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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

jeune

Publié le par maplumefee
Publié dans : #femme, #Jean-Baptiste, #jeune, #Santerre, #suzanne, #vieillard

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousoleil.wordpress.com

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Voici la suite du thème initié samedi dernier, sur une initiative de Fardoise : « La Toilette, L'Hygiène ».

 

Les participations sont sur le blog de Lilou : https://lilousoleil.wordpress.com

 

 

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Pure et sensuelle, elle apparaît, au cœur d'une composition maîtrisée, héroïne biblique à la peau de nacre nommée Suzanne, « incarnée », sous le pinceau de Jean-Baptiste Santerre (1651-1717).

 

L’œuvre illustre l'un des thèmes les plus représentés en Histoire de l'Art : celui de Suzanne au bain, épiée par deux vieillards menteurs, libidineux, malveillants.

 

La charmante Suzanne aurait pu n'être « que » le fruit d'attentions lubriques mais son histoire, issue du Chapitre 13 du Livre de Daniel, faillit connaître une issue des plus tragiques.

 

L'artiste décrit une belle jeune femme à sa toilette : Suzanne, qui vivait dans l'ancienne Babylone auprès de son riche époux nommé Joakim. Suzanne et Joakim, incontournables dans la bonne société, accueillaient dans leur demeure des personnes qu'opposaient des litiges d'ordre varié. Ces litiges se réglaient sous l'obédience de deux vieillards que la population de Babylone avaient désignés pour leur -prétendue- sagesse. Les vieillards occupaient à ce titre la fonction de juges civils.

 

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Passant le plus clair de leur temps chez Suzanne et Joakim, les vieillards se mirent à désirer Suzanne et à jalouser Joakim maladivement. Obsédés par la jeune femme, ils décidèrent de lui tendre un piège pour l'obliger à coucher avec eux.

 

Ils attendirent d'avoir fini de siéger et suivirent Suzanne, à couvert, dans le magnifique jardin qui bordait la demeure. Désirant se baigner et croyant être tranquille pour faire sa toilette, Suzanne envoya ses deux servantes chercher de l'huile et des parfums et dès qu'elle fut seule, les vieillards s'imposèrent à elle, lui tenant le discours suivant :

 

« Voici que les portes du jardin sont fermées, personne ne nous voit et nous sommes pleins de désir pour toi ; donne-nous donc ton assentiment et sois à nous. Sinon, nous témoignerons contre toi qu’un jeune homme était avec toi et que c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »

 

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A la fois choquée, en situation de fragilité mais pleine de caractère, Suzanne refusa de se donner à eux. Ils la menacèrent davantage, elle tint bon et ils décidèrent de se venger. Ils convoquèrent la population de Babylone et accusèrent la jeune femme d'adultère.

 

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Les vieillards brossèrent de Suzanne un tableau odieux, l'accablant sous une suite de faux témoignages. Ils prétendirent qu'en se promenant dans le jardin, ils avaient vu Suzanne renvoyer ses servantes, se dénuder et accueillir un jeune homme séduisant. Ils décrivirent avec force détails un acte sexuel entre Suzanne et son amant puis ils se posèrent en victimes, affirmant qu'ils avaient tenté d'appréhender, sans succès, le jeune homme après le « pêché ». Ils dirent qu'ils s'étaient sentis menacés et que Suzanne avait fait preuve de la pire indécence.

 

La population les crut, en leur qualité de juges et d'anciens de la Cité et Suzanne, honnie et insultée, fut condamnée à mort !

 

Dans sa prison, la jeune femme pria de tout son cœur et Dieu entendit sa détresse. Il sollicita le futur prophète Daniel, un adolescent plein de ressources, réputé pour sa pureté et son intelligence. Daniel partit en quête des vieillards, il les aborda chacun de leur côté et leur posa la question suivante :

 

« Sous quel arbre Suzanne et son amant ont-ils fait l'amour ? »

 

Le premier vieillard interrogé évoqua un lentisque pistachier et le second assura qu'il s'agissait d'un chêne. Daniel sentit son cœur en joie. Il avait obtenu la preuve de l'innocence de Suzanne. Les habitants de Babylone apprirent la nouvelle avec effroi. Les vieillards avaient tout inventé...

 

L’innocence de Suzanne fut reconnue et les vieillards, honnis à leur tour, furent condamnés à mort !

Suzanne retrouva sa maison, son époux et la considération de ceux qui l'entouraient.

Quant à Daniel, il acquit de plus en plus d'importance auprès du peuple. « Il devint grand, à partir de ce jour et dans la suite du temps. »

 

 

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Le thème de Suzanne au bain fut abordé par une majorité d'artistes au fil des siècles. Le voici « immortalisé » par Jean-Baptiste Santerre qui était appelé « le Corrège Français », un compliment des plus remarquables étant donné que Antonio Allegri dit Le Corrège (1489-1534) était considéré comme un maître, un orfèvre naturaliste et un « mélodiste » de la couleur.

 

Sa Suzanne au bain constitue la pièce maîtresse de son art et son Morceau de Réception à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Le 18 octobre 1704, il remit à l'Académie cette œuvre à l'esthétique précieuse, imprégnée de grâce et de sensualité.

 

Avant cela, il fit son apprentissage chez François Lemaire, un spécialiste du portrait et chez le peintre et graveur Bon Boulogne (1649-1717) incontournable pour les artistes de son temps.

 

Très aimé à son époque, Jean-Baptiste Santerre reçut des commandes de la part du Régent Philippe d'Orléans, de hauts dignitaires de la Cour et aussi de l'Impératrice Catherine de Russie. Il fonda à Versailles, une Académie d'Art pour les femmes, convaincu que le talent n'était pas que l'apanage des hommes ! Il réalisa des compositions historiques, des portraits, des scènes galantes et fut particulièrement apprécié pour ses descriptions très maîtrisées de jeunes femmes s'éclairant à la bougie, cuisinant, se livrant à des activités de broderie, s'habillant pour le bal, tenant un masque de théâtre ou lisant des lettres.

Féru de peinture nordique, il avait une forte inclination pour les figures de fantaisie et les œuvres de Georges de la Tour (1593-1652) dont il encensait les éclairages à la chandelle. Hélas, oublié après sa mort, il demeure injustement méconnu du grand public alors que ses contemporains le tenaient en grande estime.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des visions de la Période Nacrée de Renoir avec la Jeune fille coiffant ses cheveux, peinte en 1894 et de sensuelles jeunes femmes dans l'intimité de leur toilette...

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2021/01/le-tableau-du-samedi-auguste-renoir-jeune-fille-coiffant-ses-cheveux-1894-et-jeunes-femmes-a-la-toilette.html

 

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Belles pensées pour vous, je vous remercie de votre fidélité et vous envoie de gros bisous !

 

Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #detail, #emile, #jeune, #jpg, #vernon

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Suite du thème proposé pour le samedi 18 et le samedi 25 juillet par Lilou soit « Quelques portraits de femmes portant chapeau... »

 

https://lilousol.wordpress.com/2020/07/15/le-tableau-du-samedi-semaine-29-le-theme

 

 

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La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 1

 

J'ai choisi pour ce 25 juillet des beautés douces, rayonnantes, au charme suranné, signées Émile Vernon (1872-1919).

 

Pendant plusieurs décennies, les peintures d'Émile Vernon ont été considérées avec dédain, qualifiées de mièvres et de trop académiques alors qu'elles étaient l'expression d'une mode fleurie, fraîche et délicieuse, en vigueur aux alentours de 1900.

 

Douceur et sensibilité se manifestent dans le choix des coloris, la transparence et le mouvement des fines étoffes, la qualité des broderies et des parures, le soin apporté à la description des visages et des chevelures d'où émane une sensualité diffuse.

 

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La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 2

 

Ces portraits élégants, fort appréciés en Angleterre et aux États-Unis, trouvent enfin leur place dans l'Histoire de l'Art, parmi les créations de la Belle-Époque.

 

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La Jeune fille au Jardin Fleuri, détail 3

 

Émile Vernon étudia à l'école des Beaux-Arts de Tours où il reçut le premier prix de dessin en 1888. Il devint à Paris l'élève d’Auguste Truphème (1836-1898) et de William Bouguereau (1825-1905), dont les nus féminins, les compositions mythologiques et les décorations murales pour de prestigieux monuments, comme le Grand Théâtre de Bordeaux, suscitèrent autant la critique que l'engouement du public. En 1898, Vernon présenta ses œuvres à l'exposition de l'école des Beaux Arts et des Arts décoratifs de Tours et jusqu'en 1913, il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français.

 

En 1899, il réalisa des peintures pour le théâtre de Nevers et pour celui de Châtellerault (coupole et rideau de scène) sur le thème des Muses.

 

Ses portraits, ses paysages et ses peintures florales aux couleurs douces et aux atmosphères vaporeuses sont désormais recherchés par les collectionneurs américains, canadiens et japonais. (Sources Larousse, Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 14 vol. nouvelle édition 1999).

 

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Le deuxième tableau que j'ai choisi pour ce samedi est La Tasse de Thé. Les détails et les ornements sont magnifiques, le chapeau me séduit au plus haut point !

 

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La Tasse de Thé détail 1

 

Avec de ravissantes figures de jeunes femmes élégantes, des portraits d'enfants souvent accompagnés d'animaux et des portraits de son épouse, Émile Vernon sut montrer qu'il était un artiste de qualité, expert en éclairages subtils. Tout au long de sa vie, il se consacra à l'art, aimant draper les courbes séductrices sous des atours d'innocence.

 

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La Tasse de Thé détail 2

 

En 1915, il se trouva mobilisé dans l’infanterie et en 1916, il fut réformé pour raisons médicales. Il perdit la vie en janvier 1920.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre de François-Martin Kavel (1861-1931), La jeune femme au chapeau souple.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-francois-martin-kavel-la-jeune-femme-au-chapeau-souple.html

 

 

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Une Rose Soleil pour vous...

 

L'Été poursuit son chemin, chers Aminautes, je vous souhaite de cueillir les charmes de l'instant...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amour, #jeune, #jpg, #saint, #valentin

 

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Voici la mi-février et son cortège de giboulées scintillantes, en attendant les caprices météorologiques de mars, d'avril ou de mai...

 

Et voici les Valentines Galantes, messages d'amour colorés que l'on s'adressait jadis en les achetant par exemple sur le Pont-Neuf à Paris.

 

Je reprends ici l'un de mes textes fétiches, écrit il y a quelques années et j'y ajoute des illustrations collectées au fil du temps. J'en ai trouvé plusieurs sur la toile et d'autres viennent de ma collection personnelle...

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 Je vous souhaite une bonne dégustation de ces Valentines d'Amour en n'oubliant pas que l'Amour se célèbre tous les jours avec des petits riens qui enchantent le cœur et l'âme.

 

Tous les jours, avec des attentions sincères et vives et aussi le 14 février, en prenant plaisir à célébrer une fête venue du fond des âges...

 

Très Joyeuse Saint-Valentin !

 

 

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Au XVe siècle, il était d'usage de faire parvenir à sa bien aimée des messages d'amour afin de célébrer le retour du printemps mais il fallut attendre le XVIe siècle pour que les lettres d'amour soient joliment qualifiées de « valentines ».

 

Au XVIIIe siècle, on trouvait, dans toute l'Europe, de superbes valentines, décorées de cœurs, de roses et de Cupidons.

 

A l'époque victorienne (1840-1860), en Angleterre, elles se parèrent d'un décor très subtil et gracieux. Délicatement parfumées, elles furent agrémentées de petits ornements de soie, de dentelle, de plumes, de rubans, de fleurs fraîches ou séchées.

 

Esther Allen Howland (1828-1904), la fille d'un célèbre papetier américain, lança, vers 1850, la production en série des cartes de Saint-Valentin.

 

Quant à la chromolithographie, procédé d'impression en couleurs mis au point par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839) en 1837, elle contribua également, tout au long du XIXe siècle, à la diffusion des images de la Saint-Valentin.

 

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Dans la France et l'Angleterre des XIVe et des XVe siècles, les jeunes filles choisissaient leur « Valentin », un cavalier courtois qui leur offrait des cadeaux et leur dispensait de galantes attentions.

 

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Plusieurs « Valentin » sont fêtés le 14 février, en France et dans d'autres pays, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des mythologues et des historiens. Une telle mise en lumière ayant généralement pour effet de « camoufler » un substrat de divinités pré-chrétiennes.

 

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La légende de Saint-Valentin naquit sous le règne de l'empereur Claude II, dit le Gothique (214-270). En proie à certaines difficultés pour constituer ses légions, Claude fit interdire, en l'an 268, les fiançailles et les mariages sur l'ensemble du territoire qu'il dominait mais un prêtre nommé Valentin choisit de braver ses ordres et d'unir secrètement les jeunes couples. L'empereur le fit arrêter et condamner à mort par décapitation.

 

Dans sa prison, Valentin rencontra Augustine, la fille de son geôlier, une jeune aveugle à qui il rendit la vue, grâce à des prières. Elle prit soin de lui et il lui adressa, avant son exécution, une lettre qu'il aurait signée « Ton Valentin ».

 

Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, Valentin fut emprisonné pour avoir refusé de se prosterner devant les divinités de Rome. Il s'éprit de la fille de l'empereur Claude, une jeune aveugle qu'il s'efforça de guérir. L'empereur promit de se convertir si l'issue était heureuse mais Valentin subit tout de même le martyre. Il laissa à la demoiselle de son cœur un billet doux qui devint une « Valentine ».

 

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Cette belle et tragique histoire a été façonnée dans un but politique et religieux, celui de « gommer » le souvenir érotique des Lupercales, fêtes de la fertilité célébrées jadis à Rome, le 15 février.

 

Les prêtres de Lupercus, le dieu loup de la fécondité, couraient dans la ville, vêtus de peaux de chèvre. Ils fouettaient, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qui croisaient leur chemin, afin de stimuler leur pouvoir de fertilité. La course sauvage des Luperques avait pour but de purifier la cité, d'éloigner les démons et les épidémies et de repousser les êtres atteints de lycanthropie.

 

Lupercus était le protecteur des animaux à cornes, des troupeaux et des futures récoltes. On organisait en son nom une « loterie d'amour ». Les jeunes hommes tiraient au sort le nom de la jeune fille qui deviendrait leur « compagne des festivités » et sur laquelle ils veilleraient, l'espace d'une année.

 

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En l'an 496, le pape Gélase Ier décida de contrer les survivances des Lupercales en instituant la Saint-Valentin. La fête romaine, tissée de coutumes païennes, disparut au profit de célébrations plus « convenables » mais il fallut attendre la fin du XVe siècle pour que, sur l'initiative du pape Alexandre VI, Valentin devienne le patron officiel des amoureux.

 

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Saint patron des amoureux, Valentin est aussi très intéressant par les pouvoirs qui lui sont attribués dans le folklore de France et d'Europe.

 

Tel un Cupidon, il s'efforce d'unir les amants mais il veille ensuite à la bonne santé du couple. On l'invoque pour fortifier le cœur, apaiser les tourments physiques et moraux, les rhumatismes, les douleurs récurrentes, faire tomber la fièvre, purifier le sang. En Belgique, il est considéré comme un protecteur contre les blessures et les hernies.

