
Saint-Valentin, pour ceux qui s'aiment
Toute l'année...
Des émotions, des attentions,
Des bonheurs simples à partager
Des sentiments que l'on exprime
Et des joies folles qu'on butine
Au fil des nuits et des journées...
Passion, Désir, Complicité
De Corps en fête en Cœurs mêlés
Lorsque nos bouches disent Encore...
Puis vient le 14 Février,
Jour très précieux dans le Folklore
Traditions vives, préservées
Dans les regards entrelacés
Le sang qui pulse au creux des veines
Et les Mots d'Amour en bouquets !
Cendrine, Février 2021

Je vous souhaite, chers Aminautes, une agréable lecture de cet article, en n'oubliant pas les personnes seules et désemparées... J'espère qu'une énergie d'Amour pourra venir à elles et les apaiser.
Joyeuse Saint-Valentin et vive l'Amour tout au long de l'année !


Sous l'obédience de la déesse Vénus, refleurit la Saint-Valentin et son ardente symbolique tissée de faits historiques, de légendes et de folklore. Avec cette fête de l'Amour et des Cœurs, palpitent les ailes des Oiseaux...

Le mois de Février (territoire de transition entre les profondeurs de l'hiver et les premiers soubresauts du printemps) est en effet associé aux parades nuptiales des oiseaux qui commencent à s'accoupler et sont considérés comme les messagers des forces printanières. Au cours de leurs voltes amoureuses, ils se livrent à des jeux mêlés de chants qui stimulent l'éveil des puissances naturelles.
Les oiseaux accompagnaient dans l'Antiquité les Gamélies Athéniennes, célébrations rituelles des noces de Zeus et d'Héra qui se déroulaient de la mi-janvier à la mi-février. On offrait à la déesse des oiseaux sacrés, d'un blanc immaculé, tandis que les fiancés échangeaient des vœux d'amour en buvant du vin dans des coupes en forme d'oiseaux.

L'image des oiseaux a souvent été utilisée de manière symbolique pour représenter les élans de l'amour. Le verbe «oiseler», très employé au XVIIIe siècle, signifie d'ailleurs «faire l'amour».

©Alex Alemany, artiste espagnol né le 5 Janvier 1943. Son art évolue entre Surréalisme et Réalisme Magique.
http://maplumefeedansparis.eklablog.com/un-samedi-en-tableaux-les-oeuvres-d-alex-alemany-a182246442

©Alex Alemany
Le 15 février, jour des Lupercales romaines, antiques fêtes de la fertilité dont la date est indissociable des traditions de la Saint-Valentin, les oiseaux jouaient, avec les animaux à cornes, un rôle très important.
Les prêtres de Lupercus, le dieu loup de la fécondité, couraient dans la ville, vêtus de peaux de chèvre. Ils fouettaient, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qui croisaient leur chemin, afin de stimuler leur pouvoir de fertilité. La course sauvage des Luperques avait pour but de purifier la cité, d'éloigner les démons et les épidémies et de repousser les êtres atteints de lycanthropie.


Lupercus était le protecteur des animaux à cornes, des troupeaux et des futures récoltes. On organisait en son nom une « loterie d'amour ». Les jeunes hommes tiraient au sort le nom de la jeune fille qui deviendrait leur « compagne des festivités » et sur laquelle ils veilleraient, l'espace d'une année.
Le pouvoir érotique des Lupercales déplut fortement aux autorités chrétiennes alors en l'an 496, le pape Gélase Ier décida de contrer les survivances des Lupercales en instituant la Saint-Valentin. Saint-Valentin, le saint des « fiancés, des jeunes filles et des garçons à marier » qui se pare d'une aura de mystère...

©Alex Alemany

Plusieurs « Valentin » sont fêtés le 14 février, en France et dans d'autres pays, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des mythologues et des historiens. Une telle mise en lumière ayant généralement pour effet de «camoufler» un substrat de divinités pré-chrétiennes.

On honore ainsi un prêtre de Rome nommé Valentin, un évêque de Terni en Italie, un évêque de Toro en Espagne, un confesseur du Puy-en-Velay et un martyr africain.

La légende de Saint-Valentin naquit sous le règne de l'empereur Claude II, dit le Gothique (214-270). En proie à certaines difficultés pour constituer ses légions, Claude fit interdire, en l'an 268, les fiançailles et les mariages sur l'ensemble du territoire qu'il dominait mais un prêtre nommé Valentin choisit de braver ses ordres et d'unir secrètement les jeunes couples. L'empereur le fit arrêter et condamner à mort par décapitation.
Dans sa prison, Valentin rencontra Augustine, la fille de son geôlier, une jeune aveugle à qui il rendit la vue, grâce à des prières. Elle prit soin de lui et il lui adressa, avant son exécution, une lettre qu'il aurait signée «Ton Valentin».

Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, Valentin fut emprisonné pour avoir refusé de se prosterner devant les divinités de Rome. Il s'éprit de la fille de l'empereur Claude, une jeune aveugle qu'il s'efforça de guérir. L'empereur promit de se convertir si l'issue était heureuse mais Valentin subit tout de même le martyre. Il laissa à la demoiselle de son cœur un billet doux qui devint une « valentine ».

Ce fut à l'initiative du pape Alexandre VI, à la fin du XVe siècle, que Valentin devint le patron officiel des amoureux et comme le fait remarquer Philippe Walter dans son ouvrage intitulé « Mythologie chrétienne, Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge », Valentin est un saint très mystérieux, fêté à la période du Carnaval et entretenant avec celle-ci des rapports très étroits. Il se présente comme la forme christianisée d'une vieille divinité pré-chrétienne « possédant la syllabe val dans son nom ou son surnom ». P.88. Sa décapitation s'inscrit, à l'instar de celle des géants de Carnaval, dans un cycle solaire et cosmique de mort et de renaissance.

Les oiseaux apparaissent comme de puissants emblèmes sur les fameuses « Valentines », cartes traditionnelles de la Saint-Valentin dont l'origine est liée en France, à Charles d'Orléans.


Charles Ier d'Orléans, prince de France, neveu du roi Charles VI, naquit en 1394 et mourut en 1465. Il était le fils de Louis Ier, duc d'Orléans et de Valentine Visconti, fille du puissant duc de Milan, Jean Galéas Visconti.

Charles d'Orléans en habit de Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or.
Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, il fut emmené en Angleterre et retenu captif à la Tour de Londres pendant vingt cinq années. Il sublima sa souffrance grâce à l'écriture de chansons, de ballades, de complaintes et de rondeaux. Il composa aussi des poésies en langue anglaise.

Charles d'Orléans prisonnier dans la Tour de Londres (Manuscrit Royal de la British Library).
Au cœur de sa solitude, il n'oublia jamais que les oiseaux apportent le Printemps et il rapporta la coutume de la Saint-Valentin en Touraine après sa libération d'Angleterre, en 1441. La tradition des messages d'amour se répandit ensuite dans le reste du royaume et dans les cours européennes.

En Angleterre, au XIVe siècle, il était courant d'écrire, le jour de la Saint-Valentin, des messages d'amour et d'amitié. Le poète et philosophe anglais Geoffrey Chaucer (1340-1400), auteur des Canterbury Tales (Les Contes de Cantorbéry) décrivit, en 1381, cette coutume dans le Parlement des Oiseaux (The Parliament of Fowles).

Chaucer relata, sous le patronage de Saint-Valentin, la cour empressée faite par le roi Richard II Plantagenêt à la princesse Anne de Bohême. Il initia par ses écrits la tradition des poèmes d'amour de la Saint-Valentin.

Le messager de l'amour, 1885, par Marie Spartali Stillman (1844-1927), artiste préraphaélite.
Le poète John Gower (1330-1408) réunit dans une de ses ballades les «trois monarques de l'amour»: Saint-Valentin, la Nature et l'Amour personnifié. Ces trois «Puissances» convoquent un «gouvernement d'oiseaux» qui choisissent leurs compagnes à l'occasion de la Saint-Valentin.

L’œuvre de John Lydgate (1370?-1451?) s'inscrit dans la lignée de celles de Chaucer et de Gower. Dans Flower of Courtesy (lignes 10-14), le poète décrit l'origine des pratiques de la Saint-Valentin et invite les amoureux à célébrer avec fougue ce jour fatidique.
« Réveillez-vous, amants, de votre lourd sommeil,
En ce joyeux matin, dépêchez, dépêchez ;
Car la coutume veut qu’en ce jour,
Le choix de votre cœur renouveliez,
Et vous engagiez toujours fidèles à rester. »
Empreinte d'un charme raffiné, la poésie anglaise est à l'origine de nos cartes d'amour de la Saint-Valentin.

Dans la France du XVe siècle, les jeunes gens prirent l'habitude d'offrir à leur bien aimée des petits mots doux pour célébrer le retour du printemps mais il fallut attendre le XVIe siècle pour que les lettres d'amour soient joliment qualifiées de « Valentines ».


Aux XVIIIe et XIXe siècles, de superbes Valentines ornées de colombes, de cœurs, de roses et de Cupidons se répandirent dans l'Europe entière.
A l'époque victorienne (1840-1860), en Angleterre, elles furent imprégnées de parfums exquis et agrémentées de petits ornements de soie, de dentelle, de plumes, de rubans, de fleurs fraîches ou séchées.


Esther Allen Howland (1828-1904), la fille d'un célèbre papetier américain, lança, vers 1850, la production en série des cartes de Saint-Valentin et, conçues comme de précieuses broderies, ces cartes suscitèrent l'engouement des collectionneurs.

La chromolithographie, procédé d'impression en couleurs mis au point par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839) en 1837, contribua également, tout au long du XIXe siècle, à la diffusion des images de la Saint-Valentin.

La Divination par les Oiseaux

Oracles de l'amour et du printemps, médiateurs entre les hommes et les esprits de la Nature, les oiseaux sont dotés de capacités surnaturelles au moment de la Saint-Valentin. Ils dévoilent dans les rêves des renseignements précieux sur la future épouse ou le futur mari. Ils font croître les bourgeons en battant des ailes. La tradition préconise de faire un vœu en tenant une plume ramassée quelques instants après le lever du soleil.

Les colombes sont considérées comme les messagères favorites de la déesse Aphrodite/Vénus. Dans ce tableau intitulé Vénus et l'Amour, réalisé vers 1550 et signé d'un maître hollandais Maniériste : Lambert Sustris (1515/1520-1584), Vénus veille sur des colombes en plein accouplement. Elle est observée ardemment par son fils Cupidon, le Désir.
Le rouge-gorge qui sautille dans la rosée ou qui agite un brin d'herbe évoque un mariage avec un voyageur ou un marin.
La présence d'un moineau au petit jour près de la chambre à coucher augure d'un mariage d'amour.

Illustration d'un mâle et d'une femelle moineau (sparrow) issue de l'ouvrage anglais « The House Sparrow at Home and Abroad », de Thomas George Gentry et Edwin Sheppard, 1878. Engraved by Sinclair & Son...
Le chardonneret signale à une jeune fille qui l'aperçoit qu'elle fera la connaissance d'un riche parti.
Un vol de cygnes ou d'hirondelles présage d'un mariage heureux mais un merle posé sur l'appui de la fenêtre annonce la venue d'un beau parleur. Il faut se méfier !


Image trouvée sur Pinterest
Deux colombes qui s'embrassent sont réputées être le gage d'une union prospère et sans nuages.
La vue d'une mésange signifie que les époux auront de nombreux enfants...
Et la cigogne qui apporte les nouveaux-nés aime aussi beaucoup la Saint-Valentin !

Surtout n'oublions pas, comme le dit un proverbe issu de l'ancienne Égypte: « C'est le cœur qui donne naissance à toute connaissance » alors AIMONS!

Merci encore pour vos gentils messages et votre fidélité, gros bisous !

