•  

    Image001.jpg

    L'invité inattendu et la fiancée de la nuit, 1906

     

     

    Image002.jpg

     

    Elle aimait les mondes féeriques de l'ancienne Angleterre, la poésie d'Alfred Tennyson (1809-1892), les œuvres de William Shakespeare (1564-1616), la littérature néo-gothique et les héroïnes qui ont nourri l'esprit des contes et des ballades populaires.

     

    Promenade à travers un univers subtilement enchanté, celui d'Eleanor (Mary) Fortescue-Brickdale (1872-1945), illustratrice, aquarelliste et peintre britannique de sensibilité Préraphaélite.

     

    Image003.jpg

    Le Monde des Amoureux

     

    L'inspiration d'Eleanor est associée au Préraphaélisme dit de la seconde génération ou Néo-Préraphaélisme, en vogue à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, qui s'est étendu, au-delà de la peinture, à des supports comme la tapisserie, le mobilier, la photographie... Artiste reconnue en son temps, passionnée par l'Esthétisme, elle rendit hommage, tout au long de sa vie, aux maîtres fondateurs du Cercle Préraphaélite, en l'occurrence Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), John Everett Millais (1829-1896) et William Holman Hunt (1827-1910).

     

    Image004.jpg

    Photo de l'artiste, réalisée vers 1900.

     

    Éléments biographiques :

     Eleanor Fortescue Brickdale naquit à Upper Norwood, dans le Surrey, un comté du sud-est de l'Angleterre, le 25 janvier 1872. Ses parents se nommaient Matthew et Sarah. Son père était avocat.

     A l'âge de 17 ans, elle fut élève à la Crystal Palace School of Art, Science and Litterature, établissement prestigieux ouvert en 1854 et elle étudia, entre 1896 et 1900, à la Royal Academy où elle se lia d'amitié avec le peintre et professeur Byam Shaw (1872-1919).

     En 1897, elle reçut un prix pour une composition intitulée Spring et en 1899, elle se fit connaître par une œuvre ambitieuse intitulée The Pale Complexion of True Love (Le pâle caractère du véritable amour). Le sujet du tableau étant associé à la pièce Comme il vous plaira, de William Shakespeare (1564-1616).

     

    Image005.jpg

    The Pale Complexion of True Love

     

    « Comme il vous plaira... » Une délicieuse comédie pastorale écrite en 1599 et fondée sur le travestissement et les surprises de l'amour. L'action se déroule dans une forêt luxuriante où chaque scène est profondément initiatique. Je garde d'excellents souvenirs de cette lecture...

     

    Image006.jpg

     

    Sur un grand nombre de thèmes shakespeariens mais pas seulement, Eleanor réalisa, tout au long de sa vie, des aquarelles qui connurent un grand succès (elle appréciait particulièrement La Tempête) et des huiles sur toile, imprégnées de puissance narrative, qui furent présentées à la Royal Academy.

     

    Image007.jpg

     

    Dans les années 1900, elle exposa des œuvres à la Galerie Préraphaélite Dowdeswell, un lieu artistique de renom ouvert en 1880 par le collectionneur Charles William Dowdeswell (1832-1915) et en 1902, elle fut la première femme à devenir membre de l'Institut des Peintres à l'Huile.

     

    Image008.jpg

    Parmi les fleurs

     

    Son exposition d'aquarelles se nommait « Such Stuff as Dreams Are Made of ! » soit « Les choses dont les rêves sont faits », un thème issu de La Tempête de William Shakespeare.

     

    Image009.jpg

    Allégorie de la Chance, 1901

     

    Dans la deuxième décennie du XXe siècle, elle dispensa des cours à la Byam Shaw School of Art qui avait été fondée par Byam Shaw en mai 1910 et en 1919, elle devint membre de la Royal Watercolor Society.

     

    Image010.jpg

    Allégorie de la Richesse

     

    Elle travailla dans le domaine de la littérature enfantine, réalisa des illustrations pour des ouvrages comme « A Cotswold Village » de Joseph Arthur Gibbs (1867-1899) et composa, en 1905, de ravissantes saynètes pour les poèmes d'Alfred Tennyson (1905) et de Robert Browning (1812-1889). Elle illustra aussi le Golden Treasury, une anthologie populaire de la poésie anglaise écrite par l'auteur et historien anglais Francis Palgrave (1788-1861).

     

     

    Image011.jpg

    Blush (Rougeur)

     

     A l'initiative des éditeurs londoniens Hodder et Stoughton, elle conçut, en 1915, des saynètes colorées pour Le Livre des Chansons et Ballades anciennes d'Angleterre et en 1919, pour les mêmes éditeurs, elle illustra Le Livre d'Or des Femmes Célèbres (Golden Book of Famous Women). Un recueil qui présente des portraits d'héroïnes de la mythologie, du folklore, de la littérature et de la poésie.

     

    Image012.jpg

     

    Pendant la Première Guerre Mondiale, elle élabora des affiches pour plusieurs administrations de Grande-Bretagne et quand la guerre fut terminée, elle créa une série de vitraux commémoratifs. Elle eut d'autant plus de mérite qu'elle était épuisée et confrontée à la cécité...

     

    Cette grande dame des arts repose à Londres, au cimetière de West Brompton.

     

    Image013.jpg

     

     

    Le Livre d'Or des Femmes Célèbres (Golden Book of Famous Women)

     

    Image014.jpg

    Titania et Bottom, personnages issus du Songe d'une Nuit d'Été de William Shakespeare (1564-1616).

     

    Titania, la reine des fées, est l'épouse d'Obéron, le roi du Petit Peuple. Ces deux-là s'aiment passionnément mais, dotés d'un caractère ombrageux et de grands pouvoirs magiques, ils se disputent souvent ! Ils se jouent des tours, se lancent des sortilèges puis se réconcilient, ce qui fait le bonheur des lutins et des fées.

     

    La scène illustrée par Eleanor Fortescue-Brickdale montre Titania, victime d'un sort orchestré par son coquin de mari ! Obéron a demandé au lutin Puck de verser sur les paupières de Titania endormie le suc d'une plante magique, substance ayant pour effet de rendre Titania temporairement amoureuse, à son réveil, du premier « mâle » qu'elle apercevrait. Pour pimenter son sort, Obéron a métamorphosé un voyageur de la forêt, un tisserand nommé Nick Bottom en homme à tête d'âne !

     

    L'âne... animal associé à la sorcellerie du terroir, aux divinités nordiques (dieux Ases) ou au dieu Priape dans l'Antiquité... Un initiateur au caractère érotique, maître de sarabandes endiablées et aussi un symbole de sottise et de paresse en fonction des traditions. Créature fort intéressante à étudier via l'ouvrage d'Apulée (125-170 après J.-C) intitulé Les Métamorphoses ou L'Âne d'Or...

     

    Shakespeare s'amuse par cette transformation à décrire le caractère facétieux et débridé du Petit Peuple, l'âne étant le plus souvent considéré comme un maître de l'énergie sexuelle. Obéron « offre » à Titania un amant qui incarne les forces satyriques, un substitut pour lui dire, à sa manière, qu'il la désire et qu'elle le rend fou.

     

    Quelques scènes plus tard, Obéron restitue sa tête humaine à Bottom et s'excuse auprès de Titania puis les époux se renouvellent leurs vœux d'amour...

     

     

    Image015.jpg

    Héloïse (1100-1164) et Abélard (1079-1142), célèbres et infortunés amants...

     

     

    Image016.jpg

    Béatrice Portinari (1265-1290) et Dante (1265-1321)

     

    Béatrice était la muse et le grand amour du poète florentin Dante. Ils tombèrent amoureux dans l'enfance. Béatrice avait huit ans et Dante, neuf ans...

     

    Image017.jpg

    Laure de Noves (1308 ou 1310-1348) et Pétrarque (1304-1374)

     

    Laure de Noves, dite la belle Laure, fut la muse du poète Pétrarque et l'aïeule du Marquis de Sade.

     

    Image018.jpg

    Jeanne d'Arc (1412-1431)

     

    Image019.jpg

     La reine Catherine d'Aragon (1485-1536)

     

    Image020.jpg

    Catherine Douglas, alias Kate Barlass, figure célèbre du monde anglo-saxon, tenta d'empêcher l'assassinat du roi James Ier d'Écosse, le 20 Février 1437.

     

    Image021.jpg

    Guenièvre/Guinevere, célèbre épouse du Roi Arthur et amante du Chevalier Lancelot...

     

    Image022.jpg

    Guenièvre

     

    Image023.jpg

    Viviane et Merlin

     

    Image024.jpg

    Jeune fille en train de coudre dans un intérieur Tudor pour l'Histoire d'Elaine d'Alfred Tennyson.

     

     

    Image025.jpg

    Rencontre avec le Petit Peuple de la Forêt

     

     

    Image026.jpg

    Petites Fées de l'ancienne Angleterre, cachées sous les digitales.

     

    Image027.jpg

     

    Dans l'univers d'Eleanor Fortescue-Brickdale, Le Petit Page, une œuvre datée de 1905 et conservée au National Museum de Liverpool, occupe une place privilégiée.

     

    Ce tableau plein de charme illustre un extrait d'une ballade anglo-écossaise intitulée « Burd Helen » « Helen de Kirkconnel » ou « Child Waters ». L’œuvre est issue des « Reliques de la Poésie anglaise ancienne » (1765) de Thomas Percy (1729-1811), évêque de Dromore en Irlande.

     

    Helen est enceinte d'un homme infidèle, considéré comme un amant sans cœur. Elle tente de suivre son « amour » en se déguisant en page et elle est représentée dans une forêt, parmi des fleurs à caractère magique comme des églantines et des sureaux...

     

    Elle s'apprête à couper sa superbe chevelure pour passer inaperçue.

     

    Image028.jpg

     

    La ballade connaît plusieurs versions... Dans certaines d'entre elles, Helen suit son amour en étant travestie en page et elle est soumise à de terribles aléas pour se rapprocher de lui. Dans d'autres versions, le cruel Child Waters la garde près de lui mais il l'oblige à revêtir des vêtements de garçon et à le servir, dans des conditions particulièrement difficiles, alors qu'elle est enceinte...

     

    En revanche, dès que Helen accouche de son enfant, Child Waters reconnaît sa paternité. Il propose le mariage à la jeune femme en lui promettant de pouvoir « porter les plus belles soies » et décide que le baptême de leur enfant sera célébré le même jour que le mariage.

     

    Helen avait été peinte par William Lindsay Windus (1822-1907), un artiste de Liverpool qui appartenait au mouvement Préraphaélite de la Première Génération. Eleanor Fortescue Brickdale lui a donné un charme bien particulier, au début de sa quête, le regard aux aguets... L'artiste fut plébiscitée par ses professeurs pour sa représentation du corps humain, son attention portée aux détails et à la beauté précieuse des couleurs. « Burd Helen » témoigne de ses magnifiques qualités.

     

    Ses autres œuvres aussi...

     

    Image029.jpg

    La princesse faisant l'école buissonnière

     

    A l'approche du Printemps, mes pensées fleuries d'amitié pour vous chers aminautes...

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    55 commentaires
  •  

    Image001.jpg

    © Christian Schloé

     

    Image002.gif

     

    INTERNET et ORDINATEUR indisponibles du 10 au 17 Décembre

     

    Merci de tout cœur, chers aminautes, pour vos pensées de réconfort et vos petits mots déposés sous mon précédent billet. Je reste en pause pendant quelques jours encore. J'ai demandé à Christophe de publier cet article que j'avais écrit le mois dernier. J'espère que cette touche de magie vous fera plaisir.

     

    La semaine prochaine, il y aura dans ma ville des coupures d'électricité dues à des travaux sur le réseau ERDF. Et mon ordinateur portable sera indisponible lui aussi. Je ne pourrai donc pas voir vos mails et missives pendant quelques jours. Surtout ne vous inquiétez pas.

     

    Merci encore pour votre sollicitude et votre fidélité. Je pense bien à vous !

     

    Image003.jpg

    © Christian Schloé, Wish upon a Star

     

    Dans les mondes de Christian Schloé, artiste autrichien contemporain, s'élabore une alchimie subtile entre peinture, illustration, photographie et possibilités numériques.

     

    Sur ce terreau de créativité, l'artiste sème des graines poétiques et des visions imprégnées d'un surréalisme très personnel.

     

    La lune, ardente déité, y est mise en scène d'une façon particulièrement remarquable. Il suffit qu'elle paraisse et chaque personnage peut accomplir des merveilles.

     

    Image004.jpg

    © Christian Schloé, Au-dessus de la ville

     

    Image005.jpg

    © Christian Schloé, Peindre la Lune

     

    Avec les nombreuses qualités de sa palette, elle éclaire ces œuvres fabuleuses où se déploient des motifs enchantés.

     

    Image006.jpg

    © Christian Schloé, Gouttes lunaires

     

    Sorcière opalescente, muse fantasmagorique, sibylle nacrée, elle se dévoile, au rythme de compositions énigmatiques et l'artiste tisse un réseau de fantaisies complexes autour de l'esprit du visiteur...

     

    Image007.jpg

    © Christian Schloé, La Lectrice

     

    Image008.jpg

    © Christian Schloé, La Rivière de Lune

     

    Image009.jpg

    © Christian Schloé, L'entrée secrète

     

    Image010.jpg

    © Christian Schloé, Floraison

     

    Luminaire accroché entre terre féconde et ciel infini des chimères étoilées...

     

    Image011.jpg

    © Christian Schloé, La Berceuse

     

    Image012.jpg

    © Christian Schloé, Nuit de Contes de Fées

     

    Beautés énigmatiques, à l'instar des dames de la Renaissance qui peuplent les tableaux des musées.

     

    Image013.jpg

    © Christian Schloé, Lady Midnight

     

    Image014.jpg

    © Christian Schloé, Nuit avec Vue

     

    Image015.jpg

    © Christian Schloé, Élans de plume

     

    Image016.jpg

    © Christian Schloé, L'instant précieux

     

    Visages « botticelliens », pureté que l'on croirait formelle et qui masque de séduisantes aspérités.

     

    Image017.jpg

    © Christian Schloé

     

    Sirène au sang de nacre...

     

    Les héroïnes de Christian Schloé se lovent dans des décors brodés de symboles comme le papillon, la rose, la clef...

     

    Image018.jpg

    © Christian Schloé, La Porte Secrète

     

    Image019.jpg

    © Christian Schloé, L'Offrande

     

    Image020.jpg

    © Christian Schloé, Inspiration

     

    Hypostases de déesses antiques, fiancées de la Nuit et mères universelles ayant des oiseaux pour familiers...

     

    Image021.jpg

    © Christian Schloé, Sur les toits de la ville

     

    Corneille, messagère d'Autre Monde, prophétesse aux plumes de jais, gardienne de la Triade Sacrée des Sorcières. Oiseau fétiche et incarnation de la Morrigan, la Triple Lune des Celtes qui « éveille et moissonne » à l'instar de la puissante Hécate des mondes gréco-romains.

     

    Image022.jpg

    © Christian Schloé, Sur mon épaule

     

    Image023.jpg

    © Christian Schloé, Le Messager

     

    Image024.jpg

    © Christian Schloé

     

    Image025.jpg

    © Christian Schloé, Élévation

     

    Image026.jpg

    © Christian Schloé, Le Voyage

     

    Cygne noir, dédoublement de la personnalité, image poétique de l'imprévu... Cygne de Nuit, émanation du désir sexuel et de la créativité sauvage de l'esprit.

     

    Image027.jpg

    © Christian Schloé, Un autre monde

     

    Image028.jpg

    © Christian Schloé, Le Roi de la Nuit

     

    Cerf aux ramures dressées... Avec son port altier, il est vénéré, dans les anciennes traditions, pour sa force et le renouvellement périodique de ses bois. Associé aux anciens cultes des arbres et au passage des saisons, incarnation du Soleil, il est considéré comme l'amant de la Déesse Lune.

     

    Image029.jpg

    © Christian Schloé, La forêt des souhaits

     

    Image030.jpg

    © Christian Schloé, Mon ami le jeune cerf

     

    Image031.jpg

    © Christian Schloé, La Dame de la Forêt

     

    Éléments météorologiques qui reflètent les émotions des personnages, entre ciel et terre...

     

    Image032.jpg

    © Christian Schloé, Les Amoureux

     

    Image033.jpg

    © Christian Schloé, La mélodie de la pluie

     

    Image034.jpg

    © Christian Schloé, L'ouverture du cœur

     

    Le papillon, seigneur des métamorphoses et des secrets, hante l’œuvre de l'artiste.

     

    Image035.jpg

    © Christian Schloé, Une lumière dans l'obscurité

     

    Maître des changements et compagnon des sorcières et des fées, le papillon est un symbole érotique impérieux dans les rêves. Sa trompe donne et aspire les sucs, à la croisée des mondes, entre mort et fécondité.

     

    Image036.jpg

    © Christian Schloé

     

    Image037.jpg

    © Christian Schloé, Leaving Wonderland

     

    Attribut de Somnus, le dieu des songes...

     

    Image038.jpg

    © Christian Schloé, Autre Monde

     

    Image039.jpg

    © Christian Schloé, Imagine...

     

    Image040.jpg

    © Christian Schloé, Métamorphoses du Papillon

     

    Les personnages de Christian Schloé caracolent souvent dans les airs...

     

    Image041.jpg

    © Christian Schloé

     

    Héroïne perchée sur un cheval céleste. Chevaux que l'on rencontre dans les mythes amérindiens et que l'on associait, selon la couleur de leur robe, aux différentes directions de l'espace.

     

    Chevaux magiques du Nord qui apportaient tantôt l'aurore « crinière brillante », Skinfaxi, tantôt le crépuscule « crinière de givre », Hrimfaxi. Animaux chamaniques, montures des divinités, des esprits et des âmes, symboles aiguisés de clairvoyance.

     

    Image042.jpg

    © Christian Schloé

     

    Chat noir, enfant de la lune en décours, gardien des mondes intermédiaires et veilleur des croisées de chemins.

     

    Image043.jpg

    © Christian Schloé, Le chat noir

     

    Image044.jpg

    © Christian Schloé, Le chat de la nuit

     

    Image045.jpg

    © Christian Schloé, La femme du marin

     

    Et l'Esprit hante avec un E majuscule ces contrées de songes si personnels où la logique chavire et devient voilier...

     

    Image046.jpg

    © Christian Schloé, Déesse des eaux

     

    Ainsi, par-delà les tempêtes et les mers de l'existence, s'accomplissent les destinées...

     

    Image047.jpg

    © Christian Schloé, Le cœur en mouvement (Longing)

     

    Image048.jpg

    © Christian Schloé, You

     

    Merci encore pour vos pensées et gentils petits mots associés. Je vous retrouve dans quelques jours. Prenez bien soin de vous, gros bisous !

     

    Image049.jpg

    © Christian Schloé, La rivière des secrets

     

    https://www.facebook.com/ChristianSchloeDigitalArt/

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    42 commentaires
  •  

     

    Image001.jpg

    La jeune femme à l'ombrelle, 1921, collection privée.

     

    Image002.jpg

    Réflexions matinales, 1910. Collection Privée.

     

    Voyage à travers l’œuvre de ce peintre américain, qualifié d'impressionniste et membre des Ten American Painters, des artistes de la couleur et de l'instant, particulièrement actifs à Boston et à New York en leur temps. Des artistes en rupture avec le monde des galeristes qu'ils jugeaient beaucoup trop mercantile.

     

    Image003.jpg

    Jeune fille en rose pâle, date incertaine

     

    Amoureux des effets de nacre et de transparence, des tons opalins et de l'évanescence des lignes, Robert Lewis Reid (1862-1929) nous séduit par ses rêveries élégantes. Je vous invite à savourer le charme de ses réalisations.

     

    Image004.jpg

    Réflexions, 1911, Montgomery Museum of Fine Arts.

     

    La touche de Robert Lewis Reid se caractérise par une énergie aussi puissante qu'aérienne et par une grande finesse dans la répartition des couleurs. Le miroir, objet symbolique, est souvent présent dans ses compositions.

     

    Image005.jpg

    Le miroir, 1910. Smithsonian American Art Museum (and the Renwick Gallery), Washington DC.

     

    Une esthétique subtile, révélatrice d'une séduisante modernité.

     

    Le flou des contours et la manière dont ils se dérobent invitent le regard à recomposer les lignes et les nuances de la couleur. Cela donne à l'ensemble un côté à la fois céleste et océanique et nous fait deviner des frissons de tempête sous la douceur.

     

    Image006.jpg

     

    Sensible à la vogue du Japonisme, Robert Lewis Reid a représenté des jeunes femmes en kimono et magnifié notamment la couleur bleue à travers des étoffes précieuses et de délicates soieries poudrées d'or.

     

    Image007.jpg

    Kimono bleu, 1910.

     

    Image008.jpg

    La jeune fille au kimono bleu, 1911. Collection Privée.

     

    Image009.jpg

    Le Kimono violet, 1911. Smithsonian American Art Museum (and the Renwick Gallery), Washington DC.

     

    Image010.jpg

    La jeune femme au vase chinois, 1915

     

    J'aime ses héroïnes aux silences éloquents...

     

    Image011.jpg

    La fleur jaune, 1908, Collection Privée.

     

    Image012.jpg

    Spring, 1906, collection privée.

     

     

    Image013.jpg

    Dans le jardin, 1911, Brauer Museum of Art.

     

    Image014.jpg

    A summer girl, 1896, collection privée.

     

    Image015.jpg

    Face au ciel, 1911, Brigham Young University Museum of Art.

     

    Image016.jpg

    Brise d'été, 1915, Reading Public Museum

     

    Image017.jpg

    Rêverie d'été, date incertaine, collection privée

     

    Image018.jpg

    Automne, date incertaine. collection privée.

     

    Image019.jpg

    Fleur de Lys ou Les Iris, 1899, Metropolitan Museum of Art, New York.

     

    Image020.jpg

    La jeune femme à l'ombrelle, date incertaine, collection privée

     

    Image021.jpg

    Le parasol blanc, 1907, Smithsonian American Art Museum (and the Renwick Gallery), Washington DC.

     

    Image022.jpg

    La jeune femme près du cours d'eau, date incertaine, collection privée.

     

     

    Image023.jpg

    Le Trio, 1898, Berkshire Museum, Pittsfield, MA.

     

    Image024.jpg

    La Miniature, 1912, Detroit Institute of the Arts.

     

    Image025.jpg

    L'amoureuse des perles, date incertaine, collection privée.

     

    Image026.jpg

    Se souvenir, date incertaine, collection privée.

     

    Les flux mémoriels sont associés aux mouvements des fils colorés et aux taches de couleur palpitantes qui décorent le tapis. Avec cette scène de genre, l'artiste nous livre une scène symbolique rappelant qu'en chaque brodeuse, en chaque couturière veille une Parque, une Norne, une Dise, une Grise... Déesse des Destins entrelacés...

     

    Image027.jpg

    Coudre dans la lumière du printemps, 1910, collection privée.

     

    J'aime aussi beaucoup les nus pleins de charme de Robert Lewis Reid.

     

    Image028.jpg

    Nu dans un intérieur exotique

     

    Image029.jpg

    Opale, 1895, collection privée.

     

    Image030.jpg

    Les Baigneuses, date incertaine, Smithsonian American Art Museum (and the Renwick Gallery), Washington DC.

     

    Image031.jpg

    L'instant du bain, date incertaine, collection privée.

     

     

    Dans ses paysages, la vibration des couleurs se fait quasiment musicale...

     

    Image032.jpg

    Springtime, 1900

     

    Image033.jpg

    Flanc de coteau en été, date incertaine, collection privée.

     

    Image034.jpg

    La rivière, effet miroitant, date incertaine, collection privée.

     

    Image035.jpg

    Les Chutes de Buttermilk, date incertaine, collection privée.

     

    Image036.jpg

    Automne d'Or, date incertaine, collection privée.

     

    Image037.jpg

     

    Robert Lewis Reid est né le 29 juillet 1862, à Stockbridge, dans le Massachusetts et il est mort à Clifton Springs, dans l'État de New York, le 2 décembre 1929. Il a fait ses études à l'École du Musée des Beaux-Arts de Boston, sous la direction d'Emil Otto Grundmann (1844-1890) puis à la Art Students League and Cooper Union de New York, en 1884.

     

    Emil Otto Grundmann, peintre allemand renommé, fut le premier directeur de l'École du Musée des Beaux-Arts de Boston, une nomination prestigieuse.

     

    Image038.jpg

    Les azalées roses, date incertaine, collection privée.

     

    En 1885, à l'instar de nombreux peintres américains au XIXe siècle, Robert Lewis Reid s'est rendu à Paris pour suivre des cours à la célèbre Académie Julian, auprès des maîtres Gustave Boulanger (1824-1888) et Jules Joseph Lefebvre (1836-1911).

     

    Ses premières œuvres furent « des figures de paysans français, peints à Étaples. »

     

    Image039.jpg

    Prendre soin du jardin, date incertaine, collection privée.

     

    Image040.jpg

    La jeune fille et les fleurs, date incertaine, collection privée.

     

    Il est retourné à New York en 1889 et s'est installé comme portraitiste. Il est également devenu professeur, exerçant ses talents à la Cooper Union et auprès de la Ligue des Étudiants de l'École des Beaux-Arts.

     

    Image041.jpg

    Rêverie, 1890, collection privée.

     

    En 1893, il a composé des fresques pour la Coupole de l'Édifice des Arts Libéraux, dans le cadre de la Foire Universelle de Chicago, dite Exposition Colombienne et en 1900, il a participé à l'ornementation du Pavillon Américain pour l'Exposition Universelle de Paris.

     

    Image042.jpg

    Deux jeunes femmes lisant, date incertaine, collection privée.

     

    En 1906, il est devenu membre de la National Academy of Design et créé une série de dix vitraux pour l'église du Souvenir Unitaire à Fairhaven, dans le Massachusetts.

     

    Image043.jpg

    La capeline rose, date incertaine, collection privée.

     

    Une de ses œuvres, le Martyre de Saint-Paul, peut être vue à l'extrémité sud-ouest de la nef de l'église Saint Paul Apôtre, à New York.

     

    Image044.jpg

    Bouquet de Printemps, date incertaine, collection privée.

     

    Image045.jpg

    Le garçon et les pivoines rouges, 1910, Brigham Young University Museum of Art.

     

    Image046.jpg

    Trois figures dans un jardin italien, date incertaine, collection privée.

     

    Image047.jpg

    Circé et Anatole, entre 1920 et 1926, Akron Art Museum

     

    Image048.jpg

    Daphné, date incertaine, collection privée.

     

    Image049.jpg

    L'Esprit du Jardin et ses merveilles, date incertaine, collection privée.

     

    Image050.jpg

    La jeune fille avec ses poupées ou Les Joujoux, date incertaine, collection privée.

     

    Image051.jpg

    La tentation des gourmandises (Tempting Sweets), 1924, collection privée.

     

    Image052.jpg

    Étude pour Polly, l'oiseau familier, 1923, collection privée.

     

    Des fresques et des panneaux muraux de Robert Lewis Reid décorent la Bibliothèque du Congrès, à Washington, la Cour d'Appel de New York, et la State House à Boston, dans le Massachusetts.

     

    Les visiteurs de la State House peuvent admirer trois grands panneaux qui décrivent des scènes majeures de l'Histoire Américaine soit Le Discours de James Otis, La chevauchée de Paul Revere et Le Boston Tea Party.

     

    Pour la Bibliothèque du Congrès, l'artiste a réalisé quatre allégories magnifiques : Le Savoir, La Sagesse, La Philosophie et La Compréhension qui témoignent d'une oscillation de son art entre Impressionnisme, Naturalisme et Symbolisme.

     

    Image053.jpg

    Le Savoir

     

    Image054.jpg

    La Sagesse

     

    Image055.jpg

    La Philosophie

     

    Image056.jpg

    La Compréhension

     

    Sur cette symphonie de vibrations colorées, je vous souhaite un très joli mois d'Octobre. Prenez soin de vous, gros bisous et merci de votre fidélité !

     

    Image057.jpg

    L'élégante et les fleurs, date incertaine, collection privée.

     

    Image058.jpg

     

    Un été parmi les fleurs, date incertaine, collection privée.

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    55 commentaires
  •  

    Image001.jpg

     

    Des couleurs subtiles, des rêveries ambivalentes, de la magie et de la sensualité à fleur de toile... Miho Hirano, artiste japonaise contemporaine nous invite à pénétrer dans une sylve de féminité, à cheminer dans un monde où palpitent des chevelures torrentielles, où la flore est secrète, où les courbes des corps se dévoilent avec audace et enchantement.

     

    Image002.jpg

     

    Image003.jpg

     

    Un séduisant voyage au cours duquel nous nous interrogeons. Et si nous prenions davantage soin de la Nature ? De cet écrin de Nature où se lovent des êtres subtils, beautés gardiennes d'une terre où l'être humain, espèce invasive, commet bien des méfaits...

     

    Image004.jpg

     

    A travers ce périple, nous rencontrons des filles fées lovées dans la sève et le sucre des fleurs, qui résonnent d'une vie diaphane, des nymphes au regard doux et farouche où perlent de troublantes mélancolies et dont les visages semblent refléter les enivrants mystères de l'entre-deux...

     

    Image005.jpg

     

    Image006.jpg

     

    Des esprits de l'eau et de la forêt, des enchanteresses de l'air et de l'onde à la fois puissantes et fragiles...

     

    Image007.jpg

     

    Image008.jpg

     

     

    Image009.jpg

     

     

    Image010.jpg

     

    Fragilité d'où naît une force, celle qui anime les roseaux dans le vent...

     

    Image011.jpg

     

    Diplômée en 2007 de la prestigieuse Musashino Art University, Miho Hirano rend hommage à l'un des thèmes majeurs de l'Art Nouveau, la « Femme Fleur » si bien représentée par Alfons Mucha mais là n'est pas notre propos.

     

    Elle nous offre, avec luxuriance et douceur, les feux sinueux de son inspiration mêlée d'émotions fugitives ainsi qu'une fusion très personnelle entre courbes féminines, chevelures et forces élémentales et matricielles.

     

    Image012.jpg

     

    Sa technique consiste à réaliser un croquis au crayon et à l'animer via une peinture bleutée plutôt légère puis elle fait naître les ombres avec d'autres tons vaporeux. Ensuite vient l'étape de la peinture à l'huile.

     

    Image013.jpg

     

    Elle dépose sur les bouches et autour des yeux un rose glamour qui « empourpre » les carnations nacrées voire spectrales de ses héroïnes, accompagnées, le plus souvent, de papillons, de carpes koi, d'oiseaux, de fleurs de cerisier, de prunier, de lotus ou de pissenlit, fleur du vent aux akènes d'argent comme on peut le voir ci-dessus.

     

    Image014.jpg

     

    https://www.instagram.com/mihohiranoart/?hl=fr

     

    Image015.jpg

     

     

    https://www.facebook.com/miho.hirano.5621

     

    Image016.jpg

     

     

    Image017.jpg

     

    Je prends plaisir à « illustrer en mots » les œuvres envoûtantes de cette artiste avec des haïkus composés par Bashô Matsuo (1644-1694), l'un des quatre grands poètes classiques (les autres étant Yosa Buson, Kobayashi Issa et Masaoka Shiki).

     

     

    Image018.jpg

     

    Les lunes et les fleurs :

    voici les véritables

    maîtres

     

    Image019.jpg

     

    Le son de la cloche s’apaise,

    le parfum des fleurs

    frappe le soir

     

    Image020.jpg

     

    De quel arbre en fleur?

    Je ne sais

    Mais quel parfum !

     

    Image021.jpg

     

    N'oublie jamais

    La saveur solitaire

    Des rosées blanches

     

    Image022.jpg

     

    Un pétale tombé

    remonte à sa branche

    C'est un papillon

     

    Image023.jpg

     

    Image024.jpg

     

    Volutes d'encens

    Ailes de papillon

    Que parfume l'orchidée

     

    Image025.jpg

     

    Réveille réveille-toi

    Je te prends pour ami

    Papillon

     

    Image026.jpg

     

    Deux vies

    entre elles ont vécu

    les fleurs de cerisier

     

    Image027.jpg

     

    Le coquelicot blanc

    d’une averse hivernale

    a fleuri

     

    Image028.jpg

     

    Un papillon ne vole

    que dans un champ

    de soleil

     

    Image029.jpg

     

    Image030.jpg

     

    Je vous souhaite une myriade de jolies choses et vous remercie de votre fidélité. Gros bisous !

     

    Image031.jpg

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    45 commentaires
  •  

     Image001.jpg

    La dame de l'automne, 1871

     

    Image002.jpg

    Lovers in the night

     

    Laissons-nous happer, au clair de lune, par les brumes fantastiques et les couleurs mouvantes de la palette de John Atkinson Grimshaw, artiste emblématique de l'ère victorienne. La lumière dorée, argentée ou nacrée de la ronde lune irrigue souvent ses œuvres où règne une sensibilité puissante.

     

    Image003.jpg

    Réflexions sur le Thames, Westminster, 1880

     

    Image004.jpg

    Lune d'hiver

     

    A travers son regard, la ville victorienne s'offre à nous, vêtue de nuit et de brouillard, mouillée de cendres, voilée d'opale... Elle émane d'un réseau d'ombres labyrinthiques et précieuses. Une ville personnage où s'enfoncent, entre ivresse et mélancolie, le regard et l'esprit...

     

    Image005.jpg

    Ombres sur le mur, Roundhay Park, Leeds, 1880

     

    John Atkinson Grimshaw naquit à Leeds, une ville du nord de l'Angleterre, en 1836, dans une famille très stricte. Il fut clerc de notaire et travailla, pendant quelques années, pour une compagnie de chemin de fer anglaise, la GNR (Great Northern Railway) mais, insatisfait de ses activités, il décida de suivre une carrière artistique.

     

    Son choix se fit au grand dam de ses parents qui considéraient l'art comme une chose néfaste. Il ne reçut donc aucun soutien de la part de son père, policier et de sa mère qui s'employa à détruire, bien des années après, une partie de ses tableaux !

     

    Image006.jpg

    Les amants

     

    Dans sa jeunesse, il bénéficia de l'aide morale et financière de son cousin germain, T.S Cooper, et de l'assentiment de son épouse et cousine éloignée, Theodosia Frances Hubbard (1835-1917), ce qui lui permit de tenter sa chance et d'exposer pour la première fois, en 1862, « sous le haut patronage de la Société Philosophique et Littéraire de Leeds » des tableaux représentant des fleurs, des fruits et des oiseaux.

     

    Image007.jpg

    Headingley Lane à Leeds

     

    En 1865, ses peintures étaient vendues dans plusieurs galeries d'art et librairies de Leeds et un antiquaire nommé Thomas Fenteman était l'un de ses clients principaux. Il put faire l'acquisition de Knostrop Hall, une jolie propriété du XVIe siècle située dans les parties « riches » de la ville et en 1870, il se fit construire une maison secondaire à Scarborough, ville côtière située dans le comté du Yorkshire du Nord, qui devint son sujet de prédilection.

     

    Image008.jpg

    Knostrop Hall, tôt le matin, 1870

     

    Image009.jpg

    Après-midi de novembre à Stapleton Park, 1877

     

    Image010.jpg

    Forge Valley à Scarborough

     

    Image011.jpg

    Scarborough, 1878

     

    Une très jolie ville, belvédère sur la mer du Nord, peuplée de maisons pimpantes qui se dressent au bord de l'eau... Elle est appréciée pour son phare, ses demeures historiques et ses activités de voile. La romancière Anne Brontë (1820-1849) est enterrée dans son cimetière.

     

    Image012.jpg

    The lighthouse à Scarborough

     

    S'y adonnant à sa passion pour les atmosphères d'entre-deux, John Atkinson Grimshaw gagna en notoriété, loua un studio de peinture à Londres et vendit plusieurs de ses œuvres à William Agnew, un marchand d'art londonien. Une de ses œuvres fut également acceptée par la Royal Academy.

     

    Image013.jpg

    La maison hantée

     

    Image014.jpg

    Le pont de Leeds, 1880.

     

    Mais quelques années plus tard, il connut de graves problèmes financiers qui l’obligèrent à revenir à Leeds et à peindre des portraits, essentiellement féminins et des scènes de la vie de la ville, comme les marchés, les places, les fêtes locales... Il peignit aussi des scènes de plage, des vues maritimes et des paysages hivernaux.

     

    Image015.jpg

    The cradle song, la berceuse.

     

    Image016.jpg

    The cradle song, détail

     

    Image017.jpg

    Snowbound, Enneigée, 1883

     

    Image018.jpg

    Le virage, 1883

     

    Image019.jpg

    Automne d'or

     

    Grimshaw mourut d'une leucémie, le 13 octobre 1893, à l’âge de 57 ans. Il repose à Leeds, dans le cimetière de Woodhouse. Surnommé « Grimmy » par ses proches, il sut saisir avec brio les atmosphères changeantes de la ville victorienne, entité mystérieuse et ambivalente. Il aimait particulièrement décrire les effets de lumière et la magie des saisons, les variations météorologiques mais dans une veine plutôt Réaliste.

     

    Image020.jpg

    Matin d'automne

     

    Image021.jpg

    A golden beam, un rayon doré

     

    Marqué par le Préraphaélisme, il le fut aussi par l'Aesthétic Movement (Mouvement Esthétique), une évolution du Préraphaélisme que l'on qualifie de Post-Préraphaélisme et qui partit en guerre contre l'industrialisation massive et « la laideur manufacturée », pour reprendre les mots d'Oscar Wilde (1854-1900).

     

    Image022.jpg

    Promenade du soir

     

    Pour les personnes qui s'interrogeraient, je rappelle ce qu'est le Préraphaélisme. Il s'agit d'un phénomène de l'art, puissamment inspiré, gorgé d'un sang rebelle, qui fut initié par trois étudiants de la Royal Academy : Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), John Everett Millais (1829-1896) et William Holman Hunt (1827-1910).

     

    Ces trois jeunes gens ne supportaient plus le poids des conventions, la morale qu'ils qualifiaient d'insidieuse, le dogmatisme et la mièvrerie sentimentale qui caractérisait pour eux la peinture britannique de leur temps. Ils considéraient que de lourdes règles esthétiques issues de la Renaissance étaient responsable d'une sclérose de l'art et que l'esprit du spectateur, se voyant obligé de composer avec de la peinture de genre où ne brillait aucune créativité, se racornissait. Ils partirent donc en guerre contre l'enseignement académique et leur trio s'agrandit rapidement.

     

    Il y eut plusieurs périodes et courants Préraphaélites et de nombreux artistes concernés mais restons en compagnie de John Atkinson Grimshaw...

     

    Image023.jpg

    Clair de lune de novembre

     

    Grimmy admira aussi l’œuvre de James Tissot (1836-1902), artiste complexe, ami de Degas et de Manet, qui partagea sa vie entre Paris et Londres où il devint l'un des plus célèbres portraitistes de son époque. Fils d'un marchand de mode et d'une modiste, Tissot ne cessa d'accorder dans ses toiles la primauté aux vêtements et aux accessoires. Il aimait également mettre en scène ses personnages de manière « photographique ».Les musées anglais abritent un grand nombre de ses œuvres.

     

    On trouve, entre autres, des références à Tissot dans le tableau La Berceuse (The cradle song que je vous ai montré plus haut), avec sa belle atmosphère « japonisante » et dans le tableau qui suit.

     

    Image024.jpg

    La vigie de la nuit

     

    Image025.jpg

    Méditation, 1875

     

    Les Clairs de Lune de Grimshaw sont très appréciés des collectionneurs.

     

    Image026.jpg

    Silver moonlight, clair de lune argenté

     

    L'instant du crépuscule qui conduit à la nuit, la clarté fine et fantasmagorique de la lune, le brouillard et sa texture si particulière, les atmosphères singulières l'inspiraient. Il exploitait avec grand talent les effets de l'humidité à la fois réelle et chimérique.

     

    Image027.jpg

    Le port de Whitby

     

    Image028.jpg

    Port de Whitby sous le clair de lune

     

    Whitby, petite ville située sur la côte du Yorkshire, à l’embouchure de l’Esk, est un port à l’existence très ancienne. Whitby est renommée pour ses plages, le souvenir des pêcheurs de baleines qui la peuplèrent, ses bijoux de jais à connotation magico-religieuse, ses fossiles très réputés auprès des collectionneurs (des ammonites entre autres...), sa superbe abbaye Sainte-Mary considérée comme hantée et pour avoir inspiré Bram Stoker (1847-1912) le célèbre auteur de Dracula.

     

    Image029.jpg

    Le vieux Chelsea

     

    Image030.jpg

    Pluie sur Hampstead

     

    Image031.jpg

    Old Hall sous la lune

     

    Image032.jpg

    Fasciné par la photographie, Grimshaw faisait appel au procédé de la camera oscura...

     

    Ce mot italien qui signifie « chambre noire » désigne un appareil d'optique grâce auquel on obtient une image la plus nette possible d'un objet que l'on souhaite reproduire.

     

    La lumière entre dans une sorte de boîte par un petit orifice et se heurte, de l'autre côté, à un papier blanc de relative épaisseur ou à un verre dépoli. Certaines versions de la camera oscura, plus élaborées, font appel à une lentille convergente ou à des cloisons coulissantes qui permettent de moduler la distance à laquelle se trouve l'objet, d'accroître la netteté de ce que l'on voit etc...

     

    La camera oscura fut utilisée par de nombreux artistes au fil des siècles à l'instar de Léonard de Vinci, de Vermeer de Delft ou des védutistes italiens du XVIIIe siècles comme Giuseppe Canaletto... Tant et tant d'artistes y eurent recours et plus proches de nous, les recherches de Louis Daguerre (1787-1851) et de Joseph Nicéphore Niepce (1765-1833) se réfèrent à la manière dont la camera oscura retranscrit une image.

     

    Image033.jpg

    Glasgow, 1887

     

    Vous apprécierez la puissance fantasmagorique des effets de lumière, les lignes qui se dévoilent et se fondent dans une envoûtante atmosphère, les parties sombres qui palpitent comme des frissons d'encre...

     

    Image034.jpg

    Les docks de Glasgow

     

    Image035.jpg

    Liverpool

     

    Image036.jpg

    Westminster Bridge avec les maisons du Parlement

     

    Image037.jpg

    Westminster Bridge au crépuscule... Je pourrais regarder ce tableau et le paysage pendant des heures ! Il y a tant de magie...

     

    Image038.jpg

    Paysage entre clair et obscur

     

    Image039.jpg

    Moonlight

     

    Image040.jpg

    Esprit de la nuit

     

    Image041.jpg

    Automne

     

    Grimshaw a également peint des scènes féeriques et illustré les balades littéraires et les poèmes d'Henry Longfellow (1807-1882) et d'Alfred Tennyson (1809-1892), monuments de la littérature américaine et anglaise. Il a d'ailleurs donné à ses enfants (sur les quinze qu'il eut, seulement six atteignirent l'âge adulte) les prénoms de personnages mis en scène par Tennyson.

     

    Image042.jpg

    La dame de Shalott, 1879

     

    Image043.jpg

    Elaine

     

    Lady Elaine de Shalott est une héroïne récurrente des légendes arthuriennes, « ressuscitée » par Alfred Tennyson (1809-1892) et muse des peintres préraphaélites.

     

    Sur l'île de Shalott, une belle dame, enfermée dans une tour mystérieuse, doit tisser une tapisserie pour l'éternité. La malédiction qui l'étreint lui interdit de regarder par la fenêtre mais elle contemple le monde dans un miroir où elle aperçoit un jour le reflet du chevalier Lancelot. Elle en tombe éperdument amoureuse et décide de lui exprimer ses sentiments.

     

    Consciente du sort funeste qui l'attend en quittant la tour, elle embarque pourtant sur un navire qu'elle a baptisé de son nom. Tout au long du voyage, elle continue de tisser son ouvrage mais comme elle approche de Camelot une tempête automnale se lève et la tapisserie épuise ses dernières forces. Les dames et les chevaliers d'Arthur découvrent son corps glacé sur une berge. Ils lui rendent hommage et Lancelot promet de ne jamais oublier son beau visage qui semblait endormi.

     

    Image044.jpg

    Elaine...

     

    Avec ses paysages à la fois réels et brodés de féerie et de mystère, John Atkinson Grimshaw nous a laissé une œuvre pleine de poésie et d'élégance très personnelle mais les historiens d'art ne possèdent pas de documents privés susceptibles de les aider à explorer davantage son art. Il eut sa renommée, ses créations sont accessibles grâce à des expositions qui lui ont été consacrées (surtout à Leeds) mais le temps s'est écoulé. Les dates de plusieurs de ses œuvres sont incertaines ou ne sont pas précisées et l'artiste mérite qu'on s'intéresse à lui davantage. J'espère que vous aurez pris plaisir à accomplir ce voyage...

     

    En vous souhaitant un très agréable mois de mars, je vous envoie de gros bisous et vous remercie de votre fidélité !

    Plume

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    38 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique