Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee

 

Image001.jpg

 

Un poème et une chanson, une œuvre célébrissime mais que je prends toujours plaisir à réentendre et à relire. Un peu comme si je la percevais pour la première fois.

 

Profitons de doux moments d'été, chers aminautes, en voyageant à travers ces mots poétiques et via une petite pause sur un banc. J'illustre mon billet avec des photos de bancs prises au fil du temps, en cheminant dans la ville.

 

En ces temps compliqués, souvent anxiogènes, continuons à imaginer qu'on peut se « bécoter » librement... Pas évident, désormais, avec le masque mais de meilleurs moments reviendront, gardons Espoir et surtout, que Prudence et Respect des Autres soient de mise !

 

Image002.jpg

 

Les Amoureux des bancs publics, 1953 (A l'origine, Bancs Publics)

 

Georges Brassens (1921-1981)

 

Les gens qui voient de travers pensent que les bancs verts

Qu'on voit sur les trottoirs

Sont faits pour les impotents ou les ventripotents

Mais c'est une absurdité car à la vérité, ils sont là, c'est notoire

Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'disant des "je t'aime" pathétiques

Ont des petites gueules bien sympathiques

Ils se tiennent par la main, parlent du lendemain, du papier bleu d'azur

Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher

Ils se voient déjà doucement elle cousant, lui fumant dans un bien-être sûr

Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'disant des "je t'aime" pathétiques

Ont des p'tites gueules bien sympathiques

Quand la sainte famille machin croise sur son chemin deux de ces malappris

Elle leur décoche hardiment des propos venimeux

N'empêche que toute la famille

Le père, la mère, la fille, le fils, le Saint Esprit

Voudrait bien de temps en temps pouvoir s'conduire comme eux

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'disant des "je t'aime" pathétiques

Ont des p'tites gueules bien sympathiques

Quand les mois auront passé, quand seront apaisés leurs beaux rêves flambants

Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds

Ils s'apercevront émus qu'c'est au hasard des rues sur un d'ces fameux bancs

Qu'ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics

Bancs publics, bancs publics

En s'disant des "je t'aime" pathétiques

Ont des p'tites gueules bien sympathiques

 

Auteur : Georges Brassens

 

Paroles © Warner Chappell Music France

 

https://i.pinimg.com/564x/88/42/f5/8842f58f6a8665db6875ae69cba0373b.jpg

 

 

 

 

Image003.jpg

Sur un banc et sous un parapluie...

 

Image004.jpg

Un banc bien investi !

 

Le Poème du Mardi : Georges Brassens, Les Amoureux des Bancs Publics

Un de mes bancs préférés, quelque part, un banc qui attend...

 

Image006.jpg

 Et un p't coin « secret »... Un autre lieu de rêverie et d'écriture entre les griffes du temps...

 

Pour les passionnés de Brassens, voici ce que l'on peut trouver dans la revue Notre Temps, sous la plume d'Oliver Calon, journaliste et historien :

 

« Les Amoureux des bancs publics fait partie des toutes premières chansons que Brassens a chanté sur la scène de chez Patachou. Bien sûr, lorsqu'on se penche que ce petit joyau, on est tenté de croire qu'il fut inspiré à Brassens par les dessins de Peynet, le père des fameux « amoureux » Valentin et Colombine, et… futur voisin de palier du chanteur. Mais il semble que ce soit une fausse piste.

 

La source d'inspiration se trouve vraisemblablement dans un ouvrage de la bibliothèque du chanteur, publié en 1926 sous la plume de Jeanne Ramel-Cals et intitulé Amours en province. Dans ce livre retrouvé après sa mort, le chanteur avait souligné des passages où il est question de « jardins publics », « d'amoureux sur les bancs », de « bébé »… Ces lignes ont-elles constitué le point de départ de la chanson ? C'est probable. »

 

Image007.jpg

 

Je m'éclipse en vous envoyant de belles pensées et en vous souhaitant de profiter au mieux de votre été. Gros bisous et merci de votre fidélité !

 

Image008.jpg

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #detail, #emile, #jeune, #jpg, #vernon

 

Image001.jpg

 

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Suite du thème proposé pour le samedi 18 et le samedi 25 juillet par Lilou soit « Quelques portraits de femmes portant chapeau... »

 

https://lilousol.wordpress.com/2020/07/15/le-tableau-du-samedi-semaine-29-le-theme

 

 

Image003.jpg

La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 1

 

J'ai choisi pour ce 25 juillet des beautés douces, rayonnantes, au charme suranné, signées Émile Vernon (1872-1919).

 

Pendant plusieurs décennies, les peintures d'Émile Vernon ont été considérées avec dédain, qualifiées de mièvres et de trop académiques alors qu'elles étaient l'expression d'une mode fleurie, fraîche et délicieuse, en vigueur aux alentours de 1900.

 

Douceur et sensibilité se manifestent dans le choix des coloris, la transparence et le mouvement des fines étoffes, la qualité des broderies et des parures, le soin apporté à la description des visages et des chevelures d'où émane une sensualité diffuse.

 

Image004.jpg

La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 2

 

Ces portraits élégants, fort appréciés en Angleterre et aux États-Unis, trouvent enfin leur place dans l'Histoire de l'Art, parmi les créations de la Belle-Époque.

 

Image005.jpg

La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 3

 

Émile Vernon étudia à l'école des Beaux-Arts de Tours où il reçut le premier prix de dessin en 1888. Il devint à Paris l'élève d’Auguste Truphème (1836-1898) et de William Bouguereau (1825-1905), dont les nus féminins, les compositions mythologiques et les décorations murales pour de prestigieux monuments, comme le Grand Théâtre de Bordeaux, suscitèrent autant la critique que l'engouement du public. En 1898, Vernon présenta ses œuvres à l'exposition de l'école des Beaux Arts et des Arts décoratifs de Tours et jusqu'en 1913, il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français.

 

En 1899, il réalisa des peintures pour le théâtre de Nevers et pour celui de Châtellerault (coupole et rideau de scène) sur le thème des Muses.

 

Ses portraits, ses paysages et ses peintures florales aux couleurs douces et aux atmosphères vaporeuses sont désormais recherchés par les collectionneurs américains, canadiens et japonais. (Sources Larousse, Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 14 vol. nouvelle édition 1999).

 

Image006.jpg

 

Le deuxième tableau que j'ai choisi pour ce samedi est La Tasse de Thé. Les détails et les ornements sont magnifiques, le chapeau me séduit au plus haut point !

 

Image007.jpg

La Tasse de Thé détail 1

 

Avec de ravissantes figures de jeunes femmes élégantes, des portraits d'enfants souvent accompagnés d'animaux et des portraits de son épouse, Émile Vernon sut montrer qu'il était un artiste de qualité, expert en éclairages subtils. Tout au long de sa vie, il se consacra à l'art, aimant draper les courbes séductrices sous des atours d'innocence.

 

Image008.jpg

La Tasse de Thé détail 2

 

En 1915, il se trouva mobilisé dans l’infanterie et en 1916, il fut réformé pour raisons médicales. Il perdit la vie en janvier 1920.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre de François-Martin Kavel (1861-1931), La jeune femme au chapeau souple.

 

Image009.jpg

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-francois-martin-kavel-la-jeune-femme-au-chapeau-souple.html

 

 

Image010.jpg

Une Rose Soleil pour vous...

 

L'Été poursuit son chemin, chers Aminautes, je vous souhaite de cueillir les charmes de l'instant...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #albert, #jpg, #lozeau, #messagere, #poete

 

Image001.jpg

 

Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi un poème qui me ravit car il célèbre un être merveilleux et tellement indispensable à la Vie : la Fleur... Muse des Cœurs, Ardente Inspiratrice, Enchanteresse qui exalte nos émotions !

 

J'illustre ce poème avec avec des « Messagères » butinées avec passion dans la Nature et dans la Ville, sous la caresse des saisons...

 

Image002.jpg

 

 

La Messagère

 

La fleur, exquise messagère,

En son petit cœur rose ou bleu

Qu’embaume une senteur légère,

Enferme l’infini d’un vœu.

 

Frissonnante dans sa corolle,

La fleur, ce vivant billet doux,

Exhale en parfum la parole

Dite, en tremblant, du fond de nous...

 

Parfois, sous le poids chaud d’une âme,

Meurtrie, elle se penche et meurt…

Il faut être poète ou femme

Pour ne pas accabler la fleur.

 

Seule, une phrase délicate

Brûle en elle comme un encens;

Mais son âme fragile éclate

Sous le fardeau des mots pesants.

 

Pour épargner sa grâce fine,

Confions-lui le rêve aimé

Dont l’émoi subtil se devine,

En un soupir, sans l’exprimer...

 

Albert Lozeau

 

 

Image003.jpg

 

Albert Lozeau (1878-1924) est un auteur québecois que j'apprécie beaucoup et dont j'avais présenté un poème (La Girouette), il y a quelques mois.

 

Au Québec, Albert Lozeau (1878-1924) est perçu comme un monument de la littérature poétique. Artiste sensible et profondément humaniste, il naquit à Montréal, aima les études et fut hélas atteint, à l'âge de treize ans, d'une arthrose de l'épine dorsale due à la tuberculose. Les années passèrent et sa maladie empira. Quand il eut 18 ans, il fut dans l'incapacité de se tenir debout et donc de marcher. Il resta tout le reste de son existence alité ou derrière sa fenêtre, à observer la Nature, le Ciel, les couleurs changeantes des Saisons.

 

Il développa une âme poétique des plus subtiles et il écrivit, de tout son être, en laissant s'aventurer son esprit au dehors...

 

Image004.jpg

 

Image005.jpg

 

Une messagère dans l'espace urbain...

 

Image006.jpg

 

Et d'autres messagères de nos pensées vagabondes et de nos espérances précieuses...

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

Image009.jpg

 

Image010.jpg

 

Image011.jpg

 

Et pour nous porter bonheur...

 

Bien affectueusement, chers Aminautes !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #chapeau, #elisabeth, #fut, #jpg, #Lebrun, #paille, #Vigée

 

 

Image001.jpg

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Voici le thème proposé pour le samedi 18 et le samedi 25 juillet par Lilou : « Quelques portraits de femmes portant chapeau... »

 

https://lilousol.wordpress.com/2020/07/15/le-tableau-du-samedi-semaine-29-le-theme/

 

 

J'ai choisi pour ce samedi d'explorer l'oeuvre d'une brillante artiste, fille et élève du peintre Louis Vigée, madame Louise Elisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842), qui se spécialisa dans l'art du portrait et croqua avec élégance ses contemporains. Elle immortalisa de séduisantes jeunes femmes, mit à l'honneur des robes légères, des coiffures gracieuses et des décors simplifiés. Sa manière sensible et naturelle anticipa le néo-classicisme. La reine Marie-Antoinette fut sa plus célèbre commanditaire.

 

 

Image003.jpg

Autoportrait au chapeau de paille, détail 1

 

Gourmandise esthétique, L'Autoportrait au chapeau de paille offre un jeu subtil entre la fine lumière du jour et la lumière solaire, plus affirmée. Il rend hommage aux maîtres italiens et flamands et directement à une œuvre de Rubens appelée Le Chapeau de paille. L'artiste se représente en pleine nature, sur un fond de ciel moucheté de nuages. Ses cheveux et son visage ne sont pas poudrés. Son décolleté se livre au regard, gorgé de clarté rayonnante. Paré de fleurs des champs et d'une plume d'autruche, le chapeau de paille est à la fois simple et gracieux.

 

Le tableau d'Elisabeth Vigée Lebrun est indissociable de celui de Pierre Paul Rubens (1577-1640), réalisé entre 1622 et 1625. Il s'agit d'un hommage des plus appuyés.

 

Image004.jpg

 

Rubens a représenté Suzanne Fourment, sœur de Hélène Fourment, sa seconde épouse. Elisabeth Vigée-Lebrun adorait ce tableau, un portrait de fiançailles ou de mariage qui met en scène une jeune femme au regard à la fois intense et timide, arborant un chapeau non pas de paille (en dépit du titre de l’œuvre) mais sûrement davantage en feutre. Ce chapeau était dit « en forme de baldaquin » et pour désigner cette forme, on pouvait employer le terme « paille ».

 

Image005.jpg

 

Image006.jpg

Autoportrait au chapeau de paille, détail 2

 

Le chapeau de l'autoportrait d'Elisabeth Vigée Lebrun est quant à lui, bien en paille. Il connut un franc succès au XVIIIe siècle où il servit d'accessoire privilégié par les élégantes qui se rendaient dans leurs jolies demeures de campagne.

 

On retrouve un chapeau ressemblant dans l’œuvre intitulée Portrait de la duchesse de Polignac, gouvernante des enfants de France (1782).

 

Image007.jpg

La Duchesse de Polignac

 

Image008.jpg

Autoportrait au chapeau de paille, détail 3

 

Louise-Elisabeth naquit à Paris le 16 avril 1755. Comme je l'écrivais au début de cet article, elle était la fille de Louis Vigée, pastelliste et professeur à l'Académie de Saint-Luc. Sa maman, Jeanne Maissin, issue de la paysannerie, était devenue coiffeuse après son mariage.

 

Elle grandit au couvent, de l'âge de 6 ans à l'âge de 11 ans et montra très tôt des aptitudes pour le dessin et un grand talent pour saisir les traits des personnes qui l'entouraient. Les religieuses s'en offusquèrent mais elle persévéra, dessinant des visages et des paysages partout où elle le pouvait.

Sur les murs, surtout !

 

Elle perdit son père -qu'elle adorait- quand elle n'avait que 12 ans et le chagrin l'accabla tant qu'elle cessa de dessiner mais grâce à un ami de la famille, elle reprit ses activités artistiques. Elle devint l'élève du maître Gabriel Briard dont elle eut vite fait de surpasser les capacités. Elle fut alors « conseillée » par l'un des plus grands artistes de son temps : Joseph Vernet qui l'encouragea à persévérer dans l'art du portrait.

 

Elle connut rapidement le succès, au grand dam des jaloux qui cherchèrent, tout au long de sa vie, à lui mettre des bâtons dans les roues !

 

En 1774, son atelier fut « saisi » par les officiers de police du Châtelet au motif « qu'elle pratiquait son art sans licence ». Elle devint donc postulante à l'Académie de Saint-Luc où elle fut reçue « officiellement » le 25 octobre.

 

Image009.jpg

Autoportrait au chapeau de paille, détail 4

 

Âgée de vingt ans, elle s'installa avec sa mère et son jeune frère dans un hôtel particulier que possédait le peintre, collectionneur et marchand d'art Jean-Baptiste Pierre Lebrun.

 

Monsieur Lebrun entreprit de la séduire et elle l'épousa, le 11 Janvier 1776 mais en réalité, il était déjà marié, à l'étranger, et entretenait plusieurs maîtresses ! Sa passion pour les femmes lui fit dilapider, à plusieurs reprises, la fortune familiale mais Elisabeth, malgré ses déconvenues d'épouse, profita des connaissances en art de son mari et de la qualité des collections qu'il avait constituées. Elle mena sa vie comme elle l'entendait, travaillant sans relâche et copiant les grands maîtres pour parfaire sa technique autant qu'elle le pouvait.

 

Ses œuvres furent recherchées par la bonne société de l'époque et elle fut introduite à la Cour par Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, épouse du duc de Chartres. Elle devint portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette dont elle réalisa un portrait en robe de satin avec une rose à la main. Une trentaine de portraits suivirent au fil des années.

 

Louise Elisabeth devint maman d'une petite fille, prénommée Julie, le 12 février 1780 et le 30 mai 1783 elle fut reçue à l'Académie Royale de Peinture avec « La Paix ramenant l'Abondance », une séduisante allégorie.

 

Entre la naissance de sa fille et sa réception à l'Académie Royale, elle voyagea dans les Flandres où elle se livra à une étude approfondie des grands maîtres du Nord et notamment de l'art de Rubens qu'elle admirait au plus haut point.

 

Image010.jpg

Autoportrait au chapeau de paille, détail 5

 

Tout au long de sa vie, elle subit des calomnies, accusée d'être la maîtresse d'une infinité d'hommes influents, des hommes dont elle avait réalisé les portraits. Elle fut considérée comme ultra dépensière et brocardée de la manière dont la reine Marie-Antoinette, sans cesse, l'était.

 

La nuit du 6 octobre 1789, elle parvint à échapper, in extremis, à la fureur des foules révolutionnaires, avec sa fille et sa gouvernante, et à se réfugier en Italie. Elle n'eut pas d'autre choix que celui de rester loin de la France et en 1792, elle se rendit à Vienne où elle peignit les portraits de nobles polonais et autrichiens. Elle voyagea ensuite, depuis Prague, jusqu'à Saint-Pétersbourg.

 

Recherchée en France et bien évidemment « introuvable », elle perdit sa citoyenneté. Son mari (qui avait arrangé, depuis des années, son histoire de bigamie) tenta de la faire réhabiliter mais il fut emprisonné et dut se résoudre, en 1794, à divorcer. Pendant ce temps, Elisabeth vécut à Saint-Pétersbourg où elle fut très appréciée par la noblesse russe et la famille Impériale. Elle envoya des toiles au Salon de Paris et au bout de quelques années, grâce au Directoire, elle eut l'autorisation de regagner la France.

 

Elle s'établit à Louveciennes, à proximité de Paris où elle demeura plusieurs années, puis elle s'éteignit dans la capitale, rue Saint-Lazare, en 1842. Elle demeure l'une de nos plus talentueuses portraitistes, femme de caractère, séduisante et sensuelle, qui fut tout autant aimée que brocardée et honnie par des mesquins, jaloux de son talent...

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une jeune femme au chapeau de roses, réalisée par le peintre Albert Lynch (1860-1950).

 

Image011.jpg

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-albert-lynch-le-chapeau-de-roses.html

 

 

Image012.jpg

 

Belles pensées pour vous, chers Aminautes ! Que votre été soit agréable et surtout, faites bien attention à vous...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #lit, #Maurice, #Oreste, #poete, #roses, #ton

 

Image001.jpg

 

Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi 14 juillet un poème gorgé de passion, de volupté... Des mots d'amour et de désir qui éclatent en pétales de roses ! Un feu d'artifice de sensualité... et à propos de feu d'artifice, je nous souhaite une Bonne Fête Nationale ! Bien « étrange », cette année...

 

« Dans un jardin de roses

Le sommeil t'emporte

Aux quatre coins de ton lit

Se dressent des bouquets

Faits de roses trémières:

Tagète jaune, blanche

Vives couleurs mariées

A l'arôme de menthe.

 

Un bouquet de roses rouges

Sous ton oreiller blanc

Deux autres de roses blanches

Au pied de ton lit

Des œillets parfumés

Çà et là dans ta chambre

Feront de toi ce soir

La reine de printemps.

 

Voici que vient la nuit,

Chaude d'élégance

Une nuit voluptueuse

Pleine de charmes,

Séduisante, sereine

Qui donne de l'extase.

 

Sur ton lit de roses

Tu es étendue,

Ton corps élancé

Dans ta couleur d'ébène

Aux sourires charmants,

Interroge mes sens.

 

Ton portrait alléchant

Dans ta tunique rouge

Ah! Quelle convoitise;

En te dévisageant

J'imagine déjà

Avec quelle volupté

Je te posséderai.

 

Sur ta peau de satin

Tombent des nénuphars,

Pétales blancs, rouges

Rosés de plaisirs;

Au milieu de ton lit

Tu prends ton bain de roses

Doux et sentimental

Au parfum grisant et suave.

 

Sur tes lèvres succulentes

Je dépose des baisers

Vrais bouquets de printemps,

T'enlaçant dans mes bras

Sans penser à demain;

Ivres de caresses,

Le sommeil nous emporte

Dans ton grand lit de roses. »

 

Extrait de « Cris du Cœur »

 

L'auteur, Maurice Oreste, est un poète et romancier haïtien, amoureux de sa terre natale et de sa culture dont il chante, avec beaucoup de sensualité, les beautés ardentes et les douleurs abyssales. A travers son écriture, particulièrement sensible et pleine de vie, il montre la tristesse d'un peuple souvent blessé et exprime sa foi en l'avenir et en la magie d'une terre où s'épanouit la Nature en volupté...

 

En 2011, il a publié un roman intitulé « La Voix de l'Ombre » qui a connu un grand succès.

 

Image002.jpg

 

J'illustre ce poème avec des roses dont j'ai butiné, avec les yeux, la beauté si suggestive...

 

Image003.jpg

 

Image004.jpg

 

Image005.jpg

 

Image006.jpg

 

Image007.jpg

 

Belles pensées pour vous, gros bisous !

 

Cendrine

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bierstadt, #coucher, #jpg, #riviere, #soleil

 

Image001.jpg

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Le thème des 4 et 11 Juillet proposé par Fardoise est « Et au milieu coule une rivière... »

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Merci à Fardoise et à Lilou

 

Image003.jpg

 

Pour la suite de cette aventure esthétique sur le thème des Rivières, j'ai choisi de musarder à travers la magie de deux toiles signées Albert Bierstadt (1830-1902) : « Coucher de Soleil sur la Rivière » et « Coucher de Soleil, Cerf et Rivière ». Cet artiste était un amoureux inconditionnel des paysages de l'Ouest des États-Unis.

 

Peintre américain d'origine Rhénane, il appartenait à l'Hudson River School, mouvement artistique caractérisé par sa vision Romantique de l'art, fondée sur la passion des grands espaces et des merveilles naturelles, comme les Montagnes Rocheuses, le tout sublimé par un travail très approfondi, quasi mystique, sur la lumière.

 

Image004.jpg

Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 1

 

Les pigments de l’œuvre sont des sucres enchantés, des caramels luxuriants dont la splendeur crépite entre ciel et terre. Le soleil fond dans le ciel, ardent et vénérable... Il enchante les regards de ceux qui se promènent en cet écrin de Nature.

Image005.jpg

Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 2

 

Image006.jpg

Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 3

 

L'Hudson River School a attiré des artistes fascinés par une infinité de couleurs et de formes. Des artistes voyageurs qui célébraient la Beauté telle que peuvent l'offrir les éléments naturels. A travers une myriade de matières colorées, ils honoraient les Saisons et leurs nuances de pierres précieuses.

 

Image007.jpg

Coucher de Soleil, Cerf et Rivière détail 1

 

Quand fusionnent le ciel et la rivière... Émulsion de matières...

 

Image008.jpg

Coucher de Soleil, Cerf et Rivière détail 2

 

Albert Bierstadt a peint de véritables merveilles ! Son talent s'est lové dans les paysages des Montagnes Rocheuses qu'il a explorées tout au long de sa vie. Il a peint les variations de l'atmosphère, les mouvements subtils et complexes de l'eau et de l'air, les curiosités minérales... Il aimait beaucoup le comté d'Oneida, l'un des 62 comtés de l'État de New York.

 

Dans sa jeunesse, il avait étudié la peinture au sein de l’École de Düsseldorf qui magnifiait le Paysage et ses possibilités Romantiques. Il fut professeur de dessin, explorant le continent européen dont il apprécia les charmes mais l'Amérique fut sa terre de prédilection. Il aima des villes comme San Francisco et New York mais il fut toujours attiré, de manière irrépressible, par la Nature. Il multiplia donc les expéditions dans les territoires sauvages et grandioses avec des peintres, des géomètres, des arpenteurs. Il sillonna aussi les grands espaces canadiens.

 

Il laissa son empreinte dans le paysage des États-Unis avec des lieux comme le Mont Evans, dans le Colorado, une montagne de 4347 mètres qui fut renommée, en guise d'hommage, Mont Bierstadt. Ce sommet devint quelques temps plus tard le Mont Rosalie.

 

Image009.jpg

 

Albert Bierstadt vécut une vie riche et aventureuse. Il connut aussi des drames, essayant d'apaiser les souffrances de son épouse, tuberculeuse. Il s'enfonça dans la solitude après la mort de celle qui éclairait ses jours, continuant à peindre la Nature mais en 1882, un incendie détruisit son atelier situé dans la banlieue de New York. Il perdit plusieurs de ses œuvres mais heureusement, il put sauver des toiles magnifiques, aujourd'hui visibles dans les grands musées américains.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une rivière tissée de charmes féminins, réalisée par l'artiste Paul Émile Chabas (1869-1937) :

 

Image010.jpg

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-paul-chabas-naiade-dans-la-riviere.html

 

Belles pensées pour vous, chers Aminautes, je vous souhaite de très belles journées d'été, en faisant bien attention à vous...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #caillebotte, #hiere, #jpg, #riviere, #yerres

 

Image001.jpg

 

Avec une promenade dans la Propriété Caillebotte...

 

Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Image002.jpg

 

Pour ce mardi, j'ai songé à deux poèmes, lus lors d'une promenade à Yerres où, comme je l'ai exprimé, j'aime beaucoup aller. Poèmes en résonance avec le thème du Tableau de Samedi dernier consacré aux rivières. Une passerelle d'inspiration, cette semaine, entre le mardi et le samedi.

 

Ces poèmes sont issus du programme des Francopoésies d'Yerres de 2003.

 

Claude Albarède, poète contemporain Yerrois, Riv'Yerres

 

« Comme une langue sans fin

entre ses rives

Comme de la poésie

entre deux lèvres

Elle coule de source

 

C'est quoi couler de source ?

sinon aller son chant

d'un arbre à l'autre

 

D'un mot à l'autre

Aller son rêve... »

 

Claude Albarède

 

 

Jean-François Ducis (1733-1816), poète, dramaturge, écrivain spécialiste de Shakespeare, A la rivière d'Hière...

 

« Sur tes rives, charmante Hière

Vois sans trouble ainsi que tes flots

Couler les jours d'un solitaire

Qui te demande le repos

Que ce champ de ton eau féconde

Soit pour moi les bornes du monde,

Soit pour moi l'univers entier,

Que mon esprit jamais ne songe

Qu'à ce saule, à ce peuplier

Qui couvre ton eau vagabonde !

Assez ton bord hospitalier

De grâce et de fraîcheur abonde

Ah! S'il se peut, prête à ton onde

La vertu de faire oublier. »

 

Jean-François Ducis a chanté l'Yerres/Hière à travers d'autres vers...

 

« Bords de l'Hière, aimés de Flore,

Vous m'attirez ; je viens vers vous.

Les vents ont quitté leur courroux ;

Les bourgeons sont tout près d'éclore ;

Le ciel sourit, l'air est plus doux ;

Le tendre rossignol, pour nous,

Va donc bientôt chanter encore. »

 

Image003.jpg

 

L'Yerres, entité miroitante, indissociable de la vie des lieux, irrigue les différents chemins de la propriété Caillebotte, comme je prenais grand plaisir à vous le dire samedi. Puissance esthétique et matricielle, dans le regard des peintres, elle est un territoire de loisirs où règne une élégante sociabilité. Les œuvres de Gustave Caillebotte témoignent de l'attraction exercée par sa présence.

 

Image004.jpg

 

Image005.jpg

 

Image006.jpg

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

 

Les bords de l'Yerres sont indissociables des charmes de la propriété Caillebotte où des « fabriques », séduisants petits édifices, constructions pittoresques évoquant l'architecture en vogue dans plusieurs pays, se dressent parmi la végétation.

 

Pagodes, kiosques, pyramides, temples, tourelles, colonnes, ponts miniatures, chaumières... se sont ainsi multipliés, aux XVIIe et XVIIIe siècle, un peu partout en Europe, dans de nombreux parcs et jardins. Les fabriques ont été créées en Angleterre vers les années 1750, « adoptées » dans la foulée en Allemagne et en Suède et très appréciées en France surtout à partir des années 1770. Elles symbolisent les étapes d'un voyage à travers les beautés du monde mais aussi les différents aspects d'un voyage intérieur.

 

Florilège de plaisirs architecturaux...

 

Image009.jpg

 

Le KIOSQUE ORIENTAL et la GLACIÈRE : deux fabriques qui n'en forment qu'une...

 

Image010.jpg

 

Le Kiosque, belvédère de conception romantique, offrait jadis au visiteur la possibilité de considérer le paysage à partir d'un « nouveau » point de vue. Il est agrémenté d'un décor de style oriental : les panneaux sont encadrés de faux bambous et décorés de fleurs de lotus qui symbolisent la sagesse. Les vitraux sont ornés ça et là de griffons, en référence au Mont Griffon, point culminant d'Yerres (115 mètres) qui se situe dans l'axe visuel de l'édifice. On n'y accède plus mais ses portes se rouvriront peut-être...

 

Image011.jpg

 

Couverte d'une butte de terre surmontée du kiosque et profonde de sept mètres, la Glacière fut construite, vers 1830. On y entreposait la glace naturelle, entre des couches de paille, afin de conserver les aliments.

 

Sa porte d'accès est encadrée par un « enrochement de meulière » en forme de grotte.

 

Image012.jpg

 

A proximité, se dressent une CHAUMIÈRE dite NORMANDE et une ravissante petite CHAPELLE appelée NOTRE-DAME DU LIERRE.

 

Image013.jpg

 

La Chaumière était la réserve à outils de la propriété. On y entreposait entre autres les objets nécessaires à la récupération de la glace. Ses portes à croisillons de bois sont caractéristiques de l'architecture dite de montagne. Ses murs sont appareillés en pierres de meulière et son toit aux pentes fortement marquées était autrefois couvert de chaume.

 

Image014.jpg

 

Image015.jpg

 

 

Image016.jpg

 

Notre-Dame du Lierre, petite chapelle aux lignes pures, fut consacrée en 1864. Elle fut construite pour Alfred Caillebotte, demi-frère de Gustave, qui était prêtre et son nom est emblématique du charme bucolique de l'endroit.

 

Image017.jpg

 

Elle apparaît comme un ancien lieu de culte lunaire associé à une déesse mère parée de lierre, le « Gort » de la tradition celtique qui signifie « l'embrassement » et elle est liée à la rivière Yerres. Le nom qu'elle porte est le fruit d'un jeu d'écriture.

 

Image018.jpg

 

 

Image019.jpg

 

La promenade se poursuit autour du CASIN, maison de campagne à l'italienne, rythmée par de jolies colonnes, érigé dans les années 1860, à l'initiative de Martial Caillebotte, père de Gustave, sur les vestiges de l'Hôtel de Narelles, manoir Renaissance de Nicolas Budé, le dernier seigneur d'Yerres. Il ne reste de cette construction que des caves voûtées qui ne se visitent pas.

 

Image020.jpg

 Les façades de ce bâtiment aux lignes élégantes et pures ont été réhabilitées de 1997 à 2001.

 

Image021.jpg

Caillebotte, Le Parc à Yerres avec le Casin, 1877.

 

On y admire des frises sculptées qui évoquent des divinités antiques, sans précision particulière.

 

Image022.jpg

 

Le « casin » a engendré le mot « casino » qui signifie littéralement « petite maison » et désigne un lieu de détente situé à l'écart des activités trop intenses de la ville.

 

Image023.jpg

 Un peu plus loin, apparaît L'ORANGERIE, bâtiment néo-classique dont la façade principale est orientée plein sud afin de recueillir un maximum de lumière et de chaleur solaires.

 

A l'époque de Gustave Caillebotte, elle abritait non seulement des orangers, des citronniers, des grenadiers et des mandariniers mais aussi de superbes collections d'orchidées qui ne sont plus visibles aujourd'hui.

 

Image024.jpg

 

Joliment restauré, le bâtiment dévoile ses fins ornements : une nymphe gracieuse et une séduisante Vénus assise sur un dauphin fantastique.

 

Image025.jpg

 

Le CHALET SUISSE, beau bâtiment de bois agrémenté d'élégantes découpures nous montre ses couleurs. Utilisé comme laiterie, à l'époque de Gustave Caillebotte, il a accueilli pendant des années un restaurant gastronomique : celui du chef Philippe Detourbe.

 

Image026.jpg

 

Près du Chalet Suisse, se dresse une statue que j'aime beaucoup :

 Image027.jpg

 

L'ENFANT A L'OIE

 http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-propriete-caillebotte-l-exedre-et-l-enfant-a-l-oie-a130536836

 

Image028.jpg

 

La rivière Yerres nous invite à découvrir de très jolis espaces autour de ses miroitements. Au fil du temps, j'aurais d'autres promenades « en vert » à vous montrer...

 

Merci pour vos messages et votre fidélité, je vous souhaite de très agréables journées d'été !

 

N'oubliez pas de bien vous reposer...

 

Image029.jpg

 

Bien affectueusement...

 

Cendrine

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee

 

Image001.jpg

 

Merci pour vos gentilles pensées et les petits mots déposés sur mon blog.

Je reviens doucement avant ma prochaine pause. Les jours derniers ont été compliqués. Plusieurs crises d'épilepsie (neuf crises en trois jours), la crainte que se rouvrent les blessures de mon bras, la douleur intense résultant des « vrillages » pendant les crises, les saignements des muqueuses, la vision floue etc...

Je teste un nouveau dosage de protocole de soins et comme je le dis chaque fois, « on verra bien, on y croit ! » Garder le Moral, Garder Espoir...

Pensées pour vous tous, bonne convalescence à plusieurs d'entre vous (Zaza, Fabienne, Annick... je ne vous cite pas toutes et tous mais le cœur y est, vous le savez, je vous soutiens bien fort, chers Aminautes) et place au Tableau du Samedi...

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Le thème des 4 et 11 Juillet proposé par Fardoise est « Des rivières pour nous rafraîchir.. ».

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Merci à Fardoise et à Lilou

 

Image003.jpg

 

J'ai choisi une toile du peintre impressionniste Gustave Caillebotte (1848-1894), génie atypique dont les œuvres reflètent un sens très particulier de l'art du cadrage, considéré comme photographique.

 

Avec Christophe, nous allons à chaque fois que c'est possible à Yerres, dans l'Essonne, nous promener autour de la propriété familiale de l'artiste, d'où mon choix de publication.

 

Nous papillonnons dans les allées et les petits coins secrets du parc Caillebotte : lieu d'agrément de onze hectares entourant la demeure, peuplé de grands arbres et de fabriques, petits édifices pittoresques et j'imagine Gustave arpentant les lieux avec ses toiles et ses pinceaux à la main... Yerres se situe sur notre ligne de RER, la ligne D. C'est un endroit que nous aimons beaucoup ! J'ai hâte de pouvoir y retourner.

 

Image004.jpg

 

Gustave Caillebotte nous conduit sur les bords de l'Yerres, affluent de la rive droite de la Seine, qui irrigue les lieux. Cette rivière, en partie souterraine sur son cours supérieur, naît en Seine-et-Marne, à Courbon, près de l’étang de Guerlande. Elle « nourrit » les villages de Soignolles-en-Brie et de Brie-Comte-Robert, traverse le département de l’Essonne et rejoint la Seine à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Sinueuse à son point de départ, elle se nourrit de sources et de rus pour franchir autant de communes rurales que d'espaces très urbanisés. Son principal affluent se nomme Le Réveillon.

 

Gustave Caillebotte a peint près de quatre vingt dix toiles sur ses berges végétalisées et pendant plusieurs années, ses amis artistes ont pris plaisir à le rejoindre à Yerres pour écrire, peindre et deviser au bord de l'eau.

 

Martial Caillebotte, père de Gustave, a acquis ce lieu de villégiature pour en faire la résidence d'été familiale et ainsi « échapper » aux nouvelles contraintes du Paris Haussmannien. Martial Caillebotte avait fait fortune en fabriquant des toiles à matelas pour l'Armée Française. Son entreprise se nommait « Service des lits militaires ».

 

Dans les années 1860, Martial Caillebotte fit ériger bien des merveilles à Yerres. La Propriété qui vit le jour appartient depuis 1973 à la commune d’Yerres qui l’a entièrement restaurée. Haut lieu de l’Impressionnisme, elle est considérée comme l'équivalent de l’atelier et du jardin de Claude Monet à Giverny.

 

Image005.jpg

 

Dès l'âge de douze ans, Gustave Caillebotte a particulièrement aimé cet endroit. Pensionnaire tout au long de l'année hormis en été, il pouvait retrouver ses parents aux grandes vacances et profiter, à Yerres, d'un bonheur bucolique. Ce fut donc naturellement qu'il se mit à peindre les différents points de vue et les endroits pittoresques du parc ainsi que la rivière.

 

Entre 1875 et 1879, plusieurs de ses tableaux majeurs ont été peints dans l'écrin verdoyant de la demeure. Il a cheminé le long de la rivière, étudié les jeux d'ombre et de lumière sur les façades des différentes dépendances, observé l'évolution du potager... Son style atypique s'est défini à cette époque là, mêlé de poésie impressionniste et d'une modernité très personnelle.

 

En 2014, quarante trois de ses œuvres ont été exposées à Yerres et le rendez-vous était d’autant plus exceptionnel que ces tableaux n’avaient jamais été, pour la plupart, présentés devant le public.

 

On a donc pu admirer les œuvres peintes au bord de la rivière dont le célèbre triptyque peint en 1878 qui se compose de Pêche à la ligne, Baigneurs, bords de l’Yerres et Périssoires sur l’Yerres ainsi que l’œuvre intitulée Partie de Bateau, dit aussi Canotier au chapeau haut de forme.

 

Image006.jpg

 

Partie de bateau dit aussi Canotier au chapeau haut de forme, 1875-1878, collection particulière. Deuxième tableau de Caillebotte que j'ai choisi pour ce samedi.

 

Ce tableau fut raillé, moqué, décrié de manière très violente, par les critiques à l'Exposition Impressionniste de 1879 où le trio de toiles fut présenté sous la forme de panneaux décoratifs.

 

Ce célébrissime tableau, peint à Yerres, fut qualifié en son temps de « fantaisie ultra-naturaliste » ce qui se voulait très péjoratif. Le modèle est inconnu. Un homme en tenue de ville capte l'attention du spectateur. La vigueur du mouvement est hautement perceptible. La composition est très originale et moderne : le champ de vision n'accueille qu'une partie du corps du personnage dont le regard, détourné de celui du spectateur, effleure le vague de l'atmosphère... Avec cette œuvre profondément personnelle, Caillebotte a rompu avec toutes les conventions de l'art ce qui lui fut intensément reproché.

 

Quant aux périssoires, Caillebotte les appréciait beaucoup. Il a peint plusieurs fois leurs glissades aquatiques et les couleurs envoûtantes de l'Yerres.

 

Image007.jpg

 

La périssoire, sous sa forme monoplace, est un canot qui mesure entre trois mètres cinquante et quatre mètres de longueur. Il existe des périssoires de course qui sont environ deux fois plus grandes.

 

Embarcation très maniable mais susceptible de chavirer facilement, d'où la référence au verbe « périr », la périssoire était très en vogue au XIXe et au début du XXe siècle, en Europe et dans le Nouveau Monde. Elle dérive de la pirogue Cajun, utilisée par les Français de Louisiane et fut peu à peu détrônée par le canoë kayak.

 

Je suis charmée par ces personnages qu'emportent les mouvements de l'eau, avec douceur et dans une harmonie de teintes fines et précieuses : du bleu, du vert, du jaune citronné doré... Les arbres, le long de la berge, contemplent la scène... Instants choisis, légers, privilégiés... Une alchimie de petits bonheurs !

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une autre rivière, l'Epte, célébrée par Václav Radimský (1867-1946), artiste tchèque Impressionniste.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-vaclav-radimsky-la-riviere-epte.html

 

Image008.jpg

 

Belles pensées pour vous et amitiés sans modération !

 

Plume

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog