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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #loin, #moret, #porte, #sisley, #ville

 

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Je vous invite à une promenade à Moret-sur-Loing, charmante petite ville de Seine-et-Marne située en lisière de la forêt de Fontainebleau, sur les bords de la rivière Loing. Mes photos ont été prises entre été et automne, avant confinement.

 

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En introduction à cette balade, j'ai choisi pour honorer le rendez-vous du poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne, une poésie de Robert Desnos (1900-1945), poète, écrivain et journaliste, de sensibilité Surréaliste qui mourut du typhus dans les abysses du camp de concentration de Theresienstadt (en Tchéquie).

 

La Rivière

 

« D’un bord à l’autre bord j’ai passé la rivière,

Suivant à pied le pont qui la franchit d’un jet

Et mêle dans les eaux son ombre et son reflet

Au fil bleui par le savon des lavandières.

 

J’ai marché dans le gué qui chante à sa manière.

Étoiles et cailloux sous mes pas le jonchaient.

J’allais vers le gazon, j’allais vers la forêt

Où le vent frissonnait dans sa robe légère.

 

J’ai nagé. J’ai passé, mieux vêtu par cette eau

Que par ma propre chair et par ma propre peau.

C’était hier. Déjà l’aube et le ciel s’épousent.

 

Et voici que mes yeux et mon corps sont pesants,

Il fait clair et j’ai soif et je cherche à présent

La fontaine qui chante au cœur d’une pelouse. »

 

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La rivière Loing, affluent de la Seine, nous conduit aux séduisants vestiges des fortifications de ce bourg aux origines gallo-romaines et riche de belles enseignes, de heurtoirs et de façades ouvragées.

 

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Avant de suivre, dans de prochains articles, le cours de l'eau, je vous propose de vous arrêter devant l'entrée de Moret où se dresse le monument commémoratif au peintre Alfred Sisley, figure marquante de la ville. Nous contemplerons ensuite les détails de la Porte de Samois.

 

Le monument dédié à Alfred Sisley fut commandé par « un comité de notables et d'amis du peintre » et réalisé par le sculpteur Eugène Thivier (1845-1920). La fille d'Alfred Sisley demanda à Auguste Rodin (1840-1917) de concevoir le buste de son père et Rodin accepta mais le comité préféra faire appel à Eugène Thivier.

 

 

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Alfred Sisley (1839-1899) tomba amoureux de Moret-sur-Loing où il s'établit définitivement à partir de novembre 1889. Passionné par la peinture et les musées de Londres (ses parents étaient anglais mais il naquit à Paris), il fit ses études à l’École des Beaux-Arts, dans l’atelier de Charles Gleyre (1806-1874), en compagnie des peintres de Barbizon. Il se lia également d'amitié avec Frédéric Bazille, Claude Monet et Auguste Renoir.

 

Sa famille ayant connu la ruine financière pendant la Guerre de 1870 (ses parents étaient de riches négociants spécialisés dans le commerce avec l'Amérique du Sud), il essaya de vivre de sa peinture mais il n'y parvint pas. Il fut apprécié par de nombreuses personnes mais jusqu'à la fin de ses jours, les problèmes d'argent s'accumulèrent... Face aux créanciers qui se succédaient, il dut changer de domicile souvent mais il trouva une forme d'harmonie personnelle et artistique sur les bords du Loing, à Moret et dans les petites villes alentour.

 

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Le 19 janvier 1892, les mots qu'il écrivit à son ami Tavernier résument son amour de Moret...

 

« Je suis donc depuis bientôt 12 ans à Moret ou aux environs. C’est à Moret devant cette nature si touffue, ses grands peupliers, cette eau du Loing si belle, si transparente, si changeante, c’est à Moret certainement que j’ai fait le plus de progrès dans mon art; surtout depuis trois ans. Aussi quoiqu’il soit bien dans mes intentions d’agrandir mon champ d’études, je ne quitterai jamais complètement ce coin si pittoresque. »

 

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Allégorie de l'Art

 

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La vie matérielle fut très dure pour Alfred Sisley (comme pour tant d'autres hélas...) qui mourut d'un cancer, le 29 janvier 1899, dans une grande détresse morale et physique. Le 8 octobre 1898, il avait perdu sa femme, Marie-Eugénie Lescouezec, mère de ses trois enfants, Pierre (né en 1867), Jeanne (née en 1869) et Jacques (né en 1871).

 

Toute sa vie, il se battit contre la pauvreté et aujourd'hui, ses toiles sont exposées dans les plus grands musées du monde. Certaines se sont vendues plusieurs millions d'euros !

 

Nous y reviendrons lorsque je vous emmènerai sur les berges du Loing. En attendant, je vous propose d'entrer dans Moret par la Porte de Samois...

 

 

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La Porte de Samois qui déploie sa belle architecture à seulement quelques mètres du monument à Alfred Sisley. Elle évoque la riche histoire de Moret « établie » sur le Loing.

 

En 1081, Philippe Ier (1052-1108), roi de France, échangea auprès du duc de Bourgogne la petite ville de Moret contre des moulins et des fiefs situés, un peu plus loin, à Montereau. Moret devint une ville frontière, une possession capétienne prisée et convoitée de par sa position sur le Loing, rivière se jetant dans la Seine, sa proximité avec la forêt de Fontainebleau et sa situation sur la route qui menait de Paris à la Bourgogne.

 

Des fortifications furent construites sous le règne de Philippe-Auguste (1165-1223, a régné de 1180 à 1215). Elles comprenaient un château doté d'un puissant donjon, vingt tours, quatre poternes et trois portes.

Un pont fut également construit à la fin du XIIe siècle. Un ouvrage associé à une série de fortifications qui permettaient de percevoir l'octroi, soit les taxes sur les marchandises transportées.

 

Les rois de France aimèrent beaucoup Moret qu'ils fréquentèrent en alternance avec Fontainebleau. Henri IV (1553-1610) notamment, vint y rendre visite à sa maîtresse Jacqueline de Bueil (1588-1651), Comtesse de Moret, qui avait établi sa résidence au donjon.

 

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Le nom « Moret » semble avoir plusieurs origines...

 

Le nom celtique Mor/Morée signifie « marécage, lieu mêlé de terre et d'eau » mais aussi « frontière ».

 

Le mot « Muritum » issu du Bas-Latin évoque « un petit mur destiné à protéger un lieu de passage à gué sur le Loing. »

 

Le terme « Moret » pourrait également être lié à un mot issu de la langue romane : « Meure », associé au miel.

 

 

La Porte de Samois, majestueuse, accueille Morétains et visiteurs. Il s'agit d'une tour-porte de plan carré, conçue de la même manière que la Porte de Bourgogne qui donne sur le Vieux Pont, de l'autre côté de la rue Grande, l'un des axes principaux de la ville. Nous irons par là-bas dans quelques temps...

 

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Deux puissants contreforts surmontés de tourelles en surplomb rythment la façade extérieure, réalisée au XIIe siècle. Les tourelles abritent un escalier et une échauguette dédiée à la surveillance. Il n'y avait pas de pont-levis pour entrer dans la ville mais un passage sous une herse et s'enfonçant entre de solides vantaux. Activement gardée, la herse était accessible par une porte ouvrant sur le chemin de ronde qui desservait la grande muraille de Moret (muraille qui n'existe plus).

 

 

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Vers l'extérieur, le monument était décoré d'un blason soutenu par des anges et du côté de la ville, au revers de la porte, on aperçoit une belle statue de la Vierge.

 

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« Garder/Tenir l'Espérance »...

 

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Une « curiosité » attire également l'attention des visiteurs. Un boulet de canon qui nous rappelle que Moret fut rudement éprouvée par les guerres qui opposèrent la France de Napoléon (1769-1821) et les puissances alliées d'Autriche, de Prusse, de Russie et du Royaume-Uni. Dans ce contexte, Moret se retrouva encerclée par des troupes austro-russes le 15 février 1814.

L'armée française détruisit une partie du pont situé sur le Loing pour bloquer la progression de l'ennemi et cette manœuvre fut efficace. Les troupes austro-russes levèrent le siège trois jours plus tard mais avant de partir, elles tirèrent une grande quantité de boulets de canons sur la ville. Un boulet fut trouvé encastré dans une maison proche du Loing. Il fut récupéré et scellé dans la Porte de Samois pour ne pas oublier ces tragiques événements...

 

A proximité, sise à côté de la Mairie, se dresse une maison à colombages qui rappelle la venue de Napoléon à Moret.

 

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De retour de l'île d'Elbe, il passa la nuit du 19 au 20 mars 1815 dans l'une des chambres de la demeure. Dernière halte sur sa route avant de partir vers la capitale pour rejoindre le Palais des Tuileries et reprendre une ultime fois le pouvoir, au cours d'une période restée célèbre sous le nom de Cent-Jours.

 

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La maison où dormit Napoléon est aujourd'hui dédiée aux Amis d'Alfred Sisley.

 

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On peut découvrir dans une charmante atmosphère la vie et l’œuvre du peintre Sisley. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

 

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Petits personnages et créatures chimériques décorent l'ancienne Maison Napoléon.

 

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Dans de prochains articles, nous verrons d'autres monuments et ornements conservés à Moret, délicieuse petite ville de carte postale. Nous nous intéresserons aussi à l'une des spécialités locales : le Sucre d'Orge créé par des Sœurs Bénédictines en 1638 sous le règne de Louis XIV (1638-1715).

 

Nous reviendrons donc à Moret avec plaisir... Enfin, je l'espère, sourires...

 

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Un petit personnage, sur une vieille porte... Un chuchoteur des légendes du Temps...

 

Merci de votre fidélité chers Aminautes, je vous adresse de belles pensées... Amicalement vôtre !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #enghien, #jpg, #lac, #ville

 

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Retour sur les bords du lac d'Enghien, entouré de nombreux bâtiments de style éclectique. Il y a quelques jours, je vous ai conté l'Histoire de la Ville et du Casino depuis la jetée ornée d'élégants lampadaires. Tout en suivant le mouvement de l'eau, nous allons poursuivre notre découverte des lieux.

 

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Affiche illustrée par Raymond Tournon (1870-1919) pour les chemins de fer du Nord.

 

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La réputation d'Enghien, ville cossue, s'est forgée autour de la beauté de ses eaux et des vertus médicinales qui leur ont été attribuées. Comme je vous le disais il y a quelques jours, en 1823, les eaux d’Enghien-les-Bains ont été associées à la guérison du roi Louis XVIII (1755-1824) qui souffrait d’un ulcère à la jambe. Grâce à la nouvelle qui s'est répandue très rapidement à l'époque, Enghien est devenu le lieu de villégiature à la mode, la station thermale où tout le monde voulait venir.

 

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Après avoir évoqué Mistinguett, Arsène Lupin et Louis Blériot, le Navire-Casino, le Pavillon Chinois et bien d'autres choses encore..., nous continuons à longer le lac qui constitue une formidable réserve de biodiversité. Tout autour, l'architecture, pleine de charme, nous offre l'opportunité de contempler une myriade de styles : balnéaire, néo-classique, néo-gothique, néo-féodal, régionaliste, Second Empire, Art Nouveau...

 

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Plusieurs de ces demeures se situent Avenue de Ceinture, dans une partie de la ville que je vous montrerai à travers ses détails au fil du temps.

 

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Le lac possède une superficie de quarante-trois hectares. Il est peuplé d'oiseaux (cygnes, canards colverts, oies...) et abrite de nombreux poissons : gardons, carpes, rotengles, tanches, carassins, brochets, sandres, perches, poissons chats et aussi des anguilles et des écrevisses (attention, les écrevisses se raréfient, la pêche est réglementée...)

 

On ne peut pas en faire le tour complètement. Certaines parties sont fermées par des grilles à la circulation des véhicules et des piétons ou dévorées par une végétation qui empêche le passage mais la promenade est tout de même très étendue. Je vous montre différents « visages » de ce magnifique plan d'eau et ses couleurs changeantes.

 

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C'est en contemplant les moires aquatiques, dans une partie plus intime de la ville (nous passons par les Jardins du Pont de la Muse et de la Presqu'île aux Fleurs), que je veux me plonger dans l'histoire du nom « Enghien ».

 

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Aux origines du mot Enghien-les-Bains, on trouve une ville de Belgique : Enghien (Edingen), située dans le Comté de Hainaut, à 30 kilomètres de Bruxelles.

 

La famille des Princes de Condé possédait ce territoire grâce au mariage de Marie de Luxembourg (1462-1546), protectrice des arts et grande bâtisseuse, fille du Comte Pierre II de Luxembourg et de la puissante Marguerite de Savoie (1439-1483), avec François de Bourbon, Comte de Vendôme, ancêtre de la lignée des Condé.

 

L'aîné des Princes de Condé portait le titre de Duc d'Enghien mais les Condé voulurent se départir de cet héritage (pour la spéculation...) tout en conservant le nom, ce qui n'était pas compatible avec la loi française. Ils eurent alors recours à une solution acceptée par le roi Louis XIV : donner le nom d'Enghien à l'une de leurs meilleures terres de France, la terre de Montmorency.

 

Deux étangs existaient à cette époque là dans la région de Montmorency : L'Étang Neuf et l'Étang Vieux. Ces plans d'eau devinrent tous les deux Étangs d'Enghien.

 

Après la Révolution Française, Montmorency reprit son nom initial mais l'Étang Neuf continua d'être appelé « Étang d'Enghien ». La Ville d'Enghien, née officiellement vers 1850, est issue d'un regroupement de terres qui affleuraient vers le fameux étang, devenu lac aux propriétés thermales mondialement réputées.

 

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Enghien-les-Bains et Enghien en Belgique sont jumelées depuis 1957.

 

Le blason d'Enghien-les-Bains est « d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au bâton péri en bande de gueules, brisé en chef d'un lambel d'argent. »

 

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Il s'agit des armes traditionnelles de la maison de Bourbon-Condé, ces mêmes armes que portait Louis-Antoine duc d'Enghien, le 21 mars 1804, lors de son exécution dans les fossés du château de Vincennes.

 

https://www.herodote.net/21_mars_1804-evenement-18040321.php

 

 

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Le blason d'Enghien en Belgique est un « blasonné gironné de dix d'argent et de sable, chaque deuxième pièce étant chargée de trois croisettes recroisetées au pied fiché d'or. »

 

En héraldique, le terme « sable » signifie « noir » et le terme « gueules » signifie « rouge ».

 

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Une histoire bien complexe que celle d'Enghien !

 

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Profitons de cet élégant petit kiosque situé sur les berges du lac et dont je vous ai montré des détails un peu plus haut dans mon article...

 

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La vue est très agréable et l'eau, comme le ciel, modifie souvent ses couleurs...

 

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De l'autre côté du kiosque, il y a une zone plus sauvage que j'aime beaucoup et cet arbre chargé de lierre et de gui. Il me fascine avec son allure de créature de conte de fées et ses habitants aux ailes bruissantes...

 

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Le lac d'Enghien est une mosaïque de territoires. Il est issu de la rencontre de plusieurs étangs, réserves piscicoles au Moyen Âge entre Montmorency et L'Isle-Adam (des lieux où je vous emmènerai au fil du temps...). Des levées de terre furent aménagées pour permettre le fonctionnement de plusieurs moulins à travers de vastes zones marécageuses. Ces zones avaient été explorées par les Romains, créateurs de la chaussée César, au premier siècle de notre ère.

 

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La gestion des lieux est associée à un projet européen de recherche appelé Prolyphic. Ce projet, fondé sur l'étude de la prolifération des micro-algues, étudie le taux d'oxygène dans l'eau et différents facteurs comme la fluorométrie (ou spectroscopie de fluorescence), une étude des photons de lumière à travers les différentes molécules d'eau. Ces travaux sont essentiels pour connaître la qualité du milieu aquatique et pouvoir surseoir à une prolifération d'organismes dangereux.

 

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C'est dans ce milieu particulièrement riche au niveau de la faune et de la flore que le père Louis Cotte découvrit, en 1766, les particularités médicinales des eaux locales, les plus sulfureuses de France.

 

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Affiche de Léonce Burret (1866-1915), Imprimerie Bourgerie & Cie, 1897, Paris, Faubourg Saint Denis.

 

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Enghien, Grand établissement thermal, 1906, illustration de H. Bertheteiny.

 

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Gardienne des activités humaines sur le lac, la Société Nautique d’Enghien fut créée, le 29 septembre 1885, par des riverains qui avaient reçu, via la Société Anonyme des Eaux d’Enghien, des permis de pêche et de bateau pour une durée de 99 ans. Des activités de voile et d'aviron se multiplièrent depuis la base nautique située sur l’île aux Cygnes au milieu du grand plan d'eau.

 

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Avant la création de la Société Nautique, il y eut des régates sur le lac et l'histoire locale fait état d'une fête orchestrée, le 9 septembre 1860, par le directeur des Beaux-Arts et du Musée du Louvre, Monsieur De Reiset qui venait d’être élu Maire. Il choisit de célébrer sa victoire en lançant une invitation « aux canotiers d’Asnières et des autres ports de Seine à venir se mesurer à l’aviron sur le lac. »

 

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Vous apercevez sur la photo l'ancien Casino avec ses deux grandes tours et son navire ornemental. Un aspect de l'histoire d'Enghien que j'ai développé dans mon précédent article.

 

Plaisirs d'architecture autour du Lac d'Enghien

 

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Image Port-Rhu.com

 

La Société Nautique d’Enghien est à l'origine de la formation de nombreux athlètes en voile et en aviron. Elle a obtenu des dizaines de titres de Champions de France et plusieurs titres de Champions du Monde, de Champions d'Europe et de Champions Olympiques.

 

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Outre les performances sportives accomplies sur le lac d'Enghien, on aperçoit aux beaux jours des adeptes du pédalo et le long de la jetée promenade, chaque été, on peut flâner, savourer des glaces, prendre un bain de soleil...

 

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J'ai encore nombre de photos et d'informations historiques à partager sur Enghien alors au fil du temps, nous continuerons à nous promener dans cette ville-lac pleine de charme...

 

Merci de votre fidélité, chers aminautes, je pense bien à vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #casino, #eau, #enghien, #lac, #ville

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Rendez-vous sur la jetée promenade du Lac d'Enghien, dans le Val d'Oise, le 95, mon département, à environ onze kilomètres au nord de Paris.

 

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La promenade, aménagée en 1910 par l'architecte Louis Olivier, a des similitudes esthétiques avec la jetée de la ville d'Arcachon, inaugurée en 1903.

 

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Les promeneurs apprécient l'esplanade Henri Patenôtre-Desnoyers, la vue sur le lac et le casino dont je parlerai tout à l'heure.

 

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A Enghien, ville propice à la villégiature, la marche est rythmée par l'élégante présence du mobilier urbain. Les hautes silhouettes des lampadaires se découpent sur le bleu de l'eau et du ciel et la scénographie de l'espace est particulièrement réussie.

 

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J'aime tout particulièrement ces têtes de béliers !

 

Si la symbolique du Bélier dans les Arts vous intéresse, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Le Bélier dans les Arts et le Folklore

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/04/le-belier-dans-les-arts-et-le-folklore.html

 

 

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L'eau est indissociable du développement et de la renommée d'Enghien mais avant de se nommer « Enghien-les-Bains », la ville fut l'un des territoires affiliés à la puissante seigneurie de Montmorency qui connut, au XVIIe siècle, ses lettres de noblesse.

 

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En 1633, les Princes de Condé firent l'acquisition de ce vaste domaine qui devint « Duché d'Enghien », en raison du titre de ducs d'Enghien détenu par les Condé dès le XVIe siècle.

 

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Au creux de la vallée de Montmorency, Louis Cotte (1740-1815), jeune prêtre de l'oratoire de Montmorency et scientifique aguerri, découvrit, en longeant une étendue d'eau appelée « Étang d'Enghien » des eaux sulfureuses qui favorisèrent la création d'établissements de nature thermale.

 

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En 1820, grâce à une analyse gouvernementale des vertus des eaux du royaume, Enghien acquit une renommée qui allait se développer tout au long des 19e et 20e siècle. La devise de la ville est : « Dant robur virtutemque fontes » soit : « Ces sources qui donnent force et courage ».

 

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Le roi Louis XVIII (1755-1824) bénéficia des vertus de ces eaux qui lui permirent de soigner un ulcère à la jambe et le médecin en chef de l'Hôpital Saint-Louis en fit l'apologie.

 

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A l'époque des Lumières, les lacs s'imposèrent comme des éléments incontournables de la mise en scène du paysage, ce qui annonçait une vision romantique de la Nature et une série d'aménagements financiers et hydrauliques.

 

Madame de Sévigné (1626-1696), Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ou encore Alphonse de Lamartine (1790-1869)... (ils ne furent pas les seuls...) chantèrent les vertus des lacs de France et de Suisse et le thermalisme devint l'un des fleurons des théories hygiénistes de l'époque. Dans ce contexte, la station thermale d'Enghien se développa grâce à Jean-Baptiste Péligot 1777-1837), ancien administrateur en chef des hôpitaux et hospices de Paris.

 

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Les abords du lac furent défrichés, aménagés. On se mit à forer des puits artésiens, on lotit de manière effrénée. Une symphonie architecturale vit le jour, composée de belvédères, de chaumières, d'ermitages, de chalets, de demeures néo-gothiques, néo-normandes ou Renaissance et Enghien se métamorphosa en « Nouveau Village d'Enghien ».

 

 

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Le 7 août 1850, l’Assemblée Nationale opta pour la création d’une commune nouvelle appelée « Enghien-les-Bains » et en 1863, les thermes furent remplacés par un complexe de soins qui est devenu l’un des plus modernes et des plus prisés sur la scène européenne et de manière internationale.

 

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Dans les années 1830, on pouvait admirer, dans ce décor de carte postale, l'Hôtel des Quatre Pavillons qui a disparu. Gravure BNF Estampes.

 

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Affiche Enghien, Compagnie de Chemin de Fer du Nord, Musée de l'Île de France.

 

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Le lac d'Enghien a attiré de nombreux artistes, venus chercher l'inspiration dans un paysage peuplé de demeures pittoresques, de hameaux de style versaillais, de chalets suisses et de pavillons exotiques. Enghien avait ses habitués comme le maître sculpteur James Pradier (1790-1852), les peintres Horace Vernet (1789-1863), Eugène Isabey (1803-1886), Paul Delaroche (1797-1856) et bien d'autres, ainsi que des personnalités politiques comme Napoléon III (1808-1873), Charles Giraud (1802-1881) etc... et de célèbres actrices comme Mademoiselle Mars (1779-1847).

 

Enghien est aussi la ville de Mistinguett (1875-1966), pétillante artiste née Jeanne Florentine Bourgeois au numéro 5 de la rue du Chemin-de-Fer (actuelle rue Gaston Israël).

 

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Vous trouverez, en cliquant sur le lien ci-dessous, une biographie très complète, agrémentée de nombreuses photos.

 

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio//mistinguett/mistinguett.htm

 

 

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Mistinguett en revue

 

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Sur les bords du lac, on aperçoit le célèbre Casino d'Enghien.

 

En 1870, lors de l'occupation prussienne, le casino était une sorte de chalet où les habitants d'Enghien venaient se livrer à des activités ludiques : jeux de société, jeux de boules... mais les Prussiens, saisis par le froid intense de l'hiver, démontèrent le bâtiment pour en faire du petit bois qu'ils brûlèrent pour réchauffer.

 

Le casino fut reconstruit, en forme de navire, entre 1901 et 1902 par l'architecte Edmond Autant. Il attira de nombreux visiteurs, il abrita même un hôpital militaire mais des problèmes de sécurité furent signalés au fil du temps. Le bâtiment fut reconstruit en 1908 et associé à un théâtre à l'italienne, pouvant accueillir jusqu'à 700 spectateurs.

 

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Le navire casino : Reproduction Vialles, J-B, 2009. Service Patrimoine et Inventaire du Conseil régional d'Île de France (base Mémoire 20099500213).

 

Un théâtre à l'italienne est un théâtre dont la salle est en forme de demi-cercle et où les spectateurs sont placés à plusieurs niveaux( l'orchestre, les corbeilles, les balcons, la galerie).

 

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Le casino actuel appartient au groupe Lucien Barrière dirigé par Dominique Desseigne. Lucien Barrière est le neveu de François André, homme d'affaires inventeur du concept de « resort à la française », soit la réunion dans un même lieu d'un casino, d'hôtels, d'un hippodrome et de terrains de golf.

 

François André et son associé, Eugène Cornuché, s'illustrèrent en faisant construire des établissements de luxe, à partir de 1912, sur les côtes de Normandie. Personnages incontournables des Années Folles, ils se lièrent d'amitié avec les rois, les princes, les hommes politiques et les artistes. François André fut le premier à ouvrir les portes des casinos à une clientèle féminine.

