Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

feuille

Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #Desnos, #feuille, #ligne, #Robert

 

Image001.jpg

 

Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

Une année toute jeune a déployé ses ailes, dans l'esthétique du froid alors j'ai choisi, pour honorer le rendez-vous du poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne, ce poème qui invite à la rêverie...

Il était une feuille... de Robert Desnos (1900-1945), poète, écrivain et journaliste, de sensibilité Surréaliste qui mourut du typhus dans les abysses du camp de concentration de Theresienstadt (en Tchéquie).

 

Comme la page d'un livre qui se tourne, ouvrant vers d'autres cieux...

 

Espoir d'une nouvelle ère, au-delà de ce qui fut...

 

Il était une feuille...

 

« Il était une feuille avec ses lignes —

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur —

Il était une branche au bout de la feuille —

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur —

Il était un arbre au bout de la branche —

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur —

Cœur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l’arbre —

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vigne de cœur —

Au bout de ces racines il était la terre —

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre. »

 

Image002.jpg

 

J'illustre cette poésie dont j'aime beaucoup la rythmique libre, la subtilité, l'élégance et la riche simplicité, avec des photos hivernales et je souffle vers vous de gros bisous !

 

Comme des feuilles colorées d'Amitié...

 

Prenez bien soin de vous !

 

Image003.jpg

 Célestes bleus d'hiver... On y accroche des vœux, des pensées, des rêves à travers le froid mystérieux de la lumière.

 

Image004.jpg

 

L'ossature des arbres se fait évocatrice de tant de lignes de vie qui s'entrecroisent...

 

Image005.jpg

 

Image006.jpg

 Arbres Ancêtres, Arbres Protecteurs et Conteurs d'Histoires à travers les voix entrelacées du Vent... Je vous Aime !

 

Image007.jpg

 

Et dans le Ciel, en feux de nacre, se reflètent les Secrets de la Terre...

 

Je pense bien à vous...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #alain, #feuille, #jpg, #poeme, #villanelle

 

 

Image001.gif

 

Rendez-vous dans quelques jours, chers Aminautes.

J'ai grand besoin de soigner les blessures occasionnées par ma pathologie...

En attendant de vous retrouver, je vous dis « merci » pour vos gentils messages et votre sollicitude.

Je pense bien à vous.

 

Image002.jpg

 

Image003.jpg

 

Le Mardi, on propose un poème chez Lady Marianne.

 

Le thème du 24 septembre est « Automne et dérivés... » sur un choix de Mamykool ou libre...

 

 

Villanelle

 

Une feuille d'or,

une feuille rousse,

un frisson de mousse,

sous le vent du nord.

 

Quatre feuilles rousses,

quatre feuilles d'or,

le soleil s'endort

dans la brume douce.

 

Mille feuilles rousses,

que le vent retrousse.

Mille feuilles d'or

sous mes arbres morts.

 

Image004.jpg

 

J'ai choisi ce poème d'Alain Debroise (1911-1999), auteur de comptines et de poésies pour son rythme enivrant, sa belle simplicité, sa musicalité... C'est ainsi que je ressens l'Automne, comme une explosion de couleurs dansées, un spectacle honorant la vie avant le profond sommeil de la Nature, un élan de cadences, un florilège de saveurs, une ritournelle... Un territoire où l'on évolue en se laissant porter par des énergies ardentes, en regardant le grand ballet des feuilles qui nous éblouit de lumière et de félicité !

 

Image005.jpg

 

Alain Debroise participa, dans les années 1980, à la création du Cercle Angevin de Poésie qui édite depuis ce temps une très belle revue appelée Volutes. Le poème Villanelle est issu du recueil intitulé « Deux sous d'oubliettes » et publié en 1960.

 

Ce poème est ce qu'on appelle une villanelle, une forme littéraire dansante, une poésie courte évoquant le genre agréable de la pastorale et d'anciennes danses rustiques dont la mélodie, très rythmée, restait en tête et sur les lèvres.

 

Il existe plusieurs sortes de villanelles, plus ou moins complexes au niveau du nombre de vers et de couplets. Les poètes accommodent à leur guise ce genre de pièce d'écriture mais souvent, les villanelles se composent de quatre couplets de huit vers (la villanelle d'Alain Debroise est plus courte mais se butine avec autant de plaisir) et le dernier ou les deux derniers vers du premier couplet sont répétés pour former un refrain.

 

Sous la plume de l'artiste, le thème de l'Automne entre joliment en résonance avec le rythme intense et doux de la villanelle, mot chantant qui dérive du terme italien « villanella » conçu à partir du latin villanus : le paysan. La villanelle fut très à la mode au XVIe siècle. Elle évoquait l'Amour et ses frivolités délicieuses, les flux du désir, les charmes de la femme ainsi que des réflexions sur le temps et ses mystères. Des poètes de la Renaissance et du XVIIe siècle en ont développé la vogue, à l'instar de Jacques Grévin, Honoré d'Urfé, Étienne Jodelle, Joachim Du Bellay, Mellin de Saint-Gelais, Jean Passerat, Philippe Desportes...

 

Image006.jpg

 

Gros bisous et à bientôt après une pause santé plus que nécessaire...

Belles pensées pour vous !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #autre, #feuille, #platane, #platanus

Image001.jpg

 

Après vous avoir fait découvrir ou redécouvrir l'histoire de la fontaine Médicis, je voulais vous parler des grands platanes qui bordent son bassin. Choyés par les jardiniers du Sénat et très appréciés des visiteurs pour leur ombrage -quand la saison s'y prête-, ils apparaissent comme des gardiens de la mémoire des lieux.

 

Image002.jpg

 

Plantés en 1810, ils soulignaient le tracé d'une grande allée menant à la fontaine mais rappelez-vous, en 1862 (voir « les amants de la fontaine Médicis »), la création de la rue de Médicis (rue longeant les grilles du jardin pour rejoindre le boulevard Saint-Michel) se fit sur une partie conséquente du domaine. La fontaine Médicis dut être déplacée et la majorité de ces platanes dut être abattue. Heureusement, certains d'entre eux ont été conservés.

 

Image003.jpg

 

Il s'agit de platanes à feuilles d'érable (platanus x acerifolia). Platanus vient du grec « platys/platos » qui signifie « large » et acerifolia dérive du latin « à feuilles d'érable ».

 

Image004.jpg

 

Avec leurs troncs bien dressés, leurs branches vives et leur port ample, superbement étalé, ils dessinent une majestueuse forêt urbaine.

 

Image005.jpg

 

Hybride entre le platane d'Orient (Platanus orientalis) et le platane d'Occident (Platanus occidentalis), le platane à feuilles d'érable fut créé en Espagne en 1663. Ce bel arbre se caractérise par sa résistance au gel, aux fortes chaleurs et à la pollution urbaine mais il est vulnérable face à une maladie appelée « chancre coloré » qui décime hélas nombre de ses représentants depuis la seconde guerre mondiale. Le chancre s'est imposé via des caisses en bois contaminé originaires des États-Unis.

 

Image006.jpg

 

Le platane à feuilles d'érable était très utilisé comme arbre d'alignement à l'époque de Napoléon Ier (1769-1821). Son bois brun rosé, considéré comme un excellent combustible, était très apprécié des menuisiers et des ébénistes.

 

Image007.jpg

 

J'aime contempler les reflets de ces platanes historiques dans l'eau du bassin de la fontaine Médicis.

 

Image008.jpg

 

Des mondes se créent, respirent, se déforment et l’œil en apprécie la mystérieuse esthétique...

 

Image009.jpg

 

Image010.jpg

 

Reflets sertis dans un miroir de glace...

 

Image011.jpg

 

Image012.jpg

 

Dès que nous regardons vers le ciel, la myriade de branches serpentines happe notre attention.

 

Image013.jpg

 

Histoire et symbolique du platane

 

La plupart du temps, nous lui accordons peu d'attention mais dans l'Antiquité, il était considéré comme un arbre sacré.

 

Vénéré, à l'instar du chêne, du pin, de l'olivier et du cyprès, il était appelé « fils de Gaïa » et voué à la déesse de la terre.

 

Les dendrophores ou « porteurs d'arbres » menaient, dans les villes et les provinces de la Rome ancienne, la procession du pin sacré en l'honneur d'Attis, le seigneur de la végétation. Au cours de « l'arbor intrat », l'arbre divinisé pouvait être le tronc ou les branches d'un platane sacré, transporté au moment de l'équinoxe de printemps.

 

Un platane majestueux se dressait sur l'île de Kos, dans le temple d'Asclépios, dieu grec de la médecine. Le célèbre médecin Hippocrate dispensait son enseignement sous son ombrage. Le caducée est d'ailleurs une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents.

 

Image014.jpg

 

Dans l'ancienne Carthage, le platane était consacré à Tanit, la déesse de la fécondité. Dans la mythologie grecque, ayant abrité les amours de Zeus et de la nymphe Europe, il fut décidé qu'il ne perdrait plus ses feuilles. Bien sûr, le platane est un arbre caduc mais la légende est belle et n'est-ce pas le propre d'une légende : enchanter et réinventer les « formes » du quotidien ?

 

Image015.jpg

 

Je suis sous le charme de ce bel arbre qui fut l'un des premiers arbres cultivés pour l'ornementation des villes. Dans la Grèce antique, il était aimé d'esprits comme Socrate et associé aux lieux où l'on pratiquait la philosophie et la gymnastique. D'où le terme « plataniste » qui désigne un lieu ombragé où les jeunes gens se réunissaient pour discourir et accomplir de l'exercice physique.

 

Dans le monde romain, il est fait état d'un platane géant poussant dans la province orientale de Lycie. Un consul appelé Linicius Murianus fut censé accueillir, lors d'un festin, dix-sept invités dans la cavité formée par son tronc.

 

Image016.jpg

 

L'animal associé au platane est le serpent. Nous retrouvons par ce biais l'image du caducée et les pouvoirs de guérison liés aux différentes parties de l'arbre. Écorce et feuilles étaient réputées pour leurs vertus astringentes. Quant à son ombrage, on disait qu'il pouvait favoriser la fécondité, faire baisser la fièvre, dissiper la mélancolie...

 

De nos jours, il entre dans la composition de plusieurs remèdes naturels. En homéopathie, il est préconisé contre la cataracte et en gemmothérapie (la médecine des bourgeons), le macérât glycériné de platane est utilisé contre l'acné et comme dépuratif général de l'organisme.

 

Image017.jpg

 

L'écorce des plus vieux platanes s'exfolie en belles écailles polychromes qui font penser à une mue de serpent.

 

Image018.jpg

 

Dans Paris, d'autres platanes anciens, ancêtres magnifiques ont su traverser les siècles...

 

Image019.jpg

 

Le vieux platane du parc Monceau... Il s'agit d'un platane d'orient (Platanus orientalis), « arbre remarquable » aux formes féeriques qui fut planté en 1814.

 

Image020.jpg

Le visage de l'arbre...

 

Image021.jpg

 

Image022.jpg

Promenade au Parc Monceau

 

Image023.jpg

 

Image024.jpg

 

Les platanes du Jardin des Plantes

 

Image025.jpg

 

Dans ce vénérable jardin, on « rencontre » des platanes plantés en 1785. Dire qu'il ont connu la Révolution Française et tant d'autres événements historiques ! Je vous laisse admirer la puissance des troncs, des branches et des racines et la luxuriance des fruits.

 

Image026.jpg

 

Image027.jpg

Impressionnantes racines...

 

Image028.jpg

 

Autre platane planté en 1785.

 

Image029.jpg

 

Image030.jpg

 

Image031.jpg

 

Image032.jpg

 

Image033.jpg

 

En vous souhaitant une très agréable fin de semaine, je vous adresse mes pensées amicales. Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #ainsi, #automne, #feuille, #flamme, #sous

Pour la communauté poétique de Suzâme (http://suzame-ecriture.over-blog.com), Textoésies et vous, mon inspiration sur le thème de l'Automne, un zeste de saison...


Image01

The Enchanted Forest, 1921, par Ida Rentoul Outhwaite, illustratrice australienne (1888-1961).


Flamme d'automne


Ainsi va l'automne

Sous sa cape de vent

Baluchon sur l'épaule

Aux caprices du temps


Sortilèges qui dansent

Dans les feuilles diaprées

Valse d'incandescence

Aux parfums égarés


Ainsi rêve l'automne

Près du vieux chêne aux loups

Dans le froid qui bourgeonne

Sous son masque de houx


Les couleurs tourbillonnent

En ce bal éphémère

La forêt s'abandonne

A la fièvre des cerfs


Sous la lune d'orage

Leurs forces décuplées

Dans la ronde sauvage

Versent le sang doré


Souffles qui s'entrelacent

Sous les arceaux des fées

Pendeloques de glace

Aux velours des trophées


Ainsi tremble l'automne

L'ombre dans sa crinière

Ses doigts rouges couronnent

La tisseuse d'hiver...


                                    Cendrine


Image02

Hiver, Lauri Blank


Image03

Sur la patine des chemins, le vent disperse les ombres de l'été...


Image04

Tendez l'oreille, on entend l'herbe crépiter...


Image05

Image06

Ensorcelées dans la lumière d'or
Les feuilles attisent ce mouvant décor
Ivre de leur fièvre sucrée...



Image07

Au rythme de mes pas
Il est une feuille
En robe d'or bruni
Où s'unissent des lignes
Et des runes de vie...



Image08

Automne en liesse sur le mur
Pampres de soleil en parure
Vigne de coeur au souffle de Paris...



Image09

Lumière douce de Novembre
Pour une feuille rescapée
Trésor de sève où la vie danse
Un dernier ballet verdoyant
Mais la belle est déjà marquée
Par une écriture de sang...



Image10

Entre deux giboulées d'automne
La feuille posée par le vent
Chuchote ses pensées d'aurore
Pétale rose incandescent...



Image11

Au front des arbres métamorphosés
Les rutilances nourricières
Tissent dans la brume sorcière
Les nacres des mondes glacés...



Image12

Que l'Automne vous offre ses beautés, avant qu'elles s'évaporent et que d'autres couleurs et d'autres textures s'installent dans le paysage. Nous nous loverons alors dans les légendes hivernales...


Image13

Queen of Owls, Nene Thomas


Je vous remercie, de tout coeur, pour votre fidélité et vos très nombreux messages! Je souffle vers vous une myriade de pensées d'amitié...


Image14

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #feuille, #raisin, #rouge, #sous

Édition inspirée de Parures d'Automne et Atmosphères d'Automne, revue et augmentée...


Image01

 

Soufflée par la tempête, dans les feuilles crépitantes, je déambule à travers Paris. La lumière est un carrousel qui redessine à l'infini le ciel, la végétation et la pierre...

 

Image02

 

Sous les platanes féeriques

Drapé dans sa robe de sang

Flamboyant et fantomatique

L'automne danse avec le vent

 

Feuilles d'or mat qui caracolent

Entre les ombres mélangées

Passe une rouge farandole

Au sillage étrange et sucré...

                                 Cendrine

 

 

Image03

 

Image04

 

Image05

Tapis et ronds de feuilles au pied des arbres composent des paysages oniriques.

 

Image06

Brindilles d'or parfumé...

 

Image07

 

Clarté du soir, source rêvée d'écriture pour les poètes qui papillonnent dans le Jardin du Luxembourg.

 

Image08

Bel automne secret, plénitude des sens...

 

Image09

 

La ravissante Bouche de la Vérité, de Jules Blanchard (1832-1916), sous les feuilles d'ambre pâle...

 

Image10

Un ciel de notes sucrées, dernières parures verdoyantes...

 

 

Alchimie de l'Automne

 

Image11

 

Le flamboiement des couleurs d'automne survient quand la chlorophylle disparaît. La production de ce pigment vert, dominant au printemps et en été, ralentit avec les changements de température et les modifications de la lumière. Entre l'arbre et les feuilles, la communication s'estompe. Un autre langage se développe, bien plus sauvage et intuitif...

 

Image12

Lignes de vie...

 

Une sorte de liège se forme à la base du pétiole (pédoncule) de chaque feuille. L'arbre plonge dans une douce léthargie, émulsion de vie et de mort entrelacées. La couleur verte s'efface, au profit de pigments plus résistants, les carotènes et les xanthophyllesqui engendrent des couleurs rutilantes, flamboyantes et dorées, jaunes et orangées.

 

 

Image13

 

Image14

 

Quand les feuilles sont gorgées de sucres, les somptueuses anthocyanines font leur apparition. Elles embrasent le feuillage des érables et la peau des pommes, créent le rouge sombre et bleuté des mûres et des myrtilles, la couleur pourpre du raisin...

 

Image15

 

Image16

 

Image17

 

Image18

 

Image19

 

Image20

Des sucres enchantés, des encres chatoyantes, les pigments d'automne dans leur splendeur renouvelée...

 

Image21

Précieuse

 

Image22

Mystique

 

Image23

Jungle métamorphosée...

 

Image24

Luges à lutins...

 

Image25

En robe de framboise, de mûre ou de cassis...

 

Image26

 

Petites flammes enfiévrées

Qui forment rondes sur les prés

Cercles filants sur le bitume

Mues de serpent et noeuds de brume...

 

Image27

Gourmandises suspendues...

 

Image28

Comme de célèbres petites fraises qui titillent nos souvenirs d'enfance...

 

Image29

La forêt en automne est un monde secret qui se révèle dans le chant des odeurs, le souffle des fougères, le crissement des feuilles et l'exaltation des sens...

 

Image30

Géants de grès dans la forêt de Fontainebleau.

 

Image31

 

Image32

Rochers moussus en automne, par John Atkinson Grimshaw(1836-1893), peintre victorien, admirateur du préraphaélisme.

 

Image33

 

Image34

 

Les champignons se dévoilent le long des chemins forestiers, sur les sentiers de féerie qui souvent se confondent avec les sillons de la réalité... Ainsi mon regard caresse, sous la verdeur de ce jeune houx, une éclosion mystérieuse et dorée.

 

Image35

Peut-être ont-ils poussé sous les souliers des lutins du bois?

 

Image36

A moins qu'une fée les ait tissés avec des larmes de miel et des fils de soie...

 

Image37

 

Image38

 

Créature des contes, la superbe amanite muscarine est indissociable des rituels chamaniques de l'automne. Mais mieux vaut ne pas tenter l'expérience sans en connaître les secrets et les dangers... Son chapeau rouge vif, parsemé de petites verrues blanches, est appelé chapeau de sorcière, trône ou tabouret de crapaud, champignon de fou, calice de lutin... On l'appelle aussi fausse oronge mais il porte bien d'autres noms...

 

Gorgé d'alcaloïdes aux propriétés hallucinatoires, il est utilisé pour ouvrir les portes du monde des esprits, communiquer avec les ancêtres, guérir certaines maladies et susciter des rêves prémonitoires. Les chamanes de Sibérie et d'Europe du Nord lui vouent, depuis des millénaires, un véritable culte.

 

D'après le folklore indo-européen, il aurait jailli au passage de Sleipnir, le cheval à huit pattes du dieu nordique Odin, poursuivi par les démons de l'orage. Quelques gouttes d'écume ensanglantée, tombant de la gueule du cheval fabuleux, auraient engendré ce champignon aux vertus magiques et divinatoires.

 

Image39

Odin chevauchant Sleipnir,1924, par Arthur Rackham (1867-1939), illustrateur britannique fasciné par le merveilleux.

 

Image40

 

Image41

 

Terre, écorces, branches, feuilles, textures qui s'animent entre lumière et ombre nous émerveillent avec leurs variations colorées.

 

Image42

 

Image43

 

L'automne se révèle aussi au numéro 140 de l'avenue de Suffren,dans le 15e arrondissement de Paris. On y découvre une belle porte, à la fois sobre et délicatement ouvragée.

 

Image44

 

Pampres de vigne, feuilles et grappes qui ruissellent sont autant de symboles d'abondance avant la venue de l'hiver.

 

Image45

 

Peut-être avons-nous trouvé la demeure du dieu de l'automne mais chut, ce personnage mystérieux préfère sûrement garder l'anonymat!

 

Image46

 

La transformation du raisin en vin relève, à bien des égards, d'une opération « magique ». De « l'œuvre au rouge » à « l'élixir de longue vie des alchimistes », le jus extrait du raisin représente le sang de la terre, « sève » rouge indissociable du pouvoir poétique et mystique de l'automne.

 

Image47

Luxuriante allégorie de l'automne signée Alfons Mucha (1860-1939).

 

Vecteur d'ébriété, le vin fut surtout considéré, dans les civilisations anciennes, comme une boisson spirituelle, un breuvage intermédiaire entre le monde humain et celui des divinités.

 

Image48

L'Automne, par Jean-Bernard Restout(1732-1797).

 

Cadeau du Seigneur de l'Extase, Hermès le Vendangeur, il favorisait le passage à un état d'ivresse sacrée. Le vieil adage « In vino veritas » signifiait que le vin était utilisé pour démasquer les mensonges et briser les enchantements. Boisson initiatique, il permettait la révélation des choses cachées.

 

Image49

Le Roi boit, par Jacob Jordaens(1593-1678), vers 1640-1645, (Kunsthistorisches Museum, Vienne). Cette truculente épiphanie est l'un des thèmes favoris de l'artiste. Elle décrit une assemblée de personnages sémillants, une agape profane et sacrée dont les détails vulgaires (homme qui vomit sur le côté gauche de l'image) sont transcendés par la touche magistrale du peintre anversois.

 

Image50

Fruits d'automne (Réputée atténuer les effets de l'ivresse, la pêcheest, dans les natures mortes, très souvent associée au raisin. Elle est aussi un emblème de Vérité.)

 

Image51

Panier empli de pêches et de grappes de raisin, 1631, par Louise Moillon (1610-1696).

 

Consacré à Osiris dans l'ancienne Égypte et à Dionysos, le « deux fois né », dans la Grèce antique, le vin était voué par les Celtes au dieu de la mer, Manannan Mac Lir Morfessa, à Morgane la Fée et à la Morrigan, appelée la Grande Reine ou Reine des Fantômes.

 

Image52

Osiris le civilisateur, le seigneur de la vigne qui préside à la pesée de l'âme...

 

« Qu'Osiris ne fasse qu’un avec Dionysos, qui pourrait le savoir mieux que toi Cléa, toi la supérieure des Thyades de Delphes (prêtresses de Dionysos), qui fut consacrée par tes père et mère aux rites Osiriens? ». Plutarque(50-125 après J.C.): Traité sur Isis et Osiris.

 

Image53

La somptueuse Tombe de Sennefer ou « Tombe aux Vignes », à Thèbes (rive ouest). Sennefer était le Maire de la Cité du Sud, Intendant des jardins du temple d’Amon, sous le règne d’Aménophis II(1425-1401 av JC). (Image trouvée sur le site Passion égyptienne.)

 

En Égypte, la culture de la vigne est attestée depuis environ 3000 avant J.-C., sous le nom d'erpi.On appelait « yeux d'Horus »les raisins noirs aux grains brillants.

 

Image54

Célébration dionysiaque

 

Offert en libation sur les tombes, utilisé par les chamanes pour l'invocation des esprits, lié à la richesse matérielle et à la fertilité, le vin symbolise aussi le sang du Christ versé pour racheter les pêchés de l'humanité.

 

Sève de la terre et nectar universel, il apparaît comme la quintessence des pouvoirs de l'automne qui confronte, à travers ses métamorphoses, les énergies de mort et les forces de fécondité.

 

Image55

Morgane et la magie de l'automne (Je ne connais pas l'auteur...)

 

J'ai suivi le rire du vent

Mêlé de lumière et d'arômes

Au coeur d'un étrange royaume

Où pulsent les enchantements...

 

Image56

De lumière et de sang...

 

Image57

 

Une feuille rousse pour toi

Une feuille rouge pour moi

Une feuille orange et dorée

Pour y écrire nos secrets...

 

Image58

 

J'aime profondément l'automne. Contempler la métamorphose des paysages, les arbres nimbés de brume et le ciel tourmenté, sentir le froid qui monte, une tasse de chocolat chaud à la main... je prends cela comme un luxe, dans une époque où tout va tellement vite...

 

Image59

Allégorie de l'automne par Auguste Maillard (1864-1944).

 

Dans ce royaume de poésie, de réflexion et de mélancolie, la Nature est généreuse. Elle offre les pommes et les poires aux joues rebondies, le raisin voluptueux, les champignons, les noix, les châtaignes aux saveurs puissantes...

 

Image60

Vous prendrez bien un de mes petits muffins au sirop d'agave, au chocolat noir et aux myrtilles, pour célébrer les charmes de la saison...

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #automne, #couleur, #erable, #feuille

 

Image01

 

Image02

 

Sous les platanes féeriques

Drapé dans sa robe de sang

Flamboyant et fantomatique

L'automne danse avec le vent

 

Feuilles d'or mat qui caracolent

Entre les ombres mélangées

Passe une rouge farandole

Au sillage étrange et sucré...

 

Image03

 

Beau lampadaire dans le Jardin des Grands Explorateurs (1867)

 

Image04

 

 

 

Image05

Cerfs majestueux, dans la lumière des arbres, au Jardin du Luxembourg.

 

 

Image06

Le danseur dans les arbres

 

 

Alchimie de l'Automne

 

Le flamboiement des couleurs d'automne survient quand la chlorophylle disparaît. Ce pigment vert domine au printemps et en été mais avec les changements de température et les modifications de la lumière, en automne, sa production ralentit. Entre l'arbre et les feuilles, la communication s'estompe. Une substance qui ressemble à du liège se forme à la base du pétiole de chaque feuille et l'arbre s'isole doucement. La couleur verte s'efface, au profit de pigments plus résistants, les carotènes et les xanthophyllesqui engendrent des couleurs rutilantes, flamboyantes et dorées, jaunes et orangées.

 

Image07

Sérénade dans les feuilles rousses

 

Quand les feuilles sont gorgées de sucres, les somptueuses anthocyanines embrasent le feuillage des érables et la peau des pommes, créent le rouge sombre et bleuté des mûres et des myrtilles, la robe pourpre du raisin...

 

Image08

 

 

 

Image09

Feuilles violettes et champignons de lune

 

Au Japon, la « chasse aux érables rougeoyants » ou « chasse aux feuilles d'automne » est appelée « Momijigari ». L'érable du Japon offre une palette du jaune au rouge vif et le gingko biloba révèle sa parure dorée.

 

Image10

 

« Momiji » vient de « momizu » qui signifie changer de couleur dans le Japon ancien. En automne, le ciel est clair, les journées sont encore chaudes mais les soirées rafraîchissent. Au bord des étangs, le long des routes, dans les jardins de thé, les érables se parent de couleurs spectaculaires.

 

D'après mon amie Vanessa, qui connaît très bien les arts et les traditions du Japon, "Momiji" désigne spécifiquement les feuilles rouges des érables. Le feuillage jaune/rouge d'automne des arbres en général s'écrit avec les mêmes caractères signifiant "feuilles écarlates" mais se prononce "Kôyô".  

 

 

 

Image11

 

Arbre des fées

 

Image12

 

 

Image13

 

 

Image14

 

Atmosphère mélancolique aux Tuileries

 

Image15

 

Fleurs d'automne

 

Image16

 

 

Au crépuscule, quand le cri des corneilles s'intensifie, les feuilles brunes et or craquent sous mes pas. J'entre sur le territoire d'une étrange créature appelée l'Ami de Personne.

 

Image17

 

Erik Dietman, (1937-2002), le concepteur de cette œuvre émouvante, était un libre penseur suédois qui explora, avec humour et subtilité, des territoires poétiques nichés dans la réalité. Il façonna, pour le Jardin des Tuileries, ce personnage en bronze patiné et en acier galvanisé.

 

Image18

 

Depuis 1999, ce solitaire attachant paraît inviter les promeneurs à s'assoir près de lui.

 

Image19

 

Monstre débonnaire, lutin des bois, gardien d'un monde énigmatique, il contemple un espace peuplé de chaises vides et de corneilles capricieuses...

 

Image20

 

 

 

Image21

 

Ombres sylvestres

 

Image22

 

 

 

Image23 Image24

Chamarrures

Image25

 

 

 

Image26

 

Les branches des platanes révèlent leur fabuleuse puissance graphique. Les taches de l'écorce tissent une peau de serpent sublimée par les couleurs de l'air...

 

 

Dans la lumière bleue, à la lisière des contes, le Chat Botté, figure mythique, se dévoile au pied du monument dédié à Charles Perrault...

 

Image27

Ce groupe sculpté figure, depuis 1910, au Jardin des Tuileries.

 

 

 

Image28

 

Ce petit écureuil appartient au bestiaire de l'automne. Quand paraît sa frimousse il faut en profiter car il est aussi vif que l'éclair. Mais pour quelques biscuits bio fourrés au chocolat il s'immobilise volontiers!

 

Image29

 

 

 

Terre de réflexion et de mélancolie, l'automne est aussi un monde luxuriant. La Nature est généreuse. Elle offre les pommes et les poires aux joues rebondies, le raisin voluptueux, les champignons, les noix, les châtaignes au saveurs puissantes...

 

La terre, les écorces et les feuilles nous émerveillent avec leurs variations colorées.

 

Image30

 

Image31

 

Image32

 

Image33

 

Image34

 

 

 

Les arbres deviennent encore plus mystérieux...

 

Image36

Arbre serpent

 

 

Image37

Racines fantastiques

 

 

Image38

Arbre des légendes

 

 

L'automne se révèle aussi au numéro 140 de l'avenue de Suffren, dans le 15e arrondissement de Paris. On y découvre une porte magnifique, à la fois sobre et délicatement sculptée.

 

Image39

 

 

Les pampres de vigne, les feuilles et les grappes évoquent l'abondance dont la Nature fait preuve avant la venue de l'hiver.

 

Image40

 

 

Je me dis en souriant que nous venons peut-être de trouver la demeure du dieu de l'automne mais chut, ce mystérieux personnage préfère sûrement garder l'anonymat!

 

 

La transformation du raisin en vin relève, à bien des égards, d'une opération « magique ». De « l'œuvre au rouge » à « l'élixir de longue vie des alchimistes », le jus extrait du raisin représente le sang de la terre, « sève » rouge indissociable du pouvoir poétique et mystique de l'automne.

 

Si le vin, bu en trop grande quantité, suscite l'ébriété, il fut surtout considéré, dans les civilisations anciennes, comme une boisson spirituelle, un intermédiaire entre le monde humain et celui des dieux.

 

Cadeau du Seigneur de l'Extase, Hermès le Vendangeur, il favorisait le passage à un état d'ivresse sacrée. Le vieil adage « In vino veritas » signifiait que le vin était utilisé pour déceler les mensonges. Boisson initiatique, il permettait la révélation des choses cachées.

 

Consacré à Osiris dans l'Egypte ancienne et à Dionysos, le « deux fois né », dans la Grèce antique, il était voué par les Celtes au dieu de la mer, Manannan Mac Lir Morfessa, à Morgane la Fée et à la Morrigan, appelée la Grande Reine ou Reine des Fantômes.

 

Offert en libation sur les tombes, utilisé par les chamanes pour l'invocation des esprits, lié à la richesse matérielle et à la fertilité, il symbolise aussi le sang du Christ versé pour racheter les pêchés de l'humanité.

 

Nectar universel, il apparaît comme la quintessence des pouvoirs de l'automne qui confronte, à travers ses métamorphoses, les énergies de mort et les forces de fécondité.

 

 

Image41

 

Image42

 

Image43

 

 

Image44

 

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #feuille, #lumiere, #petit, #pigments

Image1

 

Soufflée par la tempête, dans les feuilles crépitantes, je déambule à travers Paris. La lumière est un carrousel qui redessine à l'infini le ciel, la végétation et la pierre.

 

Image2

 

Tapis et ronds de feuilles au pied des arbres composent des paysages oniriques.

 

Image3

Ombres d'or...

 

Image4

La magnifique lumière du soir au Jardin du Luxembourg.

 

Image5

 

 

Image6

Le grand mur emmitouflé de feuilles de l'Hôtel de Sully, dans le quartier du Marais.

 

Dans ce jardin, situé entre corps de logis et orangerie, l'automne invente un monde à la fois grandiose et propice à la rêverie. On aperçoit, à l'extrémité gauche de l'image, une petite porte qui permet d'accéder à la Place des Vosges.

 

Image7

Sur la pierre gorgée d'Histoire, les feuilles déferlent avec voracité.

 

Image8

 

Des sucres parfumés, des encres chatoyantes, les pigments d'automne dans toute leur splendeur... (Atmosphères d'automne).

 

Image9

Précieuse

 

Image10

Mystique

 

Image11

Jungle de Novembre

 

 

Image12

Luges à lutins...

 

Saturées en anthocyanines (de somptueux pigments rouges, pourpres, écarlates), les feuilles voltigent doucement avant d'échouer sur le sol et d'être chevauchées par le Petit Peuple.

 

 

Image13

En robe de framboise, de mûre ou de cassis...

 

 

Image14

 

Petites flammes enfiévrées

Qui forment rondes sur les prés

Cercles filants sur le bitume

Mues de serpent et noeuds de brume...

 

 

Image15

Lignes de vie...

 

 

Image16

Un nid se dévoile dans les feuilles papillons...

 

 

Image17

 

Les feuilles revêtent leurs plus beaux atours avant de connaître une mort grandiose.

 

Image18

 

Les arbres à feuilles caduques glissent dans le sommeil mais avant d'affronter l'hiver, ils se dénudent magnifiquement.

 

Image19

 

Saison féconde et luxuriante, l'automne engendre des fruits qui ressemblent à des bonbons suspendus.

 

Image20

Des gourmandises aux couleurs sublimes... de célèbres petites fraises qui titillent nos souvenirs d'enfance, peut-être...

 

Image21

 

Le généreux plaqueminier (Diospyros kaki) de la famille des Ébénacées, dans le verger du Luxembourg.

 

Les kakis, très appréciés au Japon et en Chine mais pas seulement, sont riches en vitamine C et en substances qui favorisent la prévention contre les maladies cardiovasculaires.

 

Image22a.jpg

 

 

Image23

Magnificence

 

J'ai suivi le rire du vent

Mêlé de lumière et d'arômes

Au coeur d'un étrange royaume

Où sombrent les enchantements...

 

Image24

 

  Image25

Une palette mordorée

 

 

Image26

De lumière et de sang...

 

 

Image27

 

Image28

 

Image29

 

Une feuille rousse pour toi

Une feuille rouge pour moi

Une feuille orange et dorée

Pour y écrire nos secrets...

Plume4

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog