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    En cette journée d'été, les visiteurs se prélassent à l'ombre des palmiers, autour du bassin octogonal du Jardin du Luxembourg. La scénographie est dominée par le palais (actuel Sénat), rêve florentin de la reine Marie de Médicis (1575-1642) construit, à partir de 1615, par l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626)).

     

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    Ravis de faire voguer sur l'eau claire ces modèles réduits de bateaux, les enfants participent avec une énergie communicative à des régates pleines de poésie.

     

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    Depuis presque deux cents ans, ces voiliers miniatures font la joie des promeneurs et des collectionneurs. Leur renommée ne saurait faiblir.

     

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    Photo de 1946.

     

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    Photo Gallica.bnf.fr

     

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    L'aventure des petits voiliers débuta en 1830.

     

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    Vieille dame louant des voiliers miniatures en 1900.

     

    Elle se poursuivit dans les années 1920 lorsque Clément Paudeau, serrurier-forgeron et passionné de modélisme, originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée, décida de louer, pour quelques sous, des bateaux créés par ses soins.

     

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    Les époux Paudeau posent devant le bassin du Luxembourg.

     

    Bricoleur dans l'âme, Clément Paudeau travaillait dans l'industrie ferroviaire à Paris et connaissait très bien les bateaux. Il avait navigué sur des « canots sardiniers vendéens » et sur un « contre-torpilleur pendant la guerre d'Indochine ».

     

    D'après Jean-Rémy Couradette, auteur avec Daniel Gilles de l'ouvrage intitulé Les petits bateaux du Luxembourg, « Clément Paudeau privilégiait le cotre aurique. Un bateau muni d'un foc, et d'une grand-voile trapézoïdale surmontée d'une voile de flèche. Un gréement très répandu sur les canots vendéens du XXe siècle... » Non symétrique, une voile aurique présente toujours le même bord d'attaque au vent.

     

    Avec des matériaux de récupération et une passion qui faisait écho à celle de son mari, Madame Paudeau cousait les petites voiles à la main.

     

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    Source Gallica.bnf.fr

     

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     Paul Michel Dupuy (1869-1949), Enfants faisant naviguer des petits voiliers sur le grand bassin du Luxembourg.

     

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    Chromolithographie réalisée pour les chocolats Perron. Image Delcampe.

     

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    Bonheur d'enfance au Luxembourg. Photographie de R Schall, agence Roger Viollet, (musée Carnavalet).

     

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    La flottille constituée par Clément Paudeau était destinée à fendre sans encombre les eaux claires du bassin.

     

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    Les coques sont évidées et la quille très lestée afin d'obtenir une stabilisation optimale.

     

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    Pierre, le fils de Clément Paudeau, grand-oncle de Jean-Rémy Couradette, co-auteur du livre que j'ai cité plus haut, reprit l'affaire familiale en 1929. Il avait l'habitude de traverser le jardin, à toutes saisons, en poussant sa charrette remplie de petits bateaux.

     

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    L'affaire est toujours florissante et gérée par un amoureux du savoir-faire de la famille Paudeau.

     

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    Eugène Atget (1857-1927), La location des petits bateaux en 1898.

     

    Depuis 1946, l'entreprise vendéenne Tirot, spécialisée dans la fabrication de sabots en bois, crée des répliques de voiliers. Dotées de coques évidées en bois de hêtre, de « quilles lestées de plomb et de voiles tout coton », elles font la joie des collectionneurs. Ces répliques ont été inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco.

     

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    Photographie de Jules Séeberger (1872-1932)

     

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    Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

    Plume

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    Le square Viviani-Montebello a été créé en 1928 à l'emplacement des anciennes dépendances de l'Hôtel-Dieu, dans le 5e arrondissement de Paris. Il borde la remarquable petite église orthodoxe Saint-Julien le Pauvre et se déploie autour d'un robinier faux acacia, considéré comme le plus vieil arbre de Paris.

     

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    Le lieu offre au promeneur une vue exceptionnelle sur le flanc droit de la cathédrale Notre-Dame, dentelle d'ombre et de lumière dominant le petit bras de la Seine. On y découvre des fragments lapidaires, des balustrades et des pinacles gothiques, un sarcophage, un puits légendaire du XIIe siècle et des chapiteaux disséminés sous les arbres.

     

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    Il a été conçu par Léon Azéma (1888-1978), « Prix de Rome et architecte de la Ville de Paris, chargé des promenades et des expositions », à qui nous devons aussi le parc de la butte du Chapeau Rouge. (Cf. Squares et jardins de Paris. Collection Les essentiels du Patrimoine.)

     

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    Après la démolition des dépendances de l'Hôtel-Dieu, ancien Hospice d'Humanité, les parisiens découvrirent un espace en friche dont les autorités municipales ne savaient que faire. Après maintes réflexions, il fut décidé d'aménager un musée des Civilisations Chrétiennes mais cette idée fut balayée lors de la Première Guerre Mondiale. Une décennie plus tard, les parisiens optèrent pour la création d'un vaste square sur les vestiges d'un passé tourmenté.

     

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    Le square porte le nom de l'avocat et député socialiste René Viviani (1862-1925) et rappelle la proximité du quai de Montebello, ancien quai de la Bûcherie puis quai Bignon, aménagé à partir de 1811 entre le Pont Saint-Michel et le Petit-Pont.

     

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    Député de la Seine puis de la Creuse, René Viviani fonda avec Jean Jaurès (1859-1914) le journal L'Humanité en 1904. En 1905, il fut l'initiateur de la loi sur la séparation de l'Église et de l'État. Il devint ministre du Travail (1906-1910) et président du Conseil au moment de la déclaration de la guerre de 1914–1918. (Photographie de presse, agence Meurisse, 1912, conservée à la Bibliothèque Nationale de France.)

     

    Il fit voter des lois réformistes comme le repos hebdomadaire, le salaire de la femme mariée, la possibilité pour les femmes de devenir avocates, la non saisie des biens familiaux... Il fut aussi l'inventeur de l'impôt sur le revenu!

     

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    Bulle de verdure à proximité de la Seine et de Notre-Dame, le square qui lui rend hommage est un écrin pour un arbre remarquable, ancêtre d'écorce et de feuilles et témoin chuchotant de l'histoire mouvementée de Paris.

     

    Le vieux robinier

     

    Considéré comme le plus vieil arbre de Paris, il s'enracine en ces lieux depuis plus de quatre cents ans.

     

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    Planté en 1601 par Jean Robin (1550-1629), botaniste et directeur du Jardin des Apothicaires, il est soutenu par une structure en ciment, en raison de son grand âge et de son poids conséquent.

     

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    Jean Robin reçut de son ami John Tradescant (1570-1638), naturaliste anglais installé en Virginie, des graines de robinia pseudoacacia, un arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses), originaire de la région des Appalaches.

     

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    Un premier robinier fut donc planté, au tout début du XVIIe siècle, dans le jardin de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et un second robinier mis en terre, en 1636, dans le Jardin du Roi, actuel Jardin des Plantes.

     

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    La structure en ciment est constituée de puissants étais, en partie dissimulés sous un lierre, qui empêchent l'écorce de rompre sous le poids des branches et des feuilles.

     

    Le tronc de l'aïeul fait 3,50 m de circonférence. En 2010, un banc circulaire en chêne a été installé tout autour. Il domine une margelle en châtaignier tressé. On s'y attarde avec bonheur, à quelques pas de l'agitation du parvis de Notre-Dame.

     

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    L'écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief et les branches sinueuses composent une ample couronne de feuilles vert jaunâtre.

     

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    Entre avril et juin, apparaissent des grappes pendantes de fleurs blanches délicatement parfumées. A l'instar des fleurs de courgette et des fleurs d’acacia, ces beautés mellifères sont savourées sous forme de beignets sucrés ou salés.

     

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    Arbre pionnier, le robinier a toujours été apprécié pour la qualité de son bois. On l'a utilisé pour stabiliser les terrains sablonneux et rocailleux tout en enrichissant la terre.

     

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    L'écorce du vieux robinier est recouverte par du lierre mais les jeunes pousses du « parasite gourmand », émetteur de racines suçoirs, sont ôtées chaque année. Les bûcherons de la ville de Paris accomplissent avec beaucoup d'attention la toilette de l'arbre ancêtre ou plutôt de ses rejets car l'arbre originel est à l'état de « fossile ».

     

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    En hiver, il ressemble à un arbre de conte de fées...

     

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    J'adore le photographier ainsi !

     

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    Dans la lumière estivale, il s'habille d'or vert et de luxuriance.

     

    Autour de lui se déploie un jardin romantique, très apprécié par les promeneurs des bords de Seine ou du parvis de Notre-Dame.

     

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    Comme je l'écrivais au début de cet article, il abrite un puits du XIIe siècle réputé miraculeux, des ornements archéologiques et se pare de roses écarlates en été. Je vous en reparlerai dans un futur article consacré à l'église Saint-Julien le Pauvre.

     

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    Le puits médiéval

     

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    On y admire aussi une émouvante fontaine contemporaine qui fera l'objet de mon prochain article.

     

    Bibliographie

     

    Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

     

    Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

     

    Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

     

    Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

     

    Merci à ceux qui prennent très souvent de mes nouvelles.

    Je ne sais pas le dire autrement. Je suis épuisée. Les derniers traitements me mettent plus bas que terre mais je suis toujours là ! En Septembre, recommence la tournée des hôpitaux, les examens (8 IRM à passer, plusieurs électro-encéphalogrammes plus des choses au nom barbare) sans oublier les prélèvements sanguins. Je ne sais plus combien on m'a pris de tubes de sang ces derniers temps. Il vaut mieux ne pas compter. Je vais tâcher de tenir le coup mais j'ai perdu 41 kilos en deux ans et cet été je me suis encore bien amincie alors chaque journée et chaque nuit sont un long chemin...

    Je tiens toujours le coup et je pense fort à vous ainsi qu'à toutes les personnes qui doivent batailler pour leur santé, gros bisous...

    Plume

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    La semaine dernière, nous nous sommes promenés dans le Square Barye où l'on peut admirer un monument dédié à l'une des figures majeures de la sculpture française.

     

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    Antoine-Louis Barye apparaît surtout comme le maître incontesté de la sculpture animalière dont il révolutionna le genre à travers des œuvres qui témoignent d'une fougue créatrice acharnée.

     

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    Son portrait, en 1889, par Léon Bonnat (1833-1922).

     

    Fils d'un orfèvre, il devint apprenti chez le sieur Fourier, graveur sur acier et créateur de matrices qui servaient à fabriquer les éléments métalliques des uniformes militaires. Dès l'âge de treize ans, il apprit les différents métiers du traitement du métal (fondeur, ciseleur, modeleur...) et il entra, en 1818, à l'École des Beaux-Arts où il étudia avec le peintre Antoine-Jean Gros (1771-1835) et le sculpteur François-Joseph Bosio (1768-1845) Mais se retrouvant chargé de famille, il se fit embaucher en 1823 chez le sieur Fauconnier, orfèvre de son état, qui lui commanda des gravures d'animaux.

     

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    Tigre se roulant sur lui-même (1838-1842), New York, Brooklyn Museum.

     

    Avec son ami Eugène Delacroix (1798-1863), Antoine Barye étudiait les animaux exotiques au Jardin des Plantes et réalisait des croquis sur nature qu'il traduisait ensuite dans la peinture et dans la sculpture.

     

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    Le tigre du Bengale, aux alentours de 1840.

     

    Il se fit connaître du public et de la critique en exposant au Salon de 1831 une œuvre intitulée Tigre et Gavial.

     

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    Image Sotheby's.com

     

    La « révolution Barye » était en marche. En confrontant le public à des œuvres profondément expressives où les animaux étaient saisis sur le vif, dans la puissance de leurs instincts, aux antipodes des représentations figées qui avaient précédemment connu la gloire, il fit preuve d'une turbulence de style, caractéristique du Romantisme, qui ne laissa personne indifférent.

     

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    Fasciné par les grands fauves, il représenta les félins qui avaient été ramenés à la Ménagerie du Jardin des Plantes suite à la prise d'Alger par les troupes françaises, en 1830. Épris de sculpture, il excellait aussi dans l'art du dessin et fréquentait les artistes de l'École de Barbizon. Il vécut dans la rue principale de ce village situé en forêt de Fontainebleau où se réunissaient des artistes désireux de travailler « par nature ».

     

    Nombreux furent ceux qui l'apprécièrent mais il eut aussi une quantité conséquente de détracteurs, ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé en 1854 professeur de dessin au Muséum d'Histoire Naturelle, d'obtenir un atelier au Louvre, une chaire de professeur de dessin d'histoire naturelle à l'École d'Agronomie de Versailles et de recevoir la Grande Médaille à l'Exposition Universelle de 1855. Il fut élu, en 1867, à l'Académie des Beaux-Arts.

     

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    En 1833, Louis-Philippe (1773-1850) lui commanda une sculpture intitulée Le Lion au serpent. Destiné à être installé dans le Jardin des Tuileries, à côté de l'Orangerie, cet animal rugissant devait représenter « une allégorie de la monarchie écrasant la sédition », trois ans après les sanglantes émeutes de 1830.

     

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    Comme au Square Barye, ce lion farouche est aux prises avec un serpent qui ne résistera pas longtemps à ses féroces mâchoires. La sculpture en question est une copie du bronze original, conservé au Musée du Louvre.

     

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    Le lion original (photographie de Thierry Ollivier pour le musée du Louvre.)

     

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    « Le mouvement du lion qui éprouve un effroi convulsif à la vue du reptile est rendu avec une énergie, une vérité effrayante et les plus petits détails du pelage et des ongles de l'animal sont exprimés avec cette exactitude que l'on ne pourrait attendre que de la patience d'un savant. » Le Moniteur Universel, 1833.

     

    En 1846, Antoine Barye fut chargé par Louis-Philippe de réaliser un pendant pour cette œuvre très appréciée. Il termina ce Lion assis en 1847 mais il fallut attendre l'année 1867 pour que le grand fauve soit placé sur le Quai des Tuileries, à l'entrée du Guichet de l'Empereur.

     

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    On adjoignit à ce lion un « jumeau » et les deux fauves formèrent, côté sud, vers la Seine, les gardiens majestueux de la Porte des Lions.

     

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    Ce prédateur incarne la majesté et la sérénité. Le traitement romantique de son expression le fait tendre vers l'anthropomorphisme. Il offre un contraste saisissant avec le lion de Giuseppe Franchi (1731-1806) qui regarde, depuis l'année 1819, en direction de la place de la Concorde.

     

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    Ce lion héraldique de marbre fut réalisé en 1806 d'après l'antique. Il est très élégant mais il nous fait prendre la mesure de toute l'originalité du travail d'Antoine Barye, fondé sur une explosion sauvage du mouvement.

     

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    Le lion au serpent du square Barye.

     

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    Un lion signé Antoine Barye orne le socle de la Colonne de Juillet (1835-1840), place de la Bastille, dominée par le Génie de la Liberté d'Augustin Dumont (1801-1884). Cette commande est d'autant plus intéressante que Barye était à ce moment-là exclu des expositions officielles en raison de sa trop grande liberté de ton. On lui demanda d'apaiser l'élan de son trait romantique mais malgré tout ce lion reflète son potentiel de vigueur créatrice et l'énergie qu'il aimait insuffler à ses réalisations.

     

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    Les éditions miniatures des bronzes de Barye furent très recherchées par les collectionneurs. De ses jeunes années passées dans un atelier d'orfèvrerie, il avait conservé le goût de la polychromie, du contact particulier avec le métal et de l'harmonie complexe des placages de matière. Il fut un remarquable décorateur, apprécié pour la qualité de ses bronzes d'ornement, ses candélabres et ses grandes garnitures de cheminée.

     

    Outre les fauves dont les représentations ont nourri sa célébrité, il aimait sculpter toutes sortes d'animaux ainsi que des créatures fantastiques, des personnages historiques et des héros de la littérature.

     

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    Angélique et Roger montés sur l'hippogriffe, 1840. (Image Sotheby's.com.)

     

    Les personnes intéressées pourront trouver ICI les détails de l'histoire d'une statue disparue, celle de Napoléon III à cheval, réalisée pour les Guichets du Louvre.

     

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    Antoine Barye passa ses derniers moments face à la Seine, dans une demeure située le long du quai Henri IV, à proximité du square qui porte son nom. J'ai pu prendre la photo de la plaque apposée sur la façade de l'immeuble mais je n'ai pas pu réaliser de cliché du lieu en question, un établissement scolaire où mon appareil photo, en raison de l'État d'Urgence, n'était pas le bienvenu.

     

    Il repose dans la division 49 du Cimetière du Père-Lachaise mais le buste qui ornait sa tombe (réalisation d'Hippolyte Moulin) a été dérobé en 2006...

     

    J'espère vous avoir fait découvrir ou redécouvrir un de nos plus grands artistes et donné envie de contempler ses œuvres, au gré de vos promenades.

     

    Bibliographie

     

    BENGE G. F., Antoine-Louis Barye, Sculptor of romantic realism, Pennsylvanie, 1984.

     

    BENOIST Luc, La Sculpture romantique, 1928, nouvelle éd. par Isabelle Lemaistre, Paris, 1994.

     

    BRESC G. et PINGEOT A., Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries (II), Paris : 1986.

     

    LEMAISTRE Isabelle, « La Griffe et la dent : Antoine-Louis Barye, sculpteur animalier (1795-1875) », in Les dossiers du Musée du Louvre n 51, Paris, 1996, pp.38-44.

     

    POLETTI Michel, Monsieur Barye. Lausanne : Acatos, 2002.

     

    POLETTI Michel et RICHARME Alain, Barye, Catalogue raisonné des sculptures. Paris:Gallimard, 2000.

     

     

    Antoine-Louis Barye (1795-1874)

     

    Je vous souhaite une excellente semaine, merci de votre fidélité. Mes pensées affectueuses pour les aminautes qui ont de nombreux soucis de santé en ce moment et qui se reconnaîtront.

     

    Cendrine

    Plume

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    Je vous invite à découvrir un lieu paisible et romantique... Un square qui fut créé en 1938, à la pointe orientale de l'Île Saint-Louis, pour rendre hommage au sculpteur animalier et aquarelliste Antoine-Louis Barye (1795-1875) dont la renommée est associée à des sculptures de grands fauves décorant de nombreux parcs et jardins de Paris.

     

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    Le square Barye se love derrière cette épaisse muraille de verdure. Dominant la Seine, il se situe à proximité du Quai Henri IV, du Pavillon de l'Arsenal, de la Caserne des Célestins, de l'Institut du Monde Arabe, du Pont Sully, du Jardin Tino Rossi ou encore du Jardin des Plantes.

     

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    Il se déploie là où s'étendaient les anciens jardins du couvent des Célestins, nécropole royale qui se situait entre l'actuel boulevard Henri IV et la rue du Petit-Musc.

     

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    Il forme un écrin de végétation luxuriante où s'épanouissent des paulownias, des cèdres du Liban, des ormes pleureurs, des robiniers faux acacias, des acacias de Constantinople, des ifs d’Irlande et un magnifique savonnier de Chine (que j'espère pouvoir photographier en pleine floraison).

     

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    Planté le 18 octobre 1993 par Rafic (ou Rafiq) Hariri, Premier Ministre du Liban, et Jacques Chirac alors Maire de Paris, ce cèdre majestueux symbolise l'amitié qui unit, depuis des décennies, la France et le Liban. (Rafic Hariri a été assassiné à Beyrouth le 14 février 2005.)

     

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    A l'extrémité du square, s'ouvre un balcon sur la Seine. On y bénéficie d'une vue imprenable sur le fleuve, ses berges, ses installations industrielles, ses péniches et l'eau y approfondit le bleu du ciel.

     

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    On aperçoit le pont d'Austerlitz, le ministère des Finances et les tours de la Bibliothèque François Mitterrand.

     

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    Avant le square

     

    En 1352, les premiers Célestins s'installèrent dans l'ancien couvent des Carmes situé à proximité de l'Hôtel Saint-Pol ou Saint-Paul, résidence privilégiée du roi Charles V (1338-1380). Grâce aux largesses du souverain et à de nombreuses donations, le couvent se développa. Renommé pour son cloître aux cinquante colonnes corinthiennes, son église et sa chapelle de marbre, ses jardins luxuriants et ses riches terrains bordant la Seine, il formait un immense quadrilatère.

     

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    Nous apercevons, sur cette gravure, la statue de Charles V (1338-1380) et celle de la reine Jeanne de Bourbon (1338-1378) dressées sous un dais gothique. Elles encadrent l'effigie de Pierre de Morrone (1210-1296), ermite des Abruzzes, fondateur de l'Ordre des Célestins et élu pape sous le nom de Célestin V.

     

    Le couvent des Célestins était la plus importante nécropole royale et princière après la basilique Saint-Denis. Il abritait d'illustres personnages à l'instar de Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI, mais aussi l'un des fils de Philippe VI de Valois ou d'Anne de Bourgogne, la fille de Jean sans Peur. Le cœur du connétable Anne de Montmorency y fut également déposé.

     

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    (Photo Gérard Blot/Christian Jean pour la Réunion des Musées Nationaux.)

     

    Germain Pilon (1537-1590) est l'auteur de ce monument destiné à accueillir les cœurs d’Henri II (1519-1559), de Catherine de Médicis (1519-1589), de François II (1544-1560) et de Charles IX (1550-1574).

     

    Après avoir subi des déprédations pendant la Révolution, le couvent fut démantelé en 1790 mais le médiéviste Alexandre Lenoir (1761-1839), concepteur et conservateur du Musée des Monuments Français (ouvert en 1795), également administrateur des tombeaux de la basilique Saint-Denis sous le règne de Louis XVIII (1755-1824), parvint à retrouver et à collecter plusieurs pierres tombales.

     

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     Ce qui restait du couvent fut démoli et remplacé par une caserne, construite entre 1895 et 1901 par Jacques Hermant (1855-1930). Il s'agit de la Caserne des Célestins, affectée à l’État major de la Garde Républicaine mais là n'est pas notre sujet... Revenons au square...

     

    Le monument à Antoine-Louis Barye

     

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    Ce monument de forme pyramidale et de facture néo-classique fut réalisé en 1894 par Laurent Marqueste (1848-1920), élève de François Jouffroy (1806-1882) et d'Alexandre Falguière (1831-1900). Grand Prix de Rome en 1871, Marqueste effectua des copies en marbre de deux allégories sculptées par Antoine Barye pour le pavillon Denon au Louvre: la Force protégeant le Travail et l'Ordre triomphant.

     

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    La Force

     

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    L'Ordre

     

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    Les statues originales furent commandées par Hector Lefuel (1810-1880) pour décorer le pavillon Denon au Louvre.

     

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    Le fondeur d'art Ferdinand Barbedienne (1810-1892) édita plusieurs bronzes à partir de ces statues, recherchées par les collectionneurs. Deux sont conservés à Baltimore dans le Maryland et deux se trouvent au musée des Beaux-Arts de Reims.

     

    Ferdinand Barbedienne créa en 1839 un atelier prestigieux dans laquelle il fit reproduire en bronze et en taille réduite de nombreuses sculptures conservées dans les musées d'Europe. Animé par une volonté de « démocratiser » l'art, il favorisa une large diffusion de la connaissance du répertoire antique et contemporain. Il édita les oeuvres de plusieurs sculpteurs de son temps comme Emmanuel Fremiet, Antoine Barye, Georges Gardet, Henri Chapu, Pierre-Jules Mène...

     

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    Au sommet du monument, un groupe sculpté décrit le combat du héros Thésée et du centaure Biénor. Une énergie farouche, caractéristique de la manière romantique de Barye, émane de ces corps enchevêtrés.

     

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    Thésée tua Biénor pendant la bataille qui opposait les Centaures et les Lapithes. Dans Les Métamorphoses, le poète latin Ovide (43 avant J.-C.- 17 ou 18 après J.-C.) relate que « le fils d’Égée (...) sauta sur le gigantesque Biénor, dont la croupe jusque-là n’avait jamais porté que lui-même; il pressa ses côtes du genou; il tira en arrière sa chevelure, qu’il avait saisie de la main gauche, et avec le tronc noueux du chêne il fracassa son visage, son front menaçant et les dures parois de ses tempes. »

     

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    Ce groupe tumultueux fut fondu pendant l'Occupation allemande. L'ensemble sculpté que nous admirons actuellement est une fonte contemporaine, offerte par la fondation taïwanaise Chi Mei Culture, créée en 1977 autour d'un collectif de mécènes et de collectionneurs. Cette fondation possède une impressionnante collection d'objets d'art, de peintures et de sculptures.

     

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    Comme vous le constatez, sur cette photo datant de l'été 2013, le monument n'est pas complet car la sculpture intitulée le Lion au serpent -elle occupait l'avancée située entre le Travail et l'Ordre- a également disparu pendant l'Occupation.

    Mais au cours de l'été 2014, une copie sponsorisée par la fondation Chi Mei Culture a été installée sur le socle vide. La voici, à la bonne position...

     

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    Le lion original apparaît sur ces anciennes cartes postales.

     

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    Le Lion au Serpent

     

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    Puissance et férocité, maîtrise du mouvement, quête de l'émotion extrême... cette œuvre est une expression remarquable de la fougue romantique d'Antoine-Louis Barye.

     

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    « Le lion en bronze de monsieur Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit ! » Alfred de Musset (1810-1857).

     

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    En vous souhaitant une excellente semaine, je vous invite à poursuivre, dans quelques jours, la suite de cet article consacré à Antoine-Louis Barye. Merci pour vos vœux et vos gentils messages, grosses bises et amicales pensées !

     

    Cendrine

    Plume

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    45 commentaires
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    Chers aminautes, les messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du quatrième anniversaire de mon blog m'ont fait très plaisir. Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je pense bien fort à vous. Gros bisous.

     

     

     

     

     

     

    Loin du tumulte de la ville, au coeur du quartier du Marais, s'ouvre un lieu paisible au charme romantique, jardin muséal où les saisons dansent sur les vestiges de l'histoire de Paris. Mes photos ont été prises à différentes périodes, ce qui permet de découvrir une myriade de couleurs et d'atmosphères.

     

     

     

     

     

     

    Au XIIIe siècle, l'espace était occupé par des terrains maraîchers, baptisés couture/culture Sainte-Catherine. Ils étaient la propriété des chanoines de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, protégés par Saint-Louis (1214-1270) et Philippe III dit le Hardi (1245-1285).

     

     

     

     

     

     

    Le square Georges Cain fut créé en 1923 à l'emplacement des jardins de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, construit en 1688 sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725), conseiller d’État et Intendant des finances du royaume.

     

     

     

    En 1863, les jardins de l'Hôtel furent transformés en Compagnie Générale de la Poste aux Paquets et des Transports Internationaux. L'activité de cette Poste Centrale ou « gare du factage parisien » dura jusqu'en 1913.

     

     

     

     

     

     

    En 1989, l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau fut rattaché à l'Hôtel Carnavalet, devenu musée de l’Histoire de Paris mais notre visite concerne le square Georges Cain.

     

     

     

     

     

     

    Ouvert au public en 1931, il est attenant au musée Carnavalet et borde la rue Payenne et ses élégants hôtels particuliers. On y admire les sobres façades de l'ancienne orangerie de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

     

     

     

     

     

     

    L’orangerie fut construite, à la fin du XVIIe siècle, à l'emplacement de ce qu'on appelait le Petit Arsenal. Rythmée par douze grandes fenêtres symétriques, elle forme un écrin autour des collections archéologiques de la Ville de Paris. On peut y contempler les objets découverts à Bercy en 1991.

     

     

     

    Le long d'un chenal de la Seine, ont été retrouvés les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

     

     

     

    Des photos de ces découvertes sont visibles dans mon article intitulé : Le jardin romantique de Bercy.

     

     

     

     

     

     

    Le square porte le nom de Georges Cain (1856-1919), peintre, illustrateur, écrivain et conservateur du musée Carnavalet, de 1897 à 1914. Fils du célèbre sculpteur animalier Auguste Cain (1821-1894) et frère du romancier, dramaturge, peintre et graveur Henri Cain (1857-1937), il est l'auteur d'ouvrages consacrés au Paris d'autrefois, comme Les pierres de Paris (1910), Promenades dans Paris, Anciens théâtres de Paris ou encore Guide explicatif du musée Carnavalet (1903).

     

     

     

    Le Square Georges Cain

     

     

     

    Cet espace vert est aussi un dépôt lapidaire destiné à abriter des vestiges de monuments disparus, la plupart ayant été détruits par les incendies de la Commune. Ces pièces archéologiques ressuscitent l'histoire mouvementée de Paris.

     

     

     

     

     

     

    On découvre ainsi la rosace d'un plafond de l'ancien Hôtel de Ville, des éléments du pavillon central des Tuileries, des chapiteaux, des mascarons et des morceaux de colonnes.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cette photographie d'Hippolyte-Auguste Collard (prise entre 1871 et 1874 et conservée au musée Carnavalet (Ph 9714), décrit les ruines de l'Hôtel de Ville, érigé par Dominique de Cortone dit Le Boccador (1465-1549).

     

    Le 24 mai 1871, le bâtiment fut dévoré par un incendie allumé sur l'ordre de Jean-Louis Pindy (1840-1917). Les flammes détruisirent une bibliothèque de près de cent mille volumes, une collection unique de cartes et de plans, les registres paroissiaux d'état civil du XVIe siècle à 1860 et une profusion de sculptures, de meubles et de tableaux.

     

     

     

    Hippolyte-Auguste Collard est connu pour avoir effectué, entre 1857 et 1885, des reportages photographiques sur la construction des ponts et des ouvrages d’art parisiens. Pendant la Commune, il immortalisa le souvenir des barricades dressées dans Paris et réalisa une remarquable série de vues des ruines de la capitale après l'embrasement du 24 mai 1871.

     

     

     

     

    Un encadrement de fenêtre issu de l'hôtel de Thou, autrefois situé au numéro 14 de la rue des Poitevins, dans le 6e arrondissement de Paris.

     

     

     

     

     

     

    Sur cette photo datant de 1868 et réalisée par Charles Marville (1813-1879), on aperçoit -tout au fond- la porte de l’hôtel de Thou qui abritait le siège de la librairie-imprimerie de Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), célèbre éditeur du XVIIIe siècle. Il accueillait aussi les bureaux de la Gazette de France, du Mercure de France, du Journal de Genève, de l’Encyclopédie Méthodique et plus tard du Moniteur Universel, qui deviendra le Journal officiel de la République Française. (Photo Musée Carnavalet).

     

     

     

     

     

     

    Des ornements issus du Palais des Tuileries mais aussi du château de Saint-Germain-en-Laye, comme ces Renommées du XVIIe siècle, ont « survécu » aux affres du temps, dans le square Georges Cain.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cette photo décrit les restes fantomatiques du Palais des Tuileries avec, en arrière-plan, l’Arc de Triomphe du Carrousel. Inauguré en 1809, il fut construit entre 1806 et 1808 par Charles Percier (1764-1838) et Pierre Fontaine (1762-1853).

     

     

     

     

     

     

    Le Palais, né du souhait de Catherine de Médicis (1519-1589), fut incendié pendant la Commune par une trentaine de fédérés sous les ordres d’un garçon boucher du nom de Benot. La dernière résidence des rois de France brûla pendant trois jours.

     

     

     

    La décision fut prise de démolir les restes du monument en 1879. Les ruines furent rasées en 1883, les vestiges dispersés dans Paris et le fronton du Palais, orné de trophées, fut installé dans le square Georges Cain.

     

     

     

     

     

     

    Voici ce qu'il en reste aujourd'hui, avec l'horloge noircie par le feu. Les armes des rois de France ont disparu.

     

     

     

     

     

     

    Dans le Musée Noir (1946), l'auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) écrit, au sujet du square : « Il s'agit d'une sorte de jardin tzigane ou parfois les séraphins s'exaltent, et parfois les démons, où ne s'ouvrent parfois les grilles que sur un décor silencieux et vide devant lequel s'érige, avec autant de présence que dans un désert roux, la silhouette et les monolithes depuis trente siècles éclatés, l'attente, cette cathédrale morose hantée par le solitaire. »

     

     

     

     

     

     

    Entre ombre et lumière, quand on traverse le jardin musée on peut se demander où vont mourir les vieilles pierres, celles qui sont jetées ici-bas après avoir été arrachées à l'ossature des palais et des temples ? Qu'ont-elles gardé de la mémoire des évènements et comment les regardons-nous aujourd'hui ? Avons-nous bien conscience de leur importance et de leur fragilité ? Ne meurent-elles pas plus vite si notre attention leur fait défaut ?

     

     

     

     

     

     

    Ainsi, des éléments de sarcophages mérovingiens et des stèles anciennes émergent de l'herbe haute mais leur histoire a été oubliée.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les secrets qui hantent ces visages se délitent parmi les fleurs...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La provenance de ces oeuvres n'est pas précisée.

     

     

     

     

     

     

    Le Temps, qui continue à faire son oeuvre, est personnifié par un vieillard aux ailes déployées, au fond du square, sur le fronton de la façade arrière de l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

     

     

     

     

     

     

    «Saturne tenant d’une main sa faux, ayant à ses pieds une horloge de sable et s’appuyant sur une colonne brisée où l’on a tracé les heures pour servir de cadran» domine une façade perpendiculaire à l’Orangerie, bâtiment d’un étage surmonté d’un comble brisé, éclairé par treize fenêtres.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La porte-fenêtre centrale est surmontée d’un fronton où une figure de la Vérité fait écho au Temps de la façade principale. Ces deux hauts-reliefs sont attribués à Laurent Magnier (1615-1700), sculpteur dont les oeuvres sont particulièrement représentées à Versailles et aux Tuileries.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le miroir de la Vérité est orienté vers le vieux Saturne, gardien de la mémoire des lieux.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A la tombée du soir, les visiteurs découvrent une oeuvre d'art contemporaine : Le Rossignol de Heinz. Cette création sonore est emblématique du travail atypique d'Éric Samakh, artiste né en 1959. Grâce à un capteur solaire, un module acoustique « analyse les paramètres climatiques qui influent sur le comportement d'un oiseau, et commande un lecteur de disque compact qui diffuse le chant d'un rossignol philomèle, enregistré au château de Sauvigny en mai 1990. » (Extrait d'une notice parue sur le site du Musée Rodin.)

     

     

     

    Erik Samakh est enseignant à l'école supérieure d'Art des Pyrénées et reconnu internationalement pour ses réalisations qui composent une alchimie d'éléments naturels et de technologies modernes. Grâce à des travaux très poussés sur le son, il cherche à établir un dialogue subtil entre l'homme et son environnement. Là où l'image est dominante, il s'emploie à attirer notre attention sur l'importance du son et l'art d'écouter.

     

     

     

     

     

     

    Comme vous le constatez, le square Georges Cain est un lieu particulièrement remarquable. En son coeur, se dresse « Île de France », beauté de bronze dont Aristide Maillol (1861-1944) fut le concepteur. Je vous conterai l'histoire de cette statue dans un prochain article.

     

     

     

    En attendant de vous retrouver, je vous souhaite plein de belles choses... Tendres pensées !

     

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