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    Sur la place centrale de la porte d'Auteuil, à proximité du célèbre hippodrome et parmi les complexités de la circulation locale, se dresse une fontaine au nom délicieusement poétique : « L'Amour, l'Éveil à la Vie ».

     

    Création du sculpteur et médailleur Raoul Lamourdedieu (1877-1953), elle se compose d'un bassin octogonal au-dessus duquel quatre jeunes femmes soutiennent une vasque d'où l'eau jaillit.

     

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    Ces beautés sont des ondines, esprits des eaux vives qui « désaltèrent » en pensée les passants et les invitent à jouir du bonheur de l'instant.

     

    La fontaine est en pierre jaune d'Euville, un site emblématique de Lorraine où l'on extrait un matériau calcaire dense et noble, résistant au gel, que l'on appelle aussi « entroquite ». Cette pierre d'Euville était très appréciée, dans la deuxième partie du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième siècle, dans la construction et la statuaire.

     

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    Il s'agit d'un calcaire à « entroques » du Jurassique supérieur, étage Oxfordien (soit âgé d'environ 160 millions d'années), résultant d'une accumulation de débris de crinoïdes, des animaux proches des oursins qui peuplaient les fonds marins (petit clin d’œil ému à l'un des sujets de dissertation qui me fit obtenir ma Maîtrise d'Histoire de l'Art. Il concernait le calcaire à entroques et donc la pierre d'Euville... Souvenirs, souvenirs... )

     

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    Exploitée à ciel ouvert depuis le Moyen-âge, la pierre d'Euville a été utilisée pour édifier de nombreux immeubles du Paris Haussmannienn mais aussi la Place Stanislas à Nancy, le Château de Commercy en Lorraine, le Canal de la Marne au Rhin, la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg. On l'a employée dans les soubassements du Pont-Neuf et de l'Hôtel de Ville de Paris ainsi qu'à l'Opéra Garnier, au Grand et au Petit Palais, dans les fondations et l'ossature du Pont Alexandre III, pour construire la Gare de l'Est... La société Rocamat en extrait encore de nos jours.

     

    Certains ont prétendu que le socle de la Statue de la Liberté avait été réalisé en pierre d'Euville mais la célébrissime statue s'appuie sur un bloc de béton couvert de plaques de granit issu d'une carrière du Connecticut.

     

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    D'impressionnantes galeries ont été ouvertes en 1907 pour extraire la fameuse pierre et le déplacement, jusqu'à la capitale, entre 1853 et 1890, d'importantes quantités de cette matière première très recherchée fut un signe d'expansion économique majeur.

     

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    Le sculpteur Raoul Eugène Lamourdedieu a choisi la pierre d'Euville dans sa version jaune cuivré (il existe différentes nuances : blanc lumineux, blanc rosé, grisé, beige etc...) pour donner vie aux ondines de la porte d'Auteuil.

     

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    Ronde sensuelle élémentale, charmes ondoyants de l'eau vive, puissance évocatrice des corps et du message véhiculé... Laisser jaillir de soi un torrent d'amour et de créativité !

     

    Raoul Eugène Lamourdedieu est né à Fauguerolles, dans le Lot-et-Garonne, le 2 février 1877 et il est mort à Pierrefonds, dans l'Oise, le 8 mai 1953.

     

    Il a fait ses classes au Lycée de Bayonne puis, à partir de 1894, à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. En 1897, après avoir obtenu le prix de la Ville, il a poursuivi ses études, à Paris, dans les ateliers des maîtres Alexandre Falguière (1831-1900) et Alexandre Charpentier (1856-1909).

     

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    Femme drapée, année incertaine...

     

    En 1900, sous la direction de l'artiste éclectique Louis-Ernest Barrias (1841-1905), il a participé à la décoration sculptée du Grand-Palais. Quelques années plus tard, il a installé son atelier dans le 15e arrondissement de Paris.

     

    Amoureux des possibilités infinies de la « matière », il a sculpté la pierre avec passion, sensualité, attirance pour le mouvement et il a également travaillé le bois, avec une prédilection pour l'acajou, le poirier, le cerisier, le chêne et le noyer. Il était fasciné par les mouvements de la lumière à la surface des pierres et des bois qu'il choisissait. Plusieurs de ses œuvres ont été reproduites en bronze.

     

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    Horloge Art Déco

     

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    Médaille de la France Victorieuse, 1919.

     

    En 1930, il est devenu professeur à l'École des Beaux-Arts où il a rencontré Jacques Gestalder (1918-2006) dit « sculpteur du corps dansant » auquel j'ai prévu de consacrer un article.

     

    D’abord influencée par celle d'Auguste Rodin, son œuvre s'est rapprochée, au fil du temps, de celles d'Antoine Bourdelle et d'Aristide Maillol, « dans la lignée de la tradition figurative ». Ainsi, il a réalisé différents groupes sculptés d'après des thèmes littéraires et/ou mythologiques, des nus, des bustes, des vases historiés, des objets de décoration, de nombreuses médailles commémoratives, des fontaines et des monuments aux morts.

     

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    Médaille célébrant l'élection du Président Raymond Poincaré, le 17 Janvier 1913.

     

    Parmi ses créations les plus célèbres, on trouve La Force ou l’affrontement d'un homme et d'un taureau, dont une version monumentale se situe sur la place Stanislas Baron à Mont-de-Marsan, dans les Landes et un autre exemplaire à Fresnes, dans le Val-de-Marne.

     

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    La Force, à Fresnes (Image www.culture.gouv.fr)

     

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    Cette médaille de la Force s'est vendue en de nombreux exemplaires.

     

    Il a participé à la décoration du palais de Tokyo (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris) et en 1925, il a réalisé, avec un collectif d'artistes, un monument néoceltique appelé La Pergola de la Douce France, pour l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs. L'ensemble, visible dans la ville d'Étampes où j'ai bien l'intention de retourner (j'y suis allée il y a quelques années mais je n'ai pas pu voir l’œuvre en question), s'inspire des alignements mégalithiques de l'ancienne Europe et nous fait voyager à travers la magie des légendes arthuriennes mais ceci est une autre histoire...

     

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    Merci aux personnes qui m'ont contactée pour s'inscrire à ma newsletter. Le lien qui n'était pas évident à trouver est désormais plus visible. Merci de votre fidélité et de l'intérêt que vous portez à mes articles, je vous souhaite une agréable semaine, gros bisous...

     

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    Raoul Lamourdedieu, médaille de la Joie de Vivre, 1906.

    Plume

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    Chers aminautes, il y a quelques jours, en visitant le square Gabriel Pierné, nous avons contemplé un catalpa remarquable alors intéressons-nous davantage à ce bel arbre qui s'épanouit dans les parcs et les jardins de la capitale.

     

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    Originaire du sud et du sud-est des États-Unis et plus particulièrement de la Géorgie et du Bassin du Mississippi, le catalpa apprécie les endroits chauds, fertiles, aux sols alluviaux, mais il supporte aussi très bien le climat d'Île de France et résiste à la pollution urbaine.

     

    Son étymologie se compose du mot d'origine cherokee « Catalpa » qui signifie « haricot » en raison de la forme pittoresque des fruits et du nom Bignonioides qui se réfère à une plante grimpante, la Bignone de Virginie (Campsis radicans), dont les fleurs dessinent des trompettes réunies en grappes abondantes.

     

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    Le catalpa est reconnaissable à ses grandes feuilles en forme de cœur, lisses sur le dessus et légèrement duveteuses en dessous. Ses fruits, mûrs en septembre, ressemblent à de longs haricots. Ils restent sur l'arbre pendant l'hiver, s'ouvrent en deux au printemps et libèrent des graines oblongues, pourvues d'excroissances velues, de couleur blanche, à leurs extrémités.

     

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    Collection de haricots et de gousses...

     

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    Le catalpa est aimé des jardiniers pour sa croissance rapide, sa résistance à la sécheresse et à la pollution, comme je l'écrivais plus haut, mais surtout pour son bel ombrage, son port élégant et sa floraison blanche, particulièrement luxuriante aux mois de juin et juillet.

     

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    Autrefois, le catalpa était prisé pour ses vertus médicinales. Son écorce, réputée dotée de vertus sédatives, antispasmodiques et narcotiques, servait à soigner la toux quinteuse, à apaiser les crises d'asthme et à combattre la coqueluche. Employée de la même manière que celle du quinquina, elle était administrée sous forme d'infusion, aux adultes et aux enfants.

     

    Les différentes parties de l'arbre étaient utilisées, à l'exception des racines, investies d'une forte toxicité. Des bains oculaires pour traiter les inflammations de la conjonctive étaient réalisés à partir d'un jus extrait des fruits.

     

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    Dans une partie retirée du Jardin des Plantes, on découvre un vénérable catalpa dont le tronc est soutenu par des barres de métal. En hiver, on apprécie d'autant mieux l'aspect majestueux et tourmenté de sa silhouette...

     

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    Au Jardin du Luxembourg, un catalpa très apprécié des visiteurs épris de littérature se dresse au bord d'une allée calme, sinueuse et agréablement ombragée. Respectant leurs rêveries de lecteurs, je ne les prends pas en photo mais je les vois s'installer, fréquemment, près de cet arbre qui est habité...

     

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    Merci de vos gentils petits mots et de vos attentions multiples. Je vous souhaite de beaux instants d'automne et vous adresse mes pensées d'amitié, gros bisous !

    Plume

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    Rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris, un petit square élégant, créé en 1938, rend hommage au compositeur, organiste, pianiste et chef d'orchestre Gabriel Pierné (1863-1937). Le lieu, dominé par la coupole de l'Institut de France, s'organise autour d'une fontaine « singulière ».

     

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    Conçue d'après des dessins d'Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850), le fils du célèbre peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), cette fontaine alimentait autrefois le marché des Carmes qui se situait place Maubert.

     

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    Le marché de la place Maubert était l'un des plus anciens marchés de Paris. Créé au milieu du XVIe siècle là où des cours de philosophie et de théologie étaient dispensés depuis le Moyen-Âge.

     

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    La fontaine fut réalisée, en 1830, lors de travaux d'embellissement et déplacée, un siècle plus tard, à la destruction du vieux marché. En 1938, elle trouva sa place en bordure de l'Institut de France.

     

    Depuis le 29 octobre 1952, elle est inscrite au titre des Monuments Historiques.

     

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    Émanation des bornes antiques ou des Hermès des carrefours, elle se compose d'un petit bassin où s'écoulent deux filets d'eau issus d'une colonne surmontée d'une tête de femme à deux visages.

     

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    Couronnée du polos, coiffe caractéristique des statues de l'Antiquité gréco-orientale et qui ressemble ici à un vase chargé de fruits, cette version féminine du dieu Janus symbolise le Commerce et l'Abondance.

     

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    Sous chaque tête, on contemple un lourd collier orné de fruits, de cornes d'abondance et d'un caducée, emblème du dieu Mercure, gardien des richesses de la ville. Le caducée n'est pas toujours associé au dieu de la médecine, il est l'un des attributs d'Hermès/Mercure, dieu des commerçants, des négociants, des voyageurs et aussi des voleurs...

     

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    Les rameaux d'olivier sont associés à la même symbolique : luxuriance, opulence, prospérité...

     

    La fontaine des Carmes n'est pas la seule « curiosité » que l'on peut découvrir dans le square Gabriel Pierné. Les visiteurs apprécient les bancs en forme de livres qui célèbrent la vocation littéraire et culturelle du quartier peuplé de boutiques d'antiquités, de galeries d'art et de librairies spécialisées. Nous sommes à Saint-Germain-des-Prés !

     

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    Des bancs pour les rêveurs...

     

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    En 1968, une statue nommée « Carolina » a été installée près de l'entrée du square. Il s'agit d'un bronze contemporain, œuvre du sculpteur italien Marcello Tommasi (1928-2008).

     

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    Elle est considérée comme un portrait de la fille de l'artiste et le réalisme est saisissant...

     

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    L'agréable réputation du square est aussi liée à la beauté de sa végétation : magnolias, rhododendrons, cerisiers et les visiteurs sont accueillis par un arbre classé « Remarquable », un catalpa de la famille des Bignoniaceae.

     

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    Originaire du sud-ouest des États-Unis, ce catalpa commun (Catalpa Bignonioides, Walter) se caractérise par des fruits très particuliers, en forme de gousse, drus et allongés. Il mesurait en 2011 quinze mètres de hauteur pour une circonférence de deux mètres soixante.

     

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    Je ne développe pas davantage car mon prochain article sera pleinement consacré aux Catalpas de Paris. Ils sont très appréciés des jardiniers et des promeneurs, entre autres pour leur ombrage généreux.

     

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    La coupole de l'Institut et les fruits « haricots ».

     

    L'Institut de France, institution vénérable, se refait actuellement une beauté. D'impressionnants échafaudages couvrent la façade courbe de ce bâtiment, ancien Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations dont la fondation fut réclamée par Mazarin, en 1661. J'attends de pouvoir faire une série de photos montrant l'architecture des lieux, après restauration.

     

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    Aux amoureux des squares de Paris, je ne saurais trop conseiller la visite de cet endroit plein de charme où je m'installe souvent, carnet à la main, sur les bancs-livres, pour observer les saisons qui papillonnent autour de la fontaine et du catalpa.

     

    Que cette fin septembre vous soit agréable, je vous remercie de votre fidélité et vous adresse, une nouvelle fois, de gros bisous... Merci pour vos charmants petits mots écrits à l'occasion des six années d'existence de mon blog...

    Plume

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    Chers Aminautes, Amies et Amis qui m'accompagnez... Il y a six ans, j'ai semé des graines d'inspiration sur un petit bout de la toile et ces graines lancées au vent ont dessiné un jardin, territoire sensible et baroque...

     

    Pour différentes raisons et notamment celles liées à ma santé et que vous connaissez, je ne pensais pas être encore « là » alors en ce mois de septembre 2017, je veux vous dire « merci », du fond du cœur, pour la fidélité qui nous unit.

    Merci pour votre soutien et vos présences dont je ressens l'intensité... Je vous souhaite de très belles choses et je vous offre une farandole de fleurs, à commencer par le cosmos qui illustre le début de ce billet.

     

    Je pense bien à vous...

     

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    Dahlia Aurore

     

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    Rose trémière

     

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    Hibiscus Rose de Chine (Rosa Chinensis L.)

     

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    Anémone du Japon (Anemone hupehensis var. Japonica)

     

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     Magnifique rose de Bercy

     

     

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    Rudbeckias, des soleils sur tige !

     

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     Et de ravissants dahlias à nouveau...

     

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    Merci pour nos instants précieux et pour les joies à venir... Je vous embrasse bien fort !

    Plume

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    Dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche, les promeneurs ont la possibilité de découvrir un trésor...

     

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    Une maison de style « troubadour », la Maison Eymonaud, fantaisie d'esprit gothique et renaissance mise en œuvre par Ernest Eymonaud, un antiquaire spécialisé dans la vente d'objets médiévaux.

     

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    Vue de l'ancienne impasse Constance, dans le quartier des Grandes-Carrières, qui devint passage Sainte-Marie et impasse Sainte-Marie-Blanche avant de prendre, en 1873, le nom d'impasse Marie-Blanche.

     

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    Au numéro 7, l'architecte Joseph-Charles Guirard de Montarnal conçut, entre 1892 et 1897, un lieu de vie et un atelier, en y intégrant des éléments d'un hôtel particulier disparu : l'Hôtel de l'Escalopier.

     

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    Agrémentée d’une tour carrée de deux étages, la Maison Eymonaud présente de belles balustrades et des fenêtres à meneaux, des vitraux et un riche décor sculpté incluant un bestiaire fantastique, des gargouilles, des escargots, des salamandres, des singes et toutes sortes de petits personnages facétieux...

     

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    Certaines photos sont un peu floues, j'ai fait ce que j'ai pu avec mon zoom...

     

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    Les Fous et leurs marottes, issus des Soties (satires dramatiques) du Moyen-Âge et du début de la Renaissance.

     

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    L'Hôtel de l'Escalopier naquit, en 1835, à l'initiative d'un personnage original et érudit : le comte Marie-Joseph-Charles de l'Escalopier (1812-1861).

     

    Passionné d'archéologie, le comte de l'Escalopier descendait d'une vieille famille originaire de Vérone, les Della Scala. Il naquit le 9 avril 1812 dans la Somme, au château de Liancourt et fit ses études à Paris, au Lycée Charlemagne. Brillant élève, il publia son premier ouvrage à l'âge de 23 ans et en 1840, il devint conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal sous la direction de l'académicien Charles Nodier (1780-1844).

     

    Dès qu'il en eut la possibilité, il fit construire sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), en pleine vogue historiciste, une demeure que L'Annuaire de Paris et de ses environs de Leblanc de Ferrière décrit ainsi : « La façade sur la cour présente une tour en saillie crénelée en son sommet ; à gauche un avant-corps carré, surmonté d’une terrasse et d’un balcon ; les formes et les ornementations de l’édifice sont dans le style du Bas Moyen Âge, des années 1450, règne de Louis XI ; les encadrements des ouvertures, le balcon, les clochetons et les culs-de-lampe sont d’un gothique plein de délicatesse et de goût dans le choix et la réalisation ; le cadre d’une fenêtre au rez-de-chaussée est une copie fidèle de la porte de Jeanne d’Arc à Domrémy. »

     

    L'Hôtel était agrémenté d'un vaste jardin, d'un gymnase et de serres remarquables : « Contiguës au bâtiment, elles sont exposées vers le sud, sur une ligne de cent vingt pieds de long et de douze pieds de large ; elles sont construites en fer ; ornées de roches et de bassins elles sont chauffées à la vapeur et renferment une collection remarquable de végétaux à propriétés historiques, les plus rares et les plus précieuses. On y entre par le salon dont la glace sans tain au-dessus de la cheminée offre une vue sur ces serres au centre desquelles un pavillon, de vingt-huit pieds de haut avec des colonnes ornées de chapiteaux dorés, est consacré à la culture des bananiers. Les serres contiennent des bambous, des papayers, des arbres à pain, des cocotiers ; tous ces arbres sont en pleine terre. Dans la quatrième serre se trouvent les plantes qui exigent le plus de chaleur : orchidées, bois de santal, muscadier, cacaoyer, copayer, mangoustanier, mancenillier, vanille… » Leblanc de Ferrière.

     

    Mais le comte manqua rapidement de place pour mettre en valeur sa prestigieuse collection de livres. Il se résolut donc à remplacer les serres (après avoir donné son contenu au Jardin des Plantes) par une bibliothèque riche de cinq mille neuf cents ouvrages dédiés à l'Archéologie, à l'Histoire et à la Théologie.

     

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    Il créa un musée destiné à ses amis et aux visiteurs de passage où l'on pouvait admirer des bois sculptés, des émaux, des ivoires, de l'orfèvrerie ou encore des verres médiévaux. Il tomba malade en 1859 et regagna le domaine familial de Liancourt où il décéda en 1861. Ses collections furent léguées à la ville d'Amiens et l'Hôtel de l'Escalopier fut détruit en 1882.

     

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    Nous pénétrons dans la Maison Eymonaud par une porte dotée d'un bel encadrement de style Renaissance.

     

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    Le petit escargot lunaire, gardien du seuil, nous ouvre le chemin...

     

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    Son ami le lézard, parèdre solaire et avatar de la chimérique salamandre, également...

     

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    Les pièces de la demeure ont été transformées en bureaux et en appartements. Nous ne pouvons voir les richesses ornementales qu'ils abritent mais un escalier, magnifique ossature de bois, nous accueille et le sol est décoré de carreaux de pavement dans le style « Viollet-le-Duc ».

     

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    Une des « pierres figurées » de la collection d'Ernest Eymonaud qui possédait à cette adresse un atelier appelé « A l'Art Ancien ». Il y restaurait des meubles et il réalisait des copies très recherchées de meubles peuplant les intérieurs des plus beaux châteaux de France. Très sollicité par les amateurs du genre, il fit agrandir sa demeure parisienne en 1900 et en 1910.

     

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    Les panneaux de bois ciselés qui se dévoilent au fil de notre progression font référence aux thèmes du Zodiaque et des Travaux des Mois.

     

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    Vous reconnaîtrez des scènes de vendanges, de banquet, de chasse et de nombreuses activités agricoles...

     

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    Saynètes qui forment une fascinante bande dessinée...

     

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    Certaines me font penser au décor des stalles du chœur de l'église Saint-Gervais Saint-Protais, située à proximité de l'hôtel de ville de Paris, un sujet intéressant pour de futurs articles...

     

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    L'escalier est une sylve peuplée de créatures chimériques et de formes flamboyantes...

     

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    L'Homme Vert, le Feuillu, le Green Man, seigneur de la fécondité et de la parole magique à l'instar de l'Ogmios des Celtes, le maître du langage. Un excellent gardien de la demeure !

     

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    En poursuivant notre ascension, nous découvrons d'élégantes fenêtres et la verrière sommitale.

     

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    Puis nous observons le couronnement de la tour, belvédère de deux étages joliment intégré dans la structure néo-gothique des lieux.

     

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    Elle ne se visite pas mais la vue sur Montmartre doit être magnifique de là haut !

     

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    Voilà, il est temps de redescendre et de prendre congé de cette maison qui se love tout au fond d'une impasse du vieux Paris...

     

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    La Maison Eymonaud, fabuleuse « maison troubadour », inscrite au titre des Monuments Historiques par un arrêté du 14 septembre 1995, est « accessible » en juillet, en août et au moment des Journées du Patrimoine, en respectant bien sûr la tranquillité et l'intimité des habitants autrement dit en ne faisant pas ce que quelques visiteurs ont fait : tenter de pousser des portes « privées » et de photographier à travers les fenêtres des gens.

     

    En espérant vous avoir fait plaisir avec cette découverte, je vous souhaite une excellente rentrée 2017 et vous envoie de gros bisous d'amitié !

    Plume

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