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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bouche, #francois, #fut, #jpg, #maitre

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et LilouSoleil dont le nouveau blog est à l'adresse indiquée ci-dessous.

 

https://lilousoleil.wordpress.com

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Pour le samedi 23 janvier et le samedi 30, le thème proposé par Fardoise est « La Toilette, L'Hygiène ».

 

A travers ce thème, donc, je prends un plaisir immense à vous parler de François Boucher (1703-1770)... Mes amies de toujours savent combien il a d'importance pour moi... C'est grâce à trois peintres : François Boucher (1703-1770), Antoine Watteau (1684-1721) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) que je me suis engagée dans des études d'Histoire de l'Art à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III et que mes passions m'ont amenée à faire un Doctorat.

 

Mon Mémoire de DEA était consacré à François Boucher, via les illustrations des Œuvres Complètes du Théâtre de Molière. Ce fut un travail des plus denses et gratifiants ! Un travail réalisé, ardemment, en DEA et poursuivi, tout aussi ardemment, pendant ma Thèse.

 

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La Toilette, peinte en 1742, est l'une de mes œuvres préférées. Elle appartient à une série de tableaux que François Boucher a consacrés aux différents moments de la journée.

 

Devant une cheminée où crépite un feu vif, une jeune femme vêtue d'une robe blanche et bleue, un déshabillé coquet couleur de ciel, se love dans un univers paré de bibelots et d'objets de confort. Elle vient d'ajuster l'un de ses bas et attache gracieusement sa jarretière en montrant l'intérieur de sa cuisse. Sa dame de compagnie, élégante dans une robe à plis Watteau*, lui tend un petit bonnet très féminin. Un charmant félin joue à ses pieds.

 

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L’œuvre, une délicieuse saynète de boudoir, fourmille de détails et d'ornements (miroir, éventail, pot en porcelaine, balai, chandelle allumée dans un bougeoir d'argent, lettre, soufflet, théière, tasses, oiseau en céramique, tissus, rubans...) On aperçoit les yeux d'un portrait que les spécialistes de Boucher ont attribué à la pastelliste et miniaturiste vénitienne Rosalba Carriera (1673-1757). On se régale du mouvement des étoffes et des drapés agrémentant la scène... Ondes précieuses de tissu qui attirent la lumière et qui offrent aux spectateurs leur énergie colorée.

 

Le thème du « placement du bas et de l'ajustement de la jarretière », particulièrement prisé dans les boudoirs au XVIIIe siècle, résulte d'une vogue lancée par Jan Steen (1626-1679), maître de la peinture hollandaise baroque. Montrer le bas dans son ajustement évoquait l'instant où l'amant, par le biais d'une lettre notamment, viendrait inviter sa belle à ôter ses vêtements pour se livrer aux plaisirs de la chair.

 

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Installer le bas sur sa jambe et serrer la jarretière dans le but de s'en défaire un peu plus tard... Voici le propos de l’œuvre. N'oublions pas que nous sommes au XVIIIe siècle, à l'apogée du Libertinage ! La jeune femme se pare dans la perspective d'être, un peu plus tard, dévêtue.

 

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Animal indissociable de la féminité, le chat, compagnon sensible et voluptueux, est le familier de la jeune femme en son intimité. Il file la métaphore érotique, avec sa pelote et ses babines retroussées. Un chat coquin, facétieux qui évoque la liberté des sens.

 

Sensualité de l’œuvre qui s'exprime à travers le feu brûlant dans la cheminée, le soufflet présent sur l'image et la chandelle en train de brûler. François Boucher tisse le scénario d'une future rencontre amoureuse, scénario qui s'enracine dans l'image de la lettre qui annonce, dans les tableaux du XVIIIe siècle, la venue d'un amant.

 

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Avec sa peau nacrée, sa bouche couleur cerise, sa mouche au coin de l’œil droit, son regard vif et son petit nez mutin, la jeune femme incarne « l'Amoureuse », fraîche et voluptueuse, telle qu'aimaient la représenter les peintres du XVIIIe siècle.

 

*J'évoquais la robe à plis Watteau de la dame de compagnie.

 

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J'apprécie beaucoup ce style de vêtements que l'on retrouve dans les œuvres peintes par le maître Antoine Watteau (1684-1721) dans le cadre de la Fête Galante. François Boucher a très souvent représenté des robes à plis Watteau et des personnages vus de dos, comme les aimait Antoine Watteau.

 

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A travers la myriade de détails qui agrémentent l’œuvre, on savoure des motifs exotiques qui correspondent à la vogue des Chinoiseries. Cela est d'autant plus marqué que François Boucher était un collectionneur passionné d'objets orientaux. Il possédait une magnifique collection de paravents, d'étoffes ornées d'oiseaux, de théières, de vases en céladon, de bibelots en forme de petits personnages et d'oiseaux, de miroirs au cadres ouvragés... Il avait réuni, semble-t-il, près de 800 objets que les collectionneurs s'arrachèrent après son décès.

 

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François Boucher, L'Odalisque après la toilette, une des versions réalisées vers 1743...

 

Artiste prolifique, François Boucher apparut comme le maître de la Peinture Galante, un maître de l'Érotisme sous le règne de Louis XV (1710-1774), témoignant de l'art de vivre à son époque avec une sensualité ardente et un sens du détail qui force l'admiration.

 

Il naquit à Paris et fut initié aux techniques décoratives par son père, Nicolas Boucher, ornemaniste et marchand d’estampes. Âgé de 17 ans, il exerça ses talents chez des maîtres illustrateurs comme François Lemoyne et Jean-François Cars. (Nous voici dans ma Thèse de Doctorat car j'ai collecté, recensé, étudié les dessins réalisés par François Boucher pour la Nouvelle Édition de l’Histoire de France du Père Daniel, en 1722).

 

Peintre d'histoire émérite, François Boucher fut gratifié en 1723 du Premier Prix de Peinture de l'Académie avec « Evilmérodach, fils et successeur de Nabuchodonosor, délivrant Joachim des chaînes dans lesquelles son père le retenait depuis longtemps. »

 

Il voyagea en Italie, étudia à Rome, rencontra le maître Giambattista Tiepolo (1696-1770) et fut agréé, le 24 novembre 1731, peu de temps après son retour à Paris, comme Peintre d'Histoire à l'Académie. Il devint Académicien, le 30 janvier 1734 avec le superbe « Renaud et Armide »...

 

Sa carrière fut des plus prestigieuses. Il devint Professeur en 1737, puis Directeur de l’Académie et il fut nommé Premier Peintre du Roi en 1765. Son rôle, dans les Manufactures Royales de Tapisserie et de Porcelaine, à Aubusson et à Sèvres mais aussi à Versailles, dans la Chambre de la Reine ou encore au Cabinet des Médailles fut majeur.

 

Il fut particulièrement lié avec Madame de Pompadour (1721-1764), à qui il enseigna la Peinture et le Dessin. Une amitié des plus solides les unit ainsi qu'une complicité artistique, un amour du Beau, du Savoir, de la Connaissance partagée.

 

Son épouse, Marie-Jeanne Buseau (Buzeau) (1716-1796), qui était miniaturiste et créatrice de gravures, joua pour lui, souvent, le rôle de modèle. Ils eurent trois enfants prénommés Jeanne-Élisabeth-Victoire (1735), Juste-Nathan (1736) et Marie-Émilie (1740).

 

François Boucher peignit de nombreux Tableaux Historiques, des Séries sur les Saisons et les Heures du Jour, des Pastorales, des Chinoiseries, des Scènes d'Intérieur dans lesquelles il montra son attirance vive pour l'art des peintres néerlandais. Il « gourmanda » dans ses œuvres le corps des femmes, peignant le Désir, le Plaisir, la Nudité avec une audace rieuse. Il réalisa une myriade d'illustrations pour des livres d'histoire, des romans, des recueils de poésie... Il fut un artiste incontournable du temps des Lumières ! Maître du style dit Rocaille ou Rococo.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre de l'artiste décorateur Paul Baudry (1828-1886), intitulée La Toilette de Vénus.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-paul-baudry-la-toilette-de-venus-1858.html

 

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De belles pensées pour vous, chers Aminautes et de gros bisous .

 

Prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chabouille, #fut, #maison, #moret, #raccolet

 

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Retour à Moret-sur-Loing, en Seine-et-Marne, à l'orée de la forêt de Fontainebleau. Après avoir contemplé le monument commémoratif à Alfred Sisley et étudié l'architecture et l'histoire de la Porte Médiévale de Samois, nous allons découvrir la Maison Raccolet, belle demeure de style néogothique, agrémentée de sculptures qui représentent des métiers d'artisans.

 

Et comme nous sommes mardi, j'ai choisi en souvenir de notre aminaute Lady Marianne, un poème de Sully Prudhomme (1839-1907) intitulé Les Vieilles Maisons.

 

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Les Vieilles Maisons

 

Je n’aime pas les maisons neuves :

Leur visage est indifférent ;

Les anciennes ont l’air de veuves

Qui se souviennent en pleurant.

 

Les lézardes de leur vieux plâtre

Semblent les rides d’un vieillard ;

Leurs vitres au reflet verdâtre

Ont comme un triste et bon regard !

 

Leurs portes sont hospitalières,

Car ces barrières ont vieilli ;

Leurs murailles sont familières

À force d’avoir accueilli.

