Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee

 

Image001.jpg

 

MERCI à celles et ceux qui m'écrivent si gentiment... Je n'ai pas repris le cours de mon blog mais je pense à vous très souvent et je voulais partager avec vous des photos et l'histoire d'une statue que j'apprécie tout particulièrement.

 

Image002.jpg

 

Je vous invite à entrer dans le Square Georges Cain, au cœur du Marais, où se dresse, entourée de roses, « Île de France » : une œuvre née entre 1921 et 1925 de l'inspiration d'un maître de la sculpture : Aristide Maillol (1861-1944).

 

Image003.jpg

 

Émanation du « féminin sacré » dans sa nudité triomphante, cette créature de bronze a remplacé, au cœur du square, une sculpture en marbre intitulée « L'Aurore ou Flore descendant de son char ».

 

Flore fut réalisée pour le Bosquet des Dômes de Versailles, entre 1686 et 1690, par le sculpteur Philippe Magnier (1647-1715), d'après un modèle de François Girardon (1628-1715), qui fut Premier Sculpteur du Roi Louis XIV.

Le modèle en fonte, préparé à partir de 1686, fut exécuté par le célèbre sculpteur et fondeur suisse Jean-Balthasar Keller (1638-1702), en 1693. Exposé au Belvédère de Marly (de 1707 à 1802) puis à Saint-Cloud (de 1802 à 1872) et au Jardin des Tuileries (de 1872 à 1910), il a été installé, entre 1926 et 1993, au square Georges Cain. Il a ensuite été remplacé par la sculpture d'Aristide Maillol.

 

Image004.jpg

 

Une version de la statue de Flore ou L'Aurore, en marbre, est toujours visible à Versailles, dans le Bosquet des Dômes.

 

Image005.jpg

 

« Île de France », l'héroïne de mon article, naquit dans les creusets de la Fonderie d'Art Rudier d'où émergèrent, grâce au talent du maître fondeur Alexis Rudier (1845-1897) et de son fils Eugène Rudier (1875-1952) des bronzes magnifiques inspirés par les plus grands artistes. Ainsi, Aristide Maillol, Auguste Rodin, Antoine Bourdelle, Gustave Miklos, Honoré Daumier ou encore Paul Dardé... apprécièrent tout particulièrement le travail de ces fondeurs passionnés qui exercèrent leur art comme des alchimistes de la matière en fusion.

 

Image006.jpg

 

La belle, dotée d'une taille fine, de longues jambes et d'un buste à la féminité triomphante, veille sur le charmant petit square, emblématique de l'Histoire dense et tourmentée de Paris, que je vous ai présenté il y a des années.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-square-georges-cain-a119049672

 

Ayant repris des photos, au gré de mes pérégrinations et au fil des saisons, je vous en reparlerai dans de prochains articles...

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

Image009.jpg

 

Image010.jpg

 

Dans les créations d'Aristide Maillol (1861-1944), la Nature et la Femme sont, irrépressiblement, liées. La femme se situe à la croisée des chemins de vie, où dansent les éléments, où se conjuguent les formes qui engendrent l'Inspiration.

 

Image011.jpg

 

« Île de France » est une sculpture particulièrement intéressante dans le travail esthétique de Maillol car elle incarne une vision particulière du mouvement du corps, dressé, de manière subtilement hiératique et cependant prêt à agir. Habituellement, Maillol apparaît comme « le maître des masses immobiles » Il nous offre ici une autre approche, plus svelte et davantage « prêt à l'action », du corps féminin à travers la beauté qui règne au cœur du square archéologique Georges Cain.

 

Image012.jpg

 

« Île de France », qui fut appelée aussi La Parisienne et La Baigneuse, évoque Marie Maillol, la sœur d'Aristide Maillol, à travers le souvenir d'une jeune femme aimant « entrer dans la mer, nu pieds et les jupes relevées ». Cette façon de se mouvoir a tellement plu à Maillol qu’il s'en est imprégné pour concevoir l'oeuvre sculpturale qui orne le petit jardin.

 

Image013.jpg

 

« Île de France » apparaît donc comme l'étape la plus aboutie d'un voyage émotionnel commencé avec une oeuvre intitulée « La jeune fille qui marche dans l'eau », réalisée entre 1910 et 1921.

 

Maillol aimait représenter l'essence du corps féminin en résonance avec l'Eau, considérée comme l'élément sensuel et matriciel par excellence.

 

Image014.jpg

 

Aristide Maillol naquit à Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales, en 1861. Passionné d'art, il s'installa dans la capitale à l'âge de 20 ans et fit ses classes à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Sa carrière s'organisa d'abord autour de la confection de tapisseries. Il avait commencé à maîtriser les arts du tissage à Banyuls, il continua à Paris où il se lia intensément d'amitié avec le sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929).

 

Il fut peintre dans ses jeunes années mais la sculpture devint son expression la plus connue. Il ne cessa, à travers elle, d'honorer la femme et ses mystères, ses courbes et ses passions sensuelles, sa voluptueuse sensibilité.

 

De jeux de formes envoûtantes en vibrations de matières, Maillol nous invite à le suivre sur son chemin de créativité qui nourrit, de subtile manière, l'inspiration de maîtres comme Alberto Giacometti (1901-1966) et Henry Moore (1898-1986).

 

De Banyuls à Paris et de Paris à Banyuls où il repose, sous un voile d'éternité, dans le jardin de sa maison-musée appelée « La Métairie », lieu où il vécut dès 1910, Maillol a tracé des lignes d'inspiration profonde et nourri les mondes intérieurs de plusieurs générations d'esthètes et d'explorateurs de l'Art.

 

Son héritage s'offre à la contemplation dans différentes collections, aussi bien dans le sud de la France que dans la capitale où l'on peut visiter, dans le 7e arrondissement, rue de Grenelle, le musée Maillol... Ce temple de la sculpture garde l'empreinte des femmes inspiratrices et de sa muse créatrice, galeriste et collectionneuse émérite, Dina Vierny (1919-2009).

 

Image015.jpg

 

Sculpteur poète des formes sensuelles et des énergies de la femme, Maillol nous offre à contempler dans Paris bien des trésors artistiques. Ainsi, en cheminant dans le Jardin du Carrousel, entre Louvre et Tuileries, rencontre-t-on des Déesses, des Forces Élémentaires et des Allégories... Tout comme « Île de France » regarde vers les façades de l'Hôtel de Marle et de l'Hôtel de Châtillon, joyaux architecturaux du Marais que je vous montrerai plus tard, ceci trace un chemin pour d'autres articles...

 

En cet Automne 2022, je souffle vers vous, chers Aminautes, une myriade de pensées d'Amitié aux couleurs des feuilles qui rougissent et s'envolent...

 

Image016.jpg

 

Gros Bisous !

Plume

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog