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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eleanor, #fortescue, #jpg, #preraphaelite, #titania

 

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L'invité inattendu et la fiancée de la nuit, 1906

 

 

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Elle aimait les mondes féeriques de l'ancienne Angleterre, la poésie d'Alfred Tennyson (1809-1892), les œuvres de William Shakespeare (1564-1616), la littérature néo-gothique et les héroïnes qui ont nourri l'esprit des contes et des ballades populaires.

 

Promenade à travers un univers subtilement enchanté, celui d'Eleanor (Mary) Fortescue-Brickdale (1872-1945), illustratrice, aquarelliste et peintre britannique de sensibilité Préraphaélite.

 

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Le Monde des Amoureux

 

L'inspiration d'Eleanor est associée au Préraphaélisme dit de la seconde génération ou Néo-Préraphaélisme, en vogue à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, qui s'est étendu, au-delà de la peinture, à des supports comme la tapisserie, le mobilier, la photographie... Artiste reconnue en son temps, passionnée par l'Esthétisme, elle rendit hommage, tout au long de sa vie, aux maîtres fondateurs du Cercle Préraphaélite, en l'occurrence Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), John Everett Millais (1829-1896) et William Holman Hunt (1827-1910).

 

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Photo de l'artiste, réalisée vers 1900.

 

Éléments biographiques :

 Eleanor Fortescue Brickdale naquit à Upper Norwood, dans le Surrey, un comté du sud-est de l'Angleterre, le 25 janvier 1872. Ses parents se nommaient Matthew et Sarah. Son père était avocat.

 A l'âge de 17 ans, elle fut élève à la Crystal Palace School of Art, Science and Litterature, établissement prestigieux ouvert en 1854 et elle étudia, entre 1896 et 1900, à la Royal Academy où elle se lia d'amitié avec le peintre et professeur Byam Shaw (1872-1919).

 En 1897, elle reçut un prix pour une composition intitulée Spring et en 1899, elle se fit connaître par une œuvre ambitieuse intitulée The Pale Complexion of True Love (Le pâle caractère du véritable amour). Le sujet du tableau étant associé à la pièce Comme il vous plaira, de William Shakespeare (1564-1616).

 

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The Pale Complexion of True Love

 

« Comme il vous plaira... » Une délicieuse comédie pastorale écrite en 1599 et fondée sur le travestissement et les surprises de l'amour. L'action se déroule dans une forêt luxuriante où chaque scène est profondément initiatique. Je garde d'excellents souvenirs de cette lecture...

 

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Sur un grand nombre de thèmes shakespeariens mais pas seulement, Eleanor réalisa, tout au long de sa vie, des aquarelles qui connurent un grand succès (elle appréciait particulièrement La Tempête) et des huiles sur toile, imprégnées de puissance narrative, qui furent présentées à la Royal Academy.

 

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Dans les années 1900, elle exposa des œuvres à la Galerie Préraphaélite Dowdeswell, un lieu artistique de renom ouvert en 1880 par le collectionneur Charles William Dowdeswell (1832-1915) et en 1902, elle fut la première femme à devenir membre de l'Institut des Peintres à l'Huile.

 

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Parmi les fleurs

 

Son exposition d'aquarelles se nommait « Such Stuff as Dreams Are Made of ! » soit « Les choses dont les rêves sont faits », un thème issu de La Tempête de William Shakespeare.

 

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Allégorie de la Chance, 1901

 

Dans la deuxième décennie du XXe siècle, elle dispensa des cours à la Byam Shaw School of Art qui avait été fondée par Byam Shaw en mai 1910 et en 1919, elle devint membre de la Royal Watercolor Society.

 

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Allégorie de la Richesse

 

Elle travailla dans le domaine de la littérature enfantine, réalisa des illustrations pour des ouvrages comme « A Cotswold Village » de Joseph Arthur Gibbs (1867-1899) et composa, en 1905, de ravissantes saynètes pour les poèmes d'Alfred Tennyson (1905) et de Robert Browning (1812-1889). Elle illustra aussi le Golden Treasury, une anthologie populaire de la poésie anglaise écrite par l'auteur et historien anglais Francis Palgrave (1788-1861).

 

 

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Blush (Rougeur)

 

 A l'initiative des éditeurs londoniens Hodder et Stoughton, elle conçut, en 1915, des saynètes colorées pour Le Livre des Chansons et Ballades anciennes d'Angleterre et en 1919, pour les mêmes éditeurs, elle illustra Le Livre d'Or des Femmes Célèbres (Golden Book of Famous Women). Un recueil qui présente des portraits d'héroïnes de la mythologie, du folklore, de la littérature et de la poésie.

 

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Pendant la Première Guerre Mondiale, elle élabora des affiches pour plusieurs administrations de Grande-Bretagne et quand la guerre fut terminée, elle créa une série de vitraux commémoratifs. Elle eut d'autant plus de mérite qu'elle était épuisée et confrontée à la cécité...

 

Cette grande dame des arts repose à Londres, au cimetière de West Brompton.

 

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Le Livre d'Or des Femmes Célèbres (Golden Book of Famous Women)

 

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Titania et Bottom, personnages issus du Songe d'une Nuit d'Été de William Shakespeare (1564-1616).

 

Titania, la reine des fées, est l'épouse d'Obéron, le roi du Petit Peuple. Ces deux-là s'aiment passionnément mais, dotés d'un caractère ombrageux et de grands pouvoirs magiques, ils se disputent souvent ! Ils se jouent des tours, se lancent des sortilèges puis se réconcilient, ce qui fait le bonheur des lutins et des fées.

 

La scène illustrée par Eleanor Fortescue-Brickdale montre Titania, victime d'un sort orchestré par son coquin de mari ! Obéron a demandé au lutin Puck de verser sur les paupières de Titania endormie le suc d'une plante magique, substance ayant pour effet de rendre Titania temporairement amoureuse, à son réveil, du premier « mâle » qu'elle apercevrait. Pour pimenter son sort, Obéron a métamorphosé un voyageur de la forêt, un tisserand nommé Nick Bottom en homme à tête d'âne !

 

L'âne... animal associé à la sorcellerie du terroir, aux divinités nordiques (dieux Ases) ou au dieu Priape dans l'Antiquité... Un initiateur au caractère érotique, maître de sarabandes endiablées et aussi un symbole de sottise et de paresse en fonction des traditions. Créature fort intéressante à étudier via l'ouvrage d'Apulée (125-170 après J.-C) intitulé Les Métamorphoses ou L'Âne d'Or...

 

Shakespeare s'amuse par cette transformation à décrire le caractère facétieux et débridé du Petit Peuple, l'âne étant le plus souvent considéré comme un maître de l'énergie sexuelle. Obéron « offre » à Titania un amant qui incarne les forces satyriques, un substitut pour lui dire, à sa manière, qu'il la désire et qu'elle le rend fou.

 

Quelques scènes plus tard, Obéron restitue sa tête humaine à Bottom et s'excuse auprès de Titania puis les époux se renouvellent leurs vœux d'amour...

 

 

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Héloïse (1100-1164) et Abélard (1079-1142), célèbres et infortunés amants...

 

 

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Béatrice Portinari (1265-1290) et Dante (1265-1321)

 

Béatrice était la muse et le grand amour du poète florentin Dante. Ils tombèrent amoureux dans l'enfance. Béatrice avait huit ans et Dante, neuf ans...

 

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Laure de Noves (1308 ou 1310-1348) et Pétrarque (1304-1374)

 

Laure de Noves, dite la belle Laure, fut la muse du poète Pétrarque et l'aïeule du Marquis de Sade.

 

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Jeanne d'Arc (1412-1431)

 

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 La reine Catherine d'Aragon (1485-1536)

 

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Catherine Douglas, alias Kate Barlass, figure célèbre du monde anglo-saxon, tenta d'empêcher l'assassinat du roi James Ier d'Écosse, le 20 Février 1437.

 

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Guenièvre/Guinevere, célèbre épouse du Roi Arthur et amante du Chevalier Lancelot...

 

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Guenièvre

 

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Viviane et Merlin

 

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Jeune fille en train de coudre dans un intérieur Tudor pour l'Histoire d'Elaine d'Alfred Tennyson.

 

 

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Rencontre avec le Petit Peuple de la Forêt

 

 

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Petites Fées de l'ancienne Angleterre, cachées sous les digitales.

 

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Dans l'univers d'Eleanor Fortescue-Brickdale, Le Petit Page, une œuvre datée de 1905 et conservée au National Museum de Liverpool, occupe une place privilégiée.

 

Ce tableau plein de charme illustre un extrait d'une ballade anglo-écossaise intitulée « Burd Helen » « Helen de Kirkconnel » ou « Child Waters ». L’œuvre est issue des « Reliques de la Poésie anglaise ancienne » (1765) de Thomas Percy (1729-1811), évêque de Dromore en Irlande.

 

Helen est enceinte d'un homme infidèle, considéré comme un amant sans cœur. Elle tente de suivre son « amour » en se déguisant en page et elle est représentée dans une forêt, parmi des fleurs à caractère magique comme des églantines et des sureaux...

 

Elle s'apprête à couper sa superbe chevelure pour passer inaperçue.

 

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La ballade connaît plusieurs versions... Dans certaines d'entre elles, Helen suit son amour en étant travestie en page et elle est soumise à de terribles aléas pour se rapprocher de lui. Dans d'autres versions, le cruel Child Waters la garde près de lui mais il l'oblige à revêtir des vêtements de garçon et à le servir, dans des conditions particulièrement difficiles, alors qu'elle est enceinte...

 

En revanche, dès que Helen accouche de son enfant, Child Waters reconnaît sa paternité. Il propose le mariage à la jeune femme en lui promettant de pouvoir « porter les plus belles soies » et décide que le baptême de leur enfant sera célébré le même jour que le mariage.

 

Helen avait été peinte par William Lindsay Windus (1822-1907), un artiste de Liverpool qui appartenait au mouvement Préraphaélite de la Première Génération. Eleanor Fortescue Brickdale lui a donné un charme bien particulier, au début de sa quête, le regard aux aguets... L'artiste fut plébiscitée par ses professeurs pour sa représentation du corps humain, son attention portée aux détails et à la beauté précieuse des couleurs. « Burd Helen » témoigne de ses magnifiques qualités.

 

Ses autres œuvres aussi...

 

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La princesse faisant l'école buissonnière

 

A l'approche du Printemps, mes pensées fleuries d'amitié pour vous chers aminautes...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amour, #jeune, #jpg, #saint, #valentin

 

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Voici la mi-février et son cortège de giboulées scintillantes, en attendant les caprices météorologiques de mars, d'avril ou de mai...

 

Et voici les Valentines Galantes, messages d'amour colorés que l'on s'adressait jadis en les achetant par exemple sur le Pont-Neuf à Paris.

 

Je reprends ici l'un de mes textes fétiches, écrit il y a quelques années et j'y ajoute des illustrations collectées au fil du temps. J'en ai trouvé plusieurs sur la toile et d'autres viennent de ma collection personnelle...

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 Je vous souhaite une bonne dégustation de ces Valentines d'Amour en n'oubliant pas que l'Amour se célèbre tous les jours avec des petits riens qui enchantent le cœur et l'âme.

 

Tous les jours, avec des attentions sincères et vives et aussi le 14 février, en prenant plaisir à célébrer une fête venue du fond des âges...

 

Très Joyeuse Saint-Valentin !

 

 

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Au XVe siècle, il était d'usage de faire parvenir à sa bien aimée des messages d'amour afin de célébrer le retour du printemps mais il fallut attendre le XVIe siècle pour que les lettres d'amour soient joliment qualifiées de « valentines ».

 

Au XVIIIe siècle, on trouvait, dans toute l'Europe, de superbes valentines, décorées de cœurs, de roses et de Cupidons.

 

A l'époque victorienne (1840-1860), en Angleterre, elles se parèrent d'un décor très subtil et gracieux. Délicatement parfumées, elles furent agrémentées de petits ornements de soie, de dentelle, de plumes, de rubans, de fleurs fraîches ou séchées.

 

Esther Allen Howland (1828-1904), la fille d'un célèbre papetier américain, lança, vers 1850, la production en série des cartes de Saint-Valentin.

 

Quant à la chromolithographie, procédé d'impression en couleurs mis au point par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839) en 1837, elle contribua également, tout au long du XIXe siècle, à la diffusion des images de la Saint-Valentin.

 

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Dans la France et l'Angleterre des XIVe et des XVe siècles, les jeunes filles choisissaient leur « Valentin », un cavalier courtois qui leur offrait des cadeaux et leur dispensait de galantes attentions.

 

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Plusieurs « Valentin » sont fêtés le 14 février, en France et dans d'autres pays, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des mythologues et des historiens. Une telle mise en lumière ayant généralement pour effet de « camoufler » un substrat de divinités pré-chrétiennes.

 

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La légende de Saint-Valentin naquit sous le règne de l'empereur Claude II, dit le Gothique (214-270). En proie à certaines difficultés pour constituer ses légions, Claude fit interdire, en l'an 268, les fiançailles et les mariages sur l'ensemble du territoire qu'il dominait mais un prêtre nommé Valentin choisit de braver ses ordres et d'unir secrètement les jeunes couples. L'empereur le fit arrêter et condamner à mort par décapitation.

 

Dans sa prison, Valentin rencontra Augustine, la fille de son geôlier, une jeune aveugle à qui il rendit la vue, grâce à des prières. Elle prit soin de lui et il lui adressa, avant son exécution, une lettre qu'il aurait signée « Ton Valentin ».

 

Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, Valentin fut emprisonné pour avoir refusé de se prosterner devant les divinités de Rome. Il s'éprit de la fille de l'empereur Claude, une jeune aveugle qu'il s'efforça de guérir. L'empereur promit de se convertir si l'issue était heureuse mais Valentin subit tout de même le martyre. Il laissa à la demoiselle de son cœur un billet doux qui devint une « Valentine ».

 

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Cette belle et tragique histoire a été façonnée dans un but politique et religieux, celui de « gommer » le souvenir érotique des Lupercales, fêtes de la fertilité célébrées jadis à Rome, le 15 février.

 

Les prêtres de Lupercus, le dieu loup de la fécondité, couraient dans la ville, vêtus de peaux de chèvre. Ils fouettaient, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qui croisaient leur chemin, afin de stimuler leur pouvoir de fertilité. La course sauvage des Luperques avait pour but de purifier la cité, d'éloigner les démons et les épidémies et de repousser les êtres atteints de lycanthropie.

 

Lupercus était le protecteur des animaux à cornes, des troupeaux et des futures récoltes. On organisait en son nom une « loterie d'amour ». Les jeunes hommes tiraient au sort le nom de la jeune fille qui deviendrait leur « compagne des festivités » et sur laquelle ils veilleraient, l'espace d'une année.

 

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En l'an 496, le pape Gélase Ier décida de contrer les survivances des Lupercales en instituant la Saint-Valentin. La fête romaine, tissée de coutumes païennes, disparut au profit de célébrations plus « convenables » mais il fallut attendre la fin du XVe siècle pour que, sur l'initiative du pape Alexandre VI, Valentin devienne le patron officiel des amoureux.

 

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Saint patron des amoureux, Valentin est aussi très intéressant par les pouvoirs qui lui sont attribués dans le folklore de France et d'Europe.

 

Tel un Cupidon, il s'efforce d'unir les amants mais il veille ensuite à la bonne santé du couple. On l'invoque pour fortifier le cœur, apaiser les tourments physiques et moraux, les rhumatismes, les douleurs récurrentes, faire tomber la fièvre, purifier le sang. En Belgique, il est considéré comme un protecteur contre les blessures et les hernies.

