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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #belle, #hotel, #jpg, #lumiere, #ville

 

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TRÈS BELLE ANNÉE 2019 ET MERCI POUR VOS VŒUX !

 

La ville a enfilé ses habits de lumière. Prenons plaisir à découvrir, au cœur de ses rues, des clartés mouvantes et des petites touches d'enchantement qui se lovent dans la nuit...

Nous sommes sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Un monde fantasmagorique se déploie devant ce superbe édifice.

 

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Un château urbain auquel j'ai prévu de consacrer une série d'articles en 2019. Hôtel de Ville « moderne » qui se dresse dans l'obscurité scintillante tel un palais mystérieux.

 

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Là où se déployaient autrefois les tourelles et les arcades de la Maison aux Piliers, « Domaine de Ville » acquis par le Prévôt des Marchands Étienne Marcel (1315-1358) auprès de la famille royale, les promeneurs découvrent un joli monde où se lovent des lumières opalines et des sculptures de cervidés en bois.

 

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La vaste façade dévoile son esthétique néo-renaissance qui rend hommage au palais d'autrefois... Une composition dessinée par l'architecte italien Dominique de Cortone (1470-1549) dit Le Boccador et érigée, entre 1533 et 1628, sur les vestiges de la Maison aux Piliers, au couronnement de la Place de Grève. L'Hôtel de Ville du Boccador disparut dans les flammes, le soir du 24 mai 1871, pendant les événements de La Commune.

 

La façade actuelle, qui se déploie sur 143 mètres, est rythmée par une myriade de statues qui représentent de grands personnages issus du monde des arts et de la politique. Cent six statues en pied sont accompagnées de sculptures décoratives et de figures chimériques.

 

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 Ombres des dix chevaliers en cuivre qui veillent sur le campanile, les toitures et les pavillons de l'édifice.

 

Je publierai dans le courant de l'année les détails de mes photos de jour et la documentation (gravures anciennes, peintures, plans...) que j'ai constituée au fil du temps. Un travail plus que conséquent !

 

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Entre Hôtel de Ville et tours dorées de la Cathédrale Notre-Dame, les décors de fête ont fait le bonheur des petits et des grands. Je veux partager avec vous cette poésie de l'instant.

 

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Des animaux de bois, incarnations de l'Esprit des Forêts se laissent admirer... J'ai beaucoup aimé ce côté Nature...

 

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A proximité, palpitent les lumières du Carrousel Belle-Époque du parvis de l'Hôtel de Ville. Un écrin de rêves qui s'animent dans les velours de la nuit.

 

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Lumières aux tons précieux du BHV, célèbre Bazar de l'Hôtel de Ville qui ouvrit ses portes en 1856, à l'initiative d'un commerçant ardéchois, un bimbelotier philanthrope nommé François Xavier Ruel.

 

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Lumières sur lesquelles je referme ce billet en vous présentant à nouveau mes meilleurs vœux pour 2019 et en vous disant « merci » pour vos présences amicales.

 

Douces et belles pensées pour vous !

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #hotel, #jpg, #rue, #tresor

 

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Et si nous nous donnions rendez-vous dans une charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes ?

 

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Abordons cette rue pleine de fleurs (les rhododendrons y éclatent de beauté !) qui doit son nom à un trésor véritable, exhumé en 1882 quand fut démoli l'Hôtel d'Effiat, joyau architectural du XVIIe siècle, remplacé, au nom de la sacro-sainte spéculation immobilière (!), par une série d'immeubles de rapport.

 

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Dans les décombres de l'hôtel, on découvrit un vase de cuivre qui renfermait un trésor composé de monnaies d'or, des francs à cheval du roi Jean II le Bon (1319-1364) et des francs à pied de Charles V (1338-1380), le tout atteignant une somme de 7882 livres.

 

La rue qui fut alors percée à l'emplacement de l'hôtel, entre les rues Vieille-du-Temple et des Écouffes (les noms Écouffes ou Escouffes désignaient autrefois les Prêteurs sur Gages), fut appelée rue du Trésor.

 

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Au XVIe siècle, se dressait à cet emplacement un imposant manoir, bâti sur les vestiges d'un fief médiéval, le fief d'Autonne. Le manoir Renaissance et ses dépendances étaient la propriété de la puissante famille de Marle qui compta parmi ses membres des hauts dignitaires du royaume (en l'occurrence un Conseiller du Roi, un avocat au Parlement Royal, un Prévôt des Marchands et un magistrat du Tribunal Royal).

 

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Vous apprécierez le décor d'abondance en métal ouvragé de la jolie porte, de style « Monarchie de Juillet » (1830-1848).

 

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Au début du XVIIe siècle, l'ensemble fut acquis par le Maréchal Jacques Vignier d'Effiat, père de Cinq-Mars, célèbre favori du roi Louis XIII et Surintendant de la Maison et des Finances du Prince de Condé.

 

Après la mort du Maréchal, sa veuve, Marie de Fourcy, sollicita le célèbre architecte Clément Métezeau (1581-1652) pour agrandir la demeure et l'agrémenter d'une élégante façade.

 

L'hôtel fut cédé, en 1696, par les descendants de Marie de Fourcy à Claude Le Peletier (1631-1711) Prévôt des Marchands qui devint Contrôleur Général des Finances à la mort de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Des aménagements furent entrepris (agrandissement du corps de logis et du jardin qui était à l'époque l'un des plus beaux du Marais et dont il ne reste rien...).

 

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Après la Révolution, l'hôtel fut mis en location et en 1800, des négociants venus de l'Aisne, les Mareuse, en firent l'acquisition.

 

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Au fil des années, le bâtiment fut géré par une bourgeoisie nouvelle, implantée dans les hôtels particuliers du Marais, et investi par des boutiques de négoce et d'artisanat. Il accueillit notamment le domicile d'Auguste Mariage, fondateur d'une célèbre maison de thé, véritable institution parisienne.

 

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Exemples de belles vitrines...

 

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Puis l'hôtel d'Effiat devint la propriété de la Compagnie Foncière de France et d'Algérie qui décida de le faire raser pour que soient érigés, à partir de 1882, sous la direction de l'architecte et maître d’œuvre Paul Fouquiau, huit petits immeubles de rapport.

 

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A l'extrémité de la rue, on installa une fontaine dominée par le moulage du relief qui décorait jadis l'une des façades de l'hôtel d'Effiat mais le moulage n'est plus visible et la fontaine n'est plus en eau.

 

Le relief se situait là où l'on aperçoit une petite fenêtre qui a été percée illégalement (!) et rebouchée depuis la précédente photo...

 

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Le relief original, en pierre, intitulé « Allégorie du Commerce ou du Bon Gouvernement » fut offert au Département des Sculptures du Musée du Louvre par Paul Fouquiau, en 1882.

 

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Relief original © Musée du Louvre/P. Philibert

 

C'est donc une partie conséquente de l'histoire du Marais et de l'art de vivre au XVIIe siècle qui a disparu mais le souvenir de l'hôtel d'Effiat, indissociable de cette façade fontaine lovée dans les fleurs continue de hanter les lieux.

 

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Et grâce à des photographes du vieux Paris, nous avons la possibilité de contempler des documents précieux où s'inscrivent des lambeaux de ce qui fut l'une des plus remarquables demeures aristocratiques de la capitale.

 

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Souvenirs de l'hôtel d'Effiat, par Henri Chapelle (1850-1925), auteur d'un magnifique recueil de dessins à la plume recherché par les collectionneurs.

 

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Hôtel d'Effiat en démolition, photographie attribuée à Henri Godefroy (1837-1913), l'un des photographes témoins les plus assidus des transformations de Paris, avec Charles Marville (1813-1879), Édouard Denis Baldus (1813-1889), Gustave Le Gray (1820-1884) et Eugène Atget (1857-1927)... Crédit photo musée Carnavalet/Roger-Viollet

 

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Aujourd'hui, la rue du Trésor est une voie pleine de charme qui s'offre au visiteur, une halte délicieusement fleurie dans la ville.

 

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Rénovée en 2004, elle accueille de charmantes boutiques. Le lieu est vraiment plaisant mais en 1930 voici ce qu'en disait un journaliste nommé Marius Richard : « Poursuivons notre chemin par le passage que des portes ferment, ou ne ferment pas, le soir. Les murs en sont criblés d'éraflures, de marques de coups d'on ne sait trop quoi... Les habitants du quartier ont les coudes bien pointus. C'est l'hiver qu'il faut venir dans ce boyau, lorsqu'un mauvais vent y pousse la pluie mêlée à la lumière sale du bec de gaz. Mais alors c'est un guet-apens où les courants d'air vous assassinent. »

 

Que de changements !

 

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Quant au véritable trésor, il est réparti entre le Musée Carnavalet (Musée d'Histoire de la Ville de Paris) qui a fait l'acquisition du vase de cuivre et de plusieurs pièces et les collections de numismates privés. Comme je vous le disais au début de cet article, il se compose de francs à cheval et de francs à pied.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Sur le franc à cheval, on distingue le roi Jean II le Bon (chevauchant son destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant son épée avec le terme «Francorum Rex» (Roi des Francs). L'autre face montre une croix feuillue, lovée dans un quadrilobe. Il s'agit du premier franc frappé en or (1360) afin de payer la rançon du souverain, capturé par les Anglais à Poitiers, en 1356.

 

Dans ce contexte particulièrement troublé, les Français durent s'acquitter d'une rançon considérable, versée après plusieurs années de captivité. Le franc à cheval coûtait d'ailleurs si cher que la frappe en fut abandonnée, dès l'avènement de Charles V, en 1364.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Le franc à pied de Charles V date de 1365. Le roi est représenté debout et couronné, sous un dais accosté de lys. Il porte la cotte d'armes fleurdelisée et tient l'épée et la main de justice dans le but d'affirmer la vaillance de la dynastie des Valois face au pouvoir vorace des Plantagenêt.

 

Le temps s'est écoulé... Le trésor est constitué de nos jours par une parenthèse fleurie dans la toile ambivalente de la ville et l'on chemine en cette rue, accompagnés de rêveries qui prennent les couleurs soyeuses des rhododendrons...

 

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Je vous souhaite un très bel été, avec d'amicales pensées en farandole !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #gaillon, #hotel, #jpg, #source

 

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A l'angle de la place Gaillon et de la rue de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris, une élégante fontaine (ancienne fontaine Louis le Grand puis fontaine d'Antin) est adossée à la façade d'un hôtel particulier du 17e siècle. L'hôtel, qui abrite aujourd'hui un restaurant, fut construit par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) en 1672 pour le sieur Nicolas de Frémont (1622-1696), gardien du trésor royal. J'en avais montré différents aspects il y a quelques années...

 

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Dessin de Frederick Nash (1782-1856), peintre, aquarelliste et lithographe anglais. Source gallica.bnf.fr.

 

Le duc de Lorge, gendre de Nicolas de Frémont, fit agrandir l'hôtel et démolir à cet effet la porte Gaillon qui marquait la limite de l'enceinte construite à partir de 1638, sous le règne de Louis XIII.

 

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Gravure de Charles Heath (1785-1848) d'après un dessin de Auguste Charles Pugin (1769-1832).

 

L'hôtel de Lorge connut plusieurs propriétaires. Il fut appelé hôtel de Travers puis hôtel de Chamillard, hôtel d'Antin et hôtel de Richelieu. Il accueillit le duc de Richelieu, l'ambassadeur d'Espagne et la princesse de Bourbon-Conti, fille de Louis XIV.

 

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La fontaine fut érigée en 1707 au carrefour de Gaillon, entre les rues du Port-Mahon et de la Michodière, par Jean Beausire (1651-1743), architecte, contrôleur et inspecteur des bâtiments de la Ville de Paris.

 

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Située entre les égouts de la rue Neuve Saint-Augustin et de la rue Gaillon, elle fut remplacée en 1828 par un édifice conçu par Louis Visconti (1791-1853), architecte émérite, maître du projet de restauration du Louvre et de réunion du Louvre et des Tuileries. Les sculptures, façonnées par Georges Jacquot (1794-1874), ont été restaurées en 1971 par Emmanuel Oberdoerffer, architecte voyer de la ville de Paris.

 

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Dans une grande niche hémisphérique, flanquée de deux colonnes composites finement ciselées et décorées de poissons fantastiques, un jeune triton chevauche un dauphin. Il portait auparavant un trident dont il ne reste que le manche.

 

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Photographie trouvée sur le net, je n'en connais pas l'auteur.

 

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L'enfant au dauphin appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide, déesse marine, et parfois gardienne des fontaines et des sources. Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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Autrefois, l'eau s'écoulait dans une vasque ornée de gargouilles léonines qui crachaient l'eau recueillie dans une large vasque appuyée sur un socle décoré de poissons et de plantes aquatiques.

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les ornements de la fontaine (oves, rinceaux, algues, coraux, épis de blé, ajoncs, roseaux, fleurs, cornes d'abondance, poissons, coquillages, chimères aquatiques...) témoignent d'une grande finesse d'exécution.

 

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Aux extrémités de la fontaine, des dragons marins veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

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Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre. Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

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Symboles de luxuriance et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels. Un peu comme si l'on frappait, avec un objet sacré, sur le perron d'une ancienne fontaine pour susciter la pluie.

 

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Des vases à anses fantastiques, de style Renaissance, reposent au sommet des colonnes qui encadrent la niche principale.

 

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La fontaine Gaillon décore aujourd'hui la terrasse d'un restaurant qui appartient à Gérard Depardieu. L'adresse est très connue. Au fil de mes lectures, j'ai constaté que les avis concernant la qualité de la cuisine étaient plutôt partagés. Certains la trouvent excellente, d'autres considèrent que c'est surfait et affichent leur déception. N'y ayant pas mangé, je ne me prononcerai pas.

 

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Photographie répertoriée sous le nom d'Armand Guérinet (libraire-éditeur actif de la fin du XIXe siècle aux années 1920).

 

La petite grille située au pied de la fontaine et les deux lampadaires ont disparu.

 

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Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Source gallica.bnf.fr, cote Est Eo 109b bte3.

 

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Merci de votre fidélité, gros bisous et belles pensées...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #jouffroy, #paris, #passage, #theatre

 

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Au cœur des Grands Boulevards, dans une atmosphère précieuse et surannée, s'ouvre une succession de passages (Panoramas, Jouffroy, Verdeau etc... ) où le temps ralentit sa course.

 

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Je vous invite à suivre un Lutin de Lutèce à travers l'histoire du passage Jouffroy où de jolies vitrines, destinées à enchanter petits et grands, nous sont présentées.

 

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Premier passage de la capitale entièrement conçu en métal et en verre, (le bois est essentiellement plaqué sur la structure moderne), il fut créé, à proximité de l'Opéra Garnier, sur trois parcelles de terrain, entre 1845 et la fin de l'année 1846. Son inauguration se déroula le 17 février 1847.

 

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L'entrée principale, au numéro 10 du boulevard Montmartre.

 

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Ses maîtres d'oeuvre, les architectes François-Hippolyte Destailleurs (1787-1852) et Romain de Bourges (avec ou sans le « s », cela dépend des endroits où son nom est évoqué), gendre du précédent, l'ont établi à partir d'un plan audacieux. Son tracé forme un double coude à angle droit.

 

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Estampe issue de L'Ancien Paris d'Adolphe Martial Potémont (1828-1883), graveur spécialiste du paysage urbain.

 

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Spacieux (il mesure 140 mètres de long pour une largeur de quatre mètres), moderne (il fut le premier passage à avoir un chauffage par le sol) et couvert d'une ample verrière, soutenue pour la première fois par une charpente métallique, il traverse un immeuble dressé à l'emplacement « d'une grande maison de cinq étages, construite au début du XIXe siècle, [qui ] avait abrité successivement l'ambassade de Turquie, puis un prince russe original, richissime du nom de Tuffiakin, et dans les années 1820, quantité de gens de théâtre et de musiciens, ce qui lui avait valu le surnom de Boîte aux Artistes. » Georges Cain « Le Passage Jouffroy » in Le Figaro, 10 décembre 1909.

 

J'ai fait ce que j'ai pu pour certaines photos, avec la lumière ambiante et mes appareils qui n'aiment pas le froid, ce n'était pas facile du tout...

 

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Inscrit au titre des Monuments Historiques par arrêté du 7 juillet 1974, il n'offre pas de décor foisonnant. Il est empreint de sobriété. Au fil de la marche, on y aperçoit deux horloges, enserrées par des branches d’olivier, sur un fond de treillage à motifs floraux.

 

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Robert Doisneau (1912-1994), Sous l'horloge du passage Jouffroy, 1976.

 

Il abritait jadis « quelques lieux propres à attirer la foule des flâneurs parisiens. Sur le boulevard même s'étalait l'imposante façade d'un hôtel de luxe, l'hôtel Terrasse Jouffroy datant de 1836, aujourd'hui hôtel Ronceray. L'entrée du passage était flanquée de deux cafés « assez populaires et grouillants de vie » (Cf. Les passages Choiseul, Jouffroy et des Panoramas », dans l'Écho de Paris, 11 nov. 1891.).

 

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Le public s'y régalait d'un grand nombre d'attractions, composées d'un « Bazar Européen » dont le sous-sol accueillait une salle de danse, le bal Montmartre. « Ce bal fut remplacé par un petit théâtre spécialisé dans les marionnettes et la prestidigitation, puis, à partir de 1860, par le théâtre des Ombres chinoises ou théâtre Séraphin, établi depuis 1784 au Palais-Royal. Il devint en 1865 théâtre de Marionnettes sous le nom de Passe-Temps, puis en 1873 s'appela Théâtre Miniature. » L'Écho de Paris.

 

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En 1895, le Théâtre Miniature céda sa place au Petit Casino, un café-concert, transformé en cinéma dans les années 1950.

 

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Les visiteurs appréciaient également l'estaminet lyrique ouvert par Joseph Darcier (1819-1883), célèbre chanteur, acteur, compositeur et chansonnier parisien et venaient tenter leur chance, auprès des dieux de l'argent, dans une loterie burlesque, « La loterie des Lingots d'Or »...

 

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Cette histoire de loterie fut une gigantesque arnaque, un récit picaresque dont vous pouvez lire les détails en dessous...

 

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2011/12/29/a-l-origine-de-la-ruee-vers-l-or.html

 

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Dans le même esprit « Gribouille », un ouvrage anglais paru en 1878 faisait état, au gré du passage, de « plusieurs restaurants à prix fixes et modérés, comme le Dîner du Rocher et le Dîner de Paris où l'on servait des menus cocasses : Potage de requin aux concombres, filet de baleine aux vieux parapluies, tête de gorille à la Croquemitaine... Au Dîner quelque chose et au Restaurant Autre-chose, on savourait le Potage Mamamouchi mais aussi du dragon rôti, des queues de lézard en papillotes ou du civet de chats de Perse ! » Georges Augustus Sala : Paris herself again, pages 51/52.

 

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L'impressionnant décor du Dîner de Paris, un restaurant comme un théâtre...

 

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Les messieurs élégants venaient acquérir une malle de voyage ou un chapeau haut de forme à la Chapellerie Delion, chez les renommés Delion et Caron qui travaillaient admirablement le « chapeau de soie ». Ce lieu n'existe plus...

 

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Le Passage Jouffroy accueille le célébrissime musée Grévin, inauguré le 20 janvier 1882, dont je vous conterai l'histoire dans un article qui lui sera spécialement consacré, début 2018 et l'élégance de ses boutiques, riches de tant d'objets, en fait toujours le paradis des chineurs et des collectionneurs. Florilège...

 

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Les amateurs de beaux livres se régalent à la Librairie du Passage, institution parisienne, ancienne librairie Paul Vulin. On y découvre des milliers d'ouvrages consacrés aux arts décoratifs et à l'histoire de l'art ainsi que des dessins et de jolies estampes, sans plus de précision...

 

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D'autres boutiques sont également très appréciées, comme « Brésilophile », ouverte en 1997 aux numéros 38-40... Temple des amateurs de minéraux et de pierres semi-précieuses.

 

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Au numéro 34, on admire la boutique de cannes anciennes de collection, de parapluies et d'objets de curiosité de M&G Segas, installée dans le passage depuis 1983...

 

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où décorateurs de théâtre et de cinéma viennent faire des emplettes...

 

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Le passage Jouffroy est une véritable caverne d'Ali-Baba !

 

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Les ravissants ornements de la Maison du Roy, antiquaire spécialiste du XVIIIe siècle et de l'esprit boudoir, au numéro 24...

 

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Ambiance cabinet de curiosités...

 

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Le passage Jouffroy risqua, pendant un temps, d'être détruit et remplacé par « une large rue flanquée de beaux immeubles afin de mettre en communication la rue du faubourg Montmartre avec le boulevard du même nom » mais, après une importante enquête administrative, il fut préservé de la démolition et modernisé en 1932 avec l'installation de rampes électriques. Il a été restauré et rénové en 1987 et demeure aujourd'hui très aimé des parisiens et des visiteurs de la capitale.

 

Je vous donne rendez-vous, début 2018, dans cet espace plein de charme pour vous conter l'histoire du musée Grévin, de l'hôtel attenant : l'Hôtel Chopin et d'autres anecdotes concernant le boulevard Montmartre... En attendant, mon blog se love dans les harmonies de fête avec des billets aux couleurs de la saison. Juste pour le plaisir !

 

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Très amicales pensées et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #d’un, #escalier, #eymonaud, #hotel, #maison

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Dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche, les promeneurs ont la possibilité de découvrir un trésor...

 

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Une maison de style « troubadour », la Maison Eymonaud, fantaisie d'esprit gothique et renaissance mise en œuvre par Ernest Eymonaud, un antiquaire spécialisé dans la vente d'objets médiévaux.

 

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Vue de l'ancienne impasse Constance, dans le quartier des Grandes-Carrières, qui devint passage Sainte-Marie et impasse Sainte-Marie-Blanche avant de prendre, en 1873, le nom d'impasse Marie-Blanche.

 

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Au numéro 7, l'architecte Joseph-Charles Guirard de Montarnal conçut, entre 1892 et 1897, un lieu de vie et un atelier, en y intégrant des éléments d'un hôtel particulier disparu : l'Hôtel de l'Escalopier.

 

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Agrémentée d’une tour carrée de deux étages, la Maison Eymonaud présente de belles balustrades et des fenêtres à meneaux, des vitraux et un riche décor sculpté incluant un bestiaire fantastique, des gargouilles, des escargots, des salamandres, des singes et toutes sortes de petits personnages facétieux...

 

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Certaines photos sont un peu floues, j'ai fait ce que j'ai pu avec mon zoom...

 

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Les Fous et leurs marottes, issus des Soties (satires dramatiques) du Moyen-Âge et du début de la Renaissance.

 

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L'Hôtel de l'Escalopier naquit, en 1835, à l'initiative d'un personnage original et érudit : le comte Marie-Joseph-Charles de l'Escalopier (1812-1861).

 

Passionné d'archéologie, le comte de l'Escalopier descendait d'une vieille famille originaire de Vérone, les Della Scala. Il naquit le 9 avril 1812 dans la Somme, au château de Liancourt et fit ses études à Paris, au Lycée Charlemagne. Brillant élève, il publia son premier ouvrage à l'âge de 23 ans et en 1840, il devint conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal sous la direction de l'académicien Charles Nodier (1780-1844).

 

Dès qu'il en eut la possibilité, il fit construire sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), en pleine vogue historiciste, une demeure que L'Annuaire de Paris et de ses environs de Leblanc de Ferrière décrit ainsi : « La façade sur la cour présente une tour en saillie crénelée en son sommet ; à gauche un avant-corps carré, surmonté d’une terrasse et d’un balcon ; les formes et les ornementations de l’édifice sont dans le style du Bas Moyen Âge, des années 1450, règne de Louis XI ; les encadrements des ouvertures, le balcon, les clochetons et les culs-de-lampe sont d’un gothique plein de délicatesse et de goût dans le choix et la réalisation ; le cadre d’une fenêtre au rez-de-chaussée est une copie fidèle de la porte de Jeanne d’Arc à Domrémy. »

 

L'Hôtel était agrémenté d'un vaste jardin, d'un gymnase et de serres remarquables : « Contiguës au bâtiment, elles sont exposées vers le sud, sur une ligne de cent vingt pieds de long et de douze pieds de large ; elles sont construites en fer ; ornées de roches et de bassins elles sont chauffées à la vapeur et renferment une collection remarquable de végétaux à propriétés historiques, les plus rares et les plus précieuses. On y entre par le salon dont la glace sans tain au-dessus de la cheminée offre une vue sur ces serres au centre desquelles un pavillon, de vingt-huit pieds de haut avec des colonnes ornées de chapiteaux dorés, est consacré à la culture des bananiers. Les serres contiennent des bambous, des papayers, des arbres à pain, des cocotiers ; tous ces arbres sont en pleine terre. Dans la quatrième serre se trouvent les plantes qui exigent le plus de chaleur : orchidées, bois de santal, muscadier, cacaoyer, copayer, mangoustanier, mancenillier, vanille… » Leblanc de Ferrière.

 

Mais le comte manqua rapidement de place pour mettre en valeur sa prestigieuse collection de livres. Il se résolut donc à remplacer les serres (après avoir donné son contenu au Jardin des Plantes) par une bibliothèque riche de cinq mille neuf cents ouvrages dédiés à l'Archéologie, à l'Histoire et à la Théologie.

 

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Il créa un musée destiné à ses amis et aux visiteurs de passage où l'on pouvait admirer des bois sculptés, des émaux, des ivoires, de l'orfèvrerie ou encore des verres médiévaux. Il tomba malade en 1859 et regagna le domaine familial de Liancourt où il décéda en 1861. Ses collections furent léguées à la ville d'Amiens et l'Hôtel de l'Escalopier fut détruit en 1882.

 

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Nous pénétrons dans la Maison Eymonaud par une porte dotée d'un bel encadrement de style Renaissance.

 

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Le petit escargot lunaire, gardien du seuil, nous ouvre le chemin...

 

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Son ami le lézard, parèdre solaire et avatar de la chimérique salamandre, également...

 

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Les pièces de la demeure ont été transformées en bureaux et en appartements. Nous ne pouvons voir les richesses ornementales qu'ils abritent mais un escalier, magnifique ossature de bois, nous accueille et le sol est décoré de carreaux de pavement dans le style « Viollet-le-Duc ».

 

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Une des « pierres figurées » de la collection d'Ernest Eymonaud qui possédait à cette adresse un atelier appelé « A l'Art Ancien ». Il y restaurait des meubles et il réalisait des copies très recherchées de meubles peuplant les intérieurs des plus beaux châteaux de France. Très sollicité par les amateurs du genre, il fit agrandir sa demeure parisienne en 1900 et en 1910.

 

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Les panneaux de bois ciselés qui se dévoilent au fil de notre progression font référence aux thèmes du Zodiaque et des Travaux des Mois.

 

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Vous reconnaîtrez des scènes de vendanges, de banquet, de chasse et de nombreuses activités agricoles...

 

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Saynètes qui forment une fascinante bande dessinée...

 

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Certaines me font penser au décor des stalles du chœur de l'église Saint-Gervais Saint-Protais, située à proximité de l'hôtel de ville de Paris, un sujet intéressant pour de futurs articles...

 

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L'escalier est une sylve peuplée de créatures chimériques et de formes flamboyantes...

 

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L'Homme Vert, le Feuillu, le Green Man, seigneur de la fécondité et de la parole magique à l'instar de l'Ogmios des Celtes, le maître du langage. Un excellent gardien de la demeure !

 

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En poursuivant notre ascension, nous découvrons d'élégantes fenêtres et la verrière sommitale.

 

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Puis nous observons le couronnement de la tour, belvédère de deux étages joliment intégré dans la structure néo-gothique des lieux.

 

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Elle ne se visite pas mais la vue sur Montmartre doit être magnifique de là haut !

 

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Voilà, il est temps de redescendre et de prendre congé de cette maison qui se love tout au fond d'une impasse du vieux Paris...

 

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La Maison Eymonaud, fabuleuse « maison troubadour », inscrite au titre des Monuments Historiques par un arrêté du 14 septembre 1995, est « accessible » en juillet, en août et au moment des Journées du Patrimoine, en respectant bien sûr la tranquillité et l'intimité des habitants autrement dit en ne faisant pas ce que quelques visiteurs ont fait : tenter de pousser des portes « privées » et de photographier à travers les fenêtres des gens.

 

En espérant vous avoir fait plaisir avec cette découverte, je vous souhaite une excellente rentrée 2017 et vous envoie de gros bisous d'amitié !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #behague, #comtesse, #escalier, #hotel, #lieu

 

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Au carrefour de la rue Saint-Dominique (numéro 123) et de l'avenue Bosquet, dans le VIIe arrondissement de Paris, je vous invite à découvrir l'une des plus prestigieuses demeures « Belle-Époque » de la capitale.

 

 L'histoire des lieux commence à partir de 1866 lorsque la comtesse Amédée de Béhague (1807-1885), fit construire un « Grand Hôtel » de style classique, par l'architecte Gabriel-Hippolyte Destailleur (1822-1893).

 

 En 1868, le fils d'Amédée, le comte Octave de Béhague (1827-1879) fit bâtir à proximité de ce « Grand Hôtel » un « Petit Hôtel » et, quelques années plus tard, de la réunion de ces deux édifices naquit un lieu d'une impressionnante beauté, appelé « la Byzance du VIIe arrondissement ».

 

 

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Ce palais parisien fut aménagé, entre 1893 et 1904, par Walter-André Destailleur (1867-1940), fils de Gabriel-Hippolyte Destailleur, à l'initiative de Martine Marie Pol de Béhague (1869-1939), comtesse de Béarn et fille du comte Octave.

 

 

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Portrait de Martine de Béhague, l'auteur est inconnu.

 

La Comtesse était un sacré personnage ! Collectionneuse, mécène, voyageuse accomplie, douée pour l'écriture et le théâtre, elle accueillit dans sa demeure des invités prestigieux à l'instar de Verlaine, Gabriele D'Annunzio, Isadora Duncan, Marcel Proust, Auguste Rodin ou encore Paul Valéry qui devint son bibliothécaire !

 

 

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Après sa mort en 1939, l'État Roumain fit l'acquisition de l'hôtel pour y transférer son ambassade qui était jusque là située avenue de Wagram. La « Byzance » fut alors transformée en forteresse et rebaptisée « Ambassade de la Honte » pendant plusieurs décennies. On y séquestra, on y tortura, on y assassina... le sujet n'est pas le bienvenu dans le pays dit des Droits de l'Homme. Il est très difficile voire impossible de trouver des documents associés à ce qui s'est passé.

 

En décembre 1989, la Révolution Roumaine conduisit à la chute du Communisme et à l'exécution des époux Ceausescu. L'hôtel fut « nettoyé de ses pièces sinistres » et quelques temps plus tard, il rouvrit ses portes au public, presque comme si de rien n'était. Il est toujours considéré comme l'un des plus remarquables hôtels particuliers de Paris.

 

 

Au fil de la demeure...

 

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On y pénètre par une double porte cochère et une imposante façade en belle pierre de taille, ornée de sculptures à l'aspect fantastique, se dresse devant nous.

 

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 Visages de femmes ornés de grandes ailes, démons séducteurs qui protègent les secrets du lieu... Ne sommes-nous pas à l'ambassade de Roumanie ?

 

 

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 Nous sommes accueillis -très gentiment- par les agents dans le vestibule où les célébrités mondaines se donnaient rendez-vous pour festoyer sur les « terres urbaines » de la Comtesse.

 

 

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Baignant dans une lumière douce, le décor nous dévoile son élégante qualité : un portrait féminin dont l'auteur n'est pas mentionné et une toile anonyme du XVIIe siècle : la Mise au Tombeau du Christ.

 

 

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 La Mise au Tombeau. (Il n'était pas facile de prendre des photos en raison de l'éclairage et l'usage du flash était, cela va de soit, interdit.)

 

 

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 Le vestibule conduit au hall d'honneur qui s'ouvre sur le jardin, lieu romantique, agrémenté d'une colonnade ionique qui hélas ne se visite pas.

 

 

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 Un grand miroir devant lequel se dresse le Rapt de Ganymède, œuvre en marbre anonyme du XVIIIe siècle, donne à la pièce un majestueux effet de profondeur.

 

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 Les dieux choisirent Ganymède, le plus bel adolescent vivant sur terre, pour être l'échanson de Zeus. Le maître de l'Olympe, qui en tomba éperdument amoureux, lui offrit la jeunesse éternelle et se transforma en aigle pour l'enlever dans les airs.

 

Ganymède est associé à la constellation du Verseau.

 

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Le hall mène à l'Escalier d'Honneur, merveille de marbre polychrome, de dorures et de fer forgé qui s'inspire de l'Escalier de la Reine à Versailles, bijou datant de 1680.

 

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J'ai fait de mon mieux pour photographier cet espace mais sans le flash, j'ai surtout obtenu des photos floues. Elles vous donneront quand même une idée de la magnificence des lieux.

 

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J'en ai réussi quelques unes et j'ai collecté les autres sur le net. Si quelqu'un souhaite que je retire sa photo, il suffit de me le demander.

 

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Image trouvée sur Pinterest, je n'en connais pas l'auteur.

 

 

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Photo www.parisdeuxième.com

 

 

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Au sommet de l'escalier, se dévoile une imposante sculpture : le Temps emportant l'Amour, haut-relief de quatre mètres de hauteur, réalisé en 1898, par le sculpteur Jean Dampt (1854-1945).

 

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A proximité de l'impressionnante sculpture, le sol et le mobilier sont, comme dans tout le reste de la demeure, magnifiques...

 

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Nous évoluons sur ce gracieux damier et, quelques mètres plus loin, la Salle de Bal, aménagée en 1897, nous accueille dans son écrin de lambris vert et or datant du XVIIIe siècle.

 

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Ces panneaux de style néo-rocaille ont été achetés dans différentes ventes aux enchères et soigneusement assemblés pour offrir aux visiteurs une cohérence esthétique. Les grandes portes viennent de résidences royales mais on ignore d'où précisément.

 

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Les dessus de porte sont peints dans le style de Jan Brueghel l'Ancien, dit Brueghel de Velours (1568-1625), peintre baroque flamand et l'ensemble fait référence à l'une des merveilles du Marais : l'Hôtel de Soubise où se situent les Archives Nationales.

 

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Boiseries d'apparat ornées de motifs d'inspiration rocaille : coquilles, entrelacs, oves, masques, palmettes, rinceaux, grappes de raisin, trophées de musique et d'art...

 

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En quittant la Salle de Bal, nous traversons un petit salon octogone aux boiseries trop fragiles pour être photographiées et nous entrons dans la Salle à manger, parée de marbres polychromes et de savants trompe-l’œil.

 

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On y découvre une niche dans laquelle se love une fontaine.

 

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Fontaine dont la double vasque est dominée par un masque baroque, celui du dieu Neptune.

 

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Au-dessus de la fontaine, on admire un relief inspiré de la sculpture versaillaise du Grand Siècle.

 

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Décor bucolique agrémenté de nymphes, un travail remarquable de finesse.

 

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Face à la fontaine, les visiteurs restent bouche-bée devant l'apparition d'un chef d’œuvre inestimable : La Naissance de Vénus de François Boucher (1703-1770), peintre emblématique des élégances et de la sensualité de l'art au XVIII siècle.

 

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L’œuvre datée de 1731 nous ravit par l'expression d'une féminité voluptueuse. Dans cet univers rocaille où la nacre des chairs palpite sous des glacis délicats, la femme est sublimée par la touche amoureuse de l'artiste, « pourvoyeur en plaisir » au cours des fêtes privées du roi Louis XV.

 

Pour la petite histoire, trois peintres m'ont « incitée » à entreprendre des études de l'art : Antoine Watteau, François Boucher et Jean-Honoré Fragonard. J'ai étudié leurs œuvres pendant deux décennies et je m'émerveille dès que mon regard se pose sur elles, comme si c'était la première fois...

 

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La suite de la visite nous conduit vers le théâtre byzantin, haut lieu de culture musicale. Le lieu est extrêmement sombre et très difficile à photographier. J'ai donc collecté une photo sur le site de l'Institut Roumain.

 

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Institut Roumain.fr

 

Conçu par Gustave Gerhardt, Grand Prix de Rome d'Architecture, pour ressembler à une basilique byzantine, ce théâtre a accueilli des invités prestigieux à l'instar de la danseuse Isadora Duncan ou de Gabriel Fauré qui y dirigea son Requiem. Malheureusement modifié en 1954, il est aujourd'hui très abîmé et dans l'attente d'une restauration. Quarante millions d'euros sont vraisemblablement nécessaires pour lui redonner son lustre d'antan.

 

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Après le théâtre, nous devons nous extraire de notre rêverie. Nous n'accédons pas au deuxième étage où se situent les bureaux de l'ambassadeur. Nous n'apercevons que de loin un somptueux escalier (somptueux... je pèse mes mots !) habillé de boiseries de chêne datant du XVIIIe siècle. Les photos sont interdites.

 

Un petit ascenseur a été aménagé au pied de l'escalier. Il conduit à la bibliothèque de la Comtesse (impossible à visiter), ovale et précieuse à l'instar d'un boudoir. La Comtesse y conservait des trésors : manuscrits médiévaux, brouillons d'ouvrages prestigieux, premières éditions dédicacées et son bibliothécaire, comme je l'ai écrit plus haut, n'était autre que « l'immense » écrivain Paul Valéry (1871-1945).

 

J'ai zoomé discrètement sur l'une des boiseries, le résultat est un peu flou mais on se fait une idée...

 

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L'heure est venue de traverser un long couloir car un escalier nous attend pour nous conduire, de manière feutrée, vers la sortie.

 

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En espérant vous avoir fait plaisir avec cette exploration de l'une des plus prestigieuses demeures de Paris, je vous souhaite de très belles journées de printemps. Merci de votre fidélité et une nouvelle fois, merci de votre soutien lorsque mon blog n'était plus accessible. A bientôt, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #laffemas, #paris, #rue, #saint

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Au numéro 14 de la rue Saint-Julien le Pauvre, face à la petite église orthodoxe dont je vous ai parlé ICI, se dressent les élégants vestiges de l'Hôtel de Laffemas. Cette demeure du XVIIe siècle fut édifiée pour Isaac de Laffemas (1583-1657), lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux, à l'emplacement d'un bâtiment du XIVe siècle : la Maison de Carneaulx dont il subsiste quelques pierres incluses dans un morceau de façade.

 

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L'hôtel ne se visite pas mais le fronton de sa porte monumentale est classé. Il abrite des sculptures de belle facture.

 

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 Thémis, la déesse de la Justice, de l'Ordre et de la Loi, est étendue entre des branches d'olivier. Accompagnée d'un angelot qui brandit une rose, elle tient la balance de l'Équité.

 

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 Sa présence se réfère aux hautes fonctions juridiques exercées par le maître des lieux.

 

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 Fille de Gaïa, la déesse de la Terre, Thémis eut avec Zeus, le seigneur des Olympiens, trois filles nommées Équité, Loi et Paix Universelle. Considérée comme une entité clairvoyante et une gardienne des secrets, elle est également décrite dans certains textes comme la mère du titan Prométhée. La fleur qu'elle serre dans sa main droite évoque l'irrémédiable fuite du temps alors qu'au fil des époques, la justice perdure.

 

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Une belle agrafe sculptée domine la porte.

 

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 Le visage que nous observons est celui du héros Hercule paré de la dépouille du Lion de Némée. Ce motif est récurrent au-dessus des entrées de manoirs et d'hôtels particuliers.

 

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 Surtout connu pour ses activités de lieutenant civil et criminel de la Prévôté de Paris, à partir du 10 mars 1637, Isaac de Laffemas était un singulier personnage qui s'illustra dans sa jeunesse en tant que poète, acteur, dramaturge et auteur de Mazarinades.

 La mazarinade est un pamphlet satirique, un libelle en prose burlesque publié à l'époque de la Fronde et visant le cardinal Mazarin (1602-1661). Il y eut des mazarinades particulièrement assassines et d'autres écrites en faveur du ministre afin de contrer les accusations des frondeurs.

 Avocat au Parlement de Paris, Isaac de Laffemas devint conseiller du roi en 1613 et procureur en la chambre de justice en 1620. Dès qu'il entra au service du cardinal de Richelieu (1585-1642), il fut violemment décrié et quand il devint, après 1625, maître de requêtes au conseil privé du roi, ses détracteurs le firent convoquer devant ses pairs.

 Malgré les oppositions farouches qu'il rencontra, il prouva que son passé artistique était compatible avec de hautes fonctions politiques et il occupa, soutenu par Richelieu, d'autres postes élevés : conseiller au parlement de Bordeaux, intendant en Champagne, dans le Pays Messin, dans la généralité d'Amiens...

 L'Histoire a essentiellement retenu son comportement implacable envers les ennemis du Cardinal. À l'origine de la torture et de l'assassinat d'un grand nombre de personnes, il reçut les surnoms de « maître étrangleur » et de « bourreau de son Éminence ».

 Victor Hugo (1802-1885) écrivit à son sujet dans la pièce Marion Delorme, créée le 11 août 1831 au théâtre de la Porte Saint-Martin : « Démon, j'ai dans les yeux la sinistre flamme de ce rayon d'Enfer qui t'illuminait l'âme. »

 

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 Marion Delorme relate l'histoire d'une courtisane qui vécut sous le règne de Louis XIII (1601-1643). L'affiche est signée Léon Choubrac (1847-1885).

 

 Qui sait si le fantôme d'Isaac de Laffemas ne continue pas de hanter les couloirs de l'hôtel où il vécut ?

 

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 Le portail et les vestiges de sa demeure, photographiés en août 1899 par Eugène Atget (1857-1927). Paris, Musée Carnavalet. Les vieilles friches des dépendances de l'Hôtel-Dieu sont visibles au premier plan.

 

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 Le portail apparaît sur cette autre photographie d'Atget, prise avant la démolition du mur de l'annexe de l'Hôtel-Dieu. A cet emplacement, s'étend désormais le Square Viviani.

 

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 La rue Galande et la rue Saint-Julien le Pauvre en 1895, photographiées par Charles Marville (1813-1879). On aperçoit le portail de l'Hôtel de Laffemas.

 

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 Et sur ma photo, émanation d'un passé complexe et tourmenté, il se dresse encore.

 

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 La rue Saint-Julien le Pauvre, riche de monuments ancrés dans la mémoire du vieux Paris, est agréable et pittoresque, comme un petit coin de village niché dans la ville.

 

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 Juste à côté de l'Hôtel de Laffemas, on aperçoit cette devanture.

 

Ribouldingue est un mot populaire qui signifie faire la bringue, la java, la noce, la nouba, la foire... Quand on fait la ribouldingue, -on -riboule et on dingue, d'après de vieux langages régionaux-, on fait bombance sans modération !

 

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 Ribouldingue, Croquignol et Filochard sont les trois Pieds Nickelés, héros d'une BD caustique et pleine d'aventures comico-féroces qui fit voyager les lecteurs pendant la Première Guerre Mondiale, l'Exposition Coloniale de Paris en 1931 ou encore la Prohibition aux États-Unis.

 

Sur le web, le restaurant Ribouldingue est présenté comme fermé depuis quelques temps.

 

En vous remerciant de votre fidélité, je vous souhaite de belles journées de décembre et une joyeuse Saint-Nicolas. Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #cain, #hotel, #musee, #paris, #square

 

 

 

Chers aminautes, les messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du quatrième anniversaire de mon blog m'ont fait très plaisir. Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je pense bien fort à vous. Gros bisous.

 

 

 

 

 

 

Loin du tumulte de la ville, au coeur du quartier du Marais, s'ouvre un lieu paisible au charme romantique, jardin muséal où les saisons dansent sur les vestiges de l'histoire de Paris. Mes photos ont été prises à différentes périodes, ce qui permet de découvrir une myriade de couleurs et d'atmosphères.

 

 

 

 

 

 

Au XIIIe siècle, l'espace était occupé par des terrains maraîchers, baptisés couture/culture Sainte-Catherine. Ils étaient la propriété des chanoines de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, protégés par Saint-Louis (1214-1270) et Philippe III dit le Hardi (1245-1285).

 

 

 

 

 

 

Le square Georges Cain fut créé en 1923 à l'emplacement des jardins de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, construit en 1688 sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725), conseiller d’État et Intendant des finances du royaume.

 

 

 

En 1863, les jardins de l'Hôtel furent transformés en Compagnie Générale de la Poste aux Paquets et des Transports Internationaux. L'activité de cette Poste Centrale ou « gare du factage parisien » dura jusqu'en 1913.

 

 

 

 

 

 

En 1989, l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau fut rattaché à l'Hôtel Carnavalet, devenu musée de l’Histoire de Paris mais notre visite concerne le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Ouvert au public en 1931, il est attenant au musée Carnavalet et borde la rue Payenne et ses élégants hôtels particuliers. On y admire les sobres façades de l'ancienne orangerie de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

L’orangerie fut construite, à la fin du XVIIe siècle, à l'emplacement de ce qu'on appelait le Petit Arsenal. Rythmée par douze grandes fenêtres symétriques, elle forme un écrin autour des collections archéologiques de la Ville de Paris. On peut y contempler les objets découverts à Bercy en 1991.

 

 

 

Le long d'un chenal de la Seine, ont été retrouvés les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

 

 

Des photos de ces découvertes sont visibles dans mon article intitulé : Le jardin romantique de Bercy.

 

 

 

 

 

 

Le square porte le nom de Georges Cain (1856-1919), peintre, illustrateur, écrivain et conservateur du musée Carnavalet, de 1897 à 1914. Fils du célèbre sculpteur animalier Auguste Cain (1821-1894) et frère du romancier, dramaturge, peintre et graveur Henri Cain (1857-1937), il est l'auteur d'ouvrages consacrés au Paris d'autrefois, comme Les pierres de Paris (1910), Promenades dans Paris, Anciens théâtres de Paris ou encore Guide explicatif du musée Carnavalet (1903).

 

 

 

Le Square Georges Cain

 

 

 

Cet espace vert est aussi un dépôt lapidaire destiné à abriter des vestiges de monuments disparus, la plupart ayant été détruits par les incendies de la Commune. Ces pièces archéologiques ressuscitent l'histoire mouvementée de Paris.

 

 

 

 

 

 

On découvre ainsi la rosace d'un plafond de l'ancien Hôtel de Ville, des éléments du pavillon central des Tuileries, des chapiteaux, des mascarons et des morceaux de colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photographie d'Hippolyte-Auguste Collard (prise entre 1871 et 1874 et conservée au musée Carnavalet (Ph 9714), décrit les ruines de l'Hôtel de Ville, érigé par Dominique de Cortone dit Le Boccador (1465-1549).

 

Le 24 mai 1871, le bâtiment fut dévoré par un incendie allumé sur l'ordre de Jean-Louis Pindy (1840-1917). Les flammes détruisirent une bibliothèque de près de cent mille volumes, une collection unique de cartes et de plans, les registres paroissiaux d'état civil du XVIe siècle à 1860 et une profusion de sculptures, de meubles et de tableaux.

 

 

 

Hippolyte-Auguste Collard est connu pour avoir effectué, entre 1857 et 1885, des reportages photographiques sur la construction des ponts et des ouvrages d’art parisiens. Pendant la Commune, il immortalisa le souvenir des barricades dressées dans Paris et réalisa une remarquable série de vues des ruines de la capitale après l'embrasement du 24 mai 1871.

 

 

 

 

Un encadrement de fenêtre issu de l'hôtel de Thou, autrefois situé au numéro 14 de la rue des Poitevins, dans le 6e arrondissement de Paris.

 

 

 

 

 

 

Sur cette photo datant de 1868 et réalisée par Charles Marville (1813-1879), on aperçoit -tout au fond- la porte de l’hôtel de Thou qui abritait le siège de la librairie-imprimerie de Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), célèbre éditeur du XVIIIe siècle. Il accueillait aussi les bureaux de la Gazette de France, du Mercure de France, du Journal de Genève, de l’Encyclopédie Méthodique et plus tard du Moniteur Universel, qui deviendra le Journal officiel de la République Française. (Photo Musée Carnavalet).

 

 

 

 

 

 

Des ornements issus du Palais des Tuileries mais aussi du château de Saint-Germain-en-Laye, comme ces Renommées du XVIIe siècle, ont « survécu » aux affres du temps, dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo décrit les restes fantomatiques du Palais des Tuileries avec, en arrière-plan, l’Arc de Triomphe du Carrousel. Inauguré en 1809, il fut construit entre 1806 et 1808 par Charles Percier (1764-1838) et Pierre Fontaine (1762-1853).

 

 

 

 

 

 

Le Palais, né du souhait de Catherine de Médicis (1519-1589), fut incendié pendant la Commune par une trentaine de fédérés sous les ordres d’un garçon boucher du nom de Benot. La dernière résidence des rois de France brûla pendant trois jours.

 

 

 

La décision fut prise de démolir les restes du monument en 1879. Les ruines furent rasées en 1883, les vestiges dispersés dans Paris et le fronton du Palais, orné de trophées, fut installé dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Voici ce qu'il en reste aujourd'hui, avec l'horloge noircie par le feu. Les armes des rois de France ont disparu.

 

 

 

 

 

 

Dans le Musée Noir (1946), l'auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) écrit, au sujet du square : « Il s'agit d'une sorte de jardin tzigane ou parfois les séraphins s'exaltent, et parfois les démons, où ne s'ouvrent parfois les grilles que sur un décor silencieux et vide devant lequel s'érige, avec autant de présence que dans un désert roux, la silhouette et les monolithes depuis trente siècles éclatés, l'attente, cette cathédrale morose hantée par le solitaire. »

 

 

 

 

 

 

Entre ombre et lumière, quand on traverse le jardin musée on peut se demander où vont mourir les vieilles pierres, celles qui sont jetées ici-bas après avoir été arrachées à l'ossature des palais et des temples ? Qu'ont-elles gardé de la mémoire des évènements et comment les regardons-nous aujourd'hui ? Avons-nous bien conscience de leur importance et de leur fragilité ? Ne meurent-elles pas plus vite si notre attention leur fait défaut ?

 

 

 

 

 

 

Ainsi, des éléments de sarcophages mérovingiens et des stèles anciennes émergent de l'herbe haute mais leur histoire a été oubliée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les secrets qui hantent ces visages se délitent parmi les fleurs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La provenance de ces oeuvres n'est pas précisée.

 

 

 

 

 

 

Le Temps, qui continue à faire son oeuvre, est personnifié par un vieillard aux ailes déployées, au fond du square, sur le fronton de la façade arrière de l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

«Saturne tenant d’une main sa faux, ayant à ses pieds une horloge de sable et s’appuyant sur une colonne brisée où l’on a tracé les heures pour servir de cadran» domine une façade perpendiculaire à l’Orangerie, bâtiment d’un étage surmonté d’un comble brisé, éclairé par treize fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La porte-fenêtre centrale est surmontée d’un fronton où une figure de la Vérité fait écho au Temps de la façade principale. Ces deux hauts-reliefs sont attribués à Laurent Magnier (1615-1700), sculpteur dont les oeuvres sont particulièrement représentées à Versailles et aux Tuileries.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le miroir de la Vérité est orienté vers le vieux Saturne, gardien de la mémoire des lieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la tombée du soir, les visiteurs découvrent une oeuvre d'art contemporaine : Le Rossignol de Heinz. Cette création sonore est emblématique du travail atypique d'Éric Samakh, artiste né en 1959. Grâce à un capteur solaire, un module acoustique « analyse les paramètres climatiques qui influent sur le comportement d'un oiseau, et commande un lecteur de disque compact qui diffuse le chant d'un rossignol philomèle, enregistré au château de Sauvigny en mai 1990. » (Extrait d'une notice parue sur le site du Musée Rodin.)

 

 

 

Erik Samakh est enseignant à l'école supérieure d'Art des Pyrénées et reconnu internationalement pour ses réalisations qui composent une alchimie d'éléments naturels et de technologies modernes. Grâce à des travaux très poussés sur le son, il cherche à établir un dialogue subtil entre l'homme et son environnement. Là où l'image est dominante, il s'emploie à attirer notre attention sur l'importance du son et l'art d'écouter.

 

 

 

 

 

 

Comme vous le constatez, le square Georges Cain est un lieu particulièrement remarquable. En son coeur, se dresse « Île de France », beauté de bronze dont Aristide Maillol (1861-1944) fut le concepteur. Je vous conterai l'histoire de cette statue dans un prochain article.

 

 

 

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite plein de belles choses... Tendres pensées !

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #gaillon, #goncourt, #hotel, #paris

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A l'angle de la place Gaillon et de la rue de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris, une élégante fontaine (ancienne fontaine Louis le Grand puis fontaine d'Antin) est adossée à la façade d'un hôtel particulier du 17e siècle. L'hôtel, qui abrite aujourd'hui un restaurant, fut construit par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) en 1672 pour le sieur Nicolas de Frémont (1622-1696), gardien du trésor royal.

 

 

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 Dessin de Frederick Nash (1782-1856), peintre, aquarelliste et lithographe anglais. Source gallica.bnf.fr.

 

Le duc de Lorge, gendre de Nicolas de Frémont, fit agrandir l'hôtel et démolir à cet effet la porte Gaillon qui marquait la limite de l'enceinte construite à partir de 1638, sous le règne de Louis XIII.

 

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Gravure de Charles Heath (1785-1848) d'après un dessin de Auguste Charles Pugin (1769-1832).

 

L'hôtel de Lorge connut plusieurs propriétaires. Il fut appelé hôtel de Travers puis hôtel de Chamillard, hôtel d'Antin et hôtel de Richelieu. Il accueillit le duc de Richelieu, l'ambassadeur d'Espagne et la princesse de Bourbon-Conti, fille de Louis XIV.

 

 

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La fontaine fut érigée en 1707 au carrefour de Gaillon, entre les rues du Port-Mahon et de la Michodière, par Jean Beausire (1651-1743), architecte, contrôleur et inspecteur des bâtiments de la Ville de Paris.

 

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Située entre les égouts de la rue Neuve Saint-Augustin et de la rue Gaillon, elle fut remplacée en 1828 par un édifice conçu par Louis Visconti (1791-1853), architecte émérite, maître du projet de restauration du Louvre et de réunion du Louvre et des Tuileries. Les sculptures, façonnées par Georges Jacquot (1794-1874), ont été restaurées en 1971 par Emmanuel Oberdoerffer, architecte voyer de la ville de Paris.

 

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Dans une grande niche hémisphérique, flanquée de deux colonnes composites finement ciselées et décorées de poissons fantastiques, un jeune triton chevauche un dauphin. Il portait auparavant un trident dont il ne reste que le manche.

 

La Fontaine Gaillon

 Photographie trouvée sur le net, je n'en connais pas l'auteur.

 

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L'enfant au dauphin appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide, déesse marine, et parfois gardienne des fontaines et des sources. Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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Autrefois, l'eau s'écoulait dans une vasque ornée de gargouilles léonines qui crachaient l'eau recueillie dans une large vasque appuyée sur un socle décoré de poissons et de plantes aquatiques.

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les ornements de la fontaine (oves, rinceaux, algues, coraux, épis de blé, ajoncs, roseaux, fleurs, cornes d'abondance, poissons, coquillages, chimères aquatiques...) témoignent d'une grande finesse d'exécution.

 

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Aux extrémités de la fontaine, des dragons marins veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

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Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre. Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

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Symboles de luxuriance et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels. Un peu comme si l'on frappait, avec un objet sacré, sur le perron d'une ancienne fontaine pour susciter la pluie.

 

 

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Des vases à anses fantastiques, de style renaissance, reposent au sommet des colonnes qui encadrent la niche principale.

 

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La fontaine Gaillon décore aujourd'hui la terrasse d'un restaurant qui appartient à Gérard Depardieu. L'adresse est très connue. Au fil de mes lectures, j'ai constaté que les avis concernant la qualité de la cuisine étaient plutôt partagés. Certains la trouvent excellente, d'autres considèrent que c'est surfait et affichent leur déception. N'y ayant pas mangé, je ne me prononcerai pas.

 

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Je suis surtout intéressée par la fontaine. Hélas, les parasols ouverts altèrent la beauté de l'ensemble. Je précise que cette photo n'a pas été prise en été mais au moment de Noël, en 2013. Il faisait froid et les parasols empiétaient pourtant sur la fontaine. Dans mon dos, des gens s'activaient pour décharger des cartons sur le trottoir. J'essayais de ne pas prendre trop de place mais je sentais bien que ma présence n'était pas souhaitée. S'ils avaient pu me virer de là ils l'auraient fait... Bref, on est censé venir consommer et non contempler une oeuvre d'art qui fait partie de notre patrimoine urbain.

 

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 Photographie répertoriée sous le nom d'Armand Guérinet (libraire-éditeur actif de la fin du XIXe siècle aux années 1920).

 

La petite grille au pied de la fontaine et les deux lampadaires ont disparu.

 

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 Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Source gallica.bnf.fr, cote Est Eo 109b bte3.

 

La fontaine Gaillon se dresse face au restaurant Drouant qui se niche dans un bel immeuble d'angle en pierre de taille.

 

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En ce haut lieu de l'histoire romanesque, artistique et gastronomique de Paris, le Prix Goncourt est décerné chaque année.

 

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En 1880, un alsacien nommé Charles Drouant ouvrit un café qui devint rapidement l'un des restaurants les plus courus du tout Paris. Les artistes (Renoir, Monet, Pissarro, Rodin, Colette, Apollinaire, Daudet père et fils, Octave Mirbeau...) venaient y déguster des vins blancs renommés, des poissons savoureux et des huîtres fines de Bretagne. Sous la houlette du chef Antoine Westermann, le lieu continue de séduire par la qualité de sa cuisine, son aura de temple de la littérature et ses imposants murs clairs aux ornements de style rocaille.

 

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Les façades du Drouant sont rehaussées de lignes souples, de volutes et de cartouches aux fines découpures. Les fenêtres ont de beaux garde-corps en fer forgé.

 

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Des balconnets en encorbellement animent la structure générale par des jeux d'ouverture subtils et la fantaisie de leurs lignes courbes.

 

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A l'intérieur, les visiteurs admirent des bas-reliefs, un escalier en fer forgé et des glaces gravées qui datent des années 1920. Elles sont l'oeuvre du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933). J'aurais aimé pouvoir les photographier...

 

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Image lesRestos.com

 

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Le restaurant Drouant accueillit, le 31 octobre 1914, la réunion des « Dix » de l'Académie Goncourt qui se retrouvaient « sans table » après la fermeture du Café de Paris. En ce lieu typique des charmes de la capitale se « mitonnent » depuis un siècle les prix littéraires, en souvenir des frères Goncourt : Edmond et Jules, liés par une passion commune.

 

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Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens déjeunent dans le salon Goncourt du premier étage.

 

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Le Prix Goncourt est décerné tous les ans au début du mois de novembre (l'attribution du premier prix Goncourt date de décembre 1903.) L'auteur désigné reçoit un chèque de dix euros mais surtout l'assurance d'un tirage très important et la reconnaissance de ses pairs. Le salon Goncourt est situé près du salon Renaudot où, depuis 1926, le jury décerne son prix le même jour et à la même heure que les «Dix».

 

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Les Goncourt : Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870).

 

L'amour fraternel des Goncourt fut à l'origine d'un curieux « prénom collectif », sorte de signature créatrice : « Juledmond ». Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, ces « mangeurs d'art » fréquentèrent le tout Paris.

 

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Leur Journal témoigne de l'intensité de leur relation, de leurs amours artistiques et du talent de Jules pour l'écriture. Après la mort de ce dernier, Edmond poursuivit les travaux littéraires engagés tout en menant ses activités de collectionneur.

 

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Inspiré par son grand-père Huot de Goncourt et sa mère, Annette Cécile Guérin, qui fréquentait le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine, il réhabilita le XVIIIe siècle dans le goût français et fut l'initiateur du Cercle des Japonisants.

 

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La grande vague de Kanagawa par Katsushika Hokusai (1760-1849), artiste polyvalent, maître de la peinture et du dessin. Il s'agit de la première estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji ».

 

Edmond de Goncourt fut, par la publication de monographies consacrées aux maîtres de l'ukiyo-e, « peinture du monde éphémère » ou « images du monde flottant », l'un des tous premiers auteurs (si ce n'est le premier) à présenter au monde occidental les merveilles de cet art.

 

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Ne manquez pas de visiter, si l'occasion se présente, à deux pas de l'Opéra Garnier, la place Gaillon et sa jolie fontaine ainsi que le Drouant et ses pépites gustatives (sauf bien sûr en cas de remise de prix littéraire car l'accès est strictement réglementé et toute approche non accréditée impossible).

Le quartier regorge de petites places, de squares ombragés et de rues calmes qui contrastent avec l'effervescence régnant sur les Grands Boulevards. Alors bonne promenade !

 

Bibliographie

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Guy LE HALLÉ: Histoire des fortifications de Paris. Paris: Horvath, 1995.

 

Pierre-Thomas-Nicolas HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Paris : Moutard, 1779.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

 

Je vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, une excellente rentrée... Amicales pensées!

 

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Image trouvée sur le net, merci à la personne qui l'a créée et diffusée.

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #autour, #hotel, #jardin, #parc

Le quartier de la Plaine Monceau naquit sur le territoire de la grande forêt de Rouvray, peuplée, disait-on, par des chênes légendaires. Après la création de plusieurs hameaux et de cultures, notamment des vignes, l'endroit devint « célèbre » grâce à la mise en œuvre du parc.

 

Même si son décor et son architecture originels ont été modifiés, il demeure certains vestiges et des « fragments d'atmosphère » de cette folie anglo-chinoise réalisée au 18e siècle par Louis Carrogis de Carmontelle pour le Duc de Chartres.

 

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Le duc fit l'acquisition, en 1769, d'une parcelle en friche dans ce qu'on appelait alors « le village de Monceau ». Il chargea Carmontelle de concevoir une « folie », palais de fantaisie lové dans un parc élégant peuplé de « fabriques », des édicules ayant l'apparence de vestiges archéologiques.

 

De 1773 à 1778, la scénographie élaborée par Carmontelle réunissait des bâtiments pittoresques: un moulin à vent hollandais, un moulin à eau en ruines, une pyramide égyptienne, un obélisque, une colonnade corinthienne, un temple de Mars, une naumachie (dans la Rome ancienne, ce terme désignait le bassin dans lequel se tenait le spectacle d'une bataille navale), un carrousel chinois, des tentes tartares, un minaret, une tour gothique avec un pont-levis, une allée des tombeaux et même une petite île avec des moutons.

 

Monceau2Les colonnes grecques

 

Le jardin de fantaisie du Duc de Chartres était un monde fantasmé, un parc à rêves où la Nature recomposée formait un théâtre avec l'Architecture.

 

En 1793, Thomas Blaikie, le créateur du Parc de Bagatelle, fit évoluer la « folie » de Carmontelle en jardin à l'anglaise articulé autour d'un réseau d'allées ombragées et comprenant un jardin d'hiver et une serre chaude.

 

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En 1860, la Ville de Paris hérita du terrain et des vestiges de la « folie du Duc de Chartres ». Misant sur la spéculation immobilière, les frères Pereire acquirent plusieurs hectares du parc et se lancèrent, tout autour, dans une politique de lotissement. Les « hôtels Pereire » et les immeubles cossus fleurirent dans les rues attenantes. Simultanément, Gabriel Davioud et Adolphe Alphand donnèrent à ce qui restait du jardin son visage actuel et Napoléon III inaugura ce nouvel espace romantique en 1861.

 

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Il suffit de franchir les grilles majestueuses conçues au 19e siècle par l'architecte Gabriel Davioud pour ressentir les différentes « ambiances ». Ici et là, des amoureux dans leur bulle, des lecteurs, des promeneurs en plein songe, des mariés, des joggeurs et des enfants qui s'ébattent jusqu'aux limites de leur imagination... Si chaque jardin est l'émanation de la vie, celui-ci est peut-être plus encore le carrefour des désirs, le territoire des gourmandises, la parenthèse indispensable pour se ressourcer.

 

 

La rotonde de l'entrée est l'une des barrières d'octroi qui appartenaient au Mur des Fermiers généraux. Ce pavillon qui borde l'actuel boulevard de Courcelles fut érigé en 1787 par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806).

 

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Le Mur des Fermiers généraux était une barrière, édifiée autour de Paris, afin de combattre les activités de contrebande qui se multipliaient.

 

La Pyramide

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Philippe d'Orléans, le Duc de Chartres, était le Grand Maître du Grand Orient de France. Il semble que des réunions secrètes et des rencontres à caractère initiatique se soient tenues à certains endroits du parc.

 

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La pyramide, oeuvre d'éternité, évoque les anciens mondes et plusieurs rites associés à des pratiques maçonniques. Dans la salle aménagée à l'intérieur de celle-ci se trouvait une statue de la déesse Isis.

 

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Au Printemps, de petits arbres aux pétales floconneux exhalent leurs parfums sucrés.

 

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Autour du Parc Monceau s'étendent de grandes avenues et des rues spacieuses portant le nom de célèbres peintres du 17e siècle, comme les avenues Vélasquez, Ruysdaël etVan Dyck et les rues Rembrandt et Murillo.

 

Au 4, avenue Ruysdaël, on trouve un magnifique hôtel qui abrite le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens.

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Les belles gouttières de l'Hôtel Gaillard

 

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Emile Gaillard, régent de la Banque de France et grand collectionneur d'art, décida de faire construire un hôtel particulier au centre de la Plaine Monceau afin de mettre en valeur ses collections. En 1878, il acheta un terrain face à l'hôtel du peintre Meissonier et chargea l'architecte Victor-Jules Février de réaliser la demeure de ses rêves.

 

Entre 1879 et 1884, ce dernier s'inspira des châteaux de Blois et de Gien pour édifier un petit palais de brique et de pierre dans le goût Renaissance.

 

En 1919, l'hôtel fut racheté pour devenir une succursale de la Banque de France.

 

Autour du parc se dressent le musée Cernuschi et le magnifique musée Nissim-de-Camondo mais en attendant d'écrire un article sur le sujet, je vous souhaite une excellente promenade!

Référencement sur http://www.etoile-blog.com

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