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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

poete

Publié le par maplumefee
Publié dans : #albert, #jpg, #lozeau, #messagere, #poete

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi un poème qui me ravit car il célèbre un être merveilleux et tellement indispensable à la Vie : la Fleur... Muse des Cœurs, Ardente Inspiratrice, Enchanteresse qui exalte nos émotions !

 

J'illustre ce poème avec avec des « Messagères » butinées avec passion dans la Nature et dans la Ville, sous la caresse des saisons...

 

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La Messagère

 

La fleur, exquise messagère,

En son petit cœur rose ou bleu

Qu’embaume une senteur légère,

Enferme l’infini d’un vœu.

 

Frissonnante dans sa corolle,

La fleur, ce vivant billet doux,

Exhale en parfum la parole

Dite, en tremblant, du fond de nous...

 

Parfois, sous le poids chaud d’une âme,

Meurtrie, elle se penche et meurt…

Il faut être poète ou femme

Pour ne pas accabler la fleur.

 

Seule, une phrase délicate

Brûle en elle comme un encens;

Mais son âme fragile éclate

Sous le fardeau des mots pesants.

 

Pour épargner sa grâce fine,

Confions-lui le rêve aimé

Dont l’émoi subtil se devine,

En un soupir, sans l’exprimer...

 

Albert Lozeau

 

 

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Albert Lozeau (1878-1924) est un auteur québecois que j'apprécie beaucoup et dont j'avais présenté un poème (La Girouette), il y a quelques mois.

 

Au Québec, Albert Lozeau (1878-1924) est perçu comme un monument de la littérature poétique. Artiste sensible et profondément humaniste, il naquit à Montréal, aima les études et fut hélas atteint, à l'âge de treize ans, d'une arthrose de l'épine dorsale due à la tuberculose. Les années passèrent et sa maladie empira. Quand il eut 18 ans, il fut dans l'incapacité de se tenir debout et donc de marcher. Il resta tout le reste de son existence alité ou derrière sa fenêtre, à observer la Nature, le Ciel, les couleurs changeantes des Saisons.

 

Il développa une âme poétique des plus subtiles et il écrivit, de tout son être, en laissant s'aventurer son esprit au dehors...

 

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Une messagère dans l'espace urbain...

 

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Et d'autres messagères de nos pensées vagabondes et de nos espérances précieuses...

 

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Et pour nous porter bonheur...

 

Bien affectueusement, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #lit, #Maurice, #Oreste, #poete, #roses, #ton

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi 14 juillet un poème gorgé de passion, de volupté... Des mots d'amour et de désir qui éclatent en pétales de roses ! Un feu d'artifice de sensualité... et à propos de feu d'artifice, je nous souhaite une Bonne Fête Nationale ! Bien « étrange », cette année...

 

« Dans un jardin de roses

Le sommeil t'emporte

Aux quatre coins de ton lit

Se dressent des bouquets

Faits de roses trémières:

Tagète jaune, blanche

Vives couleurs mariées

A l'arôme de menthe.

 

Un bouquet de roses rouges

Sous ton oreiller blanc

Deux autres de roses blanches

Au pied de ton lit

Des œillets parfumés

Çà et là dans ta chambre

Feront de toi ce soir

La reine de printemps.

 

Voici que vient la nuit,

Chaude d'élégance

Une nuit voluptueuse

Pleine de charmes,

Séduisante, sereine

Qui donne de l'extase.

 

Sur ton lit de roses

Tu es étendue,

Ton corps élancé

Dans ta couleur d'ébène

Aux sourires charmants,

Interroge mes sens.

 

Ton portrait alléchant

Dans ta tunique rouge

Ah! Quelle convoitise;

En te dévisageant

J'imagine déjà

Avec quelle volupté

Je te posséderai.

 

Sur ta peau de satin

Tombent des nénuphars,

Pétales blancs, rouges

Rosés de plaisirs;

Au milieu de ton lit

Tu prends ton bain de roses

Doux et sentimental

Au parfum grisant et suave.

 

Sur tes lèvres succulentes

Je dépose des baisers

Vrais bouquets de printemps,

T'enlaçant dans mes bras

Sans penser à demain;

Ivres de caresses,

Le sommeil nous emporte

Dans ton grand lit de roses. »

 

Extrait de « Cris du Cœur »

 

L'auteur, Maurice Oreste, est un poète et romancier haïtien, amoureux de sa terre natale et de sa culture dont il chante, avec beaucoup de sensualité, les beautés ardentes et les douleurs abyssales. A travers son écriture, particulièrement sensible et pleine de vie, il montre la tristesse d'un peuple souvent blessé et exprime sa foi en l'avenir et en la magie d'une terre où s'épanouit la Nature en volupté...

 

En 2011, il a publié un roman intitulé « La Voix de l'Ombre » qui a connu un grand succès.

 

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J'illustre ce poème avec des roses dont j'ai butiné, avec les yeux, la beauté si suggestive...

 

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Belles pensées pour vous, gros bisous !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Angellier, #auguste, #bourgeon, #fleurs, #poete, #vert

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi 14 avril non pas un mais trois poèmes qui célèbrent les Bourgeons, ces promesses de vie, de renaissance et de fécondité. Un florilège de poèmes, comme un bouquet d'amitié que je voulais vous offrir, accompagné de photos de bourgeons et de fleurs. Des photos prises au fil du temps...

 

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Il se promène un peu partout le Printemps !

Il resplendit au bord des routes, dans les rues silencieuses des villes, dans les champs et les forêts. Ses doux sucres aromatiques montent dans l'air et nous ne pouvons que l'effleurer... Gardons Espoir...

 

J'espère que vous allez le mieux possible, ainsi que vos proches.

Bon courage à tous ceux qui luttent...

 

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Auguste Angellier : Le Printemps, issu du Recueil « Le Chemin des Saisons » paru en 1903.

 

« Les bourgeons verts, les bourgeons blancs

Percent déjà le bout des branches,

Et, près des ruisseaux, des étangs

Aux bords parsemés de pervenches,

Teintent les arbustes tremblants ;

 

Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,

Sur les buissons, les espaliers,

Vont se changer en fleurs écloses ;

Et les oiseaux, dans les halliers,

Entre eux déjà parlent de roses ;

 

Les bourgeons verts, les bourgeons gris,

Reluisant de gomme et de sève

Recouvrent l'écorce qui crève

Le long des rameaux amoindris ;

Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,

Sèment l'éveil universel,

Depuis les cours noires des bouges

 

Jusqu'au pur sommet sur lequel,

Ô neige éclatante, tu bouges ;

Bourgeons laiteux des marronniers,

Bourgeons de bronze des vieux chênes,

Bourgeons mauves des amandiers,

Bourgeons glauques des jeunes frênes,

Bourgeons cramoisis des pommiers,

 

Bourgeons d'ambre pâle du saule,

Leur frisson se propage et court,

À travers tout, vers le froid pôle,

Et grandissant avec le jour

Qui lentement sort de sa geôle,

Jette sur le bois, le pré,

Le mont, le val, les champs , les sables,

Son immense réseau tout prêt

À s'ouvrir en fleurs innombrables

Sur le monde transfiguré. »

 

 

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Auguste Angellier (1848-1911) fut un poète très apprécié en son temps. Artiste, critique d'art et historien de la littérature, il fut le premier professeur de langue et littérature anglaises de la Faculté des lettres de Lille et il en devint le doyen entre 1897 et 1900.

 

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Bourgeons dans l'atmosphère de Paris... avant le confinement...

 

Alain Hannecart, poète contemporain : © Bourgeons

 

Comme on ouvre un par un les boutons de chemise

Afin de mettre en pleine lumière un joli torse

La vie trop longtemps demeurée sous l’écorce

S’éveille au gré du vent et du soleil complice

 

Comme les mots que le poète noue en silence

Se déplient sous les yeux avec munificence

Chaque bourgeon poisseux qui déborde de lait

Conserve entre ses plis un message qui plaît

 

Comme ces flots de musique que transmettent les doigts

La vie descend les rues passe par dessus les toits

Des fleurs s’épanouissent des chants se font entendre

Sous le ciel pacifique des parfums se répandent

 

Cette éruption bigarrée colorée fantastique

Charme tous les esprits épris de l’art plastique

 

 

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Bourgeons sur Seine...

