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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

deesse

Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #chione, #deesse, #dieu, #neige

 

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La neige qui a recouvert le paysage le week-end dernier m'a donné envie de consacrer un billet à sa blancheur onirique et à la déesse de la mythologie grecque Chioné que j'avais évoquée il y a plusieurs hivers.

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Sans oublier le Poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne qui demeure dans nos cœurs et nos pensées... Un poème brodé de séduisante poudreuse, né sous la plume d'une poétesse contemporaine, Corinne Albaut, qui a écrit des « Comptines pour le temps de Noël », publiées chez Actes Sud Junior.

 

Le Bonhomme de Neige

 

Au nord de la Norvège

Vit un bonhomme de neige.

Il n'a pas peur de fondre,

Là-bas, la neige tombe

Pendant de très longs mois,

Il y fait toujours froid.

 

Et le bonhomme de neige,

Bien assis sur son siège,

Regarde les flocons

Voler en tourbillons.

 

Sais-tu ce que j'en pense ?

Il a bien de la chance

Pour un bonhomme de neige

D'habiter la Norvège.

 

Corinne Albaut

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries de nacre et d'argent au gré de sa progression.

 

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Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie « la neige ».

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

 

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

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Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

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Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle pouvait apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant une myriade de belles choses, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Prenez bien soin de vous... Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #deesse, #jpg, #lumiere, #ours, #roi

 

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© Briar, « Guided by the Northern Lights »

 

Je vous souhaite un TRÈS JOYEUX TEMPS DE YULE/NOËL 2020...

 

Et je choisis, en souvenir de notre aminaute Lady Marianne que nous n'oublierons jamais, un petit poème d'hiver écrit par Pernette Chaponnière (1915-2008), poétesse, dramaturge, romancière et bibliothécaire suisse, passionnée de comptines et d'ouvrages pour enfants.

 

La Neige

 

« Regardez la neige qui danse

Derrière le carreau fermé.

Qui là-haut peut bien s’amuser

À déchirer le ciel immense

En petits morceaux de papier ? »

 

Pernette Chaponnière

 

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©Briar, Féerie d'Hiver

 

Lumières vives, voluptueuses et dansantes au coeur de « la plus longue nuit » de l'année... La puissance initiatique du Solstice d'Hiver s'est exprimée, le 21 décembre 2020, sous l'obédience de l'énergie lunaire, dans un ciel traversé par une myriade d'étoiles filantes...

 

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Nuit de Magie Pure, cristaux givrés de sélénite et broderies d'argent qui se mélangent sur le velours d'un territoire infini...

 

A Yule, dans le folklore des pays du Nord de l'Europe, on assiste au retour des Ancêtres dont l'énergie attise le frisson mystérieux de la Chasse Sauvage. J'évoque cette chevauchée mythique dans mon article intitulé La Magie Hivernale.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-magie-hivernale-version-2018-a156493706

 

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Voyage Chimérique de ceux qui furent et demeurent les Gardiens d'une forme de Connaissance Ardente.

 

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Déesse du Solstice par © Emily Balivet

 

La Déesse, principe féminin honoré par les peuples anciens, enfante, dans les légendes du Nord, le Dieu Soleil, incarnation de la Vie.

 

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© Briar, La Déesse des Lumières de Yule et l'Enfant Solaire Sacré

 

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La bûche de Yule lui est consacrée. Bûche qui est devenue au fil du temps la bûche de Noël et qui se présente comme un gâteau succulent sur la table des festivités.

 

Traditionnellement, la bûche de Yule est taillée dans une branche de chêne dont les cendres, considérées comme sacrées, sont conservées tout au long de l'année dans un endroit secret. Elle symbolise le feu divin, nourricier et purificateur. Elle brûle dans le foyer, bouche crépitante de la maison, canal des âmes, à la croisée des mondes.

 

Bûche que l'on allumait jadis, dans le monde chrétien, au creux de l'âtre et qui devait brûler jusqu'au Nouvel An ou jusqu'à l'Épiphanie. La sagesse populaire conseillait de jeter sur la bûche un peu de sel et d'eau avant d'y mettre le feu. Une partie des cendres de la bûche était ensuite placée près du seuil de la porte d'entrée afin de protéger l'habitation contre les entités démoniaques, les voleurs, les tempêtes et les inondations.

 

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© Briar, La Dame des Lumières de Yule

 

La Déesse des Lumières Hivernales est également représentée par une couronne qui peut être constituée par un ou deux végétaux ou par une couronne plus sophistiquée où se mêlent pommes bien rouges, baies de laurier, feuilles de gui, de sapin, de chêne, d'if et de houx... Une couronne, un cercle, un rond de végétation sacrée qui donne pleinement son nom à Yule. Yule qui signifie « la Roue » !

 

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Sous l'obédience de la Déesse, Matriarche Lunaire, s'affrontent deux forces à la fois antagonistes et complémentaires. L'une de ces forces est représentée par le Roi Houx (Holly King/Lord of Darkness) et l'autre, par le Roi Chêne (Oak King/Lord of Light). Une longue bataille les oppose jusqu'à la victoire du Roi Chêne. Les jours deviennent ensuite plus longs.

 

Ainsi la Déesse, dans ses atours scintillants, apparaît-elle comme la Suzeraine des Forces Calendaires. La Lucie des pays nordiques, esprit de lumière et de sagesse, honorée le 13 décembre, en est une émanation juvénile et ravissante.

 

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Lucie et les chats blancs, émanations sacrées des chats qui accompagnaient la grande déesse Freya, la déesse nordique de l'Amour et des Plaisirs...

 

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Dans ce contexte, deux frères, Le Roi Chêne (Oak King) et le Roi Houx (Holly King), veillent à l'Équilibre Sacré des Forces de la Nature.

 

Ils combattent deux fois dans l'année : Au Solstice d’été (Midsummer, Litha, Coamhain... vers le 21 Juin)et au Solstice d'Hiver (Yule, Saturnalia, Jólablót, Light Christmas, Midwinter... vers le 21 Décembre).

 

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Le Roi Chêne est un pourvoyeur en Lumière. Il est celui qui va ranimer, au fil du temps, la chaleur nourricière dans les entrailles de la Terre Mère.

 

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Le Roi Houx © Anne Stokes

 

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Le Roi Houx © Margaret Ellis

 

Le Roi Houx règne sur les mondes sombres tout en préservant la Fécondité.

 

Ni l'un ni l'autre ne représente un principe manichéen associé au Bien ou au Mal. Ils sont les accesseurs magiques de la Déesse et portent dans leurs ramures végétales la Puissance du Dieu Cernunnos, Maître des Animaux, Seigneur de la Connaissance Secrète, Chamane Ancestral.

 

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Dieu Cerf Chamane de Yule

 

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Father Winter © Shona Mac Donald

 

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Pekka Halonen (1865-1933), artiste finlandais, artiste de la glace et de la neige.

 

Au Solstice d'Hiver, dans l'hémisphère nord, la durée du jour est la plus courte puis les jours commencent à rallonger alors que dans l'hémisphère sud, les jours raccourcissent. Nos Ancêtres considéraient cela comme le combat nécessaire entre Roi Chêne et le Roi Houx.

 

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©Briar, The Night before Yule

 

Le Solstice d'Hiver peut être lié à la pleine lune ou à la nouvelle lune ou à l'énergie d'une pluie d'étoiles filantes, nommées Ursides.

 

Les Ursides forment un essaim d'étoiles filantes qui crépitent dans le ciel d'hiver. Elles dessinent des traînées scintillantes qui émanent de la Constellation de la Petite Ourse.

 

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Dorothy Pulis Lathrop (1891-1980), Illustration pour « Stars Tonight », 1930.

 

Elles ont été observées en 1916 par l'astronome britannique William Frederick Denning (1848-1931) et leur existence est officiellement reconnue depuis 1945.

 

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Constellation de la Grande Ourse

 

La Grande Ourse, appelée aussi Grande Casserole ou Grand Chariot (la Grande Cuillère « Big Dipper » aux États-Unis) est liée, d'après les auteurs antiques, à la nymphe Callisto qui appartenait au cortège de la déesse Artémis et fut aimée de Zeus, le roi des dieux.

 

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Callisto séduite par Zeus qui a pris l'apparence de la déesse Diane/Artémis, école française du XVIIIe siècle, d'après François Boucher (1703-1770).

 

Héra, la reine de l'Olympe, épouse de Zeus, surprit un jour son mari faisant l'amour avec Callisto et prise de fureur, elle jeta un sort à Callisto, la transformant en un amas d'étoiles destinées à scintiller dans le ciel du nord. Callisto devint ainsi la Grande Ourse, une constellation dite circumpolaire, c'est à dire qui ne paraît pas se coucher.

 

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Callisto, la Lune de la planète Jupiter. Elle est particulièrement brillante car elle réfléchit la lumière du soleil.

 

Quelques temps plus tard, Héra métamorphosa Arcas, le fils de Callisto et de Zeus en la Petite Ourse, une constellation qui suit sa « mère étoilée » en permanence.

 

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© Art Galla, Petite et Grande Ourse sur DeviantArt

 

La Grande Ourse est sacrée pour plusieurs tribus indiennes d'Amérique du Nord qui vénèrent l'Ours comme un être fondateur de lignées et de mondes. Dans de très vieux récits, une Ourse traquée par des chasseurs est parvenue à se réfugier dans le ciel nocturne pour échapper à ses poursuivants.

 

Suzeraine des contrées septentrionales (les Romains la nommaient « Septem Triones » soit les sept bœufs de labour), la Grande Ourse est l'une des protectrices de l'Étoile Polaire dont la lumière diamantée est considérée comme l'une des plus puissantes sources d'énergie magique par les peuples de jadis.

 

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La Grande Ourse est à l'origine du nom Cercle Arctique. Arctos/Arktos signifiant l'Ours dans l'ancienne Grèce.

 

Elle apparaît comme une gardienne de la fécondité, de la vie et porte des noms évocateurs dans les grimoires d'astronomie et d'astrologie :

 

Le Chariot du Roi Arthur (Karr Arzhur) en Bretagne où elle est également désignée comme le chariot retors ou l'extrémité de la charrue.

 

Le Char de Charlemagne (Karlavagen) en Scandinavie, en Norvège ou encore en Suède.

 

La Charrue qui scintille (Bright Plough) dans le monde anglo-saxon...

 

En Arabie, la Grande Ourse est perçue comme le cénotaphe d'un homme tiré par ses filles qui tentent de rattraper le meurtrier de leur père soit la Petite Ourse.

 

Au Japon, on loue sa sagesse et sa capacité à créer la Lumière du Ciel et en Chine, elle règne avec bienveillance sur le cycle complexe des saisons.

 

Dans la tradition hindoue, on la nomme Sapta-Riksha. Elle est la demeure des Sept Rikshi », les sept rois ou sept sages et des Immortels nommés Hamsa Ases. Incarnation lumineuse de la Sagesse Primordiale, elle est la gardienne de l'Arche Polaire : le cœur brillant de toute Connaissance...

 

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La poétique vélocité des Ursides témoigne de la beauté de l'Ourse Céleste, ensemble de deux amas étoilés qui attisent la créativité et la capacité à rêver...

 

Fascinante magie qui nous appelle à voyager en imagination dans le ciel du Nord et à allumer des bougies dans la nuit...

 

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Que la Magie du Temps des Fêtes vous apporte sa Beauté, chers Aminautes !

 

Sans oublier les personnes seules, en souffrance et sans ressources...

 

Je souffle vers vous de gros bisous... A très bientôt dans nos bulles étoilées...

 

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©Briar, La Déesse et son petit enfant de lumière sacrée...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #avril, #deesse, #force, #poisson, #premier

 

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Plaisanteries, boutades et rencontres espiègles se multiplient, en ce jour qui lâche la bride aux esprits facétieux. Les poissons d'avril, les gourmandises et les déclarations d'amour sont à l'honneur.

 

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Des poissons chargés d'histoire...

 

Émanation de traditions printanières et de très anciens rites de fertilité, le poisson nous séduit par sa riche symbolique et la délicieuse iconographie qui lui est associée. Il s'inscrit, tel un initiateur, au cœur des festivités qui marquent le renouvellement des forces vives de l'année.

 

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Jusqu'au XVIe siècle, le début de l'année variait suivant les diocèses. A Lyon, l'année commençait le jour de Noël; à Vienne, c'était le 25 mars. Dans certaines régions, le jour de Pâques ouvrait les portes du calendrier et dans d'autres provinces, c'était le premier avril.

 

Le roi Charles IX (1550-1574) décida de résoudre cette « complication » en fixant au premier janvier, dans l'ensemble de la France, le début de l'année civile. Le 9 août 1564, le tout jeune souverain signa, en présence de sa mère, la régente Catherine de Médicis, l'édit de Roussillon qui n'entra en vigueur qu'en 1567.

 

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Portrait de Charles IX, 1561, par François Clouet (1505/15-1572).

 

« Oyez braves gens, le premier janvier marque une fois pour toutes le début de l’année. »

 

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En 1582, la mesure fut étendue à l'ensemble du monde catholique grâce à l'adoption du calendrier grégorien.

 

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La tradition du poisson d'avril semble tirer ses origines du fameux édit de Roussillon, car, en souvenir des anciennes célébrations du premier avril, les gens continuèrent d'échanger des cadeaux, de préférence teintés de burlesque.

 

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Mais un ouvrage comme le Dictionnaire de Trévoux (1704-1771), synthèse jésuite des dictionnaires français du XVIIe siècle, proposa une autre origine au poisson fatidique. Le Christ aurait été contraint, lors de son jugement, de se rendre d'un tribunal à un autre, sous une profusion de railleries. On aurait donc pris l'habitude de faire courir et de renvoyer, d’un endroit à un autre, le premier avril, les personnes dont on voulait se moquer.

 

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De nos jours, les plaisantins accrochent un poisson en papier dans le dos de leurs victimes. Quand la farce est découverte, ils s'écrient « Poisson d'avril »!

 

Entre amis, entre collègues et dans le cadre familial, les esprits taquins rivalisent de créativité et certains canulars, de plus ou moins grande ampleur, sont organisés dans les médias.

 

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Les poissons d'avril dans le monde

 

Depuis l'an 2000, le premier avril est aussi la Journée Internationale des Livres Comestibles. Cette célébration, conçue par Judith Hoffberg et Béatrice Coron, invite les bibliophiles à réaliser des gourmandises en forme de livre. Les amateurs photographient leurs créations et les publient sur le site du Edible Book Day.

 

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Au Brésil, le premier avril est appelé « Jour du Mensonge ». Les enfants créent des poissons colorés avec du tissu et du papier et les adultes rivalisent d'ingéniosité pour élaborer le plus « gros » mensonge.

 

Au Mexique, la coutume consiste à dérober provisoirement un objet appartenant à un ami. La « victime » recevra des friandises et un message lui révélant qu'il s'est fait piéger.

 

Aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, le jour des fous d'avril, April Fool's Day, ou All Fool's Day (Jour de tous les fous) apparaît comme une sorte de réminiscence de la Fête des Fous médiévale mais dans une version plus édulcorée.

 

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(Charivari du Roman de Fauvel, miniature du XIVe siècle.)

 

En Écosse, les farceurs œuvrent jusqu'au 3 avril alors qu'en Espagne et en Amérique Latine, les traditions ludiques du premier avril se déroulent le 28 décembre, Jour des Saints-Innocents. En ce jour qui mêle le souvenir du massacre des enfants de Bethléem âgés de moins de deux ans par le roi Hérode et les festivités associées à l'antique Fête des Fous, les enfants accrochent un petit personnage en papier dans le dos des personnes qu'ils ont choisi de chahuter.

 

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Dans de nombreux pays, le premier avril est l'occasion de rire, de manière plutôt débonnaire, aux dépens des personnes que l'on apprécie.

 

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Le poisson d'avril, messager de l'amour et du Printemps

 

Si les canulars associés au premier avril sont toujours bien vivants, l'image du poisson était autrefois utilisée pour exprimer son ardeur amoureuse. Aux alentours de 1900, les cartes illustrées de poissons étaient très répandues. Le messager des forces printanières était accompagné d'angelots, d'enfants, de belles jeunes femmes ou de couples amoureux. Des vers romantiques et facétieux complétaient l'ensemble.

 

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Ces cartes s'inscrivent dans la lignée de celles de la Saint-Valentin et du Premier Mai. Les amoureux y déclarent leur flamme avec espièglerie et sensibilité.

 

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La vogue des cartes illustrées était l'occasion de célébrer, avec poésie, humour et tendresse, le cycle des saisons et le renouveau printanier.

 

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Cette iconographie au charme suranné est truffée de symboles d'amour et de chance. Le fer à cheval est considéré depuis fort longtemps comme un porte-bonheur, indissociable des rituels amoureux. Des rubans roses ou rouges étaient glissés dans les trous de l'objet avant d'être offerts à la personne désirée. Si le contexte était favorable, ils pouvaient être dissimulés sous son matelas ou son oreiller.

 

Les jeunes hommes frottaient des petits fers à cheval sur la lettre destinée à l'élue de leur cœur.

 

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Protecteur du foyer contre les tempêtes et les forces malveillantes, le fer à cheval était placé, les pointes vers le haut, au-dessus des portes ou des cheminées. Réputé attirer l'amour et la prospérité, il était posé, les nuits de pleine lune, sur le rebord des fenêtres. Il accompagnait aussi les pêcheurs dans leurs activités.

 

Depuis la plus lointaine antiquité, les roses symbolisent l'amour. Leur douce couleur rose-thé s'harmonise avec les nageoires et la queue des poissons.

 

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Incarnation des forces printanières, le poisson d'avril met à l'honneur une magie populaire qui offre au monde de l'enfance une place privilégiée.

 

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Le poisson peut être assimilé à la légendaire cigogne, bonne fée qui apporte les nourrissons dans les foyers.

 

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Les cartes du premier avril étaient aussi agrémentées de messages d'amitié.

 

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On vendait, dans les boutiques en vogue à la Belle Époque, des poissons en sucre, en chocolat et de jolies boîtes colorées en forme de poisson, remplies de gourmandises. Cette tradition a survécu à travers la « friture » de Pâques, florilège de chocolats en forme de créatures aquatiques.

 

 

 

Au cours des repas, on plaçait sur la table des petits objets imitant la nourriture afin d'amuser les convives et des boîtes miniatures en forme de poisson pour y loger quelque chose de précieux.

 

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La symbolique du poisson

 

Le poisson fraye et se love dans les eaux matricielles, les mondes mystérieux et les profondeurs de l'inconscient. Dans les religions anciennes, il était porteur d'un symbolisme lié à l'amour et à la fécondité.

 

Des poissons aux couleurs chatoyantes peuplaient les bassins des temples, les fontaines et les étangs sacrés.

 

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Guillaume Rondelet (1507-1566), L'histoire ancienne des poissons, 1558.

 

Des déesses mères à queue de poisson étaient célébrées au Proche-Orient, à l'instar de la déesse lunaire syrienne Atargatis, représentée avec une queue de sirène.

 

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The Mermaid, par le peintre préraphaélite John William Waterhouse (1849-1917).

 

Les premières sirènes ressemblaient à des Harpies. Leurs ailes d'oiseaux claquaient dans le vent comme les voiles des bateaux. D'après la légende, battues par les Muses dans un concours de chant, elles perdirent leurs plumes, utilisées pour tresser des couronnes.

 

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Ulysse et les Sirènes, 1891, par J.W. Waterhouse.

 

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Ulysse et les sirènes, par le peintre victorien Herbert James Draper (1863-1920).

 

Le milieu marin a toujours inspiré la fascination et l'effroi. Des auteurs comme Pline l'Ancien (23-79 après J.-C.) le qualifient de « mère des monstres » mais l'eau, si mortifère soit-elle, est habitée par des forces magiques et régénératrices.

 

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The Land Baby, par le peintre préraphaélite John Collier (1850-1934).

 

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Poisson volant, par le peintre victorien Herbert James Draper (1863-1920).

 

Dans la Grèce ancienne, le poisson était consacré à Aphrodite, la déesse de l'amour et de la beauté, née de l'écume de la mer.

 

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La naissance de Vénus, vers 1485, par Sandro Botticelli (1445-1510).

 

Dans la Rome antique, le premier avril, les femmes vénéraient la déesse Vénus Verticordia et la Fortune virile. Le poète latin Ovide (43 avant J.C.- 18 après J.-C.) relate que la statue vénusienne, dépouillée de ses bijoux et de ses diverses parures, était baignée et parfumée. Les prêtresses la paraient ensuite de colliers d'or et de roses fraîches.

 

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Vénus Verticordia, 1868, par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), artiste préraphaélite.

 

Ce portrait, dont il existe quatre versions, représente Vénus Verticordia, «celle qui change les cœurs», une des nombreuses épiclèses de la déesse de l’Amour. (Une épiclèse est une épithète accolée au nom d'une divinité.)

 

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Alexa Wilding, l'un des modèles favoris de Rossetti, prêta ses traits à la déesse, beauté victorienne flamboyante, auréolée de papillons d'or et jaillissant d'un buisson de pivoines et de roses. Elle tient une flèche dans la main droite et une pomme dans la main gauche, fruit de connaissance et de sensualité évoquant le péché originel mais aussi le jugement de Pâris. La flèche est l'attribut de Cupidon, le dieu qui insuffle le désir.

 

Le premier avril, les femmes romaines se lavaient dans de l'eau vive, énonçaient des voeux de fécondité et portaient des couronnes de myrte vert, arbuste sacré de la déesse. Elles offraient de l'encens à la Fortune Virile, qui devait les aider à dissimuler aux hommes les petits défauts de leur anatomie. Dans les temples, elles savouraient un breuvage mystique, mélange de lait, de miel et de suc de pavot. D'après les anciennes croyances, Vénus avait absorbé cet élixir lors de ses noces avec Vulcain, le dieu du feu et de la forge.

 

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© Annie Stegg

 

Le poisson, avatar et compagnon des déesses antiques, devint, dès le début de la chrétienté, un symbole du Christ.

 

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Signe secret de reconnaissance des premiers chrétiens, le nom grec du Christ, ikhtus, peut être considéré comme un acronyme des mots: Iesos Khristos Théos Huios Sotèr soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ».

 

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Dans les traditions d'avril et de Pâques, il est question de résurrection des forces naturelles et de pêche miraculeuse.

 

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Les pêcheurs, décor du pavement de la basilique d'Aquilée, en Italie.

 

Sur les murs des Catacombes, les lampes à huile, les poteries et les sarcophages paléochrétiens, le poisson représente le sacrement de l'Eucharistie, communion suprême du Christ avec ses disciples. Il évoque le passage et le cheminement des âmes vers l'au-delà.

 

Le poisson figure, à côté du pain et du vin, sur la table de la Cène. Les premiers Pères de l'Église qualifiaient les croyants de pisciculi: « petits poissons » et appelaient les fonts baptismaux piscina: « le vivier, l'étang aux poissons ».

 

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Gardien des connaissances mystérieuses, guide spirituel, symbole de chance et de fécondité, le poisson est un initiateur, célébré dans toutes les civilisations, en orient comme en occident.

 

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En Chine, le poisson (yü) signifie le bonheur et l'abondance. Les mouvements de sa queue et de ses nageoires dans l'eau sont assimilés au plaisir sexuel.

 

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Au Japon, on le considère comme un emblème de courage, de force et d'endurance. (Estampe d'Hiroshige (1797-1858), Mulet gris et camélia.)

 

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Il conduit aussi les âmes bienheureuses à travers les mondes aquatiques, vers les Îles Fortunées, et protège l'Oeuf de la Vie qui fait renaître le Printemps.

 

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Enracinés dans l'imaginaire collectif, les poissons d'avril sont les messagers des forces de reverdie et les protecteurs des anciennes croyances. Ils confrontent ceux qui en sont les « victimes » à une sorte de rite de passage. Ils frayent dans les eaux magiques, à la croisée des fluides de mort et de vie, et nous invitent à laisser papillonner notre imagination.

 

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Je souhaite qu'Avril vous soit particulièrement favorable. Merci pour votre fidélité, je pense bien à vous!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chione, #deesse, #dieu, #jpg, #neige

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries d'argent au gré de sa progression.

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie la neige.

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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Aurore par © Joséphine Wall

 

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 Déesse de la glace et de la neige, Chioné ou Skadi (divinité nordique du froid) par ©Sébastien Grenier sur DeviantArt.

 

A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle peut apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant de belles journées de février, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #avril, #deesse, #force, #poisson, #premier

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Le Premier Avril (édition revue et augmentée)

 

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Plaisanteries, boutades et rencontres espiègles se multiplient, en ce jour qui lâche la bride aux esprits facétieux. Les poissons d'avril, les gourmandises et les déclarations d'amour sont à l'honneur.

 

Des poissons chargés d'histoire...

 

Émanation de traditions printanières et de très anciens rites de fertilité, le poisson nous séduit par sa riche symbolique et la délicieuse iconographie qui lui est associée. Il s'inscrit, tel un initiateur, au coeur des festivités qui marquent le renouvellement des forces vives de l'année.

 

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Jusqu'au XVIe siècle, le début de l'année variait suivant les diocèses. A Lyon, l'année commençait le jour de Noël; à Vienne, c'était le 25 mars. Dans certaines régions, le jour de Pâques ouvrait les portes du calendrier et dans d'autres provinces, c'était le premier avril.

 

Le roi Charles IX (1550-1574) décida de résoudre cette « complication » en fixant au premier janvier, dans l'ensemble de la France, le début de l'année civile. Le 9 août 1564, le tout jeune souverain signa, en présence de sa mère, la régente Catherine de Médicis, l'édit de Roussillon qui n'entra en vigueur qu'en 1567.

 

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Portrait de Charles IX, 1561, par François Clouet (1505/15-1572).

 

« Oyez braves gens, le premier janvier marque une fois pour toutes le début de l’année. »

 

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En 1582, la mesure fut étendue à l'ensemble du monde catholique grâce à l'adoption du calendrier grégorien.

 

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La tradition du poisson d'avril semble tirer ses origines du fameux édit de Roussillon, car, en souvenir des anciennes célébrations du premier avril, les gens continuèrent d'échanger des cadeaux, de préférence teintés de burlesque.

 

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Mais un ouvrage comme le Dictionnaire de Trévoux (1704-1771), synthèse jésuite des dictionnaires français du XVIIe siècle, proposa une autre origine au poisson fatidique. Le Christ aurait été contraint, lors de son jugement, de se rendre d'un tribunal à un autre, sous une profusion de railleries. On aurait donc pris l'habitude de faire courir et de renvoyer, d’un endroit à un autre, le premier avril, les personnes dont on voulait se moquer.

 

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De nos jours, les plaisantins accrochent un poisson en papier dans le dos de leurs victimes. Quand la farce est découverte, ils s'écrient « Poisson d'avril »!

 

Entre amis, entre collègues et dans le cadre familial, les esprits taquins rivalisent de créativité et certains canulars, de plus ou moins grande ampleur, sont organisés dans les médias.

 

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Les poissons d'avril dans le monde

 

Depuis l'an 2000, le premier avril est aussi la Journée Internationale des Livres Comestibles. Cette célébration, conçue par Judith Hoffberg et Béatrice Coron, invite les bibliophiles à réaliser des gourmandises en forme de livre. Les amateurs photographient leurs créations et les publient sur le site du Edible Book Day.

 

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Au Brésil, le premier avril est appelé « Jour du Mensonge ». Les enfants créent des poissons colorés avec du tissu et du papier et les adultes rivalisent d'ingéniosité pour élaborer le plus « gros » mensonge.

 

Au Mexique, la coutume consiste à dérober provisoirement un objet appartenant à un ami. La « victime » recevra des friandises et un message lui révélant qu'il s'est fait piéger.

 

Aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, le jour des fous d'avril, April Fool's Day, ou All Fool's Day (Jour de tous les fous) apparaît comme une sorte de réminiscence de la Fête des Fous médiévale mais dans une version plus édulcorée.

 

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(Charivari du Roman de Fauvel, miniature du XIVe siècle.)

 

En Écosse, les farceurs oeuvrent jusqu'au 3 avril alors qu'en Espagne et en Amérique Latine, les traditions ludiques du premier avril se déroulent le 28 décembre, Jour des Saints-Innocents. En ce jour qui mêle le souvenir du massacre des enfants de Bethléem âgés de moins de deux ans par le roi Hérode et les festivités associées à l'antique Fête des Fous, les enfants accrochent un petit personnage en papier dans le dos des personnes qu'ils ont choisi de chahuter.

 

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Dans de nombreux pays, le premier avril est l'occasion de rire, de manière plutôt débonnaire, aux dépens des personnes que l'on apprécie.

 

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Les beautés d'avril

 

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Enluminure du mois d'avril issue du manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry, XVe siècle.

 

Le mois d'avril est une passerelle enchantée entre les deux parties de l'année. La saison sombre s'est éloignée. L'équinoxe de printemps a réveillé le pouvoir des fleurs. Les bourgeons, gorgés de force, cèdent la place aux couleurs les plus vives. La sève pulse sous l'écorce des arbres fruitiers et les animaux se départissent de leur pelage hivernal.

 

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La Nature est en liesse même si avril est un mois capricieux, propice aux giboulées. Cette inconstance météorologique a donné lieu à de nombreux dictons et proverbes:

 

« Fleurs d'Avril

Ne tiennent qu'à un fil ».

 

« Quand Avril en fureur se met

Pas de pire mois dans l'année! »

 

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« Il n'est si gentil mois d'avril

Qui n'ait son chapeau de grésil. ».

 

« La lune d'avril nouvel ne passe pas sans gel. »

 

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« Avril entrant comme un agneau

S'en retourne comme un taureau. »

 

« Quand Mars se déguise en été

Avril met ses habits fourrés. »

 

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« Avril le doux, quand il se fâche, est le pire de tous! »

 

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« Caprices d'Avril font tomber les fleurs et trembler les laboureurs. »

 

Mais heureusement, rien n'arrête la reverdie... Les beautés parées de lumière affrontent, depuis la nuit des temps, les tempêtes et les fantômes de l'hiver qui parfois les bousculent avec leurs doigts givrés.

 

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Sur la roue zodiacale, dansent, à cette période transitoire, des êtres magiques: le poisson, emblème lunaire et matriciel et le bélier, animal solaire, gorgé de force et de virilité.

 

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Le poisson d'avril, messager de l'amour et du Printemps

 

Si les canulars associés au premier avril sont toujours bien vivants, l'image du poisson était autrefois utilisée pour exprimer son ardeur amoureuse. Aux alentours de 1900, les cartes illustrées de poissons étaient très répandues. Le messager des forces printanières était accompagné d'angelots, d'enfants, de belles jeunes femmes ou de couples amoureux. Des vers romantiques et facétieux complétaient l'ensemble.

 

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Ces cartes s'inscrivent dans la lignée de celles de la Saint-Valentin et du Premier Mai. Les amoureux y déclarent leur flamme avec espièglerie et sensibilité.

 

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La vogue des cartes illustrées était l'occasion de célébrer, avec poésie, humour et tendresse, le cycle des saisons et le renouveau printanier.

 

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Cette iconographie au charme suranné est truffée de symboles d'amour et de chance. Le fer à cheval est considéré depuis fort longtemps comme un porte-bonheur, indissociable des rituels amoureux. Des rubans roses ou rouges étaient glissés dans les trous de l'objet avant d'être offerts à la personne désirée. Si le contexte était favorable, ils pouvaient être dissimulés sous son matelas ou son oreiller.

 

Les jeunes hommes frottaient des petits fers à cheval sur la lettre destinée à l'élue de leur coeur.

 

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Protecteur du foyer contre les tempêtes et les forces malveillantes, le fer à cheval était placé, les pointes vers le haut, au-dessus des portes ou des cheminées. Réputé attirer l'amour et la prospérité, il était posé, les nuits de pleine lune, sur le rebord des fenêtres. Il accompagnait aussi les pêcheurs dans leurs activités.

 

Depuis la plus lointaine antiquité, les roses symbolisent l'amour. Leur douce couleur rose-thé s'harmonise avec les nageoires et la queue des poissons.

 

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Incarnation des forces printanières, le poisson d'avril met à l'honneur une magie populaire qui offre au monde de l'enfance une place privilégiée.

 

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Le poisson peut être assimilé à la légendaire cigogne, bonne fée qui apporte les nourrissons dans les foyers.

 

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Les cartes du premier avril étaient aussi agrémentées de messages d'amitié.

 

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On vendait, dans les boutiques en vogue à la Belle Époque, des poissons en sucre, en chocolat et de jolies boîtes colorées en forme de poisson, remplies de gourmandises. Cette tradition a survécu à travers la « friture » de Pâques, florilège de chocolats en forme de créatures aquatiques.

 

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Au cours des repas, on plaçait sur la table des petits objets imitant la nourriture afin d'amuser les convives et des boîtes miniatures en forme de poisson pour y loger quelque chose de précieux.

 

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 Belle enseigne pisciforme photographiée dans le quartier du Gros-Caillou. (7e arrondissement de Paris).

 

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La symbolique du poisson

 

Le poisson fraye et se love dans les eaux matricielles, les mondes mystérieux et les profondeurs de l'inconscient. Dans les religions anciennes, il était porteur d'un symbolisme lié à l'amour et à la fécondité.

 

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Des poissons aux couleurs chatoyantes peuplaient les bassins des temples, les fontaines et les étangs sacrés.

 

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Guillaume Rondelet (1507-1566), L'histoire ancienne des poissons, 1558.

 

Des déesses mères à queue de poisson étaient célébrées au Proche-Orient, à l'instar de la déesse lunaire syrienne Atargatis, représentée avec une queue de sirène.

 

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The Mermaid, par le peintre préraphaélite John William Waterhouse (1849-1917).

 

Les premières sirènes ressemblaient à des Harpies. Leurs ailes d'oiseaux claquaient dans le vent comme les voiles des bateaux. D'après la légende, battues par les Muses dans un concours de chant, elles perdirent leurs plumes, utilisées pour tresser des couronnes.

 

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Ulysse et les Sirènes, 1891, par J.W. Waterhouse.

 

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Ulysse et les sirènes, par le peintre victorien Herbert James Draper (1863-1920).

 

Le milieu marin a toujours suscité la fascination et l'effroi. Des auteurs comme Pline l'Ancien (23-79 après J.-C.) le qualifient de « mère des monstres » mais l'eau, si mortifère soit-elle, est habitée par des forces magiques et régénératrices.

 

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The Land Baby, par le peintre préraphaélite John Collier (1850-1934).

 

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Poisson volant, par le peintre victorien Herbert James Draper (1863-1920).

 

Dans la Grèce ancienne, le poisson était consacré à Aphrodite, la déesse de l'amour et de la beauté, née de l'écume de la mer.

 

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La naissance de Vénus, vers 1485, par Sandro Botticelli (1445-1510).

 

Dans la Rome antique, le premier avril, les femmes vénéraient la déesse Vénus Verticordia et la Fortune virile. Le poète latin Ovide (43 avant J.C.- 18 après J.-C.) relate que la statue vénusienne, dépouillée de ses bijoux et de ses diverses parures, était baignée et parfumée. Les prêtresses la paraient ensuite de colliers d'or et de roses fraîches.

 

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Vénus Verticordia, 1868, par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), artiste préraphaélite.

 

Ce portrait, dont il existe quatre versions, représente Vénus Verticordia, «celle qui change les cœurs», une des nombreuses épiclèses de la déesse de l’Amour. (Une épiclèse est une épithète accolée au nom d'une divinité.)

 

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Alexa Wilding, l'un des modèles favoris de Rossetti, prêta ses traits à la déesse, beauté victorienne flamboyante, auréolée de papillons d'or et jaillissant d'un buisson de pivoines et de roses. Elle tient une flèche dans la main droite et une pomme dans la main gauche, fruit de connaissance et de sensualité évoquant le péché originel mais aussi le jugement de Pâris. La flèche est l'attribut de Cupidon, le dieu qui insuffle le désir.

 

Le premier avril, les femmes romaines se lavaient dans de l'eau vive, énonçaient des voeux de fécondité et portaient des couronnes de myrte vert, arbuste sacré de la déesse. Elles offraient de l'encens à la Fortune Virile, qui devait les aider à dissimuler aux hommes les petits défauts de leur anatomie. Dans les temples, elles savouraient un breuvage mystique, mélange de lait, de miel et de suc de pavot. D'après les anciennes croyances, Vénus avait absorbé cet élixir lors de ses noces avec Vulcain, le dieu du feu et de la forge.

 

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(Allégorie aquatique, place de la Concorde.)

 

Le poisson, avatar et compagnon des déesses antiques, devint, dès le début de la chrétienté, un symbole du Christ.

 

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Signe secret de reconnaissance des premiers chrétiens, le nom grec du Christ, ikhtus, peut être considéré comme un acronyme des mots: Iesos Khristos Théos Huios Sotèr soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ».

 

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Dans les traditions d'avril et de Pâques, il est question de résurrection des forces naturelles et de pêche miraculeuse.

 

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Les pêcheurs, décor du pavement de la basilique d'Aquilée, en Italie.

 

Sur les murs des Catacombes, les lampes à huile, les poteries et les sarcophages paléochrétiens, le poisson représente le sacrement de l'Eucharistie, communion suprême du Christ avec ses disciples. Il évoque le passage et le cheminement des âmes vers l'au-delà.

 

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Le calice au poisson, dans la Maison aux Poissons, à Ostie (le port de Rome).

 

Le poisson figure, à côté du pain et du vin, sur la table de la Cène. Les premiers Pères de l'Église qualifiaient les croyants de pisciculi: « petits poissons » et appelaient les fonts baptismaux piscina: « le vivier, l'étang aux poissons ».

 

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 Gardien des connaissances mystérieuses, guide spirituel, symbole de chance et de fécondité, le poisson est un initiateur, célébré dans toutes les civilisations, en orient comme en occident.

 

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 En Chine, le poisson (yü) signifie le bonheur et l'abondance. Les mouvements de sa queue et de ses nageoires dans l'eau sont assimilés au plaisir sexuel. (Image extraite de mon article sur la Pagode Loo.)

 

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 Au Japon, on le considère comme un emblème de courage, de force et d'endurance. (Estampe d'Hiroshige (1797-1858), Mulet gris et camélia.)

 

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 Il conduit aussi les âmes bienheureuses à travers les mondes aquatiques, vers les Îles Fortunées, et protège l'Oeuf de la Vie qui fait renaître le Printemps.

 

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Au numéro un de la rue Montmartre, dans le premier arrondissement de Paris, on aperçoit ce poisson sculpté dans le mur de l'église Saint-Eustache (1532-1640). Il domine une porte basse qui conduit à une petite crypte, l'actuelle sacristie.

 

Il provient d'une ancienne chapelle, construite en 1213 grâce à Jean Alais, maître des joueurs de mystères qui prêta au roi Philippe Auguste une somme d'argent conséquente et reçut l'autorisation de prélever un denier sur chaque panier de poisson vendu aux Halles. Il se remboursa si bien qu'il put faire édifier une chapelle à Sainte-Agnès, là où se dresse aujourd'hui le choeur de l'édifice. Ainsi, le poisson fut une nouvelle fois un vecteur de chance et de prospérité.

 

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Enracinés dans l'imaginaire collectif, les poissons d'avril sont les messagers des forces de reverdie et les protecteurs des anciennes croyances. Ils confrontent ceux qui en sont les « victimes » à une sorte de rite de passage. Ils frayent dans les eaux magiques, à la croisée des fluides de mort et de vie, et nous invitent à laisser papillonner notre imagination.

 

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Je souhaite qu'Avril vous soit particulièrement favorable. Merci pour vos messages, je pense bien à vous!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amour, #deesse, #fleurs, #flore, #printemps

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Le Printemps ouvre les yeux. Les bourgeons brillent dans l'air sucré. Dans sa robe immaculée, la fée Flore d'Alphonse Mucha, artiste emblématique de l'Art Nouveau, nous promet bien des délices...

 

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Une rencontre précieuse et aromatique sur une petite place de Paris.

 

 

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Dans la pureté de ses atours...

 

Flore est la déesse de tout ce qui fleurit. Quand revient l'équinoxe de Printemps, elle préside aux noces du jour et de la nuit. Dans la Rome antique, elle était « reine d'avril » et célébrée jusqu'à la fin du mois de mai. Les Floralia débutaient le 28 avril. Une statue de la déesse, couronnée de fleurs et tenant une corne d'abondance était promenée triomphalement dans les rues. Les auteurs anciens rapportent la grande licence et les excès qui se déroulaient pendant ces fêtes.

 

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D'après certaines légendes, Flore offrit, à la fin de l'hiver, un lys enchanté à la déesse Junon. Cette fleur magique permit à la « mère des dieux »de concevoir, par simple contact, le dieu Mars, seigneur de la guerre et des festivités de Printemps.

 

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A bien des égards, les pouvoirs de Flore se rapprochent de ceux de Vénus/Aphrodite, la déesse de l'amour.

 

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L'allégorie du Printemps de Sandro Botticelli, peinte en 1482, met en scène un monde sylvestre et merveilleux, un âge d'or peuplé de déesses et de dieux.

 

Sous l'égide de Vénus, placée, comme une madone en majesté, devant un buisson de myrte, la Nature renouvelle ses charmes. Les regards convergent, au centre de la composition, vers son ventre arrondi.

 

Cupidon se tient au-dessus d'elle, prêt à décocher une flèche enflammée en direction des trois Grâces.

 

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Ces beautés, qui symbolisent la féminité sublimée, forment une ronde délicate à côté du dieu Mercure.

 

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Le messager divin brandit son caducée vers la voûte végétale, en direction des nuages qui pourraient troubler la quiétude du jardin.

 

Gardien des connaissances hermétiques et du « bosquet sacré » associé aux pouvoirs de Vénus et de Flore, Mercure protège ce lieu intemporel que l'on peut identifier au Jardin des Hespérides. Les arbres y sont couverts de fruits d'or, pommes et agrumes placés sous la garde des filles du géant Atlas et de Ladon, un dragon à cent têtes.

 

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L'oranger dévoile son feuillage vert, ses fleurs parfumées et ses fruits délicieux qui symbolisent le Paradis. A l'instar de Jupiter qui offrit à Junon des fleurs d'oranger le jour de leurs noces, les dieux en mêlaient aux parures des déesses et les matrones aux couronnes des mariées. L'orange est un fruit d'or, précieux et aromatique, qui évoque parfois la rédemption.

 

Le tableau nous révèle surtout deux visions conjointes de Flore qui se complètent remarquablement: une jeune fille au corps fertile et une femme affirmée, de toute beauté.

 

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Le Printemps renaît, dans cette prairie magique, où foisonnent les fleurs, gouttes colorées, comme en suspension sur l'herbe sombre. Un poème enivrant mêlé de petites jacinthes, de pâquerettes, d'iris, d'oeillets, de bleuets, de myosotis, de tussilage...

 

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A l'extrémité de l'image, la ravissante Flore plonge son regard dans celui de Zéphyr, le dieu du vent de l'ouest, humide et chaud, qui lui insuffle son désir. Dans sa robe blanche translucide, elle est encore la nymphe Chloris, célébrée depuis la Grèce ancienne. Une guirlande de fleurs, emblème de renouveau et de félicité, jaillit de sa bouche.

 

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De leurs amours naîtra Carpos, le fruit...

 

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Sur ce portrait, la Flore virginale est devenue la déesse des fleurs sauvages et cultivées. Elle arbore avec majesté une robe somptueuse, parsemée de pâquerettes, de roses et de violettes, qui révèle sa superbe maturité. A la période de Pâques, la pâquerette illumine l'herbe des prés et symbolise la reverdie.

 

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Son étymologie dérive des mots « pasquis, pasquier » qui signifient « pâturage » en ancien français. Son nom latin, « bellis perennis », évoque la beauté éternelle mais aussi la douceur des sentiments, les liens d'amour et la protection de l'innocence.

 

Ses jolis boutons, ses feuilles et sa racine sont comestibles. Elle possède aussi des vertus médicinales. Elle est réputée soigner les inflammations de la bouche, de la gorge et des voies respiratoires, résorber les oedèmes et les entorses, nettoyer le sang, raffermir la peau, réduire l'hypertension, apaiser les maux de tête et cicatriser les plaies. Elle est souvent représentée dans la peinture médiévale et Renaissance.

 

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Sous le pinceau de l'artiste, Flore se présente comme une personnification de la ville de Florence, la ville des fleurs et des plaisirs raffinés. Les aristocrates florentines raffolaient des motifs floraux qui décoraient les riches tissus de leurs robes.

 

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Dans la naissance de Vénus, Botticelli met en scène une Grâce vêtue d'une magnifique robe brodée de bleuets. Le manteau qu'elle s'apprête à offrir à la déesse nue est orné de fleurs qui dessinent un herbier précieux.

 

La pâquerette est l'emblème d'une Flore hybride et recomposée qui règne sur l'hortus conclusus ou jardin clos des manuscrits médiévaux. Elle éclot dans le Jardin de Paradis où les fleurs sont chatoyantes et parfumées et devient la récompense des élus.

 

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Tous droits réservés

 

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A l'instar de Marie, Flore est accompagnée du lys blanc, de l'ancolie, de l'oeillet carminé, du narcisse, de la jacinthe et de la violette mais, sous son apparence de madone, elle demeure la déesse des plaisirs charnels qui ressuscitent au Printemps. Les rencontres sexuelles étaient nombreuses pendant les jeux qui lui étaient consacrés et les fleurs les plus capiteuses étaient mêlées au vin en son honneur...

 

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En 1630, sous le pinceau de Nicolas Poussin, la Flore licencieuse des jeux de Printemps se pare des attributs du triomphe antique. Promenée sur un char tiré par des amours, elle est entourée de nymphes, d'éphèbes et d'angelots facétieux, dans un paysage harmonieux et champêtre.

 

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Cette allégorie du Printemps, intitulée le Triomphe de Zéphyr et de Flore, est l'un des chefs-d'oeuvre du peintre vénitien Giovanni Baptista Tiepolo. L'oeuvre, peinte entre 1734 et 1735, décrit les amours du dieu du vent et de la déesse des fleurs.

 

Le couple est appuyé sur une formation nuageuse qui jaillit au milieu d'un subtil jeu de clair-obscur. Ces nuages, qui ressemblent à de gros rochers, témoignent du caractère ambivalent des puissances célestes. Les draperies tourbillonnantes sont gorgées de vent mais l'amour triomphe, comme en témoigne la présence des génies du bonheur et de la fécondité.

 

J'aime particulièrement les ailes de Zéphyr dont le scintillement coloré est sublimé par la merveilleuse palette de Tiepolo.

 

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L'Empire de Flore, par Tiepolo, vers 1743.

 

Dans l'alchimie précieuse des couleurs, Flore évoque avec grâce et sensualité la résurgence des forces de vie.

 

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Lumière suave, charmes veloutés...

 

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La déesse Ostara, illustrée en 1884 par Johannes Gehrts.

 

Dans le monde anglo-saxon, Flore est Eostre ou Eastre, dont le nom dérive de « Easter » qui signifie Pâques. Son équivalent germanique est Ostara, déesse de l'aurore, qui a donné son nom à la fête païenne de l'équinoxe de Printemps et à sa résurgence néo-païenne.

 

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Son animal sacré est le lièvre, un avatar païen qui a survécu à travers les légendes du lièvre de Pâques ou Osterhase. (L' illustration vient des Publications Clare Madicott).

 

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(Collection personnelle)

 

Symbole printanier par excellence, le lièvre est réputé pondre les oeufs de lune de la déesse. Quelques jours avant l'équinoxe et pendant la Semaine Sainte, les enfants lui confectionnent un nid douillet, tapissé d'herbes et de fleurs.

 

Une légende prétend que la déesse Ostara envoya un coq aux trousses du lièvre de Pâques afin qu'il ponde des oeufs rouges incandescents, gorgés de puissance solaire.

 

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« Ostara » était aussi le nom donné à une revue germanophile, parue entre 1905 et 1913, et très appréciée par Adolf Hitler qui y puisa un certain nombre de ses thèses aryennes mais il serait dommage de diaboliser ceux qui s'intéressent aux anciennes coutumes. Les croyances relatives au retour du Printemps et le vieux fonds culturel européen qui leur sont associés existaient bien avant les Nazis qui n'ont cessé de dévoyer les symboles pour leur infâme propagande...

 

Guidée par le souffle des fleurs, c'est dans le murmure parfumé d'Ostara, la jeune fille féconde et la mère protectrice, que je veux me lover.

 

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La jacinthe rose, au parfum capiteux, désigne le bonheur d'aimer, le renouveau, l'insouciance...

 

D'après la mythologie grecque, elle naquit du sang de Hyacinthe, superbe jeune homme, amant du dieu Apollon mais aussi de Zéphyr. Hyacinthe mourut lors d'une joute sportive et Apollon lui rendit hommage en faisant naître une fleur à la troublante fragrance.

 

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Dans les squares de Paris, le Printemps revêt ses plus beaux atours...

 

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Un talisman d'amour, de chance, de force, de longévité... Tendons l'oreille, les dieux ou les génies de l'arbre à voeux chuchotent dans ses branches.

 

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Les arbres à loques (dans lesquels on suspend des morceaux d'étoffe, des papiers votifs, des sachets talismans, des figurines, etc) existent dans toutes les civilisations. Les voeux montent avec la sève et l'éclosion des fleurs stimule les croyances d'espoir.

 

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De minuscules soleils odorants qui forment un tapis de lumière... la jonquille est sans conteste la fleur fétiche du mois de Mars. Dans le langage floral, elle signifie « je vous désire » et symbolise l'affection partagée.

 

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Des pompons sucrés qui dessinent un ciel onirique.

 

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Dans sa beauté éphémère et sacrée...

 

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Mystique des couleurs...

 

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A la tombée du soir, les elfes se cachent dans les fleurs papillons...

 

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Ces grappes de glycine symbolisent la tendresse et l'amitié. Leur envoûtant parfum célèbre les amours de Zéphyr, le souffle primordial, le maître débridé de la fécondité et de Flore, l'âme-fleur, mère de la vie...

 

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En Chine, la glycine est orientée vers la lumière de la lune dont le rayonnement mystérieux est réputé nourrir et soigner les fleurs. En Occident, le folklore prétend qu'elle abrite des lutins et des fées qui tissent les rayons lunaires et voyagent à travers l'esprit des dormeurs.


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Le réveil de Flore

Les magiciennes l'ont bercée
dans les racines du vieux hêtre
son âme fauve entrelacée
aux âmes qui l'ont vue renaître...

Soyeuse aurore qui fusionne
avec ses prunelles dorées
le ciel de glace tourbillonne
son parfum hante la forêt

Les loups et les spectres du froid
fondent sous sa peau de rosée
les sorcières des nuits d'effroi
se figent dans l'air embrasé

Entrons dans la ronde immortelle
le souffle mêlé de désir
Flore sous la lune nouvelle
épouse le sang de Zéphyr...

(Cendrine)

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #deesse, #dieu, #oeuf, #paque, #rouge
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C'est un dimanche spécial... Les fleurs sont reines en leurs parures sucrées. Entre soleil et giboulées, l'air vibre de parfums. Dans les jardins, règne une joyeuse effervescence. Les gourmands fouillent les buissons, retournent les arrosoirs, aventurent leurs doigts malicieux au fond des vasques et des pots. La chasse aux oeufs a commencé!

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C'est une armée en marche à laquelle rien ne résiste. Elle est trop pressée d'en découdre avec des bataillons d'oeufs parés de couleurs vives, des légions de lapins jardiniers, des hordes de cocottes au ventre garni de friandises. La fête de Pâques est revenue et avec elle l'abondance et la magie.

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Dans le calendrier chrétien, Pâques est une fête maîtresse dont la date, une fois fixée, détermine celles d'autres fêtes religieuses comme la Pentecôte, l'Ascension et l'Assomption. En l'an 325 après J.-C, le Concile de Nicée décida que Pâques serait célébrée le premier dimanche qui suivrait la pleine lune de l'équinoxe de printemps, se démarquant ainsi de la Pâque juive. Selon les règles du calendrier lunaire, Pâques varie alors, chaque année, du 22 mars au 25 avril.

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Mais sous sa forme chrétienne, la fête de Pâques demeure l'héritière des cérémonies de l'Europe païenne au sein desquelles  l'oeuf tenait une place de première importance.

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Aux origines de Pâques, les fêtes antiques du Printemps.

L'avènement des forces printanières signifiait, pour les anciennes civilisations, une période de purification et de communication avec les forces de la Nature et les divinités qui président au renouveau de la végétation.

Les populations espéraient un équilibre harmonieux entre la pluie et le soleil, pour obtenir d'abondantes récoltes. Le souvenir de certaines fêtes est parvenu jusqu'à nous, perpétué oralement ou préservé de l'oubli grâce à des auteurs anciens comme Pline le Jeune, Hérodote, Plutarque ou Juvénal.

Les fêtes en l'honneur de Perséphone, la déesse grecque du Printemps.

Dans la Grèce ancienne, le renouveau de la Nature était lié au retour sur la terre de Perséphone, la fille de Déméter, déesse des moissons.

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Le rapt de Perséphone, plâtre peint, réalisé par Augustin Pajou, 1761-1770.


Perséphone se promenait parmi les fleurs, en compagnie de ses nymphes, quand elle aperçut un narcisse, dans un vallon ombragé. Quand elle le cueillit, un terrible fracas ébranla la terre. Hadès, le dieu des Enfers, jaillit des abysses sur un char ténébreux. Séduit par la beauté de Perséphone, il l'enleva pour la conduire vers le royaume des Ombres. Au début de sa captivité, Perséphone ne voulut absorber aucune nourriture mais la faim eut raison de sa volonté. Elle mangea quelques pépins de grenade et dut résider dans le monde des morts.

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Perséphone par Dante Gabriel Rossetti, en 1874.


Pendant neuf jours et neuf nuits, Déméter chercha sa fille partout. Quand elle la retrouva dans le palais d'Hadès, ce dernier refusa de la laisser partir. La déesse, en proie au chagrin, se désintéressa de la Nature qui perdit sa vigueur. Les feuilles des arbres se racornirent et un brusque hiver supplanta l'été. Zeus, le roi des dieux, décida alors que Perséphone passerait six mois de l'année en compagnie de sa mère, à la surface de la terre, et les six autres mois dans le royaume de son époux.

La fête de Pomone, la déesse des fruits.

Les habitants de la Rome antique vénéraient Pomone, la protectrice des fruits, auprès des premiers arbres en fleurs. Ils plantaient dans la terre des rameaux d'olivier ornés de petites tresses de laine colorées. Ils y accrochaient des fruits et des friandises au miel, en offrande aux esprits de la Nature.

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Vertumne et Pomone, par Jean-Baptiste Lemoyne, 1760.


Pomone était courtisée par plusieurs dieux champêtres mais elle ne leur accordait aucune attention. Vertumne, le dieu des saisons et des vergers, qui en était éperdument amoureux, se déguisa en vieille femme pour l'approcher. Sous les frondaisons parfumées, il lui présenta un orme enlacé par un cep de vigne et lui révéla sa véritable nature. Pomone fut aussitôt séduite.

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La belle Pomone veille sur les rameaux
chargés de fruits abondants et sur le jardin des Tuileries...


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Vertumne est un maître des métamorphoses. D'après le poète Ovide,
il aurait « romanisé » Pomone, déesse étrusque et ombrienne, en l'épousant.



Satios, la fête celte des semailles.

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Le bonheur, par le peintre écossais symboliste John Duncan Fergusson (1874-1961)


Aux alentours du 21 mars, les tribus celtes célébraient l'arrivée du Printemps en allumant des feux rituels dans les champs, les clairières et au bord des cours d'eau. La nuit précédant l'équinoxe, les hommes et les femmes promenaient des torches flamboyantes sur les crêtes des collines pour disperser les fantômes de l'hiver. Ils priaient la Déesse et le Dieu Soleil qui chassent les tempêtes et réchauffent les jeunes pousses.

Certains instruments de musique étaient utilisés à cette occasion. Les grappes de clochettes réveillaient par la magie du son les forces de la Nature. Un aspect de ce rituel a survécu dans la tradition chrétienne consistant à sonner les cloches à toute volée, après leur retour de Rome.

Ostara, la fête germanique du Printemps.

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Ostara, the sabbat with the rabbit,  oeuvre de Mickie Mueller,
une remarquable illustratrice dont vous pouvez retrouver l'univers par ce lien


La déesse Ostara a donné son nom à la fête de l'équinoxe de printemps. Pour honorer la mère et la fiancée du printemps, des combats symboliques étaient organisés, simulant la lutte de l'hiver finissant et des forces de reverdie. Les prêtresses plaçaient des oeufs dans des barques miniatures glissant au fil de l'eau, enfouissaient des oeufs et des figurines d'écorce dans la terre et jetaient des oeufs décorés dans les brasiers rituels.

Le Lièvre d'Ostara

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Le lièvre est l'animal fétiche d'Ostara et de son équivalent anglo-saxon, la déesse Eostre. À la période de Pâques, il est honoré en Alsace, dans les Vosges, en Allemagne et en Angleterre sous le nom d'Osterhase. Gardien des oeufs de la lune prêts à éclore ou géniteur de ces précieux talismans de fécondité, il est représenté, depuis l'Antiquité, sur une profusion de stèles, de statues, de moules à pâtisserie, etc...

Animal ambivalent, le lièvre suscitait la méfiance dans la Grèce antique et symbolisait la fécondité dans la Rome ancienne où sa viande était réputée aphrodisiaque. Il incarnait paradoxalement la luxure et la vertu, sa morphologie lui permettant de détaler face aux tentations.

Le lièvre de Pâques est le messager du printemps. Pendant la semaine sainte, les enfants lui préparent un nid douillet, tapissé d'herbes et de fleurs, dans un endroit gardé secret. D'après la légende, la déesse Ostara envoya un coq à ses trousses pour qu'il ponde des oeufs incandescents.

C'est à cette période que le Christ crucifié revient à la vie, émergeant de son tombeau comme un dieu de la végétation.

Une semaine avant Pâques, le dimanche des Rameaux ou Pâques Fleuries.

Les festivités des Rameaux sont un mélange complexe de liturgie chrétienne et de coutumes populaires. Avant d'être consacrés au Christ, les rameaux verts étaient dédiés à Apollon, le dieu grec de la lumière et des arts, à la déesse Ostara et aux esprits des fleurs et des fruits.

L'eirésioné était une branche d'olivier, plus rarement de laurier, ornée de rubans de laine blancs et rouges, de fruits secs et de pain trempé dans le vin, le miel et l'huile. Cette branche, consacrée au dieu Apollon, était suspendue pendant un an aux portes des maisons pour que les habitants ne manquent pas de nourriture.

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Les premières bénédictions des palmes et des rameaux se déroulèrent en Orient au Ve siècle et en Occident, deux siècles plus tard. Ces bénédictions s'accompagnaient de processions solennelles destinées à rappeler la marche du Christ vers Jérusalem.

Jésus approchait de la Ville Sainte quand une foule joyeuse se pressa au devant de lui en agitant des branches de palmier. Traditionnellement, on apportait des palmes au Temple à l'occasion de la Fête des Tabernacles. On les déposait sur les autels avec des citrons et des cédrats. Quand Jésus pénétra dans Jérusalem, il se rendit au Temple, suivi par une forêt de palmes et il chassa les marchands qui s'y trouvaient en prononçant ces paroles : « De la maison de mon Père, vous avez fait une caverne de voleurs ».

La distribution de rameaux bénits pendant les offices, les processions, la fermeture et la réouverture des portes des églises sont autant de rituels attachés au jour de Pâques Fleuries ou Dimanche Hosannier, du nom de « l'Hosanna in excelsis » : chant qui rappelle celui des disciples du Christ et des habitants de Jérusalem venus à sa rencontre.

Les rameaux décorés symbolisent la reverdie. Ils étaient autrefois prélevés sur des haies de buis sacré. Dans le Berry, on associait au buis des branches de laurier, d'aubépine et de noisetier puis des fleurs roses pour honorer les déesses et les fées. En Alsace, on préférait le houx, le coudrier, le sapin et le sureau.

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Dans la plupart des régions de France, on accrochait aux rameaux fleuris des grappes de bonbons, des fruits confits, des oranges et des petites croix de paille tressées. Ces décorations rappelaient celles qui accompagnaient les disciples du Christ : des agrumes dont la couleur dorée éclatait comme le soleil à travers la végétation.

On réalisait aussi en pâte à gâteau, en pain d'épices ou en cire de petits hommes debout ou chevauchant des chevaux ou des coqs. Ces marmousets pouvaient être cavaliers ou piétons, brandir des cruches en sucre d'orge, des paniers d'osier, des gâteaux en forme de couronnes. En Savoie, ils étaient accrochés à des chapelets de châtaignes. En Provence, on les attachait à des roseaux.

Les utilisations magiques des rameaux

Dans la pensée populaire, les rameaux bénits détruisent le mal. Cloués aux portes des maisons, ils repoussent les fantômes et la foudre, empêchent les sorcières de nuire et attirent la prospérité.

Ils décoraient autrefois les bornes des chemins, les croix de cimetières et les carrefours. Les Croix Hosannières ou porte-buis bénit protégeaient les pèlerins et les voyageurs contre les loups-garous et les fées maléfiques.

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La Croix Hosannière de Veules-les-Roses en Seine-Maritime.
L'hosanne est le nom donné au buis sacré qui orne ces croix-ossuaires
où convergent de nombreuses lignes telluriques.


Les traditions de la Semaine Sainte.

Les jours précédant Pâques s'inscrivent dans un cycle complexe où se rencontrent liturgie chrétienne et rituels païens.

Le Jeudi Saint

Dans les églises, c'est le jour du grand nettoyage. Les bénitiers sont lavés et parfumés d'herbes aromatiques.

Institué par le pape Léon II en 682, il était appelé « Jeudi Vert » ou « Jour des neuf légumes qui purgent le corps ». Ces neuf légumes (épinards, persil, ciboulette, cerfeuil, oseille, achillée millefeuille, orties, choux, poireaux) purifiaient l'organisme avant le repas dominical.

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D'après la légende, les cloches entament ce jour-là leur voyage vers Rome. Elles sonnent à toute volée au début de la messe et s'envolent jusqu'au Vatican. Elles déjeunent avec le Pape et les cardinaux, reçoivent la bénédiction papale et collectent des oeufs dans les jardins.

 

Les cloches devaient rester muettes, du Jeudi-Saint au dimanche de Pâques, pour respecter le temps écoulé entre la mort du Christ et sa résurrection. Si l'interdit était bravé, des catastrophes surviendraient (tempêtes de grêle sur les futures récoltes, eau des puits empoisonnée, invasion d'insectes maléfiques...).

 

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Dionysos assis sur une panthère, mosaïque du IVe siècle.

 

Dans l'Antiquité, le dieu égyptien Osiris, les dieux phrygiens Attis et Adonis et le dieu grec Dionysos étaient honorés en fonction d'un cycle de vie, de mort et de résurrection. Ensevelis dans le sommeil glacé de l'hiver, ces dieux ressuscitaient pour faire croître la végétation. Au cours des rituels qui leur étaient consacrés, des phases de silence marquaient l'instant de leur mort/sommeil avant que des chants de joie et une musique vigoureuse saluent leur retour à la vie.

 

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Le réveil d'Adonis, par John William Waterhouse, 1899.

 

Le Vendredi Saint

 

Il est traditionnellement consacré à la décoration des oeufs. Autrefois, les jeunes filles confectionnaient des « oeufs d'amour ».

 

Elles récoltaient les oeufs, pieds nus dans la rosée du matin, les teignaient de rose marbré de rouge et les couvraient de voeux et d'inscriptions « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Puis elles les cachaient dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et les offraient à leurs amoureux.

 

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Les oeufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

Les oeufs du Vendredi-Saint étaient réputés imputrescibles. Conservés sur les manteaux de cheminée, ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies.

 

Si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques et si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office, ils pouvaient détecter les sorcières.

 

Leur pouvoir magique et protecteur était amplifié par les couleurs et les motifs qu'ils arboraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si on conservait pendant cent ans un oeuf pondu le Vendredi-Saint, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

Le Samedi Saint

 

On bénissait autrefois les maisons en posant sur les tables des assiettes et des plats remplis de sel. Les femmes dessinaient dans le sel des symboles solaires et lunaires et des petites croix à l'aide d'un bâton couvert de cire. Elles disposaient, autour des récipients, des crucifix, des images saintes, des chandeliers et des bouquets de fleurs.

 

Le prêtre se déplaçait de maison en maison, accompagné par deux enfants de choeur. Il bénissait le seuil des portes en les aspergeant d'eau et de sel et recevait des oeufs en remerciement. (Certaines sorcières « marquaient » à cette occasion le seuil des portes avec du sang de coq noir.).

 

Au Moyen-âge, en Angleterre, la veille de Pâques, les hommes et les jeunes garçons érigeaient de grands bûchers dans les champs. Ils y brûlaient Judas sous la forme d'un mannequin en paille. Les cendres restantes étaient jetées à l'eau.

 

L'eau des bénitiers était investie de grands pouvoirs. Répandue sur le toit des maisons, elle éloignait les tempêtes et dissipait les sortilèges. Versée dans les champs, elle favorisait l'essor des cultures. Elle était réputée soigner les morsures de serpent, les problèmes oculaires et favoriser le bonheur conjugal.

 

Le Dimanche de Pâques

 

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Les Oeufs du Printemps

 

Au commencement était l'oeuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l'oeuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par le lièvre d'Ostara ou matrice de son pouvoir, il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

L'oeuf cosmos

 

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D'après un mythe égyptien, au commencement de toutes choses n'étaient que les ténèbres et les eaux stagnantes. Alors Thot, le dieu à tête d'ibis ou de babouin, maître de la lune et de l'écriture, façonna un oeuf immense, couleur d'opale. Il le déposa sur un tertre magique où il fut couvé par l'ogdoade, un groupe de huit divinités représentant les forces primordiales.

 

Thot souffla sur l'oeuf pour briser sa coquille et naquit , le dieu du soleil, qui dissipa les ténèbres et les eaux, faisant jaillir la vie.

 

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Ilmatar, par Robert Wilhelm Ekman, illustrateur de poèmes populaires, 1860.

 

Il était une fois, dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar qui sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea. Un de ses genoux émergea de l'eau. Intrigué et séduit par ce rocher nouveau, le seigneur de l'air, un canard, y déposa un oeuf d'or. La déesse frissonna et la coquille se brisa.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l'oeuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais... »

 

Les oeufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les oeufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des oeufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur de vie et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un oeuf rouge au creux d'un rocher. L'oeuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les oeufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L'oeuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un oeuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul oeuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l'oeuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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La matrice de l'oeuf est le réceptacle du mystère de la vie. Autrefois, le jour de Pâques, les parrains et les marraines offraient à leurs filleuls des oeufs, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé.

 

Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et les roulées.

 

Les roulées étaient une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné, des oeufs durs, colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l'oeuf resté intact), dégustait les oeufs cassés.

 

Pour jouer à la toquette, on fermait le poing sur un oeuf dur, ne laissant dépasser qu'une petite partie de la coquille, le but étant de faire « toquer » son oeuf contre un autre. Le perdant payait sa tournée de boissons!

 

Les couleurs des oeufs de Pâques

 

La couleur la plus répandue est le rouge, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les démons. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des oeufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

Pour la petite histoire, en Vendée on disait aux enfants que les oeufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux dans leurs grandes robes rouges.

 

Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des oeufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis oeufs rose pâle et le suc de betterave rouge des oeufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les oeufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc.

 

Les oeufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki ou Pyssanka, était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps, par une femme âgée. Avec une pointe fine, elle dessinait sur un oeuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l'oeuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l'oeuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, des femmes plus jeunes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les oeufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

 

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Le musée des oeufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie.

 

Des oeufs chargés d'histoire...

 

Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les oeufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne de Charles IX, l'année débuta le premier janvier mais l'oeuf, aussi gourmand que mystique, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

Associé aux différentes théogonies, l'oeuf connut, dans toutes les couches sociales, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de quêter les oeufs pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens quêtaient les oeufs, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Ile de France pour y collecter les plus gros oeufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

Les oeufs précieux

 

Les oeufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des oeufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

 

En Angleterre, on trouvait des oeufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle.

 

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Une des superbes créations du joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920).

 

Les oeufs gourmands

 

Vers les années 1890, apparurent les oeufs en sucre coloré et vers 1900, les oeufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, parfois garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

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De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

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Cloches et Carillons

 

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Médiatrices entre le monde humain et les contrées divines, les cloches rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villes et des villages. Le vocable latin « campana » dérivait du nom « Campanie », une région opulente d'Italie méridionale célèbre par sa production d'ustensiles en bronze. On y réalisait des vases d'airain de forme retournée qui semblent être à l'origine des cloches.

 

Les Gaulois faisaient usage de la simandre, un instrument constitué d'une planche de bois munie de percussions. Des siècles plus tard, les monastères et les églises paroissiales usèrent du terme « signum » pour désigner la cloche ou la clochette cérémoniales, créant le « signal » nécessaire à la convocation des fidèles.

 

En Grèce et en Roumanie, la simandre est investie, à la période de Pâques, de pouvoirs protecteurs contre les forces démoniaques.

 

La fonction purificatrice du son

 

Depuis toujours, les hommes ont opposé aux êtres maléfiques une résistance par le son. Dans les monastères, des clochettes en or, en argent, en cuivre ou en fer, répondant au joli nom de « tintinnabula », étaient suspendues à des montants de bois. On les frappait avec des marteaux miniatures nommés clipotiaux et leur sonorité cristalline dissipait les énergies malfaisantes.

 

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Les cloches rythmaient l'existence humaine, prévenaient le peuple en cas d'invasion ou d'épidémie, annonçaient les fêtes, les évènements graves (bourdon) et les incendies (tocsin).

 

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La croyance populaire prétendait qu'elles chassaient les tempêtes, les esprits infernaux et les sorcières.

 

Les voyageurs égarés dans la baie du Mont Saint-Michel percevaient avec soulagement la voix grave de la « cloche des brouillards ». Depuis le Moyen-âge, l'imposante dame de bronze rassure et protège les randonneurs et les pèlerins, les pêcheurs surpris par les brumes et les vagues montantes.

 

En sonnant l'Angélus, les cloches éloignaient les démons de l'air, les fées maléfiques et les esprits tourmenteurs.

 

Bien que le langage mystérieux des « semeuses de prodiges » soit souvent voilé par le bruit quotidien, le temps des légendes n'est pas encore révolu...

 

Les animaux magiques

 

En Alsace, dans les Vosges et les régions du Rhin, c'est le lièvre de Pâques ou Osterhase qui apporte les oeufs dans les jardins. Le jour de Pâques, ce lièvre réputé sorcier est souvent doué de parole.

 

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Les immigrants allemands ont introduit en Pennsylvanie au XVIIIe siècle la vogue de ce lièvre magique. Au XVIe siècle, dans la littérature germanique, le lièvre de Pâquesétait un pourvoyeur en cadeaux. Il récompensait les enfants sages en leur offrant des oeufs peints et des friandises.

 

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Dans la mythologie chinoise, le lièvre herboriste se love au creux de l'astre lunaire. Dans les pays anglo-saxons, il cueille les fleurs sauvages et prépare des élixirs guérisseurs. Cet animal qui naît les yeux ouverts est considéré comme un initiateur. Avatar et familier d'Ostara, il est également associé au dieu égyptien Osiris, seigneur de la résurrection des morts.

 

 

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Le Coq de Pâques pond des oeufs couleur de ciel et de soleil, les cocognes.

 

Cet oiseau totem trône à la pointe des clochers, dominant les paysages comme une vigie céleste. Girouette scintillante de rosée que le souffle du vent fait danser ou oiseau dardant son cri vers l'aube, il est celui qui préside à la résurrection du jour.

 

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Dans la Gaule celtique, le coq était consacré à Lug/Mercure, le dieu des routes et des chemins, créateur des arts. La racine du nom Lug signifie « lumière ».

 

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Sur des plats d'argent ou des stèles de pierre, il accompagne le Mercure gaulois et sa parèdre Rosmerta, déesse de la fécondité.

 

Dans la Grèce ancienne, des troupeaux de coqs sacrés vivaient dans les sanctuaires du dieu de la médecine. Asclépios associait les pouvoirs de la lumière, de l'hypnose et les vertus des plantes pour guérir les maladies et, d'après la croyance, le coq décelait l'emplacement des meilleures plantes médicinales. Son regard hypnotisait les malades et guérissait les problèmes oculaires.

 

Il apaisait aussi les douleurs dentaires, calmait la fièvre et faisait cicatriser les blessures avec son sang.

 

Autrefois, le jour de Pâques, les mères priaient le dieu coq pour qu'il accorde une santé de fer à leurs enfants.

 

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Oracle des dieux, il ressuscite l'aurore après la nuit. Le matin de Pâques, on observait les couleurs de son plumage et on écoutait son chant avec une attention toute particulière.

 

D'après la croyance populaire, il repousse les attaques du démon mais il possède aussi un double monstrueux: le basilic.

 

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Né, selon les bestiaires du Moyen Age, d'un oeuf de coq couvé par un crapaud, cet être maléfique, dont le nom signifie « petit roi », est doté d'une tête et d'ergots de coq, d'une queue de serpent formant une sorte de dard et d'une paire d'ailes de dragon ou de chauve-souris. De nombreux basilics figurent sur les chapiteaux des églises et des abbayes romanes.

 

Il darde sur ses proies un regard meurtrier et, pour le détruire, il faut lui renvoyer son image à l'aide d'un miroir.

 

Mais la magie de Pâques éloigne les êtres monstrueux et réveille des figures protectrices, gorgées de sève païenne. Le lièvre et le coq, ainsi que nous l'avons vu, et bien d'autres animaux constituent un savoureux bestiaire, lié à la distribution des oeufs.

 

Dans le Tyrol, une poule fée pond les oeufs colorés au pied de l'arc-en-ciel et les dissimule autour des maisons. En Westphalie, un renard découvre des oeufs dans la forêt. Il les roule dans la rosée et les amène dans les jardins. En Suisse, les nids des coucous recèlent des oeufs colorés qui portent bonheur. En Thuringe, le matin de Pâques, une cigogne perchée sur le clocher de l'église distribue des oeufs couleur de soleil. Pendant ce temps, une autre cigogne cache des oeufs en chocolat dans les jardins avec la complicité des...papillons.

 

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L'agneau de Pâques, symbole de douceur et d'innocence.

 

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L'osterlammele ou agneau pascal immaculé est une pâtisserie traditionnelle alsacienne qui se lovait jadis dans un nid de paille. Ces agneaux couverts de sucre glace et agrémentés d'un petit étendard multicolore, font les délices des gourmands depuis le Moyen-âge.

 

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Les chats de Pâques symbolisent l'esprit des futures moissons.

 

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Mais après ce voyage dans la symbolique et les traditions de Pâques, il est bien temps de se régaler, non?!

 

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Sous leurs décorations chatoyantes, les oeufs sont les symboles du mystère de la vie, ce mystère dont l'enfant est l'emblème. Le folklore de Pâques est peuplé de récits initiatiques où les messagers d'une époque païenne viennent, sous la forme d'animaux fées, offrir des cadeaux et des connaissances aux humains.

 

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L'oeuf se pare de vertus miraculeuses liées à la résurrection du Christ dont un des symboles animaliers n'est autre que le phénix, oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres en prenant la forme d'un oeuf pour s'élever vers le soleil.

 

Post Scriptum

 

L'article que vous venez de lire est une petite partie d'un livre que j'ai écrit il y a quelques années. Passionnée par le folklore et les traditions populaires, j'ai pu, grâce aux accréditations dont je disposais pendant ma thèse d'Histoire de l'Art, explorer les arcanes de la Bibliothèque Nationale de France. J'y ai exhumé des trésors: cahiers d'ethnologie du XIXe siècle, grimoires de la fin du Moyen-âge, dessins d'animaux et d'arbres de Pâques datant du XVIIe siècle...

Je ne peux exposer ici l'intégralité de ces recherches car mon ouvrage fait environ trois cents pages...

Il a sommeillé dans un tiroir pendant plusieurs années, en raison de problèmes de santé mais en ce printemps 2012, je l'ai redécouvert avec émotion et j'espère le mener à son terme, pour l'année prochaine, qui sait!

Je voulais partager avec vous certaines de ces traditions et j'ai donc sélectionné celles qui me semblaient être les plus représentatives de « l'esprit de Pâques ».

 

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Je vous souhaite de Joyeuses et Gourmandes Pâques!

 

Image52b.jpg Cette note colorée est l'oeuvre de Christophe, mon mari, passionné de bougies. Il m'a offert ces oeufs et ces fleurs de cire, façonnés avec amour. Il utilise de la cire purement végétale et des colorants naturels...


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Publié le par maplumefee
Publié dans : #deesse, #digitale, #fee, #fleur, #rose

  Et si nous nous promenions dans les jardins de Flore...

 

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Déesse des fleurs dans la Rome antique, Flore nous offre des trésors de couleurs et de fécondité alors que tombent les feuilles...

 

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De sa corne d'abondance jaillissent de flamboyantes beautés.

 

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Dans la lumière du soir, un air vif fouette le sang, annonçant déjà l'hiver mais les roses d'automne nous offrent une parenthèse enchantée.

 

 

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La Dame Blanche... fleur fantôme et pourtant si charnelle...

 

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Une mini forêt se dévoile, en tournant les pages d'un carnet de promenades.

 

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Le rouge et le blanc, couleurs alchimiques évoquant l'union des contraires, la passion charnelle et la virginité, les visages de la lune et de la féminité.

 

 

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Dans le Jardin du Palais-Royal, les Grâces se sont incarnées. Elles représentent la pureté, la sagesse, la Mère Universelle...

 

 

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Les Trois Soeurs

 

Les roses blanches musquées sont associées à la nouvelle lune, propice à la purification et à la magie, à l'Autre Monde des Celtes et des esprits de la Nature.

 

 

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A l'instar de l'anémone et du mûrier, la rose est née d'une effusion de sang. Quand la déesse Aphrodite s'est piqué le doigt, les premières roses blanches se sont métamorphosées.

 

Dans le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, la fleur de Cupidon apparaît comme une des plus puissantes herbes magiques. Dans l'ancienne Angleterre, lors des célébrations de Midsummer (le solstice d'été), la rose était la fleur primordiale, gardienne des clans, des passages vers les anciens mondes et des secrets.

 

 

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Un petit bout de Nature où caracolent sûrement quelques fées. Le lieu regorge de moineaux facétieux, gourmands et très habiles à se cacher.

 

 

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Soleils fuchsias

 

Le dahlia est une fleur magnifique, originaire d'Amérique Centrale, des hauts plateaux du Mexique et du Guatemala. Il en existe plus de 40000 variétés, de formes et de tailles très diverses.

Il était cultivé par les Mayas et les Aztèques qui le nommaient « acocotli », c'est à dire « canne à eau ».

 

 

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Sub rosa: « sous le sceau du silence »...

 

Lors des festins antiques, quand on échangeait des propos sous une rose suspendue, on se plaçait sous la protection d'Harpocrate, le dieu du silence. Le secret des mots partagés était alors de mise.

 

 

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Les fées ont laissé, bien en évidence, leurs bouquets de mariées, le temps de s'ébattre et de comploter, dans les allées du Parc Monceau. Gare à ceux qui s'aviseraient de vouloir dérober ces merveilles roses!

 

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En toute fleur sommeille une enchanteresse prête à souffler ses sortilèges...

 

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Y aurait-il une porte derrière ce bosquet, ovale comme un oeil de chat?

 

Une odeur sucrée monte dans l'air. J'imagine Flore et son parèdre Faunus, lovés dans la fraîcheur mystérieuse.

 

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Eôs, l'Aurore aux doigts de rose, dessine ses pensées le long du chemin...

 

 

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Des couleurs qui se respirent...

 

 

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Châtelet, le territoire des roses

 

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Avec leurs pétales soyeux et leurs ondulations frissonnantes, les roses évoquent les mystères de la féminité. Le rouge et le blanc mélangés engendrent des nuances douces et voluptueuses, à caresser du regard...

 

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Eclosion de flamme

 

 

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Calices de fées, gants de sorcières, moufles de lutins...

 

La digitale pourprée se dévoile dans les squares, à l'abri de l'agitation urbaine. Prenons le temps de la contempler et de décrypter les dessins mystérieux qui tapissent l'intérieur de ses clochettes. Une écriture hantée, peut-être...

 

(Pour connaître davantage de détails au sujet de la digitale, vous pouvez consulter mon article dans ce blog.)

 

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Entre mars et septembre, la digitale est appréciée par les abeilles qui y récoltent un nectar capiteux et vénéneux mais la proportion de miel de digitale que l'on peut trouver dans une ruche est généralement limitée.

 

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La pensée est une petite fleur rêveuse, au visage bien dessiné, qui symbolise le souvenir. Elle travers les saisons avec force et délicatesse, dans sa jolie robe de velours.

 

Dans l'Angleterre élisabéthaine, elle appartenait à un herbier magique et portait des noms pittoresques: « love-in-idleness », « heartsease », « amuse-coeur », « rose-coq », « trois-têtes-sous-un-chapeau »...

 

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Tutti frutti...

 

 

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La fleur d'Iris, la messagère des dieux, dans la mythologie grecque, à la fois compagne et personnification de l'arc-en-ciel.

 

Dans les reflets « irisés » de ses pétales, le folklore prétend qu'à la nouvelle lune, on peut apercevoir, à la clarté d'une chandelle, une fée qui révèle les secrets oubliés.

 

Vénéré dans l'Egypte ancienne, symbole de pouvoir et de royauté, emblème de connaissance, l'iris fut stylisé en fleur de lys héraldique.

 

Il est doté d'un rhizome, grosse racine gorgée d'éléments nutritifs et irriguée par des radicelles (petites racines courantes) qui forment des touffes et des noeuds. Très prisé en parfumerie, ce rhizome permet d'obtenir une essence aromatique jadis appréciée par Catherine de Médicis.

 

Au XVIIe siècle, le rhizome séché était pilé pour obtenir une poudre au délicieux parfum de violette, bénéfique pour la peau et les cheveux.

 

 

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Au chevet de la cathédrale Notre-Dame, les roses sont reines. La lumière et les ombres tissent leurs sublimes atours. Si nous prêtons l'oreille à leurs chuchotements, nous entendrons peut-être les légendes du vieux Paris, les sabots des licornes et le souffle des dragons...

 

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