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    Au 48 bis de la célèbre rue de Rivoli, dans le 4e arrondissement de la capitale, se dresse un immeuble dont la façade, plutôt discrète, est ornée de deux puissants atlantes. En 1905, ce lieu qui suscite hélas peu l'intérêt des passants remporta le Concours Annuel des Façades de la Ville de Paris.

     

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    Ce concours se déroula de 1898 jusqu'à la fin des années 1930, avec une interruption pendant la Première Guerre Mondiale. La Ville l'institua après le percement en 1897 de la rue Réaumur, axe important qui traverse les 2e et 3e arrondissements, en s'inspirant de concours mis en place à Bruxelles dans le dernier quart du XIXe siècle.

     

    De 1872 à 1876 et de 1876 à 1878, ces concours eurent pour finalité de « stimuler la reconstruction aux abords des boulevards du centre de Bruxelles en se débarrassant du cloaque issu des industries de la rivière Senne... » Si mes aminautes belges désirent déposer sous mon article des photos illustrant ce thème, j'en serais ravie...

     

    Les architectes bruxellois eurent la liberté de mettre en œuvre des compositions ornementales marquées par l'éclectisme et la fantaisie. Quant au concours parisien, il devait inciter les architectes à rompre avec ce qui était appelé « la monotonie de la façade haussmannienne ». Il a disparu pendant de longues décennies mais la Mairie de Paris a décidé de le rétablir, à l'initiative du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris et grâce au soutien de l'exécutif Socialiste.

     

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    En 1905, le 48 bis de la rue de Rivoli, conçu par l'architecte Auguste Joseph Laurent Garriguenc, s'est distingué grâce à l'élégante sobriété de sa façade, au langage harmonieux de ses lignes et par la présence des deux atlantes, imaginés par le sculpteur, graveur et médailleur parisien Sylvain Kinsburger (1855-1935).

     

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    Plutôt méconnu, Sylvain Kinsburger nous a laissé des œuvres de belle facture...

     

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     Le Faucheur, exécuté vers 1900 par la fonderie du Rongeant de Joinville et visible en Haute-Marne dans le parc des Grandes Promenades de Wassy. Photo © Ji-Elle.

     

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     Le Gouffre, œuvre de pierre, réalisée en 1933, qui se love dans le parc parisien des Buttes Chaumont. Photo © BikerNormand.

     

    De séduisants détails de cette composition sont visibles sur le blog de mon amie Véronique : La Parisienne et ses photos...

     

    http://laparisienneetsesphotos.eklablog.com/parc-des-buttes-chaumont-statue-gouffre-de-sylvain-kinsburger-a105893708

     

    Sylvain Kinsburger a également conçu des médaillons, des bustes et des bronzes, une figure monumentale appelée Le Courtisan (1911), un plâtre nommé Rêverie dont on a perdu la trace et dont il demeure un dessin, conservé au département des Arts Graphiques du musée du Louvre... Plusieurs de ses œuvres ne sont plus « localisées ».

     

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    Pour réaliser le décor du 48 bis de la rue de Rivoli, il s'est inspiré de sculptures de grands maîtres, en l'occurrence de Michel-Ange (1475-1564) et de Pierre Puget (1620-1694), appelé le Michel-Ange français.

     

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    Avec ses deux atlantes, l'un jeune et l'autre âgé, il a voulu rendre hommage à la puissance narrative des Esclaves de Michel-Ange, figures destinées à orner le tombeau du Pape Jules II (Jules Della Rovere, 1443-1513).

     

    Le projet somptuaire -et inabouti- de Michelangelo di Lodovico Buenarroti Simoni devait être placé au cœur de la basilique Saint-Pierre de Rome mais le cénotaphe construit a été installé dans l'église Saint-Pierre-aux-Liens. Parmi une quarantaine de statues, douze ou seize Esclaves étaient censés figurer à la base de l’œuvre et incarner les « mouvements » de l'âme humaine, prisonnière de la gangue du corps et soumise à de nombreuses turpitudes. Six effigies, empreintes de puissance tragique, furent commencées et non terminées. Quatre sont visibles à l'Académie de Florence et deux au musée du Louvre : le célèbre « Esclave mourant » et son pendant, « l'Esclave révolté ».

     

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    Esclave mourant, vers 1513, marbre, 229 cm. Louvre, au rez-de-chaussée de l'aile Denon (salle 4). Incarnation des « sensations » de l'âme et tension musculaire tellement audacieuse... Avec l'Esclave révolté, il suscita l'admiration de nombreux collectionneurs et attise, encore aujourd'hui, l'imagination des visiteurs...

     

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     Esclave mourant photographié en 1854 par Édouard Baldus (1813-1889). Épreuve sur papier salé à partir d'un négatif papier, ©photo musée d'Orsay / rmn

     

    La statue, pleine de sensualité, nous séduit par le déhanchement si particulier du corps et le jeu d'équilibre instable qui en émane. Les lignes de force sont tellement complexes qu'on ne sait ce qu'il advient du personnage : Évolue-t-il au creux d'un songe ? (On l'a longtemps appelé le Dormeur...) Réagit-t-il, entre deux rives, à quelque sollicitation mystérieuse ou s'endort-il à jamais ? Les « énergies » de son cœur et de son âme sont serrées par une bande d'étoffe mais il ne montre pas de souffrance. Il nous offre sa lascivité.

     

    Il est difficile de la voir mais à ses pieds, dans le bloc de pierre qui l'ancre à la terre des Hommes, Michel-Ange a ébauché la figure d’un singe brandissant un objet impossible à identifier. La dernière interprétation à ce sujet fait état d'une représentation des arts très en vogue à la Renaissance. Le singe incarnerait « l'Art Simia Naturae » soit l'art, imitation/singe de la nature...

     

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    La conception du tombeau du pape Jules II (dont voici l'une des nombreuses versions) s'étala sur une durée de quarante ans, à travers une profusion d'esquisses et de présentations de projets. Commandée à Michel-Ange en 1505 et élaborée jusqu'en 1545, l’œuvre, abandonnée plusieurs fois au profit des fulgurances visibles à la Chapelle Sixtine, traduit la complexité de l'esprit du maître, l'intensité hallucinée de ses recherches dans une infinité de domaines, ses rages d'ombre et de lumière...

     

    La statue la plus connue est sans conteste le Moïse, figure centrale du tombeau, mais les Esclaves, bien qu'écartés de la version définitive du monument, sont amplement passés à la postérité.

     

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     Moïse en marbre, sculpté en 1515 pour le second projet du tombeau de Jules II qui prévoyait deux étages sur les trois souhaités à l'origine. Le colosse devait figurer au sommet de l'édifice alors qu'il est exposé aujourd'hui, à hauteur de regard. Photo © Jörg Bitter Unna.

     

    Selon une conception philosophique d'origine médiévale, il est une émanation de « l'homme microcosme de l'univers ». Les cornes qu'il arbore semblent exprimer sa nature rayonnante de prophète (il y a confusion ou lien volontaire entre deux mots, karan : rayonnant et karen : cornu, dans la Vulgate, version latine de la Bible, écrite entre 390 et 405 par Saint Jérôme.) Le puissant drapé qu'il porte le relie à la terre, ses cheveux ondulent comme des flammes et les ondes fleuries de sa barbe évoquent les mouvements de l'eau.

     

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    Destinés à la seconde version du tombeau de Jules II (1513), les Esclaves dits « du Louvre » furent remplacés par les statues de Rachel et de Léa représentant « la vie contemplative » et « la vie active ». Michel-Ange offrit les deux effigies masculines, en 1546, à son ami florentin Roberto Strozzi (1520-1566) pour le remercier de l'avoir accueilli, malade, dans sa demeure romaine. Exilé quelques temps plus tard, Strozzi emporta les sculptures en France et il en fit présent, vers 1550, au roi François Ier (1494-1547).

     

    Ceux que l'on appelait autrefois « Les Prisonniers » (Prigioni) devinrent la propriété du Connétable Anne de Montmorency (1493-1567) et furent exposés dans deux niches de l'aile sud de la façade du Château d’Écouen, actuel Musée National de la Renaissance.

     

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    Portique des Esclaves, Écouen, estampe de Jacques Androuet du Cerceau (1510-1584).

     

    Pour la petite histoire, je prépare une série d'articles sur ce lieu que j'aime énormément. Habitant Sarcelles, le château et la forêt d'Écouen font partie intégrante de notre paysage. Nous y allons le plus souvent possible. Je prendrai donc grand plaisir à vous faire visiter, en 2018, le bois, la ville et le musée...

     

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    Un avant-goût de nos futures balades à Écouen...

     

    En 1632, les Esclaves entrèrent dans la collection du cardinal de Richelieu (1585-1642). Ils devinrent propriété de l’État en 1792 et furent transférés dans l’un des premiers musées de France : le Dépôt des Petits Augustins d’Alexandre Lenoir (1761-1839). On les installa au Louvre en 1794.

     

    Beaucoup d'encre a coulé quant à leur symbolique...

     

    Pour des esprits brillants de la Renaissance comme Giorgio Vasari (1511-1574) et Ascanio Condivi (1525-1574), tous les deux auteurs d'une Vie de Michel-Ange, ils ne signifiaient pas la même chose.

     

    Pour Vasari, ils étaient l'incarnation des provinces païennes conquises par la Papauté alors que Condivi (1525-1574), élève de Michel-Ange, voyait en eux une personnification des Arts Plastiques et des Arts Libéraux. Pour d'autres philosophes, ils évoquaient l'asservissement des arts après la mort de Jules II, puissant mécène et pour d'autres encore, ils illustraient une théorie platonicienne : celle du combat de l'âme entravée par les chaînes du corps et cherchant l'espoir d'une libération.

     

    Les Arts Libéraux ou base de l'enseignement antique sont formés de deux cycles : Le Trivium, qui comprend la Grammaire, la Rhétorique et la Dialectique, et le Quadrivium, qui constitue l'étude des Mathématiques à la fois terrestres et célestes, incluant l'Arithmétique, la Géométrie, l'Astronomie et la Musique.

     

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    Hommage de Sylvain Kinsburger à Michel-Ange...

     

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    Esclave rebelle, une expression du combat entre la fièvre du corps et les ardeurs de l'âme... Photo © Jörge Bitter Unna.

     

    Les Esclaves conservés à Florence, plus massifs et trapus que ceux du Louvre, sont contemporains de la fresque du Jugement Dernier (entre 1536 et 1541) à la Chapelle Sixtine. Avec la force des Titans de l'Antiquité, ils évoquent la révolte du corps contre la matière et le besoin viscéral de s'extraire de la gangue primitive.

     

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    Esclave s'éveillant, photo anonyme, domaine public.

     

    Émanation du talent du maître, expert en taille directe, démiurge qui modela le marbre et la pierre en partant du centre pour rejoindre, avec une fougue bien particulière, les extrémités du bloc choisi.

     

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    Esclave barbu, image Pinterest

     

    Peu représentés dans la gravure et le dessin, les Esclaves du Louvre ont su inspirer les artistes, sous d'autres formes, au fil des siècles...

     

    Admirons l'un des rares dessins, celui de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), auteur du groupe sculpté de l'Opéra Garnier intitulé La Danse et qui ne nous concerne évidemment pas ici...

     

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    Esclave rebelle, vu par Carpeaux, issu des collections graphiques du Louvre... Un autre dessin existe au musée Fabre à Montpellier mais il n'est pas accessible.

     

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    Interprétation de l'Esclave mourant par Manolo Nuñez Yanowsky (artiste espagnol né en 1942), dans les années 1990, au couronnement de la façade du commissariat de l'avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement de Paris.

     

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    L'Esclave mourant, réinterprété et « mixé » avec le célèbre David de Michel-Ange en 1883, dans le tableau du peintre préraphaélite Edward Burne-Jones (1833-1898) intitulé La Roue de la Fortune et conservé au Musée d'Orsay.

     

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     Fantaisie en bleue, 1962, signée Yves Klein (1928-1962). J'aime beaucoup le « point de vue » de Philippe Geluck, auteur du désopilant Chat, sur le bleu Klein (International blue Klein). Il serait obtenu en écrasant des Schtroumpfs et son secret de fabrication final serait conservé par Gargamel !

     

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    Sylvain Kinsburger admirait Michel-Ange mais il a également rendu hommage à Pierre Puget, dessinateur, architecte, peintre et sculpteur baroque qui s'est illustré dans les Jardins de Versailles.

     

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    Ornemaniste des Arsenaux Royaux et créateur d’œuvres comme Milon de Crotone ou Persée et Andromède, Puget a offert à la postérité les impressionnants atlantes de l'Hôtel de Ville de Toulon, la Force et la Fatigue, en 1656. La photo est dans le domaine public.

     

    Fils du géant Atlas, atlantes imprégnés d'un sens remarquable du tragique et du grandiose... Réalisés en pierre de Calissanne (pierre de Provence aussi prisée que le marbre de Carrare), ils sont accompagnés de symboles marins : conques, coquillages, flore océane... et leur gestes symbolisent ceux des portefaix, les porteurs de fardeaux, hommes qui débarquaient, sous le règne de Louis XIV, les sacs de céréales des bateaux.

     

    Ils décoraient l’ancien hôtel de ville qui fut rasé lors des bombardements en 1944.

     

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    J'ai beaucoup parlé de Sculpture et l'Architecture, me direz-vous ? Comme je l'écrivais au début de l'article, la façade est élégante et sobre, rehaussée d'ornements qui passeront à la postérité comme les petits disques situés sous les atlantes de la rue de Rivoli et qui seront appréciés, pour leur bel effet géométrique, deux décennies plus tard, dans le style Art Déco.

     

    L'architecte Auguste Garriguenc est peu connu mais son nom demeure associé au Concours des Façades de la Ville de Paris et l'on sait qu'il possédait une étude dans le IXe arrondissement de Paris, (au numéro 41 de la rue Taitbout).

     

    Voilà, j'ai vraiment « beaucoup parlé » dans cet article mais j'ai surtout pris plaisir à vous montrer ces statues et à vous conter l'histoire des Esclaves de Michel-Ange. Il est temps de poser plume et papier... Je m'éclipse en vous remerciant de votre fidélité... Gros bisous et pensées d'amitié !

     

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    Plume

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    C'est une belle rencontre, aux couleurs pimpantes, entre deux emblèmes de l'art de vivre sous le ciel de la capitale... En faisant du rangement dans mon ordinateur, j'ai retrouvé ces photos que je n'avais pas publiées. C'était en 2014 à Paris Plages. La Tour Eiffel fêtait ses 125 ans et la Chaise Bistro également, alors la société Fermob, créatrice de la fameuse chaise, en 1889, sur les bords de Marne, avait réalisé cette sculpture pour l'occasion.

     

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    324 chaises Bistro

    Se prennent pour la Tour Eiffel

    Elles se font fait la courte échelle

    Dans leur jolie tenue rétro

     

    Dame de fer au chant du ciel

    Qui aime se mirer dans l'eau

    Émaillée de rouge rebelle

    Aussi ardue qu'un Meccano...

                                          Cendrine

     

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    Constituée de chaises entremêlées, cette tour « mobile » a eu beaucoup de succès et ce qui m'a plu c'est la référence à la couleur originelle de la dame de fer car dans les premiers temps de sa construction, elle était recouverte d'une peinture rouge.

     

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    Aujourd'hui, on la repeint tous les cinq ans alors qu'au XXe siècle, on lui refaisait une beauté tous les sept ans. Des peintres spécialisés en alpinisme accomplissent ce travail impressionnant, épuisant et dangereux en dépit des précautions prises pour assurer leur sécurité. Au cours de leur ascension, les peintres peuvent signaler la présence de fissures ou des problèmes concernant les rivets et les boulons qui soutiennent l'ossature du monument.

     

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    Même si cela ne se voit pas depuis le sol, la Tour Eiffel est un nuancier de couleurs. Une couleur sombre habille les parties inférieures, une couleur plus claire est appliquée sur les étages supérieurs et plus on progresse vers les hauteurs plus la couleur s'éclaircit. Ainsi, sur les vues panoramiques, la tour se fond de manière esthétique dans le maillage architectural de la capitale.

     

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    Au premier étage, un boîte à suggestions permet aux visiteurs de donner leur avis sur le choix des couleurs, entre tons de brun, de marron et de bronze, associées aux futures campagnes de peinture.

     

    Au départ, la tour était à dominante rouge puis elle s'est parée d'un jaune ocre avant de de se « vêtir » de brun cuivré et de nuances de bronze.

     

    Le rouge originel était obtenu grâce à du fer rouge vif de Venise et à de l'huile de lin et comme il faut environ 50 tonnes de peinture pour peindre une surface de 250 000 m2, inutile de vous dire qu'on ne peut plus utiliser ce genre de matière première ! En 1889, il fallait 60 000 francs or pour assurer l'intégrité de la peinture pendant seulement une année !!!

     

     

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    Dame à l'Exposition Universelle de 1889, par Luis Jiménez Y Aranda (21 juin 1845-1er mars 1928), Meadows Museum of Art, Dallas.

     

    Le premier entrepreneur de peinture s'appelait monsieur Nourrisson. A l'origine du système de peinture en dégradé, il orchestra l'utilisation du fameux rouge de Venise.

     

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     Embrasement de la Tour Eiffel pendant l'Exposition Universelle de 1889, gravure en couleur offerte à Gustave Eiffel par Georges Félix Garen (1854-après 1912).

     

    En 1892, monsieur Rivière, un autre entrepreneur, s'occupa de faire lessiver la tour et de la recouvrir d'huile pigmentée à l'ocre jaune pour un coût de 57 000 francs or.

     

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    Tour Eiffel, par Robert Delaunay (12 avril 1885-25 octobre 1941).

     

    En 1899, on décida de faire repeindre la tour tous les 7 ans et cela dura tout au long du XXe siècle. Il y eut un flottement entre 1907 et 1917 en raison de la guerre puis les choses reprirent leur cours. L'année 2001 marqua un tournant avec l'application d'une peinture sans plomb dans un but de protection de l'environnement et en 2009, plusieurs solvants disparurent du mélange employé.

     

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     La Tour, (c) Miroslaw Scheib

     

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    Je vous avoue que j'aimerais bien revoir la tour Eiffel peinte en rouge, le rouge étant ma couleur préférée ! Mais quelle que soit sa couleur, sa mise en valeur au fil du temps a toujours été une réussite.

     

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    Initialement « désirée » comme une construction éphémère, l’œuvre est devenue l'emblème d'un défi technique et architectural. Avec ses 321 mètres, elle était, jusqu’à la construction du Chrysler Building à New York en 1930, le plus haut édifice du monde. Plus haute que les cathédrales, les pyramides et le monument le plus haut de son temps : l'obélisque de Washington qui ne mesurait « que » 169 mètres.

     

    A travers une myriade de polémiques, Gustave Eiffel a su faire en sorte que cette utopie de métal puisse prendre vie. La postérité a retenu essentiellement son nom mais la création de la tour n'est pourtant pas l'affaire d'un seul homme. A la tête d'un gros cabinet d'ingénieurs et d'architectes, ce brillant industriel avait déjà construit d'importants ouvrages en métal comme la gare de Budapest, un pont sur le Douro au Portugal, le viaduc de Garabit, dans le Cantal, en 1884 et l’armature de la statue de la Liberté envoyée à New York en 1885.

     

    Concernant la tour, il a su cristalliser le talent des ingénieurs Maurice Koechlin et Émile Nouguier et celui de l'architecte Stephen Sauvestre afin de perfectionner l'esthétique de ce « grand pylône » à la fois familier et qui a toujours des choses à nous apprendre.

     

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    Chimère d'acier que certains qualifiaient de squelette tant ils la trouvaient abominable et qui a réussi à défier le temps et la colère des esprits.

     

    Celle qui chevauche les modes fut taxée de monstre, de Tour de Babel, de gribouillis d'encre infâme sur le ciel de Paris. On voulut éclater « son corps de cheminée d'usine » alors que d'autres voyaient en elle une reine de puissance mathématique, un nouvel arbre de vie, une vigie des utopies...

     

    Entre 1887 et 1889, son audacieuse ossature jaillit d'un magma de gravier, d'un lacis de poutrelles métalliques, d'une forêt de boulons d'ancrage et de puissants arbalétriers. Elle fut inaugurée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889, et ouverte au public le 15 mai 1889, pour l'Exposition Universelle.

     

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    Poésie de la tour photographiée par temps gelé...

     

    Continuons d'aimer notre Tour Eiffel et de nous laisser séduire par ses broderies d'acier tellement aériennes !

     

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    Tour Eiffel, Robe Rouge, aquarelle, (c) Trish Biddle

     

    Je vous souhaite un bel été mes ami(e)s, avec de la passion, du bonheur, du repos et l'expression en chacun de nous des petits plaisirs du quotidien si précieux. Je voulais publier cet article hier (je n'ai pas pu), pour notre Fête Nationale et joindre mes pensées aux commémorations pour les victimes des attentats de Nice. Mes mots ne changeront pas grand chose mais des symboles comme notre Tour Eiffel nous montrent combien le fait de croire en soi et l'audace payent. Notre monde avance, bizarrement mais il avance et tant que nous resteront unis, nous préserverons le sens de notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité »...

     

    Je vous fais de gros bisous, prenez bien soin de vous !

     

    Des pensées également pour notre aminaute Linda et pour son cher Picasso, chat âgé de 22 ans qui s'en est allé la nuit dernière.

     

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    Plume

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