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    Le Printemps palpite. Le vieil hiver s'affaiblit et la magie lumineuse de la verte Erin ne demande qu'à être célébrée. A cette occasion, je veux partager avec vous ma petite collection de cartes de la Saint-Patrick.

     

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    La Saint-Patrick est une grande fête populaire et folklorique qui célèbre la vie, chaque 17 mars ou à partir du 17 mars et durant plusieurs jours. L'histoire et le folklore se confondent à travers bien des aspects de cette fête qui commémore la christianisation de l'Irlande au Ve siècle par un écossais nommé Maewyn Succat (385-461).

     

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    Fils d’un centurion romain originaire de Grande Bretagne, Maewyn fut enlevé à l’âge de 16 ans par des pirates qui le vendirent à un chef de clan irlandais. Il découvrit la religion chrétienne et en 409, après avoir rêvé que Dieu lui demandait de prendre la mer, il parvint à s'échapper.

     

    Devenu prêtre, il voyagea et se rendit aux îles de Lérins, près de Cannes, puis il s’établit, pendant deux années, au monastère de Saint-Honorat où il fit des études de Théologie.

     

    Un jour, le pape Célestin Ier lui ordonna de partir évangéliser l’Irlande Il entama donc, à partir de 411, une tournée de conversion sur les terres druidiques.

     

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    Il rencontra le roi Aengus et la légende dit qu'il expliqua à ce dernier le concept de Trinité (le Père, le Fils, et le Saint Esprit) en lui montrant un trèfle fraîchement cueilli. Aengus fut conquis...

     

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    L'évangélisation du pays se poursuivit et Maewynn, qui fut ordonné évêque, prit le nom de Patricius/Patrick. On lui attribue d'avoir chassé de la terre d'Irlande tous les serpents (à la fois les Druides et les symboles de la Déesse des temps anciens) en frappant un « vipérin » avec un bâton tréflé.

     

    Il mourut le 17 mars 461 dans la ville de Downpatrick et chaque année, les Irlandais lui rendent hommage en chantant, dansant, festoyant...

     

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    Il est amusant de constater que, une fois encore, l'église a tenté d'annihiler, sans y parvenir, une fête païenne et matriarcale, en l'occurrence la fête de la Déesse Ostara, jeune fille aux couleurs d'aurore que l'on célèbre au moment de l'équinoxe de Printemps (généralement, le 21 mars)...

     

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    Les Symboles de la Saint-Patrick

     

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    Le Leprechaun

     

    Le Leprechaun est un personnage incontournable des légendes irlandaises et une véritable « icône » au moment de la Saint-Patrick.

     

    Créature magique, le Leprechaun est doté d'un caractère à la fois facétieux et ombrageux. De petite taille (il mesure environ 90 centimètres), il est vêtu de vert et arbore un joli pourpoint ou un tablier de cordonnier que l'on nomme « leigh bhrogan » en gaélique irlandais. Il fume des herbes de la lande avec sa pipe et boit une liqueur chimérique appelée « Dudeens » ainsi que du whisky fait maison.

     

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    Il serait, d'après le savoir oral, un être hybride, fruit de la rencontre amoureuse entre un humain et un esprit des anciens mondes.

     

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    Doué pour la cordonnerie, il est aussi le banquier de la communauté du Petit Peuple. Redoutable gardien de trésors, gardien de l'or, métal aussi magique que précieux, il possède un chaudron d'abondance, rempli de pièces qu'il dissimule au pied d'un arc-en-ciel ou sous une petite colline qui change de place régulièrement. Il se méfie des humains car beaucoup cherchent à le piéger pour s'emparer de ses biens mais il aime malgré tout « jouer » avec les « grandes gens ». Il s'amuse à leurs dépens et file, rapide comme l'éclair, à travers des paysages mystérieux.

     

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    Si l'on voit un Leprechaun, les anciens grimoires préconisent de ne pas cligner des yeux car un simple mouvement de paupières peut le faire disparaître...

     

    Il existe à Dublin un musée entièrement consacré aux traditions et aux mythes entourant le Leprechaun : le National Leprechaun Museum. Tout ce que l'on voit dans ce musée est gigantesque afin que le visiteur se sente « miniaturisé » et puisse « entrer dans la peau » d'un farfadet.

     

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    Le Trèfle (Shamrock)

     

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    L'emblème officiel de l'Irlande est une harpe, la harpe celtique associé au dieu Dagda, l'Omniscient. Mais le trèfle est l'emblème populaire le plus connu.

     

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    Plante pérenne qui abonde dans les prairies d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, le trèfle se décline en plusieurs variétés... Trèfle blanc, trèfle violet, trèfle étoilé, trèfle patte-de-lièvre...

     

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    Le trèfle de Saint-Patrick, évoqué comme emblème chrétien, est beaucoup plus ancien puisqu'il entrait dans la pharmacopée et l'eschatologie druidiques. On le nommait « Seamrag Chapaill » et il était également sacré pour les bardes, maîtres du langage poétique et magique.

     

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    Le trèfle est associé à la Déesse Mère Brigid ou Brigit qui règne sur l'inspiration créatrice, aux trois divinités du Destin, à la déesse Tailtiu, mère adoptive du dieu solaire Lugh... ainsi qu'au Green Man, l'Homme Vert, le maître feuillu, seigneur secret de la sylve...

     

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    Green Man par Brian Froud

     

     

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    Le Tarot de la Sorcière Verte

     

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    Imprégné du pouvoir de certaines constellations, le trèfle est réputé posséder de grandes vertus guérisseuses et protectrices. Selon le médecin et naturaliste grec Dioscoride (20/40-90 après J.-C), il soignait, sous forme de cataplasmes et d'infusions, les fièvres et les inflammations les plus tenaces. Au Moyen Âge, on l'a longtemps utilisé pour apaiser les quintes de toux et les douleurs articulaires. Sa feuille est devenue un emblème dans l'architecture avec l'arche gothique trilobée et elle possède un rôle de première importance dans le jeu de cartes auprès du cœur, du pique et du carreau.

     

    Dans le Jeu de Tarot divinatoire, le trèfle correspond à la suite des bâtons.

     

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    Historiquement, le trèfle est lié à l'idée de rébellion. Sous le règne de Victoria (1819-1901), il était le signe de ralliement des opposants à la Couronne et les personnes qui portaient un trèfle risquaient de connaître la peine capitale.

     

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    Le trèfle à trois feuilles (trifolium) est une représentation stylisée du triskèle, motif populaire de l'art celte et de l'awen, énergie de vie et feu d'inspiration. Au moment de l'équinoxe de Printemps, Ostara ou Alban Eilir pour les Druides, il concentre la puissance des trois rayons sacrés de lumière qui palpitent sur les chemins de Dame Ceridwen, maîtresse du chaudron de connaissance et de régénération. Il est à la fois le symbole des Bardes, des Ovates et des Druides.

     

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    Il « incarne » aussi les trois Vertus Théologales soit la Foi, l'Espérance et la Charité. Le trèfle à trois feuilles est le plus répandu mais il existe des trèfles à quatre feuilles (symboles de richesse, d'amour, de santé et de chance ou de célébrité, de richesse, de santé et d'amour loyal).

     

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    Les trèfles à quatre feuilles sont d'une rareté extrême. On dit qu'il en existe un seul pour dix mille trèfles à trois feuilles et d'après les livres de folklore, ce serait Ève qui aurait ramené du Paradis un trèfle quadrifolié.

     

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    Le trèfle quadrifolié est réputé combattre les effets du venin de serpent et pour les Druides, posséder un trèfle à quatre feuilles cueilli lors de certaines phases de lune permettait de voir les démons et les créatures enchantées.

     

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    Symbole de chance dans nos sociétés, le trèfle à quatre feuilles est aussi l'emblème de la marque Alfa Roméo (Quadrifoglio Verde)...

     

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    Pour l'anecdote, en 2009, au Japon, un fermier nommé Shigeo Obara a cueilli un trèfle à 56 feuilles qui figure dans le Livre des Records...

     

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    Il existe un trèfle à cinq feuilles, encore plus rare que le trèfle à quatre feuilles et son message est ambivalent. Soit, il porte chance, soit il la prend... Méfiance ! Et savez-vous ce qu'est un Ultratrifoliophile ? Il s'agit d'une personne qui collectionne les trèfles à quatre feuilles ou plus. Un collectionneur américain est réputé en posséder plus de 160 000 !

     

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    Allons rêver sur des chemins de féerie et butiner gaiement les charmes du Printemps ! Je vous souhaite plein de jolies choses et vous adresse mes pensées d'amitié...

     

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    Plume

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    A l'orée du Printemps, j'aime entendre l'air crépiter. J'aime voir les branches nues des arbres serpenter dans la lumière et ressentir l'instant comme une pépite à préserver.

     

    Débusquer les couleurs au hasard du chemin, effeuiller les nuances du ciel, contempler les parades des oiseaux...

     

    C'est un Bonheur Simple, en lettres majuscules, un Privilège qui se dévore alors merci à Dame Nature...

     

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    Je m'éclipse sur la pointe des pieds et je laisse parler les images... Grosses bises à tous et merci de votre fidélité !

     

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    Au bal des crocus et des hellébores...

     

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    Mars est un mois alchimique où s'opèrent de grandes métamorphoses...

     

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    Encore de gros bisous et que bourgeonne l'Inspiration, sans modération !

    Plume

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    La dame de l'automne, 1871

     

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    Lovers in the night

     

    Laissons-nous happer, au clair de lune, par les brumes fantastiques et les couleurs mouvantes de la palette de John Atkinson Grimshaw, artiste emblématique de l'ère victorienne. La lumière dorée, argentée ou nacrée de la ronde lune irrigue souvent ses œuvres où règne une sensibilité puissante.

     

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    Réflexions sur le Thames, Westminster, 1880

     

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    Lune d'hiver

     

    A travers son regard, la ville victorienne s'offre à nous, vêtue de nuit et de brouillard, mouillée de cendres, voilée d'opale... Elle émane d'un réseau d'ombres labyrinthiques et précieuses. Une ville personnage où s'enfoncent, entre ivresse et mélancolie, le regard et l'esprit...

     

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    Ombres sur le mur, Roundhay Park, Leeds, 1880

     

    John Atkinson Grimshaw naquit à Leeds, une ville du nord de l'Angleterre, en 1836, dans une famille très stricte. Il fut clerc de notaire et travailla, pendant quelques années, pour une compagnie de chemin de fer anglaise, la GNR (Great Northern Railway) mais, insatisfait de ses activités, il décida de suivre une carrière artistique.

     

    Son choix se fit au grand dam de ses parents qui considéraient l'art comme une chose néfaste. Il ne reçut donc aucun soutien de la part de son père, policier et de sa mère qui s'employa à détruire, bien des années après, une partie de ses tableaux !

     

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    Les amants

     

    Dans sa jeunesse, il bénéficia de l'aide morale et financière de son cousin germain, T.S Cooper, et de l'assentiment de son épouse et cousine éloignée, Theodosia Frances Hubbard (1835-1917), ce qui lui permit de tenter sa chance et d'exposer pour la première fois, en 1862, « sous le haut patronage de la Société Philosophique et Littéraire de Leeds » des tableaux représentant des fleurs, des fruits et des oiseaux.

     

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    Headingley Lane à Leeds

     

    En 1865, ses peintures étaient vendues dans plusieurs galeries d'art et librairies de Leeds et un antiquaire nommé Thomas Fenteman était l'un de ses clients principaux. Il put faire l'acquisition de Knostrop Hall, une jolie propriété du XVIe siècle située dans les parties « riches » de la ville et en 1870, il se fit construire une maison secondaire à Scarborough, ville côtière située dans le comté du Yorkshire du Nord, qui devint son sujet de prédilection.

     

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    Knostrop Hall, tôt le matin, 1870

     

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    Après-midi de novembre à Stapleton Park, 1877

     

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    Forge Valley à Scarborough

     

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    Scarborough, 1878

     

    Une très jolie ville, belvédère sur la mer du Nord, peuplée de maisons pimpantes qui se dressent au bord de l'eau... Elle est appréciée pour son phare, ses demeures historiques et ses activités de voile. La romancière Anne Brontë (1820-1849) est enterrée dans son cimetière.

     

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    The lighthouse à Scarborough

     

    S'y adonnant à sa passion pour les atmosphères d'entre-deux, John Atkinson Grimshaw gagna en notoriété, loua un studio de peinture à Londres et vendit plusieurs de ses œuvres à William Agnew, un marchand d'art londonien. Une de ses œuvres fut également acceptée par la Royal Academy.

     

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    La maison hantée

     

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    Le pont de Leeds, 1880.

     

    Mais quelques années plus tard, il connut de graves problèmes financiers qui l’obligèrent à revenir à Leeds et à peindre des portraits, essentiellement féminins et des scènes de la vie de la ville, comme les marchés, les places, les fêtes locales... Il peignit aussi des scènes de plage, des vues maritimes et des paysages hivernaux.

     

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    The cradle song, la berceuse.

     

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    The cradle song, détail

     

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    Snowbound, Enneigée, 1883

     

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    Le virage, 1883

     

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    Automne d'or

     

    Grimshaw mourut d'une leucémie, le 13 octobre 1893, à l’âge de 57 ans. Il repose à Leeds, dans le cimetière de Woodhouse. Surnommé « Grimmy » par ses proches, il sut saisir avec brio les atmosphères changeantes de la ville victorienne, entité mystérieuse et ambivalente. Il aimait particulièrement décrire les effets de lumière et la magie des saisons, les variations météorologiques mais dans une veine plutôt Réaliste.

     

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    Matin d'automne

     

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    A golden beam, un rayon doré

     

    Marqué par le Préraphaélisme, il le fut aussi par l'Aesthétic Movement (Mouvement Esthétique), une évolution du Préraphaélisme que l'on qualifie de Post-Préraphaélisme et qui partit en guerre contre l'industrialisation massive et « la laideur manufacturée », pour reprendre les mots d'Oscar Wilde (1854-1900).

     

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    Promenade du soir

     

    Pour les personnes qui s'interrogeraient, je rappelle ce qu'est le Préraphaélisme. Il s'agit d'un phénomène de l'art, puissamment inspiré, gorgé d'un sang rebelle, qui fut initié par trois étudiants de la Royal Academy : Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), John Everett Millais (1829-1896) et William Holman Hunt (1827-1910).

     

    Ces trois jeunes gens ne supportaient plus le poids des conventions, la morale qu'ils qualifiaient d'insidieuse, le dogmatisme et la mièvrerie sentimentale qui caractérisait pour eux la peinture britannique de leur temps. Ils considéraient que de lourdes règles esthétiques issues de la Renaissance étaient responsable d'une sclérose de l'art et que l'esprit du spectateur, se voyant obligé de composer avec de la peinture de genre où ne brillait aucune créativité, se racornissait. Ils partirent donc en guerre contre l'enseignement académique et leur trio s'agrandit rapidement.

     

    Il y eut plusieurs périodes et courants Préraphaélites et de nombreux artistes concernés mais restons en compagnie de John Atkinson Grimshaw...

     

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    Clair de lune de novembre

     

    Grimmy admira aussi l’œuvre de James Tissot (1836-1902), artiste complexe, ami de Degas et de Manet, qui partagea sa vie entre Paris et Londres où il devint l'un des plus célèbres portraitistes de son époque. Fils d'un marchand de mode et d'une modiste, Tissot ne cessa d'accorder dans ses toiles la primauté aux vêtements et aux accessoires. Il aimait également mettre en scène ses personnages de manière « photographique ».Les musées anglais abritent un grand nombre de ses œuvres.

     

    On trouve, entre autres, des références à Tissot dans le tableau La Berceuse (The cradle song que je vous ai montré plus haut), avec sa belle atmosphère « japonisante » et dans le tableau qui suit.

     

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    La vigie de la nuit

     

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    Méditation, 1875

     

    Les Clairs de Lune de Grimshaw sont très appréciés des collectionneurs.

     

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    Silver moonlight, clair de lune argenté

     

    L'instant du crépuscule qui conduit à la nuit, la clarté fine et fantasmagorique de la lune, le brouillard et sa texture si particulière, les atmosphères singulières l'inspiraient. Il exploitait avec grand talent les effets de l'humidité à la fois réelle et chimérique.

     

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    Le port de Whitby

     

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    Port de Whitby sous le clair de lune

     

    Whitby, petite ville située sur la côte du Yorkshire, à l’embouchure de l’Esk, est un port à l’existence très ancienne. Whitby est renommée pour ses plages, le souvenir des pêcheurs de baleines qui la peuplèrent, ses bijoux de jais à connotation magico-religieuse, ses fossiles très réputés auprès des collectionneurs (des ammonites entre autres...), sa superbe abbaye Sainte-Mary considérée comme hantée et pour avoir inspiré Bram Stoker (1847-1912) le célèbre auteur de Dracula.

     

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    Le vieux Chelsea

     

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    Pluie sur Hampstead

     

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    Old Hall sous la lune

     

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    Fasciné par la photographie, Grimshaw faisait appel au procédé de la camera oscura...

     

    Ce mot italien qui signifie « chambre noire » désigne un appareil d'optique grâce auquel on obtient une image la plus nette possible d'un objet que l'on souhaite reproduire.

     

    La lumière entre dans une sorte de boîte par un petit orifice et se heurte, de l'autre côté, à un papier blanc de relative épaisseur ou à un verre dépoli. Certaines versions de la camera oscura, plus élaborées, font appel à une lentille convergente ou à des cloisons coulissantes qui permettent de moduler la distance à laquelle se trouve l'objet, d'accroître la netteté de ce que l'on voit etc...

     

    La camera oscura fut utilisée par de nombreux artistes au fil des siècles à l'instar de Léonard de Vinci, de Vermeer de Delft ou des védutistes italiens du XVIIIe siècles comme Giuseppe Canaletto... Tant et tant d'artistes y eurent recours et plus proches de nous, les recherches de Louis Daguerre (1787-1851) et de Joseph Nicéphore Niepce (1765-1833) se réfèrent à la manière dont la camera oscura retranscrit une image.

     

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    Glasgow, 1887

     

    Vous apprécierez la puissance fantasmagorique des effets de lumière, les lignes qui se dévoilent et se fondent dans une envoûtante atmosphère, les parties sombres qui palpitent comme des frissons d'encre...

     

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    Les docks de Glasgow

     

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    Liverpool

     

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    Westminster Bridge avec les maisons du Parlement

     

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    Westminster Bridge au crépuscule... Je pourrais regarder ce tableau et le paysage pendant des heures ! Il y a tant de magie...

     

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    Paysage entre clair et obscur

     

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    Moonlight

     

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    Esprit de la nuit

     

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    Automne

     

    Grimshaw a également peint des scènes féeriques et illustré les balades littéraires et les poèmes d'Henry Longfellow (1807-1882) et d'Alfred Tennyson (1809-1892), monuments de la littérature américaine et anglaise. Il a d'ailleurs donné à ses enfants (sur les quinze qu'il eut, seulement six atteignirent l'âge adulte) les prénoms de personnages mis en scène par Tennyson.

     

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    La dame de Shalott, 1879

     

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    Elaine

     

    Lady Elaine de Shalott est une héroïne récurrente des légendes arthuriennes, « ressuscitée » par Alfred Tennyson (1809-1892) et muse des peintres préraphaélites.

     

    Sur l'île de Shalott, une belle dame, enfermée dans une tour mystérieuse, doit tisser une tapisserie pour l'éternité. La malédiction qui l'étreint lui interdit de regarder par la fenêtre mais elle contemple le monde dans un miroir où elle aperçoit un jour le reflet du chevalier Lancelot. Elle en tombe éperdument amoureuse et décide de lui exprimer ses sentiments.

     

    Consciente du sort funeste qui l'attend en quittant la tour, elle embarque pourtant sur un navire qu'elle a baptisé de son nom. Tout au long du voyage, elle continue de tisser son ouvrage mais comme elle approche de Camelot une tempête automnale se lève et la tapisserie épuise ses dernières forces. Les dames et les chevaliers d'Arthur découvrent son corps glacé sur une berge. Ils lui rendent hommage et Lancelot promet de ne jamais oublier son beau visage qui semblait endormi.

     

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    Elaine...

     

    Avec ses paysages à la fois réels et brodés de féerie et de mystère, John Atkinson Grimshaw nous a laissé une œuvre pleine de poésie et d'élégance très personnelle mais les historiens d'art ne possèdent pas de documents privés susceptibles de les aider à explorer davantage son art. Il eut sa renommée, ses créations sont accessibles grâce à des expositions qui lui ont été consacrées (surtout à Leeds) mais le temps s'est écoulé. Les dates de plusieurs de ses œuvres sont incertaines ou ne sont pas précisées et l'artiste mérite qu'on s'intéresse à lui davantage. J'espère que vous aurez pris plaisir à accomplir ce voyage...

     

    En vous souhaitant un très agréable mois de mars, je vous envoie de gros bisous et vous remercie de votre fidélité !

    Plume

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    Chers aminautes, nous revoici au musée Grévin et vous pouvez lire ou relire ICI le premier chapitre de cette promenade.

     

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    L'histoire des portraits de cire du musée, associée à Arthur Meyer, Alfred Grévin et Gabriel Thomas, nous fait remonter le temps à travers une myriade de saynètes occidentales ou exotiques qui s'ancrent dans le Moyen Âge, l'époque Renaissance, l'Âge Baroque, le Romantisme... et nous fait aussi évoluer au rythme de notre monde contemporain, à la rencontre de personnalités vivantes. Il y en a réellement pour tous les goûts !

     

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    Comme plusieurs d'entre vous, je ne suis pas particulièrement sensible à la présence de « gens connus » mais j'ai tout de même photographié quelques habitants des lieux dont la superbe Marylin. Ce que j'ai surtout aimé au musée Grévin, c'est le Palais des Mirages, l'escalier de Gustave Rives, les décors magnifiques et je suis également très intéressée par l'histoire des personnages de cire.

     

    Une histoire foisonnante, liée à des artistes comme la célèbre Madame Tussaud et qui se réfère à un art ancien, en vogue à la Cour de France sous l'Ancien Régime : l'art de mouler le visage d'un défunt de sang royal.

     

    Si l'on veut appréhender au mieux ce qui a fait du musée Grévin l'un des plus célèbres lieux culturels au monde, il faut s'intéresser au destin artistique de Marie Tussaud, destin qui se mêle à celui d'un médecin, anatomiste et sculpteur sur cire franco-allemand, nommé Philippe Mathé-Curtz (1737-1794), dit Curtius.

     

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    Portrait de Curtius par Marie Tussaud, conservé au musée Carnavalet. Photo de Jospe CC BY-SA 3.0.

     

    En 1761, Curtius prit à son service comme femme de ménage Anne Made, une jeune veuve qui avait une fille, Marie Greshlotz, la future Madame Tussaud.

     

    La petite Marie appela Curtius « mon oncle » et celui-ci lui enseigna l’art du modelage ainsi que différentes considérations anatomiques. L'attention manifestée par Curtius permit à Marie de réaliser avec talent, en 1777, son premier visage de cire, celui du philosophe Voltaire. En 1778, elle conçut, avec autant de réussite, les portraits de Jean-Jacques Rousseau et de Benjamin Franklin.

     

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    Voltaire, par Marie Tussaud (photo Rue du Savoir.com)

     

    En 1765, Curtius avait créé à Paris un cabinet de portraits en cire et depuis le portrait qu'il avait fait de Madame du Barry, la maîtresse de Louis XV, le succès ne s'était pas démenti.

     

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    Portrait de Madame du Barry en Belle au Bois Dormant (photo trouvée sur marie-antoinette.forumactif.org)

     

    En 1776, il présenta au Palais-Royal (au numéro 17 de la galerie Montpensier, actuelle boutique du fabriquant de médailles Bacqueville, une autre histoire...) la dernière version de son exposition de figures, consacrée aux célébrités de son temps, et la foule parisienne se déplaça en masse. Six ans plus tard, boulevard du Temple, il ouvrit « la Caverne des Grands Voleurs » où il prit plaisir à exposer des brigands, des repris de justice et des scènes de crime qui préfiguraient ce qu'on a appelé La Chambre des Horreurs.

     

    Il moula les effigies de nombreux guillotinés et immortalisa les traits de révolutionnaires comme Robespierre et Marat. A ses côtés, Marie Greshlotz put réaliser des moulages des têtes de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

     

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    Marie-Antoinette au musée de Londres, d'après le masque réalisé par Marie Tussaud. Je ne connais pas l'auteur de la photo.

     

    Pendant plusieurs années, Marie s'entendit bien avec le peuple et la noblesse mais, calomniée par un certain Jacques Dutruy, aide-exécuteur du bourreau Samson, elle fut arrêtée par les Révolutionnaires. Elle partagea alors la cellule de Joséphine de Beauharnais, future épouse de Napoléon.

     

    Elle allait être emmenée à la guillotine quand le peintre Jacques-Louis David réussit à intercéder en sa faveur. Il obtint in extremis du Tribunal Révolutionnaire qu’elle soit libérée pour créer les masques mortuaires des décapités. Elle eut donc l'opportunité de modeler les visages de Marie-Antoinette et de Robespierre. Elle réalisa aussi le masque mortuaire de Marat, dit « l’Ami du Peuple », assassiné dans son bain par Charlotte Corday.

     

    En 1791, après la mort de Curtius, Marie hérita la collection d’œuvres en cire de son mentor et en 1795, elle épousa un ingénieur civil nommé François Tussaud qui lui donna deux fils, Joseph et François. Sept ans plus tard, séparée de son mari, elle se rendit à Londres où elle entra dans la troupe de Paul Philidor, un magicien itinérant. Pendant des années, elle présenta, de ville en ville, des figures de cire au public puis, en 1835, elle parvint à ouvrir à Londres, à Baker Street (les fans de Sherlock Holmes apprécieront!) son propre musée sous le nom de Madame Tussaud.

     

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    Rédigeant ses Mémoires à partir de 1838, elle mourut paisiblement le 15 avril 1850 et son œuvre a perduré. A Londres, une plaque mortuaire en son honneur fut installée du côté droit de la nef de l’église Saint-Mary à Cadogan Street.

     

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    Image catherinepope.co.uk

     

    Outre le musée Grévin, Paris connut d'autres lieux associés à l'art des portraits de cire. En 1865, un professeur suédois nommé Schwartz ouvrit, dans le passage de l'Opéra (disparu), le musée Hartkoff, une galerie d'anatomie, d'ethnologie et de géologie dans laquelle il exposait des dissections de corps en cire et d'étranges écorchés et sur les Champs-Élysées, on trouvait une boutique grand-guignolesque appelée « Maison de la figure de cire ».

     

    Fasciné par l'utilisation documentaire des portraits de cire, Arthur Meyer a sollicité Alfred Grévin, voir à ce sujet le premier volet de cette promenade, et le financier Gabriel Thomas a complété l'équation.

     

    Le musée Grévin est rempli de « merveilles ». Nous l'avons vu avec l'escalier de marbre 1900, le Palais des Mirages et le Théâtre Italien. Découvrons à présent la magnifique Salle des Colonnes, de style baroque, lambrissée de bois de palissandre et sculptée d'or et de marbre.

     

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    Elle est conçue comme une sorte de théâtre avec de belles torchères, des petits balcons, une décoration très opulente, des chimères, des masques, des putti...

     

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    Elle est surmontée d'une coupole en mosaïque de Venise, de couleur bleue et or, qui donne l'impression d'évoluer sous un ciel rayonnant.

     

    En cheminant entre les colonnes, on découvre deux statues de cire pleines de charme : un faune et une faunesse, mes personnages préférés !

     

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    Outre son magnifique décor baroque, la Salle des Colonnes est réputée pour ses jeux de lumière qui séduisent les visiteurs. On y donne aussi des fêtes privées, des banquets d'affaires, des soirées dansantes etc...

     

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    Et maintenant, je vous propose de « saluer » certains habitants du musée...

     

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    Le rêveur Charlie Chaplin (16 avril 1889-25 décembre 1977)...

     

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    La styliste Chantal Thomass, née le 5 septembre 1947.

     

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    La Marquise de Pompadour (29 décembre 1721-15 avril 1764)... et ses innombrables escarpins, humour !

     

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    Orson Welles (6 mai 1915-10 octobre 1985) et Gérard Depardieu (né le 27 décembre 1948)

     

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    Salvador Dali (11 mai 1904-23 janvier 1989)

     

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    Pablo Picasso (25 octobre 1881-8 avril 1973)

     

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    Auguste Rodin (12 novembre 1840-17 novembre 1917)

     

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    Atelier de Rodin

     

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    Bernard Pivot (né le 5 mai 1935)

     

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    Amélie Nothomb (née le 13 août 1967)

     

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    Jean d'Ormesson (16 juin 1925-5 décembre 2017)

     

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    Jean-Paul Sartre (21 juin 1905-15 avril 1980) et Fabrice Luchini (né le 1er novembre 1951)

     

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    Comment choisit-on les nouveaux « pensionnaires » des lieux ? En ayant recours à l'Académie Grévin ?

     

    Restant proche de l'esprit original de création, celle-ci, présidée, depuis 2014, par Stéphane Bern et constituée de onze « sages » issus du monde des lettres et des médias, se réunit deux fois par an pour désigner les nouvelles personnalités du musée. On trouve parmi les membres de l'Académie Nikos Aliagas, Daniela Lumbroso, Eve Ruggieri, Gérard Holtz, William Leymergie, Laurent Boyer ou la romancière Christine Orban...

     

    Ensuite, il faut environ une quinzaine d'artistes pour faire vivre un personnage de cire et différents rendez-vous pendant près de six mois pour prendre les mesures, mouler les traits du visage dans la terre glaise avec une précision inouïe, y insuffler une énergie caractéristique de « l'esprit Grévin » etc...

     

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    Un travail impressionnant comme en témoigne l'effigie de Jean Reno !

     

    Les tenues d'époque sont conçues, d'après des documents historiques, dans les foisonnants ateliers de Grévin. Quant aux actuelles célébrités, elles donnent au musée une de leurs tenues préférées.

     

    Chaque détail (cernes, tâches, cicatrices...) fait l'objet de plusieurs heures d'attention. Les cheveux sont naturels, implantés un par un et on en compte jusqu'à 500 000 sur une seule tête ! Les couleurs des dents sont très précisément choisies et les yeux, de véritables prothèses en verre.

     

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    J'ai aimé la partie du musée consacrée aux pâtissiers, aux cuisiniers et décorée de citations sur l'art culinaire.

     

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    Pierre Hermé (né le 20 novembre 1961), l'alchimiste des macarons !

     

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    Le regretté Paul Bocuse (11 février 1926-20 janvier 2018)

     

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    (Je sais qu'il manque les accents circonflexes, je l'écris pour les puristes... mais je souscris pleinement à la citation !)

     

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    Un peu plus loin, c'est le pape François (né le 17 décembre 1936) qui nous attend, avec un franc sourire !

     

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    Je n'avais pas envie de photographier Nicolas Sarkozy, François Hollande, Donald Trump, Angela Merkel... alors j'ai passé mon chemin. J'ai aussi laissé de côté les sportifs et les chanteurs à la mode...

     

    J'ai préféré les personnages qui suivent...

     

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     Gaston Lagaffe, « né » le 28 février 1957 sous le crayon d'André Franquin, associé à Yvan Delporte dans Le journal de Spirou (n°985).

     

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    Le trop mignon Idéfix !

     

    Saviez-vous que le nom de ce facétieux petit chien blanc avait été choisi par les lecteurs du journal Pilote dans lequel étaient publiées les aventures d'Astérix et Obélix ? Idéfix est apparu dans l'album Le Tour de Gaule (5e album d'Astérix), « comme un gag » d'après Albert Uderzo. On ne devait pas le revoir dans les albums suivants mais les lecteurs ont tant apprécié ce petit chien (il attend devant la porte d'une charcuterie et suit les héros pour leur dérober l'os du jambon qu'ils ont acheté) qu'ils ont demandé avec force son retour. Il est donc devenu un personnage à part entière de la saga Astérix.

     

    Il a aussi sa propre série d'albums, publiée à partir de 1972, et qui n'a pas de lien avec les aventures d'Astérix et Obélix.

     

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    Le Petit Prince m'a charmée ! On se souvient forcément avec émotion de la lecture de ce magnifique conte philosophique né à New York en 1943, sous la plume d'Antoine de Saint-Exupéry...

     

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    Le musée regorge ensuite de saynètes historiques associées à la Révolution Française, aux Rois de France, à des personnages comme Nostradamus, Catherine de Médicis, Jeanne d'Arc ou la mythique Esmeralda du roman Notre-Dame de Paris.

     

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    Je n'ai pas pu prendre beaucoup de photos dans cette partie-là. C'était très sombre et j'avais déjà collecté tant d'images que mes batteries étaient presque hors service.

     

    Voici François Ier (12 septembre 1494-31 mars 1547).

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    Saint-Louis (25 avril 1214-25 août 1270)

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    La Grande Peste ou Peste Noire de 1347

     

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    Le philosophe Denis Diderot (5 octobre 1713-31 juillet 1784)

     

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    Jean de la Fontaine (8 juillet 1621-13 avril 1695) dont j'ai beaucoup apprécié l'attitude et le regard intense et rêveur mais la photo est piquetée, désolée...

     

    Il est temps de partir alors j'espère que vous aurez pris comme moi, plaisir à visiter ou à revisiter ce lieu emblématique d'une certaine histoire de Paris.

     

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    Nous sortons par une porte située au milieu du passage Jouffroy.

     

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    Conçue par l'architecte François Lafaye, elle est dominée par une œuvre du sculpteur oublié Alexandre Barbieri, élève du sculpteur et peintre Albert Louis Edmond Chartier (1898-1992) qui travailla au musée Grévin pour Gabriel Thomas.

     

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    Elle réunit différents personnages de l'histoire de France comme Jeanne d’Arc, Louis XI, François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Napoléon Bonaparte.

     

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    Le musée Grévin est une aventure que j'ai beaucoup aimé partager avec vous et cela m'a amusée de suivre l'imposante main-enseigne dorée...

     

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    Merci de votre fidélité et gros bisous !

     

    J'ajoute un merci très tendre et passionné aux personnes qui m'apportent chaque jour une délicieuse amitié et qui se reconnaîtront. Je suis profondément heureuse des relations qui nous unissent, de manière privée et je veux vous embrasser très fort !

     

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    Plume

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     Les Amoureux, Joséphine Wall

     

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    Colorées, pimpantes, foisonnantes, elles sont remplies de fins chocolats, de beaux gâteaux et agrémentées de jolis cœurs rubis ! Les vitrines de Saint-Valentin... Je ne suis pas sponsorisée, vous le savez, mais je préfère le signifier à chaque fois que je montre des photos de boutiques. Je suis motivée par le plaisir des yeux, le frisson des papilles et la joie du partage...

     

    Concernant l'histoire de la Saint-Valentin, je vous renvoie à mon article :  Mystères et Traditions de la Saint-Valentin...

     

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    Régalons-nous à contempler des œuvres d'art gourmandes et cheminons, à cet effet, rue Montorgueil, dans le 2e arrondissement de Paris. La pâtisserie Stohrer, la plus ancienne pâtisserie de la capitale, nous y attend.

     

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    Nicolas Stohrer (né en 1706...) était le pâtissier de Marie Leszczynska (1703-1768), la seconde fille de Catherine Opalinska (1680-1747) et du roi Stanislas de Pologne (1677-1766) dit « Stanislas le Bienfaisant ». Marie Leszczynska fut choisie parmi une centaine de princesses pour épouser le roi Louis XV (1710-1774), le 5 septembre 1725, à Fontainebleau.

     

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     Marie Leszczynska, peinte en 1740 par Louis Tocqué (1696-1772). Ce portrait est conservé au Louvre.

     

    Nicolas Stohrer suivit la jeune reine à Versailles. Fort de son expérience d'apprenti dans la ville franco-alsacienne de Wissembourg, il séduisit les membres de la Cour et devint le pâtissier attitré du souverain.

     

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    En 1730, il ouvrit sa pâtisserie au numéro 51 de la rue Montorgueil, dans le deuxième arrondissement de Paris et il y « imagina » de prestigieux desserts pour la royauté. On y vend toujours des éclairs au chocolat qui sont parmi les plus réputés de la capitale.

     

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    La boutique originelle a « disparu ». Le décor de la boutique actuelle est classé monument historique depuis le 23 mai 1984 et date de la seconde moitié du XIXe siècle. Réalisé à partir de 1864, il est signé Paul Baudry (1828-1886).

     

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    Paul Baudry était un artiste du Second Empire qui venait d'atteindre la célébrité en créant des décors pour le prestigieux hôtel Galliera (actuel musée de la mode) et le Foyer de l'Opéra de Paris. Il travailla aussi pour l'hôtel de la Païva et faillit réaliser des ornements pour le Panthéon.

     

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    Nicolas Stohrer est l’inventeur du baba au rhum. Il conçut ce délice à partir d’une brioche sèche, rapportée par le roi Stanislas d'un de ses voyages, qu'il arrosa de vin de Malaga, parfuma de safran, de fleur d'oranger et fourra de crème pâtissière, de raisins secs et de raisins frais.

     

    Pour certains historiens, le nom Baba viendrait du roi Stanislas qui, adorant les Contes des Mille et Une Nuits, aurait appelé Ali-Baba ce généreux dessert.

     

    Le nom Baba pourrait aussi désigner la « Grand-Mère » en polonais et signifier un gâteau qui rassure, nourrit, enveloppe de ses bienfaits...

     

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    En 1835, un descendant de Nicolas Stohrer a remplacé le malaga par du rhum pour imbiber la pâte à baba et vers 1844, d'autres pâtissiers renommés, les frères Julien ont créé le savarin en s’inspirant de la recette du baba.

     

    Le savarin, qui rend hommage au gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826), est cuit dans un moule en forme de couronne et trempé dans un sirop aromatisé au kirsch, à l’absinthe et à l’eau de rose. Le baba, d’abord imprégné de rhum pur, fut également imbibé de sirop, aromatisé au rhum.

     

    De nos jours, Stohrer propose un service de traiteur et une myriade de gourmandises comme le Puits d'amour, des meringues, des millefeuilles, les fameux éclairs au chocolat, des pyramides de macarons et de gâteaux variés...

     

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    Le Puits d’amour (dont la première recette date de 1735) était autrefois un vol au vent en pâte feuilletée que l'on remplissait de gelée de groseille et qui était surmonté d’une anse de feuilletage imitant le seau d’un puits. On disait que Louis XV offrait à ses jeunes et jolies maîtresses ce petit gâteau lors de leurs nuits d’amour et qu'il adorait en déguster entre leurs cuisses... A partir de la recette originale, Nicolas Stohrer a créé un dessert constitué de feuilletage rempli d’une crème pâtissière à la vanille et couvert de caramel fondant.

     

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    La pâtisserie Stohrer a été rachetée, en toute discrétion, au mois de mai 2017, par la marque « A la Mère de Famille » dont voici quelques trésors...

     

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    A la Mère de Famille est une « maison de chocolat » qui fut fondée en 1761, au numéro 35 de la rue du Faubourg-Montmartre, par Pierre-Jean Bernard, un jeune épicier.

     

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    En 1791, son beau-fils, Jean-Marie Bridault, héritier d'une importante famille d'épiciers de la rue Saint-Antoine, lui succéda.

     

    A partir de 1807, Marie Adélaïde Bridault, surnommée « la Mère de Famille », fit connaître un âge d'or à la boutique. Grâce à elle, la renommée de l'établissement ne cessa de grandir au-delà du faubourg.

     

    Le célèbre critique gastronomique Alexandre Grimod de la Reynière loua ses vertus dans son Almanach des Gourmands. Cette publicité enflammée fit affluer les clients.

     

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    Au milieu du XIXe siècle, les confiseries se multiplièrent, avec l'essor croissant du sucre de betterave.

     

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    A partir de 1895, Georges Lecoeur, le nouveau propriétaire, modernisa la boutique (installation du téléphone, édition de brochures de luxe, distribution de publicités...). Dans le contexte virevoltant de la Belle-Époque, « A la Mère de Famille » devint une véritable institution, plébiscitée entre autres par les danseuses des Folies Bergère!

     

    En 1906, à l'Exposition Culinaire Universelle de Paris, les délicates confitures, les chocolats surfins et les bonbons aux fleurs obtinrent un franc succès.

     

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    Tout au long du XXe siècle, les héritiers directs ou spirituels de la famille Bridault et de Georges Lecoeur ont pris soin de proposer aux gourmands une gamme étendue de produits. Après la première guerre mondiale, Régis Dreux et, à partir des années 1950, Suzanne Bretonneau ont marqué les lieux de leur empreinte. Entre 1985 et aujourd'hui, des grands noms de l'art chocolatier et des connaisseurs émérites se sont succédé aux commandes de l'établissement: Serge Neveu, la famille Dolfi et le créateur Julien Merceron.

     

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    Plusieurs boutiques perpétuent, aux quatre coins de Paris, le savoir-faire initial de la maison mère. Ne manquez surtout pas de les visiter, à commencer par la boutique du Faubourg-Montmartre, au charme suranné. En 1984, sa superbe devanture verte, rehaussée de lettres d'or, fut inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques. A l'intérieur, sur des comptoirs en bois patiné, se dévoilent chocolats variés, calissons, caramels, guimauves, berlingots, nougats, fruits confits, marrons glacés, florentins, bêtises de Cambrai... Ces « divines gourmandises » ont inspiré un très beau livre de recettes.

     

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    Terminons cette promenade avec la vitrine de Charles Chocolatier, boutique située dans le prolongement de Stohrer. Vous apprécierez sûrement le petit ange à croquer et vous reconnaîtrez des escarpins en chocolat, dotés d'une semelle rouge, qui font référence à ceux, célébrissimes, du créateur Christian Louboutin.

     

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    Je vous souhaite beaucoup d'amour, de passion, de plaisir, de sensualité et cela tout au long de l'année, avec une émulsion de gourmandise volcanique le jour de la Saint-Valentin !

     

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     A déguster sans modération...

     

    Gros bisous et sourires d'amitié !

    Plume

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