Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

printemps

Publié le par maplumefee
Publié dans : #artiste, #fleur, #jonquille, #printemps, #william

Une giboulée de couleurs

 Sir Lawrence Alma Tadema (1836-1912), Le retour des fleurs.

 

Un manteau de neige couvre plusieurs pays d'Europe, le Nord de la France grelotte entre deux giboulées mais je vous invite à glisser dans la chatoyante poésie des couleurs.

 

image02.jpg

 

En livrée de soleil, ces vigoureuses jonquilles embellissent une petite place située à quelques pas de chez moi. En ce début de Printemps aux tonalités hivernales, elles m'ont donné envie de partager avec vous des rêveries d'artistes sur le thème de la reverdie.

 

image03.jpg

Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912): Les fleurs du Printemps.

 

Rousseur ardente d'une chevelure, alchimie de lumière et jeux d'ombre mystérieux... les jonquilles resplendissent dans leur écrin d'or en fusion.

 

Sir Alma-Tadema fut l'un des artistes les plus en vogue du XIXe siècle victorien. Ce passionné d'Antiquité gréco-romaine et d'archéologie égyptienne décrivit avec une minutie spectaculaire des scènes de la vie antique, juxtaposant des éléments réels et des éléments fantasmés.

 

image04.jpg

Le Printemps, 1894.

 

image05.jpg

 

image06.jpg

 

image07.jpg

 

Je ne peux contempler ces merveilleuses jonquilles sans ressentir la mélodie d'un poème, l'un des plus populaires de l'époque Romantique en Angleterre: « The Daffodils » de William Wordsworth (1770-1850).

 

image08.jpg

Berthe Morisot (1841-1895): Jonquilles.

 

En 1804, sur les rives du lac de Ullswater, Wordsworth écrivit « The Daffodils » en se promenant avec sa soeur cadette, Dorothy. Publié en 1815, le poème devint l'une des œuvres majeures du mouvement « lakiste ». J'ai appris ce poème au collège et je ne l'ai jamais oublié.

 

Les Jonquilles (The Daffodils)

 

I wandered lonely as a cloud

That floats on high o'er vales and hills,

When all at once I saw a crowd,

A host of golden daffodils ;

Beside the lake, beneath the trees.

Fluttering and dancing in the breeze.

 

Continuous as the stars that shine

And twinkle on the milky way,

They stretched in never-ending line

Along the margin of a bay :

Ten thousand saw I at a glance,

Tossing their heads in sprightly dance.

 

The waves beside them danced ; but they

Out-did the sparkling waves in glee :

A poet could not but be gay,

In such a jocund company :

I gazed – and gazed – but little thought

What wealth the show to me had brought :

 

For oft, when on my couch I lie

In vacant or in pensive mood,

They flash upon that inward eye

Which is the bliss of solitude ;

And then my heart with pleasure fills,

And dances with the daffodils.

                                 William Wordsworth

 

Première traduction

 

J'allais solitaire ainsi qu'un nuage

Qui plane au dessus des vaux et des monts,

Quand soudain, je vis en foule - ô mirage ! -

Des jonquilles d'or, une légion.

A côté du lac, sous les branches grises,

Flottant et dansant gaiement à la brise.

 

Serrées comme sont au ciel les étoiles

Que l'on voit scintiller sur la Voie Lactée,

Elles s'étendaient sans un intervalle

Le long du rivage, au creux d'une baie.

J'en vis d'un coup d'oeil des milliers, je pense,

Agitant leurs têtes en une folle danse.

 

Les vagues dansaient, pleines d'étincelles,

Mais se balançaient encor plus allègrement,

Pouvais-je rester, poète, auprès d'elles

Sans être gagné par leur engouement ?

L'oeil fixe, ébloui, je ne songeais guère

Au riche présent qui m'était offert :

 

Car si je repose, absent ou songeur,

Souvent leur vision, - ô béatitude ! -

Vient illuminer l'oeil intérieur

Qui fait le bonheur de la solitude,

Et mon coeur alors débordant, pétille

De plaisir et danse avec les jonquilles !

 

Deuxième traduction, signée Catherine Réault-Crosnier

 

J'errais solitaire comme un nuage

Qui flotte au-dessus des vallées et des monts,

Quand tout-à-coup je vis une nuée,

Une foule de jonquilles dorées ;

À côté du lac, sous les branches,

Battant des ailes et dansant dans la brise.

 

Drues comme les étoiles qui brillent

Et scintillent sur la Voie Lactée,

Elles s'étendaient en une ligne sans fin

Le long du rivage d'une baie :

J'en vis dix mille d'un coup d'œil,

Agitant la tête en une danse enjouée.

 

Les vagues dansaient à leurs côtés ; mais

Elles surpassaient les vagues étincelantes en allégresse :

Un poète ne pouvait qu'être gai,

En une telle compagnie :

Je les contemplais, les contemplais mais pensais peu

Au présent qu'elles m'apportaient :

 

Car souvent, quand je m'allonge dans mon lit,

L'esprit rêveur ou pensif,

Elles viennent illuminer ma vie intérieure

Qui est la béatitude de la solitude ;

Et mon cœur alors, s'emplit de plaisir

Et danse avec les jonquilles.

 

William Wordsworth écrivit, avec son ami Samuel Taylor Coleridge, les «Ballades lyriques»: un vibrant manifeste du Romantisme. Il chercha continuellement l'émotion dans l'écriture et entreprit de simplifier les tournures de phrase alambiquées qui étaient coutumières à son époque. Un séjour en France, en Touraine plus exactement, nourrit, dans le poème appelé « Le Prélude », sa nostalgie existentielle et son amour irrépressible de la nature.

 

image09.jpg

 

image10.jpg

Sir Frank Francis Bernard Dicksee (1853-1928): Jeune fille de Printemps.

 

image11.jpg

Portrait d'Elsa

 

Cet artiste au style très précieux, issu d'une famille de peintres, aimait illustrer les récits légendaires et les drames historiques. Il réalisa aussi de nombreux portraits de mode.

 

Le jaune jonquille, saturé d'or et de lumière, était très en vogue chez différents artistes de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

 

image12.jpg

William Macgregor Paxton (1869-1941): Une élégante.

 

image13.jpg

 

image14.jpg

 

image15.jpg

 John Singer Sargent (1856-1925): Nature morte aux jonquilles.

 

Ce portraitiste américain renommé entretint des relations amicales avec les Impressionnistes et plus particulièrement avec Degas et Monet.

 

image16.jpg

Henri Fantin-Latour (1836-1904): Jonquilles.

 

Ce passionné de musique, ami de Whitsler et de Dante Gabriel Rossetti, était fasciné par les maîtres italiens, flamands et français (Titien, Véronèse, Van Dyck, Watteau...). Il expérimenta l'art du portrait mais il connut la notoriété grâce à ses natures mortes où se conjuguent poésie de l'instant et étude approfondie des détails. Les sujets qu'il explore se lovent dans une lumière subtile qui attise les jeux d'ombre et de transparence.

 

image17.jpg

Achille Théodore Cesbron (1849-1915): Les Jonquilles, 1er quart du 20e siècle, Nantes, musée des beaux-arts.

 

Ce maître des natures mortes, amoureux des roses, était apprécié pour la finesse de ses compositions florales. Il fonda, à la Porte d'Auteuil, une Académie des Arts de la Fleur et de la Plante où il fit dispenser des cours gratuits de dessin et de peinture floraux.

 

image18.jpg

Charles Webster Hawthorne (1872-1930): Jonquilles.

 

Ce peintre érudit fonda en 1899 la Cape Cod School of Art, dans le Massachussetts, institut qui accueillit des talents comme Norman Rockwell.

 

image19.jpg

George Hitchcock (1850-1913): La petite marchande de jonquilles.

 

Petit-fils de Roger Williams, le fondateur de l'État de Rhode Island, cet artiste américain exerça le métier de légiste à New-York jusqu'en 1879, année où il traversa l'Atlantique pour devenir l'élève des peintres académiques français Gustave Boulanger (1824-1888) et Jules-Joseph Lefebvre (1836-1911). Il suivit aussi les cours du peintre de marines Hendrik Willem Mesdag (1831-1915), à Düsseldorf et à La Hague.

 

image20.jpg

George Hitchcock: Marchande de fleurs en Hollande.

 

image21.jpg

 

Le Printemps rayonne à travers le réalisme de ses oeuvres et la vibration colorée de sa touche qui frôle la manière impressionniste. Il est connu pour ses grands champs de fleurs où pulse une lumière intense, celle du renouveau de la Nature.

 

image22.jpg

Champ de fleurs

 

image23.jpg

Champ de crocus au printemps

 

image24.jpg

Le cottage aux jacinthes.

 La maison est celle de l'artiste, un havre de charme et de sérénité situé aux Pays Bas, à Egmond Aan Zee, près d'Alkmaar, paysage lové dans une  mer florale.

 

image25.jpg

Le temps des fleurs

 

image26.jpg

Le nid de cigognes

 

image27.jpg

Les jacinthes

 

image28.jpg

 

image29.jpg

Champ de tulipes

 

image30.jpg

Mariée hollandaise

 

George Hitchcock fut le premier Américain à recevoir en France la distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

image31.jpg

 

image32.jpg

James Tissot (1836-1902): Le Bal 1878.

 

 Ami intime de Degas, cet artiste complexe partagea sa vie entre Paris et Londres où il devint l'un des plus célèbres portraitistes de son époque. Les musées anglais abritent un grand nombre de ses œuvres.

 L'héroïne du tableau arbore une somptueuse robe jaune jonquille. Fils d'un marchand de mode et d'une modiste, Tissot ne cessa d'accorder dans ses toiles la primauté aux vêtements et aux accessoires. Il aimait également mettre en scène ses personnages de manière « photographique ».

 

image33.jpg

Roderick Henry Newman (1833-1918): Anémones et jonquilles, 1884.

 

 Ce peintre américain, de sensibilité préraphaélite, était un aquarelliste renommé, fasciné par les arts du Moyen-âge et de la Renaissance florentine. Il accomplit de longs voyages à travers l'Europe, l'Égypte et le Japon.

 

image34.jpg

 

image35.jpg

 

A pas de givre, entre pétales soyeux et lumière sucrée, le Printemps investit doucement le paysage parisien.

 

image36.jpg

 

image37.jpg

Émile Vernon (1872-1919): Beauté de Printemps.

 

Aussi fines que les fleurs d'amandier et de cerisier, les robes des « héroïnes du printemps » sont un florilège de blancheur et de fièvre rosée.

 

image38.jpg

Vincent Van Gogh (1853-1890): Branches d'amandier en fleurs, 1890.

 

image39.jpg

Henry Ryland (1856-1924): La Primavera.

 

 Une personnification préraphaélite du printemps, en robe d'opale, qui nous offre, sur fond de ciel bleu rosé, sa mélancolique sensibilité.

 

image40.jpg

 

image41.jpg

Jeune beauté

 

image42.jpg

The captive's return, que l'on peut traduire par « le retour du printemps ».

 

 Peintre renommé, illustrateur de livres féeriques et décorateur d'intérieur, Henry Ryland fut inspiré par les thèmes néo-classiques et le mouvement Préraphaélite.

 

 

image43.jpg

Adrien Moreau (1843-1906): Sous les fleurs de cerisier.

 

 Peintre de genre et d'histoire, il appréciait les sujets néogothiques, les scènes de noces, les bals et les mascarades. Il illustra avec finesse les œuvres de nos plus grands auteurs, dont celles de Balzac et de Voltaire. Dès la fin du XIXe siècle, les collectionneurs américains raffolèrent de ses œuvres.

 

image44.jpg

Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928): L'offrande.

 

Cette œuvre victorienne, émanation d'un romantisme précieux, décrit l'offrande d'un gage d'amour lorsque refleurit le printemps.

 

image45.jpg

 

image46.jpg

Henrietta Rae Emma Radcliffe (1859-1928): Floraison.

 

 Cette artiste victorienne, à la touche subtile, était connue pour son engagement féministe et ses prises de position marquées en faveur du vote des femmes.

 

image47.jpg

Éclosion du printemps.

 

 

image48.jpg

Les nymphes du printemps, 1913.

 

Les belles des tableaux aimantent le pouvoir des fleurs et se parent des attributs des déesses de la reverdie: Flore, Pomone, Aphrodite...

 

image49.jpg

George Hitchcock (1850-1913): Calypso, 1906.

 

Prêtresses du Féminin Sacré, elles célèbrent une flamme sauvage et douce, quintessence de vie et fluide opalescent qui régénère le cycle des saisons.

 

image50.jpg

Arthur Hacker (1858-1919): Innocence.

 

 Sous le pinceau de cet artiste préraphaélite, ces « dames blanches » évoluent dans un monde mouvant où les verts, les bleus et les ocres tintent comme des notes de musique, parsemées de gouttes solaires auxquelles répond le doré des passementeries.

 

image51.jpg

Harry George Theaker (1873-1954): The anticipated letter.

 

 Une danse ou un conciliabule magique dans un champ semé de fleurs...

 

image52.jpg

 

image53.jpg

George Henry Boughton (1834-1905): Idylle de printemps.

 

Un florilège de femmes fées, sensuelles incarnations de l'âme-souffle: l'énergie vitale du printemps.

 

image54.jpg

Franz Xavier Winterhalter (1805-1873): Le Printemps.

 

image55.jpg

Sir John Lavery (1856-1941), portraitiste irlandais: Printemps en fleurs.

 

image56.jpg

John William Waterhouse (1849-1917): Flore assise, au regard insaisissable et pétri de mélancolie, nous attire à la croisée de l'hiver et du printemps.

 

image57.jpg

John William Waterhouse: Ophélie parmi les fleurs. A l'orée d'un mystérieux territoire, la lumière cisèle, entre les ombres aquatiques, les broderies et les joyaux de sa robe.

 

image58.jpg

Francis Coates Jones (1857-1932): Le Printemps.

 

image59.jpg

Jeune femme arrangeant un bouquet de fleurs dans un vase.

 

image60.jpg

Fleurs de printemps sur la fenêtre.

 

 Ce peintre américain sillonna l'Europe, en compagnie de son frère, dans les années 1870-1880. Il travailla à Paris et en Bretagne, parmi les artistes de l'École de Pont-Aven, où il rencontra Paul Gauguin.

 

image61.jpg

 

image62.jpg

 

image63.jpg

Albert Lynch (1851-1912): Fleurs fraîches du jardin.

 

image64.jpg

 

image65.jpg

 

image66.jpg

 

Notre promenade s'achève sur cette caresse embaumée. En attendant de vous retrouver, je vous remercie de votre fidélité et je vous souhaite de cueillir les joies de l'instant...

 

image67.jpg

 

Le Printemps est en marche...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fille, #jeune, #printemps, #rose, #vernon

image01.jpg

 

Attise mes rubans d'aurore

Touche la terre qui s'éveille

Rêveuse enfant les ombres d'or

Enfièvrent ta bouche vermeille

 

Ta peau d'opale au goût de fruit

Où la rose prend ses couleurs

Frissonne au baiser de la pluie

Qui tisse des miroirs aux fleurs

 

L'anémone aux sanglots de feu

Ensemence l'herbe des champs

Pétales pourpres capiteux

En farandole dans le vent

 

Soufflés sur les chênes des dieux

Les voluptés du paysage

Plus haut que les clochers frileux

Qui effilochent les nuages

 

Nymphe d'avril dans l'air soyeux

Tu brodes tes secrets arpèges

Sous les cerisiers mystérieux

Tu fais renaître ton cortège

 

Boutons givrés perles d'argent

Dans le vert écrin de la mousse

Les sortilèges du Printemps

Se lovent dans tes boucles rousses...

 

Cendrine

 

image02.jpg

 

« C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore. » Anatole France (1844-1924).

 

image03.jpg

 

Pour célébrer le retour du Printemps, je vous offre un florilège de beautés douces, au charme suranné, signées Émile Vernon (1872-1919).

 

image04.jpg

 

image05.jpg

 

image06.jpg

 

image07.jpg

 

image08.jpg

 

image09.jpg

 

image10.jpg

 

Jeunes filles et femmes fleurs dont l'exquise sensualité est l'expression d'une Nature rayonnante.

 

image11.jpg

 

Muses, nymphes, égéries radieuses ou fiancées de la saison nouvelle... Leur carnation opalescente frissonne au creux d'une palette d'ombres rose-thé.

 

image12.jpg

 

Les peintures d'Émile Vernon ont souvent été considérées avec dédain, qualifiées de mièvres et de trop académiques, or elles sont caractéristiques d'une mode fleurie, fraîche et délicieuse, en vigueur aux alentours de 1900.

 

image13.jpg

Jeune fille au bouquet de roses

 

image14.jpg

 

Douceur et romantisme se manifestent dans le choix des coloris, la transparence et le mouvement des fines étoffes, la qualité des broderies et des parures, le soin apporté à la description des visages et des chevelures d'où émane un érotisme diffus.

 

image15.jpg

 

Ces portraits élégants, fort appréciés en Angleterre et aux États-Unis, trouvent enfin leur place dans l'Histoire de l'Art, parmi les créations de la Belle-Époque.

 

image16.jpg

Jeune beauté sous les orangers

 

image17.jpg

Les Trois Grâces

 

image18.jpg

Dans ses charmes rosés...

 

Émile Vernon étudia à l'école des Beaux-Arts de Tours où il reçut le premier prix de dessin en 1888. Il devint à Paris l'élève d’Auguste Truphème (1836-1898) et de William Bouguereau (1825-1905), dont les nus féminins, les compositions mythologiques et les décorations murales pour de prestigieux monuments, comme le Grand Théâtre de Bordeaux, suscitèrent autant la critique que l'engouement du public. En 1898, Vernon présenta ses oeuvres à l'exposition de l'école des Beaux Arts et des Arts décoratifs de Tours et jusqu'en 1913, il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français.

 

En 1899, il réalisa des peintures pour le théâtre de Nevers et pour celui de Châtellerault (coupole et rideau de scène) sur le thème des Muses.

 

Ses portraits, ses paysages et ses peintures florales aux couleurs douces et aux atmosphères vaporeuses sont recherchés par les collectionneurs américains, canadiens et japonais. (Sources Larousse, Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 14 vol. nouvelle édition 1999.).

 

image19.jpg

 

image20.jpg

La jeune fille aux coquelicots

 

Éveil de la sensualité, séduction drapée dans un écrin d'innocence, courbes qui se dévoilent et secret langage des fleurs... A certains égards, nous pouvons rapprocher les héroïnes de Vernon des portraits féminins de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), célèbre peintre et dessinateur français du Siècle des Lumières.

 

image21.jpg

La cruche cassée, 1771.

 

Mais les jeunes filles représentée par Greuze ont perdu leur virginité et doivent affronter le regard ambivalent de la société alors que les égéries de Vernon sont comme intouchables même si leur beauté est prête à être déflorée.

 

image22.jpg

Jean-Baptiste Greuze, étude pour Psyché, 1786.

 

image23.jpg

Émile Vernon, Lumière des étoiles

 

image24.jpg

La Libellule

 

image25.jpg

Jeune fille au clair de lune

 

« Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme. » Albert Samain (1858-1900).

 

image26.jpg

Beauté d'orient

 

image27.jpg

La nymphe des eaux

 

image28.jpg

 

image29.jpg

 

Les chevelures et les bonnets des jeunes filles et des fillettes sont souvent décorés de cerises.

 

image30.jpg

 

Gourmandise écarlate aux sucs voluptueux, la cerise est un fruit d'été gorgé des promesses du printemps.

 

image31.jpg

La jeune fille aux cerises et à la colombe

 

image32.jpg

 

image33.jpg

 

image34.jpg

 

image35.jpg

 

image36.jpg

 

image37.jpg

Le chiot malicieux

 

image38.jpg

Les oeillets

 

image39.jpg

Jeune fille au jardin

 

image40.jpg

Jeune fille à la robe rose

 

image41.jpg

Jeune femme élégante avec une rose jaune

 

image42.jpg

Une jeune femme avec un miroir

 

image43.jpg

Une tasse de thé

 

image44.jpg

Un doux moment

 

image45.jpg

Jeune femme au teint de rose

 

image46.jpg

 

Le Printemps se ranime, je vous souhaite de cueillir les charmes de l'instant!

 

image47.jpg

 

Avec de gros bisous...

