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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

fleurs

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bouquet, #coates, #fleurs, #francis, #jones

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Le thème proposé pour le samedi 15 août et le samedi 22 août par Lilou est « Bouquet Champêtre ». Sur le blog de Fardoise, cette semaine, pour les liens vers les publications.

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/le-tableau-du-samedi-pour-les-15-et-22-aout-2020-lilou-propose-bouquet-a199322138

 

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Plaisir de caresser la peau des fleurs, de se lover dans la lumière pour jouir de l'énergie florale et imaginer un monde à soi, enivré par des murmures de Nature. Sentir frémir sous ses doigts des pétales aux tons clairs. Cette œuvre signée Francis Coates Jones (1857-1932) me charme profondément. J'aime la « rencontre » entre la jeune femme, simple et élégante dans sa tenue à l'antique, et la puissance de vie qui jaillit du bouquet. L'instant semble crépiter comme autant d'ailes de papillons...

 

Francis Coates Jones appréciait l'esthétique des fleurs, perçues comme une quintessence de féminité. Il fut élève, comme tant de peintres à la célébrissime Académie Julian, s'imprégnant du talent des maîtres William-Adolphe Bouguereau (1825–1905) et Jules Joseph Lefebvre (1836–1911). Il voyagea beaucoup. Il sillonna l'Europe et le Maroc, en compagnie de son frère, dans les années 1870-1890 et il travailla à Paris et en Bretagne, parmi les artistes de l'École de Pont-Aven, où il rencontra Paul Gauguin (1848-1903).

 

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Il retrouva ensuite les États-Unis mais il ne put oublier la France, Paris et Pont-Aven. Il fut un peintre apprécié de ses contemporains, représentant, avec subtilité dans le mouvement, des saynètes de vie qui se plaçaient dans la Nature ou qui nourrissaient un lien ardent avec elle.

 

Il garda de son séjour à Pont-Aven une vision « libre » de ce qui l'entourait, un goût pour la simplicité et les charmants bonheurs ressentis. Il salua dans plusieurs de ses œuvres le style et l'esprit de ce groupe d'artistes qui se réunissaient dans une séduisante localité bretonne autour de la personnalité de Paul Gauguin.

Il honora une dimension, à bien des égards, « spirituelle » de l'art qui refusait désormais de composer avec la manière des Impressionnistes. Il ne peignit pas pour autant complètement dans le style de Pont-Aven. Il s'en imprégna et créa sa propre voie picturale.

 

Il peignit beaucoup de fleurs, de bouquets, de jeunes femmes, en résonance avec une vision de la vie intimiste, profonde, tissée de forces spirituelles... A ressentir au creux de soi...

 

 

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Deuxième tableau de Francis Coates Jones pour ce samedi, « Des fleurs à la fenêtre », collection privée.

 

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des Bouquets réalisés par un artiste méconnu : Emanuele Bocchieri (1910-1998), qui fut peintre de l'École de Tunis.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/08/le-tableau-du-samedi-emanuele-bocchieri-vases-de-fleurs.html

 

 

Merci de votre fidélité et pour les charmants petits mots reçus...

 

Belles pensées pour vous

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Angellier, #auguste, #bourgeon, #fleurs, #poete, #vert

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi 14 avril non pas un mais trois poèmes qui célèbrent les Bourgeons, ces promesses de vie, de renaissance et de fécondité. Un florilège de poèmes, comme un bouquet d'amitié que je voulais vous offrir, accompagné de photos de bourgeons et de fleurs. Des photos prises au fil du temps...

 

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Il se promène un peu partout le Printemps !

Il resplendit au bord des routes, dans les rues silencieuses des villes, dans les champs et les forêts. Ses doux sucres aromatiques montent dans l'air et nous ne pouvons que l'effleurer... Gardons Espoir...

 

J'espère que vous allez le mieux possible, ainsi que vos proches.

Bon courage à tous ceux qui luttent...

 

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Auguste Angellier : Le Printemps, issu du Recueil « Le Chemin des Saisons » paru en 1903.

 

« Les bourgeons verts, les bourgeons blancs

Percent déjà le bout des branches,

Et, près des ruisseaux, des étangs

Aux bords parsemés de pervenches,

Teintent les arbustes tremblants ;

 

Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,

Sur les buissons, les espaliers,

Vont se changer en fleurs écloses ;

Et les oiseaux, dans les halliers,

Entre eux déjà parlent de roses ;

 

Les bourgeons verts, les bourgeons gris,

Reluisant de gomme et de sève

Recouvrent l'écorce qui crève

Le long des rameaux amoindris ;

Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,

Sèment l'éveil universel,

Depuis les cours noires des bouges

 

Jusqu'au pur sommet sur lequel,

Ô neige éclatante, tu bouges ;

Bourgeons laiteux des marronniers,

Bourgeons de bronze des vieux chênes,

Bourgeons mauves des amandiers,

Bourgeons glauques des jeunes frênes,

Bourgeons cramoisis des pommiers,

 

Bourgeons d'ambre pâle du saule,

Leur frisson se propage et court,

À travers tout, vers le froid pôle,

Et grandissant avec le jour

Qui lentement sort de sa geôle,

Jette sur le bois, le pré,

Le mont, le val, les champs , les sables,

Son immense réseau tout prêt

À s'ouvrir en fleurs innombrables

Sur le monde transfiguré. »

 

 

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Auguste Angellier (1848-1911) fut un poète très apprécié en son temps. Artiste, critique d'art et historien de la littérature, il fut le premier professeur de langue et littérature anglaises de la Faculté des lettres de Lille et il en devint le doyen entre 1897 et 1900.

 

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Bourgeons dans l'atmosphère de Paris... avant le confinement...

 

Alain Hannecart, poète contemporain : © Bourgeons

 

Comme on ouvre un par un les boutons de chemise

Afin de mettre en pleine lumière un joli torse

La vie trop longtemps demeurée sous l’écorce

S’éveille au gré du vent et du soleil complice

 

Comme les mots que le poète noue en silence

Se déplient sous les yeux avec munificence

Chaque bourgeon poisseux qui déborde de lait

Conserve entre ses plis un message qui plaît

 

Comme ces flots de musique que transmettent les doigts

La vie descend les rues passe par dessus les toits

Des fleurs s’épanouissent des chants se font entendre

Sous le ciel pacifique des parfums se répandent

 

Cette éruption bigarrée colorée fantastique

Charme tous les esprits épris de l’art plastique

 

 

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Bourgeons sur Seine...

 

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Alain Hannecart, poète contemporain : ©Bonjour

 

Comme un diable au fond de sa boîte,

le bourgeon s'est tenu caché...

mais dans sa prison trop étroite

il baille et voudrait respirer.

 

Il entend des chants, des bruits d'ailes,

il a soif de grand jour et d'air...

il voudrait savoir les nouvelles,

il fait craquer son corset vert.

 

Puis, d'un geste brusque, il déchire

son habit étroit et trop court

« enfin, se dit-il, je respire,

je vis, je suis libre... bonjour ! »

 

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Prenez bien soin de vous... Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bien, #Evstafievitc, #fleurs, #Josef, #jpg, #Krachkovsky, #printemps, #tableau

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Voici le thème proposé pour le samedi 11 mars, dans la continuité du samedi 4 avril, par Fardoise : fêter le printemps, l'ode à la vie, comme dans « Le Printemps » de Michel Fugain : « Vive la vie et vive le vent, et vive le printemps »...

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Le 4 avril, je n'ai pas publié. Me voici de retour mais en mode semi-pause en raison de mes douleurs au bras et des crises d'épilepsie qui ne prennent pas de vacances pendant la pandémie de coronavirus. Je fais avec et je garde le moral... Je veux vous dire merci pour vos gentils petits mots, vous êtes toujours dans mes pensées, vous le savez. Prenez bien soin de vous...

 

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Pour célébrer le Printemps, donc, et sa giboulée de fleurs, je voulais mettre à l'honneur sur mon blog ce tableau qui me séduit profondément. Son auteur, un peintre russe né à Varsovie, Josef Evstafievitch Krachkovsky (1854-1915), s'est illustré en France, en Italie et en Espagne entre 1880 et 1903.

 

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Cet artiste spécialisé dans l'art du paysage a fait ses études à l'Académie Impériale des Arts, sous l'égide du maître Mikhaïl Konstantinovitch Klodt, Baron von Jürgensburg (1832-1902) puis à l'École Supérieure des Arts Appliqués de Saint-Pétersbourg. En 1878, il a reçu une médaille d'or pour une peinture intitulée « Le Matin » et au fil de sa carrière, il a collecté plusieurs récompenses.

 

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Il s'est passionné pour les scènes bucoliques et les peintures dites d'atmosphère. Il a peint des effets de Nuit, de Crépuscule, des impressions de Tempête...

 

Sa biographie demeure énigmatique à bien des égards. On sait peu de choses de lui que ce soit sur le plan artistique ou sur le plan personnel. Les Annales de la Société des Artistes de Saint-Pétersbourg relatent qu'il en fut membre entre 1890 et 1903.

 

 

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Pour accompagner ce billet aux charmes fleuris, voici un bouquet de photos butinées du côté de notre cuisine. Je suis dans un tout petit logement sans balcon ni jardin mais nous avons la chance d'avoir dans la rue, contre notre immeuble, de ravissants cerisiers alors grâce à eux, j'ai pu « saisir » des impressions de Printemps...

 

La tête dans le ciel, un voyage à domicile...

 

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Happée dans le ciel par cette broderie de rose si généreux...

 

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Tout contre l'immeuble, cette floraison nous ravit ! On a la sensation d'être moins « enfermés »... Les logements sont bien petits et encore, Christophe et moi sommes à deux dans 30 mètres carrés, je ne me plains pas. Dans la plupart des logements environnants, les personnes sont entre quatre et six voire plus dans la même superficie.

 

Ce serait bien triste sans ce rose ambiant... Merci Dame Nature !

 

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Près de la porte d'entrée de l'immeuble, quelques jolies couleurs... Ma photo est un peu floue mais je l'aime bien quand même...

 

 

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Sur La Chimère écarlate, je n'ai pu résister au plaisir de montrer les joies amoureuses du Printemps à travers un de mes tableaux préférés :

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/04/le-tableau-du-samedi-pierre-auguste-cot-le-printemps-1873.html

 

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Tableau que j'avais présenté sur Ma Plume Fée dans Paris il y a un certain temps mais voilà, on a toujours quelque chose à dire au sujet d'une œuvre qu'on aime !

 

Prenez bien soin de vous surtout, mes pensées volent vers vous comme autant de pétales d'amitié...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #emile, #fleurs, #jpg, #poeme, #verhaeren

 

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Le Mardi, on propose un poème... Je souhaite un bon rétablissement à Lady Marianne et surtout qu'elle ne souffre pas. Pensées pour elle...

 

J'ai choisi un poème d'un artiste que j'aime profondément : Émile Verhaeren (1855-1916) qui était au programme de mon bac de français et que j'ai retrouvé ensuite à l'Université, en U.V (Unité de Valeur) de Poésie Contemporaine.

 

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Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume...

 

En illustration, ce sont des fleurs de Khella, appelées aussi fleurs de Noukha/Ammi Visnaga (Visnaga daucoides), une plante ombellifère de la famille des Apiacées, sacrée dans l'Égypte antique, antispasmodique et associée aux énergies du cœur...

 

« Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume

Poussaient au bord de nos chemins

Le vent tombait et l’air semblait frôler tes mains

Et tes cheveux avec des plumes.

 

L’ombre était bienveillante à nos pas réunis

En leur marche, sous le feuillage ;

Une chanson d’enfant nous venait d’un village

Et remplissait tout l’infini.

 

Nos étangs s’étalaient dans leur splendeur d’automne

Sous la garde des longs roseaux

Et le beau front des bois reflétait dans les eaux

Sa haute et flexible couronne.

 

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient

Ensemble une même pensée,

Nous songions que c’était notre vie apaisée

Que ce beau soir nous dévoilait.

 

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête

Se parer et nous dire adieu ;

Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux

Pleins jusqu’aux bords de tendresses muettes. »

 

 

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Promenade à travers les mots d'un poète ardent, Émile Verhaeren (1855-1916), artiste belge flamand d'expression française, né dans le petit village de Saint-Amand (Sint-Amands), sur le fleuve Escaut, à la lisière de la Province d'Anvers.

 

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Deux portraits d'Émile Verhaeren réalisés par Théo Van Rysselberghe (1862-1926), artiste Post-Impressionniste, Divisionniste et Pointilliste.

 

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Passionné par les grandes questions sociales de son temps, Émile Verhaeren aima profondément le Naturalisme et fut l'un des maîtres flamboyants du Symbolisme en littérature. Soucieux des gens et imprégné par les idées de l'Anarchisme, il publia un grand nombre d’œuvres dans la presse Libertaire.

 

Issu d'un milieu aisé, (ses parents, Henri Verhaeren et Adélaïde De Bock, étaient commerçants dans le domaine du textile), Émile Verhaeren décrivit avec un mélange de Réalisme et de Lyrisme les atmosphères de la grande ville et son opposé tout aussi envoûtant, la campagne.

 

Esprit brillant, il fut poète, dramaturge, critique d'art et auteur de récits dans la veine symboliste.

 

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Portrait peint par Maximilien Luce (1858-1941).

 

Lié avec des artistes issus du Symbolisme et du Néo-Impressionnisme, il apparut comme l'un des « découvreurs » des peintres Fernand Khnopff (1858-1921), le maître de l'énigme et James Ensor (1860-1949).

 

Émile Verhaeren nourrit des liens privilégiés avec de nombreux peintres célèbres (Paul Signac, Maximilien Luce, Dario de Regoyos, Willy Schlobach, William Degouve de Nuncques, Théo Van Rysselberghe...) et des écrivains (André Gide, Stéphane Mallarmé, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Albert Mockel...). Il fut, dans les années 1883-1899, l'un des principaux rédacteurs de la revue L’Art Moderne.

 

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Une femme compta particulièrement dans sa vie : il s'agissait de Marthe Massin (1860-1931), une artiste originaire de Liège. Quand Émile Verhaeren la rencontra, il pensait rester vieux garçon mais il eut un coup de foudre et sentit que l'influence de Marthe sur sa vie artistique ne pouvait que lui être bénéfique. Ils se marièrent en août 1891, n'eurent pas d'enfant et s'aimèrent jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, Émile Verhaeren composa des poèmes pacifistes, s'insurgeant contre la folie des hommes et il dut se réfugier en Angleterre où il lutta à sa manière en écrivant « Les Anthologies Lyriques ».

 

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« Anthologies Lyriques » constituées de « La Belgique sanglante », « Parmi les Cendres » et « Les Ailes rouges de la Guerre ».

 

De toutes ses forces, il essaya, au cours de conférences à succès, de renforcer les liens d'amitié entre la Belgique, la France et l'Angleterre et c'est dans ce contexte qu'il connut une fin tragique...

 

Venu donner une conférence à Rouen, il fut poussé accidentellement sous un train, le 27 Novembre 1916, par la foule qui s'était amassée. Ses derniers mots auraient été, d'après la légende populaire, « Ma Femme, ma Patrie »...

 

Le gouvernement français souhaita faire transférer son corps au Panthéon mais sa famille refusa. Sa dépouille fut placée au cimetière militaire d'Adinkerque puis au cimetière de Wulveringem, à Furnes, dans la Région Flamande et enfin, en 1927, elle rejoignit le village natal de Saint-Amand où fut créé, en 1955, le musée provincial Émile Verhaeren.

 

J'illustre ce poème avec un florilège de photos qui sont autant de moments simples, précieux et d'instants chers à mon cœur...

 

Le ciel, l'eau, la végétation... matières et mondes à partager avec les êtres qu'on aime, comme dans le poème d'Émile Verhaeren...

 

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L'azur qui se mire dans le cristal d'un petit étang...

 

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La patine changeante des feuilles...

 

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Des beautés roses qui résistent encore un peu à l'avancée de la saison...

 

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Des couleurs qui palpitent...

 

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Ciel, nuages, feuilles... autant de sujets artistiques...

 

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Gros bisous, douce semaine...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eve, #fleurs, #jpg, #midsummer, #nuit

 

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Que l'Été soit ! Vert chlorophylle, ciselé de douceur sous un ciel bleu intense, créatif et gorgé de délicieuses saveurs... Un été que je nous souhaite très favorable, chers aminautes ! Et à cette occasion, je ne résiste pas au plaisir de d'exposer ici un tableau que j'aime infiniment : Midsummer Eve, composé par le peintre anglais Edward Robert Hughes (1851-1914).

 

J'avais présenté ce tableau l'année dernière, sur mon autre blog : La Chimère écarlate et je me réjouis de laisser à nouveau caracoler mon esprit en des terres de fantaisie, invitée par les facétieux esprits de Midsummer.

 

Nuit magique du Solstice d'Été qui, à l'instar de la nuit de Beltane (30 avril) et de celle de Samain/Halloween (31 octobre), fait tomber le voile qui sépare le monde des humains et le territoire ambivalent du Sidh (Sidhe) où évolue le Petit Peuple...

 

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L’œuvre, datée de 1908, décrit ces instants mystérieux ("Eve" dérive de evening, le soir).

 

Edward Robert Hughes (1851-1914) est un artiste à la touche élégante, très influencé par l'Esthétisme et le Préraphaélisme. Ses œuvres ont un charme infini (je les trouve superbes : Cœur des Neiges, la Nuit et son chariot d'étoiles etc...) mais là n'est pas mon propos en cet instant... Continuons d'évoquer Midsummer, nuit de fièvre magique où tout devient possible !

 

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L'esprit féminin de Midsummer (Litha, pour le Druidisme) a appelé les créatures de la forêt qui s'assemblent autour d'elle pour former un fairy ring ou cercle de fées. Dotés d'ailes de papillons, ils portent des lampions et des lanternes en forme de boule ou de fleurs. Ces délicats éclairages évoquent la puissance créatrice des lucioles et des lampyres, coléoptères qui produisent de la lumière et font crépiter les velours d'onyx et les soies d'obsidienne de la nuit.

 

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Pour les faire venir, la fée a utilisé une sorte de flûte dont l'extrémité est évasée. Elle est rousse, à l'instar des sirènes et des lamies, déités voluptueuses qui peuplent les toiles des peintres victoriens et sont la manifestation de leurs hantises (j'y reviendrai bien sûr, tant le thème me plaît et tant j'ai écrit de choses sur le sujet au fil de mes études). Rousseur et charme de feu... Elle porte une couronne de campanules stylisées, fleurs fétiches du Petit Peuple qui s'est regroupé pour festoyer.

 

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Des fleurs roses ornent sa taille et sa robe dorée, superbement chatoyante, semble s'animer, dans le frisson des lueurs qui l'encerclent.

 

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L'atmosphère est celle d'un monde fantastique et merveilleux... celui de Litha, festival de la lumière, fête du soleil triomphant qui nourrit les sillons fertiles de la terre.

 

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À Midsummer, la chaleur palpite, les céréales grandissent. On célèbre avec des danses et des chants le jour le plus long de l'année et la force créatrice des éléments. On honore le feu, entité rouge et or qui dévore les monstres de l'obscurité. On va sur les chemins cueillir les « simples » guérisseurs et magiques avec une prédilection pour les herbes suivantes : armoise, achillée millefeuille, pissenlit, millepertuis, calendula, sauge, angélique, fenouil, reine des près, romarin, serpolet, thym, verveine, mélisse, menthe, plantain, pimprenelle, myrte, aubépine, capucine, bourrache, chélidoine, gentiane, hysope, lavande, marjolaine, joubarbe, lierre terrestre, marguerite, mauve, brunelle...

 

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Midsummer Eve Party, image (c)Tricia Fountaine.

 

Je vais donc savourer ma tisane d'armoise en vous souhaitant un très bel été et une délicieuse fête de la musique ! Laissez filer votre imagination dans les sous-bois, autour des vieilles pierres et sur le bord des étangs... Vous verrez peut-être caracoler de minuscules lanternes au gré de l'instant !

 

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Fairy Lights

 

Je pense bien à vous et je viens vous voir au rythme de mes possibilités. Mon épilepsie dont je ne parle que très peu depuis quelques temps est pourtant bien présente, avec son cortège de désagréments... Entre autres joyeusetés, j'ai très mal aux yeux et je dois prendre soin de ma rétine gauche déchirée, je fais donc comme je peux avec l'écran et un réseau Internet aussi brinquebalant que moi (sourires...) mais je ne vous oublie pas... Gros bisous !

 

J'ai grand besoin de me reposer...

 

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David Delamare, Midsummer Dream...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #hirano, #jpg, #miho, #papillon

 

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Des couleurs subtiles, des rêveries ambivalentes, de la magie et de la sensualité à fleur de toile... Miho Hirano, artiste japonaise contemporaine nous invite à pénétrer dans une sylve de féminité, à cheminer dans un monde où palpitent des chevelures torrentielles, où la flore est secrète, où les courbes des corps se dévoilent avec audace et enchantement.

 

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Un séduisant voyage au cours duquel nous nous interrogeons. Et si nous prenions davantage soin de la Nature ? De cet écrin de Nature où se lovent des êtres subtils, beautés gardiennes d'une terre où l'être humain, espèce invasive, commet bien des méfaits...

 

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A travers ce périple, nous rencontrons des filles fées lovées dans la sève et le sucre des fleurs, qui résonnent d'une vie diaphane, des nymphes au regard doux et farouche où perlent de troublantes mélancolies et dont les visages semblent refléter les enivrants mystères de l'entre-deux...

 

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Des esprits de l'eau et de la forêt, des enchanteresses de l'air et de l'onde à la fois puissantes et fragiles...

 

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Fragilité d'où naît une force, celle qui anime les roseaux dans le vent...

 

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Diplômée en 2007 de la prestigieuse Musashino Art University, Miho Hirano rend hommage à l'un des thèmes majeurs de l'Art Nouveau, la « Femme Fleur » si bien représentée par Alfons Mucha mais là n'est pas notre propos.

 

Elle nous offre, avec luxuriance et douceur, les feux sinueux de son inspiration mêlée d'émotions fugitives ainsi qu'une fusion très personnelle entre courbes féminines, chevelures et forces élémentales et matricielles.

 

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Sa technique consiste à réaliser un croquis au crayon et à l'animer via une peinture bleutée plutôt légère puis elle fait naître les ombres avec d'autres tons vaporeux. Ensuite vient l'étape de la peinture à l'huile.

 

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Elle dépose sur les bouches et autour des yeux un rose glamour qui « empourpre » les carnations nacrées voire spectrales de ses héroïnes, accompagnées, le plus souvent, de papillons, de carpes koi, d'oiseaux, de fleurs de cerisier, de prunier, de lotus ou de pissenlit, fleur du vent aux akènes d'argent comme on peut le voir ci-dessus.

 

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https://www.instagram.com/mihohiranoart/?hl=fr

 

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https://www.facebook.com/miho.hirano.5621

 

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Je prends plaisir à « illustrer en mots » les œuvres envoûtantes de cette artiste avec des haïkus composés par Bashô Matsuo (1644-1694), l'un des quatre grands poètes classiques (les autres étant Yosa Buson, Kobayashi Issa et Masaoka Shiki).

 

 

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Les lunes et les fleurs :

voici les véritables

maîtres

 

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Le son de la cloche s’apaise,

le parfum des fleurs

frappe le soir

 

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De quel arbre en fleur?

Je ne sais

Mais quel parfum !

 

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N'oublie jamais

La saveur solitaire

Des rosées blanches

 

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Un pétale tombé

remonte à sa branche

C'est un papillon

 

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Volutes d'encens

Ailes de papillon

Que parfume l'orchidée

 

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Réveille réveille-toi

Je te prends pour ami

Papillon

 

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Deux vies

entre elles ont vécu

les fleurs de cerisier

 

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Le coquelicot blanc

d’une averse hivernale

a fleuri

 

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Un papillon ne vole

que dans un champ

de soleil

 

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Je vous souhaite une myriade de jolies choses et vous remercie de votre fidélité. Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fete, #fleurs, #maman, #moscou, #peintre

 

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A toutes les mamans et à ma maman chérie, envolée bien trop tôt mais dont l'amour est enraciné à jamais dans mon cœur, je souhaite une très belle fête !

 

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Avec les fleurs chatoyantes et oniriques de l'artiste russe contemporain Igor Levashov...

 

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Cet artiste au talent reconnu, internationalement, est né en 1964 près de Moscou. Il a étudié l'art dans de prestigieux établissements comme l'Institut Sourykoff à Moscou et l’Académie Royale Moderne de la Haye.

 

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Fasciné par les possibilités de création qu'offrent les fleurs en leurs territoires mystérieux, il réalise, grâce à une palette intense et douce, fine et précieuse, des portraits de roses mais aussi de tulipes, d'iris, de magnolias, de lotus, de jonquilles, de digitales, de tournesols, d'arums, de coquelicots, de pavots etc... Sa peinture est tissée de notes élégantes et subtiles et ses œuvres, très recherchées, sont exposées dans nombre de musées et de galeries d'art à travers le monde : Russie, Hollande, Grèce, Angleterre, États-Unis...

 

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Régalons-nous de ce florilège et si, à l'occasion de la Fête des Mamans, vous désirez contempler de « Délicieuses Maternités », vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous...

 http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/05/delicieuses-maternites.html

 

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Hugues Merle (1822-1881), peintre de genre et portraitiste, Affection maternelle, 1867.

 

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Émile Munier (1840-1895), peintre académique spécialisé dans les scènes d'enfance, Tendres enlacements.

 

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Gros bisous parfumés de tendresse, merci de votre fidélité !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bleu, #fleur, #fleurs, #iris, #jpg

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste. Nymphe avec iris.

 

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Laissons-nous happer par cette superbe fleur bleue, au port gracieux et brodée de lumière...

 

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Présent sur tous les continents, l'Iris nous offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Les herbiers anciens relatent que dans l'Égypte des pharaons, l'iris était associé à la puissance magique des dieux, qu'on le ciselait sur le front des sphinx et les sceptres royaux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, l'iris violet est réputé figurer, depuis 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

 

Les Grecs consacrèrent cette fleur à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'Athènes antique, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. Les âmes masculines étaient guidées, quant à elles, par le dieu Hermès.

 

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Iris, gardienne de l'arc-en-ciel, par l'illustratrice Joséphine Wall.

 

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

Iris vient du latin « iridis » qui dérive du grec « iridos ». La beauté de la fleur est également iridescente, à l'image des longs voiles d'Iris, à la fois messagère et élue, semant les bonnes nouvelles et stimulant la chance.

 

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Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), peintre néoclassique, Iris et Morphée, 1811. L’œuvre est conservée au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg.

 

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Iris, accompagnée de Cupidon, surprend Morphée, le dieu du sommeil et des rêves, alangui...

 

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Iris peint en 1503 par Albrecht Dürer (1471-1528).

 

L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

 

Le roi Louis VII sortit, d'après la légende, sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Guy Head (1762-1800), Iris transporte l'eau du fleuve Styx jusqu'à l'Olympe.

 

Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

 

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William-Adolphe Bouguereau (1825-1905), maître de l'Académisme, Iris.

 

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou or bleu de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

 

La reine Catherine de Médicis (1519-1589) lança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

 

La poudre d'iris parfumait le linge de maison mais aussi les gants de cuir, les ceintures, les aumônières, les bijoux et les habits précieux. René le florentin, maître parfumeur de Catherine de Médicis, ouvrit une boutique sur le Pont-au-Change à Paris et la vogue de l'iris s'empara de la capitale. Elle s'amplifia encore avec la poudre à la Maréchale, mélange odorant et purifiant très prisé à la cour du Roi Soleil.

 

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Élisabeth Sonrel (1874-1953), portraitiste, paysagiste, illustratrice de style Art Nouveau et influencée par le Symbolisme, Iris.

 

Sous forme de pâte, l'iris servait également à purifier l'haleine et la chevelure. On l'utilisa au fil des siècles et sa formule engendra Iris de François Coty, premier soliflore en parfumerie moderne, en 1913.

 

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Pour obtenir de l'essence d'iris, on emploie l’iris pallida à fleurs bleues dont l’odeur très subtile rappelle celle de la violette, et l’iris germanica, moins racée mais utile pour élaborer des mélanges fleuris. « L’absolue d’iris est aujourd’hui l’un des produits les plus onéreux de la palette du parfumeur. »

 

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Rare et par conséquent onéreuse, la matière odorante constitue ce qu'on appelle le beurre d'iris. Elle s'associe particulièrement bien avec la fève tonka, la vanille, la rose, la bergamote et le jasmin.

 

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Image « The perfume girl.com »

 

Ce parfum, élixir de la maison Hermès, conçu par le nez Jean-Claude Ellena, se veut une quintessence olfactive de l'art japonais de l'ukiyo-e, terme qui désigne les estampes en vogue à l'époque Edo (1603-1868). Le parfum s'accorde à loisir avec les visions éphémères ou « images du monde flottant », émotions suspendues dans une bulle fugace où s'opère la précieuse alchimie. Senteurs poudrées d'un monde frêle qui happe les sens et oscille entre douceur acidulée, réalisme et magie.

 

Un véritable plaisir que cette Hermessence numéro 9, très bel objet volatile qui coûte aux alentours de 400 euros. La qualité des matières premières n'est pas à discuter mais tout le monde ne peut évidemment pas se l'offrir. Cela n'empêche pas d'apprécier...

 

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L'iris nous enchante par sa beauté et nous réconforte par ses vertus.

 

Le philosophe et botaniste grec Théophraste (371-288 avant J.-C.) recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes et Pline l’Ancien (23-79) préconisait l’usage de la poudre d’iris pour parfumer le vin, une tradition qui s'est maintenue dans la fabrication du Chianti.

 

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Les enlumineurs fabriquaient avec le suc des corolles de l’iris mélangé à de l’alun une sorte d'encre verte.

 

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Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

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Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Hans Memling (1430 ou 1435-1494), Le vase aux iris.

 

Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression « flambe de four » désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste, Juventa.

 

D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Gaston Bussière, Esprits de l'eau. L'iris est l'une de leurs fleurs préférées.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies. Le bain traditionnel d'iris a généralement lieu le 5 mai.

 

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Ogata Korin (1659-1716), peintre et décorateur japonais de la période Edo. Grand paravent doré: Iris, 1701. Musée d'Art Nezu à Tokyo. Les silhouettes des iris se découpent sur un fond décoré de feuilles d'or.

 

« Pareil à de l’eau

Le jour à travers les nuages

Iris en fleurs. »

Haïku de Moppo Tomita (1897-1923).

 

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Ohara Koson (1877-1945), Iris, 1926.

 

« Un iris

près de mon ermitage

m'a enivré. »

Ryôkan (1758-1831), moine errant, poète et l'une des figures majeures du Zen.

 

La floraison des iris annonçait, dans l'ancien calendrier lunaire, la proche arrivée de l'été et l'époque attendue pour repiquer le riz. Lors de la fête des garçons, le cinquième jour du cinquième mois, on suspendait des iris aux toits des habitations pour éloigner les esprits malveillants et on offrait des « iris à longue racine », symboles de chance, de fécondité et de longévité. Les jeunes garçons portaient des coiffes ornées de feuilles d'iris tressées.

 

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Iris et sauterelle, Hokusai (1760-1849), Série des grandes fleurs, estampe, 1833-1834.

 

L'iris est libre et mystérieux, il pousse dans les lieux intermédiaires, les marais, les étangs où se dissimulent les créatures de « l'entre-deux ». Il accompagne ceux qui aiment prendre les chemins de traverse et jouer avec le vent, l'ombre et la lumière, les couleurs de la nature. Le poète Bashô nous le dévoile dans ses carnets atmosphériques, au printemps de l'année 1689.

 

« Feuilles d'iris

à mes pieds les nouerai

brides de sandales. »

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles (iris jaune des marais), Québec (iris versicolore)... et dans les plus beaux jardins de nombreux pays du monde... C'est une fleur universelle !

 

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L'iris pallida s'épanouit, entre Sienne et Florence, dans les merveilleux paysages de Toscane, gorgés d'or solaire et de parfums capiteux.

 

Florence, la cité de Flore, célébrait autrefois la fleur de lis, figure emblématique de la puissance de la ville et de sa dévotion à la déesse du Printemps. Suite au conflit qui opposa les Guelfes aux Gibelins, les Guelfes victorieux choisirent d'adopter les armes de leurs ennemis mais en invertissant les couleurs initiales. Le lis, autrefois blanc sur champ rouge, devint rouge sur champ blanc. Cf le chant XVI de la Divine Comédie de Dante (1265-1321).

 

La fleur d'iris envahit les jardins de la Renaissance et s'imposa comme symbole protecteur. D'un bleu intense ou d'un blanc nacré, l'iris représente la force du Printemps et la magie féconde de Flore et de Vénus.

 

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Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris.

 

En avril et en mai, on peut admirer les paysages de Toscane métamorphosés par le bleu des iris (giaggiolo) et l'envoûtant jardin de l'Iris, créé à Florence en 1954.

 

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Jacopo Ligozzi (1547–1626), Iris de Florence.

 

Depuis des siècles, on fabrique à la pharmacie de Santa Maria Novella une Eau d'Iris, (Aqua Flor), merveille olfactive connue sous le nom de Borgo Santa Croce, 6, ode à la luxuriance parfumée de la Ville.

 

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Vase signé Émile Gallé (1846-1904), réalisé vers 1900.

 

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Auguste François Marie Gorguet (1862-1927), La jeune femme à l'iris et aux ombelles.

 

Déesse et messagère, romantique et tentatrice, puissamment aromatique et gorgée d'une poésie à nulle autre pareille, ainsi resplendit l'iris, fleur tutélaire du Printemps !

 

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Iris, Vincent van Gogh (1853-1890), mai 1889, J. Paul Getty Museum, Los Angeles, Californie.

 

L'iris est une muse, comme en témoigne cette célébrissime peinture, l'une des premières que Van Gogh exécuta à l'asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence, l'année précédant sa mort.

 

Œuvre influencée par l'art et la manière délicieusement mouvante de l'ukiyo-e dont je vous parlais plus haut...

 

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Iris Fairy par Cicely Mary Barker (1895-1973)

 

Merci de votre fidélité, j'ai été très touchée par les nombreux petits mots reçus à l'occasion de Pâques. Je vous souhaite un joli mois d'avril sous l'obédience des esprits de la Nature... Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #beltane, #fee, #fleurs, #nuit, #paris

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Spirit of the Night de John Atkinson Grimshaw, 1879.

 

Beltane est une fête celte protohistorique, célébrée dans la nuit du 30 avril au premier mai. La tradition murmure qu'au cours de cette nuit sacrée, le voile séparant les humains et les créatures du Petit Peuple devient si ténu que nous pouvons communiquer avec les êtres magiques.

 

Dans les pays anglo-saxons, dans plusieurs lieux de Bretagne et partout où s'exerce la spiritualité druidique et néo-païenne, Beltane est à l'honneur. J'ai tissé un poème à l'approche de cette nuit si particulière...

 

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Fée de l'artiste préraphaélite Sophie Gengembre Anderson (1823-1903).

 

Fée de Beltane

 

Es-tu d'eau vive ou de nectar

de mandragore ou de rosée

dans les glacis de ton regard

danse une écriture embrasée

 

Une incantation de sirène

nue et plus douce que la mort

qui s'enracine dans mes veines

me désaltère et me dévore

 

Ta chevelure sur ma peau

est une aurore qui ruisselle

un élixir un feu nouveau

un serpent bleu qui m'ensorcèle

 

Montre-moi la lande perdue

où le ciel nourrit ses chimères

avec des nacres inconnues

nées des abysses de la mer

 

Les bois où les sombres pavots

s'étoilent d'or sous les feuillages

les roses mélangées sur l'eau

happant la nuit dans leur sillage

 

Le cerf aux ramures d'argent

s'ébat dans la prairie sacrée

buvons dans le calice blanc

le suc étrange des secrets...

 

Cendrine

 

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Le ravissant compagnon rouge ou silène dioïque de Cicely Mary Barker (1895-1973), la créatrice des « Flowers Fairies ».

 

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L'épilobe en épi, aux fleurs mellifères, que les fées transforment, d'après le folklore anglo-saxon, en de petites robes ravissantes.

 

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Et maintenant, pour le plaisir des yeux et de l'esprit, des parures embaumées « cueillies » dans les squares et les rues de Paris...

 

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Des fleurs sucrées dans le vent fou qui caracole...

 

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Poésie, pureté et transcendance...

 

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L'éphémère incarné...

 

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Poudrées de senteurs exquises...

 

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L'inspiration jaillit, telle une flamme, dans les squares de Paris.

 

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Le tumulte de la ville s'apaise dans ces lieux privilégiés. Paris est une capitale verte, offrant des charmes bucoliques à qui veut s'en régaler.

 

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Les fées préfèrent la nature sauvage mais ces nids de verdure sont sûrement visités par des représentants du Petit Peuple.

 

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J'ai posé mon carnet et mon stylo dans le square Marcel Pagnol.

 

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Ce bel endroit se déploie, depuis 1867, à quelques pas de l'église Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement de Paris.

 

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J'aime écrire, à l'ombre de ce monument, réalisé par Victor Baltard (1805-1874), le bâtisseur des anciennes Halles de Paris. Le square fut dessiné par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891), pendant les travaux du baron Haussmann.

 

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Entre deux giboulées, le ciel m'a offert une scintillante palette...

 

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Et le doux chuchotement de ma fée m'a emporté...

 

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Une fée qui s'amusait dans les fleurs, dévoilant ses prunelles au creux de l'averse...

 

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Muse sauvageonne, elle sautait si vite sur les pages de mon carnet

que je devinais à peine, en clignant des paupières, son ombre veloutée.

 

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Dans les frondaisons parfumées, elle s'est lovée, facétieuse parmi ses soeurs...

 

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Mais avant la prochaine tempête, elle m'a guidée vers une délicieuse prairie en bordure de Seine.

 

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Envolée cerise...

 

Un semis de fleurs chuchotantes m'y attendait.

 

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Des ballerines fruitées...

 

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Des belles d'avril en pleine conversation...

 

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Une voluptueuse flambée...

 

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Les ambassadrices du Printemps...

 

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Celles qui enveloppent nos coeurs...

 

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L'élue...

 

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et pour clore cette rêverie, la reine des fragrances...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #iris, #siecle, #tulipe, #xve

Entre deux giboulées, les fleurs jaillissent, émaillant le paysage de leurs enivrants atours. Muses mystérieuses, elles m'ont inspiré le poème que je viens vous offrir...

 

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Déesse du Printemps

 

Née du limon et de la sève

De la cire étrange des rêves

Du rire doré de la source

Et des étoiles dans leur course

 

Gorgée sous la terre glacée

Du sang des monstres fracassés

Elle boit la flamme nourricière

Qui hante les yeux des sorcières

 

Les voeux sauvages la consument

Elle danse à l'orée de la brume

Dans ses voluptueux habits

Veinés de rose et de rubis

 

Ombres de fées sous les iris

La lune imprègne les calices

Où s'entrelacent les couleurs

Elle tisse la fièvre des fleurs

 

Le parfum âcre de la nuit

Le chuchotement de la pluie

Aimantent son âme féline

Vers l'antre bleu des Mélusines...

 

Cendrine

 

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Emportés par la beauté des textures et des couleurs, promenons-nous à travers l'Herbier du Printemps...

 

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La Tulipe est appelée « celle qui brûle mon coeur »... D'après une légende persane, elle naquit des larmes et du sang versés par une jeune fille à la recherche de son bien-aimé dans le désert.

 

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Originaire d'Asie Centrale, la tulipe est une plante vivace bulbeuse de la famille des Liliacées. Au début du XVIIe siècle, on cultivait déjà cent quarante espèces et plusieurs milliers de variétés. Sa tige solitaire, quelquefois ramifiée vers le haut et garnie de feuilles charnues mais peu nombreuses, atteint environ 80 cm de hauteur.

 

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La tulipe apprécie les lieux ensoleillés mais de préférence protégés du vent. Les bulbes plantés entre l'automne et l'hiver fleurissent au printemps. Les fleurs délicates révèlent alors leurs coloris variés, unis, bicolores ou striés, du blanc pur au bleu presque noir, du rose au rouge, du violet au jaune...

 

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Le mot tulipe dérive du turc tülbend et du persan tulipan qui signifient « turban ». Dans des chroniques persanes du XIVe siècle, les turbans jaunes et rouges des soldats sur les champs de bataille étaient comparés à d'immenses champs de tulipes.

 

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La tulipe est un symbole d'amour. Quand elle frissonne doucement, elle embrase le coeur des amants. Incarnation de l'amour divin, elle est réputée flétrir si elle est éloignée des rayons du soleil.

 

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Dans l'ancienne Perse et en Turquie, ses bulbes jouaient un rôle crucial dans les échanges commerciaux. Elle fut introduite en Occident au XVIe siècle.

 

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Les tulipes rouges, les tulipes panachées et les tulipes « célestes » furent, au fil des siècles, particulièrement appréciées.

 

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Les pétales marbrés, véritables « friandises visuelles », sont le fruit de la présence d'un virus, le potyvirus, appelé aussi « virus de la mosaïque de la tulipe ».

 

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Le naturaliste et apothicaire Pierre Belon (1517-1564) voyagea dans les Pays du Levant vers le milieu du XVIe siècle.

 

Il publia en 1553 un ouvrage dans lequel il décrivit la tulipe, appelée lil rouge, avec une grande précision. Il ramena des bulbes en Europe, de même qu'Ogier Ghiselin de Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand Ier à la cour du sultan de Constantinople Soliman le Magnifique.

 

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Ogier Ghiselin de Busbecq (1522-1592).

 

Mais la notoriété accordée à la tulipe en Europe est indissociable des travaux de Charles de l'Écluse (1525-1609).

 

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Ce médecin et botaniste flamand fut l'initiateur de l'un des premiers jardins botaniques d'Europe. La culture de la tulipe devint aux Pays-Bas une véritable institution et cette vogue se transforma en tulipomanie au XVIIe siècle.

 

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En 1559, le médecin, naturaliste et encyclopédiste Conrad Gesner (1516-1565) décrivit, dans le jardin d'un magistrat à Augsburg, en Allemagne, une somptueuse tulipe rouge, qui lui fit penser à un lys écarlate. La tulipe prit le nom de tulipa gesneriana.

 

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En 1561, il publia la première illustration de sa fameuse tulipe dans le De Hortis Germaniae Liber Recens.

 

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L'engouement pour la tulipe fut tel qu'on institua à Amsterdam une bourse spécialisée dans la vente de bulbes. De nombreux passionnés parièrent sur les nouvelles couleurs obtenues au fil du temps.

 

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La tulipomanie atteignit son apogée en 1636. En 1610, un brasseur échangea son établissement contre un bulbe de tulipe et un meunier céda son moulin dans les mêmes conditions. Mais les cours de la précieuse fleur s'effondrèrent brutalement en 1637.

 

Au XVIIe siècle, la tulipe apparut dans de nombreuses natures mortes flamandes et dans des tableaux qui dénoncèrent, par le biais d'éléments symboliques, cette débâcle économique et les conséquences dramatiques qui en résultèrent.

 

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Le Triomphe de Flore dans le Char de la Fortune, par Hendrick Pot (1580-1657), en 1637.

 

Flore, la déesse des fleurs et du Printemps, a les bras chargés de tulipes. Elle trône sur un char emporté par le vent, emblème d'inconstance. Les personnages qui l'accompagnent arborent le capuchon des fous, décoré de tulipes. Ils désignent l'Alcoolisme, l'Escroquerie et l'Avarice. Des tisserands, abusés par la folie spéculative autour de la tulipe, suivent le char, sans se soucier des conséquences. Une femme aux deux visages, allégorie de la vérité et du mensonge mais aussi de la « fortune aux deux visages », mène l'étrange procession.

 

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Vanitas de Philippe de Champaigne, 1646.

 

La tulipe occupe une place privilégiée dans les natures mortes et les Vanités du XVIIe siècle. Elle est associée aux richesses ostentatoires qui peuvent disparaître à tout moment, telles une bulle de savon qui éclate.

 

Dans cette oeuvre allégorique majeure, l'artiste met en scène, sur un fond noir, des objets caractéristiques de la fragilité de l'existence humaine: le crâne évoque l'inéluctabilité de la mort; le sablier, le temps qui s'écoule irrémédiablement et le vase brillant d'où émerge une tulipe, le monde des illusions. La fleur coupée symbolise la brièveté de la vie et la beauté éphémère dont il faut jouir avec sagesse.

 

Il s'agit d'un « memento mori », une oeuvre fondée sur l'adage « souviens-toi que tu vas mourir », destiné à faire prendre conscience à l'homme qu'il est inutile de vouloir accumuler les richesses et vain de s'attacher aux plaisirs de son époque.

 

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Vanitas de Jacob de Gheyn, 1603.

 

Dans ce tableau, nous trouvons des éléments caractéristiques de la Vanité: le crâne, la tulipe coupée qui émerge du vase mais aussi des pièces de monnaie venant corroborer ce que j'ai exposé plus haut. Deux personnages sculptés, des philosophes, désignent une grande bulle translucide, royaume d'illusion, de tromperie et de vacuité...

 

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En Orient, la tulipe était considérée comme un porte-bonheur et un symbole d'amour et de prospérité. Certains bulbes valaient le prix de plusieurs joyaux.

 

Les poètes persans célébrèrent la tulipe dès le XIIIe siècle. Ils décrivirent des jardins imaginaires peuplés de tulipes multicolores et de roses parfumées.

 

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La tulipe ornait les robes de brocart de Soliman le Magnifique (1494-1566), les tapis de ses palais, les vases précieux, les chanfreins de ses chevaux. Sous son règne, les jardins de l'empire ottoman, de l'Égypte à la Crimée, de l'Inde aux Balkans, se couvrirent de tulipes.

 

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Des tulipes, accompagnées d'une mouche ichneumon, illustrées par Joris Hoefnagel dans l'ouvrage Mira Calligraphiae Monumenta, en 1590.

 

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Tulipe et poire de Joris Hoefnagel, 1590.

 

Dans le folklore européen, la tulipe flamboyante évoque le renouveau. Elle est considérée comme un talisman végétal.

 

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On fabriquait autrefois, en Europe de l'ouest, des berceaux pour les bébés des fées avec des tulipes roses ou rutilantes.

 

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La ville de Leyde, aux Pays-bas, abrite le célèbre jardin du Keukenhof où s'épanouissent de luxuriantes plantes à bulbes. Des « forêts » de tulipes y sont exposées chaque année.

 

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L'action du roman d'Alexandre Dumas et d'Auguste Maquet, la Tulipe Noire, écrit en 1850, se déroule dans la ville de Haarlem, aux Pays-Bas, trente-cinq ans après la crise de la tulipe. Le héros de l'histoire, Cornélius Van Baerle, s'engage dans une quête quasi mystique: créer une tulipe noire, émanation des rêves et de l'alchimie du désir...

 

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(Image issue du catalogue horticole Meilland)

 

La tulipe est associée à un personnage facétieux, Fanfan la Tulipe, incarné au cinéma par Gérard Philipe, en 1952, dans le film de Christian-Jaque, et par Vincent Perez, en 2003, dans le film de Gérard Krawczyk. Le jeune Fanfan s'engage dans l'armée pour échapper à un mariage forcé. Après de picaresques aventures, il sauve des griffes de bandits de grand chemin la marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, et reçoit en récompense une broche en forme de tulipe...

 

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(Image trouvée sur le site MoviePosters.2038.net)

 

Fanfan la Tulipe est un personnage populaire, immortalisé par le chansonnier Émile Debraux,en 1819, sur un air anonyme du XVIIIe siècle.

 

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Malgré les giboulées, les fleurs du Printemps sont gorgées de lumière et de pensées poétiques et précieuses.

 

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Cette superbe fleur bleue, au port gracieux, nous dévoile ses atours de reine...

 

Présent sur tous les continents, l'Iris offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Dans l'Égypte ancienne, l'iris était associé à la puissance magique des dieux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, il était ciselé sur le front des sphinx et sur les sceptres royaux. L'iris violet figurait, il y a 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

Les Grecs le consacrèrent à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'antique Athènes, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. (Les âmes masculines étaient guidées par le dieu Hermès.)

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

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L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

D'après la légende, le roi Louis VII sortit sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou iris blanc de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

La reine Catherine de Médicislança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

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Théophraste (371-288 avant J.-C.), célèbre philosophe et botaniste grec, recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes.

 

Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression flambe de four désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies.

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles, Québec... et dans les plus beaux jardins, comme celui des Tuileries qui occupera une place privilégiée dans mes articles, au cours des semaines à venir...

 

Je rédige assidûment mais je n'oublie pas de m'oxygéner, dès que possible, et je contemple la Nature, avec un bonheur infini...

 

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Bien à l'abri dans l'enceinte des Tuileries, une famille canard vaque à ses activités, entre deux averses...

 

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Face à leur abondante et facétieuse progéniture, papa et maman canard ne savent plus où donner de la tête!

 

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Ces galopins filent à toute vitesse, ce qui explique le côté un peu flou de certaines photos, mais le spectacle est si adorable...

 

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Ces amoureux viennent de prendre leur bain...

 

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Le jardin, juste avant la giboulée...

 

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Les promeneurs ont déserté les lieux. Je me suis attardée mais je serais bientôt trempée...

 

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Je ne serais pas la seule finalement!

 

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Cette belle enchanteresse, je vous l'offre, avec tout mon coeur, pour vous remercier de vos visites et de vos si gentils commentaires...

 

Bibliographie

 

DUBOIS-AUBIN, Hélène

L'esprit des fleurs: mythes, légendes et croyances. Le Coudray-Macouard: Cheminements, 2002.

 

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FLORIDUS, Macer:

De viribus herbarium. Fin XVe siècle. Figures des plantes gravées en bois, au simple trait.

Les Fleurs du Livre des Vertus des Herbes, composé jadis en vers latins par Macer Floride, et illustré de commentaires de Guillaume Gueroult, le tout mis en français par Lucas Tremblay. Rouen: M. Mallard, 1588.

 

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GEVERS, Marie:

L'herbier légendaire. Paris: Stock, 1991.

 

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Iris d'Albrecht Dürer, 1503.

 

REUTTER DE ROSEMONT, L.:

Histoire de la pharmacie à travers les âges. 2 vol. in-8. Paris: 1931-1932.

 

Tulipes, une anthologie.Éditions Citadelles&Mazenod, 2011. Il s'agit d'un ouvrage relié qui comporte des photographies sublimes de Ron Van Dongen(spécialisé dans les études de fleurs en couleurs et les natures mortes en noir et blanc).

La préface a été rédigée par Anna Pavord, titulaire en 2001 de la Médaille d'or de la Royal Horticulture Society et spécialiste de la tulipe. Un régal...

 

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Iris et mots, par Céline Sachs-Jeantet, 2007.

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