 

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Alain Hannecart, poète contemporain : ©Bonjour

 

Comme un diable au fond de sa boîte,

le bourgeon s'est tenu caché...

mais dans sa prison trop étroite

il baille et voudrait respirer.

 

Il entend des chants, des bruits d'ailes,

il a soif de grand jour et d'air...

il voudrait savoir les nouvelles,

il fait craquer son corset vert.

 

Puis, d'un geste brusque, il déchire

son habit étroit et trop court

« enfin, se dit-il, je respire,

je vis, je suis libre... bonjour ! »

 

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Prenez bien soin de vous... Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #banville, #chimere, #jpg, #poete, #theodore

 

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Le Mardi, on propose un poème... Pensées chaleureuses pour Lady Marianne à qui je souhaite un bon rétablissement...

 

« Monstre Inspiration, dédaigneuse Chimère,

Je te tiens ! Folle ! En vain, tordant ta lèvre amère,

Et demi-souriante et pleine de courroux,

Tu déchires ma main dans tes beaux cheveux roux.

Non, tu ne fuiras pas. Tu peux battre des ailes ;

Tout ivre que je suis du feu de tes prunelles

Et du rose divin de ta chair, je te tiens,

Et mes yeux de faucon sont cloués sur les tiens !

C’est l’or de mes sourcils que leur azur reflète.

Lionne, je te dompte avec un bras d’athlète ;

Oiseau, je t’ai surpris dans ton vol effaré,

Je t’arrache à l’éther ! Femme, je te dirai

Des mots voluptueux et sonores, et même,

Sans plus m’inquiéter du seul ange qui m’aime,

Je saurai, pour ravir avec de longs effrois

Tes limpides regards céruléens, plus froids

Que le fer de la dague et de la pertuisane,

Te mordre en te baisant, comme une courtisane.

Que pleures-tu ? Le ciel immense, ton pays ?

Tes étoiles ? Mais non, je t’adore, obéis.

Vite, allons, couche-toi, sauvage, plus de guerres.

Reste là ! Tu vois bien que je ne tremble guère

De laisser ma raison dans le réseau vermeil

De tes tresses en feu de flamme et de soleil,

Et que ma fière main sur ta croupe se plante,

Et que je n’ai pas peur de ta griffe sanglante ! »

 Bellevue, 19 décembre 1857.

 

Je me plonge très souvent dans les poésies de Théodore de Banville qui est l'un de mes poètes préférés. J'aime la luxuriance des images qu'il brode sur la page blanche et la saveur gourmande des mots qu'il saisit.

 

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Photographié par Félix Nadar (1820-1910).

 

Poète, dramaturge, chroniqueur et critique littéraire, passionné d'Esthétisme, orfèvre et sculpteur de vers, Théodore de Banville nourrit une amitié profonde avec Théophile Gautier (1811-1872), Charles Baudelaire (1821-1867) et Victor Hugo (1802-1885). Surnommé par ses amis « le poète du bonheur », il excella dans l'art d'explorer les ressources profondément variées de la poésie française.

 

L'une de ses créations les plus célèbres, la revue collective « Le Parnasse Contemporain » fut une révélation pour Arthur Rimbaud (1854-1891).

 

Tout jeune poète, Arthur Rimbaud envoya ses poèmes à Théodore de Banville qui l'encouragea à persévérer dans l'écriture et l'invita à habiter chez lui mais quelques temps plus tard, les relations se « compliquèrent » entre les deux hommes. Leurs visions artistiques entrèrent en « différence ».

 

Outre le Parnasse Contemporain et ses nombreux recueils de poésie, Théodore publia un Petit Traité de Poésie Française, en 1872, et un roman intitulé Marcelle Rabe. Il fut aussi l'éditeur, avec Charles Asselineau (1820-1874), de la Troisième édition des Fleurs du Mal de Baudelaire.

 

Je prends grand plaisir à voyager à travers ses Recueils...

 

Améthystes, Dans la Fournaise, Le Sang de la Coupe, Les Cariatides, Les Exilés, Les Princesses, Odelettes, Odes Funambulesques, Rimes Dorées, Rondels, Sonnailles et Clochettes, Trente-Six Ballades Joyeuses...

 

 

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Chimère, © Séverine Pineaux

 

Dans le poème La Chimère, le Poète s'adresse à sa Muse... Entité capricieuse, ambivalente, boudeuse, inquiétante, ardente, voluptueuse... Il évoque les relations troubles, intenses, passionnées à l'extrême qui unissent l'artiste amant à sa déité maîtresse régnant sur le feu d'Inspiration.

 

Il est tantôt écouté, conquis, repus de plaisir et tantôt délaissé, moqué, repoussé... De cette alternance naît un frisson brûlant, perceptible à travers les mots.

 

La Muse a des lèvres et des courbes douces mais également des griffes acérées, des dents luisantes et des crocs bien pointus. Elle est tout aussi avenante et subtile que vampirique et féroce. Elle fascine le Poète par sa complexité et l'homme-artiste assume son corps à corps sauvage, audacieux, pulsionnel et vorace avec une entité féminine pouvant se montrer pleine de rage et de fureur.

 

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Voici l'une des deux imposantes chimères, créations d'Henri-Alfred Jacquemart (1824-1896), sculpteur d'animaux et de créatures fantastiques, qui se dressent de part et d'autre du grand bassin de la fontaine Saint-Michel.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-saint-michel-a107259126

 

Chimère, monstre composite, mosaïque d'êtres issus des profondeurs de l'inconscient, messagère de mondes mystérieux, gardienne des forces telluriques... Mélange de lion (tête), de quadrupède pas vraiment déterminé (corps), de serpent ou de dragon (queue) et d'oiseau (grandes ailes). Pour certains auteurs, elle aurait deux têtes, celle d'une chèvre et celle d'un lion. Pour d'autres, elle serait la fille des Titans Typhon et Echidné, à la fois mère des tempêtes, des eaux sombres et des éruptions volcaniques, incarnation des fantasmes, des peurs et des désirs inassouvis... On dit qu'elle peut cracher du feu comme un Dragon ! Elle fut combattue par le héros grec Bellérophon (roi de Corinthe, fils « officieux » du dieu Poséidon) qui chevauchait Pégase, le féerique cheval ailé.

 

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Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), Bellérophon affrontant la Chimère,
fresque réalisée pour le Palais Labia, à Venise, entre 1746 et 1747.

 

 

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Mosaïque romaine découverte à Autun, en Bourgogne, Bellérophon terrasse la Chimère mais le sang de celle-ci a le pouvoir de donner vie à certains vœux et de stimuler l'Inspiration des Artistes !

 

Belles journées pour vous chers Aminautes et merci pour vos messages déposés pendant ma pause forcée. Les travaux reprendront dans trois semaines...

Bises amicales !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #banville, #celle, #muse, #poete, #theodore

 

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Savourons des plaisirs poétiques en souhaitant une Très Bonne Fête à nos Mamans... J'adresse de douces pensées à celles qui rayonnent ici et à nos chères disparues, toujours présentes dans l'écrin du cœur...

 

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Les Roses

 

« Le Printemps rayonnant, qui fait rire le jour

En montrant son beau front, vermeil comme l’aurore,

Naît, tressaille, fleurit, chante, et dans l’air sonore

Éveille les divins murmures de l’amour.

 

O Sylphes ingénus, vous voilà de retour!

De mille joyaux d’or la forêt se décore,

Et blanche, regardant les corolles éclore,

Titania folâtre au milieu de sa cour,

 

A travers l’éther pur dont elle fait sa proie,

Tandis que la lumière, éclatante de joie,

Frissonne dans la bleue immensité des cieux.

 

Beauté qui nous ravis avec tes molles poses,

Dis, n’est-ce pas qu’il est doux et délicieux

De plonger follement ta bouche dans les roses? »

 

Novembre 1888

 

Théodore de Banville, Dans la fournaise, 1892

 

 

Titania, dans le monde anglo-saxon, est la reine des fées et l'épouse d'Obéron, le roi du Petit Peuple. Ces deux-là s'aiment passionnément mais, dotés d'un caractère ombrageux et de grands pouvoirs magiques, ils se disputent souvent ! Ils se jouent des tours, se lancent des sortilèges puis se réconcilient, ce qui fait le bonheur des lutins et des fées.

 

Ils sont issus du Songe d'une Nuit d'Été de William Shakespeare (1564-1616).

 

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Surnommé par ses amis « le poète du bonheur », Théodore de Banville excella dans l'art d'explorer les ressources profondément variées de la poésie française.

 

Éclectique dans l'âme, il écrivit une partition Romantique et Parnassienne, brodée de fièvre Symboliste et nous convie, dans chacune de ses œuvres, à un voyage en mots.

 

Poète, dramaturge, chroniqueur et critique littéraire, passionné d'Esthétisme, orfèvre et sculpteur de vers, Théodore de Banville nourrit une amitié profonde avec Théophile Gautier (1811-1872), Charles Baudelaire (1821-1867) et Victor Hugo (1802-1885).

 

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L'une de ses créations les plus célèbres, la revue collective « Le Parnasse Contemporain » fut une révélation pour Arthur Rimbaud (1854-1891).

 

Tout jeune poète, Arthur Rimbaud envoya ses poèmes à Théodore de Banville qui l'encouragea à persévérer dans l'écriture et l'invita à habiter chez lui mais quelques temps plus tard, les relations se « compliquèrent » entre les deux hommes. Leurs visions artistiques entrèrent en « différence ».

 

Outre le Parnasse Contemporain et ses nombreux recueils de poésie, Théodore publia un Petit Traité de Poésie Française, en 1872, et un roman intitulé Marcelle Rabe. Il fut aussi l'éditeur, avec Charles Asselineau (1820-1874), de la Troisième édition des Fleurs du Mal de Baudelaire.

 

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Mouvement poétique incontournable de la deuxième moitié du XIXe siècle, Le Parnasse émane directement du Parnasse Contemporain, revue, recueil et symphonie littéraire publiée, entre 1866 et 1876, par le grand éditeur Alphonse Lemerre.

Loin, très loin d'une vision esthétique « morale ou utile », Le Parnasse se fonde sur la beauté de « l'art pour l'art » comme le préconisait Théophile Gautier. Il exalte le travail du poète considéré comme un sculpteur de mots, un artisan d'une opiniâtreté dans faille, un ciseleur de mondes sur les reliefs imaginaires de la page blanche.

 

Le Poète est perçu comme un Alchimiste de la Matière Poétique et Le Parnasse se veut un hommage à cette activité subtile, sous l'égide des Muses...

 

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Le Parnasse, fresque réalisée par Raffaello Sanzio dit Raphaël (1483-1520) de 1509 à 1511. Il s'agit de la « Maison de la Poésie » et du « Séjour des Poètes ».

 

Neuf Muses, filles de Mnémosyne, la Mémoire et de Zeus/Jupiter, le maître des Olympiens sont honorées comme des Déesses. Leurs voix mélodieuses résonnent dans les lieux élevés. Leur assemblée est présidée par le dieu Apollon. Les Grâces paraissent auprès d'elles ainsi que le dieu de l'Amour, des artistes, des sages et des philosophes.

 

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Apollon et les Muses, 1826, par Heinrich Maria von Hess (1798–1863).

 

Belles, jeunes, brillantes, sensuelles, gardiennes de la Connaissance, inspiratrices des Arts, les Muses (Mnémosynides) ne se laissent pas défier sans réagir avec intensité. Elles sont à l'origine de la transformation des Sirènes, esprits de l'air sous leur forme initiale, en demoiselles des eaux. Les Sirènes, femmes ailées, leurs disputèrent le premier prix de chant auprès des Olympiens. Les Muses, opiniâtres, gagnèrent et les Sirènes perdirent leur plumage et furent obligées de s'exiler sur une île lointaine, à proximité des terrifiants Charybde et Scylla.

Quelques temps plus tard, neuf sœurs dotées de belles qualités artistiques, les Piérides, se mesurèrent aux Muses. Elles perdirent et se mirent en colère. En guise de punition pour avoir vilipendé les Muses, elles furent transformées en pies par les dieux. Condamnées à jacasser pour l'Éternité...

 

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Les Muses, image Pinterest

 

De nombreuses fontaines et sources leurs sont consacrées, à l'instar de l'Hippocrène, source née d'un coup de sabot du cheval ailé Pégase, coursier merveilleux associé à l'Inspiration Poétique.

 

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Visite de Minerve aux Muses par Joos de Momper le Jeune (1564-1635). Pégase et la source/fontaine Hippocrène apparaissent à droite.

 

Les Neuf Muses sont :

 

Uranie « la savante » qui règne sur l’Astronomie et l’Astrologie.

 

Calliope, la spécialiste de l’éloquence et de la poésie héroïque, mère du poète Orphée.

 

Clio, suzeraine de l'Histoire, gardienne des grands événements et des mémoires ancestrales.

 

Thalie, « la vive », qui préside à la comédie et apporte la joie.

 

Melpomène, la reine de la tragédie, celle qui charme par ses vers héroïques.

 

Erato, suzeraine de la poésie passionnée, muse des vers ardents et de l'élégie.

 

Euterpe créatrice de la musique, reine des instruments à vents. Couronnée de fleurs, elle tient une flûte.

 

Polymnie, fondatrice de la poésie lyrique et de l’harmonie.

 

Terpsichore, maîtresse de la danse et de l'énergie flamboyante des mouvements.

 

Dans l'Antiquité, on les invoquait au début et à la fin de chaque chanson et on leur offrait des libations à base d’eau fraîche, de lait parfumé à la rose et de miel.

 

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Théodore de Banville a célébré l'énergie créatrice des Muses à travers ses recueils poétiques aux noms évocateurs :

 

Améthystes, Dans la Fournaise, Le Sang de la Coupe, Les Cariatides, Les Exilés, Les Princesses, Odelettes, Odes Funambulesques, Rimes Dorées, Rondels, Sonnailles et Clochettes, Trente-Six Ballades Joyeuses...

 

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La Muse

 

« La Muse est un oiseau, disait un maître ancien.

Auguste Vacquerie.

 

Près du ruisseau, sous la feuillée,

Menons la Muse émerveillée

Chanter avec le doux roseau,

Puisque la Muse est un oiseau.

 

Puisque la Muse est un oiseau,

Gardons que quelque damoiseau

N’apprenne ses chansons nouvelles

Pour aller les redire aux belles.

 

Un méchant aux plus fortes ailes

Tend mille pièges infidèles.

Gardons-la bien de son réseau,

Puisque la Muse est un oiseau.

 

Puisque la Muse est un oiseau,

Empêchons qu’un fatal ciseau

Ne la poursuive et ne s’engage

Dans les plumes de son corsage.

 

Mère, veillez bien sur la cage

Où la Muse rêve au bocage.

Veillez en tournant le fuseau,

Puisque la Muse est un oiseau. »

 

Avril 1844.

 

Théodore de Banville, Les Stalactites, 1846

 

Auguste Vacquerie (1819-1895) était un poète, un dramaturge, un photographe et un grand journaliste.

 

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Les Muses au tombeau

 

« Près de la pierre close

Sous laquelle repose

Théophile Gautier,

(Non tout entier,

 

Car par son œuvre altière

Ce dompteur de matière

Est comme auparavant

Toujours vivant,)

 

Regardant cette tombe

De leurs yeux de colombe,

Les Muses vont pleurant

Et soupirant.

