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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #aengus, #cygne, #dieu, #fut, #jpg, #Prudhomme, #Sully

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi... avec des pensées pour Lady Marianne.

 

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Frayer sur l'onde aquatique en compagnie d'un si bel oiseau... C'est une invitation au voyage poétique !

 

Pour le mardi 28 janvier, j'ai choisi ce poème de Sully Prudhomme dont les mots glissent, aussi soyeux que des plumes de cygne, sur nos lacs imaginaires...

 

« Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,

Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil

À des neiges d'avril qui croulent au soleil ;

Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,

Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.

Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,

Le plonge, le promène allongé sur les eaux,

Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,

Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.

Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,

Il serpente, et laissant les herbages épais

Traîner derrière lui comme une chevelure,

Il va d'une tardive et languissante allure ;

La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,

Et la source qui pleure un éternel absent,

Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule

En silence tombée effleure son épaule ;

Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,

Superbe, gouvernant du côté de l'azur,

Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,

La place éblouissante où le soleil se mire.

Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,

À l'heure où toute forme est un spectre confus,

Où l'horizon brunit, rayé d'un long trait rouge,

Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,

Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit

Et que la luciole au clair de lune luit,

L'oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflète

La splendeur d'une nuit lactée et violette,

Comme un vase d'argent parmi des diamants,

Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments. »

 

Sully Prudhomme (1839-1907), Le Cygne, poème issu du recueil « Les Solitudes » paru en 1869.

 

 

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-René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme ou Sully-Prudhomme (1839-1907), fut un poète et un philosophe très apprécié en son temps, premier lauréat du prix Nobel de Littérature, en 1901.

 

-Désirant devenir ingénieur mais obligé d'arrêter ses études scientifiques en raison de problèmes oculaires, il fut diplômé en droit et travailla chez un notaire. Sa vocation littéraire fut encouragée par son appartenance à une société étudiante : « La Conférence La Bruyère » où la lecture de ses poèmes reçut un bel accueil.

 

-Le critique littéraire et écrivain Romantique Charles Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) salua la qualité de son premier recueil, intitulé Stances et Poèmes et publié en 1865.

 

-Sully Prudhomme écrivit de nombreux poèmes dans la veine du Parnasse puis il se consacra avec vigueur à la philosophie.

 

-Il fut élu membre de l'Académie française en 1881 et, le 10 décembre 1901, il devint le premier auteur à recevoir le Prix Nobel de Littérature. Avec l'argent dont il bénéficia, il fonda un prix de poésie et s'employa à encourager les jeunes écrivains.

 

-En 1902, il créa la Société des poètes français avec ses amis Léon Dierx et José-Maria de Heredia. Généreux et sensible, écœuré par les injustices, il fut l'un des premiers partisans de Dreyfus et donna cours, tout au long de sa vie, à sa passion pour les arts. De santé très fragile, il ne se maria jamais et n'eut pas d'enfants. Il mourut le 6 septembre 1907 après une longue série d'attaques de paralysie. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

 

 

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Incarnation de la beauté, de la pureté, de l'élégance, le Cygne en sa blancheur glisse sur le miroir des eaux et représente l'harmonie pour de nombreuses civilisations. Il est également perçu comme un symbole d'amour éternel. En effet, le cygne est monogame et grâce à son long cou doté de 24 vertèbres souples, quand il s'approche d'un cygne aimé et que leurs becs se touchent, leurs silhouettes forment un cœur.

 

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©Kirt Reinert

 

Le cygne est par excellence une créature du Sidh ou Sidhe, l'Autre Monde Celtique. Lié au Sidh de manière subtile, il est un enchanteur et le passager d'un univers magique qui se compose de territoires associés à la sylve et d'espaces aquatiques mystérieux.

 

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Les habitants du Sidh se métamorphosent pour se rendre dans le monde humain ou pour en revenir et plusieurs d'entre eux choisissent, à cet égard, de revêtir l'apparence du cygne. Ainsi, les femmes cygnes des mondes celtiques et nordiques sont-elles de puissantes enchanteresses, des prophétesses et des gardiennes des secrets offerts par les dieux.

 

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©Kirk Reinert

 

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En Irlande, le thème magique du cygne est inhérent à la légende des filles du roi Llyr. En Scandinavie, dans la chanson mythique du forgeron Volund, le héros éponyme épouse une femme cygne et ses frères s'unissent à des femmes cygnes que l'on peut assimiler à des Walkyries.

 

Les Femmes Cygnes, les Bansidh (messagères du Sidh), les Walkyries sont des entités liées au Destin. Au service d'Odin, le seigneur des dieux nordiques, elles survolent les champs de bataille et attirent les âmes des guerriers les plus valeureux pour les emmener au Walhalla, la halle des héros afin qu'ils participent au Ragnarök, le Crépuscule des Puissances.

 

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Les jeunes femmes cygnes, 1894, par Walter Crane (1845-1915)

 

Les Walkyries (Valkyrja en vieux norrois), « celles qui désignent ceux qui sont occis », ont souvent un corps de cygne et peuvent reprendre à leur guise forme humaine. Ce corps se nomme âlptarhanni : « chemise de cygne ».

 

Souvent, dans les mondes du Nord, un héros rencontre un dieu ou une déesse qui a pris la forme d'un cygne. C'est le cas de Bran, héros voyageur irlandais qui, dans le Voyage ou l'Épopée de Bran, fait la connaissance du dieu de la mer Manannán Mac Lir, doté de plusieurs apparences animales. Il est tour à tour cygne blanc, dragon, loup, cerf aux cornes d'argent, phoque et saumon tacheté...

 

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Dans l'Antiquité gréco-romaine, le cygne est l'oiseau familier de Léda, fille du roi Thestios d'Etolie. Considérée comme « la plus belle femme de Grèce », elle fut aimée de Zeus qui vint à elle sous l'apparence d'un cygne. Elle fut la mère des Dioscures, les jumeaux divins Castor et Pollux.

 

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Léda et le Cygne par Léonard de Vinci (1452-1519), vers 1515-1516.

 

Oiseau du Passage, le Cygne est lié aussi bien à la Lune qu'au Soleil. Symbole alchimique, il représente la puissance de transformation du Mercure Primordial, il est « positif » mais pour les Chrétiens, le cygne est beaucoup plus ambivalent. Il est l'emblème du Christ qui agonise sur la croix, ce qui l'associe à la lumière céleste et il est également considéré comme une image des faux dévôts. Le cygne était rejeté du Paradis en raison de l'importance qu'il possédait dans les anciens mondes païens. Pour les chrétiens, les enchanteresses du Nord n'étaient que de viles sorcières et le cygne, un oiseau capable d'apporter la damnation !

 

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Sous son aspect solaire, le cygne est l'attribut des dieux Apollon et Balder. Dans la mythologie gréco-romaine, Apollon est le Soleil, le dieu de la divination, de la musique, des arts et des archers, le frère jumeau de Diane/Artémis, la Lune et Balder, fils d'Odin (seigneur des dieux) et de Frigg (maîtresse de la fécondité), dans la mythologie nordique, est le dieu de la jeunesse et de la lumière.

 

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Revenons à sa symbolique pré-chrétienne. J'aime particulièrement la légende d'Aengus, le dieu irlandais de l'Amour, des Songes et de la Beauté.

 

Aengus (Oengus ou Mac Oc), le fils du dieu suprême Dagda, avait vu le jour en Irlande, à NewGrange, dans le Comté de Meath et fut élevé parmi les Tuatha Dé Danann, les dieux ancêtres magiciens, appelés « gens de la déesse Dana ».

 

Chaque nuit, au creux du sommeil, Aengus rêvait d'une ravissante jeune femme à la peau douce et nacrée, aux longs cheveux dorés et aux yeux brillants et sombres comme de l'obsidienne ou du jais. Son cou oscillait gracieusement. Elle souriait puis semblait triste et elle l'appelait avec sensualité pour qu'il la rejoigne. Le cœur d'Aengus s'affolait. Il croyait se rapprocher d'elle et soudain, elle s'évaporait dans l'atmosphère comme un fantôme.

 

Aengus se réveillait, enfiévré et pendant la journée, il la cherchait mais quand le soir venait, il était toujours seul et dévoré par l'intensité de son désir et de son amour. Au fil du temps, il se dit qu'il ne la trouverait jamais et il en fut si triste que tout dieu qu'il était, il sombra dans une mélancolie qui l'affaiblit considérablement.

 

Les Tuatha Dé Danann, les ancêtres dotés de magie qui l'avaient élevé, s'émurent de sa situation. Ils se lancèrent à leur tour dans des recherches et trois ans plus tard, ils parvinrent à trouver la magnifique jeune femme. Il s'agissait d'une fée, sensible et farouche, qui vivait près d'un lac. Elle se nommait Caer et elle était victime d'un sort qui la changeait en cygne le jour. Le sort ne pouvait être brisé même par des dieux aussi puissants que le Tuatha Dé Danann car de ce sort dépendait un équilibre dans le monde magique. Caer avait été choisie quand elle était fillette. Elle ne reprenait forme humaine que pendant la nuit mais elle ne pouvait quitter l'environnement du lac aussi était-elle dans l'impossibilité de se rendre auprès d'Aengus dont elle était tombée amoureuse à travers les rêves.

 

Les Tuatha Dé Danann s'empressèrent d'envoyer un messager auprès d'Aengus qui recouvrit sa vitalité dès qu'il sut que Caer existait bel et bien et qu'elle pensait à lui. Mais pour vivre et s'accoupler avec elle, il devait accepter de subir le même sort. Il le fit sans la moindre hésitation et sans regret aucun. Il devint cygne le jour afin de voguer sur l'eau du lac avec Caer et chaque nuit, Aengus et Caer s'aimaient sous leur apparence humaine. Ils eurent une jolie lignée d'enfants magiques...

 

Sur ces notes romantiques, je vous souhaite une belle dernière semaine de Janvier. En attendant les charmes et les giboulées de Février, je vous adresse mes meilleures pensées !

 

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©Liga Klavina

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #hiver, #jpg, #lancret, #nicolas

 

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 En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sur Le Blog de Lilou...

 https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi/

 

« L'Hiver, ce sont aussi les sports de glisse », voici le thème proposé cette semaine par Fardoise.

 http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

 

Je suis ravie, ce samedi, de vous présenter un tableau que j'aime énormément et qui appartient, depuis de nombreuses années, à mon musée imaginaire. Il est signé Nicolas Lancret (1690-1743) et se trouvait parmi les œuvres illustrant ma Thèse de Doctorat en Histoire de l'Art.

 

L'Hiver est élégamment représenté à travers l'émanation de la Fête Galante, un genre de la Peinture tout aussi philosophique que charmant, initié par l'artiste Régence Jean-Antoine Watteau (1684-1721). Nicolas Lancret fut lui aussi spécialisé dans la Fête Galante.

 

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 En Hiver, les sentiments ne se refroidissent pas ! Ainsi, l'on voit au premier plan de l'image, auprès d'un homme enveloppé dans un manteau rouge évoquant le Désir et la possibilité de sa voluptueuse expression, une jeune femme tombée en patinant qui est « secourue » par un jeune homme avenant. Le plaisir de patiner est ici le prétexte à une rencontre amoureuse.

 

 

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L'Hiver appartient à une série de quatre toiles célébrant les Saisons, peintes en 1738, pour agrémenter le Cabinet du Roi Louis XV au Château de La Muette, superbe bâtiment hélas détruit en 1793 mais les Saisons ont été préservées. L'Hiver est exposé au Louvre dans la Salle 37, au deuxième étage de l'aile Sully sauf quand des musées sollicitent sa présence en leur sein pour des expositions thématiques.

 

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 L'espace décrit est truffé de séduisants détails. Vous remarquerez, outre les personnages joliment apprêtés qui devisent au bord du bassin gelé ou qui sont sur le point de se livrer à une activité de patinage, la magnifique Fontaine au Triton qui tient, de part et d'autre de son corps musculeux, un dauphin et les naïades sensuelles soutenant la vasque remplie de stalactites et de glaçons.

 

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 Le triton, les deux dauphins et les nymphes aquatiques sont particulièrement réussis ! Quant à la fontaine, une fontaine à congélations, elle se fond dans un paysage d'hiver dont les profondeurs, lovées dans une talentueuse interprétation de sfumato*, sont de nature quasiment fantasmagorique.

 

*Sfumato : technique picturale élaborée par Léonard de Vinci à partir de la superposition de plusieurs couches de peinture étalées avec une grande subtilité. Cette action donne aux contours d’un sujet un aspect évanescent, fascinant, onirique.Le nom dérive de l’italien « fumare » et signifie « vaporeux ».

 

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Nicolas Lancret, Autoportrait

 

Nicolas Lancret hésita, au début de sa carrière, entre la peinture d'histoire et la peinture galante puis il se décida et devint l'élève du maître Antoine Watteau, le peintre qui m'a donné envie, avec François Boucher (1703-1770) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), de me lancer dans de hautes études universitaires en Histoire de l'Art. Ces peintres là ont été mes inspirateurs quand je n'étais qu'une enfant et quand j'ai eu mon bac, ce sont eux, tout naturellement, qui m'ont guidée vers la fac.

Nicolas Lancret a également pour moi beaucoup d'importance. J'ai passé des heures et des heures et des heures... au Louvre à m'imprégner des atmosphères enivrantes de ses tableaux. Je ne saurais les compter !

 

 

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Je disais que Nicolas Lancret avait été l'élève de Watteau. Il fut donc nourri à la source même de l'idée de Fête Galante...

Très jeune, il étudia avec son frère aîné, François-Joseph Lancret (1686-1752), qui exerçait comme maître graveur puis il fut admis chez Pierre Dulin (1669-1748) qui était professeur de Peinture et de Gravure en Creux à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Il entra ensuite chez Claude Gillot (1673-1722), esprit brillant, à la fois peintre, graveur, illustrateur et décorateur de théâtre qui fut le maître de Watteau.

Quelques temps plus tard, Nicolas Lancret rejoignit l'atelier de Watteau et la postérité le reconnut comme un élève majeur du maître de la Fête Galante.

 

 

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La Nature, quand on explore ce genre, y est très importante aussi Watteau conseilla-t-il à Nicolas Lancret de se rendre dans les espaces bucoliques et boisés situés autour de Paris et d'y apprendre à dessiner le paysage. Ainsi, quand il serait de retour à l'atelier, il pourrait y insérer des personnages.

 

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Doté d'un fort caractère, (il s'était fait suspendre provisoirement de l'Académie pour indiscipline), Nicolas Lancret devint un étudiant très assidu. Il écouta ce que lui disait Watteau et parcourut aussi souvent que possible les bois, les clairières et les champs. Il travailla sans relâche au fil des saisons et fut reçu à l'Académie en 1719 avec une peinture de Fête Galante plébiscitée par ses examinateurs. Sa carrière fut fructueuse. Il reçut de nombreuses commandes officielles et son talent fut reconnu par ses contemporains. Le roi Frédéric II de Prusse fut notamment l'un de ses meilleurs clients.

 

 

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Nicolas Lancret peignit beaucoup de séries. Narrateur habile, il mit en scène, en suivant des codes élégants et galants, les Saisons, les Éléments, les Heures du Jour et de la Nuit, les Âges de la Vie... Il aima aussi représenter l'enfance à travers de délicieuses saynètes et illustrer plusieurs classiques de la Littérature comme les œuvres de Molière et les Contes de La Fontaine (entre autres magnifiques réalisations...). Passionné de Théâtre, il réalisa de nombreux portraits de Comédiennes et de Comédiens.

 

Si vous désirez voir les autres tableaux qui accompagnent l'Hiver pour former cette série des Saisons, je vous donne rendez-vous sur la Chimère écarlate comme chaque samedi.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-nicolas-lancret-l-hiver-1738.html

 

 

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Dans la Fête Galante, la Nature devient le témoin des sentiments d'amour naissants ou des flammes déjà vives... A suivre dans d'autres billets que je consacrerai à ce thème...

 

Comme vous l'avez compris, je suis « amoureuse » de ce tableau et de ce qui y est associé et je me souviens, avec émotion, de ma thèse en l'évoquant ainsi que des raisons qui m'ont poussée à faire de l'Histoire de l'Art sur un plan universitaire. J'ai pris grand plaisir à partager tout cela avec vous. Je me suis « limitée » pour ne pas faire trop long, sourires...

 

Merci de votre fidélité, chers Aminautes, prenez bien soin de vous surtout... Amitiés et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Albert, #eau, #petit, #petitsMérat, #rosne

 

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi... avec des pensées pour Lady Marianne.

 

J'ai choisi ce texte en m'imaginant suivre le cours de cette petite rivière de poésie... Aller gambader, caracoler, papillonner au bord de l'eau qui chante et laisser toute perturbation derrière soi... Quel bonheur de ressentir la vie ainsi, une vie qui pétille dans le charme des couleurs et la symphonie des reflets aquatiques.

 

« La petite rivière, bleue

Si peu que le ciel ait d'azur,

D'ici fait encore une lieue,

Puis verse au fleuve son flot pur.

 

Plus grande, elle serait moins douce,

Elle n'aurait pas la lenteur

Qui dans les herbes mène et pousse

Son cours délicat et chanteur.

 

Elle n'aurait pas de prairies

Plus vertes si près de la main,

Non plus que ces berges fleuries

Où marque à peine le chemin.

 

Ni le silence si paisible,

Ni parmi les plantes des eaux

L'étroit chenal presque invisible

Entre les joncs et les roseaux.

 

Et le moulin qui sort des branches

N'aurait pas à bruire ailleurs

Plus d'eau dans ses palettes blanches,

Ni plus de mousses et de fleurs.

 

La petite rivière est gaie

Ou mélancolique, suivant

Qu'un oiseau chante dans la haie

Ou qu'il pleut et qu'il fait du vent.

 

Selon l'heure, joyeuse ou triste,

Couleur du soir ou du matin,

Comme une charmeuse elle insiste,

Lorsque l'œil la perd au lointain,

 

Derrière le saule incolore

Ou le vert des grands peupliers,

A montrer une fois encore

Ses caprices inoubliés.

 

Albert Mérat

 

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J'aime énormément cette petite rivière. Je ressens son énergie bienfaisante à travers la lecture du poème d'Albert Mérat (1840-1909), poète parnassien plutôt méconnu du grand public.

 

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Dans sa jeunesse, Albert Mérat fit des études de Droit puis il travailla à la Préfecture de la Seine. Passionné de poésie, il fréquenta les milieux littéraires et rencontra Paul Verlaine avec qui il tissa des liens profonds. Il fut apprécié de son vivant pour son talent mais à la différence d'autres poètes de son temps, il fut oublié ensuite dans nombre d'ouvrages et malmené par la postérité.

 

Rimbaud le qualifia « d'artiste visionnaire », Verlaine lui dédia un poème appelé « Jadis » et il fut l'auteur de plusieurs poésies pour la revue intitulée « Le Parnasse Contemporain ».

 

Le mouvement littéraire du Parnasse naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme. Le chef de file de cette école d'art et de pensée fut Leconte de Lisle et ses membres principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient.

 

Albert Mérat eut une vie riche sur un plan artistique et il partagea une belle amitié avec Verlaine. En revanche, ses relations furent plus tendues avec Rimbaud. Dans la dernière partie de sa vie, nommé Chevalier de la Légion d'honneur il devint bibliothécaire au Palais du Luxembourg, l'actuel Sénat.

 

 

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Mes photos illustrant ce billet vous montrent bien une « Petite Rivière ». Il s'agit du Petit Rosne de Sarcelles, la rivière qui coule dans ma ville. Depuis peu d'années, le Petit Rosne revit. Il a été oublié pendant très longtemps, on l'avait transformé en cloaque et enterré depuis le début du XIXe siècle. Désormais, son chant se fait entendre avec un aménagement qui fait plaisir aux habitants de Sarcelles.

 

Grâce à un projet chapeauté par le SIAH (Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement Hydraulique des Vallées du Croult et du Petit Rosne, créé en 1945) et la ville de Sarcelles, le Petit Rosne a été nettoyé, réaménagé et il coule à ciel ouvert.

 

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Le Petit Rosne naît à Bouffémont, au pied de la forêt de Montmorency et se charge des eaux de ruissellement venant de petits cours d'eau dotés de noms pittoresques : le Ruisseau des Quarante-Sous, le Ruisseau des Longs-Prés...

 

Au Ier siècle de notre ère, des thermes gallo-romains furent installés sur ses berges et il fut qualifié, quelques temps plus tard, de « Fluvio Rodono », un vocable celtique.

 

Au IXe siècle, après une donation effectuée par Eudes, le roi des Francs, l'eau du Petit Rosne irrigua un paysage où se dressaient des moulins à blé. Il traversait une vallée fertile et bien placée pour les échanges commerciaux avec la capitale. Le blé obtenu par les meuniers était de qualité et au début du XVIIIe siècle apparurent des moulins à tissu. Mais au XIXe siècle, les machines utilisant l'électricité et la vapeur détruisirent les industries de la région.

 

Les moulins périclitèrent, la pollution s'installa et les rivières locales, à l'instar du Petit Rosne, furent condamnées, enterrées, effacées des mémoires de nombreux habitants. Cependant, en 1929, une terrible inondation eut lieu à Sarcelles-Village et en 1992, le Village fut noyé sous 1,60 mètres d'eau.

 

 

Le Petit Rosne est aujourd'hui bien présent, avec sérénité, dans le paysage urbain, à l'instar d'un autre cours d'eau dont il est l'affluent, le Croult. Cela est le résultat d'un travail de longue haleine, comme vous vous en doutez.

 

J'aime me promener sur les berges agréablement recréées et cheminer à travers une jolie petite zone humide peuplée de mares miniatures, d'un « ponton pédagogique », d'une « passerelle-observatoire » et agrémentée d'une végétation composée « d'espèces autochtones comme l’épilobe à grandes fleurs, l'eupatoire chanvrine, le roseau commun, la lysimaque commune, le fenouil d’eau, la salicaire commune, la menthe aquatique, le jonc hérissé...

 

Je suis contente de vous montrer notre Petit Rosne, je l'apprécie beaucoup...

 

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Mon ami le rocher au bord de l'eau, voyez-vous son visage ?

 

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Notre Petit Rosne en pleine ville, se dirigeant vers les Halles du Marché de Sarcelles.

 

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De l'autre côté, vers la passerelle-observatoire.

 

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Gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bien, #hiver, #jpg, #norman, #Rockwel, #samedi

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sur Le Blog de Lilou...

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi/

 

« L'Hiver bien au chaud dans la maison », voici le thème proposé cette semaine par Amande Douce.

 

http://amandedouce.eklablog.com/

 

Samedi dernier, j'avais exploré ce thème, par anticipation, sourires, sans savoir qu'une aminaute le choisirait cette semaine, avec le tableau de Warren B. Davies intitulé Rêverie au coin de l'âtre et datant de 1893.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-warren-b.davies-reverie-au-coin-de-l-atre-1893.html

 

Retour devant l'âtre ce samedi puisque j'adore ce thème ! J'ai hésité entre des oeuvres de plusieurs artistes qui me plaisaient énormément (Arthur Hacker, Delphin Enjolras, Charles Wysocki...) et j'ai choisi « Is he coming ? » où deux bambins, bien à l'abri dans le coeur du foyer, sont pris par le peintre en flagrant délit d'exploration nocturne, près de la cheminée, en attendant la venue du Père Noël... On se reconnaît aisément dans l'attitude de ces deux petits bouts quand on est un adulte-enfant, sourires à nouveau... Père Noël, Père Hiver et maintenant Père Janvier... Nous sommes toujours dans la période des vœux. Les portes solsticiales de l'Hiver ne se sont pas refermées alors je veux savourer cette magie de l'âtre, goûter la joie de l'instant dans son habit doré et faire des souhaits enfiévrés pour que vienne le Printemps !

 

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Peintre et illustrateur né à New York, Norman Rockwell (1894-1978) était un passionné de culture américaine. Tout au long de son artistique existence, il a représenté des moments privilégiés de la vie quotidienne aux États-Unis, croquant ses contemporains à travers des activités choisies, ludiques, intellectuelles, sportives, culturelles, des petits bonheurs qui s'ouvrent et se dégustent comme des papillotes colorées. Il a étudié les scènes d'intérieur, les portraits intimistes et conçu une myriade de toiles, d'illustrations et d'affiches centrées sur les émotions humaines.

 

Vous pouvez lire la suite de ce billet et voir, si vous le souhaitez, plusieurs détails du tableau sur La Chimère écarlate, ou continuer ici.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-norman-rockwell-is-he-coming-1920.html

 

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A partir des années cinquante, Norman Rockwell fut considéré comme l'artiste le plus populaire en Amérique et comme l'un des portraitistes les plus renommés, ayant représenté John Fizgerald Kennedy, Dwight D. (Ike) Einsenhower ou encore le Général Nasser. Il fut l'un des piliers du Saturday Evening Post, un quotidien des plus appréciés, basé à Philadelphie.

 

Il aimait beaucoup saisir sur le vif des moments joyeux, rêveurs ou mélancoliques associés à l'enfance et il donnait à ses œuvres un sens très subtil du mouvement comme en témoigne l'image que j'ai choisie, territoire de magie enfantine qui s'offre à nous dans une précieuse et fantasmagorique lumière dorée...

 

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Bien au chaud pendant l'hiver !

 

Devant la Cheminée, bouche ésotérique, lieu de passage des entités bénéfiques du foyer...

 

Sous le regard bienveillant du Chat de la Maison, le Gardien des Secrets, le Protecteur...

 

Clin d’œil amical à mon aminaute Béa-Kimcat qui adore les chats !

http://kimcat1b58.eklablog.com/

 

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Dans le cœur du foyer, palpite une rose de feu... Rêveries...

 

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Je vous souhaite de belles journées de Janvier, amicalement vôtre !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleuve, #jpg, #prevert, #seine

 

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Vue sur le Pont du Carrousel et au-delà, le Musée d'Orsay.

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié... Voici mon choix de poème pour le mardi 14 janvier :

 

La Seine a rencontré Paris

 

J'ai choisi ce poème vivant et imagé, cette déclaration d'amour intense à la Seine et à Paris signée Jacques Prévert (1900-1977)et issue du Recueil intitulé « Choses et Autres ».

 

Je vous souhaite une belle lecture...

 

« Qui est là

Toujours là dans la ville

Et qui pourtant sans cesse arrive

Et qui pourtant sans cesse s’en va

 

C’est un fleuve

répond un enfant

un devineur de devinettes

Et puis l’œil brillant il ajoute

Et le fleuve s’appelle la Seine

Quand la ville s’appelle Paris

et la Seine c’est comme une personne

Des fois elle court elle va très vite

elle presse le pas quand tombe le soir

Des fois au printemps elle s’arrête

et vous regarde comme un miroir

et elle pleure si vous pleurez

ou sourit pour vous consoler

et toujours elle éclate de rire

quand arrive le soleil d’été

 

La Seine dit un chat

c’est une chatte

elle ronronne en me frôlant

Ou peut-être que c’est une souris

qui joue avec moi puis s’enfuit

La Seine c’est une belle fille de dans le temps

une jolie fille du French Cancan

dit un très vieil Old Man River

un gentleman de la misère

et dans l’écume du sillage

d’un lui aussi très vieux chaland

il retrouve les galantes images

du bon vieux temps tout froufroutant

 

La Seine

dit un manœuvre

un homme de peine de rêves de muscles et de sueur

La Seine c’est une usine

La Seine c’est le labeur

En amont en aval toujours la même manivelle

des fortunes de pinard de charbon et de blé

qui remontent et descendent le fleuve

en suivant le cours de la Bourse

des fortunes de bouteilles et de verre brisé

des trésors de ferraille rouillée

de vieux lits-cages abandonnés

ré-cu-pé-rés

La Seine

c’est une usine

même quand c’est la fraîcheur

c’est toujours le labeur

c’est une chanson qui coule de source

Elle a la voix de la jeunesse

dit une amoureuse en souriant

une amoureuse du Vert-Galant

Une amoureuse de l’île des cygnes

se dit la même chose en rêvant

 

La Seine

je la connais comme si je l’avais faite

dit un pilote de remorqueur au bleu de chauffe

tout bariolé

tout bariolé de mazout et de soleil et de fumée

Un jour elle est folle de son corps

elle appelle ça le mascaret

le lendemain elle roupille comme un loir

et c’est tout comme un parquet bien briqué

Scabreuse dangereuse tumultueuse et rêveuse

par-dessus le marché

Voilà comment qu’elle est

Malice caresse romance tendresse caprice

vacherie paresse

Si ça vous intéresse c’est son vrai pedigree

 

La Seine

c’est un fleuve comme un autre

dit d’une voix désabusée un monsieur correct et

blasé

l’un des tout premiers passagers du grand tout

dernier bateau-mouche touristique et pasteurisé

un fleuve avec des ponts des docks des quais

un fleuve avec des remous des égouts et de temps à

autre un noyé

quand ce n’est pas un chien crevé

avec des pêcheurs à la ligne

et qui n’attrapent rien jamais

un fleuve comme un autre et je suis le premier à le

déplorer

 

Et la Seine qui l’entend sourit

et puis s’éloigne en chantonnant

Un fleuve comme un autre

un cours d’eau comme un autre cours d’eau

des glaciers et des torrents

et des lacs souterrains et des neiges fondues

des nuages disparus

Un fleuve comme un autre

comme la Durance ou le Guadalquivir

ou l’Amazone ou la Moselle

le Rhin la Tamise ou le Nil

Un fleuve comme le fleuve Amour

comme le fleuve Amour

chante la Seine épanouie

et la nuit la Voix lactée l’accompagne de sa tendre

rumeur dorée

et aussi la voix ferrée de son doux fracas coutumier

 

Comme le fleuve Amour

vous l’entendez la belle

vous l’entendez roucouler

dit un grand seigneur des berges

un estivant du quai de la Râpée

le fleuve Amour tu parles si je m’en balance

c’est pas un fleuve la Seine

c’est l’amour en personne

c’est ma petite rivière à moi

mon petit point du jour

mon petit tour du monde

les vacances de ma vie

Et le Louvre avec les Tuileries la Tour Eiffel la Tour

Pointue et Notre-Dame de l’Obélisque

la gare de Lyon ou d’Austerlitz

c’est mes châteaux de la Loire

la Seine

c’est ma Riviera

et moi je suis son vrai touriste

 

Et quand elle coule froide et nue en hurlante plainte

contre inconnu

faudrait que j’aie mauvaise mémoire

pour l’appeler détresse misère ou désespoir

Faut tout de même pas confondre les contes de fées et

les cauchemars

Aussi

quand dessous le Pont-Neuf le vent du dernier jour

soufflera ma bougie

quand je me retirerai des affaires de la vie

quand je serai définitivement à mon aise

au grand palace des allongés

à Bagneux au Père-Lachaise

je sourirai et me dirai

 

Il était une fois la Seine

il était une fois

il était une fois l’amour

il était une fois le malheur

et une autre fois l’oubli

 

Il était une fois la Seine

Il était une fois la vie »

 

 

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Ce poème nous emmène en voyage. Je l'ai choisi comme introduction à mon prochain billet qui sera consacré à la Seine, un univers à part entière.

Cet univers, Jacques Prévert nous le conte avec son immense talent de poète populaire et de scénariste au langage riche et familier, truffé de jeux de mots qui caracolent dans la tête et le cœur.

 

Les émotions des artistes, des promeneurs et des habitants de Paris entrent en résonance avec les mouvements de l'eau et cela dure depuis des temps immémoriaux. Nous verrons cela dans quelques jours...

 

En attendant, pour le plaisir, voici quelques uns des visages de Dame Seine...

 

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En bordure de l'Île Saint-Louis...

 

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Vue sur le Pont Alexandre III

 

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La Seine a vraiment une myriade d'aspects fascinants...

 

Merci de votre fidélité chers Aminautes ! Belles pensées et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #emi, #livre, #lucette, #ombres, #vie

 

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Billet écrit avant ce qui m'a affectée en décembre. Je n'ai pu le publier à ce moment-là et je prends grand plaisir à le faire aujourd'hui.

 

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Installez-vous bien, près d'une tasse remplie d'un breuvage fumant et partez en voyage, à travers un livre plein de vie, de sensibilité, de charme ! Emi, Lucette et la Coiffeuse...

 

Oui, ce livre a le charme des petites choses de la vie, celles qui sont capitales et dont l'importance nous étreint quand le quotidien se grise ou s'obscurcit !

 

Et ce livre est une enquête qui allèche et séduit...

 

Je ne peux trop en dire, vous vous en doutez bien... Si vous aimez les histoires poignantes, celles où l'on se sent pris par l'écriture et qu'on ne peut lâcher avant d'avoir fini, alors ce livre est pour vous !

 

Il a été écrit par notre amie Mansfield/Evelyne Larcher que plusieurs d'entre vous connaissent et je voulais depuis des mois lui consacrer ce billet...

 

http://www.mansfield.fr/

 

Mais voilà, bien malgré moi je procrastine, emportée par les feuilles d'automne ou les étoiles de givre ou je ne sais...

 

Là, j'ai imaginé que je me faisais « gronder » par Lucette... la gouailleuse Lucette, la Lucette au cœur énooooooooorme, héroïne à l'amour vorace et qui ne laisse rien passer à ceux qui l'entourent tant elle a de générosité. Une Lucette qui entre, volcanique, dans votre tête et votre cœur...

 

Et puis, il y a Emi... lumineuse et secrète, Emi qui joue avec les ombres, des ombres douces et chimériques et des ombres plus sombres. Chut, ne pas trop en dire surtout...

 

Puis, il y a d'autres personnages qui forment une ronde autour des réalités de la vie, réalités ambivalentes, dures, ardentes... Ne pas trop en dire, je persiste... Je ne peux que vous conseiller cet ouvrage.

 

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Bravo Mansfield et surtout merci !

 

Amicalement vôtre...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #coin, #jpg, #reverie, #samedi, #tableau

 

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En souvenir de LADY MARIANNE, avec mes pensées d'amitié... Je continue le Tableau du Samedi et j'ai choisi le thème libre.

 

Se régaler de la magie du coin de l'âtre, un endroit bien particulier où le temps n'est plus tout à fait le même... Se lover là, dans l'or mouvant et laisser le cours des choses se poursuivre en écoutant siffler les bûches. Aimer l'instant pour ce qu'il a de rare, de simple et de précieux. Se ressourcer dans la musique des flammes et s'imprégner de saveurs d'épices, de bois variés, de métaux en fusion, de café à la cannelle et de cabosses de cacao grillé.

 

J'aime beaucoup ce tableau qui décrit un moment d'intimité et nous attire entre voyage littéraire et contemplation du feu de cheminée.

 

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L'artiste, Warren B. Davies (1865-1928), peintre et illustrateur américain, a réalisé une œuvre intimiste, peuplée de rêveries féminines et de nus magnifiques. C'est un artiste peu connu en Europe mais ses tableaux, ses illustrations et ses gravures sont fort appréciés aux États-Unis et notamment dans de grands musées comme le Metropolitan Museum à New York.

 

Il aimait représenter de jeunes femmes qualifiées « d'idéalisées » (je vous montrerai d'autres toiles prochainement) mais surtout, il prenait plaisir à montrer des moments de sérénité, de rêverie et de contemplation.

 

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La Cheminée, territoire d'entre-deux où crépite le Feu nourricier de l'Inspiration, apparaît dans plusieurs de ses œuvres. Nous ne la voyons pas directement mais nous ressentons sa présence en observant le personnage mis en scène.

 

La jeune femme du tableau que j'ai choisi est plongée dans une profonde contemplation, associée à la perception envoûtante voire fantasmagorique de ce qui l'entoure. Elle évolue, immobile, dans un ailleurs doré et le tissu de sa robe se gorge de la clarté chatoyante des flammes. Elle est comme inondée de lumière et l'obscurité qui se déploie dans son dos semble mouvante.

 

Si vous désirez lire la suite, je vous donne rendez-vous sur La Chimère écarlate, comme chaque samedi...

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-warren-b.davies-reverie-au-coin-de-l-atre-1893.html

 

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Quelques notes chimériques dans ma nuit...

 

Bon week-end et gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #gautier, #hiver, #jpg, #neige, #theophile

 

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Le dieu Hiver, Saturne aux Tuileries, (marbre original datant du 18e siècle, visible au Louvre et qui fut remplacé par un moulage en 1993 au Jardin des Tuileries.)

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié... Voici mon choix de poème pour le mardi 7 janvier :

 

Fantaisies d'Hiver de Théophile Gautier

 

Un poème divisé en cinq tableaux, issu de Émaux et Camées, recueil de 37 poèmes composés en octosyllabes et paru en 1852.

 

I

 

Le nez rouge, la face blême,

Sur un pupitre de glaçons,

L'Hiver exécute son thème

Dans le quatuor des saisons.

 

Il chante d'une voix peu sûre

Des airs vieillots et chevrotants ;

Son pied glacé bat la mesure

Et la semelle en même temps ;

 

Et comme Haendel, dont la perruque

Perdait sa farine en tremblant,

Il fait envoler de sa nuque

La neige qui la poudre à blanc.

 

II

 

Dans le bassin des Tuileries,

Le cygne s'est pris en nageant,

Et les arbres, comme aux féeries,

Sont en filigrane d'argent.

 

Les vases ont des fleurs de givre,

Sous la charmille aux blancs réseaux ;

Et sur la neige on voit se suivre

Les pas étoilés des oiseaux.

 

Au piédestal où, court-vêtue,

Vénus coudoyait Phocion,

L'Hiver a posé pour statue

La Frileuse de Clodion.

 

III

 

Les femmes passent sous les arbres

En martre, hermine et menu-vair,

Et les déesses, frileux marbres,

Ont pris aussi l'habit d'hiver.

 

La Vénus Anadyomène

Est en pelisse à capuchon ;

Flore, que la brise malmène,

Plonge ses mains dans son manchon.

 

Et pour la saison, les bergères

De Coysevox et de Coustou,

Trouvant leurs écharpes légères,

Ont des boas autour du cou.

 

IV

 

Sur la mode Parisienne

Le Nord pose ses manteaux lourds,

Comme sur une Athénienne

Un Scythe étendrait sa peau d'ours.

 

Partout se mélange aux parures

Dont Palmyre habille l'Hiver,

Le faste russe des fourrures

Que parfume le vétiver.

 

Et le Plaisir rit dans l'alcôve

Quand, au milieu des Amours nus,

Des poils roux d'une bête fauve

Sort le torse blanc de Vénus.

 

V

 

Sous le voile qui vous protège,

Défiant les regards jaloux,

Si vous sortez par cette neige,

Redoutez vos pieds andalous ;

 

La neige saisit comme un moule

L'empreinte de ce pied mignon

Qui, sur le tapis blanc qu'il foule,

Signe, à chaque pas, votre nom.

 

Ainsi guidé, l'époux morose

Peut parvenir au nid caché

Où, de froid la joue encor rose,

A l'Amour s'enlace Psyché.

 

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Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier, critique d'art passionné par le Chant de l'Esthétisme et de l'Art pour l'Art, magnifie ici l'Hiver de manière sensible et facétieuse. Au carrefour du Romantisme et de la Poésie Parnassienne, il célèbre avec brio la « saison blanche » et s'amuse à nous montrer en mots le paysage transfiguré.

 

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L'Hiver est un royaume assourdi, un univers secret. On s'y promène à fleur de songe, sur les chemins ourlés de givre ou brodés de neige fraîche. J'ai choisi ce poème parce que j'aime explorer les jardins en hiver. Je me réjouis lorsque la Nature se pare de fleurs et de vert mais j'aime aussi les atmosphères hivernales, me plonger dans la lumière de porcelaine qui effleure mystérieusement les matières et contempler vases et statues qui semblent se fondre dans une profonde rêverie.

 

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Glossaire pour Fantaisies d'Hiver

 

Phocion était un général, stratège et orateur athénien, né en 402 et mort en 318 avant J.-C. Cet homme illustre était célèbre pour son opposition à toute vaine rhétorique. Théophile Gautier exprime à travers cette référence, loin de tout jeu linguistique stérile, l'importance de la force créatrice contenue dans les mots.

 

Vénus Anadyomène, « sortie des eaux » ou « surgie des eaux », parée de sa longue chevelure envoûtante. Incarnation mythologique de la Beauté pour les artistes Romantiques et Théophile Gautier.

 

Clodion était le pseudonyme de Claude Michel (1738-1814), sculpteur lorrain très apprécié dans les milieux parisiens de son temps et représentatif du style Rococo. Sa Frileuse connut un grand succès.

 

Nicolas Coustou (1658-1733), neveu du maître Antoine Coysevox (1640-1720) qui créa nombre de sculptures pour les parcs et jardins d'Île de France, fut l'un des plus grands sculpteurs en activité à la fin du règne de Louis XIV et au début du règne de Louis XV. Il a réalisé des marbres sensuels et somptuaires pour le Parc de Marly que je vous ai présenté il y a quelques temps.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-seine-et-la-marne-ete-automne-2019-a173505128

 

 

Et maintenant, un florilège de photos prises avec la joie de butiner les charmes des Tuileries autrement qu'à la verte saison...

 

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Arbres en silhouettes d'hiver...

 

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Certains d'entre eux ont encore des feuilles...

 

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Qu'ils soient nus ou habillés, ils me fascinent !

 

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Ce sont de formidables géants !

 

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Et l'on peut faire de sympathiques rencontres...

 

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Pour se promener à travers l'histoire du jardin...

 

La Ronde des Saisons aux Tuileries...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-ronde-des-saisons-aux-tuileries-a108624238

 

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Je trouve cela magique, un jardin en hiver...

 

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J'avais pris les trois photos ci-dessus l'année dernière et je ne les avais pas publiées. J'ai trouvé qu'elles allaient bien avec le poème de Théophile Gautier... En attendant que peut-être vienne la neige...

 

Gros bisous et pensées chaleureuses !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hiver, #launt, #palmer, #tableau, #walter

 

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En souvenir de LADY MARIANNE, je continue le Tableau du Samedi avec beaucoup d'émotion...

 

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Miroitements secrets, atmosphère magique, rêverie artistique d'une blancheur immaculée... La toile de Walter Launt Palmer (1854-1932) évoque la passion que cet artiste américain impressionniste vouait aux charmes hivernaux.

 

J'ai choisi ce tableau pour son côté à la fois simple et envoûtant. L'hiver y palpite avec une beauté sans fioritures et les silhouettes des arbres, habitants d'un monde ouaté, nous invitent à contempler la Nature, avec sérénité.

 

Peintre Impressionniste, également marqué par l'Orientalisme, Walter Launt Palmer s'est spécialisé dans la création de paysages d'hiver ce qui lui a valu le surnom de « peintre de l'hiver américain ».

 

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Pour lire la suite de ce billet, je vous donne rendez-vous, si le cœur vous en dit, sur La Chimère écarlate où je publie depuis le début de mes participations le Tableau du Samedi...

 

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-walter-launt-palmer-winter-reflections.html

 

Belles pensées, chers aminautes avec quelques « brins » de neige pour titiller l'imagination...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2020, #annee, #jpg, #meilleurs, #voeux

 

 

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Bienvenue à l'année 2020, parée de désirs, d'espoirs et de rêves en étincelles !

 

Une année que j'espère riche d'une infinité de petits bonheurs à butiner avec ceux qu'on aime...

 

Une année pour se sentir mieux et réparer les blessures sociales et personnelles.

 

Une année pour progresser, humblement mais sûrement sur les chemins de la vie.

 

Une année qui annoncera d'autres belles années, je l'espère de tout cœur !

 

Je vous souhaite la meilleure Santé possible et beaucoup, beaucoup d'Amour ! Sans oublier la Subsistance et des petits brins dorés de Prospérité pour se faire du bien au quotidien...

 

Merci pour vos vœux, merci pour l'Amitié... Sans oublier les personnes seules et désemparées...

 

Je vous embrasse bien fort !

 

Très bonne année 2020 !

 

Cendrine

 

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Encore de gros bisous et Joyeuse Année 2020 !

Plume

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