 

Les clés s’y rouillent aux serrures,

Car les cœurs n’ont plus de secrets ;

Le temps y ternit les dorures,

Mais fait ressembler les portraits.

 

Des voix chères dorment en elles,

Et dans les rideaux des grands lits

Un souffle d’âmes paternelles

Remue encor les anciens plis.

 

J’aime les âtres noirs de suie,

D’où l’on entend bruire en l’air

Les hirondelles ou la pluie

Avec le printemps ou l’hiver ;

 

Les escaliers que le pied monte

Par des degrés larges et bas

Dont il connaît si bien le compte,

Les ayant creusés de ses pas ;

 

Le toit dont fléchissent les pentes ;

Le grenier aux ais vermoulus,

Qui fait rêver sous ses charpentes

À des forêts qui ne sont plus.

 

J’aime surtout, dans la grand’salle

Où la famille a son foyer,

La poutre unique, transversale,

Portant le logis tout entier ;

 

Immobile et laborieuse,

Elle soutient comme autrefois

La race inquiète et rieuse

Qui se fie encore à son bois.

 

Elle ne rompt pas sous la charge,

Bien que déjà ses flancs ouverts

Sentent leur blessure plus large

Et soient tout criblés par les vers ;

 

Par une force qu’on ignore

Rassemblant ses derniers morceaux,

Le chêne au grand cœur tient encore

Sous la cadence des berceaux.

 

Mais les enfants croissent en âge,

Déjà la poutre plie un peu ;

Elle cédera davantage ;

Les ingrats la mettront au feu...

 

Et, quand ils l’auront consumée,

Le souvenir de son bienfait

S’envolera dans sa fumée.

Elle aura péri tout à fait,

 

Dans ses restes de toutes sortes

Éparses sous mille autres noms ;

Bien morte, car les choses mortes

Ne laissent pas de rejetons.

 

Comme les servantes usées

S’éteignent dans l’isolement,

Les choses tombent méprisées,

Et finissent entièrement.

 

C’est pourquoi, lorsqu’on livre aux flammes

Les débris des vieilles maisons,

Le rêveur sent brûler des âmes

Dans les bleus éclairs des tisons.

 

Sully Prudhomme, Les Solitudes

 

 

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Située Rue Grande, face à l'Hôtel de Ville, sur la Place du Marché, la Maison Raccolet fut conçue par un Compagnon Menuisier du Tour de France, nommé Pierre Raccolet.

 

L'artiste choisit une demeure du XIXe siècle qu'il transforma selon son goût. Il couvrit la structure de beaux éléments en bois, finement sculptés, de facture néo-gothique. Des fenêtres à meneaux, un grand pignon, des balcons ouvragés, un élégant oriel, une échauguette... Les travaux se terminèrent en 1925.

 

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Pierre Raccolet célébra, à travers sa maison, les demeures du XVe siècle qu'il avait contemplées dans la vieille ville de Rouen, un endroit qu'il aimait beaucoup. Il rendit hommage à des corps de métier comme les menuisiers, les maçons, les forgerons...

 

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A quelques encablures de la Maison Raccolet et de la Place du Marché, aux numéros 28 et 30 de la rue Grande, se dressent des demeures de la Renaissance appelées « Maisons Chabouillé ».

 

Elles appartenaient à Claude Chabouillé qui était « receveur », c'est à dire contrôleur des domaines de Moret et de Melun. Leurs façades sont rythmées par de belles fenêtres à meneaux de pierre, lovées dans des cadres moulurés, d'élégants frontons et des portes soulignées par des pilastres ouvragés.

 

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Des grappes de raisin sculptées sont visibles au numéro 30 ainsi que des chapiteaux agrémentés d'enroulements dits en cornes de bélier. On trouvait en ces lieux le Tribunal du Bailli, un officier de justice royal, sorte de médiateur dont la devise latine était « Concordia res parvae crescunt » soit en français « Par la concorde, les moindres choses progressent. »

 

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La devise

 

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Les enroulements dits en cornes de bélier

 

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A proximité de ces façades Renaissance, on découvre, dans la cour de l'Hôtel de Ville, la Maison ou Galerie François Ier.

 

Lors de notre visite, elle était en restauration et les échafaudages ne permettaient donc pas de prendre correctement ses ornements en photo. J'ai fait comme j'ai pu... Cela donne une idée.

 

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Qualifiée de « fantaisie architecturale », cette maison a une histoire bien particulière. Elle fut construite en 1527 par Nicolas Chabouillé, contrôleur des Finances du Royaume et père de Claude Chabouillé.

 

En 1822, la demeure fut achetée par le général et théoricien militaire Antoine Fortuné De Brack 1789-1850) pour faire plaisir à sa maîtresse, la célèbre comédienne Mademoiselle Mars (1779-1847). Elle fut démontée et amenée jusqu'à Paris où elle fut remontée sur le Cours la Reine, en bordure de Seine. Mais elle ne fut jamais habitée et en 1956, une société immobilière en fit l'acquisition pour un propriétaire qui la fit ramener à Moret-sur-Loing !!!

 

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Elle présente des motifs fleuris, des portraits en médaillons, des angelots et des scènes issues de la mythologie, décrivant des épisodes des Travaux d'Hercule.

 

Je serais heureuse, vous vous en doutez, de pouvoir la prendre en photo après le confinement...

 

Nous poursuivrons dans quelques jours notre promenade à Moret-sur-Loing qui a tant de choses à offrir aux visiteurs de ses ruelles. Nous irons au bord de l'eau pour nous ressourcer... En attendant, laissez-moi vous offrir quelques notes d'automne, butinées dans le fameux kilomètre de balade de confinement !

 

De l'or qui flambe et de la rouille cuivrée dans les arbres, histoire de rêver un peu...

 

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Gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chapeau, #elisabeth, #fut, #jpg, #Lebrun, #paille, #Vigée

 

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Voici le thème proposé pour le samedi 18 et le samedi 25 juillet par Lilou : « Quelques portraits de femmes portant chapeau... »

 

https://lilousol.wordpress.com/2020/07/15/le-tableau-du-samedi-semaine-29-le-theme/

 

 

J'ai choisi pour ce samedi d'explorer l'oeuvre d'une brillante artiste, fille et élève du peintre Louis Vigée, madame Louise Elisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842), qui se spécialisa dans l'art du portrait et croqua avec élégance ses contemporains. Elle immortalisa de séduisantes jeunes femmes, mit à l'honneur des robes légères, des coiffures gracieuses et des décors simplifiés. Sa manière sensible et naturelle anticipa le néo-classicisme. La reine Marie-Antoinette fut sa plus célèbre commanditaire.

 

 

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Autoportrait au chapeau de paille, détail 1

 

Gourmandise esthétique, L'Autoportrait au chapeau de paille offre un jeu subtil entre la fine lumière du jour et la lumière solaire, plus affirmée. Il rend hommage aux maîtres italiens et flamands et directement à une œuvre de Rubens appelée Le Chapeau de paille. L'artiste se représente en pleine nature, sur un fond de ciel moucheté de nuages. Ses cheveux et son visage ne sont pas poudrés. Son décolleté se livre au regard, gorgé de clarté rayonnante. Paré de fleurs des champs et d'une plume d'autruche, le chapeau de paille est à la fois simple et gracieux.

 

Le tableau d'Elisabeth Vigée Lebrun est indissociable de celui de Pierre Paul Rubens (1577-1640), réalisé entre 1622 et 1625. Il s'agit d'un hommage des plus appuyés.

 

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Rubens a représenté Suzanne Fourment, sœur de Hélène Fourment, sa seconde épouse. Elisabeth Vigée-Lebrun adorait ce tableau, un portrait de fiançailles ou de mariage qui met en scène une jeune femme au regard à la fois intense et timide, arborant un chapeau non pas de paille (en dépit du titre de l’œuvre) mais sûrement davantage en feutre. Ce chapeau était dit « en forme de baldaquin » et pour désigner cette forme, on pouvait employer le terme « paille ».

 

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Autoportrait au chapeau de paille, détail 2

 

Le chapeau de l'autoportrait d'Elisabeth Vigée Lebrun est quant à lui, bien en paille. Il connut un franc succès au XVIIIe siècle où il servit d'accessoire privilégié par les élégantes qui se rendaient dans leurs jolies demeures de campagne.

 

On retrouve un chapeau ressemblant dans l’œuvre intitulée Portrait de la duchesse de Polignac, gouvernante des enfants de France (1782).

 

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La Duchesse de Polignac

 

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Autoportrait au chapeau de paille, détail 3

 

Louise-Elisabeth naquit à Paris le 16 avril 1755. Comme je l'écrivais au début de cet article, elle était la fille de Louis Vigée, pastelliste et professeur à l'Académie de Saint-Luc. Sa maman, Jeanne Maissin, issue de la paysannerie, était devenue coiffeuse après son mariage.

 

Elle grandit au couvent, de l'âge de 6 ans à l'âge de 11 ans et montra très tôt des aptitudes pour le dessin et un grand talent pour saisir les traits des personnes qui l'entouraient. Les religieuses s'en offusquèrent mais elle persévéra, dessinant des visages et des paysages partout où elle le pouvait.

Sur les murs, surtout !

 

Elle perdit son père -qu'elle adorait- quand elle n'avait que 12 ans et le chagrin l'accabla tant qu'elle cessa de dessiner mais grâce à un ami de la famille, elle reprit ses activités artistiques. Elle devint l'élève du maître Gabriel Briard dont elle eut vite fait de surpasser les capacités. Elle fut alors « conseillée » par l'un des plus grands artistes de son temps : Joseph Vernet qui l'encouragea à persévérer dans l'art du portrait.

