Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

art

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #dvorak, #franz, #jpg, #rose

 

Image001.jpg

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Le thème proposé pour le samedi 1er août et le samedi 8 août par Lilou est « La Vie en Rose ».

 

J'ai choisi, à ce propos, une petite frimousse, joyeuse et cabotine... Celle d'une fillette lovée parmi les fleurs, dans une harmonie tissée de rosé, de blanc rosé et de nuances de rose, un symbole fort en des temps troublés où nos visages se couvrent face au danger. L’œuvre s'appelle « Summer ». J'aime beaucoup les sonorités de ce mot qui désigne l'Été et qui forme aussi un ravissant prénom.

 

Petit bout de femme, héroïne d'un tableau signé Franz Dvorak (1862-1927). Enfant de la lumière et âme du peintre qui quitta ce monde peu de temps après avoir « immortalisé » son visage plein de charme.

 

Image003.jpg

 

Célèbre à son époque, Franz Dvorak, artiste d'origine hongroise est, de nos jours, davantage connu aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon. Il étudia à l'Académie des Beaux-Arts de Prague et à Vienne avec les maîtres Carl Wurzinger et Christian Griepenkerl, spécialistes de la peinture d'histoire. En 1883, il poursuivit son apprentissage à l'Académie des Beaux-Arts de Munich et se fit connaître en exposant des portraits et des scènes de genre dans des galeries de Berlin et de Vienne.

 

Image004.jpg

 

En 1888, Franz Dvorak découvrit la France avec Alfons Mucha avant de se rendre en Italie où il rencontra de riches amateurs d'art américains qui l'invitèrent à accomplir une tournée artistique à travers les États-Unis. En pleine vogue de l'Art Nouveau, passant par Philadelphie, New York, Chicago, Détroit... il peignit des portraits qui furent très appréciés des collectionneurs.

 

Il retrouva sa chère Prague en 1905 et il y ouvrit un atelier dans lequel il vécut jusqu'à sa mort.

 

Image005.jpg

 

« Entre roses et pivoines », deuxième tableau illustrant avec élégance et poésie le thème de la vie en rose.

 

Image006.jpg

 

Nous disposons de peu de renseignements biographiques le concernant mais nous savons qu'il fréquenta des milieux dits « ésotériques », des fraternités où l'art se nourrissait d'une forme de spiritualité panthéiste. Il y forgea un art très personnel et intensément poétique à travers lequel la réalité devint indissociable de mondes imaginaires. Ses héroïnes se lovent souvent parmi les fleurs comme c'est le cas dans l'Art Nouveau mais sa « manière » ne s'inspire d'aucune autre et ses œuvres se parent d'une énergie mystérieuse et mystique, sans pour autant négliger les images de son temps.

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des œuvres du peintre russe contemporain Igor Levashov, né en 1964. Pour voir La Vie en Rose...

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-igor-levashov-roses.html

 

Image009.jpg

 

En vous souhaitant de belles journées d'été, je vous remercie pour vos petits mots qui m'accompagnent avec bonheur ! Prenez bien soin de vous...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #Antoine, #art, #artiste, #auer, #jpg, #robert

 

Image001.jpg

 

Image002.jpg

 

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Voici le thème proposé pour le 22 février par Fardoise : « L'amour toujours l'amour, et plus particulièrement le baiser en peinture, le baiser, le bisou... ce que vous voulez... »

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Image003.jpg

 

L'Amour, ardemment charnel, voluptueux, enivrant, imprègne les toiles de l'artiste Art Nouveau Robert Auer (1873-1952) qui m'a inspiré ce billet.

 

Le thème de ce samedi me permet d'évoquer un artiste oublié... Que dis-je ! Un artiste passé sous silence car victime de pudibonderie exacerbée. Robert Auer aimait peindre les corps dans leur désirable nudité, s'aventurer dans les secrets de la chair, exprimer sans retenue la passion... Il fut jugé trop subversif car il montrait le plaisir et surtout le plaisir féminin. Son art fut qualifié de pornographique et rejeté par les défenseurs d'une prétendue morale.

 

Image004.jpg

 

Il explora avec une énergie flamboyante le thème des Amants.

 

Les Amants que j'ai choisis ont été peints « seuls » (la couleur du tableau est cuivrée, orangée, ambrée) et se retrouvent aussi dans une œuvre complexe intitulée « La Tentation de Saint-Antoine », une toile réalisée pour une collection privée dans des tons nacrés, rosés, porcelainés.

 

 

Image005.jpg

 

Robert Auer, La Tentation de Saint-Antoine, date inconnue, huile sur toile, collection privée. Vous reconnaissez les Amants de mon choix dans cet univers de sensualité absolue... Il leur va si bien !

 

Image006.jpg

 

La tentation de Saint-Antoine est un épisode issu de l'histoire d'Antoine le Grand, un ermite qui se retira pendant 13 ans dans le désert. Son histoire fut relatée par Athanase d'Alexandrie, figure majeure du Christianisme antique, vers l'an 360.

 

Antoine, lors de son séjour dans le désert fut assailli de visions érotiques envoyées par le Diable et il réussit à ne pas y céder. (Dommage pour lui... mon avis personnel, sourires!) Ce thème est très prisé en histoire de l'art. De nombreux artistes, au fil des siècles, lui ont donné vie dans la peinture et quelques exemples existent dans la sculpture.

 

 

Image007.jpg

 

 

Image008.jpg

 

Robert Auer naquit à Zagreb, dans l'Empire austro-hongrois, le 27 novembre 1873. Il mourut dans la même ville, le 8 mars 1952.

 

Il était artiste dans l'âme, à la fois peintre, illustrateur et prestigieux violoniste. Il fit ses classes à l'Académie de Vienne puis à Munich auprès du maître Carl von Marr (1858-1936).

 

Carl von Marr qui avait collectionné les médailles d'or dans les expositions d'art les plus prestigieuses devint professeur émérite à l'Académie des Beaux-Arts de Munich et forma des élèves de grand talent. Sous son égide, Robert Auer développa de belles qualités artistiques et à partir de 1896, il participa au mouvement de la Sécession de Munich.

 

La Sécession Munichoise naquit en avril 1892 avec des artistes qui fondèrent leur propre vision de l'Art Nouveau (Modern Style) et donnèrent le nom de « Jugendstil » à ce style plein de vigueur, de sensualité, de poésie qui inondait le monde de fièvre créatrice. Une revue culturelle appelée Jugend (Jeunesse) forma une sorte de manifeste pour ceux qui se fédéraient, loin d'une tyrannie exercée par les milieux académiques.

 

Robert Auer, artiste emblématique de ce Jugendstil munichois, fut, en son temps, un portraitiste très apprécié dans différents milieux. En 1900, il fut l'un des peintres destinés à représenter la Croatie à l'Exposition Universelle de Paris puis il enseigna à l'Académie des Beaux-Arts de Zagreb, en Croatie. Par la suite, il créa, toujours à Zagreb, une école d'art privée dont il fut le co-directeur avec sa femme, Léopoldine Auer-Schmidt.

 

Image009.jpg

 

Dans les années 1940, ses tableaux furent considérés comme choquants par une certaine intelligentsia. On lui reprocha de faire preuve d'une irrépressible et impardonnable audace érotique et ses œuvres furent éloignées du grand public.

 

Il poursuivit sa carrière en réalisant des illustrations et des tableaux érotiques pour des cabinets d'art privés. Il signa ces représentations quasi clandestines avec le pseudonyme « Boja ».

 

Image010.jpg

 

Sa manière me séduit... Vive la sensualité, l'amour, la liberté, les bisous et plus si affinités !

 

Image011.jpg

 

Toujours du Robert Auer... et quelques images sur le thème de l'Amour, trouvées sur Pinterest...

 

Image012.jpg

 

Image013.jpg

 

Image014.jpg

 

Image015.jpg

 

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #george, #jardin, #poeme, #stefan

 

Image001.jpg

 

Image002.jpg

 Le Mardi, on propose un poème chez Lady Marianne

 

Le thème du 10 septembre concerne « les derniers jours d'été-adieu l'été », sur une proposition de Mamykool, ou on peut préférer un thème libre

 

Voici mon choix, pour dire « au revoir à l'été » :

 

Image003.jpg

 

Stephan George (1866-1933), On dit que les jardins sont morts

 

« On dit que les jardins sont morts ; viens et regarde

Le reflet de ces bords lointains et souriants ;

Et des nuages purs l'azur inespéré

Éclaire les étangs et les couleurs des sentes.

 

Prends ce jaune profond, le moelleux de ces gris

Parmi les buis et les bouleaux ; la brise est tiède ;

Tardives ne sont point encore flétries les roses,

Choisis-les, baise-les et tresse la couronne.

 

Songe à n'oublier point les derniers des asters

Ni la pourpre enroulée à la vigne sauvage

Prends ce qui reste encor de vivante verdure

Fonds-le d'un doigt léger dans l'image automnale. »

 

Stefan George, poème écrit en 1897, issu de L'Année de l'Âme, Das Jahr der Seele.

 

Image004.jpg

Stefan George par Curt Stoeving (1863–1939) sur Artnet.

 

Poète, linguiste et traducteur allemand, Stefan George (1866-1933) fut l'une des figures du Symbolisme, un défenseur des théories de l'Art pour l'Art et un émule des visions philosophiques de Friedrich Nietzsche (1844-1900).

 

Ami et élève du poète Stéphane Mallarmé (1842-1898), il traduisit des œuvres majeures de la littérature comme L'Enfer de Dante, les pièces de William Shakespeare, les poèmes de Baudelaire, de Mallarmé et de Rimbaud...

 

Marquant son opposition au nazisme, il s'exila en Suisse. Son influence se poursuivit en Allemagne mais il ne fut pas apprécié de tous les amateurs de poésie et certains intellectuels ont malmené verbalement son talent.

 

Les artistes symbolistes s'efforçaient de déchiffrer les mystères du monde à travers une conception spirituelle de l'art. Le Symbolisme voulait dépasser différentes certitudes affichées par le matérialisme scientifique. Les adeptes cherchaient l'essence de l'art à travers une forme subtile de musicalité, perceptible au cœur des mots. Leurs thèmes fétiches étaient l'ésotérisme, la mythologie, le mystère, la mort, la vie secrète des choses, la mécanique changeante et le rythme envoûtant des saisons, les espaces temps intermédiaires comme le crépuscule... Passionnés de symboles et d'images à la manière d'un artiste comme Baudelaire qui traduisit cette effusion créatrice, notamment dans ses Correspondances, ils voulaient établir des passerelles entre le visible et l'invisible. Ils privilégiaient le vers libre.

 

Le poème que j'ai choisi évoque avec sensibilité le passage entre les saisons, le lien subtil entre les temps que l'on ressent quand on se promène dans un jardin ou au cœur de la Nature. La fin de l'été n'appelle pas des larmes et des regrets mais la vie sous d'autres couleurs. La vie ne finit pas quand l'été se termine, elle se métamorphose, annonçant une parade luxuriante et flamboyante...

 

Une autre page à écrire avec les pigments soyeux et veloutés de l'Automne...

 

Belles pensées pour vous qui passez par ici... Merci...

 

 

Image005.jpg

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #artiste, #fut, #peintre, #realise

 

Image001.jpg

Illustration de © Miharu Yokota.

 

Chers aminautes, je vous souhaite une excellente rentrée 2018 ! Avec mes meilleures pensées pour les écoliers, les parents et les professeurs qui font de leur mieux, au fil des jours, pour dispenser les savoirs fondamentaux.

 

Image002.jpg

Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), peintre de genre allemand. La petite écolière.

 

Que le plaisir de lire, de découvrir des mondes à l'infini à travers une myriade d'ouvrages et de partager de captivantes impressions littéraires soit au rendez-vous !

 

Image003.jpg

Charles Roka (1912-1999), peintre hongrois, L'instant de la lecture.

 

Image004.jpg

Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), Une fillette lisant.

 

Je pense bien à vous. Merci à celles et ceux qui ont si gentiment lu et commenté mes articles d'été et que la reprise sur nos blogs respectifs soit riche de beaux échanges d'amitié !

 

Image005.jpg

© Alfredo Rodriguez, artiste mexicain né en 1954, reconnu et récompensé, de manière internationale, pour ses peintures qui décrivent, avec sensibilité, l'Ouest américain.

 

Vive les livres, nos royaumes d'imagination !

 

Image006.jpg

© Cindy Grundsten, CindyArt sur DeviantArt, spécialiste en art digital.

 

 

Image007.jpg

© George Hartley, artiste né en 1933. Son art oscille entre Réalisme et Réalisme Magique.

 

 

Image008.jpg

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), L'enfant endormi sur son livre, dit Le petit paresseux, 1755, Montpellier, Musée Fabre.

 

Artiste majeur du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Greuze naquit à Tournus, en Saône-et-Loire, en 1725. Son père, maître couvreur, le plaça en apprentissage chez un peintre de Lyon, nommé Charles Grandon (1691-1762), auprès duquel il apprit à copier des tableaux anciens. En 1750, il se rendit à Paris et suivit les cours du maître Charles-Joseph Natoire (1700-1777) à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture.

 

Tout au long de sa vie, Greuze s'employa, avec douceur et générosité, à rendre un éloge esthétique à la Vertu. Il fut aimé des philosophes, à l'instar de Diderot mais il connut quelques déconvenues, ne parvenant pas à être considéré comme un peintre d'histoire. En revanche, il fut très apprécié comme peintre de genre et nombre de ses œuvres, considérées comme « édifiantes » furent diffusées, en grande quantité, par les ateliers de gravure.

 

Jean-Baptiste Greuze voyagea en Italie mais la vogue de l'antique ne l'intéressa pas plus que cela. Il préféra étudier le charme des visages et la richesse pittoresque des scènes familiales et populaires pittoresques.

 

Se spécialisant dans la représentation des mœurs du peuple et de la bourgeoisie, il rompit avec la mode des tableautins galants et des scènes mythologiques de son temps et son « originalité » le fit reconnaître comme un grand peintre par de célèbres critiques d'art comme les Frères Goncourt.

 

Son « Petit Paresseux » a été reproduit de nombreuses fois...

 

 

Image009.jpg

 

Image010.jpg

James Charles (1851-1906), portraitiste et peintre de genre anglais qui oscilla, tout au long de sa carrière, entre le Réalisme et l'Impressionnisme. Jeune fille lisant pendant que son chien la regarde, 1895.

 

 

Image011.jpg

James Francis Day (1863-1942), Le temps de la lecture. Ce peintre et designer américain étudia d'abord à New York puis il se rendit à l'École des Beaux-Arts de Paris où il suivit un cursus auprès des maîtres Luc-Oliver Merson (1846-1920) et Ernest Hébert (1817-1908).

 

 

Image012.jpg

« Lire auprès de ma poupée »... par Mechtaniya sur @DeviantArt.com

 

 

Image013.jpg

Elliott Bouton Torrey (1867-1949), La petite liseuse.

 

Ce peintre américain, de sensibilité Impressionniste, étudia l'art à Paris, à Florence et dans des villes américaines comme New York, Boston ou encore San Diego. Il est peu connu en Europe mais les musées américains conservent une part importante de ses oeuvres composées de paysages et de portraits animés par une vibration délicatement personnelle des couleurs.

 

 

Image014.jpg

Winslow Homer (1836-1910), Le Nouveau Roman, 1877.

 

Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements à la fois réalistes et oniriques de l'océan. Il réalisa de nombreuses marines, des scènes de pêche et aussi des portraits.

 

Image015.jpg

 

 

Image016.jpg

Honor Charlotte Appleton (1879-1951), Fille lisant.

 

Illustratrice anglaise prolifique, Honor Charlotte Appleton (1879-1951) a réalisé de fines aquarelles en s'inspirant d'artistes comme Kate Greenaway (1846-1901) et Annie French (1872-1965).

 

Kate Greenaway a écrit et illustré de nombreux livres pour enfants. Les costumes délicats de ses personnages ont influencé considérablement la mode enfantine de son époque. Elle fut aussi une source d'inspiration pour la célébrissime Cicely Mary Barker (1895-1973), l'auteur des Flower Fairies...

 

Quant à Annie French, elle a exercé ses talents de peintre, d'illustratrice et de décoratrice auprès des membres de l'École de Glasgow, qui mêlaient des influences celtiques, japonisantes aux techniques de design et d'artisanat issues du mouvement Arts & Crafts.

 

Image017.jpg

Honor Charlotte Appleton, Dans la bibliothèque.

 

 

Image018.jpg

Nicolas van der Waay (1855-1936), peintre, aquarelliste, dessinateur et lithographe néerlandais. La jeune liseuse.

 

 

Image019.jpg

Albert Edelfelt (1854-1905), Portrait de Bertha Edelfelt, soeur de l'artiste, en 1881.

 

Cet artiste finlandais étudia en Suède, à l’Université d'Helsinki puis à Anvers, à l'Académie des Beaux-Arts. En 1874, il suivit à Paris les cours de la prestigieuse École des Beaux-Arts et du maître néo-grec Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

 

Il fut abondamment récompensé, dans les salons officiels, pour la qualité de son œuvre et en 1886, il reçut la Légion d'Honneur pour avoir réalisé le portrait de Louis Pasteur, chimiste et biologiste émérite.

 

Très apprécié dans les milieux littéraires et artistiques, il se lia d'amitié avec des peintres comme Jules Bastien-Lepage (1848-1884), Gustave Courtois (1852-1923), Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) et de grands écrivains comme Émile Zola (1840-1902) et Alphonse Daudet (1840-1897).

 

Il a contribué à faire connaître en France certains aspects de l'art finlandais.

 

 

Image020.jpg

Rêverie enfantine par © Komako Sakaï, illustratrice japonaise née en 1966.

 

Image021.jpg

Je souscris volontiers à ces mots et je vous souhaite à nouveau, avec d'amicales pensées, une...

 

Image022.gif

 

 

A nos lectures !!!

 

Image023.jpg

Image Pinterest

 

Image024.jpg

Carte de 1920...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #artiste, #combas, #jpg, #oeuvre

Image001.jpg

 

L'oeuvre est cocasse, poétique et teintée d'une énergie provocante. Ses couleurs respirent, sur un vieux mur, à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes (Souvenez-vous de la fontaine à la nymphe et de l'échelle patibulaire du Temple...).

 

Signée Combas -Robert Combas- elle porte un nom qui interpelle : La femme lumière de l'homme.

 

Image002.jpg

 

Créateur fantasque, trublion inclassable, touche à tout facétieux, Robert Combas est né à Lyon, le 25 mai 1957. Il a grandi à Sète, dans l'Hérault et dès l'enfance, il s'est passionné pour la peinture et le dessin.

 

En 1980, il obtient son diplôme national des Beaux Arts dans la ville de Saint-Étienne et il se fait remarquer par Bernard Ceysson, le directeur du musée municipal. Dans la foulée, il intéresse les marchands d'art Bruno Bischoberger et Daniel Templon et, en 1982, il débute une collaboration fructueuse avec le collectionneur et galeriste Yvon Lambert. Pendant plus d'une décennie, il expose en Europe et aux États-Unis, surtout à New York, dans la galerie du célèbre mécène et marchand d'art Léo Castelli.

 

Image003.jpg

Robert Combas, photographié en 2012 lors de l'exposition de ses œuvres à Lyon.

 

Son inspiration volubile et subversive s'enracine dans la culture rock, la bande dessinée, les affiches publicitaires, le Pop Art, l'Art Brut et son nom est indissociable du mouvement pictural « Figuration Libre », baptisé ainsi par l'artiste Ben dans les années 1980.

 

« La Figuration Libre c’est faire le plus possible, ce qu’on veut le plus personnellement, le plus librement... » R C.

 

Fier de ses origines ouvrières, il a accompli dans sa jeunesse de nombreuses déambulations dans Barbès, ce qui lui a fait qualifier son travail de « Pop Art Arabe ». Il a « dévoré » tout ce qu'il voyait, les visages, les silhouettes, les ombres des passants, les vieux cartons, les morceaux de papier, les effets de matière sur les trottoirs, les lumières et les reliefs ambivalents des devantures. Nombre d'étudiants en art redoutent d'aborder son œuvre tant ses influences sont éclectiques voire qualifiées de « pantagruéliques » !

 

Image004.jpg

Elle... Œuvre exposée dans la Galerie Laurent Strouk.

 

Fervent admirateur de Toulouse-Lautrec, de Jean Dubuffet, de Picasso et de Warhol, il est également fasciné par la calligraphie, les bestiaires médiévaux et les tableaux de maîtres comme Goya ou Vélasquez. Avide de réinterpréter la peinture classique, il fait parler, de façon très personnelle, toiles et murs et griffe en s'amusant, avec une énergie adolescente et une vigueur explosive, les émotions de ceux qui partent à l'abordage de ses créations.

 

Souvent comparé à Keith Haring et à Jean-Michel Basquiat, il fascine et dérange à la fois le public et les historiens d'art, d'ailleurs les spécialistes n'y vont pas de main morte. Certains voient dans son œuvre des gribouillis vulgaires, des couleurs criardes, de la maladresse mal déguisée, fruit de l'action d'un imposteur. D'autres, qui le considèrent comme un nouveau Picasso, apprécient la vigueur de son trait, la puissance évocatrice des couleurs qu'il distille, son humour souvent féroce et le langage décalé qu'il déploie dans l'espace urbain. Vous l'avez donc compris, il n'y a pas de demi-mesure en ce qui le concerne et de toute manière, il aime que les avis sur son travail soient à ce point tranchés.

 

Avant de vous montrer plus de détails de La femme lumière de l'homme, je vous invite à contempler certaines de ses influences. Je ne présenterai pas les incontournables Warhol et Picasso ainsi que Vélasquez et Goya. J'ai choisi ce que Combas préfère à travers les principales caractéristiques des œuvres de Ben, de Jean Dubuffet, de Keith Haring et de Jean-Michel Basquiat.

 

Image005.jpg

Ben (Né à Naples en 1935).

 

Benjamin Vautier aime peindre des mots, écrire avec une énergie enfantine sur ce qui ressemble à un tableau noir d'écolier. Ses œuvres poétiques sont l'émanation de la Figuration Libre : « Tout est art et tout est possible en art »... « Je peux tout me permettre... » « J'écris donc je peins avec des mots »...

 

Image006.jpg

 

On retrouve nombre de ses phrases sur des supports publicitaires, des façades d'immeubles, du mobilier urbain etc... Certains ont évoqué l'aspect trop commercial de ses formules mais elles sont avant tout des propositions pour l'esprit. A celui qui les lit d'en faire ce qu'il veut !

 

Image007.jpg

Jean Dubuffet (1901-1985), Arbres portant un château de réminiscences, 1970, feutre sur papier.

 

Le théoricien de l'Art Brut, passionné de formes spontanées qui s'enchevêtrent... Il a inventé l'expression « Art Brut » afin de désigner l’art créé par des non professionnels évoluant en dehors des « normes esthétiques convenues » et surtout qui se tiennent à l’écart des milieux artistiques.

 

Image008.jpg

Site domestique au fusil espadon, 1966. (Amusons-nous avec le titre!) Ici rien n'est limité, tout palpite, tout s'entrelace et la couleur explose comme les notes ludiques d'une partition musicale.

 

 

Image009.jpg

Keith Haring (1958-1990), Beginner.

 

Né aux États-Unis, Haring a créé des bandes dessinées en compagnie de son père depuis sa plus tendre enfance. Il a fait ses études artistiques à New York et s'est fait remarquer en peignant dans le métro et dans les rues. Il a connu très vite le succès et est parti peindre ses petits personnages en mouvement constant sur les murs de nombreux pays : Angleterre, Japon, France (où il a réalisé une fresque pour les enfants malades de l'hôpital Necker), Allemagne, Italie, Brésil etc... L'énergie vitale manifestée à travers le choix des couleurs intenses, flashy, phosphorescentes qu'il utilise est une invitation à la danse du corps et de l'esprit.

 

 

Image010.jpg

Jean-Michel Basquiat (1960-1988).

 

Artiste de génie dont la flamme, sous l'effet d'un torrent de coke et d'héroïne, s'est éteinte bien trop tôt.... Il a promené dans les rues de New York son talent marginal et s'est passionné pour une infinité de choses. Il n'est pas facile de « caractériser » son art mais, à l'instar de Robert Combas, il se laissait « emporter » par le feu dévorant des couleurs et faisait preuve d'une énergie débordante. L'une de ses phrases fétiches était « Je ne pense pas à l’art quand je travaille. J’essaie de penser à la vie. »

 

Combas appréciait particulièrement les graffitis de la période SAMO, conçus dans la décennie 1970-1980 en réaction à l'art plus conventionnel du quartier de Soho. SAMO ou Same Old Shit...

 

Image011.jpg

 

 

Image012.jpg

 

Revenons à l’œuvre qui donne son titre à cet article...

 

La femme lumière de l'homme est une commande de la Ville de Paris, installée en l'an 2000 au numéro 3 de la rue des Haudriettes. Elle a fait « s'étrangler » les féministes mais il faut y voir essentiellement une boutade, une provocation joyeuse, un jeu visuel. Passionné de calembours et de jeux de mots, Combas s'amuse à réinterpréter les légendes et les mythes et nous livre une vision libre et pleine de drôlerie du personnage de Don Quichotte et de sa Dulcinée, éclairante potiche... Elle rend aussi hommage à tous les rêveurs, au sens littéral du terme.

 

Image013.jpg

 

L'artiste veut nous faire rire autant que nous interpeller. J'adore sa signature !

 

A son sujet, le philosophe Michel Onfray a écrit, dans « Transe est Connaissance » Un chaman nommé Combas, cat. Expo Robert Combas « Greatest Hits », Mac Lyon, Somogy 2012 : (…) Il se saisit de la matière des êtres comme de la matière du monde ou du cosmos. À pleines mains, en pétrissant, en poignassant, en malaxant, en triturant la peinture comme une force, une vitalité, une énergie en puissance dont il lui revient d’activer l’acte. Il est connecté directement sur cette force-là, en prise directe avec l’électricité de l’univers. Son style à nul autre pareil est celui d’un primitif de génie qui sculpte le temps et entasse des œuvres comme témoignage des figements de ces durées magnifiques. Ce chaman est le grand organisateur de fêtes chromatiques, le maître d’œuvre d’une religion panthéiste à laquelle puisent les grands vivants. Longue vie au chaman! »

 

Sur le site du Grimaldi Forum de Monaco où une exposition lui a été consacrée, du 7 août au 11 septembre 2016, voici ce qu'on peut lire : « Son œuvre traite une multiplicité de sujets, son imaginaire se déploie sans limite. On peut tenter de décrire sa peinture par moult adjectifs sans pour cela réussir à la saisir complètement. Elle est libre, colorée, grotesque, drôle, sensuelle, sexuelle, violente, historique, protéiforme, énergique, énergétique, spontanée, mais aussi... plus intelligente et plus conceptuelle que ce que l’on peut croire à première vue… Lui-même aime à brouiller les pistes en définissant sa peinture ainsi : « Je fais du mal fait bien fait ».

 

« Dans l’infinie liberté de sa figuration, tel Picasso, Combas joue avec les visages et les corps. Ses tableaux sont un jeu de couleurs, de formes et de motifs, rappelant l’Art Brut de Jean Dubuffet. Il y intègre aussi bien des collages de magazine porno que des bas reliefs médiévaux, des personnages en relief, des tatoués, des scarifiés… Chaque œuvre révèle un monde en soi. Chacune raconte les passions humaines voire inhumaines. Apparue à la fin des années 70, sa peinture a eu d’emblée pour effet de bousculer les conceptions esthétiques de l’époque. Affranchi de tout mouvement, il est profondément libre et peintre… »

 

Image014.jpg

 

Image015.jpg

 

Tel Don Quichotte, il déambule, guidé par le souffle de l'inspiration, dans la forêt des thèmes qui lui sont chers : la femme, l'amour, la mythologie, la religion, la guerre, la musique, la littérature, les scènes de genre...

 

Image016.jpg

 

Et tandis que la vie s'écoule comme la cire d'une bougie, IL S'AMUSE, en lettres majuscules ! D'ailleurs ses toiles (vous le verrez dans un instant) sont agrémentées souvent d'une légende à la fois drôle et incisive.

 

Image017.jpg

 

Image018.jpg

 

Vous remarquerez le doigt d'honneur nuage, bien évidemment placé là de manière volontaire et pour que vous cerniez mieux encore la personnalité de cet artiste hors norme, voici ce qu'il écrit, sous son interprétation humoristique d'un célèbre tableau de l'École de Fontainebleau, peint vers 1594 par un artiste anonyme :

 

Image019.jpg

Gabrielle D’Estrées (favorite d'Henri IV) et l'une de ses sœurs (la duchesse de Villars).

 

Image020.jpg

Black Gabrielle, 1985

 

« Black Gabrielle D’Estrées palpe les bouts de nichon de sa sœur Joséphine qui ne bronche pas étant frigide. Une armée de Louidjis triangulaires regardent la scène en bavant comme des obsédés du sexe faible. Black Gabrielle D’Estrées préfère toucher des nénés plutôt que de se farcir tous les Louidjis de la terre. Hier soir, elle s’est fait niquer par un totem primitif représentant une déesse particulièrement lesbienne. Depuis cette histoire elle vote pour le Mouvement de Libération des Femmes à clitoris à fermeture éclair. »

 

Vous imaginez la mine réjouie de l'artiste qui aime écouter, dans ses expositions, ce qu'on dit de lui, que ce soit en sa faveur ou pour le « démonter » ! Comme certains d'entre vous vont me le demander, j'aime beaucoup ce qu'il fait. Son travail me donne le sourire (que j'ai facilement, il est vrai) et les créations d'un artiste, surtout contemporain, ne se résument pas à « j'aime », « j'aime pas ». Il y a toujours quelque chose d'intéressant à extraire d'une œuvre, peu importe ce que l'on en pense.

 

Image021.jpg

Trois grands personnages historiques français (De Gaulle, Saint-Louis ou Charlemagne, Napoléon), 1983.

 

Ah j'adore le petit bonhomme phallus, quintessence du plaisir que prend l'artiste quand il peint ! Avec cette toile, ses détracteurs ont explosé de colère et demandé qu'il efface la créature en question... C'est fou comme certains ont l'esprit claquemuré dans de vaines bien-pensances ou pire, ne comprennent rien... L'artiste joue tout en nous rappelant que ces messieurs, grands personnages devant l'Histoire, brandissent leurs attributs à travers chacune de leurs décisions.

 

Vous n'êtes pas obligés d'être des afficionados de l'art de Robert Combas. Il est « juste » un artiste incontournable de notre temps, un de ces grands artistes vivants qui promènent une joie « ogresque » de peindre et c'est pourquoi je voulais le présenter. Je ne me lancerai pas dans le débat « Est-il un nouveau Picasso ? » « Est-il un imposteur ? » « Est-il ceci ou cela ? » Rappelons-nous que l'Art se goûte avec ce qu'on a dans les tripes et que si certains artistes aiment égratigner le monde avec leurs créations, cela est bénéfique pour faire réfléchir et enrichir le regard de tous. Vive la liberté de l'art et vive la liberté d'apprécier une proposition artistique avec les complexités de sa sensibilité !

 

Je vous souhaite de belles promenades à travers toutes les périodes de l'art, des plus anciennes aux plus contemporaines. Je lis souvent sur des blogs des propos résolument négatifs concernant l'art contemporain. Je trouve cela dommage et pour ma part, je montrerai tout ce qui m'intéresse même si ce n'est pas apprécié.

 

Je pense bien à vous chers aminautes et je vous remercie de votre fidélité, gros bisous !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #art, #immeuble, #malo, #nouveau

 

Image001.jpg

 

A Vincennes, sur le chemin que l'on emprunte pour se rendre au château, se dévoilent de remarquables éléments d'architecture. Marquons une pause là où la rue de Montreuil rencontre la rue de Villebois-Mareuil et prenons le temps de contempler ce bâtiment Art Nouveau. A quelques encablures de la forteresse des rois de France et de l'élégant Parc Floral, il s'élève comme une sorte de vigie et nous séduit par sa polychromie, la richesse de son décor, la puissance et la fluidité de ses lignes.

 

Image002.jpg

 

Vous apprécierez le traitement de l'angle en pan coupé et les deux colonnes d'inspiration corinthienne appuyées sur un balcon ouvragé.

 

Image003.jpg

 

Il fut construit, en 1899, par Georges Malo, personnalité de l'histoire de Vincennes, à la fois architecte, promoteur et propriétaire du terrain mais je précise qu'il n'existe pas de véritable documentation à son sujet, en dépit du rôle important qu'il joua dans la ville. Il n'existe pas non plus de documentation fournie accessible à propos de cet immeuble. Je me suis donc lancée avec mes connaissances d'historienne de l'art en faisant ma propre étude.

 

Image004.jpg

 

L'immeuble est une harmonie de tons chauds, mêlés de notes précieuses et froides. La couleur turquoise, lumineuse et océane, domine les fenêtres et s'accorde à loisir avec les enroulements des magnifiques fers forgés.

 

Image005.jpg

 

Les façades se caractérisent par de multiples jeux d'animation dont la présence d'élégants bow-windows, la variété des matériaux utilisés (pierre de taille, brique vernissée, métal, céramique glaçurée, grès flammé) et le côté précieux des ornements que l'on aperçoit.

 

Image006.jpg

 

Lanternons et cabochons aux nuances bleutées, sont d'une superbe qualité.

 

Image007.jpg

 

Vous observerez la marque de l'ancienne fonderie de bronze et de fer Muller Roger et Cie, qui fabriquait, entre autres à Noyon (Picardie), des baignoires émaillées et qui devint Société générale de Fonderie puis société Jacob Delafon.

 

Image008.jpg

 

L'architecte a particulièrement soigné les détails de sa résidence personnelle...

 

Image009.jpg

 

...comme en témoignent les agrafes sculptées soutenant ce petit balcon, les volutes et les effets de liane, les savants jeux de courbes et de contre-courbes.

 

Image010.jpg

 

Image011.jpg

 

Un jeu subtil s'élabore entre l'architecture et le décor. En caressant la façade du regard, on découvre des tournesols, des feuilles de chardon et des arbres de vie.

 

Image012.jpg

 

L'architecture des immeubles Art Nouveau est toujours dotée d'une peau aux reliefs subtils, à la fois protectrice et ornementale. Le mouvement y est essentiel.

 

Image013.jpg

 

Ainsi, les ondulations de ces tiges de fleurs de tournesol sont caractéristiques de ce qu'on appelle la « ligne coup de fouet ». Une forme d'art que ses détracteurs qualifièrent de « style nouille » ou « style spaghetti » alors qu'il s'agit d'une véritable écriture ornementale.

 

Image014.jpg

 

L'Art Nouveau porte des noms différents selon les pays (Modern Style en Angleterre, Jugendstil en Allemagne, Sezessionstil en Autriche, Modernismo en Espagne, Style Floréal ou Liberty en Angleterre...) mais les thèmes floraux sont toujours à l'honneur.

 

Image015.jpg

 

Les fleurs ont une importance esthétique majeure, comme dans le mouvement Arts and Crafts en Angleterre, mouvement réformateur utopiste fondé par William Morris (1834-1896), en 1861, qui engendra, aux alentours de 1880, une vision de l'art fondée sur l'importance de l'artisanat et la glorification de l'ouvrier. Elles serpentent, avec luxuriance et subtilité, à des endroits bien précis de la façade, soulignant les lignes de force de l'architecture et, dans le cas de cet immeuble, elles semblent aussi rappeler la proximité de la forêt, la puissance et la vitalité des arbres entourant le château.

 

Image016.jpg

 

La rue de Montreuil et ses alentours étant particulièrement riches de belles choses à contempler, je vous propose de continuer cette promenade, dans les prochains jours. J'ai repéré d'autres immeubles de Georges Malo, notamment au 36, avenue des Minimes, à proximité de la forteresse des rois de France mais ceci est une autre histoire...

 

Merci de votre fidélité, je pense bien à vous !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #arum, #forme, #nature, #vert

 

Image001.jpg

 

Au numéro 33 de la discrète rue du Champ de Mars, dans le 7e arrondissement de Paris, se dévoile un bijou d'architecture Art Nouveau. A quelques encablures de la Tour Eiffel et de l'agitation qui l'entoure, une grille jaillit comme un bouquet printanier, composant une écriture végétale aux fascinantes sinuosités.

 

Image002.jpg

 

Dans un article écrit quelques mois après la création de mon blog, j'ai relaté l'histoire des lieux et décrit les charmes de cette architecture « Modern Style ». J'ai souhaité vous faire redécouvrir ces beautés végétales deux ans plus tard, à travers de nouvelles photos et un texte « augmenté ».

 

Image003.jpg

 

Dans l'atmosphère apaisée de la rue du Champ de Mars, surgit une façade au décor inattendu, luxuriante forêt de fleurs pétrifiées.

 

Image004.jpg

 

Construit en 1904 par l'architecte Octave Raquin pour un certain Monsieur Bouvet, le bâtiment accueillit, pendant de nombreuses années, un collège privé, le Cours des demoiselles Longuet.

 

Image005.jpg

Octave Raquin, peint par Toulouse-Lautrec en 1901.

 

Image006.jpg

 

Octave Raquin fut l'un des collaborateurs de la Revue Blanche, une revue littéraire et artistique fondée en 1890 à Liège par les frères Natanson. Cette revue s'installa en 1891 à Paris où elle rivalisa avec le Mercure de France, d'où le nom de Revue Blanche (la couverture du Mercure était mauve...)

 

Image007.jpg

 

Après les étudiantes des demoiselles Longuet, les élèves du Cours Alfred de Musset s' établirent dans l'immeuble qui abrite aujourd'hui des appartements et une clinique de chirurgie esthétique. L'élégante façade de pierre est rythmée par des ouvertures de formes variées et de gracieuses ferronneries.

 

Image008.jpg

 

Des travées en saillie, des linteaux stylisés, des courbes oniriques, un épiderme de pierre sur lequel serpente la lumière... l'Art Nouveau s'exprime ici avec finesse, puissance et fluidité.

 

Image009.jpg

 

Les bow-windows -oriels en français- qui accentuent le mouvement ondulatoire de la façade sont particulièrement réussis.

 

Ces avancées en encorbellement ou « fenêtres en arc » sont fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau. Dans l'art anglais, trois termes désignent ces constructions et leurs variantes.

 

Le bow-window ou « fenêtre en arc ».

Le bay-window ou « baie vitrée avancée ».

L'oriel-window ou « fenêtre en rideau ».

 

Image010.jpg

 

Grâce à la communication qui s'établit entre le regard et les courbes de l'architecture, la lumière naturelle est tissée comme une matière vivante et répartie, avec féerie et fonctionnalité, dans les différentes pièces de l'habitation.

 

Image011.jpg

 

Une élégante marquise en fer forgé et en verre accueille le visiteur. Tout comme les grilles de la porte d'entrée et les vantaux des portes latérales, elle est décorée de feuilles d'arums.

 

Image012.jpg

 

Dans sa robe de verre tendue de fer ou d'acier, la marquise dévoile ses volutes ouvragées. Elle désignait originellement une pièce de toile tendue au-dessus d'une porte pour se protéger des intempéries et du soleil. Elle était fréquemment utilisée sur les bateaux. En architecture, cet auvent vitré représente un abri et un élément décoratif.

 

Image013.jpg

 

La marquise de la Villa Majorelle, construite à Nancy entre 1901 et 1902 par Henri Sauvage (1873-1932) et Lucien Weissenburger (1860-1929).

 

Image014.jpg

 

La marquise du métro Abbesses, création d'Hector Guimard (1867-1942), est datée de 1900. Destinée à protéger les voyageurs des intempéries, elle couronne un édicule en fonte de fer érigé sur un soubassement de pierre. L'édicule se situait au départ sur le parvis de l'Hôtel de Ville (ancienne Place de Grève). Démonté en 1972 pour faciliter la construction d'un parking souterrain, il a été remonté à la station Abbesses, sur la ligne 12 (Mairie d'Issy - Porte de la Chapelle).

 

Les piliers soutenant la marquise et la balustrade qui domine le soubassement évoquent de fines formes végétales. Il s'agit du modèle A de Guimard. Le modèle B possède une structure plus complexe, organisée autour d'une verrière à double pente inversée et d'une marquise aux bords plus chantournés. Je développerai cela à travers d'autres articles.

 

Image015.jpg

 La marquise de la maison aux arums présente une bordure ondulée qui fait écho à la plasticité de la façade.

 

Image016.jpg

 

Par ses ondes raffinées et son riche décor floral, la porte latérale reflète aussi les liens qui unissent la Nature et l'Art Nouveau.

 

Image017.jpg

 J'apprécie la qualité décorative du petit soupirail.

 

Image018.jpg

 

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'admiration pour la Nature imprégna les travaux de nombreux artistes. Ils redécouvrirent la flore gothique dessinée par Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) et s'émerveillèrent devant les estampes japonaises, diffusées par des marchands férus d'art asiatique.

 

L'un d'eux, nommé Siegfried Bing (1838-1905), ouvrit à Paris en 1895 un magasin qu'il baptisa «Maison de l'Art Nouveau». Au numéro 22 de la rue Chauchat, dans le 9e arrondissement de Paris, ce lieu atypique devint un formidable espace de rencontre et de création artistiques. Détruit en 1922, il fut remplacé deux ans plus tard par un bâtiment Art Déco qui abrite aujourd'hui une Poste.

 

Image019.jpg

Voici l'affiche de l'exposition qui lui a été consacrée.

 

Dans l'esthétique « Art Nouveau », la Nature est une source d'inspiration permanente. Ciselée et magnifiée à travers les bijoux de René Lalique, les vases des frères Daum et d'Émile Gallé, les boiseries de Louis Majorelle...

 

Image020.gif

 Ce pavot en or, argent, émail et diamants brillantés, ciselé par René Lalique (1860-1945) en 1897, évoque l'éternel mystère féminin et se pare d'une dimension profondément sensuelle. (Photo de René-Gabriel Ojéda pour le site du Musée d'Orsay.)

 

Image021.jpg

 « La Nigelle » est un vase créé vers 1900 par Émile Gallé (1846-1904), maître verrier passionné de botanique qui exploita, de manière onirique, les couleurs ambivalentes et les formes offertes par la Nature.

 

Image022.gif

 Le vase aux primevères est l'une de ses oeuvres majeures. Le vert profond de l'objet, né d'une superposition de couches de verre saturé, rappelle les effets de matière des jardins gorgés d'eau et les ondulations de la lumière au début du Printemps.

 

Image023.jpg

 Il incrustait dans la pâte de verre des fragments scintillants obtenus à partir d'oxydes métalliques « en suspension ».

 

Image024.jpg

 Les frères Daum : Auguste (1853-1909) et Antonin (1864-1930) ont exprimé, à travers une galerie de lampes féeriques et de vases mystérieux, leurs affinités pour les formes sinueuses, le rêve et la translucidité.

 

Image025.jpg

Lampe perce-neige, 1905.

 

Image026.jpg

 

Ils accentuaient l'effet de perspective avec de l'acide et maîtrisaient à la perfection la technique des poudres colorées, émaillées et intercalées entre deux couches de verre.

 

Image027.jpg

 Leurs vases aux compositions très complexes continuent de nous éblouir, comme en témoigne ce soliflore au long col, décoré d'arums et d'herbacées des marais. Il nous offre une palette de verts fantasmagoriques qui se détachent sur un fond blanc laiteux rehaussé de nuances rosées et violacées.

 

Image028.jpg

(Photo Bruno Piazza)

 Ébéniste et céramiste renommé, Louis Majorelle (1859-1926) fut initié à l'Art Nouveau par Émile Gallé et devint l'un des membres fondateurs de l'École de Nancy mais il s'en affranchit afin de créer son propre style avant-gardiste. Il a signé des compositions marquetées et vernissées, rehaussées de poudre d'or, à l'instar de cette chaise aux nénuphars (1903), de cette lampe aux nénuphars (1902 ou 1904) et de ce meuble aux pélicans (1925).

 

Image029.jpg

(Photo Hervé Lewandowski pour le musée d'Orsay)

 

Image030.jpg

(Photo C. Duranti)

 

En étudiant les merveilles de la Nature, les artistes «Art Nouveau» ont inventé un vocabulaire esthétique fondé sur la sinuosité des lignes, la luxuriance du décor, la recréation de l'élément végétal avec des matériaux métalliques et la prédominance de l'ornement floral. Parées de feuilles et de fleurs, les façades des immeubles et des maisons nous invitent à explorer un univers sylvestre et fantastique.

 

Image031.jpg

La maison aux arums s'inscrit dans cette veine « symboliste », nourrie par la poésie et la littérature.

 

Image032.jpg

 Le motif de l'arum se répète élégamment sur la façade en pierre, les clefs sculptées, les consoles, les ferronneries des portes et des fenêtres, les montants des bow-windows, les mosaïques du vestibule d'entrée.

 

Image033.jpg

 

L'arum possède une double nature. Cette fleur, dotée d'une étrange inflorescence, est à la fois perçue comme féminine et phallique. Au fil des siècles, elle apparut tantôt comme un symbole de pureté tantôt comme un emblème diabolique. On la retrouve sur les chapiteaux médiévaux où elle emprisonne l'innocent et jaillit de la bouche des démons mais on l'appelle aussi « Manteau de la Vierge ».

 

Image034.jpg

Tamara de Lempicka (1898-1980), étude d'arums.

 

Dans les années 1900, elle était appréciée lors des fiançailles et des communions et souvent choisie pour décorer les bouquets de mariées. Dans le cas présent, il est vraisemblable qu'elle ait été associée aux jeunes filles du cours privé des demoiselles Longuet.

 

Image035.jpg

Edwin Longsden (1829-1891), portraitiste, peintre de genre et d'histoire anglais. Lys de l'Est.

 

Image036.jpg

 

Image037.jpg

 Symbole de pureté et de fécondité dans la Rome antique, l'arum était consacré aux divinités de la lune et du foyer. Offert pendant les mariages, il accompagnait aussi les festivités du solstice d'hiver.

 

Image038.jpg

 Il existe de nombreuses variétés d'arums. L'arum des fleuristes, (zantedeschia ou calla) est le plus répandu. Originaire d'Afrique du sud, il est cousin de l'arum maculatum ou pied de veau, appelé aussi gouet.

 

Image039a.jpg

Zantedeschia albomaculata, espèce hybride. La planche est issue de l'Illustration Horticole (1860).

 

L'arum appartient à la famille des Aracées. Il a de belles feuilles souples et sagittées (en forme de fer de lance) qui évoluent du vert sombre luisant au vert marbré de blanc en passant par le vert tacheté. Au Printemps, une spathe (grande bractée) en forme de cornet apparaît autour d'un épi jaune doré. L'ensemble forme un spadice. A la fin de l'été, les fleurs engendrent des grappes de baies rouges ou orangées très toxiques appelées « raisins de serpent ».

 

Image040.jpg

(Photographie Paul Henderson)

 

L'arum jouait un rôle important dans la pharmacopée ancienne mais il fallait redoubler de vigilance en raison de sa toxicité. L'eau distillée de racines tubéreuses était utilisée comme lotion de beauté. Les racines longuement bouillies, torréfiées, râpées et passées au tamis donnaient une sorte de fécule, consommée sous forme de pain dans l'Antiquité.

 La teinture de racines est toujours prescrite en homéopathie. Elle est réputée décongestionner les voies respiratoires, calmer les saignements et les irritations de la peau.

 Il existe une variété d'arum très particulière, l'arum titan ou phallus de titan (Amorphophallus titanum), un arum géant qui ne fleurit que tous les quatre à cinq ans et qui exhale une odeur de cadavre.

 

Image041.jpg

(Arum titan, photographie US Botanic Garden)

 

Image042.jpg

 

Ce vase en majolique, en forme d'arum, fut créé vers 1900 par la manufacture autrichienne « Gerbing et Stephan ». Il traduit l'engouement de la Belle Époque pour la nature complexe de la fleur et de la femme, muses enveloppées de mystère, troubles et sensuelles créatures, hybrides et magiciennes... A l'époque victorienne, l'arum évoquait le sexe féminin. On glissait, pour la personne convoitée, des messages à caractère érotique à l'intérieur du grand cornet.

 

Image043.gif

Diego Rivera (1886-1957), Femme et arums.

 

Artiste mexicain engagé, photographe, auteur de fresques et de peintures murales d'une taille surdimensionnée, Diego Rivera était l'époux de Frida Kahlo (1907-1954). Une exposition consacrée à ce couple mythique, intitulée Frida Kahlo/Diego Rivera l'art en fusion, s'est déroulée au musée de l'Orangerie du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014.

 

Image044.jpg

Vendeuse d'arums, 1943.

 Entité végétale aux courbes fantomatiques, l'arum au secret langage, celui des passions du corps et des mouvements de l'âme, semble avoir été la fleur préférée de Diego Rivera.

 

Image045.jpg

Nu aux arums, 1944.

 

Image046.jpg

Vendeuses d'arums, 1943.

 

A plusieurs reprises, il a choisi de représenter dans ses tableaux un bouquet d'arums en guise de thème principal. Très utilisée pour décorer les maisons et les rues lors des fêtes populaires, l'arum apparaît comme l'une des fleurs symboliques du Mexique. L'artiste a souvent mis en scène une ou plusieurs jeunes indiennes en costume traditionnel, affairée(s) autour d'un gigantesque bouquet d'arums. L'atmosphère est énigmatique et le regard du spectateur, irrépressiblement attiré vers le foisonnement des calices blancs.

 

Image047.jpg

Vendeuse d'arums, 1943.

 La Nature matricielle est omniprésente dans l'oeuvre de Rivera qui s'enracine dans les traditions magiques amérindiennes. L'arum était d'ailleurs utilisé pour « coiffer » les dieux aztèques et mayas.

 

Image048.jpg

Célèbre artiste polonaise de la période Art Déco, Tamara de Lempicka (1898-1980) considérait les arums comme l'émanation du pouvoir ambivalent de la féminité. Fascinée par leurs effets nacrés, veloutés et opalescents, elle peignit à maintes reprises ce qu'elle qualifiait de « subtiles circonvolutions ».

 

Image049.jpg

 Dans cette Nature morte aux arums et au miroir, datée de 1935, elle fait resplendir l'étrangeté de la fleur, sa blancheur intime, ensorcelante, légèrement verdâtre et l'associe au thème du miroir, accessoire de beauté et de vanité.

 

Image050.jpg

 Georgia O'Keeffe (1887-1986), artiste américaine d'origine irlandaise dont l'oeuvre atypique est un mélange de modernisme, de minimalisme et d'abstraction, peignit, tout au long de sa carrière, des fleurs et notamment des arums.

 

Image051.jpg

Arum et grande feuille émeraude sur fond rouge, 1928.

 L'oeuvre traduit la passion de l'artiste pour les motifs en très gros plan (fleurs, cailloux, fossiles, coquillages, rochers...) sublimés par des aplats de couleurs vives.

 

La maison aux arums est conçue comme une fantasmagorie, un bijou mystérieux dans l'écrin de la ville. Elle nous permet de voyager à travers la symbolique d'une fleur bien plus sauvage que domestiquée et nous rappelle que la Nature enveloppe l'Architecture. Les matériaux dits « structurels » sont utilisés pour façonner des arbres de métal aux branches organiques, des fleurs de pierre et de verre, aiguiser l'imagination et faire croître un monde enchanté dans l'espace urbain.

 

Image052.jpg

 Qu'il soit aimé ou décrié, l'Art Nouveau est un fabuleux creuset d'inspiration naturaliste. Il crée des correspondances subtiles entre les matériaux, entre l'utile et l'esthétique, le réel et l'onirique.

 

Image053.jpg

 Pour ressembler aux éléments naturels, les ornements métalliques sont traités avec harmonie, gracilité et sens du mouvement. Ainsi, une forêt magique semble avoir poussé tout autour de l'habitation.

 

Image054.jpg

 

Image055.jpg

 

Image056.jpg

 Dans le hall d'entrée, de fines mosaïques rappellent les broderies florales qui couvrent la façade. Elles font écho aux lianes de métal qui se contorsionnent le long de la pierre.

 

Image057.jpg

 

L'artiste « Art Nouveau » est un alchimiste qui crée et recrée à l'infini les formes dessinées par la Nature. Il joue à recomposer la lumière et dévoile ses variations à travers les matières qu'il travaille.

 Il élabore un art total qui se mêle à l'Artisanat et à l'Industrie. Il exploite de nouvelles gammes colorées et se rapproche des effets de matière qui règnent dans la Nature: prairies aquatiques, jardins détrempés, miroirs d'eau, reflets de tempêtes, cieux étranges...

 

Image058.jpg

 Il intercale ce que l'on peut toucher et ce qui suscite les songes, comme dans l'élégante poésie de la maison aux arums...

 

Image059.jpg

 

Merci de votre fidélité, je vous souhaite une excellente fin de semaine. Amicalement vôtre !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #2007, #art, #civilisation, #edition, #maya

 

Bibliographie

 

ALCINA FRANCH, José:

L'Art Précolombien. Nouvelle édition revue et augmentée. Paris:Citadelles&Mazenod, 1996. 612 p.

