Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #artiste, #fleur, #jonquille, #printemps, #william

Une giboulée de couleurs

 Sir Lawrence Alma Tadema (1836-1912), Le retour des fleurs.

 

Un manteau de neige couvre plusieurs pays d'Europe, le Nord de la France grelotte entre deux giboulées mais je vous invite à glisser dans la chatoyante poésie des couleurs.

 

image02.jpg

 

En livrée de soleil, ces vigoureuses jonquilles embellissent une petite place située à quelques pas de chez moi. En ce début de Printemps aux tonalités hivernales, elles m'ont donné envie de partager avec vous des rêveries d'artistes sur le thème de la reverdie.

 

image03.jpg

Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912): Les fleurs du Printemps.

 

Rousseur ardente d'une chevelure, alchimie de lumière et jeux d'ombre mystérieux... les jonquilles resplendissent dans leur écrin d'or en fusion.

 

Sir Alma-Tadema fut l'un des artistes les plus en vogue du XIXe siècle victorien. Ce passionné d'Antiquité gréco-romaine et d'archéologie égyptienne décrivit avec une minutie spectaculaire des scènes de la vie antique, juxtaposant des éléments réels et des éléments fantasmés.

 

image04.jpg

Le Printemps, 1894.

 

image05.jpg

 

image06.jpg

 

image07.jpg

 

Je ne peux contempler ces merveilleuses jonquilles sans ressentir la mélodie d'un poème, l'un des plus populaires de l'époque Romantique en Angleterre: « The Daffodils » de William Wordsworth (1770-1850).

 

image08.jpg

Berthe Morisot (1841-1895): Jonquilles.

 

En 1804, sur les rives du lac de Ullswater, Wordsworth écrivit « The Daffodils » en se promenant avec sa soeur cadette, Dorothy. Publié en 1815, le poème devint l'une des œuvres majeures du mouvement « lakiste ». J'ai appris ce poème au collège et je ne l'ai jamais oublié.

 

Les Jonquilles (The Daffodils)

 

I wandered lonely as a cloud

That floats on high o'er vales and hills,

When all at once I saw a crowd,

A host of golden daffodils ;

Beside the lake, beneath the trees.

Fluttering and dancing in the breeze.

 

Continuous as the stars that shine

And twinkle on the milky way,

They stretched in never-ending line

Along the margin of a bay :

Ten thousand saw I at a glance,

Tossing their heads in sprightly dance.

 

The waves beside them danced ; but they

Out-did the sparkling waves in glee :

A poet could not but be gay,

In such a jocund company :

I gazed – and gazed – but little thought

What wealth the show to me had brought :

 

For oft, when on my couch I lie

In vacant or in pensive mood,

They flash upon that inward eye

Which is the bliss of solitude ;

And then my heart with pleasure fills,

And dances with the daffodils.

                                 William Wordsworth

 

Première traduction

 

J'allais solitaire ainsi qu'un nuage

Qui plane au dessus des vaux et des monts,

Quand soudain, je vis en foule - ô mirage ! -

Des jonquilles d'or, une légion.

A côté du lac, sous les branches grises,

Flottant et dansant gaiement à la brise.

 

Serrées comme sont au ciel les étoiles

Que l'on voit scintiller sur la Voie Lactée,

Elles s'étendaient sans un intervalle

Le long du rivage, au creux d'une baie.

J'en vis d'un coup d'oeil des milliers, je pense,

Agitant leurs têtes en une folle danse.

 

Les vagues dansaient, pleines d'étincelles,

Mais se balançaient encor plus allègrement,

Pouvais-je rester, poète, auprès d'elles

Sans être gagné par leur engouement ?

L'oeil fixe, ébloui, je ne songeais guère

Au riche présent qui m'était offert :

 

Car si je repose, absent ou songeur,

Souvent leur vision, - ô béatitude ! -

Vient illuminer l'oeil intérieur

Qui fait le bonheur de la solitude,

Et mon coeur alors débordant, pétille

De plaisir et danse avec les jonquilles !

 

Deuxième traduction, signée Catherine Réault-Crosnier

 

J'errais solitaire comme un nuage

Qui flotte au-dessus des vallées et des monts,

Quand tout-à-coup je vis une nuée,

Une foule de jonquilles dorées ;

À côté du lac, sous les branches,

Battant des ailes et dansant dans la brise.

 

Drues comme les étoiles qui brillent

Et scintillent sur la Voie Lactée,

Elles s'étendaient en une ligne sans fin

Le long du rivage d'une baie :

J'en vis dix mille d'un coup d'œil,

Agitant la tête en une danse enjouée.

 

Les vagues dansaient à leurs côtés ; mais

Elles surpassaient les vagues étincelantes en allégresse :

Un poète ne pouvait qu'être gai,

En une telle compagnie :

Je les contemplais, les contemplais mais pensais peu

Au présent qu'elles m'apportaient :

 

Car souvent, quand je m'allonge dans mon lit,

L'esprit rêveur ou pensif,

Elles viennent illuminer ma vie intérieure

Qui est la béatitude de la solitude ;

Et mon cœur alors, s'emplit de plaisir

Et danse avec les jonquilles.

 

William Wordsworth écrivit, avec son ami Samuel Taylor Coleridge, les «Ballades lyriques»: un vibrant manifeste du Romantisme. Il chercha continuellement l'émotion dans l'écriture et entreprit de simplifier les tournures de phrase alambiquées qui étaient coutumières à son époque. Un séjour en France, en Touraine plus exactement, nourrit, dans le poème appelé « Le Prélude », sa nostalgie existentielle et son amour irrépressible de la nature.

 

image09.jpg

 

image10.jpg

Sir Frank Francis Bernard Dicksee (1853-1928): Jeune fille de Printemps.

 

image11.jpg

Portrait d'Elsa

 

Cet artiste au style très précieux, issu d'une famille de peintres, aimait illustrer les récits légendaires et les drames historiques. Il réalisa aussi de nombreux portraits de mode.

 

Le jaune jonquille, saturé d'or et de lumière, était très en vogue chez différents artistes de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

 

image12.jpg

William Macgregor Paxton (1869-1941): Une élégante.

 

image13.jpg

 

image14.jpg

 

image15.jpg

 John Singer Sargent (1856-1925): Nature morte aux jonquilles.

 

Ce portraitiste américain renommé entretint des relations amicales avec les Impressionnistes et plus particulièrement avec Degas et Monet.

 

image16.jpg

Henri Fantin-Latour (1836-1904): Jonquilles.

 

Ce passionné de musique, ami de Whitsler et de Dante Gabriel Rossetti, était fasciné par les maîtres italiens, flamands et français (Titien, Véronèse, Van Dyck, Watteau...). Il expérimenta l'art du portrait mais il connut la notoriété grâce à ses natures mortes où se conjuguent poésie de l'instant et étude approfondie des détails. Les sujets qu'il explore se lovent dans une lumière subtile qui attise les jeux d'ombre et de transparence.

 

image17.jpg

Achille Théodore Cesbron (1849-1915): Les Jonquilles, 1er quart du 20e siècle, Nantes, musée des beaux-arts.

 

Ce maître des natures mortes, amoureux des roses, était apprécié pour la finesse de ses compositions florales. Il fonda, à la Porte d'Auteuil, une Académie des Arts de la Fleur et de la Plante où il fit dispenser des cours gratuits de dessin et de peinture floraux.

 

image18.jpg

Charles Webster Hawthorne (1872-1930): Jonquilles.

 

Ce peintre érudit fonda en 1899 la Cape Cod School of Art, dans le Massachussetts, institut qui accueillit des talents comme Norman Rockwell.

