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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #annee, #chinois, #coq, #feu, #jpg

 

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Coq de Gao Jianfu (1879-1951)

 

Le Singe de Feu s'en est allé, cédant la place, du 28 janvier 2017 au 15 février 2018, au Coq de Feu, appelé aussi Coq Rouge ou Coq Indépendant (Ding You). Cet animal gorgé de vitalité ouvre les portes d'une année présentée comme une année de chance. Année intense qui célèbre le passage de l'ombre à la lumière.

 

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L'année du coq symbolise l'éveil de la puissance, l'énergie de la quête et le feu de la passion. Brave, fier, conquérant, le coq est celui qui déploie ses ailes en dépit des obstacles et des difficultés. Seigneur de l'aube, il mène à l'épanouissement ceux qui combattent avec vaillance.

 

Il incarne l'indépendance et le lever de la lumière. Protecteur des guerriers, il est celui qui apporte le triomphe et dissipe les ténèbres par son chant. On lui attribue en Chine les Cinq Vertus Cardinales soit le Courage, le Civisme, la Valeur Militaire, la Confiance et la Bonté.

 

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(Image trouvée sur Pinterest via le site Etsy).

 

Il attire la chance, les honneurs et la prospérité, stimule la santé et la longévité.

 

L'année qu'il préside est considérée comme fortement créative et propice à l'amour, à la sensualité, à la sexualité épanouie, aux mariages et aux naissances. Année de fièvre et de vigueur dont le feu, de nature yin, est aussi capable de douceur.

 

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Coq de Zhang Daqian (1899-1983), considéré comme « le plus légendaire maître en peinture chinoise du XXe siècle ».

 

Feu qui attise la clairvoyance et privilégie les liens amoureux, les liens d'amitié et les liens familiaux mais attention, d'après les croyances chinoises, l'année du coq favorise aussi les affrontements avec les forces du Métal soit une intensification des problèmes sur la scène internationale et des relations chaotiques et pleines de violence entre certains pays. Heureusement, sur un plan personnel et professionnel, l'année regorge de possibilités « positives ».

 

Guerrier valeureux, combattant accompli, leader organisé, le coq de feu a plusieurs défis à relever. Il doit notamment maîtriser son arrogance et veiller à écouter ceux qui l'entourent. Il doit aussi cultiver sa vigilance en toutes circonstances.

 

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Coq sur un rocher de Xu Beihong (1895-1953).

 

Le coq, ne l'oublions pas, est un symbole universel dont la puissance résonne aussi très fortement en Occident. Notre coq gaulois ne chante-t-il pas, vaillamment, lorsqu'il a les deux pattes dans la m.... ?!!! wink2

 

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Pièce gauloise Bellovaque du 1er siècle avant J.C, représentant un coq et le soleil levant en forme de roue solaire. Les Bellovaques résidaient dans l'actuel département de l'Oise.

 

Célébré dans la Rome antique, la Gaule ancienne, la Germanie, la Saxe, la Wallonie, les territoires celtes, vikings, anglo-normands... Associé à l'Alchimie, à la Franc-Maçonnerie, aux Templiers, il est celui qui "éveille", avatar du dieu celte Lug appelé le Brillant.

Sentinelle qui repousse les démons et les créatures de la nuit, il veille sur les clans et protège les âmes des guerriers. Emblème de ceux qui cherchent la connaissance et pratiquent la médecine, sa racine celtique est « Kog » qui signifie « rouge ». Vous trouverez d'autres renseignements et de nombreuses photos dans mon article intitulé La fontaine de Mars et Hygie.

 

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Le coq de la fontaine

 

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Coqs de Xu Beihong

 

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Je ne connais pas l'auteur de celui-ci.

 

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Pièces commémoratives de la série Lunar II commercialisées par la Monnaie de Perth, en Australie, à partir du 9 septembre 2016.

 

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Pièce commémorative émise par la Monnaie de Mongolie.

 

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Pièce de 10 € en argent, émise par la Monnaie de Paris et faisant partie de la série intitulée : « Calendrier chinois ».

 

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Sur le revers de la pièce, on voit le portrait de Jean de la Fontaine et l’ensemble des animaux du zodiaque chinois.

 

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A l'occasion des festivités liées au coq de feu chinois, j'ai voulu rééditer des photos qui ont émaillé mes articles portant sur les traditions asiatiques du nouvel an. J'ai aussi retrouvé des photos que je n'avais pas encore publiées. Petit florilège...

 

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Lanternes aux couleurs précieuses qui dansent devant l'Hôtel de Ville.

 

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Dragon purificateur, protecteur et facétieux...

 

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Élégance des participants au défilé

 

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Lions d'or et de feu

 

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Ferveur ambiante et puissance apotropaïque de la couleur rouge...

 

Si vous souhaitez découvrir ou vous replonger dans l'histoire et les traditions du nouvel an chinois ou de la fête vietnamienne du Têt, vous pouvez cliquer sur les liens suivants.

 

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Que cette année nouvelle vous soit propice ! Je souhaite à mes amis de cœur et d'âme : Antoinette, Rémi, Vanessa, May... qui fêtent le nouvel an chinois beaucoup de bonheur et je vous embrasse, chers aminautes, bien fort... A très bientôt...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #echelle, #fontaine, #haudriettes, #patibulaire, #rue

 

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A l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes, dans le quartier du Marais, s'élève une fontaine aux lignes sobres, de plan trapézoïdal, rare exemple encore debout de fontaine néoclassique dans Paris.

 

Nombre de ces fontaines, au décor fondé sur une imitation d’œuvres antiques, ne résistèrent pas aux grands travaux entrepris par Haussmann et celles qui demeurent ont généralement été déplacées. Je pense, entre autres, à la fontaine de Léda que l'on admire, dans le jardin du Luxembourg, à l'arrière de la fontaine Médicis et à la fontaine du Palmier située sur la Place du Châtelet. Ayant prévu des articles sur le sujet, je ne développe pas davantage et je reviens à la fontaine des Haudriettes.

 

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Ce bel édicule fut érigé en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux (1727-1794), maître général des Bâtiments de la Ville de Paris, à l'initiative du prévôt des marchands, pour remplacer une Fontaine Neuve, bâtie en 1636.

 

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L'argent des princes de Rohan-Soubise finança la construction du monument dont le décor fut confié au sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770).

 

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L'élégant bas-relief de Mignot décrit une naïade allongée parmi les roseaux et dont le bras gauche repose sur un vase d'où s'écoule une eau claire.

 

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Esprit de l'eau qui venait originellement de Belleville et qui fut acheminée, après 1822, depuis le canal de l'Ourcq, vers le quartier du Marais.

 

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Le mascaron de la fontaine, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

 

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Plusieurs fontaines de Paris ont conservé de beaux mascarons « cracheurs » -ou censés l'être- en forme de tête de lion ou de créatures fantastiques.

 

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Mascaron de la fontaine de Mars et Hygie, rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

Restaurée plusieurs fois et notamment en 1836, la fontaine des Haudriettes a été déplacée, en 1933, par l'ingénieur Louis-Clovis Heckly (1893-1975) pour favoriser la circulation des passants et bien qu'éloignée de plusieurs mètres de sa position initiale, elle rappelle l'emplacement d'un célèbre couvent, celui des Haudriettes dont l'histoire est peu conventionnelle.

 

Le nom « Haudriettes » vient de Étienne Haudri (que l'on écrit aussi Haudry et Audry) qui était, selon les livres d'histoire, soit valet de chambre de Saint-Louis (1214-1270) soit maître drapier et grand panetier (officier gérant le service de bouche) de Philippe le Bel (1268-1314). On ne connaît pas précisément ses dates de naissance et de mort mais on sait qu'il se rendit en Palestine afin de participer à la Croisade et que lorsqu'il revint en France, il partit en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle sans prévenir sa femme. Celle-ci, qui le crut mort, fonda dans sa maison une communauté religieuse pour les veuves pauvres et les pèlerins malades.

 

Quand Haudri rentra chez lui, il fut désemparé par les transformations survenues dans sa demeure et s'adressa au pape afin de « récupérer sa maison ou sa femme » (!). Le pape choisit de rétablir son mariage si le couvent n'était pas démantelé.

 

Il est dit aussi, dans plusieurs dictionnaires historiques, qu'Étienne Haudri, riche propriétaire, offrit ses terres à des religieuses qui le remercièrent en portant le nom d'Haudriettes.

 

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La fontaine, photographiée en 1898 par Eugène Atget (1857-1927). On aperçoit un cadran solaire, disparu, au-dessus de la naïade de Mignot.

 

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Naïade joliment décrite par le poète Philippe Dufour, auteur d'un ouvrage intitulé Poèmes Légendaires : l'amour, le glaive, le songe. Publié en 1897, ce recueil dédié à la mémoire de Leconte de Lisle et préfacé par José Maria de Heredia, célèbre les rues et les monuments de Paris.

 

 

La fontaine occupe une place privilégiée à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes qui portait, au XIIIe siècle, le nom de l'un de ses habitants : Jehan-l'Huillier avant d'être appelée rue des Vieilles-Haudriettes, rue des Haudriettes et rue de l'Échelle du Temple car le Grand Prieur de l'Ordre du Temple y avait fait élever une échelle patibulaire. On ignore avec précision quand sont advenus les changements de noms mais on sait qu'en 1636, la rue s'appelait rue de la Fontaine et qu'en 1690, on lui avait redonné le nom de rue des Haudriettes.

 

L'échelle patibulaire est un pilori, signe de Haute Justice, que l'on n'utilise pas pour mettre à mort, à la différence des fourches et des signes patibulaires.

 

Quand il arrive que l'on croise un individu à la mine patibulaire, on ne pense pas forcément à l'origine du mot. Patibulaire vient de patibulum qui dérive lui-même de patere : « être ouvert ou exposé, s'étendre en surface ». Les fourches patibulaires ont été créées dans la Rome antique. Le condamné était attaché à un poteau de bois. Il avait la tête coincée dans une fourche et on le battait à mort à coup de verges.

 

La fourche devint au fil du temps une potence constituée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers.

 

En France, le sinistre gibet de Montfaucon était constitué d'un ensemble de fourches patibulaires (ou colonnes de justice) apparues au début du XIIIe siècle.

 

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Joseph Thierry (1812-1866), Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon, vers 1866. Vous apprécierez le sublime ciel de tempête et l'atmosphère fantomatique, glaçante des lieux avec la touche de rouge, comme une morsure sur la toile.

 

 

Le signe patibulaire est un carcan (collier métallique fixé à un poteau ou à un mur), signe de Haute Justice, utilisé pour humilier et non pour mettre à mort, à l'instar de l'échelle patibulaire.

 

Pendant la minorité de Louis XIV, l'Échelle de Justice du Temple fut brûlée par de jeunes seigneurs appelés les petits maîtres. Elle fut aussitôt rétablie mais comme elle empiétait sur la rue, elle fut diminuée en 1667.

 

Dans le tome 5 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, au chapitre intitulé « Échelle », il est écrit :

 « On confond quelquefois l’échelle avec la potence ou gibet, parce que les criminels y montent par une échelle : mais ici il s’agit des échelles qui servent seulement pour les peines non capitales ; au lieu que la potence ou gibet, et les fourches patibulaires, servent pour les exécutions à mort. »

 

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A Paris et dans les villes d'Île de France, on utilisait peu le mot « pilori » car on lui préférait le mot « échelle » d'où l'existence de certaines « rues de l'Échelle » qui conservent le souvenir de ces peines d'humiliation publique. Il existe toujours une rue de l'Échelle entre la rue de Rivoli et l'avenue de l'Opéra. Son nom lui vient de l'échelle patibulaire des évêques qui se dressait là.

 

Outre l'Échelle de Justice du Temple et celle des évêques située près de l'Opéra, on trouvait une échelle patibulaire sur le parvis de Notre-Dame -administrée par le Chapitre de la cathédrale- et une échelle sur le Port Saint-Landry, l'ancien port principal de Paris situé dans l'Île de la Cité.

 

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Désormais, nos regards se posent sur la naïade de Mignot et le souvenir de l'Échelle du Temple semble se diluer dans le temps.

 

Sculpteur apprécié de ses contemporains, Pierre-Philippe Mignot n'a pas eu toute la renommée qu'il méritait. Élève des maîtres François-Antoine Vassé (1681-1736) et Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il remporta, à l'Académie Royale, le deuxième prix de sculpture en 1738 et le premier prix en 1740. Il fut également lauréat du prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis entre juin 1742 et novembre 1743.

 

Après son retour d'Italie, il fut agréé à l'Académie royale en 1747 mais il ne put accéder au titre prestigieux d'Académicien.

 

Ses œuvres les plus célèbres sont la naïade de la fontaine des Haudriettes et une Vénus ou Bacchante endormie, appelée aussi La Belle endormie, datant de 1747 et reproduite en 1761, aujourd'hui conservée au City Museum and Art Gallery de Birmingham, en Angleterre.

 

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La Belle endormie

 

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A quelques mètres de la fontaine, un restaurant appelé Le Connétable possède encore de vieilles grilles surmontées de pommes de pin autrefois dorées. Ces grilles, imposées par édit royal dans un but de protection des lieux, évoquent la présence ancienne d'un commerce de vin. Vous avez aussi sûrement remarqué la boutique de Liqueurs et de Vin sur la photo prise par Atget en 1898. Dans le quartier, eau et vin ont apparemment toujours fait bon ménage !

 

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Après cette promenade dans le temps, je m'éclipse en vous donnant rendez-vous dans quelques jours pour « explorer » les charmes et les ambivalences de la peinture contemporaine qui décore le vieux mur situé derrière la fontaine. En attendant de vous retrouver, je vous remercie de votre fidélité. Gros bisous !

 

Bibliographie

 

Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle. Paris : Honoré Champion, 1911.

 

Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris, 1844.

 

Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

 

Gustave Pessard : Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, 1904

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #beach, #joyce, #libraire, #sylvia, #ulysse

 

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 Au numéro 37 de la rue de la Bûcherie, à l'emplacement de l'ancien Port au Bois de Paris, les lecteurs compulsifs arpentent avec gourmandise les rayons d'une célèbre librairie.

 

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 Fondée, en 1919, par une américaine nommée Sylvia Beach (1887-1962) rue Dupuytren, dans le 6e arrondissement de Paris, elle fut déplacée, en 1921, au numéro 12, rue de l'Odéon.

 

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 Libraire au savoir cosmopolite, Sylvia Beach fut la compagne de l'éditrice et poétesse Adrienne Monnier (1892-1955), figure incontournable de la vie intellectuelle parisienne dans les premières décennies du XXe siècle.

 

En 1922, elle publia, dans son intégralité, le roman Ulysse de l'écrivain irlandais James Joyce (1882-1941).

 

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James Joyce et Sylvia Beach en 1921.

 

Texte hautement controversé, Ulysse (Ulysses en anglais) fut interdit aux États-Unis jusqu'en 1931, en raison de son « caractère pornographique » mais Ernest Hemingway (1899-1961) le fit entrer en douce sur le sol américain.

 

Fortement décrié par les censeurs, Ulysse a aussi divisé les milieux littéraires. Des auteurs comme H.G. Wells (1866-1946) et Virginia Woolf (1882-1941) le détestèrent, le qualifiant de « vulgaire », « innommable », « écœurant », « prétentieux » alors que pour le poète et romancier Valéry Larbaud (1881-1957), Ulysse était tout simplement « génial » et « brillant ».

 

Ce roman attire mais peu de personnes s'aventurent à le lire jusqu'au bout. Pendant mes études littéraires à l'Université Michel de Montaigne à Bordeaux, je ne l'ai pas lu non plus en entier. Je croulais, comme mes camarades, sous les ouvrages à étudier... 3000 jusqu'à la Maîtrise alors je n'ai lu que les extraits polycopiés par nos professeurs. Quelques années plus tard, je m'y suis plongée, « intriguée » par les critiques virulentes qui lui étaient et lui sont toujours adressées par nombre de littéraires : « ouvrage atrocement chiant... », « œuvre pour malades mentaux », « monstre inqualifiable », « cloaque sexuel », « texte d'une vulgarité insupportable »... Mon opinion rejoint celle de Valéry Larbaud : Ulysse est incroyablement novateur et brillant !

 

Le synopsis est le suivant : Joyce relate l'odyssée, pendant la journée du 16 juin 1904, de deux personnages dans la ville de Dublin : Leopold Bloom (Ulysse), un agent publicitaire aux « mœurs hasardeuses » et Stephen Dedalus (Télémaque), jeune intellectuel désireux de vouer son existence à l'art. Après s'être croisés, tout au long de la journée, ils se retrouvent le soir dans un bordel pour des moments crus, directs, puissamment explicites, ponctués de réflexions sur l'art, le temps qui passe, l'absurdité de certains moments de la vie et... Je ne dévoile évidemment pas la fin.

 

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James Joyce avec Sylvia Beach et Adrienne Monnier, 1938, à l'intérieur de Shakespeare and Company.

 

Le style de Joyce est comme un uppercut. Il nous plonge sans retenue dans le cerveau de ses personnages et nous précipite à travers les méandres de leurs pensées chaotiques. Libres de toute règle, les mots restituent la fureur de cette lave mentale qui s'enchevêtre avec les actions des corps et pour de nombreuses personnes, le résultat est tout bonnement incompréhensible. Pour d'autres, c'est le génie d'un des plus grands écrivains du XXe siècle qui s'exprime ainsi. Face à des opinions aussi violentes et tranchées, il faut s'armer de patience et lire les mille pages composant Ulysse, réécriture hallucinée de l'Odyssée tout en gardant l'esprit ouvert...

 

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Marylin Monroe (1926-1962) plongée dans la lecture d'Ulysse.

 

Le 2 février 1922, Sylvia Beach publia dans son intégralité cet ouvrage qui parut, entre mars 1918 et décembre 1920, sous forme de feuilleton dans le magazine américain The Little Review. Son amour de l'art et de la liberté d'expression ne fléchit jamais. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle dissimula des livres « interdits » et en 1941, elle refusa de commercer avec les Nazis ce qui lui valut de voir fermer sa librairie. Elle reçut de nombreux soutiens dont celui d'Ernest Hemingway mais son combat contre l'obscurantisme, l'insécurité dans laquelle elle se trouva et la mort de Joyce, ami très cher, en 1941 altérèrent, pendant de longues années, sa santé.

 

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Sylvia Beach parmi ses livres, dans la partie personnelle de la boutique.

 

Elle mourut en 1962 et, pour lui rendre hommage, le libraire américain George Whitman (1913-2011) rebaptisa « Shakespeare and Company » la librairie « Le Mistral » qu'il avait ouverte, en 1951, dans la rue de la Bûcherie. Le souvenir de la grande dame qu'était Sylvia Beach perdure donc à deux pas de la cathédrale Notre-Dame.

 

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Sylvia Beach « croquée » sur l'une des fenêtres de la librairie.

 

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Elle fut la marraine de la Génération Perdue, un courant littéraire qui désignait des auteurs américains de l'Entre-deux-Guerres expatriés à Paris.

 

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Nom qui leur fut attribué par la poétesse, écrivaine, féministe, mécène et collectionneuse Gertrude Stein (1874-1946).

 

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Portrait de Gertrude Stein dans son appartement, avant 1910, avec au mur son portrait peint par Pablo Picasso. Washington, Librairie du Congrès.

 

Leurs plus illustres représentants étaient Francis Scott Fitzgerald (1896-1940), Ernest Hemingway (1899-1961), John Steinbeck (1902-1968) ou encore John Dos Passos (1896-1970). Cette génération au talent prolifique céda la place à la Beat Generation, un mouvement artistique, émanation de l'esprit bohème, qui vit le jour aux Etats-Unis en 1950.

 

Le chef de file de cette Génération pleine d'intensité était Jack Kerouac (1922-1969), auteur du roman manifeste Sur la route, paru en 1957.

 

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Jack Kerouac (crédit photo Tom Palumbo).

 

Avec Kerouac, William Burroughs (Le festin nu), Allen Ginsberg (Howl) et bien d'autres, la créativité de ce mouvement s'articula autour du mythe des grands espaces, de la spiritualité de la Nature, de la quête de la liberté et de l'exploration de mondes « parallèles », sous l'emprise ou non de substances psychoactives.

 

Aux racines de la libération sexuelle et du mode de vie décalé, déjanté, pétillant de la jeunesse des années 1960, la Beat Generation s'opposa au racisme, à l’homophobie et fit triompher des idées pacifistes et libertaires qui engendrèrent les mouvements contre la Guerre du Vietnam. Au Centre Pompidou, une très belle exposition vient de lui être consacrée.

 

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Cet esprit libre et inventif est indissociable de l'histoire de « Shakespeare and Company » où l'on rencontre, devant les vitrines agréablement surannées ou le long des rangées de livres, des tumbleweeds, voyageurs d'un genre un peu particulier.

 

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Tumbleweeds

 

Humaniste et communiste au grand coeur, George Whitman, surnommé le « Don Quichotte du Quartier Latin », aimait accueillir des personnes pour une ou plusieurs nuits, en échange de deux heures de travail quotidien dans la librairie, de la lecture d'un livre et de l'écriture de leur biographie en une page. Sa fille, Sylvia Whitman, a repris le flambeau en 2001. Elle poursuit cette tradition et héberge des écrivains de passage.

 

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 Sylvia et Georges Whitman, dans leur appartement situé au-dessus de la librairie. Merveilleuse photo qui décrit la passion pour la lecture d'un papa et de sa petite fille...

 

Les Whitman n'ont pas de lien de parenté avec Walt Whitman (1819-1892), l'un des maîtres de la poésie américaine du XIXe siècle, auteur d'un sublime recueil appelé Leaves of Grass (Feuilles d'Herbes) et dont le portrait est affiché sur l'un des murs extérieurs de la librairie.

 

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 Fin 2015, le célèbre bookstore a ouvert un café biologique d'où l'on bénéficie d'une vue imprenable sur Notre-Dame. Avec la chaotique année 2016 que j'ai vécu je n'ai pas eu l'occasion de m'y attabler mais je compte bien y faire un tour en 2017...

 

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Je ne peux que vous encourager, si l'occasion se présente, à pousser les portes de ce lieu fascinant. Pour respecter la tranquillité des lecteurs, on ne peut pas prendre de photos à l'intérieur mais les images de la façade, maintes fois aperçues dans la série fantastique Highlander (dont je vous ai parlé dans mon article sur l'église Saint-Julien le Pauvre) doivent vous donner envie...

 

En attendant notre prochaine promenade, je pense bien à vous et vous souhaite une excellente fin de semaine. Merci de votre fidélité, gros bisous et couvrez-vous bien !

 

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Une de mes citations préférées de James Joyce issue d'Ulysse :

 « L'instinct, c'est comme cet oiseau qui mourait de soif et qui a pu boire l'eau de la cruche en jetant des cailloux dedans. »

 

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Photos prises avec mon téléphone portable, un peu floues mais qui restituent bien l'atmosphère agréable des lieux...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annee, #belle, #nouvelle, #tes, #voeux

 

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Avant de publier de nouveaux articles, j'avais envie de rééditer ce poème écrit il y a quelques temps. Je l'avais un peu oublié et je l'ai relu avec plaisir.

En vous remerciant de vos vœux et en vous souhaitant, à nouveau, une très belle année 2017, gros bisous !

 

Nouvelle année tu fais ta belle

Avec tes jupons de dentelle

Qui dansent dans la nuit brodée

De givre et de bonbons de fée

 

Dans tes cheveux le vent des neiges

Tisse la soie des sortilèges

Avec tes larmes de rosée

Tu prends mon coeur dans un baiser

 

Nouvelle année aux doux pétales

Sous les étoiles de cristal

N'oublie pas les plus démunis

Les naufragés de cette vie

 

Leurs mots brisés leurs yeux fanés

Au festin de la destinée

A l'heure des enchantements

Sème leurs vœux au firmament

 

Nouvelle année rose d'hiver

Éclose au front des arbres verts

Nourris les corps berce les âmes

Dans la jeunesse de ta flamme

 

Flocons de lune et fleurs sauvages

Font scintiller le paysage

Le ciel dans tes rubans d'aurore

S'enivre aux légendes du Nord

 

Au creux de l'âtre familier

Sur la roue du calendrier

Dans le grimoire des saisons

Écris la blanche floraison

 

Nouvelle année au sang rebelle

Je sens tes jupons de dentelle

Glisser sur la peau des chemins

Éveillant l'or des lendemains...

 

Cendrine

 

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Plume

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