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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

     

    Pour célébrer l'Automne qui commence à dessiner ses couleurs et à répandre ses parfums dans le paysage, j'ai choisi une beauté sculpturale, émanation du Féminin Sacré, et un poème dont les mots fondent sur les lèvres comme des notes imprégnées de gourmandise...

     

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    Je souhaite la bienvenue à la Saison Nouvelle avec une poésie aux couleurs d'enfance, écrite par Pierre Gamarra (1919-2009).

     

    « Graine de pomme dans ma main,

    Goutte brune, tendre pépin,

    Je tiens le pommier dans ma main.

     

    Je tiens le tronc et les ramures

    Et les feuilles et les murmures,

    La chanson des oiseaux vivants

    Et les mille routes du vent.

     

    Graine fine, pépin léger,

    Dans ma main, je tiens le pommier,

    Pépin menu, graine fragile,

    Si je te jette au sol profond,

    Par dessous les pluies et les neiges,

    Voici les fleurs, voici les fruits,

    La lune sur les pommes bleues,

    Le soleil sur les pommes rouges,

    Et mon coeur qui bouge, qui bouge

    Dans la romance des pommiers. »

     

    Pierre Gamarra s'est illustré comme poète, romancier, fabuliste, journaliste, enseignant. Amoureux des mots, de la liberté créatrice, de son Occitanie natale (il vit le jour à Toulouse) qui chante dans ses vers, ses phrases, ses publications.

     

    En lutte contre les oppressions, il a célébré l'enfance, période de tous les possibles, une période à préserver, à chérir et il a cristallisé sa vie et son art autour de son engagement de Résistant.

     

    Il fut aussi chroniqueur littéraire, encyclopédiste, conseiller municipal... Il œuvra pour la promotion de la littérature auprès d'une grande variété de publics.

     

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    Puissante et gracieuse, la Femme aux Pommes se dresse devant le Sénat, le long de parterres fleuris, dans le Jardin du Luxembourg. Créée dans le cadre de l'Exposition Universelle de 1937, elle offre aux promeneurs ses formes sensuelles et ses muscles marqués. Illustrant la volonté d'unir les Peuples, elle représente l'Espoir que la Guerre ne vienne pas. Elle apparaît comme une messagère, émissaire de Paix.

     

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    A l'instar des Déesses Antiques, elle livre aux regards sa nudité triomphante et de ses courbes irradie le talent de son auteur, Jean Terzieff (1894-1978), un sculpteur né à Bucarest et qui repose au cimetière du Montparnasse.

     

    Fondé en 1987, le Prix de Sculpture Jean Terzieff est une récompense de prestige honorant un artiste qui fit ses classes à l'école des Beaux-Arts de Bucarest avant de s'installer, en 1919, à Paris. Dans la capitale, Jean Terzieff devint l'élève des maîtres Antoine Bourdelle (1861-1929) et Ossip Zadkine (1890-1967). Il épousa Marina Terzieff (1905-1988), une brillante plasticienne, et de leur amour naquirent l'acteur Laurent Terzieff, la plasticienne Brigitte Terzieff et la réalisatrice Catherine Terzieff.

     

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    La Femme aux Pommes se présente comme une antithèse d'Eris, la Discorde, fille de la Nuit et petite-fille du Chaos. Eris engendra le Léthé, la source des Enfers où les âmes des Défunts se désaltéraient pour oublier les souffrances de leur vie passée. La Femme aux Pommes invite les passants à réfléchir aux conséquences des conflits armés et à choisir la Vie, toujours la Vie, comme source d'inspiration privilégiée.

     

     

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    La pomme est l'attribut des déesses et surtout d'Aphrodite/Vénus, déesse fondatrice et suzeraine de l'Amour aussi bien spirituel que physique. Un fruit sacré, riche de magie que l'on retrouve dans différentes scènes mythologiques. Pommes d'or du merveilleux jardin des Hespérides, délices qui sont selon les versions et les auteurs des oranges ou des coings mais qui font référence à la pomme en tant que symbole de vie et de fécondité. Pommes des Vergers de Pomone, la sensuelle déesse des fruits, pommes féeriques de la mythique Avalon, dans les légendes arthuriennes...

