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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

neige

Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #chione, #deesse, #dieu, #neige

 

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La neige qui a recouvert le paysage le week-end dernier m'a donné envie de consacrer un billet à sa blancheur onirique et à la déesse de la mythologie grecque Chioné que j'avais évoquée il y a plusieurs hivers.

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Sans oublier le Poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne qui demeure dans nos cœurs et nos pensées... Un poème brodé de séduisante poudreuse, né sous la plume d'une poétesse contemporaine, Corinne Albaut, qui a écrit des « Comptines pour le temps de Noël », publiées chez Actes Sud Junior.

 

Le Bonhomme de Neige

 

Au nord de la Norvège

Vit un bonhomme de neige.

Il n'a pas peur de fondre,

Là-bas, la neige tombe

Pendant de très longs mois,

Il y fait toujours froid.

 

Et le bonhomme de neige,

Bien assis sur son siège,

Regarde les flocons

Voler en tourbillons.

 

Sais-tu ce que j'en pense ?

Il a bien de la chance

Pour un bonhomme de neige

D'habiter la Norvège.

 

Corinne Albaut

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries de nacre et d'argent au gré de sa progression.

 

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Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie « la neige ».

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

 

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

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Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

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Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle pouvait apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant une myriade de belles choses, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Prenez bien soin de vous... Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #gautier, #hiver, #jpg, #neige, #theophile

 

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Le dieu Hiver, Saturne aux Tuileries, (marbre original datant du 18e siècle, visible au Louvre et qui fut remplacé par un moulage en 1993 au Jardin des Tuileries.)

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié... Voici mon choix de poème pour le mardi 7 janvier :

 

Fantaisies d'Hiver de Théophile Gautier

 

Un poème divisé en cinq tableaux, issu de Émaux et Camées, recueil de 37 poèmes composés en octosyllabes et paru en 1852.

 

I

 

Le nez rouge, la face blême,

Sur un pupitre de glaçons,

L'Hiver exécute son thème

Dans le quatuor des saisons.

 

Il chante d'une voix peu sûre

Des airs vieillots et chevrotants ;

Son pied glacé bat la mesure

Et la semelle en même temps ;

 

Et comme Haendel, dont la perruque

Perdait sa farine en tremblant,

Il fait envoler de sa nuque

La neige qui la poudre à blanc.

 

II

 

Dans le bassin des Tuileries,

Le cygne s'est pris en nageant,

Et les arbres, comme aux féeries,

Sont en filigrane d'argent.

 

Les vases ont des fleurs de givre,

Sous la charmille aux blancs réseaux ;

Et sur la neige on voit se suivre

Les pas étoilés des oiseaux.

 

Au piédestal où, court-vêtue,

Vénus coudoyait Phocion,

L'Hiver a posé pour statue

La Frileuse de Clodion.

 

III

 

Les femmes passent sous les arbres

En martre, hermine et menu-vair,

Et les déesses, frileux marbres,

Ont pris aussi l'habit d'hiver.

 

La Vénus Anadyomène

Est en pelisse à capuchon ;

Flore, que la brise malmène,

Plonge ses mains dans son manchon.

 

Et pour la saison, les bergères

De Coysevox et de Coustou,

Trouvant leurs écharpes légères,

Ont des boas autour du cou.

 

IV

 

Sur la mode Parisienne

Le Nord pose ses manteaux lourds,

Comme sur une Athénienne

Un Scythe étendrait sa peau d'ours.

 

Partout se mélange aux parures

Dont Palmyre habille l'Hiver,

Le faste russe des fourrures

Que parfume le vétiver.

 

Et le Plaisir rit dans l'alcôve

Quand, au milieu des Amours nus,

Des poils roux d'une bête fauve

Sort le torse blanc de Vénus.

 

V

 

Sous le voile qui vous protège,

Défiant les regards jaloux,

Si vous sortez par cette neige,

Redoutez vos pieds andalous ;

 

La neige saisit comme un moule

L'empreinte de ce pied mignon

Qui, sur le tapis blanc qu'il foule,

Signe, à chaque pas, votre nom.

 

Ainsi guidé, l'époux morose

Peut parvenir au nid caché

Où, de froid la joue encor rose,

A l'Amour s'enlace Psyché.

 

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Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier, critique d'art passionné par le Chant de l'Esthétisme et de l'Art pour l'Art, magnifie ici l'Hiver de manière sensible et facétieuse. Au carrefour du Romantisme et de la Poésie Parnassienne, il célèbre avec brio la « saison blanche » et s'amuse à nous montrer en mots le paysage transfiguré.

 

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L'Hiver est un royaume assourdi, un univers secret. On s'y promène à fleur de songe, sur les chemins ourlés de givre ou brodés de neige fraîche. J'ai choisi ce poème parce que j'aime explorer les jardins en hiver. Je me réjouis lorsque la Nature se pare de fleurs et de vert mais j'aime aussi les atmosphères hivernales, me plonger dans la lumière de porcelaine qui effleure mystérieusement les matières et contempler vases et statues qui semblent se fondre dans une profonde rêverie.

 

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Glossaire pour Fantaisies d'Hiver

 

Phocion était un général, stratège et orateur athénien, né en 402 et mort en 318 avant J.-C. Cet homme illustre était célèbre pour son opposition à toute vaine rhétorique. Théophile Gautier exprime à travers cette référence, loin de tout jeu linguistique stérile, l'importance de la force créatrice contenue dans les mots.

 

Vénus Anadyomène, « sortie des eaux » ou « surgie des eaux », parée de sa longue chevelure envoûtante. Incarnation mythologique de la Beauté pour les artistes Romantiques et Théophile Gautier.

 

Clodion était le pseudonyme de Claude Michel (1738-1814), sculpteur lorrain très apprécié dans les milieux parisiens de son temps et représentatif du style Rococo. Sa Frileuse connut un grand succès.

 

Nicolas Coustou (1658-1733), neveu du maître Antoine Coysevox (1640-1720) qui créa nombre de sculptures pour les parcs et jardins d'Île de France, fut l'un des plus grands sculpteurs en activité à la fin du règne de Louis XIV et au début du règne de Louis XV. Il a réalisé des marbres sensuels et somptuaires pour le Parc de Marly que je vous ai présenté il y a quelques temps.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-seine-et-la-marne-ete-automne-2019-a173505128

 

 

Et maintenant, un florilège de photos prises avec la joie de butiner les charmes des Tuileries autrement qu'à la verte saison...

 

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Arbres en silhouettes d'hiver...

 

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Certains d'entre eux ont encore des feuilles...

 

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Qu'ils soient nus ou habillés, ils me fascinent !

 

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Ce sont de formidables géants !

 

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Et l'on peut faire de sympathiques rencontres...

 

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Pour se promener à travers l'histoire du jardin...

 

La Ronde des Saisons aux Tuileries...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-ronde-des-saisons-aux-tuileries-a108624238

 

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Je trouve cela magique, un jardin en hiver...

 

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J'avais pris les trois photos ci-dessus l'année dernière et je ne les avais pas publiées. J'ai trouvé qu'elles allaient bien avec le poème de Théophile Gautier... En attendant que peut-être vienne la neige...

 

Gros bisous et pensées chaleureuses !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chione, #deesse, #dieu, #jpg, #neige

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries d'argent au gré de sa progression.

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie la neige.

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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Aurore par © Joséphine Wall

 

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 Déesse de la glace et de la neige, Chioné ou Skadi (divinité nordique du froid) par ©Sébastien Grenier sur DeviantArt.

 

A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle peut apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant de belles journées de février, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #avons, #carrousel, #jardin, #jpg, #neige

 

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La France grelotte et Paris n'est pas en reste, euphémisme ! Mais comme neige, glace et verglas sont des artistes très inspirés, j'ai photographié avec grand plaisir (en tentant de ne pas déraper...) certains lieux transfigurés par cette poésie du froid.

 

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Sans oublier les sans-abris, les personnes précaires et rudement éprouvées par les conditions climatiques, je vous invite à traverser des espaces urbains brodés de blanc.

 

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Je publierai bientôt la suite de ma promenade au Musée Grévin. Accueillons, avec nos âmes d'enfants, ces beautés hivernales !

 

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Nous sommes à Châtelet, devant le terrain d'aventures du jardin Nelson Mandela et souvenez-vous, j'ai publié un billet à ce sujet l'été dernier.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-terrain-d-aventures-de-chatelet-a130949468

 

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Le terrain s'est agrandi. Les enfants s'amusent dans un espace décoré de ballons au pied du nouveau Forum et de sa canopée.

 

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Cet ensemble au riche passé architectural et les monuments qui l'entourent sont encore en travaux. Je n'aborde donc pas l'histoire des lieux (Les Halles, Le Cimetière et la Fontaine des Innocents, La Bourse de Commerce, La Colonne Astrologique de la reine Catherine de Médicis, L'Église Saint-Eustache etc... ) et de toute façon, ce n'est pas le propos de cet article.

 

Vous rappelez-vous cette représentation de notre Terre en matériaux recyclés ? Au mois d'août 2017, je vous l'avais montrée « baignée » de chaleur et la voici brodée de blancheur.

 

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En profitant de la fine lumière et des crépitements de cette neige immaculée, nous cheminons vers les Tuileries dans une atmosphère d'une étrange beauté.

 

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Les Tuileries sont fermées, comme le jardin du Palais-Royal et de nombreux squares et jardins de la capitale, mais le jardin du Carrousel nous accueille.

 

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Un espace ouvert qui se déploie derrière l'arc de triomphe du Carrousel et qui abrite, au cœur d'un labyrinthe, un superbe ensemble de statues signées Aristide Maillol (1861-1944).

 

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 La Nymphe et le bonhomme de neige, sourires !

 

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 Vénus, 1910

 

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 Baigneuse se coiffant, 1910

 

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 Pomone, 1910. Déesse des fruits, émulsion de sensualité et de fécondité...

 

J'ai souvent photographié ces belles et dans quelques temps, je consacrerai un article à leurs formes lisses et épanouies...

 

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 L'Été, 1910

 

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J'ai longuement parlé du thème du Carrousel dans mon article intitulé Le Pont du Carrousel.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-pont-du-carrousel-a79008359

 

Jardin du Carrousel qui jouxte celui des Tuileries, un monde ouvert alors que les Tuileries sont entourées de grilles...

 

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 Pomone drapée, jeune fille allongée et allégorie de la Douleur, 1922, par Aristide Maillol...

 

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Dans le cadre de l'aménagement du Grand Louvre et de la création de la célèbre Pyramide de Ieoh Ming Pei (et des petites pyramides l'accompagnant), le paysagiste belge Jacques Wirtz, maître de l'art topiaire originaire d'Anvers, a conçu, à l'initiative du Président François Mitterrand, un jardin que l'on dit « suspendu sur une dalle, constitué de parterres de buissons d'ifs taillés en éventail, rayonnant à partir de l'arc de triomphe. »

 

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 Arc de triomphe né de la volonté de Napoléon Ier, en 1806, de donner aux Tuileries une entrée monumentale.

 

Conçu par les architectes Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine, en hommage à la campagne d'Austerlitz, il s'inspire de l'arc de triomphe de Septime Sévère à Rome et fut achevé en 1809. Les sujets des bas-reliefs furent choisis par Vivant Denon, dessinés par Charles Meynier et réalisés par de prestigieux sculpteurs néoclassiques comme Pierre Cartellier, Clodion, Claude Ramey etc... Je ne développe pas davantage, je le ferai dans un article pleinement consacré à cet ensemble magistral.

 

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 Vue sur La Nuit, 1909.

 

En ce jardin, en 1965, André Malraux, alors ministre de la Culture a fait installer les 18 statues d'Aristide Maillol, maître de la sculpture et chantre du corps féminin, alchimiste des formes généreuses.

 

Pour Dina Vierny, muse et modèle absolu : « Maillol supprime la narration, s'écarte du romantisme, simplifie les formes, ouvre la voie du silence, abolit le mouvement... »

 

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 Air, 1932, sculpture en plomb, éloge du féminin sacré...

 

Quelques pas plus loin, le jardin des Tuileries est endormi sous la neige, enveloppé de magie blanche...

 

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Vue sur l'un des bassins du Grand Carré créé par André Le Nôtre (1613-1700). Tout est gelé et la Tigresse portant un paon à ses petits, du sculpteur animalier Auguste Cain, 1873, a fière allure...

 

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Il fait très froid et le sol devient de plus en plus glissant malgré le sel qui a été répandu. Il est temps de repartir en faisant preuve de patience...

 

A ce propos, merci aux employés de la Ville de Paris qui ont bien travaillé et qui en ont pris plein la tête dans les médias et les propos de gens passant leur temps à se plaindre dès qu'il fait froid...

 

Et oui, il fait froid, ça s'appelle l'Hiver et nous, humains, devons composer avec les saisons, c'est comme ça depuis la nuit des temps ! Je sais qu'il y a beaucoup de râleurs, des gens qui voudraient faire des procès à la neige parce qu'elle est tombée en abondance et qui reprochent tout et n'importe quoi aux autorités mais quand les conditions climatiques sont rudes, il faut faire avec, c'est comme ça ! Parfois, dans la vie on est bloqué sur une route ou dans une gare. Ce n'est pas « marrant » mais on est parfois obligé de prendre son mal en patience, de passer une nuit quelque part ou de marcher pendant des heures. Cela m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie, je n'ai pas « chouiné » !!!

 

Avec Christophe, nous avons attendu notre RER un certain temps. Nous avions froid, nous en avons laissé passer quelques uns qui étaient trop pleins et nous sommes rentrés fatigués et très tard (de plus, nous avions dû réparer notre chaudière en pleine nuit car nous n'avions plus d'eau chaude...) mais nous n'avons pas râlé en accusant les autres de n'avoir pas bossé... Au regard des sinistrés des crues de la Seine et des gens qui n'ont pas de logement, il faut savoir relativiser. J'ai été excédée d'entendre des gens se plaindre d'être bloqués l'espace d'une nuit. Ce n'est pas drôle mais ça peut arriver alors que ceux qui ont raté un repas du soir ou qui ont dû dormir exceptionnellement dans leur voiture aient un peu de décence ! Je l'ai vécu aussi, dans ma vie, plusieurs fois, je n'en suis pas morte !

 

J'ai entendu les alertes météo dès le dimanche 4 février, les premières saleuses sont intervenues dans la nuit, j'en ai vu dans ma rue alors que certains ont dit que les saleuses n'étaient pas passées. J'ai dit à Christophe lundi matin « tu vas voir, les gens vont prendre leurs bagnoles malgré l'alerte orange, ils vont rester bloqués sur la route et hurler en disant qu'ils ne savaient pas qu'il allait neiger ou que la neige allait drue. Ils vont accuser le gouvernement, la ville de Paris et le Père Noël si ça se trouve !!! » Et bien, je ne m'étais pas trompée...

 

Je salue en revanche les personnes qui ont pris les choses au rythme où elles venaient et qui ont composé avec la situation sans se comporter en enfants gâtés pourris...

 

La neige, ce n'est pas évident mais ça offre aussi de belles choses, ça permet de voir son environnement autrement et de partager de jolis instants avec ceux qu'on aime et cela n'a pas de prix !

 

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En vous souhaitant de belles journées de Février et en vous remerciant de vos petits mots charmants et de votre fidélité, gros bisous !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #mars, #neige, #printemps, # mars

Pour la Carte de France des Paysages tenue par Claudine (Canelle)

image01.jpg Début mars, une printanière douceur régnait sur nos paysages. Aimantées par un soleil généreux, des fleurs délicates avaient jailli de terre. Bourgeons et petits fruits se doraient dans la lumière étincelante mais l'hiver n'avait pas dit son dernier mot...

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 J'ai photographié ces fins crocus, les premiers messagers du printemps, au Jardin des Plantes, le 4 mars 2013.

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Avec les stigmates rouge sang du crocus sativus, on obtient le précieux safran, appelé « or rouge ».

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Au pied des arbres, cette palette de couleurs douces annonçait la venue du printemps mais en l'espace de quelques jours, la neige a repris l'ascendant sur les forces de fécondité.

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Comme aucun bus ne circulait et qu'espérer atteindre Paris en RER était purement illusoire, je me suis promenée autour de mon immeuble, à Sarcelles, dans le Val d'Oise.

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Lundi 11 mars, la couleur du ciel témoignait, dès le réveil, d'une rude offensive du froid.

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Une tempête de flocons avait métamorphosé la ville en un monde figé où les bruits se mêlaient tout doucement.

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image14.jpg   Quelques heures après la prise de cette image, la neige atteignait sur la chaussée une hauteur de vingt centimètres.

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  Une atmosphère un peu inquiétante enveloppait les lieux. L'air crépitait, gorgé de murmures étranges et de chants d'oiseaux assourdis. Le quartier semblait vidé de ses habitants.

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 Dame Pie, sur son arbre perché, dominait le paysage, minuscule dans les hauteurs...

 

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  L'avenue du 8 mai 1945, lieu de passage de notre futur tramway. D'habitude, les embouteillages y sont impressionnants.

 

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L'avenue forme l'axe de communication principal de la ville moderne. Elle est bordée par de nombreux immeubles de bureau et d'habitation. On aperçoit les Labourdettes, grandes tours des années soixante.

  

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 Le vent redoublait d'intensité. Je ne me suis pas aventurée plus loin.

 

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  Les doigts gourds, les joues cramoisies, je suis revenue en direction de mon immeuble devant lequel s'étaient formées des vagues d'une blancheur immaculée.

 

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  J'ai salué, comme à l'accoutumée, le vénérable houx qui se dresse à l'entrée de ma résidence.

 

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Le voici, photographié au tout début de la tempête. Je le contemple plusieurs fois par jour depuis la fenêtre de mon salon et je le considère comme un ami, un ami qui a failli disparaître il y a des années...

 

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En 2004, lors d'une campagne de travaux effectuée sur les parties communes et les espaces verts du quartier, il fut décidé que la végétation locale serait modifiée. J'ai vu avec angoisse disparaître les bosquets et les buissons familiers jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ce houx, mon ami houx dressé au milieu d'un océan de terre retournée! Un matin, quelqu'un s'est approché de lui, une tronçonneuse à la main et je me suis précipitée pour essayer de le sauver.

Quand je suis arrivée en bas, le paysagiste qui dirigeait les travaux venait de suspendre l'intention meurtrière de son employé. Il a fait le tour de l'arbre, observé la qualité de ses feuilles et la vigueur de son écorce. Je l'ai entendu dire à son équipe combien il était rare de trouver, dans les méandres d'une cité, un ilex d'une taille aussi développée. Il a également choisi de planter des houx dans la moitié de la rue.

 

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Les houx constituent des abris privilégiés pour les moineaux. Ils s'y lovent en grand nombre et nous donnent la sérénade dès que le temps le permet!

 

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Les jolies baies rouges, appelées cerises du merle ou cerises du bouvreuil, sont très appréciées par les oiseaux.

 

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Les lutins des légendes celtes et nordiques les récoltent pour confectionner des colliers d'invisibilité.

 

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Devant chaque entrée d'immeuble, les houx forment des carrés verdoyants dans lesquels s'épanouissent des weigelias.

 

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A la fin du printemps, ces arbustes à la floraison abondante nous offrent une myriade de fleurs en clochettes qui peuvent être blanches, roses ou rouges (variété Lucifer).

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Mars est le premier mois du printemps météorologique. Le pouvoir de la végétation s'éveille autour de nous mais la variabilité du temps est extrême. Les plus vives périodes de temps froid, associées à ce mois capricieux, sont appelées « hiver de l'épine noire » car elles coïncident avec la floraison du prunellier sauvage.

 

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Les anciens almanachs regorgent de dictons concernant le mois de Mars. Le regard aimanté par cette neige crépitante, je me suis laissée imprégner par la sagesse et la poésie des mots d'antan.

 

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« Mars avec ses marteaux

Vient frapper à nos portes. »

 

« Veaux de Mars et biquets d'Avril. »

 

« Marteaux », « veaux » et « biquets » désignent les giboulées.

 

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« Mars le fou

Mars n'a pas deux jours pareils. »

 

« Mars bon ou méchant,

Ton boeuf à l'herbe, ton chien dedans. »

 

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 « Fleur marsière

 Ne tient guère. »

 

 « Neige de mars brûle le bourgeon

 Quand il gèle en mars, il gèle autant en mai. »

 

« Des fleurs qui s'ouvrent en mars

On n'en a que le regard. »

 

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« Soit au début, soit à la fin

 Mars nous montre son venin. »

 

 « Au mois de mars, vent fou et pluie,

 Que chacun veille bien sur lui! »

 

 « Pluie de mars grandit l'herbette

 Et souvent annonce disette. »

 

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 « Si mars commence en courroux,

 Il finira tout doux, tout doux. »

 

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 « En mars quand il fait beau

Prends ton manteau. »

 

« Le soleil de mars

 Donne des rhumes tenaces. »

 

« Quand mars se déguise en été

 Avril prend ses habits fourrés. »

 

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  « Pluie de Mars n'engraisse ni oie ni jars. »

 

 « Mars est capable

 De tuer les bêtes à l'étable. »

 

 « Neige de mars vaut un parc (fumier). »

 

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« Mars martèle, Avril coutelle. »

 

 « Autant de gelées en mars,

 Autant de rosées en avril. »

 

 « Brouillard en mars, gelée en mai. »

 

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 « Poussière de mars, poussière d'or. »

 

« Mars venteux

Vergers pommeux »

 

 « Quand le mois de mars est poussiéreux,

 Le bouvier devient orgueilleux. »

 

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 « A mars poudreux,

Avril pluvieux. »

 

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« Ce que Mars couve on le sait toujours

 Après son trente et unième jour. »

 

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« Mars gris, Avril pluvieux

Font l'an fertile et plantureux. »

 

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 « Hâles de Mars, rosées de Mai

Emplissent le grenier. »

 

« Mars pluvieux

An disetteux »

 

 « Si le seigle est sans épis,

 Au mois de mars c'est tant pis! »

 

La pluie qui retarde les cultures de Printemps et diminue leur rendement est réputée malfaisante mais contrairement au paysan, le vigneron se réjouit quand il pleut en mars car la pluie éloigne la gelée et favorise la santé de la vigne.

 

« Quand Mars mouillera

Boire du vin tu récolteras. »

 

La pluie est également bénéfique pour le lin et le chanvre.

 « Quand Mars bien mouillé sera

 Bien du lin se récoltera. »

 

 « Plus les rivières s'enflent en mars,

 Plus les chennevières croissent. »

 

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« S'il gèle à Notre-Dame de Mars (25 mars)

Chaque mois en aura sa part. »

 

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« Le foin manquera et le lait sera rare

 S'il tonne avant Notre-Dame de Mars. »

 

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« A Notre-Dame de Mars

 A bas les veillées. »

 

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Le cycle folklorique des veillées qui commençait, vers le 31 octobre, à la période de Samain/Halloween, s'achève au moment de l'équinoxe de Printemps, Ostara, célébré aux alentours du 21 mars. Les créatures hivernales qui tissaient la peur dans l'esprit de nos ancêtres retournent dans les mondes obscurs. Le Printemps attise la sève et vient colorer la Nature.

 

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« Le 25 mars, le compagnon

Rend la chandelle au patron. »

Ce dicton signifie que l'on peut désormais se coucher sans allumer de bougie. Les êtres dangereux qui hantent l'imaginaire des populations fondent comme neige au soleil.

 

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Vert et blanc, les couleurs de l'Autre Monde, de la magie pure et de la Dame des Forêts dans les croyances celtiques.

 

 

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A l'orée du Printemps, je vous offre cette fleur de cire et cette flamme aux lèvres d'or.

 

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Délicates fantaisies nées sous les doigts de Christophe... Nous partageons la même passion pour les bougies.

 

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Je remercie tous ceux qui m'ont suivie sur mon nouveau blog. Je vous adresse, avec cette rose des neiges, mes pensées les plus douces.

Je souhaite aussi le meilleur des rétablissements aux ami(e)s qui ont glissé sur le verglas ces jours derniers. J'espère que ceux qui se sont fait très mal s'en remettront le plus rapidement possible...

 

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Avec mon amitié!

 

Plume

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