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    Sept années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Sept années et quelques jours ! Alors, en ce mois de Septembre qui, doucement, se pare de couleurs d'automne, je vous dis « Merci », fidèles lectrices et lecteurs.

     

    Merci pour les liens tissés, pour nos confidences et nos moments de partage et de complicité.

     

    Je continuerai avec passion de vous montrer Paris au gré de mes articles. Paris et pas seulement... Mon esprit voyage entre histoire de l'art, folklore, mythologie, chimères et poésie.... mais ça, vous le savez !

     

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    J'ai pris les photos illustrant ce billet anniversaire au numéro 20 de la rue de Richelieu, très jolie rue située à côté de la Comédie-Française et à quelques encablures du Louvre. Elle sillonne les 1er et 2e arrondissements de Paris.

     

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    Il s'agit d'une ferronnerie de style Monarchie de Juillet (1838-1848) qui évoque, avec sa fée, ses petits faunes, ses angelots, ses cornes d'abondance, ses rinceaux et son charmant et fantastique bestiaire (lapins, écureuils, griffons...), la prospérité, la luxuriance, la fécondité et dont les ornements ont aussi été réalisés dans un but apotropaïque (du grec apotropaios : « qui détourne les maux »).

    Le numéro 20 est une demeure datée de 1659 d'après l'historien Rochegude et sa porte a été redécorée dans la période dite de la Monarchie de Juillet.

     

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    Pour ces sept années fort sympathiques, je vous redis...

     

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    et vous embrasse bien amicalement !

    Plume

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    Illustration de © Miharu Yokota.

     

    Chers aminautes, je vous souhaite une excellente rentrée 2018 ! Avec mes meilleures pensées pour les écoliers, les parents et les professeurs qui font de leur mieux, au fil des jours, pour dispenser les savoirs fondamentaux.

     

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    Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), peintre de genre allemand. La petite écolière.

     

    Que le plaisir de lire, de découvrir des mondes à l'infini à travers une myriade d'ouvrages et de partager de captivantes impressions littéraires soit au rendez-vous !

     

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    Charles Roka (1912-1999), peintre hongrois, L'instant de la lecture.

     

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    Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), Une fillette lisant.

     

    Je pense bien à vous. Merci à celles et ceux qui ont si gentiment lu et commenté mes articles d'été et que la reprise sur nos blogs respectifs soit riche de beaux échanges d'amitié !

     

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    © Alfredo Rodriguez, artiste mexicain né en 1954, reconnu et récompensé, de manière internationale, pour ses peintures qui décrivent, avec sensibilité, l'Ouest américain.

     

    Vive les livres, nos royaumes d'imagination !

     

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    © Cindy Grundsten, CindyArt sur DeviantArt, spécialiste en art digital.

     

     

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    © George Hartley, artiste né en 1933. Son art oscille entre Réalisme et Réalisme Magique.

     

     

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    Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), L'enfant endormi sur son livre, dit Le petit paresseux, 1755, Montpellier, Musée Fabre.

     

    Artiste majeur du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Greuze naquit à Tournus, en Saône-et-Loire, en 1725. Son père, maître couvreur, le plaça en apprentissage chez un peintre de Lyon, nommé Charles Grandon (1691-1762), auprès duquel il apprit à copier des tableaux anciens. En 1750, il se rendit à Paris et suivit les cours du maître Charles-Joseph Natoire (1700-1777) à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture.

     

    Tout au long de sa vie, Greuze s'employa, avec douceur et générosité, à rendre un éloge esthétique à la Vertu. Il fut aimé des philosophes, à l'instar de Diderot mais il connut quelques déconvenues, ne parvenant pas à être considéré comme un peintre d'histoire. En revanche, il fut très apprécié comme peintre de genre et nombre de ses œuvres, considérées comme « édifiantes » furent diffusées, en grande quantité, par les ateliers de gravure.