 

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Des célébrités comme Coco Chanel (1883-1971), André Citroën (1878-1935), le peintre Maurice Utrillo (1883-1955) ou encore les membres de la famille Rothschild avaient l'habitude de fréquenter les lieux et à la fin du mois de mai 1906, le célèbre ingénieur Louis Blériot (1872-1936) a entamé sur le lac « les essais d’un intéressant aéroplane de son invention. »

 

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Photo trouvée sur Le Figaro.fr

 

Voici ce que nous dit la revue L’Aérophile de la même année.

 

« Cet appareil a une surface portante de 60 m² répartis sur deux cellules elliptiques. Ces surfaces sont en soie Française vernie, tendue sur une armature en bois de frêne creux. À l’avant, se trouvent deux hélices de 2 mètres de diamètre, tournant à 600 tours et placées côte à côte. Elles sont actionnées, au moyen de deux arbres flexibles, qui constituent une transmission d’une régularité et d’une souplesse remarquables, par un moteur de la célèbre marque « Antoinette », de 24 chevaux, 8 cylindres, pesant 40 kilogrammes. Les hélices ainsi actionnées ont fourni un effort de traction de 80 kilogrammes. L’ensemble de l’aéroplane est monté sur un hydroplane extrêmement léger, en bois perforé, garni de flotteurs en toile caoutchoutée. Des gouvernails horizontaux et verticaux assurent la stabilité dans tous les sens. L’appareil peut être monté par une ou deux personnes. Il a été établi sur les données de M. Blériot, le constructeur de phares bien connu dans les grands ateliers d’aviation Blériot et Voisin, à Billancourt. »

 

 

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Le casino d'Enghien-les-Bains est semble-t-il le seul casino de France à avoir un droit d'accès payant et qui varie en fonction de chaque jour.

 

Je ne suis pas entrée à l'intérieur. J'ai préféré me promener sur les bords du lac en songeant à la vie qui bruissait là autrefois et en me rappelant de certaines lectures comme Le Bouchon de Cristal, roman policier de Maurice Leblanc (1864-1941) qui met en scène les aventures du gentleman-cambrioleur Arsène Lupin.

 

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Le roman parut en feuilleton dans Le Journal, de septembre à novembre 1912 puis il sortit, peu de temps après, en librairie. Maurice Leblanc rend hommage à La Lettre Volée d'Edgar Allan Poe (1809-1849), une nouvelle pleine de rebondissements dans laquelle un objet que l'on cherche à dissimuler est placé en évidence. L'action du Chapitre Un du Bouchon de Cristal se déroule au Lac d'Enghien.

 

Synopsis : « Arsène Lupin cambriole la villa du député Daubrecq. Mais les choses tournent mal : Lupin réussit à s’enfuir avec un bouchon de cristal, qui disparaît presque aussitôt. Lupin espionne Daubrecq et découvre que c’est un maître chanteur qui possède une liste de vingt-sept noms impliqués dans l’affaire du Canal de Panama. Un scandale qui s'est déroulé entre 1892 et 1893.

Un document explosif serait caché dans le fameux bouchon de cristal ! »

 

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Époque fascinante du Pavillon Chinois, une construction issue de l'Exposition Universelle qui se déroula à Paris en 1867. A la fin de la manifestation, il fut démonté à l'initiative d'Albert De Montry, le directeur du premier établissement thermal et installé à Enghien où les visiteurs et la haute bourgeoisie de la ville l'apprécièrent pour son dôme exotique et ses formes polygonales incurvées et mouvantes, entre ombre et lumière. Il s'altéra hélas au fil du temps et dut être remplacé par un bâtiment inauguré le 14 juillet 1911.

 

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Il abrite aujourd'hui le restaurant panoramique du Pavillon du Lac.

 

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De l'ancien vers le nouveau...

 

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Enghien est une ville magnifique qui a été tout autant convoitée que menacée, dans sa beauté éclectique, au fil du temps.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, elle a abrité, de manière régulière, les régiments allemands de passage ainsi qu’une Kommandantur d'importance régionale. A la Libération, des affrontements d'une grande violence se sont déroulés dans ses rues « entre les forces allemandes et des éléments de la seconde division blindée du général Leclerc, appuyés par la Résistance locale. »

 

 

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J'ai encore plein de choses à vous dire au sujet d'Enghien et une myriade de photos à vous montrer alors je vous donne rendez-vous dans quelques jours, après ma publication du Premier Mai, pour la suite de cette promenade.

 

Merci de tout cœur pour votre gentillesse, chers aminautes qui vous reconnaîtrez. Belles et douces pensées pour vous et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #belle, #hotel, #jpg, #lumiere, #ville

 

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TRÈS BELLE ANNÉE 2019 ET MERCI POUR VOS VŒUX !

 

La ville a enfilé ses habits de lumière. Prenons plaisir à découvrir, au cœur de ses rues, des clartés mouvantes et des petites touches d'enchantement qui se lovent dans la nuit...

Nous sommes sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Un monde fantasmagorique se déploie devant ce superbe édifice.

 

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Un château urbain auquel j'ai prévu de consacrer une série d'articles en 2019. Hôtel de Ville « moderne » qui se dresse dans l'obscurité scintillante tel un palais mystérieux.

 

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Là où se déployaient autrefois les tourelles et les arcades de la Maison aux Piliers, « Domaine de Ville » acquis par le Prévôt des Marchands Étienne Marcel (1315-1358) auprès de la famille royale, les promeneurs découvrent un joli monde où se lovent des lumières opalines et des sculptures de cervidés en bois.

 

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La vaste façade dévoile son esthétique néo-renaissance qui rend hommage au palais d'autrefois... Une composition dessinée par l'architecte italien Dominique de Cortone (1470-1549) dit Le Boccador et érigée, entre 1533 et 1628, sur les vestiges de la Maison aux Piliers, au couronnement de la Place de Grève. L'Hôtel de Ville du Boccador disparut dans les flammes, le soir du 24 mai 1871, pendant les événements de La Commune.

 

La façade actuelle, qui se déploie sur 143 mètres, est rythmée par une myriade de statues qui représentent de grands personnages issus du monde des arts et de la politique. Cent six statues en pied sont accompagnées de sculptures décoratives et de figures chimériques.

 

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 Ombres des dix chevaliers en cuivre qui veillent sur le campanile, les toitures et les pavillons de l'édifice.

 

Je publierai dans le courant de l'année les détails de mes photos de jour et la documentation (gravures anciennes, peintures, plans...) que j'ai constituée au fil du temps. Un travail plus que conséquent !

 

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Entre Hôtel de Ville et tours dorées de la Cathédrale Notre-Dame, les décors de fête ont fait le bonheur des petits et des grands. Je veux partager avec vous cette poésie de l'instant.

 

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Des animaux de bois, incarnations de l'Esprit des Forêts se laissent admirer... J'ai beaucoup aimé ce côté Nature...

 

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A proximité, palpitent les lumières du Carrousel Belle-Époque du parvis de l'Hôtel de Ville. Un écrin de rêves qui s'animent dans les velours de la nuit.

 

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Lumières aux tons précieux du BHV, célèbre Bazar de l'Hôtel de Ville qui ouvrit ses portes en 1856, à l'initiative d'un commerçant ardéchois, un bimbelotier philanthrope nommé François Xavier Ruel.

 

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Lumières sur lesquelles je referme ce billet en vous présentant à nouveau mes meilleurs vœux pour 2019 et en vous disant « merci » pour vos présences amicales.

 

Douces et belles pensées pour vous !

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #aime, #cote, #soir, #urbaine, #ville

 

 

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 Ma ville, le soir...

 

Sarcelles en poésie urbaine, quand tout prend une autre dimension...

 

Avec la lumière qui change, j'aime sillonner l'espace où se mêlent monde ancien et modernité.

 

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Mes pas me conduisent vers la zone commerciale où je m'amuse à « saisir » les silhouettes des grands pylônes.

 

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Ces géants de métal ont pour moi un côté très photogénique.

 

J'aime y accrocher des pensées futuristes qui se hissent dans le ciel et vont dans les étoiles...

 

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Je savoure l'instant... puis direction Les Pénates en passant par le chemin du tramway.

 

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Ma ville, ma ville que j'aime et son côté Lego chimérique... Une géométrie qui titille l'imagination...

 

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Le soir déploie ses ailes de plus en plus...

 

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Je salue la maison d'Harry Potter et la Créature de Feuilles qui va danser, les nuits de pleine lune, à la croisée des chemins...

 

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Gros bisous et merci de vos gentils petits mots...

 

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 Image Pinterest

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #grimshaw, #jpg, #leeds, #lune, #ville

 

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La dame de l'automne, 1871

 

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Lovers in the night

 

Laissons-nous happer, au clair de lune, par les brumes fantastiques et les couleurs mouvantes de la palette de John Atkinson Grimshaw, artiste emblématique de l'ère victorienne. La lumière dorée, argentée ou nacrée de la ronde lune irrigue souvent ses œuvres où règne une sensibilité puissante.

 

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Réflexions sur le Thames, Westminster, 1880

 

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Lune d'hiver

 

A travers son regard, la ville victorienne s'offre à nous, vêtue de nuit et de brouillard, mouillée de cendres, voilée d'opale... Elle émane d'un réseau d'ombres labyrinthiques et précieuses. Une ville personnage où s'enfoncent, entre ivresse et mélancolie, le regard et l'esprit...

 

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Ombres sur le mur, Roundhay Park, Leeds, 1880

 

John Atkinson Grimshaw naquit à Leeds, une ville du nord de l'Angleterre, en 1836, dans une famille très stricte. Il fut clerc de notaire et travailla, pendant quelques années, pour une compagnie de chemin de fer anglaise, la GNR (Great Northern Railway) mais, insatisfait de ses activités, il décida de suivre une carrière artistique.

 

Son choix se fit au grand dam de ses parents qui considéraient l'art comme une chose néfaste. Il ne reçut donc aucun soutien de la part de son père, policier et de sa mère qui s'employa à détruire, bien des années après, une partie de ses tableaux !

 

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Les amants

 

Dans sa jeunesse, il bénéficia de l'aide morale et financière de son cousin germain, T.S Cooper, et de l'assentiment de son épouse et cousine éloignée, Theodosia Frances Hubbard (1835-1917), ce qui lui permit de tenter sa chance et d'exposer pour la première fois, en 1862, « sous le haut patronage de la Société Philosophique et Littéraire de Leeds » des tableaux représentant des fleurs, des fruits et des oiseaux.

 

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Headingley Lane à Leeds

 

En 1865, ses peintures étaient vendues dans plusieurs galeries d'art et librairies de Leeds et un antiquaire nommé Thomas Fenteman était l'un de ses clients principaux. Il put faire l'acquisition de Knostrop Hall, une jolie propriété du XVIe siècle située dans les parties « riches » de la ville et en 1870, il se fit construire une maison secondaire à Scarborough, ville côtière située dans le comté du Yorkshire du Nord, qui devint son sujet de prédilection.

 

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Knostrop Hall, tôt le matin, 1870

 

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Après-midi de novembre à Stapleton Park, 1877

 

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Forge Valley à Scarborough

 

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Scarborough, 1878

 

Une très jolie ville, belvédère sur la mer du Nord, peuplée de maisons pimpantes qui se dressent au bord de l'eau... Elle est appréciée pour son phare, ses demeures historiques et ses activités de voile. La romancière Anne Brontë (1820-1849) est enterrée dans son cimetière.

 

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The lighthouse à Scarborough

 

S'y adonnant à sa passion pour les atmosphères d'entre-deux, John Atkinson Grimshaw gagna en notoriété, loua un studio de peinture à Londres et vendit plusieurs de ses œuvres à William Agnew, un marchand d'art londonien. Une de ses œuvres fut également acceptée par la Royal Academy.

 

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La maison hantée

 

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Le pont de Leeds, 1880.

 

Mais quelques années plus tard, il connut de graves problèmes financiers qui l’obligèrent à revenir à Leeds et à peindre des portraits, essentiellement féminins et des scènes de la vie de la ville, comme les marchés, les places, les fêtes locales... Il peignit aussi des scènes de plage, des vues maritimes et des paysages hivernaux.

 

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The cradle song, la berceuse.

 

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The cradle song, détail

 

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Snowbound, Enneigée, 1883

 

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Le virage, 1883

 

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Automne d'or

 

Grimshaw mourut d'une leucémie, le 13 octobre 1893, à l’âge de 57 ans. Il repose à Leeds, dans le cimetière de Woodhouse. Surnommé « Grimmy » par ses proches, il sut saisir avec brio les atmosphères changeantes de la ville victorienne, entité mystérieuse et ambivalente. Il aimait particulièrement décrire les effets de lumière et la magie des saisons, les variations météorologiques mais dans une veine plutôt Réaliste.

 

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Matin d'automne

 

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A golden beam, un rayon doré

 

Marqué par le Préraphaélisme, il le fut aussi par l'Aesthétic Movement (Mouvement Esthétique), une évolution du Préraphaélisme que l'on qualifie de Post-Préraphaélisme et qui partit en guerre contre l'industrialisation massive et « la laideur manufacturée », pour reprendre les mots d'Oscar Wilde (1854-1900).

 

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Promenade du soir

 

Pour les personnes qui s'interrogeraient, je rappelle ce qu'est le Préraphaélisme. Il s'agit d'un phénomène de l'art, puissamment inspiré, gorgé d'un sang rebelle, qui fut initié par trois étudiants de la Royal Academy : Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), John Everett Millais (1829-1896) et William Holman Hunt (1827-1910).

 

Ces trois jeunes gens ne supportaient plus le poids des conventions, la morale qu'ils qualifiaient d'insidieuse, le dogmatisme et la mièvrerie sentimentale qui caractérisait pour eux la peinture britannique de leur temps. Ils considéraient que de lourdes règles esthétiques issues de la Renaissance étaient responsable d'une sclérose de l'art et que l'esprit du spectateur, se voyant obligé de composer avec de la peinture de genre où ne brillait aucune créativité, se racornissait. Ils partirent donc en guerre contre l'enseignement académique et leur trio s'agrandit rapidement.

 

Il y eut plusieurs périodes et courants Préraphaélites et de nombreux artistes concernés mais restons en compagnie de John Atkinson Grimshaw...

 

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Clair de lune de novembre

 

Grimmy admira aussi l’œuvre de James Tissot (1836-1902), artiste complexe, ami de Degas et de Manet, qui partagea sa vie entre Paris et Londres où il devint l'un des plus célèbres portraitistes de son époque. Fils d'un marchand de mode et d'une modiste, Tissot ne cessa d'accorder dans ses toiles la primauté aux vêtements et aux accessoires. Il aimait également mettre en scène ses personnages de manière « photographique ».Les musées anglais abritent un grand nombre de ses œuvres.

 

On trouve, entre autres, des références à Tissot dans le tableau La Berceuse (The cradle song que je vous ai montré plus haut), avec sa belle atmosphère « japonisante » et dans le tableau qui suit.

 

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La vigie de la nuit

 

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Méditation, 1875

 

Les Clairs de Lune de Grimshaw sont très appréciés des collectionneurs.

 

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Silver moonlight, clair de lune argenté

 

L'instant du crépuscule qui conduit à la nuit, la clarté fine et fantasmagorique de la lune, le brouillard et sa texture si particulière, les atmosphères singulières l'inspiraient. Il exploitait avec grand talent les effets de l'humidité à la fois réelle et chimérique.

 

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Le port de Whitby

 

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Port de Whitby sous le clair de lune

 

Whitby, petite ville située sur la côte du Yorkshire, à l’embouchure de l’Esk, est un port à l’existence très ancienne. Whitby est renommée pour ses plages, le souvenir des pêcheurs de baleines qui la peuplèrent, ses bijoux de jais à connotation magico-religieuse, ses fossiles très réputés auprès des collectionneurs (des ammonites entre autres...), sa superbe abbaye Sainte-Mary considérée comme hantée et pour avoir inspiré Bram Stoker (1847-1912) le célèbre auteur de Dracula.

 

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Le vieux Chelsea

 

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Pluie sur Hampstead

 

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Old Hall sous la lune

 

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Fasciné par la photographie, Grimshaw faisait appel au procédé de la camera oscura...

 

Ce mot italien qui signifie « chambre noire » désigne un appareil d'optique grâce auquel on obtient une image la plus nette possible d'un objet que l'on souhaite reproduire.

 

La lumière entre dans une sorte de boîte par un petit orifice et se heurte, de l'autre côté, à un papier blanc de relative épaisseur ou à un verre dépoli. Certaines versions de la camera oscura, plus élaborées, font appel à une lentille convergente ou à des cloisons coulissantes qui permettent de moduler la distance à laquelle se trouve l'objet, d'accroître la netteté de ce que l'on voit etc...

 

La camera oscura fut utilisée par de nombreux artistes au fil des siècles à l'instar de Léonard de Vinci, de Vermeer de Delft ou des védutistes italiens du XVIIIe siècles comme Giuseppe Canaletto... Tant et tant d'artistes y eurent recours et plus proches de nous, les recherches de Louis Daguerre (1787-1851) et de Joseph Nicéphore Niepce (1765-1833) se réfèrent à la manière dont la camera oscura retranscrit une image.

 

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Glasgow, 1887

 

Vous apprécierez la puissance fantasmagorique des effets de lumière, les lignes qui se dévoilent et se fondent dans une envoûtante atmosphère, les parties sombres qui palpitent comme des frissons d'encre...

 

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Les docks de Glasgow

 

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Liverpool

 

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Westminster Bridge avec les maisons du Parlement

 

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Westminster Bridge au crépuscule... Je pourrais regarder ce tableau et le paysage pendant des heures ! Il y a tant de magie...

 

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Paysage entre clair et obscur

 

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Moonlight

 

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Esprit de la nuit

 

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Automne

 

Grimshaw a également peint des scènes féeriques et illustré les balades littéraires et les poèmes d'Henry Longfellow (1807-1882) et d'Alfred Tennyson (1809-1892), monuments de la littérature américaine et anglaise. Il a d'ailleurs donné à ses enfants (sur les quinze qu'il eut, seulement six atteignirent l'âge adulte) les prénoms de personnages mis en scène par Tennyson.

 

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La dame de Shalott, 1879

 

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Elaine

 

Lady Elaine de Shalott est une héroïne récurrente des légendes arthuriennes, « ressuscitée » par Alfred Tennyson (1809-1892) et muse des peintres préraphaélites.

 

Sur l'île de Shalott, une belle dame, enfermée dans une tour mystérieuse, doit tisser une tapisserie pour l'éternité. La malédiction qui l'étreint lui interdit de regarder par la fenêtre mais elle contemple le monde dans un miroir où elle aperçoit un jour le reflet du chevalier Lancelot. Elle en tombe éperdument amoureuse et décide de lui exprimer ses sentiments.

 

Consciente du sort funeste qui l'attend en quittant la tour, elle embarque pourtant sur un navire qu'elle a baptisé de son nom. Tout au long du voyage, elle continue de tisser son ouvrage mais comme elle approche de Camelot une tempête automnale se lève et la tapisserie épuise ses dernières forces. Les dames et les chevaliers d'Arthur découvrent son corps glacé sur une berge. Ils lui rendent hommage et Lancelot promet de ne jamais oublier son beau visage qui semblait endormi.

 

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Elaine...

 

Avec ses paysages à la fois réels et brodés de féerie et de mystère, John Atkinson Grimshaw nous a laissé une œuvre pleine de poésie et d'élégance très personnelle mais les historiens d'art ne possèdent pas de documents privés susceptibles de les aider à explorer davantage son art. Il eut sa renommée, ses créations sont accessibles grâce à des expositions qui lui ont été consacrées (surtout à Leeds) mais le temps s'est écoulé. Les dates de plusieurs de ses œuvres sont incertaines ou ne sont pas précisées et l'artiste mérite qu'on s'intéresse à lui davantage. J'espère que vous aurez pris plaisir à accomplir ce voyage...

 

En vous souhaitant un très agréable mois de mars, je vous envoie de gros bisous et vous remercie de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #lieu, #roses, #sarcelles, #ville

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C'est une promenade aux couleurs de l'amitié que je vous propose aujourd'hui. J'ai sillonné avec CHRIS, (du blog  Au fil des jours et des menus plaisirs), les chemins inattendus de Sarcelles, cité emblématique du Val d'Oise et de la banlieue nord parisienne.

 

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Je te remercie, Chris, pour les moments de joie et de complicité que nous avons partagés. Ils sont aussi lumineux que ces fleurs.

 

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Amis lecteurs, je vous invite à découvrir les balades intimistes de CHRIS dans Paris, ses escapades en Île de France et ses décorations fort réussies mais vous la connaissez peut-être déjà...

 

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Si vous vous demandez ce que Sarcelles offre en matière de verdure et de patrimoine, mon article vous surprendra sûrement. En dépit de sa réputation négative, le lieu est loin d'être inhospitalier et recèle, dans sa partie la plus ancienne, de véritables petits trésors.

 

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Sarcelles est mon « chez moi » depuis plus de dix ans mais Paris est mon royaume de rêves et une terre infinie d'exploration. Osciller entre les deux nourrit mon inspiration...

 

Autrefois, Sarcelles était nichée dans la campagne, au coeur d'un territoire luxuriant, constitué de vignes, de champs, de cultures potagères (choux-fleurs, petits pois) et de vergers (poiriers, pommiers) dont les récoltes étaient acheminées, par voie ferrée, jusqu'à Paris. A la fin du XIXe siècle, on y construisit d'élégants pavillons mais à partir des années cinquante, l'urbanisation galopante donna naissance à de grands ensembles, destinés, de prime abord, à accueillir les rescapés de l'Hiver 54 et les français rapatriés d'Algérie.

 

Cette « nécessité immobilière » modifia sans concessions le visage des lieux. La bourgade champêtre se métamorphosa en une banlieue tentaculaire peuplée de tours immenses et un terrible mal de vivre, appelé « sarcellite », fit son apparition.

 

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(Image trouvée sur le Net)

 

Cette angoisse mortifère, soulignée avec force détails en mars 1962, naquit dans la première phase du Grand Ensemble. Au milieu des barres de béton, elle suscita une vague de troubles psychologiques et de suicides mais elle s'atténua quand les quartiers furent équipés de commerces, d'écoles, de bureaux de poste, de bibliothèques et d'espaces de loisirs.

 

Le Canard Enchaîné lui consacra sa une, le 9 février 1966 et le livre Regards et témoignages sur Sarcelles de Claude Mezrahi, publié en 1986, en décrivit les différentes manifestations.

 

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Le ciel au crépuscule, contemplé depuis ma fenêtre, au coeur du Grand Ensemble.

 

Sarcelles est l'union de deux entités: le vieux Sarcelles, dit Sarcelles Village et la ville nouvelle, appelée Sarcelles Lochères.

 

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Sarcelles Village

 

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Sarcelles Lochères fut le premier exemple de « ville neuve », érigée entre 1955 et 1970 à l'initiative de François Bloch-Lainé, président de la Société immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations (SCIC). Il confia la réalisation du projet aux architectes Jacques-Henri Labourdette (1915-2003) et Roger Boileau.

 

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Les immeubles de Jacques-Henri Labourdette ont été conçus pour s'adapter aux contraintes d'une ville très dense. Leur écriture architecturale est fondée sur les exigences du rationalisme constructif. Baies vitrées, panneaux de pierre et bandeaux de béton rythment les plus grands bâtiments qui abritent aussi bien des logements que des bureaux et des activités libérales.

 

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Labourdette est connu pour avoir édifié, en 1960, avec Édouard Albert, la Tour Albert, premier gratte-ciel de Paris. Sa hauteur de 61 mètres suscita une âpre controverse mais son ossature tubulaire en acier était si novatrice pour l'époque que le bâtiment est considéré, aujourd'hui encore, comme un exemple de modernisme.

 

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La Tour Albert, 33, rue Croulebarbe, photographiée par Jacques Mossot pour Structurae (Base de données internationale du patrimoine du génie civil).

 

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Les « Labourdettes » érigées sur le Cours Belsunce, à Marseille, entre 1960 et 1962. Ces trois tours ont obtenu le label « Patrimoine XXe siècle ». (La photo est de Xavier de Jauréguiberry pour Djibnet.)

 

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J'habite à l'ombre des « Labourdettes » de Sarcelles, dans un immeuble de quatre étages. Comme vous pouvez le constater, la Nature a retrouvé une place importante dans la ville.

 

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Depuis plusieurs années, des espaces verdoyants, des massifs de fleurs et des arbres vigoureux, qui s'élancent plus haut que certains immeubles, ont adouci l'hydre de béton.

 

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Sous l'orage, une inquiétante et fascinante poésie...

 

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Le paysage s'est considérablement modifié par rapport à l'époque du « tout béton », comme en témoignent ces séductrices photographiées au pied de mon habitation.

 

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Quand je longe ces « espaces de respiration » émaillés de roses voluptueuses, je songe aux premiers temps de la ville moderne, à la grisaille omniprésente et je me dis que les lieux ont bien changé.

 

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Que serions-nous sans ces beautés opulentes, caressées par les larmes du ciel?

 

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Le patrimoine vert de Sarcelles constitue près de 25% du territoire de la commune (source Mairie) et chaque petite place est agrémentée de compositions florales.

 

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Cette réécriture végétale et colorée de l'espace urbain est particulièrement appréciée par les riverains.

 

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Mon arrêt de bus

 

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Rubdbeckias couleur de soleil, pensées et pétunias composent une palette de soie et de lumière.

 

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Devant la gare...

 

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Un petit coin de prairie découvert en cheminant vers Sarcelles Village qui a préservé son authenticité, parmi les squares verdoyants et les monuments classés, à l'instar de l'église et de l'Hôtel de Ville.

 

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Ancienne Place de la Mairie, la Place de la Libération se dresse à l'emplacement de l'ancien cimetière (1730).

 

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Ce bel espace ombragé, orné de roses, honore la mémoire du docteur Marius Galvani (1844-1920).

 

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Le nom de ce médecin au grand coeur est indissociable du combat contre le choléra.

 

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Marius Galvani naquit à Zante, une île d'Ionie, le 20 novembre 1844. Pendant la guerre de 1870, il s'engagea dans les ambulances volantes des armées de terre et de mer. Diplômé de médecine à Paris en 1874, il s'établit à Sarcelles, en 1875, et devint conseiller municipal. Pendant l'épidémie de choléra de 1892, il soigna sans relâche les malades sarcellois et reçut la Légion d'honneur.

 

Le monument fut érigé grâce à des fonds collectés auprès des anciens malades, en 1938, et inauguré en 1946.

 

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Les lieux avant l'aménagement du square. De récentes campagnes de fouille ont révélé qu'il s'agissait du premier établissement humain à Sarcelles.

 

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Quelques pas nous conduisent au square d'Hattersheim, un lieu ravissant qui célèbre le jumelage de la ville d'Hattersheim, en Allemagne, avec Sarcelles, le 14 juin 1987.

 

Bien que située dans une zone fortement industrialisée, Hattersheim s'est épanouie au bord de l'eau, sur les rives du Main. Elle est appelée « la ville des roses » car, dès la fin du XIXe siècle, des horticulteurs se spécialisèrent dans la culture et l'exportation de roses coupées. En 1997, une somptueuse roseraie y fut inaugurée. On y contemple aujourd'hui plusieurs centaines de variétés de roses, une pyramide ornementale géante, des bassins parsemés de roses aquatiques... On y donne, sous les frondaisons parfumées, des « Concerts de Sérénades ».

 

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La roseraie d'Hattersheim. (Image trouvée sur le net).

 

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Rose d'Hattersheim

 

En attendant de consacrer un article à la reine des fleurs, je veux offrir celle-ci à une délicieuse poétesse, Corinne (Cronin), qui signe d'une rose ses vers exquis et ses missives d'amitié.

 

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Nous sommes accueillis par une allégorie de l'abondance, gracieuse incarnation de l'esprit des vignes qui couvraient autrefois la campagne sarcelloise.

 

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Un peu floue sous un rideau de pluie...

 

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Dans sa grâce juvénile, cette vendangeuse au visage poupin rayonne, telle une nymphe des fleurs.

 

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A ses pieds, jaillit un tapis de verdure et de fleurs colorées, tableau chamarré où les couleurs chaudes s'entremêlent...

 

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Elle se dresse à côté du manoir de Miraville (l'actuel hôtel de ville) et regarde en direction de l'église du village.

 

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Le manoir de Miraville fut construit en 1885 par Frédéric Aylé, un collectionneur d'objets d'art strasbourgeois, qui devint maire de Sarcelles, de 1878 à 1881 et de 1884 à 1896. Je vous ferai visiter ce remarquable bâtiment dans un prochain article.

 

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L'église Saint-Pierre et Saint-Paul, dont le porche Renaissance fut construit par le célèbre architecte et sculpteur Jean Bullant(1515-1578). J'ai prévu de lui consacrer un article dans quelques temps.

 

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Je suis ravie de vous avoir montré différents visages de Sarcelles qui, avant d'être « la zone » est un lieu de vie et une ville chargée d'histoire.

 

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Je remercie CHRIS de sa visite. J'ai savouré chaque moment de notre promenade estivale, si éloignée des persiflages, des regards condescendants et des phrases du genre: « ah, vous habitez LE Sarcelles »...

 

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Avec l'arrivée du Tram dans les prochains mois, Sarcelles se métamorphose encore. Nombre de quartiers seront désenclavés mais trottoirs et routes ont déjà pris un sacré coup de neuf.

 

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Essais du tram photographiés en août 2012.

 

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Avant que le froid de l'automne les fasse glisser dans le sommeil hivernal, je vous offre des fleurs de Sarcelles, sans oublier quelques vues représentatives de mon « univers ».

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bordeaux, #fut, #girondins, #place, #ville


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A l'occasion des fêtes de Noël, je suis revenue à Bordeaux, ville chère à mon coeur... J'y ai vécu pendant longtemps, rencontré mon mari, tissé des amitiés indéfectibles, effectué mes études universitaires. J'aimerais vous faire découvrir cette perle d'Aquitaine, au gré de quelques promenades.

La Fontaine des Girondins trône sur la gigantesque Place des Quinconces, à l'emplacement d'un château féodal disparu, le Château Trompette. Construit entre 1894 et 1902, ce monument rend hommage aux députés girondins exécutés pendant la Terreur.


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De part et d'autre d'une colonne de 43 mètres de hauteur, surmontée par un Génie de la Liberté brisant ses fers, s'étalent deux bassins grandioses. Le premier est consacré au Triomphe de la République, le second au Triomphe de la Concorde.

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Le Triomphe de la République



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Le Triomphe de la Concorde

 

 


Une histoire mouvementée


En 1868, l'architecte Julien Guadet (1834-1908), petit-neveu du député Élie Guadet (1758-1794), conçut, pour la Place Dauphine (l'actuelle Place Gambetta), un projet de monument à la mémoire des Girondins, mais celui-ci ne vit jamais le jour.

En 1887, le Conseil Municipal de Bordeaux lança un concours pour la création d'un monument commémoratif sur les allées de Tourny. Le sculpteur Jules Jacques Labatut (1851-1935) et l'architecte Pierre Joseph Esquié (1853-1933) remportèrent le premier prix avec leur projet intitulé « Ainsi fait qui peut ». Mais ce dernier ne fut jamais réalisé et le second prix, appelé « Gloire aux vaincus », oeuvre du sculpteur Achille Dumilâtre (1844-1923) et de l'architecte Henri Deverin (1846-1921) fut sélectionné.

Le Conseil Municipal avait aussi commandé une fontaine au sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) pour décorer la Place des Quinconces mais l'oeuvre, jugée trop coûteuse par les bordelais, fut achetée par la ville de Lyon et installée sur la Place des Terreaux.

A partir de 1894, les travaux de la colonne-fontaine des Girondins débutèrent sous la direction de l'architecte Victor Rich. Achille Dumilâtre en conçut la scénographie et s'entoura des sculpteurs Félix Charpentier (1858-1924) et Gustave Debrie (1842-1925).

En 1942, les 34 statues de bronze furent descellées par l'armée allemande, en vertu de la loi sur la récupération des métaux non ferreux mais on les retrouva intactes à Angers en octobre 1944. En juillet 1945, elles furent triomphalement restituées à la ville de Bordeaux avant d'être abandonnées sous le Pont d'Aquitaine. Il fallut attendre 1968 pour qu'elles jaillissent de l'oubli, grâce à un ancien réfugié espagnol.

Une association lutta auprès du maire Jacques Chaban-Delmas pour que les « Girondins » retrouvent la place qui leur était due. Sous la direction du musée d'Aquitaine, les statues ont été restaurées, dans des hangars situés sur les quais de Bordeaux.

En janvier 1983, on les réinstalla de part et d'autre de la colonne de la Liberté.

 

Le Triomphe de la République



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La République siège dans un char en forme de coquille, tiré par deux impressionnants chevaux marins. Elle brandit un sceptre et un globe et regarde en direction du Grand Théâtre de Bordeaux. Elle est accostée par deux groupes sculptés qui évoquent le Service Militaire et l'Instruction Publique.

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Les pattes palmées de ces chevaux des mers sont impressionnantes.



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Les trois chérubins évoquent le Service Militaire. L'enfant au drapeau se dresse fièrement à côté de l'enfant licteur.

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Dans la Rome antique, les licteurs constituaient l'escorte des magistrats possesseurs de l'imperium (le pouvoir légitime de contraindre et de punir).

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La Conscription fut instituée en 1798 par la loi Jourdan-Delluel mais la loi du 29 décembre 1804 qui institua le tirage au sort (chaque canton français devait fournir un quota d'hommes fixé à 30 ou 35% des effectifs) en tempéra les aspects. Ce système de « loterie » ne fut supprimé que le 21 mars 1905.

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L'Instruction Publique Obligatoire fut instituée par la loi Ferry, le 28 mars 1882 mais pendant la Révolution Française et après la Révolution de 1848, des députés tentèrent de rendre l'éducation accessible à de nombreux enfants. Fixée à l'origine entre 6 et 13 ans, l'Instruction Publique fut prolongée à 14 ans en 1936 puis à 16 ans, avec l'Ordonnance du 6 janvier 1959, promulguée par le président Charles de Gaulle. Elle est désormais appelée « Obligation Scolaire ».

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Livres et abécédaires constituent les bases d'une société éclairée.



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La République triomphante s'appuie sur le travail (représenté par un forgeron), la défense de la patrie et l'alphabétisation qui ouvre les portes de la connaissance. Dans sa main droite, elle tient une sphère qui suscite les interrogations. En effet, sur les cartes postales des années 1900/1905, la sphère était surmontée par trois petites statuettes qui représentaient la Liberté, l'Égalité et la Fraternité. Elles ont probablement été dérobées et, bien que les opinions diffèrent à ce sujet, il semblerait qu'elles aient été vendues aux enchères.

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Avec leur fougue tourbillonnante, les chevaux marins précipitent dans l'abîme trois personnages qui incarnent le mal, combattu par la République.

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Le Mensonge séducteur, le Vice aux oreilles de porc et l'Ignorance qui dissimule sa honte.



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L'homme au masque dont je vous laisse apprécier la plastique...



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La beauté graphique des corps et des lignes entremêlées...

 

 


Le Triomphe de la Concorde

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La déesse Concorde regarde en direction du Quai des Chartrons, un des hauts lieux de négoce du vin. Elle engendre, après les troubles civiques, la Réconciliation et la Fraternité, ciment de l'Abondance au coeur de la Cité.

 

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La Fraternité


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Incarnation de la Paix, la Concorde brandit un rameau d'olivier. Elle est entourée par deux groupes de trois chérubins.

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Les allégories des Arts et des Sciences



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La Sculpture, la Peinture et la Musique sont couronnées par les lauriers de la Gloire.



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L'Industrie et le Commerce



Ces ravissants chérubins célèbrent la grandeur industrielle de la France et la prospérité de la ville de Bordeaux, indissociable du commerce du vin, symbolisée par l'enfant au tonneau.

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Dotés de pattes griffues et d'une queue de dragon, ces chevaux fantastiques, réalisés par le sculpteur Gustave Debrie, annoncent un ordre nouveau.

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Le Triomphe du Bonheur, représenté par un homme, une femme et un chérubin qui chevauche un dauphin joueur.

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Au-dessus des bassins, s'élève la colonne de la Liberté, appuyée sur un socle décoré de masques et de poissons fantastiques. L'ensemble, réalisé par un certain Corgolin, dessine une promenade qui permet d'observer à loisir les foisonnantes sculptures.

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Au pied de la colonne, la ville de Bordeaux, altière, domine deux naïades souriantes, allégories de la Garonne et de la Dordogne. Les deux fleuves se rejoignent pour former l'estuaire de la Gironde.

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La ville de Bordeaux est assise entre la proue d'un navire et une corne d'abondance. Luxuriante et prospère, elle s'est développée autour de son port, poétiquement appelé « Port de la Lune » et inscrit au Patrimoine Mondial de l'Humanité, depuis le 28 juin 2007, au titre d' « ensemble urbain exceptionnel ». Célèbre depuis l'Antiquité, ce port a suscité l'essor de la ville, fondé sur le négoce international, la traite des esclaves, le commerce du vin et des matières précieuses.


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La très sensuelle Garonne...



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et la Dordogne, son pendant non moins voluptueux...

 


Image33 Le Coq Gaulois, incarnation solaire et patriotique, déploie ses ailes entre l'Histoire et l'Éloquence, qui tient un parchemin.

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L'Histoire

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L'Éloquence



Sous le coq, se dévoile une plaque en l'honneur des Girondins exécutés pendant la Terreur. Leurs statues devaient être installées sur des piédestaux, au-dessus des deux fontaines, mais leurs ébauches furent détruites par une tempête dans l'atelier d'Achille Dumilâtre. Vers le Grand Théâtre, auraient dû siéger Pierre-Victurnien Vergniaud, François Buzot, Charles Jean-Marie Barbaroux, Jacques Pierre Brissot et Jérôme Pétion de Villeneuve. Vers les Chartrons, Élie Guadet, Armand Gensonné, Jean-Antoine Grangeneuve et Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède.

Pendant la Révolution Française, les Girondins formèrent un groupe politique appelé « la Gironde », composé de plusieurs députés originaires d'Aquitaine et opposés aux Montagnards.

Ils voulurent étendre le message de la Révolution aux peuples européens et se prononcèrent pour la guerre contre les puissances monarchiques d'Europe. A ce sujet, leur chef de file, Jacques Pierre Brissot, cristallisa le ressentiment et la haine de Maximilien de Robespierre.

Jacques Pierre Brissot, dit Brissot de Warville, naquit à Chartres le 15 janvier 1754 et fut guillotiné à Paris le 31 octobre 1793. Il fut l'une des figures majeures de la Révolution Française.

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Au soir du 14 juillet 1789, il reçut les clefs de la Bastille qui venait de tomber. Il avait créé quelques mois auparavant, un journal républicain, le Patriote français, qui parut du 10 avril 1789 au 2 juin 1793.

Le 17 juillet 1791, il rédigea la pétition pour la déchéance du roi Louis XVI et demanda la proclamation de la République. Puis il s'insurgea contre la condamnation à mort du roi (qu'il avait pourtant votée) car elle s'effectuait sans l'accord du peuple. Il fut « mis en arrestation » le 2 juin 1793, condamné à mort le 30 octobre 1793 et exécuté le lendemain.

Issu d'une famille de magistrats girondins, Élie Guadet (1758-1794) fonda, avec Arnaud Gensonné (1758-1793) et Pierre-Victurnien Vergniaud (1753-1793) le groupe des Girondins dont la renommée continue de briller, dans un lieu emblématique de la ville, malgré l'absence de leurs statues.

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Élie Guadet



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Le Génie ailé qui brandit des fers brisés et les palmes de la Victoire se veut une expression de la liberté des peuples au nom de laquelle tant de sang a coulé. D'une hauteur de 5,85 m, il échappa à la convoitise des allemands. En 2005, il fut descendu de la colonne, restauré  et remis en place pour les Journées du Patrimoine.

Pour terminer cette promenade historique d'une richesse infinie, je voudrais revenir vers les Chevaux Fantastiques qui jaillissent de l'onde, en direction des axes majeurs de la ville.

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Dans l'Antiquité, les créatures anguipèdes surgissaient des mondes chthoniens. Leurs formes serpentines évoquaient les ondes telluriques et les courants aquatiques. Médiateurs entre le monde humain et celui des divinités, ces êtres hybrides se révèlent les protecteurs des forces vives et des secrets de la ville.

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La puissance presque érotique des crinières et des croupes, heurtées par la lumière...

Le Monument aux Girondins est un lieu de mémoire, de rencontre et d'inspiration artistique. Érigé tel un phare au-dessus de l'esplanade des Quinconces, la plus vaste d'Europe avec ses 126.000 m2, il est un symbole des heures sombres et des fastes de la ville. Inscrit dans une élégante scénographie urbaine, réécrite il y a peu, il célèbre les héros d'autrefois et chacune de ses faces tisse une rose des vents tournée vers les points cardinaux de la cité.

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