 

Dans la région d'Hurtigheim, en Alsace, on trouve dans certaines chapelles des statuettes de Saint-Valentin, réputées apaiser les rhumatismes. Les personnes souffrantes offrent au saint une poule noire.

 

Depuis fort longtemps, Valentin est le protecteur des nourrissons contre la mort subite. Il repousse les maladies qui touchent les animaux, détruit la vermine et garde les cultures contre les caprices de la météorologie.

 

Il préserve les terres de la sécheresse et règne sur le vent comme en témoigne un vieux dicton du Centre de la France:

« Jour de Saint-Valentin

Vent au moulin ».

 

Dans le vieux Nice, on avait coutume de dire:

« Danse à la Saint-Valentin

Soleil sur le chemin ».

 

Comme le fait remarquer Philippe Walter dans son passionnant ouvrage intitulé Mythologie chrétienne, Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, Valentin est un saint très mystérieux, fêté à la période du Carnaval et entretenant avec celle-ci des rapports très étroits. Il se présente comme la forme christianisée d'une vieille divinité pré-chrétienne « possédant la syllabe val dans son nom ou son surnom ». P.88. Sa décapitation s'inscrit, à l'instar de celle des géants de Carnaval, dans un cycle solaire et cosmique de mort et de renaissance.

 

 

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Les Amours des Oiseaux

 

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La Saint-Valentin est associée aux parades nuptiales des oiseaux qui commencent à s'accoupler et sont considérés comme les messagers du printemps. Au cours de leurs voltes amoureuses, ils se livrent à des jeux mêlés de chants qui stimulent l'éveil des puissances naturelles.

 

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Ils accompagnaient dans l'Antiquité les Gamélies athéniennes, célébrations rituelles des noces de Zeus et d'Héra qui se déroulaient de la mi-janvier à la mi-février. On offrait à la déesse des oiseaux sacrés, d'un blanc immaculé, tandis que les fiancés échangeaient des vœux d'amour en buvant du vin dans des coupes en forme d'oiseaux.

 

L'image des oiseaux a souvent été utilisée de manière symbolique pour représenter les élans de l'amour. Le verbe « oiseler », très employé au XVIIIe siècle, signifie d'ailleurs « faire l'amour ».

 

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Oracles de l'amour et du printemps, médiateurs entre les hommes et les esprits de la Nature, les oiseaux sont dotés de capacités surnaturelles, au moment de la Saint-Valentin. Ils dévoilent dans les rêves des renseignements précieux sur la future épouse ou le futur mari. Ils font croître les bourgeons en battant des ailes. La tradition préconise de faire un vœu, en tenant une plume ramassée quelques instants après le lever du soleil.

 

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Pendentif de 1940

 

Le rouge-gorge qui sautille dans la rosée ou qui agite un brin d'herbe évoque un mariage avec un voyageur ou un marin.

 

La présence d'un moineau au petit jour près de la chambre augure d'un mariage d'amour.

 

Le chardonneret signale à la jeune fille qui l'aperçoit qu'elle fera la connaissance d'un riche parti.

 

Un vol de cygnes présage d'un mariage heureux mais un merle posé sur l'appui de la fenêtre annonce la venue d'un beau parleur.

 

Deux colombes qui s'embrassent sous le gage d'une union prospère et sans nuages.

 

La vue d'une mésange signifie que les époux auront de nombreux enfants. Ce ne sont que quelques exemples emblématiques de l'importance que nos ancêtres accordaient à cette période de l'année...

 

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Quant aux amoureux de la Saint-Valentin, dans le doux pépiement des oiseaux, ils allaient autrefois à la fête des Brandons, le premier dimanche de Carême. Les futurs couples échangeaient des présents et des baisers autour d'un grand feu puis les garçons allaient « brandonner » à travers les champs et les vignes. Par ce geste à caractère magique, (brandir un bâton autour duquel crépitait un brin de paille enflammé), ils voulaient stimuler la croissance des futures récoltes et attirer la prospérité sur les champs et sur leurs familles.

 

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Afin de voir en rêve leur futur amoureux, les jeunes filles avaient l'habitude de cueillir, après les douze coups de Minuit, le 14 février, cinq feuilles de laurier. Elles en épinglaient une à chaque extrémité de leur oreiller et plaçaient la cinquième au milieu. Puis elles récitaient sept fois la prière suivante avant de s'endormir: « Ô grand Saint-Valentin, protecteur de ceux qui s'aiment, fais que je puisse voir en mon dormant celui qui sera un ami fidèle et un merveilleux amant ».

 

Une vieille coutume préconisait de porter des crocus jaunes dans les cheveux au lever du soleil pour attirer l'époux de ses rêves.

 

Un autre rituel d'amour consistait à frotter doucement la surface d'un miroir avec un tissu rouge avant d'ouvrir la fenêtre et d'allumer deux chandelles rouges. On étudiait ensuite les formes qui se dessinaient à la surface du miroir, les taches de lumière, les cristallisations et les effets de givre, afin de connaître les secrets d'un futur époux.

 

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Pendant des siècles, dans le Kent, en Angleterre, les jeunes filles fabriquaient un « homme de houx » et les jeunes hommes une « demoiselle de lierre ». Ce couple végétal était promené dans les rues et symboliquement marié avant d'être brûlé, avec les cadeaux de sa dot. Les cendres recueillies étaient répandues dans les champs pour stimuler la croissance des jeunes pousses.

 

A Anvers, en Belgique, les jeunes filles recevaient de la part de leurs admirateurs des effigies du Greef, un personnage en spéculoos ou en massepain. Le nombre de figurines à croquer qu'elles obtenaient était proportionnel à l'affection qu'on leur portait.

 

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Le cœur, siège de l'amour, de la vie et de l'âme, organe des fluides et de la circulation sanguine, est le motif magique par excellence...

 

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Le cœur percé d'une flèche évoque l'amour et la passion mais se présente aussi comme un symbole protecteur contre les dangers et les maléfices.

 

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Quant à la rose rouge, elle est un emblème de désir et de passion mais aussi un gage d'amour et de fidélité. La rose rose évoque la délicatesse des sentiments.

 

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Je publierai dans quelques jours le billet que j'ai écrit sur les Amoureux de Peynet... En attendant, chers aminautes, je vous souhaite de savourer le bonheur et l'amour à pleines bouchées. Gros bisous tendres et passionnés !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ascylte, #aventures, #Bruno Cazarré, #encolpe, #Galacticon, #histoire, #Librinova, #satyricon

 

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Nébuleuse de la Tête de Sorcière (Image Pinterest)

 

Un récit puissant et vif qui déploie ses ailes romanesques dans les hauteurs de l'Univers...

Une vision d'un monde, notre monde dans un Ailleurs plus proche de nous que nous ne pourrions le penser.

 

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https://www.librinova.com/librairie/bruno-cazarre/galacticon

 

J'ai pris grand plaisir à lire cet ouvrage proposé par les éditions Librinova. J'ai voyagé dans une fascinante matière fictionnelle, rencontré des aventures qui transcendent, avec force, notre réalité et nous propulsent vers des Multivers... Je conseille cette histoire aux amateurs de Space Opera, de sagas de SF et également à ceux qui aiment les intrigues associées aux âges antiques.

 

Dans ce beau roman, j'ai aimé que les mondes et les temps se télescopent. Je me suis laissée prendre, dès les premières lignes, aux propos de l'auteur.

 

Si vous êtes alléchés, je vous invite à découvrir les grands piliers de l'histoire, le regard happé par les pleins et les déliés du ciel de nuit...

 

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Image Pinterest

 

Ce que nous murmure le livre...

 

« Notre histoire commença quand, séparés de nos parents à l’âge de sept ans, nous entrâmes en préformation. C’est là que nous nous croisâmes, Ascylte et moi, pour la première fois et, de ce jour où nous nous reconnûmes si semblables et si nécessaires l’un à l’autre, nous ne nous quittâmes plus. »

 

Quand l’homme ira dans les étoiles, c’est pour après-demain, il n’occupera sans doute qu’un tout petit secteur du bras excentré de la Voie Lactée où nous nous trouvons. Mais même ainsi, à cause de la Fatalité d’Einstein : la vitesse indépassable de la lumière, l’humanité sera condamnée à se disperser, car aucune organisation ne peut se concevoir sans communications. La lumière cela va vite, mais pas assez à l’échelle des distances de notre Galaxie… À moins que… Tel est le point de départ de Galacticon qui raconte les aventures galactiques de deux garçons, Encolpe et Ascylte, lointains descendants des héros du Satyricon de Pétrone. Ces mondes qu’ils découvrent, leur écologie, leur religion, leur société, sont aussi l’occasion de parler du nôtre, en nous divertissant de leurs aventures et de leurs amours, car là, depuis l’antiquité, rien n’a changé. »

 

Plaisir de lecture donc...

 

Je ne peux clore ce billet sans vous parler du Satyricon, œuvre issue de la Rome Antique et attribuée par les spécialistes, avec un certain nombre de réserves, au « romancier » et poète latin Pétrone (14-66 après J.-C.).

 

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Le Satyricon est une critique facétieuse et ardente de la société romaine d'antan. Au fil des pages, cette société se vautre dans ses travers, de la manière la plus intense et débridée qui soit, avec pour fil conducteur une appétence irrépressible pour le sexe et l'argent.

 

Au-delà de la soif effrénée de plaisirs et de richesses, l'auteur nous invite à considérer les possibilités de l'Humanité face à son plus grand défi : en l'occurrence, la mort. On s'amuse beaucoup, on butine une myriade de détails concernant la Rome Antique et on réfléchit à travers les strates d'une écriture aussi savoureuse et ambivalente que peut l'être l'épisode du Festin de Trimalcion, à l'initiative d'un des personnages majeurs du récit...

 

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Lithographie de Achille-Émile Othon Friesz (1879-1949) pour une édition du Satirycon parue en 1949.

 

Le Satyricon nous conte l'histoire mouvementée de deux jeunes gens nommés Encolpe et Ascylte et aussi de Giton, le jeune amant d'Encolpe. Encolpe devient impuissant à cause du dieu Priape et Ascylte se languit de désir pour Giton ! Les aventures -déjantées- se succèdent et les héros se retrouvent chez Trimalcion, personnage haut en couleurs qui organise un banquet décadent d'un luxe inouï. Encolpe cherche à reconquérir sa virilité, se dispute avec Ascylte, rencontre le poète Eumolpe, retrouve Ascylte et Giton au gré de saynètes jouissives et fait la connaissance d'OEnothéa, prêtresse du dieu Priape.

 

Je sais que l'histoire peut sembler « folle » mais ce roman qui est considéré comme l'un des tous premiers de l'histoire littéraire du monde se déguste comme une gourmandise. Alors si vous souhaitez vous « encanailler » les neurones, n'hésitez pas !

 

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Magnifique édition du Satyricon ou Satiricon, illustré par l'artiste surréaliste d'origine italienne et argentine Léonor Fini (1908-1996).

 

Et si vous voulez voyager à travers l'Espace et goûter les saveurs d'une belle écriture qui dessine des aventures haletantes tout autant qu'elle nous invite à réfléchir sur une myriade de sujets, je vous invite à lire Galacticon...

 

Merci à Bruno Cazarré et aux éditions Librinova...

 

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© Amy Brown

 

Et merci à vous, chers Aminautes, pour votre gentillesse et votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chione, #deesse, #dieu, #jpg, #neige

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries d'argent au gré de sa progression.

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie la neige.

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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Aurore par © Joséphine Wall

 

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 Déesse de la glace et de la neige, Chioné ou Skadi (divinité nordique du froid) par ©Sébastien Grenier sur DeviantArt.

 

A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle peut apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant de belles journées de février, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Amicales pensées !

Plume

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