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    A l'angle de la rue Cler et de la rue de Grenelle, au numéro 23, dans le 7e arrondissement de Paris, on découvre un bâtiment sobre et puissant, doté d'un bien joli décor. Construit en 1911, il abrite le Café Roussillon.

     

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    Plusieurs zones d'ombre entourent la création de cet immeuble. Le nom de l'architecte et celui du sculpteur n'apparaissent pas et la peau d'ombellifères luxuriante où se lovent des figures de femmes et d'enfants revêt un charme énigmatique.

     

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    Cette broderie invite le promeneur à suspendre le cours de sa marche.

     

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    Femmes et enfants se lovent parmi les feuilles et les fleurs d'une forêt imaginaire.

     

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    Les ornements floraux épousent les lignes structurelles du bâtiment et créent une forme d'enchantement entre ombre et lumière.

     

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    Le motif des ombellifères est récurrent dans l'Art Nouveau mais on le rencontre plus souvent sur les vases et les ouvrages de marqueterie que dans l'architecture.

     

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    Aquarelle « Ombellifères » de l'atelier d'Émile Gallé (1846-1904), Musée d'Orsay.

     

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    La porte d'entrée est décorée d'un magnifique motif en fer forgé sur le thème de l'ombelle.

     

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    Après cette halte devant le Café Roussillon, il suffit de traverser la rue de Grenelle pour s'engager dans la partie piétonne de la rue Cler.

     

    J'ai déjà emmené certains lecteurs en promenade, via mon blog, dans cette rue semi-piétonne du 7e arrondissement de Paris mais c'était au tout début de mon aventure sur la toile. Bordée, sur sa moitié, par des commerces et des restaurants, la rue Cler s'insère dans ce qu'on appelait autrefois « le bourg du Gros-Caillou »et rencontre la rue du Champ-de-Mars, la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle. Elle s'achève, vers le sud, au niveau de l'avenue de la Motte-Picquet.

     

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    Au numéro 36, on admire cette jolie porte dont le décor évoque Héloïse et Abélard, amants tragiques et passionnés.

     

     

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    Ancienne « rue Neuve-de-l'Église » puis « rue de l'Église », la rue Cler changea de nom en 1864, pour rendre hommage au Général Jean Joseph Gustave Cler (1814-1859), vainqueur de l'Alma et tué à la bataille de Magenta. Photo ci-dessus.

     

     

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    Le Bourg du Gros-Caillou

     

    Ce quartier fort agréable, à la fois huppé et populaire, se situe à l'ouest du 7e arrondissement. L'une de ses originalités est d'avoir conservé, à différents endroits, l'apparence d'un village du XVIIIe siècle. Plusieurs rues ont gardé leur nom et leur tracé d'avant la Révolution et leur ancien pavement a été préservé.

     

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    La rue Cler vers 1900

     

    Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, une « garenne verdoyante » (garanella: grenelle) s'étendait à l'emplacement du quartier actuel. Elle était couverte de vignes et de prés, de vergers et de potagers. On y chassait la caille et le lièvre.

     

    L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye de Sainte-Geneviève se partageaient la jouissance de cet espace luxuriant. La rue de Grenelle était appelée le « grand chemin des Vaches » et la rue Saint-Dominique, « rue aux Vaches » car les vaches du Faubourg Saint-Germain la remontaient pour aller paître dans le Pré aux Clercs.

     

    L'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou se dresse au croisement des rues Cler et Saint-Dominique près de l'endroit où jadis, un gros caillou marquait la limite entre les terres des deux abbayes.

     

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    Cette église, conçue par l'architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde (1781-1869), prend la forme d'une basilique romaine. Elle est précédée d'un péristyle dorique. Dans le fronton, une inscription latine fait référence à l'apôtre Pierre et à la pierre de bornage.

     

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    Ce « Gros-Caillou » était un énorme bloc alluvial qui servait de point de repère dans le paysage et délimitait la frontière entre les abbayes établies sur la plaine de Grenelle. D'après le géographe Charles Pomerol, le caillou aurait été détruit, avec des explosifs, en 1738 mais le nom de l'église a perpétué son souvenir.

     

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    De nombreux artisans s'établirent dans le quartier lorsque Louis XIV décida la construction de l'Hôtel des Invalides pour y loger les vétérans de l'armée. Des lavandières affluèrent pour blanchir le linge des anciens soldats. Elles exerçaient leur activité dans des blanchisseries flottantes, les bateaux-lavoirs. Sous l'impulsion des habitants du bourg, une église fut édifiée à partir de 1738, à l'extrémité de la rue Cler mais le bâtiment devint rapidement trop petit. L'édifice actuel fut construit, en majeure partie, entre 1822 et 1829.

     

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    Le bourg connut donc un formidable essor grâce à la proximité des Invalides. Entre 1786 et 1858, une pompe à feu monumentale, créée par les frères Périer, alimenta en eau le quartier du Gros-Caillou, l'École Militaire, les Invalides et le faubourg Saint-Germain.

     

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    A la fin du XVIIIe siècle, les « pompes à feu » remplacèrent les « pompes hydrauliques », du type de celle de la Samaritaine (mise en service sur le Pont-Neuf en 1608 à l'initiative d'Henri IV et du duc de Sully).

     

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    Vue de la « pompe à feu de Chaillot », prise depuis le Gros-Caillou. Le dessin est de Jean-Baptiste Lallemand. Source: Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

     

    La première pompe à feu fut installée à Chaillot, sur la rive droite, en 1781. En 1788, la pompe du Gros-Caillou fut mise en place sur la rive gauche (Quai d'Orsay).

     

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    La tour que l'on aperçoit mesurait 35 mètres de hauteur. Elle contenait un réservoir géant et desservait les différents quartiers grâce à d'imposantes machines à vapeur, fabriquées en Angleterre. Elle fut abandonnée en 1851.

     

    Le port du Gros-Caillou fut aménagé pour transporter les matériaux nécessaires à la construction des Invalides. Il ne cessa de se développer, de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Anecdote intéressante, une école de natation fut créée, dans le port, en 1822. La première école de natation fut fondée à Paris, en 1785, par le sieur Turquin, l'inventeur des Bains Chinois (des cabinets de bains réputés hygiéniques) et le créateur de la première piscine (Piscine Deligny), en 1801, le long des berges du Quai d'Orsay.

     

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    En 1810, une manufacture de tabac fut implantée sur une vaste parcelle de terrain située dans la partie nord du bourg. Cette gravure, qui provient du site de la BNF, est de Joris Minne d'après une illustration de A. Jahandier.

     

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    Manufacture des Tabacs, 1905. Photographie de Jean-Eugène Durand, trouvée sur le site culture.gouv.fr.

     

    Comme vous l'aurez compris, l'histoire de ce quartier est passionnante à explorer et je ne manquerai pas de vous en faire découvrir d'autres aspects, au fil du temps.

     

    Petit clin d’œil à Isa-Marie et à son blog Grelinette et Cassolettes pour qui la rue Cler revêt une importance toute particulière...

     

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    Gros bisous et merci de votre fidélité...

    Plume

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    Et si nous nous donnions rendez-vous dans une charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes ?

     

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    Abordons cette rue pleine de fleurs (les rhododendrons y éclatent de beauté !) qui doit son nom à un trésor véritable, exhumé en 1882 quand fut démoli l'Hôtel d'Effiat, joyau architectural du XVIIe siècle, remplacé, au nom de la sacro-sainte spéculation immobilière (!), par une série d'immeubles de rapport.

     

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    Dans les décombres de l'hôtel, on découvrit un vase de cuivre qui renfermait un trésor composé de monnaies d'or, des francs à cheval du roi Jean II le Bon (1319-1364) et des francs à pied de Charles V (1338-1380), le tout atteignant une somme de 7882 livres.

     

    La rue qui fut alors percée à l'emplacement de l'hôtel, entre les rues Vieille-du-Temple et des Écouffes (les noms Écouffes ou Escouffes désignaient autrefois les Prêteurs sur Gages), fut appelée rue du Trésor.

     

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    Au XVIe siècle, se dressait à cet emplacement un imposant manoir, bâti sur les vestiges d'un fief médiéval, le fief d'Autonne. Le manoir Renaissance et ses dépendances étaient la propriété de la puissante famille de Marle qui compta parmi ses membres des hauts dignitaires du royaume (en l'occurrence un Conseiller du Roi, un avocat au Parlement Royal, un Prévôt des Marchands et un magistrat du Tribunal Royal).

     

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    Vous apprécierez le décor d'abondance en métal ouvragé de la jolie porte, de style « Monarchie de Juillet » (1830-1848).

     

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    Au début du XVIIe siècle, l'ensemble fut acquis par le Maréchal Jacques Vignier d'Effiat, père de Cinq-Mars, célèbre favori du roi Louis XIII et Surintendant de la Maison et des Finances du Prince de Condé.

     

    Après la mort du Maréchal, sa veuve, Marie de Fourcy, sollicita le célèbre architecte Clément Métezeau (1581-1652) pour agrandir la demeure et l'agrémenter d'une élégante façade.

     

    L'hôtel fut cédé, en 1696, par les descendants de Marie de Fourcy à Claude Le Peletier (1631-1711) Prévôt des Marchands qui devint Contrôleur Général des Finances à la mort de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Des aménagements furent entrepris (agrandissement du corps de logis et du jardin qui était à l'époque l'un des plus beaux du Marais et dont il ne reste rien...).

     

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    Après la Révolution, l'hôtel fut mis en location et en 1800, des négociants venus de l'Aisne, les Mareuse, en firent l'acquisition.

     

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    Au fil des années, le bâtiment fut géré par une bourgeoisie nouvelle, implantée dans les hôtels particuliers du Marais, et investi par des boutiques de négoce et d'artisanat. Il accueillit notamment le domicile d'Auguste Mariage, fondateur d'une célèbre maison de thé, véritable institution parisienne.

     

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    Exemples de belles vitrines...

     

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    Puis l'hôtel d'Effiat devint la propriété de la Compagnie Foncière de France et d'Algérie qui décida de le faire raser pour que soient érigés, à partir de 1882, sous la direction de l'architecte et maître d’œuvre Paul Fouquiau, huit petits immeubles de rapport.

     

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    A l'extrémité de la rue, on installa une fontaine dominée par le moulage du relief qui décorait jadis l'une des façades de l'hôtel d'Effiat mais le moulage n'est plus visible et la fontaine n'est plus en eau.

     

    Le relief se situait là où l'on aperçoit une petite fenêtre qui a été percée illégalement (!) et rebouchée depuis la précédente photo...

     

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    Le relief original, en pierre, intitulé « Allégorie du Commerce ou du Bon Gouvernement » fut offert au Département des Sculptures du Musée du Louvre par Paul Fouquiau, en 1882.

     

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    Relief original © Musée du Louvre/P. Philibert

     

    C'est donc une partie conséquente de l'histoire du Marais et de l'art de vivre au XVIIe siècle qui a disparu mais le souvenir de l'hôtel d'Effiat, indissociable de cette façade fontaine lovée dans les fleurs continue de hanter les lieux.

     

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    Et grâce à des photographes du vieux Paris, nous avons la possibilité de contempler des documents précieux où s'inscrivent des lambeaux de ce qui fut l'une des plus remarquables demeures aristocratiques de la capitale.

     

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    Souvenirs de l'hôtel d'Effiat, par Henri Chapelle (1850-1925), auteur d'un magnifique recueil de dessins à la plume recherché par les collectionneurs.

     

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    Hôtel d'Effiat en démolition, photographie attribuée à Henri Godefroy (1837-1913), l'un des photographes témoins les plus assidus des transformations de Paris, avec Charles Marville (1813-1879), Édouard Denis Baldus (1813-1889), Gustave Le Gray (1820-1884) et Eugène Atget (1857-1927)... Crédit photo musée Carnavalet/Roger-Viollet

     

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    Aujourd'hui, la rue du Trésor est une voie pleine de charme qui s'offre au visiteur, une halte délicieusement fleurie dans la ville.

     

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    Rénovée en 2004, elle accueille de charmantes boutiques. Le lieu est vraiment plaisant mais en 1930 voici ce qu'en disait un journaliste nommé Marius Richard : « Poursuivons notre chemin par le passage que des portes ferment, ou ne ferment pas, le soir. Les murs en sont criblés d'éraflures, de marques de coups d'on ne sait trop quoi... Les habitants du quartier ont les coudes bien pointus. C'est l'hiver qu'il faut venir dans ce boyau, lorsqu'un mauvais vent y pousse la pluie mêlée à la lumière sale du bec de gaz. Mais alors c'est un guet-apens où les courants d'air vous assassinent. »

     

    Que de changements !

     

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    Quant au véritable trésor, il est réparti entre le Musée Carnavalet (Musée d'Histoire de la Ville de Paris) qui a fait l'acquisition du vase de cuivre et de plusieurs pièces et les collections de numismates privés. Comme je vous le disais au début de cet article, il se compose de francs à cheval et de francs à pied.

     

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    Image Musée Carnavalet

     

    Sur le franc à cheval, on distingue le roi Jean II le Bon (chevauchant son destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant son épée avec le terme «Francorum Rex» (Roi des Francs). L'autre face montre une croix feuillue, lovée dans un quadrilobe. Il s'agit du premier franc frappé en or (1360) afin de payer la rançon du souverain, capturé par les Anglais à Poitiers, en 1356.

     

    Dans ce contexte particulièrement troublé, les Français durent s'acquitter d'une rançon considérable, versée après plusieurs années de captivité. Le franc à cheval coûtait d'ailleurs si cher que la frappe en fut abandonnée, dès l'avènement de Charles V, en 1364.

     

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    Image Musée Carnavalet

     

    Le franc à pied de Charles V date de 1365. Le roi est représenté debout et couronné, sous un dais accosté de lys. Il porte la cotte d'armes fleurdelisée et tient l'épée et la main de justice dans le but d'affirmer la vaillance de la dynastie des Valois face au pouvoir vorace des Plantagenêt.

     

    Le temps s'est écoulé... Le trésor est constitué de nos jours par une parenthèse fleurie dans la toile ambivalente de la ville et l'on chemine en cette rue, accompagnés de rêveries qui prennent les couleurs soyeuses des rhododendrons...

     

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    Je vous souhaite un très bel été, avec d'amicales pensées en farandole !

    Plume

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    Nous avons contemplé, il y a quelques jours, « Le bestiaire marin de la fontaine Gaillon ». Je vous emmène à présent dans la rue Gaillon, élégante voie du IIe arrondissement bordée de bâtiments bien conservés qui nous offrent un bel éventail de styles architecturaux.

     

    La rue Gaillon changea plusieurs fois de nom au fil du temps. L'ouvrage « Histoire de Paris rue par rue, maison par maison », de Charles Lefeuve, publiée en 1875, nous apprend qu'en 1495 on l'appelait ruelle Michaut Riegnaut et en 1521, rue Michaut Regnaut. En 1578, elle prit le nom de rue Gaillon et s'étendait de la rue Saint-Honoré à la porte Gaillon qui fut détruite en 1700.

     

    Elle devint ensuite rue de Lorge puis rue Neuve Saint-Roch, rue Saint-Roch et rue de la Montagne pendant la Révolution. Elle reprit ensuite le nom « Gaillon », en référence à un hôtel Gaillon qui n'existe plus.

     

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    Un magnifique mascaron veille sur l'entrée de l'hôtel Sulkowski, construit vers 1740, dans le style rocaille, par l'architecte Jacques-Richard Cochois pour une famille princière.

     

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    Rythmée par de hautes fenêtres, la façade en pierre de taille est agrémentée de fines ferronneries, de pilastres, d'agrafes et de consoles ouvragées. C'est un précieux exemple d'hôtel particulier de facture rocaille dans la capitale.

     

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    L'hôtel Sulkowski a connu quelques modifications : une extension concernant deux travées et une surélévation réalisée de 1881 à 1882 par l'architecte Auguste Tronquois. Heureusement, ces changements n'ont pas altéré son élégance structurelle alors que nombre d'hôtels construits à la même époque ont été soit détruits soit victimes de réaménagements peu respectueux de leur cohérence artistique.

     

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    L'intérieur (qui ne se visite pas) est orné de nombreux mascarons dans le style de celui qui domine la porte d'entrée et abrite un escalier dont la rampe est considérée comme un chef-d’œuvre de ferronnerie d'époque Louis XV.

     

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    Face à l'hôtel Sulkowski, aux numéros 3 et 5 de la rue Gaillon, on découvre l'hôtel de Lambilly, ancien hôtel de Flavigny, érigé lui aussi au XVIIIe siècle. Mascarons, ferronneries et beaux encadrements sculptés font partie intégrante du vocabulaire des lieux.

     

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    Vous apprécierez la finesse de la coquille, la subtilité des enroulements, les jeux de courbes et de contre-courbes qui happent le regard en attirant la chance, la prospérité, la fécondité sur les habitants de l'endroit...

     

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    Séduisant personnage qui veille sur la demeure et les secrètes mémoires qui s'y enracinent. Visage aux traits bien dessinés, regard ambivalent... il est joliment mis en valeur par un encadrement ailé fantasmagorique.

     

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    Ce bâtiment possède aussi un bel escalier et d'après certains ouvrages d'architecture, son vestibule est « éclairé » d'un vitrail qui représente une scène médiévale. Tout comme l'hôtel Sulkowski, il ne se visite pas.

     

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    Un peu plus loin, au numéro 12 de la rue Gaillon, un immeuble construit entre 1912 et 1913 par l'architecte Jacques Hermant mérite notre attention.

     

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    Il présente une élégante façade hybride. Son soubassement est en pierre de taille et ses étages supérieurs sont constitués de métal et de grandes baies vitrées qui laissent généreusement entrer la lumière.

     

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    Ornées de motifs végétaux stylisés, les baies s'appuient sur des consoles en fer ouvragées.

     

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    Au-dessus du porche, on remarque un médaillon rocaille agrémenté de belles guirlandes de fleurs et de fruits.

     

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    Cet immeuble présente des similitudes structurelles avec des bâtiments de la rue Réaumur, rue percée en 1895-1896 dans le 3e arrondissement de Paris et bordée d'immeubles commerciaux où l'on vendait essentiellement du tissu en gros.

     

    Ces beaux immeubles sont une alliance de pierre de taille et de métal ouvragé, compositions ouvertes sur l'extérieur par de grandes baies vitrées. J'en reparlerai dans un article consacré à la rue Réaumur.

     

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    Au numéro 12 de la rue Gaillon, outre la séduisante façade, Jacques Hermant a élaboré un ascenseur de style Art Nouveau et de beaux décors à motifs végétaux mais on ne peut pas visiter l'intérieur.

     

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    Professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris et architecte en chef de la Ville de Paris, Jacques Hermant (1855-1930) fut un pionnier dans l'utilisation du béton armé dans la structure des bâtiments privés et publics. Il a participé à la première commission du ciment armé et ses travaux ont favorisé la rédaction d'un compte-rendu ministériel concernant l'emploi du béton armé, en 1906.

     

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    Créateur au génie prolifique, il a réalisé la Caserne des Célestins de la Garde Républicaine, dans le IVe arrondissement de Paris, entre 1891 et 1902 mais aussi des hôtels particuliers, des groupes scolaires, des pavillons pour les Expositions Universelles (comme celle de Chicago en 1893) ; des galeries commerciales et des grands magasins, des sièges sociaux pour des groupes industriels et des banques.

     

    Il est aussi le concepteur de la Salle Gaveau, salle de concert réalisée en béton armé, entre 1905 et 1907, dans le 8e arrondissement de Paris et il a orchestré, en Seine-et-Marne, la restauration du château de Voisenon, dans un style Art Nouveau.

     

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     Une jolie poignée de porte datant de la fin du XIXe siècle.

     

    Aux numéros 16 et 18, se situe le restaurant Drouant que j'avais évoqué il y a des années. Il se niche dans un bel immeuble d'angle en pierre de taille.

     

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    En ce haut lieu de l'histoire romanesque, artistique et gastronomique de Paris, le Prix Goncourt est décerné chaque année.

     

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    En 1880, un alsacien nommé Charles Drouant ouvrit un café qui devint rapidement l'un des restaurants les plus courus du tout Paris. Les artistes (Renoir, Monet, Pissarro, Rodin, Colette, Apollinaire, Daudet père et fils, Octave Mirbeau...) venaient y déguster des vins blancs renommés, des poissons savoureux et des huîtres fines de Bretagne. Sous la houlette du chef Antoine Westermann, le lieu continue de séduire par la qualité de sa cuisine, son aura de temple de la littérature et ses imposants murs clairs aux ornements de style rocaille.



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    Les façades du Drouant sont rehaussées de lignes souples, de volutes et de cartouches aux fines découpures. Les fenêtres ont de beaux garde-corps en fer forgé.

     

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    Des balconnets en encorbellement animent la structure générale par des jeux d'ouverture subtils et la fantaisie de leurs lignes courbes.

     

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    A l'intérieur, les visiteurs admirent des bas-reliefs, un escalier en fer forgé et des glaces gravées qui datent des années 1920. Elles sont l’œuvre du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933).

     

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    Image lesRestos.com

     

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    Le restaurant Drouant accueillit, le 31 octobre 1914, la réunion des « Dix » de l'Académie Goncourt qui se retrouvaient « sans table » après la fermeture du Café de Paris. En ce lieu typique des charmes de la capitale se « mitonnent » depuis un siècle les prix littéraires, en souvenir des frères Goncourt : Edmond et Jules, liés par une passion commune.

     

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    Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens déjeunent dans le salon Goncourt du premier étage.

     

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    Le Prix Goncourt est décerné tous les ans au début du mois de novembre (l'attribution du premier prix Goncourt date de décembre 1903.) L'auteur désigné reçoit un chèque de dix euros mais surtout l'assurance d'un tirage très important et la reconnaissance de ses pairs. Le salon Goncourt est situé près du salon Renaudot où, depuis 1926, le jury décerne son prix le même jour et à la même heure que les «Dix».

     

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    Les Goncourt : Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870).

     

    L'amour fraternel des Goncourt fut à l'origine d'un curieux « prénom collectif », sorte de signature créatrice : « Juledmond ». Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, ces « mangeurs d'art » fréquentèrent le tout Paris.

     

     

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    Leur Journal témoigne de l'intensité de leur relation, de leurs amours artistiques et du talent de Jules pour l'écriture. Après la mort de ce dernier, Edmond poursuivit les travaux littéraires engagés tout en menant ses activités de collectionneur.

     

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    Inspiré par son grand-père Huot de Goncourt et sa mère, Annette Cécile Guérin, qui fréquentait le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine, il réhabilita le XVIIIe siècle dans le goût français et fut l'initiateur du Cercle des Japonisants.

     

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    La grande vague de Kanagawa par Katsushika Hokusai (1760-1849), artiste polyvalent, maître de la peinture et du dessin. Il s'agit de la première estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji ».

     

    Edmond de Goncourt fut, par la publication de monographies consacrées aux maîtres de l'ukiyo-e, « peinture du monde éphémère » ou « images du monde flottant », l'un des tous premiers auteurs (si ce n'est le premier) à présenter au monde occidental les merveilles de cet art.

     

     

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    À deux pas de l'Opéra Garnier, sur les terres artistiques et dans l'esprit des Goncourt, on peut donc admirer le Drouant (sauf bien sûr en cas de remise de prix littéraire car l'accès est strictement réglementé et toute approche non accréditée impossible), la rue Gaillon, la place Gaillon et sa jolie fontaine.

     

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    A propos de fontaine, le jeune triton qui chevauche un dauphin a retrouvé son trident. Souhaitons qu'il le garde longtemps !

     

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    Merci de vos pensées d'anniversaire et de votre fidélité, je pense bien à vous !

     

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    Dans une rue pleine de charme épargnée par la frénésie des travaux haussmanniens, je vous invite à poursuivre une promenade commencée, il y a quelques semaines, près du square Viviani. Avec ses maisons médiévales, ses pavés, son allure en courbe et l'étroitesse de ses trottoirs, la rue Galande nous fait voyager, à proximité de la Seine et de Notre-Dame, dans la mémoire ambivalente du vieux Paris.

     

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    Photographie d'Eugène Atget (1857-1927)

     

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    Photographie de Roland Marguinaud (1924-1965), prise à la fin des années 1950.

     

    Elle fut ouverte, en 1202, le long des vignes du clos de Garlande, propriété d'Étienne de Garlande (1070-1150) qui était l'archidiacre de Notre-Dame sous le règne de Louis VI le Gros (1081-1137). Peuplée de petits commerces et d'hôtelleries, elle suivait le tracé de la route gallo-romaine reliant Lutèce à Fontainebleau et permettait d'accéder à un vieux cimetière juif. Elle abritait aussi la chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Louis, bâtie en 1476, siège de la confrérie des maçons et des charpentiers de Paris dont il demeure quelques fondations inaccessibles aux promeneurs.

     

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    L'étal de la marchande de légumes et de fruits a été remplacé par ces commerces.

     

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     Juste en face, au numéro 52, ces petits personnages sculptés nous content une histoire bien sombre : celle du Caveau des Oubliettes...

     

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     Il s'agissait autrefois d'une prison considérée comme une « succursale » des sinistres geôles du Châtelet. Créée, à l'époque de Philippe-Auguste (1165-1223), sous le niveau de la Seine, elle « accueillait » les prisonniers qui avaient -prétendument- porté atteinte à l'intégrité de la Couronne ou pratiqué la magie noire. Sans aucune forme de procès, les accusés étaient précipités dans l'oubliette via une trappe s'ouvrant sous leurs pieds. Ne pouvant se redresser, ils souffraient de fractures et de plaies infectées et mouraient dans d'atroces conditions. Ils étaient d'ailleurs souvent noyés par les crues de la Seine toute proche.

     Au XIXe siècle, il y eut à cet endroit un étrange cabaret. On venait y frissonner devant des cages de fer remplies de crânes et d'ossements et boire de l'hydromel hallucinogène. On y honorait, en tant que symbole des lieux, une ceinture de chasteté médiévale placée sur scène.

    L'ancienne salle des gardes était un musée rempli d'objets de torture : tisonniers, pinces, instruments tranchants, chevalets, chaises à clous et à dents... Ces objets accompagnaient une guillotine datant de 1793 et un théâtre de poupées morbides, fabriqué par un prisonnier qui avait gratté la chaux des murs de son cachot. La salle muséale donnait accès aux profondeurs des catacombes.

     De nos jours, on y écoute du jazz moderne, teinté de soul et de pop, dans une ambiance intimiste. Les cruautés qui se sont déroulées entre les épais murs de pierre font partie de la mémoire « gothique » de Paris.

     

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     Au numéro 42, une enseigne médiévale domine l'entrée d'un cinéma d'Art et d'Essais, le Studio Galande. Consacrée à la légende de Saint-Julien, elle est considérée comme la plus ancienne de Paris. On trouve parfois de « vénérables » enseignes dans l'espace public mais elles sont conservées, pour la plupart, au musée Carnavalet, près de la Place des Vosges.

     

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     Pour la petite histoire et les cinéphiles avertis, le Studio Galande projette, depuis plus de 38 ans, le film culte The Rocky Horror Picture Show.

     

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     Revenons à l'enseigne de Saint-Julien. D'après certains historiens, elle appartenait à l'église Saint-Julien le Pauvre mais d'après des documents datés de 1380, il semble qu'elle ait été associée, dès le départ, à une maison de la rue Galande : « la maison où au-dessus est l'ensaingne de Saint-Jullian ». En 1441, il s'agissait de la « maison ouquel est à présent élevée en pierre de taille l'Ymaige de Saint-Jullian ».

     Patron des voyageurs, des pèlerins et des âmes de passage, Saint-Julien était très apprécié des aubergistes et des hôteliers qui plaçaient leurs établissements sous sa protection. Le vieux quartier qui se déploie autour de la rue Galande, du square Viviani et de l'église Saint-Julien le Pauvre regorgeait d'auberges et de restaurants qui l'honoraient comme saint tutélaire.

     

    La légende de Saint-Julien

     Un cerf doté de dons de prophétie prédit à Julien qu'il tuerait un jour ses parents. Effrayé, Julien se maria loin de son pays natal mais ses parents le retrouvèrent. En son absence, ils se présentèrent à leur belle-fille qui leur offrit le gîte et le couvert. Quand Julien rentra, il fut confronté, dans l'obscurité, à deux personnes « inconnues » dans son lit. Pris de panique, il les tua, accomplissant, de manière involontaire, la prophétie du cerf. Suite à ce parricide, il fit vœu de pauvreté et s'installa, avec sa femme, au bord d'un fleuve dangereux pour faire office de passeur.

     Le bas-relief décrit Julien et sa femme dans une barque, de part et d'autre du Christ auréolé. Le Christ s'est présenté à eux sous l'apparence d'un lépreux et ils l'ont accueilli chaleureusement. Julien, pardonné, pourra rejoindre, avec sa femme, le Paradis pour l'éternité.

     

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     Le thème de la barque de Saint-Julien « interprété » par Georges Jeanclos, artiste aux œuvres étranges et profondément mystiques dont je vous ai présenté les travaux dans l'article suivant :

     La fontaine Saint-Julien le Pauvre ou fontaine Jeanclos

     Comme je l'écrivais au début de cette page, les travaux d'Haussmann n'ont pas altéré l'allure générale des lieux. Un immeuble haussmannien est visible à l'entrée de la rue mais d'élégantes maisons médiévales sont restées debout.

     

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     L'immeuble haussmannien au croisement de la rue Dante et de la rue Galande.

     

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     Au numéro 31, on admire un grand pignon de bois daté de 1480.

     

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     A cet endroit, vécut le médecin et professeur de génétique Jérôme Lejeune (1926-1994) qui fut à l'origine, avec le professeur Raymond Turpin, de la découverte de l'anomalie chromosomique responsable de la Trisomie 21. Le professeur Lejeune identifia aussi la maladie du cri du chat, un trouble génétique dû à l'altération du cinquième chromosome.

     

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     En flânant dans la rue, on aperçoit de beaux mascarons, gardiens de la mémoire des lieux.

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    Et au numéro 65 bis, on ne résiste pas à l'envie de pousser les portes de la librairie CYBELE, spécialisée dans les publications liées à l'Égyptologie.

     

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     J'en profite pour faire mes amitiés au professeur Richard Lejeune dont le blog Égyptomusée est une mine d'informations sur les trésors de l'Égypte antique. Un grand merci, cher professeur, pour la générosité qui émane de vos écrits !

     

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    En vous remerciant, chers aminautes, de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous...

     

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  • Bonne fête maman, bonne fête à toutes les mamans...

    Une pagode nommée désir...

     

    La Pagode Loo

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    A l'angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt, dans le 8e arrondissement de Paris, se dresse une fascinante maison rouge.

     

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    A quelques encablures du Parc Monceau, elle apparaît, un brin mystérieuse parmi les immeubles haussmanniens. Est-elle décor de théâtre, temple ou rêve échoué dans la réalité? Quoi qu'il en soit, sa couleur, sa hauteur et son architecture inattendues attisent la curiosité des passants.

     

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    Singulière sous le ciel de Paris, avec ses volumes élégants et sa peau « sang de boeuf » caressée par la lumière, la Pagode reflète la passion de son premier propriétaire, l'antiquaire Ching-Tsai Loo (1880-1957), pour les arts de l'Asie.

     

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    Ce chinois ambitieux, originaire de la province méridionale du Zhejiang, s'établit à Paris au début du XXe siècle et devint le plus fameux spécialiste du commerce d'antiquités orientales que connut son époque.

     

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    (Photographie Chine-informations.com. )

     

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    Il acquit en 1922, rue de Courcelles, un hôtel particulier où se mêlaient styles Louis-Philippe et Napoléon III (visible à gauche sur la photographie ancienne). Il voulait y installer ses collections mais comme il trouvait le bâtiment trop petit, il fit construire, entre 1926 et 1928, une maison rouge en forme de pagode par l'architecte François Bloch. L'écrivain Marcel Proust (1871-1922) a vécu dans l'immeuble situé en face de cet élégant manoir.

     

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    Le nouvel édifice, d'une superficie de 800 m2, séduisit par son charme insolite les habitants des luxueuses propriétés de la Plaine Monceau. Il rayonna sur un quartier qui s'était considérablement transformé sous l’impulsion du Baron Haussmann.

     

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    Parmi les richissimes demeures de mécènes et de collectionneurs, à l'instar des Camondo, des Menier, des André ou des Rothschild, la maison Loo devint un haut lieu d'échanges artistiques et commerciaux.

     

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    Grâce à Ching-Tsai Loo, de prestigieux cabinets de curiosités privés se constituèrent et plusieurs musées d'art asiatiques, comme le musée Guimet à Paris, le British Museum à Londres et le Metropolitan Museum à New York, enrichirent considérablement leurs collections.

     

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    Ce roman décrit le parcours d'un jeune homme appelé Huan Wen, issu d'une famille de paysans « totalement dépourvue de culture savante » et devenu cuisinier au service de Zhang Jinjiang, troisième conseiller à l'ambassade de Chine à Paris. Après son arrivée dans la capitale en 1902, Huan s'imposa comme l'homme de confiance du puissant dignitaire. Il allait réceptionner à la Douane des marchandises précieuses (thé, soie, laques fines, antiquités) pour approvisionner le magasin que Zhang Jinjiang avait ouvert Place de la Madeleine.

    Rusé, tenace et brillant d'intelligence, il ouvrit en 1908 sa première galerie rue Taitbout, dans le 9e arrondissement de Paris et prit le nom de Ching Tsai Loo. En Orient comme en Occident, il s'imposa dans le monde des arts grâce à un réseau de clients fidèles et de riches associés.

    Chaque année, à la différence de ses concurrents, il se rendait en Chine par le Transsibérien et collectait des objets magnifiques grâce aux solides appuis dont il bénéficiait dans le gouvernement de Sun Yat-Sen, suite à la proclamation de la République chinoise en octobre 1911.

    Pendant l'hiver 1914, dans un train qui se dirigeait vers New York, il fit la connaissance de Charles Lang Freer, richissime fabricant de voitures et collectionneur d'antiquités chinoises. Après cette rencontre déterminante, il ouvrit un magasin d'objets d'art asiatiques sur la Cinquième Avenue à New York et côtoya les plus importants collectionneurs de son époque: les Rockefeller, les Morgan, les Vanderbilt...

     

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    (Image PagodaParis)

    Ce personnage complexe fut honoré en Occident mais désavoué dans son pays après la Révolution de 1949 et l'instauration de la République populaire de Mao Zedong. Ses associés furent assassinés. On l'accusa d'avoir pillé les trésors nationaux et il échappa de peu à un sort funeste.

    Il revint en France et développa des relations amicales avec les conservateurs des musées du monde entier. Grand philanthrope, il offrit de nombreuses oeuvres au British Museum de Londres, au Nelson-Atkins Museum of Arts de Kansas City, au Museum of Fine Arts de Boston et surtout au musée Guimet de Paris auquel il légua, en 1957, sa collection de jades antiques.

     

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    (Éloge de l'Art.com)

    Ce masque figurant une tête de jaguar date de la dynastie Zhou (1027-770 avant J.-C.).

     

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     Dans un subtil jeu de courbes et de contre-courbes, deux dragons Zhi affrontés forment les anses de cette petite tasse d'époque Ming (1368-1644), conservée au musée Guimet. Son traitement fluide est magnifié par la translucidité de la matière: un jade vert d'eau légèrement veiné de brun. Elle constituait une pièce de choix pour des cabinets de lettrés.

     D'autres pièces sont tout aussi remarquables...

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     Cette tête, offerte en 1920 au musée Cernuschi par Ching-Tsai Loo, représente un pratyeka buddha, identifiable par son chignon «en colimaçon». Un pratyeka buddha est un Éveillé qui occupe une place intermédiaire entre les buddhas et les bodhisattvas.

     « Le terme sanskrit bodhisattva désigne des êtres (sattva), humains ou divins, qui ont atteint l'état d'éveil (bodhi). Ils devraient donc porter logiquement le nom de buddha (« éveillé ») et être à jamais libérés des contingences existentielles. Mais le bouddhisme enseigne que certains buddhas suspendent, par compassion pour leurs semblables, leur entrée dans le nirvana et veillent sur les hommes à la façon des anges gardiens. » (Définition Encyclopédia Universalis).

     Buddha «L'Éveillé» désigne toute personne libérée des contraintes de son corps, étant ainsi parvenue à un état supérieur d'élévation spirituelle ; terme faisant souvent référence à un prince vivant en Inde au VIe siècle avant notre ère : Siddharta Gautama dit «le Bouddha».

     

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     Très appréciée pour la luxuriance de son décor intérieur, la Pagode de la rue de Courcelles abrita, pendant plusieurs décennies, la galerie C.T. Loo&Cie qui se rendit célèbre en fabriquant, sur commande, des meubles vernis de laque craquelée. La galerie s’est installée, en juin 2011, dans le 7ème arrondissement de Paris.

     

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    A l'époque de monsieur Loo, la Pagode constituait un écrin pour des objets d'un raffinement extrême: lits à opium, porcelaines impériales, panneaux laqués, boiseries indiennes importées du Rajâsthan au XVIIIe siècle, plafond à caissons, chaises de lettrés, jades, tête de Bouddha du Gandhâra...

     

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    Une porte de lune permettait de découvrir un cabinet de curiosités, des murs lambrissés et des paravents somptueux.

     

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    Cette maison d'antiquités a été tenue par le petit-fils de Monsieur Loo, Michel Cardosi, mais, trop endommagée par les griffes du temps, elle a dû subir une importante réfection.

     

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    Après deux ans de travaux, elle a rouvert ses portes au public le 12 Octobre 2012. Elle est désormais destinée à accueillir des expositions, des évènements culturels et des ventes d’art asiatique. Les visiteurs pourront également découvrir la bibliothèque privée de Ching Tsai Loo, un lieu exceptionnel qui abrite plus de 2000 livres, 3000 catalogues d’art, 3000 photographies et la correspondance de l'ancien maître des lieux.

     

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    Les canards mandarins, symboles d'amour et de fidélité. (Image PagodaParis)

     

    Année après année, la Pagode a attiré les collectionneurs et les artistes, venus y nourrir leur imagination.

     

    Janine Loo, la quatrième fille de monsieur Loo, prit en 1947, à la demande de son père la direction de la Pagode. Née dans un train, en 1920, entre Poitiers et Angoulême, la jeune femme avait hérité la passion de sa famille pour l'art et les voyages. Elle épousa le poète et journaliste Pierre Emmanuel (1916-1984), en 1952 et se lia d'amitié avec le psychiatre et psychanalyste Jacques Lacan (1901-1981).

     

    Après une labyrinthite (inflammation de l'oreille interne) suivie de crises de mélancolie, Janine Loo se mit à dessiner ce qui lui venait à l'esprit sur des morceaux de papier épars. Puis elle accola ses créations et élabora des historiettes à travers un « itinéraire inconscient ». Naquirent deux bandes dessinées intitulées Mon ami le séducteur et Les petits dépressifs.

     

    Elle demanda son avis à Jacques Lacan qui ajouta « pour s'amuser » des commentaires sous ses créations. Cette rencontre amicale et littéraire engendra l'ouvrage Entrelacs. Les deux amis ne manquaient pas de faire remarquer qu'ils avaient les mêmes initiales...

     

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    L'écrivain Patrick Modiano, né en 1945 et gratifié du Prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures, écrivit ses premiers romans avec « vue sur la Pagode ». Celle-ci apparaît sur la couverture de son roman Quartier Perdu dont je vous livre quelques mots en avant-bouche, sans trop dévoiler les subtilités de l'intrigue...

     

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    « Un dimanche de juillet, Ambrose Guise arrive à Paris. Il ne trouve personne. Sauf les statues. Une ville fantôme, lui semble-t-il, après un bombardement et l'exode de ses habitants. Auteur de romans policiers anglais, il vient rencontrer son éditeur japonais. Mais il va profiter de ce voyage pour élucider les mystères de son passé, du temps où il était français et s'appelait Jean Dekker, il y a vingt ans. Il fait alors surgir dans un Paris crépusculaire, halluciné, des lieux étranges : une chambre secrète rue de Courcelles, en face d'une pagode ; un grand rez-de-chaussée donnant sur un jardin, place de l'Alma. Il réveille les spectres de Georges Maillot, au volant de sa voiture blanche, de Carmen Blin, Ghita Wattier, des Hayward... Tout un quartier perdu de la mémoire est ainsi revisité, et délivre le secret de ses charmes, et de ses sortilèges. »

     

    L'architecture de la Pagode

     

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    Cette envoûtante demeure domine, de ses quatre étages, la place Gérard Oury, appelée autrefois place du Pérou. Ses toits et ses auvents aux extrémités courbes, ses tuiles vernissées et son décor raffiné font voyager le regard vers des cimes de poésie. Le toit terrasse du petit pavillon qui lui est adossé est accessible par un passage dérobé.

     

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    Afin de tamiser la lumière, de fines grilles dessinent un maillage géométrique sur chacune des fenêtres.

     

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    On aperçoit au premier étage, derrière les fines colonnes qui rythment la façade, un petit balcon où se retrouvaient autrefois les collectionneurs venus rendre visite à Ching Tsai Loo. Une fois par an, le célèbre marchand organisait dans son « palais des arts » de fastueuses fêtes mondaines, prisées du tout-Paris et de ses clients internationaux.

     

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    Au-dessus de l'élégant portail en bois précieux, s'étire une frise de créatures fantastiques et de part et d'autre du linteau, marqué du nom du propriétaire, combattent des animaux fabuleux.

     

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    Dominant l'entrée et son toit aux extrémités recourbées, des créatures aux lignes ondulantes s'appliquent à repousser les esprits néfastes qui voudraient s'introduire dans le bâtiment.

     

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    Cette fonction est aussi dévolue aux tuiles faîtières qui arborent un décor raffiné tout en assurant la cohésion des parties supérieures de l'édifice. Réputées protéger la demeure contre les incendies et contrer les êtres malveillants, elles représentent des monstres aquatiques pourvus d'une queue relevée en forme de point d'interrogation.

     

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    Ces créatures sont appelées « Chiwei » ou « queue de hibou ». D'après une très ancienne légende, un poisson mythique qui ressemblait à un gros hibou pouvait éteindre les incendies en « levant les flots ». Il fut placé, de manière stylisée, en bordure des toits et remplacé par un dragon sous la dynastie Qing (1644-1912).

     

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    Certains auteurs comparent les créatures dressées au sommet du porche d'entrée à des mingqis, objets funéraires très répandus dans les sépultures de la Chine antique, mais il s'agit plus vraisemblablement de kuilongzi, personnages qui avancent, en file indienne, sur le rebord des avant-toits des temples et des pagodes.

     

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    L'ornementation des bords du toit est une constante dans l'architecture chinoise. Les tuiles faîtières en grès, revêtues de glaçures plombifères, et les petits personnages juchés au sommet des habitations ont des vertus magiques et protectrices. Ils jouent aussi le rôle de messagers et d'intercesseurs entre le monde humain et celui des génies, des ancêtres et des dieux.

     

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    Emblème funéraire, symbole de vigilance et de régénération, le poisson apparaît sur les poteries néolithiques. Lors des fêtes printanières, des petits poissons en céramique étaient posés près des cours d'eau pour marquer les passages entre les mondes et signifier la présence des âmes des Ancêtres.

     

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    Dans la Chine ancienne, le poisson (yü) était un symbole de richesse, de bonheur et d'abondance, un protecteur et un gardien des plaisirs régnant sur « les jeux érotiques des nuages et de la pluie. »

     Il favorise la réussite et l'harmonie entre les époux. Il saisit le mal dans sa gueule, nous rappelant qu'il descend d'une monstrueuse créature primordiale née dans les abysses aquatiques.

     Monsieur Loo connut sans conteste le succès professionnel mais il fit de nombreuses entorses à son « contrat conjugal »...

     

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    Célébré le sixième jour de la première lune de l'année, le cheval incarne le mélange harmonieux du yin et du yang. Il est aussi l'Étoile, l'animal héraldique de la 25ème constellation zodiacale.

     Symbole de vitesse, de rapidité et de longévité, il est la monture des Immortels et celle du mythique Empereur Jaune. L'Ancêtre des Chevaux est un puissant génie protecteur.

     

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    Esprit du Vent, messager des Écritures Sacrées, le cheval tisse les mots dans sa course. Il a des ancêtres communs avec le ver à soie.

     Avant le Nouvel An, on offrait au Dieu du Foyer un cheval en céramique ou en papier pour que les voeux voyagent en toute aisance vers le ciel.

     Le cheval représente aussi la réussite professionnelle.

     

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    Les bêtes écailleuses éloignent les êtres malfaisants et la mauvaise fortune, à l'instar des oiseaux dont les chants mélodieux engendrent la félicité.

     

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    Ching Tsai Loo avait coutume de dire « L'art ne devrait avoir aucune frontière et devrait, au contraire, être une source de joie pour les peuples à travers le monde ». Il aimait particulièrement les mots du poète Victor Segalen, infatigable voyageur et grand amoureux des trésors de la Chine. En 1916, dans le recueil Peintures, Segalen décrit un cortège de chevaux qui s'étire dans la paysage en transportant des objets anciens.

     « C'est donc un défilé horizontal de choses précieuses, venant de par toute la terre, marchant vers le même but pour se composer en un même lieu, aux pieds de quelqu'un ».

     Ce « quelqu'un » était un homme à la vie romanesque dont le souvenir perdure à travers un édifice remarquable, un rêve de collectionneur que je vous invite à visiter...

     

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    Mythique Immortel, Gardien du porche et Chasseur de Démons...

     

    Bibliographie

     Alfred FIERRO: Histoire et mémoire du nom des rues de Paris. Parigramme, 1999. 

    L'ouvrage de Géraldine LENAIN dont je vous ai précédemment parlé.

     Maurice L TOURNIER: L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne. L'Harmattan, 1991.

     

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    Informations pratiques

     Adresse de la Pagode: 48, rue de Courcelles.

     Il faut emprunter la ligne 2 du métro et descendre à l'arrêt « Courcelles ».

    Vous pouvez aussi traverser le Parc Monceau et rejoindre la rue Rembrandt. La Pagode se situe au bout de la rue, au croisement avec la rue de Courcelles.

     Pour connaître les prochaines expositions qui se dérouleront à la Pagode, vous pouvez vous rendre sur le site www.pagodaparis.com.

     Les amateurs d'antiquités orientales apprécieront de découvrir le Comptoir Français de l’Orient et de la Chine ou C.F.O.C. Il se situe de l’autre côté de la rue de Courcelles, à l’angle du boulevard Haussmann.

     Et bien sûr, des visites au Musée Cernuschi et au Musée Guimet ne pourront que susciter l'émerveillement...

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    « Les objets d'art parcourent le monde tels des ambassadeurs silencieux. » Ching Tsai Loo, 1956.

     

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    Merci pour vos visites et vos commentaires, sans oublier les mails et les courriers d'amitié que je reçois avec grand plaisir... Je pense à vous!

    Plume

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