 

Toutes se plaignent : celle

Dont l'œil sombre étincelle

Et qui réveille encor

Le clairon d'or,

 

Celle que le délire

Effréné de la Lyre

Offre aux jeux arrogants

Des ouragans,

 

Celle qui rend docile

Un mètre de Sicile

Et tire du roseau

Des chants d'oiseau,

 

Celle qui, dans son rêve

Farouche, porte un glaive

Frissonnant sur son flanc

Taché de sang,

 

Et celle qui se joue

Et pour orner sa joue

Prend aux coteaux voisins

Les noirs raisins,

 

Et la plus intrépide,

La Nymphe au pied rapide,

Celle qui, sur les monts

Où nous l'aimons,

 

Par sa grâce savante,

Fait voir, chanson vivante,

Les rythmes clairs dansants

Et bondissants.

 

Oui, toutes se lamentent

Et pieusement chantent

Dans l'ombre où leur ami

S'est endormi.

 

Car il n'en est pas une

Qui n'ait eu la fortune

D'obtenir à son tour

Son fier amour ;

 

Pas une qu'en sa vie

Il n'ait prise et ravie

Par un chant immortel

Empli de ciel !

 

Ses pas foulaient ta cime,

Mont neigeux et sublime

Où nul Dieu sans effroi

Ne passe ; et toi,

 

Fontaine violette,

Il a vu, ce poète,

Errer dans tes ravins

Les chœurs divins !

 

Et toi, monstre qui passes

A travers les espaces,

Usant ton sabot sur

Les cieux d'azur,

 

Cheval aux ailes blanches

Comme les avalanches,

Tu prenais ton vol, l'œil

Ivre d'orgueil,

 

Quand sa main blanche et nue

T'empoignait sous la nue,

Ainsi que tu le veux,

Par les cheveux !

 

Mais, ô Déesses pures,

Ornez vos chevelures

De couronnes de fleurs,

Séchez vos pleurs !

 

Car le divin poète

Que votre voix regrette

Va sortir du tombeau

Joyeux et beau.

 

Les Odes qu'il fit naître

Lui redonneront l'être

A leur tour, et feront

Croître à son front

 

Victorieux de l'ombre,

L'illustre laurier sombre

Que rien ne peut faner

Ni profaner.

 

Toujours, parmi les hommes,

Sur la terre où nous sommes

Il restera vivant,

Maître savant

 

De l'Ode cadencée,

Et sa noble pensée

Que notre âge adora,

Joyeuse, aura

 

Pour voler sur les lèvres

Que brûleront les fièvres

De notre humanité

L'éternité ! »

 

Théodore de Banville

 

Recueil : Odelettes (1856).

 

 

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Églé

 

« Sous le lourd fleuve d’or qui va le caressant,

Avec ses sombres yeux et sa bouche de rose,

Le visage d’Églé, fait pour l’apothéose,

Apparaît, comme au ciel un astre éblouissant.

 

Dans sa prunelle en feu rit le désir naissant,

Et du col au talon qui sur le sol se pose,

Sur le torse, où le lys a mis sa neige éclose,

La ligne glorieuse et tranquille descend.

 

Toute troublée encor par le songe nocturne,

Églé lève ses bras comme des anses d’urne,

Et prend ses grands cheveux, mêlés par le sommeil.

 

Un frissonnant rayon de lumière glisse entre

Ses jeunes seins, baisant leur bout rose et vermeil,

Et met dans la clarté la blancheur de son ventre. »

 

Villa de Banville, 29 octobre 1884

 

Théodore de Banville, Dans la fournaise.

 

Dans la mythologie grecque, Églé ou Aeglé, est « la Brillante » et « l'éclat du feu ». Elle est l'une des trois Hespérides, filles du titan Hespérus, le frère d'Atlas qui porte le fardeau du monde. Elle a pour sœurs Érythie, « la Rouge » et Hesperaréthousa, « l'Aréthuse du Couchant ».

 

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Théodore de Banville appartient à mon groupe de poètes préférés avec Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Paul Éluard, Saint-John Perse, Louis Aragon, Albert Samain, Anna de Noailles, Aimé Césaire...

 

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Je vous adresse mes meilleures pensées, chers aminautes et je réitère mes vœux de bonne fête pour les mamans... A très bientôt !

Plume

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