•  

    Image001.jpg

    La muse Calliope

     

    Image002.jpg

     

    Retour devant le Sénat pour la suite de Lumières d'Octobre au Jardin du Luxembourg...

     

    Avant tout, je veux vous dire « MERCI », en lettres majuscules, car votre enthousiasme concernant plusieurs de mes articles et mes poésies (Entre citrouille et sorcière...) m'a beaucoup touchée. Je souhaite également la bienvenue à mes nouveaux abonnés.

     

    Image003.jpg

     

    Après avoir traversé les allées du Verger, je reviens devant le Sénat et je déambule, dans la lumière dorée, autour du Grand Bassin.

     

    Image004.jpg

     

    Cet été, vous aviez apprécié mon article consacré aux petits voiliers de « Luco »et à la famille Paudeau. Vous pouvez le lire ou le relire en cliquant ICI...

     

     

    Image005.jpg

     

    Le Grand Bassin se love à la croisée de deux axes autour desquels s'articule la puissante scénographie des lieux. Axes qui nous guident vers les méandres du Quartier Latin mais ne nous éloignons pas de notre sujet !

     

    La majestueuse pièce d'eau, de forme octogonale, fut installée sous le Premier Empire par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), Architecte de Louis XVI, ordonnateur des fêtes publiques sous le Consulat et concepteur -entre autres « merveilles »- de l'Arc de Triomphe de la Place de l'Étoile.

     

    Image006.jpg

     

    Elle accueille en son centre une fontaine composée de trois chérubins, à demi-nus, à demi-drapés, qui émergent d'un petit paysage de roseaux stylisés et soutiennent une vasque.

     

    Image007.jpg

     

    De la vasque « s'envole un jet central de taille moyenne et l'eau s'épanche par deux rebords d'écoulement, crachée par des têtes chimériques ».

     

    L'oeuvre, anonyme, est simple et gracieuse. On ne sait pas grand chose à son sujet hormis sa provenance : le Hameau de Chantilly.

     

    Le Sénat en aurait fait l'acquisition en 1801 ou en 1802, auprès d'un certain « citoyen Ovin », pour une somme de 2420 francs.

     

    Tout autour, sur l'eau miroitante, s'ébattent les fameux petits voiliers, rêveries d'enfance et pas seulement...

     

    Image008.jpg

     

    Image009.jpg

     En hiver, les chérubins s'habillent de glace et les oiseaux font du patinage...

     

    Image010.jpg

     

    Image011.jpg

     

    Image012.jpg

     

    J'aime cette vue gelée...

     

    Image013.jpg

     

    et souvent je rêve devant la fontaine et la maisonnette des oiseaux...

     

    Image014.jpg

     

    Territoire d'aventures pour les petits voiliers, le Grand Bassin est aussi un lieu d'exposition pour de majestueux Phoenix canariensis ou dattiers des Canaries et une galerie de sculptures à ciel ouvert...

     

    Image015.jpg

     

    Ces palmiers dattiers appartiennent depuis longtemps au patrimoine botanique du Luxembourg. Pendant l'hiver, ils sont conservés dans l'Orangerie, bâtiment orné de bustes de grands artistes du XIXe siècle que je vous montrerai prochainement.

     

    Image016.jpg

     

    Le genre Phoenix comprend dix sept espèces qui jouent un rôle ornemental et utilitaire dans différentes régions du monde : fruits comestibles, feuilles permettant de nourrir les animaux et d'isoler les maisons, bois de construction. Quant à l'huile de palme, il est hautement compréhensible que son extraction intensive et le phénomène de déforestation associé suscitent la colère des associations de défense de l'environnement. Élément essentiel de l'équation, le consommateur n'est pas obligé d'acheter des produits dangereux pour son équilibre et mortifères pour Dame Nature...

     

    Image017.jpg

     

    Les sculptures qui ornent les alentours du Grand Bassin ne sont pas les plus connues de « Luco ». On trouve peu, voire très peu de renseignements les concernant et les visiteurs préfèrent s'intéresser à des œuvres plus célèbres. Ce n'est pas une critique, c'est une constatation...

     

    Image018.jpg

     

    Au rythme des saisons, je prends plaisir à les contempler et j'apprécie tout particulièrement Calliope, muse de la poésie épique et de l'éloquence.