     

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    La pomme a tant de saveurs... Elle enchante les papilles aussi bien que l'esprit ! Dans l'Antiquité, le Pommier était considéré comme l'arbre de la jeunesse, de la beauté, de la vie éternelle. La pomme est un fruit riche de merveilles qui fut rendu maléfique dans la Bible et dans plusieurs contes de fées où on lui attribue une chair empoisonnée.

     

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    Emblème des déesses de l'Amour et de la Fécondité, la pomme en ses rondeurs est un concentré de bienfaits, un symbole de vie, de mort initiatique et de renaissance après la traversée de mondes mystérieux.

     

    La pomme recèle en sa chair savoureuse la puissance ésotérique du nombre 5 car lorsqu'on la coupe dans le sens de l'horizontalité, on aperçoit cinq pépins placés en forme d'étoile.

     

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    Le Pommier Cultivé est l'héritier des vertus médicinales et magiques du Pommier Sauvage (Malus sylvestris), un petit arbre fruitier, disséminé dans les haies, les bois et les forêts, qui peut atteindre 10 à 12 mètres de hauteur.

    On le reconnaît à son écorce brun/ gris, gerçurée et écailleuse et à ses fleurs très odorantes et mellifères qui sont appréciées par les insectes. Il donne des petites pommes jaune verdâtre d'une grande amertume qui servent à la fabrication de verjus, une sorte de vinaigre et périodiquement des pommes rouges rubis, croquantes et acidulées.

     

    Dans son bois brun clair à brun rouge, très résistant, utilisé en ébénisterie, on sculptait traditionnellement des figurines sacrées et des poupées magiques.

     

    Dans le monde agraire, les baguettes de pommier étaient réputées favoriser les récoltes, rendre le sol fertile, fortifier l'herbe, les graines et les fleurs. Des rituels se perpétuant de génération en génération invitaient à les passer au-dessus de l'herbe ou de la terre en prononçant le mot « robin ». D'après les anciens grimoires, il est préférable de les cueillir en août, un vendredi de lune montante, au lever du soleil.

     

    Quant à la pelure de pomme, elle est associée dans le contexte des fêtes folkloriques de l'automne à des rituels de magie amoureuse. A la clarté de la lune, on pèle une pomme au-dessus d'un récipient rempli d'eau et on pose un long morceau de peau sur la surface liquide. Les yeux mi-clos, on se concentre sur ses envies amoureuses et en ouvrant les yeux, on regarde la pelure qui est censée former l'initiale du prénom du futur époux ou de la future mariée.

     

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    Je prends plaisir à vous souhaiter un délicieux Automne, chers Aminautes. Prenons bien soin de nous et de ceux que nous aimons. Savourons fruits et parfums, butinons les fleurs de la saison en ses métamorphoses... et que le vent souffle vers vous un florilège de gros bisous !

     

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     Roses d'Automne en leur beauté...

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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

    En ce mardi 1er septembre, veille de Pleine Lune où les couleurs du temps annoncent l'Automne, j'ai été séduite par un poème romantique, une gourmandise littéraire concoctée par le poète André Lemoyne (1822-1907).

     

    Rêve d'Oiseau

     

    « Sous les fleurs d'églantier nouvellement écloses,

    Près d'un nid embaumé dans le parfum des roses,

     

    Quand la forêt dormait immobile et sans bruit,

    Le rossignol avait chanté toute la nuit.

     

    Quand les bois s'éclairaient au réveil de l'aurore,

    Le fortuné chanteur vocalisait encore.

     

    Sous les grands hêtres verts qui lui filtraient le jour,

    La reine de son cœur veillait au nid d'amour.

     

    Dans le berceau de mousse il revint d'un coup d'aile,

    Impatient alors de se rapprocher d'elle.

     

    Puis le maître divin dormit profondément...

    Mais parfois il chantait dans son rêve en dormant.

     

    « Les yeux fermés, il pense encore à moi, » dit-elle,

    Heureuse d'être aimée, heureuse d'être belle. »

     

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    Issu du recueil intitulé « Chansons des nids et des berceaux » (1896), Rêve d'Oiseau était dédié à une demoiselle nommée Berthe Wells.

     

    André Lemoyne était poète, romancier, bibliothécaire, également avocat au Barreau de Paris, typographe, correcteur de caractères, publicitaire dans les milieux littéraires... Esprit brillant et touche à tout, il adorait les oiseaux, symboles de liberté, capables de s'élever au-dessus des problématiques et des contrariétés humaines. Il voyait à travers les oiseaux les possibilités d'une vie plus simple et riche de nombreux bonheurs à préserver ainsi que la capacité à fuir, à tire-d'ailes, la souffrance et les conflits, nés de la guerre surtout.

     

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    Je prends plaisir à associer au charme de ses mots des photos d'oiseaux et quelques notes fleuries...

     

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    Instants de rêverie privilégiés alors que viennent doucement mais sûrement les tons précieux de l'automne et la rouille des roses. Les pétales, de ci de là, se caramélisent mais il y a encore des bourgeons et des petits oiseaux qui profitent de l'atmosphère...

     

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    J'ai cueilli ces photos entre pluie et soleil. C'est un temps que j'aime, un territoire changeant avec des étoiles soyeuses à contempler.

     

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    Le rose poudré des dahlias m'a enivrée...

     

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    Une fièvre rose à butiner...

     

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    Un peu loin, j'ai été séduite par une anémone du Japon en parure de soie rose mauve.

     

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     Ses sœurs tentaient de résister dans le vent, le temps bien plus froid et les bourrasques de pluie venant de temps à autre...

     

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     Celle-ci était bien délitée alors j'ai fait un vœu en imaginant que les pétales envolés puissent l'emporter très haut dans le ciel...

     

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    Je souhaite un bon courage à celles et ceux qui reprennent les chemins du travail, de l'école, de leurs activités... Je vous dis merci de votre fidélité, chers Aminautes, et je vous adresse avec Amitié ce « Rêve d'Oiseau »...

     

    Prenez bien soin de vous !

     

     

    Plume

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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

    J'ai choisi un poème de Claude Roy (1915-1997) qui célèbre les charmes de l'eau, la beauté enivrante d'une rivière, territoire de vie, de magie, de rêverie... Je l'illustre avec des photos d'une Nymphe incarnant les principes guérisseurs et salvateurs de l'élément aquatique.

     

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    La Rivière endormie

     

    « Dans son sommeil glissant l’eau se suscite un songe

    Un chuchotis de joncs de roseaux d’herbes lentes

    Et ne sait jamais bien dans son dormant mélange

    Où le bougeant de l’eau cède au calme des plantes

     

    La rivière engourdie par l’odeur de la menthe

    Dans les draps de son lit se retourne et se coule

    Mêlant ses mortes eaux à sa chanson coulante

    Elle est celle qu’elle est surprise d’être une autre

     

    L’eau qui dort se réveille absente de son flot

    Écarte de ses bras les lianes qui la lient

    Déjouant la verdure et l’incessant complot

    Qu’ourdissent dans son flux les algues alanguies. »

     

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    Poème de Claude Orland, nom de plume Claude Roy (1915-1997). Ce monsieur était un esprit brillant, un polygraphe* et un polymathe* : poète, romancier, chroniqueur littéraire, journaliste, essayiste, historien d'art, auteur de contes pour enfants...

     

    https://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-roy/

     

    *Polygraphe : Nom fondé à partir des mots grecs « polugraphos/poly » signifiant « plusieurs » et « graphos » désignant « l'écriture ». Ce nom évoque un auteur qui écrit à propos d'une grande variété de domaines.

     

    *Polymathe : « Celui qui a étudié en grande quantité » est considéré comme un « Génie Universel ». La polymathie désigne « la connaissance approfondie d’un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences. »

     

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    Au-delà du poème qui évoque l'eau, sa beauté, sa sensualité, ses pouvoirs, ses mystères... retour sur l'histoire d'une fontaine couronnée par une Nymphe.

     

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    Le monument, appelé Fontaine des Pharmaciens ou Fontaine Pelletier et Caventou, se dresse à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue de l'Abbé de l'Épée, sur la place Louis Marin, dans le 5e arrondissement de Paris.

     

    La Nymphe du lieu, dotée de vertus protectrices contre les épidémies, représente les eaux guérisseuses. Je l'avais évoquée il y a quelques années et vu le contexte sanitaire, je la trouve fortement d'actualité.

     

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    Appelée aussi Allégorie de la Guérison, la Nymphe a été sculptée en 1951 par Pierre-Marie Poisson (1876-1951), un artiste dont le travail, fondé sur une recherche de pureté lisible à travers la puissance et la simplicité des formes, peut être admiré en Province et en divers endroits de Paris.

     

    La fontaine, inaugurée le 2 mars 1951, rend hommage à deux esprits brillants, personnalités incontournables du monde de la pharmacie : Joseph Bien Aimé Caventou (1795-1877) et Pierre-Joseph Pelletier (1788-1842) qui furent à l'origine de l'obtention de la Quinine.

     

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    P.-J. Pelletier

     

    Pierre-Joseph Pelletier rencontra Joseph Bien Aimé Caventou à l'Hôpital Saint-Antoine. Ils se lièrent d'amitié et étudièrent les substances d'origine végétale, travaillant à en extraire les principes actifs.

     

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    Joseph Bien Aimé Caventou

     

    Ils nommèrent la « Chlorophylle » en étudiant la substance verte qui compose les feuilles et, en 1818, ils isolèrent la Strychnine de la Fève de Saint-Ignace et de la Noix vomique. Mais la découverte qui les rendit célèbres est sans conteste celle de la Quinine.

     

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    La Quinine est extraite de l'écorce du Quinquina (Cinchona officinalis condaminea), arbuste ou petit arbre sempervirent (à feuillage persistant) de la famille des Rubiacées, originaire de l'Équateur, de la Cordillère des Andes et d'Amérique centrale. Le Quinquina fut découvert par le Chevalier Charles Marie de La Condamine (1701-1774), explorateur, astronome et encyclopédiste au service de Monseigneur le Duc d'Orléans.

     

    Charles de La Condamine découvrit les Cinchona (ceux que vous pouvez voir sur ma photo) en 1739, dans la province de Loxa au Pérou. Il voyageait avec Joseph de Jussieu (1704-1779), médecin, naturaliste et frère des célèbres académiciens Bernard et Antoine de Jussieu et avec l'astronome, physicien, mathématicien et hydrographe Pierre Bouguer (1698-1758).

     

    Pour certains, le nom Cinchona dérive de celui de l'épouse d'un vice-roi du Pérou, la comtesse de Chinchon qui, d'après plusieurs témoignages, aurait été guérie d'une violente fièvre, en 1635, grâce à une décoction d'écorce de quinquina.

     

    L'écorce séchée et pilée fut appelée « poudre de la comtesse » ou « poudre des Jésuites » car les Jésuites connaissaient les vertus fébrifuges, digestives, toniques et antipaludéennes du remède obtenu. En péruvien, « kina-kina » signifie « écorce des écorces ».

     

    C'est à Pelletier et Caventou que nous devons l'obtention de la quinine cristallisée à partir de l'écorce du quinquina.

     

    Le quinquina a également permis d'obtenir le remède China officinalis qui apparaît comme le tout premier décrit par Samuel Hahnemann (1755-1843), le père fondateur de l'Homéopathie.

     

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    Avant la fontaine qui rend hommage aux deux célébrités du monde de la Pharmacie, il y eut un premier monument inauguré le 7 août 1900. Une souscription internationale permit de faire ériger un socle puissant décoré de beaux caducées (œuvre de l'architecte Georges Lisch, arrière petit-neveu de Caventou) et deux statues de bronze (créations d'Édouard Lormier) représentant Pelletier et Caventou portant leur toge professorale. Hélas, fin novembre 1941, les allemands firent déboulonner les statues afin d'utiliser le cuivre qu'elles contenaient pour le sulfatage des vignes.

     

    Après de nombreuses difficultés, un nouveau monument, celui que nous admirons aujourd'hui, a été créé au même emplacement. Le socle -qui est resté le même- est surmonté de la Nymphe qui évoque la Guérison.

     

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    Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée, chers Aminautes. Merci de votre fidélité et gros bisous...

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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

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    Besoin de liberté, de s'envoler, de respirer dans les hauteurs... Je veux suivre mon imagination, la laisser pousser les murs de la réalité et me propulser dans les joies d'une Fête Foraine. Voilà pourquoi j'ai choisi ce poème plein d'allant signé Jacques Prévert (1900-1977).

     

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    Fête Foraine

     

    Heureux comme la truite remontant le torrent

     

    Heureux le cœur du monde

     

    Sur son jet d'eau de sang

     

    Heureux le limonaire

     

    Hurlant dans la poussière

     

    De sa voix de citron

     

    Un refrain populaire

     

    Sans rime ni raison

     

    Heureux les amoureux

     

    Sur les montagnes russes

     

    Heureuse la fille rousse

     

    Sur son cheval blanc

     

    Heureux le garçon brun

     

    Qui l'attend en souriant

     

    Heureux cet homme en deuil

     

    Debout dans sa nacelle

     

    Heureuse la grosse dame

     

    Avec son cerf-volant

     

    Heureux le vieil idiot

     

    Qui fracasse la vaisselle

     

    Heureux dans son carrosse

     

    Un tout petit enfant

     

    Malheureux les conscrits

     

    Devant le stand de tir

     

    Visant le cœur du monde

     

    Visant leur propre cœur

     

    Visant le cœur du monde

     

    En éclatant de rire

     

    Jacques Prévert

     

     

    La Fête Foraine apparaît comme un microcosme, un lieu d'initiation où les émotions éclatent comme des bulles de savon dans l'atmosphère. C'est un univers attachant que nous conte Jacques Prévert avec son immense talent de poète populaire et de scénariste au langage riche et familier, truffé de jeux de mots qui caracolent dans le cœur et la tête.

     

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    J'illustre ce poème avec des photos de la Fête Foraine des Tuileries, un endroit prisé des promeneurs qui refermera ses portes dans la soirée du dimanche 30 août 2020.

     

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    La Fête Foraine des Tuileries a été maintenue, à la différence de la célèbre Fête des Loges de Saint-Germain-en-Laye qui devait, pour sa 368e édition, se dérouler du 26 juin au 16 août et qui a été annulée.

     

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    A la Fête Foraine des Tuileries, on trouve plus d'une soixantaine d'attractions dont la Grande Roue, le Palais des Glaces, un carrousel ancien de petits chevaux, des auto-tamponneuses, des trampolines, des toboggans, des murs d'escalade, le Train Fantôme, la traditionnelle pêche aux petits canards et les tirs à la carabine. Il y a aussi l'Air Swing et le « 6G », un manège qui danse et tournoie à une vitesse de 140 km/h !

     

    L'entrée est gratuite. Seuls les manèges sont payants.

     

    Les mesures prises pour se prémunir contre la pandémie de Covid 19 sont les suivantes :

     

    Cinq mille personnes pourront accéder au lieu en même temps, le port du masque sera obligatoire dans plusieurs attractions, du gel hydroalcoolique sera distribué, un siège pourra être condamné dans certains divertissements.

     

    La fête est accessible tous les jours de 11h à minuit pendant la semaine et de 11h à 0h45 les vendredi, samedi et veilles de jours fériés.

     

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    Le bleu du ciel estival me ravit !

     

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    Les petits chevaux, fièrement, caracolent...

     

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    Les autos, plus modernes, sont prêtes à se tamponner. J'aime bien mais je préfère les charmants destriers...

     

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    Petits et grands sont attendus...

     

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    A proximité, des canetons et leur maman se soucient peu de l'agitation ambiante. Ils déambulent à leur gré et aux Tuileries, l'herbe est encore verte, pas comme dans nombre de jardins !!!

     

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    Ils ne prêtent guère attention aux créatures voraces de la fête foraine, sourires...

     

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    Dans les livres d'histoire de la Belle Époque, la Fête Foraine est perçue comme indissociable de l'art de vivre entre 1850 et 1910. Dans un contexte d'effervescence industrielle et de recomposition des équilibres sociaux, elle est apparue comme un puissant « phénomène » et comme l'expression baroque d'une certaine idée du bonheur, à la fois simple et familial, mais aussi comme le miroir ambivalent d'une époque tissée de contrastes. Elle a été -et demeure- une rêverie enfantine au cœur d'un monde en mouvement organisé autour d'une vision mécanique des êtres et des choses. La Belle Époque, qui cherchait à préserver le temps tout en affolant les cadences autant que son appétit de richesses le lui permettait, a donc été un écrin idéal pour cette fête aux mille visages, héritière des grandes foires commerciales du Moyen Âge.

     

    Et la fête, pleine de couleurs, de vie, de joies d'enfance est aussi un monde propice à l'expression des peurs et des pensées sombres, matérialisées par un certain nombre d'attractions dont le train fantôme ou les palais aux monstres, que l'on affronte afin de mieux retrouver les sensations de la lumière. Une myriade de films gothiques et de dark fantasy explorent ce thème que j'aime infiniment. J'en reparlerai volontiers au moment de l'automne et des célébrations du cycle de Samain/Halloween. Thème et période qui me sont chers...

     

     

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    Fête Foraine, un univers riche, initiatique, ambivalent et imprégné de bonheurs simples et gourmands qui se cueillent et se partagent avec ceux qu'on aime... Sans oublier l'excitation quand on s'envole !

     

    Merci de vos gentils petits mots et de votre fidélité, gros bisous ensoleillés d'amitié !

     

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    Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

     

    Parfums de Nature, chemins où vibre l'Été, instants plaisir à butiner...

    J'ai choisi un poème, signé Albert Mérat (1840-1909), qui m'a happée dans sa trame subtile. Issu du recueil intitulé « Les Chimères », paru en 1866, il exprime une myriade de sensations que je voulais illustrer avec des photos cueillies au gré des mes pérégrinations.

     

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    Les Parfums

     

    « La moisson sent le pain : la terre boulangère

    Se trahit dans ses lourds épis aux grains roussis,

    Et caresse au parfum de ses chaumes durcis

    L'odorat du poète et de la ménagère.

     

    La tête dans l'air bleu, les pieds dans la fougère,

    Les bois sont embaumés d'un arôme indécis.

    La mer souffle, en mourant sur les rochers noircis,

    Son haleine salubre et sa vapeur légère.

     

    L'Océan, la moisson jaune, les arbres verts,

    Voilà les bons et grands parfums de l'univers ;

    Et l'on doute lequel est le parfum suprême.

     

    J'oubliais les cheveux, tissu fragile et blond,

    Qu'on déroule et qu'on fait ruisseler tout du long,

    Tout du long des reins blancs de la femme qu'on aime. »

     

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    Pour les amoureux de littérature, je prends plaisir à rappeler la biographie d'Albert Mérat (1840-1909), poète parnassien plutôt méconnu du grand public. Un poète dont j'apprécie infiniment les œuvres...

     

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    Dans sa jeunesse, Albert Mérat fit des études de Droit puis il travailla à la Préfecture de la Seine. Passionné de poésie, il fréquenta les milieux littéraires et rencontra Paul Verlaine avec qui il tissa des liens profonds. Il fut apprécié de son vivant pour son talent mais à la différence d'autres poètes de son temps, il fut oublié ensuite dans nombre d'ouvrages et malmené par la postérité.

     

    Rimbaud le qualifia « d'artiste visionnaire », Verlaine lui dédia un poème appelé « Jadis » et il fut l'auteur de plusieurs poésies pour la revue intitulée « Le Parnasse Contemporain ».

     

    Le mouvement littéraire du Parnasse naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme. Le chef de file de cette école d'art et de pensée fut Leconte de Lisle et ses membres principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

     

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    La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient.

     

    Albert Mérat eut une vie riche sur un plan artistique et il partagea une belle amitié avec Verlaine. En revanche, ses relations furent plus tendues avec Rimbaud. Dans la dernière partie de sa vie, nommé Chevalier de la Légion d'honneur il devint bibliothécaire au Palais du Luxembourg, l'actuel Sénat.

     

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    Belles pensées, chers Aminautes...

    Butinons saveurs et parfums d'Été et que dansent les couleurs !

    Prenez bien soin de vous !

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    Plume

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