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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

nuit

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #maurice, #nuit, #poeme, #rollinat

 

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L'un des Chevaux de Marly, sculptures exécutées entre 1743 et 1745 par Guillaume Coustou (1677-1746). Vue prise avant le temps du couvre-feu et celui du confinement...

Pour lire ma présentation de Marly : http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-seine-et-la-marne-ete-automne-2019-a173505128

 

 

Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

J'ai choisi ce poème car j'adore la Nuit... Plus secrète que le Jour, elle insuffle, avec une énergie très personnelle, l'Inspiration aux artistes. Elle se drape d'une obscurité tissée de tant de possibilités de création !

J'aime aussi le Jour mais les charmes de la Nuit m'enivrent au plus haut point...

 

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« À quoi pense la Nuit ?

 

À quoi pense la Nuit, quand l'âme des marais

Monte dans les airs blancs sur tant de voix étranges,

Et qu'avec des sanglots qui font pleurer les anges

Le rossignol module au milieu des forêts ?...

 

À quoi pense la Nuit, lorsque le ver luisant

Allume dans les creux des frissons d'émeraude,

Quand murmure et parfum, comme un zéphyr qui rôde,

Traversent l'ombre vague où la tiédeur descend ?...

 

Elle songe en mouillant la terre de ses larmes

Qu'elle est plus belle, ayant le mystère des charmes,

Que le jour regorgeant de lumière et de bruit.

 

Et — ses grands yeux ouverts aux étoiles — la Nuit

Enivre de secret ses extases moroses,

Aspire avec longueur le magique des choses. »

 

Maurice Rollinat (1846-1903), Poème issu du Recueil « Paysages et Paysans », paru en 1899.

 

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-Le poète Maurice Rollinat naquit à Châteauroux, dans l'Indre, le 29 décembre 1846 et mourut à Ivry-sur-Seine, le 26 octobre 1903. Il fut un personnage atypique, mystérieux, extrêmement doué pour le piano.

 

-Son père, François Rollinat, député de l’Indre à l’Assemblée Constituante en 1848, étant très ami avec George Sand, Maurice Rollinat fut également lié à cette grande dame des Lettres. George Sand l'encouragea à écrire des poèmes, ce qu'il fit avec passion. Il se produisit au célèbre Cabaret du Chat Noir où il fut adulé par la foule quand il s'installait devant son instrument. Il interpréta ses poèmes en musique et il fit de même pour plusieurs poèmes de Baudelaire.

 

-Membre du groupe décadent, anti-politique, anticlérical et antibourgeois des Hydropathes, il fréquenta donc assidûment le Cabaret du Chat Noir et fut considéré, tout au long de sa vie, comme très étrange. Atteint de terribles névralgies qui le faisaient entrer en transe devant le public, il était « enveloppé » par une atmosphère des plus mystérieuses. Lorsqu'il « souffrait » devant son auditoire, des gens s'évanouissaient autour de lui. On le disait possédé par des fantômes et capable de converser avec les esprits.

 

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-Maurice Rollinat était vraiment un drôle de personnage ! Gentil, amical, sociable mais également très bizarre et comme habité par des mondes « spéciaux ». Il écrivit « Les Névroses », une œuvre qui laissa le public tout autant fasciné que partagé sur son attirance pour l'homme et l'artiste.

 

-Des auteurs comme Jules Barbey d’Aurevilly, Oscar Wilde et Leconte de Lisle se passionnèrent pour son « étrangeté »... Il fut tout au long de sa vie imprégné d'une sensibilité très particulière et il aima les atmosphères de la Nuit, territoire de merveilles et de magie.

 

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Dans la suite de ce poème, je vous offre ces photos de nuit, prises, comme je l'écrivais plus haut, avant le couvre-feu et le confinement, dans les rues de Paris et sur les bords de Seine. J'ai aussi retrouvé quelques photos datant des alentours de Noël 2019, photos que je n'avais pas publiées.

 

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Que sera la période de Noël cette année ? Nous verrons bien...

Surtout, tâchons de cultiver notre optimisme même si, je le sais, ce n'est pas évident...

Je veux croire en des temps meilleurs et en nos libertés retrouvées. Que brillent nos Espérances !

 

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Nous étions fin 2019, dans le Jardin des Tuileries. Il y avait, de nuit, des manèges, des animations, un esprit festif...

 

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Des lumières sur les Champs-Élysées, avec un des Chevaux de Marly dans le fond (voir le début de mon article pour la référence à Marly...)

 

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Place de l'Hôtel de Ville

 

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Un Carrousel à l'ancienne pour laisser tournoyer nos âmes d'enfants...

 

Prenez bien soin de vous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #balai, #Falero, #hallowed, #nuit, #Pénot, #sorciere

 

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Albert-Joseph Pénot (1862-1930), La Sorcière ou Départ pour le Sabbat, 1910

 

Je ne peux résister, aujourd'hui est un jour spécial... aussi je « déroge » amicalement au thème du train que j'ai traité la semaine dernière et j'ajoute une farandole d'illustrations que vous pouvez collecter si vous le désirez. Comme je le fais chaque 31 octobre et en dépit de tout ce qui nous accable cette année, j'ai voulu laisser palpiter mon inspiration...

 

Pour les personnes qui le souhaitent, rendez-vous chez nos aminautes Fardoise et LilouSoleil pour la suite du thème du train. Vous ne m'en voudrez pas de ne pas poursuivre dans ce thème. Le 31 octobre je célèbre traditionnellement la période avec mon écriture.

 

 

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Tableau du Samedi chez Fardoise et Lilou, en souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées...

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

 

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Aujourd'hui, c'est ma fête préférée, le jour sacré de Samhain, la fascinante Samhain des Celtes, un territoire d'inspiration fabuleuse et tous les ans, je la célèbre tant elle fait partie de mon imaginaire et de ma réalité...

 

J'adore Samhain, j'adore Halloween, j'adore le thème des Sorcières et leur imagerie ambivalente et complexe. J'assume complètement la joie ressentie en me faisant traiter de Sorcière un jour par une personne qui croyait me blesser... Cendrine la Sorcière avec sa passion pour les potions, les plantes, la phytothérapie, avec sa drôle de pathologie et son épilepsie en a été réjouie !

 

Samhain déploie ses ailes membraneuses et les Sorcières vrombissent, excitées de s'envoler dans le ciel de tempête pour aller festoyer dans les lieux sacrés sous l'obédience des Anciens Dieux ! Tant d'histoires fascinantes sont à écrire... Je me sens emportée par cette énergie particulièrement forte, ce flux de sève rouge qui monte en vagues au creux du ventre !

 

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Luis Ricardo Falero, Une Fée sous le ciel étoilé

 

Sorcières, Enchanteresses et Séductrices dans l’œuvre de Luis Ricardo Falero...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/sorcieres-enchanteresses-et-seductrices-dans-l-oeuvre-de-luis-ricardo--a175408766

 

Dans le chant de Samhain, j'explore mon côté Dark Créatif, je me laisse porter par les vents étranges et voraces de la période. En étudiant le folklore, on perçoit la filiation entre Samhain, Halloween et nous... Dans Halloween, il y a plein de choses inhérentes à nos propres traditions.

 

J'insiste sur ce fait car tous les ans j'entends « ce n'est pas une fête à nous, elle n'a aucun rapport avec nous, elle est commerciale, importée, elle fait peur, elle est moche, je n'aime pas... »

 

Le texte qui suit, fruit d'un long travail de recherches, est un texte que j'ai écrit dans le cadre de mes études doctorales. J'étais déjà passionnée par Halloween et je n'ai cessé de l'être par la suite.

 

L'année celtique commence dans la nuit du 31 octobre, quand s'ouvrent les portes de Samain dont Halloween est la résurgence. Elle se divise en deux périodes: une période sombre qui s'écoule de Samain à Beltane, (du 31 octobre au 30 avril), et une période claire qui s'étend de Beltane à Samain, (du 30 avril au 31 octobre).

 

Célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, principalement aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons mais pas seulement, Halloween plonge ses racines complexes dans les croyances et la mythologie celtiques. Elle réveille aussi un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

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Bateau Fantôme, image Pinterest

 

Au XIXe siècle, ayant survécu à la christianisation sur le Vieux Continent, les traditions de Samain furent transportées en Amérique du Nord par les Irlandais, les Écossais et les Gallois. Les émigrants irlandais furent contraints par millions de quitter leur pays, en raison de la famine qui y sévissait. Leurs traditions s'implantèrent donc dans le Nouveau Monde et s'adaptèrent, avec certaines contradictions, aux contraintes de cette terre en friche, creuset de populations variées et de religions multiples.

 

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Samain, qui signifie « réunion », désigne la nuit mystérieuse qui ouvrait les portes de l'année sombre. Appelée aussi Samhain, Soween ou Oiche Shamhna: « la nuit de la fin de l'été » en Irlande, Samhuinn en Écosse, Samon ou Samonios en Gaule, elle rassemblait les tribus celtes autour de grands brasiers.

 

Elle se ranimait, cycliquement, quand les puissances de l'obscurité déferlaient sur le monde humain. Très ancienne fête des récoltes émanant de rites agraires du Néolithique, elle célébrait, de manière flamboyante, l'entrée dans le monde de l'hiver.

 

Dans la pensée celtique, la nuit venait avant le jour. La lumière et la vie jaillissaient de profondes abysses sur lesquelles régnait un dieu des ténèbres nommé Orgos ou Dir Atir.

 

Dans la Guerre des Gaules, VI, 18, Jules César relate que les Celtes « placent les anniversaires, les commencements des mois et des années de telle façon que le jour fait suite à la nuit ».

 

Quand les Celtes s'implantèrent sur les territoires de l'Europe Centrale, ils associèrent aux croyances locales leurs conceptions religieuses. Ils divisèrent l'année en deux grandes périodes et en 12 mois lunaires de 28 jours. Un treizième mois intercalaire permettait la coïncidence des cycles lunaire et solaire et chaque mois « sélène » portait un nom particulier, réceptacle de magie et de mystère.

 

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Le Calendrier de Coligny, grande table de bronze de la fin du IIe siècle après J.-C, fut retrouvé dans l'Ain, en novembre 1897.

 

Ce calendrier luni-solaire, qui couvre une période de cinq années, nous éclaire au sujet des connaissances astronomiques des Celtes et de leur conception particulière du temps.

 

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D'après les anciennes croyances, à l'orée de Samhain, le voile entre le monde humain et le monde des esprits s'amoindrissait. Trois jours avant la nuit fatidique et trois jours après, les populations festoyaient autour de grands feux pour bannir les créatures dangereuses qui hantaient l'obscurité mais certaines célébrations pouvaient s'étendre sur une durée de 31 jours.

 

À la période de Samain, la communication avec le Sidh, l'Autre Monde de la tradition celtique, était favorisée. Intimement lié à la féerie, aux dieux et aux esprits, cet Autre Monde était accessible à des êtres porteurs d'étranges marques de naissance, détenteurs d'un don ou frappés d'épilepsie. Les héros et les êtres au sang vif étaient aussi happés sur ces mystérieux chemins.

 

Inversement, des êtres surnaturels et des créatures inquiétantes, venus du Sidh, pouvaient pénétrer dans le monde humain.

 

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Enfants costumés pour Halloween, photo ancienne, trouvée sur Pinterest

 

La première nuit de l'année était accueillie avec la volonté de repousser les entités néfastes et d'attirer les faveurs des esprits en revêtant leur apparence par le biais de déguisements et de masques. Mais la nuit n'abritait pas que des forces maléfiques. Des êtres bienveillants et protecteurs, d'une sagesse intemporelle, y cheminaient aussi...

 

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Samhain est le temps de l'Initiation...

 

Dans la « Nuit-Jour » du 31 octobre, on investissait jadis le Nouveau Roi de l'Année Hivernale. Il devait effectuer plusieurs épreuves dans un lieu sombre (réseau de galeries souterraines, caverne préhistorique, dolmen à couloir...) avant d'émerger dans la lumière purificatrice des flambeaux. Une fois « régénéré », il balayait un espace sacré avec un balai de bouleau (instrument magique consacré à la Déesse Blanche, maîtresse de la Lune, des esprits bienveillants, des sorcières et des chamanes.)

 

Devenu maître des rituels et des festivités de Samain, il arborait une armure en écorce de bouleau et célébrait l'année nouvelle en compagnie des ancêtres.

 

À cet égard, il sacrifiait un porc, animal psychopompe, consacré à la Déesse Mère et au dieu Mercurius Moccus. Rôtie et arrosée d'hydromel, la chair de l'animal lui permettait d'entrer en communication avec les esprits protecteurs et tutélaires de son clan.

 

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Les hostilités guerrières cessaient pendant cette période sacrée. Des incantations de protection étaient prononcées au-dessus des armes afin d'éloigner « la rouille de Samain », une substance qui corrodait les métaux et que l'on croyait née de la sorcellerie.

 

Les prouesses viriles étaient récompensées. Les guerriers affrontaient les esprits du froid personnifiés par des mannequins d'écorce, couverts de terre et de cailloux, sous l'obédience d'une déesse protectrice, gardienne des forces calendaires.

 

Les anciens Germains et les anciens Scandinaves célébraient la Troisième Moisson, sous l'égide de Hel, la souveraine d'Helheim, royaume accueillant les défunts qui n'avaient pas trouvé la mort au combat.

 

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Hel et ses frères, le loup Fenrir et le serpent de mer Jörmungand, 1905, par Émil Doepler (1855-1922).

 

Fille de Loki, le dieu trickster de la mythologie nordique, et de la géante Angrboda, Hel ou Hela est l'une des hypostases de la déesse mère Freyja. L'image de cette déesse des profondeurs fut dévoyée par les clercs du Moyen âge qui la transformèrent en une harpie ivre de sang, au visage à demi décharné.

 

Naglfar, le navire de Hel, est construit avec les ongles des défunts. Dans les civilisations anciennes, l'utilisation des ongles et des dents évoquait le passage vers d'autres mondes. Dans plusieurs régions de France, (Berry, Yonne, Morvan, etc...) on enterrait des rognures d'ongles sous certains arbres pour obtenir la guérison d'une maladie, apaiser la fièvre ou rendre hommage aux défunts.

 

Les Vikings érigèrent des tombes naviformes et donnèrent à certaines pierres levées une apparence de navire, en l'honneur de Hel.

 

 

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Coutumes populaires et Magie de Samhain

 

Bien que considérées, par certains auteurs, comme des scories de l'Antiquité, les coutumes de Samain se sont perpétuées avec force dans l'Europe du Moyen âge, de la Renaissance et bien au-delà.

 

La tradition préconise d'allumer la « chandelle des âmes » pour montrer aux défunts « débonnaires » la voie souhaitée et de placer autour des lits des fèves, des graines de fenouil et des brins de lavande pour éloigner les présences non désirées.

 

On laisse également de la nourriture sur la table familiale, sur le seuil de la porte ou devant la cheminée, pour les esprits du lieu qui dansent à travers les flammes ou qui émergent de la terre glacée.

 

Il est fortement déconseillé de balayer après le coucher du soleil pendant les trois jours qui suivent le 31 octobre car, à cette période, le balai domestique détient le pouvoir d'absorber les esprits familiers, protecteurs du foyer. Seul le balai de sorcière, rituellement consacré à Aradia, Dame lunaire des croisées de chemins et avatar de la sombre Hécate, pouvait être utilisé.

 

On ne doit ni coudre, ni filer, ni laver le linge, de crainte que les couturières, les fileuses ou les lavandières de nuit (âmes errantes, damnées et carnassières) jettent des sorts aux vivants et sucent leur sang pendant le sommeil.

 

De nos jours, les anciens rituels se lovent dans les coutumes populaires. Les citrouilles ciselées, décorées avec de petites bougies et promenées dans les rues sont autant de visages protecteurs destinés à faire fuir les êtres maléfiques.

 

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De Samhain à Halloween

 

Samhain survécut, malgré l'évangélisation croissante, dans les rituels et les croyances des « gens de la terre ». Elle vogua sur des eaux tumultueuses, rejoignit les côtes américaines et se répandit dans les villes où elle s'affirma comme un carnaval des âmes, à la croisée de l'automne et de l'hiver.

 

 

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Halloween et la Toussaint

 

L'église Catholique institua la fête de la Toussaint pour lutter contre les célébrations païennes d'Halloween mais elle échoua dans sa tentative d'annihilation des anciennes croyances.

 

La Toussaint, par le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage (1848-1884), musée des Beaux-Arts de Budapest.

 

Originaire d'Orient, la Toussaint signifiait la commémoration de tous les martyrs et fut initialement célébrée le premier dimanche après la Pentecôte.

 

En 608, l'empereur byzantin Phocas céda au pape Boniface IV le Panthéon de Rome, temple païen dédié à tous les dieux, qui avait été saccagé par les barbares en 410. Le pape transforma les lieux en une église dédiée à la Vierge et aux saints martyrs et la tradition rapporte qu’il y fit transporter vingt huit chariots d’ossements saints collectés dans les cimetières et les catacombes de Rome. Le 13 Mai 609, jour de la dédicace de la nouvelle église, il institua la fête de la Toussaint, en l’honneur des saints martyrs, pour supplanter les Lemuria, fête romaine au cours de laquelle on honorait les Ancêtres.

 

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Image Pinterest

 

En 835, Grégoire IV introduisit la Toussaint dans le calendrier liturgique à la date du premier novembre et l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, instaura la fête dans tout l'empire carolingien, sur la requête du pape.

 

Fête de tous les saints, connus ou inconnus, la Toussaint précède la Fête des Morts, initiée le 2 novembre 998, par l'abbé Odilon de Cluny. Héritière des festivités de Samain et du culte romain des défunts et des dieux familiers, la Fête des Morts est souvent confondue avec la Toussaint.

 

 

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Noms et Étymologie d'Halloween

 

« Hall » est lié à la racine germanique « hel », qui a donné le mot anglais « hell » signifiant « enfer », mais ces termes ne doivent pas être interprétés dans un sens chrétien.

 

Halloween, que l'on appelle aussi Hallowmas, est la contraction des termes suivants:

 

« Hallowed Even » signifiant « Nuit Sacrée ».

 

« Alls-Souls-Eve » signifiant « Veille de toutes les âmes ».

 

« All Hallow's Eve ou Evening » signifiant « Veille de la Toussaint ».

 

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Dans la nuit d'Halloween, la gourmandise, la joie et le partage s'entrelacent au cœur d'un étrange univers, celui des cauchemars nourris des peurs de l'enfance, cataclysmes émotionnels qui nous aident à grandir. Les peurs rôdent, personnifiées dans les ombres étranges, les bruits qui caracolent et les accessoires qui composent un autre nous-même, à la fois rebelle et monstrueux.

 

A l'instar des récits de veillée, elles favorisent la transmission des secrets et perpétuent une forme de connaissance orale traditionnelle qui nous prépare à affronter le monde de l'hiver.

 

Les peurs jaillissent mais dans la nuit « hantée » les flammes des bougies repoussent les créatures de l'obscurité. Crinières dansantes dont la chaleur ranime les feux d'antan, allumés à la limite des villages et des villes pour repousser ce qui venait des lieux sauvages, des terres inexplorées, peuplées de bêtes voraces et d'esprits tourmenteurs.

 

Dans les pays anglo-saxons, les enfants et les adultes, costumés et masqués, défilent dans les rues en brandissant des lanternes, des balais de sorcière et différents objets magiques. Les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent la phrase consacrée « Trick or Treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort! » Messagers ludiques du monde des esprits, ils reçoivent des sucreries et de l'argent dans un sac ou dans un petit chaudron.

 

Des citrouilles évidées et sculptées, garnies de bougies, défient devant les maisons l'obscurité de la nuit. Ce sont les Fruits-Visages et les Lampes d'Halloween.

 

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Citrouilles et Lanternes d'Halloween (avec la Légende de Jack O'Lantern)

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/citrouilles-et-lanternes-d-halloween-a119157230

 

Sous l'obédience des ténèbres et des feux d'Halloween, la Sorcière de Pénot, initiatrice de cet article, me séduit au plus haut point, ainsi que la femme chauve-souris, du même artiste... Ces beautés gothiques me happent vers des mondes qui me plaisent infiniment...

 

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Peintre français qualifié d'Académique, Albert-Joseph Pénot (1862-1930) a essentiellement peint des nus féminins et des scènes d’intérieur. Son art est méconnu car il a créé des personnages qui annoncent, avec grand talent, les représentations des Comics et des Romans Graphiques.

 

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La femme chauve-souris, vers 1890, une allégorie de Nyx, la Déesse de la Nuit...

 

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Imprégné d'une très puissante symbolique, le BALAI fait partie intégrante des ustensiles privilégiés de la Sorcière.

 

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©Witch Tarot, La Lune... (J'adore l'image du chat noir qui se contemple dans l'eau lunaire et voit son reflet en panthère...)

 

Les Sorcières exercent en effet leurs pouvoirs par l'intermédiaire de certains objets, indissociables des activités domestiques et qui revêtent, dans la conscience collective, bien injustement, une connotation maléfique ou ambiguë. Catalyseurs des énergies complexes que les sorcières manipulent, ils sont associés, en fonction de leur nature et de leur utilisation, à l'eau (balai), à l'air (baguette), à la terre (bâton) ou au feu (chaudron).

 

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©Lisa Parker

 

Ustensile de ménage, le BALAI est réputé depuis le XVe siècle accompagner les sorcières dans leurs déplacements nocturnes et transmettre maladies et maléfices. Brocardé par les inquisiteurs et les magistrats pontificaux, il devient la monture infernale par excellence voire le signe d'appartenance de la femme à une communauté de sorcières.

 

Accusée de le graisser d'un onguent magique confectionné par ses soins ou octroyé par le Diable au premier sabbat en guise de "cadeau de bienvenue", la sorcière dénudée ou parée d'un habit de circonstance, fixe sur le manche luisant de son balai une chandelle allumée, prononce un mot de passe magique ou une formule enchantée et s'échappe dans les airs par le conduit de la cheminée. Seule ou en horde, elle vole dans le ciel nocturne, traversant le temps et l'espace pour se rendre en un lieu isolé où doit se dérouler le sabbat.

 

Les populations d'autrefois se méfiaient des balais qui changent mystérieusement de place. Elles les croyaient habités par des démons ou par le Diable lui-même et redoutaient ceux que les sorcières placent auprès de leurs conjoints la nuit pour leur dissimuler leur absence.

 

Le balai de sorcière est généralement constitué d'un manche en frêne, de ramilles de bouleau et de liens de saule ou d'osier.

 

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Ida Rentoul Outhwaite (1888-1960), La Sorcière des Contes

 

Plusieurs dates dans l'année sont propices à la création de balais magiques et cérémoniels. Vers le 15 avril, les sorcières attachent les ramures d'un jeune saule à une branche de prunellier...

 

Le balai est avant tout autre chose un accessoire purificateur, utilisé pour nettoyer l'espace avant d'y établir un cercle sacré. Il est réputé attirer la chance, lever le vent bienfaiteur, dissiper les tempêtes et refouler les esprits malfaisants. Il permet de contrer la malchance. Il est associé à la venue du printemps et à la protection du foyer. Les jeunes mariés, dans le folklore de plusieurs pays, sautent par-dessus un balai avant de rejoindre leur habitation.

 

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Luis Falero, Le Sabbat des Sorcières, 1880.

 

Dans l'esprit des inquisiteurs, l'utilisation du balai ne pouvait être liée qu'à de basses tâches. Autrement dit, le balai était censé « river » la femme à une fonction de soubrette en son propre foyer. La femme qui décidait d'utiliser le balai sur un plan « autre » et se livrait à des activités spirituelles échappant aux dogmes de l'église était donc perçue comme une sorcière...

 

Les Sorcières évoluent dans les airs, juchées sur leur balai devenu instrument de pouvoir et monture privilégiée pour leur sensuelle féminité. Sur terre, elles pourraient se trouver près d'un chaudron...

 

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Image trouvée sur Pinterest

 

LE CHAUDRON est un ustensile culinaire qui devient le lieu d'une transformation alchimique. Il est considéré comme l'Athanor des Sorcières.

 

Les chaudrons celtiques ont un rapport symbolique avec le chaudron de Dagda, le dieu père, l'Omniscient... Ce sont des récipients magiques, sacrificiels où plongent les initiés, où se régénèrent les corps et les âmes. Mais ce sont aussi des vortex ouverts sur une connaissance magique et mythologique. Les chaudrons permettent la communication entre le monde humain et celui du Sidhe ou Autre Monde Celtique.

 

Le chaudron divinatoire est un chaudron tripode rempli d'eau claire. Pendant la nuit de Samain/Halloween, on fait couler du blanc d'oeuf à la surface. Les gouttelettes qui se forment ont une fonction divinatoire. Ce procédé est appelé Ciromancie.

 

Pendant la nuit d'Halloween, on lit des présages dans de l'eau issue de trois sources ou de trois rivières, eau versée dans un chaudron de terre ou de métal noir, posé à un carrefour ou à une croisée de chemins et encadré par quatre chandelles rouges ou noires. On fait couler des gouttes de cire à la surface du liquide versé.

 

Dans le chaudron, la sorcière fait cuire ses potions et ses mixtures. Elle prépare ses philtres et ses élixirs, des "mélanges d'abondance" qu'elle remue grâce à une cuiller en bois de charme.

 

 

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Les fonctions symboliques du Chaudron

 

Il sert à la Transmission des Secrets

 

Il est lié à la Régénération saisonnière des forces de Vie

 

Il agit comme un Miroir de Divination

 

Il favorise l'Inspiration, la Clairvoyance et la quête de Connaissance

 

Il est utilisé pour créer des potions et des philtres

 

Il permet de préparer la nourriture des Dieux

 

Il est associé à la Mort et à la Résurrection

 

Il agit comme une Porte entre les Mondes...

 

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© Tarot Chrysalis

 

 

LE BÂTON

 

Le bâton permet à la sorcière de commander aux esprits et aux éléments, de chevaucher dans les airs jusqu'aux lieux de sabbat, de battre l'eau des chaudrons magiques, des sources, des mares, des fontaines pour faire venir orages, grêle, démons de l'air...

 

Le bâton protège les voyageurs, repousse les revenants (en bois de sureau), empêche les élémentaux de voler le lait et le beurre (en bois de sorbier), favorise la connaissance des choses secrètes (en bois de hêtre), attire la chance (en bois de pêcher), suscite la guérison et la prospérité (en bois de pommier), exerce une action bénéfique sur les cultures et le bétail (en bois de poirier)...

 

 

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LA BAGUETTE

 

Associée à l'élément Air, elle est depuis l'Antiquité la plus ancienne, un objet de pouvoir et l'instrument d'invocation par excellence dans les rites magico-religieux.

 

Baguettes de prêtres, de magiciens, de sorcières ou de fées qui servent à dessiner sur la terre des cercles et des symboles magiques, à délimiter dans le ciel un espace sacré, à "attirer" l'énergie émanant d'un lieu ou d'un monument particulier: cromlech, bétyle, obélisque, allée couverte, dolmens, menhirs...

 

Dans l'Antiquité égyptienne et gréco-romaine, on trouvait des baguettes en forme de serpent.

 

Instrument fétiche des sorcières, la baguette est utilisée pour mélanger les potions à l'intérieur du chaudron.

 

Dans la culture populaire, des baguettes protectrices du bétail étaient utilisées par les bergers et les bergères. Elles étaient associées à des incantations proférées contre les loups, incantations appelées "gardes".

 

Dans le Berry, haute terre de sorcellerie, on trouvait des baguettes en coudrier que l'on cueillait le Vendredi Blanc, soit neuf jours avant Pâques. On enlevait leur écorce, on les associait en nombre impair et on les attachait en de petits faisceaux. Puis elles étaient apportées par les bergères à l'église pour être guisées, c'est à dire sculptées par leurs prétendants.

 

Les baguettes étaient coupées à certaines périodes de l'année et lors de certaines phases lunaires... En Nouvelle Lune, à la Pleine Lune, "au croissant de la Lune de Mars", en période de Lune Rousse, le dimanche des Rameaux, le dimanche de Pâques, le Vendredi-Saint, le 5 Février, jour de la Sainte-Agathe, le matin de la Saint-Jean... On récoltait les branches avec un couteau neuf, une lame d'or ou de cuivre, d'un coup vif après s'être "adressé" généralement à l'arbre concerné par le biais d'une incantation.

 

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©Arcanum Tarot

 

Les branches collectées devenaient des baguettes investies de pouvoirs que les prêtresses et les prêtres de l'Antiquité, les sorcières et les magiciens réveillaient, grâce à des rituels et des charmes dont le souvenir demeure ancré dans les vieux grimoires...

 

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LA JARRETIERE ET LES NOEUDS

 

Les Sorcières utilisaient des Jarretières et des Cordes à Noeuds pour créer des charmes d'amour. Les Cordes à Nœuds, associées aux voies secrètes du Destin, permettaient aussi de contrôler les éléments, de susciter les tempêtes ou de repousser les vents violents, de guérir des maladies fébriles, de faciliter l'accouchement, sous l'obédience de déesses anciennes, comme la déesse romaine Junon Licinia...

 

Le motif des nœuds est récurrent dans les grottes ornées, sur les reliefs rupestres de la Préhistoire, dans l'art Celte...

 

Le nœud d'Isis, déesse magicienne de l'Égypte ancienne est parvenu jusqu'à nous, symbole gravé, incrusté ou peint sur des sarcophages, des statues, de nombreux monuments... Précieuse amulette, souvent sculptée dans la cornaline ou le jaspe rouge, pierres liées au sang, qui forme une sorte de croix Ankh ou croix de vie.

 

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L'Impératrice, ©David Higgins

 

« Que ce Nœud me relie à toi, Déesse

Par la vie qui est dans mon corps,

Par la profondeur de mon âme,

Par l’étendue de ma conscience

Par le feu de mon esprit

Qu’il m’unisse à toi avec amour »

 

Texte issu du livre Offering to Isis de M. Isidora Forrest.

 

 

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The Magician, ©Tarot des Créatures Fantastiques

 

La Sorcière emploie des petites CLOCHES et des CLOCHETTES en cuivre, en laiton, en cristal, en verre, en bois... pour appeler les esprits au cours des rituels et des cérémonies et les renvoyer quand la magie est accomplie.

 

La clochette agit comme le carillon Feng-Shui dont la musique cristalline dissipe les ondes néfastes qui s'accumulent dans une pièce ou au-dessus de la porte d'entrée.

 

Elle coupe les herbes et les plantes qui serviront aux rituels avec des SERPES et des FAUCILLES de petite taille, des couteaux à manche blanc dotés d'une lame droite ou recourbée. La lame courbe représente le croissant de lune qui scintille dans le ciel nocturne. Le manche est généralement en os, ciselé de runes ou de glyphes de connaissance et de protection. Le fourreau est noir comme les ténèbres du secret, territoire magique des sorcières.

 

Les principales lames rituelles se nomment BOLLINE (manche blanc) et ATHAMÉ.

 

L'athamé sert à diriger vers un but donné l'énergie mobilisée pendant les rites et les incantations.

 

 

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La Sorcière pratique également le SCRYING, l'art de la divination à travers un CRISTAL ou une surface réfléchissante. La forme ronde est emblématique du pouvoir de la LUNE qui régit les visions intérieures.

 

Le terme CRISTALLOMANCIE vient du grec CRYSTALLYUS qui signifie « glace » et de MANTEIA qui signifie « divination ». On regarde à travers une matière mystérieuse qui absorbe les différentes sortes de lumières. Ainsi, les couleurs, les formes et les mouvements dévoilent un langage subtil que la Sorcière interprète...

 

Je pourrais discuter de ce thème encore longtemps avec vous mais je vais être trop bavarde... sourires !

 

Je repars donc, en maraude, avec les chats de Minuit...

 

 

 

Merci beaucoup à mon Amie Laure pour ses magnifiques cartes d'Halloween, je suis très touchée...

 

http://laurefeerie.canalblog.com

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi La Sorcière d'Halloween, une œuvre du peintre et illustrateur américain Charles Wysocki (1928-2002).

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/10/le-tableau-du-samedi-charles-wysocki-la-sorciere-d-halloween.html

 

 

Carpe Diem, les Amis ! Et vive la magie de Samhain/Halloween !

 

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Je vous embrasse bien affectueusement !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chevre, #julbock, #noel, #nuit, #pere

 

 

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© Briar, La Reine de l'Aurore Hivernale

 

Ami(e)s lectrices, lecteurs,

 

Je vous remercie pour vos petits mots si gentiment déposés en mon espace et je vous souhaite le plus de bonheur possible en ce temps festif. Un temps qui n'est pas évident à vivre pour les personnes seules et/ou malades et démunies. Je souffle des pensées vers ceux qui souffrent et se sentent abandonnés...

 

Que la magie de Noël rayonne dans vos foyers, sereine et généreuse aux portes de l'année nouvelle! Je vous embrasse bien affectueusement...

 

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Jenny Nyström (1854-1946), L'Étoile de Noël.



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© Joséphine Wall



J'ai ajouté des illustrations à cet article que j'avais publié il y a plusieurs années. Je vous souhaite bonne lecture et n'oubliez pas que vous pouvez faire une moisson d'images, si vous le désirez...



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Scène issue du film « A la croisée des mondes : La Boussole d'Or », 2007.

 

La nuit du Solstice d'Hiver est une nuit magique, un passage entre les mondes célébré depuis des temps immémoriaux. Elle a métamorphosé les couleurs de l'automne pour créer sa propre féerie.

 

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La Conteuse, 1906, par Édouard Jérôme Paupion (1854-1912). Photo RMN-Grand Palais, F. Vizzavona / D. Arnaudet.

 

Jadis, on se réunissait devant l'âtre près de la tisseuse d'histoires, celle dont la pupille gauche révélait un croissant de lune énigmatique et dont le chant propageait le « vieux savoir » pour que la connaissance des récits fondateurs ne soit pas oubliée. Les émotions les plus vives naissaient dans la coupe de ses mots. Elle symbolisait l'âme de tout ce qui avait été et concentrait dans son regard le fascinant pouvoir des Parques. Elle contait les forêts légendaires, les fontaines, les mares et les sources enchantées, la force protectrice de la bûche de chêne, les arbres verts et le soleil en fusion dans le ciel glacé. Elle invoquait, dans les cendres du foyer, la Cailleach ou la « Vieille Épouse de Noël », mystérieuse déesse celtique associée à la chouette, emblème de sagesse et de clairvoyance...

 

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Quand le vent glacé grondait à la cime des arbres, frappait aux fenêtres et s'engouffrait sous les toits, on savait, par les hypnotiques mouvements de ses lèvres, que les Grises chevauchaient, que Lucie la Blanche parcourait les chemins, sa couronne de lumière ouvrant l'obscurité, et que le Chasseur Sauvage menait son armée fantôme sous les nuages d'argent.

 

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La Chasse Volante d'Odin, peinte en 1872 par le peintre norvégien Peter Nicolai Arbo (1831-1892).

 

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La marche des lutins, par John Bauer (1882-1918), illustrateur suédois.

 

Elle est devenue spectrale mais les braises de l'imagination rougeoient encore dans la mémoire de l'âtre. Sa magie chemine avec le Père Noël et les Dames de la Nuit (Holle, Holda, Berchta, Perchta, Aradia...), Grand-Père et Grand-Mère Hiver, les Rois Mages, la Sorcière Befana et toute une cour de personnages facétieux et fascinants.

 

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Gustav ou Gustaf Fjaestad (1868-1948), peintre suédois de sensibilité associée au Symbolisme, Paysage hivernal.

 

Pour célébrer les charmes de la période, je vous invite au cœur des contrées glacées, dans le monde merveilleux de l'illustratrice suédoise Jenny Eugenia Nyström (1854-1946), sur les traces de la Chèvre de Yule, du Julenisse et du Tomte...

 

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Dans les pays du Nord de l'Europe et les régions situées près du Cercle Polaire, de sympathiques petits lutins apportent traditionnellement les cadeaux.

 

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Pendant la nuit du Solstice d'Hiver, la plus longue de l'année, on entend tinter des grelots enchantés dans l'air soyeux. Les lutins prennent place dans un traîneau conduit par des rennes ou des boucs ou chevauchent à travers la neige une chèvre sacrée, aux cornes recourbées, émanation des forces de fécondité.

 

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Julbocken, (1912), par John Bauer (1882-1918).

 

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Ils sont les avatars de l'Esprit du Foyer, le Lutin qui veille sur chaque habitation en échange de lait, de bière, de liqueur de myrtille ou d'airelle et de plaisirs sucrés.

 

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Les illustrations de Jenny Nyström mettent en scène le Julenisse, personnage légendaire de la tradition suédoise,« héritier » du Nisse protecteur des fermes.

 

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Le Julenisse est un pourvoyeur en cadeaux, à l'instar de la Chèvre de Noël (Julbock) à laquelle il s'est peu à peu substitué. Dans l'imagerie traditionnelle, il apporte les cadeaux et présente des traits caractéristiques d'un autre personnage incontournable : le Père Noël. Il peut prendre place dans un traîneau conduit par des rennes mais la chèvre l'accompagne le plus souvent dans sa tournée.

 

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Dans les pays scandinaves, le Julbock est considéré comme l’un des plus anciens symboles de Noël. Ses origines sont pré-chrétiennes et marquent, dans le Zodiaque, la venue de la Lune du Capricorne.

 

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John Bauer, Chèvre de Jul et Nisse.

 

Jul, terme issu du monde nordique, se dit Yule dans le monde anglo-saxon.

 

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Deux boucs conduisaient le char du dieu Thor, divinité nordique du tonnerre qui créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos. Pour nos ancêtres, la pluie tombait en raison de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages ou s'affrontaient en se lançant des myriades d'éclairs.

 

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Le dieu Thor, peint en 1872 par l'artiste suédois Marten Eskil Winge (1825-1896). On aperçoit ses deux puissantes montures : Tanngnjost « Dents Grinçantes » et Tanngnsnir « Dents étincelantes » qui seraient, d'après les légendes nordiques, les ancêtres des rennes du Père Noël.

 

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Attributs de Thor/Donar, le maître de la météorologie, les boucs et les chèvres furent hélas associés au Diable et aux sorcières à l'époque chrétienne mais pour les populations rurales, les petites chèvres en paille, confectionnées au moment du solstice d'hiver, étaient dotées de vertus apotropaïques.

 

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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les croyances populaires faisaient état de boucs-croquemitaines qui se glissaient dans les maisons pour effrayer et punir les enfants turbulents, à l'instar du Père Fouettard ou de Krampus (voir mon article sur la Saint-Nicolas).

 

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Julbock, par Connie Lindqvist (1950-2002).

 

Au cours du XIXe siècle, le Julbock devint la créature chargée de distribuer les cadeaux (tout comme le lièvre d'Ostara distribue les œufs de Pâques). Chaque enfant tressait son Julbock avec du blé séché car d'après la légende, pendant la nuit de Noël, la chèvre blanche et dorée voyageait dans les airs jusqu'au pays des cadeaux afin d'y quérir ce que l'enfant désirait.

 

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Chèvre de Yule/Jul (Image Norgska.fr)

 

Le Julbock fut ensuite « remplacé » par le Julenisse mais il demeure un personnage incontournable des festivités de Noël et il accompagne le petit lutin à bonnet rouge dans ses tournées.

 

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Dans la Suède ancienne, les jeunes gens se rendaient de ferme en ferme pour chanter des chansons de quête sur le thème de la chèvre de Noël. L'un d'eux, considéré comme le porteur de l'Esprit de Noël, arborait un masque blanc et de grandes cornes. On offrait volontiers de la nourriture et des boissons traditionnelles à ces visiteurs facétieux.

 

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Illustration de John Bauer, 1910.

 

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Dans la ville de Gävle, en Suède, on peut admirer chaque année, depuis 1966, une chèvre de paille géante (13 mètres) qui reproduit, de manière contemporaine, la tradition du Julbock. Érigée à l'initiative de Stig Gavlén, un consultant en publicité, dans l'espoir d'attirer les visiteurs vers les commerces du quartier de Slottstorget, elle est devenue une véritable institution.

 

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Chèvre de Gävle, photographiée le 21 décembre 2009 par Tony Nordin/Apeshaft.

 

Chaque année, certains essayent de brûler cette version inattendue du Julbock traditionnel. Des paris sont lancés pour tenter de savoir si elle sera consumée avant Noël ou la Nouvelle Année. En 2006, les autorités locales ont décidé de la faire revêtir de matériaux ignifugés et de placer des caméras tout autour. Il est de plus en plus difficile de brûler la chèvre ou le bouc de Gävle mais des esprits zélés, périodiquement, y arrivent.

 

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Le Tomte, variante du Julenisse, apparut, en 1881, sous une forme illustrée dans le magazine suédois Ny Illustrerad Tidning.

 

«Le froid de la nuit de la mi-hiver est intense,

les étoiles scintillent et frissonnent.

Ils dorment tous dans la ferme isolée,

profondément à l'heure de minuit.

La lune glisse sur sa trajectoire silencieuse,

la neige poudre de blanc brillant pins et sapins,

la neige poudre de blanc brillant les toits des maisons.

Seul le tomte, dans l'obscure nuit, est éveillé. »

 

« Midvinternattens köld är hård,

stjärnorna gnistrar och glimmar.

Alla sover i enslig gård

djupt under midnattstimma.

Månen vandrar sin tysta ban,

snön lyser vit på fur och gran,

snön lyser vit på taken.

Endast tomten är vaken. »

(...)

Viktor Rydberg (1828-1895), Tomten

 

 

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Protecteur du foyer et pourvoyeur en nourriture et en cadeaux, le Tomte voyage à pied ou à dos, le plus souvent, de chèvre ou de cheval. Il aime tantôt la solitude, tantôt la compagnie de ses congénères et de certains animaux comme les animaux à cornes et aussi les chats.

 

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© Jan Bergerlind

 

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Les lutins s'affairent dans le paysage avec une vigueur facétieuse et la magie du Père Noël fait crépiter la nuit.

 

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« Joulupukki », le nom finnois du Père Noël, vient de « Joulu » : « Noël » et de « Pukki », mot qui désigne le bouc et fait référence au « Nuuttipukki », un personnage mystérieux de l’ancienne Finlande qui se rendait de maison en maison, vêtu d'un costume de bouc. Il arborait de grandes cornes et un masque composé d'écorce de bouleau, l'arbre traditionnel des chamanes polaires et de la Déesse Blanche. On lui donnait de l'alcool et de la nourriture. Il distribuait des friandises aux enfants sages et des fagots tressés aux turbulents.

 

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Le Père Noël vit en compagnie de son épouse, la Mère Noël (Joulumuori), des lutins (Joulutonttu) et des rennes, en Laponie finlandaise, à Korvatunturi, un mont de forme arrondie et doté, d'après la légende, de grandes oreilles qui lui permettent d'entendre ce que disent les enfants... Tout au long de l'année, avec la précieuse aide des lutins, il fabrique les cadeaux dans son atelier. A la date fatidique, il prend place dans un traîneau tiré par des rennes mais, à la différence du Santa Claus américain qui glisse dans les airs, il voyage par voie terrestre.

 

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Arthur Rackham (1867-1939), Père Noël.

 

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Profondément ancré dans le cœur et l'esprit des enfants et de ceux qui ont su préserver leur âme d'enfant, le Père Noël est l'émanation de traditions très anciennes dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Figure païenne assumée que l'Église tenta vainement d'annihiler -allant même jusqu'à brûler son effigie devant la cathédrale de Dijon en 1951- il est le chantre des mystères du Solstice d'Hiver et prolonge les célébrations de la Saint-Nicolas...

 

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« ...Saint Nicolas qui fut abolie dans plusieurs pays d'Europe après la Réforme (XVIe siècle) mais qui survécut, pendant des décennies, aux Pays-Bas. Au XVIIe siècle, les traditions néerlandaises s'implantèrent aux États-Unis lors des arrivées massives d'immigrants. Les Hollandais fondèrent la colonie de Nieuw Amsterdam qui devint New York en 1664 et le traditionnel Sinter Klaas néerlandais devint Santa Claus, le Père Noël, qui accomplit sa tournée dans la nuit du 24 décembre.

 

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La marque Coca Cola modela son apparence et le fit connaître d'un large public mais elle n'a en aucun cas créé le débonnaire personnage à barbe blanche. Il faut se méfier de ce qu'on peut lire sur de nombreux sites qui interprètent très mal les récits de folklore et l'histoire des traditions populaires. » Extrait de mon article intitulé Saint-Nicolas, le messager de l'hiver.

 

Au fil du temps, je vous ferai découvrir les mythes qui ont présidé à la création du Père Noël et les procédés inventés par les Puritains pour tenter de le faire disparaître, sans oublier les auteurs (Washington Irving, William Gilley, Charles Dickens...) et les illustrateurs (Clément Moore, Thomas Nast, Haddon Sundbloom...) qui ont modelé l'iconographie de ce personnage indissociable de la magie hivernale.

 

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En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes. Amicalement vôtre et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eve, #fleurs, #jpg, #midsummer, #nuit

 

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Que l'Été soit ! Vert chlorophylle, ciselé de douceur sous un ciel bleu intense, créatif et gorgé de délicieuses saveurs... Un été que je nous souhaite très favorable, chers aminautes ! Et à cette occasion, je ne résiste pas au plaisir de d'exposer ici un tableau que j'aime infiniment : Midsummer Eve, composé par le peintre anglais Edward Robert Hughes (1851-1914).

 

J'avais présenté ce tableau l'année dernière, sur mon autre blog : La Chimère écarlate et je me réjouis de laisser à nouveau caracoler mon esprit en des terres de fantaisie, invitée par les facétieux esprits de Midsummer.

 

Nuit magique du Solstice d'Été qui, à l'instar de la nuit de Beltane (30 avril) et de celle de Samain/Halloween (31 octobre), fait tomber le voile qui sépare le monde des humains et le territoire ambivalent du Sidh (Sidhe) où évolue le Petit Peuple...

 

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L’œuvre, datée de 1908, décrit ces instants mystérieux ("Eve" dérive de evening, le soir).

 

Edward Robert Hughes (1851-1914) est un artiste à la touche élégante, très influencé par l'Esthétisme et le Préraphaélisme. Ses œuvres ont un charme infini (je les trouve superbes : Cœur des Neiges, la Nuit et son chariot d'étoiles etc...) mais là n'est pas mon propos en cet instant... Continuons d'évoquer Midsummer, nuit de fièvre magique où tout devient possible !

 

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L'esprit féminin de Midsummer (Litha, pour le Druidisme) a appelé les créatures de la forêt qui s'assemblent autour d'elle pour former un fairy ring ou cercle de fées. Dotés d'ailes de papillons, ils portent des lampions et des lanternes en forme de boule ou de fleurs. Ces délicats éclairages évoquent la puissance créatrice des lucioles et des lampyres, coléoptères qui produisent de la lumière et font crépiter les velours d'onyx et les soies d'obsidienne de la nuit.

 

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Pour les faire venir, la fée a utilisé une sorte de flûte dont l'extrémité est évasée. Elle est rousse, à l'instar des sirènes et des lamies, déités voluptueuses qui peuplent les toiles des peintres victoriens et sont la manifestation de leurs hantises (j'y reviendrai bien sûr, tant le thème me plaît et tant j'ai écrit de choses sur le sujet au fil de mes études). Rousseur et charme de feu... Elle porte une couronne de campanules stylisées, fleurs fétiches du Petit Peuple qui s'est regroupé pour festoyer.

 

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Des fleurs roses ornent sa taille et sa robe dorée, superbement chatoyante, semble s'animer, dans le frisson des lueurs qui l'encerclent.

 

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L'atmosphère est celle d'un monde fantastique et merveilleux... celui de Litha, festival de la lumière, fête du soleil triomphant qui nourrit les sillons fertiles de la terre.

 

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À Midsummer, la chaleur palpite, les céréales grandissent. On célèbre avec des danses et des chants le jour le plus long de l'année et la force créatrice des éléments. On honore le feu, entité rouge et or qui dévore les monstres de l'obscurité. On va sur les chemins cueillir les « simples » guérisseurs et magiques avec une prédilection pour les herbes suivantes : armoise, achillée millefeuille, pissenlit, millepertuis, calendula, sauge, angélique, fenouil, reine des près, romarin, serpolet, thym, verveine, mélisse, menthe, plantain, pimprenelle, myrte, aubépine, capucine, bourrache, chélidoine, gentiane, hysope, lavande, marjolaine, joubarbe, lierre terrestre, marguerite, mauve, brunelle...

 

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Midsummer Eve Party, image (c)Tricia Fountaine.

 

Je vais donc savourer ma tisane d'armoise en vous souhaitant un très bel été et une délicieuse fête de la musique ! Laissez filer votre imagination dans les sous-bois, autour des vieilles pierres et sur le bord des étangs... Vous verrez peut-être caracoler de minuscules lanternes au gré de l'instant !

 

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Fairy Lights

 

Je pense bien à vous et je viens vous voir au rythme de mes possibilités. Mon épilepsie dont je ne parle que très peu depuis quelques temps est pourtant bien présente, avec son cortège de désagréments... Entre autres joyeusetés, j'ai très mal aux yeux et je dois prendre soin de ma rétine gauche déchirée, je fais donc comme je peux avec l'écran et un réseau Internet aussi brinquebalant que moi (sourires...) mais je ne vous oublie pas... Gros bisous !

 

J'ai grand besoin de me reposer...

 

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David Delamare, Midsummer Dream...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #citrouille, #hallowed, #monde, #nuit, #samain

 

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William Henry Hunt (1790-1864), The turnip lantern, 1838, New Walk Museum & Art Gallery de Leicester.(Turnip signifie navet).

 

Nous revoici à l'heure d'Halloween, fête mêlée de flammes et de ténèbres qui ressuscite les secrets de la très ancienne Samain. Si vous souhaitez lire ou relire mes travaux concernant le folklore automnal, les symboles d'Halloween, la Toussaint ou le Jour des Morts en Amérique du Sud, il vous suffit de cliquer sur le titre ci-dessous :

Sortilèges d'Halloween et traditions de la Toussaint.

 

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L'article en question étant d'une taille « conséquente », laissez-moi vous rappeler ce que désignait Samain.

 

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Samain, qui signifie « réunion », était la nuit mystérieuse qui ouvrait les portes de l'année sombre. Appelée Samhain, Soween ou Oiche Shamhna: « la nuit de la fin de l'été » en Irlande, Samhuinn en Écosse, Samon ou Samonios en Gaule, elle rassemblait les tribus celtes autour de grands brasiers.

 

Fête des récoltes émanant de rites agraires du Néolithique, elle se ranimait, cycliquement, dès que les puissances de l'obscurité déferlaient sur le monde humain et célébrait, de manière étrange et flamboyante, l'entrée dans le monde hivernal.

 

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Charles Wysocki (1928-2002), peintre et illustrateur américain. Les moissons d'Halloween.

 

L'année celtique commençait dans la nuit du 31 octobre lorsque s'ouvraient les portes de Samain, fête de l'entrée dans l'hiver, dont Halloween est la résurgence. Elle se divisait en deux périodes: une période sombre s'écoulant de Samain à Beltane, (du 31 octobre au 30 avril) et une période claire qui s'étendait de Beltane à Samain, (du 30 avril au 31 octobre).

 

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Célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, principalement aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons mais pas seulement, Halloween plonge ses racines complexes dans les croyances et la mythologie celtiques. Elle réveille aussi un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

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Au XIXe siècle, ayant survécu à la christianisation sur le Vieux Continent, les traditions de Samain furent transportées en Amérique du Nord par les Irlandais, les Écossais et les Gallois, contraints par millions de quitter leur pays en raison de la famine qui y sévissait. Elles s'implantèrent dans le Nouveau Monde et s'adaptèrent, avec certaines contradictions, aux contraintes de cette terre en friche, creuset de populations variées et de religions multiples.

 

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D'après les anciennes croyances, à l'orée de Samain, le voile entre le monde humain et le monde des esprits s'amoindrissait. Trois jours avant la nuit fatidique et trois jours après, les populations festoyaient autour de grands feux afin de bannir les créatures dangereuses qui hantaient l'obscurité mais certaines célébrations pouvaient s'étendre sur une durée de 31 jours.

 

La communication avec le Sidh, l'Autre Monde de la tradition celtique, était favorisée. Intimement lié à la féerie, aux dieux et aux esprits, cet Autre Monde était accessible à des êtres qui portaient d'étranges marques de naissance, détenaient certains dons ou souffraient d'épilepsie. Les héros et les êtres au sang vif étaient happés sur ces mystérieux chemins.

 

Inversement, des créatures inquiétantes, venues du Sidh, pouvaient pénétrer dans le monde humain mais des êtres protecteurs, d'une sagesse intemporelle, évoluaient parmi les ombres de la nuit.

 

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Très présentes dans l'imaginaire d'Halloween, les sorcières jouent le rôle d'initiatrices auprès des enfants. Dans les représentations populaires, elles insufflent la connaissance et transmettent leurs secrets avec bienveillance.

 

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La magie de Samain est restée vivante dans les célébrations d'Halloween, à travers la volonté de repousser les entités néfastes et d'attirer les faveurs des esprits en revêtant leur apparence par le biais de déguisements et de masques.

 

Elle a perduré dans la tradition des soul cakes, « gâteaux d'âmes » ou « gâteaux pour les âmes », toujours vivace dans plusieurs régions d'Écosse, d'Irlande, de France, dans les comtés d'Angleterre et dans certains pays d'Europe de l'Est et d'Europe du Nord. Autrefois, les femmes y dissimulaient une bague pour déterminer qui se marierait en premier; une figurine en terre cuite pour connaître l'identité de celle qui deviendrait mère dans l'année; une pièce de monnaie pour attirer les richesses; un petit morceau de bois destiné à honorer un proche défunt. Des enfants et de pauvres hères, appelés soulers, recevaient ces gâteaux et allaient chanter, de maison en maison, des prières pour les disparus.

 

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Aujourd'hui, ces biscuits, qui célèbrent le All Souls'Day, « le jour de toutes les âmes », ressemblent davantage à des cookies.

 

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On disait, pendant la nuit de Samain, que les âmes des personnes aimées venaient se réchauffer au feu de l'âtre familier ou près des bougies allumées sur le rebord des fenêtres. On chuchotait aussi que les spectres de personnes décédées de mort violente cherchaient à exercer leur vengeance... La «chandelle des âmes» était donc allumée pour repousser les fantômes malveillants et montrer aux défunts «débonnaires» la voie souhaitée pour atteindre le repos éternel. Pour éloigner les présences non désirées, on plaçait autour des lits des fèves, des graines de fenouil et des brins de lavande.

 

On laissait également de la nourriture sur la table familiale, sur le seuil de la porte ou devant la cheminée, pour les esprits du lieu.

 

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Il était fortement déconseillé de balayer après le coucher du soleil pendant les trois jours qui suivent le 31 octobre car, à cette période, le balai domestique détient le pouvoir d'absorber les esprits familiers, protecteurs du foyer. Seul le balai de sorcière, rituellement consacré à Aradia, dame lunaire des croisées de chemins et avatar de la sombre Hécate, pouvait être utilisé.

 

On ne devait ni coudre, ni filer, ni laver le linge, de crainte que les couturières, les fileuses ou les lavandières de nuit (âmes errantes, damnées et carnassières) jettent des sorts aux vivants et sucent leur sang pendant le sommeil.

 

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De nos jours, les anciens rituels se lovent dans les coutumes populaires. Les pommes, fruits fétiches des sorcières et les citrouilles ciselées, décorées avec de petites bougies et promenées devant les maisons sont autant de gourmandises et de visages facétieux destinés à faire fuir les entités maléfiques.

 

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Noms et Etymologie d'Halloween

« Hall » est lié à la racine germanique « hel », qui a donné le mot anglais « hell » signifiant « enfer », mais ces termes ne doivent pas être interprétés dans un sens chrétien.

Halloween, que l'on appelle aussi Hallowmas, est la contraction des termes suivants:

« Hallowed Even » signifiant « Nuit Sacrée ».

« Alls-Souls-Eve » désignant la « Veille de toutes les âmes ».

« All Hallow's Eve/Evening » ou « Veille de la Toussaint ».

 

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Les Citrouilles d'Halloween

 

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Évidées, sculptées et garnies de bougies, elles défient l'obscurité de la nuit et sont considérées, dans les récits de veillée, comme très efficaces pour repousser les bêtes voraces et les esprits tourmenteurs.

 

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(Image du net)

 

Ces têtes lumineuses, rendues « vivantes » par les flammes des bougies, sont une réminiscence des feux que l'on allumait jadis à la limite des villages et des villes. Protectrices contre la peur du noir et les cauchemars associés au monde de l'enfance, elles favorisent la transmission des secrets et perpétuent une forme de connaissance orale qui nous prépare à affronter le monde de l'hiver.

 

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Elles sont omniprésentes dans les pays anglo-saxons où les enfants et les adultes, costumés et masqués, défilent dans les rues en brandissant des lanternes, des balais de sorcière et différents objets magiques. Les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent la phrase consacrée « Trick or Treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort! » Messagers ludiques du monde des esprits, ils reçoivent des sucreries et de l'argent dans un sac ou un petit chaudron.

 

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Traditionnellement, les lampes d'Halloween étaient creusées dans de gros légumes que l'on ramassait vers l'équinoxe d'automne, aux alentours du 21 septembre. Racines, rhizomes et tubercules étaient transformés en lanternes flamboyantes pour repousser les démons tapis dans le noir.

 

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Pour conjurer le mauvais sort, les têtes lumineuses étaient placées à la croisée de plusieurs chemins (lieux associés aux apparitions du Diable et aux rituels des sorcières), à l'entrée des cimetières ou devant les bâtiments en ruines, repaires de rôdeurs maléfiques...

 

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La tradition des Rommelbootzen ou « têtes de mort de la Toussaint » existe toujours en Lorraine et en Moselle. De grosses betteraves creusées, ciselées en forme de visages grotesques sont illuminées par une myriade de bougies. Elles sont ensuite placées aux croisées de chemins, au pied des calvaires et sur le rebord des fenêtres. La coutume veut que les sculpteurs de betteraves y « transfèrent » un peu de leur âme.

 

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Image www.quevaucamps.be

 

Les racines relient le monde des profondeurs, celui de la mort nourricière et des esprits chthoniens, au monde de la surface où évoluent les vivants. Dans le folklore du nord de l'Europe, certaines racines sont « habitées » par de mystérieux esprits dont il faut se concilier les faveurs. Les légendes allemandes font référence à Rübezahl, le «compteur de navets» que l'on appelle aussi «Maître Jean», «Seigneur Jean» ou «Sire Jean», des noms qui désignent le Maître Obscur/le Diable.

 

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En Wallonie, ce sont les Lumerottes ou Grinche-Dents/Grignedins qui ont la cote auprès du public et surtout des enfants. Ils creusent des betteraves fourragères, appelées «racines d'abondance», et placent des bougies à l'intérieur. Ils accrochent chaque betterave à un fil et suspendent le fil à un bâton. Ils vont collecter des bonbons en faisant danser ces lumières étincelantes.

 

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Affiche du festival des « Betteraves Grimaçantes » qui se déroule tous les ans au château Saint Sixte de Freistroff, près de Bouzonville en Moselle. En 2015, les festivités auront lieu les 25, 28 et 31 octobre.

Pour effrayer les créatures de l'hiver qui approche, on glisse parfois des allumettes rouges dans la « bouche » des betteraves.

 

Le 11 Novembre, dans le Pas-de-Calais, des adultes et des enfants, réunis en processions joyeuses pour fêter Saint-Martin, tiennent des lanternes fantastiques constituées de courges, de betteraves, de potirons ou de pommes de terre. Ces masques végétaux, éclairés par des bougies, ravivent la tradition des Têtes flamboyantes qui marquaient la fin des travaux agricoles (fête des guénels).

 

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En Écosse, les enfants promènent une neepy candle, visage brasillant creusé dans un gros rutabaga (neep), destiné à chasser les êtres malveillants et à stimuler la venue des fées protectrices.

 

Qui peut donc prétendre qu'Halloween est purement américaine et n'a aucun lien avec «nous» alors que nous sommes en présence d'un fonds culturel commun qui a traversé les âges et s'est profondément enraciné dans l'inconscient collectif?

 

Les Citrouilles Indiennes

Quand les Irlandais, victimes de la famine, s'expatrièrent en masse vers les États-Unis, leurs croyances trouvèrent un écho dans celles des Amérindiens. Ces derniers célébraient l'arrivée des jours sombres et le retour sur la terre des âmes des défunts, venues donner du courage et de la force aux vivants.

 

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Winslow Homer (1836-1910), la Citrouille, 1878, aquarelle.

 

Peintre américain, Winslow Homer fut attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires et s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements oniriques de l'océan. Il aimait illustrer d'anciennes comptines et des chansons associées au folklore anglo-saxon.

 

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Winslow Homer, « For to be a Farmer's boy », 1887.

 

Dans cette aquarelle qui évoque une chanson populaire anglaise, liée au thème du soleil couchant, la belle couleur gourmande de la citrouille se dévoile à travers les brumes de novembre. L'artiste met en scène un jeune garçon dans un univers empreint d'une douceur mystérieuse, sublimé par le moment où la clarté du soleil se dilue derrière les collines. Fantasmagorique, le monde des citrouilles entre en symbiose avec les forces nourricières et mortifères de l'automne tout puissant.

 

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Originaires d'Amérique, les grosses citrouilles oranges (pumpkin), se développent sur des lianes luxuriantes. Leur peau épaisse se partage en quartiers. Leurs grandes feuilles vert vif forment des vrilles décoratives. Leurs fleurs jaune d'or en forme d'entonnoir se forment à la fin du printemps. Gorgées de graines au moment d'Halloween, elles évoquent la mort et la fécondité, la connaissance et les liens subtils entre les mondes. Leurs graines rissolées sont des trésors de vitamines et d'énergie.

 

Dans certaines tombes mayas, on a retrouvé des citrouilles fossilisées, âgées de plus de 6500 ans.

 

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Le potiron vient aussi des Amériques. Ce beau fruit se distingue par ses couleurs variées, du rouge vif au vert foncé en passant par l'orange lumineux. Sa chair appétissante excite les papilles et stimule l'imagination des gourmands. Sa chair est moins filandreuse et plus sucrée que celle de la citrouille.

 

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Courges musquées, butternut ou spaghetti, giraumons, potimarrons, pâtissons... le monde des cucurbitacées nous régale de ses saveurs. Avec leurs couleurs solaires et leurs étranges silhouettes, ces «merveilles végétales» sont les emblèmes d'Halloween.

 

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La légende de Jack O'Lantern

 

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Jack était un fermier irlandais, buveur impénitent qui écumait les pubs et les auberges de son petit village. Une nuit d'Halloween, alors qu'il déambulait dans les rues en quête d'une âme désireuse de lui offrir à boire, il aperçut un jeune homme élégant à la croisée de plusieurs chemins. Il l'interpella et l'inconnu se transforma en pièce luisante qui roula sur le sol. Jack ramassa la pièce et se précipita vers la première taverne venue. Sans le savoir, il avait conclu un pacte avec le Diable mais comme sa bourse était protégée par une serrure en forme de croix, Satan dut lui accorder une année supplémentaire de vie, en toute tranquillité.

 

Une fois le délai écoulé, le Diable vint chercher Jack mais ce dernier le berna en le faisant grimper dans un arbre. Incapable d'en redescendre, Satan dut accepter que Jack ne soit jamais emporté en Enfer.

 

Quand Jack mourut, les portes du Paradis se refermèrent devant lui en raison de ses nombreux pêchés. Il devint une âme errante et dut s'éclairer dans l'obscurité avec un gros navet qu'il avait rempli d'un peu de braise, subtilisée aux abords de l'Enfer.

 

On peut le rencontrer, la nuit d'Halloween, sur les vieilles voies ténébreuses. Solitaire, il porte une énorme citrouille sur le dos...

 

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Ainsi, dans la nuit « entre les temps », à l'instar de Jack O'Lantern, vont les moissonneurs d'âmes, enfants de la Faucheuse. Ils se déplacent à pied ou empruntent des charrettes, des barques et des carrosses inquiétants. Présente sous une multitude de formes, dans les légendes celtiques, la mort est initiatique et nourricière. Dans les légendes celtes, elle attend le roi et ses guerriers au creux d'un chaudron magique, puits ouvert sur le monde d'en bas, espace temps d'épreuves et de dangers qui régénèrent l'impétrant et renouvellent les forces de la communauté. Entre Halloween et la Toussaint, la mort creuse ses inéluctables sillons mais la vie est là, dans la chaleur ondoyante des flammes, les gourmandises partagées, les facéties des enfants...

 

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Vous pourrez trouver dans l'article cité plus haut (Sortilèges d'Halloween et traditions de la Toussaint) des renseignements plus approfondis encore sur le thème de la chevauchée des sorcières, l'histoire de la Toussaint en France et en Europe, le personnage de l'Ankou en Bretagne, les célébrations du Jour des Morts au Mexique, la symbolique du chrysanthème...

 

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Illustration de Richard Lank

 

En attendant nos prochains échanges, je vous souhaite un mois de Novembre riche d'une multitude de petits bonheurs et de plaisirs gourmands à partager avec ceux que vous aimez. Mes pensées volent aussi vers les personnes qui souffrent et les êtres chers qui ne sont plus là...

 

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Prenez bien soin de vous, merci encore pour vos gentils messages et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chevre, #julbock, #noel, #nuit, #pere

 

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Jenny Nyström (1854-1946), L'Étoile de Noël.



Ami(e)s lectrices, lecteurs,

Mes pensées s'envolent vers vous, dans le scintillement des bougies, le souffle des légendes et les senteurs enlacées d'orange, de cannelle et de chocolat chaud.

Que la magie de Noël rayonne dans vos foyers, sereine et généreuse aux portes de l'année nouvelle!

Je vous remercie pour les moments de joie et de complicité que nous avons partagés, tout au long de l'année 2014, et je n'oublie pas les personnes seules et démunies en cette période de festivités. Puissent-elles connaître un peu de réconfort et d'apaisement !

 

Je vous embrasse tendrement ainsi que vos proches, prenez soin de vous et à très bientôt dans nos bulles étoilées...



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Illustration de Joséphine Wall.



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Scène issue du film « A la croisée des mondes : La Boussole d'Or », 2007.

 

La nuit du Solstice d'Hiver est une nuit magique, un passage entre les mondes célébré depuis des temps immémoriaux. Elle a métamorphosé les couleurs de l'automne pour créer sa propre féerie.

 

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La Conteuse, 1906, par Édouard Jérôme Paupion (1854-1912). Photo RMN-Grand Palais, F. Vizzavona / D. Arnaudet.

 

Jadis, on se réunissait devant l'âtre près de la tisseuse d'histoires, celle dont la pupille gauche révélait un croissant de lune énigmatique et dont le chant propageait le « vieux savoir » pour que la connaissance des récits fondateurs ne soit pas oubliée. Les émotions les plus vives naissaient dans la coupe de ses mots. Elle symbolisait l'âme de tout ce qui avait été et concentrait dans son regard le fascinant pouvoir des Parques. Elle contait les forêts légendaires, les fontaines, les mares et les sources enchantées, la force protectrice de la bûche de chêne, les arbres verts et le soleil en fusion dans le ciel glacé. Elle invoquait, dans les cendres du foyer, la Cailleach ou la « Vieille Épouse de Noël », mystérieuse déesse celtique associée à la chouette, emblème de sagesse et de clairvoyance...

 

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Quand le vent glacé grondait à la cime des arbres, frappait aux fenêtres et s'engouffrait sous les toits, on savait, par les hypnotiques mouvements de ses lèvres, que les Grises chevauchaient, que Lucie la Blanche parcourait les chemins, sa couronne de lumière ouvrant l'obscurité, et que le Chasseur Sauvage menait son armée fantôme sous les nuages d'argent.

 

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La Chasse Volante d'Odin, peinte en 1872 par le peintre norvégien Peter Nicolai Arbo (1831-1892).

 

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La marche des lutins, par John Bauer (1882-1918), illustrateur suédois.

 

Elle est devenue spectrale mais les braises de l'imagination rougeoient encore dans la mémoire de l'âtre. Sa magie chemine avec le Père Noël et les Dames de la Nuit (Holle, Holda, Berchta, Perchta, Aradia...), Grand-Père et Grand-Mère Hiver, les Rois Mages, la Sorcière Befana et toute une cour de personnages facétieux et fascinants.

 

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Gustav Fjaestad (1868-1948), Paysage hivernal.

 

Pour célébrer les charmes de la période, je vous invite au coeur des contrées glacées, dans le monde merveilleux de l'illustratrice suédoise Jenny Eugenia Nyström (1854-1946), sur les traces de la Chèvre de Yule, du Julenisse et du Tomte...

 

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Dans les pays du Nord de l'Europe et les régions situées près du Cercle Polaire, de sympathiques petits lutins apportent traditionnellement les cadeaux.

 

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Pendant la nuit du Solstice d'Hiver, la plus longue de l'année, on entend tinter des grelots enchantés dans l'air soyeux. Les lutins prennent place dans un traîneau conduit par des rennes ou des boucs ou chevauchent à travers la neige une chèvre sacrée, aux cornes recourbées, émanation des forces de fécondité.

 

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Julbocken, (1912), par John Bauer (1882-1918).

 

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Ils sont les avatars de l'Esprit du Foyer, le Lutin qui veille sur chaque habitation en échange de lait, de bière, de liqueur de myrtille ou d'airelle et de plaisirs sucrés.

 

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Les illustrations de Jenny Nyström mettent en scène le Julenisse, personnage légendaire de la tradition suédoise,« héritier » du Nisse protecteur des fermes.

 

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Le Julenisse est un pourvoyeur en cadeaux, à l'instar de la Chèvre de Noël (Julbock) à laquelle il s'est peu à peu substitué. Dans l'imagerie traditionnelle, il apporte les cadeaux et présente des traits caractéristiques d'un autre personnage incontournable : le Père Noël. Il peut prendre place dans un traîneau conduit par des rennes mais la chèvre l'accompagne le plus souvent dans sa tournée.

 

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Dans les pays scandinaves, le Julbock est considéré comme l’un des plus anciens symboles de Noël. Ses origines sont pré-chrétiennes et marquent, dans le Zodiaque, la venue de la Lune du Capricorne.

 

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John Bauer, Chèvre de Jul et Nisse.

 

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Deux boucs conduisaient le char du dieu Thor, divinité nordique du tonnerre qui créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos. Pour nos ancêtres, la pluie tombait en raison de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages ou s'affrontaient en se lançant des myriades d'éclairs.

 

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Le dieu Thor, peint en 1872 par l'artiste suédois Marten Eskil Winge (1825-1896). On aperçoit ses deux puissantes montures : Tanngnjost « Dents Grinçantes » et Tanngnsnir « Dents étincelantes » qui seraient, d'après les légendes nordiques, les ancêtres des rennes du Père Noël.

 

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Attributs de Thor/Donar, le maître de la météorologie, les boucs et les chèvres furent hélas associés au Diable et aux sorcières à l'époque chrétienne mais pour les populations rurales, les petites chèvres en paille, confectionnées au moment du solstice d'hiver, étaient dotées de vertus apotropaïques.

 

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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les croyances populaires faisaient état de boucs-croquemitaines qui se glissaient dans les maisons pour effrayer et punir les enfants turbulents, à l'instar du Père Fouettard ou de Krampus (voir mon article sur la Saint-Nicolas).

 

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Julbock, par Connie Lindqvist (1950-2002).

 

Au cours du XIXe siècle, le Julbock devint la créature chargée de distribuer les cadeaux (tout comme le lièvre d'Ostara distribue les oeufs de Pâques). Chaque enfant tressait son Julbock avec du blé séché car d'après la légende, pendant la nuit de Noël, la chèvre blanche et dorée voyageait dans les airs jusqu'au pays des cadeaux afin d'y quérir ce que l'enfant désirait.

 

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Chèvre de Yule/Jul (Image Norgska.fr)

 

Le Julbock fut ensuite « remplacé » par le Julenisse mais il demeure un personnage incontournable des festivités de Noël et il accompagne le petit lutin à bonnet rouge dans ses tournées.

 

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Dans la Suède ancienne, les jeunes gens se rendaient de ferme en ferme pour chanter des chansons de quête sur le thème de la chèvre de Noël. L'un d'eux, considéré comme le porteur de l'Esprit de Noël, arborait un masque blanc et de grandes cornes. On offrait volontiers de la nourriture et des boissons traditionnelles à ces visiteurs facétieux.

 

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Illustration de John Bauer, 1910.

 

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Dans la ville de Gävle, en Suède, on peut admirer chaque année, depuis 1966, une chèvre de paille géante (13 mètres) qui reproduit, de manière contemporaine, la tradition du Julbock. Érigée à l'initiative de Stig Gavlén, un consultant en publicité, dans l'espoir d'attirer les visiteurs vers les commerces du quartier de Slottstorget, elle est devenue une véritable institution.

 

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Chèvre de Gävle, photographiée le 21 décembre 2009 par Tony Nordin/Apeshaft.

 

Chaque année, certains essayent de brûler cette version inattendue du Julbock traditionnel. Des paris sont lancés pour tenter de savoir si elle sera consumée avant Noël ou la Nouvelle Année. En 2006, les autorités locales ont décidé de la faire revêtir de matériaux ignifugés et de placer des caméras tout autour. Il est de plus en plus difficile de brûler la chèvre ou le bouc de Gävle mais des esprits zélés, périodiquement, y arrivent.

 

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Le Tomte, variante du Julenisse, apparut, en 1881, sous une forme illustrée dans le magazine suédois Ny Illustrerad Tidning.

 

 

«Le froid de la nuit de la mi-hiver est intense,

les étoiles scintillent et frissonnent.

Ils dorment tous dans la ferme isolée,

profondément à l'heure de minuit.

La lune glisse sur sa trajectoire silencieuse,

la neige poudre de blanc brillant pins et sapins,

la neige poudre de blanc brillant les toits des maisons.

Seul le tomte, dans l'obscure nuit, est éveillé. »

« Midvinternattens köld är hård,

stjärnorna gnistrar och glimmar.

Alla sover i enslig gård

djupt under midnattstimma.

Månen vandrar sin tysta ban,

snön lyser vit på fur och gran,

snön lyser vit på taken.

Endast tomten är vaken. »

 

 

     (...)

Viktor Rydberg (1828-1895), Tomten

 

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Protecteur du foyer et pourvoyeur en nourriture et en cadeaux, le Tomte voyage à pied ou à dos de chèvre ou de cheval. Il aime tantôt la solitude, tantôt la compagnie de ses congénères et de certains animaux.

 

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Les lutins s'affairent dans le paysage avec une vigueur facétieuse et la magie du Père Noël fait crépiter la nuit.

 

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« Joulupukki », le nom finnois du Père Noël, vient de « Joulu » : « Noël » et de « Pukki », mot qui désigne le bouc et fait référence au « Nuuttipukki », un personnage mystérieux de l’ancienne Finlande qui se rendait de maison en maison, vêtu d'un costume de bouc. Il arborait de grandes cornes et un masque composé d'écorce de bouleau, l'arbre traditionnel des chamanes polaires et de la Déesse Blanche. On lui donnait de l'alcool et de la nourriture. Il distribuait des friandises aux enfants sages et des fagots tressés aux turbulents.

 

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Le Père Noël vit en compagnie de son épouse, la Mère Noël (Joulumuori), des lutins (Joulutonttu) et des rennes, en Laponie finlandaise, à Korvatunturi, un mont de forme arrondie et doté, d'après la légende, de grandes oreilles qui lui permettent d'entendre ce que disent les enfants... Tout au long de l'année, avec la précieuse aide des lutins, il fabrique les cadeaux dans son atelier. A la date fatidique, il prend place dans un traîneau tiré par des rennes mais, à la différence du Santa Claus américain qui glisse dans les airs, il voyage par voie terrestre.

 

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Arthur Rackham (1867-1939), Père Noël.

 

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Profondément ancré dans le coeur et l'esprit des enfants et de ceux qui ont su préserver leur âme d'enfant, le Père Noël est l'émanation de traditions très anciennes dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Figure païenne assumée que l'Église tenta vainement d'annihiler -allant même jusqu'à brûler son effigie devant la cathédrale de Dijon en 1951- il est le chantre des mystères du Solstice d'Hiver et prolonge les célébrations de la Saint-Nicolas...

 

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« ...Saint Nicolas qui fut abolie dans plusieurs pays d'Europe après la Réforme (XVIe siècle) mais qui survécut, pendant des décennies, aux Pays-Bas. Au XVIIe siècle, les traditions néerlandaises s'implantèrent aux États-Unis lors des arrivées massives d'immigrants. Les Hollandais fondèrent la colonie de Nieuw Amsterdam qui devint New York en 1664 et le traditionnel Sinter Klaas néerlandais devint Santa Claus, le Père Noël, qui accomplit sa tournée dans la nuit du 24 décembre.

 

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La marque Coca Cola modela son apparence et le fit connaître d'un large public mais elle n'a en aucun cas créé le débonnaire personnage à barbe blanche. Il faut se méfier de ce qu'on peut lire sur de nombreux sites qui interprètent très mal les récits de folklore et l'histoire des traditions populaires. » Extrait de mon article intitulé Saint-Nicolas, le messager de l'hiver.

 

L'année prochaine, je vous ferai découvrir les mythes qui ont présidé à la création du Père Noël et les procédés inventés par les Puritains pour tenter de le faire disparaître, sans oublier les auteurs (Washington Irving, William Gilley, Charles Dickens...) et les illustrateurs (Clément Moore, Thomas Nast, Haddon Sundbloom...) qui ont modelé l'iconographie de ce personnage indissociable de la magie hivernale.

 

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Je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes. Amicalement vôtre et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #feu, #jean, #nuit, #saint, #soleil

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John Simmons (1823-1876), Ici vit Titania, 1872.

 

Sous un voile luminescent, dans une clairière où s'épanouit la magie des anciens mondes, évolue Titania, l'un des esprits féeriques les plus sensuels et fascinants du folklore anglo-saxon. Reine du Petit Peuple et ambivalente héroïne du Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare (1564-1616), elle incarne le mystère de la plus longue nuit de l'année, celle du solstice d'été ou fête du soleil purificateur et fécondant.

 

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Edward Robert Hughes (1851-1914), Midsummer Eve, 1908, préraphaélisme.

 

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Le solstice d'été fut célébré dans toute l'Europe pré-chrétienne (mais aussi par les peuples amérindiens) et « christianisé », du moins en apparence, en nuit de la Saint-Jean. Toujours vivantes dans les pays baltes, les territoires scandinaves et dans plusieurs régions de France et d'Europe, les festivités se déroulent entre le 21 et le 25 juin. Elles évoquent les « esprits brûlants », ceux des feux sauvages qui jaillissent dans l'obscurité de la nuit, les êtres intermédiaires et les divinités du paganisme, à l'instar de Janus Bifrons, le dieu romain des portes, des seuils et des passages.

 

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Le pendant de la Saint-Jean d'été (Saint Jean-Baptiste) est la Saint-Jean d'hiver (Saint Jean-l'Évangéliste), fêtée le 27 décembre. Ces deux fêtes marquent la résurgence d'une mémoire archaïque, indispensable pour assurer la compréhension des cycles du Temps.

 

Parèdre de Vesta, la déesse du feu, du foyer, des villes et de la terre profonde dont les célébrations se déroulaient vers la mi-juin, Janus, le maître des clefs, veille sur le feu sacré et les mystérieux passages guidant l'initié à travers les deux portes solsticiales. Il est celui qui règne sur la « Voie des Dieux » et les chemins initiatiques de l'année.

 

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Sous son obédience, le feu déploie sa crinière d'or qui symbolise le soleil régénéré, sortilège de puissance.

 

Au solstice d'été, les peuples anciens rendaient hommage au Soleil, le maître des moissons passées, présentes et futures. Les célébrants actuels perpétuent les gestes associés à cette magie de la terre et du ciel, à la fois intime et collective.

 

La nature est à l'apogée de sa puissance. On célèbre le soleil à son zénith tout en prenant conscience de son déclin. Comme les jours raccourcissent après la nuit de Midsummer (appelée aussi Litha, Alban Hefin, Adonia, Jani, Kupala...), les rituels pré-chrétiens du solstice d'été incluaient un combat symbolique entre le dieu du chêne (maître de l'année croissante) et le dieu du houx (maître de l'année décroissante). Ce dernier remportait la victoire et régnait sur les forces de l'année jusqu'au solstice d'hiver (Yule).

 

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La roue de l'année

 

Dans la tradition celtique, le feu s'élève à partir de sept essences considérées comme sacrées : le chêne, le hêtre, le bouleau, le pin, le frêne, l'orme et le tremble. Autour du bûcher de Midsummer, se dressent neuf pierres spiralées, imprégnées de la magie des éléments. Les jeunes filles en font le tour, une baguette d'orpin à la main. Les garçons portent des torches et certains d'entre eux, choisis pour la circonstance, aident les jeunes filles à « chevaucher le feu » quand elles ont fini de danser autour des pierres gardiennes.

 

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La veille du Solstice est appelée « Jour des Herbes ». Herbes et fleurs sont tressées en couronnes, en guirlandes, entrelacées pour former des bouquets dont les vertus guérisseuses et protectrices sont réputées optimales. Les femmes parent leur chevelure avec des couronnes parfumées, les hommes avec des guirlandes de feuilles de chêne.

 

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Goutte de soleil en suspension dans une gangue brillante, l'ambre possède une valeur sacrée, très recherchée à la période du solstice d'été.

 

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De même qu'à Samhain (31 octobre) et à Beltane (30 mai), le voile entre les mondes s'affine à Midsummer. Les légendes relatent qu'on peut apercevoir des représentants du Petit Peuple sur les chemins et que les esprits des défunts traversent plus facilement la frontière qui les sépare des vivants. Les grimoires murmurent aussi que si l'on piétine du millepertuis le soir de Litha, on se retrouvera happé au pays des fées...

 

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Sir Joseph Noël Paton (1821-1901), artiste écossais préraphaélite. « The Fairy raid : carrying off a changling-Midsummer eve », 1867. Kelvingrove art gallery and museum, Glasgow.

 

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Sir Joseph Noël Paton : Elfes et Fées.

 

Si le 21 juin est aussi la fête de la musique, ce n'est pas un hasard... La musique a toujours accompagné les célébrations du solstice en créant une ivresse enchantée, à l'instar des mouvements du feu, et en ouvrant les portes d'un cycle incantatoire qui rend hommage au soleil et à son avatar, la flamme, divinisée depuis l'aube des temps.

 

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Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), Préraphaélisme, « Le Charme de la Mer ».

 

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Charles Cottet (1863-1925), Les feux de la Saint-Jean, 1901.

 

Dans l'Europe chrétienne, le 24 juin, on célébrait autrefois « Monsieur Jean. » On le célèbre encore sur les places des villages, dans les clairières et les lieux élevés, lieux de rencontre privilégiés entre le ciel et la terre : collines, rochers, montagnes, promontoires naturels ou taillés par la main de l'Homme.

 

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Édition du 30 juin 1912 du Petit Journal, quotidien parisien fondé en 1863 par Moïse Polydore Millaud (1813-1871).

 

Dans les campagnes, comme à Noël et à Pâques, les enfants accomplissaient une tournée de quête pour récolter l'aumône nécessaire à l'élaboration de la fête et des feux. Aux dires des Anciens, conteurs et folkloristes, les feux qui s'allumaient à la tombée du soir se multipliaient sous les vivats de la foule et la terre vibrait d'une clameur que rien ne semblait pouvoir éteindre. Elle devenait le miroir du ciel étoilé dont elle happait les « clartés supérieures » pour en diriger la puissance vers les champs à féconder.

 

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Les jeunes filles dansaient autour des grands bûchers. Si elles se rendaient auprès de neuf feux pendant la nuit de la Saint-Jean, elles étaient censées se marier dans l'année.

 

Afin de protéger les troupeaux contre les maléfices et des maladies, les paysans faisaient sauter les animaux par-dessus les braises rougeoyantes.

 

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Dans plusieurs régions de France, comme en Bretagne et en Corse, on conservait un tison du feu de Saint-Jean que l'on plaçait dans un coffret, avec une part du gâteau des Rois et un morceau de buis bénit le dimanche des Rameaux, pour repousser les orages violents.

 

L'expression « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean » désignait une personne qui se couchait tard dans la nuit. Les charbons de Saint-Jean possédaient, dans l'esprit des populations, des propriétés magiques. En Bretagne, un charbon recueilli dans les cendres du tantad, le feu de joie, était censé protéger l'habitation contre les incendies, les orages violents et la foudre. Les vieux ouvrages rapportent « qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur. ».

 

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Roses de Simon Saint-Jean (1808-1860).

 

On suspendait au sommet des bûchers de Saint-Jean des guirlandes de fleurs, et notamment des roses, dotées de pouvoirs apotropaïques (qui détournent les maux). On faisait danser les lumières, virevolter les tisons et les brindilles enflammées. De longs rubans rougeoyants formaient dans les vergers et les champs une chorégraphie sacrée. Les fiancés passaient entre deux rangées de torches dressées pour attirer la protection et la prospérité sur leur union future.

 

On élisait une reine et un roi de la Jeunesse que l'on parait de fleurs sauvages et de feuilles de chêne. Entourés de chanteurs et de danseurs itinérants, ils sautaient par-dessus les braises du plus grand feu.

 

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A Paris, sous l'Ancien Régime, la foule assistait à l'allumage du feu de la Saint-Jean sur la place de Grève (actuelle place de l'Hôtel de Ville) par le roi de France accompagné de sa cour. Philippe Walter, dans son ouvrage intitulé Mythologie chrétienne : Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, nous précise que « Louis XI, Henri II et Louis XIV respectèrent cet usage. » Ils ne furent pas les seuls.

 

« Au milieu de la place de Grève était placé un arbre de soixante pieds de hauteur, hérissé de traverses de bois auxquelles on attacha cinq cents bourrées et deux cents cotrets ; au pied étaient entassées dix voies de gros bois et beaucoup de paille. Cent vingt archers de la ville, cent arbalétriers, cent arquebusiers, y assistaient pour contenir le peuple. Les joueurs d’instruments, notamment ceux que l’on qualifiait de grande bande, sept trompettes sonnantes, accrurent le bruit de la solennité. Les magistrats de la ville, prévôt des marchands et échevins, portant des torches de cire jaune, s’avancèrent vers l’arbre entouré de bûches et de fagots, présentèrent au roi une torche de cire blanche, garnie de deux poignées de velours rouge ; et Sa Majesté, (le roi Charles IX), armée de cette torche, vint gravement allumer le feu. » Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours. Paris, Guillaume,‎ 1829.

 

Louis XIV fut le dernier monarque à allumer le feu de la Saint-Jean. Le prévôt des marchands et les échevins s'acquittèrent ensuite de cette tâche.

 

Dans les Vosges, dans le Poitou, en Moselle, etc... on enflammait une roue de charrette entourée de paille avec un cierge en cire d'abeille. La roue brûlante et dorée, image du soleil en mouvement, était promenée dans la campagne afin de fertiliser les champs, d'accroître la vigueur sexuelle des animaux qui l'approchaient et d'attirer les énergies bienfaisantes sur les couples qui renouvelaient leurs vœux ou qui s'étaient formés dans l'année. Cette tradition de la roue enflammée, réminiscence de cultes druidiques, fut également vivace en Allemagne et dans les Pays Nordiques. Elle existe toujours.

 

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Dans les cultes druidiques, on allumait des « roues solaires » le long des voies sacrées. Ces roues qui embrasaient le paysage jusqu'à l'horizon célébraient Teutatès, le père du feu, protecteur des enfants nés dans l'année.

 

Les célébrations joyeuses de la Saint-Jean évoquent d'anciens rites d'exorcisme, associés à des sacrifices d'animaux de grande ampleur. On enfermait des animaux vivants, jugés nuisibles, dans des sacs de toile, et on les brûlait vifs pour éloigner les maladies et les créatures maléfiques. Ainsi, de nombreux chats, des renards, des serpents, des crapauds, des rongeurs, des oiseaux et même des ours payèrent, au milieu des festivités, un lourd tribut.

 

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Victimes des superstitions et des peurs irrépressibles, les chats noirs furent les victimes expiatoires les plus recherchées. Sur de nombreuses places de village, la coutume voulait que treize chats noirs, censés incarner Lucifer et ses meilleurs lieutenants, brûlent chaque année dans le feu de Saint-Jean.

 

Mon papa m'a raconté qu'il avait caché, entre 1936 et 1938, avec son frère et d'autres enfants, autant de chats que possible dans le grenier familial au moment de la Saint-Jean. Près de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, les pauvres félins continuaient d'être jetés dans les réminiscences des feux de joie. Un jour, un voisin a voulu battre mon père et son frère pour récupérer les chats. Mon grand-père s'en est mêlé, d'autres voisins ont ajouté leur grain de sel, certains en faveur des enfants, les autres non et une partie du village a failli se bagarrer violemment... Cette histoire de chats et la cruauté de gens qui, n'hésiteraient pas, j'en suis persuadée, à balancer dans le feu un enfant ou un adulte si ça devait servir leurs intérêts, les a profondément marqués. Mon père, mon oncle, mon grand-père me l'ont racontée comme ils m'ont raconté la guerre et les souffrances vécues. Mon grand-père pensait qu'être incapable d'empathie envers les animaux, ne pas s'interroger sur leurs souffrances était la porte ouverte aux pires cruautés envers toute espèce vivante.

 

Combien de chats et d'animaux sauvages ou domestiques périrent dans les flammes au fil des siècles ? Nul ne le sait mais on peut lire dans les registres de la ville de Paris: « Payé à Lucas Pommereux, l’un des commissaires des quais de la ville, cent sous parisis pour avoir fourni, durant trois années finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu’il falloit audit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni, il y a un an où le roi y assista, un renard pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où estoient lesdits chats. » Et quand le roi y assistait, on ajoutait aux chats des animaux plus sauvages : « ours, loup, renard, dont l’autodafé constituait un divertissement de haut goût ». Les cendres des animaux étaient aussi censées faire fuir les revenants et les êtres féeriques.

 

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John Simmons (1823-1876) : détail de l'oeuvre intitulée « Hermia et Lysandre » (extrait du Songe d'une nuit d'été).

 

Entretenue par les sermons de l'Église, la peur des populations se cristallisait autour de « l'élément sauvage » et la nécessité de combattre une myriade d'êtres réputés malfaisants au moment de la Saint-Jean. On craignait les dragons, à la voracité sans limites et propagateurs d'un feu incontrôlable, les loups verts, sortes de loups-garous à la peau couleur de feuillage, les chats démons, les sorcières cannibales ou métamorphosées en diverses créatures qui tenaient sabbat sur les montagnes, les bêtes rousses aux griffes acérées et les âmes errantes, susceptibles de venir demander des comptes aux vivants. L'Église faisait tout pour lutter contre les souvenirs du paganisme, encore puissamment ancrés dans la géographie magique des terroirs et l'inconscient collectif mais cela ne fonctionna pas... La féerie n'a jamais cessé de chuchoter à l'oreille de ceux qui écoutent plus avant et refusent de se laisser enfermer dans un cercle d'hypocrisie et de paranoïa.

 

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John Simmons, Le songe d'une nuit d'été, 1866.

 

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Jules Breton (1827-1906), Les feux de la Saint-Jean, 1891.

 

L'Église diabolisa également la danse, accusée de stimuler « les humeurs bestiales » du corps, de provoquer des avortements spontanés et de favoriser la venue des démons sur la terre. De nombreux ecclésiastiques dénoncèrent au moment de la Saint-Jean ces élans du corps qui aboutissaient (forcément) à des phénomènes de possession collective et au « mal Saint-Jean » : une forme d'épilepsie proche de la danse de Saint-Guy ou de Saint-Vit. Mais les populations continuèrent de virevolter autour des feux crépitants. Les jeunes et les moins jeunes chantèrent et dansèrent, unis par une ivresse sacrée proche de celle des Bacchanales de l'Antiquité.

 

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« Le solstice d'été apparaît dans les rites médiévaux comme une période particulièrement dangereuse et fatidique. A milieu du VIIe siècle, une Vie de Saint-Éloi dénonce tous ceux qui, à la fête de la Saint-Jean, « célèbrent les solstices et se livrent à des danses tournantes ou sautantes, à des caroles ou à des chants diaboliques. » Ces interdictions laissent penser qu'au VIIe siècle de tels actes étaient fort répandus et que l'Église cherchait à les faire disparaître définitivement. Elle eut certainement beaucoup de mal pour atteindre son but si l'on en croit la chronique. » (Philippe Walter, Mythologie chrétienne, P. 153.).

 

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La pierre Fritte de Brunoy, dans l'Essonne, auprès de laquelle se déroulaient des cultes druidiques solaires.

 

L'Église s'efforça aussi de lutter, sans succès, contre les pèlerinages effectués près des vieilles pierres, le soir du solstice d'été ou pendant la nuit de la Saint-Jean. Elle maudit les concrétions minérales, les sources et les arbres sacrés à l'époque celtique mais de nombreuses personnes continuèrent de vénérer ces témoignages « vivants » des pratiques spirituelles de leurs ancêtres. La mémoire archaïque survécut, de même que les divinités de la fécondité et les rochers aux noms évocateurs.

 

Dans plusieurs régions de France (Bretagne, Normandie, Auvergne...), on laissait des offrandes près de grandes pierres plates appelées « pierres aux Mânes » sur lesquelles venaient s'asseoir les âmes des défunts de l'année. On allumait un feu entre ces pierres et quand le feu s'éteignait, les braises recueillies étaient précieusement conservées car elles avaient la réputation de guérir la fièvre, de protéger de l'orage, de repousser les bêtes enragées et d'attirer la prospérité sur les foyers.

 

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L'eau est aussi sacrée que le feu au moment du solstice d'été. Système circulatoire en mouvement constant, intimement associée aux pouvoirs de la Terre-Mère, elle est un passage vers le monde des esprits.

 

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Ivan Ivanovitch Sokolov (1823-1918), les feux de Kupala (Saint-Jean slave) sur la rivière.

 

L'eau a nourri les « herbes de la Saint-Jean » qui ont fait l'objet de nombreux récits mentionnant leurs vertus légendaires, leurs pouvoirs mystérieux et leur force protectrice. Il fallait les cueillir avant le lever du soleil pour conserver la rosée ou « eau de longue vie » déposée pendant la nuit sur les feuilles et les fleurs. Verveine, millepertuis, armoise, fenouil, menthes, fougères... avaient la réputation de chasser les démons, de guérir la fièvre et d'annihiler le pouvoir mortifère des plantes vénéneuses.

 

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La Saint-Jean actuelle tisse, entre les croyances d'autrefois et la modernité, un lien riche d'enseignement. En Espagne, on pratique toujours la coutume du « bouquet protecteur ». Elle consiste à cueillir, le soir du 23 juin, du romarin, du fenouil, de la mauve, des feuilles de fougère mâle, des roses sauvages, de la menthe et du millepertuis afin de composer un bouquet qui passera la nuit dans un vase posé sur le rebord de la fenêtre. Le matin du 24 juin, on se nettoie le visage avec l'eau aromatique et on suspend le bouquet derrière la porte de l'habitation pour repousser les sorcières, les voleurs et les personnes jalouses.

 

Le soir de la Saint-Jean, au coucher du soleil, on allume les feux (cacharelas, en Galice) destinés à absorber les esprits malveillants et à dissiper l'influence des meigas (les fées malfaisantes). On mange des sardines grillées sur des braises, accompagnées de pain de maïs (boroa) et de vin rouge. On boit aussi la «Queimada», boisson galicienne typique réalisée avec de l’eau-de-vie et du sucre, mélangés dans un récipient en terre cuite où macèrent des écorces de citron et d’orange, du café très noir et/ou du vin rouge. Tout en récitant des conjurations devant le feu, on enflamme cette boisson qui signifie « brûlée ».

 

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Image www.estaentumundo.com

 

En Catalogne, le 23 juin, on honore une flamme qui brûle toute l’année dans une lampe accrochée au Castillet (le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires) à Perpignan. La flamme « sacrée » est régénérée avec des fagots de sarments de vigne et hissée au sommet du pic du Canigou, la montagne sacrée des Catalans (2784, 66 m). Elle est ensuite propagée dans les villages environnants et apportée jusqu'en Provence en témoignage de paix et d’amitié.

 

Le « bouquet de Saint-Jean » se compose en Catalogne de quatre végétaux (noyer, millepertuis, immortelle, orpin) cueillis le matin du 23 juin. Accroché aux portes de l'habitation, le bouquet est réputé attirer le bonheur et la chance. Le soir de la St Jean, des petits bouquets décorés d'un ruban rouge et or sont vendus aux personnes qui participent à la fête.

 

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En Bretagne, la Saint-Jean est accompagnée du fameux fest-noz ou « fête de nuit », manifestation folklorique classée par l'UNESCO, depuis le 5 décembre 2012, au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

Les couronnes de fleurs accrochées au sommet du bûcher revêtaient jadis une importance très particulière. Elles étaient considérées comme des talismans contre les maladies du corps et les souffrances de l’âme. Les jeunes filles les suspendaient à leur poitrine avec une tresse de laine rouge, utilisée pour apaiser les migraines et les douleurs nerveuses.

 

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Grands bûchers pyramidaux ou petits bûchers composés de fagots secs, de sarments de vigne et de bois aromatiques, les feux de la Saint-Jean attirent autour d'eux des ombres dansantes et des silhouettes colorées, joyeux fantômes qui s'éparpillent en rondes facétieuses.

 

En Alsace et dans les vallées vosgiennes, des bûchers appelés « fackel » sont érigés sur les hauteurs. Ces monuments de bois à l'esthétique très travaillée sont érigés autour d'un mât en sapin. Il y a deux « fackel »  par célébration : un grand et un petit sur lequel le grand semble veiller. Le petit est allumé en premier. L'allumage du grand s'accompagne d'un bal et de feux d’artifice.

 

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Le bûcher de la Saint-Jean dans la vallée de la Thur (Vosges). Photo Daniel Nussbaum.

 

Ces constructions que l'on appelle aussi chavandes sont liées au culte de Belenos, le dieu gaulois du soleil.

 

Tant de villages de France et d'Europe célèbrent la Saint-Jean qu'il faudrait écrire un très gros ouvrage pour en faire la liste.

 

En Belgique, dans la ville de Mons, la tradition du feu de la Saint-Jean a pu renaître de ses cendres en 1990, après plus de cent cinquante ans de « sommeil », grâce à la mobilisation de la population. Les festivités sont rythmées par une traversée de la ville aux flambeaux et le boutage (allumage) du feu sur la Place Nervienne. Elles se dérouleront cette année les 27 et 28 juin. A Bergues (Flandre), la Saint-Jean est toujours célébrée le dernier samedi du mois de Juin.

 

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Au Québec, la Saint-Jean désigne la fête nationale. Au début du XVIIe siècle, les Français apportèrent en « Nouvelle-France » les coutumes du « feu d'été ». En 1908, Saint Jean-Baptiste devient le patron du Canada français sur décision du pape Pie X et en 1925, le 24 juin fut institué comme jour férié. En 1977, la Saint Jean d'été devint officiellement la fête nationale du Québec.

 

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Ivan Ivanovich Sokolov, Kupala, 1856.

 

Les peuples slaves continuent de célébrer « Kupala », ou « Ivan Kupala », la nuit de la Saint-Jean, sous l'obédience des Ancêtres. Ils honorent le feu et l'eau, le soleil et la lune, le ciel et la terre et ceux qui leur ont octroyé du lait, des fruits et des troupeaux abondants. Ils prient pour les moissons futures. Pendant la nuit de Kupala, on échange aussi des cadeaux et des promesses d'amour. En Russie, en Ukraine, en Pologne, en Biélorussie, etc... la Saint-Jean d'été est en quelque sorte assimilée à la Saint-Valentin. En Finlande et en Lituanie, c'est un jour férié et une fête très importante pour la cohésion sociale.

 

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Autour des brasiers qui font palpiter leurs crinières d'étoiles et de feux follets, on salue le règne de Kupala, la déesse slave des herbes, de la magie, de l'amour charnel et du solstice d'été. (La Déesse, peinte en 1897 par Wojciech Gerson (1831-1901), artiste et historien d'art polonais.).

 

En Russie, en Pologne, en Lettonie, en Estonie, en Islande... on danse autour d'un poteau qui symbolise l'Arbre de Vie. On se baigne dans les rivières. Les jeunes filles, vêtues de blanc, laissent glisser des fleurs blanches, des couronnes de fleurs sauvages et des petites bougies à la surface de l'eau.

 

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Image trouvée sur le net, j'ignore qui en est l'auteur.

 

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La nuit de Kupala, par Anastasia Chemikos (anastasiachemikos.com)

 

On entreprend aussi la quête de la fleur de fougère, fleur légendaire dotée de propriétés magiques bienfaisantes qui est censée ne pousser qu'une fois par an, la nuit du solstice d'été.

 

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Fleur de fougère pendant la nuit de la Saint-Jean, 1875, par Witold Pruszkowski (1846-1896). Musée national de Varsovie.

 

Cette fleur est d'importance capitale dans la mythologie slave, en Europe de l'Est et pour le peuple tzigane. « La fleur de fougère est une fleur enchantée, qui la cueille connaît la richesse, son avenir et celui de tous les hommes... » Partir à l'aventure pour la trouver est aussi le prélude à des jeux amoureux.

 

Dans de très anciennes légendes, son emplacement est révélé à une jeune fille innocente par la Sorcière du Sapin, appelée Grand-Mère aux yeux perçants. Elle scintille comme un diamant, elle attire les rayons lunaires qui soulignent ses courbes féeriques, elle est plus précieuse que tous les châteaux, les joyaux et la soie la plus fine. Certains donneraient tout, même leur âme pour la posséder, ne fut-ce qu'un instant, mais l'innocente résiste à la tentation de la cueillir. L'avoir contemplée représente pour elle le plus merveilleux des présents.

 

En Lettonie, la fleur de fougère fleurit sur les pas de Mère Fortune. Sa lumière d'or peut offrir d'innombrables richesses, stimuler la guérison, attirer l'amour et la fécondité. On la nomme aussi « fleur des devineresses ».

 

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Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

 

En Suède, au Danemark, en Finlande, la Saint-Jean (Johannus) est appelée la « nuit blanche »car la nuit est particulièrement claire et brillante. Le soleil est couché mais il ne plonge pas suffisamment sous la ligne d'horizon.

 

Les festivités s'accompagnent d'un grand nettoyage des maisons. On balaye dans le sens du soleil, on change les rideaux, on décore les pièces principales avec des bouquets composés de rameaux de bouleau, de lilas, de roses, de fleurs sauvages et de feuilles de merisier à grappes.

 

La nuit de la Saint-Jean est fêtée au bord des lacs où l'on dresse de longues perches décorées de fleurs et de feuillages. On fait des libations à la terre avec de la bière et on offre de la tarte aux fraises aux lutins (comme en Islande, le Petit Peuple est très respecté). On rend également hommage au drapeau national.

 

En Pologne, la Saint-Jean est la fête de Kupala (appelé aussi Lada). Kupala est cette fois-ci un dieu masculin, celui du soleil, du bonheur, de la beauté, de la jeunesse et de l'amour. Son nom apparaît dans les vieilles chansons populaires qui célèbrent le soleil renaissant après le long hiver des contrées du nord. Les jeunes filles portent des robes blanches et des ceintures d'armoise. Elles s'assemblent autour d'une « mère » qui pratique une forme de divination chamanique dans les flammes et les braises.

 

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La poésie du feu est universelle et la célébration du soleil aussi. Toutes les civilisations ont vénéré l'astre doré et son avatar, la flamme dansante qui symbolise la renaissance et la continuité. Le soleil était sacré dans l'Égypte ancienne (Rê, Râ, Amon, Atoum), chez les Sumériens (Utu), les Babyloniens (Shamash l'omniscient), les Perses (Mithra), les Mayas (Kinich Ahau ou dieu G), les Aztèques (Tonatiuh, Huitzilopochtli « colibri de la guerre et du soleil »), en Chine (Chen-Noug, protecteur du feu du solstice et de la terre défrichée avec la triade feu/soleil Zhurong, Suiren et Huilu et tant d'autres dieux qu'il est impossible de les citer), au Japon (Atago le veilleur, Amaterasu la fondatrice), dans la Grèce antique (Hélios, Apollon), en Inde (Surya), dans les tribus celtiques (Belenos) et dans les pays slaves (Svarog, dieu soleil descendu sur la terre « sous la forme d'une larme incandescente »)...

 

Les Incas, grands adorateurs du soleil, nommèrent la flamme divinisée « Nina ». Au solstice d'été, le grand prêtre ranimait « Mosoc Nina », le feu sacré, précieusement gardé par douze vierges du soleil.

 

Le soleil est toujours honoré, à travers les rituels néo-païens et les festivités ardentes de la Saint-Jean, même si ce n'est plus forcément « en conscience ». Je vous souhaite de trouver ce qui stimulera votre flamme et je remercie tous ceux qui ont pris de mes nouvelles quand mon ordinateur ne fonctionnait plus.

 

Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je termine cet article dans un état peu enviable, avec l'aggravation de ma pathologie orpheline et de nombreuses zones d'ombre concernant le futur mais l'enthousiasme est profondément inscrit dans ma nature et ma flamme continue de briller et de danser...

 

Ami(e)s sincères qui vous reconnaîtrez, je vous souhaite un Joyeux Midsummer !

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #halloween, #jour, #mort, #nuit, #toussaint

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Ami(e)s lectrices, lecteurs, je réédite mon article intitulé "La mystérieuse nuit d'Halloween" après l'avoir agrémenté de cartes anciennes, de photos et d'illustrations issues de ma collection personnelle. Vous étiez nombreux en 2012 à apprécier ce voyage littéraire, folklorique et fantasmagorique. Je vous en remercie!

 

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N'oubliez pas que vous pouvez lire cet exposé en plusieurs fois, en raison de sa taille « conséquente ». J'ai choisi de le publier ainsi (et non sous la forme de petits billets) car je n'aime pas couper le fil de ma pensée. La cohérence de mon travail ne serait pas la même si je le divisais en plusieurs morceaux.

 

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La mystérieuse nuit d'Halloween

 

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Des fêtes du calendrier à l'univers sauvage des contes, il n'y a souvent qu'un trait de plume, un frisson d'imaginaire, un chemin d'or et de brume qui s'aventure dans une étrange forêt...

 

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L'année, dans les traditions païennes et chamaniques, prend la forme d'une roue ou d'une spirale d'énergie, rythmée par des jours et des nuits dits de « pouvoir ». Au seuil de ces « temps sacrés », les forces calendaires se régénèrent, appelant des rituels fondés sur la connaissance intime des cycles naturels. A travers eux, nous tissons nos expériences.

 

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L'année celtique commence dans la nuit du 31 octobre lorsque s'ouvrent les portes de Samain, fête de l'entrée dans l'hiver, dont Halloween est la résurgence. Elle se divise en deux périodes: une période sombre qui s'écoule de Samain à Beltane, (du 31 octobre au 30 avril), et une période claire qui s'étend de Beltane à Samain, (du 30 avril au 31 octobre).

 

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Célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, principalement aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons mais pas seulement, Halloween plonge ses racines complexes dans les croyances et la mythologie celtiques. Elle réveille aussi un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

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Au XIXe siècle, ayant survécu à la christianisation sur le Vieux Continent, les traditions de Samain furent transportées en Amérique du Nord par les Irlandais, les Écossais et les Gallois. Elles s'implantèrent dans le Nouveau Monde et s'adaptèrent, avec certaines contradictions, aux contraintes de cette terre en friche, creuset de populations variées et de religions multiples.

 

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Les émigrants irlandais furent contraints par millions de quitter leur pays, en raison de la famine qui y sévissait. (Archives nationales canadiennes/C-3904).

 

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Dans les ténèbres de Samain

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Samain, qui signifie « réunion », désigne la nuit mystérieuse qui ouvrait les portes de l'année sombre. Appelée Samhain, Soween ou Oiche Shamhna: « la nuit de la fin de l'été » en Irlande, Samhuinn en Écosse, Samon ou Samonios en Gaule, elle rassemblait les tribus celtes autour de grands brasiers.

 

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Elle se ranimait, cycliquement, dès que les puissances de l'obscurité déferlaient sur le monde humain. Très ancienne fête des récoltes émanant de rites agraires du Néolithique, elle célébrait, de manière étrange et flamboyante, l'entrée dans le monde hivernal.

 

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Dans la pensée celtique, la nuit venait avant le jour. La lumière et la vie jaillissaient de profondes abysses sur lesquelles régnait un dieu des ténèbres nommé Orgos ou Dir Atir.

Dans la Guerre des Gaules, VI, 18, Jules César relate que les Celtes « placent les anniversaires, les commencements des mois et des années de telle façon que le jour fait suite à la nuit ».

Quand les Celtes s'implantèrent sur les territoires de l'Europe Centrale, ils associèrent aux croyances locales leurs conceptions religieuses. Ils divisèrent l'année en deux grandes périodes et en 12 mois lunaires de 28 jours. Un treizième mois intercalaire permettait la coïncidence des cycles lunaire et solaire et chaque mois « sélène » portait un nom particulier, réceptacle de magie et de mystère.

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Le Calendrier de Coligny, grande table de bronze de la fin du IIe siècle après J.-C, fut retrouvé dans l'Ain, en novembre 1897.

Ce calendrier luni-solaire couvre une période de cinq années et nous éclaire au sujet des connaissances astronomiques des Celtes et de leur conception si particulière du temps.

 

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D'après les anciennes croyances, à l'orée de Samain, le voile entre le monde humain et le monde des esprits s'amoindrissait. Trois jours avant la nuit fatidique et trois jours après, les populations festoyaient autour de grands feux afin de bannir les créatures dangereuses qui hantaient l'obscurité mais certaines célébrations pouvaient s'étendre sur une durée de 31 jours.

 

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Always, 2004, par Nene Tina Thomas.

A la période de Samain, la communication avec le Sidh, l'Autre Monde de la tradition celtique, était favorisée. Intimement lié à la féerie, aux dieux et aux esprits, cet Autre Monde était accessible à des êtres qui portaient d'étranges marques de naissance, détenaient certains dons ou souffraient d'épilepsie. Les héros et les êtres au sang vif étaient aussi happés sur ces mystérieux chemins.

Inversement, des êtres surnaturels et des créatures inquiétantes, venus du Sidh, pouvaient pénétrer dans le monde humain.

 

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Sleepy Hollow, la Légende du Cavalier sans tête. Ce film fantastique de Tim Burton, avec Johnny Depp et Christopher Walken, date de 1999. Il s'inspire de la nouvelle de Washington Irving (1783-1859) intitulée La Légende de Sleepy Hollow.

 

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L'excellente série Sleepy Hollow, actuellement en cours de diffusion aux États-Unis, décrit les aventures d'Ichabod Crane, historien et espion au service de Georges Washington, revenu à la vie au XXIe siècle afin de combattre le démon Moloch et les cavaliers de l'Apocalypse. Un programme fort réjouissant! Ichabod est assisté de la pétillante Abbie Mills, enquêtrice au service du shérif. Je regrette qu'il n'y ait pas davantage d'épisodes diffusés chaque semaine car je les dévore à la vitesse d'un carré de chocolat!

 

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Après cette légère digression qui n'en est pas une (je souris), revenons à Samain. La première nuit de l'année celtique était accueillie avec la volonté de repousser les entités néfastes et d'attirer les faveurs des esprits en revêtant leur apparence par le biais de déguisements et de masques.

 

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Mais la nuit n'abritait pas que des forces maléfiques. Des êtres bienveillants et protecteurs, d'une sagesse intemporelle, y cheminaient aussi.

 

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Une Initiation Royale

Dans la « Nuit-Jour » du 31 octobre, on investissait autrefois le Nouveau Roi de l'Année Hivernale. Celui-ci devait accomplir certaines épreuves dans un lieu sombre (réseau de galeries souterraines, caverne préhistorique, dolmen à couloir...) avant d'émerger dans la lumière purificatrice des flambeaux. Une fois « régénéré », il balayait un espace sacré avec un balai de bouleau (instrument magique consacré à la Déesse Blanche, maîtresse de la Lune, des esprits bienveillants, des sorcières et des chamanes.)

Devenu maître des rituels et des festivités de Samain, il arborait une armure en écorce de bouleau et célébrait l'année nouvelle en compagnie des Ancêtres.

A cet égard, il sacrifiait un porc, animal psychopompe, consacré à la Déesse Mère et au dieu Mercurius Moccus. Rôtie et arrosée d'hydromel, la chair de l'animal lui permettait d'entrer en communication avec les esprits protecteurs et tutélaires de son clan.

 

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Les hostilités guerrières cessaient pendant cette période sacrée.

Des incantations de protection étaient prononcées au-dessus des armes afin d'éloigner « la rouille de Samain », une substance qui corrodait les métaux et que l'on croyait née de la sorcellerie.

Les prouesses viriles étaient récompensées. Les guerriers affrontaient les esprits du froid personnifiés par des mannequins d'écorce, couverts de terre et de cailloux, sous l'obédience d'une déesse protectrice, gardienne des forces calendaires.

 

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Illustration d'Arthur Rackham (1867-1939).

Les anciens peuples Germains et Scandinaves célébraient la Troisième Moisson, sous l'égide de Hel, la souveraine d'Helheim, royaume accueillant les défunts qui n'avaient pas trouvé la mort au combat.

 

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Hel et ses frères, le loup Fenrir et le serpent de mer Jörmungand, 1905, par Émil Doepler (1855-1922).

Fille de Loki, le dieu trickster de la mythologie nordique, et de la géante Angrboda, Hel ou Hela est l'une des hypostases de la déesse mère Freyja. L'image de cette déesse des profondeurs fut dévoyée par les clercs du Moyen âge qui la transformèrent en une harpie ivre de sang, au visage à demi décharné.

 

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Naglfar, le navire de Hel, est construit avec les ongles des défunts. Dans les civilisations anciennes, l'utilisation des ongles et des dents évoquait le passage vers d'autres mondes. Dans plusieurs régions de France, (Berry, Yonne, Morvan, etc...) on enterrait des rognures d'ongles sous certains arbres pour obtenir la guérison d'une maladie, apaiser la fièvre ou rendre hommage aux défunts.

Les Vikings érigèrent des tombes naviformes et donnèrent à certaines pierres levées une apparence de navire, en l'honneur de Hel.

 

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Mégalithe d'Ale, en Suède (Photo Wikistrike.com)

 

Coutumes populaires et magie de Samain

Bien que considérées, par certains auteurs, comme des scories de l'Antiquité, les coutumes de Samain se sont perpétuées avec force dans l'Europe du Moyen-âge, de la Renaissance et bien au-delà.

 

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Les femmes préparaient des soul cakes, « gâteaux d'âmes » ou « gâteaux pour les âmes ». Elles y dissimulaient une bague pour déterminer qui se marierait en premier; une figurine en terre cuite pour connaître l'identité de celle qui deviendrait mère dans l'année; une pièce de monnaie pour attirer les richesses; un petit morceau de bois destiné à honorer un proche défunt. Autrefois, les soulers, principalement des enfants et de pauvres hères, recevaient ces gâteaux et allaient chanter, de maison en maison, des prières pour les disparus.

 

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La tradition des soul cakes est toujours vivace dans plusieurs régions d'Écosse, d'Irlande, de France, dans les comtés d'Angleterre et dans certains pays d'Europe de l'Est et d'Europe du Nord mais ces biscuits, qui célèbrent le All Souls'Day, « le jour de toutes les âmes », ressemblent davantage à des cookies.

 

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Les âmes des personnes aimées viennent, pendant la nuit de Samain, se réchauffer au feu de l'âtre familier ou près des bougies allumées sur le rebord des fenêtres. Mais les spectres de personnes décédées de mort violente cherchent aussi à exercer leur vengeance...

 

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La tradition préconise d'allumer la « chandelle des âmes » pour montrer aux défunts « débonnaires » la voie souhaitée et de placer autour des lits des fèves, des graines de fenouil et des brins de lavande pour éloigner les présences non désirées.

On laisse également de la nourriture sur la table familiale, sur le seuil de la porte ou devant la cheminée, pour les esprits du lieu qui dansent à travers les flammes ou jaillissent de la terre glacée.

 

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Il est fortement déconseillé de balayer après le coucher du soleil pendant les trois jours qui suivent le 31 octobre car, à cette période, le balai domestique détient le pouvoir d'absorber les esprits familiers, protecteurs du foyer. Seul le balai de sorcière, rituellement consacré à Aradia, dame lunaire des croisées de chemins et avatar de la sombre Hécate, pouvait être utilisé.

On ne doit ni coudre, ni filer, ni laver le linge, de crainte que les couturières, les fileuses ou les lavandières de nuit (âmes errantes, damnées et carnassières) jettent des sorts aux vivants et sucent leur sang pendant le sommeil.

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De nos jours, les anciens rituels se lovent dans les coutumes populaires. Les citrouilles ciselées, décorées avec de petites bougies et promenées dans les rues sont autant de visages protecteurs destinés à faire fuir les êtres maléfiques.

 

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De Samain à Halloween

Samain survécut, malgré l'évangélisation croissante, dans les rituels et les croyances des « gens de la terre ». Elle vogua sur des eaux tumultueuses, rejoignit les côtes américaines et se répandit dans les villes où elle s'affirma comme un carnaval des âmes, à la croisée de l'automne et de l'hiver.

 

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Halloween et la Toussaint

(Les photos qui illustrent mes différents chapitres ont été prises au cimetière du Père-Lachaise.)

 

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L'église Catholique institua la fête de la Toussaint pour lutter contre les célébrations païennes d'Halloween mais elle échoua dans sa tentative d'annihilation des anciennes croyances.

 

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La Toussaint, par le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage (1848-1884), tableau conservé au musée des Beaux-Arts de Budapest.

Originaire d'Orient, la Toussaint signifiait la commémoration de tous les martyrs et fut initialement célébrée le premier dimanche après la Pentecôte.

En 608, l'empereur byzantin Phocas céda au pape Boniface IV le Panthéon de Rome, temple païen dédié à tous les dieux, qui avait été saccagé par les barbares en 410. Le pape transforma les lieux en une église dédiée à la Vierge et aux saints martyrs et la tradition rapporte qu’il y fit transporter vingt huit chariots d’ossements saints collectés dans les cimetières et les catacombes de Rome. Le 13 Mai 609, jour de la dédicace de la nouvelle église, il institua la fête de la Toussaint, en l’honneur des saints martyrs, pour supplanter les Lemuria, fête romaine au cours de laquelle on honorait les Ancêtres.

 

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En 835, Grégoire IV introduisit la Toussaint dans le calendrier liturgique à la date du premier novembre et l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, instaura la fête dans tout l'empire carolingien, sur la requête du pape.

 

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La Toussaint, 1886, par Émile Friant (1863-1932), tableau conservé au musée des Beaux-Arts de Nancy.

 

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Fête de tous les saints, connus ou inconnus, la Toussaint précède la Fête des Morts, initiée le 2 novembre 998, par l'abbé Odilon de Cluny. Héritière des festivités de Samain et du culte romain des défunts et des dieux familiers, la Fête des Morts est souvent confondue avec la Toussaint.

 

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Noms et Etymologie d'Halloween

« Hall » est lié à la racine germanique « hel », qui a donné le mot anglais « hell » signifiant « enfer », mais ces termes ne doivent pas être interprétés dans un sens chrétien.

Halloween, que l'on appelle aussi Hallowmas, est la contraction des termes suivants:

« Hallowed Even » signifiant « Nuit Sacrée ».

« Alls-Souls-Eve » signifiant « Veille de toutes les âmes ».

« All Hallow's Eve ou Evening » signifiant « Veille de la Toussaint ».

 

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Dans la nuit d'Halloween, la gourmandise, la joie et le partage s'entrelacent au coeur d'un étrange univers, celui des cauchemars nourris des peurs de l'enfance, cataclysmes émotionnels qui nous aident à grandir. Les peurs rôdent, personnifiées dans les ombres étranges, les bruits qui caracolent et les accessoires qui composent un autre nous-même, à la fois rebelle et monstrueux.

 

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A l'instar des récits de veillée, elles favorisent la transmission des secrets et perpétuent une forme de connaissance orale traditionnelle qui nous prépare à affronter le monde de l'hiver.

 

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Les peurs jaillissent mais dans la nuit « hantée » les flammes des bougies repoussent les créatures de l'obscurité. Crinières dansantes dont la chaleur ranime les feux d'antan, allumés à la limite des villages et des villes pour repousser ce qui venait des lieux sauvages, des terres inexplorées, peuplées de bêtes voraces et d'esprits tourmenteurs.

 

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Dans les pays anglo-saxons, les enfants et les adultes, costumés et masqués, défilent dans les rues en brandissant des lanternes, des balais de sorcière et différents objets magiques. Les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent la phrase consacrée « Trick or Treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort! » Messagers ludiques du monde des esprits, ils reçoivent des sucreries et de l'argent dans un sac ou un petit chaudron.

 

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Des citrouilles évidées et sculptées, garnies de bougies, défient l'obscurité de la nuit.

 

Fruits-visages et lampes d'Halloween

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Traditionnellement, les lampes d'Halloween étaient creusées dans de gros légumes que l'on ramassait vers l'équinoxe d'automne, aux alentours du 21 septembre. Racines, rhizomes et tubercules étaient transformés en lanternes flamboyantes pour repousser les démons tapis dans le noir.

 

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Pour conjurer le mauvais sort, les têtes lumineuses étaient placées à la croisée de plusieurs chemins (lieux associés aux apparitions du Diable et aux rituels des sorcières), à l'entrée des cimetières ou devant les bâtiments en ruines, repaires de rôdeurs maléfiques...

 

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La tradition des Rommelbootzen ou « têtes de mort de la Toussaint » existe toujours en Lorraine et en Moselle. De grosses betteraves creusées, ciselées en forme de visages grotesques sont illuminées par de petites bougies. Elles sont ensuite placées aux croisées de chemins, au pied des calvaires et sur le rebord des fenêtres. La coutume veut que les sculpteurs de betteraves y « transfèrent » un peu de leur âme.

 

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(Affiche du festival des « Betteraves Grimaçantes » qui se déroule au château Saint Sixte de Freistroff, près de Bouzonville en Moselle, du 27 au 31 octobre 2013.)

Les racines relient le monde des profondeurs, celui de la mort nourricière et des esprits chthoniens, au monde de la surface où évoluent les vivants. Dans le folklore du nord de l'Europe, certaines racines sont « habitées » par de mystérieux esprits dont il faut se concilier les faveurs. Les légendes allemandes font référence à Rübezahl, le « compteur de navets » que l'on appelle aussi « Maître Jean », « Seigneur Jean » ou « Sire Jean ».

En Wallonie, ce sont les Lumerottes ou Grinche-Dents qui ont la cote auprès du public et surtout des enfants. Ils creusent des betteraves fourragères, appelées « racines d'abondance », et placent à l'intérieur de petites bougies. Ils accrochent chaque betterave à un fil et suspendent le fil à un bâton. Ils vont collecter des bonbons en faisant danser ces lumières étincelantes.

 

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Le 11 Novembre, dans le Pas-de-Calais, pour célébrer la Saint-Martin, des adultes et des enfants, réunis en joyeuses processions, tiennent des lanternes fantastiques constituées de courges, de betteraves, de potirons ou de pommes de terre. Ces masques végétaux, éclairés par des bougies, ravivent la tradition des Têtes flamboyantes qui marquaient la fin des travaux agricoles (fête des guénels).

En Écosse, les enfants promènent une neepy candle, visage brasillant creusé dans un gros rutabaga (neep), destiné à chasser les êtres malveillants et à stimuler la venue des fées protectrices.

 

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Qui peut dire qu'Halloween est purement américaine et n'a aucun lien avec « nous » alors que nous sommes en présence d'un fonds culturel commun qui a traversé les âges et s'est profondément enraciné dans l'inconscient collectif?

 

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Les Citrouilles Indiennes: Quand les Irlandais, victimes de la famine, s'expatrièrent en masse vers les États-Unis, leurs croyances trouvèrent un écho dans celles des Amérindiens. Ces derniers célébraient l'arrivée des jours sombres et le retour sur la terre des âmes des défunts, venues donner du courage et de la force aux vivants.

 

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(Photographie trouvée sur le net)

Originaires d'Amérique, les grosses citrouilles oranges (pumpkin), se développent sur des lianes luxuriantes. Leur peau épaisse se partage en quartiers. Leurs grandes feuilles vert vif forment des vrilles décoratives. Leurs fleurs jaune d'or en forme d'entonnoir se forment à la fin du printemps. Gorgées de graines au moment d'Halloween, elles évoquent la mort et la fécondité, la connaissance et les liens subtils entre les mondes. Leurs graines rissolées sont des trésors de vitamines et d'énergie.

Dans certaines tombes mayas, on a retrouvé des citrouilles fossilisées, âgées de plus de 6500 ans.

 

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Le potiron vient aussi des Amériques. Ce beau fruit se distingue par ses couleurs variées, du rouge vif au vert foncé en passant par l'orange lumineux. Sa chair appétissante excite les papilles et stimule l'imagination des gourmands. Sa chair est moins filandreuse et plus sucrée que celle de la citrouille.

 

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Courges musquées, butternut ou spaghetti, giraumons, potimarrons, pâtissons... le monde des cucurbitacées nous régale de ses saveurs. Avec leurs couleurs solaires et leurs étranges silhouettes, ces « merveilles végétales » sont les emblèmes d'Halloween.

 

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La légende de Jack O'Lantern

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Jack était un fermier irlandais, buveur impénitent qui écumait les pubs et les auberges de son petit village. Une nuit d'Halloween, il déambulait dans les rues en quête d'une âme désireuse de lui offrir à boire quand il aperçut un jeune homme élégant, dressé à la croisée de plusieurs chemins. Il l'interpella et l'inconnu se transforma en pièce luisante qui roula sur le sol. Jack ramassa la pièce et se précipita vers la première taverne venue. Il avait conclu sans le savoir un pacte avec le Diable mais comme sa bourse était protégée par une serrure en forme de croix, Satan dut lui accorder une année supplémentaire de vie, en toute tranquillité.

Ce délai écoulé, le Diable vint chercher Jack mais ce dernier parvint à le berner en le faisant grimper dans un arbre. Incapable d'en redescendre, Satan dut accepter que Jack ne soit jamais emporté en Enfer.

Quand Jack mourut, les portes du Paradis se refermèrent devant lui en raison de ses nombreux pêchés. Il devint une âme errante, s'éclairant dans l'obscurité avec un gros navet qu'il avait rempli d'un peu de braise, subtilisée aux abords de l'Enfer.

A chaque nuit d'Halloween, on peut le rencontrer, solitaire sur les vieilles voies ténébreuses, une énorme citrouille sur le dos...

 

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Dans la nuit « entre les temps » vont les moissonneurs d'âmes, les charrettes, les carrosses et les barques de mort. Présente sous une multitude de formes, dans les légendes celtiques, la mort est initiatique et nourricière. Elle attend le roi et ses guerriers au creux d'un chaudron magique, puits ouvert sur le monde d'en bas, espace temps d'épreuves et de dangers qui régénèrent l'impétrant et renouvèlent les forces de la communauté. Entre Halloween et la Toussaint, la mort creuse ses inéluctables sillons.

 

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La Faucheuse traversant les voiles de la nuit. (Carte de la Mort extraite du Tarot d'Aleister Crowley (1875-1947) ou Livre de Thot. Les illustrations ont été réalisées, dans un style surréaliste, par Lady Frieda Harris (1877-1962), adepte de la Confrérie de l'Astre d'Argent.)

 

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(La Déesse à la Pomme, image issue du Tarot de Merlin, créé par R.J. Stewart et illustré par Miranda Gray).

Tantôt féminine, tantôt masculine, la mort étend son ombre sur le paysage, telle un manteau glacé. Les devises qui l'accompagnent nous enseignent que nul ne peut se soustraire à sa loi.

 

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Contrairement aux apparences, la Mort du Tarot n'est pas une lame funeste. Elle est associée au changement, à la transformation positive, au renouveau de l'existence après une difficile période.

 

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La Mort à la faux, gravure de Michelet, début du XXe siècle.

En Bretagne, le maître de la mort est l'Ankou, dont le nom signifie « trépas ». Dans chaque paroisse, le rôle de collecteur d'âmes échoit au dernier défunt de l'année. Il revêt plusieurs apparences: squelette drapé dans un linceul ou une cape noire, grand homme émacié, aux longs cheveux blancs, coiffé d'un imposant chapeau de feutre. Le tranchant de sa lame est tourné vers l'extérieur, dans le sens contraire à celui de la faux des moissonneurs. Il aiguise ce redoutable instrument en le frottant sur un os humain. Il tient parfois une lance ou une flèche et se déplace, de nuit, dans une charrette invisible aux roues de fer, le Karrik an Ankou, qui grince horriblement. En fonction des paroisses, la description de son équipage subit certaines variantes.

Deux chevaux blancs, l'un vigoureux, l'autre squelettique, tirent la charrette funeste. Deux valets mystérieux assistent l'Ankou. Le premier tient la bride du cheval de tête. Le second ouvre portes et barrières et place dans la charrette les morts fauchés par son maître.

 

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Il emporte aussi les morts dans sa Barque ou son Bateau de Nuit, (Bag Noz), à l'instar du nocher Charon qui faisait « passer » les âmes, sur le sombre Styx antique.

 

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La nuit de la Toussaint, dans certaines clairières, l'Ankou et les défunts de l'année viennent festoyer sous le ciel ténébreux. Les vivants dressent de grandes tables, tendues de noir, et garnies de bougies. Ils déposent des crêpes, des pommes, des châtaignes bouillies, du lait caillé et du cidre. Après le festin de l'Ankou, les âmes s'évanouissent dans les airs au premier chant du coq.

 

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Dans la forêt de Huelgoat, au coeur des monts d'Arrée, l'Ankou tient sa cour, dans un château fantastique, éclairé par des milliers de chandelles. Chacune d'elles représente une vie humaine. Quand l'Ankou éteint d'un souffle une de ces chandelles, la personne expire.

Anken, le chagrin et Ankoun, l'oubli sont des avatars de l'Ankou. Ils battent la campagne, la nuit de la Toussaint, une lanterne spectrale à la main.

 

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Le Bateau de l'Ankou est accompagné d'une flottille de barques, chargées des âmes collectées dans l'année. Pendant la nuit de la Toussaint, les pêcheurs peuvent être réveillés par trois coups sourds frappés à leur porte. Ils ne sauraient opposer un refus à la main invisible venue les extirper du sommeil et se rendent sur le rivage pour guider, dans la brume, ces barques psychopompes.

 

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En Corse, le Cortège des Ombres suit les vieilles voies, les chemins qui traversent l'île, rythmés par les statues-menhirs et le chant âpre des légendes. De même que l'on cache avec un drap les miroirs à chaque décès pour éviter que l'esprit du défunt reste prisonnier de son reflet, on couvre les miroirs pendant la nuit de la Toussaint. Gare aux fantômes blancs qui hantent les routes! S'ils glissent un cierge dans votre main ou dans votre poche, vous risquez de vous transformer en sorcier (mazzeru, stregu...).

Le Mazzerisme, passionnant ensemble de rituels et de croyances, s'étudie pendant de longues années et ne se résume pas en quelques lignes mais celles qui suivent sont remarquables...

« Un mazzeru, sorte de devin, c'est celui qui pressent, qui devine, qui voit, qui dit et dont les rêves se réalisent. Cet homme, c'est le rêve pétri dans la chair et le sang, c'est en quelque sorte l'incarnation de l'inconscient collectif. Son corps, c'est la terre où dorment les ancêtres. Son sang, c'est l'eau des sources d'où jaillit la vie avec la mort. En lui se confondent dans l'infini intérieur: U Locu (la terre, le lieu) et U Populu (Le Peuple). Car le rapport qui existe entre le peuple corse et le territoire de l'île de Corse, c'est une chose très simple: l'humain. » Roccu Multedo: Le Mazzerisme: un Chamanisme corse.

 

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Le mazzeru revêt les pouvoirs de l'Ankou. Il peut nommer la mort...

Mascarella: la petite sorcière; Falcina ou Falciola: la petite porteuse de faux; Pediniella: la Pieds Noirs; Pedanella: la Pieds Légers; Morte Niella: la mort noire; Bianchinetta: Blanchette... La mort revêt bien d'autres noms dans les prières magiques mais ils ne peuvent être dévoilés, ils sont transmis.

 

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En Normandie, la Charrette des Morts était particulièrement redoutée à la Toussaint. Tirée par des boeufs noirs ou des chevaux blancs, elle promenait un cercueil enveloppé d'un linceul et entouré de cierges à la clarté frémissante. Elle sillonnait les vieux chemins, fauchant  les voyageurs égarés mais elle ne pouvait franchir les champs qui avaient été bénis. Les voix des morts de l'année résonnaient à travers le grincement de ses roues.

 

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En Provence, on craignait le Carrosse de la Mort, ténébreux équipage guidé par quatre chevaux noirs ou par des chevaux invisibles. Si on regardait à l'intérieur, on apercevait des silhouettes spectrales, vêtues de noir.

 

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Dans les Côtes-du-Nord, le Diable conduisait la Charrette des Ombres. L'attelage était constitué de douze cochons et d'oiseaux de nuit.

Dans le Marais Poitevin, la Barque des Défunts, couverte d'un drap mortuaire, sillonnait les canaux silencieux, guidée par un mystérieux fantôme appelé le Tousseu.

 

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Chaque région de France possède ses funèbres équipages...

 

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Sorcières et Petit Peuple d'Halloween

Aux antipodes de ces sombres manifestations, les sorcières d'Halloween n'apportent pas la mort mais la protection aux enfants auprès desquels elles jouent le rôle d'initiatrices. Dans l'imagerie populaire d'Halloween, elles transmettent leurs secrets avec bienveillance.

 

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La silhouette de la sorcière se découpe sur le disque lunaire. Elle chevauche son balai, véhicule entre les mondes, emblème de protection et de purification du foyer. Son chat noir l'accompagne. Offrandes à la nuit et symboles de connaissance, deux pommes rouges, posées sur le rebord de la fenêtre, établissent un lien entre la chambre des fillettes et le ciel enchanté, voie des mystères et des sortilèges.

 

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La sorcière, maîtresse des animaux ténébreux, survole la campagne. Ses familiers (chat noir, chauve-souris, chouette) l'assistent dans ses déplacements. On aperçoit sur l'image la dernière gerbe de la moisson appelée « Part des Esprits ». Considérée comme tabou, elle ne doit pas être touchée.

 

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Le Petit Peuple jaillit du Sidh et s'élance sur des montures inspirées de l'imagerie victorienne: la chouette et la chauve-souris.

 

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Les fées soufflent des pétales de rêve...

 

Voeux et pratiques divinatoires d'Halloween

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A Halloween, les bougies sont investies de grands pouvoirs. Leurs clartés mouvantes sont associées à des rituels de magie amoureuse. Il est ainsi recommandé de se placer devant un miroir, ovale de préférence, et de brandir une chandelle en s'adressant aux esprits de la nuit.

 

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Intermédiaire entre le monde humain et celui des esprits, le miroir dévoile, dans la trame de son oeil magique, le visage d'un futur époux.

 

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Les voeux d'amour et de chance fleurissent à la période d'Halloween. Ils sont associés à certains végétaux, comme la citrouille, gorgée de graines généreuses, et se lovent dans les pommes rouges, fruits fétiches des sorcières.

 

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« Bobbing the apple » consiste à saisir avec les dents une pomme suspendue à un fil ou plongée au fond d'un baquet d'eau.

Une variante, le snapdragon est un jeu permettant d'attraper des raisins ou des petits fruits dans du cognac flambé, jeu qui s'adresse, bien évidemment, aux adultes.

 

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Doux apartés pour les petits et les grands...

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La nuit d'Halloween est propice à l'amour. On l'appelle Nutcrack Night, nuit du casse-noisettes ou de la pomme croquante.

 

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Après avoir attrapé une pomme rouge en faisant un voeu, les jeunes filles posaient deux noix sur le bord de l'âtre. Une noix portait le nom de l'être aimé; sur l'autre était gravé le nom de la jeune fille. Si les noix émettaient une clarté brillante en se consumant doucement, cela signifiait la sincérité de l'amour. Si les noix crépitaient violemment, l'infidélité menaçait le couple. Si les noix s'enflammaient en même temps, les amants seraient unis pour la vie.

 

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En cette nuit particulière, on cherche aussi à se concilier la Fortune. A cet égard, on consomme certains plats traditionnels comme le Barmbrack (báirín breac) en Irlande. Dans ce gâteau aux fruits, on place, avant la cuisson, des petits objets investis d'une valeur oraculaire. Un petit pois signifie l'infortune amoureuse; un minuscule bâton, un mariage malheureux; un bout de tissu, la malchance; une pièce, la bonne fortune; un anneau, la rencontre du véritable amour et peut-être un mariage dans l'année...

Le Colcannon est un plat à base de pommes de terre et de chou dans lequel on cache également certains objets. Une pièce de monnaie pour la richesse, une bague pour l'annonce d'un mariage en vue, une poupée de porcelaine pour la venue d'un enfant.

 

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La Candy ou Toffee Apple, pomme bonbon inventée au début du XXe siècle, dans le New Jersey, par le confiseur William W. Kells est la gourmandise d'Halloween par excellence. Son rouge écarlate flamboyant attise l'amour et la chance.

 

A nos chers disparus!

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Cimetière du Père-Lachaise, été 2012.

Autrefois, pour célébrer la Toussaint, les parents offraient aux enfants des colliers gourmands, constitués de pommes rouges et de châtaignes bouillies. Les enfants en profitaient pour se régaler sur la route du cimetière. La pomme rouge a décidément la cote!

Les jeunes gens accomplissaient, comme à Noël et à Pâques, des tournées de quête. Ils chantaient devant les maisons et collectaient de la nourriture, du vin et des friandises. Les plus intrépides grimpaient au sommet des clochers et sonnaient les cloches à toute volée.

Les vivants et les morts entretenaient des liens étroits, au-delà de tout dogme religieux.

 

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D'après la croyance populaire, les défunts défilaient sur les chemins, à la lisière des bois et des champs. Ils se réunissaient dans les cimetières et dans certaines églises, près des tombes moussues, pour écouter le sermon d'un prêtre fantôme.

 

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Ils regagnaient ensuite leur foyer, l'espace d'une nuit. Ils trouvaient un feu vif dans la cheminée, la table dressée pour eux et, sur le rebord des fenêtres, des mets investis d'un caractère sacré: lait et pain nourriciers, eau purificatrice, châtaignes à la robe mordorée, pommes de mort et de fécondité.

Un des rituels domestiques les plus répandus consistait à examiner, à l'aube, les cendres du foyer et à interpréter les traces que l'on y voyait. Ces mystérieux messages révélaient des secrets divinatoires.

 

Certains gâteaux sont directement associés au folklore de la Toussaint. J'ai dû faire un choix parmi de nombreuses gourmandises...

 

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(Photo recettes-corses.fr)

En Corse, les bastelle sont des chaussons circulaires fourrés avec des blettes, des oignons, de la courge, (parfois des pommes de terre) et du brocciu, le fameux fromage de brebis, dont la recette aurait été transmise aux Hommes par l'Ogre, Orcus, avatar de l'Orgos celte auquel je faisais allusion au début de mon article. Les sciacce (fougasse) leur ressemblent mais ils sont parsemés de raisins secs.

D'après la légende, quand un cavalier passa près de l'arca, la sépulture commune du village, il perçut les voix de ses ancêtres qui se plaignaient de la frugalité de leur repas. Il promit alors que chaque année les pauvres et les familles du village recevraient une fougasse bien garnie.

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La Salviata est un gâteau en forme de S, traditionnellement parfumé à la sauge et à la liqueur d'anis. On le trouve, de nos jours, aromatisé au citron et couvert d'une pellicule de sucre.

 

La niflette de Provins, en Seine et Marne, est à l'honneur au moment de la Toussaint.

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L'origine de ces gâteaux feuilletés, garnis de crème pâtissière et désormais agrémentés de fleur d'oranger, remonte au Moyen âge. D'après la légende, un boulanger s'émut de trouver une fillette en sanglots sur la tombe de sa grand-mère. Il lui prépara un petit gâteau rond et le lui offrit en disant « ne flete », « ne pleure pas ».

Le premier novembre, on apportait des niflettes à « ceux qui reniflent », l'autre nom des orphelins.

Les habitants de la cité des Comtes de Champagne peuvent déguster des niflettes une quinzaine de jours avant la Toussaint et jusqu'au dimanche suivant le 11 novembre. Elles se vendent, pour le plus grand plaisir des gourmands, « treize à la douzaine »!

 

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(Visage anonyme rencontré à travers les méandres du Père Lachaise.)

 

Une autre version de la Toussaint: le Jour des Morts dans le monde amérindien.

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(Image Wikimedia Commons)

Au Mexique, le Jour des Morts (Dia de los Muertos) est une résurgence, haute en couleurs, d'une fête précolombienne inscrite, depuis 2003, au Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité.

S'inspirant d'une très ancienne célébration aztèque, pendant laquelle les familles festoyaient en l'honneur des défunts, les Espagnols ont institué le Jour des Morts à la date de la Toussaint. A l'origine, les morts étaient honorés entre juillet et août, sous l'égide de Mictecacihuatl, la Dame de la Mort, épouse de Mictlantecuhtli, Seigneur du Mictlan, le lieu le plus profond de l'Inframonde. Deux fêtes, séparées d'une vingtaine de jours, avaient lieu. La première, Miccaihuitontli, était consacrée aux enfants; la seconde, Hueymiccalhuitl, concernait les adultes.

Les festivités du Jour des Morts se déroulent sur plusieurs jours. Le 31 octobre, chacun attend les Angelitos, les âmes des enfants, aimantés par les lanternes accrochées aux portes des maisons. Entre la porte et l'autel domestique, des chemins magiques sont dessinés avec des pétales de fleurs blanches.

 

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                                                           (Photo sites.psu.edu. Spanish culture.)

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, les fleurs blanches sont remplacées par des fleurs jaune vif provenant d'une fleur sacrée, la rose d'Inde (Tagetes erecta).

 

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Dotée d'une belle couleur solaire, la calendura ou zempaxuchilt est utilisée depuis l'époque précolombienne pour honorer les défunts. On extrait de ses pétales un pigment intense qui colore les aliments et possède des vertus médicinales.

Après avoir nettoyé les tombes, les habitants des villes et des villages offrent aux défunts de la nourriture, de la tequila, des roses d'Inde et des crânes en sucre.

 

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Ces petits crânes gourmands ou calaveras sont considérés comme des amulettes de chance et de bonne fortune. On partage des sucreries colorées vives et le pain des morts (pan de muertos), sorte de brioche fourrée aux fruits confits et saupoudrée de sucre, ornée de dessins d'os.

 

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Les chemins qui mènent aux cimetières sont décorés de bougies et de fleurs, afin de guider les défunts vers les tombes où les attendent leurs plats préférés, des poupées végétales et de la résine de copal en train de brûler.

Le 3 novembre, les familles partagent le festin des morts. La communion avec les défunts s'effectue par le biais de la nourriture.

Ce fonds magique et folklorique se retrouve au Japon et en Chine avec O-Bon et la Fête des Fantômes.

 

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En Europe, les tombes se parent, grâce aux chrysanthèmes, de couleurs chatoyantes. La « fleur d'or » a remplacé les bougies que l'on allumait autrefois sur les tombes.

 

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A l'instar de la marguerite, le chrysanthème appartient à la famille des Astéracées (Composées). D'origine asiatique, il fut introduit en Europe, vers 1753, par le naturaliste suédois Carl Von Linné. Petits soleils moutonnants, réputés résister au gel, les fleurs de chrysanthème ont investi les tombes des soldats, après l'Armistice de 1918.

 

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Vénéré en Extrême-Orient, le chrysanthème est le symbole de l'automne. Il inspire le bonheur et la paix, il attire la bienveillance. Il était arboré par les guerriers au coeur noble. Cultivé dans la Chine ancienne depuis le XVe siècle avant J.-C, il était considéré comme un réceptacle d'énergie vitale. Apparu au Japon au VIIIe siècle après J-C, il devint un emblème impérial au XIIIe siècle.

 

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Le chrysanthème de l'empereur, fleur de vie à 16 pétales doubles, décorant les portes du sanctuaire Shintô Yasukuni de Tokyo. L'Ordre du Chrysanthème fut fondé en 1876.

 

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Le neuvième jour du neuvième mois de l'année est consacré aux poupées de chrysanthème.

(Photo maisonarts.forumgratuit.org)

 

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Le chrysanthème fleurit sur de nombreux bâtiments, sur les vêtements d'apparat, les bols à thé, les éléments de parure...

 

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Symbole de vie, de renouveau, de changement de saison, offert à l'occasion de la fête des mères, il est très apprécié, non seulement au Japon mais aussi en Australie et aux États-Unis alors qu'en Europe, c'est à la mort qu'on l'associe.

 

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L'humain a toujours éprouvé le besoin de célébrer les défunts. A Halloween, dans « le temps entre les temps », nous établissons un lien privilégié avec « ceux qui ne sont plus » en les honorant de manière joyeuse. Nous nous confrontons à l'idée de notre mort en acceptant le fait qu'elle est inéluctable. Nous formulons des voeux d'amour et de bonne fortune car les esprits bienveillants évoluent autour de nous. Nous effrayons nos peurs en revêtant leurs attributs et nous communiquons avec l'invisible.

 

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Avant de refermer les pages de mon grimoire, je lève mon verre de cidre, boisson fétiche de Samain, à nos chers disparus, aux forces de la nuit, aux « amis invisibles » qui voyagent si près de nous... Mon esprit s'envole où dansent les vieilles âmes, où chuchotent les arbres gardiens des sylves légendaires, vers les anciennes sépultures et les mégalithes aux noms évocateurs « Maison de l'Ogre », « Quenouille de la Sorcière », « Pierre à Marotte des Lutins », « Table du Festin des Fées »...

Je vous souhaite un très Joyeux Halloween!

 

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Bibliographie

Actes du colloque sur La Mort en Corse et dans les Sociétés Méditerranéennes, Bonifacio, mars 1976.

DE BECQUE, Maurice: Ankou, Légendes Bretonnes. 1921.

LE BRAZ, Anatole: La Légende de la mort chez les Bretons amoricains. Paris, 1922-1923.

MARKALE, Jean: Halloween: histoire et traditions. Imago Editions, 2000.

PREAUD, Maxime: Les Sorcières Catalogue d'exposition. Paris, 16 Janvier-20 Avril 1973, B.N. Paris: Bibliothèque Nationale, 1973.

RONECKER, Jean-Paul: Halloween. Puiseaux: Pardès, 2000.

VALENCE, Marie de: S comme sorcière. Vallon-en-Sully: Cercle Beltane, 2000.

WARGNY, Guy de: La France des sorciers. Saint-Pierre-lès-Nemours: EUREDIF, 1980.

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
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BLOG EN MODE BUISSONNIER

 

Je vous souhaite un très bel été!

 

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Arthur Rackham (1867-1939), Le songe d'une nuit d'été, 1908.

 

Lovée dans la chaleur, suspendue au bleu de mes pensées, je contemple les étoiles et l'envie de laisser danser ma plume sur le papier monte, comme une vague, dans l'encrier de la nuit.

 

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Maxfield Parrish (1870-1966), Rêveries, 1913.

 

Nuit d'été

 

Valse rubis frisson d'argent

Au clair de lune miroitant

Le feu délie son écriture

Et nos secrets sous la ramure

 

Étreins ce chant né de la terre

Ivre de braise à l'horizon

Le chemin rouge de lumière

Serpente au souffle des moissons

 

La nuit a bercé le soleil

Courons au verger mystérieux

Ravir les étranges merveilles

Gorgées de la sève des dieux

 

Sais-tu que mon âme a dansé

Jusqu'aux nacres de l'océan

Insaisissable au bal des fées

Nue sous le chêne des amants

 

L'arbre où fusionnent les murmures

Et les sortilèges du temps

L'or émeraude et les diaprures

Le miel de l'ombre avec mon sang...

 

                                           Cendrine

 

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Maxfield Parrish, Étoiles.

 

A l'heure où les sirènes dansent

Le vent file sur son rouet

Cette étrange luminescence

Qui s'évapore en mots de fée...

 

Magiques nuits d'été...

 

Des paysages ambivalents de l'Angleterre Victorienne aux incomparables lumières du Nord de l'Europe, elles se parent de mystère et dévoilent leur beauté, inspirant de nombreux peintres au fil des époques.

 

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John Simmons (1823-1876), Nuit d'été.

 

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John Simmons, Une fée parmi les liserons.

 

Ce peintre, originaire de Bristol en Angleterre, exerça d'abord le métier de miniaturiste d'où l'extrême précision apportée aux détails entourant chacun de ses personnages. En pleine vogue préraphaélite, il se spécialisa dans la peinture de nus féeriques.

 

L'observation de la Nature était primordiale pour les artistes victoriens. La fée devint une muse de l'histoire naturelle, insufflant à l'artiste le désir de peindre le vivant, les pulsations des couleurs, les scintillements de la rosée, de la lumière et de l'eau.

 

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L'étoile du soir

 

Le ciel d'été est tapissé de nombreuses étoiles, diamants dont la luminosité envoûte ceux qui cheminent dans les méandres de la nuit. Au crépuscule jaillit Vénus, « l'étoile du berger », en orbite autour du soleil, qui se love dans le ciel du soir ou dans le ciel du matin.

 

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L'étoile du matin

 

Vénus nous aimante vers les nacres stellaires de la Voie Lactée. Les anciennes croyances nous chuchotent que les rêves s'y forment et que les voeux papillonnent dans l'immensité, gorgés du lait de la déesse Héra qui s'est répandu dans le ciel après que le héros Héraclès, encore nourrisson, l'ait tété en secret pour acquérir l'immortalité.

 

Au-dessus de nos têtes, nébuleuses et constellations tourbillonnent et serpentent dans le vaste univers entre sombres veines et filaments argentés.

 

De temps à autre, mue par une fabuleuse énergie gravitationnelle une étoile tombe dans un fracas de poussière opalescente.

 

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Witold Pruszkowski (1846-1896), peintre et illustrateur polonais, Étoile tombante, 1884.

 

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John Atkinson Grimshaw (1836-1893), Esprit de la nuit, 1879.

 

Artiste de l'époque Victorienne, préoccupé par les modifications industrielles de son temps, il excellait à peindre les clairs de lune, les effets de lumière changeante et les paysages aussi bien urbains que ruraux. Cette fée d'une nuit d'été est une émissaire de la magie des Anciens Mondes.

 

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Aux êtres sensibles d'ouvrir les yeux et de laisser cette beauté rayonnante leur emplir le coeur et l'esprit!

 

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Le pont de Battersea, 1885.

 

Dans l'Europe du Nord, les peintres nous dévoilent la magie des « Sommernacht » où règne le mystère, où l'impalpable se révèle aux heures confondues du jour et de la nuit, à la période du soleil de minuit.

 

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Edvard Munch (1863-1944), Sommernacht.

 

L'oeuvre est imprégnée de cette lumière bleutée typique des nuits de l'été nordique. Les tons se rencontrent dans un savant ruissellement d'énergie animé de forts contrastes. Cette puissance chromatique fut remarquée par les artistes phares du Fauvisme: Raoul Dufy, Albert Marquet, André Derain, Henri Matisse...

 

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Prince Eugène (Eugen) Napoléon Nicolas de Suède (1865-1947), Nuages de nuit.

 

Ce prince du Nord était un collectionneur et un paysagiste émérite.

 

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Nuit d'été

 

Il décrivit avec une remarquable finesse cet état mystérieux où la Nature ne s'endort pas. Grâce à une facture douce, sensible et une imprégnation profonde de la beauté des éléments, le paysage se dévoile au coeur de la fine brume de nuit.

 

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Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

 

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Eilif Peterssen (1852-1928), Nuit d'été, 1886.

 

Une oeuvre néo-romantique qui ressemble à une photographie et qui nous aimante vers le reflet du ciel et de la lune au creux de l'étang.

 

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Un subtil mélange de nuances variées de bleu compose la palette de ce ciel d'été nordique. En ces lieux, la nuit ne tombe pas et le ciel se mélange à la beauté réelle et fantasmée de l'eau, dans un concert de notes saphir, émeraude, jade et violacées.

 

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Eilif Peterssen, Nocturne, 1887.

 

Les nuits d'été ont leurs muses et leurs nymphes, leurs beautés rêveuses ou alanguies dans la moiteur enveloppante.

 

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Albert Joseph Moore (1841-1893), Argent. Troublante et lunaire féminité.

 

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Nuit d'été au gynécée, rayonnante de sensualité.

 

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Midsummer, 1886.

 

La nuit du solstice d'été, personnifiée avec élégance, par cet artiste victorien, né dans le Yorkshire, un vieux comté d'Angleterre. Fasciné par l'Antique, il fit preuve d'une extrême minutie dans l'utilisation des couleurs dont la vibration oscille entre douceur et puissance.

 

L’Esthétisme domine dans cette oeuvre qui préfigure le Symbolisme et la couleur orange, teinte de prédilection des artistes du mouvement victorien, nous invite dans les reflets du soleil couchant, aux portes du domaine des rêves.

 

Le orange représente à la fois l'ardeur extrême et la douceur de l'instant, la joie de vivre, l'éveil des sens et la force de la création. Elle est associée aux Muses et à Dionysos, le Seigneur de l'Inspiration. Elle est aussi la couleur des Épicuriens.

 

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Lord Frederick Leighton (1830-1896), peintre et sculpteur victorien. June flamboyante, 1895.

 

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Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), Le Tepidarium, 1881.

 

Sir Alma-Tadema fut l'un des artistes les plus en vogue du XIXe siècle victorien. Ce passionné d'Antiquité gréco-romaine et d'archéologie égyptienne décrivit avec une minutie spectaculaire des scènes de la vie antique, juxtaposant des éléments réels et des éléments fantasmés.

 

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George Frederic Watts (1817-1904), peintre et sculpteur victorien et symboliste. La jeune fille à la plume de paon.

 

Les nuits d'été attisent l'imaginaire et nous apportent un surcroît de douceur après les feux des journées caniculaires. Nuits brillantes où s'émoussent les contours de la réalité pour se recomposer sous le frisson du mystère.

 

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Winslow Homer (1836-1910), Nuit d'été, 1890.

 

J'ai eu le plaisir de contempler ce nocturne poétique à l'Orangerie des Tuileries, lors de l'exposition consacrée à la musique de Claude Debussy (1862-1918). Deux silhouettes féminines, quasi fantomatiques et lovées dans un fascinant clair-obscur, dansent au bord de la mer, emportées par le chant du ciel et des éléments.

 

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Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements oniriques de l'océan.

 

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Au clair de lune...

 

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Edward Henry Potthast (1857-1927), Été, nuit impressionniste.

 

Calme et puissance des impressions fugitives, magistrale présence de la lumière au creux de la nuit et la lune qui s'offre, telle un miroir évanescent, aux spectateurs de son étrange beauté...

 

Fantasmagoriques nuits d'été où s'allument des lanternes, chimères d'or et de papier...

 

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Charles Courtney Curran (1861-1942), Lanternes impressionnistes, 1913.

 

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Ulpiano Checa y Sanz (1860-1916), peintre et illustrateur espagnol, précurseur de l'Impressionnisme. Barque aux lampions du solstice d'été (Carnival Eve).

 

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Percy William Gibbs (1894-1937), Promenade sur la rivière.

 

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Tavik Frantisek Simon (1877-1942), Soir de fête à Paris.

 

Cet artiste tchèque, amoureux de Paris, peignit avec passion les jardins, les squares, les places, les monuments et les rues pittoresques de la capitale. Pendant la première guerre mondiale, il retrouva sa patrie mais n'oublia jamais les atmosphères de la Ville Lumière. Il sombra dans l'oubli après avoir connu le succès en son temps. Espérons qu'il soit redécouvert...

 

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Henri Le Sidaner (1862-1939), artiste impressionniste et réaliste. Table avec lanternes à Gerberoy.

 

Fleurs et souffles de papier traduisent la délicieuse évanescence de ces moments privilégiés où le temps ralentit sa course pour un subtil « arrêt sur image ».

 

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John Singer Sargent (1856-1925), Lys, roses et oeillets, 1886. (Londres, Tate Gallery).

 

Peintres de la lumière, influencés par la clarté sublime émanant des oeuvres de la Renaissance florentine.

 

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Luther Emerson Van Gorder (1861-1931), Lanternes japonaises, 1895.

 

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Maxfield Parrish (1870-1966), peintre et illustrateur américain aux oeuvres oniriques. Les porteurs de lanternes, 1908.

 

Pierrots lunaires, magiciens des ombres de la nuit...

 

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Konstantin Alexeïevitch Korovin (1861-1939), peintre impressionniste et décorateur de théâtre russe. Lanternes de papier.

 

Nuits d'été gorgées de lumière et de fragrances fleuries qui se conjuguent avec la sensualité de l'air.

 

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Marguerite Pearson (1898-1978), Lanternes.

 

« La seule matière de la peinture, c'est la lumière. » Gilles Genty, historien de l'art.

 

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Delphin Enjolras (1857-1945), peintre aquarelliste, paysagiste et portraitiste. L'installation des lanternes.

 

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Pati Bannister, artiste anglaise née en 1929, Fleurs et lanternes.

 

Nuits ensorcelées, propices à la rencontre des désirs et des rêves, nuits de liesse et d'amour où les émotions palpitent en farandole.

 

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Louis-Adolphe Tessier (1858-1915), peintre de genre et d'histoire. Tourbillon, 1911.

 

« La vie est une lumière dans le vent. » Proverbe japonais.

 

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Gaston de Latouche (1854-1913), artiste post-impressionniste. Intrigue nocturne.

 

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Max Carlier (1872-1938), Les préparatifs de la fête.

 

Cet artiste belge était spécialisé dans les natures mortes, les compositions florales, les scènes de genre et la peinture de chats.

 

Sous les lampions, les couleurs de la nuit se métamorphosent et nous happent vers d'autres réalités, dans la moiteur et la brillance du clair de lune estival.

 

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Gene Pressler (1893-?), illustrateur américain.

 

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Gene Pressler, la jeune fille à la lanterne, 1921.

 

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Delphin Enjolras, Nuit d'été, la lanterne japonaise.

 

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Frederick Childe Hassam (1859-1935), peintre impressionniste américain. Nuit de Juillet, 1898.

 

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Soir d'été à Paris, 1889.

 

« Que serait la lumière sans les êtres qui la perçoivent? »: Philippe Montillier (explorateur et photographe).

 

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Ludwig Knoefel (1851-1933), La belle à la lanterne.

 

Je vous souhaite de savoureuses nuits d'été, dans la palette conjuguée des parfums, des rêves et des émotions. Prenez le temps, prenez soin de vous et merci de votre fidélité!

 

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Mon ciel d'été, juste avant la nuit...

 

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Avec mes plus douces pensées...

 

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Publié le par maplumefee
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Spirit of the Night de John Atkinson Grimshaw, 1879.

 

Beltane est une fête celte protohistorique, célébrée dans la nuit du 30 avril au premier mai. La tradition murmure qu'au cours de cette nuit sacrée, le voile séparant les humains et les créatures du Petit Peuple devient si ténu que nous pouvons communiquer avec les êtres magiques.

 

Dans les pays anglo-saxons, dans plusieurs lieux de Bretagne et partout où s'exerce la spiritualité druidique et néo-païenne, Beltane est à l'honneur. J'ai tissé un poème à l'approche de cette nuit si particulière...

 

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Fée de l'artiste préraphaélite Sophie Gengembre Anderson (1823-1903).

 

Fée de Beltane

 

Es-tu d'eau vive ou de nectar

de mandragore ou de rosée

dans les glacis de ton regard

danse une écriture embrasée

 

Une incantation de sirène

nue et plus douce que la mort

qui s'enracine dans mes veines

me désaltère et me dévore

 

Ta chevelure sur ma peau

est une aurore qui ruisselle

un élixir un feu nouveau

un serpent bleu qui m'ensorcèle

 

Montre-moi la lande perdue

où le ciel nourrit ses chimères

avec des nacres inconnues

nées des abysses de la mer

 

Les bois où les sombres pavots

s'étoilent d'or sous les feuillages

les roses mélangées sur l'eau

happant la nuit dans leur sillage

 

Le cerf aux ramures d'argent

s'ébat dans la prairie sacrée

buvons dans le calice blanc

le suc étrange des secrets...

 

Cendrine

 

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Le ravissant compagnon rouge ou silène dioïque de Cicely Mary Barker (1895-1973), la créatrice des « Flowers Fairies ».

 

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L'épilobe en épi, aux fleurs mellifères, que les fées transforment, d'après le folklore anglo-saxon, en de petites robes ravissantes.

 

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Et maintenant, pour le plaisir des yeux et de l'esprit, des parures embaumées « cueillies » dans les squares et les rues de Paris...

 

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Des fleurs sucrées dans le vent fou qui caracole...

 

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Poésie, pureté et transcendance...

 

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L'éphémère incarné...

 

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Poudrées de senteurs exquises...

 

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L'inspiration jaillit, telle une flamme, dans les squares de Paris.

 

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Le tumulte de la ville s'apaise dans ces lieux privilégiés. Paris est une capitale verte, offrant des charmes bucoliques à qui veut s'en régaler.

 

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Les fées préfèrent la nature sauvage mais ces nids de verdure sont sûrement visités par des représentants du Petit Peuple.

 

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J'ai posé mon carnet et mon stylo dans le square Marcel Pagnol.

 

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Ce bel endroit se déploie, depuis 1867, à quelques pas de l'église Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement de Paris.

 

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J'aime écrire, à l'ombre de ce monument, réalisé par Victor Baltard (1805-1874), le bâtisseur des anciennes Halles de Paris. Le square fut dessiné par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891), pendant les travaux du baron Haussmann.

 

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Entre deux giboulées, le ciel m'a offert une scintillante palette...

 

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Et le doux chuchotement de ma fée m'a emporté...

 

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Une fée qui s'amusait dans les fleurs, dévoilant ses prunelles au creux de l'averse...

 

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Muse sauvageonne, elle sautait si vite sur les pages de mon carnet

que je devinais à peine, en clignant des paupières, son ombre veloutée.

 

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Dans les frondaisons parfumées, elle s'est lovée, facétieuse parmi ses soeurs...

 

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Mais avant la prochaine tempête, elle m'a guidée vers une délicieuse prairie en bordure de Seine.

 

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Envolée cerise...

 

Un semis de fleurs chuchotantes m'y attendait.

 

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Des ballerines fruitées...

 

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Des belles d'avril en pleine conversation...

 

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Une voluptueuse flambée...

 

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Les ambassadrices du Printemps...

 

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Celles qui enveloppent nos coeurs...

 

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L'élue...

 

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et pour clore cette rêverie, la reine des fragrances...

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