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    Petit Ange de Printemps...

     

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    Chérubin d'Automne...

     

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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

    L'année file déjà... Les Saisons papillonnent alors j'ai choisi pour ce premier mardi de Mars un poème que j'aime beaucoup : Les Saisons de Théodore de Banville (1823-1891).

     

    « Transformant les horizons

    Où les nuages s’amassent,

    D’un pas léger les Saisons

    Passent.

     

    L’Hiver frileux et subtil,

    Parmi son pâle cortège,

    Est blanc comme un lys, quand il

    Neige.

     

    Le Printemps, dans les palais

    Sous ses fleurs cache les marbres,

    Et pose des nids dans les

    Arbres.

     

    Sous les grands cieux triomphants,

    L’Été, plein d’apothéoses,

    Dore les fronts des enfants

    Roses;

     

    Et le rouge Automne, cher

    Au vendangeur, nous enseigne

    Par son raisin dont la chair

    Saigne. »

     

    Écrit le mardi 3 août 1886, pour le recueil intitulé « Dans la Fournaise ».

     

    Surnommé par ses amis « le poète du bonheur », Théodore de Banville excella dans l'art d'explorer les ressources profondément variées de la poésie française.

     

    Éclectique dans l'âme, il écrivit une partition Romantique et Parnassienne, brodée de fièvre Symboliste et il sut convier son public à de remarquables voyages en mots... J'illustre aujourd'hui son poème avec un monument parisien qui rend hommage aux Saisons.

     

     

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    Dans la partie nord des Jardins des Champs-Élysées, à proximité du Palais de l'Élysée, dans un petit square bordant le Théâtre Marigny, se dresse une fontaine pleine de charme qui fut réalisée de 1839 à 1840 par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) et le sculpteur Jean-Auguste Barre (1811-1896). Le célèbre architecte urbaniste Gabriel Davioud (1824-1881) lui apporta certaines modifications en 1863.

     

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    Cette fontaine est en résonance artistique avec trois autres fontaines situées dans les Jardins des Champs-Élysées, soit la Fontaine de Vénus dite des Ambassadeurs, la Fontaine de Diane et la Fontaine de la Grille du Coq. Les bases des fontaines sont identiques et les parties supérieures sont travaillées différemment. Je vous ai déjà présenté la Fontaine de Vénus et j'aurais l'occasion de vous montrer les autres fontaines dans de prochains billets.

     

    http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-de-venus-ou-fontaine-des-ambassadeurs-et-le-poeme-du-mardi-a187391046

     

     

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    La Fontaine du Cirque accueille les promeneurs dans le square Marigny, un lieu qui rend hommage au Marquis de Marigny (1727-1781), Directeur Général des Bâtiments du Roi, des Arts, Jardins et Manufactures Louis XV, de 1751 à 1773.

     

    Le square fut ouvert en 1859 mais son espace initial fut aménagé en 1616, à l'initiative de Marie de Médicis (1575-1642). La reine fit « créer une allée paysagère sur un terrain marécageux » et en 1670, cette allée paysagère devint, grâce au talent d'André Le Nôtre (1613-1700), l'avenue des Champs-Élysées.

     

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    La Fontaine du Cirque est ornée de quatre statues d'enfants qui représentent chacun les Saisons et soutiennent une vasque parée de têtes de lions, de sangliers, de chiens et de loups. Les Chérubins dominent une vasque en pierre appuyée sur un piédestal de bronze octogonal que décorent quatre dauphins fantastiques et une élégante série de feuilles. Quand la fontaine est en activité, l'eau coule de douze mascarons en forme de têtes de lions, agrémentés d'oves, de feuillages et d'entrelacs.

     

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    Quatre dauphins représentent les forces aquatiques, la luxuriance et la fécondité... Des ornements que nous devons à François-Étienne Calla (1762-1836) qui fut l'un des plus importants fondeurs d'art de notre pays. Grand industriel, inventeur et mécanicien émérite, il établit à Paris d'impressionnants ateliers dédiés à la construction de machines-outils et de machines à vapeur. Il réalisa des fontes ornementales pour de prestigieux monuments de la capitale : Le Panthéon, l'Église de la Madeleine, les Fontaines de la Promenade des Champs-Élysées, la Fontaine Louvois face à la Bibliothèque Nationale Richelieu...

     

    Les ornements signés Calla sont considérés comme des trésors architecturaux.

     

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    J'aime beaucoup cette fontaine et le lieu dans lequel elle se trouve... C'est un endroit charmant, retiré de l'agitation de la grande ville tout en étant à quelques encablures de l'Élysée et de la Place de la Concorde, on se sent pris dans une petite bulle à soi, dans une autre temporalité et cela fait du bien...

     

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    Plaisir de contempler ces petits personnages gracieux et potelés qui évoquent les Saisons.

     

    Le Printemps avec des oiseaux amoureux,

    L'Été avec sa faucille et des épis de blé,

    L'Automne avec des grappes de raisin,

    L'Hiver emmitouflé...

     

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    Pour toi LAURE, ce petit ange aux oiseaux ! Avec mon Amitié... Sourires complices...

     

    http://laurefeerie.canalblog.com

     

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    Le Printemps et l'Été...

     

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    L'Hiver, le Printemps, l'Été dont la faucille est bien visible...

     

     

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    Près de la fontaine, on peut admirer l'élégante silhouette du Théâtre Marigny dont le nom rend hommage au Marquis de Marigny (1727-1781) que j'évoquais tout à l'heure. Le Marquis de Marigny, de son vrai nom Abel-François Poisson de Vandières fut, de 1751 à 1773, Directeur Général des Bâtiments du Roi, des Arts, des Jardins et des Manufactures. Il était le frère de la célébrissime Marquise de Pompadour (1721-1764).

     

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    Dans ce lieu qui s'appelait à l'origine « Carré Marigny », un physicien-prestidigitateur donnait en 1835 des spectacles de « Physique amusante, Fantasmagorie et Curiosités... »

     

    L'endroit qui devient ensuite « Folies Marigny » connut des heures glorieuses sous la direction de Jacques Offenbach (1819-1880), à partir de 1855.

     

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    Les « Folies Marigny » devinrent à partir de 1859 le Théâtre Debureau, un théâtre qui fut démoli en 1881.

     

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    En 1883, Charles Garnier (1825-1898) construisit une rotonde dodécagonale précédée d'un avant-corps abritant un porche monumental. En ce temps-là, les Parisiens se pressaient au « Panorama Marigny » pour y contempler des scènes de l'histoire de la capitale.

     

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    En 1894, le « Panorama Marigny » redevint « Folies Marigny » mais se transforma cette fois en music-hall réaménagé, jusqu'en 1898, par l'architecte néerlandais Edouard-Jean Niermans (1859-1928). Cet architecte de la Belle-Époque fut, entre autres réalisations, le maître d’œuvre brillant de l'Hôtel Négresco à Nice...

     

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    Entre 1946 et 1956, le Théâtre Marigny accueillit la célèbre Compagnie de Théâtre Renaud Barrault. Elvire Popesco (1894-1993) dirigea l'endroit à partir de 1965 puis ce fut le tour de Robert Hossein (1927-2020). Pensées pour ce grand monsieur disparu... et pour tous les autres artistes qui ont développé leurs talents en cet espace...

     

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    Gros bisous, chers Aminautes et plein de belles pensées pour vous, avec du rose poudré qui annonce le Printemps...

    Plume

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    En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et LilouSoleil.

     

    https://lilousoleil.wordpress.com

     

    http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

     

    Pour les samedis 20 et 27 février, le thème est « LA NEIGE ». Féerie de la Blancheur...

     

    Les participations sont sur le blog de LilouSoleil :

     

    https://lilousoleil.wordpress.com

     

     

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    Pour explorer la suite de ce thème, j'ai choisi une œuvre qui présente, dans un paysage de neige, à la fois sobre et mystérieux, trois charmantes mésanges bleues... Issues de l'imagination d'André Buzin, un artiste belge né à Dinant le 31 décembre 1941, spécialisé dans les sujets à thématique florale et animalière.

     

    André Buzin a créé de nombreux timbres sur le thème des Oiseaux pour la Poste Belge ainsi que des timbres ornés de fleurs et il a conçu plus de 400 dessins pour illustrer, aux Éditions Hachette, de beaux ouvrages appartenant à la série « La Vie Secrète des Bêtes ».

     

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    Il a reçu différents Grands Prix décernés aux meilleurs spécialistes en Art Philatélique.

     

     

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    Ce billet m'offre l'opportunité d'évoquer la symbolique de la Mésange qui occupe une place de première importance dans la magie des oiseaux... Je l'illustre avec quelques photos prises depuis la fenêtre de ma cuisine. Une petite mésange s'était posée sur l'antenne satellite. Pas évident de la « saisir » à travers le rideau et sans lui faire peur...

     

     

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    Incontournable dans l'art romain des augures, la Mésange appartenait à une double catégorie : les « alites », dont on observait la manière de voler et les « aves oscines » dont on étudiait les cris à travers les modulations et l'intensité.

     

    Dans la Rome antique, la mésange (parra) formait une sorte de « couple divin et magique » avec le pic (picus). La mésange était perçue comme une messagère de deux déesses : la déesse Vesta, entité tutélaire du foyer et la déesse Carmentis, gardienne du « chant prophétique ». Carmentis était une protectrice des enfants, une très puissante Fée Marraine qui veillait à la bonne destinée des tous petits lors de la cérémonie dite de la Lustration (que l'on peut rapprocher du Baptême).

     

    Le pic, parèdre de la mésange, apparaissait comme un envoyé de Mars, le dieu de la guerre, suzerain des forces vives de la Cité et comme un emblème du dieu Picumnus, maître des forces de l'habitat.

     

    La mésange et le pic composaient une paire d'oiseaux particulièrement bénéfiques et nourriciers, invoqués pour « favoriser les affaires conjugales » et insuffler un bel avenir aux mariages.

     

     

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    Dans de nombreuses traditions, la mésange est perçue comme un symbole de bonheur, de sincérité et de fécondité. Dans le folklore anglais, elle est désignée comme « Titmouse », une petite fée bienveillante volant au-dessus des maisons.

     

    Elle était très importante pour les Indiens Cherokee qui la qualifiaient « d'oiseau de vérité » et voyaient à travers son totem la possibilité « d'ouvrir les perceptions ». Les Cherokee vénéraient plusieurs espèces de mésanges et notamment la Chickadee d'Amérique, une mésange à tête noire considérée comme intrépide, courageuse et généreuse. La mésange Chickadee affronta, dans les récits fondateurs, une terrible sorcière nommée U'tlun'ta, que l'on appelait aussi Spearfinger (Doigt Pointu). La Chickadee parvint à repousser la Sorcière, ce qui préserva, plusieurs fois au fil du temps, l'équilibre des tribus...

     

    Rêver de mésange pour les Cherokee signifiait que l'on pouvait accéder au sens des choses, trouver les vérités cachées et progresser en soi afin de guérir les blessures anciennes. Des mésanges sculptées étaient offertes aux êtres aimés en guise de talismans.

     

    En Occident, la mésange apparaît comme une messagère envoyée par notre Ange Gardien. Elle apporte chance et fécondité, préserve les sentiments d'amour et nous met en garde contre les personnes envieuses et jalouses dont nous pourrions croiser le chemin.

     

     

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    Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des saynètes hivernales imaginées par un artiste belge amoureux de son terroir natal, Alexis de Leeuw (1822-1900).

     

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    http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/02/le-tableau-du-samedi-alexis-de-leeuw-paysage-hivernal-avec-des-chevaux.html

     

    Gros bisous, chers Aminautes, dans l'air qui se charge, doucement mais sûrement d'énergies de printemps... Prenez bien soin de vous...

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    Je continue, avec plaisir et émotion, en souvenir de Lady Marianne, la tradition du Poème du Mardi...

     

    Et cette semaine, je n'ai pas résisté à l'envie de mettre en résonance un poème signé Germain Nouveau (1851-1920) et le sublime Baiser de Rodin que j'ai photographié en toutes saisons...

     

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    Le Baiser

     

    Comme une ville qui s'allume

    Et que le vent achève d'embraser,

    Tout mon cœur brûle et se consume,

    J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.

     

    Baiser de la bouche et des lèvres

    Où notre amour vient se poser,

    Plein de délices et de fièvres,

    Ah ! j'ai soif, j'ai soif d'un baiser !

     

    Baiser multiplié que l'homme

    Ne pourra jamais épuiser,

    Ô toi, que tout mon être nomme,

    J'ai soif, oui, j'ai soif d'un baiser.

     

    Fruit doux où la lèvre s'amuse,

    Beau fruit qui rit de s'écraser,

    Qu'il se donne ou qu'il se refuse,

    Je veux vivre pour ce baiser.

     

    Baiser d'amour qui règne et sonne

    Au cœur battant à se briser,

    Qu'il se refuse ou qu'il se donne,

    Je veux mourir de ce baiser.

     

    Germain Nouveau (1851-1920) fut un poète sensible et mystique, un être secret dont la biographie recèle de nombreuses zones d'ombre mais les spécialistes en littérature rapportent qu'il fut l'ami et sûrement l'amant d'Arthur Rimbaud. Sont le soutien et son influence s'imprégnèrent dans les « Illuminations », recueil poétique ô combien célèbre du même Rimbaud.

     

     

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    D'un Baiser de Poésie à un Baiser Sculpté qui fait battre le sang dans les veines...

     

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    Gourmandise artistique pour les promeneurs, l'un des exemplaires du Baiser d'Auguste Rodin (1840-1917) trône face à l'entrée de l'Orangerie des Tuileries.

     

    Au premier regard, on se laisse conquérir par l'érotisme triomphant de l’œuvre, connue dans le monde entier. On tombe sous le charme de ces jeux de courbes enlacées, on savoure ce qui émane de ce puissant toucher...

     

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    Indissociable de la vision artistique de Rodin, le thème du couple connut une apothéose avec Le Baiser, réalisé en marbre à la demande de l'État Français pour l'Exposition Universelle de 1889 mais la première évocation de l’œuvre fut une sculpture en terre cuite, de petite taille, intitulée « Francesca de Rimini ». Elle datait de 1887.

     

    Une version plus grande s'appela « La Foi » avant de devenir « Le Baiser ».

     

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    La version en bronze, fondue par Alexis Rudier, un artiste familier de Rodin, se love depuis 1998 sur la Terrasse de l'Orangerie, aux Tuileries. Elle fut retrouvée en Allemagne après la Seconde Guerre Mondiale et placée dans les Jardins de l'Hôtel de Matignon avant de rejoindre les Tuileries, aux abords de la Place de la Concorde.

     

     

    Le Baiser fait allusion aux tragiques amours de Paolo Malatesta et de Francesca da Polenta. Issus du cercle II du chant V de la première partie de la trilogie de La Divine Comédie de Dante (1265-1321), ils furent assassinés par Gianciotto (ou Giancotto) Malatesta, mari de Francesca et frère de Paolo. Le groupe devait être placé parmi les œuvres décorant la Porte de l'Enfer mais Rodin y renonça.

     

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    Rodin dans son atelier, fin 1888 ou début 1889.

     

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    De nombreuses versions du Baiser furent commandées et le thème des amants maudits, condamnés à errer dans les enfers pour crime de luxure, devint l'un des thèmes favoris des artistes romantiques.

     

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    Paolo et Francesca, 1819, par Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867).

     

    Le peintre décrit l'instant où le mari jaloux surprend les jeunes gens, troublés par la lecture de l'histoire de la reine Guenièvre et de Lancelot du Lac. Grâce au thème choisi, à la beauté des costumes et aux couleurs pleines d'éclat (le rouge intense de la robe est magnifique) la réception de l’œuvre par le public fut des plus positives. Les sujets romanesques et les personnages associés au Moyen-Âge étaient en effet très appréciés.

     

    « Nous lisions un jour par agrément

    de Lancelot, comment amour le prit

    nous étions seuls et sans aucun soupçon.

    Plusieurs fois la lecture nous fit lever les yeux

    et décolora nos visages.

    Mais un seul point fut ce qui nous vaincu.

    Lorsque nous vîmes le rire désiré

    être baisé par tel amant

    celui ci qui jamais plus ne sera loin de moi

    me baisa la bouche tout tremblant

    Galehaut fut le livre et celui qui le fit.

    Ce jour là, nous ne lûmes pas plus avant. »

     

    Je suggère aux personnes intéressées un article intitulé « Galehaut et l'Éros mélancolique », de Jacques Roubaud, paru dans le Bulletin de l'Association Guillaume Budé, en 1982. L'article évoque les tragiques amours de Paolo et de Francesca et aussi le mystère Galehaut... Celui qui « fut le livre et qui le fit »... Galehaut, le Seigneur des Îles Lointaines, Chevalier de la Table Ronde, fils de Brunor, et d'une reine mythique irlandaise, appelée la Belle Géante... Ami de Lancelot, il intercédait régulièrement pour les rencontres amoureuses entre Lancelot et Guenièvre...

     

     

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    Dante et Virgile avec les fantômes de Paolo et Francesca, 1835, par Ary Scheffer (1795-1858)

     

    Jugés coupables par les hypocrites et les bien pensants d'avoir laissé la passion charnelle l'emporter sur la prétendue décence et la raison, Paolo et Francesca furent réhabilités par les artistes qui les représentèrent. Dans l’œuvre de Scheffer, maître ardent du Romantisme, l'attirance sexuelle des jeunes gens est magnifiée par la délicatesse des lignes et le travail sur la lumière opalescente et nacrée. La présence en retrait de Virgile et de Dante signifie que la passion n'est pas un pêché et qu'à travers l'union des corps, les âmes sœurs triompheront des épreuves et de l'obscurité.

     

    Les amours interdites de Paolo et de Francesca ont profondément inspiré les artistes à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, ce thème fut l'un des plus appréciés en histoire de l'art. Il fut aussi important que l'expression des amours de Roméo et Juliette de Shakespeare (1564-1616) et que la mystérieuse passion qui liait Faust et Marguerite dans l’œuvre de Goethe (1749-1832).

     

    Paolo et Francesca devinrent des figures amoureuses, tragiques, voluptueuses, charnelles, romantiques, incontournables... Leur amour rayonnant au-delà de la mort...

     

    « Tous ceux qui ont aimé, tous ceux qui aiment, tous ceux qui aimeront s’arrêteront émus et charmés devant le groupe de Francesca et de Paolo, que l’Enfer du Dante semble n’avoir accueilli dans son cercle douloureux, que pour assurer l’éternité mystérieuse de leur étreinte passionnée. » Ph. Burty, Gazette des Beaux-Arts.10 / 5 / 1859, p. 57.

     

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    Paolo et Francesca, par Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859).

     

    Le thème de « l'idylle fatale » est ici aussi sublimé à travers un clair-obscur des plus élégants. Nous sommes juste avant le drame et nombre d'artistes ont su s'inspirer de ces amours au parfum de soufre pour en extraire la substantifique beauté !

     

    Gianciotto Malatesta, le mari de Francesca s'apprête à traverser d'un coup de lame les corps en étreinte de sa jeune épouse et de Paolo. Ainsi, les amants connaîtront, dans la froideur de la mort, la chaleur de leurs deux sangs mélangés...

     

     

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    Paolo et Francesca, vers 1824-1825, par Eugène Delacroix (1798-1867).

     

    « Mais puisque ton esprit désire tant connaître

    La source dont jadis notre amour vint à naître

    Je m’en vais faire, hélas en ces cruels instants,

    Comme celui qui parle et pleure en même temps.

    Un jour que nous lisions l’amoureuse aventure

    De Lancelot souvent pendant cette lecture

    Qui nous charmait tous deux de la même façon,

    (Nous étions seuls alors et sans aucun soupçon),

    Souvent sans y penser nos yeux se rencontrèrent,

    Et notre front pâlit et nos voix se troublèrent ;

    Mais un passage enfin dans ce livre si doux

    Décida notre sort et triompha de nous :

    Quand nous vîmes l’amant de Genièvre en délire,

    Imprimer un baiser sur son divin sourire,

    Lui, que rien ne pourra me ravir à présent,

    Baisa ma bouche aussi, brûlant et frémissant » :

     

    Dante Alighieri. La Divine Comédie (L’Enfer – Chant V)

     

    Inconditionnel des écrits de Dante, Auguste Rodin était fasciné par l'histoire de Paolo et de Francesca. Grâce aux possibilités de la Sculpture, il a exprimé la Passion, celle qui explose dans un Baiser, celle qui le guida dans son Art et qu'il vécut, de manière ambivalente et turbulente avec la talentueuse Camille Claudel.

     

     

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    Après une exposition à succès au Salon de Paris en 1898, le fondeur Ferdinand Barbedienne (1810-1892) proposa à Rodin d'exécuter des réductions en bronze du Baiser. Elles furent particulièrement recherchées par les collectionneurs.

     

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    Photographiés quand on pouvait se promener sans masque et se bécoter sans soucis dans les jardins de Paris...

     

    Le Baiser est l'apothéose du sentiment amoureux. Les amants fusionnent dans ce corps à corps d'une beauté inouïe. Leurs lèvres se donnent, s'épousent et leurs formes se dévoilent avec un bonheur émerveillé. Sous la voûte de feuilles, leur danse d'amour est un pur ravissement.

     

    Le Baiser eut et possède encore un succès fou. Associé à l’image de la France aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, on le rencontre sur une infinité d'objets...

     

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    Les affiches des expositions changent... Le Baiser demeure !

     

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    Gros bisous chers Aminautes ! Merci de votre fidélité, elle m'est très précieuse, sachez-le...

     

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    Plume

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     Frosty Morning

     

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    En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et LilouSoleil.

     

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    Pour les samedis 20 et 27 février, le thème est « LA NEIGE ». Féerie de la Blancheur...

     

    Les participations sont sur le blog de LilouSoleil :

     

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    Frosty Morning, détail 1

     

    S'il est un artiste « hivernal » dont j'aime ardemment le style, il s'agit bien de Gustav Fjaestad (1868-1948), peintre suédois qui fit naître des merveilles cristallines, nacrées, diamantées sous son pinceau.

     

    Il célébrait la symphonie du froid et la Nature en sa beauté miroitante, opaline, iridescente. Adorant la féerie des berges blanches où la neige façonnait un monde de mystère infini et la puissance évocatrice des lacs gelés, miroirs et fenêtres ouverts sur d'autres réalités, lieux idéaux pour appréhender la force des rêves et se plonger dans la vigueur des Contes du Nord.

     

    Il peignait les instants où la neige posée transfigurait les paysages en quelque chose de soyeux, de vif et d'initiatique. Il peignait l'eau devenue soie pailletée de mille nuances ravies aux cristaux de glace et de lumière, nous invitant à considérer le Temps qui se fige en étendues infiniment pures et magiques...

     

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    Frosty Morning, détail 2

     

    « La neige. C'est de la lumière dont la terre est couverte. Des franges d'écume sur les rochers. Un vol de papillons blancs. » Roger Mondoloni.

     

    Gustav Fjaestad vécut dans le Värmland, en Suède Occidentale. Né à Stockholm, le 22 décembre 1868, il fit de brillantes études à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Stockholm à partir de 1891 en compagnie du célèbre artiste animalier Bruno Liljefors (1860-1939).

     

    Doté de connaissances en de nombreux domaines, il fut céramiste, luthier, graphiste, dessinateur de meubles et de tapisseries dans le style Art Nouveau et fut aussi connu comme un sportif émérite, pratiquant au plus haut niveau le patinage de vitesse et le cyclisme !

     

    Avec le maître suédois Carl Larsson (1853-1919), il réalisa des fresques pour le Musée National de Suède en 1896 et connut un beau succès dès sa première exposition, en 1897. Durant l'été 1898, il épousa la portraitiste Marja Kerstin Hallen, surnommée Maja et devint, dans les territoires du Nord, « le premier paysagiste des premières décennies du XXe siècle ».

     

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    Solitude

     

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    Solitude, détail 2

     

    Gustav et Maja s'établirent près du Lac Racken qui devint l'un des sujets de prédilection des œuvres de Gustav dont la renommée ne fit que s'amplifier. Le public européen salua son talent d'orfèvre des matières brillantes et des glacis poétiques, notamment à travers une exposition aux États-Unis, en 1913, une exposition à Berlin, en 1914 et une autre exposition à Londres, en 1927.

     

    Amoureux de son art et des possibilités offertes par les éléments, Gustav fonda le Groupe Rackstad (fasciné par l'art du paysage et le folklore, les légendes et les contes...) à Arvika, dans la province du Värmland.

     

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    Solitude, détail 3

     

    Tout au long de sa vie, il peignit la neige aux effets envoûtants, la majesté des lacs, la clarté précieuse du froid, les clairs de lune figés dans les nacres glaciaires, les sapins au sang émeraude et les bouleaux argentés craquant sous la brise...

     

     

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    Winter Moonlight

     

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    Gustav fut fortement attiré par le Pointillisme, peinture envoûtante née, dans la veine de l'Impressionnisme, d'une alchimie de touches de couleur juxtaposées. Ces touches donnent une vibration très particulière aux œuvres qu'elles composent.

     

    L'art suédois demeure hélas très méconnu du grand public. Les personnes intéressées pourront chercher des renseignements dans les catalogues réalisés par le Petit Palais, notamment en 1987 pour une magnifique exposition intitulée « Lumières du Nord » et plusieurs décennies après pour présenter des artistes comme Carl Larsson (1853-1919)et Anders Zorn (1860-1920).

     

    Sur La Chimère écarlate, je me suis laissée séduire par des paysages enneigés émanant de la vision subtile de l'artiste américain impressionniste Walter Launt Palmer (1854-1932).

     

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    http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/02/le-tableau-du-samedi-walter-launt-palmer-impressions-d-hiver.html

     

    « Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte. » Virginia Woolf (1882-1941).

     

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    Voyez-vous la ou les créatures dessinée(s) par Dame Nature, sourires ?

     

    Gros bisous et douces pensées, chers Aminautes...

    Plume

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    En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié, j'ai choisi, pour le mardi 16 février, un extrait d'une œuvre de Walt Whitman (1819-1892) qui fut l'un des maîtres de la poésie américaine du XIXe siècle et l'auteur d'un sublime recueil appelé Leaves of Grass (Feuilles d'Herbes). Les mots de l'artiste nous donnent envie de prendre le large et de pouvoir avancer librement, avec pleine conscience de soi, au gré de la vie et des saisons...

     

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    Extraits de La Grand-Route, récit poétique en 16 chapitres, appelé parfois La Piste et issu de « Leaves of Grass ». La traduction, complexe, varie suivant les publications mais le sens est préservé dans les différentes versions.

     

    La Grand-Route

     

    A pied, le cœur léger, je pars sur la grand-route,

    Bien portant, libre, le monde devant moi,

    Le long chemin brun devant moi conduit partout où je voudrai.

     

    Désormais je n'appelle plus la chance, c’est moi qui suis la bonne fortune,

    J'ai fini de me plaindre, de pleurnicher, de tergiverser,

    J'ai fini d'avoir besoin de ceci ou de cela,

    J’en ai terminé avec les récriminations, les bibliothèques, les critiques et les plaintes

    Vigoureux et heureux, sans faiblesse, j’arpente la grand-route.

     

    J'ai le sentiment que toi, la terre que j'entame, tu n'es pas la fin de tout.

    Je ne demande pas que les constellations soient plus proches,

    Je sais qu’elles sont très bien où elles sont,

    Et qu’elles suffisent à ceux qui les habitent.

    J'ai le sentiment qu'il y a de l'invisible, en plus, où nous sommes

    Quelle magistrale leçon d'hospitalité, en toi, sans exclusion ni privilège (...)

     

    J'aspire de grandes gorgées d'espace

    L’est et l’ouest sont à moi, et le nord et le sud font partie de moi

    Je suis plus grand, vaste, meilleur que je ne le pensais,

    J'ignorais que je m'étais empli de tant de qualités.

    Je n'avais pas conscience de ce trésor en moi.

    Tout me paraît beau,

    Aux hommes et aux femmes je continue de répéter

    Je vous rendrai tout le bien que vous m'avez fait,

     

    (…) Je suis affranchi des limites et des lignes de démarcation imaginaires,

    J’irai où il me plaira, je serai mon propre maître, absolu et total, (...)

    Je m’arrêterai, observerai, accepterai, contemplerai,

    Avec douceur, mais avec une irrésistible volonté, je me libérerai des étreintes qui voudraient me retenir.

     

    La route est là, devant

    Elle est sûre, avec grand soin mes propres pieds l’ont essayée

    Alors que rien ne te retienne ! (...)

     

    (…) Camarado, je te donne la main !

    Et mon amour qui est plus précieux que l’argent,

    Je te donne moi-même et je vaux plus que le prêche ou la loi,

     

    Veux-tu me donner de toi ? Veux tu venir en voyage avec moi ?

    Serons-nous liés l’un à l’autre aussi longtemps que nous vivrons ?

     

    Walt Whitman, Feuilles d’herbe, 1855.

     

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    J'illustre les mots de Walt Whitman avec des photos prises en marchant, dans l'atmosphère de février, autour de chez moi, dans mon Val d'Oise aimé...

     

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    Soir givré sur la Grand-Route, avant le gros épisode polaire mais il faisait déjà bien froid...

     

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    Il fallait vite rentrer avant le couvre-feu... et il faisait vraiment très froid...

     

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    L'appareil photo gelait entre les doigts...

     

     

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    Walt Whitman apparaît sur la façade de la très célèbre librairie Shakespeare and Company, située rue de la Bûcherie, dans le 5e arrondissement de Paris, à quelques encablures de Notre-Dame. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez retrouver l'histoire à la fois réelle et romanesque des lieux.

     

    http://maplumefeedansparis.eklablog.com/shakespeare-and-company-a128059204

     

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    Avec des pensées d'espoir sur la Grand-Route de la Vie, mes Ami(e)s ! Je souffle vers vous de gros bisous et des douceurs fleuries de perce-neige...

     

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    Plume

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