•  

    Image001.jpg

    © Chris Ortega, Dancing in the snow

     

    Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries d'argent au gré de sa progression.

     

    Image002.jpg

    Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

     

    Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie la neige.

     

    Image003.jpg

     

    Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

     

    La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

     

    Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

     

    Image004.jpg

    Chioné par © Emily Balivet

     

    Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

     

    Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

     

    Image005.jpg

    Aurore par © Joséphine Wall

     

    Image006.jpg

     Déesse de la glace et de la neige, Chioné ou Skadi (divinité nordique du froid) par ©Sébastien Grenier sur DeviantArt.

     

    A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

     

    « Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

     

    Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

     

    Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

    L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

     

    Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

     

    Image007.jpg

    Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

     

    Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

     

    Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

     

    Image008.jpg

    Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

     

    « Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

     

    Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

     

    Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

     

    Image009.jpg

    Chioné par © Michael Whelan

     

    Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

     

    D'après certaines croyances, elle peut apparaître sous la forme d'une fée...

     

    Image010.jpg

    © Kat Mary

     

    En vous souhaitant de belles journées de février, je vous dis merci pour votre fidélité...

     

    Amicales pensées !

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    29 commentaires
  •  

    Image001.jpg

     

    Sous les grands arbres du Parc Monceau, parmi les fabriques romantiques de Carmontelle, un monument sculpté rend hommage à deux esprits brillants : la comédienne prodige Jeanne Samary que je présenterai tout à l'heure et l'auteur dramatique Édouard Pailleron (1834-1899).

     

    Image002.jpg

     

    Édouard Pailleron fut également poète, avocat, journaliste, dragon pendant deux ans, directeur de la Comédie-Française et Académicien. Il avait coutume de dire : « Le seul bonheur qu'on a vient du bonheur qu'on donne. »

     

    Image003.jpg

     

    Une rue ouverte en 1903 dans le 19e arrondissement de Paris porte son nom.

     

    Docteur en droit et passionné de littérature, Édouard Pailleron fut le gendre de François Buloz, le fondateur de « La revue des Deux-Mondes » dont il devint le codirecteur. En 1882, il fut élu à l'Académie Française.

     

    A travers ses œuvres, il déploya une formidable énergie créatrice et certaines de ses pièces, comme « Le monde où l'on s'ennuie » furent jouées plus de mille fois ! Un succès prodigieux. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise et le Parc Monceau accueille un ensemble sculpté qui célèbre son talent.

     

    Image004.jpg

     

    « Quand le désir la touche,

    Notre âme n'attend pas les mots de notre bouche. » Édouard Pailleron, Le Parasite.

     

    Image005.jpg

     

    Le monument commémoratif, couronné par une statue en buste du prolifique homme de lettres fut créé en 1906 par le sculpteur Léopold Bernard Bernstamm (1859-1939).

     

    Image006.jpg

     

    Léopold Bernstamm était un sculpteur allemand, né dans l'actuelle Lettonie. Il fit ses classes, à partir de 1872, dans l'atelier du sculpteur danois David Jensen, élève du maître danois Bertel Thorvaldsen (1770-1844) puis il entra, en 1874, à l'Académie Impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.

     

    Artiste voyageur, il découvrit en Italie les splendeurs de Florence et de Rome et en 1885, il se rendit à Paris où il décida de s'installer.

     

    Image007.jpg

     

    Périodiquement, il revint à Saint-Pétersbourg et réalisa de nombreux portraits sculptés de grands personnages russes et français, près de trois cents semble-t-il, parmi lesquels on trouve l'empereur Nicolas II (1868-1918), le tsar Alexandre III (1845-1894), des membres de la famille impériale russe, des artistes et des personnalités comme Anton Rubinstein (1829-1894), Fiodor Dostoïevski (1821-1881), Alexandre Pouchkine (1799-1837)... ou du côté français, Émile Zola (1840-1902), Gustave Flaubert (1821-1880), Victorien Sardou (1831-1908), Ernest Renan (1823-1892), Alexandre Falguière (1831-1900)...

     

    A Paris, très apprécié, il fut l'élève d'Antonin Mercié (1845-1916) et fut sollicité par le musée Grévin pour créer un nombre conséquent de personnages de cire.

     

    Au fil de sa carrière, il fut récompensé au Salon des Artistes Français et aux Expositions Universelles (il reçut la médaille d'argent en 1889 et la médaille d'or en 1900). En 1891, il fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur puis Officier et Commandeur.

     

     

    Image008.jpg

     

    En 1906, outre le monument dédié à Édouard Pailleron, il a réalisé une grande sculpture en plâtre intitulée « Deux jeunes filles en mouvement ». (Image Antiquités Lassaussois.com)

     

    Les deux jeunes filles sont saisies par l'artiste dans un élan facétieux. L'une d'elle tente, auprès de son amie couronnée de feuilles de vigne, de s'emparer d'un masque qui représente l'allégorie du théâtre.

     

     

    Image009.jpg

     

    Une élégante et séduisante jeune femme est représentée au pied du monument. Il s'agit de la comédienne (Léonie Pauline) Jeanne Samary (1857-1890), égérie du Tout-Paris en son temps et figure de proue de la Comédie-Française, qui fut peinte, dans l'éclat de sa jeunesse, par Auguste Renoir (1841-1919).

     

    Image010.jpg

     

     

    Image011.jpg

     

    Issue de la lignée des Brohan, (Suzanne, Augustine et Madeleine, des comédiennes prestigieuses), Jeanne reçut le Premier Prix au Conservatoire en 1875 après avoir été l'élève de Jean-Baptiste Prosper Bressant (1815-1886). A l'âge de dix-sept ans, elle se fit remarquer en interprétant Dorine dans Tartuffe et devint très rapidement l'une des interprètes les plus recherchées pour les soubrettes du théâtre de Molière. Jeune femme pleine de charme, d'élégance et de joie de vivre, industrieuse et facétieuse, elle excella dans les pièces de Molière mais aussi dans les œuvres de Marivaux, Regnard, Victor Hugo, Victorien Sardou, Octave Mirbeau, Jean Richepin et n'oublions pas les œuvres d'Édouard Pailleron (Le Monde où l'on s'ennuie, Petite Pluie, L'Étincelle, La Souris...).

     

    Elle entra à la Comédie-Française en 1875 et devint Sociétaire en 1879. Coqueluche du Paris des Arts, elle épousa en 1882 Paul Lagarde, le frère du peintre Pierre Lagarde et le couple eut trois enfants.

     

    Jeanne apparaît dans la Balançoire (1876) d'Auguste Renoir (1841-1919) et le Déjeuner des Canotiers (1880/1881). Clin d’œil à mon aminaute Alain Yvars, du blog Si l'art était conté...

     

    http://www.httpsilartetaitconte.com/apps/search?s=le+d%C3%A9jeuner+des+canotiers&search-submit-box-search-364419=OK

     

    Image012.jpg

    Portrait de Jeanne Samary ou La Rêverie par Renoir, 1877.

     

    Dans ce tableau, le visage de Jeanne Samary resplendit sur un fond rose impressionniste où se dessine la signature de Renoir. Ses yeux brillent comme des saphirs et son charme est intense (peau nacrée, lèvres rubis, chevelure de feu...), dans un monde investi par des couleurs précieuses (le bleu vert de la robe est magnifique).

     

    Jeanne venait poser chez Renoir à cette époque et Renoir prenait grand plaisir à aller admirer Jeanne sur scène.

     

    L’œuvre qui se trouve exposée aujourd'hui au Musée Pouchkine à Moscou fut présentée en 1877 à la troisième exposition des Impressionnistes et le ressenti des critiques et des visiteurs ne fut pas élogieux... Jeanne s'en trouva contrariée.

     

    Image013.png

    Jeanne en robe de bal et peinte en pied, en 1878, toujours par Auguste Renoir. L’œuvre est conservée au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

     

    Entre 1877 et 1880, Renoir a peint la jeune femme plus d'une douzaine de fois mais au fil du temps, les relations se compliquèrent entre les deux artistes, Jeanne reprochant à Renoir de ne pas la mettre suffisamment en valeur à travers son style très personnel et préférant se rapprocher des peintres du mouvement Académique.

     

    Image014.jpg

    Jeanne Samary dans le Déjeuner des Canotiers. Les couleurs de ce détail ne sont pas identiques au tableau dans son ensemble mais, pour mes amis « puristes », j'ai fait comme j'ai pu avec ce que j'ai trouvé. wink2

     

    Image015.jpg

     

     

    Image016.jpg

    Jeanne Samary a aussi été peinte en 1880 par Louise Abbéma (1853-1927), une artiste prolifique et très célèbre à son époque, portraitiste attitrée et amante de Sarah Bernhardt (1844-1923).

     

    Image017.jpg

    Jeanne inspirant le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage (1848-1884).

     

    Image018.jpg

    Jeanne en déesse de la Lune, maîtresse femme photographiée par l'atelier Nadar

     

    Particulièrement douée pour le théâtre, Jeanne était très aimée et sollicitée par une myriade d'auteurs hélas la fièvre typhoïde l'emporta à l'âge de 33 ans alors qu'elle allait jouer La Parisienne d'Henry Becque (1837-1899). Le peintre académique Ferdinand Humbert (1842-1934) a réalisé un portrait d'elle juste avant sa mort.

     

    Image019.jpg

     

    Si vous vous promenez dans le Parc Monceau, vous prendrez sûrement plaisir à saluer la délicieuse Jeanne et le pétillant Édouard Pailleron, présentés selon la vision Belle-Époque de Léopold Bernstamm. Jeanne rend hommage à son ami écrivain et dramaturge en parant son monument avec une guirlande de roses après lui avoir offert deux masques qui représentent la Comédie et la Tragédie.

     

    Image020.jpg

     

    Image021.jpg

     

    Masques

     

    Image022.jpg

     

     

    Image023.jpg

     

    Image024.jpg

     

     

    Jeanne Samary est l'auteur d'un livre pour enfants intitulé Les Gourmandises de Charlotte, illustré par le talentueux Jacques Onfroy de Breville (1858-1931) dit JOB et dont la préface fut rédigée par Édouard Pailleron.

     

    Image025.jpg

    Cette fable moralisatrice, parue en 1890 chez Hachette & Cie et rééditée en 1902 et en 1914, relate l'histoire d'une fillette capricieuse qui ne mange que des sucreries. Ce mode de vie la fait rapetisser, vivre dans une boîte d'allumettes et devenir la servante d'un rat. Au fil de l'histoire, Charlotte décide de manger autre chose que des gourmandises mais elle se met à grossir plus que de raison.

     

    Image026.jpg

     

    A la fin du livre, elle retrouve une corpulence normale en consommant une alimentation équilibrée et se métamorphose en « la plus jolie petite fille de Paris. »

     

    L'ouvrage est en résonance avec les préoccupations hygiénistes de l'époque à laquelle vivait Jeanne Samary.

    A la fin du XIXe siècle, toutes les audaces gastronomiques étaient encouragées et de nombreuses personnes s'empiffraient littéralement (ce qui nous rappelle que des gens agissent hélas ainsi de nos jours...). Face à cette hécatombe de trop copieuse chère et dans un contexte favorable aux cures thermales et à l'expression positive du corps etc, des médecins entreprirent d'expliquer aux parents la nécessité de surveiller l'alimentation de leurs enfants. Le livre de Jeanne Samary est donc emblématique d'une vogue qui fournira les principes de la diététique moderne.

     

    Image027.jpg

    Illustration de JOB

     

    Sur ces considérations qui demeurent très actuelles, je vous souhaite de belles journées de janvier et vous adresse une myriade de cœurs d'amitié...

     

    Image028.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    48 commentaires
  •  

    Image001.jpg

     

    TRÈS BELLE ANNÉE 2019 ET MERCI POUR VOS VŒUX !

     

    La ville a enfilé ses habits de lumière. Prenons plaisir à découvrir, au cœur de ses rues, des clartés mouvantes et des petites touches d'enchantement qui se lovent dans la nuit...

    Nous sommes sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Un monde fantasmagorique se déploie devant ce superbe édifice.

     

    Image002.jpg

     

    Un château urbain auquel j'ai prévu de consacrer une série d'articles en 2019. Hôtel de Ville « moderne » qui se dresse dans l'obscurité scintillante tel un palais mystérieux.

     

    Image003.jpg

     

    Là où se déployaient autrefois les tourelles et les arcades de la Maison aux Piliers, « Domaine de Ville » acquis par le Prévôt des Marchands Étienne Marcel (1315-1358) auprès de la famille royale, les promeneurs découvrent un joli monde où se lovent des lumières opalines et des sculptures de cervidés en bois.

     

    Image004.jpg

     

    Image005.jpg

     

    La vaste façade dévoile son esthétique néo-renaissance qui rend hommage au palais d'autrefois... Une composition dessinée par l'architecte italien Dominique de Cortone (1470-1549) dit Le Boccador et érigée, entre 1533 et 1628, sur les vestiges de la Maison aux Piliers, au couronnement de la Place de Grève. L'Hôtel de Ville du Boccador disparut dans les flammes, le soir du 24 mai 1871, pendant les événements de La Commune.

     

    La façade actuelle, qui se déploie sur 143 mètres, est rythmée par une myriade de statues qui représentent de grands personnages issus du monde des arts et de la politique. Cent six statues en pied sont accompagnées de sculptures décoratives et de figures chimériques.

     

    Image006.jpg

     Ombres des dix chevaliers en cuivre qui veillent sur le campanile, les toitures et les pavillons de l'édifice.

     

    Je publierai dans le courant de l'année les détails de mes photos de jour et la documentation (gravures anciennes, peintures, plans...) que j'ai constituée au fil du temps. Un travail plus que conséquent !

     

    Image007.jpg

     

    Entre Hôtel de Ville et tours dorées de la Cathédrale Notre-Dame, les décors de fête ont fait le bonheur des petits et des grands. Je veux partager avec vous cette poésie de l'instant.

     

    Image008.jpg

     

    Image009.jpg

     

    Image010.jpg

     

    Image011.jpg

     

    Des animaux de bois, incarnations de l'Esprit des Forêts se laissent admirer... J'ai beaucoup aimé ce côté Nature...

     

    Image012.jpg

     

    Image013.jpg

     

    Image014.jpg

     

    Image015.jpg

     

    Image016.jpg

     

    A proximité, palpitent les lumières du Carrousel Belle-Époque du parvis de l'Hôtel de Ville. Un écrin de rêves qui s'animent dans les velours de la nuit.

     

    Image017.jpg

     

    Image018.jpg

     

    Image019.jpg

     

    Lumières aux tons précieux du BHV, célèbre Bazar de l'Hôtel de Ville qui ouvrit ses portes en 1856, à l'initiative d'un commerçant ardéchois, un bimbelotier philanthrope nommé François Xavier Ruel.

     

    Image020.jpg

     

    Image021.jpg

     

    Lumières sur lesquelles je referme ce billet en vous présentant à nouveau mes meilleurs vœux pour 2019 et en vous disant « merci » pour vos présences amicales.

     

    Douces et belles pensées pour vous !

    Image022.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    36 commentaires
  •  

     

    Image001.jpg

    © Dona Gelsinger

     

    Ami(e)s lectrices, lecteurs,

     

    Bienvenue à l'année nouvelle, mêlée de blanc, de rouge et d'or, brodée de mille et une petites lumières qui enchantent la nuit...

     

    Je vous adresse, ainsi qu'à vos proches, mes Vœux de Bonheur, d'Amour, de Santé et de Prospérité afin que 2019 soit colorée de belles promesses, de savoureuses rencontres et de projets réussis!

     

    Peines et chaos ne peuvent être balayés facilement mais continuer à croire en quelque chose de meilleur et conserver l'Enthousiasme sont des atouts majeurs. En cette période festive, je n'oublie pas les personnes seules et démunies et les ami(e)s de la toile qui ont été rudement éprouvé(e)s en 2018. Je veux vous redire ma foi en l'avenir et vous remercier pour votre soutien et vos paroles d'amitié.

     

    Image002.jpg

     

    Je vous souhaite une très belle année 2019! Avec de gros bisous...

     

    Image003.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    34 commentaires
  •  

     

    Image001.jpg

    © Briar, La Reine de l'Aurore Hivernale

     

    Ami(e)s lectrices, lecteurs,

     

    Je vous remercie pour vos petits mots si gentiment déposés en mon espace et je vous souhaite le plus de bonheur possible en ce temps festif. Un temps qui n'est pas évident à vivre pour les personnes seules et/ou malades et démunies. Je souffle des pensées vers ceux qui souffrent et se sentent abandonnés...

     

    Que la magie de Noël rayonne dans vos foyers, sereine et généreuse aux portes de l'année nouvelle! Je vous embrasse bien affectueusement...

     

    Image002.jpg

    Jenny Nyström (1854-1946), L'Étoile de Noël.



    Image003.jpg

    © Joséphine Wall



    J'ai ajouté des illustrations à cet article que j'avais publié il y a plusieurs années. Je vous souhaite bonne lecture et n'oubliez pas que vous pouvez faire une moisson d'images, si vous le désirez...



    Image004.jpg

    Scène issue du film « A la croisée des mondes : La Boussole d'Or », 2007.

     

    La nuit du Solstice d'Hiver est une nuit magique, un passage entre les mondes célébré depuis des temps immémoriaux. Elle a métamorphosé les couleurs de l'automne pour créer sa propre féerie.

     

    Image005.jpg

    La Conteuse, 1906, par Édouard Jérôme Paupion (1854-1912). Photo RMN-Grand Palais, F. Vizzavona / D. Arnaudet.

     

    Jadis, on se réunissait devant l'âtre près de la tisseuse d'histoires, celle dont la pupille gauche révélait un croissant de lune énigmatique et dont le chant propageait le « vieux savoir » pour que la connaissance des récits fondateurs ne soit pas oubliée. Les émotions les plus vives naissaient dans la coupe de ses mots. Elle symbolisait l'âme de tout ce qui avait été et concentrait dans son regard le fascinant pouvoir des Parques. Elle contait les forêts légendaires, les fontaines, les mares et les sources enchantées, la force protectrice de la bûche de chêne, les arbres verts et le soleil en fusion dans le ciel glacé. Elle invoquait, dans les cendres du foyer, la Cailleach ou la « Vieille Épouse de Noël », mystérieuse déesse celtique associée à la chouette, emblème de sagesse et de clairvoyance...

     

    Image006.jpg

     

    Quand le vent glacé grondait à la cime des arbres, frappait aux fenêtres et s'engouffrait sous les toits, on savait, par les hypnotiques mouvements de ses lèvres, que les Grises chevauchaient, que Lucie la Blanche parcourait les chemins, sa couronne de lumière ouvrant l'obscurité, et que le Chasseur Sauvage menait son armée fantôme sous les nuages d'argent.

     

    Image007.jpg

    La Chasse Volante d'Odin, peinte en 1872 par le peintre norvégien Peter Nicolai Arbo (1831-1892).

     

    Image008.jpg

    La marche des lutins, par John Bauer (1882-1918), illustrateur suédois.

     

    Elle est devenue spectrale mais les braises de l'imagination rougeoient encore dans la mémoire de l'âtre. Sa magie chemine avec le Père Noël et les Dames de la Nuit (Holle, Holda, Berchta, Perchta, Aradia...), Grand-Père et Grand-Mère Hiver, les Rois Mages, la Sorcière Befana et toute une cour de personnages facétieux et fascinants.

     

    Image009.png

    Gustav ou Gustaf Fjaestad (1868-1948), peintre suédois de sensibilité associée au Symbolisme, Paysage hivernal.

     

    Pour célébrer les charmes de la période, je vous invite au cœur des contrées glacées, dans le monde merveilleux de l'illustratrice suédoise Jenny Eugenia Nyström (1854-1946), sur les traces de la Chèvre de Yule, du Julenisse et du Tomte...

     

    Image010.jpg

     

    Dans les pays du Nord de l'Europe et les régions situées près du Cercle Polaire, de sympathiques petits lutins apportent traditionnellement les cadeaux.

     

    Image011.jpg

     

    Image012.jpg

     

    Pendant la nuit du Solstice d'Hiver, la plus longue de l'année, on entend tinter des grelots enchantés dans l'air soyeux. Les lutins prennent place dans un traîneau conduit par des rennes ou des boucs ou chevauchent à travers la neige une chèvre sacrée, aux cornes recourbées, émanation des forces de fécondité.

     

    Image013.jpg

    Julbocken, (1912), par John Bauer (1882-1918).

     

    Image014.jpg

     

    Ils sont les avatars de l'Esprit du Foyer, le Lutin qui veille sur chaque habitation en échange de lait, de bière, de liqueur de myrtille ou d'airelle et de plaisirs sucrés.

     

    Image015.jpg

     

    Les illustrations de Jenny Nyström mettent en scène le Julenisse, personnage légendaire de la tradition suédoise,« héritier » du Nisse protecteur des fermes.

     

    Image016.jpg

     

    Image017.jpg

     

    Le Julenisse est un pourvoyeur en cadeaux, à l'instar de la Chèvre de Noël (Julbock) à laquelle il s'est peu à peu substitué. Dans l'imagerie traditionnelle, il apporte les cadeaux et présente des traits caractéristiques d'un autre personnage incontournable : le Père Noël. Il peut prendre place dans un traîneau conduit par des rennes mais la chèvre l'accompagne le plus souvent dans sa tournée.

     

    Image018.jpg

     

    Dans les pays scandinaves, le Julbock est considéré comme l’un des plus anciens symboles de Noël. Ses origines sont pré-chrétiennes et marquent, dans le Zodiaque, la venue de la Lune du Capricorne.

     

    Image019.jpg

    John Bauer, Chèvre de Jul et Nisse.

     

    Jul, terme issu du monde nordique, se dit Yule dans le monde anglo-saxon.

     

    Image020.jpg

     

    Deux boucs conduisaient le char du dieu Thor, divinité nordique du tonnerre qui créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos. Pour nos ancêtres, la pluie tombait en raison de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages ou s'affrontaient en se lançant des myriades d'éclairs.

     

    Image021.jpg

     

    Le dieu Thor, peint en 1872 par l'artiste suédois Marten Eskil Winge (1825-1896). On aperçoit ses deux puissantes montures : Tanngnjost « Dents Grinçantes » et Tanngnsnir « Dents étincelantes » qui seraient, d'après les légendes nordiques, les ancêtres des rennes du Père Noël.

     

    Image022.jpg

     

    Attributs de Thor/Donar, le maître de la météorologie, les boucs et les chèvres furent hélas associés au Diable et aux sorcières à l'époque chrétienne mais pour les populations rurales, les petites chèvres en paille, confectionnées au moment du solstice d'hiver, étaient dotées de vertus apotropaïques.

     

    Image023.jpg

     

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les croyances populaires faisaient état de boucs-croquemitaines qui se glissaient dans les maisons pour effrayer et punir les enfants turbulents, à l'instar du Père Fouettard ou de Krampus (voir mon article sur la Saint-Nicolas).

     

    Image024.jpg

    Julbock, par Connie Lindqvist (1950-2002).

     

    Au cours du XIXe siècle, le Julbock devint la créature chargée de distribuer les cadeaux (tout comme le lièvre d'Ostara distribue les œufs de Pâques). Chaque enfant tressait son Julbock avec du blé séché car d'après la légende, pendant la nuit de Noël, la chèvre blanche et dorée voyageait dans les airs jusqu'au pays des cadeaux afin d'y quérir ce que l'enfant désirait.

     

    Image025.gif

    Chèvre de Yule/Jul (Image Norgska.fr)

     

    Le Julbock fut ensuite « remplacé » par le Julenisse mais il demeure un personnage incontournable des festivités de Noël et il accompagne le petit lutin à bonnet rouge dans ses tournées.

     

    Image026.jpg

     

    Dans la Suède ancienne, les jeunes gens se rendaient de ferme en ferme pour chanter des chansons de quête sur le thème de la chèvre de Noël. L'un d'eux, considéré comme le porteur de l'Esprit de Noël, arborait un masque blanc et de grandes cornes. On offrait volontiers de la nourriture et des boissons traditionnelles à ces visiteurs facétieux.

     

    Image027.jpg

    Illustration de John Bauer, 1910.

     

    Image028.jpg

     

    Dans la ville de Gävle, en Suède, on peut admirer chaque année, depuis 1966, une chèvre de paille géante (13 mètres) qui reproduit, de manière contemporaine, la tradition du Julbock. Érigée à l'initiative de Stig Gavlén, un consultant en publicité, dans l'espoir d'attirer les visiteurs vers les commerces du quartier de Slottstorget, elle est devenue une véritable institution.

     

    Image029.jpg

    Chèvre de Gävle, photographiée le 21 décembre 2009 par Tony Nordin/Apeshaft.

     

    Chaque année, certains essayent de brûler cette version inattendue du Julbock traditionnel. Des paris sont lancés pour tenter de savoir si elle sera consumée avant Noël ou la Nouvelle Année. En 2006, les autorités locales ont décidé de la faire revêtir de matériaux ignifugés et de placer des caméras tout autour. Il est de plus en plus difficile de brûler la chèvre ou le bouc de Gävle mais des esprits zélés, périodiquement, y arrivent.

     

    Image030.jpg

     

    Le Tomte, variante du Julenisse, apparut, en 1881, sous une forme illustrée dans le magazine suédois Ny Illustrerad Tidning.

     

    «Le froid de la nuit de la mi-hiver est intense,

    les étoiles scintillent et frissonnent.

    Ils dorment tous dans la ferme isolée,

    profondément à l'heure de minuit.

    La lune glisse sur sa trajectoire silencieuse,

    la neige poudre de blanc brillant pins et sapins,

    la neige poudre de blanc brillant les toits des maisons.

    Seul le tomte, dans l'obscure nuit, est éveillé. »

     

    « Midvinternattens köld är hård,

    stjärnorna gnistrar och glimmar.

    Alla sover i enslig gård

    djupt under midnattstimma.

    Månen vandrar sin tysta ban,

    snön lyser vit på fur och gran,

    snön lyser vit på taken.

    Endast tomten är vaken. »

    (...)

    Viktor Rydberg (1828-1895), Tomten

     

     

    Image031.jpg

     

    Protecteur du foyer et pourvoyeur en nourriture et en cadeaux, le Tomte voyage à pied ou à dos, le plus souvent, de chèvre ou de cheval. Il aime tantôt la solitude, tantôt la compagnie de ses congénères et de certains animaux comme les animaux à cornes et aussi les chats.

     

    Image032.jpg

    © Jan Bergerlind

     

    Image033.jpg

     

    Image034.jpg

     

    Image035.jpg

     

    Image036.jpg

    Les lutins s'affairent dans le paysage avec une vigueur facétieuse et la magie du Père Noël fait crépiter la nuit.

     

    Image037.jpg

     

    « Joulupukki », le nom finnois du Père Noël, vient de « Joulu » : « Noël » et de « Pukki », mot qui désigne le bouc et fait référence au « Nuuttipukki », un personnage mystérieux de l’ancienne Finlande qui se rendait de maison en maison, vêtu d'un costume de bouc. Il arborait de grandes cornes et un masque composé d'écorce de bouleau, l'arbre traditionnel des chamanes polaires et de la Déesse Blanche. On lui donnait de l'alcool et de la nourriture. Il distribuait des friandises aux enfants sages et des fagots tressés aux turbulents.

     

    Image038.jpg

     

    Le Père Noël vit en compagnie de son épouse, la Mère Noël (Joulumuori), des lutins (Joulutonttu) et des rennes, en Laponie finlandaise, à Korvatunturi, un mont de forme arrondie et doté, d'après la légende, de grandes oreilles qui lui permettent d'entendre ce que disent les enfants... Tout au long de l'année, avec la précieuse aide des lutins, il fabrique les cadeaux dans son atelier. A la date fatidique, il prend place dans un traîneau tiré par des rennes mais, à la différence du Santa Claus américain qui glisse dans les airs, il voyage par voie terrestre.

     

    Image039.jpg

     

    Image040.jpg

     

    Image041.jpg

    Arthur Rackham (1867-1939), Père Noël.

     

    Image042.jpg

     

    Profondément ancré dans le cœur et l'esprit des enfants et de ceux qui ont su préserver leur âme d'enfant, le Père Noël est l'émanation de traditions très anciennes dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Figure païenne assumée que l'Église tenta vainement d'annihiler -allant même jusqu'à brûler son effigie devant la cathédrale de Dijon en 1951- il est le chantre des mystères du Solstice d'Hiver et prolonge les célébrations de la Saint-Nicolas...

     

    Image043.jpg

     

    « ...Saint Nicolas qui fut abolie dans plusieurs pays d'Europe après la Réforme (XVIe siècle) mais qui survécut, pendant des décennies, aux Pays-Bas. Au XVIIe siècle, les traditions néerlandaises s'implantèrent aux États-Unis lors des arrivées massives d'immigrants. Les Hollandais fondèrent la colonie de Nieuw Amsterdam qui devint New York en 1664 et le traditionnel Sinter Klaas néerlandais devint Santa Claus, le Père Noël, qui accomplit sa tournée dans la nuit du 24 décembre.

     

    Image044.jpg

     

    La marque Coca Cola modela son apparence et le fit connaître d'un large public mais elle n'a en aucun cas créé le débonnaire personnage à barbe blanche. Il faut se méfier de ce qu'on peut lire sur de nombreux sites qui interprètent très mal les récits de folklore et l'histoire des traditions populaires. » Extrait de mon article intitulé Saint-Nicolas, le messager de l'hiver.

     

    Au fil du temps, je vous ferai découvrir les mythes qui ont présidé à la création du Père Noël et les procédés inventés par les Puritains pour tenter de le faire disparaître, sans oublier les auteurs (Washington Irving, William Gilley, Charles Dickens...) et les illustrateurs (Clément Moore, Thomas Nast, Haddon Sundbloom...) qui ont modelé l'iconographie de ce personnage indissociable de la magie hivernale.

     

    Image045.jpg

     

    En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes. Amicalement vôtre et gros bisous !

     

    Image046.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    33 commentaires