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    Dans une partie plus intime du jardin où papillonnent les rêveries des promeneurs, se dresse, sous les grands marronniers, un groupe sculpté en marbre blanc. Au fil de mes balades, j'y ai rencontré un fier matou en noble livrée !

     

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    Le monument dédié à Charles Perrault est une œuvre empreinte de poésie, née en 1908 sous le ciseau du sculpteur albigeois Gabriel Édouard Baptiste Puech (1854-1930), pour commémorer un maître de la littérature enfantine.

     

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    Dans ce théâtre de verdure, l’œuvre séduit par sa finesse esthétique, son élégance et par le sens du mouvement qui en émane. Commandée en 1903 à l'initiative de Jean Jaurès, elle fut placée au jardin des Tuileries en 1910.

     

    Elle se trouvait autrefois plus près du musée du Louvre, vers le Jeu de Paume. En 1998, elle a été déplacée et installée dans un endroit que l'on appelle «  Quinconces des Marronniers ».

     

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    Le buste de Charles Perrault domine une farandole de trois fillettes et l'un de ses plus célèbres personnages : le Chat Botté.

     

    Dans ce monde en vert et blanc, flotte un doux parfum suranné, mélange de rêverie intemporelle et de fantaisie de jadis. En m'enfonçant sous les arbres, je laisse vagabonder mon esprit et je songe à ces forêts mystérieuses, matrices des contes, où se lovent les peurs enfantines. Pas à pas, la féerie m'enveloppe et je salue d'un sourire le groupe virevoltant qui encercle la figure de l'écrivain.

     

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    Avec grâce et panache, le Chat Botté se dresse devant moi. L'ombre effleure son oreille découverte et sa cape de marbre est joliment animée.

     

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    Il arbore un feutre à plume et un collier de souris.

     

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    Bien chaussé dans ses bottes seyantes, les bottes de sept lieues, il incarne une figure folklorique très ancienne.

     

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    Facétieux et plein de ressources, ce chat est un Trickster, un farceur chaotique qui voyage à travers les différentes cultures et mythologies. Comme le Bateleur du Tarot, il est le maître des bonimenteurs. Il transfigure la réalité, métamorphose les apparences, façonne à l'envi les situations qui se présentent. Il joue avec la fortune. Il provoque le sort.

     

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    Magicien des mots, Charles Perrault (1628-1703) écrivit Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté à la fin du XVIIe siècle. En 1695, dans le manuscrit illustré intitulé Les Contes de ma mère l'Oye, publié chez l'éditeur Claude Barbin, parut le Chat Botté, personnage industrieux et haut en couleurs qui suscita un véritable engouement populaire.

     

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    Portrait de Charles Perrault, en 1672, par Philippe Lallemand (1636-1716).

     

     

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    Le Maître Chat ou le Chat Botté, 1695.

     

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    Tarot des Chats de Marseille, Le Bateleur ou Magicien.

     

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    Tarot des Chats de Marseille, le Roi de Deniers.

     

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    Tarot des Chats Bohêmes, Le Bateleur ou Magicien.

     

    Charles Perrault était le frère de Claude Perrault (1613-1688), architecte, médecin, mathématicien, auteur de la Colonnade du Louvre (façade de l'aile est du palais) et Contrôleur général des Finances et des Bâtiments de Louis XIV.

     

    Contre l'avis de Le Nôtre et grâce aux liens privilégiés qu'il entretenait avec Colbert, il obtint, comme en témoignent ses Mémoires, l'ouverture du Jardin des Tuileries au public. Il plaida à cet effet « la cause des enfants ».

     

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    Au Salon de 1908, Gabriel Pech reçut une médaille de première classe pour la création du modèle de son monument, un monument qui faillit être placé au Parc Monceau, au Ranelagh ou aux Buttes-Chaumont et fut finalement installé aux Tuileries.

     

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    On admire de ravissants personnages...