 

Dans la région d'Hurtigheim, en Alsace, on trouve dans certaines chapelles des statuettes de Saint-Valentin, réputées apaiser les rhumatismes. Les personnes souffrantes offrent au saint une poule noire.

 

Depuis fort longtemps, Valentin est le protecteur des nourrissons contre la mort subite. Il repousse les maladies qui touchent les animaux, détruit la vermine et garde les cultures contre les caprices de la météorologie.

 

Il préserve les terres de la sécheresse et règne sur le vent comme en témoigne un vieux dicton du Centre de la France:

« Jour de Saint-Valentin

Vent au moulin ».

 

Dans le vieux Nice, on avait coutume de dire:

« Danse à la Saint-Valentin

Soleil sur le chemin ».

 

Comme le fait remarquer Philippe Walter dans son passionnant ouvrage intitulé Mythologie chrétienne, Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, Valentin est un saint très mystérieux, fêté à la période du Carnaval et entretenant avec celle-ci des rapports très étroits. Il se présente comme la forme christianisée d'une vieille divinité pré-chrétienne « possédant la syllabe val dans son nom ou son surnom ». P.88. Sa décapitation s'inscrit, à l'instar de celle des géants de Carnaval, dans un cycle solaire et cosmique de mort et de renaissance.

 

 

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Les Amours des Oiseaux

 

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La Saint-Valentin est associée aux parades nuptiales des oiseaux qui commencent à s'accoupler et sont considérés comme les messagers du printemps. Au cours de leurs voltes amoureuses, ils se livrent à des jeux mêlés de chants qui stimulent l'éveil des puissances naturelles.

 

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Ils accompagnaient dans l'Antiquité les Gamélies athéniennes, célébrations rituelles des noces de Zeus et d'Héra qui se déroulaient de la mi-janvier à la mi-février. On offrait à la déesse des oiseaux sacrés, d'un blanc immaculé, tandis que les fiancés échangeaient des vœux d'amour en buvant du vin dans des coupes en forme d'oiseaux.

 

L'image des oiseaux a souvent été utilisée de manière symbolique pour représenter les élans de l'amour. Le verbe « oiseler », très employé au XVIIIe siècle, signifie d'ailleurs « faire l'amour ».

 

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Oracles de l'amour et du printemps, médiateurs entre les hommes et les esprits de la Nature, les oiseaux sont dotés de capacités surnaturelles, au moment de la Saint-Valentin. Ils dévoilent dans les rêves des renseignements précieux sur la future épouse ou le futur mari. Ils font croître les bourgeons en battant des ailes. La tradition préconise de faire un vœu, en tenant une plume ramassée quelques instants après le lever du soleil.

 

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Pendentif de 1940

 

Le rouge-gorge qui sautille dans la rosée ou qui agite un brin d'herbe évoque un mariage avec un voyageur ou un marin.

 

La présence d'un moineau au petit jour près de la chambre augure d'un mariage d'amour.

 

Le chardonneret signale à la jeune fille qui l'aperçoit qu'elle fera la connaissance d'un riche parti.

 

Un vol de cygnes présage d'un mariage heureux mais un merle posé sur l'appui de la fenêtre annonce la venue d'un beau parleur.

 

Deux colombes qui s'embrassent sous le gage d'une union prospère et sans nuages.

 

La vue d'une mésange signifie que les époux auront de nombreux enfants. Ce ne sont que quelques exemples emblématiques de l'importance que nos ancêtres accordaient à cette période de l'année...

 

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Quant aux amoureux de la Saint-Valentin, dans le doux pépiement des oiseaux, ils allaient autrefois à la fête des Brandons, le premier dimanche de Carême. Les futurs couples échangeaient des présents et des baisers autour d'un grand feu puis les garçons allaient « brandonner » à travers les champs et les vignes. Par ce geste à caractère magique, (brandir un bâton autour duquel crépitait un brin de paille enflammé), ils voulaient stimuler la croissance des futures récoltes et attirer la prospérité sur les champs et sur leurs familles.

 

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Afin de voir en rêve leur futur amoureux, les jeunes filles avaient l'habitude de cueillir, après les douze coups de Minuit, le 14 février, cinq feuilles de laurier. Elles en épinglaient une à chaque extrémité de leur oreiller et plaçaient la cinquième au milieu. Puis elles récitaient sept fois la prière suivante avant de s'endormir: « Ô grand Saint-Valentin, protecteur de ceux qui s'aiment, fais que je puisse voir en mon dormant celui qui sera un ami fidèle et un merveilleux amant ».

 

Une vieille coutume préconisait de porter des crocus jaunes dans les cheveux au lever du soleil pour attirer l'époux de ses rêves.

 

Un autre rituel d'amour consistait à frotter doucement la surface d'un miroir avec un tissu rouge avant d'ouvrir la fenêtre et d'allumer deux chandelles rouges. On étudiait ensuite les formes qui se dessinaient à la surface du miroir, les taches de lumière, les cristallisations et les effets de givre, afin de connaître les secrets d'un futur époux.

 

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Pendant des siècles, dans le Kent, en Angleterre, les jeunes filles fabriquaient un « homme de houx » et les jeunes hommes une « demoiselle de lierre ». Ce couple végétal était promené dans les rues et symboliquement marié avant d'être brûlé, avec les cadeaux de sa dot. Les cendres recueillies étaient répandues dans les champs pour stimuler la croissance des jeunes pousses.

 

A Anvers, en Belgique, les jeunes filles recevaient de la part de leurs admirateurs des effigies du Greef, un personnage en spéculoos ou en massepain. Le nombre de figurines à croquer qu'elles obtenaient était proportionnel à l'affection qu'on leur portait.

 

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Le cœur, siège de l'amour, de la vie et de l'âme, organe des fluides et de la circulation sanguine, est le motif magique par excellence...

 

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Le cœur percé d'une flèche évoque l'amour et la passion mais se présente aussi comme un symbole protecteur contre les dangers et les maléfices.

 

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Quant à la rose rouge, elle est un emblème de désir et de passion mais aussi un gage d'amour et de fidélité. La rose rose évoque la délicatesse des sentiments.

 

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Je publierai dans quelques jours le billet que j'ai écrit sur les Amoureux de Peynet... En attendant, chers aminautes, je vous souhaite de savourer le bonheur et l'amour à pleines bouchées. Gros bisous tendres et passionnés !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #albert, #chapeau, #jeune, #lynch, #paille

 

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Agnès Noyes Goodsir (1864-1939), portraitiste australienne. La Lettre, 1915.

 

Je vous remercie, vous qui m'avez témoigné tant de sympathie et de gentillesse avec vos mails, vos cartes et vos commentaires tendres et touchants. Je reviens doucement mais déterminée à savourer des instants de bonheur en votre compagnie alors que les lumières de Noël commencent à briller. Je vous manifeste mon amitié profonde, avant de vous retrouver très prochainement sur vos blogs. Merci encore !

 

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Pour répondre aux questions que vous m'avez posées, j'ai commencé, il y a plusieurs semaines, une rééducation pour ma jambe droite, blessée par mes -trop nombreuses- crises d'épilepsie. Mon organisme a beaucoup souffert, j'ai pour l'instant retrouvé l'usage de mon poignet droit, tordu lui aussi lors d'une crise, mais je reste vigilante.

 

Au début de ma rééducation, j'avais le bassin basculé, les cervicales et les mâchoires en porte-à-faux, le genou déboîté à quatre endroits, la hanche, le tibia et la cheville de travers. Je sais, ça fait un drôle d'inventaire et encore je ne dis pas tout, ça serait fastidieux à lire... Le praticien qui me soigne est confiant pour mon bassin et mon genou mais inquiet pour mes mâchoires et ma cheville qui est sortie de son axe. Le ligament a été déchiré et plié trop souvent et il est difficile de pouvoir intervenir positivement. Il essaie malgré tout, en douceur. Il faut être patient. Ce monsieur travaille avec des polytraumatisés. Il fait preuve de beaucoup de gentillesse, d'empathie et il est l'ami du chirurgien spécialiste des maladies neurologiques orphelines qui m'a opérée en 2006. Je suis entre de bonnes mains et cela nous rassure.

 

L'opération des nerfs qui a été maintes fois repoussée en raison de mes blessures n'aura pas lieu avant février 2015. Je dois avoir cicatrisé pour supporter les « difficultés » de l'intervention.

 

J'ai échappé aux fractures et je commence à m'appuyer un peu plus longtemps sur mes articulations, je suis contente mais la route est encore longue et les douleurs se manifestent chaque jour de manière aiguë. Alors promis, je l'écris pour ceux qui m'ont fait part de leur inquiétude, je fais attention à moi.

 

Mes pensées vont aussi aux ami(e)s pour qui l'année 2014 n'a pas été facile et qui appréhendent avec angoisse l'arrivée des fêtes en raison de leur état de santé. Nous nous sommes toujours soutenu(e)s et nous allons continuer, je pense à vous et je vous embrasse bien fort...

 

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En ce jour où l'on célèbre les Catherine, je vous propose de lire ou de relire mon article intitulé Sainte-Catherine, la fileuse des voeux. Vous y trouverez l'historique de la fête, sa signification, les symboles et les dictons associés et toute une collection de cartes anciennes. J'ai eu le plaisir de voir cet article plébiscité sur le net et répertorié dans de nombreux moteurs de recherches, je ne m'y attendais pas, je suis ravie.

 

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Pour rendre hommage aux modistes et à ma grand-mère Hélène qui confectionna dans sa jeunesse de très jolis chapeaux, je vous offre un florilège de tableaux que j'aime tout particulièrement. Les chapeaux présentés ne sont pas tous jaunes et verts (les couleurs de Catherine) mais le plaisir des yeux est garanti.

 

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Louise Elisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842), Autoportrait au chapeau de paille, 1782. National Gallery (Londres).

 

Talentueuse artiste, fille et élève du peintre Louis Vigée, madame Vigée-Lebrun se spécialisa dans l'art du portrait, croquant avec élégance ses contemporains. Elle immortalisa de séduisantes jeunes femmes, mit à l'honneur des robes légères, des coiffures gracieuses et des décors simplifiés. Sa manière sensible et naturelle anticipa le néo-classicisme. La reine Marie-Antoinette fut sa plus célèbre commanditaire.

 

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L'Autoportrait au chapeau de paille offre un jeu subtil entre la fine lumière du jour et la lumière solaire, plus affirmée. Il rend hommage aux maîtres italiens et flamands et notamment au Chapeau de paille de Rubens. L'artiste se représente en pleine nature, sur un fond de ciel moucheté de nuages. Ses cheveux et son visage ne sont pas poudrés. Son décolleté se livre au regard, gorgé de clarté rayonnante. Paré de fleurs des champs et d'une plume d'autruche, le chapeau de paille est à la fois simple et élégant.

 

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Pierre Paul Rubens (1577-1640), Le chapeau de paille ou portrait de Suzanne Lundent, peinture sur bois, entre 1622 et 1625. National Gallery (Londres). A noter que le chapeau, malgré le titre de l’œuvre, n'est pas constitué de paille mais de poil de castor.

 

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Albert Lynch (1851-1912), Jeune beauté au chapeau vert.

 

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Albert Lynch, Jeune fille au chapeau de paille et au nœud noir.

 

Ce peintre originaire du Pérou reçut la médaille d'or de la Peinture lors de l'Exposition Universelle de 1900. Il excellait à peindre des portraits de de jeunes femmes coiffées d'élégants chapeaux. Il fut aussi un remarquable illustrateur, travaillant pour les éditions de luxe des ouvrages d'Honoré de Balzac et d'Alexandre Dumas fils. Les dates de la plupart de ses œuvres ne sont pas connues.

 

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Albert Lynch, Portrait de Betty.

 

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Albert Lynch, Jeune beauté à la coiffe blanche.

 

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Albert Lynch, Portrait au chapeau noir.

 

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Albert Lynch, Portrait d'une jeune rêveuse.

 

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Albert Lynch, Le chapeau de roses.

 

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Albert Lynch, Élégante au chapeau rose.

 

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François-Martin Kavel (1861-1931), Jeune fille avec un chapeau souple.

 

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 Gustav Klimt (1862-1918), Dame au chapeau et boa de plume, 1909.

 

(Je vous reparlerai de ce tableau qui suscita la polémique lors d'une exposition quand on découvrit qu'il avait été extorqué par un fonctionnaire nazi à un juif qui essayait de fuir l'Allemagne. L'histoire de cette œuvre est pleine de rebondissements, il faut y consacrer pleinement un article.)

 

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Edgar Degas (1834-1917), Femme au chapeau bleu, date incertaine.

 

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Edgar Degas, femme essayant un chapeau.

 

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Auguste Renoir (1841-1919), Jeune fille au chapeau rose et noir, 1890. Metropolitan Museum of Art, New York.

 

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Edouard Manet (1832-1883), La femme au chapeau noir : portrait d'Irma Brunner, vers 1880, pastel sur toile, musée d'Orsay.

 

J'aime profondément cette œuvre d'une élégance simple et raffinée... Le visage se dessine et se fond parmi la matière poudrée. Tout est brume et velours...

 

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Léo Fontan (1884-1965), Jeune femme au chapeau, vers 1920.

 

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Merci encore pour vos messages, prenez bien soin de vous, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #catherine, #fille, #jeune, #roue, #saint

 (Édition revue et augmentée)

 

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A la croisée de l'automne et de l'hiver, aux portes de l'Avent, refleurissent les roses de Sainte-Catherine.

 

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Leurs couleurs vives et douces, au charme suranné, propagent, avec le frisson des premières neiges, les voeux d'amour et les rituels de bonne fortune. Ouvrons, près d'une tasse de chocolat aux épices, le grand livre des traditions populaires.

 

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Brillante et cultivée, Catherine naquit en 290 dans la famille du roi Costus d'Alexandrie dont elle était probablement la fille.

 

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Lors d'une fête donnée par l'empereur Maximien, elle convertit au christianisme, après un débat philosophique particulièrement ardu, cinquante sages païens. L'empereur voulut l'épouser mais elle ignora sa demande et fut condamnée à subir le martyre.

 

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En l'an 307, on l'attacha à une roue munie de pointes mais, sous l'intensité de ses prières, la roue se brisa et les sinistres pointes aveuglèrent les bourreaux. L'empereur, ivre de colère, ordonna sa décapitation. Après sa mort, du lait jaillit de son corps supplicié et des anges apparurent pour la porter au sommet du Mont Sinaï où un couvent fut érigé en son honneur.

 

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Sainte-Catherine d'Alexandrie peinte par Le Caravage (1571-1610) en 1598.

 

De nombreuses corporations sont placées sous son patronage, à commencer par les fabricants de roues et les métiers pour lesquels on utilise la roue (les meuniers, les charretiers...) Elle est aussi la protectrice des théologiens, des orateurs, des étudiants, des philosophes, des notaires, des tailleurs, des fileuses, des modistes, des nourrices et des jeunes filles en quête d'un mari, en des temps où le célibat n'avait pas bonne presse, surtout pour une femme.

 

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Il ne faut pas confondre Catherine d'Alexandrie avec Catherine de Sienne. Fille d'un teinturier, cette dernière refusa le mariage et choisit de vivre son célibat au sein de l'ordre des dominicains. Ses adeptes portaient le nom de Caterinati.

 

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Sainte-Catherine de Sienne sculptée par Francesco Messina (1900-1995), pour le château Saint-Ange à Rome. (Photo Lalupa.)

 

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Catherine d'Alexandrie, dans une niche de l'église Saint-Martin de Croix-Caluyau, dans le Nord-Pas-de-Calais. (Image Fraternité de Cambrai.)

 

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Catherine d'Alexandrie, peinte par Artemisia Gentileschi (1593-1653) en 1620.

 

Dans l'Allemagne médiévale, les filles dont le père exerçait un métier utilisant la roue étaient baptisées « Katharina ». D'après une chanson populaire, « toutes les filles de meuniers s'appellent Catherine et sont de riches filles à marier ».

 

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« L'Amour est, nous dit-on, un petit dieu malin

Pour lui les bonnets sautent par-dessus les moulins. »

 

Les jeunes filles en quête d'un mari se plaçaient naturellement sous l'obédience de Catherine d'Alexandrie mais le terme « catherinette », associé à une jeune fille célibataire, âgée de 25 ans, ne fut attesté qu'en 1882.

 

A partir des années 1920, sous l'impulsion des couturières et des créatrices de mode, la Sainte-Catherine connut un regain de popularité. Pour les élèves des écoles de mode, elle fut l'occasion de déployer leur savoir-faire et de confectionner des chapeaux extravagants et des tenues coquettes.

 

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Dans le Larousse de 1948, la catherinette désigne une couturière ou une modiste encore célibataire à l'âge de 25 ans. On disait qu’une jeune fille venue coiffer Sainte-Catherine « se mariait à l’aiguille. »

 

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Le 25 novembre était férié dans les ateliers de couture.

 

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Au croisement de la rue de Sévigné et de la rue Saint Antoine, dans le 4e arrondissement de Paris, une statue de Sainte-Catherine tient la palme du martyre et de la reverdie. Vraisemblablement sculptée en 1896, au moment de la construction de l'immeuble attenant, cette statue fait référence au thème de la « maison à l'image », si fréquent dans les rues de la capitale au Moyen-âge.

 

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A l'angle de la rue de Cléry et de la rue Poissonnière, dans le 2e arrondissement, une autre Catherine, aux lignes modernes et épurées, arbore le même attribut.

 

Plusieurs générations de catherinettes se sont succédées dans le Sentier, quartier parisien traditionnellement associé à la confection. Les petites mains des ateliers offraient à la sainte des couronnes de fleurs et chaque jeune fille devait la coiffer avec son chapeau. Elles utilisaient pour l'occasion la grande échelle des pompiers, ce qui provoquait des scènes joyeuses et cocasses. Un jury désignait ensuite le chapeau le plus réussi.

 

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Le cortège de la Sainte-Catherine, rue de Cléry, le 25 novembre 1937. (La photo, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, porte le numéro Ph.1940.64.1. Réf. 00006533.)

 

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La tradition de « coiffer Sainte-Catherine » s'est perpétuée dans les grands magasins et dans certaines entreprises, de préférence liées à la mode et au commerce. La recherche d'un mari n'est désormais plus prioritaire mais les catherinettes continuent d'arborer d'extravagants chapeaux, confectionnés avec humour par leurs collègues.

 

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Reines d'un jour, elles se rassemblent et participent à de joyeux défilés. Autrefois, dans chaque quartier de Paris, des confréries de jeunes filles veillaient sur une statue de la sainte qu'elles paraient de fleurs, chaque 25 novembre, et d'une coiffe neuve, confectionnée avec le plus grand soin. Celles qui trouvaient un époux devaient, après un rituel d'offrande à leur divine patronne, quitter la sororité.

 

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Catherine, dont le nom issu du grec « katharos » signifie « pureté », fut la seule sainte à qui l’Église attribua trois auréoles. La première, de couleur verte, symbolise la connaissance. La seconde, rouge sang, fait allusion au martyre et la troisième, d'un blanc immaculé, incarne la virginité.

 

Au-delà du voile protecteur qu'elle tisse sur les jeunes filles, elle est associée à la liberté de croyance et à l'intégrité du corps.

 

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Broderies et chapeaux

 

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A l'origine, le chapeau de la catherinette était une ravissante charlotte brodée, aux bords froncés, une coiffe régionale ou une coiffe de mariée en dentelle ou en tulle.

 

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Elle était agrémentée de noeuds verts et jaunes, de brins de fleurs d'oranger ou de fines fleurs blanches, symboles de lumière et de pureté.

 

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(Crédit photographique: Agence ROL).

 

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Sous l'impulsion des modistes, le chapeau devint l'expression d'une créativité bouillonnante se déclinant en deux couleurs symboliques: le jaune et le vert. Réputées incarner la foi et la connaissance, ces couleurs sont en réalité bien plus riches de sens.

 

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(Photo trouvée sur mc-creations.mabulle.com)

 

Gorgé d'or solaire, le jaune brille, avec force et sagesse dans la brume automnale, mais il fait aussi allusion aux dentelles jaunies et, par extension, à la « vieille fille » dont l'ombre plane sur toute catherinette. Le vert vient heureusement contrebalancer son pouvoir délétère.

 

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Le vert, associé à la déesse Vénus, protectrice de l'amour et des voeux ardents, signifie l'espoir et la force de la nature en liesse, le printemps triomphant et la satisfaction des désirs.

 

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Couleur du Green Man, le Feuillu, l'homme de la sylve qui s'unira, après les frimas hivernaux, à la déesse des fécondités printanières, et dont l'image s'est perpétuée, depuis des temps fort anciens, sur les chapiteaux des églises, les clefs de voûte, les stalles et les miséricordes.

 

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Le vert nous entraîne dans sa ronde ambivalente... Couleur des fées et des fous dans l'Europe médiévale; liqueur ensorcelante qui jaillit des yeux de Lucifer, le porteur de lumière; émanation des voeux et des connaissances perpétuées par différentes confréries; couleur de tout ce qui est « changeant », de la jeunesse et de l'amour, de la fortune fluctuante...

 

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Les Catherinettes revêtent donc les couleurs attribuées aux êtres instables et insaisissables dans le monde médiéval. Le jaune et le vert habillent ceux qui sont en marge, les initiés mystérieux qui échappent aux contraintes de la société et sont marqués par les dieux.

 

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Pendant plusieurs siècles, les « Catherinettes » désignèrent à Paris les religieuses augustines de l'Hôpital ou Hôtel-Dieu Sainte-Catherine situé dans la rue Saint-Denis. Ces Catherinettes étaient très aimées de la population parisienne. Les statuts de leur ordre imposaient l'hospitalité, les soins aux malades et l'inhumation en terre consacrée des personnes mortes en prison, noyées dans la Seine ou trouvées inanimées dans la rue. Elles apportèrent aussi leur aide aux jeunes filles livrées à la prostitution et créèrent des accueils pour les femmes venant de Province. Il s'agit du premier asile de nuit pour femmes, ancêtre de « l'Oeuvre de la protection de la jeune fille. »

 

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Au cimetière des Innocents, la croix de Sainte-Catherine veillait sur un périmètre accueillant les défunts dont personne ne voulait.

 

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Le folklore de la Sainte-Catherine

 

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Dans la tradition populaire, Catherine est liée à de nombreuses pratiques de magie amoureuse. Les jeunes filles allumaient une bougie à la nuit tombée et soufflaient leurs désirs dans la flamme dansante, en murmurant le nom de la sainte.

 

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Le fer à cheval, amulette gorgée de puissance lunaire, veillait au bon accomplissement de leurs voeux.

 

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Les pensées, les roses et les trèfles à quatre feuilles sont autant d'émanations de la Bonne Fortune amoureuse.

 

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On offrait jadis, de charmants petits bonnets brodés et destinés à favoriser la rencontre avec l'être aimé. Bonnets amulettes, réceptacles de prières et de superstitions, brimborions si fragiles qui ont traversé le temps, investis de tant d'espoirs et de rêves...

 

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« Amener quelqu'un sous la coiffe » signifiait se marier.

 

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La coiffe de Sainte-Catherine, renouvelée chaque année, symbolisait le renouvellement des saisons. Les bonnets qui décorent les cartes du jour sont investis de ce pouvoir calendaire et sacré.

 

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Ils sont accompagnés de devises aux allures de comptines, incantations populaires que certaines prononçaient, sitôt la carte reçue, en direction d'une flamme, en serrant contre leur coeur une petite poupée de chiffon baptisée « Catherine ».

 

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Le matin du 25 novembre, des groupes de jeunes filles se réunissaient. Chacune gravait son nom sur une bougie qui était ensuite fixée dans une coquille de noix. Les frêles esquifs scintillants étaient posés à la surface d'un récipient rempli d'eau. Ceux qui se frôlaient désignaient les jeunes filles qui seraient les premières à se marier.

 

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On faisait aussi couler des gouttes de cire à la surface d'un miroir ou d'un bol rempli d'eau. Si la cire formait un anneau, cela signifiait qu'un mariage était proche.

 

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Les jeunes filles enduisaient d'huile trois aiguilles bénies et les posaient à la surface d'une soucoupe remplie d'eau. Si l'une d'elles coulait dans les dix premières secondes, la perspective d'un mariage était fortement compromise.

 

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Glisser dans sa poche un petit bonnet vert au lever du jour est réputé favoriser la chance amoureuse mais replier un parapluie humide multiplie les chances de « coiffer Sainte-Catherine » ou, pour les garçons, de « porter la crosse de Saint-Nicolas »!

 

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Dans les chapelles consacrées à Sainte-Catherine, les jeunes filles âgées de 25 ans venaient piquer, dans la coiffe de la sainte, 25 épingles en faisant le voeu de trouver un époux. Jusqu'à leur trentième anniversaire, elles rajoutaient une épingle par an, si bien sûr elles n'avaient pas rencontré l'amour. Elles conservaient précieusement la trentième épingle, en espérant que la venue de l'âme soeur se concrétiserait le plus vite possible...

 

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La fleur d'oranger, quintessence de fécondité et de prospérité, était offerte aux jeunes mariées, sous forme de couronnes parfumées.

 

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En Provence, on présentait aux Catherinettes des petits bonnets et des objets en forme de coccinelle, insecte traditionnellement associé aux voeux d'amour et appelé « Catharinetto ».

 

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La coccinelle, amie des jardiniers (image vente-coccinelles.fr)

 

Si une jeune fille apercevait une coccinelle, elle faisait un voeu et regardait dans quelle direction l'insecte s'envolait. Un mari l'y attendrait peut-être...

 

Fileuse des opportunités d'amour, Sainte-Catherine était aussi appelée « protectrice de la santé » dans plusieurs régions de France et de Belgique. Elle était invoquée, le jour de sa fête, pour soigner l'eczéma, appelé « roues de Sainte-Catherine ». Il fallait brûler un cierge en l'honneur de la sainte dans la première église devant laquelle on passait.

 

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Sainte-Catherine et la roue de l'année

 

D'après certaines légendes, le soir de sa fête, Catherine se déplace dans les airs, à cheval sur une roue dentée qui symbolise la roue de l'année.

 

Gardienne des cycles calendaires, elle règne sur les mystères du Zodiaque et les secrets des éléments.

 

Dame d'abondance, elle dépose sur le seuil des portes et le rebord des fenêtres des sucreries et des jouets pour les enfants sages, des fleurs et des talismans d'amour (petites poupées, coeurs de tissu, broches en bois ciselé), pour les jeunes filles désireuses de se marier.

 

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La Fortune, par Guido Reni (1575-1642).

 

Catherine est assimilée à Fortuna, la déesse de la chance, dotée de pouvoirs prophétiques et invoquée par les jeunes filles en quête d'un époux. Elle est représentée debout sur une sphère ou une roue. Elle brandit un gouvernail et une corne d'abondance (cornu copiae). Elle s'élève dans le vent et navigue dans le ciel diurne et nocturne. Au fil du temps, elle est devenue l'incarnation du destin favorable à certains hommes politiques mais elle a toujours été associée aux voeux et aux cycles de la féminité.

 

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Fortuna, 1541, par Hans Sebald Beham (1500-1550).

 

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La Roue de Fortune ou Roue du Destin.

 

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La Roue de Fortune issue du Tarot des Imagiers du Moyen âge d'Oswald Wirth (1860-1943), mon tarot préféré...

 

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 Les anciens Gallois célébraient la déesse Arianrod ou « roue d'argent », navigatrice céleste à la barque de lune.

 

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La Roue des Moires, les « Destinées »...

 

Clotho file les jours et les évènements de la vie. Lachesis enroule le fil et détermine le sort de chacun. Atropos coupe avec ses ciseaux le fil de l'existence et libère le souffle vital de l'enveloppe corporelle.

 

Catherine, la fileuse des voeux, revêt certains attributs des Moires antiques, des Parques et des Nornes, appelées aussi les Trois Fées.

 

Dans certaines régions de France, le 25 novembre, les petites filles allaient frapper aux portes des villageois, guidées par une « reine Sainte-Catherine », adolescente tirée au sort par les trois femmes les plus âgées de la communauté. Vêtue de blanc, elle brandissait une petite quenouille (attribut des fées), décorée d'une pomme rouge. Les fillettes chantaient des chansons et recevaient des sucreries. Elles confectionnaient aussi des roses en tissu.

 

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Dans certaines régions de France, comme la Haute-Saône et la Franche-Comté, les pâtissiers préparent, depuis des siècles, des cochons en pain d'épices qui symbolisent la prospérité. De grandes foires Sainte-Catherine se tenaient autrefois sur les principaux axes commerciaux. La fête de Sainte-Catherine coïncidait aussi avec l'achat du cochon que les paysans allaient engraisser pendant l'hiver.

 

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Ces cochons en pain d'épices recouverts de chocolat ont un petit sifflet de bois à la place de la queue.

 

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(Image Office de tourisme de Vesoul.)

 

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On peut écrire son nom sur ces gourmandises porcines.

 

Au Canada, on savoure la tire Sainte-Catherine, une sucrerie à base de mélasse, de sirop de maïs ou blé d'Inde, de beurre, de cassonade, de sucre blanc ou brun.

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Une religieuse de Nouvelle-France nommée Marguerite Bourgeoys (1620-1700) en est la créatrice. Elle fonda la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, ouvrit sa première école un 25 novembre et fit déguster aux petites amérindiennes dont elle s'occupait ces friandises brun doré.

 

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Les jeunes filles à marier fabriquaient la tire pour l'offrir aux célibataires vivant près de chez elles. Aux États-Unis et au Canada anglais, ces gourmandises sont appelées « kisses ». Des baisers joyeusement sucrés dont la « fabrication » est encore plus aboutie quand elle se fait à deux... Chaque personne tire sur le mélange afin de lui donner une meilleure élasticité.

 

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Il existe de nombreuses recettes familiales avec plus ou moins de variantes. On y rajoute parfois du chocolat.

 

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Sainte-Catherine et la magie végétale

 

« A la Sainte-Catherine tout bois prend racine... »

 

Ce diction populaire, bien connu des jardiniers, désigne, à partir de la fin novembre, une période propice au bouturage des branches d'arbres. La saison est primordiale pour la multiplication de très nombreux arbres et arbustes, aussi bien ornementaux que fruitiers.

 

Défunts et Ancêtres ont été honorés pendant le cycle de Samain-Halloween et la terre profonde fourmille de vie, octroyant à certains végétaux des pouvoirs protecteurs.

 

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D'après les Archives Suisses des Traditions Populaires, (Tome XIII, 1909, p. 178), on choisit une rave le jour de la Sainte-Catherine. On coupe et on creuse la partie inférieure pour la remplir de terre et y semer des grains de blé puis on suspend la rave devant la fenêtre « qui s'ouvre à l'orient ». A la période de Noël, « la Catherine » ressemblera à une étrange poupée végétale, dotée d'une gaine de feuilles au bas du corps et d'une abondante chevelure verdoyante au-dessus. Protectrice du foyer, « la Catherine » sera nourrie avec un mélange de lait, d'eau de rose et de pluie.

 

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La ronde des dictons

 

Savourons quelques adages et devises issus des anciens almanachs et de la sagesse populaire...

 

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« Sainte-Catherine en manteau blanc

Apporte du froid pour longtemps. »

 

« Sainte-Catherine vient toujours de blanc habillée.»

 

« Pour la Sainte-Catherine fais de la farine

Car pour Saint-André le blé sera gelé. »

 

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« Quand au ciel Sainte-Catherine fait la moue

Il faut patauger longtemps dans la boue. »

 

« Sainte-Catherine, toute fille veut la fêter

Mais point ne veut la coiffer. »

 

Pour la Saint-Martin la neige est en chemin

Pour la Sainte-Catherine elle est à la courtine... »

 

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Je souhaite aux « Catherine » une excellente fête et je souffle à celles et ceux qui attendent l'être aimé mes pensées d'espoir et mes voeux de bonne fortune. Que la sagesse des Anciens leur soit favorable et que leurs rêves se réalisent!

 

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Le 25 Novembre est aussi la Journée Internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes mais n'oublions pas que l'attention aux victimes et le refus des actes de barbarie s'imposent chaque jour.

 

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Que virevoltent rêves et pensées au rythme des saisons!

 

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Bibliographie

 BRIÈRE, Léon: L'hôpital de Sainte-Catherine en la rue Saint-Denis (1184-1790). Paris: Imprimerie Nationale, 1890, 88 p. in-8°.

 COURSAULT, René: Sainte-Catherine d'Alexandrie. Le mythe et la réalité. Maisonneuve et Larose.

 DUMAX, V: Sainte-Catherine, patronne des jeunes filles. 1883.

 HURTAUT, MAGNY: Dictionnaire historique de la ville de Paris. Genève: Minkoff, 1779, 4 volumes. Réédité en 1973.

 

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 Merci de votre fidélité, grosses bises!

 

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Je vous offre cette rose d'automne photographiée sous la pluie, début novembre dans le Val d'Oise.

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fille, #jeune, #printemps, #rose, #vernon

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Attise mes rubans d'aurore

Touche la terre qui s'éveille

Rêveuse enfant les ombres d'or

Enfièvrent ta bouche vermeille

 

Ta peau d'opale au goût de fruit

Où la rose prend ses couleurs

Frissonne au baiser de la pluie

Qui tisse des miroirs aux fleurs

 

L'anémone aux sanglots de feu

Ensemence l'herbe des champs

Pétales pourpres capiteux

En farandole dans le vent

 

Soufflés sur les chênes des dieux

Les voluptés du paysage

Plus haut que les clochers frileux

Qui effilochent les nuages

 

Nymphe d'avril dans l'air soyeux

Tu brodes tes secrets arpèges

Sous les cerisiers mystérieux

Tu fais renaître ton cortège

 

Boutons givrés perles d'argent

Dans le vert écrin de la mousse

Les sortilèges du Printemps

Se lovent dans tes boucles rousses...

 

Cendrine

 

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« C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore. » Anatole France (1844-1924).

 

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Pour célébrer le retour du Printemps, je vous offre un florilège de beautés douces, au charme suranné, signées Émile Vernon (1872-1919).

 

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Jeunes filles et femmes fleurs dont l'exquise sensualité est l'expression d'une Nature rayonnante.

 

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Muses, nymphes, égéries radieuses ou fiancées de la saison nouvelle... Leur carnation opalescente frissonne au creux d'une palette d'ombres rose-thé.

 

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Les peintures d'Émile Vernon ont souvent été considérées avec dédain, qualifiées de mièvres et de trop académiques, or elles sont caractéristiques d'une mode fleurie, fraîche et délicieuse, en vigueur aux alentours de 1900.

 

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Jeune fille au bouquet de roses

 

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Douceur et romantisme se manifestent dans le choix des coloris, la transparence et le mouvement des fines étoffes, la qualité des broderies et des parures, le soin apporté à la description des visages et des chevelures d'où émane un érotisme diffus.

 

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Ces portraits élégants, fort appréciés en Angleterre et aux États-Unis, trouvent enfin leur place dans l'Histoire de l'Art, parmi les créations de la Belle-Époque.

 

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Jeune beauté sous les orangers

 

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Les Trois Grâces

 

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Dans ses charmes rosés...

 

Émile Vernon étudia à l'école des Beaux-Arts de Tours où il reçut le premier prix de dessin en 1888. Il devint à Paris l'élève d’Auguste Truphème (1836-1898) et de William Bouguereau (1825-1905), dont les nus féminins, les compositions mythologiques et les décorations murales pour de prestigieux monuments, comme le Grand Théâtre de Bordeaux, suscitèrent autant la critique que l'engouement du public. En 1898, Vernon présenta ses oeuvres à l'exposition de l'école des Beaux Arts et des Arts décoratifs de Tours et jusqu'en 1913, il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français.

 

En 1899, il réalisa des peintures pour le théâtre de Nevers et pour celui de Châtellerault (coupole et rideau de scène) sur le thème des Muses.

 

Ses portraits, ses paysages et ses peintures florales aux couleurs douces et aux atmosphères vaporeuses sont recherchés par les collectionneurs américains, canadiens et japonais. (Sources Larousse, Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 14 vol. nouvelle édition 1999.).

 

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La jeune fille aux coquelicots

 

Éveil de la sensualité, séduction drapée dans un écrin d'innocence, courbes qui se dévoilent et secret langage des fleurs... A certains égards, nous pouvons rapprocher les héroïnes de Vernon des portraits féminins de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), célèbre peintre et dessinateur français du Siècle des Lumières.

 

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La cruche cassée, 1771.

 

Mais les jeunes filles représentée par Greuze ont perdu leur virginité et doivent affronter le regard ambivalent de la société alors que les égéries de Vernon sont comme intouchables même si leur beauté est prête à être déflorée.

 

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Jean-Baptiste Greuze, étude pour Psyché, 1786.

 

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Émile Vernon, Lumière des étoiles

 

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La Libellule

 

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Jeune fille au clair de lune

 

« Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme. » Albert Samain (1858-1900).

 

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Beauté d'orient

 

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La nymphe des eaux

 

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Les chevelures et les bonnets des jeunes filles et des fillettes sont souvent décorés de cerises.

 

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Gourmandise écarlate aux sucs voluptueux, la cerise est un fruit d'été gorgé des promesses du printemps.

 

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La jeune fille aux cerises et à la colombe

 

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Le chiot malicieux

 

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Les oeillets

 

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Jeune fille au jardin

 

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Jeune fille à la robe rose

 

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Jeune femme élégante avec une rose jaune

 

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Une jeune femme avec un miroir

 

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Une tasse de thé

 

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Un doux moment

 

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Jeune femme au teint de rose

 

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Le Printemps se ranime, je vous souhaite de cueillir les charmes de l'instant!

 

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Avec de gros bisous...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amou, #coeur, #jeune, #saint, #valentin

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La guirlande des amours


Chaque année, à la mi-février, des rites d'amour et de très anciennes croyances fleurissent pour annoncer le réveil de la Nature, après les sombres nuits d'hiver. Dans ce contexte, le 14 février est célébré sous le patronage de Valentin, le saint des « fiancés, des jeunes filles et des garçons à marier » mais, malgré son importante popularité, le personnage se pare d'une aura de mystère.

La légende de Saint-Valentin
Plusieurs « Valentin » sont fêtés le 14 février, en France et dans d'autres pays, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des mythologues et des historiens. Une telle mise en lumière ayant généralement pour effet de « camoufler » un substrat de divinités pré-chrétiennes.

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La brouette d'amour


La légende de Saint-Valentin naquit sous le règne de l'empereur Claude II, dit le Gothique (214-270). En proie à certaines difficultés pour constituer ses légions, Claude fit interdire, en l'an 268, les fiançailles et les mariages sur l'ensemble du territoire qu'il dominait mais un prêtre nommé Valentin choisit de braver ses ordres et d'unir secrètement les jeunes couples. L'empereur le fit arrêter et condamner à mort par décapitation.

Dans sa prison, Valentin rencontra Augustine, la fille de son geôlier, une jeune aveugle à qui il rendit la vue, grâce à des prières. Elle prit soin de lui et il lui adressa, avant son exécution, une lettre qu'il aurait signée « Ton Valentin ».

Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, Valentin fut emprisonné pour avoir refusé de se prosterner devant les divinités de Rome. Il s'éprit de la fille de l'empereur Claude, une jeune aveugle qu'il s'efforça de guérir. L'empereur promit de se convertir si l'issue était heureuse mais Valentin subit tout de même le martyre. Il laissa à la demoiselle de son coeur un billet doux qui devint une « valentine ».


Les Lupercales romaines

Cette belle et tragique histoire a été façonnée dans un but politique et religieux, celui de « gommer » le souvenir érotique des Lupercales, fêtes de la fertilité célébrées jadis à Rome, le 15 février.

Les prêtres de Lupercus, le dieu loup de la fécondité, couraient dans la ville, vêtus de peaux de chèvre. Ils fouettaient, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qui croisaient leur chemin, afin de stimuler leur pouvoir de fertilité. La course sauvage des Luperques avait pour but de purifier la cité, d'éloigner les démons et les épidémies et de repousser les êtres atteints de lycanthropie.

Lupercus était le protecteur des animaux à cornes, des troupeaux et des futures récoltes. On organisait en son nom une « loterie d'amour ». Les jeunes hommes tiraient au sort le nom de la jeune fille qui deviendrait leur « compagne des festivités » et sur laquelle ils veilleraient, l'espace d'une année.

En l'an 496, le pape Gélase Ier décida de contrer les survivances des Lupercales en instituant la Saint-Valentin. La fête romaine, tissée de coutumes païennes, disparut au profit de célébrations plus « convenables » mais il fallut attendre la fin du XVe siècle pour que, sur l'initiative du pape Alexandre VI, Valentin devienne le patron officiel des amoureux.


Les amours des oiseaux

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La Saint-Valentin est associée aux parades nuptiales des oiseaux qui commencent à s'accoupler et sont considérés comme les messagers du printemps. Au cours de leurs voltes amoureuses, ils se livrent à des jeux mêlés de chants qui stimulent l'éveil des puissances naturelles.

Ils accompagnaient dans l'Antiquité les Gamélies athéniennes, célébrations rituelles des noces de Zeus et d'Héra qui se déroulaient de la mi-janvier à la mi-février. On offrait à la déesse des oiseaux sacrés, d'un blanc immaculé, tandis que les fiancés échangeaient des voeux d'amour en buvant du vin dans des coupes en forme d'oiseaux.

L'image des oiseaux a souvent été utilisée de manière symbolique pour représenter les élans de l'amour. Le verbe « oiseler », très employé au XVIIIe siècle, signifie d'ailleurs « faire l'amour ».


Charles d'Orléans, le chantre de l'amour

La tradition d'écrire des cartes de Saint-Valentin est étroitement liée à ce prince de France, neveu du roi Charles VI, qui naquit en 1394 et mourut en 1465. Charles Ier d'Orléans était le fils de Louis Ier, duc d'Orléans et de Valentine Visconti, fille du puissant duc de Milan, Jean Galéas Visconti.

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Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, il fut emmené en Angleterre et retenu captif à la Tour de Londres pendant 25 années. Il sublima sa souffrance grâce à l'écriture de chansons, de ballades, de complaintes et de rondeaux. Il composa aussi des poésies en langue anglaise.

Le thème de l'absence, la cruelle solitude alors que les oiseaux « apportent » le printemps, l'espoir qui veut survivre et l'amour ardent nous offrent un chant sublime, mêlé de fièvre et de noirceur. Le coeur à vif, le poète nous entraîne, avec les rougeoiements de sa plume, dans le cycle implacable et grandiose des saisons.

Le beau soleil, le jour Saint-Valentin

Le beau soleil, le jour Saint-Valentin,
Qui apportait sa chandelle allumée,
N'a pas longtemps entra un bien matin
Privéement en ma chambre fermée.
Cette clarté qu'il avait apportée,
Si m'éveilla du somme de Souci
Ou j'avais toute la nuit dormi
Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée.

Ce jour aussi, pour partir leur butin
Les biens d'Amours, faisaient assemblée
Tous les oiseaux qui, parlant leur latin,
Criaient fort, demandant la livrée
Que Nature leur avait ordonnée
C'était d'un pair (1) comme chacun choisi
Si ne me peux rendormir, pour leur cri,
Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée.

Lors en mouillant de larmes mon coussin
Je regrettai ma dure destinée,
Disant: « Oiseaux, je vous vois en chemin
De tout plaisir et joie désirée.
Chacun de vous a pair qui lui agrée,
Et point n'en ai, car Mort, qui m'a trahi,
A pris mon pair dont en deuil je languis
Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée. »

Envoi:

Saint-Valentin choisissent cette année
Ceux et celles de l'amoureux parti
Seul me tiendrai de confort dégarni
Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée

(1): « Pair » signifie compagne ou compagnon en français médiéval. Formé sur la même racine que le mot anglais « partner », il s'écrit aussi « per ».

Charles d'Orléans écrivit le rondel suivant pour sa jeune belle-soeur, Marguerite de Rohan.

« A ce jour de Saint-Valentin
Puis qu'êtes mon pair cette année,
De bien heureuse destinée,
Puissions-nous partir le butin!

Menez à beau frère hutin
Tant qu'ayez la pense levée
A ce jour de Saint-Valentin. »

Il rapporta la coutume de la Saint-Valentin en Touraine après sa libération d'Angleterre, en 1441, et la tradition des messages d'amour se répandit ensuite dans le reste du royaume et dans les cours européennes.


La vogue des « Valentines »

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La courte échelle


Au XVe siècle, il était d'usage de faire parvenir à sa bien aimée des messages d'amour afin de célébrer le retour du printemps mais il fallut attendre le XVIe siècle pour que les lettres d'amour soient joliment qualifiées de « valentines ».

Au XVIIIe siècle, on trouvait, dans toute l'Europe, de superbes valentines, décorées de coeurs, de roses et de Cupidons.

A l'époque victorienne (1840-1860), en Angleterre, elles se parèrent d'un décor très subtil et gracieux. Délicatement parfumées, elles furent agrémentées de petits ornements de soie, de dentelle, de plumes, de rubans, de fleurs fraîches ou séchées. Image6

Esther Allen Howland (1828-1904), la fille d'un célèbre papetier américain, lança, vers 1850, la production en série des cartes de Saint-Valentin. Image7

L'échelle d'amour


La chromolithographie, procédé d'impression en couleurs mis au point par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839) en 1837, contribua également, tout au long du XIXe siècle, à la diffusion des images de la Saint-Valentin.