 

BAUDEZ, Claude-François:

Les Mayas.Paris: Les Belles Lettres, 2005.

Une histoire de la religion des Mayas. Du panthéisme au panthéon.Bibliothèque Albin Michel, Histoire, 2002.

 

BAUDEZ, Claude-François et PICASSO, Sydney:

Les cités perdues des Mayas.Découvertes Gallimard, 1987.

 

COE, Michael D. et KERR, Justin:

L'art maya et sa calligraphie.Editions de la Martinière, 1997.

 

GENDROP, Paul:

Les Mayas.Coll. Que sais-je? N°=1734. 1978.

 

GRUBE, Nikolaï:

Les Mayas. Art et Civilisation.Köneman, 2000.

Les dieux sacrés de la forêt tropicale.(Avec le concours de Eva Eggebrechet et Mathias Seidel). H.F. Ullmann: 2006-2007.

 

LAUGHTON, Timothy:

Les Mayas. Peuples et Cultures.Gründ, 1999.

 

MAILLET, Arnaud:

Le miroir noir: enquête sur le côté obscur du reflet. Editions Kargo, 2005. 244 p..

 

MEYERS, Claude:

Mythologies, histoires, actualités des drogues.Editions L'Harmattan, 2007. 276 p..

 

NORDENSKIÖLD, Erland:

Miroirs convexes et concaves en Amérique. Journal de la Société des Américanistes de Paris, T. 18, 1926, pp. 103-110.

 

THOMPSON, J.E.S.:

Grandeur et décadence de la civilisation maya.Payot, 1958.

 

VOGEL, Susana:

Les Mayas: Histoire, art et archéologie.

Monclem Ediciones: Mexico, 1995.

 

Le Journal de la Société des Américanistes:

-de 1895 à 2000:

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/jsa

 

-de 2000 à 2005:

http://jsa.revues.org/

 

DVD du National Geographic:

L'Aube des Mayas. 2007. (Le site maya d'El Mirador et la fresque de San Bartolo.)

 

Dossier d'Archéologie n°=245. Juillet-Août 1999. Grandes civilisations du Mexique. Olmèques, Zapotèques, Mayas, Aztèques, la civilisation Teotihuacan.

 

Beaux-Arts hors série: Révélations sur la civilisation maya. Juin 2011. Pourquoi et comment elle a disparu.

 

B.D.: Les Voyages d'Alix chez Castermann. Les Mayas, tomes I et II.


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #art, #arum, #forme, #nature

Image01

Une grille qui jaillit comme un bouquet printanier... Une écriture végétale aux fascinantes sinuosités... Je vous invite à découvrir, au numéro 33 de la rue du Champ de Mars, dans le 7e arrondissement de Paris, un bijou d'architecture Art Nouveau.

 

Dans cette rue discrète, surgit une façade au décor luxuriant qui dessine une forêt de fleurs pétrifiées.

 

Image02

Construit en 1904 par l'architecte Octave Raquin pour un certain Monsieur Bouvet, le bâtiment accueillit un collège privé, le Cours des demoiselles Longuet.

 

Image03

Portrait d'Octave Raquin, peint par Toulouse-Lautrec en 1901.

 

Image04

Octave Raquin fut l'un des collaborateurs de la Revue Blanche, une revue littéraire et artistique fondée en 1890 à Liège par les frères Natanson. Cette revue s'installa en 1891 à Paris où elle rivalisa avec le Mercure de France, d'où le nom de Revue Blanche (la couverture du Mercure était mauve...)

 

Image05

Après les étudiantes des demoiselles Longuet, les élèves du Cours Alfred de Musset s' établirent dans l'immeuble de la rue du Champ de Mars qui abrite aujourd'hui une clinique de chirurgie esthétique et des appartements.

 

La mise en scène est particulièrement réussie. La belle façade de pierre est aérée par de nombreuses ouvertures et rythmée par de gracieuses ferronneries.

 

Image06

 

Des travées en saillie, des linteaux stylisés, des courbes oniriques... Un épiderme de pierre sur lequel serpente la lumière... l'Art Nouveau s'exprime ici avec grâce, puissance et fluidité.

 

Image07

L'un des magnifiques bow-windows ou oriels en français, qui animent la façade.

 

Ces avancées en encorbellement ou « fenêtres en arc » sont fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau. Dans l'art anglais, trois termes désignent ces constructions et leurs variantes.

  • Le bow-window ou « fenêtre en arc ».
  • Le bay-window ou « baie vitrée avancée ».
  • L'oriel-window ou « fenêtre en rideau ».

 

 

Image08

Cette peau végétale établit une communication intime entre le regard et les courbes de l'architecture. La lumière naturelle est tissée comme une matière vivante et répartie, avec féerie et fonctionnalité, dans les différentes pièces de l'habitation.

 

Image09

L'élégante marquise en fer forgé et en verre, qui accueille le visiteur, est décorée de feuilles d'arums, de même que les grilles de la porte d'entrée et les vantaux des portes latérales.

 

Image10

 

Dans sa robe de verre tendue de fer ou d'acier, la marquise dévoile ses volutes ouvragées. Elle désignait originellement une pièce de toile tendue au-dessus d'une porte pour se protéger des intempéries et du soleil. Elle était fréquemment utilisée sur les bateaux. En architecture, cet auvent vitré représente un abri et un élément décoratif.

 

Image11

La marquise de la Villa Majorelle, construite à Nancy entre 1901 et 1902 par Henri Sauvage et Lucien Weissenburger.

 

Image12

La marquise du métro Abbesses, signée Hector Guimard.

 

Image13

Celle de la maison aux arums présente une bordure ondulée qui accroît la plasticité de l'ensemble.

 

Image14

Par ses ondes raffinées et son riche décor floral, cette porte latérale reflète les liens qui unissent la Nature et l'Art Nouveau.

 

Image15

Cela s'applique aussi à ce petit soupirail.

 

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'admiration pour la Nature imprégna les travaux de nombreux artistes. Ils redécouvrirent la flore gothique dessinée par l'architecte Viollet-le-Duc et s'émerveillèrent devant les estampes japonaises, diffusées par des marchands férus d'art asiatique.

 

L'un d'eux, Siegfried Bing, ouvrit à Paris en 1895 un magasin qu'il baptisa « Maison de l'Art Nouveau ». Au numéro 19 de la rue Chauchat, dans le 9e arrondissement de Paris, ce lieu atypique devint un formidable espace de rencontre et de création artistiques.

 

Image16

L'affiche de l'exposition qui lui a été consacrée.

 

Dans l'Art Nouveau, la Nature est une source d'inspiration permanente. Ciselée et magnifiée à travers les bijoux de René Lalique, les vases d'Émille Gallé et des frères Daum, les boiseries de Louis Majorelle...

 

Image17

Pavot de René Lalique, 1897. (La photo vient du site du Musée d'Orsay.)

 

Image18

Avec cet ornement de corsage, appelé « Oiseaux chanteurs » et réalisé en 1889 pour la maison Vever, René Lalique enchante l'or, l'argent, les diamants et les rubis.

 

Image19

La Nigelle, vase d'Émile Gallé, vers 1900. L'artiste, passionné de botanique, retranscrit, de manière onirique, les formes offertes par la Nature.

 

Image20

Le vase aux primevères, en marqueterie de verres, réalisé par Émile Gallé vers 1900. Ce vert profond, né d'une superposition de couches de verre saturé, rappelle les jardins gorgés d'eau et les effets de lumière au début du Printemps.

 

Image21

A travers une galerie de lampes féeriques et de vases mystérieux, les frères Daum déclinent leurs affinités pour les formes sinueuses, le rêve et la translucidité.

 

Image22

 

Image23

 

Image24

Un bureau « végétal », signé Louis Majorelle.

 

En étudiant les merveilles de la Nature, les artistes « Art Nouveau » inventèrent un vocabulaire esthétique fondé sur la sinuosité des lignes, la luxuriance du décor, la recréation de l'élément végétal avec des matériaux métalliques et la prédominance de l'ornement floral. Parées de feuilles et de fleurs, les façades des immeubles et des maisons nous invitent à explorer un univers sylvestre et fantastique.

 

Image25

 

La maison aux arums s'inscrit dans cette veine « symboliste », nourrie par la poésie et la littérature.

 

Image26

L'arum possède une double nature. Cette fleur, dotée d'une étrange inflorescence, est à la fois féminine et phallique. Au fil des siècles, elle fut perçue comme un symbole de pureté ou un emblème diabolique.

 

Dans les années 1900, elle était très prisée dans les bouquets de mariées. On l'appréciait aussi pendant les fiançailles et les communions. Dans le cas présent, il est vraisemblable qu'elle ait été associée aux jeunes filles du cours privé des demoiselles Longuet.

 

Image27

Il existe de nombreuses variétés d'arums. L'arum des fleuristes ou calla est une cousine de l'arum maculatum ou pied de veau.

 

Cette fleur jouait un rôle important dans la pharmacopée ancienne mais il fallait redoubler de vigilance en raison de sa toxicité. L'eau distillée de racines tubéreuses était utilisée comme lotion de beauté. Les racines longuement bouillies, torréfiées, râpées et passées au tamis donnaient une sorte de fécule, consommée sous forme de pain dans l'Antiquité.

 

La teinture de racines est encore prescrite en homéopathie. Elle est réputée décongestionner les voies respiratoires, calmer les saignements et les irritations de la peau.

 

Image28

Ce vase en majolique, en forme d'arum, fut créé vers 1900 par la manufacture autrichienne Gerbing et Stephan. Il évoque la nature complexe de la fleur et de la femme, sources d'inspiration majeures, créatures mystérieuses, troubles et sensuelles, hybrides et magiciennes...

 

Image29

La Nature enveloppe l'Architecture. Les matériaux dits « structurels » sont utilisés pour façonner des arbres de métal aux branches organiques, des fleurs de pierre et de verre, aiguiser l'imagination et faire croître un monde enchanté dans l'espace urbain.

 

Image30

Qu'il soit aimé ou décrié, l'Art Nouveau est un fabuleux creuset d'inspiration naturaliste. Il crée des correspondances subtiles entre les matériaux, entre l'utile et l'esthétique, entre le réel et l'onirique.

 

Image31

Pour ressembler aux éléments naturels, les ornements métalliques sont traités avec harmonie, gracilité et sens du mouvement. Une forêt magique semble avoir poussé autour de l'habitation.

 

Image32

Dans le hall d'entrée, de fines mosaïques rappellent les broderies florales qui couvrent la façade. Elles font écho aux lianes de métal qui se contorsionnent le long de la pierre.

 

Image33

 

L'artiste « Art Nouveau » est un alchimiste qui crée et recrée à l'infini les formes dessinées par la Nature. Il joue à recomposer la lumière et dévoile ses variations à travers les matières qu'il travaille.

Il élabore un art total qui se mêle à l'Artisanat et à l'Industrie. Il exploite de nouvelles gammes colorées et se rapproche des effets de matière qui règnent dans la Nature: prairies aquatiques, jardins détrempés, miroirs d'eau, reflets de tempêtes, cieux étranges...

 

Image34

 

Il intercale ce qu'il peut toucher et ce qui suscite les songes, comme dans l'élégante poésie de la « maison aux arums »...

 

Image35

 

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #fut, #grands, #observatoire, #vers

 

Image1

Allégories de la Nuit

 

Face aux grilles du Palais du Luxembourg, ce bel ensemble de verdure ouvre, depuis 1867, une élégante perspective au milieu de l'avenue de l'Observatoire. Il célèbre deux explorateurs  renommés: Marco Polo (1254-1324) et Robert Cavelier-de-la-Salle (1643-1687).

 

Issu d'une famille de marchands et de voyageurs vénitiens, Marco Polo immortalisa dans ses récits les splendeurs de la Chine médiévale. Il fut chargé par l'Empereur mongol Kubilaï Khan de parcourir des territoires dangereux et luxuriants. Dans le Devisement du Monde ou Livre des Merveilles, il relate ses aventures pittoresques sur la Route de la Soie, le long des côtes d'Arabie, d'Afrique et de l'Océan Indien et sa traversée de pays fabuleux comme le Japon, la Russie, l'Iran, l'Inde, le Sri Lanka...

 

Robert Cavelier-de-la-Salle sillonna la région des Grands Lacs d'Amérique du Nord, le fleuve Mississippi et les immenses forêts du Canada.

 


Image2

 

 

Image3

 

 

Image4

 

Des marronniers taillés en marquise bordent de grands parterres où se dressent quatre groupes sculptés en marbre blanc qui représentent les quatre principaux moments de la journée et personnifient la fuite du temps.

 

Image5

La Nuit, par Charles Gumery.


Image6

Le Crépuscule, par Gustave Crauk.

 

Image7

Le Jour, par Jean Perraud.


Image8

L'Aurore, par François Jouffroy.

 

Image9

L'Aurore a, depuis la précédente photo, perdu ses bras...

 

Construit sur l'axe de l'ancien méridien de Paris qui conduit au célèbre Observatoire, le Jardin des Grands Explorateurs offre une vue superbe sur les vastes pelouses, les élégantes sculptures et le mobilier urbain raffiné.

 

Image10

 

Image11

 

Image12

 

 

 

Image13

La Nuit

 

Elle symbolise la Grande Mère ou la Mère Primordiale, matrice de mort et de vie, associée aux mondes chthoniens et aquatiques. Elle est amoureusement appuyée contre un homme dont le corps reflète la puissance de la sculpture antique. Un chien les accompagne.

 

Animal ambivalent, le chien est le fidèle compagnon de l'homme mais il apparaît aussi comme l'incarnation du Diable. Il est associé à la Lune,à la Nuit et au monde des esprits.

 

Image14


 

 

Image16

Le Jour


Image17

L'Aurore

 

Ce gracieux ensemble fut aménagé sur une partie de l'ancien Château Vauvert qui, d'après la légende, était habité par le Diable. D'où l'expression pittoresque « aller au Diable Vauvert ». Aujourd'hui, des monuments du XIXe siècle, du début du XXe siècle et de l'Entre-Deux-Guerres se dressent le long de l'agréable promenade.

 

 

L'Institut d'Art et d'Archéologie

 

Image18

 

Image19

 

Ce bâtiment de style éclectique, situé au numéro 8 de l'avenue de l'Observatoire, fut édifié de 1925 à 1928 par l'architecte Paul Bigot (1870-1942). Il se compose d'une ossature en béton armé et d'un revêtement de briques rouges de Gournay. Il mélange diverses influences et traduit une volonté historiciste, en réaction contre l'Art Déco et l'architecture Moderne.

 

Image20

 

Les briques offrent une variété de nuances colorées en fonction de la lumière ambiante et des jeux d'ouverture des fenêtres.

 

Image21

 

On remarque des caractéristiques de l'art italien de la Renaissance (les baies arrondies, le mélange de sobriété et de raffinement) et des éléments propres à l'architecture de l'Afrique Sub-Saharienne (la corniche dentelée et les petits édicules dressés vers le ciel).

 

Le lieu a d'abord servi d'écrin à la Bibliothèque d'Art et d'Archéologie du mécène et couturier Jacques Doucet (1853-1929).

 

Il accueille désormais les départements d'Histoire de l'Art et d'Archéologie des Universités Paris IV-Sorbonne et Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

Image22

 

La façade est sublimée par une frise de moulages en terre cuite qui révèlent une riche inspiration antique (égyptienne, grecque et romaine), médiévale et Renaissance. Ils ont été réalisés par la Manufacture de Sèvres.

 

Une belle chimère semble se mouvoir parmi les jeux d'ombre et de clarté.

 


Image23

 

Image24

 

Image25

L'aigle et la couronne, en hommage à la Rome antique, au numéro 3 de la rue Michelet.

 

Image26

 

Image27

 

Image28


Image29

 

Image30

Guirlandes et bucranes

 

Un bucrane est un motif gravé ou sculpté représentant le crâne d'un boeuf ou d'un taureau dont les cornes sont attachées à des guirlandes de feuilles. Traditionnellement utilisé dans les frises de l'Antiquité, il constitue un ornement récurrent à la Renaissance.


 

Image31


Image32

 

Image33

 

Image34

 

 

La Fontaine de l'Observatoire (1867-1874)

 

Image35

 

L'architecte Gabriel Davioud (1823-1881) en fut le concepteur.

 

Quatre jeunes femmes aux lignes dynamiques, réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), évoquent les « Quatre Parties du Monde »: l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique. Notons qu'il manque l'Océanie.

 

Image36

 

Les allégories soutiennent le globe terrestre orné des signes du Zodiaque.

 

Image37

 

Le globe, triomphalement dressé vers le ciel, est l'oeuvre de Pierre Legrain (1889-1929).


 

Image38

 

Les magnifiques chevaux de bronze, associés à des dauphins et à des tortues, ont été sculptés par Emmanuel Fremiet (1824-1910).


Image39

 

 

Image40

 

Image41

 

Des guirlandes mêlant fleurs et coquillages encerclent le piédestal. Elles ont été réalisées par le sculpteur Louis Vuillemot.

 

 

Image42

 

Image43

 

Le programme iconographique de la fontaine couronne avec grâce et puissance la perspective née depuis les grilles du Jardin du Luxembourg.

 

Un bestiaire aquatique accueille les visiteurs dans un tourbillon baroque, même lorsque les bouches des statues sont muettes. Les corps impétueux des chevaux hybrides sont gorgés de vigueur. Les formes sinueuses des dauphins se fondent avec les reflets de l'eau et comme dans un rêve, les tortues semblent flotter à la surface du bassin.

 

Image44

 

Image45

 

Au-delà de la fontaine, l'avenue de l'Observatoire nous attire vers un palais de la connaissance aux lignes épurées. Tourné vers les secrets du ciel et de l'Univers, il clôt la majestueuse perspective mais ceci est une autre histoire...

 

Plume4

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog