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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

verhaeren

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #emile, #fut, #jpg, #verhaeren

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

C'est un chant magique, tissé d'émotions vives que fait palpiter, sur les mues de la page blanche, la plume magistrale d'Émile Verhaeren. Ardentes et subtiles, ses images me happent et sa musicalité m'attire, entre deux mondes, auprès des créatures issues de l'onde chimérique. Ce Chant de l'Eau, sous l'obédience de l'envoûtante Mélusine, est l'un de mes poèmes préférés !

 

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« L'entendez-vous, l'entendez-vous

Le menu flot sur les cailloux ?

Il passe et court et glisse

Et doucement dédie aux branches,

Qui sur son cours se penchent,

Sa chanson lisse.

 

Là-bas,

Le petit bois de cornouillers

Où l'on disait que Mélusine

Jadis, sur un tapis de perles fines,

Au clair de lune, en blancs souliers,

Dansa ;

Le petit bois de cornouillers

Et tous ses hôtes familiers

Et les putois et les fouines

Et les souris et les mulots

Écoutent

Loin des sentes et loin des routes

Le bruit de l'eau.

 

Aubes voilées,

Vous étendez en vain,

Dans les vallées,

Vos tissus blêmes,

La rivière,

Sous vos duvets épais, dès le prime matin,

Coule de pierre en pierre

Et murmure quand même.

Si quelquefois, pendant l'été,

Elle tarit sa volupté

D'être sonore et frémissante et fraîche,

C'est que le dur juillet

La hait

Et l'accable et l'assèche.

Mais néanmoins, oui, même alors

En ses anses, sous les broussailles

Elle tressaille

Et se ranime encor

Quand la belle gardeuse d'oies

Lui livre ingénument la joie

Brusque et rouge de tout son corps.

 

Oh! les belles épousailles

De l'eau lucide et de la chair,

Dans le vent et dans l'air,

Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;

Et les baisers multipliés du flot

Sur la nuque et le dos,

Et les courbes et les anneaux

De l'onduleuse chevelure

Ornant les deux seins triomphaux

D'une ample et flexible parure ;

Et les vagues violettes ou roses

Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent

Autour des flancs, autour des reins ;

Et tout là-haut le ciel divin

Qui rit à la santé lumineuse des choses !

 

La belle fille aux cheveux roux

Pose un pied clair sur les cailloux.

Elle allonge le bras et la hanche et s'inclina

Pour recueillir au bord,

Parmi les lotiers d'or,

La menthe fine ;

Ou bien encor

S'amuse à soulever les pierres

Et provoque la fuite

Droite et subite

Des truites

Au fil luisant de la rivière.

 

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,

Elle s'étend ensuite et rit et se recouche,

Les pieds dans l'eau, mais le torse au soleil ;

Et les oiseaux vifs et vermeils

Volent et volent,

Et l'ombre de leurs ailes

Passe sur elle.

 

Ainsi fait-elle encor

A l'entour de son corps

Même aux mois chauds

Chanter les flots.

Et ce n'est qu'en septembre

Que sous les branches d'or et d'ambre,

Sa nudité

Ne mire plus dans l'eau sa mobile clarté,

Mais c'est qu'alors sont revenues

Vers notre ciel les lourdes nues

Avec l'averse entre leurs plis

Et que déjà la brume

Du fond des prés et des taillis

S'exhume.

 

Pluie aux gouttes rondes et claires,

Bulles de joie et de lumière,

Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,

Car tout l'automne en deuil

Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.

Son flot rechante au long des berges recourbées,

Parmi les prés, parmi les bois ;

Chaque caillou que le courant remue

Fait entendre sa voix menue

Comme autrefois ;

Et peut-être que Mélusine,

Quand la lune, à minuit, répand comme à foison

Sur les gazons

Ses perles fines,

S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,

Et, suivant que le flot anime sa cadence,

Danse encor

Et danse. »

 

Émile Verhaeren

 

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Biographie

 

Émile Verhaeren (1855-1916) est un artiste belge flamand d'expression française, né dans le petit village de Saint-Amand (Sint-Amands), sur le fleuve Escaut, à la lisière de la Province d'Anvers.

 

 

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Passionné par les grandes questions sociales de son temps, il aima profondément le Naturalisme et fut l'un des maîtres flamboyants du Symbolisme en littérature. Soucieux des gens et imprégné par les idées de l'Anarchisme, il publia un grand nombre d’œuvres dans la presse Libertaire.

 

Issu d'un milieu aisé, (ses parents, Henri Verhaeren et Adélaïde De Bock, étaient commerçants dans le domaine du textile), Émile Verhaeren décrivit avec un mélange de Réalisme et de Lyrisme les atmosphères de la grande ville et son opposé tout aussi envoûtant, la campagne.

 

Esprit brillant, il fut poète, dramaturge, critique d'art et auteur de récits dans la veine symboliste. Lié avec des artistes issus du Symbolisme et du Néo-Impressionnisme, il apparut comme l'un des « découvreurs » des peintres Fernand Khnopff (1858-1921), le maître de l'énigme et James Ensor (1860-1949).

 

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Émile Verhaeren nourrit des liens privilégiés avec de nombreux peintres célèbres (Paul Signac, Maximilien Luce, Dario de Regoyos, Willy Schlobach, William Degouve de Nuncques, Théo Van Rysselberghe...) et des écrivains (André Gide, Stéphane Mallarmé, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Albert Mockel...). Il fut, dans les années 1883-1899, l'un des principaux rédacteurs de la revue L’Art Moderne.

 

Une femme compta particulièrement dans sa vie : il s'agissait de Marthe Massin (1860-1931), une artiste originaire de Liège. Quand Émile Verhaeren la rencontra, il pensait rester vieux garçon mais il eut un coup de foudre et sentit que l'influence de Marthe sur sa vie artistique ne pouvait que lui être bénéfique. Ils se marièrent en août 1891, n'eurent pas d'enfant et s'aimèrent jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, Émile Verhaeren composa des poèmes pacifistes, s'insurgeant contre la folie des hommes et il dut se réfugier en Angleterre où il lutta à sa manière en écrivant « Les Anthologies Lyriques », constituées de « La Belgique sanglante », « Parmi les Cendres » et « Les Ailes rouges de la Guerre ».

 

De toutes ses forces, il essaya, au cours de conférences à succès, de renforcer les liens d'amitié entre la Belgique, la France et l'Angleterre et c'est dans ce contexte qu'il connut une fin tragique...

 

Venu donner une conférence à Rouen, il fut poussé accidentellement sous un train, le 27 Novembre 1916, par la foule qui s'était amassée. Ses derniers mots auraient été, d'après la légende populaire, « Ma Femme, ma Patrie »...

 

Le gouvernement français souhaita faire transférer son corps au Panthéon mais sa famille refusa. Sa dépouille fut placée au cimetière militaire d'Adinkerque puis au cimetière de Wulveringem, à Furnes, dans la Région Flamande et enfin, en 1927, elle rejoignit le village natal de Saint-Amand où fut créé, en 1955, le musée provincial Émile Verhaeren.

 

 

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Pour célébrer son Chant de l'Eau, j'ajoute un petit florilège de photos prises au gré de mes promenades.

 

Pour le plaisir d'une rêverie...

 

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Belles pensées avec ce Chant de l'Eau, chers Aminautes...

 

Prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #emile, #fleurs, #jpg, #poeme, #verhaeren

 

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Le Mardi, on propose un poème... Je souhaite un bon rétablissement à Lady Marianne et surtout qu'elle ne souffre pas. Pensées pour elle...

 

J'ai choisi un poème d'un artiste que j'aime profondément : Émile Verhaeren (1855-1916) qui était au programme de mon bac de français et que j'ai retrouvé ensuite à l'Université, en U.V (Unité de Valeur) de Poésie Contemporaine.

 

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Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume...

 

En illustration, ce sont des fleurs de Khella, appelées aussi fleurs de Noukha/Ammi Visnaga (Visnaga daucoides), une plante ombellifère de la famille des Apiacées, sacrée dans l'Égypte antique, antispasmodique et associée aux énergies du cœur...

 

« Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume

Poussaient au bord de nos chemins

Le vent tombait et l’air semblait frôler tes mains

Et tes cheveux avec des plumes.

 

L’ombre était bienveillante à nos pas réunis

En leur marche, sous le feuillage ;

Une chanson d’enfant nous venait d’un village

Et remplissait tout l’infini.

 

Nos étangs s’étalaient dans leur splendeur d’automne

Sous la garde des longs roseaux

Et le beau front des bois reflétait dans les eaux

Sa haute et flexible couronne.

 

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient

Ensemble une même pensée,

Nous songions que c’était notre vie apaisée

Que ce beau soir nous dévoilait.

 

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête

Se parer et nous dire adieu ;

Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux

Pleins jusqu’aux bords de tendresses muettes. »

 

 

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Promenade à travers les mots d'un poète ardent, Émile Verhaeren (1855-1916), artiste belge flamand d'expression française, né dans le petit village de Saint-Amand (Sint-Amands), sur le fleuve Escaut, à la lisière de la Province d'Anvers.

 

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Deux portraits d'Émile Verhaeren réalisés par Théo Van Rysselberghe (1862-1926), artiste Post-Impressionniste, Divisionniste et Pointilliste.

 

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Passionné par les grandes questions sociales de son temps, Émile Verhaeren aima profondément le Naturalisme et fut l'un des maîtres flamboyants du Symbolisme en littérature. Soucieux des gens et imprégné par les idées de l'Anarchisme, il publia un grand nombre d’œuvres dans la presse Libertaire.

 

Issu d'un milieu aisé, (ses parents, Henri Verhaeren et Adélaïde De Bock, étaient commerçants dans le domaine du textile), Émile Verhaeren décrivit avec un mélange de Réalisme et de Lyrisme les atmosphères de la grande ville et son opposé tout aussi envoûtant, la campagne.

 

Esprit brillant, il fut poète, dramaturge, critique d'art et auteur de récits dans la veine symboliste.

 

Image007.jpg

Portrait peint par Maximilien Luce (1858-1941).

 

Lié avec des artistes issus du Symbolisme et du Néo-Impressionnisme, il apparut comme l'un des « découvreurs » des peintres Fernand Khnopff (1858-1921), le maître de l'énigme et James Ensor (1860-1949).

 

Émile Verhaeren nourrit des liens privilégiés avec de nombreux peintres célèbres (Paul Signac, Maximilien Luce, Dario de Regoyos, Willy Schlobach, William Degouve de Nuncques, Théo Van Rysselberghe...) et des écrivains (André Gide, Stéphane Mallarmé, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Albert Mockel...). Il fut, dans les années 1883-1899, l'un des principaux rédacteurs de la revue L’Art Moderne.

 

Image008.jpg

 

Une femme compta particulièrement dans sa vie : il s'agissait de Marthe Massin (1860-1931), une artiste originaire de Liège. Quand Émile Verhaeren la rencontra, il pensait rester vieux garçon mais il eut un coup de foudre et sentit que l'influence de Marthe sur sa vie artistique ne pouvait que lui être bénéfique. Ils se marièrent en août 1891, n'eurent pas d'enfant et s'aimèrent jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, Émile Verhaeren composa des poèmes pacifistes, s'insurgeant contre la folie des hommes et il dut se réfugier en Angleterre où il lutta à sa manière en écrivant « Les Anthologies Lyriques ».

 

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« Anthologies Lyriques » constituées de « La Belgique sanglante », « Parmi les Cendres » et « Les Ailes rouges de la Guerre ».

 

De toutes ses forces, il essaya, au cours de conférences à succès, de renforcer les liens d'amitié entre la Belgique, la France et l'Angleterre et c'est dans ce contexte qu'il connut une fin tragique...

 

Venu donner une conférence à Rouen, il fut poussé accidentellement sous un train, le 27 Novembre 1916, par la foule qui s'était amassée. Ses derniers mots auraient été, d'après la légende populaire, « Ma Femme, ma Patrie »...

 

Le gouvernement français souhaita faire transférer son corps au Panthéon mais sa famille refusa. Sa dépouille fut placée au cimetière militaire d'Adinkerque puis au cimetière de Wulveringem, à Furnes, dans la Région Flamande et enfin, en 1927, elle rejoignit le village natal de Saint-Amand où fut créé, en 1955, le musée provincial Émile Verhaeren.

 

J'illustre ce poème avec un florilège de photos qui sont autant de moments simples, précieux et d'instants chers à mon cœur...

 

Le ciel, l'eau, la végétation... matières et mondes à partager avec les êtres qu'on aime, comme dans le poème d'Émile Verhaeren...

 

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L'azur qui se mire dans le cristal d'un petit étang...

 

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La patine changeante des feuilles...

 

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Des beautés roses qui résistent encore un peu à l'avancée de la saison...

 

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Des couleurs qui palpitent...

 

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Ciel, nuages, feuilles... autant de sujets artistiques...

 

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Gros bisous, douce semaine...

Plume

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