 

image19.jpg

George Hitchcock (1850-1913): La petite marchande de jonquilles.

 

Petit-fils de Roger Williams, le fondateur de l'État de Rhode Island, cet artiste américain exerça le métier de légiste à New-York jusqu'en 1879, année où il traversa l'Atlantique pour devenir l'élève des peintres académiques français Gustave Boulanger (1824-1888) et Jules-Joseph Lefebvre (1836-1911). Il suivit aussi les cours du peintre de marines Hendrik Willem Mesdag (1831-1915), à Düsseldorf et à La Hague.

 

image20.jpg

George Hitchcock: Marchande de fleurs en Hollande.

 

image21.jpg

 

Le Printemps rayonne à travers le réalisme de ses oeuvres et la vibration colorée de sa touche qui frôle la manière impressionniste. Il est connu pour ses grands champs de fleurs où pulse une lumière intense, celle du renouveau de la Nature.

 

image22.jpg

Champ de fleurs

 

image23.jpg

Champ de crocus au printemps

 

image24.jpg

Le cottage aux jacinthes.

 La maison est celle de l'artiste, un havre de charme et de sérénité situé aux Pays Bas, à Egmond Aan Zee, près d'Alkmaar, paysage lové dans une  mer florale.

 

image25.jpg

Le temps des fleurs

 

image26.jpg

Le nid de cigognes

 

image27.jpg

Les jacinthes

 

image28.jpg

 

image29.jpg

Champ de tulipes

 

image30.jpg

Mariée hollandaise

 

George Hitchcock fut le premier Américain à recevoir en France la distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

image31.jpg

 

image32.jpg

James Tissot (1836-1902): Le Bal 1878.

 

 Ami intime de Degas, cet artiste complexe partagea sa vie entre Paris et Londres où il devint l'un des plus célèbres portraitistes de son époque. Les musées anglais abritent un grand nombre de ses œuvres.

 L'héroïne du tableau arbore une somptueuse robe jaune jonquille. Fils d'un marchand de mode et d'une modiste, Tissot ne cessa d'accorder dans ses toiles la primauté aux vêtements et aux accessoires. Il aimait également mettre en scène ses personnages de manière « photographique ».

 

image33.jpg

Roderick Henry Newman (1833-1918): Anémones et jonquilles, 1884.

 

 Ce peintre américain, de sensibilité préraphaélite, était un aquarelliste renommé, fasciné par les arts du Moyen-âge et de la Renaissance florentine. Il accomplit de longs voyages à travers l'Europe, l'Égypte et le Japon.

 

image34.jpg

 

image35.jpg

 

A pas de givre, entre pétales soyeux et lumière sucrée, le Printemps investit doucement le paysage parisien.

 

image36.jpg

 

image37.jpg

Émile Vernon (1872-1919): Beauté de Printemps.

 

Aussi fines que les fleurs d'amandier et de cerisier, les robes des « héroïnes du printemps » sont un florilège de blancheur et de fièvre rosée.

 

image38.jpg

Vincent Van Gogh (1853-1890): Branches d'amandier en fleurs, 1890.

 

image39.jpg

Henry Ryland (1856-1924): La Primavera.

 

 Une personnification préraphaélite du printemps, en robe d'opale, qui nous offre, sur fond de ciel bleu rosé, sa mélancolique sensibilité.

 

image40.jpg

 

image41.jpg

Jeune beauté

 

image42.jpg

The captive's return, que l'on peut traduire par « le retour du printemps ».

 

 Peintre renommé, illustrateur de livres féeriques et décorateur d'intérieur, Henry Ryland fut inspiré par les thèmes néo-classiques et le mouvement Préraphaélite.

 

 

image43.jpg

Adrien Moreau (1843-1906): Sous les fleurs de cerisier.

 

 Peintre de genre et d'histoire, il appréciait les sujets néogothiques, les scènes de noces, les bals et les mascarades. Il illustra avec finesse les œuvres de nos plus grands auteurs, dont celles de Balzac et de Voltaire. Dès la fin du XIXe siècle, les collectionneurs américains raffolèrent de ses œuvres.

 

image44.jpg

Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928): L'offrande.

 

Cette œuvre victorienne, émanation d'un romantisme précieux, décrit l'offrande d'un gage d'amour lorsque refleurit le printemps.

 

image45.jpg

 

image46.jpg

Henrietta Rae Emma Radcliffe (1859-1928): Floraison.

 

 Cette artiste victorienne, à la touche subtile, était connue pour son engagement féministe et ses prises de position marquées en faveur du vote des femmes.

 

image47.jpg

Éclosion du printemps.

 

 

image48.jpg

Les nymphes du printemps, 1913.

 

Les belles des tableaux aimantent le pouvoir des fleurs et se parent des attributs des déesses de la reverdie: Flore, Pomone, Aphrodite...

 

image49.jpg

George Hitchcock (1850-1913): Calypso, 1906.

 

Prêtresses du Féminin Sacré, elles célèbrent une flamme sauvage et douce, quintessence de vie et fluide opalescent qui régénère le cycle des saisons.

 

image50.jpg

Arthur Hacker (1858-1919): Innocence.

 

 Sous le pinceau de cet artiste préraphaélite, ces « dames blanches » évoluent dans un monde mouvant où les verts, les bleus et les ocres tintent comme des notes de musique, parsemées de gouttes solaires auxquelles répond le doré des passementeries.

 

image51.jpg

Harry George Theaker (1873-1954): The anticipated letter.

 

 Une danse ou un conciliabule magique dans un champ semé de fleurs...

 

image52.jpg

 

image53.jpg

George Henry Boughton (1834-1905): Idylle de printemps.

 

Un florilège de femmes fées, sensuelles incarnations de l'âme-souffle: l'énergie vitale du printemps.

 

image54.jpg

Franz Xavier Winterhalter (1805-1873): Le Printemps.

 

image55.jpg

Sir John Lavery (1856-1941), portraitiste irlandais: Printemps en fleurs.

 

image56.jpg

John William Waterhouse (1849-1917): Flore assise, au regard insaisissable et pétri de mélancolie, nous attire à la croisée de l'hiver et du printemps.

 

image57.jpg

John William Waterhouse: Ophélie parmi les fleurs. A l'orée d'un mystérieux territoire, la lumière cisèle, entre les ombres aquatiques, les broderies et les joyaux de sa robe.

 

image58.jpg

Francis Coates Jones (1857-1932): Le Printemps.

 

image59.jpg

Jeune femme arrangeant un bouquet de fleurs dans un vase.

 

image60.jpg

Fleurs de printemps sur la fenêtre.

 

 Ce peintre américain sillonna l'Europe, en compagnie de son frère, dans les années 1870-1880. Il travailla à Paris et en Bretagne, parmi les artistes de l'École de Pont-Aven, où il rencontra Paul Gauguin.

 

image61.jpg

 

image62.jpg

 

image63.jpg

Albert Lynch (1851-1912): Fleurs fraîches du jardin.

 

image64.jpg

 

image65.jpg

 

image66.jpg

 

Notre promenade s'achève sur cette caresse embaumée. En attendant de vous retrouver, je vous remercie de votre fidélité et je vous souhaite de cueillir les joies de l'instant...

 

image67.jpg

 

Le Printemps est en marche...

Plume

Commenter cet article
M
Répondre
D
bonjour CENDRINE<br /> je navigue un peut sur ton blog et là je me suis régaler avec tes peintures et autressincèrement c est un très beau article et toutes ces fleurs un grand merci bon jeudi bisous danielle<br /> j
Répondre
T
Répondre
T
<br /> <br />  
Répondre
T
Répondre

Articles récents

Hébergé par Eklablog