 

image48.jpg

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #mars, #neige, #printemps, # mars

Pour la Carte de France des Paysages tenue par Claudine (Canelle)

image01.jpg Début mars, une printanière douceur régnait sur nos paysages. Aimantées par un soleil généreux, des fleurs délicates avaient jailli de terre. Bourgeons et petits fruits se doraient dans la lumière étincelante mais l'hiver n'avait pas dit son dernier mot...

image02.jpg

image03.jpg

image04.jpg

 J'ai photographié ces fins crocus, les premiers messagers du printemps, au Jardin des Plantes, le 4 mars 2013.

image05.jpg

 image06.jpg

Avec les stigmates rouge sang du crocus sativus, on obtient le précieux safran, appelé « or rouge ».

image07.jpg

Au pied des arbres, cette palette de couleurs douces annonçait la venue du printemps mais en l'espace de quelques jours, la neige a repris l'ascendant sur les forces de fécondité.

image08.jpg

Comme aucun bus ne circulait et qu'espérer atteindre Paris en RER était purement illusoire, je me suis promenée autour de mon immeuble, à Sarcelles, dans le Val d'Oise.

image09.jpg

image10.jpg

Lundi 11 mars, la couleur du ciel témoignait, dès le réveil, d'une rude offensive du froid.

image11.jpg

Une tempête de flocons avait métamorphosé la ville en un monde figé où les bruits se mêlaient tout doucement.

image12.jpg

image13.jpg

image14.jpg   Quelques heures après la prise de cette image, la neige atteignait sur la chaussée une hauteur de vingt centimètres.

image15.jpg

  Une atmosphère un peu inquiétante enveloppait les lieux. L'air crépitait, gorgé de murmures étranges et de chants d'oiseaux assourdis. Le quartier semblait vidé de ses habitants.

image16.jpg

 Dame Pie, sur son arbre perché, dominait le paysage, minuscule dans les hauteurs...

 

 image17.jpg

  L'avenue du 8 mai 1945, lieu de passage de notre futur tramway. D'habitude, les embouteillages y sont impressionnants.

 

image18.jpg

L'avenue forme l'axe de communication principal de la ville moderne. Elle est bordée par de nombreux immeubles de bureau et d'habitation. On aperçoit les Labourdettes, grandes tours des années soixante.

  

image19.jpg

image20.jpg

 Le vent redoublait d'intensité. Je ne me suis pas aventurée plus loin.

 

image21.jpg

  Les doigts gourds, les joues cramoisies, je suis revenue en direction de mon immeuble devant lequel s'étaient formées des vagues d'une blancheur immaculée.

 

image22.jpg

 

image23.jpg

  J'ai salué, comme à l'accoutumée, le vénérable houx qui se dresse à l'entrée de ma résidence.

 

image24.jpg

Le voici, photographié au tout début de la tempête. Je le contemple plusieurs fois par jour depuis la fenêtre de mon salon et je le considère comme un ami, un ami qui a failli disparaître il y a des années...

 

image25.jpg

En 2004, lors d'une campagne de travaux effectuée sur les parties communes et les espaces verts du quartier, il fut décidé que la végétation locale serait modifiée. J'ai vu avec angoisse disparaître les bosquets et les buissons familiers jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ce houx, mon ami houx dressé au milieu d'un océan de terre retournée! Un matin, quelqu'un s'est approché de lui, une tronçonneuse à la main et je me suis précipitée pour essayer de le sauver.

Quand je suis arrivée en bas, le paysagiste qui dirigeait les travaux venait de suspendre l'intention meurtrière de son employé. Il a fait le tour de l'arbre, observé la qualité de ses feuilles et la vigueur de son écorce. Je l'ai entendu dire à son équipe combien il était rare de trouver, dans les méandres d'une cité, un ilex d'une taille aussi développée. Il a également choisi de planter des houx dans la moitié de la rue.

 

image26.jpg

Les houx constituent des abris privilégiés pour les moineaux. Ils s'y lovent en grand nombre et nous donnent la sérénade dès que le temps le permet!

 

image27.jpg

Les jolies baies rouges, appelées cerises du merle ou cerises du bouvreuil, sont très appréciées par les oiseaux.

 

image28.jpg

Les lutins des légendes celtes et nordiques les récoltent pour confectionner des colliers d'invisibilité.

 

image29.jpg

Devant chaque entrée d'immeuble, les houx forment des carrés verdoyants dans lesquels s'épanouissent des weigelias.

 

image30.jpg

A la fin du printemps, ces arbustes à la floraison abondante nous offrent une myriade de fleurs en clochettes qui peuvent être blanches, roses ou rouges (variété Lucifer).

 image31.jpg

  

image32.jpg

Mars est le premier mois du printemps météorologique. Le pouvoir de la végétation s'éveille autour de nous mais la variabilité du temps est extrême. Les plus vives périodes de temps froid, associées à ce mois capricieux, sont appelées « hiver de l'épine noire » car elles coïncident avec la floraison du prunellier sauvage.

 

image33.jpg

Les anciens almanachs regorgent de dictons concernant le mois de Mars. Le regard aimanté par cette neige crépitante, je me suis laissée imprégner par la sagesse et la poésie des mots d'antan.

 

image34.jpg

 

« Mars avec ses marteaux

Vient frapper à nos portes. »

 

« Veaux de Mars et biquets d'Avril. »

 

« Marteaux », « veaux » et « biquets » désignent les giboulées.

 

image35.jpg

 

« Mars le fou

Mars n'a pas deux jours pareils. »

 

« Mars bon ou méchant,

Ton boeuf à l'herbe, ton chien dedans. »

 

 image36.jpg

 

 « Fleur marsière

 Ne tient guère. »

 

 « Neige de mars brûle le bourgeon

 Quand il gèle en mars, il gèle autant en mai. »

 

« Des fleurs qui s'ouvrent en mars

On n'en a que le regard. »

 

image37.jpg

 

« Soit au début, soit à la fin

 Mars nous montre son venin. »

 

 « Au mois de mars, vent fou et pluie,

 Que chacun veille bien sur lui! »

 

 « Pluie de mars grandit l'herbette

 Et souvent annonce disette. »

 

image38.jpg

 

 « Si mars commence en courroux,

 Il finira tout doux, tout doux. »

 

image39.jpg

 

 « En mars quand il fait beau

Prends ton manteau. »

 

« Le soleil de mars

 Donne des rhumes tenaces. »

 

« Quand mars se déguise en été

 Avril prend ses habits fourrés. »

 

image40.jpg

  « Pluie de Mars n'engraisse ni oie ni jars. »

 

 « Mars est capable

 De tuer les bêtes à l'étable. »

 

 « Neige de mars vaut un parc (fumier). »

 

image41.jpg

 

« Mars martèle, Avril coutelle. »

 

 « Autant de gelées en mars,

 Autant de rosées en avril. »

 

 « Brouillard en mars, gelée en mai. »

 

image42.jpg

 « Poussière de mars, poussière d'or. »

 

« Mars venteux

Vergers pommeux »

 

 « Quand le mois de mars est poussiéreux,

 Le bouvier devient orgueilleux. »

 

image43.jpg

 « A mars poudreux,

Avril pluvieux. »

 

image44.jpg

 

« Ce que Mars couve on le sait toujours

 Après son trente et unième jour. »

 

image45.jpg

 

« Mars gris, Avril pluvieux

Font l'an fertile et plantureux. »

 

image46.jpg

 

 « Hâles de Mars, rosées de Mai

Emplissent le grenier. »

 

« Mars pluvieux

An disetteux »

 

 « Si le seigle est sans épis,

 Au mois de mars c'est tant pis! »

 

La pluie qui retarde les cultures de Printemps et diminue leur rendement est réputée malfaisante mais contrairement au paysan, le vigneron se réjouit quand il pleut en mars car la pluie éloigne la gelée et favorise la santé de la vigne.

 

« Quand Mars mouillera

Boire du vin tu récolteras. »

 

La pluie est également bénéfique pour le lin et le chanvre.

 « Quand Mars bien mouillé sera

 Bien du lin se récoltera. »

 

 « Plus les rivières s'enflent en mars,

 Plus les chennevières croissent. »

 

image47.jpg

 

« S'il gèle à Notre-Dame de Mars (25 mars)

Chaque mois en aura sa part. »

 

image48.jpg

 

« Le foin manquera et le lait sera rare

 S'il tonne avant Notre-Dame de Mars. »

 

image49.jpg

 

« A Notre-Dame de Mars

 A bas les veillées. »

 

 image50.jpg

 

Le cycle folklorique des veillées qui commençait, vers le 31 octobre, à la période de Samain/Halloween, s'achève au moment de l'équinoxe de Printemps, Ostara, célébré aux alentours du 21 mars. Les créatures hivernales qui tissaient la peur dans l'esprit de nos ancêtres retournent dans les mondes obscurs. Le Printemps attise la sève et vient colorer la Nature.

 

image51.jpg

 

« Le 25 mars, le compagnon

Rend la chandelle au patron. »

Ce dicton signifie que l'on peut désormais se coucher sans allumer de bougie. Les êtres dangereux qui hantent l'imaginaire des populations fondent comme neige au soleil.

 

image52.jpg

 

image53.jpg

Vert et blanc, les couleurs de l'Autre Monde, de la magie pure et de la Dame des Forêts dans les croyances celtiques.

 

 

image54.jpg

 

 

image55.jpg

A l'orée du Printemps, je vous offre cette fleur de cire et cette flamme aux lèvres d'or.

 

image56.jpg

Délicates fantaisies nées sous les doigts de Christophe... Nous partageons la même passion pour les bougies.

 

image57.jpg

 

Je remercie tous ceux qui m'ont suivie sur mon nouveau blog. Je vous adresse, avec cette rose des neiges, mes pensées les plus douces.

Je souhaite aussi le meilleur des rétablissements aux ami(e)s qui ont glissé sur le verglas ces jours derniers. J'espère que ceux qui se sont fait très mal s'en remettront le plus rapidement possible...

 

image58.gif

 

Avec mon amitié!

 

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #amour, #deesse, #fleurs, #flore, #printemps

Image1

 

Le Printemps ouvre les yeux. Les bourgeons brillent dans l'air sucré. Dans sa robe immaculée, la fée Flore d'Alphonse Mucha, artiste emblématique de l'Art Nouveau, nous promet bien des délices...

 

Image2

Une rencontre précieuse et aromatique sur une petite place de Paris.

 

 

Image3

Dans la pureté de ses atours...

 

Flore est la déesse de tout ce qui fleurit. Quand revient l'équinoxe de Printemps, elle préside aux noces du jour et de la nuit. Dans la Rome antique, elle était « reine d'avril » et célébrée jusqu'à la fin du mois de mai. Les Floralia débutaient le 28 avril. Une statue de la déesse, couronnée de fleurs et tenant une corne d'abondance était promenée triomphalement dans les rues. Les auteurs anciens rapportent la grande licence et les excès qui se déroulaient pendant ces fêtes.

 

Image4

 

D'après certaines légendes, Flore offrit, à la fin de l'hiver, un lys enchanté à la déesse Junon. Cette fleur magique permit à la « mère des dieux »de concevoir, par simple contact, le dieu Mars, seigneur de la guerre et des festivités de Printemps.

 

Image5

 

A bien des égards, les pouvoirs de Flore se rapprochent de ceux de Vénus/Aphrodite, la déesse de l'amour.

 

Image6

 

L'allégorie du Printemps de Sandro Botticelli, peinte en 1482, met en scène un monde sylvestre et merveilleux, un âge d'or peuplé de déesses et de dieux.

 

Sous l'égide de Vénus, placée, comme une madone en majesté, devant un buisson de myrte, la Nature renouvelle ses charmes. Les regards convergent, au centre de la composition, vers son ventre arrondi.

 

Cupidon se tient au-dessus d'elle, prêt à décocher une flèche enflammée en direction des trois Grâces.

 

Image7

Ces beautés, qui symbolisent la féminité sublimée, forment une ronde délicate à côté du dieu Mercure.

 

Image8

 

Le messager divin brandit son caducée vers la voûte végétale, en direction des nuages qui pourraient troubler la quiétude du jardin.

 

Gardien des connaissances hermétiques et du « bosquet sacré » associé aux pouvoirs de Vénus et de Flore, Mercure protège ce lieu intemporel que l'on peut identifier au Jardin des Hespérides. Les arbres y sont couverts de fruits d'or, pommes et agrumes placés sous la garde des filles du géant Atlas et de Ladon, un dragon à cent têtes.

 

Image9

 

L'oranger dévoile son feuillage vert, ses fleurs parfumées et ses fruits délicieux qui symbolisent le Paradis. A l'instar de Jupiter qui offrit à Junon des fleurs d'oranger le jour de leurs noces, les dieux en mêlaient aux parures des déesses et les matrones aux couronnes des mariées. L'orange est un fruit d'or, précieux et aromatique, qui évoque parfois la rédemption.

 

Le tableau nous révèle surtout deux visions conjointes de Flore qui se complètent remarquablement: une jeune fille au corps fertile et une femme affirmée, de toute beauté.

 

Image10

 

Le Printemps renaît, dans cette prairie magique, où foisonnent les fleurs, gouttes colorées, comme en suspension sur l'herbe sombre. Un poème enivrant mêlé de petites jacinthes, de pâquerettes, d'iris, d'oeillets, de bleuets, de myosotis, de tussilage...

 

Image11

 

A l'extrémité de l'image, la ravissante Flore plonge son regard dans celui de Zéphyr, le dieu du vent de l'ouest, humide et chaud, qui lui insuffle son désir. Dans sa robe blanche translucide, elle est encore la nymphe Chloris, célébrée depuis la Grèce ancienne. Une guirlande de fleurs, emblème de renouveau et de félicité, jaillit de sa bouche.

 

Image12

De leurs amours naîtra Carpos, le fruit...

 

Image13

 

Sur ce portrait, la Flore virginale est devenue la déesse des fleurs sauvages et cultivées. Elle arbore avec majesté une robe somptueuse, parsemée de pâquerettes, de roses et de violettes, qui révèle sa superbe maturité. A la période de Pâques, la pâquerette illumine l'herbe des prés et symbolise la reverdie.

 

Image14

 

Son étymologie dérive des mots « pasquis, pasquier » qui signifient « pâturage » en ancien français. Son nom latin, « bellis perennis », évoque la beauté éternelle mais aussi la douceur des sentiments, les liens d'amour et la protection de l'innocence.

 

Ses jolis boutons, ses feuilles et sa racine sont comestibles. Elle possède aussi des vertus médicinales. Elle est réputée soigner les inflammations de la bouche, de la gorge et des voies respiratoires, résorber les oedèmes et les entorses, nettoyer le sang, raffermir la peau, réduire l'hypertension, apaiser les maux de tête et cicatriser les plaies. Elle est souvent représentée dans la peinture médiévale et Renaissance.

 

Image15

 

Sous le pinceau de l'artiste, Flore se présente comme une personnification de la ville de Florence, la ville des fleurs et des plaisirs raffinés. Les aristocrates florentines raffolaient des motifs floraux qui décoraient les riches tissus de leurs robes.

 

Image16

 

Image17

Dans la naissance de Vénus, Botticelli met en scène une Grâce vêtue d'une magnifique robe brodée de bleuets. Le manteau qu'elle s'apprête à offrir à la déesse nue est orné de fleurs qui dessinent un herbier précieux.

 

La pâquerette est l'emblème d'une Flore hybride et recomposée qui règne sur l'hortus conclusus ou jardin clos des manuscrits médiévaux. Elle éclot dans le Jardin de Paradis où les fleurs sont chatoyantes et parfumées et devient la récompense des élus.

 

Image18

Tous droits réservés

 

Image19

 

A l'instar de Marie, Flore est accompagnée du lys blanc, de l'ancolie, de l'oeillet carminé, du narcisse, de la jacinthe et de la violette mais, sous son apparence de madone, elle demeure la déesse des plaisirs charnels qui ressuscitent au Printemps. Les rencontres sexuelles étaient nombreuses pendant les jeux qui lui étaient consacrés et les fleurs les plus capiteuses étaient mêlées au vin en son honneur...

 

Image20

 

En 1630, sous le pinceau de Nicolas Poussin, la Flore licencieuse des jeux de Printemps se pare des attributs du triomphe antique. Promenée sur un char tiré par des amours, elle est entourée de nymphes, d'éphèbes et d'angelots facétieux, dans un paysage harmonieux et champêtre.

 

Image21

 

Cette allégorie du Printemps, intitulée le Triomphe de Zéphyr et de Flore, est l'un des chefs-d'oeuvre du peintre vénitien Giovanni Baptista Tiepolo. L'oeuvre, peinte entre 1734 et 1735, décrit les amours du dieu du vent et de la déesse des fleurs.

 

Le couple est appuyé sur une formation nuageuse qui jaillit au milieu d'un subtil jeu de clair-obscur. Ces nuages, qui ressemblent à de gros rochers, témoignent du caractère ambivalent des puissances célestes. Les draperies tourbillonnantes sont gorgées de vent mais l'amour triomphe, comme en témoigne la présence des génies du bonheur et de la fécondité.

 

J'aime particulièrement les ailes de Zéphyr dont le scintillement coloré est sublimé par la merveilleuse palette de Tiepolo.

 

Image22

L'Empire de Flore, par Tiepolo, vers 1743.

 

Dans l'alchimie précieuse des couleurs, Flore évoque avec grâce et sensualité la résurgence des forces de vie.

 

Image23

Lumière suave, charmes veloutés...

 

Image24

La déesse Ostara, illustrée en 1884 par Johannes Gehrts.

 

Dans le monde anglo-saxon, Flore est Eostre ou Eastre, dont le nom dérive de « Easter » qui signifie Pâques. Son équivalent germanique est Ostara, déesse de l'aurore, qui a donné son nom à la fête païenne de l'équinoxe de Printemps et à sa résurgence néo-païenne.

 

Image25

 

Son animal sacré est le lièvre, un avatar païen qui a survécu à travers les légendes du lièvre de Pâques ou Osterhase. (L' illustration vient des Publications Clare Madicott).

 

Image26

(Collection personnelle)

 

Symbole printanier par excellence, le lièvre est réputé pondre les oeufs de lune de la déesse. Quelques jours avant l'équinoxe et pendant la Semaine Sainte, les enfants lui confectionnent un nid douillet, tapissé d'herbes et de fleurs.

 

Une légende prétend que la déesse Ostara envoya un coq aux trousses du lièvre de Pâques afin qu'il ponde des oeufs rouges incandescents, gorgés de puissance solaire.

 

Image27

 

 

« Ostara » était aussi le nom donné à une revue germanophile, parue entre 1905 et 1913, et très appréciée par Adolf Hitler qui y puisa un certain nombre de ses thèses aryennes mais il serait dommage de diaboliser ceux qui s'intéressent aux anciennes coutumes. Les croyances relatives au retour du Printemps et le vieux fonds culturel européen qui leur sont associés existaient bien avant les Nazis qui n'ont cessé de dévoyer les symboles pour leur infâme propagande...

 

Guidée par le souffle des fleurs, c'est dans le murmure parfumé d'Ostara, la jeune fille féconde et la mère protectrice, que je veux me lover.

 

Image285

La jacinthe rose, au parfum capiteux, désigne le bonheur d'aimer, le renouveau, l'insouciance...

 

D'après la mythologie grecque, elle naquit du sang de Hyacinthe, superbe jeune homme, amant du dieu Apollon mais aussi de Zéphyr. Hyacinthe mourut lors d'une joute sportive et Apollon lui rendit hommage en faisant naître une fleur à la troublante fragrance.

 

Image29

Dans les squares de Paris, le Printemps revêt ses plus beaux atours...

 

Image30

Un talisman d'amour, de chance, de force, de longévité... Tendons l'oreille, les dieux ou les génies de l'arbre à voeux chuchotent dans ses branches.

 

Image31

 

Les arbres à loques (dans lesquels on suspend des morceaux d'étoffe, des papiers votifs, des sachets talismans, des figurines, etc) existent dans toutes les civilisations. Les voeux montent avec la sève et l'éclosion des fleurs stimule les croyances d'espoir.

 

Image32

De minuscules soleils odorants qui forment un tapis de lumière... la jonquille est sans conteste la fleur fétiche du mois de Mars. Dans le langage floral, elle signifie « je vous désire » et symbolise l'affection partagée.

 

Image33

Des pompons sucrés qui dessinent un ciel onirique.

 

Image34

Dans sa beauté éphémère et sacrée...

 

Image35

Mystique des couleurs...

 

Image36

A la tombée du soir, les elfes se cachent dans les fleurs papillons...

 

Image37

 

Ces grappes de glycine symbolisent la tendresse et l'amitié. Leur envoûtant parfum célèbre les amours de Zéphyr, le souffle primordial, le maître débridé de la fécondité et de Flore, l'âme-fleur, mère de la vie...

 

Image38

 

En Chine, la glycine est orientée vers la lumière de la lune dont le rayonnement mystérieux est réputé nourrir et soigner les fleurs. En Occident, le folklore prétend qu'elle abrite des lutins et des fées qui tissent les rayons lunaires et voyagent à travers l'esprit des dormeurs.


Image39

Le réveil de Flore

Les magiciennes l'ont bercée
dans les racines du vieux hêtre
son âme fauve entrelacée
aux âmes qui l'ont vue renaître...

Soyeuse aurore qui fusionne
avec ses prunelles dorées
le ciel de glace tourbillonne
son parfum hante la forêt

Les loups et les spectres du froid
fondent sous sa peau de rosée
les sorcières des nuits d'effroi
se figent dans l'air embrasé

Entrons dans la ronde immortelle
le souffle mêlé de désir
Flore sous la lune nouvelle
épouse le sang de Zéphyr...

(Cendrine)

 

Image40

Plume4

Voir les commentaires

<< < 1 2

Articles récents

Hébergé par Eklablog