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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #femme, #Jean-Baptiste, #jeune, #Santerre, #suzanne, #vieillard

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousoleil.wordpress.com

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Voici la suite du thème initié samedi dernier, sur une initiative de Fardoise : « La Toilette, L'Hygiène ».

 

Les participations sont sur le blog de Lilou : https://lilousoleil.wordpress.com

 

 

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Pure et sensuelle, elle apparaît, au cœur d'une composition maîtrisée, héroïne biblique à la peau de nacre nommée Suzanne, « incarnée », sous le pinceau de Jean-Baptiste Santerre (1651-1717).

 

L’œuvre illustre l'un des thèmes les plus représentés en Histoire de l'Art : celui de Suzanne au bain, épiée par deux vieillards menteurs, libidineux, malveillants.

 

La charmante Suzanne aurait pu n'être « que » le fruit d'attentions lubriques mais son histoire, issue du Chapitre 13 du Livre de Daniel, faillit connaître une issue des plus tragiques.

 

L'artiste décrit une belle jeune femme à sa toilette : Suzanne, qui vivait dans l'ancienne Babylone auprès de son riche époux nommé Joakim. Suzanne et Joakim, incontournables dans la bonne société, accueillaient dans leur demeure des personnes qu'opposaient des litiges d'ordre varié. Ces litiges se réglaient sous l'obédience de deux vieillards que la population de Babylone avaient désignés pour leur -prétendue- sagesse. Les vieillards occupaient à ce titre la fonction de juges civils.

 

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Passant le plus clair de leur temps chez Suzanne et Joakim, les vieillards se mirent à désirer Suzanne et à jalouser Joakim maladivement. Obsédés par la jeune femme, ils décidèrent de lui tendre un piège pour l'obliger à coucher avec eux.

 

Ils attendirent d'avoir fini de siéger et suivirent Suzanne, à couvert, dans le magnifique jardin qui bordait la demeure. Désirant se baigner et croyant être tranquille pour faire sa toilette, Suzanne envoya ses deux servantes chercher de l'huile et des parfums et dès qu'elle fut seule, les vieillards s'imposèrent à elle, lui tenant le discours suivant :

 

« Voici que les portes du jardin sont fermées, personne ne nous voit et nous sommes pleins de désir pour toi ; donne-nous donc ton assentiment et sois à nous. Sinon, nous témoignerons contre toi qu’un jeune homme était avec toi et que c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »

 

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A la fois choquée, en situation de fragilité mais pleine de caractère, Suzanne refusa de se donner à eux. Ils la menacèrent davantage, elle tint bon et ils décidèrent de se venger. Ils convoquèrent la population de Babylone et accusèrent la jeune femme d'adultère.

 

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Les vieillards brossèrent de Suzanne un tableau odieux, l'accablant sous une suite de faux témoignages. Ils prétendirent qu'en se promenant dans le jardin, ils avaient vu Suzanne renvoyer ses servantes, se dénuder et accueillir un jeune homme séduisant. Ils décrivirent avec force détails un acte sexuel entre Suzanne et son amant puis ils se posèrent en victimes, affirmant qu'ils avaient tenté d'appréhender, sans succès, le jeune homme après le « pêché ». Ils dirent qu'ils s'étaient sentis menacés et que Suzanne avait fait preuve de la pire indécence.

 

La population les crut, en leur qualité de juges et d'anciens de la Cité et Suzanne, honnie et insultée, fut condamnée à mort !

 

Dans sa prison, la jeune femme pria de tout son cœur et Dieu entendit sa détresse. Il sollicita le futur prophète Daniel, un adolescent plein de ressources, réputé pour sa pureté et son intelligence. Daniel partit en quête des vieillards, il les aborda chacun de leur côté et leur posa la question suivante :

 

« Sous quel arbre Suzanne et son amant ont-ils fait l'amour ? »

 

Le premier vieillard interrogé évoqua un lentisque pistachier et le second assura qu'il s'agissait d'un chêne. Daniel sentit son cœur en joie. Il avait obtenu la preuve de l'innocence de Suzanne. Les habitants de Babylone apprirent la nouvelle avec effroi. Les vieillards avaient tout inventé...

 

L’innocence de Suzanne fut reconnue et les vieillards, honnis à leur tour, furent condamnés à mort !

Suzanne retrouva sa maison, son époux et la considération de ceux qui l'entouraient.

Quant à Daniel, il acquit de plus en plus d'importance auprès du peuple. « Il devint grand, à partir de ce jour et dans la suite du temps. »

 

 

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Le thème de Suzanne au bain fut abordé par une majorité d'artistes au fil des siècles. Le voici « immortalisé » par Jean-Baptiste Santerre qui était appelé « le Corrège Français », un compliment des plus remarquables étant donné que Antonio Allegri dit Le Corrège (1489-1534) était considéré comme un maître, un orfèvre naturaliste et un « mélodiste » de la couleur.

 

Sa Suzanne au bain constitue la pièce maîtresse de son art et son Morceau de Réception à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Le 18 octobre 1704, il remit à l'Académie cette œuvre à l'esthétique précieuse, imprégnée de grâce et de sensualité.

 

Avant cela, il fit son apprentissage chez François Lemaire, un spécialiste du portrait et chez le peintre et graveur Bon Boulogne (1649-1717) incontournable pour les artistes de son temps.

 

Très aimé à son époque, Jean-Baptiste Santerre reçut des commandes de la part du Régent Philippe d'Orléans, de hauts dignitaires de la Cour et aussi de l'Impératrice Catherine de Russie. Il fonda à Versailles, une Académie d'Art pour les femmes, convaincu que le talent n'était pas que l'apanage des hommes ! Il réalisa des compositions historiques, des portraits, des scènes galantes et fut particulièrement apprécié pour ses descriptions très maîtrisées de jeunes femmes s'éclairant à la bougie, cuisinant, se livrant à des activités de broderie, s'habillant pour le bal, tenant un masque de théâtre ou lisant des lettres.

Féru de peinture nordique, il avait une forte inclination pour les figures de fantaisie et les œuvres de Georges de la Tour (1593-1652) dont il encensait les éclairages à la chandelle. Hélas, oublié après sa mort, il demeure injustement méconnu du grand public alors que ses contemporains le tenaient en grande estime.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des visions de la Période Nacrée de Renoir avec la Jeune fille coiffant ses cheveux, peinte en 1894 et de sensuelles jeunes femmes dans l'intimité de leur toilette...

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-auguste-renoir-jeune-fille-coiffant-ses-cheveux-1894-et-jeunes-femmes-a-la-toilette.html

 

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Belles pensées pour vous, je vous remercie de votre fidélité et vous envoie de gros bisous !

 

Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #echelle, #fontaine, #haudriettes, #Lafayette, #Madame, #paris, #Précieux, #Rochefoucauld, #Scudéry, #Sévigné

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié, j'ai choisi, pour le mardi 26 janvier, un poème de Georges de Scudéry (1601-1667), frère de la célèbre femme de lettres Madeleine de Scudéry (1607-1701).

 

Madeleine de Scudéry régnait sur un Salon Littéraire des plus appréciés, que fréquentaient, entre autres esprits prestigieux, Madame de Sévigné, Madame de Lafayette, La Rochefoucauld... Femme Savante et Militante Féministe avant l'heure dont les mots nourrissaient le Mouvement Précieux.

 

J'illustre le poème de Georges de Scudéry (1601-1667) avec la Nymphe de la Fontaine des Haudriettes, élégant monument qui se dresse à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes (3e arrondissement de Paris), dans le quartier du Marais.

 

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La Nymphe endormie

 

Vous faites trop de bruit, Zéphire*, taisez-vous,

Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;

Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,

Et si le vent se tait, faites la même chose.

 

Mon cœur sans respirer, regardons à genoux

Sa bouche de corail, qui n'est qu'à demi close,

Dont l'haleine innocente est un parfum plus doux

Que l'esprit de jasmin, de musc, d'ambre et de rose.

 

Ah que ces yeux fermés ont encor d'agrément !

Que ce sein demi-nu s'élève doucement !

Que ce bras négligé nous découvre de charmes !

 

Ô Dieux, elle s'éveille, et l'Amour irrité

Qui dormait auprès d'elle a déjà pris les armes

Pour punir mon audace et ma témérité.

 

Georges de Scudéry

 

*Zéphire ou Zéphyr, le vent de l'Ouest (ou du nord/ouest), amant époux de Flore, la déesse du Printemps.

 

 

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J'avais présenté la fontaine il y a quelques années et j'ai pris plaisir à retrouver, entre les confinements, l'agréable atmosphère des lieux.

 

Retour sur l'histoire d'un bel édicule aux lignes sobres, de plan trapézoïdal, rare exemple encore debout de fontaine néoclassique dans la capitale.

 

Nombre de ces fontaines, au décor fondé sur une imitation d’œuvres antiques, ne résistèrent pas aux grands travaux entrepris par Haussmann et celles qui demeurent ont généralement été déplacées.

 

La Fontaine des Haudriettes fut érigée en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux (1727-1794), maître général des Bâtiments de la Ville de Paris, à l'initiative du prévôt des marchands, pour remplacer une Fontaine Neuve, bâtie en 1636.

 

L'argent des princes de Rohan-Soubise finança la construction du monument dont le décor fut confié au sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770).

 

L'élégant bas-relief de Mignot décrit une nymphe ou naïade allongée parmi les roseaux et dont le bras gauche repose sur un vase d'où s'écoule une eau claire.

 

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Esprit de l'eau qui venait originellement de Belleville et qui fut acheminée, après 1822, depuis le canal de l'Ourcq, vers le quartier du Marais.

 

 

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Le mascaron de la fontaine, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

 

Plusieurs fontaines de Paris ont conservé de beaux mascarons « cracheurs » -ou censés l'être- en forme de tête de lion ou de créatures fantastiques.

 

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Restaurée plusieurs fois et notamment en 1836, la fontaine des Haudriettes a été déplacée, en 1933, par l'ingénieur Louis-Clovis Heckly (1893-1975) pour favoriser la circulation des passants et bien qu'éloignée de plusieurs mètres de sa position initiale, elle rappelle l'emplacement d'un célèbre couvent, celui des Haudriettes dont l'histoire est peu conventionnelle.

 

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Le nom « Haudriettes » vient de Étienne Haudri (que l'on écrit aussi Haudry et Audry) qui était, selon les livres d'histoire, soit valet de chambre de Saint-Louis (1214-1270) soit maître drapier et grand panetier (officier gérant le service de bouche) de Philippe le Bel (1268-1314). On ne connaît pas précisément ses dates de naissance et de mort mais on sait qu'il se rendit en Palestine afin de participer à la Croisade et que lorsqu'il revint en France, il partit en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle sans prévenir sa femme. Celle-ci, qui le crut mort, fonda dans sa maison une communauté religieuse pour les veuves pauvres et les pèlerins malades.

 

Quand Haudri rentra chez lui, il fut désemparé par les transformations survenues dans sa demeure et s'adressa au pape afin de « récupérer sa maison ou sa femme » (!). Le pape choisit de rétablir son mariage si le couvent n'était pas démantelé.

 

Il est dit aussi, dans plusieurs dictionnaires historiques, qu'Étienne Haudri, riche propriétaire, offrit ses terres à des religieuses qui le remercièrent en portant le nom d'Haudriettes.

 

 

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La Nymphe veille sur la fontaine et sur les alentours de celle-ci...

 

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La fontaine occupe une place privilégiée à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes qui portait, au XIIIe siècle, le nom de l'un de ses habitants : Jehan-l'Huillier avant d'être appelée rue des Vieilles-Haudriettes, rue des Haudriettes et rue de l'Échelle du Temple car le Grand Prieur de l'Ordre du Temple y avait fait élever une échelle patibulaire. On ignore avec précision quand sont advenus les changements de noms mais on sait qu'en 1636, la rue s'appelait rue de la Fontaine et qu'en 1690, on lui avait redonné le nom de rue des Haudriettes.

 

L'échelle patibulaire est un pilori, signe de Haute Justice, que l'on n'utilise pas pour mettre à mort, à la différence des fourches et des signes patibulaires.

 

Quand il arrive que l'on croise un individu à la mine patibulaire, on ne pense pas forcément à l'origine du mot. Patibulaire vient de patibulum qui dérive lui-même de patere : « être ouvert ou exposé, s'étendre en surface ». Les fourches patibulaires ont été créées dans la Rome antique. Le condamné était attaché à un poteau de bois. Il avait la tête coincée dans une fourche et on le battait à mort à coup de verges.

 

La fourche devint au fil du temps une potence constituée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers.

 

En France, le sinistre gibet de Montfaucon était constitué d'un ensemble de fourches patibulaires (ou colonnes de justice) apparues au début du XIIIe siècle.

 

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Joseph Thierry (1812-1866), Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon, vers 1866. Vous apprécierez le sublime ciel de tempête et l'atmosphère fantomatique, glaçante des lieux avec la touche faustienne de rouge qui apparaît comme une morsure sur la toile.

 

Le signe patibulaire est un carcan (collier métallique fixé à un poteau ou à un mur), signe de Haute Justice, utilisé pour humilier et non pour mettre à mort, à l'instar de l'échelle patibulaire.

 

Pendant la minorité de Louis XIV, l'Échelle de Justice du Temple fut brûlée par de jeunes seigneurs appelés les petits maîtres. Elle fut aussitôt rétablie mais comme elle empiétait sur la rue, elle fut diminuée en 1667.

 

Dans le tome 5 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, au chapitre intitulé « Échelle », il est écrit :

 

« On confond quelquefois l’échelle avec la potence ou gibet, parce que les criminels y montent par une échelle : mais ici il s’agit des échelles qui servent seulement pour les peines non capitales ; au lieu que la potence ou gibet, et les fourches patibulaires, servent pour les exécutions à mort. »

 

A Paris et dans les villes d'Île de France, on utilisait peu le mot « pilori » car on lui préférait le mot « échelle » d'où l'existence de certaines « rues de l'Échelle » qui conservent le souvenir de ces peines d'humiliation publique. Il existe toujours une rue de l'Échelle entre la rue de Rivoli et l'avenue de l'Opéra. Son nom lui vient de l'échelle patibulaire des évêques qui se dressait là.

 

Outre l'Échelle de Justice du Temple et celle des évêques située près de l'Opéra, on trouvait une échelle patibulaire sur le parvis de Notre-Dame -administrée par le Chapitre de la cathédrale- et une échelle sur le Port Saint-Landry, l'ancien port principal de Paris situé dans l'Île de la Cité.

 

Désormais, nos regards se posent sur la Belle des Eaux réalisée par Mignot et le souvenir de l'Échelle du Temple semble se diluer dans le temps.

 

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Sculpteur apprécié de ses contemporains, Pierre-Philippe Mignot n'a pas eu toute la renommée qu'il méritait. Élève des maîtres François-Antoine Vassé (1681-1736) et Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il remporta, à l'Académie Royale, le deuxième prix de sculpture en 1738 et le premier prix en 1740. Il fut également lauréat du prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis entre juin 1742 et novembre 1743.

 

Après son retour d'Italie, il fut agréé à l'Académie Royale en 1747 mais il ne put accéder au titre prestigieux d'Académicien.

 

Ses œuvres les plus célèbres sont la Naïade de la fontaine des Haudriettes et une Vénus ou Bacchante endormie, appelée aussi La Belle endormie, datant de 1747 et reproduite en 1761, aujourd'hui conservée au City Museum and Art Gallery de Birmingham, en Angleterre.

 

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Bibliographie

 

Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

 

Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

 

Merci de votre fidélité, chers Aminautes !

 

Je pense bien à vous... Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bouche, #francois, #fut, #jpg, #maitre

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et LilouSoleil dont le nouveau blog est à l'adresse indiquée ci-dessous.

 

https://lilousoleil.wordpress.com

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Pour le samedi 23 janvier et le samedi 30, le thème proposé par Fardoise est « La Toilette, L'Hygiène ».

 

A travers ce thème, donc, je prends un plaisir immense à vous parler de François Boucher (1703-1770)... Mes amies de toujours savent combien il a d'importance pour moi... C'est grâce à trois peintres : François Boucher (1703-1770), Antoine Watteau (1684-1721) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) que je me suis engagée dans des études d'Histoire de l'Art à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III et que mes passions m'ont amenée à faire un Doctorat.

 

Mon Mémoire de DEA était consacré à François Boucher, via les illustrations des Œuvres Complètes du Théâtre de Molière. Ce fut un travail des plus denses et gratifiants ! Un travail réalisé, ardemment, en DEA et poursuivi, tout aussi ardemment, pendant ma Thèse.

 

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La Toilette, peinte en 1742, est l'une de mes œuvres préférées. Elle appartient à une série de tableaux que François Boucher a consacrés aux différents moments de la journée.

 

Devant une cheminée où crépite un feu vif, une jeune femme vêtue d'une robe blanche et bleue, un déshabillé coquet couleur de ciel, se love dans un univers paré de bibelots et d'objets de confort. Elle vient d'ajuster l'un de ses bas et attache gracieusement sa jarretière en montrant l'intérieur de sa cuisse. Sa dame de compagnie, élégante dans une robe à plis Watteau*, lui tend un petit bonnet très féminin. Un charmant félin joue à ses pieds.

 

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L’œuvre, une délicieuse saynète de boudoir, fourmille de détails et d'ornements (miroir, éventail, pot en porcelaine, balai, chandelle allumée dans un bougeoir d'argent, lettre, soufflet, théière, tasses, oiseau en céramique, tissus, rubans...) On aperçoit les yeux d'un portrait que les spécialistes de Boucher ont attribué à la pastelliste et miniaturiste vénitienne Rosalba Carriera (1673-1757). On se régale du mouvement des étoffes et des drapés agrémentant la scène... Ondes précieuses de tissu qui attirent la lumière et qui offrent aux spectateurs leur énergie colorée.

 

Le thème du « placement du bas et de l'ajustement de la jarretière », particulièrement prisé dans les boudoirs au XVIIIe siècle, résulte d'une vogue lancée par Jan Steen (1626-1679), maître de la peinture hollandaise baroque. Montrer le bas dans son ajustement évoquait l'instant où l'amant, par le biais d'une lettre notamment, viendrait inviter sa belle à ôter ses vêtements pour se livrer aux plaisirs de la chair.

 

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Installer le bas sur sa jambe et serrer la jarretière dans le but de s'en défaire un peu plus tard... Voici le propos de l’œuvre. N'oublions pas que nous sommes au XVIIIe siècle, à l'apogée du Libertinage ! La jeune femme se pare dans la perspective d'être, un peu plus tard, dévêtue.

 

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Animal indissociable de la féminité, le chat, compagnon sensible et voluptueux, est le familier de la jeune femme en son intimité. Il file la métaphore érotique, avec sa pelote et ses babines retroussées. Un chat coquin, facétieux qui évoque la liberté des sens.

 

Sensualité de l’œuvre qui s'exprime à travers le feu brûlant dans la cheminée, le soufflet présent sur l'image et la chandelle en train de brûler. François Boucher tisse le scénario d'une future rencontre amoureuse, scénario qui s'enracine dans l'image de la lettre qui annonce, dans les tableaux du XVIIIe siècle, la venue d'un amant.

 

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Avec sa peau nacrée, sa bouche couleur cerise, sa mouche au coin de l’œil droit, son regard vif et son petit nez mutin, la jeune femme incarne « l'Amoureuse », fraîche et voluptueuse, telle qu'aimaient la représenter les peintres du XVIIIe siècle.

 

*J'évoquais la robe à plis Watteau de la dame de compagnie.

 

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J'apprécie beaucoup ce style de vêtements que l'on retrouve dans les œuvres peintes par le maître Antoine Watteau (1684-1721) dans le cadre de la Fête Galante. François Boucher a très souvent représenté des robes à plis Watteau et des personnages vus de dos, comme les aimait Antoine Watteau.

 

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A travers la myriade de détails qui agrémentent l’œuvre, on savoure des motifs exotiques qui correspondent à la vogue des Chinoiseries. Cela est d'autant plus marqué que François Boucher était un collectionneur passionné d'objets orientaux. Il possédait une magnifique collection de paravents, d'étoffes ornées d'oiseaux, de théières, de vases en céladon, de bibelots en forme de petits personnages et d'oiseaux, de miroirs au cadres ouvragés... Il avait réuni, semble-t-il, près de 800 objets que les collectionneurs s'arrachèrent après son décès.

 

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François Boucher, L'Odalisque après la toilette, une des versions réalisées vers 1743...

 

Artiste prolifique, François Boucher apparut comme le maître de la Peinture Galante, un maître de l'Érotisme sous le règne de Louis XV (1710-1774), témoignant de l'art de vivre à son époque avec une sensualité ardente et un sens du détail qui force l'admiration.

 

Il naquit à Paris et fut initié aux techniques décoratives par son père, Nicolas Boucher, ornemaniste et marchand d’estampes. Âgé de 17 ans, il exerça ses talents chez des maîtres illustrateurs comme François Lemoyne et Jean-François Cars. (Nous voici dans ma Thèse de Doctorat car j'ai collecté, recensé, étudié les dessins réalisés par François Boucher pour la Nouvelle Édition de l’Histoire de France du Père Daniel, en 1722).

 

Peintre d'histoire émérite, François Boucher fut gratifié en 1723 du Premier Prix de Peinture de l'Académie avec « Evilmérodach, fils et successeur de Nabuchodonosor, délivrant Joachim des chaînes dans lesquelles son père le retenait depuis longtemps. »

 

Il voyagea en Italie, étudia à Rome, rencontra le maître Giambattista Tiepolo (1696-1770) et fut agréé, le 24 novembre 1731, peu de temps après son retour à Paris, comme Peintre d'Histoire à l'Académie. Il devint Académicien, le 30 janvier 1734 avec le superbe « Renaud et Armide »...

 

Sa carrière fut des plus prestigieuses. Il devint Professeur en 1737, puis Directeur de l’Académie et il fut nommé Premier Peintre du Roi en 1765. Son rôle, dans les Manufactures Royales de Tapisserie et de Porcelaine, à Aubusson et à Sèvres mais aussi à Versailles, dans la Chambre de la Reine ou encore au Cabinet des Médailles fut majeur.

 

Il fut particulièrement lié avec Madame de Pompadour (1721-1764), à qui il enseigna la Peinture et le Dessin. Une amitié des plus solides les unit ainsi qu'une complicité artistique, un amour du Beau, du Savoir, de la Connaissance partagée.

 

Son épouse, Marie-Jeanne Buseau (Buzeau) (1716-1796), qui était miniaturiste et créatrice de gravures, joua pour lui, souvent, le rôle de modèle. Ils eurent trois enfants prénommés Jeanne-Élisabeth-Victoire (1735), Juste-Nathan (1736) et Marie-Émilie (1740).

 

François Boucher peignit de nombreux Tableaux Historiques, des Séries sur les Saisons et les Heures du Jour, des Pastorales, des Chinoiseries, des Scènes d'Intérieur dans lesquelles il montra son attirance vive pour l'art des peintres néerlandais. Il « gourmanda » dans ses œuvres le corps des femmes, peignant le Désir, le Plaisir, la Nudité avec une audace rieuse. Il réalisa une myriade d'illustrations pour des livres d'histoire, des romans, des recueils de poésie... Il fut un artiste incontournable du temps des Lumières ! Maître du style dit Rocaille ou Rococo.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre de l'artiste décorateur Paul Baudry (1828-1886), intitulée La Toilette de Vénus.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-paul-baudry-la-toilette-de-venus-1858.html

 

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De belles pensées pour vous, chers Aminautes et de gros bisous .

 

Prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #chione, #deesse, #dieu, #neige

 

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La neige qui a recouvert le paysage le week-end dernier m'a donné envie de consacrer un billet à sa blancheur onirique et à la déesse de la mythologie grecque Chioné que j'avais évoquée il y a plusieurs hivers.

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Sans oublier le Poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne qui demeure dans nos cœurs et nos pensées... Un poème brodé de séduisante poudreuse, né sous la plume d'une poétesse contemporaine, Corinne Albaut, qui a écrit des « Comptines pour le temps de Noël », publiées chez Actes Sud Junior.

 

Le Bonhomme de Neige

 

Au nord de la Norvège

Vit un bonhomme de neige.

Il n'a pas peur de fondre,

Là-bas, la neige tombe

Pendant de très longs mois,

Il y fait toujours froid.

 

Et le bonhomme de neige,

Bien assis sur son siège,

Regarde les flocons

Voler en tourbillons.

 

Sais-tu ce que j'en pense ?

Il a bien de la chance

Pour un bonhomme de neige

D'habiter la Norvège.

 

Corinne Albaut

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries de nacre et d'argent au gré de sa progression.

 

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Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie « la neige ».

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

 

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

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Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

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Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle pouvait apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant une myriade de belles choses, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Prenez bien soin de vous... Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #cadogan, #cowper, #frank, #jpg, #oeuvre

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou. Merci à elles ! ??

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

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J'ai choisi pour illustrer la suite du thème « La Vie en Jaune », initié la semaine dernière, une œuvre fascinante, au style bien particulier (mélange de Préraphaélisme et d'une forme de Romantisme très personnel), née sous le pinceau de Frank Cadogan Cowper (1877-1958).

 

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Beauté rêveuse, solaire, à la fois présente et insaisissable, si féminine et classe avec son chapeau qui pourrait surgir d'une gravure illustrant Alice in Wonderland...

 

Son auteur, Frank Cadogan Cowper, était un artiste anglais, né à Wicken, dans le Northamptonshire, le 16 Octobre 1877. Il était portraitiste, peintre d'histoire, illustrateur et fut qualifié de magicien des étoffes et d'alchimiste des couleurs. Il composa des œuvres imprégnées de mystère et d'un sens du sacré particulièrement recherché.

 

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Son père, Frank Cowper, était romancier et son grand-père, associé aux croyances évangélistes des Frères de Plymouth, fut recteur de l'église de Wicken.

 

Dans cette atmosphère, Frank Cadogan reçut une solide éducation religieuse et en 1896, il entra à « l'école d'art du bois Saint-Jean ». De 1897 à 1902, il étudia à l'Académie Royale des Arts, il y exposa certaines de ses œuvres et approfondit ses connaissances en l'art du portrait et en scènes d'histoire.

 

En 1902, il devint l'élève de l'artiste américain Edwin Austin Abbey (1852-1911) puis il voyagea en Italie et se rendit à Paris où ses œuvres furent fort appréciées.

 

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Frank Cadogan Cowper maîtrisait un nombre conséquent de techniques artistiques : peinture à l'huile, aquarelle, art du dessin, illustration de livres dont une édition prestigieuse des œuvres de William Shakespeare (1564-1616). Il réalisa de grandes fresques murales, notamment pour le Parlement d'Angleterre et fut qualifié de « dernier des Préraphaélites ».

 

En 1904, il entra comme associé à la Royal Watercolour Society et il devint membre, en 1907, de l'Académie Royale.

 

Ses œuvres qui demeurent imprégnées d'une séduisante étrangeté décrivent volontiers des Allégories et des héroïnes du folklore et de la littérature anglo-saxonne...

 

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La Belle Dame ou La Vanité à la chevelure d'or...

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi d'explorer la couleur jaune et sa symbolique à travers des créations de ©Kirk Reinert, illustrateur de fantasy américain né en 1955.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-kirk-reinert-la-fee-lumiere.html

 

Gros bisous et pensées tendresse, merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #Desnos, #feuille, #ligne, #Robert

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

Une année toute jeune a déployé ses ailes, dans l'esthétique du froid alors j'ai choisi, pour honorer le rendez-vous du poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne, ce poème qui invite à la rêverie...

Il était une feuille... de Robert Desnos (1900-1945), poète, écrivain et journaliste, de sensibilité Surréaliste qui mourut du typhus dans les abysses du camp de concentration de Theresienstadt (en Tchéquie).

 

Comme la page d'un livre qui se tourne, ouvrant vers d'autres cieux...

 

Espoir d'une nouvelle ère, au-delà de ce qui fut...

 

Il était une feuille...

 

« Il était une feuille avec ses lignes —

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur —

Il était une branche au bout de la feuille —

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur —

Il était un arbre au bout de la branche —

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur —

Cœur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l’arbre —

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vigne de cœur —

Au bout de ces racines il était la terre —

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre. »

 

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J'illustre cette poésie dont j'aime beaucoup la rythmique libre, la subtilité, l'élégance et la riche simplicité, avec des photos hivernales et je souffle vers vous de gros bisous !

 

Comme des feuilles colorées d'Amitié...

 

Prenez bien soin de vous !

 

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 Célestes bleus d'hiver... On y accroche des vœux, des pensées, des rêves à travers le froid mystérieux de la lumière.

 

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L'ossature des arbres se fait évocatrice de tant de lignes de vie qui s'entrecroisent...

 

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 Arbres Ancêtres, Arbres Protecteurs et Conteurs d'Histoires à travers les voix entrelacées du Vent... Je vous Aime !

 

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Et dans le Ciel, en feux de nacre, se reflètent les Secrets de la Terre...

 

Je pense bien à vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #1901, #alexander, #john, #jpg, #white

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Le thème proposé pour le samedi 9 janvier et le samedi 16 janvier par Fardoise est « La Vie en Jaune ». Sur le blog de LilouSoleil pour les liens vers les publications.

 

 

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Dès que j'ai pris connaissance du thème, j'ai aussitôt songé à ce tableau qui me plaît par sa précieuse simplicité et par ce qu'il possède de délicieusement intimiste, de très naturel et d'élégant. L'attitude du corps de la jeune femme m'attire avec ivresse. Elle joue avec le Soleil et porte une robe aux nuances de l'Astre du Jour...

 

 

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Avec cette œuvre, nous entrons dans un univers féminin, ardent, rêveur et tissé d'élégances, celui de John White Alexander qui naquit, en 1856, dans la ville d'Allegheny, en Pennsylvanie.

 

Profondément marqué par l'intensité psychologique des rêveries et des pensées féminines, l'art de John White Alexander célèbre la beauté des matières, la vibration de la couleur et la gracilité des lignes. C'est un voyage étoffé d'émotions très subtiles...

 

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Orphelin dès son plus jeune âge, John White Alexander (1856-1915) fut élevé par ses grands-parents et dut travailler comme télégraphiste, dès l'âge de douze ans. Ce fut à cette époque qu'il manifesta des aptitudes pour le dessin.

 

En 1875, âgé de 18 ans, il s'installa à New York et débuta comme illustrateur et caricaturiste politique dans le célèbre hebdomadaire des frères Harper intitulé le Harper's Weekly. Il y rencontra de nombreux écrivains et de talentueux illustrateurs et après deux années d'apprentissage intensif, il quitta New York pour découvrir l'Europe.

 

Après un bref séjour à Paris, il se rendit en Allemagne où, à la Kunstakademie de Munich, il étudia auprès du peintre académique hongrois Gyula Benczúr (1844-1920).

 

Il rejoignit ensuite en Bavière, à Polling, le cercle artistique du maître Frank Duveneck (1848-1919) et fréquenta des artistes prestigieux comme le peintre William Merritt Chase (1849-1916) et le romancier Henry James (1843-1916).

 

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Quelques temps après son apprentissage auprès de Duveneck, John White Alexander découvrit les splendeurs de Venise, les formes changeantes et les reflets de l'eau et le travail remarquable du peintre et graveur James Abbott Mac Neil Whistler (1834-1903) dont les créations oscillaient entre Réalisme, Symbolisme et Impressionnisme.

 

Il regagna les États-Unis en 1881. Il enseigna le dessin à l'Université de Princeton et ses portraits de jeunes femmes aux robes magnifiques suscitèrent l'engouement des critiques et du public.

 

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De 1890 à 1901, il vécut à Paris et bénéficia d'une solide renommée fondée sur le charme et la profondeur psychologique émanant des sujets qu'il représentait. Il multiplia les portraits féminins et les portraits d'intellectuels célèbres comme celui du poète Walt Whitman (1819-1892), réalisé en 1889, qui constitue un moment majeur dans son art.

 

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Mélange poétique et ardent de jaune et d'orangé...

 

De telles œuvres connurent un immense succès au Salon de 1893 et à l'Exposition Internationale Carnegie. John White Alexander fut élu membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et fréquenta des artistes comme Auguste Rodin (1840-1917), Octave Mirbeau (1848-1917), Henry James (1843-1916), Oscar Wilde (1854-1900)...

 

Membre émérite de l'Académie Américaine des Arts et des Lettres, il reçut la Médaille d'Or à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 et à l'Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904. Il devint Chevalier de la Légion d'Honneur en 1901.

 

Ses œuvres sont exposées dans de grands musées comme le Metropolitan Museum of Art, le Musée des Beaux-Arts de Boston, la Bibliothèque du Congrès à Washington ou encore le Musée d'Art de l'Institut Carnegie à Pittsburgh... Il demeure, en ces lieux, un artiste incontournable...

 

Je vous propose sur La Chimère écarlate de contempler une élégante lectrice, lovée dans des nuances de jaune doré et imaginée par le peintre belge Fernand Toussaint (1873-1956).

 

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-fernand-toussaint-afternoon-reading.html

 

Belles pensées chers Aminautes, merci pour vos charmants vœux de Bonne Année, prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2021, #annee, #jpg, #sous, #voeux

 

MEILLEURS VŒUX, les AMI(E)S et BLOG EN PAUSE, quelques jours...

 

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Chers Aminautes,

 

Voici que s'éveille l'Année Nouvelle, tissée d'une multitude de lumières d'espoir !

 

Au terme d'une année riche de belles choses mais tant semée d'embûches et de contraintes... Au terme de cette année donc, s'ouvre un temps nouveau alors qui sait, ce temps nous sera peut-être propice, nous l'espérons !

 

Avec le cœur, je vous adresse, ainsi qu'à vos proches, tous mes Vœux de Bonheur, d'Amour, de Santé et de Prospérité afin que 2021 soit colorée de belles promesses et de projets réussis!

 

Je veux croire en l'Avenir et conserver l'Enthousiasme !

 

En cette période festive, je n'oublie pas les personnes esseulées, en souffrance, démunies et les ami(e)s de la toile qui ont été rudement éprouvé(e)s en 2020. Mais je veux vous redire ma foi en l'avenir et vous remercier pour votre soutien et vos paroles d'amitié.

 

Je vous souhaite une très belle année 2021 ! Avec de gros bisous...

 

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La tradition d'écrire des cartes de vœux, à l'occasion de la nouvelle année, naquit en Angleterre au XIXe siècle. Elle connut un formidable essor grâce à l'apparition du premier timbre-poste, en 1840, et à la mise au point de la Chromolithographie ou procédé d'impression en couleurs, par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839), en 1837.

 

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Ces ravissantes cartes connurent un succès retentissant auprès des collectionneurs et se répandirent rapidement dans toute l'Europe.

 

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La tradition des vœux se mêle à celle, bien plus ancienne, des étrennes. Dans la Rome antique, on offrait aux personnes aimées de la verveine, pour que leur santé soit rayonnante tout au long de l'année, sous l'obédience de la déesse Strenia.

 

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D'après Symmachus, un auteur ancien, cette coutume fut introduite sous l’autorité du roi sabin Titus Tatius qui reçut des rameaux de verveine, cueillis dans le bois sacré de Strenia.

 

Dans la ville de Rome, Strenia s'appelait Salus et elle possédait un temple près du Colisée, au bout de la Via Sacra.

 

Les premiers présents, constitués de figues très sucrées, de dattes et de miel étaient destinés à apporter du bonheur, de la douceur et de la prospérité à leurs destinataires. Mais au fil du temps, on s'échangea, sous le regard de Janus, le dieu à double visage, des monnaies et des médailles d’argent.

 

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Statue qui évoque Strenia et Janus le clairvoyant, maître du calendrier, seigneur des croisées de chemins, détenteur des secrets de l'année écoulée et de l'année nouvelle.

 

Je vous ai présenté cette statue dans l'article La Fontaine des Carmes et le Square Gabriel Pierné...

 http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-des-carmes-et-le-square-gabriel-pierne-a131920482

 

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A l'exception de Tibère et de Claude, les empereurs romains appréciaient de recevoir des étrennes mais, à l'instar d'Auguste, certains en redistribuaient une part conséquente.

 

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En France, jusqu'au XVIe siècle, le début de l'année variait suivant les provinces et les diocèses. Sous le règne des Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars. Sous le règne de l'empereur Charlemagne, elle débutait le jour de Noël. Dans la France capétienne, elle coïncidait avec les fêtes de Pâques et dans certains endroits, c'était le 25 mars ou le premier avril. (Vous pouvez consulter, à ce propos, mon article sur Les Poissons d'Avril.)

 http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-poissons-d-avril-version-2019-a161697374

 

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Le roi Charles IX (1550-1574) décida de résoudre cette « complication » en fixant au premier janvier, dans l'ensemble de la France, le début de l'année civile. Le 9 août 1564, il signa l'édit de Roussillon qui n'entra en vigueur qu'en 1567.

 

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Charles IX de France (1550-1574), fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Huile sur bois d'après François Clouet (1515-1572), conservée au musée national du Château de Versailles.

 

En 1622, la mesure fut étendue à l'ensemble du monde catholique grâce à l'adoption du calendrier grégorien.

 

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A la fin du XIXe siècle, l’engouement pour la figure mythologique complexe du Père Noël modifia la coutume d’offrir des cadeaux le 1er janvier. Le jour des étrennes se confondit alors avec celui de Noël et les cadeaux furent échangés le 25 décembre.

 

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Que la fée de l'année exauce vos rêves et vous offre les plus beaux présents pour 2021! Merci de vos vœux si gentils, ils me font très plaisir...

 

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Quant au Gui chargé de boules blanches ou baies de lune sous lequel on s'échange le baiser de Freya (la déesse de l'amour nordique), il nous ramène à de très anciennes traditions druidiques d'Europe. Au début de la nouvelle année, il était cueilli traditionnellement et porté dans les foyers pour y attirer la chance et la prospérité et favoriser la venue de beaux enfants vigoureux. Au chant « d'Aguilané » : « Au Gui l'An Neuf », il devait rendre les femmes plus fécondes, repousser les fièvres et les entités démoniaques. Il apportait la force de l'Esprit Vert, l'esprit du Green Man, seigneur de la sylve au cœur des neiges hivernales...

 

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Je vous embrasse bien fort!

 

Et merci à notre ami Jean-Marie pour les cartes qu'il nous a offertes !

 http://lejardindejeanmarie.eklablog.com/chansons-theme-ont-danse-pour-finir-l-annee-a204807930

 

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Plume

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