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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #belle, #jpg, #pause, #pensees, #rue

 

 

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Merci beaucoup, chers Aminautes, pour vos amicales visites et vos gentils petits mots.

Ma pause se poursuit, je voulais vous remercier et vous souhaiter de belles journées d'été.

J'en profite pour publier des photos de la Fête Foraine des Tuileries. Pour le plaisir...

Bon courage pour les périodes de « surchauffe » et pensées pour les personnes malades qui souffrent encore plus à ces moments-là. Souhaitons que le thermomètre ne regrimpe pas trop vite !

Je m'approche peu de l'ordinateur, je l'allume très parcimonieusement mais je lirai tous vos messages, au fil des jours d'été, merci beaucoup...

Gros bisous !

Cendrine

 

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Jusqu'au dimanche 25 août 2019, la Grande Roue des Tuileries domine l'un des plus beaux endroits de la capitale, roue suzeraine d'une fête foraine qui fait le bonheur des petits et des grands. Elle se déploie, à l'assaut du ciel et des nuages de Paris, face aux arcades de la rue de Rivoli.

 

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Je prends toujours plaisir à contempler, avec des yeux d'enfant, le joli Carrousel de la Belle-Époque...

J'aime ses élégances...

 

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Quant à l'Air Swing, j'aime aussi le regarder et le prendre en photo mais de là à y monter...

 

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L'inscription m'a fait sourire...

 

Et pour clore ce billet de pause (!), laissez-moi vous offrir une belle d'été...

 

Bien amicalement !

 

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Rose Hafiz, groupe des Hybrides de Thé...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ching, #jpg, #loo, #pagode, #rue

 

Version réactualisée de Une pagode nommée désir... avec des photos prises en Octobre 2018.

 

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Je reviens en un lieu qui me séduit... A l'angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt, dans le 8e arrondissement de Paris, où se dresse une fascinante « maison » rouge.

 

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Je prends plaisir à la photographier dans la lumière d'automne.

 

A quelques encablures du Parc Monceau, elle apparaît, plutôt mystérieuse parmi les immeubles haussmanniens. Est-elle décor de théâtre, temple ou rêve échoué dans la réalité? Quoi qu'il en soit, sa couleur, sa hauteur et son architecture inattendues attisent la curiosité des passants.

 

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Singulière sous le ciel de Paris, avec ses volumes élégants et sa peau « sang de bœuf », la Pagode reflète la passion de son premier propriétaire, l'antiquaire Ching-Tsai Loo (1880-1957), pour les arts de l'Asie.

 

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Ce chinois ambitieux, originaire de la province méridionale du Zhejiang, s'établit à Paris au début du XXe siècle et devint le plus fameux spécialiste du commerce d'antiquités orientales que connut son époque.

 

Il acquit en 1922, rue de Courcelles, un hôtel particulier où se mêlaient styles Louis-Philippe et Napoléon III. Il voulait y installer ses collections mais comme il trouvait le bâtiment trop petit, il fit construire, entre 1926 et 1928, une maison rouge en forme de pagode par l'architecte François Bloch. L'écrivain Marcel Proust (1871-1922) a vécu dans l'immeuble situé en face de la demeure Loo.

 

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Le nouvel édifice, d'une superficie de 800 m2, séduisit par son charme insolite les habitants des luxueuses propriétés de la Plaine Monceau. Il rayonna sur un quartier qui s'était considérablement transformé sous l’impulsion du Baron Haussmann.

 

Parmi les richissimes demeures de mécènes et de collectionneurs, à l'instar des Camondo, des Menier, des André ou des Rothschild, la maison Loo devint un haut lieu d'échanges artistiques et commerciaux.

 

Grâce à Ching-Tsai Loo, de prestigieux cabinets de curiosités privés se constituèrent et plusieurs musées d'art asiatiques, comme le musée Guimet à Paris, le British Museum à Londres et le Metropolitan Museum à New York, enrichirent considérablement leurs collections.

 

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Très appréciée pour la luxuriance de son décor intérieur, la Pagode de la rue de Courcelles abrita, pendant plusieurs décennies, la galerie C.T. Loo&Cie qui se rendit célèbre en fabriquant, sur commande, des meubles vernis de laque craquelée. La galerie s’est installée, en juin 2011, dans le 7ème arrondissement de Paris.

 

A l'époque de monsieur Loo, la Pagode constituait un écrin pour des objets d'un raffinement extrême: lits à opium, porcelaines impériales, panneaux laqués, boiseries indiennes importées du Rajâsthan au XVIIIe siècle, plafond à caissons, chaises de lettrés, jades, tête de Bouddha du Gandhâra...

 

Une porte de lune permettait de découvrir un cabinet de curiosités, des murs lambrissés et des paravents somptueux.

 

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Janine Loo, la quatrième fille de monsieur Loo, prit en 1947, à la demande de son père la direction de la Pagode. Pagode qui a également été tenue par Michel Cardosi, petit-fils du remarquable antiquaire.

 

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La Maison Loo accueille aujourd'hui des expositions, des événements culturels et des ventes d’art asiatique. Elle abrite la bibliothèque privée de Ching Tsai Loo, un lieu exceptionnel doté de plus de 2000 livres, 3000 catalogues d’art, 3000 photographies et qui protège la précieuse correspondance de l'ancien maître des lieux avec des membres de prestigieuses familles comme les Rockefeller, les Morgan, les Vanderbilt...

 

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L'architecture de la Pagode

 

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Elle domine, de ses quatre étages, la place Gérard Oury, appelée autrefois place du Pérou. Ses toits et ses auvents aux extrémités courbes, ses tuiles vernissées et son décor raffiné font voyager le regard vers des cimes de poésie. Le toit terrasse du petit pavillon qui lui est adossé est accessible par un passage dérobé.

 

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Afin de tamiser la lumière, de fines grilles dessinent un maillage géométrique sur chacune des fenêtres.

 

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Au-dessus de l'élégant portail en bois précieux, s'étire une frise de créatures fantastiques et de part et d'autre du linteau, marqué du nom du propriétaire, combattent des animaux fabuleux.

 

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Dominant l'entrée et son toit aux extrémités recourbées, des créatures chimériques s'appliquent à repousser les esprits néfastes qui voudraient s'introduire dans le bâtiment.

 

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Cette fonction est aussi dévolue aux tuiles faîtières qui arborent un décor raffiné tout en assurant la cohésion des parties supérieures de l'édifice. Réputées protéger la demeure contre les incendies et contrer les êtres malveillants, elles représentent des monstres aquatiques pourvus d'une queue relevée en forme de point d'interrogation.

 

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Ces créatures sont appelées « Chiwei » ou « queue de hibou ». D'après une très ancienne légende, un poisson mythique qui ressemblait à un gros hibou pouvait éteindre les incendies en « levant les flots ». Il fut placé, de manière stylisée, en bordure des toits et remplacé par un dragon sous la dynastie Qing (1644-1912).

 

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Certains auteurs comparent les créatures dressées au sommet du porche d'entrée à des Mingqis, objets funéraires très répandus dans les sépultures de la Chine antique, mais il s'agit plus vraisemblablement de Kuilongzi, personnages qui avancent, en file indienne, sur le rebord des avant-toits des temples et des pagodes.

 

L'ornementation des bords du toit est une constante dans l'architecture chinoise. Les tuiles faîtières en grès, revêtues de glaçures plombifères, et les petits personnages juchés au sommet des habitations ont des vertus magiques et protectrices. Ils jouent aussi le rôle de messagers et d'intercesseurs entre le monde humain et celui des génies, des ancêtres et des dieux.

 

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Emblème funéraire, symbole de vigilance et de régénération, le poisson apparaît sur les poteries néolithiques. Lors des fêtes printanières, des petits poissons en céramique étaient posés près des cours d'eau pour marquer les passages entre les mondes et signifier la présence des âmes des Ancêtres.

 

Dans la Chine ancienne, le poisson (yü) était un symbole de richesse, de bonheur et d'abondance, un protecteur et un gardien des plaisirs régnant sur « les jeux érotiques des nuages et de la pluie. »

 

Il favorise la réussite et l'harmonie entre les époux. Il saisit le mal dans sa gueule, nous rappelant qu'il descend d'une monstrueuse créature primordiale née dans les abysses aquatiques.

 

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Célébré le sixième jour de la première lune de l'année, le cheval incarne le mélange harmonieux du yin et du yang. Il est aussi l'Étoile, l'animal héraldique de la 25ème constellation zodiacale.

 

Symbole de vitesse, de rapidité et de longévité, il est la monture des Immortels et celle du mythique Empereur Jaune. L'Ancêtre des Chevaux est un puissant génie protecteur.

 

Esprit du Vent, messager des Écritures Sacrées, le cheval tisse les mots dans sa course. Il a des ancêtres communs avec le ver à soie.

 

Avant le Nouvel An, on offrait au Dieu du Foyer un cheval en céramique ou en papier pour que les vœux voyagent en toute aisance vers le ciel.

 

Le cheval représente aussi la réussite professionnelle.

 

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Le Mythique Immortel, Gardien du porche et Chasseur de Démons... Comme les bêtes écailleuses, il éloigne les êtres malfaisants et il dissipe la mauvaise fortune, à l'instar des oiseaux dont les chants mélodieux engendrent la félicité.

 

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Ching Tsai Loo avait coutume de dire « L'art ne devrait avoir aucune frontière et devrait, au contraire, être une source de joie pour les peuples à travers le monde ». Il disait aussi : « Les objets d'art parcourent le monde tels des ambassadeurs silencieux. »Je m'éclipse sur ces citations en vous souhaitant de belles journées de Novembre.

 

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Bibliographie

 

Alfred FIERRO: Histoire et mémoire du nom des rues de Paris. Parigramme, 1999.

 

Géraldine LENAIN : Monsieur Loo, le roman d'un marchand d'art asiatique, 2013.

 

Maurice L TOURNIER: L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne. L'Harmattan, 1991.

 

 

Informations pratiques

 

Adresse de la Pagode: 48, rue de Courcelles.

 

Il faut emprunter la ligne 2 du métro et descendre à l'arrêt « Courcelles ».

 

Vous pouvez aussi traverser le Parc Monceau et rejoindre la rue Rembrandt. La Pagode se situe au bout de la rue, au croisement avec la rue de Courcelles.

 

Pour connaître les prochaines expositions qui se dérouleront à la Pagode, vous pouvez vous rendre sur le site www.pagodaparis.com.

 

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Les amateurs d'antiquités orientales apprécieront de découvrir le Comptoir Français de l’Orient et de la Chine ou C.F.O.C. Il se situe de l’autre côté de la rue de Courcelles, à l’angle du boulevard Haussmann.

 

Et bien sûr, des visites au Musée Cernuschi et au Musée Guimet ne pourront que susciter l'émerveillement...

 

Je vous montrerai ces trésors dans de prochains billets... Merci de votre fidélité et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Café, #cler, #fut, #gros, #jpg, #Roussillon., #rue

 

 

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A l'angle de la rue Cler et de la rue de Grenelle, au numéro 23, dans le 7e arrondissement de Paris, on découvre un bâtiment sobre et puissant, doté d'un bien joli décor. Construit en 1911, il abrite le Café Roussillon.

 

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Plusieurs zones d'ombre entourent la création de cet immeuble. Le nom de l'architecte et celui du sculpteur n'apparaissent pas et la peau d'ombellifères luxuriante où se lovent des figures de femmes et d'enfants revêt un charme énigmatique.

 

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Cette broderie invite le promeneur à suspendre le cours de sa marche.

 

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Femmes et enfants se lovent parmi les feuilles et les fleurs d'une forêt imaginaire.

 

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Les ornements floraux épousent les lignes structurelles du bâtiment et créent une forme d'enchantement entre ombre et lumière.

 

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Le motif des ombellifères est récurrent dans l'Art Nouveau mais on le rencontre plus souvent sur les vases et les ouvrages de marqueterie que dans l'architecture.

 

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Aquarelle « Ombellifères » de l'atelier d'Émile Gallé (1846-1904), Musée d'Orsay.

 

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La porte d'entrée est décorée d'un magnifique motif en fer forgé sur le thème de l'ombelle.

 

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Après cette halte devant le Café Roussillon, il suffit de traverser la rue de Grenelle pour s'engager dans la partie piétonne de la rue Cler.

 

J'ai déjà emmené certains lecteurs en promenade, via mon blog, dans cette rue semi-piétonne du 7e arrondissement de Paris mais c'était au tout début de mon aventure sur la toile. Bordée, sur sa moitié, par des commerces et des restaurants, la rue Cler s'insère dans ce qu'on appelait autrefois « le bourg du Gros-Caillou »et rencontre la rue du Champ-de-Mars, la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle. Elle s'achève, vers le sud, au niveau de l'avenue de la Motte-Picquet.

 

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Au numéro 36, on admire cette jolie porte dont le décor évoque Héloïse et Abélard, amants tragiques et passionnés.

 

 

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Ancienne « rue Neuve-de-l'Église » puis « rue de l'Église », la rue Cler changea de nom en 1864, pour rendre hommage au Général Jean Joseph Gustave Cler (1814-1859), vainqueur de l'Alma et tué à la bataille de Magenta. Photo ci-dessus.

 

 

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Le Bourg du Gros-Caillou

 

Ce quartier fort agréable, à la fois huppé et populaire, se situe à l'ouest du 7e arrondissement. L'une de ses originalités est d'avoir conservé, à différents endroits, l'apparence d'un village du XVIIIe siècle. Plusieurs rues ont gardé leur nom et leur tracé d'avant la Révolution et leur ancien pavement a été préservé.

 

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La rue Cler vers 1900

 

Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, une « garenne verdoyante » (garanella: grenelle) s'étendait à l'emplacement du quartier actuel. Elle était couverte de vignes et de prés, de vergers et de potagers. On y chassait la caille et le lièvre.

 

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye de Sainte-Geneviève se partageaient la jouissance de cet espace luxuriant. La rue de Grenelle était appelée le « grand chemin des Vaches » et la rue Saint-Dominique, « rue aux Vaches » car les vaches du Faubourg Saint-Germain la remontaient pour aller paître dans le Pré aux Clercs.

 

L'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou se dresse au croisement des rues Cler et Saint-Dominique près de l'endroit où jadis, un gros caillou marquait la limite entre les terres des deux abbayes.

 

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Cette église, conçue par l'architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde (1781-1869), prend la forme d'une basilique romaine. Elle est précédée d'un péristyle dorique. Dans le fronton, une inscription latine fait référence à l'apôtre Pierre et à la pierre de bornage.

 

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Ce « Gros-Caillou » était un énorme bloc alluvial qui servait de point de repère dans le paysage et délimitait la frontière entre les abbayes établies sur la plaine de Grenelle. D'après le géographe Charles Pomerol, le caillou aurait été détruit, avec des explosifs, en 1738 mais le nom de l'église a perpétué son souvenir.

 

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De nombreux artisans s'établirent dans le quartier lorsque Louis XIV décida la construction de l'Hôtel des Invalides pour y loger les vétérans de l'armée. Des lavandières affluèrent pour blanchir le linge des anciens soldats. Elles exerçaient leur activité dans des blanchisseries flottantes, les bateaux-lavoirs. Sous l'impulsion des habitants du bourg, une église fut édifiée à partir de 1738, à l'extrémité de la rue Cler mais le bâtiment devint rapidement trop petit. L'édifice actuel fut construit, en majeure partie, entre 1822 et 1829.

 

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Le bourg connut donc un formidable essor grâce à la proximité des Invalides. Entre 1786 et 1858, une pompe à feu monumentale, créée par les frères Périer, alimenta en eau le quartier du Gros-Caillou, l'École Militaire, les Invalides et le faubourg Saint-Germain.

 

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A la fin du XVIIIe siècle, les « pompes à feu » remplacèrent les « pompes hydrauliques », du type de celle de la Samaritaine (mise en service sur le Pont-Neuf en 1608 à l'initiative d'Henri IV et du duc de Sully).

 

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Vue de la « pompe à feu de Chaillot », prise depuis le Gros-Caillou. Le dessin est de Jean-Baptiste Lallemand. Source: Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

La première pompe à feu fut installée à Chaillot, sur la rive droite, en 1781. En 1788, la pompe du Gros-Caillou fut mise en place sur la rive gauche (Quai d'Orsay).

 

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La tour que l'on aperçoit mesurait 35 mètres de hauteur. Elle contenait un réservoir géant et desservait les différents quartiers grâce à d'imposantes machines à vapeur, fabriquées en Angleterre. Elle fut abandonnée en 1851.

 

Le port du Gros-Caillou fut aménagé pour transporter les matériaux nécessaires à la construction des Invalides. Il ne cessa de se développer, de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Anecdote intéressante, une école de natation fut créée, dans le port, en 1822. La première école de natation fut fondée à Paris, en 1785, par le sieur Turquin, l'inventeur des Bains Chinois (des cabinets de bains réputés hygiéniques) et le créateur de la première piscine (Piscine Deligny), en 1801, le long des berges du Quai d'Orsay.

 

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En 1810, une manufacture de tabac fut implantée sur une vaste parcelle de terrain située dans la partie nord du bourg. Cette gravure, qui provient du site de la BNF, est de Joris Minne d'après une illustration de A. Jahandier.

 

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Manufacture des Tabacs, 1905. Photographie de Jean-Eugène Durand, trouvée sur le site culture.gouv.fr.

 

Comme vous l'aurez compris, l'histoire de ce quartier est passionnante à explorer et je ne manquerai pas de vous en faire découvrir d'autres aspects, au fil du temps.

 

Petit clin d’œil à Isa-Marie et à son blog Grelinette et Cassolettes pour qui la rue Cler revêt une importance toute particulière...

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #hotel, #jpg, #rue, #tresor

 

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Et si nous nous donnions rendez-vous dans une charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes ?

 

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Abordons cette rue pleine de fleurs (les rhododendrons y éclatent de beauté !) qui doit son nom à un trésor véritable, exhumé en 1882 quand fut démoli l'Hôtel d'Effiat, joyau architectural du XVIIe siècle, remplacé, au nom de la sacro-sainte spéculation immobilière (!), par une série d'immeubles de rapport.

 

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Dans les décombres de l'hôtel, on découvrit un vase de cuivre qui renfermait un trésor composé de monnaies d'or, des francs à cheval du roi Jean II le Bon (1319-1364) et des francs à pied de Charles V (1338-1380), le tout atteignant une somme de 7882 livres.

 

La rue qui fut alors percée à l'emplacement de l'hôtel, entre les rues Vieille-du-Temple et des Écouffes (les noms Écouffes ou Escouffes désignaient autrefois les Prêteurs sur Gages), fut appelée rue du Trésor.

 

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Au XVIe siècle, se dressait à cet emplacement un imposant manoir, bâti sur les vestiges d'un fief médiéval, le fief d'Autonne. Le manoir Renaissance et ses dépendances étaient la propriété de la puissante famille de Marle qui compta parmi ses membres des hauts dignitaires du royaume (en l'occurrence un Conseiller du Roi, un avocat au Parlement Royal, un Prévôt des Marchands et un magistrat du Tribunal Royal).

 

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Vous apprécierez le décor d'abondance en métal ouvragé de la jolie porte, de style « Monarchie de Juillet » (1830-1848).

 

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Au début du XVIIe siècle, l'ensemble fut acquis par le Maréchal Jacques Vignier d'Effiat, père de Cinq-Mars, célèbre favori du roi Louis XIII et Surintendant de la Maison et des Finances du Prince de Condé.

 

Après la mort du Maréchal, sa veuve, Marie de Fourcy, sollicita le célèbre architecte Clément Métezeau (1581-1652) pour agrandir la demeure et l'agrémenter d'une élégante façade.

 

L'hôtel fut cédé, en 1696, par les descendants de Marie de Fourcy à Claude Le Peletier (1631-1711) Prévôt des Marchands qui devint Contrôleur Général des Finances à la mort de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Des aménagements furent entrepris (agrandissement du corps de logis et du jardin qui était à l'époque l'un des plus beaux du Marais et dont il ne reste rien...).

 

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Après la Révolution, l'hôtel fut mis en location et en 1800, des négociants venus de l'Aisne, les Mareuse, en firent l'acquisition.

 

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Au fil des années, le bâtiment fut géré par une bourgeoisie nouvelle, implantée dans les hôtels particuliers du Marais, et investi par des boutiques de négoce et d'artisanat. Il accueillit notamment le domicile d'Auguste Mariage, fondateur d'une célèbre maison de thé, véritable institution parisienne.

 

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Exemples de belles vitrines...

 

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Puis l'hôtel d'Effiat devint la propriété de la Compagnie Foncière de France et d'Algérie qui décida de le faire raser pour que soient érigés, à partir de 1882, sous la direction de l'architecte et maître d’œuvre Paul Fouquiau, huit petits immeubles de rapport.

 

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A l'extrémité de la rue, on installa une fontaine dominée par le moulage du relief qui décorait jadis l'une des façades de l'hôtel d'Effiat mais le moulage n'est plus visible et la fontaine n'est plus en eau.

 

Le relief se situait là où l'on aperçoit une petite fenêtre qui a été percée illégalement (!) et rebouchée depuis la précédente photo...

 

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Le relief original, en pierre, intitulé « Allégorie du Commerce ou du Bon Gouvernement » fut offert au Département des Sculptures du Musée du Louvre par Paul Fouquiau, en 1882.

 

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Relief original © Musée du Louvre/P. Philibert

 

C'est donc une partie conséquente de l'histoire du Marais et de l'art de vivre au XVIIe siècle qui a disparu mais le souvenir de l'hôtel d'Effiat, indissociable de cette façade fontaine lovée dans les fleurs continue de hanter les lieux.

 

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Et grâce à des photographes du vieux Paris, nous avons la possibilité de contempler des documents précieux où s'inscrivent des lambeaux de ce qui fut l'une des plus remarquables demeures aristocratiques de la capitale.

 

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Souvenirs de l'hôtel d'Effiat, par Henri Chapelle (1850-1925), auteur d'un magnifique recueil de dessins à la plume recherché par les collectionneurs.

 

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Hôtel d'Effiat en démolition, photographie attribuée à Henri Godefroy (1837-1913), l'un des photographes témoins les plus assidus des transformations de Paris, avec Charles Marville (1813-1879), Édouard Denis Baldus (1813-1889), Gustave Le Gray (1820-1884) et Eugène Atget (1857-1927)... Crédit photo musée Carnavalet/Roger-Viollet

 

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Aujourd'hui, la rue du Trésor est une voie pleine de charme qui s'offre au visiteur, une halte délicieusement fleurie dans la ville.

 

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Rénovée en 2004, elle accueille de charmantes boutiques. Le lieu est vraiment plaisant mais en 1930 voici ce qu'en disait un journaliste nommé Marius Richard : « Poursuivons notre chemin par le passage que des portes ferment, ou ne ferment pas, le soir. Les murs en sont criblés d'éraflures, de marques de coups d'on ne sait trop quoi... Les habitants du quartier ont les coudes bien pointus. C'est l'hiver qu'il faut venir dans ce boyau, lorsqu'un mauvais vent y pousse la pluie mêlée à la lumière sale du bec de gaz. Mais alors c'est un guet-apens où les courants d'air vous assassinent. »

 

Que de changements !

 

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Quant au véritable trésor, il est réparti entre le Musée Carnavalet (Musée d'Histoire de la Ville de Paris) qui a fait l'acquisition du vase de cuivre et de plusieurs pièces et les collections de numismates privés. Comme je vous le disais au début de cet article, il se compose de francs à cheval et de francs à pied.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Sur le franc à cheval, on distingue le roi Jean II le Bon (chevauchant son destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant son épée avec le terme «Francorum Rex» (Roi des Francs). L'autre face montre une croix feuillue, lovée dans un quadrilobe. Il s'agit du premier franc frappé en or (1360) afin de payer la rançon du souverain, capturé par les Anglais à Poitiers, en 1356.

 

Dans ce contexte particulièrement troublé, les Français durent s'acquitter d'une rançon considérable, versée après plusieurs années de captivité. Le franc à cheval coûtait d'ailleurs si cher que la frappe en fut abandonnée, dès l'avènement de Charles V, en 1364.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Le franc à pied de Charles V date de 1365. Le roi est représenté debout et couronné, sous un dais accosté de lys. Il porte la cotte d'armes fleurdelisée et tient l'épée et la main de justice dans le but d'affirmer la vaillance de la dynastie des Valois face au pouvoir vorace des Plantagenêt.

 

Le temps s'est écoulé... Le trésor est constitué de nos jours par une parenthèse fleurie dans la toile ambivalente de la ville et l'on chemine en cette rue, accompagnés de rêveries qui prennent les couleurs soyeuses des rhododendrons...

 

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Je vous souhaite un très bel été, avec d'amicales pensées en farandole !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Beaubourg, #fontaine, #jpg, #maubuée, #paris, #rue, #venise

 

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Au croisement de la minuscule rue de Venise et de l'imposante rue Saint-Martin, épine dorsale du Quartier Beaubourg, se dresse l'une des plus anciennes fontaines de la capitale : la fontaine Maubuée. Rescapée d'un réseau de fontaines qui vit le jour, il y a bien longtemps, sur la rive droite de la Seine et qui ont presque toutes disparu.

 

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Mentionnée dans des lettres patentes du 9 octobre 1392, lettres par lesquelles le roi Charles VI (1368-1422) tenta de faire cesser « les concessions particulières accordées ou usurpées sur les eaux de Paris. », elle était « adossée à une maison ».

Cette maison était la propriété de la Ville de Paris qui la loua, au fil du temps, à différents notaires soit le notaire Levasseur (1600), le notaire Guy Remant (1620) et le notaire Jacques (1667).

 

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Planche conservée à la BNF.

 

Vers 1733, la fontaine fut reconstruite par les architectes, père et fils, Jean Beausire (1651-1743) et Jean-Baptiste Augustin Beausire (1693-1764) et décorée, pour l'occasion, d’un bas-relief qui représente un vase rocaille, entouré de roseaux et de plantes marines.

 

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Située jadis dans le périmètre occupé par le Centre Georges-Pompidou, (dans une vieille rue Maubuée, ex rue Simon Le Franc qui n'existe plus), la fontaine Maubuée fut démontée en 1937 et entreposée, pendant une quarantaine d'années, dans un enclos attenant à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, rue Galande, dans le 5e arrondissement de Paris. Elle a été remontée là où nous pouvons la voir aujourd'hui.

 

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Sur cette photo datant de la fin du 19e siècle, on voit la fontaine avant son déplacement en 1937 et le nom rue « Maubuée ».

 

Maubuée signifie « mauvaise buée », « mauvaise lessive », ou « malpropre ». Cela se rapporte à la piètre qualité des eaux qui l'alimentaient autrefois. Ces eaux venaient des sources de Belleville, via l'enclos du Temple, situé à quelques encablures, et le prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Trop calcaires, ces eaux abîmaient le linge, au grand dam des lavandières du quartier.

 

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Citée par le poète François Villon (1431-1463) en 1461, dans son Testament, la fontaine a subi les outrages du temps mais elle est encore debout.

 

« A Maubuée sa gorge arrouse » (Qu’il (le passant) arrose sa gorge à la fontaine Maubuée).

 

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Vers 1900, on pouvait lire « A la fontaine »dans le cartouche dominant le vase rocaille et un lampadaire à la fine silhouette éclairait l'endroit.

 

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A l'entrée de la rue de Venise (il s'agit plutôt d'une ruelle dont le nom se réfère à la boutique d'un prêteur sur gages Lombard du XVIe siècle : l'Écu de Venise qui a disparu), cette fontaine est un précieux vestige du Moyen Âge, une sentinelle de la mémoire de Paris. Elle nous chuchote que la création des plus anciennes fontaines fut demandée par le roi Philippe Auguste (1165-1223), considéré comme l'inventeur de la Nation Française.

 

Le symbole de la nef, emblème de la Ville de Paris et de la toute puissante Hanse des marchands de l'eau décore le côté de la fontaine donnant sur la rue de Venise.

 

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Ce n'est pas facile à photographier, la rue de Venise est plongée dans l'ombre toute la journée.

 

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La Hanse médiévale des marchands de l'eau fut l'héritière du pouvoir des Nautes, une confrérie de marchands bateliers qui appartenaient à la tribu gauloise des Parisii. Dans l'ancienne Lutèce, les Nautes avaient pour symbole une nef et leur puissance se concentrait autour d'un pilier sacré, le Pilier des Nautes dont les vestiges furent retrouvés, le 16 mars 1711, dans les fondations du maître autel de Notre-Dame de Paris, lors de fouilles entreprises avant la réalisation du Vœu de Louis XIII.

 

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Reconstitution du « pilier » (14-37 après J.-C.), une colonne monumentale gallo-romaine qui fut érigée par les Nautes en l'honneur de Jupiter, sous le règne de l'empereur Tibère (42 avant J.-C- 37 après J.-C.)

 

Haut de cinq mètres, le Pilier des Nautes était constitué de quatre dés de pierre, disposés sur un socle et ornés de bas-reliefs sculptés sur les quatre faces. Ces bas-reliefs représentent des dieux issus des panthéons latin et gaulois.

 

Le panthéon latin évoque Jupiter, maître de l'Olympe portant le foudre et accompagné de son aigle tutélaire ; le dieu guerrier Mars arborant son manteau de général (paludamentum) ; le forgeron Vulcain (Volcanus) ; Mercure, dieu du commerce ; Fortuna, qui accorde la chance ; Vénus qui règne sur l'amour et favorise la fécondité ; les Dioscures Castor et Pollux, jumeaux sacrés et protecteurs des chevaux et des cavaliers.

 

Le panthéon gaulois met en scène le dieu bûcheron Esus coupant les branches d'un arbre avec une serpe ; Cernunnos, le dieu cerf, maître des animaux de la forêt et parèdre de la Grande Déesse Mère ; Smertrios, le « Pourvoyeur », dieu de la guerre mais également dieu d'abondance et parèdre de la puissante Rosmerta, déesse à la corne d'abondance (cornucopia). Il présente aussi Tarvos Trigaranus, le taureau aux trois grues, créature magique accompagnée des « trois grues », les trois aspects de la déesse Lune (nouvelle lune, pleine lune, lune noire).

 

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Cernunnos. Photo RMN.

 

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Esus, le dieu bûcheron. Photo RMN.

 

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Vulcain, le maître des forges divines. Photo RMN.

 

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Tarvos Trigaranus, gardien des mystères de la sylve. Photo RMN.

 

On peut contempler ces vestiges dans la salle du frigidarium des thermes du Musée de Cluny.

 

La nef, indissociable du pouvoir des Nautes, est l'élément central des armoiries de Paris qui apparurent en 1190, au moment où Philippe Auguste partit pour la Terre Sainte.

 

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Le roi décrivit « un écu dont le champ était de gueules, à la nef d'argent, au chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or. » En héraldique, « gueules » désigne le rouge, couleur de l’oriflamme de Saint-Denis, étendard sacré des rois de France. « Gueules » évoque le sang versé pour la cause que l'on défend, le sang du sacrifice et du martyre. Le bleu du « chef d'azur » désigne quant à lui le manteau céleste et protecteur de la Vierge Marie et la couleur « officielle » du souverain de la France depuis le règne de Louis VII (1120-1180).

 

Les fleurs de lys sont perçues comme le symbole de l'autorité royale à Paris, depuis le règne du roi Charles V (1338-1380).

 

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Nef de Paris dominant l'une des entrées du Passage du Grand Cerf.

 

Reconnues officiellement par Saint Louis, les armoiries de Paris connurent plusieurs transformations au fil du temps (évolution de la taille de la nef, de la forme des voiles, de la profondeur de celles-ci etc, mais aussi remplacement des fleurs de lys par des abeilles à l'initiative de Napoléon Ier et par « un semé d'étoiles » pendant la Seconde République.) Il fut même évoqué, à l'initiative de l'historien, poète, philosophe et homme politique Edgar Quinet (1803-1875), la mise en place d'un pigeon sur les dites armoiries après la guerre de 1870, les pigeons ayant rendu de grands services à la Nation pendant le conflit...

 

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Blason de Paris sous le Premier Empire (1811-1814).

 

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Blason pendant la Seconde République (1848-1852).

 

Quant à la célèbre devise : « Fluctuat nec mergitur » qui signifie « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas », elle accompagna la nef à partir du XVIe siècle et ne fut officialisée que le 24 novembre 1853 par arrêté du baron Haussmann alors préfet de la Seine !

 

Avant l'apparition de la devise, le sceau de la Hanse était agrémenté de la sobre légende : « Sigillum mercatorum aquæ Parisius ».

 

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Le blason actuel comporte des ajouts par rapport au blason plus ancien. Sous la devise, on aperçoit, de gauche à droite : la Croix de la Libération, la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre de 1914-1918.

 

L'écu est surmonté d'une couronne murale d'or à cinq tours crénelées et soutenu par deux branches de chêne et de laurier.

 

Les armoiries de Paris ont connu un regain de popularité après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, devenant un emblème de résistance à la violence et au sang versé par les terroristes.

 


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Fluctuat nec mergitur par Seth, artiste de Street Art (photo Elle.fr). Une locution latine qui revêt plus que jamais tout son sens...

Et n'oublions pas que les couleurs de Paris : le bleu, le rouge et le blanc sont à l'origine du drapeau de la France. Après la prise de la Bastille, le marquis de La Fayette « insista » pour que Louis XVI arbore la cocarde tricolore. Une association censée symboliser une possible réconciliation entre le peuple et la monarchie...

 

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Outre l'histoire de la nef de Paris, la fontaine Maubuée nous permet d'évoquer la rue de Venise, l'une des plus étroites de la capitale que l'on aborde en imaginant le Paris médiéval, profondément enfoncé dans ses ruelles. (Et je songe aussi à la rue du Chat-qui-Pêche, insolite venelle que nous traverserons dans un futur article...)

 

La rue de Venise

 

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La rue de Venise changea souvent de nom au fil du temps. Qualifiée, au XIIe siècle, de rue Erembourg, elle devint, quelques décennies plus tard, rue Hérambourg la Tréfelière puis rue Lingarière. Elle fut connue comme rue de la Plâtrière en 1280, rue de la Corroierie en 1303, rue Bertaut qui Dort en 1388, rue Plasteye au XVe siècle, rue Courroier, rue Couroirie et enfin rue de Venise en 1512 !

 

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Comme la plupart des rues parisiennes, la rue de Venise fut fréquemment rebaptisée, les noms étant liés à des activités commerciales ou associés à des habitants qui jouissaient d'une certaine notoriété. Les gens avaient tellement l'habitude de voir les rues changer de nom qu'ils ne s'alarmaient guère ! Heureusement que cela s'est « calmé » car on ne peut qu'imaginer les complications aujourd'hui...

 

On y trouvait autrefois un commerce de chiffons ; un marchand de vin réputé, à l'enseigne du Cerf Galant ; un petit restaurant, à l'enseigne du Port-de-Venise ; le recherché Écu de Venise du Lombard Prêteur sur Gages... et le célèbre cabaret de l'Épée de Bois. Dans ce lieu fameux, Mazarin (1602-1661) avait autorisé des réunions entre des musiciens de la cour et une compagnie de maîtres à danser, sous l'autorité d'un chef appelé Roi des Violons. Ces séances chantées et dansées furent à l'origine de la création de l'Académie Royale de Danse qui établit par la suite ses quartiers aux Tuileries puis à Versailles...

 

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Si vous avez l'occasion de cheminer rue de Venise, n'hésitez pas à vous arrêter quelques instants devant la fontaine Maubuée, cette dame de pierre ancienne qui a « voyagé » dans Paris et dont les eaux ne coulent plus. Face à l'agitation qui règne sur le parvis du Centre Beaubourg, il est émouvant de la contempler et passionnant de songer à son histoire et à la symbolique dont elle est la gardienne.

 

Il semble que la mairie envisage de la faire restaurer. J'espère que cela arrivera sans trop attendre...

 

Bibliographie

 

Amaury Duval: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle. Paris : Honoré Champion, 1911.

 

Théophile Lavallée: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris, 1844.

 

Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

 

Gustave Pessard : Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, 1904

 

Comme certains aminautes me l'ont demandé, j'évoquerai Beaubourg avec grand plaisir dans le futur. J'ai de nombreux articles en préparation et Beaubourg en fait partie. En attendant de publier quelque chose à ce sujet, voici une photo prise en me trouvant à côté de la fontaine.

 

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Elle évoque L'aventure de la couleur à Metz, une exposition centrée sur « l'incarnation de la couleur dans l’histoire de l’art moderne et contemporain, d’Henri Matisse à François Morellet » et elle est présentée dans la Grande Nef du Centre Beaubourg messin, du 24 février 2018 au 22 juillet 2019.

 

La couleur, territoire infini d'émotions et de sensations... et tout au-dessus des toits de Paris, une créature de nuages...

 

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Avec mes amicales pensées, en remerciant celles et ceux qui prennent plaisir à venir en cet espace. Je vous envoie de gros bisous !

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Publié le par maplumefee
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A l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes, dans le quartier du Marais, s'élève une fontaine aux lignes sobres, de plan trapézoïdal, rare exemple encore debout de fontaine néoclassique dans Paris.

 

Nombre de ces fontaines, au décor fondé sur une imitation d’œuvres antiques, ne résistèrent pas aux grands travaux entrepris par Haussmann et celles qui demeurent ont généralement été déplacées. Je pense, entre autres, à la fontaine de Léda que l'on admire, dans le jardin du Luxembourg, à l'arrière de la fontaine Médicis et à la fontaine du Palmier située sur la Place du Châtelet. Ayant prévu des articles sur le sujet, je ne développe pas davantage et je reviens à la fontaine des Haudriettes.

 

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Ce bel édicule fut érigé en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux (1727-1794), maître général des Bâtiments de la Ville de Paris, à l'initiative du prévôt des marchands, pour remplacer une Fontaine Neuve, bâtie en 1636.

 

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L'argent des princes de Rohan-Soubise finança la construction du monument dont le décor fut confié au sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770).

 

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L'élégant bas-relief de Mignot décrit une naïade allongée parmi les roseaux et dont le bras gauche repose sur un vase d'où s'écoule une eau claire.

 

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Esprit de l'eau qui venait originellement de Belleville et qui fut acheminée, après 1822, depuis le canal de l'Ourcq, vers le quartier du Marais.

 

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Le mascaron de la fontaine, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

 

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Plusieurs fontaines de Paris ont conservé de beaux mascarons « cracheurs » -ou censés l'être- en forme de tête de lion ou de créatures fantastiques.

 

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Mascaron de la fontaine de Mars et Hygie, rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

Restaurée plusieurs fois et notamment en 1836, la fontaine des Haudriettes a été déplacée, en 1933, par l'ingénieur Louis-Clovis Heckly (1893-1975) pour favoriser la circulation des passants et bien qu'éloignée de plusieurs mètres de sa position initiale, elle rappelle l'emplacement d'un célèbre couvent, celui des Haudriettes dont l'histoire est peu conventionnelle.

 

Le nom « Haudriettes » vient de Étienne Haudri (que l'on écrit aussi Haudry et Audry) qui était, selon les livres d'histoire, soit valet de chambre de Saint-Louis (1214-1270) soit maître drapier et grand panetier (officier gérant le service de bouche) de Philippe le Bel (1268-1314). On ne connaît pas précisément ses dates de naissance et de mort mais on sait qu'il se rendit en Palestine afin de participer à la Croisade et que lorsqu'il revint en France, il partit en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle sans prévenir sa femme. Celle-ci, qui le crut mort, fonda dans sa maison une communauté religieuse pour les veuves pauvres et les pèlerins malades.

 

Quand Haudri rentra chez lui, il fut désemparé par les transformations survenues dans sa demeure et s'adressa au pape afin de « récupérer sa maison ou sa femme » (!). Le pape choisit de rétablir son mariage si le couvent n'était pas démantelé.

 

Il est dit aussi, dans plusieurs dictionnaires historiques, qu'Étienne Haudri, riche propriétaire, offrit ses terres à des religieuses qui le remercièrent en portant le nom d'Haudriettes.

 

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La fontaine, photographiée en 1898 par Eugène Atget (1857-1927). On aperçoit un cadran solaire, disparu, au-dessus de la naïade de Mignot.

 

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Naïade joliment décrite par le poète Philippe Dufour, auteur d'un ouvrage intitulé Poèmes Légendaires : l'amour, le glaive, le songe. Publié en 1897, ce recueil dédié à la mémoire de Leconte de Lisle et préfacé par José Maria de Heredia, célèbre les rues et les monuments de Paris.

 

 

La fontaine occupe une place privilégiée à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes qui portait, au XIIIe siècle, le nom de l'un de ses habitants : Jehan-l'Huillier avant d'être appelée rue des Vieilles-Haudriettes, rue des Haudriettes et rue de l'Échelle du Temple car le Grand Prieur de l'Ordre du Temple y avait fait élever une échelle patibulaire. On ignore avec précision quand sont advenus les changements de noms mais on sait qu'en 1636, la rue s'appelait rue de la Fontaine et qu'en 1690, on lui avait redonné le nom de rue des Haudriettes.

 

L'échelle patibulaire est un pilori, signe de Haute Justice, que l'on n'utilise pas pour mettre à mort, à la différence des fourches et des signes patibulaires.

 

Quand il arrive que l'on croise un individu à la mine patibulaire, on ne pense pas forcément à l'origine du mot. Patibulaire vient de patibulum qui dérive lui-même de patere : « être ouvert ou exposé, s'étendre en surface ». Les fourches patibulaires ont été créées dans la Rome antique. Le condamné était attaché à un poteau de bois. Il avait la tête coincée dans une fourche et on le battait à mort à coup de verges.

 

La fourche devint au fil du temps une potence constituée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers.

 

En France, le sinistre gibet de Montfaucon était constitué d'un ensemble de fourches patibulaires (ou colonnes de justice) apparues au début du XIIIe siècle.

 

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Joseph Thierry (1812-1866), Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon, vers 1866. Vous apprécierez le sublime ciel de tempête et l'atmosphère fantomatique, glaçante des lieux avec la touche de rouge, comme une morsure sur la toile.

 

 

Le signe patibulaire est un carcan (collier métallique fixé à un poteau ou à un mur), signe de Haute Justice, utilisé pour humilier et non pour mettre à mort, à l'instar de l'échelle patibulaire.

 

Pendant la minorité de Louis XIV, l'Échelle de Justice du Temple fut brûlée par de jeunes seigneurs appelés les petits maîtres. Elle fut aussitôt rétablie mais comme elle empiétait sur la rue, elle fut diminuée en 1667.

 

Dans le tome 5 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, au chapitre intitulé « Échelle », il est écrit :

 « On confond quelquefois l’échelle avec la potence ou gibet, parce que les criminels y montent par une échelle : mais ici il s’agit des échelles qui servent seulement pour les peines non capitales ; au lieu que la potence ou gibet, et les fourches patibulaires, servent pour les exécutions à mort. »

 

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A Paris et dans les villes d'Île de France, on utilisait peu le mot « pilori » car on lui préférait le mot « échelle » d'où l'existence de certaines « rues de l'Échelle » qui conservent le souvenir de ces peines d'humiliation publique. Il existe toujours une rue de l'Échelle entre la rue de Rivoli et l'avenue de l'Opéra. Son nom lui vient de l'échelle patibulaire des évêques qui se dressait là.

 

Outre l'Échelle de Justice du Temple et celle des évêques située près de l'Opéra, on trouvait une échelle patibulaire sur le parvis de Notre-Dame -administrée par le Chapitre de la cathédrale- et une échelle sur le Port Saint-Landry, l'ancien port principal de Paris situé dans l'Île de la Cité.

 

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Désormais, nos regards se posent sur la naïade de Mignot et le souvenir de l'Échelle du Temple semble se diluer dans le temps.

 

Sculpteur apprécié de ses contemporains, Pierre-Philippe Mignot n'a pas eu toute la renommée qu'il méritait. Élève des maîtres François-Antoine Vassé (1681-1736) et Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il remporta, à l'Académie Royale, le deuxième prix de sculpture en 1738 et le premier prix en 1740. Il fut également lauréat du prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis entre juin 1742 et novembre 1743.

 

Après son retour d'Italie, il fut agréé à l'Académie royale en 1747 mais il ne put accéder au titre prestigieux d'Académicien.

 

Ses œuvres les plus célèbres sont la naïade de la fontaine des Haudriettes et une Vénus ou Bacchante endormie, appelée aussi La Belle endormie, datant de 1747 et reproduite en 1761, aujourd'hui conservée au City Museum and Art Gallery de Birmingham, en Angleterre.

 

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La Belle endormie

 

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A quelques mètres de la fontaine, un restaurant appelé Le Connétable possède encore de vieilles grilles surmontées de pommes de pin autrefois dorées. Ces grilles, imposées par édit royal dans un but de protection des lieux, évoquent la présence ancienne d'un commerce de vin. Vous avez aussi sûrement remarqué la boutique de Liqueurs et de Vin sur la photo prise par Atget en 1898. Dans le quartier, eau et vin ont apparemment toujours fait bon ménage !

 

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Après cette promenade dans le temps, je m'éclipse en vous donnant rendez-vous dans quelques jours pour « explorer » les charmes et les ambivalences de la peinture contemporaine qui décore le vieux mur situé derrière la fontaine. En attendant de vous retrouver, je vous remercie de votre fidélité. Gros bisous !

 

Bibliographie

 

Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle. Paris : Honoré Champion, 1911.

 

Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris, 1844.

 

Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

 

Gustave Pessard : Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, 1904

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Publié le par maplumefee
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Au numéro 14 de la rue Saint-Julien le Pauvre, face à la petite église orthodoxe dont je vous ai parlé ICI, se dressent les élégants vestiges de l'Hôtel de Laffemas. Cette demeure du XVIIe siècle fut édifiée pour Isaac de Laffemas (1583-1657), lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux, à l'emplacement d'un bâtiment du XIVe siècle : la Maison de Carneaulx dont il subsiste quelques pierres incluses dans un morceau de façade.

 

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L'hôtel ne se visite pas mais le fronton de sa porte monumentale est classé. Il abrite des sculptures de belle facture.

 

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 Thémis, la déesse de la Justice, de l'Ordre et de la Loi, est étendue entre des branches d'olivier. Accompagnée d'un angelot qui brandit une rose, elle tient la balance de l'Équité.

 

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 Sa présence se réfère aux hautes fonctions juridiques exercées par le maître des lieux.

 

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 Fille de Gaïa, la déesse de la Terre, Thémis eut avec Zeus, le seigneur des Olympiens, trois filles nommées Équité, Loi et Paix Universelle. Considérée comme une entité clairvoyante et une gardienne des secrets, elle est également décrite dans certains textes comme la mère du titan Prométhée. La fleur qu'elle serre dans sa main droite évoque l'irrémédiable fuite du temps alors qu'au fil des époques, la justice perdure.

 

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Une belle agrafe sculptée domine la porte.

 

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 Le visage que nous observons est celui du héros Hercule paré de la dépouille du Lion de Némée. Ce motif est récurrent au-dessus des entrées de manoirs et d'hôtels particuliers.

 

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 Surtout connu pour ses activités de lieutenant civil et criminel de la Prévôté de Paris, à partir du 10 mars 1637, Isaac de Laffemas était un singulier personnage qui s'illustra dans sa jeunesse en tant que poète, acteur, dramaturge et auteur de Mazarinades.

 La mazarinade est un pamphlet satirique, un libelle en prose burlesque publié à l'époque de la Fronde et visant le cardinal Mazarin (1602-1661). Il y eut des mazarinades particulièrement assassines et d'autres écrites en faveur du ministre afin de contrer les accusations des frondeurs.

 Avocat au Parlement de Paris, Isaac de Laffemas devint conseiller du roi en 1613 et procureur en la chambre de justice en 1620. Dès qu'il entra au service du cardinal de Richelieu (1585-1642), il fut violemment décrié et quand il devint, après 1625, maître de requêtes au conseil privé du roi, ses détracteurs le firent convoquer devant ses pairs.

 Malgré les oppositions farouches qu'il rencontra, il prouva que son passé artistique était compatible avec de hautes fonctions politiques et il occupa, soutenu par Richelieu, d'autres postes élevés : conseiller au parlement de Bordeaux, intendant en Champagne, dans le Pays Messin, dans la généralité d'Amiens...

 L'Histoire a essentiellement retenu son comportement implacable envers les ennemis du Cardinal. À l'origine de la torture et de l'assassinat d'un grand nombre de personnes, il reçut les surnoms de « maître étrangleur » et de « bourreau de son Éminence ».

 Victor Hugo (1802-1885) écrivit à son sujet dans la pièce Marion Delorme, créée le 11 août 1831 au théâtre de la Porte Saint-Martin : « Démon, j'ai dans les yeux la sinistre flamme de ce rayon d'Enfer qui t'illuminait l'âme. »

 

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 Marion Delorme relate l'histoire d'une courtisane qui vécut sous le règne de Louis XIII (1601-1643). L'affiche est signée Léon Choubrac (1847-1885).

 

 Qui sait si le fantôme d'Isaac de Laffemas ne continue pas de hanter les couloirs de l'hôtel où il vécut ?

 

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 Le portail et les vestiges de sa demeure, photographiés en août 1899 par Eugène Atget (1857-1927). Paris, Musée Carnavalet. Les vieilles friches des dépendances de l'Hôtel-Dieu sont visibles au premier plan.

 

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 Le portail apparaît sur cette autre photographie d'Atget, prise avant la démolition du mur de l'annexe de l'Hôtel-Dieu. A cet emplacement, s'étend désormais le Square Viviani.

 

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 La rue Galande et la rue Saint-Julien le Pauvre en 1895, photographiées par Charles Marville (1813-1879). On aperçoit le portail de l'Hôtel de Laffemas.

 

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 Et sur ma photo, émanation d'un passé complexe et tourmenté, il se dresse encore.

 

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 La rue Saint-Julien le Pauvre, riche de monuments ancrés dans la mémoire du vieux Paris, est agréable et pittoresque, comme un petit coin de village niché dans la ville.

 

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 Juste à côté de l'Hôtel de Laffemas, on aperçoit cette devanture.

 

Ribouldingue est un mot populaire qui signifie faire la bringue, la java, la noce, la nouba, la foire... Quand on fait la ribouldingue, -on -riboule et on dingue, d'après de vieux langages régionaux-, on fait bombance sans modération !

 

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 Ribouldingue, Croquignol et Filochard sont les trois Pieds Nickelés, héros d'une BD caustique et pleine d'aventures comico-féroces qui fit voyager les lecteurs pendant la Première Guerre Mondiale, l'Exposition Coloniale de Paris en 1931 ou encore la Prohibition aux États-Unis.

 

Sur le web, le restaurant Ribouldingue est présenté comme fermé depuis quelques temps.

 

En vous remerciant de votre fidélité, je vous souhaite de belles journées de décembre et une joyeuse Saint-Nicolas. Gros bisous !

 

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Publié le par maplumefee
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Dans une rue pleine de charme épargnée par la frénésie des travaux haussmanniens, je vous invite à poursuivre une promenade commencée, il y a quelques semaines, près du square Viviani. Avec ses maisons médiévales, ses pavés, son allure en courbe et l'étroitesse de ses trottoirs, la rue Galande nous fait voyager, à proximité de la Seine et de Notre-Dame, dans la mémoire ambivalente du vieux Paris.

 

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Photographie d'Eugène Atget (1857-1927)

 

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Photographie de Roland Marguinaud (1924-1965), prise à la fin des années 1950.

 

Elle fut ouverte, en 1202, le long des vignes du clos de Garlande, propriété d'Étienne de Garlande (1070-1150) qui était l'archidiacre de Notre-Dame sous le règne de Louis VI le Gros (1081-1137). Peuplée de petits commerces et d'hôtelleries, elle suivait le tracé de la route gallo-romaine reliant Lutèce à Fontainebleau et permettait d'accéder à un vieux cimetière juif. Elle abritait aussi la chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Louis, bâtie en 1476, siège de la confrérie des maçons et des charpentiers de Paris dont il demeure quelques fondations inaccessibles aux promeneurs.

 

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L'étal de la marchande de légumes et de fruits a été remplacé par ces commerces.

 

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 Juste en face, au numéro 52, ces petits personnages sculptés nous content une histoire bien sombre : celle du Caveau des Oubliettes...

 

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 Il s'agissait autrefois d'une prison considérée comme une « succursale » des sinistres geôles du Châtelet. Créée, à l'époque de Philippe-Auguste (1165-1223), sous le niveau de la Seine, elle « accueillait » les prisonniers qui avaient -prétendument- porté atteinte à l'intégrité de la Couronne ou pratiqué la magie noire. Sans aucune forme de procès, les accusés étaient précipités dans l'oubliette via une trappe s'ouvrant sous leurs pieds. Ne pouvant se redresser, ils souffraient de fractures et de plaies infectées et mouraient dans d'atroces conditions. Ils étaient d'ailleurs souvent noyés par les crues de la Seine toute proche.

 Au XIXe siècle, il y eut à cet endroit un étrange cabaret. On venait y frissonner devant des cages de fer remplies de crânes et d'ossements et boire de l'hydromel hallucinogène. On y honorait, en tant que symbole des lieux, une ceinture de chasteté médiévale placée sur scène.

L'ancienne salle des gardes était un musée rempli d'objets de torture : tisonniers, pinces, instruments tranchants, chevalets, chaises à clous et à dents... Ces objets accompagnaient une guillotine datant de 1793 et un théâtre de poupées morbides, fabriqué par un prisonnier qui avait gratté la chaux des murs de son cachot. La salle muséale donnait accès aux profondeurs des catacombes.

 De nos jours, on y écoute du jazz moderne, teinté de soul et de pop, dans une ambiance intimiste. Les cruautés qui se sont déroulées entre les épais murs de pierre font partie de la mémoire « gothique » de Paris.

 

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 Au numéro 42, une enseigne médiévale domine l'entrée d'un cinéma d'Art et d'Essais, le Studio Galande. Consacrée à la légende de Saint-Julien, elle est considérée comme la plus ancienne de Paris. On trouve parfois de « vénérables » enseignes dans l'espace public mais elles sont conservées, pour la plupart, au musée Carnavalet, près de la Place des Vosges.

 

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 Pour la petite histoire et les cinéphiles avertis, le Studio Galande projette, depuis plus de 38 ans, le film culte The Rocky Horror Picture Show.

 

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 Revenons à l'enseigne de Saint-Julien. D'après certains historiens, elle appartenait à l'église Saint-Julien le Pauvre mais d'après des documents datés de 1380, il semble qu'elle ait été associée, dès le départ, à une maison de la rue Galande : « la maison où au-dessus est l'ensaingne de Saint-Jullian ». En 1441, il s'agissait de la « maison ouquel est à présent élevée en pierre de taille l'Ymaige de Saint-Jullian ».

 Patron des voyageurs, des pèlerins et des âmes de passage, Saint-Julien était très apprécié des aubergistes et des hôteliers qui plaçaient leurs établissements sous sa protection. Le vieux quartier qui se déploie autour de la rue Galande, du square Viviani et de l'église Saint-Julien le Pauvre regorgeait d'auberges et de restaurants qui l'honoraient comme saint tutélaire.

 

La légende de Saint-Julien

 Un cerf doté de dons de prophétie prédit à Julien qu'il tuerait un jour ses parents. Effrayé, Julien se maria loin de son pays natal mais ses parents le retrouvèrent. En son absence, ils se présentèrent à leur belle-fille qui leur offrit le gîte et le couvert. Quand Julien rentra, il fut confronté, dans l'obscurité, à deux personnes « inconnues » dans son lit. Pris de panique, il les tua, accomplissant, de manière involontaire, la prophétie du cerf. Suite à ce parricide, il fit vœu de pauvreté et s'installa, avec sa femme, au bord d'un fleuve dangereux pour faire office de passeur.

 Le bas-relief décrit Julien et sa femme dans une barque, de part et d'autre du Christ auréolé. Le Christ s'est présenté à eux sous l'apparence d'un lépreux et ils l'ont accueilli chaleureusement. Julien, pardonné, pourra rejoindre, avec sa femme, le Paradis pour l'éternité.

 

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 Le thème de la barque de Saint-Julien « interprété » par Georges Jeanclos, artiste aux œuvres étranges et profondément mystiques dont je vous ai présenté les travaux dans l'article suivant :

 La fontaine Saint-Julien le Pauvre ou fontaine Jeanclos

 Comme je l'écrivais au début de cette page, les travaux d'Haussmann n'ont pas altéré l'allure générale des lieux. Un immeuble haussmannien est visible à l'entrée de la rue mais d'élégantes maisons médiévales sont restées debout.

 

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 L'immeuble haussmannien au croisement de la rue Dante et de la rue Galande.

 

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 Au numéro 31, on admire un grand pignon de bois daté de 1480.

 

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 A cet endroit, vécut le médecin et professeur de génétique Jérôme Lejeune (1926-1994) qui fut à l'origine, avec le professeur Raymond Turpin, de la découverte de l'anomalie chromosomique responsable de la Trisomie 21. Le professeur Lejeune identifia aussi la maladie du cri du chat, un trouble génétique dû à l'altération du cinquième chromosome.

 

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 En flânant dans la rue, on aperçoit de beaux mascarons, gardiens de la mémoire des lieux.

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Et au numéro 65 bis, on ne résiste pas à l'envie de pousser les portes de la librairie CYBELE, spécialisée dans les publications liées à l'Égyptologie.

 

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 J'en profite pour faire mes amitiés au professeur Richard Lejeune dont le blog Égyptomusée est une mine d'informations sur les trésors de l'Égypte antique. Un grand merci, cher professeur, pour la générosité qui émane de vos écrits !

 

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En vous remerciant, chers aminautes, de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous...

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #abbe, #bourg, #cariatides, #passage, #rue

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Ce passage, ouvert en 1828 par l'architecte Auguste Lusson sur une dépendance de l'abbaye Saint-Martin-des-Champs, reliait la rue Saint-Denis et l'ancienne rue du Bourg-l'Abbé. Il se situe entre le passage du Grand Cerf et le passage de l'Ancre, allée privée bordée de petites boutiques, qui se dévoile à quelques pas du musée des Arts et Métiers.

 

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 Il appartient à un réseau de cheminement piéton qui se déploie entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin, à l'instar du passage Saucède (ancien passage de la Croix de Lorraine), ouvert en 1827 à proximité du passage de l'Ancre et dont il ne demeure aucune trace.

 

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Le passage du Bourg-l'Abbé fut amputé de son extrémité ouest en 1854, lors du percement de la rue de Turbigo et du boulevard de Sébastopol. Après diverses modifications, il mesure aujourd'hui 47 mètres de longueur. Certains promeneurs lui préfèrent le passage du Grand Cerf mais il offre de beaux détails d'architecture et ne mérite pas d'être boudé.

On y contemple des devantures en bois qui rappellent les boutiques anciennes. Elles ont été restaurées, il y a quelques années, après un incendie.

 

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Sa verrière est arrondie alors que dans la plupart des passages parisiens, les verrières présentent une structure à deux pentes.

 

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Verrière à deux pentes du Passage du Grand Cerf, avec des cadeaux de Noël en suspension.

 

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 Quand il était encore en vogue, le passage du Bourg-l'Abbé abritait un estaminet, un marchand de liqueurs, une imprimerie, une fabrique de pipes appartenant à un certain monsieur Krebs et plusieurs échoppes de tissu. Depuis 1965, on y trouve l'atelier de la famille Lulli, ébénistes de père en fils.

 

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 Une horloge et un baromètre se situent à chacune de ses extrémités, bijoux mécaniques qui ont échappé aux griffes du temps.

 

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 L'horloge nous séduit par la finesse de son décor et les heures s'écoulent, rythmées par le cliquetis de la petite étoile d'or.

 

 Un dialogue secret semble s'établir entre le baromètre et l'horloge qui se font face.

 

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Le passage de l'Opéra, joyau architectural du 9e arrondissement de Paris et malheureusement détruit en 1925 lors du prolongement du boulevard Haussmann, était organisé autour d'une galerie de l'Horloge et d'une galerie du Baromètre. Ces deux instruments marquaient le temps tout en témoignant de la splendeur et de la richesse des lieux.

 

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Le passage s'ouvre sur la rue Saint-Denis, quasiment en face du passage du Grand Cerf.

 

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Il débouche sur la rue de Palestro, bordée par une petite place qui s'étend vers le boulevard de Sébastopol. Sa façade monumentale fut reconstruite aux début des années 1860 par l'architecte Henri Blondel (1821-1897), gendre de Charles Garnier (1825-1898), le célèbre concepteur de l'Opéra.

 

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 Henri Blondel construisit de nombreux immeubles le long des boulevards percés par le baron Haussmann sous le règne de Napoléon III. Il fut aussi l'architecte de la Bourse de Commerce, érigée à l'emplacement de l'ancienne Halle aux blés, rue de Viarmes, à partir de 1885.

 

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Une majestueuse arcade englobe le rez-de-chaussée et l'entresol de l'immeuble. Elle est flanquée de deux puissantes cariatides qui soutiennent le balcon du premier étage et symbolisent l'Industrie et le Commerce. Elles ont été sculptées en 1863 par Aimé Millet (1819-1891).

 

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 Entre ces deux gardiennes, à la clef de l'arcade, une ruche entourée d'abeilles dans un fin cartouche évoque l'activité économique des lieux, autrefois « bourdonnante ».

 

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L'Industrie est appuyée sur un marteau, outil polyvalent qui évoque la force de production, le travail industriel mais aussi l'ouvrier qui le manipule.

 

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Instrument à la fois créateur et destructeur, le marteau forme la matière et brise ce qui entrave le processus de création. Il est associé aux anciens dieux du tonnerre et de la forge. Le marteau Mjöllnir est l'attribut de Thor dans la mythologie nordique. Héphaïstos, le seigneur des Cabires, artisans mystérieux de l'Antiquité gréco-romaine, possédait un marteau capable de faire jaillir le feu de la terre. Sucellus, le dieu gaulois des croisées de chemin, patron des bûcherons, des tonneliers, divinité champêtre et passeur d'âmes, brandit un maillet avec lequel il tue et ressuscite, à l'instar de l'omniscient dieu celte Dagda, le porteur de massue.

 

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Symbole de vigueur, le marteau accompagne le dieu Mercure du pont du Carrousel, sur la rive droite de la Seine. Le dieu du commerce se présente ici comme un dieu de l'industrie et un gardien des richesses de la ville, à l'instar des cariatides du passage du Bourg-l'Abbé.

 

Avec la faucille, le marteau était considéré comme l'incontournable symbole du communisme mais depuis quelques mois certains ont jugé ces instruments obsolètes voire honteux. Ils n'apparaissent donc plus sur les affiches officielles du parti, chacun jugera...

 

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Une roue crantée, symbole de mouvement et emblème des mécaniciens, apparaît derrière le drapé de l'Industrie. Elle représente la vitesse des échanges, la subtilité des rouages du destin et le cycle inéluctable des saisons qui se déroulent sur l'écheveau du calendrier.

 

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L'allégorie du Commerce est reconnaissable à l'ancre de marine qui se dévoile près de sa draperie. Un paquet rappelle les marchandises qui transitaient par voie d'eau, marchandises particulièrement abondantes dans le quartier Montorgueil-Saint-Denis.

 

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L'ancre est aussi un symbole de stabilité et d'espoir. Elle retient les bateaux dans la tempête et permet aux marins de trouver le salut face aux caprices des éléments.

 

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Au-dessus de la belle arcade sculptée, le travail des balcons et des fenêtres ornées de mascarons retient également l'attention.

 

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Henri Blondel et Aimé Millet ont à nouveau associé leurs talents au numéro 15 de la rue du Louvre, dans les premier et deuxième arrondissements de Paris.

 

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En 1889, Henri Blondel reprit le dispositif de la façade du passage du Bourg-l'Abbé mais il choisit de doubler l'arcade d'entrée pour donner davantage d'ampleur à la composition. Aimé Millet créa deux figures d'atlantes pour soutenir la balustrade ouvragée du balcon.

 

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Blondel et Millet construisirent, à l'emplacement d'un hôtel qui fut la résidence du président Baillet (1560) et du chancelier Pierre Séguier (1630) avant de devenir le siège de la Ferme Générale (1690), un double portail monumental encadré de deux larges bustes d’atlantes non symétriques, juchés sur des consoles à guirlandes.

 

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En 1891, la cour de l'élégant édifice fut occupée par une compagnie de diligences dont les bâtiments s'élevaient sur les vestiges de l'ancienne Cour des Fermes. Ce vaste espace avait été érigé là où se dressait l'hôtel de Jean de Ferrières (1520-1586), ami de Gaspard de Coligny (1519-1572). Amiral de France et chef du parti protestant, Gaspard de Coligny fut assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélémy. La rue du Louvre regorge de trésors et mérite amplement qu'on lui consacre une série d'articles. J'ai commencé ce travail d'écriture il y a plusieurs mois, je laisse « décanter » comme à l'accoutumée et quand ce sera prêt je vous montrerai la variété de son architecture.

 

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(Désolée pour la voiture, j'ai attendu pour prendre ma photo mais le véhicule n'était pas disposé à s'en aller...)

 Les figures d’atlantes et de cariatides se généralisèrent, à partir des années 1860, dans le décor des façades d'immeubles. Charles Garnier lança cette mode sur les façades de l'Opéra et de nombreux architectes lui emboîtèrent le pas. Ils voulurent opposer une réaction ornementale à ce qu'ils appelaient « l'uniformisation haussmannienne ». Les propriétaires d'immeubles cherchèrent à attirer le regard des visiteurs et des passants sur la beauté de leur bien.

 Le plus souvent, les atlantes et les cariatides soutiennent le balcon axial du premier étage. Ils sont parfois placés de part et d'autre de certaines fenêtres et se présentent comme des enseignes monumentales témoignant du prestige et de l'aisance financière de leur commanditaire.

 Les cariatides et les atlantes des bâtiments officiels se situent plutôt au dernier étage pour « supporter esthétiquement » les coupoles et les frontons.

 

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(Photo d'Harrieta 171 datée du 21/01.06).

 Les cariatides font référence aux « jeunes filles » appelées « cariatides de l'Erechteion », temple d'ordre ionique situé sur l'Acropole d'Athènes, au nord du Parthénon. Il existe plusieurs interprétations mais la plus répandue prétend que ces jeunes filles vouaient un culte à Artémis Caryatis ou Karyatis, déesse de la lune, de la chasse et des arbres fruitiers.

 

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 En 1550, Jean Goujon (1510-mort entre 1564 et 1569), artiste majeur de la Renaissance française et maître d'oeuvre de la Fontaine des Innocents, sculpta des cariatides pour soutenir la tribune des musiciens au Louvre, dans la salle du même nom.

 

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Gravure de Jacques Ier Androuet du Cerceau (1510-1584). Image Gallica.bnf.fr.

 Les cariatides se fondent et se dévoilent majestueusement dans les paysages de nos villes. Elles sont très nombreuses à Paris où elles décorent aussi les célèbres fontaines Wallace.

 

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Ces charmants édicules en fonte ont été conçus pour distribuer de l'eau potable à différents endroits de Paris. Nous les devons à Sir Richard Wallace (1818-1890), un philanthrope qui offrit aux parisiens une part conséquente de sa fortune, suite à la guerre de 1870. Il fit construire un hôpital pour les victimes et distribuer de la nourriture dans les rues de Paris. Il dessina lui-même les plans de ses fontaines.

 

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Il en confia la réalisation à Charles-Auguste Lebourg (1829-1906) qui illustra sa devise « bonté, simplicité, charité, sobriété » à travers quatre cariatides aux drapés délicats.

Au fil du temps, je vous montrerai les différentes cariatides de ma collection.

 

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Nées sous le ciseau d'Aimé Millet, les cariatides du passage du Bourg-l'Abbé sont restées les gardiennes d'un lieu autrefois apprécié pour son effervescence. Épargnées par les outrages du temps, elles nous invitent à contempler les façades qui bordent nos rues, à la recherche des visages de jadis qui ont une infinité de grandes et de petites histoires à nous relater.

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet article, j'aime particulièrement ces deux statues et l'atmosphère hors du temps (certains diront inanimée) du passage du Bourg-l'Abbé qui dévoile aux promeneurs de beaux vestiges de sa splendeur passée.

 

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Je vous souhaite une très agréable semaine, bien au chaud si possible... Je vous remercie pour votre fidélité. Gros bisous!

 

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Publié le par maplumefee
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 Ce passage élégant, où règne une atmosphère hors du temps, traverse l'un des plus anciens quartiers de Paris: le Quartier Montorgueil-Saint-Denis. Même si vous le connaissez, je vous invite à redécouvrir sa belle architecture, ses ornements néoclassiques et les nombreuses boutiques d'artisanat moderne et vintage qu'il abrite.

 

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 Il n'est pas le plus décoré des passages de la capitale mais son charme est bien réel et chaque fois que je l'emprunte, je suis séduite par la beauté des verrières, la qualité de la lumière, les enseignes colorées et les magasins de thé, d'art et de design qui rythment la promenade. Attention si vous souhaitez le visiter, il n'est pas ouvert le dimanche.

 

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Il fut érigé dans la cour de la « maison du roulage du Grand Cerf », une ancienne hôtellerie, terminus des Messageries Royales, qui reliait, il y a plusieurs siècles, les rues Dussoubs et Saint-Denis.

 

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L'hôtellerie fut vendue en 1812 par l'administration des Hospices et démolie en 1825 par son nouveau propriétaire: la banque Devaux-Moisson. La banque initia la construction d'un passage probablement terminé en 1835 mais la date d'ouverture au public, comme le nom de l'architecte, ne sont pas établis.

 

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La famille Monier fit l'acquisition des lieux en 1826. Mais, en 1862, suite à une affaire d'héritage, le passage fut légué à l'Assistance Publique. Il s'ensuivit une désaffection progressive à l'égard de cette voie commerciale pourtant fort appréciée quelques décennies auparavant. Il fallut attendre les années 1990 pour que l'endroit soit réhabilité.

 

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Aujourd'hui, le passage du Grand Cerf possède la plus importante hauteur de verrières de tous les passages parisiens, soit 11,80 mètres et trois étages de façades.

 

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Originellement destiné à la production et à l'artisanat, le passage, long de 113 mètres, abritait une galerie marchande populaire, peuplée d'ateliers, d'échoppes et de fabriques. Seul le troisième étage était consacré à l'habitation.

 

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Lors des restauration des années 1990, le troisième étage et les combles ont été réaménagés pour accueillir des petites maisons fleuries. Les habitants des lieux appellent cet espace privilégié « la dalle ».

 

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Plus récente que le reste du passage, la verrière est particulièrement intéressante par sa hauteur et la qualité de sa structure. L'emploi de grandes poutrelles en fer forgé et de tirants métalliques conçus comme des arcs-boutants a favorisé la création de larges espaces vitrés sur les façades intérieures.

 

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Le passage du Grand Cerf se situe dans le prolongement de la rue Marie Stuart où se dressait autrefois le terminus des Messageries Royales. Les Messageries reliaient les provinces de l'est et du nord de la France à Paris.

 

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La rue Marie Stuart (ancienne rue Tire-vit puis Tireboudin) formait, avec la rue Brisemiche et la rue Dussoubs (ancienne rue Gratte-Cul), le quartier général des prostituées du quartier Montorgueil. Le nom actuel de cette voie tranquille est le fruit d'une erreur commise par l'historien Henri Sauval (1623-1676). Ce dernier nous rapporte que le nom Tire-vit fut changé en Tireboudin pour ne pas choquer la reine Marie Stuart, épouse du Dauphin et futur François II.

« Marie Stuart passant dans cette rue, en demanda le nom; il n’était pas honnête à prononcer; on en changea la dernière syllabe, & ce changement a subsisté. De toutes les rues affectées aux femmes publiques, cette rue, & la rue Brisemiche, étaient les mieux fournies. »

 Mais l'appellation Tireboudin était déjà utilisée en 1419 alors que la reine vécut de 1542 à 1587. La rue fut pourtant baptisée rue Marie Stuart en 1809 par le ministre Joseph Fouché (1759-1820). Les habitants du quartier proposèrent le nom de rue du Grand Cerf mais le ministre s'y opposa, considérant que « cela faisait trop médiéval et populaire. »

 

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La rue Marie Stuart, photographiée en juillet 1907 par Eugène Atget (1857-1927). (Source gallica.bnf.fr).

 

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La rue Marie Stuart  et l'entrée du passage du Grand Cerf.

 

L'ancienne rue aux Ribaudes prit le nom d'une reine mais le souvenir des « filles bordelières » qui louaient des baraques en planches ou « bords » afin d'y exercer leur activité de « bordel », est toujours bien vivant dans les livres d'histoire. Les péripatéticiennes s'étaient installées là suite au décret de Saint Louis, promulgué en 1256 pour interdire la prostitution dans Paris. Elles avaient franchi l’enceinte de Philippe-Auguste, dont l'emplacement correspondait à l'actuelle rue Étienne-Marcel, et comptaient parmi leurs clients ceux de l'ancienne hôtellerie du Grand Cerf.

 

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On admire aujourd'hui dans la rue Marie Stuart de belles portes, des ornements sculptés et de gracieux balcons en fonte et en fer forgé.

 

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Indissociable de l'histoire et de la scénographie du passage du Grand Cerf, la rue Marie Stuart se situait, au XVIIIe siècle, au débouché des Messageries Royales, composées de diligences, de roulages et de coches d'eau qui desservaient les plus grands départements de France.

 

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De l'autre côté, s'ouvre la rue Saint-Denis, l'une des antiques voies d'accès à Paris qu'il suffit de traverser pour s'engouffrer dans le passage du Bourg-l'Abbé auquel je consacrerai bientôt un article.

 

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Les armoiries de Paris dominent l'entrée du passage, nous rappelant la toute puissance économique de Paris, initiée par la Hanse ou Guilde des marchands de l'eau d'où l'emblème « fluctuat nec mergitur »: « il est battu par les flots mais ne sombre pas ».

 

Le 5 novembre 1827, sous le règne de Charles X (1757-1836), le passage fut le témoin de violentes émeutes qui se déroulèrent dans la rue Saint-Denis. Suite à la révolte des Canuts à Lyon, suscitées par une misère grandissante, les fileuses et les ouvriers du quartier Montorgueil formèrent des barricades. Un peloton d'infanterie chargea la foule à la baïonnette et le passage fut jonché de cadavres.

 

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Après ces tristes événements, les petits ateliers se multiplièrent dans cette rue couverte dont la hauteur et l'élancement, plutôt inhabituels, ne doivent pas nous faire oublier les discrets ornements néoclassiques qui décorent, à l'instar des gracieuses feuilles d'acanthe, une partie de la structure.

 

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 On contemple, comme dans la plupart des passages parisiens, des allégories de l'Abondance et du Commerce.

 

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L'Abondance soutient une corbeille de fruits qui représente le pouvoir de la Terre, source inépuisable de richesse, de nourriture et de bienfaits.

 

La renommée des lieux est associée au Commerce, allégorie qui brandit un caducée. (Rappelons-nous que le caducée ne représente pas toujours la médecine.) Symbole de force, d'abondance et de prospérité, le bâton aux serpents est surmonté du pétase, le chapeau rond du dieu Mercure, messager des dieux et patron du négoce, protecteur des voyageurs, des bergers et des commerçants. Dieu ambivalent qui gouverne aussi les escrocs et les brigands...

 

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Photographie d'Eugène Atget, 1909. (BNF, Estampes Eo 109b boîte 5, microfilm : H025820, T039636.)

 

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De nos jours, le passage est apprécié pour son atmosphère chic et sereine qui permet de s'extraire en douceur de la course folle des voitures et du stress ambiant.

 

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Les promeneurs apprécient les pimpantes enseignes au-dessus des boutiques, touche de fantaisie et d'originalité.

 

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La boutique d'Optique « Pour vos beaux yeux » propose des montures de lunettes anciennes, jamais portées, des stocks oubliés qui font la joie des amateurs de lunettes vintage.

(Je précise que je ne suis pas sponsorisée pour écrire au sujet des marques que je cite. Je montre ce qui me plaît au fil de mes pérégrinations.)

 

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Mes amies brodeuses apprécieront sûrement l'enseigne et la vitrine de Lil Weasel, boutique plébiscitée par les aficionados de la couture et du tricot.

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Côté rue Saint-Denis, les visiteurs sont accueillis par des bouquets romantiques.

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Mais le passage est surtout connu pour abriter deux boutiques Rickshaw, à la fois cavernes d'Ali-Baba et cabinets de curiosités dans lesquels on chine des lanternes anciennes, des plaques émaillées, des bibelots d'inspiration coloniale, en bois ou en laiton patiné par le temps, des meubles et des coffrets précieux, des miroirs et des petits flacons, des poignées peintes en céramique ou en bois et toutes sortes d'ornements insolites. De nombreux objets sont réalisés à partir de matériaux recyclés.

 

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(Un peu floue ma photo mais je l'aime bien quand même...)

 

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Le passage est aussi très apprécié pour ses ateliers de stylisme et de bijouterie fantaisie, ses boutiques de thé, de luminaires, de tissus parfumés et d'objets poétiques.

 

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Éléments indissociables du développement urbain et d'un certain art de vivre, galeries et passages témoignent des bouleversements architecturaux et économiques survenus à Paris dans le dernier quart du XVIIIe siècle, lorsque le duc d'Orléans ouvrit les alentours du Palais-Royal à la spéculation immobilière. (Un article sur le sujet est en préparation...)

 

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Des galeries de bois du Palais-Royal, créées en 1786 et dédiées au plaisir sous toutes ses formes, aux passages les plus intimes ou les plus majestueux, ces voies piétonnes qui relient deux rues ou deux artères, sont, à de très rares exceptions près, des lieux mondains et commerciaux, des espaces de rencontre et surtout des microcosmes où le temps semble s'écouler à un rythme différent. Ils offrent aussi aux piétons une protection contre les intempéries et les encombrements de la route.

Tantôt à la mode et tantôt boudés en raison de l'essor des Grands Magasins, parfois privés d'une partie de leurs éléments structurels et décoratifs ou soumis à des restaurations que certains jugeront hasardeuses, ils nous séduisent encore aujourd'hui par leurs détails pittoresques et leur atmosphère agréablement surannée.

 

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Petites et grandes, secrètes ou maintes fois chuchotées, il y a tant d'histoires à redécouvrir au fil de ces passages, coiffés de belles et amples toitures de verre qui créent une aération bienvenue dans l'épaisseur du tissu urbain. Je me réjouis de vous les montrer, au fil du temps...

 

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Je vous dis à très bientôt pour d'autres reportages sur le sujet. Merci pour vos messages, je souffle vers vous, avec les feuilles d'automne, mes amicales pensées...

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Renseignements pratiques

 

145, rue Saint-Denis/10, rue Saint-Denis.

Ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 20h30.

Métro Étienne Marcel, ligne 4.

 

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Quelques bijoux d'automne...

 

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Plume

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