     

    Image019.jpg

     

    Calliope, mère du poète Orphée dont elle arbore la lyre, épouse d’Apollon, dieu du soleil et de la lumière... Les poètes de l'Antiquité aimaient particulièrement l'évoquer.

     

    L'année de création de ce beau marbre est inconnue.

     

    Image020.jpg

     

    Attribuée au sculpteur, professeur et directeur de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Carrare Ferdinando Pellicia (1808-1890 ou 1892), Calliope aurait été rapportée en France après le siège de Sébastopol, en 1855 ou 1856, par le Maréchal Aimable Pélissier (1794-1864). Le Maréchal fut fait duc de Malakoff par l'empereur Napoléon III, en remerciement de sa victoire sur l'armée russe.

     

    Calliope aurait été conservée à l'Orangerie des Tuileries, parmi un dépôt de marbres réalisés d'après l'antique, jusqu'en 1890.

     

    Sur le site du Sénat, il est fait état de sa « présence » au jardin du Luxembourg en 1902.

     

    A proximité de la jolie muse, on rencontre une « Vénus au dauphin » dont l'auteur n'est pas identifié.

     

    Image021.jpg

     

    La date de création est également inconnue. Ce marbre réalisé d'après l'antique fut installé au Luxembourg sous le Premier Empire.

     

    Image022.jpg

     

    Représenté de manière fantastique, le dauphin, fidèle compagnon de la déesse de l'amour et de la beauté, est associé aux fluides de vie, à la luxuriance mais aussi à la mort et à l'ambivalence de l'eau... Vénus incarne la vie mais elle est également, ne l'oublions pas, une déesse psychopompe.

     

    Image023.jpg

     

    Quelques pas me conduisent à une « Flore tenant une couronne ».

     

    Déesse des fleurs sauvages et des fleurs cultivées, protectrice de la jeunesse et suzeraine du Printemps, Flore brandit la couronne d'inspiration poétique, emblème de joie et de fertilité associé aux Floralies, fêtes du renouveau de la Nature qui se déroulaient aux alentours du 15 avril.

     

    Image024.jpg

     

    Comme pour la « Vénus au dauphin », l'auteur de l’œuvre n'est pas identifié. La date de création est inconnue. Ce marbre réalisé d'après l'antique était visible au Luxembourg sous le Premier Empire.

     

    Image025.jpg

     

    Il existe deux marbres de Flore au Luxembourg, un situé à l'ouest et l'autre installé à l'est du bassin. J'ai photographié, à l'ouest, celui qui a le moins subi les affres du temps.

     

    Autour du Grand Bassin, les statues masculines n'ont pas été oubliées. En longeant l'eau, on aperçoit « Marius debout sur les ruines de Carthage ».

     

    Image026.jpg

     

    Ce marbre -pudique wink2- fut commandé, par le Ministère de l'Intérieur, au sculpteur Nicolas-Victor Alain (1818-1899). Figurant au Salon de 1861, il fut également présenté à l'Exposition Universelle de 1867.

     

    L’œuvre, empreinte d'élégance et de belle simplicité dans les détails (draperie, casque...), rend hommage au général et homme d’État romain Caius Marius (157-86 avant J.-C.), élu sept fois consul, qui passa à la postérité en réformant l'armée romaine (il restructura les légions en différentes cohortes) et en remportant un nombre conséquent de victoires militaires.

     

    Marius favorisa aussi, dans les institutions, le recrutement des proletarii, citoyens qui n'étaient pas propriétaires terriens et fut l'époux de Julia Cæsaris, la tante de Jules César.

     

    Un peu plus loin, c'est « le dieu Vulcain qui présente les armes issues de sa forge ».

     

    Image027.jpg

     

    Ce marbre, réalisé en 1780, fut commandé à Charles Antoine Bridan (1730-1805), artiste qui avait remporté le Premier Prix de Sculpture, en 1754, avec un sujet consacré au Massacre des Innocents.

     

    La statue est présente au Luxembourg, près du bassin, depuis 1781, comme en attestent plusieurs inventaires. Son modèle en plâtre a figuré au Salon de 1777.

     

    Vulcain est le dieu latin du feu et du fer, émanation du dieu grec Héphaïstos, seigneur des volcans. Il règne, sous l'Etna, sur la forge mythique des Olympiens où naissent les traits de foudre de Zeus/Jupiter. Son pouvoir se nourrit du feu bienfaisant des activités humaines. Il favorise le Commerce et l'Industrie mais peut aussi répandre sur la terre le feu destructeur des profondeurs. Aimé et craint, on l'invoquait pour repousser les incendies et se protéger des maladies fébriles.

