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    A Bercy, en contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent devant la Demeure X d'Étienne-Martin, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

     

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    Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

     

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    On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

     

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    Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

     

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    La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

     

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    Paul Chabas (1869-1937), Les nénuphars.

     

    Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

     

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    Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

     

     

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    Vitrail aux nénuphars du maître verrier Jacques Grüber (1870-1936). Virginia Museum of Fine Arts.

     

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    Détail du vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber.

     

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    Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

     

     

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    Émile Gallé (1846-1904), Vase Nénuphar en verre multicouche, fond filigrané et marqueteries de verre gravées à la meule. Crédit Photo © fine-arts-museum.be

     

     

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    Panneau de céramique, aux poissons et nénuphars, créé en 1900 à la Faïencerie et Manufacture des Arts de la Table de Mettlach (née en 1836 à l'initiative de deux anciens concurrents, Nicolas Villeroy et Jean-François Boch...) Crédit Photo Villeroy&Boch.

     

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    Crédit Photo Villeroy&Boch.

     

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    Encrier Art Nouveau, femme allongée sur une feuille de nénuphar.

     

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    Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d’œuvre au musée d'Orsay.

     

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    Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

     

     

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    Claude Monet (1840-1926), L'étang aux nénuphars, 1897/1899.

     

    Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia et des fleurs qualifiées de faux nénuphars qui se mirent délicatement dans l'eau.

     

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    Artiste © Theresa Ferguson

     

     

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    Faux nénuphar (Nymphoides peltata)

     

     

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    Charles Courtney Curran (1861-1942), peintre américain dont l’œuvre est une rencontre entre Réalisme, Impressionnisme et Symbolisme, Nénuphars.

     

    L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

     

    Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

     

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    © Elaine Ferdinandi, Water beauty.

     

    Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

     

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    © Ann Mortimer, Water Lilies.

     

    Associé à plusieurs mythes de création du monde et consacré à la Lune et à la Nisse, la Déesse des Eaux, le nénuphar représente pour les peuples anciens, en Europe mais aussi chez les Mayas et les tribus Amérindiennes, l'abondance, la fertilité et la connaissance des choses enfouies. Il apparaît comme une « clef magique » utilisée par les chamanes pour la traversée des mondes aquatiques souterrains et l'on dit qu'il existe une porte secrète sous le Victoria Regia ou Amazonica, le plus grand nénuphar existant (un spécimen pouvant atteindre jusqu'à trois mètres de diamètre)...

     

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    Vitória Regia par © JanainaArt sur DeviantArt.

     

    Victoria ou Vitória Regia est un superbe nénuphar qui s'épanouit sur le fleuve Amazone et dont les pétales blancs parfumés ne s’ouvrent que la nuit et se parent de rose au lever du soleil. D'après une légende indienne, il serait né grâce à la Lune qui aurait transformé en fleur la princesse Naiá.

     

     

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    © Anna Vinogradova

     

    Image issue de mon article intitulé Roussalki, les enchanteresses de l'onde et les dieux slaves, publié sur La Chimère écarlate.

     

    Symbole de transformation, d'accomplissement, d'épanouissement de soi au-dessus de la frontière mystérieuse des eaux, le nénuphar était aussi le gardien des petites fées...

     

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    Harold Gaze (1939-2012), Fée des eaux, 1929.

     

     

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    Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

     

     

    Quant aux Nymphéas de Claude Monet, fantasmagories artistiques mêlées de nénuphars, iris et autres roses d'eau, on les admire à Giverny, village situé sur la rive droite de la Seine, aux confins de l'Île de France et de la Normandie, jardin d'eau chevauché par un petit pont à la fois réel et chimérique, et dans le Musée de l'Orangerie, aux Tuileries, que je vous ai déjà présenté...

     

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    Les Trésors de l'Orangerie, Chapitre Deux

     

     

    Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée et pense bien à vous, chers aminautes !

     

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    Fée des Nénuphars, illustration SEG

     

    Que cette petite fée souffle vers vous de gros bisous...

    Plume

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    A Bercy, dans le parc où j'apprécie tout particulièrement de flâner, se dresse La Demeure, fascinante sculpture contemporaine conçue, en 1968, par le sculpteur et plasticien Étienne-Martin. Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.

     

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    Installée sur un îlot qui domine un tapis de nénuphars, il s'agit de la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste.

     

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    Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Œuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas » et se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

     

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    Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os.

     

    « Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt (1906-1987), critique d'art.

     

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    Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

     

    La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

     

    Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

     

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    H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de Dark Fantasy et de Science-Fiction. Un petit clin d’œil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

     

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    Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

     

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    « Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

     

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    Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

     

    Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi...

     

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    Rendez-vous dans quelques jours pour une autre promenade d'été...

     

    Gros bisous !

    Plume

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    Vue sur le pavillon de Flore et les statues du Grand Carré...

     

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    Mais que regarde l'enfant au poisson du groupe sculpté La Loire et le Loiret, de Corneille Van Cleve (1645-1732) ?

     

    Le ciel d'été où s'imprègnent des couleurs intenses et poétiques et de grands arbres gorgés d'une précieuse énergie verte...

     

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    Ce bleu et ce vert m'ont fascinée...

     

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    Les effets de « matière » aussi...

     

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    Petit clin d’œil à mon ami le platane dont j'ai montré les charmes sur La Chimère écarlate dans l'article Un Platane Vénérable aux Tuileries.

     

    Voici d'autres photos de ce magnifique géant !

     

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    Les branches serpents et l'esthétique de la « mue » que j'aime tant !

     

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    Je déambule, en pleine rêverie. Il fait très chaud. Les visiteurs avancent lentement et à certains endroits, le bleu du ciel est en métamorphose. Le jardin est un terrain de jeu pour les pensées qui papillonnent.

     

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     Vers l'obélisque de la Concorde, majestueuse aiguille au pyramidion doré, par exemple...

     

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    Pomone la belle, déesse des fruits, regarde également le ciel et veille sur la géographie des lieux. J'ai aimé la photographier de dos. Je prépare un article sur elle et son parèdre Vertumne, dieu des vergers, pour la rentrée. J'ai gardé pour cette occasion les vues de son ravissant visage.

     

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    Une respiration d'ombre et de lumière envahit le jardin. J'aime plonger dans cet entre-deux...

     

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    Petite variante entre les deux photos, l’œil... Mystérieuse perle d'obsidienne, d'onyx ou de jais...

     

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    Un peu partout, le vert est souverain ! Telle une abeille, je butine...

     

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    et je fais une jolie rencontre...

     

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    Scénographie de ciel où fondent les nuages, cette poésie de l'instant m'enveloppe...

     

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    J'aime aussi beaucoup les lampadaires du jardin. Certains datent de la Belle-Époque, d'autres ont été conçus pour ressembler à des modèles anciens.

     

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    La chaleur s'amplifie, je finis par trouver de l'eau jaillissante...

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    Cette vasque de marbre se situe au centre d'un bassin rond qui borde le Grand Carré, un espace rempli de statues que je vous montrerai dans de prochains articles. Avant cela, je vous donne rendez-vous, dans quelques jours, pour une promenade aromatique dans une autre partie du jardin...

     

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    Avec mes pensées d'amitié, merci de votre fidélité !

    Plume

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    La France grelotte et Paris n'est pas en reste, euphémisme ! Mais comme neige, glace et verglas sont des artistes très inspirés, j'ai photographié avec grand plaisir (en tentant de ne pas déraper...) certains lieux transfigurés par cette poésie du froid.

     

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    Sans oublier les sans-abris, les personnes précaires et rudement éprouvées par les conditions climatiques, je vous invite à traverser des espaces urbains brodés de blanc.

     

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    Je publierai bientôt la suite de ma promenade au Musée Grévin. Accueillons, avec nos âmes d'enfants, ces beautés hivernales !

     

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    Nous sommes à Châtelet, devant le terrain d'aventures du jardin Nelson Mandela et souvenez-vous, j'ai publié un billet à ce sujet l'été dernier.

     

    http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-terrain-d-aventures-de-chatelet-a130949468

     

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    Le terrain s'est agrandi. Les enfants s'amusent dans un espace décoré de ballons au pied du nouveau Forum et de sa canopée.

     

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    Cet ensemble au riche passé architectural et les monuments qui l'entourent sont encore en travaux. Je n'aborde donc pas l'histoire des lieux (Les Halles, Le Cimetière et la Fontaine des Innocents, La Bourse de Commerce, La Colonne Astrologique de la reine Catherine de Médicis, L'Église Saint-Eustache etc... ) et de toute façon, ce n'est pas le propos de cet article.

     

    Vous rappelez-vous cette représentation de notre Terre en matériaux recyclés ? Au mois d'août 2017, je vous l'avais montrée « baignée » de chaleur et la voici brodée de blancheur.

     

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    En profitant de la fine lumière et des crépitements de cette neige immaculée, nous cheminons vers les Tuileries dans une atmosphère d'une étrange beauté.

     

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    Les Tuileries sont fermées, comme le jardin du Palais-Royal et de nombreux squares et jardins de la capitale, mais le jardin du Carrousel nous accueille.

     

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    Un espace ouvert qui se déploie derrière l'arc de triomphe du Carrousel et qui abrite, au cœur d'un labyrinthe, un superbe ensemble de statues signées Aristide Maillol (1861-1944).

     

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     La Nymphe et le bonhomme de neige, sourires !

     

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     Vénus, 1910

     

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     Baigneuse se coiffant, 1910

     

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     Pomone, 1910. Déesse des fruits, émulsion de sensualité et de fécondité...

     

    J'ai souvent photographié ces belles et dans quelques temps, je consacrerai un article à leurs formes lisses et épanouies...

     

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     L'Été, 1910

     

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    J'ai longuement parlé du thème du Carrousel dans mon article intitulé Le Pont du Carrousel.

     

    http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-pont-du-carrousel-a79008359

     

    Jardin du Carrousel qui jouxte celui des Tuileries, un monde ouvert alors que les Tuileries sont entourées de grilles...

     

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     Pomone drapée, jeune fille allongée et allégorie de la Douleur, 1922, par Aristide Maillol...

     

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    Dans le cadre de l'aménagement du Grand Louvre et de la création de la célèbre Pyramide de Ieoh Ming Pei (et des petites pyramides l'accompagnant), le paysagiste belge Jacques Wirtz, maître de l'art topiaire originaire d'Anvers, a conçu, à l'initiative du Président François Mitterrand, un jardin que l'on dit « suspendu sur une dalle, constitué de parterres de buissons d'ifs taillés en éventail, rayonnant à partir de l'arc de triomphe. »

     

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     Arc de triomphe né de la volonté de Napoléon Ier, en 1806, de donner aux Tuileries une entrée monumentale.

     

    Conçu par les architectes Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine, en hommage à la campagne d'Austerlitz, il s'inspire de l'arc de triomphe de Septime Sévère à Rome et fut achevé en 1809. Les sujets des bas-reliefs furent choisis par Vivant Denon, dessinés par Charles Meynier et réalisés par de prestigieux sculpteurs néoclassiques comme Pierre Cartellier, Clodion, Claude Ramey etc... Je ne développe pas davantage, je le ferai dans un article pleinement consacré à cet ensemble magistral.

     

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     Vue sur La Nuit, 1909.

     

    En ce jardin, en 1965, André Malraux, alors ministre de la Culture a fait installer les 18 statues d'Aristide Maillol, maître de la sculpture et chantre du corps féminin, alchimiste des formes généreuses.

     

    Pour Dina Vierny, muse et modèle absolu : « Maillol supprime la narration, s'écarte du romantisme, simplifie les formes, ouvre la voie du silence, abolit le mouvement... »

     

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     Air, 1932, sculpture en plomb, éloge du féminin sacré...

     

    Quelques pas plus loin, le jardin des Tuileries est endormi sous la neige, enveloppé de magie blanche...

     

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    Vue sur l'un des bassins du Grand Carré créé par André Le Nôtre (1613-1700). Tout est gelé et la Tigresse portant un paon à ses petits, du sculpteur animalier Auguste Cain, 1873, a fière allure...

     

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    Il fait très froid et le sol devient de plus en plus glissant malgré le sel qui a été répandu. Il est temps de repartir en faisant preuve de patience...

     

    A ce propos, merci aux employés de la Ville de Paris qui ont bien travaillé et qui en ont pris plein la tête dans les médias et les propos de gens passant leur temps à se plaindre dès qu'il fait froid...

     

    Et oui, il fait froid, ça s'appelle l'Hiver et nous, humains, devons composer avec les saisons, c'est comme ça depuis la nuit des temps ! Je sais qu'il y a beaucoup de râleurs, des gens qui voudraient faire des procès à la neige parce qu'elle est tombée en abondance et qui reprochent tout et n'importe quoi aux autorités mais quand les conditions climatiques sont rudes, il faut faire avec, c'est comme ça ! Parfois, dans la vie on est bloqué sur une route ou dans une gare. Ce n'est pas « marrant » mais on est parfois obligé de prendre son mal en patience, de passer une nuit quelque part ou de marcher pendant des heures. Cela m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie, je n'ai pas « chouiné » !!!

     

    Avec Christophe, nous avons attendu notre RER un certain temps. Nous avions froid, nous en avons laissé passer quelques uns qui étaient trop pleins et nous sommes rentrés fatigués et très tard (de plus, nous avions dû réparer notre chaudière en pleine nuit car nous n'avions plus d'eau chaude...) mais nous n'avons pas râlé en accusant les autres de n'avoir pas bossé... Au regard des sinistrés des crues de la Seine et des gens qui n'ont pas de logement, il faut savoir relativiser. J'ai été excédée d'entendre des gens se plaindre d'être bloqués l'espace d'une nuit. Ce n'est pas drôle mais ça peut arriver alors que ceux qui ont raté un repas du soir ou qui ont dû dormir exceptionnellement dans leur voiture aient un peu de décence ! Je l'ai vécu aussi, dans ma vie, plusieurs fois, je n'en suis pas morte !

     

    J'ai entendu les alertes météo dès le dimanche 4 février, les premières saleuses sont intervenues dans la nuit, j'en ai vu dans ma rue alors que certains ont dit que les saleuses n'étaient pas passées. J'ai dit à Christophe lundi matin « tu vas voir, les gens vont prendre leurs bagnoles malgré l'alerte orange, ils vont rester bloqués sur la route et hurler en disant qu'ils ne savaient pas qu'il allait neiger ou que la neige allait drue. Ils vont accuser le gouvernement, la ville de Paris et le Père Noël si ça se trouve !!! » Et bien, je ne m'étais pas trompée...

     

    Je salue en revanche les personnes qui ont pris les choses au rythme où elles venaient et qui ont composé avec la situation sans se comporter en enfants gâtés pourris...

     

    La neige, ce n'est pas évident mais ça offre aussi de belles choses, ça permet de voir son environnement autrement et de partager de jolis instants avec ceux qu'on aime et cela n'a pas de prix !

     

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    En vous souhaitant de belles journées de Février et en vous remerciant de vos petits mots charmants et de votre fidélité, gros bisous !

     

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    La muse Calliope

     

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    Retour devant le Sénat pour la suite de Lumières d'Octobre au Jardin du Luxembourg...

     

    Avant tout, je veux vous dire « MERCI », en lettres majuscules, car votre enthousiasme concernant plusieurs de mes articles et mes poésies (Entre citrouille et sorcière...) m'a beaucoup touchée. Je souhaite également la bienvenue à mes nouveaux abonnés.

     

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    Après avoir traversé les allées du Verger, je reviens devant le Sénat et je déambule, dans la lumière dorée, autour du Grand Bassin.

     

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    Cet été, vous aviez apprécié mon article consacré aux petits voiliers de « Luco »et à la famille Paudeau. Vous pouvez le lire ou le relire en cliquant ICI...

     

     

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    Le Grand Bassin se love à la croisée de deux axes autour desquels s'articule la puissante scénographie des lieux. Axes qui nous guident vers les méandres du Quartier Latin mais ne nous éloignons pas de notre sujet !

     

    La majestueuse pièce d'eau, de forme octogonale, fut installée sous le Premier Empire par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), Architecte de Louis XVI, ordonnateur des fêtes publiques sous le Consulat et concepteur -entre autres « merveilles »- de l'Arc de Triomphe de la Place de l'Étoile.

     

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    Elle accueille en son centre une fontaine composée de trois chérubins, à demi-nus, à demi-drapés, qui émergent d'un petit paysage de roseaux stylisés et soutiennent une vasque.

     

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    De la vasque « s'envole un jet central de taille moyenne et l'eau s'épanche par deux rebords d'écoulement, crachée par des têtes chimériques ».

     

    L'oeuvre, anonyme, est simple et gracieuse. On ne sait pas grand chose à son sujet hormis sa provenance : le Hameau de Chantilly.

     

    Le Sénat en aurait fait l'acquisition en 1801 ou en 1802, auprès d'un certain « citoyen Ovin », pour une somme de 2420 francs.

     

    Tout autour, sur l'eau miroitante, s'ébattent les fameux petits voiliers, rêveries d'enfance et pas seulement...

     

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     En hiver, les chérubins s'habillent de glace et les oiseaux font du patinage...

     

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    J'aime cette vue gelée...

     

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    et souvent je rêve devant la fontaine et la maisonnette des oiseaux...

     

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    Territoire d'aventures pour les petits voiliers, le Grand Bassin est aussi un lieu d'exposition pour de majestueux Phoenix canariensis ou dattiers des Canaries et une galerie de sculptures à ciel ouvert...

     

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    Ces palmiers dattiers appartiennent depuis longtemps au patrimoine botanique du Luxembourg. Pendant l'hiver, ils sont conservés dans l'Orangerie, bâtiment orné de bustes de grands artistes du XIXe siècle que je vous montrerai prochainement.

     

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    Le genre Phoenix comprend dix sept espèces qui jouent un rôle ornemental et utilitaire dans différentes régions du monde : fruits comestibles, feuilles permettant de nourrir les animaux et d'isoler les maisons, bois de construction. Quant à l'huile de palme, il est hautement compréhensible que son extraction intensive et le phénomène de déforestation associé suscitent la colère des associations de défense de l'environnement. Élément essentiel de l'équation, le consommateur n'est pas obligé d'acheter des produits dangereux pour son équilibre et mortifères pour Dame Nature...

     

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    Les sculptures qui ornent les alentours du Grand Bassin ne sont pas les plus connues de « Luco ». On trouve peu, voire très peu de renseignements les concernant et les visiteurs préfèrent s'intéresser à des œuvres plus célèbres. Ce n'est pas une critique, c'est une constatation...

     

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    Au rythme des saisons, je prends plaisir à les contempler et j'apprécie tout particulièrement Calliope, muse de la poésie épique et de l'éloquence.

     

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    Calliope, mère du poète Orphée dont elle arbore la lyre, épouse d’Apollon, dieu du soleil et de la lumière... Les poètes de l'Antiquité aimaient particulièrement l'évoquer.

     

    L'année de création de ce beau marbre est inconnue.

     

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    Attribuée au sculpteur, professeur et directeur de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Carrare Ferdinando Pellicia (1808-1890 ou 1892), Calliope aurait été rapportée en France après le siège de Sébastopol, en 1855 ou 1856, par le Maréchal Aimable Pélissier (1794-1864). Le Maréchal fut fait duc de Malakoff par l'empereur Napoléon III, en remerciement de sa victoire sur l'armée russe.

     

    Calliope aurait été conservée à l'Orangerie des Tuileries, parmi un dépôt de marbres réalisés d'après l'antique, jusqu'en 1890.

     

    Sur le site du Sénat, il est fait état de sa « présence » au jardin du Luxembourg en 1902.

     

    A proximité de la jolie muse, on rencontre une « Vénus au dauphin » dont l'auteur n'est pas identifié.

     

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    La date de création est également inconnue. Ce marbre réalisé d'après l'antique fut installé au Luxembourg sous le Premier Empire.

     

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    Représenté de manière fantastique, le dauphin, fidèle compagnon de la déesse de l'amour et de la beauté, est associé aux fluides de vie, à la luxuriance mais aussi à la mort et à l'ambivalence de l'eau... Vénus incarne la vie mais elle est également, ne l'oublions pas, une déesse psychopompe.

     

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    Quelques pas me conduisent à une « Flore tenant une couronne ».

     

    Déesse des fleurs sauvages et des fleurs cultivées, protectrice de la jeunesse et suzeraine du Printemps, Flore brandit la couronne d'inspiration poétique, emblème de joie et de fertilité associé aux Floralies, fêtes du renouveau de la Nature qui se déroulaient aux alentours du 15 avril.

     

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    Comme pour la « Vénus au dauphin », l'auteur de l’œuvre n'est pas identifié. La date de création est inconnue. Ce marbre réalisé d'après l'antique était visible au Luxembourg sous le Premier Empire.

     

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    Il existe deux marbres de Flore au Luxembourg, un situé à l'ouest et l'autre installé à l'est du bassin. J'ai photographié, à l'ouest, celui qui a le moins subi les affres du temps.

     

    Autour du Grand Bassin, les statues masculines n'ont pas été oubliées. En longeant l'eau, on aperçoit « Marius debout sur les ruines de Carthage ».

     

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    Ce marbre -pudique wink2- fut commandé, par le Ministère de l'Intérieur, au sculpteur Nicolas-Victor Alain (1818-1899). Figurant au Salon de 1861, il fut également présenté à l'Exposition Universelle de 1867.

     

    L’œuvre, empreinte d'élégance et de belle simplicité dans les détails (draperie, casque...), rend hommage au général et homme d’État romain Caius Marius (157-86 avant J.-C.), élu sept fois consul, qui passa à la postérité en réformant l'armée romaine (il restructura les légions en différentes cohortes) et en remportant un nombre conséquent de victoires militaires.

     

    Marius favorisa aussi, dans les institutions, le recrutement des proletarii, citoyens qui n'étaient pas propriétaires terriens et fut l'époux de Julia Cæsaris, la tante de Jules César.

     

    Un peu plus loin, c'est « le dieu Vulcain qui présente les armes issues de sa forge ».

     

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    Ce marbre, réalisé en 1780, fut commandé à Charles Antoine Bridan (1730-1805), artiste qui avait remporté le Premier Prix de Sculpture, en 1754, avec un sujet consacré au Massacre des Innocents.

     

    La statue est présente au Luxembourg, près du bassin, depuis 1781, comme en attestent plusieurs inventaires. Son modèle en plâtre a figuré au Salon de 1777.

     

    Vulcain est le dieu latin du feu et du fer, émanation du dieu grec Héphaïstos, seigneur des volcans. Il règne, sous l'Etna, sur la forge mythique des Olympiens où naissent les traits de foudre de Zeus/Jupiter. Son pouvoir se nourrit du feu bienfaisant des activités humaines. Il favorise le Commerce et l'Industrie mais peut aussi répandre sur la terre le feu destructeur des profondeurs. Aimé et craint, on l'invoquait pour repousser les incendies et se protéger des maladies fébriles.

     

    A plusieurs égards, il diffère d'Héphaïstos mais je vous en reparlerai car ce thème est trop inspirant et complexe pour être traité dans un article qui évoque bien d'autres choses.

     

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    De part et d'autre du Grand Bassin, sur la verte pelouse, se dressent deux colonnes surmontées chacune d'une statue. Vigies qui apportent une touche supplémentaire de charme à la mise en scène des lieux.

     

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    Dans mon précédent article, vous avez vu de loin une « Vénus sortant du bain ». Chaque fois que j'ai tenté de zoomer sur elle, avec l'orientation de la lumière, que ce soit en début ou en fin de journée, ça n'a jamais fonctionné... J'ai pu mieux photographier la deuxième colonne et son « passager ».

     

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    Au sommet de celle-ci veille une statue de « David vainqueur de Goliath, qui est considérée comme la plus ancienne statue du jardin.

     

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    En 1993, la statue originale, dont l'auteur est inconnu, a été remplacée par un moulage et placée, après restauration, dans une galerie du Sénat.

     

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    La photo est un peu floue mais je l'apprécie...

     

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    Cette promenade se termine avec des vues du Grand Bassin, au crépuscule d'une belle et chaude journée d'automne...

     

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    Poésie des formes, ivresse des reflets... Un des palmiers dattiers fait concurrence à la tour Montparnasse qui ressemble à un Lego géant.

     

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    « Luco »... Je sais que vous l'aimez, ce merveilleux jardin qui est l'un de mes sujets de prédilection ! Mêlés à un patrimoine végétal superbe, cent six statues et groupes sculptés décorent ses allées et l'on y ressent, avec intensité, le cycle des saisons...

     

    Plusieurs d'entre vous le connaissent depuis leur enfance. Quant à moi, je l'arpente depuis plus de quinze ans -peut-être même plus- et je ne me lasse jamais de retrouver les fontaines, les grands arbres, le jardin à la française, le jardin à l'anglaise, les kiosques de verdure, les vases et les statues d'un lieu tellement emblématique de l'histoire de Paris... Rendez-vous donc bientôt sous ses ombrages et à l'intérieur du Sénat, dans quelques temps... (J'ai un tri monumental de photos à faire...) En attendant, je vous souhaite de belles journées de Novembre.

     

    Prenez bien soin de vous, gros bisous !

     

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    Encore une fois, voici la vue du Sénat et du Grand Bassin pour le plaisir... Avec des salutations pour madame la mouette et son ami, le dragon de nuages...yes Le voyez-vous ?

     

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