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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #crue, #paris, #pont, #saint, #seine

 

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Dame Seine modèle et remodèle le paysage d'Île de France. En cet hiver 2018, j'ai pris grand plaisir à la photographier alors qu'elle charriait, toutes les deux secondes, la taille d'une piscine olympique !

 

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Avant de poursuivre notre promenade au musée Grévin, je voulais partager ces photos avec vous.

 

Avec des pensées pour les personnes rudement touchées par les inondations, la jeune policière de la brigade fluviale de Paris, emportée par les flots au pied de Notre-Dame et les victimes de ces crues dans les différents départements. Bon courage à tous les sinistrés...

 

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Pour répondre aux personnes qui ont gentiment pris de mes nouvelles, mon département : le Val d'Oise est touché mais là où nous nous trouvons nous avons la chance de ne pas être inondés. Nous avons des soucis d'infiltration d'eau et de moisissures dus à un phénomène de capillarité entre les murs de notre vieil immeuble et les sols trempés. Ce n'est pas évident, je galère pour préserver mes livres et mes carnets, je suis obligée de tout emballer dans des boîtes ou des petits sacs étanches et d'entasser comme je peux mais nous n'avons pas à nous plaindre au regard de ce qui arrive à de nombreuses personnes.

 

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 Vue sur le pont au Change très « enfoncé » dans l'eau et sur les sauveteurs sillonnant la Seine. Merci à eux pour leur humanité et leur efficacité !

 

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La crue de 1910 transforma Paris en spectrale Venise. Elle est enracinée dans les mémoires mais Paris connut d'autres inondations tragiques au fil de son histoire et notamment celle de 1658.

 

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A compter du 20 décembre 1657, un froid terrible enveloppe la capitale. Les Parisiens se calfeutrent comme ils le peuvent et brusquement, le 18 février, neige et glace se mettent à fondre. Les températures remontent vite et les habitants de la capitale sont confrontés à une crue de la Seine qui atteint, le 28 février 1658, le terrible record de 8 mètres 81 !

 

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Vue de Grenelle lors de la crue de 1658

 

Les principales rues du Paris d'alors, voies antiques et médiévales majeures, soit les rues Saint Martin, Saint Denis, Saint Antoine…, mais aussi la place de Grève, les Halles jusqu'à l'église Saint-Eustache, l’hôpital des Quinze Vingt, le Cloître des Célestins et différents faubourgs de la rive gauche (Saint Marcel, Saint Victor, le quartier Saint Bernard...), les rues de l’Université, la rue du Bac, le quartier des Jacobins etc... sont inondés. La vie s'organise tant bien que mal et les sinistrés se déplacent sur des petites barques, sortant de leurs habitations par les fenêtres...

 

Le récit d'un chanoine de l’abbaye de Saint Victor, le père de Thoulouse, est édifiant : « Le vendredi après dîner, les religieux se promenaient à pied sec dans les prés. Après les vêpres, la Seine dégorgea par le canal de la rivière de la Bièvre, dont un bras arrose nos prés, et, le lendemain, samedi 23 à 7 heures du matin, les eaux se trouvèrent au haut des degrés par où on accède au pré, sous la bibliothèque. Il fallut employer la matinée à vider la chapelle Notre Dame, et tous les lieux en contrebas où l’eau vint dans l’après midi. Le cellerier, s’en allant, le samedi à la halle, marchait dans l’eau à la barrière des Sergents (située au bas de la montagne Sainte Geneviève) à la place Maubert, et eut beaucoup de peine à gagner la rue des Noyers. Le 27 février, les eaux furent, dans les endroits les plus bas, 5 pouces (0m13) plus haut qu’elles n’avaient paru pendant les années 1649 et 1651. »

 

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Dans la nuit du 1er mars 1658, ce furent deux arches du Pont-Marie, ouvrage reliant la rive droite à l‘île Saint Louis, qui cédèrent entre une et deux heures du matin. Vingt deux habitations furent précipitées dans les flots et le bilan fut terrible : environ soixante morts et de nombreux blessés. Le Pont-Marie fut reconstruit une vingtaine d'années plus tard mais en 1769, en référence à la crue meurtrière de 1658, toute construction de maisons sur les ponts de Paris fut interdite.

 

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Pont-Marie, janvier 2018

 

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Pont-Marie, Été 2017.

 

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Au pied du Pont-Marie, en janvier 2018, là où les Parisiens se prélassent au moment de Paris Plages...

 

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Très éprouvés après la tragédie du Pont-Marie, les Parisiens prièrent avec ferveur Sainte-Geneviève, protectrice de la ville, et voici ce qu'écrivait un Conseiller du Parlement de l'époque : « Dans notre infortune, nous pouvons avouer que notre salut n’est pas dans nos mains. Ces inondations aussi fréquentes que funestes sont des effets de la colère du Ciel. Élevons notre esprit au dessus de nos yeux, et considérons que, regardant toujours la terre pour y trouver un canal, c’est dans le Ciel que le plus efficace se trouve. Le canal dans le Ciel est tout formé, c’est sainte Geneviève qui est le canal divin par lequel Dieu fait découler toutes ses grâces. »

 

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Paris a toujours dû s'adapter au rythme des crues...

 

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Entre 779 et 780, des travaux furent entrepris à l'initiative de l'empereur Charlemagne (vers 742-814) pour tenter d'endiguer le fléau résultant d'inondations répétées mais dans les années qui suivirent, de nombreux champs furent ravagés par la force des eaux. Famine et peste s'installèrent, notamment dans les années 816-817, 819-820, 830-831, 833-834, 841-842, 845-846...

 

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En 886, une crue historique de la Seine suscita la levée du siège de Paris par les Normands.

 

En 1119, la Seine déborda violemment et en mars 1196, elle brisa plusieurs ponts de la capitale. Elle fut également destructrice en 1206, 1219, 1235, 1240, 1242, 1281 et en 1296 où elle anéantit le Petit Châtelet.

 

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Comme je l'ai écrit plus haut, l'année 1658 fut terrible pour les habitants des bords de Seine et le XVIIIe siècle connut un épisode de crue majeure, en 1740, quand la Seine atteignit 7 mètres 90 au pont de la Tournelle.

 

L'année 1802 est soulignée, dans les almanachs et les livres d'histoire, pour la puissance des intempéries observées et en 1876, la pluie tomba en hiver pendant plus d'un mois, de manière ininterrompue. Les habitants d'Alfort durent être évacués par l'armée et jusqu'à la mi-mars, Joinville, Maisons-Alfort, Charenton et les campagnes alentour furent « avalés » par les eaux.

 

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Après la crue centennale de 1910, il y eut des crues dangereuses en 1924 (7,32m), en 1939, en 1945, en 1955 (7,12m) et en 1982 (6,18m).

 

Hormis ces phénomènes, la Seine connaît, de manière régulière, ce qu'on appelle des crues moyennes. Celles-ci se traduisent par la fermeture des voies sur berge quand le niveau d'eau atteint les 3 mètres 30 et la navigation sur le fleuve est interdite à partir de 4,30 mètres.

 

Crue de l'hiver 2018...

 

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Depuis le Pont-Neuf, la vue est impressionnante, le paysage transfiguré. A cet emplacement, se déploie normalement le square du Vert Galant...

 

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Ce petit écrin de verdure est sous les eaux...

 

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Il se love à fleur de Seine, à l'extrémité ouest de l'Île de la Cité. Isolé du tumulte et de l'agitation de la ville, il offre un point de vue remarquable sur le fleuve, le Louvre et plusieurs ponts de Paris. Bordé par de grands arbres (marronniers, érables, noyers...) il se situe à proximité de sites emblématiques de la capitale : place Dauphine, Palais de Justice, cathédrale Notre-Dame, hôtels particuliers de l'Île Saint-Louis etc...

 

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Vous pouvez retrouver l'histoire du Pont-Neuf et celle du square du Vert Galant en cliquant sur ce lien : Les Secrets du Pont-Neuf.

 

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Le square en été...

 

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en cet hiver 2018, comme vous le constatez, il a « disparu »...

 

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Un peu plus loin, les piles du pont des Arts ont fait de même...

 

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D'habitude, c'est ce que l'on voit...

 

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Devant la gare d'Orsay, la passerelle Léopold Sédar-Senghor s'enfonce inexorablement...

 

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Le spectacle fascine...

 

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Fascination certes... Je ne donne pas de leçon, ayant moi-même franchi des barrières installées par la ville pour photographier le square du Vert Galant, mais le danger est bien réel.

 

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Nous suivons l'eau et les Renommées dorées du pont Alexandre III semblent très loin...

 

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Les bateaux mouches restent à quai...

 

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...gardés par le T-Rex du sculpteur Philippe Pasqua.

 

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La Tour Eiffel se dresse toujours comme une « épingle à chapeaux »...

 

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et Octave le Zouave s'interroge... Combien de temps cela va-t-il durer ?

 

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Mon article sur le pont de l'Alma et l'histoire d'Octave

 

Voici ce qui est écrit dans le Parisien du 31 janvier...

 

« Ce mardi, la Seine était à 5,74 m, contre 5,85 lundi. Malgré tout, la Ville guette avec inquiétude les pluies annoncées ce mercredi et jeudi.

 

Les berges restent submergées et les bateaux à l’arrêt. Fermées depuis le 24 janvier, les sept gares parisiennes du RER C ne rouvriront pas avant le 5 février. A l’Hôtel de Ville, Anne Hidalgo a réuni à nouveau ce mardi après-midi la cellule de crise avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF…) ainsi que les maires d’arrondissement. La mairie de Paris réitère ses conseils de prudence et de vigilance. »

 

Bon courage à nos amis de Normandie, de Seine-Maritime et des différents départements où les eaux débordent...

 

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Et gros bisous, chers aminautes, en vous remerciant de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annee, #autour, #paris, #pont, #soi

 

 

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Chers aminautes, à l'orée de la nouvelle année, j'ai eu envie de vous envoyer ces photos prises en passant sur le pont de la Concorde.

 

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La vue m'a enchantée. J'ai beau contempler Paris depuis bien des années, je reste émerveillée de ses paysages et de l'élégante scénographie de ses monuments. La dame de fer qui pique poétiquement le ciel, le pont Alexandre III et ses lignes de force couronnées par de splendides Renommées d'or, le Grand Palais qui nous conte une myriade d'histoires et, à ses pieds, la Seine en robe changeante qui palpite à la tombée du soir...

 

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J'ai laissé mon regard enjamber l'eau et filer vers ces superbes ouvrages alors qu'autour de moi la circulation grondait. Délicieuse parenthèse dans le cours trépidant de la réalité, moment privilégié où le calme rayonne au cœur des choses alors que tout s'accélère autour de soi. Un sentiment que je voulais partager avec vous...

 

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En vous remerciant de vos vœux et avec de gros bisous, dans l'attente de la nouvelle année !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #octave, #paris, #pont, #zouave

 

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Octave, dont le nom a fait couler beaucoup d'encre, est incontestablement l'une des « personnalités » mythiques de l'histoire de Paris. Situé sur la rive droite amont du fleuve, (il se trouvait autrefois sur la rive gauche, environ 70 centimètres plus bas qu'aujourd'hui), il apparaît comme une sentinelle des humeurs de l'eau et permet de mesurer, de manière officieuse mais incontournable, les crues de la Seine.

Quand celle-ci affleure à la pointe de ses bottes, on se pose la question de la fermeture des voies sur berge et la question ne se pose plus dès que ses mollets « disparaissent ». Lors de la crue de 1910 qui culmina à 8,62 mètres, il eut de l'eau jusqu'aux épaules alors souhaitons que cela ne se reproduise pas !

 

Je joins à cet article mes pensées pour les personnes rudement éprouvées par ces inondations de Juin 2016.

 

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A l'instar du pont des Invalides qui le précède, le pont de l'Alma fut érigé à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855, dans le cadre des grands travaux d'embellissement menés par le Préfet Haussmann (1809-1891), mais en raison d'un hiver 1854-1855 particulièrement rigoureux et d'une succession de retards « techniques » il ne fut inauguré qu'en 1856. L'empereur Napoléon III (1808-1873) le traversa, le 2 avril 1856, pour présider la cérémonie de remise des drapeaux aux régiments illustres de la campagne de Crimée (1853-1856).

 

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Le pont de l’Alma. Vue prise vers le nord en janvier 1910 © Albert Chevojon/BHVP/Roger-Viollet.

 

La construction de ce premier ouvrage, doté de trois arches elliptiques et long de 151 mètres, fut confiée à l'architecte Gariel et aux ingénieurs Lagalisserie, Darcel et Vaudrey. Il résista à la crue de 1910 mais en 1970, suite au tassement de l'une de ses arches et à une augmentation conséquente du trafic automobile, on décida de le détruire. Entre 1970 et 1974, les ingénieurs Blanc et Cosne et les architectes Dougnac et Arsac ont érigé un pont métallique à deux arches qui se compose en réalité de deux ponts indépendants reposant chacun sur une arche formée de deux poutres-caissons métalliques.

 

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Prouesse technique, le pont mesure 142 mètres pour une largeur de 42 mètres. Inauguré en 1974 et particulièrement fréquenté, il permet de réunir d'importantes avenues haussmanniennes (Bosquet, Rapp...) et des lieux comme les Champs-Élysées et la Place du Trocadéro.

 

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Il fait référence à la bataille de l'Alma, remportée le 20 septembre 1854 par l'alliance franco-britanno-turque sur l’armée russe menée par le prince-général Menchikov.

 

Octave

 

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Il fut réalisé en pierre de Chérence, réputée pour sa solidité, par Georges Dieboldt (1816-1861), un sculpteur du Second Empire qui s'illustra notamment par la décoration de certaines parties du Louvre, de l'Hôtel de Ville de Paris et de la Tour Saint-Jacques.

 

Il mesure 5,20 mètres et pèse environ 8 tonnes. Les jambes croisées, il est appuyé sur son fusil et tourne son regard vers la gauche. Vous noterez la présence de la Croix de Guerre sur sa poitrine.

 

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Les opinions divergent en ce qui concerne son « identité ». Pour certains, il représenterait Louis-André Gody, né en 1828 à Gravelines, dans le Nord de la France, qui combattait dans le troisième régiment de zouaves de la garde impériale de Napoléon III. Pour d'autres, il serait un certain Bérizot ou Nérigot, soldat breton, mais il n'existe pas de certitude à ce sujet.

 

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A l'origine, Octave avait trois compagnons : un chasseur et un artilleur, créations d'Auguste Arnaud (1825-1883) et un grenadier, sculpté par Dieboldt.

 

Le grenadier se trouve aujourd'hui à Dijon, ville natale de son créateur.

 

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Le grenadier (Photo Erkethan, travail personnel).

 

L'artilleur a été transporté à la Fère, dans l'Aisne, où Louis XIV fonda, en 1720, la première école d'artillerie.

 

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L'artilleur (Photo CodeLyoko95120 CCBY-SA3)

 

Le chasseur est installé contre le mur sud de la redoute de Gravelle, à la pointe sud-est du bois de Vincennes et visible depuis l'autoroute A4.

 

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Le chasseur à pied, 1856 (Photo Gérard Delafond, travail personnel). Vous noterez sur l'image la présence du petit « Invader », mosaïque inspirée du jeu vidéo Space Invader, sorti en 1973 au Japon sur console Atari 2600.

 

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Ces quatre statues qui représentaient les principaux corps armés de la guerre de Crimée décoraient les avant-becs semi-circulaires de l'ancien pont.

 

Les Zouaves

 

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Aleksander Raczynski (1822-1889) : Zouaves durant la guerre de Crimée.

 

Un zouave est un soldat d’infanterie légère, associé à l'incorporation de soldats kabyles lors de la conquête de l'Algérie.

Le corps des zouaves exista de 1830 à 1962. Leur devise était « Être zouave est un honneur. Le rester est un devoir. »

 

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Image trouvée sur Pinterest

 

Leur uniforme, qui s'inspire de la tenue traditionnelle masculine algérienne, fut dessiné par le commandant Duvivier, à l'initiative du général Lamoricière. Il se compose d'un ample « sarouel » doté d'un trou au fond, le « trou Lamoricière », destiné à laisser l'eau couler après que le soldat ait franchi une rivière. Une veste-boléro appelée « bedaïa » « en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance » était portée sur un gilet sans manches : le « sédria ». Le zouave arborait aussi une large ceinture de laine bleu indigo, bien serrée pour tenir le ventre au chaud afin de lutter contre la dysenterie et une sorte de pèlerine courte de couleur bleu intense ou « gris de fer bleuté ». Cet uniforme pittoresque mais peu pratique dans un cadre militaire devint purement cérémoniel à partir de 1915.

 

Vigie légendaire des crues de la Seine, Octave -qui possède son compte Twitter- a été immortalisé par le chanteur Serge Reggiani (1922-2004), sur des paroles de Claude Lemesle.

 

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« Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur le pont de l'Alma

Où quelquefois

Comme autrefois

J'en bave

Mais plus qu'en Afrique

Aux temps héroïques

Quand sous la chéchia

Garance. J'a-

Vais mission historique

D'éduquer les peuples

Sauvages et aveugles

De guider sur des

Torrents d'idées

Le grand troupeau qui beugle

Que j'ai de la peine

Toute la semaine

Moi qui aimait tant

Voir couler le sang

De voir couler la Seine!

 

On nous redoutait comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Au printemps le fleuve

Me met à l'épreuve

Comme si les frimas

Ne suffisaient pas

Il faut encore qu'il pleuve

Et il monte monte

Ce lent mastodonte

J'affrontais le front

C'est un affront

A présent que j'affronte

Car j'ai de la flotte

Jusqu'à la culotte

Jusqu'au gros colon

Jusqu'aux galons

Parfois jusqu'à la glotte

Moi qu'on put connaître

Zouave et fier de l'être

Il y a des moments

Maintenant où j'en

Ai par-dessus la tête

 

On nous redoutais comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur ce pont damné

Où chaque année

Je sens que mon cas s'aggrave

Dans mes jambes ça bouge

J'ai des fourmis rouges

Un jour je vais me tirer

Faire une virée

Je vais prendre un bateau mouche

Direction le septième

Régiment que j'aime

Encore des beaux jours

Pour les Tambours

Et pour les chrysanthèmes

Paraît qu'y'a une chouette

Guéguerre qui vous guette

Ça sent le crime

Et les vieux de Crimée

Ne seraient pas de la fête

 

Bataillon! à mon commandement

Ligne de section par trois!

En avant, marche...

Une, deux, une, deux...»

Interprétation Louis BAUDEL

 

 

Jacqueline Maillan (1923-1992) lui rendit également hommage dans sa chanson intitulée : Le zouave du pont de l'Alma ou Sous le pont de l'Alma, écrite par Michel Emer, son mari et faisant référence à l’expression « la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave ». Coquine l'expression ? Sûrement, mais elle est surtout énigmatique. Nombreux sont ceux qui se demandent ce qu'elle signifie mais les recherches sont apparemment infructueuses.

 

(https://www.youtube.com/watch?v=lQBl60H3Jjw)

 

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Crédit photo Bertrand Guay/AFP

 

Notre légendaire Octave a désormais de l'eau à mi-cuisses. J'aurais aimé pouvoir le photographier mais je ne peux me rendre à Paris pour le moment alors voici quelques liens intéressants. Les liens en question peuvent être réactualisés en fonction de l'évolution de la crue.

 

http://www.liberation.fr/france/2016/06/03/paris-2016-crue-classee_1457241

 

http://www.linternaute.com/actualite/societe/1309676-crue-de-la-seine-a-paris-pourquoi-les-previsions-se-sont-trompees-d-un-metre-3-juin-2016/

 

Compte Twitter d'Octave: https://twitter.com/zouavealma

 

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Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Édition de 1999. 14 volumes.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle, 1996.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

 

J'adresse à nouveau des pensées de réconfort aux sinistrés et je vous remercie, chers aminautes, de votre fidélité. Je ne peux pas passer vous voir comme je l'aimerais. J'ai passé une semaine très éprouvante sur le plan médical, la nuit de jeudi à vendredi aux Urgences et j'enchaîne sur un scanner cérébral mercredi, avant toute une batterie d'examens. Prenez soin de vous, je vous donnerai des nouvelles au fil du temps...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #ile, #paris, #pont, #seine

 

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Je vous invite sur les bords de Seine, en cet été 2013 où flâner dans la capitale et laisser voguer rêves et pensées au fil de l'eau est particulièrement agréable.

 

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La Seine se déploie, majestueuse, entre les berges bordées de monuments historiques et la treizième édition de Paris Plages nous offre un accès privilégié aux ponts et aux couleurs changeantes du fleuve.

 

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Nous profitons d'une exposition intitulée « Regardez Monsieur Monet comme la Seine a changé! »

 

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Cette exposition dont je vous parlerai en détail à la rentrée est fondée sur la mise en perspective de reproductions d'oeuvres de Claude Monet et de photographies illustrant les changements des bords de Seine depuis un siècle.

 

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La Seine, gigantesque serpent d'eau nourricier aux mémorables « colères », est indissociable de la naissance, de l'expansion et de la prospérité de Paris.

 

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Elle est la voie navigable la plus fréquentée de France et une source d'inspiration pour les artistes depuis des siècles. En pleine Révolution Industrielle, Claude Monet fut un témoin privilégié de ses humeurs et de ses transformations. Il décrivit aussi les promenades au fil de l'eau et les loisirs nautiques prisés par une société en quête de villégiature.

 

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La Seine à Argenteuil, 1875.

 

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Le canal Saint-Martin, le 4 mars 1894.

 

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Autrefois, quand elle n'était pas retenue par de fortes digues, la Seine charriait beaucoup de sable, de grosses pierres, des arbres et différents déchets organiques. Tour à tour placide et tempétueuse, elle formait une myriade de petites îles et de bancs limoneux. Certaines de ces îles, bordées de roseaux et de saules, étaient exploitées au Moyen-âge. Hormis l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, constituée de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches, elles ont aujourd'hui disparu.

 

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Une journée radieuse, le regard suspendu entre le ciel et les moires de l'eau...

 

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avant de contempler les façades de l'Île Saint-Louis, hiératiques derrière les arbres ivres de lumière.

 

L'île est environnée de quatre quais en pierre de taille garnis de beaux et puissants parapets, le quai Bourbon, le quai d'Orléans, le quai de Béthune et le quai d'Anjou. Je publierai bientôt des articles sur le sujet ainsi qu'une abondante bibliographie.

 

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La plupart des hôtels qui dominent l'eau étaient autrefois habités par des magistrats de cours souveraines. Sous les grands ombrages, l'île Saint-Louis nous invite à redécouvrir ses secrets et pour cela, il faut traverser le pont Marie, construit à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France. Le roi Louis XIII, alors âgé de treize ans, posa la première pierre de ce pont à cinq arches, le 11 décembre 1614, sous la régence de sa mère Marie de Médicis.

 

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Le pont fut ouvert à la circulation en 1635 et surmonté de cinquante maisons mais, dans la nuit du 1658, une crue de la Seine emporta deux arches et vingt-deux maisons, ce qui coûta la vie à près de soixante personnes. La communication avec l'île ne fut rétablie qu'aux alentours de1660, grâce à un pont de bois.

 

Les deux arches de pierre ne furent reconstruites qu'en 1667 et à partir de 1769, la décision fut prise de démolir les maisons érigées sur les ponts dans la crainte de nouvelles crues.

 

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A travers les arches du pont Marie, on aperçoit le pont Louis-Philippe qui subit de nombreuses modifications après la pose de la première pierre, le 29 juillet 1833. Le pont actuel fut construit entre août 1860 et avril 1862, un peu plus en amont que le précédent ouvrage.

 

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Je vous emmènerai bientôt visiter l'île Saint-Louis, ses quais, ses portes, ses façades remarquables, ses détails d'architecture et ses ornements mystérieux. J'ai collecté de nombreuses photos depuis des années et des centaines de gravures et de plans dans le cadre de mon Doctorat alors je prends le temps nécessaire pour bien partager cette documentation.

 

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L'été, les berges de la Seine deviennent d'agréables lieux de villégiature que se réapproprient les touristes et les franciliens.

 

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Il est bien agréable de pouvoir se promener là où passent habituellement les voitures.

 

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Dans le vent et l'écume, les hommes du fleuve filent à toute allure.

 

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Il est encore tôt, la promenade est à nous!

 

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Ceux qui ont lu mes précédents articles sur Paris Plages savent que j'apprécie tout particulièrement la bibliothèque éphémère Flammarion, située à l'ombre du Pont Marie.

 

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Cette année je me suis installée dans ces drôles de poufs verts, ultra gonflés, hybrides de chamallows et de cocons ventrus...

 

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Une agréable invitation à la sieste et à la lecture.

 

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Ce n'est pas Christophe qui me contredira!

 

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Ou cette dame qui a dévoré son livre tout au long de l'après-midi...

 

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Demoiselle libellule bronze dans la lumière d'or.

 

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Rêveries littéraires dans le doux et mystérieux clapotis de la Seine.

 

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Lors des journées caniculaires de juillet, l'atmosphère très rafraîchissante du jardin des brumes était la bienvenue.

 

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Cette année encore, dans le contexte de Paris Plages, je me suis régalée à cheminer le long de la Seine et à photographier les charmes de la capitale au bord de l'eau.

 

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Tôt le matin, quand les couleurs semblent jaillir de la palette de monsieur Monet...

 

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et quand le soleil descend, aimanté par les scintillements de l'eau. A contrejour, de sombres mystères crépitent dans les profondeurs de la Conciergerie et dans les pierres de Notre-Dame.

 

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Laissons la ville écrasée de chaleur s'endormir doucement... Je vous conterai plus tard l'histoire des lieux, le marchand de sable m'enveloppe de son souffle doré.

 

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La plume fée se pose quelques temps. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite un très agréable mois d'août. Je pense bien à vous, merci de votre fidélité!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arts, #cadenas, #fut, #paris, #pont

Pour la Carte de France des Paysages de CANELLE...

 

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 Je reviens avec plaisir en ces lieux où les images d'aujourd'hui se superposent avec celles d'autrefois.

 

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Ce remarquable ouvrage, tout en courbes et en légèreté, enjambe la Seine entre le Louvre et l'Institut de France, temple de la connaissance dont la coupole dorée s'élance vers les nuages.

 

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La Passerelle des Arts

 

Le 15 mars 1801, la construction de cette audacieuse passerelle, premier pont métallique national, fut décidée par un décret de Bonaparte.

 

Le 28 avril 1801, le projet fut présenté, au Conseil des Ponts et Chaussées, par l'ingénieur Louis-Alexandre de Cessart (1717-1806).

 

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Le 25 juillet 1802, par un arrêté consulaire, la Compagnie des Trois-Ponts, gestionnaire du chantier, reçut l'ordre d'utiliser la fonte. Grâce à ce nouveau matériau plébiscité par l'industrie anglaise, l'ingénieur Jacques Vincent Lacroix de Dillon (1760-1807) réalisa une oeuvre résolument moderne entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal.

 

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Neuf arches en fonte soutenaient une plate-forme horizontale réservée aux piétons. Dès son inauguration, le 23 septembre 1803, la Passerelle des Arts devint une promenade à la mode. Le visiteur s'acquittait d'un droit de péage et découvrait le pont, conçu comme un jardin suspendu au-dessus des flots. Des bouquets parfumés, des arbustes verts, des plantes exotiques et des orangers en pots étaient répartis de part et d'autre des balustrades.

 

Les amoureux et les passants pouvaient jouir de la plaisante atmosphère des lieux, grâce aux bancs, aux échoppes et aux bateleurs qui s'y trouvaient. Un glacier y avait établi ses quartiers. Au fil de la nuit, les rencontres et les discussions s'étiraient, dans un ballet de lanternes...

 

Il faut toutefois préciser qu'on pouvait éviter de payer « un sou » et passer par le Pont-Neuf.

 

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Le Premier Consul Bonaparte, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1803.

 

Malgré les inquiétudes énoncées par les célèbres architectes Percier et Fontaine, Bonaparte imposa le choix d'un pont métallique mais il regretta ensuite l'absence de monumentalité de l'ouvrage et craignit pour sa solidité.

 

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De la Passerelle au Pont des Arts

 

Après les ponts de Coalbrookdale et de Sunderdale en Angleterre, la Passerelle des Arts apparut comme un symbole de progrès industriel et de modernité. Elle unissait avec élégance les deux rives du fleuve et desservait le Port Saint-Nicolas.

 

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Vue du Quai du Louvre et Port Saint-Nicolas au XVIIIe siècle, par Jean-Baptiste Lallemand (1716-1803). (Gallica)

 

Le Port Saint-Nicolas se situait en aval de l'île de la Cité, alors que la plupart des ports de Paris se trouvaient en amont. La raison en était simple, les piles des ponts constituaient des obstacles dangereux pour le passage des bateaux. Le port recevait des denrées alimentaires et le foin destiné aux chevaux de la cavalerie royale. Il reliait la capitale à la ville de Rouen et fut en activité jusqu'en 1905.

 

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Vue du quai Saint-Nicolas au pied de la Grande Galerie du Louvre, vers 1750, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet (1715-1793).

 

A partir de 1942, les vestiges du port furent aménagés en une agréable promenade qui offrait une vue imprenable sur la Passerelle des Arts. Mais la « dame de fonte » subit des bombardements qui la fragilisèrent et trois accidents fluviaux majeurs, en 1961, en 1973 et en 1979.

 

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(Cette photographie appartient à la collection de Léonard Pitt, auteur de Promenades dans le Paris disparu.)

 

Elle avait déjà perdu une arche, en 1852, lors de l'élargissement du Quai de Conti, mais après la collision d'une barge avec une de ses piles, en 1979, elle s'effondra sur près de soixante mètres. Détruite en 1981, elle fut remplacée, entre 1982 et 1984, par une copie en acier. L'architecte urbaniste Louis Gerald Arretche (1905-1991) réalisa la nouvelle passerelle, d'une longueur de 155 mètres, composée de sept arches symétriques en acier, élargies pour favoriser le passage des péniches et des bateaux mouches.

 

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Les passes navigables se situent dans l'alignement de celles du Pont-Neuf.

 

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(Le soleil estival s'amuse à faire danser les ombres sur la peau des façades.)

 

Alors que le plancher du pont en azobé ou bois de fer, un bois d'Afrique imputrescible, résonne sous les pas, la Galerie du bord de l'eau révèle sa sublime scénographie.

 

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Cette Grande Galerie fut construite, entre 1595 et 1610, sous le règne d'Henri IV, par Louis Métezeau (1560-1615) du côté est, et Jacques II Androuet du Cerceau (1550-1614) du côté ouest. Coupant l'enceinte de Charles V, elle permettait au roi d'accéder aux Tuileries depuis ses appartements du Louvre et se terminait par le Pavillon de Flore.

 

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Le Cardinal de Richelieu y fit installer l'Imprimerie et la Monnaie Royale des Médailles, en 1640, mais elle accueillit surtout, jusqu'en 1806, des boutiques, des logements et des ateliers d'artistes.

 

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De 1697 à 1777, les plans-reliefs ou maquettes des villes fortifiées du royaume y furent exposés.

 

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La Grande Galerie par Hubert Robert, vers 1789.

 

Le 10 août 1793, le Louvre devint le Muséum central des Arts. Il fut appelé Musée Napoléon en 1803 et plus communément « Palais des Arts » sous le Premier Empire.

 

Entre 1861 et 1870, la partie occidentale de la galerie fut démolie puis reconstruite par Hector Lefuel (1810-1880) dans un style imitant celui de Louis Métezeau mais le bâtiment fut élargi pour accueillir la collection de carrosses et de voitures de Napoléon III, créer des appartements d'honneur et une salle pour la réunion des États.

 

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Les pilastres, les guirlandes, les frontons et les fenêtres qui rythment la façade ont été recréés, dans un style composite, 250 ans après la mise en oeuvre du « Grand Dessein » d'Henri IV.

 

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En tournant le dos à ce décor triomphal, il suffit d'emprunter le Pont des Arts pour rejoindre Quai de Conti, sur la rive gauche, l'Institut de France.

 

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La fondation de ce monument appelé Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations fut réclamée par Mazarin (1602-1661) dans son testament, en 1661, et financée par un legs de quatre millions de livres.

 

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A partir de 1663, l'architecte Louis le Vau (1612-1670) déploya, en bordure de Seine, une somptueuse façade courbe flanquée de deux pavillons décorés de pots-à-feu.

 

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Le bâtiment était destiné à accueillir soixante gentilshommes originaires des quatre provinces récemment annexées à la France, soit l'Alsace, l'Artois, le Roussillon et le Comté de Pignerol en Italie.

 

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La Galerie du bord de l'eau, le Pont-Neuf et le Collège Mazarin en 1689, par Sébastien Leclerc (1637-1714). (Gallica)

 

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En 1670, François d'Orbay (1634-1697) succéda à Le Vau. Il conçut le célèbre dôme circulaire couronné par une élégante lanterne.

 

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En 1805, Napoléon y transféra l'Institut de France et ses cinq académies, dont la plus célèbre demeure l'Académie Française. La coupole, intérieurement de forme elliptique, abrite la salle où se réunissent les Sages.

 

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Les académies sont l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

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L'Institut abrite l'extraordinaire Bibliothèque Mazarine, la plus ancienne bibliothèque publique de France et, sous le dôme, la chapelle où trône le Tombeau de Mazarin, sculpté par Antoine Coysevox (1640-1720), Étienne le Hongre (1628-1690) et Jean-Baptiste Tuby (1635-1700).

 

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Le charmant angelot tient les armes du Cardinal: le faisceau de licteur d'or lié d'argent et la hache, sans oublier les trois étoiles d'or qui ornent les reliures des ouvrages de la bibliothèque.

 

Avant la construction du Collège Mazarin, la tour de Nesle s'élevait à l'emplacement de l'actuelle aile est.

 

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Cette célèbre tour formait l'extrémité de l'enceinte de Philippe-Auguste et marquait l'entrée de Paris pour les bateliers qui remontaient la Seine. Dans l'obscurité, une lanterne, la première de « Lutèce », se balançait au bout d'une potence suspendue tout au sommet.

 

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Sur cette gravure d'Israël Silvestre, on aperçoit la porte et la tour de Nesle au XVIIe siècle. A gauche, se dresse l'Hôtel de Nevers sur lequel fut édifié l'Hôtel des Monnaies. (La gravure vient du site du Musée Carnavalet.)

 

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Sur celle-ci, la tour fait face à la Galerie du bord de l'eau.

 

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La Tour de Nesle, par Pieter Bout (1658-1719).

 

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En 1832, dans la pièce intitulée La Tour de Nesle, Alexandre Dumas Père ressuscita le personnage de Marguerite de Bourgogne, la « reine sanglante », emprisonnée pour avoir tué ses amants après des nuits passionnées. Le spectre de cette princesse capétienne, belle-fille de Philippe le Bel, fait revivre les « légendes noires » de Paris.

 

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Mais il est temps de revenir vers le pont des Arts car je voudrais évoquer ce qui est devenu un véritable « phénomène » urbain:

 

Les cadenas d'amour

 

Je vous en avais déjà parlé mais depuis mon précédent article leur nombre a explosé...

 

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Une année s'est écoulée entre ces deux photos.

 

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Que font là tous ces cadenas? Y aurait-il une porte secrète, invisible et truffée de serrures à l'arrière de la balustrade? Le regard aimanté par ces morceaux de métal, je m'approche...

 

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Il semblerait que, depuis l'année 2008, les amoureux de passage aient commencé à accrocher des « cadenas d'amour » ou « lovelocks » aux rambardes du pont. Ils gravent ou marquent au feutre leurs initiales et jettent les clefs dans la Seine ou les dissimulent dans Paris. Cette tradition pourrait être une émanation moderne de rites d'amour médiévaux qui utilisaient des serrures et des clefs.

 

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Certains cadenas sont accrochés en haut des lampadaires.

 

De mystérieuses disparitions

 

La majorité des cadenas a été retirée, dans la nuit du 11 au 12 mai 2010, mais les services municipaux de Paris ont toujours démenti en être responsables et le mystère n'a pas encore été résolu.

 

En juillet 2011, ce sont des pans entiers du grillage qui ont disparu sans attirer l'attention. La municipalité a dû installer de grandes planches de contreplaqué en attendant de fixer de nouveaux parapets ajourés.

 

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Un cadenas à l'effigie de Ganesha, le dieu hindou de la sagesse, de l'intelligence, de l'illumination, de la richesse ou encore du succès...

 

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A côté de ce cadenas ouvragé, on aperçoit des liens de tissu jaune. Ils font référence à une tradition née pendant la première Guerre du Golfe. Les femmes de militaires attachent un morceau de tissu jaune aux grilles d'une fenêtre ou d'un portail en attendant le retour de l'être aimé.

 

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Cette « tradition » se répète sur le Pont de l'Archevêché, près de Notre-Dame et sur la Passerelle Léopold Sédar Senghor, face au Musée d'Orsay. J'en ai également photographié sur le Pont Alexandre III.

 

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La quantité de cadenas est impressionnante!!!

 

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On rencontre, dans cette forêt métallique, des morceaux de plastique noués et des feuilles de papier roulé, attachées à des cordelettes ou à des rubans colorés. Certains cadenas sont couverts de messages d'amour et d'amitié.

 

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Cette « pratique rituelle », vraisemblablement apparue dans les années 1980 en Europe de l'Est, s'est propagée dans le reste de l'Europe au début du nouveau millénaire. Certains chroniqueurs font référence à un roman italien, J'ai envie de toi de Federico Moccia où les héros accrochent un cadenas marqué de leurs noms (luchetti d'amore) sur un lampadaire du Ponte Milvio, près de Rome, avant de lancer la clef dans le Tibre.

 

La vogue des « cadenas d'amour » ne cesse de s'étendre, sur le Ponte Vecchio à Florence, à Venise, à Vérone, à Moscou sur les rambardes du Pont Luzhkov...

 

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Au-dessus de l'eau, élément matriciel, les serments se figent et la quête de l'amour éternel se pare de superstition. Les clefs vont rejoindre les profondeurs de l'eau, se mêler à la mort et aux ombres aquatiques, là où le temps suspend sa respiration...

 

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Depuis le pont des Arts, combien de serments et de clefs ont-ils déjà plongé dans le fleuve?

 

Mon imagination caracole alors que je contemple les bateaux amarrés à proximité de cet ouvrage indissociable de la « mythologie amoureuse » de Paris.

 

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Une vision des lieux par Edward Hopper, peintre « réaliste » américain, en 1907.

 

Grâce à ses balustrades ajourées, le Pont des Arts offre une vue exceptionnelle sur la Seine et sert fréquemment de galerie d'exposition à ciel ouvert. Sa silhouette unique séduit le cinéma français et international, inspire les amoureux, les poètes, les peintres, les parfumeurs... Il permet de contempler la magnificence des quais, le Louvre et l'Institut de France et des monuments emblématiques de Paris comme la tour clocher de l'église Saint-Germain l'Auxerrois.

 

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Il s'agit en réalité du beffroi néo-gothique de la Mairie du premier arrondissement, attenante à l'église. Ce beffroi, édifié en 1860 par Théodore Ballu, est doté d'un magnifique carillon.

 

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Que vous soyez d'humeur romantique ou dilettante, épris de rêverie ou juste de passage, ne manquez pas d'apprécier l'atmosphère si « spéciale » qui émane de ce pont, entre deux mondes et à la croisée de mille sensibilités...

 

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A l'entrée du pont, j'ai trouvé ce petit mot sensible et attachant...

 

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Comme une île perdue

dans un grand cimetière

où tremblent suspendus

des soleils éphémères

 

Comme un rêve blessé

qui refuse l'enfer

et se met à danser

dans le sang de l'hiver

 

Les bateaux creusent l'onde

en liens imaginaires

sous les berges profondes

aux âmes nourricières

 

Je les sens chuchoter

sur le pont des mystères

où nos coeurs mélangés

dévorent la lumière...

 

Cendrine

 (Pont des Arts, 27 février 2012...)

 

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Sources et Bibliographie

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Hetzel, 1852.

 

Aubin L. MILLIN: Dictionnaire des beaux-arts. 1838.

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Lejay, 1904.

 

L M TISSERAND: Topographie historique du Vieux Paris. Imprimerie impériale, 1866.

 

Émission « Sur le Pont des Arts » de Marianne Durand-Lacaze.

 

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Je vous laisse en compagnie de Georges Brassens et de ses mots magiques... Sur l'Pont des Arts...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #franco, #fut, #paris, #pont, #sculptes

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Ce monument d'un raffinement extrême fut construit à partir de 1897 et inauguré pour l'Exposition Universelle de 1900. Situé entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris, dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il offre sur la Seine un panorama remarquable.

 

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Il dessine un arc très étiré qui chevauche la Seine sur une longueur de 107 mètres et conduit à deux prestigieux édifices: le Grand et le Petit Palais. L'ensemble mesure 160 mètres.

 

Cette prouesse technique et artistique fut orchestrée par les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby et les architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin, sous la direction d'Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition Universelle de 1900, assisté de Joseph Bouvard, directeur de l'architecture.

 

Après le renforcement des berges de la Seine, l'importante poussée horizontale fut répartie entre les immenses fondations.

 

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Le pont symbolise l'amitié franco-russe, initiée par le tsar Alexandre III. Ce dernier signa en 1893 l'Alliance franco-russe avec le Président français Sadi Carnot et l'entente se poursuivit après la mort des deux hommes en 1894.

 

Nicolas II, le fils d'Alexandre III, posa la première pierre de l'ouvrage, le 7 octobre 1896, en compagnie du Président Félix Faure.

 

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Le 14 avril 1900, le Président Émile Loubet inaugura le pont et l'Exposition Universelle.

 

 

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Quatre majestueux pylônes, couronnés par des statues dorées, se dressent aux extrémités de l'ouvrage.

 

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Ils soutiennent des groupes sculptés qui représentent « la Renommée tenant Pégase. »

 

Pégase, le cheval ailé, naquit du sang de la gorgone Méduse, décapitée par le héros grec Persée. En frappant la terre d'un coup de sabot, il donna naissance à la source des Muses, appelée Hippocrène. Le héros Bellérophon le chevaucha pour décimer la Chimère, un monstre terrifiant.

 

Célébré par les poètes et représenté dans l'art depuis l'Antiquité, il est l'émanation d'une ancienne divinité du ciel et des orages. Quand il galope dans les nuages, il engendre les éclairs et le tonnerre ou dissipe le temps troublé.

 

Lié à la symbolique des sources et des eaux vives, il apparaît aussi comme la résurgence d'un dieu chthonien. Il tisse l'énergie tellurique et établit, à l'instar des chamanes, une communication subtile entre les mondes.

 

Il fut métamorphosé en constellation par Zeus, le seigneur de l'Olympe.

 

Invoqué par les poètes pour faire jaillir l'inspiration, il est le compagnon ou la monture de la Renommée.

 

 

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Dans la Grèce ancienne, cette divinité ailée, fille de la déesse Gaïa, la Terre, était dotée d'une myriade d'yeux et de bouches et se présentait comme la messagère des dieux. Dans la Rome antique, elle devint une gracieuse jeune femme tenant une trompette.

 

 

La Renommée des Arts

 

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Réalisée par Emmanuel Fremiet (1824-1910), sculpteur incontournable de la IIIe République, elle tient fièrement la bride de Pégase. Ses ailes de fée semblent pulser dans la lumière. Associée à la Victoire et à la Vertu, elle brandit parfois, en plus de la trompette, une corne d'abondance ou un rameau d'olivier.

 

La France de Charlemagne, oeuvre d'Alfred-Charles Lenoir, trône, appuyée sur des lions, à la base du pilier.

 

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Elle tient dans la main gauche une pomme vermeille ou crucifère.

 

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Ce globe surmonté d'une croix est un emblème de pouvoir terrestre, céleste et universel. Il évoque aussi l'abondance et la paix. Appelé Pomme d'Empire, il était le symbole du Saint-Empire romain germanique.

 

 

La Renommée de l'Agriculture

 

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Elle fut réalisée par Gustave Michel, ainsi que la France Contemporaine ou Pacifique, située en dessous.

 

La Renommée porte des épis de blé et brandit une branche feuillue. L'arabesque de son bras accompagne le mouvement gracieux des ailes de Pégase. Dans les grimoires d'iconologie, elle est représentée avec une chaîne en or et un pendentif en forme de coeur.

 

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Couronnée de feuilles de chêne, la France revêt une tenue finement parsemée de feuilles et de rinceaux. Son visage s'inspire de celui de la tsarine Alexandra Feodorovna.

 

 

La Renommée au Combat

 

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Créée par Pierre Granet, elle souffle dans la trompette pour appeler les forces divines. Son bras droit levé reflète l'attitude de Pégase, cabré pour s'élancer dans les airs. On aperçoit la Toison d'Or à tête de bélier, emblème de conquête guerrière et de virilité.

 

Sur la colonne est appuyée la France de Louis XIV, de Laurent Honoré Marqueste.

 

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La majestueuse allégorie soutient une petite Victoire dorée ou Nikê.

 

 

La Renommée de la Guerre

 

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Réalisée par Clément Steiner, elle entraîne Pégase dans une charge héroïque.

 

La France Renaissante ou France de la Renaissance, oeuvre de Jules-Félix Coutan, se situe en dessous.

 

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La draperie qui l'entoure dessine un mouvement sensuel et mystérieux. Sa grande épée d'or scintille dans la lumière. Une petite statue se love contre son côté gauche.

 

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Les Génies des Eaux

 

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L'enfant au poisson ou le génie au trident, sculpté par André Massoule. Il se situe en amont, sur le parapet gauche du pont, telle une vigie suspendue entre le ciel et l'onde.

 

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La fillette à la coquille, sculptée par Léopold Morice.

 

On la rencontre en amont, sur la rive droite du pont. Elle nous attire avec douceur vers les secrets de la mer qui chuchote à son oreille.

 

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L'enfant au poisson fantastique, sculpté par Léopold Morice. Il se situe en aval, sur la rive droite du pont.

 

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La Néréide, sculptée par André Massoule. Elle se situe en aval, sur le parapet gauche du pont.

 

 

Le Bestiaire des lieux

 

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Un monde luxuriant de créatures aquatiques.

 

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Des poissons vigoureux qui ondoient dans la lumière.

 

 

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Les cadenas que l'on aperçoit sont laissés par des amoureux qui les considèrent comme des amulettes de bonheur et de chance. Le Pont des Arts, situé face au Louvre, est, à cet égard, particulièrement apprécié.

 

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Des grenouilles qui contemplent la Seine et d'autres cadenas.

 

 

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Un lézard qui joue peut-être à cache-cache...

 

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Des sirènes et des rostres de navires décorent la partie basse des piliers.

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Le regard envoûté par les chatoiements de l'eau, laissons-nous envahir par un chant voluptueux mais gare à ne pas passer par-dessus bord!

 

 

Les Candélabres

 

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Des angelots, réalisés par le sculpteur Henri Désiré Gauquié, forment une ronde gracieuse autour de ce candélabre à cinq branches.

 

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La fée lumière règne avec poésie et magnificence, grâce aux 32 candélabres répartis le long de la promenade.

 

 

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Les armes de la ville de Paris.

 

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L'aigle bicéphale de la Russie des tsars.

 

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Le coq gaulois, emblème du soleil et de la France.

 

 

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Un des superbes vases qui se dressent au bord des escaliers.

 

 

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Un dauphin fantastique appuyé sur des congélations, des guirlandes de coquillages et de flore aquatique, des mascarons...

 

 

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De part et d'autre du pont, des Nymphes monumentales ont été réalisées par Georges Récipon, l'auteur des Quadriges du Grand Palais tout proche. On trouve en aval les Nymphes de la Seine et en amont, celles de la Néva, fleuve russe mythique.

 

 

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Sur chaque rive, un lion et un enfant, réalisés par Georges Gardet (rive gauche) et Jules Dalou (rive droite), ornent l'extrémité de la balustrade.

 

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L'ossature du pont se compose de puissants arcs d'acier et d'une forêt de poutrelles.

 

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Élaboré dans les Usines du Creusot, le pont fut mis en place à partir d'éléments préfabriqués, ce qui constituait un procédé novateur pour l'époque.

 

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Au crépuscule...

 

Tel un monde enchanté, peuplé de créatures mythologiques, le Pont Alexandre III nous dévoile sa riche iconographie consacrée au thème de la mer. Il nous invite à contempler la Seine où scintille l'âme de Paris. Depuis le dôme doré des Invalides, la perspective qui le traverse nous conduit vers les Champs-Élysées, contrée des héros antiques. Sa beauté romantique conjugue le souffle des légendes et les splendeurs théâtralisées d'une époque. Il incarne une féerie suspendue, entre ciel et eau, qui se mêle aux innovations techniques, caractéristiques d'une nouvelle ère.

 

Personnalités associées à la création du Pont Alexandre III

 

Le Tsar Alexandre III (1845-1894).

 

Le Président français Sadi Carnot (1837-1894).

 

Le Tsar Nicolas II (1868-1918).

 

Le Président Félix Faure (1841-1899).

 

Le Président Émile Loubet (1838-1929).

 

Alfred Picard (1844-1913): Ingénieur, administrateur public, polytechnicien, il fut aussi Ministre de la Marine et occupa de nombreux postes . Il dirigea d'importants travaux dans les domaines militaire et ferroviaire. Il fut le Commissaire Général de l'Exposition Universelle de 1900.

 

Joseph Bouvard (1840-1920): De 1897 à 1911, il dirigea les services d'Architecture, des Promenades, des Plantations, de la Voirie et du Plan de la Ville de Paris. Il organisa de nombreuses fêtes et des expositions publiques, comme les Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Jean Résal (1854-1919): Ingénieur.

 

Amédée Alby (1862-1942): Ingénieur.

 

Joseph Cassien-Bernard (1848-1926): architecte, élève de Charles Garnier (1825-1898), le constructeur de l'Opéra qui porte son nom.

 

Gaston Cousin : architecte.

 

Emmanuel Fremiet (1824-1910): sculpteur.

 

Alfred-Charles Lenoir (1850-1920): sculpteur.

 

Gustave Michel (1851-1924): sculpteur.

 

Pierre Granet (1843-1910): sculpteur.

 

Laurent Honoré Marqueste (1848-1920): sculpteur.

 

Clément Steiner (1853-1899): sculpteur.

 

Jules-Félix Coutan (1848-1939): sculpteur.

 

André Massoule(1851-1901): sculpteur.

 

Léopold Morice(1846-1920): sculpteur.

 

Henri Désiré Gauquié (1858-1927): sculpteur.

 

Georges Récipon (1860-1920): sculpteur.

 

Georges Gardet (1863-1939): Sculpteur animalier, il fut l'élève d'Emmanuel Fremiet.

 

Aimé-Jules Dalou (1838-1902).

 

Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.Édition de 1999. 14 volumes.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

Paul VIAL: L'Europe et le Monde de 1848 à 1914. Paris: Éditions de Gigord, 1968.

 

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Au-delà des miroitements de la Seine, on aperçoit la splendide verrière du Grand Palais.

 

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Ce remarquable ouvrage, tout en courbes et en légèreté, enjambe la Seine entre le Louvre et l'Institut de France, dont la coupole dorée s'élance vers les nuages.

 

La Passerelle des Arts

Le 15 mars 1801, la construction de cette audacieuse passerelle, premier pont métallique national, fut décidée par un décret de Bonaparte.

 

Le 28 avril 1801, le projet fut présenté, au Conseil des Ponts et Chaussées, par l'ingénieur Louis-Alexandre de Cessart (1717-1806).

 

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Le 25 juillet 1802, par un arrêté consulaire, la Compagnie des Trois-Ponts, gestionnaire du chantier, reçut l'ordre d'utiliser la fonte, un nouveau matériau plébiscité par l'industrie anglaise. L'ingénieur Jacques Vincent Lacroix de Dillon (1760-1807) réalisa une oeuvre résolument moderne entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal.

 

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Neuf arches en fonte soutenaient une plate-forme horizontale réservée aux piétons. Dès son inauguration, le 23 septembre 1803, la Passerelle des Arts devint une promenade à la mode. Le visiteur s'acquittait d'un droit de péage et découvrait le pont, conçu comme un jardin suspendu au-dessus des flots. Des bouquets parfumés, des arbustes verts, des plantes exotiques et des orangers en pots étaient répartis de part et d'autre des balustrades.

 

Les amoureux et les passants pouvaient jouir de la plaisante atmosphère des lieux, grâce aux bancs, aux échoppes et aux bateleurs qui s'y trouvaient. Un glacier y avait établi ses quartiers. Au fil de la nuit, les rencontres et les discussions s'étiraient, dans un ballet de lanternes...

 

Il faut toutefois préciser qu'on pouvait éviter de payer « un sou » et passer par le Pont-Neuf.

 

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Le Premier Consul Bonaparte, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1803.

 

Malgré les inquiétudes énoncées par les célèbres architectes Percier et Fontaine, Bonaparte imposa le choix d'un pont métallique mais il regretta ensuite l'absence de monumentalité de l'ouvrage et craignit pour sa solidité.

 

De la Passerelle au Pont des Arts

Après les ponts de Coalbrookdale et de Sunderdale en Angleterre, la Passerelle des Arts apparut comme un symbole de progrès industriel et de modernité. Elle unissait avec élégance les deux rives du fleuve et desservait le Port Saint-Nicolas.

 

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Vue du Quai du Louvre et Port Saint-Nicolas au XVIIIe siècle, par J.-B. Lallemand (Gallica).

 

Le Port Saint-Nicolas se situait en aval de l'île de la Cité, alors que la plupart des ports de Paris se trouvaient en amont. La raison en était simple, les piles des ponts constituaient des obstacles dangereux pour le passage des bateaux. Le port recevait des denrées alimentaires et le foin destiné aux chevaux de la cavalerie royale. Il reliait la capitale à la ville de Rouen et fut en activité jusqu'en 1905.

 

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Vue du quai Saint-Nicolas au pied de la Grande Galerie du Louvre, vers 1750, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet (1715-1793).

 

A partir de 1942, les vestiges du port furent aménagés en une agréable promenade qui offrait une vue imprenable sur la Passerelle des Arts. Mais « la dame de fonte » subit des bombardements qui la fragilisèrent et trois accidents fluviaux majeurs, en 1961, en 1973 et en 1979.

 

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(Cette photographie appartient à la collection de Léonard Pitt,
auteur de Promenades dans le Paris disparu.)

 

Elle avait déjà perdu une arche, en 1852, lors de l'élargissement du Quai de Conti, mais après la collision d'une barge avec une de ses piles, en 1979, elle s'effondra sur près de soixante mètres. Détruite en 1981, elle fut remplacée, entre 1982 et 1984, par une copie en acier. L'architecte urbaniste Louis Gerald Arretche (1905-1991) réalisa la nouvelle passerelle, d'une longueur de 155 mètres, composée de sept arches symétriques en acier, élargies pour favoriser le passage des péniches et des bateaux mouches.

 

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Les passes navigables se situent dans l'alignement de celles du Pont-Neuf.

 

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Alors que le plancher du pont en azobé ou bois de fer, un bois d'Afrique imputrescible, résonne sous les pas, la Galerie du bord de l'eau révèle sa sublime scénographie.

 

Cette Grande Galerie fut construite, entre 1595 et 1610, sous le règne d'Henri IV, par Louis Métezeau (1560-1615) du côté est, et Jacques II Androuet du Cerceau (1550-1614) du côté ouest. Coupant l'enceinte de Charles V, elle permettait au roi d'accéder aux Tuileries depuis ses appartements du Louvre et se terminait par le Pavillon de Flore.

 

Le Cardinal de Richelieu y fit installer l'Imprimerie et la Monnaie Royale des Médailles, en 1640, mais elle accueillit surtout, jusqu'en 1806, des boutiques, des logements et des ateliers d'artistes.

 

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De 1697 à 1777, les plans-reliefs ou maquettes des villes fortifiées
du royaume y furent exposés.

 

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La Grande Galerie par Hubert Robert, vers 1789.

 

Le 10 août 1793, le Louvre devint le Muséum central des Arts. Il fut appelé Musée Napoléon en 1803 et plus communément « Palais des Arts » sous le Premier Empire.

 

Entre 1861 et 1870, la partie occidentale de la galerie fut démolie puis reconstruite par Hector Lefuel (1810-1880) dans un style imitant celui de Louis Métezeau mais le bâtiment fut élargi pour accueillir la collection de carrosses et de voitures de Napoléon III, favoriser l'installation des appartements d'honneur et la création d'une salle pour la réunion des États.

 

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Les pilastres, les guirlandes, les frontons et les fenêtres qui rythment la façade ont été recréés, dans un style composite, 250 ans après la mise en oeuvre du « Grand Dessein » d'Henri IV.

 

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En tournant le dos à ce décor magnifique, il suffit d'emprunter le Pont des Arts pour rejoindre l'Institut de France sur la rive gauche, Quai de Conti.

 

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La fondation de ce monument « vénérable » appelé Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations fut réclamée par Mazarin, dans son testament, en 1661, et financée par un legs de quatre millions de livres.

 

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A partir de 1663, l'architecte Louis le Vau (1612-1670) déploya, en bordure de Seine, une somptueuse façade courbe flanquée de deux pavillons décorés de pots-à-feu.

 

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Le bâtiment était destiné à accueillir soixante gentilshommes originaires des quatre provinces récemment annexées à la France, soit l'Alsace, l'Artois, le Roussillon et le Comté de Pignerol en Italie.

 

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La Galerie du bord de l'eau, le Pont-Neuf et le Collège Mazarin en 1689,
par Sébastien Leclerc. (Gallica).

 

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En 1670, François d'Orbay (1634-1697) succéda à Le Vau. Il conçut le célèbre dôme circulaire couronné par une élégante lanterne.

 

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En 1805, Napoléon y transféra l'Institut de France et ses cinq académies, dont la plus célèbre demeure l'Académie Française. La coupole, intérieurement de forme elliptique, abrite la salle où se réunissent les Sages.

 

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Les cinq académies sont l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

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L'Institut abrite l'extraordinaire Bibliothèque Mazarine et, sous le dôme, la chapelle où trône le Tombeau de Mazarin, sculpté par Antoine Coysevox (1640-1720), Étienne le Hongre (1628-1690) et Jean-Baptiste Tuby (1635-1700).

 

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Le charmant angelot tient les armes du Cardinal: le faisceau de licteur d'or lié d'argent et la hache, sans oublier les trois étoiles d'or qui ornent les reliures des ouvrages de la bibliothèque.

 

Avant la construction du Collège Mazarin, la tour de Nesle s'élevait à l'emplacement de l'actuelle aile est.

 

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Cette célèbre tour formait l'extrémité de l'enceinte de Philippe-Auguste et marquait l'entrée de Paris pour les bateliers qui remontaient la Seine. Dans l'obscurité, une lanterne, la première de « Lutèce », se balançait au bout d'une potence suspendue tout au sommet.

 

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Sur cette gravure d'Israël Silvestre, on aperçoit la porte et la tour de Nesle au XVIIe siècle. A gauche, se dresse l'Hôtel de Nevers sur lequel fut édifié l'Hôtel des Monnaies. (La gravure vient du site du Musée Carnavalet.)

 

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Sur celle-ci, la tour fait face à la Galerie du bord de l'eau.

 

En 1832, dans la pièce intitulée La Tour de Nesle, Alexandre Dumas Père ressuscita le personnage de Marguerite de Bourgogne, la « reine sanglante », emprisonnée pour avoir tué ses amants après des nuits passionnées. Le spectre de cette princesse capétienne, belle-fille de Philippe le Bel, fait revivre les « légendes noires » de Paris...

 

Mais il est temps de revenir vers le pont des Arts car je voudrais évoquer ce qui est devenu un véritable « phénomène » urbain:

 

Les cadenas d'amour

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Que font là tous ces cadenas? Y aurait-il une porte secrète, invisible et truffée de serrures à l'arrière de la balustrade? Le regard aimanté par ces morceaux de métal, je m'approche...

 

Il semblerait que, depuis l'année 2008, les amoureux de passage aient commencé à accrocher des « cadenas d'amour » ou « lovelocks » aux rambardes du pont. Ils gravent ou marquent au feutre leurs initiales et jettent les clefs dans la Seine ou les dissimulent dans Paris. Cette tradition pourrait être une émanation moderne de rites d'amour médiévaux qui utilisaient des serrures et des clefs.

 

De mystérieuses disparitions

 

La majorité des cadenas a été retirée, dans la nuit du 11 au 12 mai 2010, mais les services municipaux de Paris ont toujours démenti en être responsables et le mystère n'a pas encore été résolu.

 

En juillet 2011, ce sont des pans entiers du grillage qui ont disparu sans attirer l'attention. La municipalité a dû installer de grandes planches de contreplaqué en attendant de fixer de nouveaux parapets ajourés.

 

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Un cadenas à l'effigie de Ganesha, le dieu hindou de la sagesse, de l'intelligence,
de l'illumination, de la richesse ou encore du succès...

 

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A côté de ce cadenas ouvragé, on aperçoit des liens de tissu jaune. D'après certaines sources, ils font référence à une tradition en vigueur pendant la première Guerre du Golfe. Les femmes attachaient un morceau de tissu jaune aux grilles d'une fenêtre ou d'un portail en attendant le retour de l'être aimé.

 

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Cette tradition se répète sur le Pont de l'Archevêché, près de Notre-Dame et sur la Passerelle Léopold Sédar Senghor, face au Musée d'Orsay. J'en ai également photographié sur le Pont Alexandre III.

 

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On rencontre, dans cette forêt métallique, des morceaux de plastique noués et des feuilles de papier roulé, attachées à des cordelettes ou à des rubans colorés. Certains cadenas sont couverts de messages d'amour et d'amitié.

 

D'après certains chroniqueurs, cette « pratique rituelle » serait apparue dans les années 1980 en Europe de l'Est et se serait propagée dans le reste de l'Europe au début du nouveau millénaire. D'autres font référence à un roman italien, J'ai envie de toi de Federico Moccia. Le couple de héros accroche un cadenas marqué de leurs noms (luchetti d'amore) sur un lampadaire du Ponte Milvio, près de Rome, avant de lancer la clef dans le Tibre.

 

La vogue des « cadenas d'amour » ne cesse de s'étendre, sur le Ponte Vecchio à Florence, à Venise, à Vérone, à Moscou sur les rambardes du Pont Luzhkov...

 

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Au-dessus de l'eau, élément matriciel, les serments se figent et la quête de l'amour éternel se pare de superstition. Les clefs vont rejoindre les profondeurs de l'eau, se mêler à la mort et aux ombres aquatiques, là où le temps suspend sa respiration...

 

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Depuis le Pont des Arts, combien de serments et de clefs ont-ils déjà plongé dans le fleuve?

 

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Une vision des lieux par Edward Hopper, peintre « réaliste » américain, en 1907.

 

Grâce à ses balustrades ajourées, le Pont des Arts offre une vue exceptionnelle sur la Seine et sert fréquemment de galerie d'exposition à ciel ouvert. Sa silhouette unique séduit le cinéma français et international, inspire les amoureux, les poètes, les peintres, les parfumeurs... Il permet de contempler la magnificence des quais, le Louvre et l'Institut de France et des monuments emblématiques de Paris comme la « tour clocher de l'église Saint-Germain l'Auxerrois. »

 

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Il s'agit en réalité du beffroi néo-gothique de la Mairie du premier arrondissement, attenante à l'église. Ce beffroi, édifié en 1860 par Théodore Ballu, est doté d'un magnifique carillon.

 

Que vous soyez d'humeur romantique ou dilettante, épris de rêverie ou juste de passage, ne manquez pas, si l'occasion se présente, d'apprécier l'atmosphère si « spéciale » qui émane de ce pont, entre deux mondes et à la croisée de mille sensibilités...

 

Comme une île perdue
dans un grand cimetière
où tremblent suspendus
des soleils éphémères
               -----
Comme un rêve blessé
qui refuse l'enfer
et se met à danser
dans le sang de l'hiver
               -----
Les bateaux creusent l'onde
en liens imaginaires
sous les berges profondes
aux âmes nourricières
               -----
Je les sens chuchoter
sur le pont des mystères
où nos coeurs mélangés
dévorent la lumière...

Cendrine

Pont des Arts, 27 février 2012...

 

Une chanson ?

 

 

 

Sources et Bibliographie

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850.Hetzel, 1852.

 

Aubin L. MILLIN: Dictionnaire des beaux-arts. 1838.

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris.Lejay, 1904.

 

L M TISSERAND: Topographie historique du Vieux Paris. Imprimerie impériale, 1866.

 

Émission « Sur le Pont des Arts » de Marianne Durand-Lacaze.

 

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Le samedi 31 mai 1578, Henri III, rongé par le chagrin, posa la première pierre du Pont-Neuf.

 

En tenue de grand deuil, le roi pleurait la mort de Quélus et de Maugiron, deux de ses favoris tués en duel. Il avait emprunté une barque luxueusement parée pour rejoindre son épouse, Louise de Vaudémont et la reine mère, Catherine de Médicis, qui l'attendaient parmi les dignitaires de la Cour.

 

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Les travaux amorcés ce jour-là, sur la requête de Pierre Lhuillier, le prévôt des marchands, furent interrompus pendant les guerres de religion. Ils reprirent en 1599, sous le règne d'Henri IV, et furent achevés le 8 juillet 1606. Ils donnèrent naissance au plus grand pont de Paris, le plus ancien aussi.

 

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Le Pont-Neuf est constitué de deux ponts indépendants qui se réunissent au niveau d'un terre-plein, formant la pointe de l'île du Palais. Le premier pont se situe sur le grand bras de la Seine et comporte sept arches. L'autre pont, doté de cinq arches, domine le petit bras du fleuve.

 

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Avant la construction du Pont-Neuf, les ponts de la Cité étaient vétustes et encombrés de maisons qui formaient des alignements sombres et monotones. En 1556, il fut question de créer un pont entre le Louvre et l'Hôtel de Nesle (attenant à la célèbre tour du même nom) mais le projet n'aboutit pas avant l'année 1578 où il fallut absolument détourner la circulation qui encombrait les ponts au Change et Notre-Dame.

 

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Conçu par Baptiste Androuet du Cerceau et Pierre des Iles, le Pont-Neuf connut de prestigieux « maîtres maçons » comme Thibault Métezeau, Guillaume Marchand et les Frères Petit.

 

Il se caractérisa dès le départ par sa modernité: des arches en pierre de taille, une large chaussée, des trottoirs surélevés de plusieurs marches pour assurer la protection des piétons; des demi-lunes, espaces semi-circulaires rythmant l'architecture...

 

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Les flancs du pont sont ornés de 381 mascarons aux expressions grotesques, souvent truculentes et parfois même inquiétantes. Mais ces visages de pierre, qui représentent des satyres, des sylvains et des divinités fluviales, ont un charme bien caractéristique. Les masques originaux ont été attribués à Germain Pilon, l'un des maîtres sculpteurs de la Renaissance française.

 

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Germain Pilon en a probablement réalisé une vingtaine. Les autres ont vu le jour sous les ciseaux de différents sculpteurs. Les musées de Cluny et Carnavalet conservent une partie des mascarons primitifs.

 

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Entre 1853 et 1855, l'architecte Victor Baltard, le créateur des célèbres Halles, installa sur la promenade des candélabres décorés de têtes du dieu Neptune alternant avec des dauphins fantastiques.

 

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Ce répertoire décoratif a été conçu pour s'harmoniser avec l'architecture de la Place Dauphine et de la rue Dauphine, située dans le prolongement du Pont-Neuf.

 

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La Place Dauphine fut nommée ainsi en l'honneur du Dauphin, le futur Louis XIII.

 

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La Place Dauphine

 

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En 1763, le lieutenant général de police, Antoine de Sartine fit installer les premiers réverbères rue Dauphine mais dans le premier quart du XVIIe siècle, c'était autour d'une figure populaire et monarchique que la foule se pressait.

 

La statue équestre d'Henri IV

 

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Le roi de bronze qui contemple les splendeurs de la Cité eut une histoire bien mouvementée.

 

En 1604, la reine Marie de Médicis souhaita faire ériger une effigie équestre de son époux à l'endroit où les deux ponts se réunissaient. Le projet fut confié, par l'entremise de son oncle Ferdinand Ier, au sculpteur Jean de Bologne. L'artiste avait créé la statue équestre de Cosme Ier, grand-duc de Toscane et aïeul de Marie.

 

Après la mort de Jean de Bologne en 1608, la réalisation de la statue fut confiée à Pietro Tacca. Le cheval et son cavalier furent achevés en 1612. Ils quittèrent Florence par la mer mais le navire qui les transportait fit naufrage. Il fallut repêcher les caisses et les faire transporter, par des moyens terrestres et maritimes, jusqu'à Paris. La première pierre du socle fut installée par Louis XIII, le 2 juin 1614.

 

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Du piédestal de la statue, il subsiste au Louvre quatre figures de captifs enchaînés, fondus en 1618 par Francesco Bordoni d'après les modèles de son beau-père, Pierre Francqueville.

 

La statue ne fut pas épargnée par la Révolution. En 1790, un bureau d'enrôlements volontaires fut installé au pied des marches et en 1792, le cavalier de bronze fut brisé en plusieurs morceaux. Certains furent fondus, d'autres jetés à la Seine. Quelques fragments ont été conservés. Ils se trouvent aujourd'hui au Louvre. En lieu et place d'Henri IV, les Révolutionnaires dressèrent les « Tables des Droits de l'Homme ».

 

A la Restauration, le Conseil Municipal décida de faire reconstruire le monument. Pour célébrer l'entrée de Louis XVIII à Paris, le 3 mai 1814, une statue en plâtre, réalisée par le sculpteur Henri Roguier, fut installée sur le pont. On lisait sur le socle: « Le retour de Louis fait revivre Henri ».

 

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La statue actuelle fut réalisée par François Lemot (1772-1827). Henri IV se présente en armure, la tête ceinte d'une couronne de laurier. Il brandit un sceptre à fleur de lys et chevauche un puissant destrier. Le piédestal est décoré de deux bas-reliefs historiés. Du côté sud, Henri IV fait entrer des vivres dans Paris assiégé.

 

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Du côté nord, le roi vainqueur proclame la paix sur le seuil de Notre-Dame.

 

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L'érection de la nouvelle statue.

 

Le 25 août 1818, une foule haletante se pressa sur le Pont-Neuf pour assister à l'inauguration du cavalier de bronze, fondateur de la lignée des Bourbon, par son héritier, le roi Louis XVIII.

 

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L'inauguration, par Hippolyte Lecomte.

 

En 2004, la statue, érodée par les intempéries, a révélé, au cours de sa restauration, différents objets, contenus dans des boîtes. Les restaurateurs y ont découvert des médailles gravées de l'époque de Louis XVIII, une édition richement ornée de la Henriade de Voltaire, des procès-verbaux, la Charte Constitutionnelle et bien d'autres « secrets » historiques. Certains chroniqueurs ont relaté l'existence d'une petite statue de Napoléon en or dans le bras levé du cavalier ou d'une figurine en bronze dans la patte droite du cheval.

 

Des pamphlets anti-monarchiques ont aussi été retrouvés dans le ventre du cheval.

 

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En empruntant, derrière la statue, ces escaliers de pierre assez raides, on découvre un lieu plus « intime » qui avance sur l'eau, en direction du Pont des Arts et du Louvre.

 

Le square du Vert Galant

 

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Un lundi de février, une atmosphère fantomatique... le lieu est déserté mais la promenade est fort agréable.

 

Jusqu'à la construction du Pont-Neuf, l'île de la Cité s'achevait par le Jardin du Roi (actuelle Place Dauphine). Cette « pointe » fut créée par la réunion de trois îlots: l'île du Patriarche ou île Bussy, l'île de la Gourdaine puis de la Monnaie (un moulin y utilisait l'énergie hydraulique pour battre la Monnaie Royale) et l'île aux Juifs, aux Treilles ou aux Bureau (du nom de Hugues Bureau au XVe siècle).

 

Une plaque enchâssée dans la pierre du pont « ressuscite » une figure majeure de l'Histoire de France, Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers,

 

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Le 11 ou le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, le précepteur des Templiers de Normandie, furent brûlés vifs, dans l'île de la Cité, en face du quai des Augustins.

 

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(Gravure d'Auguste Maquet)

 

 

Sous l'Empire, Napoléon projeta de construire, à cet emplacement, un obélisque « à la gloire du peuple français ». Les fondations du terre-plein furent alors consolidées, avec de nombreuses pierres provenant de la Bastille, mais le monument ne vit jamais le jour.

 

Le square fut créé en 1836. Jusqu'en 1879, il abrita un café-concert et fut cédé par l'État, pour un franc symbolique, à la ville de Paris, en 1884.

 

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Le long du petit bras du fleuve, laissons voguer nos regards sur les moirures de l'eau. Les bateaux amarrés sont une invitation au voyage...

 

 

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Les facétieux mascarons se laissent admirer à loisir.

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De grandes oreilles, des cornes, des expressions outrancières, des trognes de fantaisie, ils s'inscrivent dans une longue tradition de têtes décorées venues d'Italie.

 

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Les masques et les visages de pierre sont dotés de vertus magiques depuis l'Antiquité. Ils ont pour vocation de repousser les forces maléfiques et d'attirer la prospérité. Ils se présentent comme les génies du lieu, les divinités protectrices de la cité.

 

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Tiens, c'est moi avec mon « éternelle » écharpe rouge et mon appareil photo!!! J'étais encore en train d'imaginer que les mascarons me racontaient l'histoire du Pont-Neuf...

 

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Ce monde grotesque et fantastique nous invite à traverser le temps pour découvrir l'atmosphère qui régnait autrefois sur le pont. Ce lieu très animé était investi, pendant la journée, par une foule bruyante et pittoresque mais la nuit, toute personne qui tenait à la vie évitait de s'y promener...

 

Les tire-laine et les coupeurs de bourses évoluaient parmi le « beau monde » et les « petites gens », les vendeurs ambulants et les bretteurs qui allaient s'affronter sur la Place Dauphine toute proche.

 

Dès que le pont fut terminé, des boutiques portatives s'implantèrent sur les trottoirs ou « banquettes » qui bordaient les demi-lunes. On trouvait des bouquinistes et des marchands d'encre, des merciers, des fruitiers, des confiseurs, des tondeurs de chiens, des cireurs de bottes, des cuisiniers... De gros beignets de pommes, appelés « beignets du Pont-Neuf », étaient particulièrement appréciés.

 

En 1756, le lieutenant de police ordonna la suppression de ces boutiques mais elles réapparurent, sous le règne de Louis XVI, à l'intérieur des demi-lunes. Elles n'étaient plus en bois mais en pierre. Elles disparurent définitivement en 1855.

 

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Les mendiants se précipitaient, depuis la Cour des Miracles, sur les portières des carrosses.

 

Les « arracheurs de dents » du Pont-Neuf étaient célèbres dans tout le royaume mais leur rôle ne se cantonnait pas seulement à « tirer les quenottes ». Habiles bonimenteurs, ils vendaient toutes sortes d'objets, des prestations étranges et des remèdes miracles.

 

Le Théâtre de Mondor et de Tabarin

 

Antoine Girard (1584-1626), dit Tabarin, était un célèbre bateleur et comédien de l'époque de Henri IV. Philippe Girard, son frère, interprétait le rôle de Mondor, le maître du valet Tabarin.

 

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Les deux frères exerçaient leurs talents sur les tréteaux de la Place Dauphine et sur le Pont-Neuf.

 

Vêtu d'un « tabar », un manteau qui s'attachait à la hauteur des manches, d'un pantalon de toile blanche et coiffé d'un feutre imposant, Tabarin haranguait les passants. Il se livrait à des « tabarinades », des dialogues philosophiques au ton très incisif. Il vendait aussi des remèdes contre les brûlures, les crevasses, les maux de dents et des baumes de « charlatan ».

 

Il prétendait que son chapeau lui avait été offert par le dieu Saturne, à la condition de ne jamais le vendre ou le donner.

 

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Les éditions des farces de Tabarin connurent un franc succès et de nombreuses publications entre 1622 et 1634. Ce théâtre baroque exerça une vive influence sur les oeuvres de Molière et de la Fontaine.

 

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Les marchands d'orviétan (gravure du XVIIe siècle).

 

L'orviétan était un électuaire conçu en Toscane par un certain Lupi d'Orviéto, d'après une vieille recette attribuée au roi Mithridate. Il était réputé soigner la peste, les morsures d'animaux, les inflammations, les ulcères, neutraliser les poisons et le venin de serpent...

 

La Pompe de la Samaritaine

 

En 1608, la pompe de la Samaritaine fut érigée, par l'ingénieur flamand Jean Lintlaer, sur la deuxième arche du pont à partir de la rive droite. Il s'agissait « d'une grande maison à pans de bois, portée sur d'énormes poutres, sous lesquelles tournaient deux immenses roues de moulins. L'édifice avait deux étages, plus un grand toit aigu à deux rangs de lucarnes. » Sa façade était décorée d'un bas-relief en bronze qui figurait le Christ et la Samaritaine. Une magnifique horloge, ornée d'un soleil, d'une lune et d'un Zodiaque, et un carillon de clochettes se situaient au-dessus. Cette « machine » fort ingénieuse alimentait en eau le Louvre et les Tuileries.

 

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Sur cette toile de Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, peinte en 1777, on aperçoit le bâtiment de la Samaritaine reconstruit en 1712, sur les plans de l'architecte Robert de Cotte.

 

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L'ensemble sera malheureusement détruit en 1813.

 

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La Samaritaine, véritable « institution » parisienne, fermée pour travaux depuis plusieurs années, fut fondée en 1869 par Ernest Cognacq et aménagé par son épouse, Marie-Louise Jaÿ, ancienne première vendeuse au rayon « costumes » du Bon Marché. En 1900, naquirent les « Grands Magasins de la Samaritaine ».Ils feront l'objet d'un prochain article...

 

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Le Pont-Neuf avant la construction de la Samaritaine.

(Image trouvée dans l'ouvrage Promenades dans le Paris disparu.)

 

Je voudrais clore cette promenade en « ressuscitant » quelques expressions d'antan associées au Pont-Neuf.

 

Un « pont-neuf » était une chanson populaire, satirique et humoristique.

 

Dans le tumulte constant, on venait « faire sa cour au roi de bronze », c'est à dire se chauffer au soleil, jouir de la lumière et de l'ambiance locale.

 

« Être solide comme le Pont-Neuf » signifiait être en bonne santé, rempli de vigueur.

 

« C'est connu comme le Pont-Neuf! »: l'expression se passe de commentaire.

 

« Chanter un pont-neuf » signifiait dire ou chanter un lieu commun.

 

 

Le monde « moderne » a aussi été inspiré par le Pont-Neuf.

 

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Un clin d'oeil... le pont empaqueté dans son intégralité par l'artiste Christo.

 

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Henri IV, transformé en Chevalier Jedi par Jean-Charles de Castelbajac, en 2010.

Le sceptre fleurdelysé est devenu sabre laser...

 

 

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Le Pont-Neuf impressionne par sa puissance et sa modernité. Il jaillit, dans le paysage urbain, tel une bête moyennâgeuse, mais il résulte d'une vision nouvelle. A l'époque d'Henri IV, son architecture prit en compte la notion « d'espace piétonnier », offrit aux passants une vue dégagée sur le fleuve et brisa l'uniformité à laquelle les parisiens étaient habitués. En rompant avec les « codes » existants, il institua une autre manière de circuler.

 

Quant à son décor, il n'a cessé de stimuler l'imagination des artistes...

 

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Bibliographie

 

François BOUCHER: Le Pont-Neuf. Paris: 1925-1926.

 

Charles Jean LAFOLIE: Mémoires historiques relatifs à la fonte et à l'élévation de la statue équestre de Henri IV. Paris: 1819.

 

Guy LAMBERT: Les Ponts de Paris. Paris: 1999.

 

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Publié le par maplumefee
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Les orages règnent dans le ciel de Paris et le Génie de la Bastille, vigie dorée de la Liberté, veille au sommet de la Colonne de Juillet. Il inaugure cette promenade poétique et bien trempée qui nous fait découvrir la ville autrement.

 

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Pendant que je photographie la colonne, mon esprit s'éloigne de toute connotation historique, ne songeant qu'au folklore de la pluie, ce fascinant hydrométéore chargé de purifier l'atmosphère. Ne disait-on pas que la Vierge et les déesses des anciennes mythologies lavent leur linge dans les nuages, que le Diable et sa femme se querellent, que les sorcières cuisent leur pain sur des pierres noires et que les renards s'accouplent!

 

Bien que destructrice à ses heures, la pluie est la sève du ciel et sans elle rien ne pousserait. Il suffit d'apprécier combien les arbres sont gigantesques et verdoyants cette année.

 

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Ils forment une luxuriante toison devant l'Hôtel de Ville.

 

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Certains d'entre eux atteignent presque le sommet des toits.

 

Pour nos ancêtres, la pluie tombait à cause de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages où s'affrontaient à coup d'éclairs. Thor, divinité nordique du tonnerre, créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos.

 

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Thor, peint en 1872 par le peintre suédois Marten Eskil Winge(1825-1896).

 

Les populations redoutaient les farouches Tempestaires ou faiseurs de tempêtes, réputés capables de commander le tonnerre, de diriger la grêle, de détruire les récoltes en les noyant sous des pluies diluviennes.

 

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Les sorciers de la pluie se rendaient près d'une « font qui bout », mystérieuse fontaine sur le perron de laquelle ils versaient de l'eau en convoquant les puissances atmosphériques.

 

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D'après la légende, la célèbre fontaine de Barenton, dans la forêt de Brocéliande, est une « font qui bout ». Elle abrite aussi les amours de l'enchanteur Merlin et de la fée Viviane.

(Merci à Elfie pour cette très jolie photo...)

 

Les meneuses et les meneurs de nuées battaient l'eau des fontaines et des mares, arrosaient des pierres au croisement de plusieurs voies telluriques ou escaladaient un cerisier magique...

 

D'après les almanachs et les ouvrages anciens, on provoquait la pluie en se rendant sous un chêne et en creusant un trou dans la terre avec une baguette fourchue. Puis, en versant du liquide dans le trou (eau, lait, sang, urine...) et en remuant la baguette d'une certaine manière, les nuages libéraient la pluie.

 

On pouvait aussi déclencher l'orage en plaçant dehors à Minuit un balai dans un seau d'eau, en dessinant une spirale de galets dans une prairie où dansent les fées, en cueillant treize fleurs bleues à la crête d'une colline...

 

En Afrique, on suspendait une pirogue miniature dans les branches d'un arbrisseau sacré.

 

Pour conjurer ces phénomènes, la croyance populaire préconisait d'allumer un cierge bénit, de préférence le cierge de la Chandeleur ou la chandelle de Brigit, la déesse blanche des temps anciens, de placer une crémaillère ou un trépied retourné sous un chêne, de sonner les cloches à toute volée ou de verser de l'huile dans un cours d'eau se jetant dans la mer...

 

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Sainte-Agathe, célébrée le 5 février, était réputée, entre autres prodiges, repousser les giboulées, les orages de grêle et la pluie dévastatrice. Les premières gouttes de pluie tombant le jour de la Saint-Laurent (10 août) étaient censées apaiser les brûlures.

 

Lovées dans les pages des grimoires, les croyances d'antan continuent d'aiguiser l'imagination, la première des magies...

 

Dans les sociétés occidentales, la pluie influe plutôt de manière plutôt négative sur le moral des gens. Elle aiguise pourtant la sensibilité poétique. Elle recrée le paysage et pare la ville de couleurs électriques.

 

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A la pointe de l'île Saint-Louis, elle enveloppe le chevet de Notre-Dame dans un camaïeu gris blanc.

 

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On devine, dans un flou artistique, la dentelle d'arcs-boutants qui ceinture le choeur de l'édifice. La sublime flèche d'Eugène-Emmanuel Viollet le Duc (1814-1879) pique les nuages comme une aiguille d'argent.

 

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Malgré les trombes d'eau, je contemple la Seine couleur « encre de tempête » mais quelques instants seulement...

 

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Le crépitement mystérieux de la Seine me fait penser à la crue de 1910, tragédie qui métamorphosa Paris en spectrale Venise...

 

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Crue du quai de Grenelle, photo des frères Neurdein, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

La moitié du réseau Métropolitain de l'époque fut inondé ainsi que 20 000 immeubles parisiens et presque le double d'habitations en banlieue, sans oublier les disparus, les cultures détruites, les animaux noyés, les bâtiments ravagés...

 

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Photo de l'agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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Photo de Maurice-Louis Branger, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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La Seine grossit mais elle reste dans son lit et les bateaux attendent sagement à quai.

 

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Quand l'eau et la berge se confondent...

 

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La Gare d'Orsay, autrefois formidable « usine à voyager », dresse sous l'orage sa façade éclectique.

 

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Cette ancienne gare, autrefois terminus de la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans devait accueillir les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1900. Émanation du goût architectural français, elle fut réalisée par Victor Laloux, Premier Grand Prix de Rome et concepteur de la Gare de Tours.

 

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La passerelle Léopold-Sédar-Senghor, ancienne passerelle Solférino, s'élance au-dessus de la Seine, entre le Jardin des Tuileries et le Quai Anatole France. Elle offre sur la Seine et les variations de l'atmosphère une vue privilégiée.

 

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Le Pont-Royal, photographié depuis la passerelle Sédar-Senghor.

 

Après le Pont-Neuf et le Pont-Marie, il est le troisième plus ancien pont de Paris. Il fut érigé, entre 1685 et 1689, à l'emplacement d'un vieux pont de bois et de l'ancien Bac des Tuileries. Financé par le roi Louis XIV, d'où son nom de pont Royal, il fut construit par Jacques Gabriel, Jules Hardouin-Mansart et François Romain.

 

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La pluie redouble d'intensité et je presse le pas sur les pavés brillants, bien décidée à trouver refuge devant une tasse de chocolat chaud. Mon parapluie se gorge de vent et m'inspire quelques réflexions...

 

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(Image trouvée sur le net.)

 

Le parapluie et l'ombrelle sont vraisemblablement originaires de Chine. Au XIIe siècle avant notre ère, un charpentier chinois offrit à son épouse une ombrelle ou « petite ombre » qu'il avait fabriquée pour se protéger du soleil. Les premières ombrelles étaient constituées de branches de santal et de bambou sur lesquelles on tissait un réseau de feuilles et de plumes. On les utilisait par grand soleil ou temps de pluie.

 

 

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Dans le Japon du XVIe siècle, l'ombrelle devint un accessoire de mode. Mais le port de l'ombrelle et du parapluie revêtait aussi un caractère sacré. Les branches symbolisaient l'équilibre du cosmos et la « toile » protectrice, la voûte étoilée.

 

Dans l'Antiquité Gréco-Romaine, les ombrelles décorées étaient très appréciées pendant les spectacles et les jeux du cirque.

 

Dans l'ancienne Égypte, le parapluie était investi d'une valeur sacrée et associé à Nout, la déesse du ciel.

 

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Nout arquée au-dessus de Geb, son époux, le dieu de la terre.

 

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Nout, la déesse du ciel mystérieux et de la résurrection des morts, mère du soleil et des étoiles. Ses larmes font naître la pluie, son rire engendre le tonnerre. Elle ne touchait le sol que par l'extrémité des orteils et des doigts.

 

Les Égyptiens croyaient que son corps formait la voûte céleste, sorte de pont au-dessus de la terre. Le parapluie, mélange de bois précieux, de papyrus et de plumes de paon, était donc une représentation miniature de la déesse.

 

 

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Les nobles seuls étaient autorisés à s'y abriter et le pharaon l'utilisait pour signifier son statut royal.

 

Le parapluie traversa les âges et ses légendes aussi. D'anciens almanachs rapportent que Saint-Médard, l'évêque de Noyon, fut surpris par un violent orage en se rendant à la cour du roi Clotaire Ier. Dieu lui envoya un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui pour le protéger, un aigle-parapluie!

 

Ainsi, comme le dit le proverbe:

« Quand il pleut le jour de la Saint-Médard, (8 juin)

Pendant quarante jours il faut prendre son riflard. »

 

Mais il fallut attendre le XVIe siècle, en France, pour que Catherine de Médicis, à l'avant-garde des modes, fasse connaître l'ombrelle-parapluie. Cet objet dérivait de l'ombrellino, destiné à protéger les Papes, les Doges et les Cardinaux.

 

En 1705, un français nommé Jean Marius conçut un prototype de parapluie qui se pliait en trois parties pour être glissé dans une poche. Mais le premier parapluie « moderne » fut élaboré, en 1730, par un artisan parisien. Il utilisa une toile cirée pour remplacer les couvertures en cuir et en peau.

 

Le mot « parapluie » apparut en 1622 dans les Farces de Tabarin, célèbre bateleur du Pont-Neuf mais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le parapluie et le parasol désignèrent le même objet. Ils servaient « à se défendre du soleil et de la pluie ». (Dictionnaire de Richelet, 1680 et de Trévoux, 1777.)

 

Sir Jonas Hanway, un aventurier du XVIIIe siècle, introduisit le parapluie en Angleterre mais les fantasques sujets de sa Majesté n'acceptèrent pas facilement de porter « l'umbrella », jugeant que cet étrange objet leur donnait un air efféminé!

 

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Le parapluie est désormais une institution au Royaume-Uni.

 

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Il est indissociable de l'inoubliable Patrick Macnee dans le rôle de John Steed, l'agent secret de la série Chapeau melon et bottes de cuir.

 

Les superstitions entourant le parapluie

 

La plus connue d'entre elles consiste à ne pas ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une pièce, sous peine d'attirer le malheur. Cette superstition qui date du XVIIIe siècle trouve son origine dans les nombreux accidents survenus lors des premiers usages du parapluie. Celui-ci se dépliait parfois brusquement et son armature blessait la personne se trouvant à côté.

 

L'ombre du parapluie était un espace tabou dans lequel il ne fallait pas entrer car les âmes s'y réfugiaient.

 

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A Paris, la Maison Antoine est le plus ancien magasin de parapluies.

 

En 1745, Monsieur et Madame Antoine, originaires du Massif Central, s'installèrent sur le Pont-Neuf. Ils ouvrirent deux boutiques situées chacune à une extrémité du pont. Mais, à l'époque, les gentilshommes étaient les seuls à pouvoir acheter des parapluies. Les époux Antoine mirent alors au point un système de location de parapluies destiné à toute personne qui souhaitait franchir le fleuve.

 

En 1760, ils ouvrirent une boutique, dans le quartier du Palais-Royal, au numéro 26 de la galerie Montpensier. Dans ce lieu à la mode, promenade privilégiée des Parisiens, ils fabriquèrent des cannes et des parapluies. En 1885, leurs héritiers créèrent, au 10, avenue de l'Opéra un magasin qui existe toujours. On y trouve des parapluies, des cannes, des ombrelles et des gants de qualité.

 

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La Maison Antoine fut acquise, en 1965, par la famille Lecarpentier, des fabricants de parapluies d'Orléans. (Image trouvée sur le net.)

 

Écrire à propos du parapluie me permet de vous montrer deux tableaux que j'aime particulièrement.

 

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La Place de l'Europe, temps de pluie, 1877, par Gustave Caillebotte(1848-1894). (Art Institute, Chicago).

 

Dans le décor majestueux du Paris Haussmannien, la pluie engendre une atmosphère intimiste. Le cadrage est audacieux, proche d'une réalisation photographique. Dans ce Paris de la modernité, de l'éclairage au gaz, des omnibus et des trottoirs couverts d'asphalte, les personnages de Caillebotte vaquent à leurs occupations quotidiennes.

 

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Les Parapluies, 1886, de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). National Gallery à Londres.

 

L'oeuvre se pare d'une séduisante tonalité bleutée et met en scène une foule animée sous une forêt de parapluies.

 

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La pluie est ici un prétexte pour favoriser la rencontre amoureuse. Par galanterie, un homme propose d'abriter une jeune femme sous son parapluie. Notons que la petite fille, au premier plan, est ravissante et que son regard exprime une délicieuse intensité.

 

Ceux qui comme moi ont conservé leur âme d'enfant apprécieront Totoro et son parapluie!

 

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Dans Mon Voisin Totoro, film d'animation de Hayao Miyasaki, un drôle d'esprit de la forêt tisse une amitié poétique avec la charmante petite Mei et sa soeur Satsuki...

 

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Cet été à Paris, le parapluie est encore et toujours de mise! Mais il paraît que le soleil va bientôt briller...

 

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A travers l'épaisse couche nuageuse, quelques rayons lumineux font scintiller la surface de l'eau. On aperçoit la coupole cuivrée de l'Hôtel de Salm, Musée de la Légion d'Honneur et des ordres de chevalerie.

 

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La Seine vue depuis la pointe nord-ouest de l'île Saint-Louis. On aperçoit sur la droite la mystérieuse Tour Saint-Jacques.

 

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Quai de Bourbon, le petit batelier du Franc Pinot rame sur fond de tempête.

 

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Les gargouilles de Notre-Dame contemplent l'orage qui se réactive.

 

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Mais de temps à autre, le vent violent souffle les nuages et une belle éclaircie apparaît.

 

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L'orage n'a cependant pas dit son dernier mot... A peine le temps de gagner les Tuileries et la houle des nuages enveloppe ce beau vase aux têtes de bélier.

 

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Le jardin se vide peu à peu...

 

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La grande roue de la fête foraine aussi.

 

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Mais dans tout ce gris éclate la chatoyante palette des roses, des églantines et des roses trémières.

 

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Les Alcea Rosea, (plantes vivaces de la famille des Malvacées), dirigent leurs hampes robustes vers le ciel en colère et leurs pétales veloutés nous enivrent de couleurs.

 

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Rose d'Outremer, passerose, primerose, rose papale ou bâton de Jacob, la rose trémière est une enchanteresse qui naît au gré du vent. Les Croisés des XIIe et XIIIe siècles ont bien fait de la ramener d'Orient.

 

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La tradition rapporte que si on fait un voeu en jetant des graines d'alcea par-dessus son épaule gauche, on sera entendu par les fées...

 

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Après cette promenade, dans la soirée, l'orage s'est dissipé. J'ai photographié ce ciel magnifique au-dessus de chez moi, à Sarcelles, dans le Val d'Oise.

 

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Il n'y a pas que du béton à Sarcelles. Nous le verrons dans quelques temps...

 

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A peine rentrée et déjà les nuages d'orage reviennent au galop...

 

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Courage, monsieur le Soleil!



Bibliographie

 

J. P. CHASSANY: Dictionnaire de météorologie populaire. Maisonneuve & Larose.

 

Charles NISARD: Histoire des livres populaires ou de la littérature de colportage.Fac-sim. Paris: 2° éd. en 1 vol. de E. Dentu, 1864. Paris: Amyot, 1854. Fig.

 

Jacques PAYEN et Gordon RATTRAY TAYLOR: Les Inventions qui ont changé le monde. Le Parapluie. Sélection du Reader's Digest, 1982.

 

Jean VERTEMONT: Dictionnaire des mythologies indo-européennes.Faits et Documents, 1997.

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Publié le par maplumefee
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Un franc soleil règne sur la capitale. Les mascarons du Pont-Neuf contemplent la Seine miroitante et je musarde, en délicieuse compagnie, sous les palmiers de Paris Plages...

 

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Du 20 juillet au 19 août 2012, de 8h00 à Minuit, les quais de Paris se transforment en lieux de villégiature estivale et de nombreuses activités gratuites sont au programme.

 

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La 11ème édition de Paris Plages est un peu particulière en raison du chantier qui occupe une partie de la voie Georges-Pompidou. La manifestation se concentre entre le quai des Tuileries et le Pont d'Arcole et plusieurs attractions se déroulent au Bassin de la Villette.

 

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Dans un décor ourlé de grandes vagues de bois, jaillit une forêt de parasols et d'oriflammes.

 

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Il est encore tôt mais dans une heure tout au plus les transats, les chaises et les confortables poufs et coussins aux couleurs anisées seront pris d'assaut.

 

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En attendant, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, l'architecture des ponts de Paris.

 

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Quand le soleil sera à son zénith, le jardin des brumes deviendra le refuge d'une foule ravie de se réapproprier l'espace urbain, de si agréable façon.

 

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Paris Plages, c'est aussi Paris verdure et Paris culture. Nous nous installons près de ce pot géant, à côté de la Bibliothèque éphémère Flammarion qui propose, chaque jour, un choix de trois cents ouvrages. De 11 heures à 19 heures, quai de la Mégisserie, il suffit de laisser sa pièce d'identité pour emprunter les livres désirés.

 

Les promeneurs sont séduits par un généreux florilège d'activités: cours de Taï Chi, de danse de salon, chasse aux trésors, Ludo Plage pour les enfants de 3 à 6 ans, boulodrome, espace baby foot, ateliers éducatifs, lecture...

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique. Des fontaines réparties sur la longueur du parcours permettent également de s'hydrater.

 

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En cas de fortes chaleurs, cette douche insolite permet de se rafraîchir de pied en cap!

 

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Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

Quelques jours avant que ce château soit érigé, j'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne.

 

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De grandes barges, actionnées pas un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. A la fin de l’évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Au cours de l'édition 2011, ce sable aux grains si fins a servi à réaliser le château de la Belle au bois dormant et les adorables Minnie et Mickey.

 

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D'un château à un autre...

 

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Un an plus tard, devant la bibliothèque éphémère, je profite d'une vue imprenable sur la Conciergerie tout juste restaurée. Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies...

 

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Les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade ont retrouvé depuis peu leur éclat. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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A l'angle nord-est du palais, se dresse la Tour de l'Horloge, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

Grâce à l'ouverture des voies sur berge, nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. Appuyée contre la balustrade, je savoure la subtile palette des couleurs et la beauté porcelainée du ciel.

 

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Les arches gracieuses du Pont au Change chevauchent la Seine, au pied de la Conciergerie, entre la rive droite et l'Île de la Cité.

 

Initialement, un pont fut construit, au IXe siècle, sur le grand bras du fleuve. Ce Grand Pont devint Pont au Change en raison des boutiques de courtiers de change, d'orfèvres et de joailliers qui y étaient installées. Détruit par un incendie en 1621, l'ouvrage fut reconstruit entre 1639 et 1647. Le nouveau pont en maçonnerie, qui comportait sept arches, était alors le plus large de Paris. Il subit des réparations en 1740 mais les maisons qu'il supportait étaient si imposantes et serrées les unes contre les autres qu'elles furent rasées en 1786. On imagine à loisir combien le paysage était différent...

 

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Le pont actuel fut construit, entre 1858 et 1860, sous le règne de Napoléon III et décoré de l'insigne impérial. Le Pont Saint-Michel fut reconstruit à la même époque et sur un modèle identique. Il se situe, dans l'alignement du Pont au Change, entre l'Île de la Cité et la rive gauche de la Seine.

 

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A l'occasion de Paris Plages, les abords du pont se transforment en île aux trésors.

 

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L'imagination s'anime auprès du bateau pirate et de la jolie sirène qui garde ses secrets. Cette plage artificielle dans un lieu insolite rencontre un vif succès, je peux vous l'assurer!

 

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J'aime cheminer sous les arches des ponts. Entre les piles profondes, les remous de l'eau sont électriques et l'écume danse sous les étraves des bateaux. Gorgées de lumière, les algues lèchent les vieux quais.

 

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Alors que j'approche du Pont Notre-Dame, une étrange voix frissonne dans la pierre. A travers le joyeux brouhaha environnant, elle chuchote les splendeurs et les outrages du temps.

 

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Cet ouvrage composite traverse le grand bras de la Seine, entre le quai de Gesvres et le quai de la Corse, sur l'Île de la Cité. Il se dresse, depuis 1853, à l'emplacement d'un des premiers ponts antiques de Paris. Entre 1910 et 1914, ses cinq arches furent réduites à trois et depuis, son arche centrale métallique dessine un bel arc étiré.

 

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Ce mascaron, sculpté sous le Second Empire, décore l'une des arches primitives. Dieu du fleuve nourricier, il sourit aux promeneurs qui découvrent ou redécouvrent ce patrimoine luxuriant.

 

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Bleu des oriflammes qui dansent dans l'air facétieux, bleu du ciel peuplé de nuages moutonnants, encre féerique de l'eau... les couleurs s'entrelacent et composent un magnifique tableau. On aperçoit le dôme du Tribunal de Commerce qui domine l'une des arches de pierre du Pont Notre-Dame, la pointe de la flèche de la Sainte-Chapelle, les tours de la Conciergerie et l'élégante silhouette du Pont au Change.

 

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Les nuages déferlent, le vent souffle des rumeurs de tempête mais le soleil va vite reprendre l'ascendant. Les ponts qui s'enchaînent dessinent un subtil réseau de veines irriguant le coeur flamboyant de la Cité.

 

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Je m'arrête un instant pour contempler le feuillage jade sombre de ce palmier, amusante incongruité dans l'architecture parisienne...

 

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… et me voici revenue vers le Pont-Neuf qui m'a déjà inspiré un article que vous pouvez retrouver en passant par le lien suivant: Les secrets du Pont-Neuf.

 

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Depuis la création de Paris Plages, j'y suis allée chaque année et j'ai vu croître l'engouement pour cette manifestation bon enfant, originellement destinée à accueillir ceux qui ne partaient pas en vacances.

 

Je déplore que des langues de vipère traitent les promeneurs de Paris Plages de « parasites » et les accusent, depuis une décennie, de « vampiriser les impôts des honnêtes gens ». Certains ont prétendu que des virus et des « maladies honteuses » sévissaient dans ce qu'ils qualifient de « sanicrotte géant ». J'ai donc résisté à onze étés de flâneries gourmandes et culturelles dans un pareil endroit!!!

 

Même s'il ne s'agit pas d'une vraie plage, l'opportunité de se détendre, de pique-niquer et de jouir du spectacle des ponts de Paris sous un angle différent séduit un public varié. Quant à la joie des enfants, elle est communicative!

 

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Notre promenade s'achève face au Pont des Arts et à l'Institut de France mais avant de clore cet article, je voudrais vous montrer un de mes lieux préférés. On n'y accède pas cette année à cause des travaux en cours sur la voie Georges-Pompidou.

 

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A l'ombre des piles du Pont Marie, j'ai tissé de bien agréables souvenirs. La vue est peut-être moins spectaculaire qu'ailleurs mais le calme ambiant formait un contraste bienvenu avec la joyeuse agitation ambiante. Lors des précédentes éditions de Paris Plages, la Bibliothèque éphémère Flammarion se situait à côté.

 

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Les solitaires, les rêveurs et les gourmands de lecture aiment cet endroit... J'y ai laissé naviguer mes pensées à fleur d'eau...

 

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J'ai cependant bien apprécié mes visites à Paris Plages en cet été 2012 et j'ai l'intention d'y retourner avant la fin de l’évènement.

 

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Je suis ravie de vous retrouver et je vous remercie pour les gentils messages que vous avez déposés sur mon blog pendant cette pause estivale!

Plume4

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