 

Supertistions et coutumes de la Saint-Valentin
 

Dans la France et l'Angleterre des XIVe et des XVe siècles, les jeunes filles choisissaient leur « Valentin », un cavalier courtois qui leur offrait des cadeaux et leur dispensait de galantes attentions.

Le « Valentin » accompagnait sa « Valentine » à la fête des Brandons, le premier dimanche de Carême. Les futurs couples échangeaient des présents et des baisers autour d'un grand feu puis le « Valentin » allait « brandonner » à travers les champs et les vignes. Par ce geste à caractère magique, (il brandissait un bâton autour duquel crépitait un brin de paille enflammé), il voulait stimuler la croissance des futures récoltes et attirer la prospérité sur les champs et les familles.

Afin de voir en rêve leur futur amoureux, les jeunes filles cueillaient, après les douze coups de Minuit, le 14 février, cinq feuilles de laurier. Elles en épinglaient une à chaque extrémité de leur oreiller et plaçaient la cinquième au milieu. Puis elles récitaient sept fois la prière suivante avant de s'endormir: « Ô grand Saint-Valentin, protecteur de ceux qui s' aiment, fais que je puisse voir en mon dormant celui qui sera un ami fidèle et un merveilleux amant ».

Une vieille coutume préconise de porter des crocus jaunes dans les cheveux au lever du soleil pour attirer l'époux de ses rêves.

Un autre rituel d'amour consistait à frotter doucement la surface d'un miroir avec un tissu rouge avant d'ouvrir la fenêtre et d'allumer deux chandelles rouges. On étudiait ensuite les formes qui se dessinaient à la surface du miroir, les taches de lumière, les cristallisations et les effets de givre, afin de connaître les secrets d'un futur époux.

Pendant des siècles, dans le Kent, en Angleterre, les jeunes filles fabriquaient un « homme de houx » et les jeunes hommes une « demoiselle de lierre ». Ce couple végétal était promené dans les rues et symboliquement marié avant d'être brûlé, avec les cadeaux de sa dot. Les cendres recueillies étaient répandues dans les champs pour stimuler la croissance des jeunes pousses.

A Anvers, en Belgique, les jeunes filles recevaient de la part de leurs admirateurs des effigies du Greef, un personnage en speculoos ou en massepain. Le nombre de figurines à croquer qu'elles obtenaient était proportionnel à l'affection qu'on leur portait.

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1905


La divination par les oiseaux

Oracles de l'amour et du printemps, médiateurs entre les hommes et les esprits de la Nature, les oiseaux sont dotés de capacités surnaturelles, au moment de la Saint-Valentin. Ils dévoilent dans les rêves des renseignements précieux sur la future épouse ou le futur mari. Ils font croître les bourgeons en battant des ailes. La tradition préconise de faire un voeu, en tenant une plume ramassée quelques instants après le lever du soleil.

Le rouge-gorge qui sautille dans la rosée ou qui agite un brin d'herbe évoque un mariage avec un voyageur ou un marin.

La présence d'un moineau au petit jour près de la chambre augure d'un mariage d'amour.

Le chardonneret signale à la jeune fille qui l'aperçoit qu'elle fera la connaissance d'un riche parti.

Un vol de cygnes présage d'un mariage heureux mais un merle posé sur l'appui de la fenêtre annonce la venue d'un beau parleur.

Deux colombes qui s'embrassent sous le gage d'une union prospère et sans nuages.

La vue d'une mésange signifie que les époux auront de nombreux enfants.


Les symboles de la Saint-Valentin
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(Carte de 1910)


Le coeur, siège de l'amour, de la vie et de l'âme, organe des fluides et de la circulation sanguine, est le motif magique par excellence...

Le coeur percé d'une flèche évoque l'amour et la passion mais se présente aussi comme un symbole protecteur contre les dangers et les maléfices.

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Chromolithographie ancienne de roses, 1894, par Francis Dubreuil et Madame Laurent Simons,
trouvée sur le très joli site " roses anciennes en France.org "



La rose rouge est un emblème de désir et de passion mais aussi un gage d'amour et de fidélité. La rose rose évoque la délicatesse des sentiments.   Image11

Cupidon

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(Fresque d'Annibal Carrache, au Palais Farnèse, 1595-1597).



Incarnation antique de l'amour et du désir, Amour ou Cupidon, Eros en grec, est le fils d'Aphrodite, la déesse de l'amour et d'Arès, le dieu de la guerre. Cabotin, joueur, imprévisible et capricieux, il transperce les coeurs avec des flèches d'or ou d'argent. Son pouvoir est incommensurable. Il peut susciter l'amour aussi bien chez les hommes que chez les dieux.

De son union avec la belle Psyché, est née une fille qui  se nomme Volupté.
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Amour et Psyché, par Antonio Canova, 1793.

 


Les pouvoirs de Valentin

Saint patron des amoureux, Valentin est aussi très intéressant par les pouvoirs qui lui sont attribués dans le folklore de France et d'Europe.

Tel un Cupidon, il s'efforce d'unir les amants mais il veille ensuite à la bonne santé du couple. On l'invoque pour fortifier le coeur, apaiser les tourments physiques et moraux, les rhumatismes, les douleurs récurrentes, faire tomber la fièvre, purifier le sang. En Belgique, il est considéré comme un protecteur contre les blessures et les hernies.

Dans la région d'Hurtigheim, en Alsace, on trouve dans certaines chapelles des statuettes de Saint-Valentin, réputées apaiser les rhumatismes. Les personnes souffrantes offrent au saint une poule noire.

Depuis fort longtemps, Valentin est le protecteur des nourrissons contre la mort subite. Il repousse les maladies qui touchent les animaux, détruit la vermine et garde les cultures contre les caprices de la météorologie.

Il repousse la sècheresse et règne sur le vent comme en témoigne un vieux dicton du Centre de la France:

« Jour de Saint-Valentin
Vent au moulin ».

Dans le vieux Nice, on avait coutume de dire:

« Danse à la Saint-Valentin
Soleil sur le chemin ».

Comme le fait remarquer Philippe Walter dans son passionnant ouvrage intitulé Mythologie chrétienne, Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, Valentin est un saint très mystérieux, fêté à la période du Carnaval et entretenant avec celle-ci des rapports très étroits. Il se présente comme la forme christianisée d'une vieille divinité pré-chrétienne « possédant la syllabe val dans son nom ou son surnom ». P.88. Sa décapitation s'inscrit, à l'instar de celle des géants de Carnaval, dans un cycle solaire et cosmique de mort et de renaissance.


Un village nommé Saint-Valentin

Au coeur du Berry, les « traditions valentines » ont fait renaître de ses cendres un charmant village, considéré, depuis plusieurs décennies, comme le fief des amoureux. La fête de la Saint-Valentin étant très appréciées au Japon, un jumelage a eu lieu entre le village français et le temple bouddhiste de Sakuto-Cho, en octobre 1997.

De nombreux couples viennent s'y marier et poser devant « le kiosque des amoureux » , érigé, par les Compagnons du Tour de France, en hommage à l'illustrateur Raymond Peynet.

Près de l'arbre-à-voeux, les visiteurs suspendent des feuilles en forme de coeur gravées de leurs noms, dans de grandes structures arborescentes de métal.

L'emblème de la commune est le « coeur saignant », de ravissantes fleurs bicolores qui dessinent des coeurs roses ornés d'une sorte de plumet blanc.
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Les « Amoureux » de Peynet

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Raymond Peynet (1908-1999) apprit les techniques du dessin publicitaire à l'École des Arts Appliqués à l'Industrie. Son diplôme lui fut remis par un des frères Lumière.

Avec humour et sensibilité, il réalisa des étiquettes de parfums, des affiches, des encarts publicitaires, des dessins de presse et des décors de théâtre (notamment ceux du théâtre de la Huchette, dans le quartier Saint-Michel) mais il connut une célébrité mondiale avec ses « Amoureux », dédiés à son épouse et muse au nom prédestiné, Denise Damour.

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Ces personnages délicats, nés sous le kiosque à musique de Valence, dans la Drôme, ont séduit un public considérable, à travers une profusion de livres et d'objets (écharpes, porcelaines fines, médailles, poupées, statues...). En 1942, Raymond Peynet écrivit à leur sujet: « Assis sur un banc, j'ai dessiné le kiosque qui se trouvait devant moi, avec un petit violoniste qui jouait tout seul sous l'estrade et une petite femme qui l'écoutait et l'attendait. On voyait aussi les musiciens qui, ayant rangé leurs instruments dans leurs étuis, s'en allaient dans le parc de Valence ».

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Les Amoureux aux colombes



Les Amoureux ont traversé le temps sans prendre une ride. Depuis l'époque de leur publication par Max Favalelli, dans le périodique Ric et Rac, leurs vêtements se sont adaptés aux évolutions de la mode et à la ronde des saisons. Ils sont accompagnés de symboles d'amour incontournables: le coeur, les roses, les angelots et les oiseaux.

Ils ont inspiré des chansons comme « Les bancs publics », créée par Georges Brassens et « Les amoureux de papier », composée par Charles Aznavour et chantée par Marcel Amont.

Une de leurs statues se dresse à Hiroshima, au Japon, face au Mémorial de la Bombe Atomique.

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Peynet peignit aussi des tissus et décora des ouvrages de Jean Anouilh, d'Alfred de Musset et d'Eugène Labiche, comme Le voyage de Monsieur Perrichon en 1939.

Une longue tradition de cadeaux

Dans l'ancienne Europe, à la mi-février, les rituels d'amour étaient accompagnés par des cadeaux: petites sculptures réalisées dans du bois d'arbres fruitiers, couronnes et bracelets de fleurs, coeurs et figurines de cire, moules à gâteaux, chansons, poèmes... A partir de la Renaissance et surtout au XVIIIe siècle, les gants, les bas, les éventails et les rubans décorés de perles, de plumes et de petits bijoux firent fureur. Les bouquets de fleurs, les cartes et le chocolat furent très appréciés à partir du XIXe siècle.

Chacun est libre de croire que la Saint-Valentin n'est qu'une fête commerciale, peuplée d'ornements kitsch et de babioles sucrées or cette fête s'enracine profondément dans notre folklore et les plus jolies attentions n'ont pas besoin d'être assorties d'une valeur marchande.

Aux États-Unis, au Canada et au Japon, la Saint-Valentin est l'occasion d'exprimer son amour mais aussi de présenter ses voeux d'amitié. Les écoliers américains fabriquent des cartes qu'ils distribuent à leurs camarades, à leur institutrice, aux membres de leur famille et aux personnes qu'ils apprécient. Ils s'offrent aussi des petits sachets de graines qu'ils sèmeront pour célébrer le retour du printemps.

Bien loin des lieux communs et du dédain que certains manifestent à son égard, la Saint-Valentin est une broderie de traditions passionnantes et complexes qui ne demandent qu'à être explorées. Aussi je vous souhaite d'agréables moments de partage et de découverte ainsi que les opportunités d'exprimer votre amour, votre fantaisie et votre créativité, pas seulement ce jour mais tout au long de l'année! Joyeuse Saint-Valentin!

Bibliographie

Constant BEAUFILS: Étude sur la vie et les poésies de Charles d'Orléans. Paris: A. Durand, 1861.

Henri DONTENVILLE: Mythologie française. Paris: Payot, 1973.

Claude GAIGNEBET: Le Carnaval. Paris: Payot, 1974.

Arnold VAN GENNEP: Manuel de folklore français contemporain. Paris: Picard, 1947.

Philippe WALTER: Mythologie chrétienne. Paris: Imago, 2003.

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« C'est le coeur qui donne naissance à toute connaissance ». (Proverbe de l'Égypte ancienne.)

 

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #catherine, #fille, #jeune, #roue, #saint

 

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À la croisée de l'automne et de l'hiver, aux portes de l'Avent, refleurissent les roses de Sainte-Catherine.


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Leurs couleurs douces et vives, au charme suranné, propagent, dans la brume de Novembre, les voeux d'amour et les rituels de bonne fortune. Ouvrons, près d'une tasse de thé aux épices, le grand livre des traditions populaires.


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Brillante et cultivée, Catherine naquit en 290 dans la famille du roi Costus d'Alexandrie dont elle était probablement la fille.


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Lors d'une fête donnée par l'empereur Maximien, elle convertit au christianisme, après un débat philosophique particulièrement ardu, cinquante sages païens. L'empereur voulut l'épouser mais elle refusa de se soumettre à sa demande et fut condamnée à subir le martyre. En l'an 307, on l'attacha à une roue munie de pointes mais, sous l'intensité de ses prières, la roue se brisa et les sinistres pointes aveuglèrent les bourreaux. L'empereur, ivre de colère, ordonna sa décapitation. Après sa mort, du lait jaillit de son corps supplicié et des anges apparurent pour la porter au sommet du Mont Sinaï où un couvent fut érigé en son honneur.


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Sainte-Catherine, 1598, par Le Caravage (1571-1610).


De nombreuses corporations sont placées sous son patronage, à commencer par les fabricants de roues et les métiers pour lesquels on utilise la roue (les meuniers, les charretiers...) Elle est aussi la protectrice des orateurs, des étudiants, des philosophes, des notaires, des fileuses, des modistes, des nourrices et des jeunes filles en quête d'un mari, en des temps où le célibat n'avait pas bonne presse, surtout pour une femme.


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Il ne faut pas confondre Catherine d'Alexandrie avec Catherine de Sienne. Fille d'un teinturier, cette dernière refusa le mariage et choisit de vivre son célibat au sein de l'ordre des dominicains. Ses adeptes portaient le nom de Caterinati.


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Catherine d'Alexandrie, dans l'église Saint-Martin de Croix-Caluyau.


Dans l'Allemagne médiévale, les filles dont le père exerçait un métier utilisant la roue étaient baptisées « Katharina ». D'après une chanson populaire, « toutes les filles de meuniers s'appellent Catherine et sont de riches filles à marier ».


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« L'Amour est, nous dit-on, un petit dieu malin

Pour lui les bonnets sautent par-dessus les moulins. »

 

Les jeunes filles en quête d'un mari se plaçaient naturellement sous l'obédience de Catherine d'Alexandrie mais le terme « catherinette », associé à une jeune fille célibataire, âgée de 25 ans, ne fut attesté qu'en 1882.

 

A partir des années 1920, sous l'impulsion des couturières et des créatrices de mode, la Sainte-Catherine connut un regain de popularité. Pour les élèves des écoles de mode, elle fut l'occasion de déployer leur savoir-faire et de confectionner des chapeaux extravagants et des tenues coquettes.


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Dans le Larousse de 1948, la catherinette désigne une couturière ou une modiste encore célibataire à l'âge de 25 ans. On disait d'ailleurs qu’une jeune fille venue coiffer Sainte-Catherine « se mariait à l’aiguille. »


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Le 25 novembre était férié dans les ateliers de couture.


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A l'angle de la rue de Cléry et de la rue Poissonnière, dans le 2e arrondissement de Paris, trône une statue de Sainte-Catherine, aux lignes épurées. Elle tient la palme du martyre et de la reverdie.


Plusieurs générations de catherinettes se sont succédées dans le Sentier, quartier parisien traditionnellement associé à la confection. Les petites mains des ateliers offraient à la sainte des couronnes de fleurs et chaque jeune fille devait la coiffer avec son chapeau. Elles utilisaient pour l'occasion la grande échelle des pompiers, ce qui suscitait des scènes joyeuses et cocasses. Un jury désignait ensuite le chapeau le plus réussi.


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Le cortège de la Sainte-Catherine, rue de Cléry, le 25 novembre 1937. (La photo, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, porte le numéro Ph.1940.64.1. Réf. 00006533.)


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La tradition de « coiffer Sainte-Catherine » s'est perpétuée dans les grands magasins et dans certaines entreprises, de préférence liées à la mode et au commerce. La recherche d'un mari n'est désormais plus prioritaire mais les catherinettes continuent d'arborer d'extravagants chapeaux, confectionnés avec humour par leurs collègues.


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Reines d'un jour, elles se rassemblent et participent à de joyeux défilés. Autrefois, dans chaque quartier de Paris, des confréries de jeunes filles veillaient sur une statue de la sainte qu'elles paraient de fleurs, chaque 25 novembre, et d'une coiffe neuve, confectionnée avec le plus grand soin. Celles qui trouvaient un époux devaient, après un rituel d'offrande à leur divine patronne, quitter la sororité.


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Catherine, dont le nom issu du grec « katharos » signifie « pureté », fut la seule sainte à qui l’Église attribua trois auréoles. La première, de couleur verte, symbolise la connaissance. La seconde, rouge sang, fait allusion au martyre et la troisième, d'un blanc immaculé, incarne la virginité.


Au-delà du voile protecteur qu'elle tisse sur les jeunes filles, elle est associée à la liberté de croyance et à l'intégrité du corps.


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Broderies et chapeaux


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A l'origine, le chapeau de la catherinette était une ravissante charlotte brodée, aux bords froncés, une coiffe régionale ou une coiffe de mariée en dentelle ou en tulle.


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Elle était agrémentée de noeuds verts et jaunes, de brins de fleurs d'oranger ou de fines fleurs blanches, symboles de pureté dans la lumière quasi hivernale.


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(Crédit photographique: Agence ROL).


Sous l'impulsion des modistes, le chapeau devint l'expression d'une créativité bouillonnante qui se décline en deux couleurs symboliques: le jaune et le vert. Réputées incarner la foi et la connaissance, ces couleurs sont en réalité bien plus riches de sens.


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(Photo trouvée sur mc-creations.mabulle.com)


Gorgé d'or solaire, le jaune brille, avec force et sagesse dans la brume d'automne, mais il fait aussi allusion aux dentelles jaunies et, par extension, à la « vieille fille » dont l'ombre plane sur toute catherinette. Le vert vient heureusement contrebalancer son pouvoir délétère.


Le vert, associé à la déesse Vénus, protectrice de l'amour et des voeux ardents, signifie l'espoir et la force de la nature en liesse, le printemps triomphant et la satisfaction des désirs.


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Couleur du Green Man, le Feuillu, l'homme de la sylve qui s'unira, après les frimas hivernaux, à la déesse des fécondités printanières, et dont l'image s'est perpétuée, depuis des temps fort anciens, sur les chapiteaux des églises, les clefs de voûte, les stalles et les miséricordes.


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Le vert nous entraîne dans sa ronde ambivalente... Couleur des fées et des fous dans l'Europe médiévale, liqueur ensorcelante des yeux de Lucifer, émanation des voeux et des connaissances perpétuées par différentes confréries.


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Les Catherinettes revêtent donc les couleurs attribuées aux fous dans le monde médiéval. Le jaune et le vert habillent ceux qui sont en marge, les initiés mystérieux qui échappent aux contraintes de la société et sont marqués par les dieux.


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Vue sur le cimetière des Innocents, 1552.


Pendant plusieurs siècles, les « Catherinettes » désignèrent à Paris les religieuses augustines de l'Hôpital ou Hôtel-Dieu Sainte-Catherine situé dans la rue Saint-Denis. Ces Catherinettes étaient très aimées de la population parisienne. Les statuts de leur ordre imposaient l'hospitalité, les soins aux malades et l'inhumation en terre consacrée des personnes mortes en prison, noyées dans la Seine ou trouvées inanimées dans la rue. Elles apportèrent aussi leur aide aux jeunes filles livrées à la prostitution et créèrent des accueils pour les femmes venant de Province. Il s'agit du premier asile de nuit pour femmes, ancêtre de « l'Oeuvre de la protection de la jeune fille. »


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Au cimetière des Innocents, la croix de Sainte-Catherine veillait sur un périmètre accueillant les défunts dont personne ne voulait.


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Le folklore de la Sainte-Catherine


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Dans la tradition populaire, Catherine est liée à de nombreuses pratiques de magie amoureuse. Selon une vieille coutume, les jeunes filles allumaient une bougie à la nuit tombée et soufflaient leurs désirs dans la flamme dansante, en murmurant le nom de la sainte.


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Le fer à cheval, amulette gorgée de puissance lunaire, veillait au bon accomplissement de leurs voeux.


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Les pensées, les roses et les trèfles à quatre feuilles sont autant d'émanations de la Bonne Fortune amoureuse.


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On offrait jadis, de charmants petits bonnets brodés et destinés à favoriser la rencontre avec l'être aimé. Bonnets amulettes, réceptacles de prières et de superstitions, brimborions si fragiles qui ont traversé le temps, investis de tant d'espoirs et de rêves...


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« Amener quelqu'un sous la coiffe » signifiait se marier...


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La coiffe de Sainte-Catherine, renouvelée chaque année, symbolisait le renouvellement des saisons. Les bonnets décorant les cartes du jour sont investis de ce pouvoir calendaire et sacré.


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Ils sont accompagnés de devises aux allures de comptines, incantations populaires que certaines prononçaient, sitôt la carte reçue, en direction d'une flamme, en serrant contre leur coeur une petite poupée de chiffon baptisée « Catherine ».


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Le matin du 25 novembre, des groupes de jeunes filles se réunissaient. Chacune gravait son nom sur une bougie qui était ensuite fixée dans une coquille de noix. Les frêles esquifs scintillants étaient posés à la surface d'un récipient rempli d'eau. Ceux qui se frôlaient désignaient les jeunes filles qui seraient les premières à se marier.


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On faisait aussi couler des gouttes de cire à la surface d'un miroir ou d'un bol rempli d'eau. Si la cire formait un anneau, cela signifiait qu'un mariage était proche.


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Les jeunes filles enduisaient d'huile trois aiguilles bénies et les posaient à la surface d'une soucoupe remplie d'eau. Si l'une d'elles coulait dans les dix premières secondes, la perspective d'un mariage était fortement compromise.


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Glisser dans sa poche un petit bonnet vert au lever du jour est réputé favoriser la chance amoureuse mais replier un parapluie humide multiplie les chances de « coiffer Sainte-Catherine » ou, pour les garçons, de « porter la crosse de Saint-Nicolas »!


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Dans les chapelles consacrées à Sainte-Catherine, les jeunes filles âgées de 25 ans venaient piquer, dans la coiffe de la sainte, 25 épingles en faisant le voeu de trouver un époux. Jusqu'à leur trentième anniversaire, elles rajoutaient une épingle par an, si bien sûr elles n'avaient pas rencontré l'amour. Elles conservaient précieusement la trentième épingle, en espérant que la venue de l'âme soeur se concrétiserait le plus vite possible...


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La fleur d'oranger, quintessence de fécondité et de prospérité, était offerte, sous forme de couronnes parfumées, aux jeunes mariées.


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En Provence, on présentait aux Catherinettes des petits bonnets et des objets en forme de coccinelle, insecte traditionnellement associé aux voeux d'amour et appelé « Catharinetto ».


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La coccinelle, amie des jardiniers (image vente-coccinelles.fr)


Si une jeune fille apercevait une coccinelle, elle faisait un voeu et regardait dans quelle direction l'insecte s'envolait. Un mari l'y attendrait peut-être...


Fileuse des opportunités d'amour, Sainte-Catherine était aussi appelée « protectrice de la santé » dans plusieurs régions de France et de Belgique. Elle était invoquée, le jour de sa fête, pour soigner l'eczéma, appelé « roues de Sainte-Catherine ». Il fallait brûler un cierge en l'honneur de la sainte dans la première église devant laquelle on passait.


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Sainte-Catherine et la roue de l'année


D'après certaines légendes, le soir de sa fête, Catherine se déplace dans les airs, à cheval sur une roue dentée qui symbolise la roue de l'année.

 

Gardienne des cycles calendaires, elle règne sur les mystères du Zodiaque et les secrets des éléments.


Dame d'abondance, elle dépose sur le seuil des portes et le rebord des fenêtres des cadeaux pour les enfants sages, des fleurs et des talismans d'amour (petites poupées, coeurs de tissu, broches de bois ciselé), pour les jeunes filles désireuses de se marier.


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La Fortune, par Guido Reni (1575-1642).


Catherine est assimilée à Fortuna, la déesse de la chance, dotée de pouvoirs prophétiques et invoquée par les jeunes filles désireuses de se marier. Elle est représentée debout sur une sphère ou une roue. Elle brandit un gouvernail et une corne d'abondance (cornu copiae). Elle s'élève dans le vent et navigue dans le ciel diurne et nocturne. Au fil du temps, elle est devenue l'incarnation du destin favorable à certains hommes politiques mais elle a toujours été associée aux voeux et aux cycles de la féminité.


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Fortuna, 1541, par Hans Sebald Beham (1500-1550).


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La Roue de Fortune ou Roue du Destin


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La Roue de Fortune
issue du Tarot des Imagiers du Moyen âge
d'Oswald Wirth,
mon tarot préféré...


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Les Gallois célébraient la déesse Arianrod, roue d'argent, navigatrice céleste à la barque de lune.


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La Roue des Moires, les « Destinées »...


Clotho file les jours et les évènements de la vie. Lachesis enroule le fil et détermine le sort de chacun. Atropos coupe avec ses ciseaux le fil de l'existence et libère le souffle vital de l'enveloppe corporelle.


Catherine, la fileuse des voeux, revêt certains attributs des Moires antiques, des Parques et des Nornes, appelées aussi les Trois Fées.


Dans certaines régions de France, le 25 novembre, les petites filles allaient frapper aux portes des villageois, guidées par une « reine Sainte-Catherine », adolescente tirée au sort par les trois femmes les plus âgées de la communauté. Vêtue de blanc, elle brandissait une petite quenouille (attribut des fées), décorée d'une pomme rouge. Les fillettes chantaient des chansons et recevaient des sucreries. Elles confectionnaient aussi des roses en tissu.


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Dans certaines régions de France, comme la Haute-Saône et la Franche-Comté, les pâtissiers préparent, depuis plusieurs siècles, des cochons en pain d'épices qui symbolisent la prospérité. De grandes foires Sainte-Catherine se tenaient autrefois sur les principaux axes commerciaux. La fête de Sainte-Catherine coïncidait aussi avec l'achat du cochon que les paysans allaient engraisser pendant l'hiver.


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Ces cochons en pain d'épices recouverts de chocolat ont un petit sifflet de bois à la place de la queue.


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(Image trouvée sur le site de l'office de tourisme de Vesoul.)


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On peut écrire son nom sur ces gourmandises porcines.


Au Canada, on savoure la tire de Sainte-Catherine, une sucrerie à base de mélasse, de sirop de maïs ou blé d'Inde, de beurre, de cassonade, de sucre blanc ou brun.


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Une religieuse de Nouvelle-France, Marguerite Bourgeoys, en est à l'origine. Elle fonda la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, ouvrit sa première école un 25 novembre et fit déguster aux petites amérindiennes ces friandises brun doré.


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Les jeunes filles à marier fabriquaient la tire pour l'offrir aux célibataires vivant près de chez elles. Aux États-Unis et au Canada anglais, ces gourmandises sont appelées « kisses ». Des baisers joyeusement sucrés dont la « fabrication » est encore plus aboutie quand elle se fait à deux... Chaque personne tire sur le mélange afin de lui donner une meilleure élasticité.


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Il existe de nombreuses recettes avec plus ou moins de variantes. Certains y rajoutent du chocolat.



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Sainte-Catherine et la magie végétale


« A la Sainte-Catherine tout bois prend racine... »

 

Ce diction populaire, bien connu des jardiniers, désigne, à partir de la fin novembre, une période propice au bouturage des branches d'arbres. La saison est primordiale pour la multiplication de très nombreux arbres et arbustes, aussi bien ornementaux que fruitiers.


Défunts et ancêtres ont été honorés pendant le cycle de Samain-Halloween (consulter à ce sujet mon article intitulé La mystérieuse nuit d'Halloween) et la terre profonde fourmille de vie, octroyant à certains végétaux des pouvoirs protecteurs.


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D'après les Archives Suisses des Traditions Populaires, (Tome XIII, 1909, p. 178), on choisit une rave le jour de la Sainte-Catherine. On coupe et on creuse la partie inférieure pour la remplir de terre et y semer des grains de blé. Puis on suspend la rave devant la fenêtre « qui s'ouvre à l'orient ». A la période de Noël, « la Catherine » ressemblera à une étrange poupée végétale, dotée d'une gaine de feuilles au bas du corps et d'une abondante chevelure verdoyante au-dessus. Protectrice du foyer, « la Catherine » sera nourrie avec un mélange de lait, d'eau de rose et de pluie.


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La ronde des dictons


Savourons quelques adages et devises issus des anciens almanachs et de la sagesse populaire...


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« Sainte-Catherine en manteau blanc

Apporte du froid pour longtemps. »


« Sainte-Catherine vient toujours de blanc habillée... »


« Pour la Sainte-Catherine fais de la farine

Car pour Saint-André le blé sera gelé. »


« Quand au ciel Sainte-Catherine fait la moue

Il faut patauger longtemps dans la boue. »


« Sainte-Catherine, toute fille veut la fêter

Mais point ne veut la coiffer. »


Pour la Saint-Martin la neige est en chemin

Pour la Sainte-Catherine elle est à la courtine... »


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Je souhaite aux Catherine une excellente fête, et je souffle à celles et ceux qui attendent l'être aimé mes pensées d'espoir et mes voeux de bonne fortune. Que la sagesse des Anciens leur soit favorable et que leurs rêves se réalisent!


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Le 25 Novembre est aussi la Journée Internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes mais n'oublions pas que l'attention aux victimes et le refus des actes de barbarie s'imposent chaque jour...


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Que virevoltent nos rêves au rythme des saisons!


Bibliographie


BRIÈRE, Léon: L'hôpital de Sainte-Catherine en la rue Saint-Denis (1184-1790). Paris: Imprimerie Nationale, 1890, 88 p. in-8°.


COURSAULT, René: Sainte-Catherine d'Alexandrie. Le mythe et la réalité. Maisonneuve et Larose.


DUMAX, V: Sainte-Catherine, patronne des jeunes filles. 1883.


HURTAUT, MAGNY: Dictionnaire historique de la ville de Paris. Genève: Minkoff, 1779, 4 volumes. Réédité en 1973.


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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amour, #jeune, #psyche, #saint, #valentin

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« Tout l'Univers obéit à l'Amour;

                                                    Aimez, aimez, tout le reste n'est rien! » (Jean de la Fontaine)


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Chaque année, à la mi-février, des rites d'amour et de très anciennes croyances fleurissent pour annoncer le réveil de la Nature, après le règne des sombres nuits d'hiver. Dans ce contexte, la date du 14 février est célébrée sous le patronage de Valentin, le saint des « fiancés, des jeunes filles et des garçons à marier » mais en dépit de son importante popularité, le personnage se pare d'une aura de mystère.

 

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La légende de Saint-Valentin

Plusieurs « Valentin » sont fêtés le 14 février, en France et dans d'autres pays, ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des mythologues et des historiens. Une telle mise en lumière ayant généralement pour effet de «camoufler» un substrat de divinités pré-chrétiennes.

On honore ainsi un prêtre de Rome nommé Valentin, un évêque de Terni en Italie, un évêque de Toro en Espagne, un confesseur du Puy-en-Velay et un martyr africain.


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La légende de Saint-Valentin naquit sous le règne de l'empereur Claude II, dit le Gothique (214-270). En proie à certaines difficultés pour constituer ses légions, Claude fit interdire, en l'an 268, les fiançailles et les mariages sur l'ensemble du territoire qu'il dominait mais un prêtre nommé Valentin choisit de braver ses ordres et d'unir secrètement les jeunes couples. L'empereur le fit arrêter et condamner à mort par décapitation.

Dans sa prison, Valentin rencontra Augustine, la fille de son geôlier, une jeune aveugle à qui il rendit la vue, grâce à des prières. Elle prit soin de lui et il lui adressa, avant son exécution, une lettre qu'il aurait signée «Ton Valentin».

 

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Dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine, Valentin fut emprisonné pour avoir refusé de se prosterner devant les divinités de Rome. Il s'éprit de la fille de l'empereur Claude, une jeune aveugle qu'il s'efforça de guérir. L'empereur promit de se convertir si l'issue était heureuse mais Valentin subit tout de même le martyre. Il laissa à la demoiselle de son coeur un billet doux qui devint une « valentine ».

 

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Les Lupercales romaines

Cette belle et tragique histoire a été façonnée dans un but politique et religieux, celui de « gommer » le souvenir érotique des Lupercales, fêtes de la fertilité célébrées jadis à Rome, le 15 février.

Les prêtres de Lupercus, le dieu loup de la fécondité, couraient dans la ville, vêtus de peaux de chèvre. Ils fouettaient, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qui croisaient leur chemin, afin de stimuler leur pouvoir de fertilité. La course sauvage des Luperques avait pour but de purifier la cité, d'éloigner les démons et les épidémies et de repousser les êtres atteints de lycanthropie.

 Lupercus était le protecteur des animaux à cornes, des troupeaux et des futures récoltes. On organisait en son nom une « loterie d'amour ». Les jeunes hommes tiraient au sort le nom de la jeune fille qui deviendrait leur « compagne des festivités » et sur laquelle ils veilleraient, l'espace d'une année.

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En l'an 496, le pape Gélase Ier décida de contrer les survivances des Lupercales en instituant la Saint-Valentin. La fête romaine, tissée de coutumes païennes, disparut au profit de célébrations plus «convenables» mais il fallut attendre la fin du XVe siècle pour que, sur l'initiative du pape Alexandre VI, Valentin devienne le patron officiel des amoureux.

 

Les amours des oiseaux


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La Saint-Valentin est associée aux parades nuptiales des oiseaux qui commencent à s'accoupler et sont considérés comme les messagers du printemps. Au cours de leurs voltes amoureuses, ils se livrent à des jeux mêlés de chants qui stimulent l'éveil des puissances naturelles.

 

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Ils accompagnaient dans l'Antiquité les Gamélies athéniennes, célébrations rituelles des noces de Zeus et d'Héra qui se déroulaient de la mi-janvier à la mi-février. On offrait à la déesse des oiseaux sacrés, d'un blanc immaculé, tandis que les fiancés échangeaient des voeux d'amour en buvant du vin dans des coupes en forme d'oiseaux.

 

L'image des oiseaux a souvent été utilisée de manière symbolique pour représenter les élans de l'amour. Le verbe «oiseler», très employé au XVIIIe siècle, signifie d'ailleurs «faire l'amour».

 

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Charles d'Orléans, le chantre de l'amour


La tradition d'écrire des cartes de Saint-Valentin est étroitement liée à ce prince de France, neveu du roi Charles VI, qui naquit en 1394 et mourut en 1465. Charles Ier d'Orléans était le fils de Louis Ier, duc d'Orléans et de Valentine Visconti, fille du puissant duc de Milan, Jean Galéas Visconti.


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Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, il fut emmené en Angleterre et retenu captif à la Tour de Londres pendant vingt cinq années. Il sublima sa souffrance grâce à l'écriture de chansons, de ballades, de complaintes et de rondeaux. Il composa aussi des poésies en langue anglaise.


Le thème de l'absence, la cruelle solitude alors que les oiseaux «apportent» le printemps, l'espoir qui veut survivre et l'amour ardent nous offrent un chant sublime, mêlé de fièvre et de noirceur. Le coeur à vif, le poète nous entraîne, avec les rougeoiements de sa plume, dans le cycle implacable et grandiose des saisons.

 

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Le beau soleil, le jour Saint-Valentin


Le beau soleil, le jour Saint-Valentin,

Qui apportait sa chandelle allumée,

N'a pas longtemps entra un bien matin

Privéement en ma chambre fermée.

Cette clarté qu'il avait apportée,

Si m'éveilla du somme de Souci

Ou j'avais toute la nuit dormi

Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée.


Ce jour aussi, pour partir leur butin

Les biens d'Amours, faisaient assemblée

Tous les oiseaux qui, parlant leur latin,

Criaient fort, demandant la livrée

Que Nature leur avait ordonnée

C'était d'un pair (1) comme chacun choisi

Si ne me peux rendormir, pour leur cri,

Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée.

 

Lors en mouillant de larmes mon coussin

Je regrettai ma dure destinée,

Disant: « Oiseaux, je vous vois en chemin

De tout plaisir et joie désirée.

Chacun de vous a pair qui lui agrée,

Et point n'en ai, car Mort, qui m'a trahi,

A pris mon pair dont en deuil je languis

Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée. »

 

Envoi:

 

Saint-Valentin choisissent cette année

Ceux et celles de l'amoureux parti

Seul me tiendrai de confort dégarni

Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée

 

(1): « Pair » signifie compagne ou compagnon en français médiéval. Formé sur la même racine que le mot anglais « partner », il s'écrit aussi « per ».

 

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Charles d'Orléans écrivit le rondel suivant pour sa jeune belle-soeur, Marguerite de Rohan.

 

« A ce jour de Saint-Valentin

Puis qu'êtes mon pair cette année,

De bien heureuse destinée,

Puissions-nous partir le butin!

 

Menez à beau frère hutin

Tant qu'ayez la pense levée

A ce jour de Saint-Valentin. »

 

Il rapporta la coutume de la Saint-Valentin en Touraine après sa libération d'Angleterre, en 1441, et la tradition des messages d'amour se répandit ensuite dans le reste du royaume et dans les cours européennes.

 

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La vogue des « Valentines »


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Au XIVe siècle, en Angleterre, il était courant d'écrire, le jour de la Saint-Valentin, des messages d'amour et d'amitié. Le poète et philosophe anglais Geoffrey Chaucer (1340-1400), auteur des Canterbury Tales (Les Contes de Cantorbéry) décrivit, en 1381, cette coutume dans le Parlement des Oiseaux (The Parliament of Fowles).

 

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Chaucer relata, sous le patronage de Saint-Valentin, la cour empressée faite par le roi Richard II Plantagenêt à la princesse Anne de Bohême. Il initia par ses écrits la tradition des poèmes d'amour de la Saint-Valentin.

 

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Le poète John Gower (1330-1408) réunit dans une de ses ballades les «trois monarques de l'amour»: Saint-Valentin, la Nature et l'Amour personnifié. Ces trois «Puissances» convoquent un «gouvernement d'oiseaux» qui choisissent leurs compagnes à l'occasion de la Saint-Valentin.

 

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L'oeuvre de John Lydgate (1370?-1451?) s'inscrit dans la lignée de celles de Chaucer et de Gower. Dans Flower of Courtesy (lignes 10-14), le poète décrit l'origine des pratiques de la Saint-Valentin et invite les amoureux à célébrer avec fougue ce jour fatidique.

 

« Awake, ye lovers, out of your slombringe,

This glade morowe, in al the haste ye may;

Some observaunce dothe unto this day,

Your choyse ayen of herte to renewe,

In confyrmyng for ever to be trewe. »

 

Réveillez-vous, amants, de votre lourd sommeil,

En ce joyeux matin, dépêchez, dépêchez ;

Car la coutume veut qu’en ce jour,

Le choix de votre cœur renouveliez,

Et vous engagiez toujours fidèles à rester.

 

Empreinte d'un charme raffiné, la poésie anglaise est à l'origine de nos cartes d'amour de la Saint-Valentin.

 

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Dans la France du XVe siècle, les jeunes gens prirent l'habitude d'offrir à leur bien aimée des petits mots doux pour célébrer le retour du printemps mais il fallut attendre le XVIe siècle pour que les lettres d'amour soient joliment qualifiées de « valentines ».

 

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Au XVIIIe et au XIXe siècles, de superbes valentines ornées de colombes, de coeurs, de roses et de Cupidons se répandirent dans l'Europe entière.

 

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A l'époque victorienne (1840-1860), en Angleterre, elles furent imprégnées de parfums exquis et agrémentées de petits ornements de soie, de dentelle, de plumes, de rubans, de fleurs fraîches ou séchées.


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Esther Allen Howland (1828-1904), la fille d'un célèbre papetier américain, lança, vers 1850, la production en série des cartes de Saint-Valentin.


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Conçues comme de précieuses broderies, ces cartes suscitèrent l'engouement des collectionneurs.

 

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La chromolithographie, procédé d'impression en couleurs mis au point par le lithographe Godefroy Engelmann (1788-1839) en 1837, contribua également, tout au long du XIXe siècle, à la diffusion des images de la Saint-Valentin.


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Supertistions et coutumes de la Saint-Valentin


Dans la France et l'Angleterre des XIVe et des XVe siècles, les jeunes filles choisissaient leur «Valentin», un cavalier courtois qui leur offrait des cadeaux et leur dispensait de galantes attentions.

 

Le «Valentin» accompagnait sa «Valentine» à la fête des Brandons, le premier dimanche de Carême. Les futurs couples échangeaient des présents et des baisers autour d'un grand feu puis le «Valentin» allait «brandonner» à travers les champs et les vignes. Par ce geste à caractère magique, (il brandissait un bâton autour duquel crépitait un brin de paille enflammé), il stimulait la croissance des futures récoltes et attirait la prospérité sur les familles et les champs.

 

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Afin de voir en rêve leur futur amoureux, les jeunes filles cueillaient, après les douze coups de Minuit, le 14 février, cinq feuilles de laurier. Elles en épinglaient une à chaque extrémité de leur oreiller et plaçaient la cinquième au milieu. Puis elles récitaient sept fois la prière suivante avant de s'endormir: « Ô grand Saint-Valentin, protecteur de ceux qui s' aiment, fais que je puisse voir en mon dormant celui qui sera un ami fidèle et un merveilleux amant ».

 

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Une vieille coutume préconise de porter des crocus jaunes ou des jonquilles dans les cheveux au lever du soleil pour attirer l'époux de ses rêves.

 

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Un autre rituel d'amour consistait à frotter doucement la surface d'un miroir avec un tissu rouge avant d'ouvrir la fenêtre et d'allumer deux chandelles rouges. On étudiait ensuite les formes qui se dessinaient à la surface du miroir, les taches de lumière, les cristallisations et les effets de givre, afin de connaître les secrets d'un futur époux.

 

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Pendant des siècles, dans le Kent, en Angleterre, les jeunes filles fabriquaient un «homme de houx» et les jeunes hommes une «demoiselle de lierre». Ce couple végétal, mêlé de fleurs roses et bleues, était promené dans les rues et symboliquement marié avant d'être brûlé, avec les cadeaux de sa dot. Les cendres recueillies étaient répandues dans les champs pour stimuler la croissance des jeunes pousses.

 

A Anvers, en Belgique, les jeunes filles recevaient de la part de leurs admirateurs des effigies du Greef, un personnage en speculoos ou en massepain. Le nombre de figurines à croquer qu'elles obtenaient était proportionnel à l'affection qu'on leur portait.

 

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La divination par les oiseaux


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Oracles de l'amour et du printemps, médiateurs entre les hommes et les esprits de la Nature, les oiseaux sont dotés de capacités surnaturelles au moment de la Saint-Valentin. Ils dévoilent dans les rêves des renseignements précieux sur la future épouse ou le futur mari. Ils font croître les bourgeons en battant des ailes. La tradition préconise de faire un voeu en tenant une plume ramassée quelques instants après le lever du soleil.

 

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Le messager de l'amour, 1885, par Marie Spartali Stillman (1844-1927), artiste préraphaélite.

 

Le rouge-gorge qui sautille dans la rosée ou qui agite un brin d'herbe évoque un mariage avec un voyageur ou un marin.

 

La présence d'un moineau au petit jour près de la chambre augure d'un mariage d'amour.

 

Le chardonneret signale à la jeune fille qui l'aperçoit qu'elle fera la connaissance d'un riche parti.

 

Un vol de cygnes présage d'un mariage heureux mais un merle posé sur l'appui de la fenêtre annonce la venue d'un beau parleur.

 

Deux colombes qui s'embrassent sous le gage d'une union prospère et sans nuages.

 

La vue d'une mésange signifie que les époux auront de nombreux enfants.

 

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Les symboles de la Saint-Valentin


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(Carte de 1910)

 

Le coeur, siège de l'amour, de la vie et de l'âme, organe des fluides et de la circulation sanguine, est le motif magique par excellence...

 

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Le coeur percé d'une flèche évoque l'amour et la passion mais se présente aussi comme un symbole protecteur contre les dangers et les maléfices.

 

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La rose rouge est un emblème de désir et de passion mais aussi un gage d'amour et de fidélité. La rose rose évoque la délicatesse des sentiments.

 

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Chromolithographie ancienne de roses, 1894, par Francis Dubreuil et Madame Laurent Simons, trouvée sur le très joli site Roses anciennes en France.org.

 

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Cupidon

 

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(Fresque d'Annibal Carrache, au Palais Farnèse, 1595-1597).


Incarnation antique de l'amour et du désir, Amour ou Cupidon, Eros en grec, est le fils d'Aphrodite, la déesse de l'amour et d'Arès, le dieu de la guerre. Cabotin, joueur, imprévisible et capricieux, il transperce les coeurs avec des flèches d'or ou d'argent. Son pouvoir est incommensurable. Il peut susciter l'amour aussi bien chez les hommes que chez les dieux.

 

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Vénus et Cupidon, 1540-1545, par Agnolo di Cosimo dit Bronzino (1503-1572).

 

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Redouté pour sa nature taquine et chaotique, il est souvent «puni» par sa mère mais il parvient toujours à s'échapper et à n'en faire qu'à sa tête...

 

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Jeune fille se défendant contre l'amour, par William Bouguereau (1825-1905).

 

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Cupidon à la rose

 

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La Beauté couronnée par Cupidon

 

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Cupidon adolescent

 

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L'Amour mouillé, 1891, toujours par William Bouguereau, au musée des Beaux-Arts de La Rochelle.

 

De l'union de Cupidon et de la ravissante Psyché est née une fille appelée Volupté.

 

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Amour et Psyché, enfants, 1890, par William Bouguereau.

 

Psyché aux ailes de papillon dont les larmes et le sourire font renaître la rosée.

 

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Les mêmes, un peu plus âgés...

 

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Psyché apparaît dans l'Âne d'Or ou Les Métamorphoses d'Apulée, célèbre philosophe antique né vers 123 ou 125 après J.-C. et mort aux environs de l'an 170.

 

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Psyché,1904, par Guillaume Seignac

 

Un roi grec de l'Antiquité avait trois filles dont Psyché, honorée pour sa resplendissante beauté. Les sujets du royaume se pressaient autour d'elle pour l'admirer et en oubliaient la dévotion qu'ils devaient à Vénus, la déesse de l'Amour.

 

Ivre de jalousie, Vénus ordonna à Cupidon d'inspirer à Psyché de l'amour pour le plus laid et le plus méprisable des mortels.

 

Cupidon s'envola pour exécuter les volontés de sa mère mais quand il aperçut Psyché, il fut tellement charmé par sa beauté qu'il se blessa avec l'une de ses flèches et tomba éperdument amoureux.

 

Alors que ses sœurs épousaient de riches personnages, Psyché demeurait jeune fille. Le roi, fort contrarié, consulta un oracle qui lui ordonna de vêtir la princesse de noir et de l'abandonner au sommet d'une colline où une monstrueuse créature s'unirait à elle. Malgré son désespoir, le roi dut se résoudre à faire conduire sa fille adorée au lieu du sacrifice.

 

Quand elle se retrouva seule, Psyché sentit qu'un souffle parfumé gonflait le tissu de sa funèbre robe. Zéphyr, le vent d'ouest, s'empara d'elle et la transporta jusqu'à une prairie verdoyante où elle s'endormit.

 

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Psyché dans le jardin d'Eros,1904, par John William Waterhouse (1849-1917)

 

Au matin, elle découvrit un palais somptueux, soutenu par des colonnes d'or et des voûtes d'ivoire et de bois de citronnier, décoré de bas-reliefs en argent et de mosaïques de perles et de diamants. Elle y pénétra, sous l'impulsion d'une voix mystérieuse qui l'invita à savourer des mets luxueux, à se glisser dans un bain délassant et à s'étendre, à la nuit tombée, sur un lit précieux où la rejoignit son époux...

 

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Le bain de Psyché, 1879, par Frederick Leighton (1830-1896)

 

Comblée après sa nuit de noces, Psyché connut des jours et des nuits de plaisirs intenses mais le souvenir de sa famille hantait son coeur et son esprit. Ému par son chagrin, son époux lui permit de rejoindre les siens quelques temps mais lui fit promettre de ne jamais chercher à contempler son visage.

 

Elle retrouva ses parents et ses sœurs mais celles-ci, étonnées de son bonheur, s'efforcèrent d'insinuer le doute en elle, en affirmant que, dans l'obscurité, elle s'unissait très certainement à un monstre.

 

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Psyché et ses deux soeurs par Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

 

La nuit qui suivit son retour au palais, Psyché s'approcha de son époux endormi pour l'éclairer de sa lampe. A son grand soulagement, elle distingua les traits du plus séduisant de tous les dieux mais alors qu'elle s'émerveillait de sa découverte, une goutte d'huile bouillante tomba sur l'épaule de Cupidon. Réveillé en sursaut, il reprocha à la jeune femme d'avoir trahi sa parole et disparut.

 

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Psyché levant sa lampe pour contempler Cupidon endormi,1737-1739, peinture appartenant au Cycle de l'Histoire de Psyché, réalisée par Charles-Joseph Natoirepour l'Hôtel de Soubise à Paris.

 

Désespérée, Psyché le chercha aux quatre coins de la terre et finit, de guerre lasse, par envoyer des prières à Vénus.

 

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L'Amour quittant Psyché,par Carle Van Loo (1705-1765).

 

Ravie de pouvoir se venger, Vénus fit de Psyché sa servante et lui imposa une série de travaux rudes et humiliants mais aucune tâche ne semblait impossible à la jeune femme tant son amour lui donnait du courage et de la persévérance.

 

Un soir, Vénus mélangea du froment, de l'orge, du millet, des graines de pavot, des pois, des lentilles et des fèves et ordonna à Psyché de trier chaque sorte de graine. Psyché vit alors une myriade de fourmis venir à son aide. Ces «filles de la terre» plongèrent dans le monticule de graines et classèrent l'ensemble par petits tas. Quand Vénus découvrit le résultat, elle réagit avec fureur...

 

Elle ordonna ensuite à Psyché de traverser un bois sacré, bordé par une rivière, à la recherche d'un troupeau de brebis à la toison dorée et de lui rapporter un flocon de leur précieuse laine. Mais alors que Psyché s'approchait du troupeau, un roseau lui chuchota que les brebis étaient enragées. Il lui conseilla d'attendre que le soleil soit moins haut dans le ciel et de rejoindre un bouquet d'arbres dominant la rivière. La laine d'or, portée par le vent, s'y attachait en grappes scintillantes.

 

Psyché revint saine et sauve auprès de Vénus. Très mécontente, la déesse lui ordonna de se rendre au sommet d'une montagne où de remplir un petit flacon avec de l'eau venant d'une mystérieuse source.

 

Psyché trouva la source mais quand elle voulut remplir le flacon, de grandes mâchoires de pierre la menacèrent. Apparut alors un aigle royal, oiseau tutélaire de Jupiter, le roi des dieux. Il prit le flacon entre ses serres et le remplit. Psyché réussit l'épreuve et, une fois encore, Vénus fut prise à son propre piège...

 

La déesse ordonna ensuite à la jeune femme de descendre dans les Enfers et de collecter, auprès de Proserpine, un peu de beauté enchantée dans un coffret.

 

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Psyché par Paul Alfred de Curzon(1820-1895)

 

Convaincue de devoir mourir pour entreprendre ce voyage, Psyché monta tout en haut d'une tour mais alors qu'elle allait sauter dans le vide, une voix résonna à travers les pierres de la tour. Elle lui révéla l'existence d'un chemin permettant d'entrer et ressortir vivante des Enfers. Psyché traversa le Styx sur la barque du nocher Charon, envoûta le féroce chien Cerbère et reçut des mains de Proserpine la boîte qui contenait la beauté des déesses.

 

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Psyché obtenant de Proserpine l'élixir de beauté,1735, par Charles-Joseph Natoire.


Mais dès qu'elle fut sortie des Enfers, une irrépressible curiosité s'empara d'elle. Elle ouvrit la boîte et une vapeur sombre et bleutée s'en échappa. Elle sombra alors dans une léthargie proche de la mort.

 

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Psyché ouvrant la boîte,1903, par John William Waterhouse.


Cupidon, emprisonné par sa mère en raison de ses noces clandestines avec Psyché, ressentit le drame qui arrivait. Il parvint à se libérer de sa prison et se hâta de la rejoindre pour la ranimer sous ses baisers.

 

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Psyché ranimée par le baiser de l'Amour, 1793, sculpture d'Antonio Canova (1757-1822) musée du Louvre.


Psyché remit la boîte à Vénus pendant que Cupidon implorait Jupiter de lui accorder son soutien. Jupiter accepta et convoqua le Conseil des Dieux. Psyché y parut, dans l'éclat de sa beauté, et but, devant la divine assemblée, une coupe d'ambroisie qui lui offrit l'immortalité. Les noces de Psyché et de Cupidon furent officiellement célébrées et Vénus accepta sa belle-fille...

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L'Amour et Psyché,par Louis Jean-François Lagrenée(1724-1805).

 

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Psyché et l'Amour, 1798, par le Baron François Gérard (1770-1837), musée du Louvre.

 Psyché, incarnation des premières émotions de l'âme, l'âme-souffle qui s'éveille à l'amour...


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Les pouvoirs de Valentin

A l'instar de Cupidon, Valentin s'efforce de réunir les amoureux mais il veille aussi sur la bonne santé morale et physique des couples. Il fut jadis invoqué pour fortifier le coeur, apaiser de nombreux tourments, soigner les rhumatismes et les douleurs récurrentes, faire tomber la fièvre et purifier le sang. En Belgique, il est considéré comme un protecteur contre les blessures et les hernies.

Dans la région d'Hurtigheim, en Alsace, on trouve dans certaines chapelles des statuettes de Saint-Valentin, réputées apaiser les rhumatismes. Les personnes souffrantes offrent au saint une poule noire.

Depuis fort longtemps, Valentin est le protecteur des nourrissons contre la mort subite. Il repousse les maladies qui touchent les animaux, détruit la vermine et garde les cultures contre les caprices de la météorologie.

Il repousse la sècheresse et règne sur le vent comme en témoigne un vieux dicton du Centre de la France:

« Jour de Saint-Valentin

   Vent au moulin ».

 

Dans le vieux Nice, on avait coutume de dire:

« Danse à la Saint-Valentin

   Soleil sur le chemin ».

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Comme le fait remarquer Philippe Walter dans son ouvrage intitulé Mythologie chrétienne, Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, Valentin est un saint très mystérieux, fêté à la période du Carnaval et entretenant avec celle-ci des rapports très étroits. Il se présente comme la forme christianisée d'une vieille divinité pré-chrétienne « possédant la syllabe val dans son nom ou son surnom ». P.88. Sa décapitation s'inscrit, à l'instar de celle des géants de Carnaval, dans un cycle solaire et cosmique de mort et de renaissance.

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Un village nommé Saint-Valentin

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Au coeur du Berry, les « traditions valentines » ont fait renaître de ses cendres un charmant village, considéré, depuis plusieurs décennies, comme le fief des amoureux. La fête de la Saint-Valentin étant très appréciées au Japon, un jumelage a eu lieu entre le village français et le temple bouddhiste de Sakuto-Cho, en octobre 1997.

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De nombreux couples viennent s'y marier et poser devant « le kiosque des amoureux » , érigé, par les Compagnons du Tour de France, en guise d'hommage à l'illustrateur Raymond Peynet.

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Près du saule aux voeux, les visiteurs suspendent des feuilles en forme de coeur gravées de leurs noms, dans de grandes structures arborescentes de métal.

L'emblème de la commune est le « coeur saignant » ou Coeur de Marie, de ravissantes fleurs bicolores qui dessinent des coeurs roses ornés d'une sorte de plumet blanc.

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Les « Amoureux » de Peynet

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Raymond Peynet (1908-1999) apprit les techniques du dessin publicitaire à l'École des Arts Appliqués à l'Industrie. Son diplôme lui fut remis par un des frères Lumière.

Avec humour et sensibilité, il réalisa des étiquettes de parfums, des affiches, des encarts publicitaires, des dessins de presse et des décors de théâtre (notamment ceux du théâtre de la Huchette, dans le quartier Saint-Michel) mais il connut une célébrité mondiale avec ses «Amoureux», dédiés à son épouse et muse au nom prédestiné, Denise Damour.

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 Ces personnages délicats, nés sous le kiosque à musique de Valence, dans la Drôme, ont séduit un public considérable, à travers une profusion de livres et d'objets (écharpes, porcelaines fines, médailles, poupées, statues...). En 1942, Raymond Peynet écrivit à leur sujet: « Assis sur un banc, j'ai dessiné le kiosque qui se trouvait devant moi, avec un petit violoniste qui jouait tout seul sous l'estrade et une petite femme qui l'écoutait et l'attendait. On voyait aussi les musiciens qui, ayant rangé leurs instruments dans leurs étuis, s'en allaient dans le parc de Valence ».

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Les Amoureux ont traversé les époques sans prendre une ride. Depuis l'époque de leur publication par Max Favalelli, dans le périodique Ric et Rac, leurs vêtements se sont adaptés aux évolutions de la mode et à la ronde des saisons. Ils sont accompagnés de symboles d'amour incontournables: le coeur, les roses, les angelots et les oiseaux.

 

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Ils ont inspiré des chansons comme «Les bancs publics», créée par Georges Brassens et «Les amoureux de papier», composée par Charles Aznavouret chantée par Marcel Amont.

 

Une de leurs statues se dresse à Hiroshima, au Japon, face au Mémorial de la Bombe Atomique.

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Peynet peignit aussi des tissus et décora des ouvrages de Jean Anouilh, d'Alfred de Musset et d'Eugène Labiche, comme Le voyage de Monsieur Perrichonen 1939. Les amoureux de ses oeuvres pourront visiter quatre musées dans le monde qui lui sont consacrés: deux en France (Antibes et Brassac-les-Mines) et deux au Japon (Karuisawa et Mimasaka).


Une longue tradition de cadeaux

Dans l'ancienne Europe, à la mi-février, les rituels d'amour étaient accompagnés par des cadeaux: petites sculptures réalisées dans du bois d'arbres fruitiers, couronnes et bracelets de fleurs, coeurs et figurines de cire, moules à gâteaux, chansons, poèmes... A partir de la Renaissance et surtout au XVIIIe siècle, les gants, les bas, les éventails et les rubans décorés de perles, de plumes et de petits bijoux firent fureur. Les bouquets de fleurs, les cartes et le chocolat furent très appréciés à partir du XIXe siècle.

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Chacun est libre de croire que la Saint-Valentin n'est qu'une fête commerciale, peuplée d'ornements kitsch et de babioles sucrées or cette fête s'enracine profondément dans notre folklore et les plus jolies attentions n'ont pas besoin d'être assorties d'une valeur marchande.

En Italie, on offre des chocolats recouverts de noisettes appelés Baci Perugina qui contiennent des billets doux.

Aux États-Unis, au Canada et au Japon, la Saint-Valentin est l'occasion d'exprimer son amour mais aussi de présenter ses voeux d'amitié. Les écoliers américains fabriquent des cartes qu'ils distribuent à leurs camarades, à leur institutrice, aux membres de leur famille et aux personnes qu'ils apprécient. Ils s'offrent aussi des petits sachets de graines qu'ils sèmeront pour célébrer le retour du printemps.

 A la Saint-Valentin fleurissent d'exquises gourmandises qui enfièvreront les papilles, à l'instar de ces petits trésors...

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(www.lecacaotier.com)

 

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La Maison du Chocolat...

 

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Bien loin des lieux communs et du dédain que certains manifestent à son égard, la Saint-Valentin est une broderie de traditions passionnantes et complexes qui ne demandent qu'à être explorées. Je vous souhaite d'agréables moments de partage et de découverte ainsi que les opportunités d'exprimer votre amour, votre fantaisie et votre créativité, pas seulement l'espace d'une journée mais tout au long de l'année...

 

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Joyeuse Saint-Valentin!

 

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Bibliographie

Constant BEAUFILS: Étude sur la vie et les poésies de Charles d'Orléans.Paris: A. Durand, 1861.Henri DONTENVILLE: Mythologie française. Paris: Payot, 1973.

Claude GAIGNEBET: Le Carnaval. Paris: Payot, 1974.

Arnold VAN GENNEP: Manuel de folklore français contemporain. Paris: Picard, 1947.

Philippe WALTER: Mythologie chrétienne. Paris: Imago, 2003.


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« C'est le coeur qui donne naissance à toute connaissance ». (Proverbe de l'Égypte ancienne.)


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