 

Elle connut rapidement le succès, au grand dam des jaloux qui cherchèrent, tout au long de sa vie, à lui mettre des bâtons dans les roues !

 

En 1774, son atelier fut « saisi » par les officiers de police du Châtelet au motif « qu'elle pratiquait son art sans licence ». Elle devint donc postulante à l'Académie de Saint-Luc où elle fut reçue « officiellement » le 25 octobre.

 

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Autoportrait au chapeau de paille, détail 4

 

Âgée de vingt ans, elle s'installa avec sa mère et son jeune frère dans un hôtel particulier que possédait le peintre, collectionneur et marchand d'art Jean-Baptiste Pierre Lebrun.

 

Monsieur Lebrun entreprit de la séduire et elle l'épousa, le 11 Janvier 1776 mais en réalité, il était déjà marié, à l'étranger, et entretenait plusieurs maîtresses ! Sa passion pour les femmes lui fit dilapider, à plusieurs reprises, la fortune familiale mais Elisabeth, malgré ses déconvenues d'épouse, profita des connaissances en art de son mari et de la qualité des collections qu'il avait constituées. Elle mena sa vie comme elle l'entendait, travaillant sans relâche et copiant les grands maîtres pour parfaire sa technique autant qu'elle le pouvait.

 

Ses œuvres furent recherchées par la bonne société de l'époque et elle fut introduite à la Cour par Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, épouse du duc de Chartres. Elle devint portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette dont elle réalisa un portrait en robe de satin avec une rose à la main. Une trentaine de portraits suivirent au fil des années.

 

Louise Elisabeth devint maman d'une petite fille, prénommée Julie, le 12 février 1780 et le 30 mai 1783 elle fut reçue à l'Académie Royale de Peinture avec « La Paix ramenant l'Abondance », une séduisante allégorie.

 

Entre la naissance de sa fille et sa réception à l'Académie Royale, elle voyagea dans les Flandres où elle se livra à une étude approfondie des grands maîtres du Nord et notamment de l'art de Rubens qu'elle admirait au plus haut point.

 

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Autoportrait au chapeau de paille, détail 5

 

Tout au long de sa vie, elle subit des calomnies, accusée d'être la maîtresse d'une infinité d'hommes influents, des hommes dont elle avait réalisé les portraits. Elle fut considérée comme ultra dépensière et brocardée de la manière dont la reine Marie-Antoinette, sans cesse, l'était.

 

La nuit du 6 octobre 1789, elle parvint à échapper, in extremis, à la fureur des foules révolutionnaires, avec sa fille et sa gouvernante, et à se réfugier en Italie. Elle n'eut pas d'autre choix que celui de rester loin de la France et en 1792, elle se rendit à Vienne où elle peignit les portraits de nobles polonais et autrichiens. Elle voyagea ensuite, depuis Prague, jusqu'à Saint-Pétersbourg.

 

Recherchée en France et bien évidemment « introuvable », elle perdit sa citoyenneté. Son mari (qui avait arrangé, depuis des années, son histoire de bigamie) tenta de la faire réhabiliter mais il fut emprisonné et dut se résoudre, en 1794, à divorcer. Pendant ce temps, Elisabeth vécut à Saint-Pétersbourg où elle fut très appréciée par la noblesse russe et la famille Impériale. Elle envoya des toiles au Salon de Paris et au bout de quelques années, grâce au Directoire, elle eut l'autorisation de regagner la France.

 

Elle s'établit à Louveciennes, à proximité de Paris où elle demeura plusieurs années, puis elle s'éteignit dans la capitale, rue Saint-Lazare, en 1842. Elle demeure l'une de nos plus talentueuses portraitistes, femme de caractère, séduisante et sensuelle, qui fut tout autant aimée que brocardée et honnie par des mesquins, jaloux de son talent...

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une jeune femme au chapeau de roses, réalisée par le peintre Albert Lynch (1860-1950).

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-albert-lynch-le-chapeau-de-roses.html

 

 

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Belles pensées pour vous, chers Aminautes ! Que votre été soit agréable et surtout, faites bien attention à vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jpg, #lesbie, #moineau, #petit

 

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MERCI beaucoup pour vos messages...

Retour en douceur avant une nouvelle phase de soins, mon mode « réparation » se poursuit, il faut du temps, j'avance à mon rythme d'escargot limaçon sourires... mais j'avance ! Je fais très attention à mon épaule et aux vertèbres, dès que je sens que ça commence à ne pas aller, je n'insiste pas...

J'écris mes articles petit à petit et c'est Christophe qui les publie. C'est si gentil...

Continuez à bien prendre soin de vous, je pense à vous...

 

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Pour les 6 et 13 juin 2020, le thème proposé par Fardoise est « Nos petits compagnons ». Qu'ils soient Chiens, Chats ou NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie). Un très joli thème, je trouve, alors voici mon choix...

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

 

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Dans un paysage antique, une jeune femme, élégamment vêtue de voiles couleur améthyste, prend soin de son moineau familier. L’œuvre, réalisée par le maître victorien Sir John Edward Poynter (1836-1919), met en scène Lesbia, un personnage plutôt mystérieux de l'histoire de l'art. Cette jeune femme (Lesbia ou Lesbie en français), dont on ne sait que peu de choses, a donné son nom à des tableaux peints par différents artistes.

 

Elle est considérée comme la maîtresse du poète romain Catulle (87-54 av. J.-C.) et comme sa principale source d'inspiration mais qui est-elle vraiment ? La question, au fil des siècles, a souvent été posée.

 

Certains la désignent comme une vision de Claudia, l'épouse aux moeurs libres d'un consul nommé Quintus Metellus Celer. D'autres voient en elle une sorte de double féminin de Catulle voire un nom de plume ou une image de la femme désirée par le poète, en l'occurrence la poétesse grecque Sapphô.

 

Sapphô vivait sur l'île de Lesbos. Elle avait créé une université pour femmes, un lieu plein de liberté et de sensualité où l'on enseignait l'érotisme et l'art de composer de la poésie.

 

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Émanation de la beauté antique, égérie pleine de charme, Lesbia est représentée avec un moineau familier, considéré comme un messager des pensées amoureuses, qu'elle nourrit avec du raisin. Dans le tableau de John Edward Poynter, elle est installée, parmi les roses, dans une exèdre, un lieu propice à la rêverie et à la conversation.

 

Pour des renseignements concernant les exèdres, vous pouvez cliquer sur les liens suivants :

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-exedres-des-tuileries-a79008369

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-propriete-caillebotte-l-exedre-et-l-enfant-a-l-oie-a130536836

 

 

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L'œuvre correspond aux canons esthétiques victoriens de la Beauté. Beauté qui s'enracine dans les grâces idéalisées des mondes antiques et se pare de détails élégants.

 

Les couleurs du tableau sont remarquables. Les artistes victoriens appréciaient les teintes vives et les nuances de pierres fines ou précieuses. Ici, c'est l'améthyste qui est à l'honneur. Une couleur profonde, au charme mystérieux, émanant d'un quartz violet réputé stimuler le potentiel artistique, lutter contre l'ivresse délétère, attiser le feu bénéfique de la créativité et « affiner l'intelligence » aux dires de Léonard de Vinci (1452-1519).

 

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Fils de l'architecte Ambrose Poynter, John Edward Poynter naquit à Paris et grandit en développant ses aptitudes pour les arts (peinture, sculpture, mosaïque) et en faisant des études internationales. Il voyagea à Londres puis à Rome où il se passionna pour les sculptures de Michel-Ange et il revint à Paris où il fut admis dans l'atelier du maître Charles Gleyre (1806-1874).

Fort connu et apprécié en son temps, il fut considéré comme un artiste très talentueux en matière de peinture d'histoire. Doté de nombreuses récompenses, il occupa des postes prestigieux : Directeur du Royal College of Art de 1875 à 1881, Directeur de la National Gallery de 1894 à 1904, Académicien, Président de la Royal Academy en 1896. Il fut anobli, nommé Chevalier en 1896 et Baronnet en 1902. En 1898, il fut gratifié du Titre Honorifique de Personnalité de l'Université de Cambridge.

Ses œuvres sont visibles dans les plus grands musées et l'une de ses mosaïques pare le grand hall du Palais de Westminster.

 

Il aima peindre l'Antiquité comme un Âge d'Or, un monde idéal peuplé d'élégantes héroïnes. Il fut particulièrement remarqué en réalisant un nu voluptueux, une version très sensuelle du personnage d'Andromède qui faillit être censurée mais il fut défendu par le public... J'adore cette toile mais ne nous éloignons pas du thème du jour, revenons à Lesbia et à son moineau. Comme je l'écrivais plus haut, Lesbia garde une importante part de mystère ce qui plaisait aux artistes victoriens. Elle fut plusieurs fois représentée et demeure célèbre ainsi que le petit oiseau qui se pose sur d'elle.

 

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Dans la Rome Antique, le moineau était consacré aux divinités protectrices du foyer. Petit oiseau vif et industrieux, il était considéré comme un porteur de nouvelles, un gentil chuchoteur... apportant la voix des dieux et des esprits aux humains susceptibles de les écouter.

 

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des Symboles, des Mythes et des Légendes publié chez Hachette Livre, en 2000 :

 

« Il en existe plusieurs espèces, mais on rencontre plus fréquemment le moineau domestique - que l'on peut qualifier de métropolitain, tant il fait désormais partie intégrante du décor citadin - et le moineau dit friquet - qui tient son nom de l'ancien français frique, qui signifiait à la fois "avide" et "entreprenant". On trouve ce dernier dans les campagnes exclusivement car contrairement à son frère jumeau, il a besoin de verdure. Toutefois, d'aspect, l'un et l'autre se ressemblent comme deux gouttes d'eau, et leurs mœurs sont également semblables, si ce n'est que le premier niche sous les fenêtres ou les gouttières des maisons ou des édifices, dans les anfractuosités des murs, parfois même sur les cheminées, comme les cigognes, tandis que le second préfère les trous des arbres où le mâle et la femelle confectionnent un nid de paille et de racines. Leur nichée est composée de 4 à 6 œufs. Dans les villes comme dans les campagnes, le moineau, quelle que soit son espèce, est l'ami précieux des hommes, puisqu'il se nourrit exclusivement d'insectes.

 

Ce petit oiseau familier, omniprésent dans nos villes et nos campagnes, l'était déjà chez les Romains, qui l'associèrent aux divinités protectrices et domestiques de leur foyer et de leur garde-manger, sans doute parce qu'il protégeait leur nourriture des insectes. »

 

Dans le monde chrétien, le moineau, « moinnel » ou « moisnel », fut hélas imprégné d'une symbolique négative. Aimé dans l'ancienne Rome où il incarnait le messager des dieux Lares et Pénates, il fut perçu comme maléfique, accusé d'avoir été conçu par le Diable et désireux d'apporter la mort dans une habitation ! Le Christianisme accusa le moineau d'avoir été insensible lors de la Crucifixion de Jésus... Il aurait dit, avec une voix humaine, « il vit, il vit ! » Ainsi, le supplice du Christ aurait duré plus longtemps à cause du petit moineau !!!

 

Le moineau fut également accusé d'avoir révélé la présence du Christ dans le Jardin des Oliviers. Il serait donc un méchant délateur... Décidément, pauvre petit oiseau !

 

Il est réputé sautiller car pour le punir, Dieu lui aurait attaché les pattes avec un lien invisible, l'empêchant de pouvoir se mouvoir aussi librement qu'il le voudrait. Dans une optique chrétienne, il fut donc perçu comme malveillant, portant malheur et insufflant la lubricité alors que dans une vision païenne, il apporte les bonnes nouvelles, préserve les secrets et se présente comme le messager de l'amour... Il offre aussi des connaissances à celles et ceux qui écoutent son chant.

 

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Au Moyen-Âge, on aurait pu penser que vu son nom « moineau », il serait apprécié à l'instar d'un « petit moine » or ce fut le contraire. Si son plumage évoque, d'une certaine manière, le vêtement monacal, l'étymologie de son nom est plutôt liée au monde des moissons... « Moisnel » viendrait de « Muissun » : « monde agricole », « temps des moissons ». On évoquait jadis « la part des moineaux » au temps des semailles dans les champs. On lançait des grains de blé aux quatre coins cardinaux pour attirer la protection et favoriser de futures récoltes luxuriantes.

 

Le moineau apparut bien souvent comme un compagnon des sorcières, un familier pour les jeunes femmes jugées trop « libres » et coupables de cultiver leur sensualité plutôt qu'un mode de vie vertueux. On retrouve à travers cette croyance le lien avec le personnage de Lesbia, jeune femme séduisante et dont l'esprit était riche de connaissances variées.

 

En Bretagne mais aussi en Russie et dans d'autres contrées, le folklore prévient de ne pas tuer un moineau sous peine d'apporter le malheur dans le foyer, de ne plus recevoir de nouvelles d'un être cher et de détruire un arbre. Ainsi, l'esprit de l'arbre chercherait à obtenir vengeance et seul un sort puissant pourrait venir à bout d'un tel danger.

 

Il ne faut pas non plus manger la chair du moineau sous peine de souffrir de fièvre luxurieuse.

 

Le Moyen Âge chrétien et la Renaissance n'aimèrent pas le moineau... Il fut plus apprécié à partir du XVIIe siècle et surtout au XVIIIe siècle où il apparut comme l'un des symboles du désir amoureux. On croyait aussi qu'il pouvait refuser de prendre des miettes de pain dans la main d'un menteur ou d'un intrigant.

 

Le moineau est associé au folklore de la Saint-Valentin. Déprécié par les uns, il fut apprécié par les amants et la proximité d'un nid de moineaux près de la maison de jeunes mariés était réputée leur apporter chance et bonheur.

 

Comme on peut le constater, le moineau en Occident bénéficie d'une image ambivalente. En revanche, au Japon, le moineau est un oiseau symboliquement très positif. Il évoque le bonheur familial, les plaisirs de l'amitié. Il représente les instants joyeux que l'on partage avec ses proches. Gentil, sociable et gai, il apporte la prospérité, transporte les vœux dans les mondes célestes, il est considéré comme un guide protecteur à travers les méandres de l'existence.

 

Les moineaux sont liés à des présages météorologiques :

S'ils chantent la nuit, cela peut réveiller le vent du Nord.

Quand ils se cachent dans les haies, cela annonce l'orage.

S'ils leurs plumes se replient brusquement, la gelée du jour d'après sera forte.

S'ils émettent des cris perçants en volant au-dessus des maisons, la pluie ne tardera pas à venir...

 

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J'ai pris grand plaisir à vous parler de « Lesbia et de son moineau » et sur La Chimère écarlate j'ai choisi un autre familier à plumes, en l'occurrence une chouette avec un tableau de Val Prinsep (1838-1904) intitulé « The Owl ».

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/06/le-tableau-du-samedi-valentine-cameron-prinsep-the-owl-la-chouette-1863.html

 

 

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Je vous souhaite un excellent mois de Juin avec de belles pensées et de tendres bouquets pour nos Mamans...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #fut, #jpg, #poeme, #venus

 

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A proximité des Champs-Élysées, dans un joli carré de nature où s'épanouissent arbres et fleurs, se dresse une fontaine couronnée par une statue de la déesse Vénus. Rêveuse et sensuelle, élégante et à demi-dénudée, elle apprête sa longue chevelure.

 

Elle me plaît tout particulièrement pour illustrer le Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime partager avec vous, en souvenir de Lady Marianne qui manque beaucoup à ses ami(e)s de la blogosphère...

 

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J'ai choisi, pour ce mardi 12 mai, un poème de Guillaume Apollinaire (1880-1918), issu du recueil intitulé « Poèmes à Lou ». Des mots qui célèbrent un immense amour, incarné par Louise de Coligny-Châtillon (1881-1963) qui fut l'une des premières aviatrices françaises.

 

« Ô mon très cher amour, toi mon œuvre et que j'aime,

A jamais j'allumai le feu de ton regard,

Je t'aime comme j'aime une belle œuvre d'art,

Une noble statue, un magique poème.

 

Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.

Je te crée à jamais pour qu'après mon départ,

Tu transmettes mon nom aux hommes en retard

Toi, la vie et l'amour, ma gloire et mon emblème;

 

Et je suis soucieux de ta grande beauté

Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:

C'est moi qui l'ai conçue et faite toute entière.

 

Ainsi, belle œuvre d'art, nos amours ont été

Et seront l'ornement du ciel et de la terre,

O toi, ma créature et ma divinité ! »

 

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En septembre 1914, Apollinaire rencontra Louise et s'éprit d'elle follement. Les deux amants s'aimèrent à Nice, passionnément et Louise devint la muse et la déesse du poète qui s'engagea dans l'armée.

 

Apollinaire continua d'écrire à Louise depuis le front où il était artilleur. Exaltant la fièvre de leurs sentiments, il lui dédia des poèmes profondément érotiques qui se heurtèrent aux mœurs prudes de la société de l'époque. À travers Louise, il exalta la femme charnelle, l'amour physique lié à la déesse Vénus, l'Aphrodite des temps anciens, déité de tous les plaisirs...

 

Vénus guida la plume du poète à travers une autre série de correspondances épistolaires enflammées dédiées à Madeleine Pagès (1892-1965) qui fut la fiancée d'Apollinaire...

 

 

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La fontaine de Vénus ou fontaine des Ambassadeurs (nommée ainsi en souvenir du Café des Ambassadeurs, établissement célèbre dans le Faubourg Saint-Honoré au XVIIIe siècle où évoluaient de nombreux diplomates étrangers) apparaît parmi les arbres, près de l'Espace Cardin que j'évoquerai davantage dans un autre billet.

 

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Appuyée sur un piédestal paré de coquillages, la déesse jaillit parmi les roseaux, dominant une vasque décorée de feuillages, d'oves, d'entrelacs et de douze mascarons en forme de têtes de lions. Elle vient de prendre son bain et prend soin de sa longue chevelure.

 

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Elle fut réalisée, en 1840, par Francisque-Joseph Duret (1804-1865), l'auteur du superbe groupe sculpté intitulé « Saint-Michel affrontant le Démon » qui décore la fontaine Saint-Michel au cœur du Quartier Latin.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-saint-michel-a107259126

 

Francisque-Joseph Duret fut l'un de nos plus grands sculpteurs. Élève de son père, le sculpteur François Joseph Duret (1732–1816), et du maître François Joseph Bosio (1768-1845), il devint, en 1823, Premier Prix de Rome et fut ensuite sollicité pour de nombreuses commandes publiques. Il créa des œuvres majestueuses, inspirées de l'Antiquité Gréco-Romaine et des arts florentins de la Renaissance, pour le Louvre, l'Hôtel de Ville de Paris, le Palais de Justice, le Palais de la Bourse, le Théâtre Français… Il enseigna à l'École des Beaux-Arts à partir de 1852 et forma une myriade d'élèves talentueux qui acquirent la célébrité comme Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Jules Dalou (1838-1902), Henri Chapu (1833-1891)...

 

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Nous devons l'architecture de la fontaine à Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867), le concepteur des fontaines de la Place de la Concorde, de l'aménagement de la Place incluant l'installation de l'Obélisque, de nombreux immeubles de la rue de Rivoli, d'avenues somptuaires et de la Gare du Nord...

 

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La vasque dominée par la déesse Vénus est soutenue par quatre dauphins qui représentent les forces aquatiques, la luxuriance et la fécondité.

 

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Delphinos, dans la mythologie de la mer, est l'un des familiers d'Aphrodite/Vénus et aussi l'ami, le confident d'Amphitrite, l'épouse de Poséidon, le seigneur des flots.

 

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Nous devons les ornements en bronze de la fontaine à François-Étienne Calla (1762-1836) qui fut l'un des plus importants fondeurs d'art de notre pays. Grand industriel, inventeur et mécanicien émérite, il établit à Paris d'impressionnants ateliers dédiés à la construction de machines-outils et de machines à vapeur. Il réalisa des fontes ornementales pour de prestigieux monuments de la capitale : Le Panthéon, l'église de la Madeleine, les fontaines de la promenade des Champs-Élysées, la fontaine Louvois face à la Bibliothèque Nationale Richelieu...

 

Les ornements signés Calla sont considérés comme des trésors architecturaux.

 

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Je vous laisse en compagnie de la séduisante Vénus/Aphrodite et vous souhaite de très belles journées de Mai... J'espère pour nous de la sérénité et que nous puissions respirer dans des endroits où règne de l'espace... Profitons bien des petits bonheurs qui s'épanouissent et merci à vous pour les gentils messages !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chenier, #fut, #jpg, #nymphe, #vers

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne...

 

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J'ai choisi un poème d'André Chénier, « Invocation à la Poésie ». La Poésie, fille de l'Inspiration, y est perçue comme une Nymphe, esprit de fécondité, médiatrice entre le monde humain et celui des dieux.

 

J'illustre ce billet avec des photos d'une statue appelée « La Nymphe », visible au Jardin des Tuileries. Photos prises au fil des saisons et que je n'avais pas encore publiées.

 

« Nymphe tendre et vermeille, ô jeune Poésie !

Quel bois est aujourd’hui ta retraite choisie ?

Quelles fleurs, près d’une onde où s’égarent tes pas,

Se courbent mollement sous tes pieds délicats ?

Où te faut-il chercher ? Vois la saison nouvelle :

Sur son visage blanc quelle pourpre étincelle !

L’hirondelle a chanté ; Zéphyr est de retour :

Il revient en dansant ; il ramène l’amour.

L’ombre, les prés, les fleurs, c’est sa douce famille,

Et Jupiter se plaît à contempler sa fille,

Cette terre où partout, sous tes doigts gracieux,

S’empressent de germer des vers mélodieux.

Le fleuve qui s’étend dans les vallons humides

Roule pour toi des vers doux, sonores, liquides.

Des vers, s’ouvrant en foule aux regards du soleil,

Sont ce peuple de fleurs au calice vermeil.

Et les monts, en torrents qui blanchissent leurs cimes,

Lancent des vers brillants dans le fond des abîmes. »

 

André Marie de Chénier (1762-1794)

 

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Esprit brillant, André Marie de Chénier réussit haut la main ses études littéraires classiques au prestigieux Collège de Navarre à Paris. La poésie fit palpiter son âme, inspirée par sa enfance voyageuse... Il naquit à Constantinople (sa mère était grecque, son père français) et fut élevé, entre légendes et histoires locales, dans la cité de Carcassonne.

 

Il aima profondément la littérature antique et la mythologie gréco-romaine. Il commença à écrire très tôt et, suite à un chagrin d'amour et une tentative inaboutie de carrière dans l'armée, il reprit ses habitudes de voyageur, explorant les beautés de l'Italie et les paysages emblématiques de la Suisse. Il fut par la suite journaliste et philosophe et devint un auteur incontournable du Journal de Paris. Désireux de sauver le roi Louis XVI (1754-1793), il s'impliqua dans sa défense auprès du magistrat Malesherbes (1721-1794).

 

Ses opinions monarchiques et sa tentative d'aider le roi le mirent en danger. Il dut fuir Paris pendant l'été 1792 et fut arrêté à Passy, le 7 mars 1794. On l'expédia à la prison Saint Lazare où il fut condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire. Il fut guillotiné à Paris le 7 Thermidor de l’an II (25 juillet 1794) à l’âge de 31 ans.

 

Il est toujours considéré comme l'un de nos plus grands poètes...

 

 

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Beauté de marbre, la Nymphe des Tuileries fut sculptée en 1866 par Louis Auguste Lévêque (1814-1875) et installée en 1872 à proximité du Louvre et du Jardin du Carrousel. Commandée par Napoléon III (1808-1873), elle s'est parée des traits de l'impératrice Eugénie de Montijo (1826-1920).

 

Elle a été photographiée par Eugène Atget (1857-1927), vers 1905.

 

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La photo se trouve au Musée Carnavalet, musée de l'histoire de la ville de Paris.

 

Cette Nymphe, émanation de l'impératrice Eugénie, est représentée en train de regarder son chien, un braque, en train de boire dans un plan d'eau imaginaire. (Il serait bien qu'on lui refasse des mains, la pauvre!)

 

 

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Vous apprécierez sûrement ce beau toutou accompagnant sa maîtresse et si la Symbolique du Chien en Orient et aussi en Occident vous intéresse, j'ai écrit il y a quelques temps un article à ce sujet.

 http://chimereecarlate.over-blog.com/2019/02/de-l-annee-du-chien-a-l-annee-du-cochon-entre-orient-et-occident-un-passage-riche-de-symboles.html

 

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 La Nymphe, pendant l'hiver 2019... Dans sa blancheur marmoréenne, en résonance avec les nacres de la neige.

 

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Merci pour vos gentils messages,

 

Belles pensées pour vous et ceux que vous aimez, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #emile, #fut, #jpg, #verhaeren

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

C'est un chant magique, tissé d'émotions vives que fait palpiter, sur les mues de la page blanche, la plume magistrale d'Émile Verhaeren. Ardentes et subtiles, ses images me happent et sa musicalité m'attire, entre deux mondes, auprès des créatures issues de l'onde chimérique. Ce Chant de l'Eau, sous l'obédience de l'envoûtante Mélusine, est l'un de mes poèmes préférés !

 

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« L'entendez-vous, l'entendez-vous

Le menu flot sur les cailloux ?

Il passe et court et glisse

Et doucement dédie aux branches,

Qui sur son cours se penchent,

Sa chanson lisse.

 

Là-bas,

Le petit bois de cornouillers

Où l'on disait que Mélusine

Jadis, sur un tapis de perles fines,

Au clair de lune, en blancs souliers,

Dansa ;

Le petit bois de cornouillers

Et tous ses hôtes familiers

Et les putois et les fouines

Et les souris et les mulots

Écoutent

Loin des sentes et loin des routes

Le bruit de l'eau.

 

Aubes voilées,

Vous étendez en vain,

Dans les vallées,

Vos tissus blêmes,

La rivière,

Sous vos duvets épais, dès le prime matin,

Coule de pierre en pierre

Et murmure quand même.

Si quelquefois, pendant l'été,

Elle tarit sa volupté

D'être sonore et frémissante et fraîche,

C'est que le dur juillet

La hait

Et l'accable et l'assèche.

Mais néanmoins, oui, même alors

En ses anses, sous les broussailles

Elle tressaille

Et se ranime encor

Quand la belle gardeuse d'oies

Lui livre ingénument la joie

Brusque et rouge de tout son corps.

 

Oh! les belles épousailles

De l'eau lucide et de la chair,

Dans le vent et dans l'air,

Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;

Et les baisers multipliés du flot

Sur la nuque et le dos,

Et les courbes et les anneaux

De l'onduleuse chevelure

Ornant les deux seins triomphaux

D'une ample et flexible parure ;

Et les vagues violettes ou roses

Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent

Autour des flancs, autour des reins ;

Et tout là-haut le ciel divin

Qui rit à la santé lumineuse des choses !

 

La belle fille aux cheveux roux

Pose un pied clair sur les cailloux.

Elle allonge le bras et la hanche et s'inclina

Pour recueillir au bord,

Parmi les lotiers d'or,

La menthe fine ;

Ou bien encor

S'amuse à soulever les pierres

Et provoque la fuite

Droite et subite

Des truites

Au fil luisant de la rivière.

 

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,

Elle s'étend ensuite et rit et se recouche,

Les pieds dans l'eau, mais le torse au soleil ;

Et les oiseaux vifs et vermeils

Volent et volent,

Et l'ombre de leurs ailes

Passe sur elle.

 

Ainsi fait-elle encor

A l'entour de son corps

Même aux mois chauds

Chanter les flots.

Et ce n'est qu'en septembre

Que sous les branches d'or et d'ambre,

Sa nudité

Ne mire plus dans l'eau sa mobile clarté,

Mais c'est qu'alors sont revenues

Vers notre ciel les lourdes nues

Avec l'averse entre leurs plis

Et que déjà la brume

Du fond des prés et des taillis

S'exhume.

 

Pluie aux gouttes rondes et claires,

Bulles de joie et de lumière,

Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,

Car tout l'automne en deuil

Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.

Son flot rechante au long des berges recourbées,

Parmi les prés, parmi les bois ;

Chaque caillou que le courant remue

Fait entendre sa voix menue

Comme autrefois ;

Et peut-être que Mélusine,

Quand la lune, à minuit, répand comme à foison

Sur les gazons

Ses perles fines,

S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,

Et, suivant que le flot anime sa cadence,

Danse encor

Et danse. »

 

Émile Verhaeren

 

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Biographie

 

Émile Verhaeren (1855-1916) est un artiste belge flamand d'expression française, né dans le petit village de Saint-Amand (Sint-Amands), sur le fleuve Escaut, à la lisière de la Province d'Anvers.

 

 

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Passionné par les grandes questions sociales de son temps, il aima profondément le Naturalisme et fut l'un des maîtres flamboyants du Symbolisme en littérature. Soucieux des gens et imprégné par les idées de l'Anarchisme, il publia un grand nombre d’œuvres dans la presse Libertaire.

 

Issu d'un milieu aisé, (ses parents, Henri Verhaeren et Adélaïde De Bock, étaient commerçants dans le domaine du textile), Émile Verhaeren décrivit avec un mélange de Réalisme et de Lyrisme les atmosphères de la grande ville et son opposé tout aussi envoûtant, la campagne.

 

Esprit brillant, il fut poète, dramaturge, critique d'art et auteur de récits dans la veine symboliste. Lié avec des artistes issus du Symbolisme et du Néo-Impressionnisme, il apparut comme l'un des « découvreurs » des peintres Fernand Khnopff (1858-1921), le maître de l'énigme et James Ensor (1860-1949).

 

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Émile Verhaeren nourrit des liens privilégiés avec de nombreux peintres célèbres (Paul Signac, Maximilien Luce, Dario de Regoyos, Willy Schlobach, William Degouve de Nuncques, Théo Van Rysselberghe...) et des écrivains (André Gide, Stéphane Mallarmé, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Albert Mockel...). Il fut, dans les années 1883-1899, l'un des principaux rédacteurs de la revue L’Art Moderne.

 

Une femme compta particulièrement dans sa vie : il s'agissait de Marthe Massin (1860-1931), une artiste originaire de Liège. Quand Émile Verhaeren la rencontra, il pensait rester vieux garçon mais il eut un coup de foudre et sentit que l'influence de Marthe sur sa vie artistique ne pouvait que lui être bénéfique. Ils se marièrent en août 1891, n'eurent pas d'enfant et s'aimèrent jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, Émile Verhaeren composa des poèmes pacifistes, s'insurgeant contre la folie des hommes et il dut se réfugier en Angleterre où il lutta à sa manière en écrivant « Les Anthologies Lyriques », constituées de « La Belgique sanglante », « Parmi les Cendres » et « Les Ailes rouges de la Guerre ».

 

De toutes ses forces, il essaya, au cours de conférences à succès, de renforcer les liens d'amitié entre la Belgique, la France et l'Angleterre et c'est dans ce contexte qu'il connut une fin tragique...

 

Venu donner une conférence à Rouen, il fut poussé accidentellement sous un train, le 27 Novembre 1916, par la foule qui s'était amassée. Ses derniers mots auraient été, d'après la légende populaire, « Ma Femme, ma Patrie »...

 

Le gouvernement français souhaita faire transférer son corps au Panthéon mais sa famille refusa. Sa dépouille fut placée au cimetière militaire d'Adinkerque puis au cimetière de Wulveringem, à Furnes, dans la Région Flamande et enfin, en 1927, elle rejoignit le village natal de Saint-Amand où fut créé, en 1955, le musée provincial Émile Verhaeren.

 

 

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Pour célébrer son Chant de l'Eau, j'ajoute un petit florilège de photos prises au gré de mes promenades.

 

Pour le plaisir d'une rêverie...

 

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Belles pensées avec ce Chant de l'Eau, chers Aminautes...

 

Prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #aengus, #cygne, #dieu, #fut, #jpg, #Prudhomme, #Sully

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi... avec des pensées pour Lady Marianne.

 

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Frayer sur l'onde aquatique en compagnie d'un si bel oiseau... C'est une invitation au voyage poétique !

 

Pour le mardi 28 janvier, j'ai choisi ce poème de Sully Prudhomme dont les mots glissent, aussi soyeux que des plumes de cygne, sur nos lacs imaginaires...

 

« Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,

Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil

À des neiges d'avril qui croulent au soleil ;

Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,

Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.

Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,

Le plonge, le promène allongé sur les eaux,

Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,

Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.

Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,

Il serpente, et laissant les herbages épais

Traîner derrière lui comme une chevelure,

Il va d'une tardive et languissante allure ;

La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,

Et la source qui pleure un éternel absent,

Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule

En silence tombée effleure son épaule ;

Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,

Superbe, gouvernant du côté de l'azur,

Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,

La place éblouissante où le soleil se mire.

Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,

À l'heure où toute forme est un spectre confus,

Où l'horizon brunit, rayé d'un long trait rouge,

Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,

Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit

Et que la luciole au clair de lune luit,

L'oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflète

La splendeur d'une nuit lactée et violette,

Comme un vase d'argent parmi des diamants,

Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments. »

 

Sully Prudhomme (1839-1907), Le Cygne, poème issu du recueil « Les Solitudes » paru en 1869.

 

 

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-René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme ou Sully-Prudhomme (1839-1907), fut un poète et un philosophe très apprécié en son temps, premier lauréat du prix Nobel de Littérature, en 1901.

 

-Désirant devenir ingénieur mais obligé d'arrêter ses études scientifiques en raison de problèmes oculaires, il fut diplômé en droit et travailla chez un notaire. Sa vocation littéraire fut encouragée par son appartenance à une société étudiante : « La Conférence La Bruyère » où la lecture de ses poèmes reçut un bel accueil.

 

-Le critique littéraire et écrivain Romantique Charles Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) salua la qualité de son premier recueil, intitulé Stances et Poèmes et publié en 1865.

 

-Sully Prudhomme écrivit de nombreux poèmes dans la veine du Parnasse puis il se consacra avec vigueur à la philosophie.

 

-Il fut élu membre de l'Académie française en 1881 et, le 10 décembre 1901, il devint le premier auteur à recevoir le Prix Nobel de Littérature. Avec l'argent dont il bénéficia, il fonda un prix de poésie et s'employa à encourager les jeunes écrivains.

 

-En 1902, il créa la Société des poètes français avec ses amis Léon Dierx et José-Maria de Heredia. Généreux et sensible, écœuré par les injustices, il fut l'un des premiers partisans de Dreyfus et donna cours, tout au long de sa vie, à sa passion pour les arts. De santé très fragile, il ne se maria jamais et n'eut pas d'enfants. Il mourut le 6 septembre 1907 après une longue série d'attaques de paralysie. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

 

 

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Incarnation de la beauté, de la pureté, de l'élégance, le Cygne en sa blancheur glisse sur le miroir des eaux et représente l'harmonie pour de nombreuses civilisations. Il est également perçu comme un symbole d'amour éternel. En effet, le cygne est monogame et grâce à son long cou doté de 24 vertèbres souples, quand il s'approche d'un cygne aimé et que leurs becs se touchent, leurs silhouettes forment un cœur.

 

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©Kirt Reinert

 

Le cygne est par excellence une créature du Sidh ou Sidhe, l'Autre Monde Celtique. Lié au Sidh de manière subtile, il est un enchanteur et le passager d'un univers magique qui se compose de territoires associés à la sylve et d'espaces aquatiques mystérieux.

 

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Les habitants du Sidh se métamorphosent pour se rendre dans le monde humain ou pour en revenir et plusieurs d'entre eux choisissent, à cet égard, de revêtir l'apparence du cygne. Ainsi, les femmes cygnes des mondes celtiques et nordiques sont-elles de puissantes enchanteresses, des prophétesses et des gardiennes des secrets offerts par les dieux.

 

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©Kirk Reinert

 

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En Irlande, le thème magique du cygne est inhérent à la légende des filles du roi Llyr. En Scandinavie, dans la chanson mythique du forgeron Volund, le héros éponyme épouse une femme cygne et ses frères s'unissent à des femmes cygnes que l'on peut assimiler à des Walkyries.

 

Les Femmes Cygnes, les Bansidh (messagères du Sidh), les Walkyries sont des entités liées au Destin. Au service d'Odin, le seigneur des dieux nordiques, elles survolent les champs de bataille et attirent les âmes des guerriers les plus valeureux pour les emmener au Walhalla, la halle des héros afin qu'ils participent au Ragnarök, le Crépuscule des Puissances.

 

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Les jeunes femmes cygnes, 1894, par Walter Crane (1845-1915)

 

Les Walkyries (Valkyrja en vieux norrois), « celles qui désignent ceux qui sont occis », ont souvent un corps de cygne et peuvent reprendre à leur guise forme humaine. Ce corps se nomme âlptarhanni : « chemise de cygne ».

 

Souvent, dans les mondes du Nord, un héros rencontre un dieu ou une déesse qui a pris la forme d'un cygne. C'est le cas de Bran, héros voyageur irlandais qui, dans le Voyage ou l'Épopée de Bran, fait la connaissance du dieu de la mer Manannán Mac Lir, doté de plusieurs apparences animales. Il est tour à tour cygne blanc, dragon, loup, cerf aux cornes d'argent, phoque et saumon tacheté...

 

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Dans l'Antiquité gréco-romaine, le cygne est l'oiseau familier de Léda, fille du roi Thestios d'Etolie. Considérée comme « la plus belle femme de Grèce », elle fut aimée de Zeus qui vint à elle sous l'apparence d'un cygne. Elle fut la mère des Dioscures, les jumeaux divins Castor et Pollux.

 

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Léda et le Cygne par Léonard de Vinci (1452-1519), vers 1515-1516.

 

Oiseau du Passage, le Cygne est lié aussi bien à la Lune qu'au Soleil. Symbole alchimique, il représente la puissance de transformation du Mercure Primordial, il est « positif » mais pour les Chrétiens, le cygne est beaucoup plus ambivalent. Il est l'emblème du Christ qui agonise sur la croix, ce qui l'associe à la lumière céleste et il est également considéré comme une image des faux dévôts. Le cygne était rejeté du Paradis en raison de l'importance qu'il possédait dans les anciens mondes païens. Pour les chrétiens, les enchanteresses du Nord n'étaient que de viles sorcières et le cygne, un oiseau capable d'apporter la damnation !

 

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Sous son aspect solaire, le cygne est l'attribut des dieux Apollon et Balder. Dans la mythologie gréco-romaine, Apollon est le Soleil, le dieu de la divination, de la musique, des arts et des archers, le frère jumeau de Diane/Artémis, la Lune et Balder, fils d'Odin (seigneur des dieux) et de Frigg (maîtresse de la fécondité), dans la mythologie nordique, est le dieu de la jeunesse et de la lumière.

 

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Revenons à sa symbolique pré-chrétienne. J'aime particulièrement la légende d'Aengus, le dieu irlandais de l'Amour, des Songes et de la Beauté.

 

Aengus (Oengus ou Mac Oc), le fils du dieu suprême Dagda, avait vu le jour en Irlande, à NewGrange, dans le Comté de Meath et fut élevé parmi les Tuatha Dé Danann, les dieux ancêtres magiciens, appelés « gens de la déesse Dana ».

 

Chaque nuit, au creux du sommeil, Aengus rêvait d'une ravissante jeune femme à la peau douce et nacrée, aux longs cheveux dorés et aux yeux brillants et sombres comme de l'obsidienne ou du jais. Son cou oscillait gracieusement. Elle souriait puis semblait triste et elle l'appelait avec sensualité pour qu'il la rejoigne. Le cœur d'Aengus s'affolait. Il croyait se rapprocher d'elle et soudain, elle s'évaporait dans l'atmosphère comme un fantôme.

 

Aengus se réveillait, enfiévré et pendant la journée, il la cherchait mais quand le soir venait, il était toujours seul et dévoré par l'intensité de son désir et de son amour. Au fil du temps, il se dit qu'il ne la trouverait jamais et il en fut si triste que tout dieu qu'il était, il sombra dans une mélancolie qui l'affaiblit considérablement.

 

Les Tuatha Dé Danann, les ancêtres dotés de magie qui l'avaient élevé, s'émurent de sa situation. Ils se lancèrent à leur tour dans des recherches et trois ans plus tard, ils parvinrent à trouver la magnifique jeune femme. Il s'agissait d'une fée, sensible et farouche, qui vivait près d'un lac. Elle se nommait Caer et elle était victime d'un sort qui la changeait en cygne le jour. Le sort ne pouvait être brisé même par des dieux aussi puissants que le Tuatha Dé Danann car de ce sort dépendait un équilibre dans le monde magique. Caer avait été choisie quand elle était fillette. Elle ne reprenait forme humaine que pendant la nuit mais elle ne pouvait quitter l'environnement du lac aussi était-elle dans l'impossibilité de se rendre auprès d'Aengus dont elle était tombée amoureuse à travers les rêves.

 

Les Tuatha Dé Danann s'empressèrent d'envoyer un messager auprès d'Aengus qui recouvrit sa vitalité dès qu'il sut que Caer existait bel et bien et qu'elle pensait à lui. Mais pour vivre et s'accoupler avec elle, il devait accepter de subir le même sort. Il le fit sans la moindre hésitation et sans regret aucun. Il devint cygne le jour afin de voguer sur l'eau du lac avec Caer et chaque nuit, Aengus et Caer s'aimaient sous leur apparence humaine. Ils eurent une jolie lignée d'enfants magiques...

 

Sur ces notes romantiques, je vous souhaite une belle dernière semaine de Janvier. En attendant les charmes et les giboulées de Février, je vous adresse mes meilleures pensées !

 

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©Liga Klavina

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #hiver, #jpg, #lancret, #nicolas

 

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 En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sur Le Blog de Lilou...

 https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi/

 

« L'Hiver, ce sont aussi les sports de glisse », voici le thème proposé cette semaine par Fardoise.

 http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

 

Je suis ravie, ce samedi, de vous présenter un tableau que j'aime énormément et qui appartient, depuis de nombreuses années, à mon musée imaginaire. Il est signé Nicolas Lancret (1690-1743) et se trouvait parmi les œuvres illustrant ma Thèse de Doctorat en Histoire de l'Art.

 

L'Hiver est élégamment représenté à travers l'émanation de la Fête Galante, un genre de la Peinture tout aussi philosophique que charmant, initié par l'artiste Régence Jean-Antoine Watteau (1684-1721). Nicolas Lancret fut lui aussi spécialisé dans la Fête Galante.

 

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 En Hiver, les sentiments ne se refroidissent pas ! Ainsi, l'on voit au premier plan de l'image, auprès d'un homme enveloppé dans un manteau rouge évoquant le Désir et la possibilité de sa voluptueuse expression, une jeune femme tombée en patinant qui est « secourue » par un jeune homme avenant. Le plaisir de patiner est ici le prétexte à une rencontre amoureuse.

 

 

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L'Hiver appartient à une série de quatre toiles célébrant les Saisons, peintes en 1738, pour agrémenter le Cabinet du Roi Louis XV au Château de La Muette, superbe bâtiment hélas détruit en 1793 mais les Saisons ont été préservées. L'Hiver est exposé au Louvre dans la Salle 37, au deuxième étage de l'aile Sully sauf quand des musées sollicitent sa présence en leur sein pour des expositions thématiques.

 

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 L'espace décrit est truffé de séduisants détails. Vous remarquerez, outre les personnages joliment apprêtés qui devisent au bord du bassin gelé ou qui sont sur le point de se livrer à une activité de patinage, la magnifique Fontaine au Triton qui tient, de part et d'autre de son corps musculeux, un dauphin et les naïades sensuelles soutenant la vasque remplie de stalactites et de glaçons.

 

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 Le triton, les deux dauphins et les nymphes aquatiques sont particulièrement réussis ! Quant à la fontaine, une fontaine à congélations, elle se fond dans un paysage d'hiver dont les profondeurs, lovées dans une talentueuse interprétation de sfumato*, sont de nature quasiment fantasmagorique.

 

*Sfumato : technique picturale élaborée par Léonard de Vinci à partir de la superposition de plusieurs couches de peinture étalées avec une grande subtilité. Cette action donne aux contours d’un sujet un aspect évanescent, fascinant, onirique.Le nom dérive de l’italien « fumare » et signifie « vaporeux ».

 

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Nicolas Lancret, Autoportrait

 

Nicolas Lancret hésita, au début de sa carrière, entre la peinture d'histoire et la peinture galante puis il se décida et devint l'élève du maître Antoine Watteau, le peintre qui m'a donné envie, avec François Boucher (1703-1770) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), de me lancer dans de hautes études universitaires en Histoire de l'Art. Ces peintres là ont été mes inspirateurs quand je n'étais qu'une enfant et quand j'ai eu mon bac, ce sont eux, tout naturellement, qui m'ont guidée vers la fac.

Nicolas Lancret a également pour moi beaucoup d'importance. J'ai passé des heures et des heures et des heures... au Louvre à m'imprégner des atmosphères enivrantes de ses tableaux. Je ne saurais les compter !

 

 

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Je disais que Nicolas Lancret avait été l'élève de Watteau. Il fut donc nourri à la source même de l'idée de Fête Galante...

Très jeune, il étudia avec son frère aîné, François-Joseph Lancret (1686-1752), qui exerçait comme maître graveur puis il fut admis chez Pierre Dulin (1669-1748) qui était professeur de Peinture et de Gravure en Creux à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Il entra ensuite chez Claude Gillot (1673-1722), esprit brillant, à la fois peintre, graveur, illustrateur et décorateur de théâtre qui fut le maître de Watteau.

Quelques temps plus tard, Nicolas Lancret rejoignit l'atelier de Watteau et la postérité le reconnut comme un élève majeur du maître de la Fête Galante.

 

 

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La Nature, quand on explore ce genre, y est très importante aussi Watteau conseilla-t-il à Nicolas Lancret de se rendre dans les espaces bucoliques et boisés situés autour de Paris et d'y apprendre à dessiner le paysage. Ainsi, quand il serait de retour à l'atelier, il pourrait y insérer des personnages.

 

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Doté d'un fort caractère, (il s'était fait suspendre provisoirement de l'Académie pour indiscipline), Nicolas Lancret devint un étudiant très assidu. Il écouta ce que lui disait Watteau et parcourut aussi souvent que possible les bois, les clairières et les champs. Il travailla sans relâche au fil des saisons et fut reçu à l'Académie en 1719 avec une peinture de Fête Galante plébiscitée par ses examinateurs. Sa carrière fut fructueuse. Il reçut de nombreuses commandes officielles et son talent fut reconnu par ses contemporains. Le roi Frédéric II de Prusse fut notamment l'un de ses meilleurs clients.

 

 

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Nicolas Lancret peignit beaucoup de séries. Narrateur habile, il mit en scène, en suivant des codes élégants et galants, les Saisons, les Éléments, les Heures du Jour et de la Nuit, les Âges de la Vie... Il aima aussi représenter l'enfance à travers de délicieuses saynètes et illustrer plusieurs classiques de la Littérature comme les œuvres de Molière et les Contes de La Fontaine (entre autres magnifiques réalisations...). Passionné de Théâtre, il réalisa de nombreux portraits de Comédiennes et de Comédiens.

 

Si vous désirez voir les autres tableaux qui accompagnent l'Hiver pour former cette série des Saisons, je vous donne rendez-vous sur la Chimère écarlate comme chaque samedi.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/01/le-tableau-du-samedi-nicolas-lancret-l-hiver-1738.html

 

 

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Dans la Fête Galante, la Nature devient le témoin des sentiments d'amour naissants ou des flammes déjà vives... A suivre dans d'autres billets que je consacrerai à ce thème...

 

Comme vous l'avez compris, je suis « amoureuse » de ce tableau et de ce qui y est associé et je me souviens, avec émotion, de ma thèse en l'évoquant ainsi que des raisons qui m'ont poussée à faire de l'Histoire de l'Art sur un plan universitaire. J'ai pris grand plaisir à partager tout cela avec vous. Je me suis « limitée » pour ne pas faire trop long, sourires...

 

Merci de votre fidélité, chers Aminautes, prenez bien soin de vous surtout... Amitiés et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #auguste, #Duncan, #fut, #gorguet, #papillon, #symboliste

 

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Un banc de marbre en demi-lune dans un jardin ensoleillé, peuplé de hautes herbes et de luxuriants iris.

Une fée parée d'ailes bleues de papillon vient offrir des fleurs à une jeune fille vêtue de blanc. Magie d'une rencontre... La fée, initiatrice en cette scène d'intimité, touche la tête de sa visiteuse dont le visage est éclairé par un radieux sourire.

 

La fée aux ailes de papillon est un être psychopompe, une messagère entre les mondes. Elle porte les rêves dans le palais de Somnus, le dieu antique des songes et des initiations qui s'élaborent au niveau de la psyché.

 

Psyché mythologique, délicieuse amante de Cupidon, le Désir, qui arbore des ailes de papillon...

 

Le Papillon est l'une des créatures les plus aimées du Bestiaire Symboliste et du Bestiaire Art Nouveau. A la fois fragile et doux, enivrant et ambivalent, emblème de vie et de mort, gardien des secrets et des métamorphoses... Double envoûtant de la femme qui connaît plusieurs transformations au cours de sa vie.

 

L’œuvre, tissée d'un charme Symboliste mêlé d'Art Nouveau, est signée du peintre parisien, dessinateur, graveur et affichiste Auguste Gorguet.

 

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Artiste prolifique, Auguste François-Marie Gorguet (1862-1927) étudia à l'École des Beaux-Arts de Paris, sous la direction des maîtres Gustave Boulanger (1824-1888), Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Léon Bonnat (1833-1922) et Aimé Morot (1850-1913). Son talent fut reconnu au Salon à partir de l'année 1885 et en 1892, il reçut une distinction dans les milieux artistiques de la ville de Chicago. La photographie ci-dessus a été prise en 1896.

 

Il fut un peintre décorateur qui réalisa sur une inspiration Symboliste, des plafonds, des panneaux, des huiles sur toile, une myriade d'affiches et de couvertures de magazines.

 

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Le Symbolisme naquit le 18 Septembre 1886 sous la plume du poète Jean Moréas (15 avril 1856-30 avril 1910) qui publia dans Le Figaro un manifeste associé aux Arts Visuels, à la Musique et à la Littérature. Nourri d'un substrat poétique, onirique et mythologique, le Symbolisme s'inspirait du Préraphaélisme et des œuvres hermétiques et envoûtantes de William Blake (1757-1827). Il s'agit d'un mouvement européen.

 

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Quant au Préraphaélisme, je vous en parle souvent... Les personnes intéressées pourront en retrouver la définition, assortie de détails esthétiques, dans mon article intitulé Les atmosphères enchantées de John Atkinson Grimshaw.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-atmospheres-enchantees-de-john-atkinson-grimshaw-a138324034

 

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Allégorie de l'Hiver

 

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Passionné de Littérature, Auguste Gorguet a illustré de nombreux ouvrages dont Le Lys Rouge d'Anatole France, plusieurs livres d'Alphonse Daudet (1840-1897) et de Victor Hugo (1802-1885) ainsi que Les Poèmes de Sapphô (poétesse brillante et sulfureuse, chanteuse et danseuse née vers 632 avant J-C à Mytilène, sur l’île de Lesbos...)

 

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Les Compositions de Sapphô, 1897.

 

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Il a donc conçu de nombreuses affiches pour le Théâtre et l'Opéra, il a aussi gravé des billets de banque et différents titres financiers comme des actions, des emprunts et des obligations.

 

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La Symbolique du Théâtre

 

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Portrait du romancier et dramaturge Georges Courteline (1858-1929).

 

Il a travaillé, entre 1914 et 1916, avec Pierre Carrier-Belleuse (1851-1932), peintre renommé et portraitiste des danseuses de l'Opéra, à l'élaboration du Panthéon de la Guerre, une immense peinture panoramique de forme circulaire. L’œuvre, inaugurée par Raymond Poincaré le 19 octobre 1918, se trouve aujourd'hui disséminée à travers le monde. Elle a nécessité lors de sa création la présence d'une vingtaine d'artistes et l'édification d'un bâtiment près de l'Hôtel des Invalides.

 

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Le déjeuner des amoureux, 1890

 

Auguste Gorguet a réalisé des œuvres variées, délicatement colorées et emblématiques d'une certaine harmonie dans la façon de vivre et de ressentir son époque.

 

Il était fasciné par Isadora Duncan (1877-1927), danseuse et chorégraphe américaine, d'origine irlandaise par sa mère et écossaise par son père.

 

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Cette « pionnière de la danse moderne » était l'incarnation faite femme d'une forme nouvelle de liberté. Héroïne féministe, artiste passionnée par la créativité de tous les aspects de l'être, elle se métamorphosait sur scène... Papillon, Libellule, Cygne... Elle avait adoré incarner une fée dans Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare.

Elle portait de fines tuniques dites « à la grecque » et offrait à son public la possibilité de contempler des mouvements particulièrement inventifs. Passionnée d'art chorégraphique, elle lutta toute sa vie contre ce qu'elle appelait « le corps corseté ». Elle aimait être pieds nus, privilégiait l'improvisation et ce qu'elle considérait comme le langage intime du corps. Détestant le Puritanisme et le Conservatisme, elle pratiqua la « danse serpentine », d'inspiration dionysiaque et fut l'égérie d'une foule d'artistes et de grands personnages parmi lesquels on trouvait Georges Clémenceau, Auguste Rodin... et Auguste Gorguet qui nous concerne ici. Elle avait coutume de dire « Montrer son corps relève de l’art, le dissimuler est vulgaire. »

 

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Elle connut une autre danseuse d'exception : Loïe Fuller, un fascinant personnage qui m'inspire l'écriture d'un article que je publierai dans quelques temps.

 

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Isadora Duncan disparut de manière bien tragique. Dans la soirée du 14 septembre 1927, à Nice, vers le numéro 239 de la Promenade des Anglais, un morceau de son écharpe fut happé par une roue de son automobile... Elle mourut étranglée.

 

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Étude de nu, inspirée d'Isadora Duncan.

 

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Auguste Gorguet, Isadora

 

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Andante Nocturne

 

Auguste Gorguet fut un professeur de dessin renommé et très aimé de ses élèves. Il ne cessa de mêler, au fil de sa vie, le merveilleux à la réalité, recherchant une énergie secrète à travers la femme, les fleurs, les éléments...

 

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La jeune femme à l'iris et aux ombelles...

 

 

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Le Jardin des Hespérides... Merveilleux jardin situé à l'Extrême-Occident, au bord de l'Océan, où coulaient des sources d'ambroisie destinées aux dieux. Un arbre fabuleux, porteur de « fruits d'or », s'y épanouissait, sous la garde d'un dragon à cent têtes, appelé Ladon et des gracieuses Hespérides.

 

L'orange ou « pomme d'or » est associée au mythe du Jardin des Hespérides. Je ne développe pas plus, j'ai un article à publier sur le sujet...

 

 

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Le verger de Pomone, la déesse des fruits... J'ai aussi consacré un article à cette déesse et à son parèdre, le dieu Vertumne. Il s'agit d'une future publication. Je m'éclipse donc en vous laissant savourer avec les yeux ces fruits luxuriants.

 

En attendant de vous retrouver, merci pour vos petits mots pleins d'amitié. A bientôt, chers Aminautes !

Plume

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