     

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    Trois petites filles qui font la ronde dans leurs atours de marbre blanc...

     

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    évoquant les phases de la lune dans le ciel étoilé...

     

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    Si vivantes...

     

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    Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté s'inspire d'un conte de fées italien appelé La Chatte de Constantin le Fortuné. L’œuvre figure dans le second volume du recueil Les Nuits Facétieuses de Giovanni Francesco Straparola (1480-1557).

     

    Une chatte emploie, de manière particulièrement savoureuse, la ruse et la tricherie afin d'offrir à son jeune maître désargenté la main d'une princesse. Le Conte de Perrault possède la même trame.

     

    Les deux histoires mettent en scène ce qu'on appelle un matagot ou chat d'argent, chat sorcier considéré comme un « chat des moissons » ou « esprit du grain ». Il stimule les forces magiques de la terre et transmet des richesses à un humain sur lequel il a décidé de veiller. Il incarne un ancien dieu de la fécondité qui accomplit, suivant un cycle de vie, de mort et de renaissance, des rituels associés au monde agraire. Ses aventures sont truffées d'éléments symboliques que l'on associe aux anciens cultes des animaux.

     

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    On rencontre des chats facétieux dans des contes de fée indiens, notamment dans le Kathâsaritsâgara (L'Océan des rivières des contes) et dans le Pañchatantra, recueil de contes sanskrits datant du Ve siècle après J-C.

     

    En 1634, un Chat Trickster apparaît comme le héros dans le Pentamerone du courtisan et poète napolitain Giambattista Basile (1566 ou 1575-1632). Le chat agit pour rendre riche un jeune mendiant du nom de Gagliuso.

     

    D'autres contes mettent en scène des chats ou des chattes plein(e)s de ressources qui n'hésitent pas à recourir à des moyens drôles et peu recommandables pour assurer la fortune de leur maître : un conte breton signé Mr Luzel et appelé « Le Chat et sa mère » ; un conte norvégien : « Seigneur Pierre » ou « le Palais aux piliers d’or », un conte danois. Dans plusieurs contes russes, le rôle du chat est interprété par un renard pourvoyeur en richesses mais ne nous éloignons pas...

     

     

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    Le Chat Botté (Puss in boots dans le monde anglo-saxon), par Carl Offterdinger (18829-1889), illustrateur allemand.

     

    Au fil du temps, le truculent félin n'a cessé d'inspirer les artistes (écrivains, peintres, dessinateurs, compositeurs, chorégraphes...) et à notre époque, il est revenu sur le devant de la scène avec une irrésistible parodie : le Chat Potté. Ce personnage apparaît dans le film d'animation « Shrek 2 ». On le rencontre aussi dans « Shrek le troisième » et « Shrek 4, il était une fin. » Il est le héros du film dérivé « Le Chat Potté » et une série de dessins animés lui est consacrée.

     

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    Chat Potté !!!

     

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    Sur les chemins du conte...

     

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    Image © Le Chat à Botter

     

    Un meunier meurt en laissant à ses trois fils son moulin, son âne et son chat.

    Le fils aîné reçoit le moulin, le second fils obtient l'âne et le troisième se retrouve doté du chat, ce qui lui occasionne un profond désespoir car il est persuadé de devoir vivre dans la misère.

     

    Mais le chat se révèle doué de parole et sous le regard ébahi de son maître, il demande à ce qu'on lui fournisse un sac et une paire de bottes. N'ayant rien à perdre, le jeune homme s'exécute et le chat, satisfait, part à la chasse. Il tue un lapin qu'il s'empresse d'aller offrir au roi, de la part de son maître qu'il a renommé « le Marquis de Carabas » !

     

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    Le chat et son maître par Carl Offterdinger (1829-1889).

     

    Chaque jour, son sac lui sert de piège pour prendre lapins et perdrix qu'il va remettre au roi. Il agit ainsi pendant plusieurs mois puis il décide de « mettre au point » une rencontre entre le souverain et son maître, le prétendu marquis.

     

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    Sachant que le roi doit se promener en bordure de rivière avec sa fille, une ravissante princesse, il invite le jeune homme à aller se baigner.

     

    Le roi paraît et pendant que le fils du meunier se trouve dans l'eau, le chat hurle :

    -Au secours, au secours, voilà Monsieur le Marquis de Carabas qui se noie !

     

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    Le Chat Botté, en 1867, par Gustave Doré (1832-1883).

     

    Reconnaissant le chat qui lui apporte du gibier chaque jour, le roi ordonne à ses gardes de secourir le marquis. Le chat prétend que des voleurs ont dérobé les vêtements de son maître et le roi fait offrir au fils du meunier un magnifique habit.

     

    Bien fait de sa personne, le jeune homme plaît à la princesse et le chat s'en réjouit.

     

    Le roi fait monter le « marquis » dans son carrosse et le chat court devant l'équipage. Dès qu'il rencontre un paysan, il lui intime l'ordre, sous peine d'être haché menu, d'affirmer au roi que les terres environnantes appartiennent au marquis. Il finit par arriver devant un somptueux château où vit un ogre...

     

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    Illustration de Gustave Doré, 1867.

     

    L'ogre est féroce mais le chat, qui évolue sans hésitation dans les lieux, le flatte par de subtils jeux de langage et titille son côté vaniteux. En minaudant, le chat vante le pouvoir de métamorphose de son hôte qui accepte de se transformer.

     

    L'ogre prend l'apparence d'un lion rugissant et le chat, qui pourrait jouer les effrayés, fait croire qu'il n'est pas très impressionné. Il dit à l'ogre qu'il le serait davantage si celui-ci se changeait en rat ou en souris. Il pourrait alors apprécier toute la puissance de son don... Piqué au vif, l'ogre rapetisse et devient une souris sur laquelle le chat se jette aussitôt. Ainsi, le seigneur du château finit dévoré !

     

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    Affiche de théâtre, inspiration 1928. © Le Chat à Botter

     

    Quand l'équipage royal parvient au château, le roi est ébloui par tant de magnificence et il est accueilli par le chat qui lui souhaite la bienvenue dans la demeure de son maître, le marquis de Carabas !

     

    Définitivement conquis, le roi accorde au fils du meunier la main de la princesse et le chat se retrouve gratifié d'une seigneurie.

     

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    Affiche de théâtre, 1894. © Le Chat à Botter

     

    Industrieux, chaotique, beau parleur... c'est ainsi que nous aimons ce Chat et l'engouement pour le conte, territoire initiatique, est toujours bien réel grâce à des films et à des expositions organisées dans les bibliothèques autour des contes de ma mère l'Oye, de Perrault et des frères Grimm, de la littérature de Colportage ou du Cabinet des Fées...

     

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    Le Chat Botté par Félix Lorioux (1872-1964).

     

    Le Cabinet des Fées (ou Collection choisie des contes de fées et autres contes merveilleux), recueil de contes en quarante et un volumes, compilé par le chevalier Charles-Joseph de Mayer (1751-1825) et publié à Amsterdam entre 1785 et 1789, regroupe les écrits d'une quarantaine de conteurs, parmi lesquels Charles Perrault, Madame d'Aulnoy, Mademoiselle Leprince de Beaumont, Mademoiselle de La Force, Mademoiselle Lheritier, Jean-Jacques Rousseau, le chevalier de Mailly...

     

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    Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Piet Mondrian (1872-1944), peintre néerlandais, pionnier de la Peinture Abstraite. Image © Le Chat à Botter.

     

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    Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Gustav Klimt (1862-1918), (1872-1944), maître de la Sécession Viennoise. Image © Le Chat à Botter.

    Je vous invite à cheminer à travers la sylve des très belles affiches d'inspiration rétro que vous pouvez découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous:

    lechatabotter.blogspot.com

    Merci à Bastien pour son sympathique message et bravo pour le talent!

     

    On trouve de très nombreux Chats Bottés au château de Breteuil, dans la vallée de Chevreuse, n'est-ce pas, ma chère Zaza (merci pour les beaux articles sur ce château) !!! Et merci à mon amie Laure pour les jolies photos d'un facétieux félin et nos échanges...

     

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    Le monument à Charles Perrault offre une belle occasion de se replonger dans un univers d'enfance et de voyager entre les mondes, en compagnie d'un Maître Chat ! Je veux ajouter que le groupe sculpté apparaît dans un petit livre intitulé « Qui a volé la main de Charles Perrault ? »

     

    D'après le synopsis de ce thriller pour enfants signé Claudine Aubrun et paru dans la collection Mini Syros, « Au jardin des Tuileries, la main d'une des statues du monument dédié à Charles Perrault ne cesse de disparaître... Nino, qui a le bras dans le plâtre, mène l'enquête. En voudrait-on au célèbre écrivain ? »

     

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    Merci de vos attentions et de votre fidélité, je vous souhaite un très joli Printemps, avec mes pensées d'amitié !

     

    Félinement vôtre !

    Plume

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    Hans Anderson Brendekilde (1857-1942), Le jardin japonais, vers 1900. Cet artiste danois, orienté vers le réalisme, excellait aussi à peindre les « effets d'atmosphère » et le rouge automnal.

     

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    J'aime profondément l'Automne. La Nature nous conte ses couleurs précieuses tout en glissant vers le plus doux et mystérieux des sommeils, celui de l'Hiver. Laissons-nous happer par cette alchimie de sortilèges chauds et sucrés...

     

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    Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953), artiste symboliste. Coup de vent, 1910.

     

                              Poésie d'Automne

                              Sous les platanes féeriques

                             Drapé dans sa robe de sang

                             Flamboyant et fantomatique

                             L'automne danse avec le vent

     

                             Feuilles d'or mat qui caracolent

                             Entre les ombres mélangées

                             Passe une rouge farandole

                             Au sillage étrange et sucré

     

                             Elle s'est enivrée de lumière

                             La nymphe des soirs mystérieux

                             L'été s'endort et si légère

                             Elle suit le cortège des dieux

     

                             Emportée par les mots sauvages

                             Et le temps qui pulse à rebours

                             Dans le crépitement volage

                             Des bacchanales de velours

     

                             Sous la pâlissante ramure

                             De la clairière au chant vermeil

                             La coupe des heures obscures

                             Aimante le feu du sommeil

     

                             Elle papillonne et s'aventure

                             Sur la mue rousse du chemin

                             L'automne dans sa chevelure

                             Souffle la pourpre et le carmin...

     

                                                       Cendrine

     

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    Lucien Lévy-Dhurmer, Automne, vers 1900.

     

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    Régalez-vous de mille et un trésors, de petits riens, d'instants voluptueux et de couleurs enfiévrées...

     

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    De la rouille des marronniers à la soie rose et parme des dahlias, l'Automne s'enracine dans le paysage.

     

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    Premières feuilles métamorphosées dans la lumière d'or... (Je n'ai pas « saturé » le bleu du ciel, les couleurs sont naturelles.)

     

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    Enivrons-nous de cette éphémère beauté...

     

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    Je vous souhaite un très bel Automne! Merci de votre fidélité...

     

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    La feuille sur l'océan des rêves... (Illustration de Joséphine Wall.) Image20.gif

    Plume

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  • (L'univers enchanté de Joanna Sierko-Filipowska)

     

    BLOG EN MODE BUISSONNIER

     

    Je vous souhaite un très bel été!

     

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    Le Temps

     

    La nuit était profonde, je papillonnais sur la toile et mon regard s'est posé sur une oeuvre à l'étrange beauté qui avait capturé l'essence des fleurs et les sortilèges de l'instant. J'ai retrouvé l'émotion ressentie en découvrant, il y a quelques années, les tableaux de cette artiste polonaise, créatrice d'une troublante « fantasy ».

     

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    Ange du mystère

     

    Elle glisse sur l'or des chemins

    Patinés de mélancolie

    Où les nuages de satin

    Soufflent d'étranges broderies

     

    Parée de ciel aux feux d'aurore

    Amante du sauvage É

    Nue sous des lèvres carnivores

    Ou vêtue d'ombre ensanglantée

     

    Spectrale en ce jardin secret

    Où les papillons du sommeil

    Attisent la flamme sucrée

    En étouffant son cri vermeil

     

    Elle se dévoile au vent des neiges

    Moitié sorcière et moitié fée

    L'horizon bleu se désagrège

    Au chant de sa féminité

     

    Fièvre de lune en ses prunelles

    Couleur de foudre et de forêt

    Les roses tremblent à son appel

    Elle vampirise leur baiser...

     

                                  Cendrine

     

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    Quelques renseignements biographiques

     

    http://www.joannasierko.pl/

     

    Joanna Sierko-Filipowska est née le 13 février 1960 à Byalistok, en Pologne. Elle a reçu son diplôme de l'Académie des Arts Graphiques du département des Beaux-Arts de Varsovie en 1985 et a travaillé sa technique picturale au Studio des Arts Graphiques du professeur Halina Chrostowska (1929-1990), l'un des maîtres de l'estampe dans les années 1970.

     

    Son oeuvre est le fruit d'une alchimie puissante entre symbolisme et réalisme. Elle met en scène des personnages énigmatiques dans des paysages où se mélangent des tons mystérieux, tantôt chauds, tantôt froids ou profondément « incertains ».

     

    Son imaginaire romantique et élégant façonne le monde, les heures, les saisons, les paysages, le temps et donne vie aux anges et aux représentants du Petit Peuple: elfes, lutins, fées...

     

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    Pêcheur de solitude

     

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    Le marin de la solitude

     

    Au rythme des saisons

     

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    Le réveil des meules de Nieborów

     

    Les saisons dansent. L'hiver fond doucement.

    Les forces de fécondité se raniment et la fiancée de l'été apparaît comme un rêve dans sa robe gorgée de lumière et de rosée.

    Son parfum caracole à l'orée des bois sombres où se tapissent les créatures du froid.

     

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    Adoration du Printemps

     

    Le Petit Peuple des légendes ou smäfolk des pays scandinaves, démiurge et gardien des forces de la Nature en pleine éclosion.

     

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    Été, saveurs d'enfance

     

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    A la croisée de l'automne et de l'hiver, les citrouilles de Samain/Halloween aux graines fécondes deviennent de mystérieuses lanternes orangées.

     

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    Automne

     

    Rayonnante, dans son magistère doré, sous les arbres dont le déclin façonne une voluptueuse alchimie de couleurs et de reflets.

     

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    Hiver, la reine des sortilèges, radieuse et sensuelle dans ses voiles diamantés.

     

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    Dans le parc, broderies enneigées, spirales mélodieuses...

     

    Les amoureux

     

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    Premiers émois sous des arceaux de roses, dans la ronde enchantée de l'air et des parfums. Bonheur secret, l'instant rayonne mais déjà se fanent les premiers pétales. Il faut cueillir le jour dès qu'il nous offre sa beauté.

     

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    De capiteux secrets, entre soleil et ondée, frissonnent au royaume des fleurs.

     

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     Art mystérieux, féeriques glacis, rencontre de l'enfance et de l'éternité...

     

    A la lisière des brumes, quand le paysage se fond dans les songes de la matière, l'âme se contemple à travers les sortilèges du ciel.

     

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    Et vogue l'iris... Barque brimborion sur les eaux de l'Autre Monde, nef ensorcelée...

     

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    Paysages enchantés

     

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    Jardin d'Éden après l'orage, la Nature est gourmande...

     

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    Été, le dîner inachevé

     

    Magie de l'instant, réminiscence d'un rendez-vous amoureux, sensuel aparté sous un lustre féerique entre des ombellifères géantes.

     

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    Hiver, le dîner inachevé

     

    Effets de plume et de cristaux, rutilances et transparences, draperie abandonnée...

     

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    Dans ce jardin où règne la luxuriance, les roses sont profondément sensuelles et les fruits rouges ressemblent à des joyaux. Symboles de fécondité, les grenades offrent leur chair juteuse et leurs graines rubis. Elles sont associées aux déesses des mystères: Cybèle, Perséphone, Déméter, Astarté, Aphrodite, Héra, Athéna... Leur suc rouge est né du sang de Bacchus, le dieu de l'ivresse. Des nymphes à la peau parfumée, les Rhoai, veillent sur les fleurs écarlates du grenadier.

     

     

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    Énigmatique féminité

     

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    La plume perdue

     

    Une envoûtante palette de gris se déploie sur des notes de rose cendré. La lumière ruisselle, avec une farouche intensité, dans les plis de la robe.

     

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    Plumes ravies aux couleurs de l'atmosphère, à la mélancolie des nuées...

     

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    Mi-ange mi-banshee, la belle nous attire, avec les sortilèges de la pomme, dans la toile du féminin sacré.

     

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    Métamorphose de la pomme en escarpin à la peau rubis, friandise réelle et fantasmée...

     

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    Dualité, gémellité

     

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    Rhapsodie en bleu majeur

     

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    Quintessence

     

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    Dans le sillage des esprits...

     

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    Le cygne, oiseau des Muses et des déesses de la fécondité, messager de la lumière, attribut d'Apollon, le dieu solaire et incarnation de Zeus pour séduire Léda. Dans les légendes du Nord, de mystérieuses femmes-cygnes ont le don de prophétie et se métamorphosent en fonction des cycles de la lune...

     

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    Soleil de Septembre

     Le dindon représente la force du partage et la connaissance des secrets de la terre. Symbole d'abondance, il était considéré comme sacré par les anciens peuples chamaniques.

     

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    Réminiscence

     

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    Récoltes d'hiver

     

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    Autoportrait

     

     

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    Récurrence des souliers bleus, de la draperie et du papillon, émanation de l'âme et de la psyché du personnage. Une Cendrillon, mi-ange mi-farouche qui apparaît sur le bord du chemin.

     

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    Les Papillons

     

    Les papillons hantent les créations de Joanna Sierko-Filipowska. Souvent solitaires, ils semblent, dans certaines oeuvres, se multiplier à l'infini.

     

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    Symbole d'évanescence et de beauté délicate, le papillon incarne le mystère des métamorphoses et les apparences que nous revêtons, au fil de l'existence.

     

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    Né de l'étrange chrysalide où s'élabore l'alchimie de la vie, traduisant par son vol le cheminement de l'âme à travers le ciel et les lieux sacrés, le papillon est un être psychopompe et l'émissaire d'Hypnos, le dieu des rêves, appelé Somnus en latin.

     

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    Arrosage du jardin des rêves

     

    Les êtres chimériques sont fréquemment représentés avec des ailes de papillon. Le papillon (psyché en grec, papilio en latin) fut sculpté sur les tombes anciennes, célébré par les poètes antiques et consacré aux divinités gardiennes des portes, des songes et du temps. Incarnation de l'âme, il voltige au vent du destin.

     

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    Au Japon, le papillon est associé aux cycles de la féminité. Il est également considéré comme un symbole d'amour et de bonheur conjugal.

     

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    En Chine, le papillon est un séducteur, il incarne un esprit du désir qui aspire le suc des fleurs et les fluides féminins. Fantôme aux changements de saison, il peut jaillir d'une tombe et déployer ses ailes turquoises, vertes ou blanches veinées d'argent. Représenté sur une fleur de prunier, il annonce le bonheur et la longévité.

     

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    Rêve

     

    Les tribus Aztèques vénéraient le papillon, emblème du dieu Xochipilli, le seigneur de la Végétation. Il était le feu qui danse, la flamme douce et la vitalité solaire (papalotl). La déesse Itzpapalotl, esprit nocturne des étoiles flamboyantes, était représentée par un papillon « bordé de couteaux de pierre ». Il était aussi le symbole de l'âme des parturientes défuntes.

     

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    En relation avec les fluides de mort et de vie, le papillon est un symbole profondément érotique, un émissaire des rêves les plus complexes Dans la peinture victorienne, à l'instar de la chauve-souris, il apparaît comme le compagnon des sorcières et des fées.

     

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    Dans de nombreuses traditions, un papillon porte les voeux quand on souffle sur ses ailes...

     

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    « La plume de l'écrivain est aux pensées ce que le filet du chasseur est aux papillons ». Paul Carvel, écrivain et éditeur belge né en 1964.

     

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    « Papillon, ce billet doux plié cherche une adresse de fleur. » Jules Renard (1813-1877).

     

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    « Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d'invention et de fécondité. » George Sand (1804-1876), Contes d'une grand-mère, 1875.

     

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    La draperie aux papillons

     

    Dans le sillage écarlate d'une héroïne de conte de fées...

     

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    Invitation pour le thé

     

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    Allégorie du Temps et des Secrets

     

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    Vénus au creux de l'étang

     

    Sur ces notes de vert enchanté, je m'éclipse en vous souhaitant de très belles nuits et de rayonnantes journées d'été...

     

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    Merci de votre fidélité!

     

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    Gros bisous lumineux et sucrés!

     

     

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    Plume

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    Velours et spasmes d'écriture

    Je réponds à l'invitation de Sophie qui a fêté l'anniversaire de son blog « Sur des Ailes de Papier » et proposé à ses amies de se « définir » à travers quelques objets familiers.

     

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    Ce qui me caractérise le plus: Incontestablement les carnets et les stylos que je collectionne depuis l'enfance et que j'utilise de manière passionnée voire compulsive! Il m'arrive très souvent de m'endormir un carnet à la main et de glisser des petits bouts de papier sous mon oreiller. Je ne vous montrerai qu'une partie de mes « trésors » mais vous comprendrez aisément pourquoi mon mari m'a donné, entre autres surnoms facétieux, celui de « mange-papier »...

     

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           Le Parchemin

     Dans le feu et la glace

    Veinés de passion pure

    Mes secrets s'entrelacent

    Ma plume s'aventure

     

    En syllabes de soie

    Entre jeu et morsure

    Papillonnent mes doigts

    Sur ta peau d'écriture

     

    Je glisse au fil des mondes

    Un parfum me capture

    M'emporte dans sa ronde

    Entre clair et obscur

     

    Mots de fièvre et de vent

    Brodés sur l'encolure

    De ce rêve troublant

    A fleur de signature

     

    Muse aux lèvres d'argent

    Mes désirs sont diaprures

    Grimoire des amants

    Contre toute censure...

     

                           Cendrine

     

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    Caresser le papier, matière puissamment sensuelle, c'est s'ouvrir à un florilège d'émotions qui deviennent flammes créatrices. Dans l'écriture il y a la partie brute, instinctive, « veinée de passion pure » et le travail d'orfèvre, l'art de ciseler encore et encore la matière sauvage en tenant compte des caprices des mots, de leurs mélodies changeantes, de leur folie passagère...

     

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    Encres et flacons mystérieux, mues de papier et songes que j'effeuille...

     

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    Dragon qui me contemple, gardien de mes secrets en feu.

     

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    Larmes d'inspiration, que j'aime votre sillage doré!

     

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    Quand mon écriture féline file sur des toits imaginaires, la passion m'emporte, à la brune, dans ses maraudes facétieuses, et les mots en fièvre sont pure délectation.

     

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    Le début d'un poème, paysage de fascination où frissonne la magie de l'instant...

     

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    Voici l'un de mes « duos » préférés: petit grimoire à la peau douce et stylo plume en bois de hêtre.

     Le hêtre, arbre de la connaissance écrite, est appelé « book-tree » dans les pays anglo-saxons. Cet « arbre à livres » est aussi celui des balais de sorcières (sachant que bien d'autres bois sont associés à la magie et à la sorcellerie), des rondes de fées et des créatures fantastiques. Arbre des runes, des voeux et des rêves, arbre des pouvoirs de l'écrit dont je vous reparlerai avec grand plaisir lorsque je publierai un article consacré aux vieux hêtres de Paris.

     

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    Fée d'argent qui chevauche le rose poudré des fleurs de cerisier...

     

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    Lion de jade talisman, confident miniature qui m'accompagne dans mes rêveries d'écriture.

     

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    Petite kokeshi dans ses atours de Printemps.

     

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    Belle d'hiver signée Alfons Mucha (1860-1939), artiste emblématique de l'Art Nouveau.

     

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    J'associe ce carnet à des arômes de vanille, de cannelle et de chocolat chaud, sans oublier l'encens qui déploie ses volutes balsamiques dans ma bulle d'écriture...

     

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    L'Améthyste de Mucha, énigmatique et rayonnante de sensualité... La couverture idéale pour une poésie « à fleur de peau ».

     

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    L'Emeraude et sa magie ophidienne...

     

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    Outre les stylos et les carnets, je collectionne les tampons décoratifs.

     

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    J'aime les carnets, les plumes, les stylos, les moirures de l'encre et le parfum des mots. J'aime aussi passionnément les livres. Je passe de longues heures devant l'ordinateur mais rien ne saurait remplacer le lien merveilleux qui unit mes doigts, mon coeur et mon esprit aux courbes du papier.

     

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    Quand j'ouvre un de mes carnets, je songe très souvent à cette phrase de Jules Supervielle (1884-1960):

     

    « Faire en sorte que l'ineffable nous devienne familier tout en gardant ses racines fabuleuses. »

     

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    Le papier contient l'âme du bois et la mémoire magique des anciennes forêts. J'ai de nombreux carnets en papier recyclé. Je n'oublie jamais que les arbres nous offrent, outre leur sagesse et leur beauté, une matière précieuse.

     

    Je vous remercie de votre fidélité, chers aminautes, et je vous envoie de gros bisous. Merci à Sophie pour sa gentillesse et pour sa belle idée. Joyeux « anniblog » et une myriade de caresses pour Norma, adorable féline qui vient de fêter ses un an!

     

    Cendrine

     

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    Plume

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    Gaetano Bellei (1857-1922), The Masquerader

     

    Au premier souffle du Printemps

    Je caracole et je m'effeuille

    Un peu, beaucoup, passionnément?

    Oh oui surtout passionnément!

    Bélier je suis, j'aime le rouge

    Et les couleurs en liberté

    Je suis féline et femme enfant

    Je danse sur le corps du vent

    Mes émotions en giboulées

    Jaillissent aux lèvres de l'instant

    J'aime la nuit et ses secrets

    Jouir de la vie espièglement...

     

    Cendrine

     

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    En ce 15 avril, je souffle avec joie et gourmandise mes quarante-deux bougies...

     

    L'autre jour, je regardais des photos avec une amie. Amusée, elle a trouvé quelques similitudes entre mon sourire et celui de la jeune femme en rouge du portrait. Nous nous sommes alors imaginées, « héroïnes » d'un bal masqué, une petite fantaisie sans prétention...

     

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    Je lève mon verre rempli de frissons d'or et de bulles fruitées à celles et ceux qui fêtent leur anniversaire. Je vous embrasse bien affectueusement!

     

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    Plume

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