rutilants atours, sur l'Ancien Monde et rayonne sur le Nouveau.

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La Fête du Printemps est célébrée le premier jour du premier mois lunaire. Ses origines remontent à la dynastie Shang (1766-1122 avant J.-C.). Renouvelée, sous l'égide du puissant dragon, elle promet, d'après les croyances asiatiques, prospérité, fécondité, succès et renaissance.

Le nouvel an chinois évolue chaque année entre le 21 janvier et le 20 février, en raison du calendrier luni-solaire qui se fonde sur une connaissance aiguë des cycles saisonniers. C'est à Nankin, à l'observatoire de la Montagne Pourpre, que l'apparition de la nouvelle lune est déterminée.

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Un défilé haut en couleurs

Le 28 janvier, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, les « enfants du Dragon », les amateurs de folklore et de mythologie et les curieux de tous bords s'étaient donné rendez-vous.

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Ce rose printanier illumine l'atmosphère orageuse du premier samedi de l'année.


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Le rouge et l'or, couleurs sacrées, protectrices contre les forces malveillantes.


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Les génies de la chance et de la prospérité
accompagnent avec bonhomie ce festival lunaire.


Le vert évoque la poussée de l'énergie vitale et le retour du Printemps. Associé à l'Est, au foie et aux muscles, il stimule la bonté et la santé.

Le jaune est la couleur des vêtements impériaux et de la Terre, l'élément du Centre, symbole de fertilité. Les eaux du fleuve Jaune favorisent le renouveau de la végétation.

Avec quelques touches de rose, le pouvoir de la Nature s'éveille doucement à travers les fleurs de cerisier.

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Une galerie de costumes somptueux
pour stimuler les forces bienfaisantes de l'année
et honorer les dieux de la prospérité.


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Les Traditions du Nouvel An

Le passage d'une année à l'autre s'effectue suivant un ensemble de rites associés à la purification et à la protection du foyer.

Une semaine avant la fête du Printemps, on dit traditionnellement adieu à Zaòwángyé, le dieu du foyer, dont le portrait est affiché dans les cuisines. Ce personnage magique entreprend un long voyage vers l'Empereur de Jade, la divinité suprême du taoïsme, auquel il révèle les bonnes et les mauvaises actions effectuées par chacun. Dans la crainte de son jugement, on lui offre des bonbons et des aliments collants. Pour adoucir ses propos, on applique des gourmandises sur sa bouche et on brûle ses effigies sacrées afin que son énergie s'envole avec la fumée. Quelques jours après, on installe de nouvelles effigies.

Les habitations sont soigneusement nettoyées et purifiées avec de l'encens. Certaines personnes évitent d'utiliser des ciseaux et des couteaux de crainte de « sectionner » le fil de la bonne fortune.

Le dernier jour de l'année, on décore les maisons avec des images traditionnelles. Des caractères de chance (duilian), des voeux et des souhaits, tracés sur du papier rouge, sont collés sur les portes.

Autrefois, on y accrochait les effigies des dieux Shen Tu et Yu Lei, sculptées dans du bois de pêcher.

Les voeux de Printemps sont des formules poétiques, inscrites sur des bandes de papier que l'on suspend dans les maisons, traditionnellement à l'envers. En effet, le mot « renversé » se lit « tao » en mandarin, comme le mot « arrivé » qui signifie le retour du Printemps et de la prospérité; et le mot « bonheur » se retrouve aussi la tête en bas...

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De manière personnelle, il est conseillé de se confronter aux problèmes non résolus de l'année précédente et d'entamer une discussion avec ses ennemis.

 


Le Réveillon ou banquet familial

Il se déroule autour d'une succession de plats raffinés. En règle générale, les membres de la famille qui ne peuvent pas se déplacer ont tout de même une place à table. Les aliments sont investis d'une valeur symbolique et procurent, à ceux qui les consomment, bonheur, chance et prospérité.

On déguste par exemple des raviolis qui ressemblent à des petits lingots dorés, de la carpe qui évoque le « surplus » afin de ne jamais manquer, du canard pour la bonne fortune, des crevettes pour le bonheur, des nouilles pour la longévité, des haricots rouges pour chasser les démons, des sucreries de forme ronde ou ovale pour célébrer l'union de la famille.

Un poisson servi avec la tête et la queue signifie le début et la fin de l'année.

On prépare des fa-kao, une sorte de gâteau de riz dont le dessus forme des craquelures. Plus ces dernières sont larges, plus la joie et la richesse sont censées régner dans le foyer. J'ai déjà pu apprécier leur robe croustillante et leur fondant intérieur...

A la fin du repas, on partage le gâteau du nouvel an (niángāo). Deux couches de pâte de riz gluant enserrent de la pâte de haricot rouge et de sucre de canne complet, parfumée au longane et parfois au thé vert.

Le longane est le fruit du Dimocarpus longan, un petit arbre à feuilles persistantes, originaire du sud-est de la Chine. Ce délice végétal, qui ressemble un peu au litchi, signifie « oeil de dragon ».

On offre des mandarines et des oranges qui représentent la richesse, le bonheur et la bonne fortune.

On honore les ancêtres avec du vin et des gâteaux de farine de riz glutineux, en forme d'animaux, cuits à la vapeur. On échange des souhaits et des cadeaux et on remet aux enfants les fameuses enveloppes rouges (hóng bāo) qui contiennent de l'argent et qui portent bonheur.

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Les personnages symboliques, les couleurs et les danses magiques ont pour fonction de repousser le « monstre de l'année ».

Nian ou Nien était un monstre légendaire qui donna son nom au cercle de l'année. Émanation de l'incréé, du chaos et des abysses nocturnes, il rôdait autour des villages, à l'instar de nos croquemitaines occidentaux. Pendant la « nuit de Nian », les habitants veillaient et allumaient une profusion de flambeaux, lumières vivantes et protectrices.

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Créature hybride, dotée d'une tête de lion et d'un corps de taureau, Nian apparaît dans les danses de lions qui neutralisent son pouvoir maléfique.

Guidé par sa voracité, il surgit de la mer ou de la forêt, il descend des montagnes afin de dévorer les hommes et les animaux mais il ne supporte pas le bruit, la lumière vive et la couleur rouge. Dans les temps anciens, les villageois plaçaient des chiffons écarlates sur les portes pour l'effrayer.

Les pétards qui retentissent sont censés mettre en déroute ce terrible monstre et les créatures malveillantes qui évoluent dans son sillage. D'après les légendes, le vacarme, les danses serpentines et la couleur rouge ont de puissantes vertus.

Les premiers pétards étaient réalisés avec des tiges de bambou. Aujourd'hui, ce sont des chaînes de petits pétards rouges appelés « démons » qui sont utilisées.

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Émanation du yang, la couleur rouge (hung), règne sur l'été et le sud, à l'opposé du yin, associé au noir, au nord et à l'hiver. Elle est apotropaïque, c'est à dire réputée éloigner les forces négatives. (Le mot « apotropaïque » vient du grec apotropein qui signifie « détourner ».)

« Au théâtre chinois, le dieu de la guerre a le visage peint en rouge, couleur du sang et des blessures, mais les cartes du nouvel an sont rouges et les pêches rouges sont un présent de mariage car le rouge est aussi la couleur de la joie et de la chance envoyées par les dieux. »
J. Gernet: Problèmes de la couleur. Bibliothèque générale de l'École Pratique des Hautes Études, VIe Section, Sorbonne, 1957.

Le rouge est la couleur des noces. La jeune mariée, vêtue de rouge et installée dans un palanquin rouge, est conduite au logis de son époux. Les portes de sa nouvelle maison sont couvertes de laque rouge.

Les lanternes rouges et dorées sont des symboles de richesse et de félicité.

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Des couleurs précieuses sous le ciel de tempête...



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Les dragons qui virevoltent apportent la joie, la force et la prospérité. Leurs danses ondoyantes s'enracinent dans le culte des ancêtres, l'hommage aux divinités et la réminiscence du pouvoir impérial. Elles honorent aussi les dieux de la pluie fécondante qui font croître les moissons.

Les acrobaties du dragon symbolisent la bravoure, la force et la noblesse. Tel un long ruban précieux, il se gorge d'air et tourbillonne parmi les passants émerveillés.

 



La danse des Lions

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Au rythme des cymbales, du gong et du tambour, les lions aux couleurs vives s'ébattent dans des positions qui mélangent la danse et les arts martiaux. Chaque lion est incarné par deux danseurs. Le corps et la queue sont animés par des liens souples alors que la tête est contrôlée par des tiges de bambou. Cette activité requiert une grande force, beaucoup de coordination et de vitalité.

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Ces danses soigneusement codifiées sont réputées éloigner les esprits malveillants, attirer la chance et stimuler la fertilité. Elles sont exécutées pendant les mariages, à l'occasion du nouvel an et pour célébrer l'ouverture d'une nouvelle boutique.

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Au coeur de cette ronde fantastique, un petit garçon accomplit des katas.



Les festivités du nouvel an s'étendent sur une période d'environ trois semaines, rythmée par des cérémonies grandioses et des moments plus intimes. La phase de préparation, que nous avons étudiée précédemment, le Réveillon et les jours qui suivent sont imprégnés de sagesse et de magie.

 


Le Premier Jour
On « salue l'année » en portant des vêtements neufs, de préférence rouges. On ne mange généralement pas de viande afin de purifier son corps et son esprit. On présente ses voeux à la famille et aux amis. On se rend au temple et on honore les tombes des ancêtres. Les effigies des ancêtres et des dieux du foyer sont renouvelées.

Le Troisième Jour: la visite et les noces des Souris
D'après une ancienne croyance, comme les souris n'entrent que dans un foyer prospère, on laisse des provisions à leur intention. Quand elles sont repues, elles peuvent célébrer les noces de leurs enfants. Il est donc conseillé d'aller se coucher tôt, ce soir-là, pour ne pas les déranger.

Le Quatrième Jour: le retour du Dieu du Foyer
Zaòwángyé revient de son périple à travers les mondes célestes. On lui prépare des offrandes et un savoureux repas.

Le Cinquième Jour: le retour au travail
Le cinquième jour marque la reprise du travail et l'échange des voeux entre collègues. Les commerçants commandent des danses de lions. Le dieu de la richesse et ses avatars, les dieux de la fortune, reçoivent des offrandes.

Pendant les premiers jours de l'année, l'utilisation du balai est fortement déconseillée car les bonnes énergies risqueraient d'être chassées avec la poussière.

Le Quinzième Jour: la Fête des Lanternes
Elle vient clore ce festival printanier et célébrer la pleine lune du début de l'année, dotée de grands pouvoirs. Pour les anciens peuples de la Chine, elle dévoilait les esprits qui chevauchent dans les airs. Les lanternes rougeoyantes, ornées de symboles, célèbrent ces entités bienveillantes.

D'après une vieille légende, le dieu du feu voulait incendier la capitale ce jour-là. Les habitants tentèrent de le convaincre que la ville était dévorée par les flammes. Ils allumèrent pour cela une myriade de lanternes et le dieu fut dupé.

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La lumière et les flammes sont reines. Les lanternes de toutes formes (dragon, cheval, phénix, lotus, pivoine, personnages de théâtre, de dessins animés...) et de diverses matières (papier, tissu, plastique...) oscillent dans la nuit. On voit aussi scintiller des lanternes de glace.

Le plat traditionnel de la fête est la soupe de yuanxiao, des boulettes de pâte de riz farcies de pâte de haricots rouges, de cacao, de cannelle, de sésame, etc, dont la rondeur symbolise l'union et l'harmonie.


Les Pouvoirs du Dragon


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Le dragon chinois est doté d'un long corps serpentin ou anguiliforme, de bois ou de cornes et d'une puissante gueule barbue. Il ne possède pas d'ailes mais la crête qui couronne son crâne lui permet de voler. Avant de revêtir sa forme définitive, il se métamorphose pendant des milliers d'années. Il est une sorte de long poisson mythique et, d'après certains archéologues, son effigie dérive de représentations stylisées d'animaux bien réels, comme des poissons, des serpents et des crocodiles.

Image22 Animal sacré, à l'instar du Phénix, de la Licorne et de la Tortue, le Dragon permet aux puissances célestes de se manifester auprès des hommes.

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L'expression « deng longmen » signifie « franchir la passe du dragon », c'est à dire « réussir sa carrière ».

Si une carpe parvient à franchir la « porte du dragon », elle se métamorphosera en dragon. La « porte du dragon » est une porte mythique et allégorique symbolisant les efforts déployés pour atteindre son but.

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Le Seigneur des métamorphoses
Créature gorgée de magie, le dragon peut tisser les nuages, se changer en gouttes d'eau et de feu, scintiller dans les ténèbres, devenir invisible, revêtir l'apparence d'autres animaux, prendre une forme humaine ou hybride (comme un corps d'homme et une tête de dragon).

Le Dragon d'Eau
Émanation de l'élément yang, le dragon est investi du pouvoir de création et de fécondité mais il est aussi en adéquation avec l'élément yin et les puissances aquatiques. Il est le seigneur des eaux en mouvement, fécondes et jaillissantes, dont il contrôle le pouvoir de vie et de mort.

Maître du calendrier et de la météorologie, il se love dans les eaux matricielles (rivières, lacs, océans) et règne sur les eaux célestes. Il serpente à travers les nuages et fait tomber la pluie.

Les cours d'eau, les bras de mer, les étangs, les rivières et les lacs ont leurs dragons-esprits.

Pendant l'hiver, les dragons s'enfoncent dans les entrailles de la Terre. Ils remontent à la surface au début du deuxième mois, pour apporter les pluies fécondantes. Le deuxième jour, ils sont honorés avec des feux d'artifice.

Le rite du Qiu se déroule pendant les périodes de sécheresse. Pour invoquer le pouvoir bienfaisant du dragon d'eau, un dragon de papier est fixé à une armature de bois et placé dans un lit de rivière asséché. Les chamanes lancent des incantations et frappent des tambours pour imiter le grondement du tonnerre, invitant, par ce bruit caractéristique, le roi-dragon à libérer la pluie.

Les combats et les accouplements de dragons font aussi venir la pluie. Ils sont symbolisés par les « joutes des bateaux dragons ».

Les oeufs de dragons, brillants, nacrés, multicolores, iridescents, naissent des souffles mêlés des dragons mâles et femelles, sur les berges des rivières. Ils peuvent contrôler la météorologie.

Le Sculpteur de paysages
Le dragon représente les forces changeantes de la Nature, la mutation des espaces au rythme des saisons, les ondulations étranges des roches et de la terre.

Les montagnes et les collines ont été façonnées par le passage ou le souffle incandescent des dragons. Les très vieilles pierres sont associées à leurs dents et à leurs os.

Le Seigneur de la végétation
Les dragons verts incarnent la force contenue dans les graines et les bourgeons, l'énergie sinueuse des feuilles et des branches. Ils crachent des bouquets verdoyants.

A la période du solstice d'hiver, ils combattent, de manière rituelle, et leur sang noir et jaune se répand sur la terre pour que renaisse le printemps.

D'après la légende, le jade est né de l'union de la semence du dragon avec la terre, au moment où pulsent les énergies printanières.

Le magicien des éléments
De nombreux dragons vivent dans les nuages dont ils tissent les contours avec leurs griffes ou qu'ils engendrent avec leur haleine. Liés au vent, aux orages fécondants et au tonnerre, ils peuvent provoquer des cyclones et des tsunamis.

Ils ont aussi une incidence sur les heures du jour et de la nuit. Un dragon crée le jour en ouvrant les paupières et ferme les yeux pour appeler l'obscurité.

Certains dragons suscitent des éclipses en poursuivant la lune et le soleil.

Le médiateur entre les mondes
A certaines périodes, les dragons sont chevauchés par les âmes qu'ils emportent dans l'au-delà.

Dans les régions montagneuses, des bannières représentant des dragons claquent au vent pour attirer les bons esprits.

Image25 Quand il ne conduit pas les âmes vers les mondes célestes, le dragon poursuit une grosse boule brillante, jaune et dorée, qui symbolise le renouveau, la graine de lotus, émanation des nourritures terrestres et spirituelles.

Le Dragon et la Perle

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Au creux de sa gorge ou de sa bouche, entre ses griffes ou dans un luxuriant palais situé au fond des mers, le dragon protège la perle sacrée, emblème de la « parole précieuse ». Des intrépides tentent parfois de la dérober car elle a la réputation d'exaucer les voeux.

Quand deux dragons jouent avec une perle, celle-ci incarne « la balle du tonnerre ». En montant très haut dans les airs et en roulant brusquement sur le sol, elle attire les pluies fertilisantes et stimule le réveil de la Nature.

D'après la croyance populaire, en Chine, le tonnerre féconde les coquillages et les perles s'y développent, gorgées de clarté lunaire.

Symbole de sagesse et de connaissance, de chance et d'immortalité, la perle est bénéfique pour le sang et les yeux. La tradition voulait qu'une perle soit placée dans la bouche des défunts fortunés.

L'Empereur Dragon
Le dragon apparaît comme l'emblème du pouvoir harmonieux, celui de l'Empereur, fils du Ciel et de la Terre et médiateur entre les « différents plans de réalité ».

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L'empereur T'ai Tsung de la dynastie des Tang (626-649).



Le dragon à cinq griffes était représenté sur les vêtements impériaux, les murs des palais et les objets à caractère rituel ou décoratif.

Pour l'anecdote, le dragon à quatre griffes est un des symboles de la Corée et le dragon à trois griffes, d'inspiration Japonaise.

Le Gardien de l'Ordre cosmique
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Un gu ou tambourin, orné d'un dragon. Reflet de l'harmonie du cosmos, la musique tisse un lien subtil entre le Ciel et la Terre.

Les cloches possèdent un anneau de suspension en forme de dragon.

 



Image29 Ces dragons représentent les cinq éléments de la cosmogonie chinoise: le bois (vert), le feu (rouge), la terre (jaune), le métal (blanc) et l'eau (noir), reliés par des cycles complexes. (L'illustration est issue du livre intitulé Voies et vertus de la médecine chinoise de Jean-François Cludy et Régine Tiburce-Cludy, P.21).

Le chiffre du Dragon

Il s'agit du chiffre neuf, quintessence de sagesse et de chance.

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Un des dragons du Mur des Neuf Dragons de la Cité Interdite.



Sur ce magnifique mur, construit en 1774, sous le règne de l'empereur Qian-Long et composé de 270 carreaux de céramique vernissés, ondulent neuf dragons sacrés, protecteurs du sanctuaire impérial contre les esprits maléfiques. Sur un fond tourbillonnant de vagues et de nuages, les dragons cherchent à attraper une perle.

Une immense variété de Dragons
Les dragons chinois sont de puissantes divinités, des rois des mers, des gardiens de trésors et de lieux sacrés, des médiateurs entre les mondes, des fondateurs de temples et de cités. Ils insufflent l'étincelle de vie, règnent sur les eaux célestes et matricielles, propagent la sagesse des dieux et des ancêtres. Le plus souvent bienveillants, ils possèdent un tempérament ombrageux, versatile et capricieux et transforment parfois les ondes telluriques en fluides mortifères mais cette part sauvage et chaotique de leur caractère n'affaiblit pas la vénération qu'ils suscitent.

Tian-lung est le dragon céleste, le protecteur des palais divins qu'il soutient avec sa colonne vertébrale.

Shen-lung est un magnifique dragon, doté d'écailles azurées. A partir de la dynastie des Han (206 avant J.-C. -220), ce dragon bleu-vert se présente comme le symbole de l'empereur et de l'Orient, de la pluie printanière et du soleil levant. Il règne sur le cinquième signe du Zodiaque et préside au renouvellement de la végétation. Il danse sur les nuages et fait tomber la pluie sur les cultures. On invoque son énergie fécondante mais il peut lever des tempêtes et des vents destructeurs.

Di-lung règne sur les sources et les cours d'eau.

Fu-zang-lung est le gardien des trésors et des objets magiques. Il connaît l'emplacement des veines précieuses de la terre et des filons métallifères.

Huang-lung est le cheval dragon ou le dragon jaune. Il a jailli du fleuve Jaune mythique et s'est incliné devant l'empereur légendaire Fu Hsi avant de lui transmettre les secrets de l'écriture et du Yi King.

Le dragon blanc représente l'Occident et la mort. Le souverain des eaux de l'est, du nord, du sud et de l'ouest est un majestueux dragon rouge-sang. Les dragons dorés concentrent une infinité de pouvoirs.

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Omniprésent dans les croyances chinoises, le dragon ouvre les portes d'une année considérée comme propice pour la réalisation des projets et les naissances car les « enfants du dragon » sont réputés éloigner le malheur et les coups du sort.

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Pour célébrer l'année du Dragon, la Maison de Thé Mariage Frères a élaboré un thé vert, fruité et acidulé, aux baies de goji du Tibet.

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On peut contempler cette belle vitrine dans le Carrousel du Louvre.



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Un dragon de cristal signé Lalique.



Jusqu'au 10 février 2013, où son règne sera remplacé par celui du Serpent, le Dragon nous insufflera son charisme et sa vigueur flamboyante. On l'invoquera secrètement pour attirer la chance, le bonheur et la prospérité même s'il faudra sûrement composer avec les turbulences de son caractère...

Dans les contes et les légendes d'Occident, les récits religieux et l'imaginaire collectif, les dragons sont malheureusement perçus comme des tueurs impitoyables. Souvent dotés, comme les démons, de grandes ailes membraneuses, il font preuve d'une voracité sans limites et tombent sous les coups de lance ou d'épée des saints guerriers. Mais ils apparaissent aussi comme des initiateurs, liés aux anciens cultes agraires. Je leur consacrerai un article dans quelques temps.

Je vous souhaite à présent une excellente année sous le signe du Dragon Chinois et vous invite à explorer avec passion les mondes fabuleux et les traditions millénaires qu'il gouverne!

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Un « papertoy » dragon signé Tina Kraus, illustratrice allemande.




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Bonne année: Xῑnnián hăo!



Bibliographie

Marcel GRANET: La civilisation chinoise. Albin Michel, 1930. La pensée chinoise. Albin Michel, 1994.

Martine LEYRIS: La Chine du dragon impérial, collection »Les grands Empires » chez Robert Laffont, 1982.


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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chinois, #dragon, #dragons, #eau, #rouge

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Le 10 février 2013 marquera le début de la nouvelle année chinoise, l'année du serpent d'eau. Ce « maître séducteur » est réputé pour sa sagesse, son intuition et sa créativité débordante. Jusqu'au 23 février, sous son obédience mystérieuse, de nombreuses manifestations culturelles se dérouleront dans plusieurs arrondissements de Paris.


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Programme des festivités


Le dimanche 10 février 2013, vers 14 heures, un défilé traditionnel partira de la place de l'Hôtel de Ville, en direction du quartier du Marais. Le cortège empruntera la rue du Temple jusqu'à la place de la République et se dirigera, par la rue de Turbigo, la rue Beaubourg et la rue du Renard, vers la rue de la Verrerie.

 

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Le dimanche 17 février 2013, à partir de 13 heures, le célèbre défilé du 13e arrondissement attirera des milliers de visiteurs autour de l'avenue d'Ivry. Le défilé de Belleville aura lieu le même jour, aux alentours de 11 heures.

 

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Les mairies des 3e, 13e et 20e arrondissements proposeront, tout au long du mois de février, des conférences, des expositions de peinture à l'encre de Chine, des initiations à la calligraphie, des spectacles de marionnettes, des concerts et des projections de films. Les personnes intéressées pourront consulter le site Paris.fr.

 

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Du 10 au 16 février, le théâtre du Châtelet accueillera pour la première fois en Europe l'opéra classique chinois Le pavillon aux pivoines. Cette épopée de 55 actes, composée en 1598 par le poète Tan Xianzu, a été adaptée par Tamasaburo Bando, maître japonais de kabuki, une forme de théâtre traditionnel né au début du XVIIe siècle. La version de l'acteur, considéré comme au Japon comme un « trésor national vivant », se déroule sur trois actes et six tableaux.

 

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La romancière Lisa See reprend, dans le Pavillon des Pivoines, le thème de l'amour parfait développé dans le monumental opéra.

 

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Le samedi 16 février, le nouvel an vietnamien sera célébré à la maison de l'Unesco. La « fête du Têt », appelée « Première Aurore », marque le renouveau du Printemps et le retour des âmes des ancêtres auprès des vivants.

 

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Le serpent et le dragon étant liés, à bien des égards, dans la symbolique chinoise, je vous propose de voyager, sous l'égide du dragon d'eau, à travers les chatoyantes traditions du nouvel an asiatique.

 

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Le 23 Janvier 2012, le Lapin de Métal s'en est allé, au profit d'une figure majeure de la mythologie chinoise, le Dragon d'Eau, seigneur du Zodiaque et des éléments. Avec fantaisie et majesté, il règne, dans ses rutilants atours, sur l'ancien monde et rayonne sur le nouveau. Le 10 février 2013, il sera remplacé par le Serpent d'Eau.

 

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La Fête du Printemps est célébrée le premier jour du premier mois lunaire. Ses origines remontent à la dynastie Shang (1766-1122 avant J.-C.). Renouvelée, sous l'obédience du puissant dragon, elle promet, d'après les croyances asiatiques, prospérité, fécondité, succès et renaissance.

 

Le nouvel an chinois évolue chaque année entre le 21 janvier et le 20 février, en raison du calendrier luni-solaire qui se fonde sur une connaissance aiguë des cycles saisonniers. C'est à Nankin, à l'observatoire de la Montagne Pourpre, que l'apparition de la nouvelle lune est déterminée.

 

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Un défilé haut en couleurs

 

Sur le parvis de l'Hôtel de Ville, les enfants du Dragon, les amateurs de folklore et de mythologie et les curieux de tous bords se donnent volontiers rendez-vous.

 

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Le rouge et l'or, couleurs sacrées, protectrices contre les forces malveillantes.

 

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Le rose du Printemps

 

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Les génies de la chance et de la prospérité règnent sur ce festival lunaire.

 

Le vert évoque la poussée de l'énergie vitale et le retour du Printemps. Associé à l'Est, au foie et aux muscles, il stimule la bonté et la santé.

 

Le jaune est la couleur des vêtements impériaux et de la Terre, l'élément du Centre, symbole de fertilité. Les eaux du fleuve Jaune favorisent le renouveau de la végétation.

 

Avec quelques touches de rose, le pouvoir de la Nature s'éveille doucement à travers les fleurs de cerisier.

 

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Les somptueux costumes sont réputés stimuler les énergies bienfaisantes et « capter » l'attention des divinités mais les personnages fantastiques, les couleurs chatoyantes et les danses magiques ont surtout pour fonction de repousser Nian ou Nien, le « monstre de l'année ».


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(Image Paris.fr)

 

Ce monstre légendaire donna son nom au « cercle de l'année ». Émanation de l'incréé, du chaos et des abysses nocturnes, il rôdait autour des villages, à l'instar de nos croquemitaines et dévoreurs d'âmes occidentaux. Pendant la « nuit de Nian »,les habitants allumaient, au cours d'une veillée protectrice, une profusion de flambeaux.

 

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Créature hybride, dotée d'une tête de lion et d'un corps de taureau, Nian apparaît dans les danses de lions qui neutralisent son pouvoir maléfique.

 

Il surgit de la mer ou de la forêt. Il descend des montagnes pour dévorer les hommes et les animaux mais il est effrayé par le bruit des pétards, la lumière vive et la couleur rouge. Dans les temps anciens, les villageois plaçaient sur les portes des chiffons écarlates dans le but de l'effaroucher.

 

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Les premiers pétards étaient réalisés avec des tiges de bambou. Aujourd'hui, ce sont des chaînes de petits pétards rouges appelés « démons » qui sont utilisées.

 

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Émanation de la toute puissance du yang, la couleur rouge (hung), règne sur l'été et le sud, à l'opposé du yin, associé au noir, au nord et à l'hiver. Elle est apotropaïque, autrement dit réputée éloigner les forces négatives. (Le mot « apotropaïque » vient du grec apotropein qui signifie « détourner ».)

 

« Au théâtre chinois, le dieu de la guerre a le visage peint en rouge, couleur du sang et des blessures, mais les cartes du nouvel an sont rouges et les pêches rouges sont un présent de mariage car le rouge est aussi la couleur de la joie et de la chance envoyées par les dieux. »

J. Gernet: Problèmes de la couleur. Bibliothèque générale de l'École Pratique des Hautes Études, VIe Section, Sorbonne, 1957.

 

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Le rouge est la couleur des noces. La jeune mariée, vêtue de rouge et installée dans un palanquin rouge, est conduite au logis de son époux. Les portes de sa nouvelle maison sont couvertes de laque rouge.

 

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Les lanternes rouges et dorées sont des symboles de richesse et de félicité.

 

L'ouverture des yeux du dragon


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Avant que le dragon puisse danser, la tradition exige qu'on lui « ouvre les yeux » en peignant de rouge ses prunelles.

 

D'après la légende, l'empereur Han Wudi, de la dynastie Liang, fit décorer le temple bouddhiste du bien-être, à Nankin, par le peintre Zhang Sengyóu.

 

Au grand étonnement des visiteurs, Zhangréalisa quatre dragons dépourvus d'yeux. Il expliqua que les dragons s'envoleraient s'il leur peignait un regard mais face aux demandes réitérées de ses admirateurs, il dota de prunelles les deux premiers dragons. Il avait à peine terminé son travail que le tonnerre se mettait à gronder. Quelques instants plus tard, des éclairs déchirèrent le ciel et un déluge s'abattit sur le monastère. Les dragons aux yeux peints s'animèrent et s'envolèrent dans les nuages, comme de longs rubans de soie.

 

Cette légende fut à l'origine du proverbe huà lóng din jingqui signifie « faire la tache des yeux du dragon peint »et décrit la dernière touche apportée à une oeuvre, la touche magique insufflant la vie.


Les yeux du dragon auraient d'ailleurs été peints, dans les temps anciens, avec le sang d'une crête de coq, animal protecteur contre les démons et les esprits malveillants.

 

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Les dragons qui virevoltent apportent la joie, la force et la prospérité. Leurs danses ondoyantes s'enracinent dans le culte des ancêtres, l'hommage aux divinités et la réminiscence du pouvoir impérial. Elles honorent aussi les dieux de la pluie fécondante qui font croître les moissons.

 

Les acrobaties du dragon symbolisent la bravoure, la force et la noblesse. Tel un long ruban précieux, il se gorge d'air et tourbillonne parmi les passants émerveillés.

 

La danse des Lions


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Au rythme des cymbales, du gong et du tambour, les lions aux couleurs vives s'ébattent dans des positions qui mélangent la danse et les arts martiaux. Chaque lion est incarné par deux danseurs. Le corps et la queue sont animés par des liens souples alors que la tête est contrôlée par des tiges de bambou. Cette activité requiert une grande force, beaucoup de coordination et de vitalité.

 

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Ces danses soigneusement codifiées sont réputées éloigner les esprits malveillants, attirer la chance et stimuler la fertilité. Elles sont exécutées pendant les mariages, à l'occasion du nouvel an et pour célébrer l'ouverture d'une boutique.

 

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A l'origine, la danse des lions se déroulait à l'automne, après la période des moissons, pour exorciser les créatures démoniaques.

 

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Ronde léonine autour d'un enfant qui accomplit des katas.

 

Les Pouvoirs du Dragon


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Le dragon chinois est une sorte de poisson mythique, doté d'un corps serpentiforme ou anguiliforme très étiré, de bois ou de cornes et d'une puissante gueule barbue. Il ne possède pas d'ailes mais la crête qui couronne son crâne lui permet de voler. Avant de revêtir sa forme définitive, il se métamorphose pendant des milliers d'années. D'après certains archéologues, son effigie dérive de représentations stylisées d'animaux bien réels, comme des poissons, des crocodiles et des serpents.

 

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Un dragon poisson de bois que les moines frappent avec un bâton pour annoncer la prière ou la méditation.

 

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Animal sacré, à l'instar du Phénix, de la Licorne et de la Tortue, le Dragon permet aux puissances célestes de se manifester auprès des Hommes.

 

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L'expression « deng longmen » signifie « franchir la passe du dragon », c'est à dire « réussir sa carrière ».

 

Si une carpe parvient à franchir la « porte du dragon », elle se métamorphosera en dragon. La « porte du dragon » est une porte mythique et allégorique symbolisant les efforts déployés pour atteindre son but.

 

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Le Seigneur des métamorphoses

 

Créature gorgée de magie, le dragon peut tisser les nuages, se changer en gouttes d'eau et en flammes, scintiller dans les ténèbres, devenir invisible, revêtir l'apparence d'autres animaux, prendre une forme humaine ou hybride (comme un corps d'homme et une tête de dragon).

 

Le Dragon d'Eau


Émanation de l'élément yang, le dragon est investi du pouvoir de création et de fécondité mais il est aussi en adéquation avec l'élément yin et les puissances aquatiques. Il est le seigneur des eaux en mouvement, fécondes et jaillissantes, dont il contrôle le pouvoir de vie et de mort.

 

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Maître du calendrier et de la météorologie, il se love dans les eaux matricielles (rivières, lacs, océans) et règne sur les eaux célestes. Il serpente à travers les nuages et fait tomber la pluie.

 

Les cours d'eau, les bras de mer, les étangs, les rivières et les lacs ont leurs dragons-esprits.

 

Pendant l'hiver, les dragons s'enfoncent dans les entrailles de la Terre. Ils remontent à la surface au début du deuxième mois, pour apporter les pluies fécondantes. Le deuxième jour, ils sont honorés avec des feux d'artifice.

 

Le rite du Qiu se déroule pendant les périodes de sécheresse. Pour invoquer le pouvoir bienfaisant du dragon d'eau, un dragon de papier est fixé à une armature de bois et placé dans un lit de rivière asséché. Les chamanes lancent des incantations et frappent des tambours pour imiter le grondement du tonnerre, invitant, par ce bruit caractéristique, le roi-dragon à libérer la pluie.

 

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Dragons noirs dans les nuées, XIIe siècle

 

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Les combats et les accouplements de dragons font aussi venir la pluie. Ils sont symbolisés par les « joutes des bateaux dragons ».

 

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Les oeufs de dragons, brillants, nacrés, multicolores, iridescents, naissent des souffles mêlés des dragons mâles et femelles, sur les berges des rivières. Ils peuvent contrôler la météorologie.

 

Le Sculpteur de paysages

 

Le dragon représente les forces changeantes de la Nature, la mutation des espaces au rythme des saisons, les ondulations étranges des roches et de la terre.

 

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(Photographie de Marie-Louise Baux trouvée sur Linternaute.)

 

Les montagnes et les collines ont été façonnées par le passage ou le souffle incandescent des dragons. Les très vieilles pierres sont associées à leurs dents et à leurs os.

 

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Le Seigneur de la végétation


Les dragons verts incarnent la force contenue dans les graines et les bourgeons, l'énergie sinueuse des feuilles et des branches. Ils crachent des bouquets verdoyants.

 

A la période du solstice d'hiver, ils combattent, de manière rituelle, et leur sang noir et jaune se répand sur la terre pour que renaisse le printemps.

 

D'après la légende, le jade est né de l'union de la semence du dragon avec la terre, au moment où pulsent les énergies printanières.

 

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Dragon de jade, 2200-1750 avant J.-C.


Le magicien des éléments


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De nombreux dragons engendrent les nuages avec leur haleine et tissent entre leurs griffes la brume et les phénomènes atmosphériques vaporeux. Liés au vent, aux orages fécondants et au tonnerre, ils peuvent provoquer des cyclones et des tsunamis.

 

Ils ont aussi une incidence sur les heures du jour et de la nuit. Un dragon crée le jour en ouvrant les paupières et ferme les yeux pour appeler l'obscurité.

 

Certains dragons suscitent des éclipses en poursuivant la lune et le soleil.

 

Le médiateur entre les mondes


A certaines périodes, les dragons sont chevauchés par les âmes qu'ils emportent dans l'au-delà.

 

Dans les régions montagneuses, des bannières dragons claquent au vent pour attirer les bons esprits.

 

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Quand il ne conduit pas les âmes vers les mondes célestes, le dragon poursuit une grosse boule brillante, jaune et dorée, qui symbolise le renouveau, la graine de lotus, émanation des nourritures terrestres et spirituelles. (La photo est un peu floue mais je me suis retrouvée contre la tête du dragon et j'en étais très heureuse...)

 

Le Dragon et la Perle


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Au creux de sa gorge ou de sa bouche, entre ses griffes ou dans un luxuriant palais situé au fond des mers, le dragon protège la perle sacrée, emblème de la « parole précieuse ». Des intrépides tentent parfois de la dérober car elle a la réputation d'exaucer les voeux.

 

Quand deux dragons jouent avec une perle, celle-ci incarne « la balle du tonnerre ». En montant très haut dans les airs et en roulant brusquement sur le sol, elle attire les pluies fertilisantes et stimule le réveil de la Nature.

 

D'après la croyance populaire, en Chine, le tonnerre féconde les coquillages et les perles s'y développent, gorgées de clarté lunaire.

 

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Symbole de sagesse et de connaissance, de chance et d'immortalité, la perle est bénéfique pour le sang et les yeux. La tradition voulait qu'une perle soit placée dans la bouche des défunts fortunés.


L'Empereur Dragon

 

Le dragon apparaît comme l'emblème du pouvoir harmonieux, celui de l'Empereur, fils du Ciel et de la Terre et médiateur entre les « différents plans de réalité ».

 

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L'empereur T'ai Tsung de la dynastie des Tang (626-649).

 

Le dragon à cinq griffes était représenté sur les vêtements impériaux, les murs des palais et les objets à caractère rituel ou décoratif.

 

Pour l'anecdote, le dragon à quatre griffes est un des symboles de la Corée et le dragon à trois griffes, d'inspiration Japonaise.

 

Le Gardien de l'Ordre cosmique

 

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Un gu ou tambourin, orné d'un dragon.

 

Reflet de l'harmonie du cosmos, la musique tisse un lien subtil entre les mondes. Les cloches possèdent un anneau de suspension en forme de dragon.

 

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Ces dragons représentent les cinq éléments de la cosmogonie chinoise: le bois (vert), le feu (rouge), la terre (jaune), le métal (blanc) et l'eau (noir), reliés par des cycles complexes. (L'illustration est issue du livre intitulé Voies et vertus de la médecine chinoise de Jean-François Cludy et Régine Tiburce-Cludy, P.21).


Le chiffre du Dragon


Il s'agit du chiffre neuf, quintessence de sagesse et de chance.

 

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Un des dragons du Mur des Neuf Dragons de la Cité Interdite.

 

Sur ce magnifique mur, construit en 1774, sous le règne de l'empereur Qian-Long et composé de 270 carreaux de céramique vernissés, ondulent neuf dragons sacrés, protecteurs du sanctuaire impérial contre les esprits maléfiques. Sur un fond tourbillonnant de vagues et de nuages, les dragons cherchent à attraper la perle céleste.

 

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Une immense variété de Dragons


Les dragons chinois sont de puissantes divinités, des rois des mers, des gardiens de trésors et de lieux sacrés, des médiateurs entre les mondes, des fondateurs de temples et de cités. Ils insufflent l'étincelle de vie, règnent sur les eaux célestes et matricielles, propagent la sagesse des dieux et des ancêtres. Le plus souvent bienveillants, ils possèdent un tempérament ombrageux, versatile et capricieux et transforment parfois les ondes telluriques en fluides mortifères mais cette part sauvage et chaotique de leur caractère n'affaiblit pas la vénération qu'ils suscitent.

 

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Tian-lung est le dragon céleste, le protecteur des palais divins qu'il soutient avec sa colonne vertébrale.

 

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Shen-lung est un magnifique dragon, doté d'écailles azurées. A partir de la dynastie des Han (206 avant J.-C. -220), ce dragon bleu ou bleu-vert se présente comme le symbole de l'empereur et de l'Orient, de la pluie printanière et du soleil levant. Il règne sur le cinquième signe du Zodiaque et préside au renouvellement de la végétation. Il danse sur les nuages et fait tomber la pluie sur les cultures. On invoque son énergie fécondante mais il peut lever des tempêtes et des vents destructeurs.

 

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Di-lung règne sur les sources et les cours d'eau.

 

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Fu-zang-lung est le gardien des trésors et des objets magiques. Il connaît l'emplacement des veines précieuses de la terre et des filons métallifères.

 

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(Image Tao-yin.com)


Huang-lung est le cheval dragon ou le dragon jaune. Il a jailli du fleuve Jaune mythique et s'est incliné devant l'empereur légendaire Fu Hsi avant de lui transmettre les secrets de l'écriture et du Yi King.

 

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Le dragon blanc représente l'Occident et la mort. Le souverain des eaux de l'est, du nord, du sud et de l'ouest est un majestueux dragon rouge-sang. Les dragons dorés concentrent une infinité de pouvoirs.

 

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Omniprésent dans les croyances asiatiques, le dragon est invoqué pour la réalisation des projets. Il est également considéré comme un protecteur des naissances. Les enfants nés sous son obédience sont réputés éloigner le malheur et les coups du sort.

 

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En 2012, pour célébrer l'année du Dragon, la Maison de Thé Mariage Frères a élaboré un thé vert, fruité et acidulé, aux baies de goji du Tibet.

 

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Un dragon de cristal signé Lalique.

 

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Un « papertoy » dragon créé par Tina Kraus, illustratrice allemande. Pour tous ceux qui aiment les dragons et pour mon aminaute JILL et son dragonien fétiche!

 

Jusqu'au 10 février 2013, le Dragon nous insufflera son charisme et sa vigueur flamboyante mais il continuera d'être invoqué pour attirer la chance, le bonheur et la prospérité, à chaque nouveau printemps, malgré les turbulences de son caractère... Il est le seigneur des cycles de la mort et de la vie.

 

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Dans les contes et les légendes d'Occident, les récits religieux et l'imaginaire collectif, les dragons sont malheureusement perçus comme des tueurs impitoyables. Souvent dotés, comme les démons, de grandes ailes membraneuses, il font preuve d'une voracité sans limites et tombent sous les coups de lance ou d'épée des saints guerriers. Mais ils apparaissent aussi comme des initiateurs, liés aux anciens cultes agraires. Je leur consacrerai une étude dans quelques temps.

 

L'année du dragon s'achève et un autre animal, tout aussi fertile, sage et fascinant, s'apprête à régner sur l'année nouvelle et les rythmes calendaires.

 

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Que le Serpent d'Eau vous invite à explorer avec passion les mondes fabuleux et les traditions millénaires qu'il gouverne! Je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir un article qui lui sera entièrement consacré.

 

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Bibliographie


Marcel GRANET: La civilisation chinoise. Albin Michel, 1930.

 

La pensée chinoise. Albin Michel, 1994.

 

Martine LEYRIS: La Chine du dragon impérial, collection »Les grands Empires » chez Robert Laffont, 1982.

 

Maurice Louis TOURNIER: L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne. Paris: L'Harmattan, 1991.

 

La Chine ancienne: Pays du dragon céleste. Ouvrage collectif publié chez Larousse.

 

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Merci de votre fidélité, vos doux mots d'amitié me touchent profondément!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bassin, #certes, #domaine, #eau, #pres

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Je voudrais vous emmener sur la rive Est du Bassin d'Arcachon, dans un endroit mystérieux et magique, le Domaine de Certes-Graveyron. Juste avant de fêter 2012, cette escapade en terre girondine, aux portes de la mer, a été particulièrement ressourçante.

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Dans ce paysage magnifique, doté d'un patrimoine et d'une biodiversité exceptionnels, le ciel, la végétation et le vent s'entremêlent. Savourer l'air gorgé d'embruns et de douceur sucrée, presque printanière, fut un bonheur indicible.

Des Espaces Naturels Sensibles

Depuis 1991, le Conseil Général de la Gironde gère et valorise ces lieux choisis en raison de leur richesse historique et biologique.

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Dans les prés salés, les vaches apprécient le goût iodé de l'herbe.



Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le marquis de Civrac, seigneur local, fit mener d'importants travaux d'endiguement et transformer les prés salés en marais salants. Constamment attaquées par les tempêtes et les fortes marées, les digues sont étroitement surveillées. Leur entretien minutieux permet de protéger les terres et favorise l'accès au Sentier du Littoral.

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Une mosaïque de prairies humides, naturellement salées. Un camaïeu de vert, d'argent et de bleu qui nous attire vers des contrées oniriques...

Historique des lieux

A l'époque médiévale, un tertre artificiel fut érigé sur le domaine de Certes afin de surveiller « la circulation maritime du bassin d'Arcachon ».

A partir de 1768, dans un paysage de prés salés, de marais côtiers et de végétation herbacée, la saliculture se développa, grâce à François Emery de Durfort, marquis de Civrac, seigneur de Lamothe, de Certes, de Comprian et baron d'Audenge. Les seigneurs locaux arboraient également un titre princier, celui de « Captal de Certes ».

Dispensé par le roi de payer l'impôt sur le sel, le marquis fit dresser de puissantes digues autour de l'île de Branne, située à proximité, et créer des marais salants, entre 1768 et 1773,  le long du domaine de Certes. Mais quand son privilège d'exonération de redevance sur le sel fut aboli, suite aux récriminations des producteurs de sel charentais, les ennuis s'accumulèrent. Il termina sa vie ruiné par les travaux pharaoniques qu'il avait engagés et par son train de vie dispendieux à la Cour, car il résidait le plus souvent au château de Versailles et dans son hôtel parisien.

Les salines tombèrent peu à peu en désuétude, au profit des prés salés originaux, mais les modifications humaines se poursuivirent.

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Les écluses croisées sur le bord du chemin en témoignent. Elles sont plus que jamais les gardiennes du niveau des eaux en fonction des marées et des variations de la météorologie. Il en existe 31, réparties sur la totalité du Domaine.


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A partir de 1843, Ernest Valeton de Boissière (1811-1894), le fils de François Valeton Boissière, un négociant en vin du Quai des Chartrons, à Bordeaux, influa sur le destin de Certes. Il fit planter des pins et creuser des bassins pour la pisciculture.

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Diplômé en 1830 de l'École Polytechnique, ce personnage atypique devint ingénieur géographe dans l'armée avant de quitter celle-ci vers 1832.

En 1818, son père avait acquis une importante partie du Domaine de Certes auprès d'un certain Guillaume Darles, pharmacien bordelais. En 1837, il acheta de nouveaux terrains au parisien Augustin Walbreck.

Dès 1843, Ernest de Boissière entreprit la transformation progressive des anciennes salines en réservoirs à poissons. Cette politique de grands travaux exprimait une vision humaniste de la société, fondée sur les théories de Charles Fourier.

Charles Fourier (1772-1937) envisageait une société composée de phalanstères, des bâtiments communautaires habités par des personnes qui décidaient de s'unir librement. Dans cette nouvelle société utopique, devaient fleurir les fermes, les potagers, les vergers et les viviers à poissons. L'Homme et la Nature pouvaient ainsi vivre en harmonie, éloignés de la notion de profit égoïste.

Grand philanthrope, Ernest de Boissière concrétisa ces théories en fondant des écoles mixtes. Il semblerait d'ailleurs que le premier collège mixte de France ait été celui d'Audenge, une commune attenante au domaine. Il traversa l'Atlantique quelques années plus tard, en des temps troublés, pour créer une communauté idéale à Silkville, au Kansas.

Le château de Certes

Un premier château fut érigé vers 1350, sur une motte féodale, pendant la Guerre de Cent Ans. Il fut détruit en 1765.

Entre 1766 et 1769, le marquis de Civrac fit édifier une demeure seigneuriale qui disparut en 1866. Ce « vieux château » se dressait sur une butte artificielle. Un moulin à eau était situé près de sa tour.

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Carte datant de 1708.



Ernest de Boissière fit raser cette construction et ériger à la place une élégante chartreuse, aux alentours de 1855. Il utilisa des matériaux issus des bâtiments démolis et notamment des modillons médiévaux.

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Après sa mort, Camille Descas, le fils de Jean Descas, un célèbre négociant en vin de Bordeaux, fit moderniser la « maison Boissière » dans le style Second Empire. Il fit ériger des tourelles et un belvédère et agrémenter la demeure d'un décor « Art Nouveau », composé de faïences et de boiseries précieuses, mais le 14 novembre 2010, l'aile sud fut détruite par un incendie.

Camille Descas et son frère Ferdinand favorisèrent l'essor de la pisciculture et de l'élevage dans les prés salés mais, après leur disparition, survint une période troublée au cours de laquelle le domaine partit en déliquescence.

Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL) acquit, à partir de 1984, cette mosaïque de zones humides pour assurer leur protection.

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Le Domaine de Certes-Graveyron offre une harmonieuse variété d'oiseaux. Hérons, milans noirs, spatules blanches, aigrettes, cormorans, mouettes, goélands, bernaches, canards, oies cendrées, cygnes et bien d'autres évoluent dans ce paradis aquatique, survolant l'immensité des prés salés.

Les poissons qui entrent dans les bassins, grâce aux fortes marées du Bassin d'Arcachon servent de nourriture aux plus gourmands, ce qui explique la présence de filets sur certains viviers.

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Ce beau cygne a gentiment pris la pose au moment où nous passions.



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L'énergie sauvage des marées et la volonté humaine ont modelé ce réseau d'écluses et de canaux où se reflètent les humeurs du ciel.

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Les « bosses » sont des levées de terre qui séparent les bassins. Les eaux peu profondes y favorisent le développement des algues et des plantes aquatiques et dessinent des méandres bleu saphir.

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Au fil de notre marche, nous avons longé le joli port d'Audenge à marée basse. A l'extrémité du quai, se dresse la cabane bleue aux artistes où, de février à novembre, se déroulent des expositions. Les peintres, les sculpteurs et les écrivains y rencontrent le public dans un cadre qui se veut authentique.

 


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La mélodie graphique des pontons, un monde fascinant de force et de fragilité...



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Des écritures scintillantes qui se métamorphosent au rythme des marées...

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Le lieu est propice à de nombreuses activités: canoë kayak, randonnée, ramassage de coquillages, visite des tonnes (les cabanes de chasseurs), découverte de l'ostréiculture, balades à vélo sur les pistes cyclables autorisées (à ce propos, il est nécessaire de se renseigner dans les Offices de Tourisme d'Audenge et de Lanton).

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Les silhouettes tourmentées des cotonniers qui jalonnent le chemin.



Le baccharis ou faux cotonnier d'Amérique est une espèce invasive, dont les branches et les troncs composent en hiver une étrange forêt. Au printemps, les fruits ressemblent à de grandes aigrettes cotonneuses, répandues par le vent. En été et en automne, ses fleurs mellifères, appréciées des abeilles, donnent un miel de caractère, vendu dans les épiceries locales et bio.

Les Cotonniers de Bassalane est un roman de Michèle Perrein (1929-2010), paru en 1984 aux éditions Grasset. Ce livre, qui reçut le Prix Interallié la même année, relate la vie à la grande époque de la pisciculture.

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Nous abordons à présent la « petite plage » qui fait les délices des baigneurs, à la bonne saison.

Dans ce lieu, les cotonniers, les tamaris et les ronciers affrontent les colères du vent et servent de refuge à différents animaux.

 


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Ce monde changeant offre une palette unique de formes et de couleurs, comme si le givre de la nuit avait griffé le ciel.

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Je remercie mon amie Antoinette, son mari et sa maman de nous avoir guidés à travers ce paysage alchimique, né de la force du flux et du reflux, entre mer et marais...


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Des espèces rares et menacées vivent dans ce milieu remarquable. Une prise de conscience de leur vulnérabilité est donc indispensable.

La Cistude d'Europe (Emys orbicularis) est une petite tortue qui aime les eaux douces et saumâtres, âgée de deux millions d'années et en voie de disparition. Dotée d'une carapace sombre et un peu bombée, ornée de petits points jaunes, elle possède des pattes palmées, aux puissantes griffes, et une longue queue effilée. Elle arbore un plastron généralement jaune ou noir.

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Elle ressemble à un beau galet brillant.

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Elle aime les marais, les étangs, les lacs, les canaux et les tourbières. Elle se nourrit de végétaux (elle raffole des carottes) mais elle est aussi carnivore et nécrophage. Elle savoure des poissons, des crustacés, des amphibiens et des petits animaux morts.

Dans les haies, les roselières et les prairies humides, vivent aussi le vison d'Europe, nocturne et discret, la loutre joueuse, la genette farouche et la belette, agile, vorace et gourmande, sans oublier les ragondins, les musaraignes et les facétieux lapins sauvages.

Le lézard vert aime profiter de la chaleur sur le bord des chemins. Pendant la période nuptiale, la gorge des mâles se pare d'une somptueuse couleur turquoise.

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Les rainettes arboricoles se lovent dans les ronciers et les arbustes des haies: prunelliers, aubépines, églantiers...

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Les chauve-souris, les papillons (paon de nuit) et les insectes (capricornes, lucanes cerf-volant...) abondent dans le domaine. Des « chasses au drap », organisées périodiquement par la Société Linnéenne de Bordeaux permettent de découvrir ces fascinantes créatures nocturnes.

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La flore locale est aussi luxuriante que la faune. Roseaux, ajoncs, salicornes, fraisiers, violettes et arums sauvages, jacinthe des bois, lavande de mer, pissenlits et boutons d'or composent une symphonie colorée et parfumée qui répond, à la saison propice, aux senteurs enivrantes des aubépines et des acacias en fleur.

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La beauté des eaux saumâtres dont la gestion des niveaux doit être effectuée avec beaucoup de minutie.

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Le clocher de l'église d'Audenge, comme un phare dans le paysage...


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Une vie luxuriante palpite dans les eaux mêlées.


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Dans ce territoire, nous évoluons constamment à la lisière du conte et de la réalité. Quand les formes se troublent, quand le jour et la nuit s'interpénètrent, nos sens aiguisés s'enivrent du chant de l'eau et de la respiration de l'air.

Si vous en avez un jour l'occasion, je ne peux que vous inviter à découvrir ces merveilles, dans le plus grand respect de ce fragile écosystème, en évolution permanente, dont la préservation est une absolue priorité.


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Bibliographie

C. BOUSQUET-BRESSOLIER, F. BOUSCAU et M.-J. PAJOT: Les aménagements du Bassin d'Arcachon au XVIIIe siècle. Mémoire du laboratoire de géomorphologie de l'École Pratique des Hautes Études, n°43. Dinard éditions, 1990, 224 p.

M. HOUDART: Entre terre et mer, les 250 ans du littoral. IFREMER, mai 2003.

F. VERGER: Marais et estuaires du littoral français. Paris: Belin éditions. 333p.


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