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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

poeme

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #maurice, #nuit, #poeme, #rollinat

 

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L'un des Chevaux de Marly, sculptures exécutées entre 1743 et 1745 par Guillaume Coustou (1677-1746). Vue prise avant le temps du couvre-feu et celui du confinement...

Pour lire ma présentation de Marly : http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-seine-et-la-marne-ete-automne-2019-a173505128

 

 

Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

J'ai choisi ce poème car j'adore la Nuit... Plus secrète que le Jour, elle insuffle, avec une énergie très personnelle, l'Inspiration aux artistes. Elle se drape d'une obscurité tissée de tant de possibilités de création !

J'aime aussi le Jour mais les charmes de la Nuit m'enivrent au plus haut point...

 

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« À quoi pense la Nuit ?

 

À quoi pense la Nuit, quand l'âme des marais

Monte dans les airs blancs sur tant de voix étranges,

Et qu'avec des sanglots qui font pleurer les anges

Le rossignol module au milieu des forêts ?...

 

À quoi pense la Nuit, lorsque le ver luisant

Allume dans les creux des frissons d'émeraude,

Quand murmure et parfum, comme un zéphyr qui rôde,

Traversent l'ombre vague où la tiédeur descend ?...

 

Elle songe en mouillant la terre de ses larmes

Qu'elle est plus belle, ayant le mystère des charmes,

Que le jour regorgeant de lumière et de bruit.

 

Et — ses grands yeux ouverts aux étoiles — la Nuit

Enivre de secret ses extases moroses,

Aspire avec longueur le magique des choses. »

 

Maurice Rollinat (1846-1903), Poème issu du Recueil « Paysages et Paysans », paru en 1899.

 

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-Le poète Maurice Rollinat naquit à Châteauroux, dans l'Indre, le 29 décembre 1846 et mourut à Ivry-sur-Seine, le 26 octobre 1903. Il fut un personnage atypique, mystérieux, extrêmement doué pour le piano.

 

-Son père, François Rollinat, député de l’Indre à l’Assemblée Constituante en 1848, étant très ami avec George Sand, Maurice Rollinat fut également lié à cette grande dame des Lettres. George Sand l'encouragea à écrire des poèmes, ce qu'il fit avec passion. Il se produisit au célèbre Cabaret du Chat Noir où il fut adulé par la foule quand il s'installait devant son instrument. Il interpréta ses poèmes en musique et il fit de même pour plusieurs poèmes de Baudelaire.

 

-Membre du groupe décadent, anti-politique, anticlérical et antibourgeois des Hydropathes, il fréquenta donc assidûment le Cabaret du Chat Noir et fut considéré, tout au long de sa vie, comme très étrange. Atteint de terribles névralgies qui le faisaient entrer en transe devant le public, il était « enveloppé » par une atmosphère des plus mystérieuses. Lorsqu'il « souffrait » devant son auditoire, des gens s'évanouissaient autour de lui. On le disait possédé par des fantômes et capable de converser avec les esprits.

 

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-Maurice Rollinat était vraiment un drôle de personnage ! Gentil, amical, sociable mais également très bizarre et comme habité par des mondes « spéciaux ». Il écrivit « Les Névroses », une œuvre qui laissa le public tout autant fasciné que partagé sur son attirance pour l'homme et l'artiste.

 

-Des auteurs comme Jules Barbey d’Aurevilly, Oscar Wilde et Leconte de Lisle se passionnèrent pour son « étrangeté »... Il fut tout au long de sa vie imprégné d'une sensibilité très particulière et il aima les atmosphères de la Nuit, territoire de merveilles et de magie.

 

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Dans la suite de ce poème, je vous offre ces photos de nuit, prises, comme je l'écrivais plus haut, avant le couvre-feu et le confinement, dans les rues de Paris et sur les bords de Seine. J'ai aussi retrouvé quelques photos datant des alentours de Noël 2019, photos que je n'avais pas publiées.

 

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Que sera la période de Noël cette année ? Nous verrons bien...

Surtout, tâchons de cultiver notre optimisme même si, je le sais, ce n'est pas évident...

Je veux croire en des temps meilleurs et en nos libertés retrouvées. Que brillent nos Espérances !

 

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Nous étions fin 2019, dans le Jardin des Tuileries. Il y avait, de nuit, des manèges, des animations, un esprit festif...

 

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Des lumières sur les Champs-Élysées, avec un des Chevaux de Marly dans le fond (voir le début de mon article pour la référence à Marly...)

 

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Place de l'Hôtel de Ville

 

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Un Carrousel à l'ancienne pour laisser tournoyer nos âmes d'enfants...

 

Prenez bien soin de vous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #d’avoir, #jules, #poeme, #Supervielle, #vie

 

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Je veux, chers Aminautes, vous dédier cette publication et embrasser celles et ceux qui les jours derniers ont évoqué leurs baisses de moral tellement compréhensibles !

 

On va s'en rappeler de cette année 2020 !!! Allez, je veux croire en nous les Ami(e)s et me dire que nous allons retrouver des moments de joie profonde et d'apaisement, retrouver ceux que nous aimons sans menaces au-dessus de nos têtes... Cela va arriver...

 

J'ai choisi pour ce mardi un poème d'un artiste que j'aime beaucoup, Jules Supervielle (1884-1960) dont la vie a été ponctuée de grandes souffrances. Un artiste fin et sensible...

 

 

Hommage à la Vie

 

« C’est beau d’avoir élu

Domicile vivant

Et de loger le temps

Dans un cœur continu,

Et d’avoir vu ses mains

Se poser sur le monde

Comme sur une pomme

Dans un petit jardin,

D’avoir aimé la terre,

La lune et le soleil,

Comme des familiers

Qui n’ont pas leurs pareils,

Et d’avoir confié

Le monde à sa mémoire

Comme un clair cavalier

A sa monture noire,

D’avoir donné visage

À ces mots : femme, enfants,

Et servi de rivage

À d’errants continents,

Et d’avoir atteint l’âme

À petits coups de rame

Pour ne l’effaroucher

D’une brusque approchée.

C’est beau d’avoir connu

L’ombre sous le feuillage

Et d’avoir senti l’âge

Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine

Du sang noir dans nos veines

Et doré son silence

De l’étoile Patience,

Et d’avoir tous ces mots

Qui bougent dans la tête,

De choisir les moins beaux

Pour leur faire un peu fête,

D’avoir senti la vie

Hâtive et mal aimée,

De l’avoir enfermée

Dans cette poésie. »

 

Jules Supervielle (1884-1960)

 

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Jules Supervielle (1884-1960) fut orphelin à l'âge de huit mois, il grandit en Uruguay puis en France où il dévora les ouvrages de poètes comme Leconte de Lisle, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Arthur Rimbaud, Paul Claudel, Jules Laforgue ou encore Walt Whitman. Voyageur dans l'âme et amoureux de l'Amérique Latine, il se passionna pour l'étude des langues. Il vécut tantôt en Uruguay, tantôt en France et chercha, tout au long de sa vie, à établir un dialogue littéraire et profondément humain avec ses parents, bien trop tôt disparus.

 

« Il est deux êtres chers, deux êtres que j'adore,

Mais je ne les ai jamais vus,

Je les cherchais longtemps et je les cherche encore.

Ils ne sont plus... Ils ne sont plus... »

 

Il aima la Nature à travers laquelle il chercha la présence de sa mère. Il aima explorer des paysages et se laisser porter par des rêveries intimistes. Ses amis l'appelaient le poète-voyageur et l'amour de son épouse, Pilar Saavedra, le poussa à découvrir les beautés de territoires immenses comme l'océan, les montagnes d'Amérique ou la pampa...

 

Dans chacun de ses poèmes, il s'est interrogé sur son identité d'orphelin, cherchant à sublimer le manque, le vide, l'absence qui pesaient sur lui « comme le ciel fond sur la terre »...

 

Le ciel, les chevaux, les nuages, les voiliers, les vastes étendues le fascinaient... Son œuvre se rattache à certains courants poétiques comme Le Parnasse et le Symbolisme mais elle demeure avant tout très personnelle et liée à ce qu'il qualifiait « d'entre-deux »...

 

Entre deux atmosphères, deux êtres qui éternellement lui manquèrent et dont l'absence définit la force et la subtilité de sa poésie...

 

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Je prends plaisir à illustrer ce poème avec des instants de vie, des petits riens d'automne, des feuilles, des fruits, des bouts de nature simples et précieux, qui papillonnent...

 

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Ami Héron expert en rêveries dans les jardins de Paris...

 

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L'Automne nous offre ses couleurs, le héron y songe-t-il ?

 

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De retour vers notre résidence...

