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    Mouvement frénétique dans le ciel de Paris... Un monstre mécanique soulève, à travers la ouate des nuages, des hommes-insectes suspendus à de longs fils d'argent. Les cris des intrépides résonnent au-delà des immeubles de la rue de Rivoli pendant qu'aux pieds du monstre, les gourmands s'activent autour des baraques à frites et des vendeurs de pommes d'amour, de pains d'épices et de barbe à papa !

     

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     D'accord, là on se demande où sont passés les gourmands !

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    C'est la fête foraine des Tuileries dans sa version estivale. Elle refermera ses portes dans la soirée du 27 août 2017.

     

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    Fête foraine

     

    « Tout n’était que lumière, poussière, cris, joies, tumulte ; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux.

    Les enfants se suspendaient aux jupons de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre,ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu.

    Et partout, circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture, qui était comme l’encens de cette fête. »

    Charles Baudelaire

     

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    La fête foraine, dont le souvenir est lié aux joies de l'enfance, est traditionnellement considérée comme une image du monde en réduction. Gravée dans les mémoires, elle attise les sens et fait sourire les cœurs mais le plaisir ressenti est indissociable d'une face plus sombre et d'activités « initiatiques ». On vient s'y distraire et affronter, consciemment ou inconsciemment, des peurs fondamentales qui font progresser sur le chemin de la connaissance de soi.

     

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    La peur des monstres et de l'enfermement, le vertige, la vitesse, les images déformées des palais des glaces, les doubles grimaçants, le mystère et l'étrangeté qui font vaciller les murs de la réalité... Quand j'étais fillette, j'imaginais que les marchands de confiseries nourrissaient les visiteurs pour mieux les sacrifier, dans l'antre du train fantôme, à une divinité de carnaval dont la voracité n'était jamais rassasiée. Je cherchais où pouvait bien se cacher l'Ogre, avide de chairs sucrées et de fritures sur pattes !!! J'ai toujours aimé les films d'horreur se déroulant dans les fêtes foraines et lorsque je m'y promène je songe à des choses qui font dresser les cheveux sur la tête... Le grand barnum qui règne dans mon esprit nourrit mon goût pour les monstres et les histoires terrifiantes et la fête foraine est un écrin idéal pour ce genre d'inspiration. Écrivains et cinéastes ne s'y sont pas trompés !

     

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    La fête foraine maudite de Silent Hill 2 Révélation, film sorti en 2012.

     

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    Images actucine.com

     

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    Aux amateurs de fantastique et de science-fiction, je conseille la lecture ou la relecture de La Foire des Ténèbres (1962) de Ray Bradbury (1920-2012), le génial auteur de Fahrenheit 451 (1953), de Chroniques Martiennes (1950) ou encore de l'Homme illustré, sans oublier les terrifiques nouvelles intitulées Dark Carnival (1947) qui m'ont accompagnée au fil de l'adolescence et bien après. Son inquiétude face au matérialisme outrancier de la société et à la colonisation compulsive des espaces résonne tout particulièrement dans notre monde contemporain.

     

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    La fête foraine de La Foire des Ténèbres est un lieu fascinant, un cauchemar éveillé tout aussi remarquable sur un plan littéraire qu'au niveau cinématographique. Je ne peux me promener dans une fête foraine sans y penser.

     

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    Le livre de Bradbury raconte les péripéties de deux enfants, Jim et Will, qui visitent une fête foraine quelques jours avant Halloween. Les attractions sont toutes plus étranges les unes que les autres: un carrousel qui permet d'inverser le cours du temps, une femme endormie dans un bloc de glace... Le mystérieux Mr. Dark tire les ficelles de toutes ces bizarreries...

     

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    American Horror Story : Freak Show

    Attention, si vous n'aimez pas les flots de sang passez votre chemin mais si vous avez le cœur bien accroché, c'est une histoire intelligente et profondément jouissive qui se déroule dans une fête foraine très très étrange...

     

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    Tuileries, 2017...

     

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    Même les « monstres », les arbres monstres en l'occurrence, peuvent avoir de jolies devises... Amour toujours...

     

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    Luigi Loir (1845-1916), Fête foraine, vers 1880.

     

    Les historiens de la Belle Époque nous apprennent que la fête foraine fut indissociable de l'art de vivre entre 1850 et 1910. Dans un contexte d'effervescence industrielle et de recomposition des équilibres sociaux, elle apparut comme un puissant « phénomène » et l'expression baroque d'une certaine idée du bonheur, à la fois simple et familial, mais aussi comme le miroir ambivalent d'une époque tissée de contrastes. Elle fut -et demeure- une rêverie enfantine au cœur d'un monde en mouvement organisé autour d'une vision mécanique des êtres et des choses. La Belle Époque, qui cherchait à préserver le temps tout en affolant les cadences autant que son appétit de richesses le lui permettait, fut donc un écrin idéal pour cette fête aux mille visages, héritière des grandes foires commerciales du Moyen Âge.

     

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     Henry Jones Thaddeus (1859-1929), Le champ de foire, vers 1905.

     

    Quant à l'art forain, ses richesses sont infinies comme en témoignent les collections du Musée des Arts Forains que l'on découvre dans les Pavillons de Bercy.

     

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    Il s'agit d'un musée spectacle où les places se réservent afin d'apprécier l'esprit festif de la Belle-Époque à travers des cabinets de curiosité, des scènes de Carnaval, des attractions mystérieuses...

     

    Les attractions sont aussi très nombreuses au Jardin des Tuileries...

     

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    Mais loin des histoires de monstres, du fantastique et de la dark fantasy que j'aime tant, n'oublions pas le plaisir que procurent les joies de la fête foraine. Des joies simples, du partage avec ceux qu'on aime et de l'excitation quand on s'envole...

     

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    Merci de vos gentils petits mots et de votre fidélité, gros bisous ensoleillés d'amitié !

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    C'est une belle rencontre, aux couleurs pimpantes, entre deux emblèmes de l'art de vivre sous le ciel de la capitale... En faisant du rangement dans mon ordinateur, j'ai retrouvé ces photos que je n'avais pas publiées. C'était en 2014 à Paris Plages. La Tour Eiffel fêtait ses 125 ans et la Chaise Bistro également, alors la société Fermob, créatrice de la fameuse chaise, en 1889, sur les bords de Marne, avait réalisé cette sculpture pour l'occasion.

     

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    324 chaises Bistro

    Se prennent pour la Tour Eiffel

    Elles se font fait la courte échelle

    Dans leur jolie tenue rétro

     

    Dame de fer au chant du ciel

    Qui aime se mirer dans l'eau

    Émaillée de rouge rebelle

    Aussi ardue qu'un Meccano...

                                          Cendrine

     

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    Constituée de chaises entremêlées, cette tour « mobile » a eu beaucoup de succès et ce qui m'a plu c'est la référence à la couleur originelle de la dame de fer car dans les premiers temps de sa construction, elle était recouverte d'une peinture rouge.

     

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    Aujourd'hui, on la repeint tous les cinq ans alors qu'au XXe siècle, on lui refaisait une beauté tous les sept ans. Des peintres spécialisés en alpinisme accomplissent ce travail impressionnant, épuisant et dangereux en dépit des précautions prises pour assurer leur sécurité. Au cours de leur ascension, les peintres peuvent signaler la présence de fissures ou des problèmes concernant les rivets et les boulons qui soutiennent l'ossature du monument.

     

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    Même si cela ne se voit pas depuis le sol, la Tour Eiffel est un nuancier de couleurs. Une couleur sombre habille les parties inférieures, une couleur plus claire est appliquée sur les étages supérieurs et plus on progresse vers les hauteurs plus la couleur s'éclaircit. Ainsi, sur les vues panoramiques, la tour se fond de manière esthétique dans le maillage architectural de la capitale.

     

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    Au premier étage, un boîte à suggestions permet aux visiteurs de donner leur avis sur le choix des couleurs, entre tons de brun, de marron et de bronze, associées aux futures campagnes de peinture.

     

    Au départ, la tour était à dominante rouge puis elle s'est parée d'un jaune ocre avant de de se « vêtir » de brun cuivré et de nuances de bronze.

     

    Le rouge originel était obtenu grâce à du fer rouge vif de Venise et à de l'huile de lin et comme il faut environ 50 tonnes de peinture pour peindre une surface de 250 000 m2, inutile de vous dire qu'on ne peut plus utiliser ce genre de matière première ! En 1889, il fallait 60 000 francs or pour assurer l'intégrité de la peinture pendant seulement une année !!!

     

     

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    Dame à l'Exposition Universelle de 1889, par Luis Jiménez Y Aranda (21 juin 1845-1er mars 1928), Meadows Museum of Art, Dallas.

     

    Le premier entrepreneur de peinture s'appelait monsieur Nourrisson. A l'origine du système de peinture en dégradé, il orchestra l'utilisation du fameux rouge de Venise.

     

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     Embrasement de la Tour Eiffel pendant l'Exposition Universelle de 1889, gravure en couleur offerte à Gustave Eiffel par Georges Félix Garen (1854-après 1912).

     

    En 1892, monsieur Rivière, un autre entrepreneur, s'occupa de faire lessiver la tour et de la recouvrir d'huile pigmentée à l'ocre jaune pour un coût de 57 000 francs or.

     

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    Tour Eiffel, par Robert Delaunay (12 avril 1885-25 octobre 1941).

     

    En 1899, on décida de faire repeindre la tour tous les 7 ans et cela dura tout au long du XXe siècle. Il y eut un flottement entre 1907 et 1917 en raison de la guerre puis les choses reprirent leur cours. L'année 2001 marqua un tournant avec l'application d'une peinture sans plomb dans un but de protection de l'environnement et en 2009, plusieurs solvants disparurent du mélange employé.

     

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     La Tour, (c) Miroslaw Scheib

     

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    Je vous avoue que j'aimerais bien revoir la tour Eiffel peinte en rouge, le rouge étant ma couleur préférée ! Mais quelle que soit sa couleur, sa mise en valeur au fil du temps a toujours été une réussite.

     

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    Initialement « désirée » comme une construction éphémère, l’œuvre est devenue l'emblème d'un défi technique et architectural. Avec ses 321 mètres, elle était, jusqu’à la construction du Chrysler Building à New York en 1930, le plus haut édifice du monde. Plus haute que les cathédrales, les pyramides et le monument le plus haut de son temps : l'obélisque de Washington qui ne mesurait « que » 169 mètres.

     

    A travers une myriade de polémiques, Gustave Eiffel a su faire en sorte que cette utopie de métal puisse prendre vie. La postérité a retenu essentiellement son nom mais la création de la tour n'est pourtant pas l'affaire d'un seul homme. A la tête d'un gros cabinet d'ingénieurs et d'architectes, ce brillant industriel avait déjà construit d'importants ouvrages en métal comme la gare de Budapest, un pont sur le Douro au Portugal, le viaduc de Garabit, dans le Cantal, en 1884 et l’armature de la statue de la Liberté envoyée à New York en 1885.

     

    Concernant la tour, il a su cristalliser le talent des ingénieurs Maurice Koechlin et Émile Nouguier et celui de l'architecte Stephen Sauvestre afin de perfectionner l'esthétique de ce « grand pylône » à la fois familier et qui a toujours des choses à nous apprendre.

     

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    Chimère d'acier que certains qualifiaient de squelette tant ils la trouvaient abominable et qui a réussi à défier le temps et la colère des esprits.

     

    Celle qui chevauche les modes fut taxée de monstre, de Tour de Babel, de gribouillis d'encre infâme sur le ciel de Paris. On voulut éclater « son corps de cheminée d'usine » alors que d'autres voyaient en elle une reine de puissance mathématique, un nouvel arbre de vie, une vigie des utopies...

     

    Entre 1887 et 1889, son audacieuse ossature jaillit d'un magma de gravier, d'un lacis de poutrelles métalliques, d'une forêt de boulons d'ancrage et de puissants arbalétriers. Elle fut inaugurée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889, et ouverte au public le 15 mai 1889, pour l'Exposition Universelle.

     

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    Poésie de la tour photographiée par temps gelé...

     

    Continuons d'aimer notre Tour Eiffel et de nous laisser séduire par ses broderies d'acier tellement aériennes !

     

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    Tour Eiffel, Robe Rouge, aquarelle, (c) Trish Biddle

     

    Je vous souhaite un bel été mes ami(e)s, avec de la passion, du bonheur, du repos et l'expression en chacun de nous des petits plaisirs du quotidien si précieux. Je voulais publier cet article hier (je n'ai pas pu), pour notre Fête Nationale et joindre mes pensées aux commémorations pour les victimes des attentats de Nice. Mes mots ne changeront pas grand chose mais des symboles comme notre Tour Eiffel nous montrent combien le fait de croire en soi et l'audace payent. Notre monde avance, bizarrement mais il avance et tant que nous resteront unis, nous préserverons le sens de notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité »...

     

    Je vous fais de gros bisous, prenez bien soin de vous !

     

    Des pensées également pour notre aminaute Linda et pour son cher Picasso, chat âgé de 22 ans qui s'en est allé la nuit dernière.

     

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    Du samedi 8 juillet au dimanche 3 septembre, le long des quais de Seine, sur le parvis de l'hôtel de ville et dans le cadre rénové du bassin de la Villette, les promeneurs auront le plaisir d'apprécier la 16 édition de Paris Plages.

     

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    Chers aminautes, vous savez combien j'aime flâner sur les bords de Seine, observer de près les ponts de Paris et les détails d'architecture inaccessibles lors du passage des voitures. Bref, vous savez combien je plébiscite cette réappropriation de l'espace urbain.

     

    Réappropriation qui va durer dans le temps puisque c'est officiel, le parc «Rives de Seine» et ses aménagements dédiés aux loisirs, au sport, aux circulations douces... s’étend sur près de sept kilomètres et sur les deux rives du fleuve, du bassin de l’Arsenal à Bastille jusqu’au Champ-de-Mars et à la tour Eiffel. Les voitures n'y circulent plus.

     

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    A Paris Plages, chacun a ses habitudes... On peut marcher le long de l'eau, se restaurer, lire sous les parasols de la bibliothèque éphémère, profiter des animations sportives... ou ne rien faire. C'est comme on veut...

     

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    Cette année, la nouveauté est la disparition du sable. Pour des raisons éthiques et déontologiques, la Mairie de Paris n'a pas reconduit le contrat qui la liait à son fournisseur, le groupe Lafarge, accusé d'avoir entretenu des relations « commerciales » avec Daesh. Le rôle de Lafarge auprès des terroristes étant sous l’œil de la justice, il n'était pas concevable de faire appel à cet équipementier et il n'était pas évident de solliciter un autre partenaire car Lafarge s'est imposé au fil du temps comme le maître des matières premières et des infrastructures de transport. Exit donc les 3500 tonnes de sable doré qui faisaient la joie des petits et des grands et place à une autre solution. La Mairie de Paris a remplacé les zones sableuses par des mosaïques de jardins fleurant bon la lavande et les herbes sauvages. Une excellente initiative à mon goût !

     

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    De plus, l'argent dévolu jusque là au coût du sable a été utilisé pour développer des aires de jeux et un supplément d'animations sportives et culturelles.

     

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    Petits bouts de jardins installés, au rythme de la promenade, là où passaient auparavant les voitures. On y voit danser des abeilles et des papillons (trop rapides pour que je les photographie) et les fleurs y sont allègrement butinées.

     

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     Un « hôtel » pour les abeilles et les insectes désireux de l'occuper...

     

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    Outre les bouts de jardins, la Mairie a mis en place, le long des vieux quais, des arbres fruitiers, dans des pots ou sur le mode de la culture en espalier. Les pommiers s'y plaisent, ils sont robustes et leurs fruits pleins de promesses...

     

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     Belle idée que celle de cette recyclerie de vélos !

     

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    J'ai beaucoup aimé ce parcours d'aventures en bois où les noms des arbres se dessinent comme des mots magiques...

     

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    ... et qui se termine par cette tête de serpent !

     

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    Entre les jardins et les pommiers se dressent des murs d'escalade et des possibilités de faire du sport en longeant la Seine.

     

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    Le plaisir est au rendez-vous !

     

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    Et le jardin des brumes est le bienvenu quand il fait chaud...

     

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    Je vous montrerai d'autres photos de Paris Plages au fil de l'été. En attendant, je vous souhaite de belles vacances et je vous dis merci pour vos charmants petits mots. Reposez-vous bien. A très bientôt !

     

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    Plume

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    J'aime les roses sous la pluie, j'aime sentir leurs fragrances mouillées, m'enivrer de leurs ondes sensuelles et que crépitent, dans le gris de l'atmosphère, leurs soies froissées d'eau.

     

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    Au Palais-Royal, la canicule s'est diluée dans un temps de tempête. Les promeneurs ont disparu sous les hautes arcades et le jardin, de tout son être, palpite...

     

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    Personne ou presque dans le jardin... mais une Cendrine trempée !!!

     

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    Le vent se lève et la pluie coule de plus belle sur mes lunettes et mon appareil photo. Je pourrais m'en aller mais l'occasion est trop belle de céder à ma fièvre poétique et de vous offrir ces beautés...

     

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    Bonnes vacances aux aminautes qui sont en pause et à celles et ceux qui continuent de bloguer. Merci pour vos gentils petits mots déposés ici, au fil des jours, en toute amitié. Profitez bien des charmes de l'été. Gros bisous!

    Plume

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    Elle se dresse, élégante, sous les arbres du parc dont elle constitue l'une des fabriques, petite chapelle aux lignes pures qui fut consacrée en 1864.

     

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    Elle fut construite pour Alfred Caillebotte, demi-frère de Gustave, qui était prêtre et son nom est emblématique du charme bucolique de l'endroit.

     

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    Quand on s'approche, on imagine un ancien lieu de culte lunaire associé à une déesse mère parée de lierre, le « Gort » de la tradition celtique qui signifie « l'embrassement »  mais il apparaît surtout que la chapelle soit liée à la rivière et que le nom qu'elle porte soit le fruit d'un jeu d'écriture.

     

    A travers son nom, il faut « entendre » Notre-Dame de l'Yerres, rivière dont je vous ai parlé mais pour les personnes qui n'auraient pas lu mon premier article sur la propriété Caillebotte, voici ce que j'avais écrit :

     

    Cette rivière, en partie souterraine sur son cours supérieur, naît en Seine-et-Marne, à Courbon, près de l’étang de Guerlande. Elle « nourrit » les villages de Soignolles-en-Brie et de Brie-Comte-Robert, traverse le département de l’Essonne et rejoint la Seine à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Sinueuse à son point de départ, elle se nourrit de sources et de rus pour franchir autant de communes rurales que d'espaces très urbanisés. Son principal affluent se nomme Le Réveillon.

     

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     Créature de nuages à sa surface...

     

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    Bijou d'architecture, Notre-Dame du Lierre (ou de l'Yerres) mêle dans sa structure des éléments de style roman comme les baies en plein-cintre et des formes élancées et ciselées de style gothique.

     

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    J'écrivais plus haut qu'elle avait été construite pour Alfred Caillebotte...

    Petite incursion dans l'histoire de la famille Caillebotte

     

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     Rising road (Route ascendante), 1881.

     

    Vous l'avez constaté en vous « promenant » à travers mes articles, Gustave Caillebotte n'était pas un artiste maudit. La réussite de son père, Martial Caillebotte, lui permit d'être un généreux mécène pour les peintres impressionnistes et de pouvoir contribuer à la constitution d'une collection d’œuvres emblématiques de l'Impressionnisme, au-delà de ses propres réalisations.

     

    Grâce à la fortune paternelle, Gustave créa ses tableaux dans un cadre privilégié et l'un de ses frères, nommé Martial comme le père providentiel, put donner libre cours à sa passion pour la photographie.

     

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     Martial (1853-1910) et Gustave (1848-1894). Collection particulière.

     

    Issu d’une famille très fortunée de la bourgeoisie du Second Empire, Martial père naquit à Domfront, dans l’Orne, le 8 avril 1799. Négociant en draps, il avait hérité en 1830 de l’affaire familiale qu'il fit prospérer en venant à Paris. Puissant industriel, il fut également juge au Tribunal de Commerce de la Seine et reçut la distinction de Chevalier de la Légion d'Honneur. A travers l’histoire de sa famille, c’est l'histoire de l'élaboration des fortunes dans le Paris haussmannien qui nous est révélée.

     

    Martial Caillebotte père eut plusieurs fils : Alfred (1834-1896), né d'un premier mariage, Max qui mourut à la naissance dans le cadre d'un second mariage et, fruits d'une troisième union : Gustave, le célèbre peintre, Martial qui devint photographe et René qui mourut à l'âge de vingt cinq ans.

     

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    Le jeune à la fenêtre, 1876. (Ce portrait rend hommage à René, disparu le 1er novembre 1876. Il est emblématique d'une veine de portraits, fascinants et énigmatiques, présentés de dos).

     

    Alfred fut ordonné prêtre en 1858 et il eut semble-t-il, tout au long de sa vie, de bonnes relations avec ses demi frères. Doté d'une grande spiritualité, il fut vicaire de l'église Saint-Jean-Baptiste de Belleville puis curé de la toute nouvelle église Saint-Georges-de-La-Villette et enfin abbé de la célèbre Notre-Dame-de-Lorette.

     

    La construction de la chapelle Notre-Dame du Lierre était une façon pour son père de « l'inclure » dans l'existence de la famille Caillebotte recomposée.

     

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     Photographie de Martial Caillebotte « montrant » Gustave en promenade avec sa chienne Bergère, sur la place du Carrousel. Collection particulière.

     

    Une très belle relation unit Gustave à ses frères et plus particulièrement à Martial auprès de qui il donnait aisément libre cours à son inspiration.

     

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     Photo de Martial qui était aussi un remarquable pianiste.

     

    Gustave et Martial aimaient décrire chacun à leur manière les grandes modifications de leur temps et cette entité fascinante qu'était Paris en pleine mutation : les nouveaux squares et les jardins haussmanniens, les immeubles élégants, les infrastructures comme les gares, les ponts, les voies de communication... et bien évidemment les bords de rivières, les charmes secrets de l'eau, les loisirs aquatiques, les voiliers, les régates, le canotage... Ils aimaient aussi présenter leurs proches dans un cadre de vie plus intime.

     

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     Un balcon, boulevard Haussmann, 1880.

     

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     Les canotiers, 1877.

     

    Le 7 mai 1881, Gustave et Martial firent l'acquisition d'une parcelle au Petit Gennevilliers, au lieu-dit « L'île aux draps », proche du Cercle de voile de Paris, entre les ponts d'Argenteuil et de Colombes et s'y adonnèrent à leurs passions communes : philatélie, horticulture, yachting...

     

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     Le bateau jaune, 1891.

     

    En 1887, après le mariage de Martial avec Marie Minoret, mariage célébré par Alfred, Gustave racheta les parts que Martial possédait au Petit-Gennevilliers. Il fit agrandir la propriété et s'y installa définitivement pour y dessiner et construire des bateaux, y jouir des plaisirs de la voile et entretenir une collection florale dans de remarquables serres. Il y mourut hélas, encore jeune, d'une congestion cérébrale, mais ceci est une autre histoire...

     

    Les femmes furent aussi très importantes dans la famille Caillebotte. Il y eut notamment Léonie, sœur d'Alfred, qui mourut quand elle n'était qu'une petite fille et dont le souvenir hanta les jours de Martial Caillebotte père. Il y eut Céleste Daufresne, la matriarche, mère de Gustave, de Martial et de René et Marie Minoret qui eut deux enfants avec Martial : Geneviève et Jean.

     

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    Quatre femmes à Yerres, à l'ombre des orangers...

     

    Au premier plan dans la jolie robe bleue, on voit Marie Caillebotte, cousine de Gustave, puis dans un effet de perspective, l’artiste a représenté Marie Amanda Chaumont, sa tante, Madame Hue, une amie de la famille et enfin sa mère Céleste Daufresne, près du parterre de pélargoniums.

     

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     Une photographie de la famille Caillebotte déjeunant à proximité d'Aix.

     

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    Contempler la jolie chapelle Notre-Dame du Lierre m'a donné envie de vous parler de cette famille dont les membres furent des témoins privilégiés des évolutions de leur temps.

     

    Je compte publier des articles cet été alors je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour d'autres « aventures » artistiques. En attendant, je vous fais de gros bisous, merci de votre fidélité !

     

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    J'ajoute ces roses... pour le blogueur Marc de Metz, pour sa famille et ses amis. Marc nous a quittés. J'avais échangé quelques pensées très gentilles avec lui. Nous nous connaissions peu mais j'avais conservé le souvenir d'un homme attentif aux autres et généreux. Je pense à mon amie Annick qui l'appréciait énormément. Je déteste sentir qu'une amie a de la peine...

     

    Lien vers le très bel article hommage qu'Annick lui a consacré...

     http://annick-amiens.eklablog.com/

    Plume

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