     

    Jean-Baptiste Greuze voyagea en Italie mais la vogue de l'antique ne l'intéressa pas plus que cela. Il préféra étudier le charme des visages et la richesse pittoresque des scènes familiales et populaires pittoresques.

     

    Se spécialisant dans la représentation des mœurs du peuple et de la bourgeoisie, il rompit avec la mode des tableautins galants et des scènes mythologiques de son temps et son « originalité » le fit reconnaître comme un grand peintre par de célèbres critiques d'art comme les Frères Goncourt.

     

    Son « Petit Paresseux » a été reproduit de nombreuses fois...

     

     

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    James Charles (1851-1906), portraitiste et peintre de genre anglais qui oscilla, tout au long de sa carrière, entre le Réalisme et l'Impressionnisme. Jeune fille lisant pendant que son chien la regarde, 1895.

     

     

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    James Francis Day (1863-1942), Le temps de la lecture. Ce peintre et designer américain étudia d'abord à New York puis il se rendit à l'École des Beaux-Arts de Paris où il suivit un cursus auprès des maîtres Luc-Oliver Merson (1846-1920) et Ernest Hébert (1817-1908).

     

     

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    « Lire auprès de ma poupée »... par Mechtaniya sur @DeviantArt.com

     

     

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    Elliott Bouton Torrey (1867-1949), La petite liseuse.

     

    Ce peintre américain, de sensibilité Impressionniste, étudia l'art à Paris, à Florence et dans des villes américaines comme New York, Boston ou encore San Diego. Il est peu connu en Europe mais les musées américains conservent une part importante de ses oeuvres composées de paysages et de portraits animés par une vibration délicatement personnelle des couleurs.

     

     

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    Winslow Homer (1836-1910), Le Nouveau Roman, 1877.

     

    Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements à la fois réalistes et oniriques de l'océan. Il réalisa de nombreuses marines, des scènes de pêche et aussi des portraits.

     

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    Honor Charlotte Appleton (1879-1951), Fille lisant.

     

    Illustratrice anglaise prolifique, Honor Charlotte Appleton (1879-1951) a réalisé de fines aquarelles en s'inspirant d'artistes comme Kate Greenaway (1846-1901) et Annie French (1872-1965).

     

    Kate Greenaway a écrit et illustré de nombreux livres pour enfants. Les costumes délicats de ses personnages ont influencé considérablement la mode enfantine de son époque. Elle fut aussi une source d'inspiration pour la célébrissime Cicely Mary Barker (1895-1973), l'auteur des Flower Fairies...

     

    Quant à Annie French, elle a exercé ses talents de peintre, d'illustratrice et de décoratrice auprès des membres de l'École de Glasgow, qui mêlaient des influences celtiques, japonisantes aux techniques de design et d'artisanat issues du mouvement Arts & Crafts.

     

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    Honor Charlotte Appleton, Dans la bibliothèque.

     

     

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    Nicolas van der Waay (1855-1936), peintre, aquarelliste, dessinateur et lithographe néerlandais. La jeune liseuse.

     

     

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    Albert Edelfelt (1854-1905), Portrait de Bertha Edelfelt, soeur de l'artiste, en 1881.

     

    Cet artiste finlandais étudia en Suède, à l’Université d'Helsinki puis à Anvers, à l'Académie des Beaux-Arts. En 1874, il suivit à Paris les cours de la prestigieuse École des Beaux-Arts et du maître néo-grec Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

     

    Il fut abondamment récompensé, dans les salons officiels, pour la qualité de son œuvre et en 1886, il reçut la Légion d'Honneur pour avoir réalisé le portrait de Louis Pasteur, chimiste et biologiste émérite.

     

    Très apprécié dans les milieux littéraires et artistiques, il se lia d'amitié avec des peintres comme Jules Bastien-Lepage (1848-1884), Gustave Courtois (1852-1923), Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) et de grands écrivains comme Émile Zola (1840-1902) et Alphonse Daudet (1840-1897).

     

    Il a contribué à faire connaître en France certains aspects de l'art finlandais.

     

     

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    Rêverie enfantine par © Komako Sakaï, illustratrice japonaise née en 1966.

     

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    Je souscris volontiers à ces mots et je vous souhaite à nouveau, avec d'amicales pensées, une...

     

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    A nos lectures !!!

     

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    Image Pinterest

     

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    Carte de 1920...

    Plume

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    A Bercy, en contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent devant la Demeure X d'Étienne-Martin, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

     

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    Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

     

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    On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

     

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    Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

     

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    La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

     

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    Paul Chabas (1869-1937), Les nénuphars.

     

    Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

     

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    Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

     

     

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    Vitrail aux nénuphars du maître verrier Jacques Grüber (1870-1936). Virginia Museum of Fine Arts.

     

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    Détail du vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber.

     

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    Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

     

     

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    Émile Gallé (1846-1904), Vase Nénuphar en verre multicouche, fond filigrané et marqueteries de verre gravées à la meule. Crédit Photo © fine-arts-museum.be

     

     

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    Panneau de céramique, aux poissons et nénuphars, créé en 1900 à la Faïencerie et Manufacture des Arts de la Table de Mettlach (née en 1836 à l'initiative de deux anciens concurrents, Nicolas Villeroy et Jean-François Boch...) Crédit Photo Villeroy&Boch.

     

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    Crédit Photo Villeroy&Boch.

     

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    Encrier Art Nouveau, femme allongée sur une feuille de nénuphar.

     

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    Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d’œuvre au musée d'Orsay.

     

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    Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

     

     

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    Claude Monet (1840-1926), L'étang aux nénuphars, 1897/1899.

     

    Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia et des fleurs qualifiées de faux nénuphars qui se mirent délicatement dans l'eau.

     

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    Artiste © Theresa Ferguson

     

     

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    Faux nénuphar (Nymphoides peltata)

     

     

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    Charles Courtney Curran (1861-1942), peintre américain dont l’œuvre est une rencontre entre Réalisme, Impressionnisme et Symbolisme, Nénuphars.

     

    L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

     

    Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

     

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    © Elaine Ferdinandi, Water beauty.

     

    Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

     

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    © Ann Mortimer, Water Lilies.

     

    Associé à plusieurs mythes de création du monde et consacré à la Lune et à la Nisse, la Déesse des Eaux, le nénuphar représente pour les peuples anciens, en Europe mais aussi chez les Mayas et les tribus Amérindiennes, l'abondance, la fertilité et la connaissance des choses enfouies. Il apparaît comme une « clef magique » utilisée par les chamanes pour la traversée des mondes aquatiques souterrains et l'on dit qu'il existe une porte secrète sous le Victoria Regia ou Amazonica, le plus grand nénuphar existant (un spécimen pouvant atteindre jusqu'à trois mètres de diamètre)...

     

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    Vitória Regia par © JanainaArt sur DeviantArt.

     

    Victoria ou Vitória Regia est un superbe nénuphar qui s'épanouit sur le fleuve Amazone et dont les pétales blancs parfumés ne s’ouvrent que la nuit et se parent de rose au lever du soleil. D'après une légende indienne, il serait né grâce à la Lune qui aurait transformé en fleur la princesse Naiá.

     

     

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    © Anna Vinogradova

     

    Image issue de mon article intitulé Roussalki, les enchanteresses de l'onde et les dieux slaves, publié sur La Chimère écarlate.

     

    Symbole de transformation, d'accomplissement, d'épanouissement de soi au-dessus de la frontière mystérieuse des eaux, le nénuphar était aussi le gardien des petites fées...

     

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    Harold Gaze (1939-2012), Fée des eaux, 1929.

     

     

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    Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

     

     

    Quant aux Nymphéas de Claude Monet, fantasmagories artistiques mêlées de nénuphars, iris et autres roses d'eau, on les admire à Giverny, village situé sur la rive droite de la Seine, aux confins de l'Île de France et de la Normandie, jardin d'eau chevauché par un petit pont à la fois réel et chimérique, et dans le Musée de l'Orangerie, aux Tuileries, que je vous ai déjà présenté...

     

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    Les Trésors de l'Orangerie, Chapitre Deux

     

     

    Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée et pense bien à vous, chers aminautes !

     

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    Fée des Nénuphars, illustration SEG

     

    Que cette petite fée souffle vers vous de gros bisous...

    Plume

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    A Bercy, dans le parc où j'apprécie tout particulièrement de flâner, se dresse La Demeure, fascinante sculpture contemporaine conçue, en 1968, par le sculpteur et plasticien Étienne-Martin. Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.

     

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    Installée sur un îlot qui domine un tapis de nénuphars, il s'agit de la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste.

     

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    Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Œuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas » et se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

     

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    Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os.

     

    « Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt (1906-1987), critique d'art.

     

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    Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

     

    La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

     

    Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

     

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    H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de Dark Fantasy et de Science-Fiction. Un petit clin d’œil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

     

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    Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

     

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    « Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

     

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    Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

     

    Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi...

     

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    Rendez-vous dans quelques jours pour une autre promenade d'été...

     

    Gros bisous !

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    Déesse des moissons d'or, des fleurs sauvages, des fruits mûrs et des contrées verdoyantes, Cérès règne sur l'été et préserve l'abondance des trésors de la terre. Elle apparaît gracieuse dans ce tableau de Louis-Jacques Dubois (1768-1843), conservé au château de Compiègne où elle arbore ses attributs, en l'occurrence la corne d'abondance et la faucille dont j'ai développé la symbolique dans mon article précédent : Tuileries, le personnage à la faucille.

     

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    Cérès, par Jules Romain (Giulio Pippi dit Giulio Romano, 1492 ou 1499-1546). Peinture à l'huile sur bois de peuplier (vers 1520-1523). Louvre, © Archives Larbor.

     

    Fille des Titans Chronos (Saturne) et Rhéa (Cybèle), elle est l'émanation latine de la grande déesse mère Déméter, honorée dans l'ancienne Grèce.

     

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    Cérès, allégorie de l'Été, par Paul Philippoteaux (1846-1923).

     

    Dans le monde romain, Cérès, avenante déesse, est associée à la croissance des végétaux et couronnée de blé mûr. Son nom dérive du mot latin « crescere » qui signifie « grandir, pousser ». Assimilée, donc, à la déesse grecque Déméter, elle apprit aux hommes à cultiver les céréales et fut pendant très longtemps invoquée pour protéger les récoltes, faire croître la végétation et attirer la fécondité sur les foyers. Sa fleur symbolique est le pavot.

     

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    Elle fut honorée sur l'Aventin, la plus méridionale des sept collines de Rome et sa légende fut calquée sur le mythe de Déméter. Un mythe qui demeure, à travers les siècles, riche de mystères et de rebondissements.

     

    Le Mythe de Déméter

     

    Déméter fut convoitée par son frère Poséidon mais, refusant de céder aux désirs du dieu des océans, elle se transforma en jument et se mêla à un troupeau magnifique de « cavales » qui appartenaient au roi Oncos d'Arcadie. Elle crut que Poséidon la laisserait tranquille mais le dieu se changea en un fougueux étalon. Rattrapant Déméter, il abusa d'elle et la rendit mère d'un cheval immortel et doué de parole, le cheval Arion qui possédait une superbe crinière verte. D'après des textes anciens, une fille naquit aussi de ce viol et elle fut nommée Despina ou Despoina, « la Maîtresse ». Il s'agissait d'une déesse mystérieuse dont le nom véritable n'était révélé qu'à certains initiés.

     

    Choquée, Déméter se réfugia dans une grotte, sur la Terre où Zeus, son autre frère, le maître des Olympiens vint la chercher. Il la conduisit jusqu'au fleuve Ladon, un lieu hautement purificateur où elle se baigna avant de retourner sur l'Olympe.

     

    Quelques temps plus tard, charmé par la beauté de Déméter, Zeus entreprit de la séduire. En fonction des auteurs et des périodes, elle accepta de faire l'amour avec lui ou bien elle fut poursuivie et abusée par Zeus qui prit la forme d'un puissant taureau.

     

    De l'union de Zeus et de Déméter, naquit Perséphone (Proserpine pour les Romains), « la jeune fille », Coré ou Koré, déesse tout aussi séduisante que sa mère et perçue dans le monde antique comme une incarnation du Printemps.

     

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    Perséphone, par © Lauri Blank, artiste américaine.

     

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    Perséphone par © Bigbad Red sur DeviantArt

     

    Perséphone grandit, aimée, choyée, entourée. Déméter, qui préservait sa virginité comme le plus précieux des trésors, l'avait placée sous la garde des nymphes Océanides. Mais un jour, alors qu'elle se promenait dans un champ, Perséphone fut attirée par une odeur entêtante, celle d'un narcisse ensorcelé. Oubliant toute prudence, elle échappa à la surveillance des Océanides et s'enfonça toujours plus dans le paysage où elle fut remarquée par Hadès, le seigneur du monde souterrain, frère de Zeus et de Poséidon.

     

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    Hadès et Perséphone par © Dromsfallenruins sur DeviantArt

     

    Subjugué par les charmes de Perséphone, Hadès fendit la terre et s'empara de la jeune déesse qui cria pour appeler sa mère mais le sol se referma sur elle. Hadès l'emmena dans les Enfers pour la posséder.

     

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    Image The Old Valyria

     

    Affolée par les hurlements de sa fille bien-aimée, Déméter arriva sur place au plus vite mais elle ne trouva aucune trace de « l'enlèvement ».

     

    Perséphone erra dans les Enfers, refusant de manger mais au bout de plusieurs jours, tenaillée par la faim, elle avala sept pépins d'une grenade.

     

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    Perséphone, 1874, par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882).

     

    Inconsolable, Déméter erra sur terre pendant neuf jours et neuf nuits. Ses larmes engendrèrent torrents et ruisseaux puis elle déclencha une terrible famine qui attira l'attention de Zeus.

     

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    Evelyn de Morgan (1855-1919), Déméter cherchant Perséphone, 1906.

     

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    Craignant que l'Humanité ne périsse, Zeus se rendit aux Enfers pour s'entretenir avec Hadès au sujet de Perséphone et Hadès accepta que la jeune déesse retrouve sa mère. Mais comme Perséphone avait consommé la nourriture des Enfers, elle ne pouvait plus revenir « pleinement » dans le monde des vivants.

     

    Zeus trouva alors un compromis que les deux parties acceptèrent. Perséphone vivrait sur Terre, auprès de sa mère, au Printemps et en Été et elle retournerait auprès d'Hadès en Automne et en Hiver.

     

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    Hadès et Perséphone par © Atheryal sur DeviantArt

     

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    Hadès, seigneur de la mort et des contrées obscures, attiré par les charmes printaniers de Perséphone... © Tapety sur Deviantart

     

    Au fil du temps, Perséphone apprécia Hadès. Elle fut conquise par les aspects sombres de sa nature et elle accepta de partager son lit. Il devint son époux et elle fut la suzeraine des Enfers...

     

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    Perséphone et Hadès par © JanainaArt sur DeviantArt

     

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    Perséphone et Hadès par © Sayaia/Artworks sur DeviantArt

     

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    Hadès et Perséphone, © MathiaArkoniel.com

     

    Quant à Déméter/Cérès, elle eut d'autres enfants, deux fils : Ploutos, dieu aveugle de la richesse et de l'abondance et Philomélos qui inventa la charrue. Le père de Ploutos et de Philomélos était Iasion, « le laboureur », fils de Zeus et d'Électre, l'une des étoiles de la constellation des Pléiades.

     

    Philomélos est à l'origine, dans le ciel nocturne, de la Constellation du Bouvier.

     

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    Le Bouvier, dans la mythologie gréco-romaine, veillait sur sept bœufs qui représentaient la Grande Ourse. Il est devenu plus tard le gardien de la Petite et de la Grande Ourse qu'il protège, autour du Pôle Nord, en compagnie de deux Chiens qui forment la constellation des Chiens de Chasse.

     

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    Le Bouvier dans l'Uranographia de Johannes Hevelius (1611-1687), découvreur de comètes et auteur d'une Topographie de la Lune...

     

    A proximité de la Couronne Boréale, le Bouvier garde un trésor : une étoile nommée Arcturus, la plus brillante de l'hémisphère Nord, « une étoile rouge en fin de vie dont le diamètre équivaut à environ vingt fois celui du Soleil. » Située à environ trente sept années lumière du Soleil, Arcturus rayonne dans la queue de la Grande Ourse.

     

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    Louis de Boullogne le Jeune (1654-1733), Cérès, allégorie de l'Été, vers 1699, pour le Château de Marly. La déesse arbore une magnifique draperie bleu saphir et elle est accompagnée de ses deux nourrissons et de putti qui effectuent des travaux des champs.

     

    Cérès tomba également amoureuse d'une nymphe nommée Macris, une nymphe du miel, qui vivait sur Drépané, l'île de la faux, sur laquelle était dissimulée la faucille utilisée par Chronos/Saturne pour émasculer Ouranos, le dieu du Ciel. Voir mon article Tuileries, le personnage à la faucille. Drépané était peuplée de Titans auxquels Cérès apprit l'art de l'agriculture.

     

    Souvent représentée dans les parcs et les jardins des châteaux, Cérès apparaît comme une figure protectrice et une gardienne de la fertilité.

     

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    Cérès ou l’Été, statue réalisée par Guillaume Coustou (1677-1746) en 1726 et installée aux Tuileries en 1735.

     

    Dans l'Antiquité, elle était vénérée à travers des Cultes à Mystères dont les plus célèbres se situaient à Eleusis, en Attique où l'on buvait du Kykéon, une boisson hallucinogène. On aimait particulièrement Cérès à Athènes où les femmes lui rendaient hommage pendant les Thesmophories (les fêtes de La Législatrice). On la célébrait en Sicile, en Crête, en Thrace et dans le Péloponnèse. On la vénérait dans les champs et dans les forêts, à travers des rituels plus « sombres », ponctués de flagellations avec des fouets en écorce d'arbres sacrés, au cœur de temples sylvestres appelés « Megara ». Elle y était représentée avec une tête et une crinière de jument, accompagnée de dragons et de serpents terrestres et ailés. On lui consacrait des animaux chthoniens et aussi le bélier, le porcelet, la truie, la jument noire, la vache, la colombe (à l'instar d'Aphrodite/Vénus), l'abeille, la grue, le dauphin, le rouget, certains fossiles et coquillages... ainsi que des pierres comme le grenat, la citrine, la topaze dorée...

     

    Outre la faucille et la corne d'abondance, ses symboles majeurs, Déméter « règne » sur différents objets : le Kalathos, le Cista Mystica, un panier sacré contenant un serpent, des seins d'argile et différents fruits dont une grenade. Déesse de lumière, associée à la connaissance spirituelle, elle se déplace dans un char tiré par des lions, des serpents ou des dragons et elle possède une torche, à l'instar de la mystérieuse Hécate des Trois Lunes, maîtresse des croisées de chemin, un flambeau et un tambour.

     

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    Femme assise à la faucille ou Cérès, vers 1870, par Eugène Laurent (1832-1898). Images © Galerie Atena.

     

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    © Galerie Atena

     

    Les plantes placées sous son obédience sont : le pavot, le coquelicot, la grenade, l'origan dictame et l'origan de Crête, le thym et la sauge de Crête (salvia pomifera), la menthe pouliot, le myrte, le tournesol, la chicorée, le millepertuis, le lierre, le crocus, le narcisse, la bryone, la sarriette, le pourpier sauvage, le lys de mer, le gattilier, l'olivier, le figuier, l'orge, le blé mais aussi toutes les graines et les céréales génératrices de vie.

     

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    Déesse de l'Été, par © Lauri Blank.

     

    Cérès est particulièrement intéressante en raison des différents aspects de sa personnalité. Déesse Bisexuelle, à la fois Amante ne repoussant pas ses désirs et pourtant victime de violents appétits masculins... Mais même abusée, elle renaît aux plaisirs de la vie, de l'amour et de l'été... Elle insuffle aux femmes l'énergie nécessaire pour protéger et régénérer leur féminité. Gardienne des secrets, de la cyclicité du Temps et de la force d'évolution contenue en Dame Nature.

     

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    Cérès, par © Émily Balivet, 2013.

     

    Elle enseigne les connaissances dont elle est la dépositaire, connaissances agraires mais aussi secrets médicinaux et magiques. Des textes anciens font état de sa relation nourricière avec le jeune Triptolème, qui devint un « héros civilisateur », conçut les Mystères d'Eleusis et répandit parmi l'Humanité le savoir nécessaire à la culture du blé et des plantes potagères.

     

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    Charles-Joseph Natoire (1700-1777), Cérès nourrissant Triptolème.

     

    Un tableau peint par Antoine Watteau (1684-1721), le maître de la Fête Galante, entre 1717 et 1718, montre Cérès en majesté sur un nuage. L’œuvre est conservée à la National Gallery of Art de Washington.

     

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    La déesse est couronnée de coquelicots, de bleuets, d'épis de blé. Elle est entourée d'épis dorés et elle brandit sa faucille.

     

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    Incarnation de la Terra Mater, elle est accompagnée des trois signes du Zodiaque de la saison d'été, en l'occurrence les Gémeaux, le Cancer et le Lion. Cette peinture aux couleurs fines fut réalisée par Watteau, le maître de la Fête Galante, pour décorer la salle à manger d'un hôtel particulier parisien, rue Richelieu, à Paris. Il s'agit d'une toile voyageuse puisqu'elle est visible aujourd'hui à Washington.

     

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    Le Lion de la toile, mystérieux et chimérique, est là en tant que signe astrologique et symbole de vaillance, de puissance et de royauté. Il désigne le Soleil flamboyant de l'été et aussi le Lion de Némée, bête mythique liée au Premier des Douze Travaux d'Hercule.

     

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    Pierre Paul Rubens (1577-1640), Hercule combattant le lion de Némée.

     

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    Ce lion d'une férocité inouïe était doté d'une peau qui avait la texture d'une cuirasse impénétrable. Pour en venir à bout, il fallait utiliser les griffes de l'animal lui-même. C'est ainsi qu'Hercule parvint à prendre le dessus.

     

    Quand il fut victorieux, son père Zeus, seigneur de l'Olympe plaça la dépouille de la bête dans le ciel et la transforma en une myriade d'étoiles qui forment la Constellation du Lion.

     

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    Image Futura Sciences.com

     

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    Le Lion (Leo) dans l'Uranographia de Johannes Hevelius (1611-1687), cité plus haut.

     

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    © Émily Balivet, La Force, XIe Arcane du Tarot.

     

    Sur ces notes oniriques, je vous souhaite un très joli mois d'août... Profitez bien des beautés de la saison estivale. Gros bisous les Ami(e)s !

     

     

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    Plume

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