
Petit Ange de Printemps...

Chérubin d'Automne...

Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...
L'année file déjà... Les Saisons papillonnent alors j'ai choisi pour ce premier mardi de Mars un poème que j'aime beaucoup : Les Saisons de Théodore de Banville (1823-1891).
« Transformant les horizons
Où les nuages s’amassent,
D’un pas léger les Saisons
Passent.
L’Hiver frileux et subtil,
Parmi son pâle cortège,
Est blanc comme un lys, quand il
Neige.
Le Printemps, dans les palais
Sous ses fleurs cache les marbres,
Et pose des nids dans les
Arbres.
Sous les grands cieux triomphants,
L’Été, plein d’apothéoses,
Dore les fronts des enfants
Roses;
Et le rouge Automne, cher
Au vendangeur, nous enseigne
Par son raisin dont la chair
Saigne. »
Écrit le mardi 3 août 1886, pour le recueil intitulé « Dans la Fournaise ».
Surnommé par ses amis « le poète du bonheur », Théodore de Banville excella dans l'art d'explorer les ressources profondément variées de la poésie française.
Éclectique dans l'âme, il écrivit une partition Romantique et Parnassienne, brodée de fièvre Symboliste et il sut convier son public à de remarquables voyages en mots... J'illustre aujourd'hui son poème avec un monument parisien qui rend hommage aux Saisons.

Dans la partie nord des Jardins des Champs-Élysées, à proximité du Palais de l'Élysée, dans un petit square bordant le Théâtre Marigny, se dresse une fontaine pleine de charme qui fut réalisée de 1839 à 1840 par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) et le sculpteur Jean-Auguste Barre (1811-1896). Le célèbre architecte urbaniste Gabriel Davioud (1824-1881) lui apporta certaines modifications en 1863.

Cette fontaine est en résonance artistique avec trois autres fontaines situées dans les Jardins des Champs-Élysées, soit la Fontaine de Vénus dite des Ambassadeurs, la Fontaine de Diane et la Fontaine de la Grille du Coq. Les bases des fontaines sont identiques et les parties supérieures sont travaillées différemment. Je vous ai déjà présenté la Fontaine de Vénus et j'aurais l'occasion de vous montrer les autres fontaines dans de prochains billets.

La Fontaine du Cirque accueille les promeneurs dans le square Marigny, un lieu qui rend hommage au Marquis de Marigny (1727-1781), Directeur Général des Bâtiments du Roi, des Arts, Jardins et Manufactures Louis XV, de 1751 à 1773.
Le square fut ouvert en 1859 mais son espace initial fut aménagé en 1616, à l'initiative de Marie de Médicis (1575-1642). La reine fit « créer une allée paysagère sur un terrain marécageux » et en 1670, cette allée paysagère devint, grâce au talent d'André Le Nôtre (1613-1700), l'avenue des Champs-Élysées.


La Fontaine du Cirque est ornée de quatre statues d'enfants qui représentent chacun les Saisons et soutiennent une vasque parée de têtes de lions, de sangliers, de chiens et de loups. Les Chérubins dominent une vasque en pierre appuyée sur un piédestal de bronze octogonal que décorent quatre dauphins fantastiques et une élégante série de feuilles. Quand la fontaine est en activité, l'eau coule de douze mascarons en forme de têtes de lions, agrémentés d'oves, de feuillages et d'entrelacs.



Quatre dauphins représentent les forces aquatiques, la luxuriance et la fécondité... Des ornements que nous devons à François-Étienne Calla (1762-1836) qui fut l'un des plus importants fondeurs d'art de notre pays. Grand industriel, inventeur et mécanicien émérite, il établit à Paris d'impressionnants ateliers dédiés à la construction de machines-outils et de machines à vapeur. Il réalisa des fontes ornementales pour de prestigieux monuments de la capitale : Le Panthéon, l'Église de la Madeleine, les Fontaines de la Promenade des Champs-Élysées, la Fontaine Louvois face à la Bibliothèque Nationale Richelieu...
Les ornements signés Calla sont considérés comme des trésors architecturaux.

J'aime beaucoup cette fontaine et le lieu dans lequel elle se trouve... C'est un endroit charmant, retiré de l'agitation de la grande ville tout en étant à quelques encablures de l'Élysée et de la Place de la Concorde, on se sent pris dans une petite bulle à soi, dans une autre temporalité et cela fait du bien...

Plaisir de contempler ces petits personnages gracieux et potelés qui évoquent les Saisons.
Le Printemps avec des oiseaux amoureux,
L'Été avec sa faucille et des épis de blé,
L'Automne avec des grappes de raisin,
L'Hiver emmitouflé...


Pour toi LAURE, ce petit ange aux oiseaux ! Avec mon Amitié... Sourires complices...
http://laurefeerie.canalblog.com

Le Printemps et l'Été...

L'Hiver, le Printemps, l'Été dont la faucille est bien visible...

Près de la fontaine, on peut admirer l'élégante silhouette du Théâtre Marigny dont le nom rend hommage au Marquis de Marigny (1727-1781) que j'évoquais tout à l'heure. Le Marquis de Marigny, de son vrai nom Abel-François Poisson de Vandières fut, de 1751 à 1773, Directeur Général des Bâtiments du Roi, des Arts, des Jardins et des Manufactures. Il était le frère de la célébrissime Marquise de Pompadour (1721-1764).

Dans ce lieu qui s'appelait à l'origine « Carré Marigny », un physicien-prestidigitateur donnait en 1835 des spectacles de « Physique amusante, Fantasmagorie et Curiosités... »
L'endroit qui devient ensuite « Folies Marigny » connut des heures glorieuses sous la direction de Jacques Offenbach (1819-1880), à partir de 1855.

Les « Folies Marigny » devinrent à partir de 1859 le Théâtre Debureau, un théâtre qui fut démoli en 1881.

En 1883, Charles Garnier (1825-1898) construisit une rotonde dodécagonale précédée d'un avant-corps abritant un porche monumental. En ce temps-là, les Parisiens se pressaient au « Panorama Marigny » pour y contempler des scènes de l'histoire de la capitale.

En 1894, le « Panorama Marigny » redevint « Folies Marigny » mais se transforma cette fois en music-hall réaménagé, jusqu'en 1898, par l'architecte néerlandais Edouard-Jean Niermans (1859-1928). Cet architecte de la Belle-Époque fut, entre autres réalisations, le maître d’œuvre brillant de l'Hôtel Négresco à Nice...

Entre 1946 et 1956, le Théâtre Marigny accueillit la célèbre Compagnie de Théâtre Renaud Barrault. Elvire Popesco (1894-1993) dirigea l'endroit à partir de 1965 puis ce fut le tour de Robert Hossein (1927-2020). Pensées pour ce grand monsieur disparu... et pour tous les autres artistes qui ont développé leurs talents en cet espace...

Gros bisous, chers Aminautes et plein de belles pensées pour vous, avec du rose poudré qui annonce le Printemps...
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