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    Albizia, Arbre à soie ou Acacia de Constantinople... Cette essence qui s'épanouit naturellement en Chine, au Japon, en Iran et au Sud de la Turquie apprécie nos contrées et révèle, entre juin et août, dans les parcs et jardins de Paris, ses fleurs roses plumeuses au parfum délicat, proche de celui du tilleul.

     

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    Les premières graines d'albizia furent rapportées de Turquie, en 1749, par Filippo Albizzi, naturaliste et noble florentin.

     

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    Le climat chaud de la région de Florence plut à ces nouveaux arbres qui reçurent le nom latin d' « Albizia Julibrissin ».

     

    Nom qui honore le seigneur Albizzi en soulignant l'importance d'une région située en Iran, le « Julibrissin ».

     

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     Ravissants pompons, séduisantes houppettes...

     

    L'albizia est très aimé pour sa croissance rapide, son ombrage généreux, son port élégant en forme de parasol et ses fleurs aux étamines d'un rose clair ou tirant vers le fuchsia et le violet que les abeilles butinent avec bonheur.

     

    Son feuillage finement découpé rappelle les feuilles des fougères et le feuillage du mimosa d'hiver qui est appelé « acacia dealbata » en latin.

     

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    Les fruits de l'albizia sont des gousses plates remplies d'une profusion de graines robustes qui témoignent d'un important pouvoir de fécondité. Quant à son bois de couleur jaune, très utilisé en ébénisterie, il est considéré comme une essence luxueuse à l'instar de l'ébène et il servit, au fil du temps, à encadrer des tableaux de maîtres. On peut en contempler dans les plus grands musées.

     

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    Considéré principalement comme une essence d'ornement, l'albizia possède pourtant des vertus médicinales. Avec son écorce, les herboristes préparent une infusion aux propriétés vermifuges et anti-inflammatoires et des cataplasmes contre les douleurs articulaires et les ecchymoses.

     

    Les fleurs de l'albizia sont fragiles mais l'arbre possède d'importantes capacités d'adaptation aux conditions climatiques difficiles : grand vent, orage, pluie... Les feuilles se replient, à l'instar des frondes de fougères à la tombée de la nuit, ce qui permet à l'arbre de préserver de l'humidité nécessaire à son énergie vitale.

     

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     Albizias sous une pluie de juillet...

     

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     … et sous le soleil d'août...

     

    En vous souhaitant une belle continuation du « mois du lion », je souffle vers vous des bisous poudrés de couleurs douces. A très bientôt !

    Plume

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    Si, comme la mienne, votre âme d'enfant est attirée par les petits riens, les breloques d'instant présent et les bimbeloteries colorées, vous apprécierez sûrement cette installation pleine de charme qui se déploie, au cœur de Paris, dans le nouveau jardin des Halles.

     

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    Ventre de la capitale cher à Émile Zola, le lieu a fait peau neuve, diluant dans les brumes du temps le souvenir du Cimetière des Innocents et les fantômes des Halles de Victor Baltard. A la rentrée, je vous parlerai de ces transformations et de l'histoire des monuments qui se dressent là : la Fontaine des Innocents, l'église Saint-Eustache et la Bourse de Commerce, ancienne Halle aux Blés qui a conservé l'un des plus fascinants vestiges du vieux Paris : la colonne astrologique de l'ancien hôtel de Catherine de Médicis.

     

    Ces monuments sont en pleine restauration alors je n'en dis et n'en montre à ce sujet pas davantage... Place aux joies de l'enfance en cet été lumineux !

     

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    Un terrain d'aventures a été installé pour les jeunes visiteurs et l'aboutissement du parcours est marqué par cette représentation de notre terre en matériaux recyclés.

     

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    Terre à reconsidérer, à préserver, à aimer, au fil des nuits et des jours, pour ses offrandes pleines de couleurs et sa diversité !

     

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    Pour la sécurité des enfants et la tranquillité des parents, les adultes ne sont pas admis à l'intérieur. On ne photographie donc que l'extérieur en se contorsionnant...

     

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    Le lieu est destiné à l'agrément, à l'épanouissement et à l'éveil des facultés physiques et d'observation des enfants. C'est « un parcours labyrinthique ponctué d'événements ludiques ».

     

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    Un monde de sphères et de toboggans futuristes parmi un joli petit bois.

     

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    Je vous souhaite un agréable mois d'août et vous remercie de vos gentils petits mots. Reposez-vous bien si c'est possible... Amicales pensées et gros bisous !

    Plume

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    En cette journée d'été, les visiteurs se prélassent à l'ombre des palmiers, autour du bassin octogonal du Jardin du Luxembourg. La scénographie est dominée par le palais (actuel Sénat), rêve florentin de la reine Marie de Médicis (1575-1642) construit, à partir de 1615, par l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626)).

     

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    Ravis de faire voguer sur l'eau claire ces modèles réduits de bateaux, les enfants participent avec une énergie communicative à des régates pleines de poésie.

     

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    Depuis presque deux cents ans, ces voiliers miniatures font la joie des promeneurs et des collectionneurs. Leur renommée ne saurait faiblir.

     

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    Photo de 1946.

     

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    Photo Gallica.bnf.fr

     

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    L'aventure des petits voiliers débuta en 1830.

     

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    Vieille dame louant des voiliers miniatures en 1900.

     

    Elle se poursuivit dans les années 1920 lorsque Clément Paudeau, serrurier-forgeron et passionné de modélisme, originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée, décida de louer, pour quelques sous, des bateaux créés par ses soins.

     

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    Les époux Paudeau posent devant le bassin du Luxembourg.

     

    Bricoleur dans l'âme, Clément Paudeau travaillait dans l'industrie ferroviaire à Paris et connaissait très bien les bateaux. Il avait navigué sur des « canots sardiniers vendéens » et sur un « contre-torpilleur pendant la guerre d'Indochine ».

     

    D'après Jean-Rémy Couradette, auteur avec Daniel Gilles de l'ouvrage intitulé Les petits bateaux du Luxembourg, « Clément Paudeau privilégiait le cotre aurique. Un bateau muni d'un foc, et d'une grand-voile trapézoïdale surmontée d'une voile de flèche. Un gréement très répandu sur les canots vendéens du XXe siècle... » Non symétrique, une voile aurique présente toujours le même bord d'attaque au vent.

     

    Avec des matériaux de récupération et une passion qui faisait écho à celle de son mari, Madame Paudeau cousait les petites voiles à la main.

     

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    Source Gallica.bnf.fr

     

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     Paul Michel Dupuy (1869-1949), Enfants faisant naviguer des petits voiliers sur le grand bassin du Luxembourg.

     

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    Chromolithographie réalisée pour les chocolats Perron. Image Delcampe.

     

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    Bonheur d'enfance au Luxembourg. Photographie de R Schall, agence Roger Viollet, (musée Carnavalet).

     

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    La flottille constituée par Clément Paudeau était destinée à fendre sans encombre les eaux claires du bassin.

     

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    Les coques sont évidées et la quille très lestée afin d'obtenir une stabilisation optimale.

     

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    Pierre, le fils de Clément Paudeau, grand-oncle de Jean-Rémy Couradette, co-auteur du livre que j'ai cité plus haut, reprit l'affaire familiale en 1929. Il avait l'habitude de traverser le jardin, à toutes saisons, en poussant sa charrette remplie de petits bateaux.

     

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    L'affaire est toujours florissante et gérée par un amoureux du savoir-faire de la famille Paudeau.

     

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    Eugène Atget (1857-1927), La location des petits bateaux en 1898.

     

    Depuis 1946, l'entreprise vendéenne Tirot, spécialisée dans la fabrication de sabots en bois, crée des répliques de voiliers. Dotées de coques évidées en bois de hêtre, de « quilles lestées de plomb et de voiles tout coton », elles font la joie des collectionneurs. Ces répliques ont été inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco.

     

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    Photographie de Jules Séeberger (1872-1932)

     

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    Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

    Plume

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    Le square Viviani-Montebello a été créé en 1928 à l'emplacement des anciennes dépendances de l'Hôtel-Dieu, dans le 5e arrondissement de Paris. Il borde la remarquable petite église orthodoxe Saint-Julien le Pauvre et se déploie autour d'un robinier faux acacia, considéré comme le plus vieil arbre de Paris.

     

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    Le lieu offre au promeneur une vue exceptionnelle sur le flanc droit de la cathédrale Notre-Dame, dentelle d'ombre et de lumière dominant le petit bras de la Seine. On y découvre des fragments lapidaires, des balustrades et des pinacles gothiques, un sarcophage, un puits légendaire du XIIe siècle et des chapiteaux disséminés sous les arbres.

     

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    Il a été conçu par Léon Azéma (1888-1978), « Prix de Rome et architecte de la Ville de Paris, chargé des promenades et des expositions », à qui nous devons aussi le parc de la butte du Chapeau Rouge. (Cf. Squares et jardins de Paris. Collection Les essentiels du Patrimoine.)

     

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    Après la démolition des dépendances de l'Hôtel-Dieu, ancien Hospice d'Humanité, les parisiens découvrirent un espace en friche dont les autorités municipales ne savaient que faire. Après maintes réflexions, il fut décidé d'aménager un musée des Civilisations Chrétiennes mais cette idée fut balayée lors de la Première Guerre Mondiale. Une décennie plus tard, les parisiens optèrent pour la création d'un vaste square sur les vestiges d'un passé tourmenté.

     

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    Le square porte le nom de l'avocat et député socialiste René Viviani (1862-1925) et rappelle la proximité du quai de Montebello, ancien quai de la Bûcherie puis quai Bignon, aménagé à partir de 1811 entre le Pont Saint-Michel et le Petit-Pont.

     

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    Député de la Seine puis de la Creuse, René Viviani fonda avec Jean Jaurès (1859-1914) le journal L'Humanité en 1904. En 1905, il fut l'initiateur de la loi sur la séparation de l'Église et de l'État. Il devint ministre du Travail (1906-1910) et président du Conseil au moment de la déclaration de la guerre de 1914–1918. (Photographie de presse, agence Meurisse, 1912, conservée à la Bibliothèque Nationale de France.)

     

    Il fit voter des lois réformistes comme le repos hebdomadaire, le salaire de la femme mariée, la possibilité pour les femmes de devenir avocates, la non saisie des biens familiaux... Il fut aussi l'inventeur de l'impôt sur le revenu!

     

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    Bulle de verdure à proximité de la Seine et de Notre-Dame, le square qui lui rend hommage est un écrin pour un arbre remarquable, ancêtre d'écorce et de feuilles et témoin chuchotant de l'histoire mouvementée de Paris.

     

    Le vieux robinier

     

    Considéré comme le plus vieil arbre de Paris, il s'enracine en ces lieux depuis plus de quatre cents ans.

     

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    Planté en 1601 par Jean Robin (1550-1629), botaniste et directeur du Jardin des Apothicaires, il est soutenu par une structure en ciment, en raison de son grand âge et de son poids conséquent.

     

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    Jean Robin reçut de son ami John Tradescant (1570-1638), naturaliste anglais installé en Virginie, des graines de robinia pseudoacacia, un arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses), originaire de la région des Appalaches.

     

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    Un premier robinier fut donc planté, au tout début du XVIIe siècle, dans le jardin de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et un second robinier mis en terre, en 1636, dans le Jardin du Roi, actuel Jardin des Plantes.

     

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    La structure en ciment est constituée de puissants étais, en partie dissimulés sous un lierre, qui empêchent l'écorce de rompre sous le poids des branches et des feuilles.

     

    Le tronc de l'aïeul fait 3,50 m de circonférence. En 2010, un banc circulaire en chêne a été installé tout autour. Il domine une margelle en châtaignier tressé. On s'y attarde avec bonheur, à quelques pas de l'agitation du parvis de Notre-Dame.

     

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    L'écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief et les branches sinueuses composent une ample couronne de feuilles vert jaunâtre.

     

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    Entre avril et juin, apparaissent des grappes pendantes de fleurs blanches délicatement parfumées. A l'instar des fleurs de courgette et des fleurs d’acacia, ces beautés mellifères sont savourées sous forme de beignets sucrés ou salés.

     

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    Arbre pionnier, le robinier a toujours été apprécié pour la qualité de son bois. On l'a utilisé pour stabiliser les terrains sablonneux et rocailleux tout en enrichissant la terre.

     

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    L'écorce du vieux robinier est recouverte par du lierre mais les jeunes pousses du « parasite gourmand », émetteur de racines suçoirs, sont ôtées chaque année. Les bûcherons de la ville de Paris accomplissent avec beaucoup d'attention la toilette de l'arbre ancêtre ou plutôt de ses rejets car l'arbre originel est à l'état de « fossile ».

     

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    En hiver, il ressemble à un arbre de conte de fées...

     

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    J'adore le photographier ainsi !

     

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    Dans la lumière estivale, il s'habille d'or vert et de luxuriance.

     

    Autour de lui se déploie un jardin romantique, très apprécié par les promeneurs des bords de Seine ou du parvis de Notre-Dame.

     

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    Comme je l'écrivais au début de cet article, il abrite un puits du XIIe siècle réputé miraculeux, des ornements archéologiques et se pare de roses écarlates en été. Je vous en reparlerai dans un futur article consacré à l'église Saint-Julien le Pauvre.

     

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    Le puits médiéval

     

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    On y admire aussi une émouvante fontaine contemporaine qui fera l'objet de mon prochain article.

     

    Bibliographie

     

    Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

     

    Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

     

    Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

     

    Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

     

    Merci à ceux qui prennent très souvent de mes nouvelles.

    Je ne sais pas le dire autrement. Je suis épuisée. Les derniers traitements me mettent plus bas que terre mais je suis toujours là ! En Septembre, recommence la tournée des hôpitaux, les examens (8 IRM à passer, plusieurs électro-encéphalogrammes plus des choses au nom barbare) sans oublier les prélèvements sanguins. Je ne sais plus combien on m'a pris de tubes de sang ces derniers temps. Il vaut mieux ne pas compter. Je vais tâcher de tenir le coup mais j'ai perdu 41 kilos en deux ans et cet été je me suis encore bien amincie alors chaque journée et chaque nuit sont un long chemin...

    Je tiens toujours le coup et je pense fort à vous ainsi qu'à toutes les personnes qui doivent batailler pour leur santé, gros bisous...

    Plume

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    La semaine dernière, nous nous sommes promenés dans le Square Barye où l'on peut admirer un monument dédié à l'une des figures majeures de la sculpture française.

     

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    Antoine-Louis Barye apparaît surtout comme le maître incontesté de la sculpture animalière dont il révolutionna le genre à travers des œuvres qui témoignent d'une fougue créatrice acharnée.

     

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    Son portrait, en 1889, par Léon Bonnat (1833-1922).

     

    Fils d'un orfèvre, il devint apprenti chez le sieur Fourier, graveur sur acier et créateur de matrices qui servaient à fabriquer les éléments métalliques des uniformes militaires. Dès l'âge de treize ans, il apprit les différents métiers du traitement du métal (fondeur, ciseleur, modeleur...) et il entra, en 1818, à l'École des Beaux-Arts où il étudia avec le peintre Antoine-Jean Gros (1771-1835) et le sculpteur François-Joseph Bosio (1768-1845) Mais se retrouvant chargé de famille, il se fit embaucher en 1823 chez le sieur Fauconnier, orfèvre de son état, qui lui commanda des gravures d'animaux.

     

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    Tigre se roulant sur lui-même (1838-1842), New York, Brooklyn Museum.

     

    Avec son ami Eugène Delacroix (1798-1863), Antoine Barye étudiait les animaux exotiques au Jardin des Plantes et réalisait des croquis sur nature qu'il traduisait ensuite dans la peinture et dans la sculpture.

     

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    Le tigre du Bengale, aux alentours de 1840.

     

    Il se fit connaître du public et de la critique en exposant au Salon de 1831 une œuvre intitulée Tigre et Gavial.

     

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    Image Sotheby's.com

     

    La « révolution Barye » était en marche. En confrontant le public à des œuvres profondément expressives où les animaux étaient saisis sur le vif, dans la puissance de leurs instincts, aux antipodes des représentations figées qui avaient précédemment connu la gloire, il fit preuve d'une turbulence de style, caractéristique du Romantisme, qui ne laissa personne indifférent.

     

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    Fasciné par les grands fauves, il représenta les félins qui avaient été ramenés à la Ménagerie du Jardin des Plantes suite à la prise d'Alger par les troupes françaises, en 1830. Épris de sculpture, il excellait aussi dans l'art du dessin et fréquentait les artistes de l'École de Barbizon. Il vécut dans la rue principale de ce village situé en forêt de Fontainebleau où se réunissaient des artistes désireux de travailler « par nature ».

     

    Nombreux furent ceux qui l'apprécièrent mais il eut aussi une quantité conséquente de détracteurs, ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé en 1854 professeur de dessin au Muséum d'Histoire Naturelle, d'obtenir un atelier au Louvre, une chaire de professeur de dessin d'histoire naturelle à l'École d'Agronomie de Versailles et de recevoir la Grande Médaille à l'Exposition Universelle de 1855. Il fut élu, en 1867, à l'Académie des Beaux-Arts.

     

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    En 1833, Louis-Philippe (1773-1850) lui commanda une sculpture intitulée Le Lion au serpent. Destiné à être installé dans le Jardin des Tuileries, à côté de l'Orangerie, cet animal rugissant devait représenter « une allégorie de la monarchie écrasant la sédition », trois ans après les sanglantes émeutes de 1830.

     

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    Comme au Square Barye, ce lion farouche est aux prises avec un serpent qui ne résistera pas longtemps à ses féroces mâchoires. La sculpture en question est une copie du bronze original, conservé au Musée du Louvre.

     

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    Le lion original (photographie de Thierry Ollivier pour le musée du Louvre.)

     

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    « Le mouvement du lion qui éprouve un effroi convulsif à la vue du reptile est rendu avec une énergie, une vérité effrayante et les plus petits détails du pelage et des ongles de l'animal sont exprimés avec cette exactitude que l'on ne pourrait attendre que de la patience d'un savant. » Le Moniteur Universel, 1833.

     

    En 1846, Antoine Barye fut chargé par Louis-Philippe de réaliser un pendant pour cette œuvre très appréciée. Il termina ce Lion assis en 1847 mais il fallut attendre l'année 1867 pour que le grand fauve soit placé sur le Quai des Tuileries, à l'entrée du Guichet de l'Empereur.

     

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    On adjoignit à ce lion un « jumeau » et les deux fauves formèrent, côté sud, vers la Seine, les gardiens majestueux de la Porte des Lions.

     

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    Ce prédateur incarne la majesté et la sérénité. Le traitement romantique de son expression le fait tendre vers l'anthropomorphisme. Il offre un contraste saisissant avec le lion de Giuseppe Franchi (1731-1806) qui regarde, depuis l'année 1819, en direction de la place de la Concorde.

     

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    Ce lion héraldique de marbre fut réalisé en 1806 d'après l'antique. Il est très élégant mais il nous fait prendre la mesure de toute l'originalité du travail d'Antoine Barye, fondé sur une explosion sauvage du mouvement.

     

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    Le lion au serpent du square Barye.

     

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    Un lion signé Antoine Barye orne le socle de la Colonne de Juillet (1835-1840), place de la Bastille, dominée par le Génie de la Liberté d'Augustin Dumont (1801-1884). Cette commande est d'autant plus intéressante que Barye était à ce moment-là exclu des expositions officielles en raison de sa trop grande liberté de ton. On lui demanda d'apaiser l'élan de son trait romantique mais malgré tout ce lion reflète son potentiel de vigueur créatrice et l'énergie qu'il aimait insuffler à ses réalisations.

     

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    Les éditions miniatures des bronzes de Barye furent très recherchées par les collectionneurs. De ses jeunes années passées dans un atelier d'orfèvrerie, il avait conservé le goût de la polychromie, du contact particulier avec le métal et de l'harmonie complexe des placages de matière. Il fut un remarquable décorateur, apprécié pour la qualité de ses bronzes d'ornement, ses candélabres et ses grandes garnitures de cheminée.

     

    Outre les fauves dont les représentations ont nourri sa célébrité, il aimait sculpter toutes sortes d'animaux ainsi que des créatures fantastiques, des personnages historiques et des héros de la littérature.

     

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    Angélique et Roger montés sur l'hippogriffe, 1840. (Image Sotheby's.com.)

     

    Les personnes intéressées pourront trouver ICI les détails de l'histoire d'une statue disparue, celle de Napoléon III à cheval, réalisée pour les Guichets du Louvre.

     

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    Antoine Barye passa ses derniers moments face à la Seine, dans une demeure située le long du quai Henri IV, à proximité du square qui porte son nom. J'ai pu prendre la photo de la plaque apposée sur la façade de l'immeuble mais je n'ai pas pu réaliser de cliché du lieu en question, un établissement scolaire où mon appareil photo, en raison de l'État d'Urgence, n'était pas le bienvenu.

     

    Il repose dans la division 49 du Cimetière du Père-Lachaise mais le buste qui ornait sa tombe (réalisation d'Hippolyte Moulin) a été dérobé en 2006...

     

    J'espère vous avoir fait découvrir ou redécouvrir un de nos plus grands artistes et donné envie de contempler ses œuvres, au gré de vos promenades.

     

    Bibliographie

     

    BENGE G. F., Antoine-Louis Barye, Sculptor of romantic realism, Pennsylvanie, 1984.

     

    BENOIST Luc, La Sculpture romantique, 1928, nouvelle éd. par Isabelle Lemaistre, Paris, 1994.

     

    BRESC G. et PINGEOT A., Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries (II), Paris : 1986.

     

    LEMAISTRE Isabelle, « La Griffe et la dent : Antoine-Louis Barye, sculpteur animalier (1795-1875) », in Les dossiers du Musée du Louvre n 51, Paris, 1996, pp.38-44.

     

    POLETTI Michel, Monsieur Barye. Lausanne : Acatos, 2002.

     

    POLETTI Michel et RICHARME Alain, Barye, Catalogue raisonné des sculptures. Paris:Gallimard, 2000.

     

     

    Antoine-Louis Barye (1795-1874)

     

    Je vous souhaite une excellente semaine, merci de votre fidélité. Mes pensées affectueuses pour les aminautes qui ont de nombreux soucis de santé en ce moment et qui se reconnaîtront.

     

    Cendrine

    Plume

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