     

    A plusieurs égards, il diffère d'Héphaïstos mais je vous en reparlerai car ce thème est trop inspirant et complexe pour être traité dans un article qui évoque bien d'autres choses.

     

    Image028.jpg

     

    De part et d'autre du Grand Bassin, sur la verte pelouse, se dressent deux colonnes surmontées chacune d'une statue. Vigies qui apportent une touche supplémentaire de charme à la mise en scène des lieux.

     

    Image029.jpg

     

    Dans mon précédent article, vous avez vu de loin une « Vénus sortant du bain ». Chaque fois que j'ai tenté de zoomer sur elle, avec l'orientation de la lumière, que ce soit en début ou en fin de journée, ça n'a jamais fonctionné... J'ai pu mieux photographier la deuxième colonne et son « passager ».

     

    Image030.jpg

     

    Au sommet de celle-ci veille une statue de « David vainqueur de Goliath, qui est considérée comme la plus ancienne statue du jardin.

     

    Image031.jpg

     

    En 1993, la statue originale, dont l'auteur est inconnu, a été remplacée par un moulage et placée, après restauration, dans une galerie du Sénat.

     

    Image032.jpg

     

    La photo est un peu floue mais je l'apprécie...

     

    Image033.jpg

     

    Cette promenade se termine avec des vues du Grand Bassin, au crépuscule d'une belle et chaude journée d'automne...

     

    Image034.jpg

     

    Poésie des formes, ivresse des reflets... Un des palmiers dattiers fait concurrence à la tour Montparnasse qui ressemble à un Lego géant.

     

    Image035.jpg

     

    Image036.jpg

     

    « Luco »... Je sais que vous l'aimez, ce merveilleux jardin qui est l'un de mes sujets de prédilection ! Mêlés à un patrimoine végétal superbe, cent six statues et groupes sculptés décorent ses allées et l'on y ressent, avec intensité, le cycle des saisons...

     

    Plusieurs d'entre vous le connaissent depuis leur enfance. Quant à moi, je l'arpente depuis plus de quinze ans -peut-être même plus- et je ne me lasse jamais de retrouver les fontaines, les grands arbres, le jardin à la française, le jardin à l'anglaise, les kiosques de verdure, les vases et les statues d'un lieu tellement emblématique de l'histoire de Paris... Rendez-vous donc bientôt sous ses ombrages et à l'intérieur du Sénat, dans quelques temps... (J'ai un tri monumental de photos à faire...) En attendant, je vous souhaite de belles journées de Novembre.

     

    Prenez bien soin de vous, gros bisous !

     

    Image037.jpg

     

    Encore une fois, voici la vue du Sénat et du Grand Bassin pour le plaisir... Avec des salutations pour madame la mouette et son ami, le dragon de nuages...yes Le voyez-vous ?

     

    Image038.jpg

     

    Image039.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    46 commentaires
  • Image001.jpg

     

    Image002.jpg

     

    Les sens aux aguets, mon carnet à la main, je m'imprègne en souriant des énergies de l'automne. Les teintes sont chaudes. L'agitation de la rentrée s'est dissipée. Dans la rouille dorée de l'atmosphère, palpitent les forces décroissantes...

     

    Image003.jpg

     

    Image004.jpg

     

    « Luco », bulle verte du Quartier Latin, mélange harmonieux d'allées sinueuses et rectilignes, est un nuancier de pourpre, de brun, de jaune, d'orange, de violet... Cela donne un éclat particulier aux cent six statues qui peuplent ce lieu remarquable...

     

    Image005.jpg

     

    Je salue le Faune dansant de monsieur Lequesne... Vous vous en rappelez sûrement car sa plastique et sa propension à la joie et au plaisir, mesdames, ne vous avaient pas laissées indifférentes !

     

     

    Image006.jpg

     

    Puis je contemple les arbres qui bordent le chemin : marronniers, châtaigniers, platanes, chênes, savonniers... et je progresse, rêveuse, sur un tapis de feuilles rousses (beaucoup ont déjà été ramassées), en direction du Sénat.

     

    Image007.jpg

     

    Image008.jpg

     

    Image009.jpg

     

    Image010.jpg

     

    Image011.jpg

     

     

    Image012.jpg

     

    Dans la lumière automnale, le bâtiment resplendit et la majesté de ses lignes s'accorde à la fine scénographie végétale.

     

    Image013.jpg

     

    Le palais fut construit par Salomon de Brosse (1571-1626), petit-fils du célèbre graveur et architecte Jacques Ier Androuet Du Cerceau (vers 1515-1584), pour la reine Marie de Médicis (1575-1642). Veuve d'Henri IV et mère de Louis XIII, nostalgique des charmes florentins du Palais Pitti de son enfance, Marie délaissa le Louvre après l’assassinat du roi. Elle fit l'acquisition d'un vaste domaine qui appartenait la communauté monastique des Chartreux et devint propriétaire de la résidence du Prince de Piney-Luxembourg qui bordait, à quelques encablures, le chemin de Vaugirard.

     

    Image014.jpg

     

    Statues qui baignent leurs élégantes formes de marbre blanc dans la lumière d'or... Déesses, dieux, poètes, héros, esprits de la nature et dames illustres de l'Histoire de France nous attendent, au gré d'une série d'articles consacrés à ce merveilleux jardin...

     

    Image015.jpg

     

    A partir de 1615, Marie de Médicis fit édifier le palais de style florentin où siège le Sénat. Elle y vécut de 1625 à 1631 et commanda au maître flamand Pierre Paul Rubens (1577-1640) vingt-quatre toiles destinées à illustrer les moments importants de sa vie.

     

    Image016.png

     

    Une exposition intitulée « Rubens, portraits princiers » est visible au musée du Luxembourg jusqu'au 14 janvier 2018 mais, pour le moment, ce n'est pas notre propos. Revenons devant le Sénat.

     

    Image017.jpg

     

    L'édification du palais permit de rattacher le domaine du Luxembourg à la ville de Paris car les terres des Chartreux se trouvaient jusque là excentrées par rapport au reste de la capitale.

     

    Image018.jpg

     

    On aperçoit la coupole du Panthéon récemment rénovée, la balustrade de marbre qui borde la terrasse supérieure du jardin, des statues, des vases et de magnifiques Dattiers des Canaries (Phoenix canariensis).

     

    Image019.jpg

     

    Au sommet de la colonne, se dresse, depuis 1840, une Vénus sortant du bain, réalisée d'après l'antique et dont l'auteur n'est pas connu. Mon appareil a zoomé autant que possible...

     

     

    Dans quelques jours, nous reviendrons devant le Sénat pour contempler, autour du Grand Bassin, un bel ensemble de statues antiques mais en attendant, je poursuis mon chemin dans la symphonie des couleurs automnales.

     

    Image020.jpg

     

    Au rythme de mes pas, les feuilles crissent, craquent, crépitent...

     

    Image021.jpg

     

    Image022.jpg

     

    Image023.jpg

     

    Arbres et arbustes sont chargés de fruits...

     

    Image024.jpg

     

     

    Je prends la direction du Verger et j'aborde le Pavillon Davioud.

     

    Image025.jpg

     

    Ce petit bâtiment qui abritait autrefois un café restaurant appelé « Buffet de la Pépinière »fut construit, en 1867, dans l'enceinte du Jardin du Luxembourg, par Gabriel Davioud (1823-1881), l'un des architectes les plus en vogue à l'époque de Napoléon III.

     

    Le lieu accueille des expositions de peinture et de sculpture, des conférences culturelles, les cours publics et gratuits de l’École d’Horticulture du Luxembourg et les cours payants de la Société Centrale d’Apiculture.

     

    Image026.jpg

     

    Je bifurque sur la gauche en direction du Rucher, un endroit que j'apprécie tout particulièrement.

     

    Image027.jpg

     

    Créé en 1991 par la Société Centrale d'Apiculture, il perpétue la tradition du rucher-école, fondé en 1856, par Henri Hamet (1815-1889), le père de l'apiculture française.

     

    Image028.jpg

     

    Les pensionnaires des lieux sont en pleine effervescence. Elles s'affairent, attirées par les fleurs des grands parterres, les tilleuls et les orangers et n'oublions pas à quel point elles sont précieuses ! Près de 30% des colonies d'abeilles disparaissent chaque année alors souhaitons que l'Union Européenne interdise enfin, de manière définitive, ces ignominies que sont les néo-nicotinoides...

     

    Elles voltigent autour de la petite fontaine destinée à les rafraîchir puis elles vont butiner, si rapides qu'il n'est pas aisé de les photographier. Au Luxembourg, on prend grand soin de ces petites guérisseuses et nourricières, menacées par les pesticides, les O.G.M, les changements climatiques et tellement indispensables à la survie de l'Humanité.

     

    Le miel collecté est vendu, chaque année, en automne, à l'Orangerie.

     

     

    Image029.jpg

     

    Environnée de bourdonnements dorés, je continue ma route vers le Verger et je longe une pelouse où se dresse un émouvant groupe sculpté appelé « Joies de la Famille ». Je vous l'avais montré, il y a quelques années...

     

    Image030.jpg

     

    Cette description d'un couple amoureux et de leur enfant penché vers un petit chien, emblème de fidélité conjugale (entre autres vertus attribuées à nos amis canins) est très avenante mais il serait appréciable de restaurer le bras du pauvre bébé...

     

    Image031.jpg

     

    Son auteur, Horace Daillion (1854-1946) présenta au Salon de 1885 un modèle en plâtre appelé « Bonheur » et l'ensemble définitif en marbre, doté d'un nouveau nom, fut apprécié à l'Exposition Universelle de 1889.

     

    Image032.jpg

     

     

    Image033.jpg

     

    Le ciel est changeant... Le bleu, tantôt se dissipe, tantôt réapparaît... Plus intense ou plus clair... Magie d'automne et couleurs enivrantes... La brume qui m'a accompagnée pendant un certain temps cède la place à une agréable éclaircie.

     

    Image034.jpg

     

    Image035.jpg

     

    Me voici arrivée au Verger ou Pépinière de Paris où pommiers et poiriers en espalier donnent de luxuriantes récoltes. Les jardiniers du Luxembourg y travaillent assidûment et leurs cours d’horticulture, dispensés au Pavillon Davioud, sont très réputés.

     

    Image036.jpg

     

    Le Verger se déploie sur une partie de l'ancienne pépinière des Chartreux, riche d'une exceptionnelle collection d'arbres fruitiers. La « pépinière impériale du Luxembourg » fut instituée à l'emplacement de l'ancienne pépinière de la Chartreuse par Jean-Antoine Chaptal (1756-1832), comte de Chanteloup et ministre de l'Intérieur de Napoléon Ier et un cours « public et gratuit pour la culture des arbres fruitiers » fut créé, en 1809, par son successeur : Emmanuel Cretet, comte de Champmol.

     

    Image037.jpg

     

    La pépinière fut déplacée, quelques années plus tard, lors du percement de la rue Auguste Comte, une rue importante du Quartier Latin, dans le cadre des grands travaux haussmanniens, mais en 1866, sur un subtil tracé du célèbre paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), elle fut replantée à l'endroit où je me promène actuellement.

     

     

    Image038.jpg

     

    Image039.jpg

     

    Image040.jpg

     

    « Un verger conservatoire de variétés et de formes fruitières comprenant plus de six cents variétés de pommes et de poires. On y trouve près d'un millier de plantes, arbres et arbustes. »

     

    Image041.jpg

     

     

    Image042.jpg

     

    Et voilà, chers amis, notre promenade touche à sa fin... Après quelques facéties d'Halloween, je vous donne rendez-vous en novembre devant le Grand Bassin... Passez d'agréables moments en compagnie de vos proches. Merci de votre fidélité, grosses bises et à très bientôt !

     

    Image043.jpg

     

    Image044.jpg

     

    Image045.jpg

     

    Image046.jpg

     

    Encore de gros bisous...

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    40 commentaires
  •  

    Image001.jpg

     

    Albizia, Arbre à soie ou Acacia de Constantinople... Cette essence qui s'épanouit naturellement en Chine, au Japon, en Iran et au Sud de la Turquie apprécie nos contrées et révèle, entre juin et août, dans les parcs et jardins de Paris, ses fleurs roses plumeuses au parfum délicat, proche de celui du tilleul.

     

    Image002.jpg

     

    Les premières graines d'albizia furent rapportées de Turquie, en 1749, par Filippo Albizzi, naturaliste et noble florentin.

     

    Image003.jpg

     

    Le climat chaud de la région de Florence plut à ces nouveaux arbres qui reçurent le nom latin d' « Albizia Julibrissin ».

     

    Nom qui honore le seigneur Albizzi en soulignant l'importance d'une région située en Iran, le « Julibrissin ».

     

    Image004.jpg

     Ravissants pompons, séduisantes houppettes...

     

    L'albizia est très aimé pour sa croissance rapide, son ombrage généreux, son port élégant en forme de parasol et ses fleurs aux étamines d'un rose clair ou tirant vers le fuchsia et le violet que les abeilles butinent avec bonheur.

     

    Son feuillage finement découpé rappelle les feuilles des fougères et le feuillage du mimosa d'hiver qui est appelé « acacia dealbata » en latin.

     

    Image005.jpg

     

    Les fruits de l'albizia sont des gousses plates remplies d'une profusion de graines robustes qui témoignent d'un important pouvoir de fécondité. Quant à son bois de couleur jaune, très utilisé en ébénisterie, il est considéré comme une essence luxueuse à l'instar de l'ébène et il servit, au fil du temps, à encadrer des tableaux de maîtres. On peut en contempler dans les plus grands musées.

     

    Image006.jpg

     

    Considéré principalement comme une essence d'ornement, l'albizia possède pourtant des vertus médicinales. Avec son écorce, les herboristes préparent une infusion aux propriétés vermifuges et anti-inflammatoires et des cataplasmes contre les douleurs articulaires et les ecchymoses.

     

    Les fleurs de l'albizia sont fragiles mais l'arbre possède d'importantes capacités d'adaptation aux conditions climatiques difficiles : grand vent, orage, pluie... Les feuilles se replient, à l'instar des frondes de fougères à la tombée de la nuit, ce qui permet à l'arbre de préserver de l'humidité nécessaire à son énergie vitale.

     

    Image007.jpg

     

    Image008.jpg

     Albizias sous une pluie de juillet...

     

    Image009.jpg

     

    Image010.jpg

     … et sous le soleil d'août...

     

    En vous souhaitant une belle continuation du « mois du lion », je souffle vers vous des bisous poudrés de couleurs douces. A très bientôt !

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    57 commentaires
  •  

    Image001.jpg

     

    Si, comme la mienne, votre âme d'enfant est attirée par les petits riens, les breloques d'instant présent et les bimbeloteries colorées, vous apprécierez sûrement cette installation pleine de charme qui se déploie, au cœur de Paris, dans le nouveau jardin des Halles.

     

    Image002.jpg

     

    Ventre de la capitale cher à Émile Zola, le lieu a fait peau neuve, diluant dans les brumes du temps le souvenir du Cimetière des Innocents et les fantômes des Halles de Victor Baltard. A la rentrée, je vous parlerai de ces transformations et de l'histoire des monuments qui se dressent là : la Fontaine des Innocents, l'église Saint-Eustache et la Bourse de Commerce, ancienne Halle aux Blés qui a conservé l'un des plus fascinants vestiges du vieux Paris : la colonne astrologique de l'ancien hôtel de Catherine de Médicis.

     

    Ces monuments sont en pleine restauration alors je n'en dis et n'en montre à ce sujet pas davantage... Place aux joies de l'enfance en cet été lumineux !

     

    Image003.jpg

     

    Un terrain d'aventures a été installé pour les jeunes visiteurs et l'aboutissement du parcours est marqué par cette représentation de notre terre en matériaux recyclés.

     

    Image004.jpg

     

    Image005.jpg

     

    Terre à reconsidérer, à préserver, à aimer, au fil des nuits et des jours, pour ses offrandes pleines de couleurs et sa diversité !

     

    Image006.jpg

     

    Image007.jpg

     

    Pour la sécurité des enfants et la tranquillité des parents, les adultes ne sont pas admis à l'intérieur. On ne photographie donc que l'extérieur en se contorsionnant...

     

    Image008.jpg

     

    Le lieu est destiné à l'agrément, à l'épanouissement et à l'éveil des facultés physiques et d'observation des enfants. C'est « un parcours labyrinthique ponctué d'événements ludiques ».

     

    Image009.jpg

     

    Un monde de sphères et de toboggans futuristes parmi un joli petit bois.

     

    Image010.jpg

     

    Image011.jpg

     

    Image012.jpg

     

    Image013.jpg

     

    Image014.jpg

     

    Image015.jpg

     

    Je vous souhaite un agréable mois d'août et vous remercie de vos gentils petits mots. Reposez-vous bien si c'est possible... Amicales pensées et gros bisous !

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    41 commentaires
  •  

     

    Image001.jpg

     

    En cette journée d'été, les visiteurs se prélassent à l'ombre des palmiers, autour du bassin octogonal du Jardin du Luxembourg. La scénographie est dominée par le palais (actuel Sénat), rêve florentin de la reine Marie de Médicis (1575-1642) construit, à partir de 1615, par l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626)).

     

    Image002.jpg

     

    Image003.jpg

     

    Ravis de faire voguer sur l'eau claire ces modèles réduits de bateaux, les enfants participent avec une énergie communicative à des régates pleines de poésie.

     

    Image004.jpg

     

    Depuis presque deux cents ans, ces voiliers miniatures font la joie des promeneurs et des collectionneurs. Leur renommée ne saurait faiblir.

     

    Image005.jpg

    Photo de 1946.

     

    Image006.jpg

     

    Image007.jpg

    Photo Gallica.bnf.fr

     

    Image008.jpg

     

    L'aventure des petits voiliers débuta en 1830.

     

    Image009.jpg

     

    Image010.jpg

    Vieille dame louant des voiliers miniatures en 1900.

     

    Elle se poursuivit dans les années 1920 lorsque Clément Paudeau, serrurier-forgeron et passionné de modélisme, originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée, décida de louer, pour quelques sous, des bateaux créés par ses soins.

     

    Image011.jpg

    Les époux Paudeau posent devant le bassin du Luxembourg.

     

    Bricoleur dans l'âme, Clément Paudeau travaillait dans l'industrie ferroviaire à Paris et connaissait très bien les bateaux. Il avait navigué sur des « canots sardiniers vendéens » et sur un « contre-torpilleur pendant la guerre d'Indochine ».

     

    D'après Jean-Rémy Couradette, auteur avec Daniel Gilles de l'ouvrage intitulé Les petits bateaux du Luxembourg, « Clément Paudeau privilégiait le cotre aurique. Un bateau muni d'un foc, et d'une grand-voile trapézoïdale surmontée d'une voile de flèche. Un gréement très répandu sur les canots vendéens du XXe siècle... » Non symétrique, une voile aurique présente toujours le même bord d'attaque au vent.

     

    Avec des matériaux de récupération et une passion qui faisait écho à celle de son mari, Madame Paudeau cousait les petites voiles à la main.

     

    Image012.jpg

     

    Image013.jpg

    Source Gallica.bnf.fr

     

    Image014.jpg

     Paul Michel Dupuy (1869-1949), Enfants faisant naviguer des petits voiliers sur le grand bassin du Luxembourg.

     

    Image015.jpg

    Chromolithographie réalisée pour les chocolats Perron. Image Delcampe.

     

    Image016.jpg

    Bonheur d'enfance au Luxembourg. Photographie de R Schall, agence Roger Viollet, (musée Carnavalet).

     

    Image017.jpg

     

    Image018.jpg

    La flottille constituée par Clément Paudeau était destinée à fendre sans encombre les eaux claires du bassin.

     

    Image019.jpg

     

    Les coques sont évidées et la quille très lestée afin d'obtenir une stabilisation optimale.

     

    Image020.jpg

     

    Pierre, le fils de Clément Paudeau, grand-oncle de Jean-Rémy Couradette, co-auteur du livre que j'ai cité plus haut, reprit l'affaire familiale en 1929. Il avait l'habitude de traverser le jardin, à toutes saisons, en poussant sa charrette remplie de petits bateaux.

     

    Image020a.jpg

    L'affaire est toujours florissante et gérée par un amoureux du savoir-faire de la famille Paudeau.

     

    Image020b.jpg

     

    Eugène Atget (1857-1927), La location des petits bateaux en 1898.

     

    Depuis 1946, l'entreprise vendéenne Tirot, spécialisée dans la fabrication de sabots en bois, crée des répliques de voiliers. Dotées de coques évidées en bois de hêtre, de « quilles lestées de plomb et de voiles tout coton », elles font la joie des collectionneurs. Ces répliques ont été inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco.

     

    Image021.jpg

     

    Image022.jpg

     

    Image023.jpg

    Photographie de Jules Séeberger (1872-1932)

     

    Image024.jpg

     

    Image025.jpg

     

    Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    51 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique