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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #balai, #Falero, #hallowed, #nuit, #Pénot, #sorciere

 

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Albert-Joseph Pénot (1862-1930), La Sorcière ou Départ pour le Sabbat, 1910

 

Je ne peux résister, aujourd'hui est un jour spécial... aussi je « déroge » amicalement au thème du train que j'ai traité la semaine dernière et j'ajoute une farandole d'illustrations que vous pouvez collecter si vous le désirez. Comme je le fais chaque 31 octobre et en dépit de tout ce qui nous accable cette année, j'ai voulu laisser palpiter mon inspiration...

 

Pour les personnes qui le souhaitent, rendez-vous chez nos aminautes Fardoise et LilouSoleil pour la suite du thème du train. Vous ne m'en voudrez pas de ne pas poursuivre dans ce thème. Le 31 octobre je célèbre traditionnellement la période avec mon écriture.

 

 

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Tableau du Samedi chez Fardoise et Lilou, en souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées...

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

 

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Aujourd'hui, c'est ma fête préférée, le jour sacré de Samhain, la fascinante Samhain des Celtes, un territoire d'inspiration fabuleuse et tous les ans, je la célèbre tant elle fait partie de mon imaginaire et de ma réalité...

 

J'adore Samhain, j'adore Halloween, j'adore le thème des Sorcières et leur imagerie ambivalente et complexe. J'assume complètement la joie ressentie en me faisant traiter de Sorcière un jour par une personne qui croyait me blesser... Cendrine la Sorcière avec sa passion pour les potions, les plantes, la phytothérapie, avec sa drôle de pathologie et son épilepsie en a été réjouie !

 

Samhain déploie ses ailes membraneuses et les Sorcières vrombissent, excitées de s'envoler dans le ciel de tempête pour aller festoyer dans les lieux sacrés sous l'obédience des Anciens Dieux ! Tant d'histoires fascinantes sont à écrire... Je me sens emportée par cette énergie particulièrement forte, ce flux de sève rouge qui monte en vagues au creux du ventre !

 

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Luis Ricardo Falero, Une Fée sous le ciel étoilé

 

Sorcières, Enchanteresses et Séductrices dans l’œuvre de Luis Ricardo Falero...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/sorcieres-enchanteresses-et-seductrices-dans-l-oeuvre-de-luis-ricardo--a175408766

 

Dans le chant de Samhain, j'explore mon côté Dark Créatif, je me laisse porter par les vents étranges et voraces de la période. En étudiant le folklore, on perçoit la filiation entre Samhain, Halloween et nous... Dans Halloween, il y a plein de choses inhérentes à nos propres traditions.

 

J'insiste sur ce fait car tous les ans j'entends « ce n'est pas une fête à nous, elle n'a aucun rapport avec nous, elle est commerciale, importée, elle fait peur, elle est moche, je n'aime pas... »

 

Le texte qui suit, fruit d'un long travail de recherches, est un texte que j'ai écrit dans le cadre de mes études doctorales. J'étais déjà passionnée par Halloween et je n'ai cessé de l'être par la suite.

 

L'année celtique commence dans la nuit du 31 octobre, quand s'ouvrent les portes de Samain dont Halloween est la résurgence. Elle se divise en deux périodes: une période sombre qui s'écoule de Samain à Beltane, (du 31 octobre au 30 avril), et une période claire qui s'étend de Beltane à Samain, (du 30 avril au 31 octobre).

 

Célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, principalement aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons mais pas seulement, Halloween plonge ses racines complexes dans les croyances et la mythologie celtiques. Elle réveille aussi un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

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Bateau Fantôme, image Pinterest

 

Au XIXe siècle, ayant survécu à la christianisation sur le Vieux Continent, les traditions de Samain furent transportées en Amérique du Nord par les Irlandais, les Écossais et les Gallois. Les émigrants irlandais furent contraints par millions de quitter leur pays, en raison de la famine qui y sévissait. Leurs traditions s'implantèrent donc dans le Nouveau Monde et s'adaptèrent, avec certaines contradictions, aux contraintes de cette terre en friche, creuset de populations variées et de religions multiples.

 

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Samain, qui signifie « réunion », désigne la nuit mystérieuse qui ouvrait les portes de l'année sombre. Appelée aussi Samhain, Soween ou Oiche Shamhna: « la nuit de la fin de l'été » en Irlande, Samhuinn en Écosse, Samon ou Samonios en Gaule, elle rassemblait les tribus celtes autour de grands brasiers.

 

Elle se ranimait, cycliquement, quand les puissances de l'obscurité déferlaient sur le monde humain. Très ancienne fête des récoltes émanant de rites agraires du Néolithique, elle célébrait, de manière flamboyante, l'entrée dans le monde de l'hiver.

 

Dans la pensée celtique, la nuit venait avant le jour. La lumière et la vie jaillissaient de profondes abysses sur lesquelles régnait un dieu des ténèbres nommé Orgos ou Dir Atir.

 

Dans la Guerre des Gaules, VI, 18, Jules César relate que les Celtes « placent les anniversaires, les commencements des mois et des années de telle façon que le jour fait suite à la nuit ».

 

Quand les Celtes s'implantèrent sur les territoires de l'Europe Centrale, ils associèrent aux croyances locales leurs conceptions religieuses. Ils divisèrent l'année en deux grandes périodes et en 12 mois lunaires de 28 jours. Un treizième mois intercalaire permettait la coïncidence des cycles lunaire et solaire et chaque mois « sélène » portait un nom particulier, réceptacle de magie et de mystère.

 

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Le Calendrier de Coligny, grande table de bronze de la fin du IIe siècle après J.-C, fut retrouvé dans l'Ain, en novembre 1897.

 

Ce calendrier luni-solaire, qui couvre une période de cinq années, nous éclaire au sujet des connaissances astronomiques des Celtes et de leur conception particulière du temps.

 

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D'après les anciennes croyances, à l'orée de Samhain, le voile entre le monde humain et le monde des esprits s'amoindrissait. Trois jours avant la nuit fatidique et trois jours après, les populations festoyaient autour de grands feux pour bannir les créatures dangereuses qui hantaient l'obscurité mais certaines célébrations pouvaient s'étendre sur une durée de 31 jours.

 

À la période de Samain, la communication avec le Sidh, l'Autre Monde de la tradition celtique, était favorisée. Intimement lié à la féerie, aux dieux et aux esprits, cet Autre Monde était accessible à des êtres porteurs d'étranges marques de naissance, détenteurs d'un don ou frappés d'épilepsie. Les héros et les êtres au sang vif étaient aussi happés sur ces mystérieux chemins.

 

Inversement, des êtres surnaturels et des créatures inquiétantes, venus du Sidh, pouvaient pénétrer dans le monde humain.

 

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Enfants costumés pour Halloween, photo ancienne, trouvée sur Pinterest

 

La première nuit de l'année était accueillie avec la volonté de repousser les entités néfastes et d'attirer les faveurs des esprits en revêtant leur apparence par le biais de déguisements et de masques. Mais la nuit n'abritait pas que des forces maléfiques. Des êtres bienveillants et protecteurs, d'une sagesse intemporelle, y cheminaient aussi...

 

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Samhain est le temps de l'Initiation...

 

Dans la « Nuit-Jour » du 31 octobre, on investissait jadis le Nouveau Roi de l'Année Hivernale. Il devait effectuer plusieurs épreuves dans un lieu sombre (réseau de galeries souterraines, caverne préhistorique, dolmen à couloir...) avant d'émerger dans la lumière purificatrice des flambeaux. Une fois « régénéré », il balayait un espace sacré avec un balai de bouleau (instrument magique consacré à la Déesse Blanche, maîtresse de la Lune, des esprits bienveillants, des sorcières et des chamanes.)

 

Devenu maître des rituels et des festivités de Samain, il arborait une armure en écorce de bouleau et célébrait l'année nouvelle en compagnie des ancêtres.

 

À cet égard, il sacrifiait un porc, animal psychopompe, consacré à la Déesse Mère et au dieu Mercurius Moccus. Rôtie et arrosée d'hydromel, la chair de l'animal lui permettait d'entrer en communication avec les esprits protecteurs et tutélaires de son clan.

 

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Les hostilités guerrières cessaient pendant cette période sacrée. Des incantations de protection étaient prononcées au-dessus des armes afin d'éloigner « la rouille de Samain », une substance qui corrodait les métaux et que l'on croyait née de la sorcellerie.

 

Les prouesses viriles étaient récompensées. Les guerriers affrontaient les esprits du froid personnifiés par des mannequins d'écorce, couverts de terre et de cailloux, sous l'obédience d'une déesse protectrice, gardienne des forces calendaires.

 

Les anciens Germains et les anciens Scandinaves célébraient la Troisième Moisson, sous l'égide de Hel, la souveraine d'Helheim, royaume accueillant les défunts qui n'avaient pas trouvé la mort au combat.

 

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Hel et ses frères, le loup Fenrir et le serpent de mer Jörmungand, 1905, par Émil Doepler (1855-1922).

 

Fille de Loki, le dieu trickster de la mythologie nordique, et de la géante Angrboda, Hel ou Hela est l'une des hypostases de la déesse mère Freyja. L'image de cette déesse des profondeurs fut dévoyée par les clercs du Moyen âge qui la transformèrent en une harpie ivre de sang, au visage à demi décharné.

 

Naglfar, le navire de Hel, est construit avec les ongles des défunts. Dans les civilisations anciennes, l'utilisation des ongles et des dents évoquait le passage vers d'autres mondes. Dans plusieurs régions de France, (Berry, Yonne, Morvan, etc...) on enterrait des rognures d'ongles sous certains arbres pour obtenir la guérison d'une maladie, apaiser la fièvre ou rendre hommage aux défunts.

 

Les Vikings érigèrent des tombes naviformes et donnèrent à certaines pierres levées une apparence de navire, en l'honneur de Hel.

 

 

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Coutumes populaires et Magie de Samhain

 

Bien que considérées, par certains auteurs, comme des scories de l'Antiquité, les coutumes de Samain se sont perpétuées avec force dans l'Europe du Moyen âge, de la Renaissance et bien au-delà.

 

La tradition préconise d'allumer la « chandelle des âmes » pour montrer aux défunts « débonnaires » la voie souhaitée et de placer autour des lits des fèves, des graines de fenouil et des brins de lavande pour éloigner les présences non désirées.

 

On laisse également de la nourriture sur la table familiale, sur le seuil de la porte ou devant la cheminée, pour les esprits du lieu qui dansent à travers les flammes ou qui émergent de la terre glacée.

 

Il est fortement déconseillé de balayer après le coucher du soleil pendant les trois jours qui suivent le 31 octobre car, à cette période, le balai domestique détient le pouvoir d'absorber les esprits familiers, protecteurs du foyer. Seul le balai de sorcière, rituellement consacré à Aradia, Dame lunaire des croisées de chemins et avatar de la sombre Hécate, pouvait être utilisé.

 

On ne doit ni coudre, ni filer, ni laver le linge, de crainte que les couturières, les fileuses ou les lavandières de nuit (âmes errantes, damnées et carnassières) jettent des sorts aux vivants et sucent leur sang pendant le sommeil.

 

De nos jours, les anciens rituels se lovent dans les coutumes populaires. Les citrouilles ciselées, décorées avec de petites bougies et promenées dans les rues sont autant de visages protecteurs destinés à faire fuir les êtres maléfiques.

 

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De Samhain à Halloween

 

Samhain survécut, malgré l'évangélisation croissante, dans les rituels et les croyances des « gens de la terre ». Elle vogua sur des eaux tumultueuses, rejoignit les côtes américaines et se répandit dans les villes où elle s'affirma comme un carnaval des âmes, à la croisée de l'automne et de l'hiver.

 

 

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Halloween et la Toussaint

 

L'église Catholique institua la fête de la Toussaint pour lutter contre les célébrations païennes d'Halloween mais elle échoua dans sa tentative d'annihilation des anciennes croyances.

 

La Toussaint, par le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage (1848-1884), musée des Beaux-Arts de Budapest.

 

Originaire d'Orient, la Toussaint signifiait la commémoration de tous les martyrs et fut initialement célébrée le premier dimanche après la Pentecôte.

 

En 608, l'empereur byzantin Phocas céda au pape Boniface IV le Panthéon de Rome, temple païen dédié à tous les dieux, qui avait été saccagé par les barbares en 410. Le pape transforma les lieux en une église dédiée à la Vierge et aux saints martyrs et la tradition rapporte qu’il y fit transporter vingt huit chariots d’ossements saints collectés dans les cimetières et les catacombes de Rome. Le 13 Mai 609, jour de la dédicace de la nouvelle église, il institua la fête de la Toussaint, en l’honneur des saints martyrs, pour supplanter les Lemuria, fête romaine au cours de laquelle on honorait les Ancêtres.

 

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Image Pinterest

 

En 835, Grégoire IV introduisit la Toussaint dans le calendrier liturgique à la date du premier novembre et l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, instaura la fête dans tout l'empire carolingien, sur la requête du pape.

 

Fête de tous les saints, connus ou inconnus, la Toussaint précède la Fête des Morts, initiée le 2 novembre 998, par l'abbé Odilon de Cluny. Héritière des festivités de Samain et du culte romain des défunts et des dieux familiers, la Fête des Morts est souvent confondue avec la Toussaint.

 

 

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Noms et Étymologie d'Halloween

 

« Hall » est lié à la racine germanique « hel », qui a donné le mot anglais « hell » signifiant « enfer », mais ces termes ne doivent pas être interprétés dans un sens chrétien.

 

Halloween, que l'on appelle aussi Hallowmas, est la contraction des termes suivants:

 

« Hallowed Even » signifiant « Nuit Sacrée ».

 

« Alls-Souls-Eve » signifiant « Veille de toutes les âmes ».

 

« All Hallow's Eve ou Evening » signifiant « Veille de la Toussaint ».

 

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Dans la nuit d'Halloween, la gourmandise, la joie et le partage s'entrelacent au cœur d'un étrange univers, celui des cauchemars nourris des peurs de l'enfance, cataclysmes émotionnels qui nous aident à grandir. Les peurs rôdent, personnifiées dans les ombres étranges, les bruits qui caracolent et les accessoires qui composent un autre nous-même, à la fois rebelle et monstrueux.

 

A l'instar des récits de veillée, elles favorisent la transmission des secrets et perpétuent une forme de connaissance orale traditionnelle qui nous prépare à affronter le monde de l'hiver.

 

Les peurs jaillissent mais dans la nuit « hantée » les flammes des bougies repoussent les créatures de l'obscurité. Crinières dansantes dont la chaleur ranime les feux d'antan, allumés à la limite des villages et des villes pour repousser ce qui venait des lieux sauvages, des terres inexplorées, peuplées de bêtes voraces et d'esprits tourmenteurs.

 

Dans les pays anglo-saxons, les enfants et les adultes, costumés et masqués, défilent dans les rues en brandissant des lanternes, des balais de sorcière et différents objets magiques. Les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent la phrase consacrée « Trick or Treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort! » Messagers ludiques du monde des esprits, ils reçoivent des sucreries et de l'argent dans un sac ou dans un petit chaudron.

 

Des citrouilles évidées et sculptées, garnies de bougies, défient devant les maisons l'obscurité de la nuit. Ce sont les Fruits-Visages et les Lampes d'Halloween.

 

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Citrouilles et Lanternes d'Halloween (avec la Légende de Jack O'Lantern)

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/citrouilles-et-lanternes-d-halloween-a119157230

 

Sous l'obédience des ténèbres et des feux d'Halloween, la Sorcière de Pénot, initiatrice de cet article, me séduit au plus haut point, ainsi que la femme chauve-souris, du même artiste... Ces beautés gothiques me happent vers des mondes qui me plaisent infiniment...

 

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Peintre français qualifié d'Académique, Albert-Joseph Pénot (1862-1930) a essentiellement peint des nus féminins et des scènes d’intérieur. Son art est méconnu car il a créé des personnages qui annoncent, avec grand talent, les représentations des Comics et des Romans Graphiques.

 

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La femme chauve-souris, vers 1890, une allégorie de Nyx, la Déesse de la Nuit...

 

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Imprégné d'une très puissante symbolique, le BALAI fait partie intégrante des ustensiles privilégiés de la Sorcière.

 

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©Witch Tarot, La Lune... (J'adore l'image du chat noir qui se contemple dans l'eau lunaire et voit son reflet en panthère...)

 

Les Sorcières exercent en effet leurs pouvoirs par l'intermédiaire de certains objets, indissociables des activités domestiques et qui revêtent, dans la conscience collective, bien injustement, une connotation maléfique ou ambiguë. Catalyseurs des énergies complexes que les sorcières manipulent, ils sont associés, en fonction de leur nature et de leur utilisation, à l'eau (balai), à l'air (baguette), à la terre (bâton) ou au feu (chaudron).

 

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©Lisa Parker

 

Ustensile de ménage, le BALAI est réputé depuis le XVe siècle accompagner les sorcières dans leurs déplacements nocturnes et transmettre maladies et maléfices. Brocardé par les inquisiteurs et les magistrats pontificaux, il devient la monture infernale par excellence voire le signe d'appartenance de la femme à une communauté de sorcières.

 

Accusée de le graisser d'un onguent magique confectionné par ses soins ou octroyé par le Diable au premier sabbat en guise de "cadeau de bienvenue", la sorcière dénudée ou parée d'un habit de circonstance, fixe sur le manche luisant de son balai une chandelle allumée, prononce un mot de passe magique ou une formule enchantée et s'échappe dans les airs par le conduit de la cheminée. Seule ou en horde, elle vole dans le ciel nocturne, traversant le temps et l'espace pour se rendre en un lieu isolé où doit se dérouler le sabbat.

 

Les populations d'autrefois se méfiaient des balais qui changent mystérieusement de place. Elles les croyaient habités par des démons ou par le Diable lui-même et redoutaient ceux que les sorcières placent auprès de leurs conjoints la nuit pour leur dissimuler leur absence.

 

Le balai de sorcière est généralement constitué d'un manche en frêne, de ramilles de bouleau et de liens de saule ou d'osier.

 

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Ida Rentoul Outhwaite (1888-1960), La Sorcière des Contes

 

Plusieurs dates dans l'année sont propices à la création de balais magiques et cérémoniels. Vers le 15 avril, les sorcières attachent les ramures d'un jeune saule à une branche de prunellier...

 

Le balai est avant tout autre chose un accessoire purificateur, utilisé pour nettoyer l'espace avant d'y établir un cercle sacré. Il est réputé attirer la chance, lever le vent bienfaiteur, dissiper les tempêtes et refouler les esprits malfaisants. Il permet de contrer la malchance. Il est associé à la venue du printemps et à la protection du foyer. Les jeunes mariés, dans le folklore de plusieurs pays, sautent par-dessus un balai avant de rejoindre leur habitation.

 

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Luis Falero, Le Sabbat des Sorcières, 1880.

 

Dans l'esprit des inquisiteurs, l'utilisation du balai ne pouvait être liée qu'à de basses tâches. Autrement dit, le balai était censé « river » la femme à une fonction de soubrette en son propre foyer. La femme qui décidait d'utiliser le balai sur un plan « autre » et se livrait à des activités spirituelles échappant aux dogmes de l'église était donc perçue comme une sorcière...

 

Les Sorcières évoluent dans les airs, juchées sur leur balai devenu instrument de pouvoir et monture privilégiée pour leur sensuelle féminité. Sur terre, elles pourraient se trouver près d'un chaudron...

 

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Image trouvée sur Pinterest

 

LE CHAUDRON est un ustensile culinaire qui devient le lieu d'une transformation alchimique. Il est considéré comme l'Athanor des Sorcières.

 

Les chaudrons celtiques ont un rapport symbolique avec le chaudron de Dagda, le dieu père, l'Omniscient... Ce sont des récipients magiques, sacrificiels où plongent les initiés, où se régénèrent les corps et les âmes. Mais ce sont aussi des vortex ouverts sur une connaissance magique et mythologique. Les chaudrons permettent la communication entre le monde humain et celui du Sidhe ou Autre Monde Celtique.

 

Le chaudron divinatoire est un chaudron tripode rempli d'eau claire. Pendant la nuit de Samain/Halloween, on fait couler du blanc d'oeuf à la surface. Les gouttelettes qui se forment ont une fonction divinatoire. Ce procédé est appelé Ciromancie.

 

Pendant la nuit d'Halloween, on lit des présages dans de l'eau issue de trois sources ou de trois rivières, eau versée dans un chaudron de terre ou de métal noir, posé à un carrefour ou à une croisée de chemins et encadré par quatre chandelles rouges ou noires. On fait couler des gouttes de cire à la surface du liquide versé.

 

Dans le chaudron, la sorcière fait cuire ses potions et ses mixtures. Elle prépare ses philtres et ses élixirs, des "mélanges d'abondance" qu'elle remue grâce à une cuiller en bois de charme.

 

 

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Les fonctions symboliques du Chaudron

 

Il sert à la Transmission des Secrets

 

Il est lié à la Régénération saisonnière des forces de Vie

 

Il agit comme un Miroir de Divination

 

Il favorise l'Inspiration, la Clairvoyance et la quête de Connaissance

 

Il est utilisé pour créer des potions et des philtres

 

Il permet de préparer la nourriture des Dieux

 

Il est associé à la Mort et à la Résurrection

 

Il agit comme une Porte entre les Mondes...

 

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© Tarot Chrysalis

 

 

LE BÂTON

 

Le bâton permet à la sorcière de commander aux esprits et aux éléments, de chevaucher dans les airs jusqu'aux lieux de sabbat, de battre l'eau des chaudrons magiques, des sources, des mares, des fontaines pour faire venir orages, grêle, démons de l'air...

 

Le bâton protège les voyageurs, repousse les revenants (en bois de sureau), empêche les élémentaux de voler le lait et le beurre (en bois de sorbier), favorise la connaissance des choses secrètes (en bois de hêtre), attire la chance (en bois de pêcher), suscite la guérison et la prospérité (en bois de pommier), exerce une action bénéfique sur les cultures et le bétail (en bois de poirier)...

 

 

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LA BAGUETTE

 

Associée à l'élément Air, elle est depuis l'Antiquité la plus ancienne, un objet de pouvoir et l'instrument d'invocation par excellence dans les rites magico-religieux.

 

Baguettes de prêtres, de magiciens, de sorcières ou de fées qui servent à dessiner sur la terre des cercles et des symboles magiques, à délimiter dans le ciel un espace sacré, à "attirer" l'énergie émanant d'un lieu ou d'un monument particulier: cromlech, bétyle, obélisque, allée couverte, dolmens, menhirs...

 

Dans l'Antiquité égyptienne et gréco-romaine, on trouvait des baguettes en forme de serpent.

 

Instrument fétiche des sorcières, la baguette est utilisée pour mélanger les potions à l'intérieur du chaudron.

 

Dans la culture populaire, des baguettes protectrices du bétail étaient utilisées par les bergers et les bergères. Elles étaient associées à des incantations proférées contre les loups, incantations appelées "gardes".

 

Dans le Berry, haute terre de sorcellerie, on trouvait des baguettes en coudrier que l'on cueillait le Vendredi Blanc, soit neuf jours avant Pâques. On enlevait leur écorce, on les associait en nombre impair et on les attachait en de petits faisceaux. Puis elles étaient apportées par les bergères à l'église pour être guisées, c'est à dire sculptées par leurs prétendants.

 

Les baguettes étaient coupées à certaines périodes de l'année et lors de certaines phases lunaires... En Nouvelle Lune, à la Pleine Lune, "au croissant de la Lune de Mars", en période de Lune Rousse, le dimanche des Rameaux, le dimanche de Pâques, le Vendredi-Saint, le 5 Février, jour de la Sainte-Agathe, le matin de la Saint-Jean... On récoltait les branches avec un couteau neuf, une lame d'or ou de cuivre, d'un coup vif après s'être "adressé" généralement à l'arbre concerné par le biais d'une incantation.

 

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©Arcanum Tarot

 

Les branches collectées devenaient des baguettes investies de pouvoirs que les prêtresses et les prêtres de l'Antiquité, les sorcières et les magiciens réveillaient, grâce à des rituels et des charmes dont le souvenir demeure ancré dans les vieux grimoires...

 

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LA JARRETIERE ET LES NOEUDS

 

Les Sorcières utilisaient des Jarretières et des Cordes à Noeuds pour créer des charmes d'amour. Les Cordes à Nœuds, associées aux voies secrètes du Destin, permettaient aussi de contrôler les éléments, de susciter les tempêtes ou de repousser les vents violents, de guérir des maladies fébriles, de faciliter l'accouchement, sous l'obédience de déesses anciennes, comme la déesse romaine Junon Licinia...

 

Le motif des nœuds est récurrent dans les grottes ornées, sur les reliefs rupestres de la Préhistoire, dans l'art Celte...

 

Le nœud d'Isis, déesse magicienne de l'Égypte ancienne est parvenu jusqu'à nous, symbole gravé, incrusté ou peint sur des sarcophages, des statues, de nombreux monuments... Précieuse amulette, souvent sculptée dans la cornaline ou le jaspe rouge, pierres liées au sang, qui forme une sorte de croix Ankh ou croix de vie.

 

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L'Impératrice, ©David Higgins

 

« Que ce Nœud me relie à toi, Déesse

Par la vie qui est dans mon corps,

Par la profondeur de mon âme,

Par l’étendue de ma conscience

Par le feu de mon esprit

Qu’il m’unisse à toi avec amour »

 

Texte issu du livre Offering to Isis de M. Isidora Forrest.

 

 

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The Magician, ©Tarot des Créatures Fantastiques

 

La Sorcière emploie des petites CLOCHES et des CLOCHETTES en cuivre, en laiton, en cristal, en verre, en bois... pour appeler les esprits au cours des rituels et des cérémonies et les renvoyer quand la magie est accomplie.

 

La clochette agit comme le carillon Feng-Shui dont la musique cristalline dissipe les ondes néfastes qui s'accumulent dans une pièce ou au-dessus de la porte d'entrée.

 

Elle coupe les herbes et les plantes qui serviront aux rituels avec des SERPES et des FAUCILLES de petite taille, des couteaux à manche blanc dotés d'une lame droite ou recourbée. La lame courbe représente le croissant de lune qui scintille dans le ciel nocturne. Le manche est généralement en os, ciselé de runes ou de glyphes de connaissance et de protection. Le fourreau est noir comme les ténèbres du secret, territoire magique des sorcières.

 

Les principales lames rituelles se nomment BOLLINE (manche blanc) et ATHAMÉ.

 

L'athamé sert à diriger vers un but donné l'énergie mobilisée pendant les rites et les incantations.

 

 

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La Sorcière pratique également le SCRYING, l'art de la divination à travers un CRISTAL ou une surface réfléchissante. La forme ronde est emblématique du pouvoir de la LUNE qui régit les visions intérieures.

 

Le terme CRISTALLOMANCIE vient du grec CRYSTALLYUS qui signifie « glace » et de MANTEIA qui signifie « divination ». On regarde à travers une matière mystérieuse qui absorbe les différentes sortes de lumières. Ainsi, les couleurs, les formes et les mouvements dévoilent un langage subtil que la Sorcière interprète...

 

Je pourrais discuter de ce thème encore longtemps avec vous mais je vais être trop bavarde... sourires !

 

Je repars donc, en maraude, avec les chats de Minuit...

 

 

 

Merci beaucoup à mon Amie Laure pour ses magnifiques cartes d'Halloween, je suis très touchée...

 

http://laurefeerie.canalblog.com

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi La Sorcière d'Halloween, une œuvre du peintre et illustrateur américain Charles Wysocki (1928-2002).

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/10/le-tableau-du-samedi-charles-wysocki-la-sorciere-d-halloween.html

 

 

Carpe Diem, les Amis ! Et vive la magie de Samhain/Halloween !

 

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Je vous embrasse bien affectueusement !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #amis, #image002, #jpg, #nice, #pensees

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qui ont payé un si lourd tribut à la rage meurtrière d'un être abject...

 

Pensées pour les victimes de l'attentat terroriste survenu en la basilique Notre-Dame de Nice, le jeudi 29 octobre 2020. Pensées pour leurs familles, leurs amis, les habitants de Nice, la communauté catholique et pour tous ceux qui éprouvent de la souffrance, de l'empathie, qui se sentent concernés par la douleur des autres, pour ceux qui aiment la Vie... Pensées également pour les musulmans qui voient des actes immondes commis au nom de leur religion et qui essaient chaque jour de vivre dans l'apaisement.

 

Pour que puissent se réparer les fils tellement écorchés de notre société...

 

Pensées d'Espoir au-delà du tunnel de l'ignominie...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #d’avoir, #jules, #poeme, #Supervielle, #vie

 

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Je veux, chers Aminautes, vous dédier cette publication et embrasser celles et ceux qui les jours derniers ont évoqué leurs baisses de moral tellement compréhensibles !

 

On va s'en rappeler de cette année 2020 !!! Allez, je veux croire en nous les Ami(e)s et me dire que nous allons retrouver des moments de joie profonde et d'apaisement, retrouver ceux que nous aimons sans menaces au-dessus de nos têtes... Cela va arriver...

 

J'ai choisi pour ce mardi un poème d'un artiste que j'aime beaucoup, Jules Supervielle (1884-1960) dont la vie a été ponctuée de grandes souffrances. Un artiste fin et sensible...

 

 

Hommage à la Vie

 

« C’est beau d’avoir élu

Domicile vivant

Et de loger le temps

Dans un cœur continu,

Et d’avoir vu ses mains

Se poser sur le monde

Comme sur une pomme

Dans un petit jardin,

D’avoir aimé la terre,

La lune et le soleil,

Comme des familiers

Qui n’ont pas leurs pareils,

Et d’avoir confié

Le monde à sa mémoire

Comme un clair cavalier

A sa monture noire,

D’avoir donné visage

À ces mots : femme, enfants,

Et servi de rivage

À d’errants continents,

Et d’avoir atteint l’âme

À petits coups de rame

Pour ne l’effaroucher

D’une brusque approchée.

C’est beau d’avoir connu

L’ombre sous le feuillage

Et d’avoir senti l’âge

Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine

Du sang noir dans nos veines

Et doré son silence

De l’étoile Patience,

Et d’avoir tous ces mots

Qui bougent dans la tête,

De choisir les moins beaux

Pour leur faire un peu fête,

D’avoir senti la vie

Hâtive et mal aimée,

De l’avoir enfermée

Dans cette poésie. »

 

Jules Supervielle (1884-1960)

 

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Jules Supervielle (1884-1960) fut orphelin à l'âge de huit mois, il grandit en Uruguay puis en France où il dévora les ouvrages de poètes comme Leconte de Lisle, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Arthur Rimbaud, Paul Claudel, Jules Laforgue ou encore Walt Whitman. Voyageur dans l'âme et amoureux de l'Amérique Latine, il se passionna pour l'étude des langues. Il vécut tantôt en Uruguay, tantôt en France et chercha, tout au long de sa vie, à établir un dialogue littéraire et profondément humain avec ses parents, bien trop tôt disparus.

 

« Il est deux êtres chers, deux êtres que j'adore,

Mais je ne les ai jamais vus,

Je les cherchais longtemps et je les cherche encore.

Ils ne sont plus... Ils ne sont plus... »

 

Il aima la Nature à travers laquelle il chercha la présence de sa mère. Il aima explorer des paysages et se laisser porter par des rêveries intimistes. Ses amis l'appelaient le poète-voyageur et l'amour de son épouse, Pilar Saavedra, le poussa à découvrir les beautés de territoires immenses comme l'océan, les montagnes d'Amérique ou la pampa...

 

Dans chacun de ses poèmes, il s'est interrogé sur son identité d'orphelin, cherchant à sublimer le manque, le vide, l'absence qui pesaient sur lui « comme le ciel fond sur la terre »...

 

Le ciel, les chevaux, les nuages, les voiliers, les vastes étendues le fascinaient... Son œuvre se rattache à certains courants poétiques comme Le Parnasse et le Symbolisme mais elle demeure avant tout très personnelle et liée à ce qu'il qualifiait « d'entre-deux »...

 

Entre deux atmosphères, deux êtres qui éternellement lui manquèrent et dont l'absence définit la force et la subtilité de sa poésie...

 

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Je prends plaisir à illustrer ce poème avec des instants de vie, des petits riens d'automne, des feuilles, des fruits, des bouts de nature simples et précieux, qui papillonnent...

 

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Ami Héron expert en rêveries dans les jardins de Paris...

 

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L'Automne nous offre ses couleurs, le héron y songe-t-il ?

 

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De retour vers notre résidence...

 

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Et pour se réconforter en ces temps difficiles, voici un cake aux olives et aux noix fait maison sans prétention et quelques navettes aux amandes et à la fleur d'oranger...

 

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Toujours, dans le fait maison, je vous offre cette tablette de chocolat aux huiles essentielles (orange, bergamote, gingembre, mandarine) que je suis très contente d'avoir réalisée et que Christophe a beaucoup aimé déguster... Sourires !

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Prenez bien soin de vous les Amis, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #carl, #jpg, #samedi, #spitzweg, #train

BLOG en SEMI-PAUSE...

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Sur le blog de LilouSoleil pour les participations. https://lilousol.wordpress.com

 

 Pour ce samedi, le thème est « TOUS EN TRAIN »...

 

 

Merci de vos charmants messages, les Amis ! Je suis ravie de vous retrouver, par intermittence avec les pauses dont j'ai nécessairement besoin. J'ai choisi pour ce samedi une œuvre qui me séduit profondément. Elle est emblématique de l'art et de la manière Romantique du peintre et poète allemand Carl Spitzweg (1808-1885).

 

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Un gnome se tient à l'entrée d'une grotte, probablement sous une colline de féerie. Représentant du Petit Peuple et de l'élément Terre, il apparaît, vêtu d'un petit manteau à capuchon, assorti à son environnement, dans un monde de racines et de branches feuillues.

 

Croisant les bras dans son dos, il contemple le paysage, à l'orée de la lumière d'or que dessine le soleil devant son habitation. Son regard embrasse un magnifique point de vue. Le ciel, d'un bleu rythmé par de fins nuages blancs, un village que l'on devine au loin, une vallée, dans laquelle filent les wagons d'un train à vapeur...

 

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Face à la modernité que représente le train, il est l'émanation de la Magie qui perdure, la force envoûtante de l'univers des légendes, des contes et des récits de folklore. Le cadrage de l’œuvre et sa composition sont particulièrement réussis.

 

 

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Le talent de l'auteur, Carl Spitzweg s'est exprimé pendant ce que l'on a appelé « Le Style, l'Époque ou la Période Biedermeier ».

 

Entre 1815 et 1848 environ, naquit, en réaction à des temps politiques « compliqués », une forme d'art fondée sur des bonheurs simples et une manière de se moquer de la bien-pensance des membres de la bourgeoisie contemporaine. « Bieder » veut dire « simple, sans prétention » et « Meier » fait allusion à un nom de famille fort usité dans le monde allemand de l'époque. Il s'agissait en quelque sorte de parodier, avec de beaux effets, l'image idéalement harmonieuse d'une vie bourgeoise « comblée » au cœur d'un foyer répondant aux valeurs morales du patriarcat.

 

Dans le style Biedermeier, il y eut des pépites, des moments de bonheur et de grâce artistiques. Ainsi sous cette obédience, Carl Spitzweg (1808-1885), issu d'une famille de riches commerçants fruitiers, affûta-t-il ses pinceaux.

 

Grand voyageur et passionné de sciences, il étudia, de manière approfondie, la pharmacie, la chimie, la botanique. Il exerça pendant un temps le métier de pharmacien mais la passion qu'il nourrissait pour la peinture l'emporta sur ses activités. Il devint officiellement peintre à partir de 1833.

 

Il peignit de nombreuses saynètes de vie quotidienne, des promenades, des rencontres amoureuses, de belles architectures. Il aimait montrer l'enfance comme un éternel territoire de précieux petits bonheurs...

 

Je me suis laissée charmer par la vision qu'il nous propose : Ce petit gnome qui regarde passer le train... Deux univers et l'imagination en passerelle !

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi d'illustrer le thème du train avec un tableau du peintre paysagiste américain Jasper Francis Cropsey (1823-1900) : Le Viaduc de Starrucca, 1865.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/10/le-tableau-du-samedi-jasper-francis-cropsey-le-viaduc-de-starrucca-1865.html

 

 

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Très affectée et écœurée au plus haut point par l'assassinat du professeur SAMUEL PATY, je veux lui dédier les billets parus sur mes blogs ce samedi. Je n'oublierai pas de penser à lui et à ses proches...

 

Merci à tous ceux qui propagent le savoir, avec cœur et intelligence, avec une foi sans faille en notre humanité... Respect pour eux et que vive, contre l'Obscurantisme, la Connaissance, à jamais !

 

Gros bisous pour vous ! Prenez bien soin de vous...

 

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Espoir dans la Lumière d'Automne...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #blog, #mieux, #pause, #roses

 

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Belles pensées pour vous, chers Aminautes avec des roses d'automne, « butinées » dans un jardin en septembre.

 

Après une nouvelle série de crises d'épilepsie survenues mercredi et jeudi, je prends quelques jours de pause nécessaires pour « réparer » souffrances et blessures.

 

Je vous souhaite d'aller pour le mieux ainsi que vos proches et je vous donne rendez-vous dans un meilleur état.

 

Pensées pour une amie qui se trouve à l'hôpital en réanimation à cause du Covid 19... J'espère qu'elle va aller de mieux en mieux et je pense aussi à son mari. Courage les Amis...

 

Gros bisous et bon courage à tous ceux qui souffrent... Merci pour vos attentions d'amitié !

 

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Chloé, #Douglas, #jardin, #mare, #nature, #paris

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Promenades mêlées dans un jardin à la fois réel, imaginaire, intime, ouvert à soi dans l'énergie du monde... Un petit bout de Nature qui se love en harmonie au creux de la ville.

 

J'ai choisi pour ce mardi 6 octobre un poème signé Chloé Douglas, poétesse, chanteuse, danseuse... née à Londres en 1960, passionnée de Nature et désireuse d'exprimer dans ses œuvres la rencontre et la dichotomie entre les forces naturelles et la vie intense des grandes villes.

 

C'est un poème plein de charme que j'illustre avec des photos du Jardin Naturel, « territoire vert » de Paris.

 

« Parmi le vert

et la floraison

de toutes les plantes les plus belles

je flâne.

Je délibère ici

Je rêve par là.

L’heure s’arrête

ou plutôt s’étend pleinement,

se déplier et s’amplifier.

 

Ces tournoiements et ondulations soudaines

de brises d’été,

envoient tous les parfums

dans l’air chaud.

Contempler une feuille

ou le motif sur le mur

créés par des branches les plus près.

 

Ces têtes-là de fleurs dansantes

exposent délicatement

toute leur gloire.

 

Quelle simplicité à se perdre.

Et quelle aisance à respirer

doucement.

Et quelle aisance

à avoir des pensées profondes. »

 

Chloé Douglas, 1995

 

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 Au Jardin Naturel, dans le XXe arrondissement de Paris, on chemine tranquillement, on laisse aller ses rêveries...

 

Depuis 1995, ce square romantique, niché au pied au cimetière du Père Lachaise, préserve une formidable réserve de biodiversité. Il accueille, sur près de 6300 m2, une profusion de végétaux caractéristiques de plusieurs milieux naturels d'Île de France. C'est un lieu unique en son genre où règne une envoûtante palette de vert, une jungle urbaine emplie de chants d'oiseaux où s'épanouissent, autour d'une mare féerique, des massifs ébouriffés de graminées, de roses et de plantes aromatiques.

 

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J'ai souvent aimé écrire dans cette bulle de chlorophylle, ce petit coin de campagne urbaine où la vie rayonne à proximité des grands tombeaux. Mes photos ont été prises au fil des années et au rythme des saisons, d'où les différences de couleurs et d'atmosphères...

 

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A l'abri du bruit incessant de la ville, grâce aux ondulations stratégiques de la colline du cimetière du Père Lachaise et à une terrasse appuyée sur un solide escalier de calcaire, s'épanouit une prairie.

 

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Des arbres « d'eau » comme le saule marsault et l'osier blanc ou saule des vanniers, associés à des plantes d'ombre et de sous-bois : fougères, campanules, clématites, géraniums, hellébores, houblons..., encerclent la mare, émulsion de vert intense au-dessus de laquelle voltigent, à des moments privilégiés, des libellules rouges.

 

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La mare du Jardin Naturel et les différentes mares de Paris font l'objet de conférences et de visites thématiques, par petits groupes, à l'occasion des Journées du Patrimoine.

 

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La mare, ce milieu aquatique clos, est devenu un élément incontournable de ce que l'on appelle « la trame verte et bleue de Paris ». Milieu très précieux où se rencontrent d'innombrables espèces le plus souvent protégées, la mare est perçue comme un espace intermédiaire privilégié entre les eaux de la Seine et celles des lacs et des étangs. Elle se nourrit de pluie, recueille les eaux de ruissellement, protège la vie et « rafraîchit » la ville, souvent surchauffée, en favorisant le phénomène de brise.

 

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Comme vous le voyez, les couleurs sont variées, on a toujours l'impression de découvrir un nouvel endroit, je suis sous le charme !

 

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On fait de jolies rencontres et les insectes ne sont pas oubliés, avec ce mignon petit « hôtel » où ils peuvent passer l'hiver...

 

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Pour se rendre au Jardin Naturel :

 

Métro ligne 2, arrêt Alexandre-Dumas

Accès par le 120 rue de la Réunion, 75020 Paris

Ouvert en semaine entre7h30 et 17h30 (jusqu’à 22H en fonction du coucher du soleil)

Ouvert samedi et dimanche entre 9h00 et 17h30 (jusqu’à 22H également en fonction du coucher du soleil).

 

Belles pensées pour vous, merci de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #dhurmer, #symboliste, #tableau

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Sur le blog de LilouSoleil pour les participations.

 

https://lilousol.wordpress.com

 

Pour le 3 octobre, le tableau du samedi nous invite à suivre notre propre direction thématique. Quel tableau emmènerions-nous sur une île déserte ?

 

Vous vous doutez bien que j'emporterais volontiers plein de tableaux, si je le pouvais, sourires...

 

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Adorant l'Automne et le Symbolisme, j'ai choisi une œuvre que j'aime beaucoup et depuis longtemps. Elle évoque le monde imaginaire de Lucien Levy-Dhurmer (1865-1953), peintre Symboliste, mystique, énigmatique qui nous offre une « Bourrasque d'Automne » aux tons précieux.

 

« Se laisser prendre à travers feuilles

Nymphe enlacée par le vent rouge...

Danser, danser comme un esprit de Nature...

Dans un rond d'herbe sous les chênes

Fille de l'air en mouvement, des bois secrets, du temps changeant

De la forêt vers l'océan

Parmi les branches qui palpitent... »

Cendrine

 

Cette « Bourrasque d'Automne » nous emporte dans de rouges nuances enfiévrées. Cheveux et feuilles sont happés par le vent de tempête, ambivalent et fascinant à souhait ! Nous sommes saisis par cette danse écarlate et carmin rehaussée de garance et de magenta somptueux.

 

J'adore littéralement ! Les couleurs qui pulsent, la force, l'énergie de l'automne, la vigueur et la fusion entre la femme, les feuilles, la chevelure, les branches, le rouge et les nuances de la peau...

 

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L'auteur de l’œuvre, Lucien Levy-Dhurmer naquit à Alger en 1865. Il fit ses classes à Paris, à partir de 1879, à l'école communale supérieure de dessin et de sculpture du 11e arrondissement et quand il eut 17 ans, il présenta des tableaux lors d'une première exposition. Très talentueux mais peu argenté, il exerça des activités de lithographe puis de céramiste chez un maître en la matière : Clément Massier (1844-1917).

 

Il fut un peintre et un pastelliste accompli mais également un expert en faïences à reflets métalliques. Il réalisa de nombreux vases et objets variés (coupes, jardinières, vide-poches, pieds de lampes, bibelots...) ornés de fleurs, d'insectes, de chauves-souris, de faune et de flore marine, de coquillages et de rinceaux luxuriants...

Il aima profondément l'esprit Art Nouveau mais il fut par essence un artiste Symboliste. En 1894, il participa à l'exposition « Peintres de l'Âme », ouverte aux artistes les plus marquants du Symbolisme en peinture.

 

Il se lia d'amitié avec « l'écrivain flamand d'expression française » Georges Rodenbach (1855-1898) qui connut une célébrité immense avec « Bruges la Morte », roman des plus étranges et passionnants. Il réalisa au pastel, en 1895, le portrait du romancier et cette œuvre devint une œuvre de référence.

 

Il peignit tout au long de sa vie des toiles mystérieuses, des atmosphères imprégnées de rêve et de magie. Il représenta Venise en ses splendeurs oniriques, les palais fondus dans la brume, les canaux, les ponts qui semblaient dessiner des passages fantômes. Fasciné par la force des éléments et notamment par le vent, il mit en scène de séduisantes héroïnes évoluant parmi les feuilles dansantes. Il donna de bien jolis visages et des courbes avenantes aux tempêtes...

 

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Deuxième tableau pour ce samedi, issu de la série Vent d'Automne.

 

Apprécié en son temps, Lucien Levy-Dhurmer portraitura de célèbres contemporains comme Pierre Loti (1850-1923) et fut un grand voyageur, un découvreur d'atmosphères en Europe et en Afrique du Nord. Symboliste dans l'âme, il se laissa séduire par les beautés Préraphaélites, les chevelures rousses, les visions fantasmagoriques liées à la féminité (Nymphes, Muses, Gorgones...)

 

Il réalisa de nombreux pastels consacrés au thème de l'Automne, insufflant à ses créations une énergie sensuelle et aérienne.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre imaginée par l'artiste franco-britannique Sophie Gengembre Anderson (1823-1903).

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/10/le-tableau-du-samedi-sophie-gengembre-anderson-la-petite-fille-au-chat-son-animal-favori.html

 

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Gros bisous pour vous, chers Aminautes. Prenez bien soin de vous... Pensées pour les personnes victimes des intempéries et les personnes disparues et leurs familles, je suis bien triste pour elles...

Plume

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