 

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Et pour se réconforter en ces temps difficiles, voici un cake aux olives et aux noix fait maison sans prétention et quelques navettes aux amandes et à la fleur d'oranger...

 

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Toujours, dans le fait maison, je vous offre cette tablette de chocolat aux huiles essentielles (orange, bergamote, gingembre, mandarine) que je suis très contente d'avoir réalisée et que Christophe a beaucoup aimé déguster... Sourires !

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Prenez bien soin de vous les Amis, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #albert, #jpg, #merat, #parfum, #Parnasse, #poeme

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Parfums de Nature, chemins où vibre l'Été, instants plaisir à butiner...

J'ai choisi un poème, signé Albert Mérat (1840-1909), qui m'a happée dans sa trame subtile. Issu du recueil intitulé « Les Chimères », paru en 1866, il exprime une myriade de sensations que je voulais illustrer avec des photos cueillies au gré des mes pérégrinations.

 

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Les Parfums

 

« La moisson sent le pain : la terre boulangère

Se trahit dans ses lourds épis aux grains roussis,

Et caresse au parfum de ses chaumes durcis

L'odorat du poète et de la ménagère.

 

La tête dans l'air bleu, les pieds dans la fougère,

Les bois sont embaumés d'un arôme indécis.

La mer souffle, en mourant sur les rochers noircis,

Son haleine salubre et sa vapeur légère.

 

L'Océan, la moisson jaune, les arbres verts,

Voilà les bons et grands parfums de l'univers ;

Et l'on doute lequel est le parfum suprême.

 

J'oubliais les cheveux, tissu fragile et blond,

Qu'on déroule et qu'on fait ruisseler tout du long,

Tout du long des reins blancs de la femme qu'on aime. »

 

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Pour les amoureux de littérature, je prends plaisir à rappeler la biographie d'Albert Mérat (1840-1909), poète parnassien plutôt méconnu du grand public. Un poète dont j'apprécie infiniment les œuvres...

 

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Dans sa jeunesse, Albert Mérat fit des études de Droit puis il travailla à la Préfecture de la Seine. Passionné de poésie, il fréquenta les milieux littéraires et rencontra Paul Verlaine avec qui il tissa des liens profonds. Il fut apprécié de son vivant pour son talent mais à la différence d'autres poètes de son temps, il fut oublié ensuite dans nombre d'ouvrages et malmené par la postérité.

 

Rimbaud le qualifia « d'artiste visionnaire », Verlaine lui dédia un poème appelé « Jadis » et il fut l'auteur de plusieurs poésies pour la revue intitulée « Le Parnasse Contemporain ».

 

Le mouvement littéraire du Parnasse naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme. Le chef de file de cette école d'art et de pensée fut Leconte de Lisle et ses membres principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

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La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient.

 

Albert Mérat eut une vie riche sur un plan artistique et il partagea une belle amitié avec Verlaine. En revanche, ses relations furent plus tendues avec Rimbaud. Dans la dernière partie de sa vie, nommé Chevalier de la Légion d'honneur il devint bibliothécaire au Palais du Luxembourg, l'actuel Sénat.

 

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Belles pensées, chers Aminautes...

Butinons saveurs et parfums d'Été et que dansent les couleurs !

Prenez bien soin de vous !

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eluard, #jpg, #poeme, #sculpture, #yeux

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées pour sa famille et ses ami(e)s.

 

J'ai choisi un poème que j'aime intensément depuis longtemps et que je me récite souvent.

 

Je veux « l'offrir » en ce mardi 16 juin à mon Christophe adoré en lui souhaitant un très Joyeux Anniversaire avec plein de facéties et de gourmandises à partager, la tête dans les étoiles et nos cœurs dans le même brasier...

 

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©Marie Cardouat

 

 

« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

 

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d’une couvée d’aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l’innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards. »

 

Paul Eluard (1895-1952), poème écrit en 1926.

 

Pour les personnes intéressées, voici un lien pour accéder à une excellente biographie et à une chronologie des œuvres d'Eluard.

 

https://eluard.org/

 

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J'illustre ce poème avec une sculpture que j'aime infiniment pour sa force et sa simplicité. Elle est issue d'un ensemble de sculptures réparties dans le Quartier de la Défense, le long de l'Esplanade du Général de Gaulle, qui mène à la Grande Arche. Ces sculptures regroupées sous le terme « La Danse » sont des jardinières qui mêlent le béton et le grès, des émanations de matière « intense » et matricielle, situées dans ce qu'on appelle le Jardin de la Place Basse. Je vous en reparlerai bientôt avec des articles sur La Défense.

Cette sculpture d'amour, datant de 1983, entre joliment en résonance, je trouve, avec les mots de Paul Eluard. Elle est l’œuvre de Shelimo Selinger, artiste Franco-Israélien né en 1928 en Pologne. Interné dans les camps nazis, l'artiste ne cessa, en contraste avec ce qu'il avait vécu, de multiplier les œuvres « douces ». Il choisit la beauté et l'amour pour s'exprimer. En 1989, François Mitterrand l'a fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il est appelé « le sculpteur de lumière ».

 

 

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Très Joyeux Anniversaire à mon Christophe et aussi à l'une de mes amies qui se reconnaîtra, sous le signe du Farfadet... Sourires et secrets murmurés sur un chemin bordé de pavots...

 

Avec une infinité de gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #enceinte, #esther, #Granek, #jpg, #poeme, #vert

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées pour sa famille et ses ami(e)s.

 

Pour ce mardi 9 juin, j'ai choisi un poème d'Esther Granek (1927-2016), grande dame de la poésie et survivante de la Shoah dont la plume m'enivre. Je vous avais, il y a quelques mois, présenté un de ses poèmes évoquant le Carpe Diem, un des thèmes qui m'est le plus cher dans l'existence.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-poeme-du-mardi-esther-granek-apres-l-homme-a182388150

 

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« Je suis enceinte de prés verts…

Je porte en moi des pâturages…

Que mon humeur soit drôle ou sage,

je suis enceinte de prés verts…

 

Belle est l’image !

Doux le langage…

« Je porte en moi des pâturages… »

 

Et tout à la fois, mais qu’y faire ?

Je suis enceinte de déserts.

Et de mirages.

Et de chimères

De grands orages.

De regrets à tort à travers.

De rires à ne savoir qu’en faire.

 

Et mes grossesses cohabitent.

En tout mon être. Sans limite. »

 

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

 

La Poétesse nous invite à accepter nos ambivalences et à célébrer notre Terre, avec le cœur, l'esprit, la subtilité de nos sens. Elle écrit pour stimuler la prise de conscience de ce qui nous entoure et nous inviter à préserver, de toutes nos forces, la beauté de notre Mère Nature.

 

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 Que le Vert soit !

 

Vert de l'Espérance et de la Vie née de la sève des végétaux.

 

J'ai cueilli ces photos lors d'une randonnée de déconfinement. Nous avions grand besoin de Nature, Christophe et moi ! Instants plaisir et joies simples à butiner près de chez nous, dans le Val d'Oise...

 

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Nous avons croisé des Créatures Vertes, imaginé que nous discutions avec des Esprits de la Sylve au creux de la réalité... Du Vert, intensément, pour se ressourcer !

 

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 La voyez-vous la Créature aux cheveux dressés ? Sourires... Elle avance, à son rythme, entre campagne et forêt...

 

 

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Deux Géants mystérieux nous observent en passant. Près d'eux se dévoile une demeure de Fées, sous une émulsion d'églantines...

 

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 Nous saluons un Arbre Cerf qui se promène dans la lumière...

 

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La végétation est luxuriante, la magie verte à l’œuvre tout autour de nous...

 

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Belles pensées pour vous et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #anatole, #arbres, #france, #jpg, #poeme

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi 19 mai un poème d'Anatole France, un de mes poètes préférés. Il est consacré aux Arbres, les Arbres qui m'ont tant manqué pendant le confinement... Je sais qu'ils ont manqué à une infinité de personnes... J'ai pu aller me promener en faisant attention à mon bras et j'ai pris un immense plaisir à ressentir cette énergie verte...

 

Je partage donc ce poème, illustré par des photos réalisées lors d'une promenade dans ma ville de Sarcelles, lundi 18 mai. La Nature était en pleine émulsion de vie, les bâtiments se fondaient dans le vert... Je me suis régalée au bal des chênes, des charmes, des châtaigniers, des saules, des peupliers, des platanes, des bouleaux, des chèvrefeuilles, des hêtres... et je n'oublie pas les fleurs que je vous montrerai dans de prochains billets... J'espère que ces photos vous diront que je pense fort à vous !

 

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« Ô vous qui, dans la paix et la grâce fleuris,

Animez et les champs et vos forêts natales,

Enfants silencieux des races végétales,

Beaux arbres, de rosée et de soleil nourris,

 

La Volupté par qui toute race animée

Est conçue et se dresse à la clarté du jour,

La mère aux flancs divins de qui sortit l'Amour,

Exhale aussi sur vous son haleine embaumée.

 

Fils des fleurs, vous naissez comme nous du Désir,

Et le Désir, aux jours sacrés des fleurs écloses,

Sait rassembler votre âme éparse dans les choses,

Votre âme qui se cherche et ne se peut saisir.

 

Et, tout enveloppés dans la sourde matière

Au limon paternel retenus par les pieds,

Vers la vie aspirant, vous la multipliez,

Sans achever de naître en votre vie entière. »

 

Anatole France (1844-1924)

 

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Romancier, nouvelliste et critique littéraire, François-Anatole Thibault, dit Anatole France, était le fils d'un libraire apprécié par les frères Goncourt et de célèbres écrivains.

 

En 1881, il connut le succès avec Le Crime de Sylvestre Bonnard, un roman où le héros est un érudit lové dans sa bibliothèque, « distrait, lunaire, aimable et souvent naïf ».

 

Il écrivit une Tétralogie de l'Histoire Contemporaine, quatre romans dont le héros se nomme Bergeret et qui apparaît « comme un juste panorama de la France sous la IIIe République (1870-1940) et tout particulièrement pendant l'Affaire Dreyfus.

 

En 1892, dans L'Île des Pingouins, Anatole France imagine un érudit qui se retrouve sur une île entièrement peuplée de pingouins. Il se met à les baptiser, « ce qui provoque un grand remue-ménage au Paradis Chrétien ».

 

Élu à l'Académie Française en 1896, il fut romancier, chroniqueur, critique littéraire, collectionneur féru d’antiquités...

 

En 1908, dans Les dieux ont soif, « il fit le procès des excès de la Terreur, qu'il imputa d'ailleurs non pas tant à la Révolution elle-même qu'à la nature humaine et en 1931, il reçut le Prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son œuvre.

 

Il fut honoré, « en contradiction avec ses dispositions testamentaires » par des obsèques nationales à Paris, le 18 octobre 1924, puis inhumé à Neuilly-sur-Seine dans le caveau familial.

 

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Il aima profondément la Nature et ses splendeurs, considérées comme des cadeaux offerts à l'Humanité...

 

Prenons-en soin...

 

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J'avais tant besoin de Vert ! Je me suis enivrée de cette promenade...

 

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Le jardin public de Sarcelles est encore fermé (nous sommes en zone rouge) mais la ville est pleine d'arbres, heureusement...

 

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La Nature est créative !

 

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Si luxuriante et parfumée...

 

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Gorgée de lumière, généreuse et artiste !

 

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Merci de votre fidélité, prenez bien soin de vous, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #fut, #jpg, #poeme, #venus

 

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A proximité des Champs-Élysées, dans un joli carré de nature où s'épanouissent arbres et fleurs, se dresse une fontaine couronnée par une statue de la déesse Vénus. Rêveuse et sensuelle, élégante et à demi-dénudée, elle apprête sa longue chevelure.

 

Elle me plaît tout particulièrement pour illustrer le Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime partager avec vous, en souvenir de Lady Marianne qui manque beaucoup à ses ami(e)s de la blogosphère...

 

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J'ai choisi, pour ce mardi 12 mai, un poème de Guillaume Apollinaire (1880-1918), issu du recueil intitulé « Poèmes à Lou ». Des mots qui célèbrent un immense amour, incarné par Louise de Coligny-Châtillon (1881-1963) qui fut l'une des premières aviatrices françaises.

 

« Ô mon très cher amour, toi mon œuvre et que j'aime,

A jamais j'allumai le feu de ton regard,

Je t'aime comme j'aime une belle œuvre d'art,

Une noble statue, un magique poème.

 

Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.

Je te crée à jamais pour qu'après mon départ,

Tu transmettes mon nom aux hommes en retard

Toi, la vie et l'amour, ma gloire et mon emblème;

 

Et je suis soucieux de ta grande beauté

Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:

C'est moi qui l'ai conçue et faite toute entière.

 

Ainsi, belle œuvre d'art, nos amours ont été

Et seront l'ornement du ciel et de la terre,

O toi, ma créature et ma divinité ! »

 

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En septembre 1914, Apollinaire rencontra Louise et s'éprit d'elle follement. Les deux amants s'aimèrent à Nice, passionnément et Louise devint la muse et la déesse du poète qui s'engagea dans l'armée.

 

Apollinaire continua d'écrire à Louise depuis le front où il était artilleur. Exaltant la fièvre de leurs sentiments, il lui dédia des poèmes profondément érotiques qui se heurtèrent aux mœurs prudes de la société de l'époque. À travers Louise, il exalta la femme charnelle, l'amour physique lié à la déesse Vénus, l'Aphrodite des temps anciens, déité de tous les plaisirs...

 

Vénus guida la plume du poète à travers une autre série de correspondances épistolaires enflammées dédiées à Madeleine Pagès (1892-1965) qui fut la fiancée d'Apollinaire...

 

 

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La fontaine de Vénus ou fontaine des Ambassadeurs (nommée ainsi en souvenir du Café des Ambassadeurs, établissement célèbre dans le Faubourg Saint-Honoré au XVIIIe siècle où évoluaient de nombreux diplomates étrangers) apparaît parmi les arbres, près de l'Espace Cardin que j'évoquerai davantage dans un autre billet.

 

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Appuyée sur un piédestal paré de coquillages, la déesse jaillit parmi les roseaux, dominant une vasque décorée de feuillages, d'oves, d'entrelacs et de douze mascarons en forme de têtes de lions. Elle vient de prendre son bain et prend soin de sa longue chevelure.

 

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Elle fut réalisée, en 1840, par Francisque-Joseph Duret (1804-1865), l'auteur du superbe groupe sculpté intitulé « Saint-Michel affrontant le Démon » qui décore la fontaine Saint-Michel au cœur du Quartier Latin.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-saint-michel-a107259126

 

Francisque-Joseph Duret fut l'un de nos plus grands sculpteurs. Élève de son père, le sculpteur François Joseph Duret (1732–1816), et du maître François Joseph Bosio (1768-1845), il devint, en 1823, Premier Prix de Rome et fut ensuite sollicité pour de nombreuses commandes publiques. Il créa des œuvres majestueuses, inspirées de l'Antiquité Gréco-Romaine et des arts florentins de la Renaissance, pour le Louvre, l'Hôtel de Ville de Paris, le Palais de Justice, le Palais de la Bourse, le Théâtre Français… Il enseigna à l'École des Beaux-Arts à partir de 1852 et forma une myriade d'élèves talentueux qui acquirent la célébrité comme Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Jules Dalou (1838-1902), Henri Chapu (1833-1891)...

 

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Nous devons l'architecture de la fontaine à Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867), le concepteur des fontaines de la Place de la Concorde, de l'aménagement de la Place incluant l'installation de l'Obélisque, de nombreux immeubles de la rue de Rivoli, d'avenues somptuaires et de la Gare du Nord...

 

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La vasque dominée par la déesse Vénus est soutenue par quatre dauphins qui représentent les forces aquatiques, la luxuriance et la fécondité.

 

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Delphinos, dans la mythologie de la mer, est l'un des familiers d'Aphrodite/Vénus et aussi l'ami, le confident d'Amphitrite, l'épouse de Poséidon, le seigneur des flots.

 

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Nous devons les ornements en bronze de la fontaine à François-Étienne Calla (1762-1836) qui fut l'un des plus importants fondeurs d'art de notre pays. Grand industriel, inventeur et mécanicien émérite, il établit à Paris d'impressionnants ateliers dédiés à la construction de machines-outils et de machines à vapeur. Il réalisa des fontes ornementales pour de prestigieux monuments de la capitale : Le Panthéon, l'église de la Madeleine, les fontaines de la promenade des Champs-Élysées, la fontaine Louvois face à la Bibliothèque Nationale Richelieu...

 

Les ornements signés Calla sont considérés comme des trésors architecturaux.

 

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Je vous laisse en compagnie de la séduisante Vénus/Aphrodite et vous souhaite de très belles journées de Mai... J'espère pour nous de la sérénité et que nous puissions respirer dans des endroits où règne de l'espace... Profitons bien des petits bonheurs qui s'épanouissent et merci à vous pour les gentils messages !

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

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Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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Image010.jpg

 

Prenez bien soin de vous chers aminautes, je vous envoie de gros bisous et mes pensées d'amitié..

Plume

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

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Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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Prenez bien soin de vous chers aminautes, je vous envoie de gros bisous et mes pensées d'amitié..

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

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Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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