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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #echelle, #fontaine, #haudriettes, #Lafayette, #Madame, #paris, #Précieux, #Rochefoucauld, #Scudéry, #Sévigné

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié, j'ai choisi, pour le mardi 26 janvier, un poème de Georges de Scudéry (1601-1667), frère de la célèbre femme de lettres Madeleine de Scudéry (1607-1701).

 

Madeleine de Scudéry régnait sur un Salon Littéraire des plus appréciés, que fréquentaient, entre autres esprits prestigieux, Madame de Sévigné, Madame de Lafayette, La Rochefoucauld... Femme Savante et Militante Féministe avant l'heure dont les mots nourrissaient le Mouvement Précieux.

 

J'illustre le poème de Georges de Scudéry (1601-1667) avec la Nymphe de la Fontaine des Haudriettes, élégant monument qui se dresse à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes (3e arrondissement de Paris), dans le quartier du Marais.

 

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La Nymphe endormie

 

Vous faites trop de bruit, Zéphire*, taisez-vous,

Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;

Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,

Et si le vent se tait, faites la même chose.

 

Mon cœur sans respirer, regardons à genoux

Sa bouche de corail, qui n'est qu'à demi close,

Dont l'haleine innocente est un parfum plus doux

Que l'esprit de jasmin, de musc, d'ambre et de rose.

 

Ah que ces yeux fermés ont encor d'agrément !

Que ce sein demi-nu s'élève doucement !

Que ce bras négligé nous découvre de charmes !

 

Ô Dieux, elle s'éveille, et l'Amour irrité

Qui dormait auprès d'elle a déjà pris les armes

Pour punir mon audace et ma témérité.

 

Georges de Scudéry

 

*Zéphire ou Zéphyr, le vent de l'Ouest (ou du nord/ouest), amant époux de Flore, la déesse du Printemps.

 

 

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J'avais présenté la fontaine il y a quelques années et j'ai pris plaisir à retrouver, entre les confinements, l'agréable atmosphère des lieux.

 

Retour sur l'histoire d'un bel édicule aux lignes sobres, de plan trapézoïdal, rare exemple encore debout de fontaine néoclassique dans la capitale.

 

Nombre de ces fontaines, au décor fondé sur une imitation d’œuvres antiques, ne résistèrent pas aux grands travaux entrepris par Haussmann et celles qui demeurent ont généralement été déplacées.

 

La Fontaine des Haudriettes fut érigée en 1764 par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux (1727-1794), maître général des Bâtiments de la Ville de Paris, à l'initiative du prévôt des marchands, pour remplacer une Fontaine Neuve, bâtie en 1636.

 

L'argent des princes de Rohan-Soubise finança la construction du monument dont le décor fut confié au sculpteur Pierre-Philippe Mignot (1715-1770).

 

L'élégant bas-relief de Mignot décrit une nymphe ou naïade allongée parmi les roseaux et dont le bras gauche repose sur un vase d'où s'écoule une eau claire.

 

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Esprit de l'eau qui venait originellement de Belleville et qui fut acheminée, après 1822, depuis le canal de l'Ourcq, vers le quartier du Marais.

 

 

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Le mascaron de la fontaine, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

 

Plusieurs fontaines de Paris ont conservé de beaux mascarons « cracheurs » -ou censés l'être- en forme de tête de lion ou de créatures fantastiques.

 

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Restaurée plusieurs fois et notamment en 1836, la fontaine des Haudriettes a été déplacée, en 1933, par l'ingénieur Louis-Clovis Heckly (1893-1975) pour favoriser la circulation des passants et bien qu'éloignée de plusieurs mètres de sa position initiale, elle rappelle l'emplacement d'un célèbre couvent, celui des Haudriettes dont l'histoire est peu conventionnelle.

 

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Le nom « Haudriettes » vient de Étienne Haudri (que l'on écrit aussi Haudry et Audry) qui était, selon les livres d'histoire, soit valet de chambre de Saint-Louis (1214-1270) soit maître drapier et grand panetier (officier gérant le service de bouche) de Philippe le Bel (1268-1314). On ne connaît pas précisément ses dates de naissance et de mort mais on sait qu'il se rendit en Palestine afin de participer à la Croisade et que lorsqu'il revint en France, il partit en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle sans prévenir sa femme. Celle-ci, qui le crut mort, fonda dans sa maison une communauté religieuse pour les veuves pauvres et les pèlerins malades.

 

Quand Haudri rentra chez lui, il fut désemparé par les transformations survenues dans sa demeure et s'adressa au pape afin de « récupérer sa maison ou sa femme » (!). Le pape choisit de rétablir son mariage si le couvent n'était pas démantelé.

 

Il est dit aussi, dans plusieurs dictionnaires historiques, qu'Étienne Haudri, riche propriétaire, offrit ses terres à des religieuses qui le remercièrent en portant le nom d'Haudriettes.

 

 

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La Nymphe veille sur la fontaine et sur les alentours de celle-ci...

 

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La fontaine occupe une place privilégiée à l'angle de la rue des Archives et de la rue des Haudriettes qui portait, au XIIIe siècle, le nom de l'un de ses habitants : Jehan-l'Huillier avant d'être appelée rue des Vieilles-Haudriettes, rue des Haudriettes et rue de l'Échelle du Temple car le Grand Prieur de l'Ordre du Temple y avait fait élever une échelle patibulaire. On ignore avec précision quand sont advenus les changements de noms mais on sait qu'en 1636, la rue s'appelait rue de la Fontaine et qu'en 1690, on lui avait redonné le nom de rue des Haudriettes.

 

L'échelle patibulaire est un pilori, signe de Haute Justice, que l'on n'utilise pas pour mettre à mort, à la différence des fourches et des signes patibulaires.

 

Quand il arrive que l'on croise un individu à la mine patibulaire, on ne pense pas forcément à l'origine du mot. Patibulaire vient de patibulum qui dérive lui-même de patere : « être ouvert ou exposé, s'étendre en surface ». Les fourches patibulaires ont été créées dans la Rome antique. Le condamné était attaché à un poteau de bois. Il avait la tête coincée dans une fourche et on le battait à mort à coup de verges.

 

La fourche devint au fil du temps une potence constituée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers.

 

En France, le sinistre gibet de Montfaucon était constitué d'un ensemble de fourches patibulaires (ou colonnes de justice) apparues au début du XIIIe siècle.

 

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Joseph Thierry (1812-1866), Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon, vers 1866. Vous apprécierez le sublime ciel de tempête et l'atmosphère fantomatique, glaçante des lieux avec la touche faustienne de rouge qui apparaît comme une morsure sur la toile.

 

Le signe patibulaire est un carcan (collier métallique fixé à un poteau ou à un mur), signe de Haute Justice, utilisé pour humilier et non pour mettre à mort, à l'instar de l'échelle patibulaire.

 

Pendant la minorité de Louis XIV, l'Échelle de Justice du Temple fut brûlée par de jeunes seigneurs appelés les petits maîtres. Elle fut aussitôt rétablie mais comme elle empiétait sur la rue, elle fut diminuée en 1667.

 

Dans le tome 5 de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, au chapitre intitulé « Échelle », il est écrit :

 

« On confond quelquefois l’échelle avec la potence ou gibet, parce que les criminels y montent par une échelle : mais ici il s’agit des échelles qui servent seulement pour les peines non capitales ; au lieu que la potence ou gibet, et les fourches patibulaires, servent pour les exécutions à mort. »

 

A Paris et dans les villes d'Île de France, on utilisait peu le mot « pilori » car on lui préférait le mot « échelle » d'où l'existence de certaines « rues de l'Échelle » qui conservent le souvenir de ces peines d'humiliation publique. Il existe toujours une rue de l'Échelle entre la rue de Rivoli et l'avenue de l'Opéra. Son nom lui vient de l'échelle patibulaire des évêques qui se dressait là.

 

Outre l'Échelle de Justice du Temple et celle des évêques située près de l'Opéra, on trouvait une échelle patibulaire sur le parvis de Notre-Dame -administrée par le Chapitre de la cathédrale- et une échelle sur le Port Saint-Landry, l'ancien port principal de Paris situé dans l'Île de la Cité.

 

Désormais, nos regards se posent sur la Belle des Eaux réalisée par Mignot et le souvenir de l'Échelle du Temple semble se diluer dans le temps.

 

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Sculpteur apprécié de ses contemporains, Pierre-Philippe Mignot n'a pas eu toute la renommée qu'il méritait. Élève des maîtres François-Antoine Vassé (1681-1736) et Jean-Baptiste Lemoyne (1704-1778), il remporta, à l'Académie Royale, le deuxième prix de sculpture en 1738 et le premier prix en 1740. Il fut également lauréat du prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis entre juin 1742 et novembre 1743.

 

Après son retour d'Italie, il fut agréé à l'Académie Royale en 1747 mais il ne put accéder au titre prestigieux d'Académicien.

 

Ses œuvres les plus célèbres sont la Naïade de la fontaine des Haudriettes et une Vénus ou Bacchante endormie, appelée aussi La Belle endormie, datant de 1747 et reproduite en 1761, aujourd'hui conservée au City Museum and Art Gallery de Birmingham, en Angleterre.

 

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Bibliographie

 

Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

 

Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

 

Merci de votre fidélité, chers Aminautes !

 

Je pense bien à vous... Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Chloé, #Douglas, #jardin, #mare, #nature, #paris

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Promenades mêlées dans un jardin à la fois réel, imaginaire, intime, ouvert à soi dans l'énergie du monde... Un petit bout de Nature qui se love en harmonie au creux de la ville.

 

J'ai choisi pour ce mardi 6 octobre un poème signé Chloé Douglas, poétesse, chanteuse, danseuse... née à Londres en 1960, passionnée de Nature et désireuse d'exprimer dans ses œuvres la rencontre et la dichotomie entre les forces naturelles et la vie intense des grandes villes.

 

C'est un poème plein de charme que j'illustre avec des photos du Jardin Naturel, « territoire vert » de Paris.

 

« Parmi le vert

et la floraison

de toutes les plantes les plus belles

je flâne.

Je délibère ici

Je rêve par là.

L’heure s’arrête

ou plutôt s’étend pleinement,

se déplier et s’amplifier.

 

Ces tournoiements et ondulations soudaines

de brises d’été,

envoient tous les parfums

dans l’air chaud.

Contempler une feuille

ou le motif sur le mur

créés par des branches les plus près.

 

Ces têtes-là de fleurs dansantes

exposent délicatement

toute leur gloire.

 

Quelle simplicité à se perdre.

Et quelle aisance à respirer

doucement.

Et quelle aisance

à avoir des pensées profondes. »

 

Chloé Douglas, 1995

 

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 Au Jardin Naturel, dans le XXe arrondissement de Paris, on chemine tranquillement, on laisse aller ses rêveries...

 

Depuis 1995, ce square romantique, niché au pied au cimetière du Père Lachaise, préserve une formidable réserve de biodiversité. Il accueille, sur près de 6300 m2, une profusion de végétaux caractéristiques de plusieurs milieux naturels d'Île de France. C'est un lieu unique en son genre où règne une envoûtante palette de vert, une jungle urbaine emplie de chants d'oiseaux où s'épanouissent, autour d'une mare féerique, des massifs ébouriffés de graminées, de roses et de plantes aromatiques.

 

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J'ai souvent aimé écrire dans cette bulle de chlorophylle, ce petit coin de campagne urbaine où la vie rayonne à proximité des grands tombeaux. Mes photos ont été prises au fil des années et au rythme des saisons, d'où les différences de couleurs et d'atmosphères...

 

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A l'abri du bruit incessant de la ville, grâce aux ondulations stratégiques de la colline du cimetière du Père Lachaise et à une terrasse appuyée sur un solide escalier de calcaire, s'épanouit une prairie.

 

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Des arbres « d'eau » comme le saule marsault et l'osier blanc ou saule des vanniers, associés à des plantes d'ombre et de sous-bois : fougères, campanules, clématites, géraniums, hellébores, houblons..., encerclent la mare, émulsion de vert intense au-dessus de laquelle voltigent, à des moments privilégiés, des libellules rouges.

 

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La mare du Jardin Naturel et les différentes mares de Paris font l'objet de conférences et de visites thématiques, par petits groupes, à l'occasion des Journées du Patrimoine.

 

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La mare, ce milieu aquatique clos, est devenu un élément incontournable de ce que l'on appelle « la trame verte et bleue de Paris ». Milieu très précieux où se rencontrent d'innombrables espèces le plus souvent protégées, la mare est perçue comme un espace intermédiaire privilégié entre les eaux de la Seine et celles des lacs et des étangs. Elle se nourrit de pluie, recueille les eaux de ruissellement, protège la vie et « rafraîchit » la ville, souvent surchauffée, en favorisant le phénomène de brise.

 

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Comme vous le voyez, les couleurs sont variées, on a toujours l'impression de découvrir un nouvel endroit, je suis sous le charme !

 

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On fait de jolies rencontres et les insectes ne sont pas oubliés, avec ce mignon petit « hôtel » où ils peuvent passer l'hiver...

 

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Pour se rendre au Jardin Naturel :

 

Métro ligne 2, arrêt Alexandre-Dumas

Accès par le 120 rue de la Réunion, 75020 Paris

Ouvert en semaine entre7h30 et 17h30 (jusqu’à 22H en fonction du coucher du soleil)

Ouvert samedi et dimanche entre 9h00 et 17h30 (jusqu’à 22H également en fonction du coucher du soleil).

 

Belles pensées pour vous, merci de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #neuf, #paris, #tour, #tresor

 

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Neuf Années de présence sur la toile, en votre compagnie, chers Aminautes !

 

Neuf petites flammes qui ont dansé et qui inventent, au cœur d'une aventure esthétique que j'aime infiniment, une dixième flamme et, je l'espère, bien d'autres !

 

Je veux vous dire MERCI, de tout cœur, pour votre fidélité et le soutien apporté en raison de mon état de santé.

 

Pour fêter cet anniversaire, j'ai eu envie de publier ou de republier des photos que j'aime, tout simplement... Un florilège d'images qui sont autant d'instantanés d'émotions.

 

Belles pensées pour vous, je vous envoie de gros bisous et je rajoute, en souvenir de notre amie Lady Marianne, un poème en ce mardi. J'ai choisi « L'Artiste », de Maurice Carême (1899-1978).

 

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L'Artiste

 

« Il voulut peindre une rivière,

Elle coula hors du tableau.

 

Il peignit une pie grièche,

Elle s’envola aussitôt.

 

Il dessina une dorade,

D’un bond, elle brisa le cadre.

 

Il peignit ensuite une étoile,

Elle mit le feu à la toile.

 

Alors, il peignit une porte

Au milieu même du tableau.

 

Elle s’ouvrit sur d’autres portes,

Et il entra dans le château. »

 

Poème issu du recueil « Entre Deux Mondes » paru en 1970.

 

 

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Album de photos pour célébrer les Neuf ans de mon Jardin sur la Toile...

 

J'ai pris plaisir à retourner dans les publications de mon blog. Plaisir de marcher le long de la Seine et de contempler La Conciergerie, de présenter des lieux secrets dans Paris et de revenir, au fil du temps, me lover dans l'écrin du Jardin des Tuileries, du Luxembourg, du Parc de Bercy, du Parc Monceau... Plaisir de plonger dans mes rêveries entre les boiseries de la Maison Eymonaud ou parmi les rhododendrons de la rue du Trésor, dans le maillage fascinant des rues du Marais...

 

En cliquant sur les liens présents dans mon article, vous pouvez retrouver l'historique des lieux évoqués à travers les photos.

 

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Conciergerie... Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies.

Des tours en poivrière rythment la majestueuse façade. La Tour de l'Horloge se dresse à l'angle nord-est du palais, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

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Les tours jumelles que vous apercevez sur cette vue plus rapprochée datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec, un petit peu plus loin, est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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Grâce à l'ouverture des voies sur berge dans la capitale, on peut bénéficier d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. J'aime savourer la subtile palette des couleurs, la beauté porcelainée du ciel ou les tons d'orage qui hantent le paysage.

 

J'ai une quantité impressionnante de photos prises à l'intérieur et à l'extérieur de la Conciergerie et que je n'ai pas encore publiées alors je compte bien préparer, à ce sujet, une série d'articles. Ainsi nous reparlerons de ce superbe monument.

 

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 Pour célébrer les neuf ans de mon blog, je poursuis ma promenade à travers les beautés de Paris. Je feuillette les pages d'un livre à la fois réel et imaginaire...

 

 

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Je contemple heurtoirs et boiseries d'apparat de l'Hôtel de Béhague, appelé « la Byzance du VIIe arrondissement » et perçu comme l'une des plus prestigieuses demeures « Belle-Époque » de Paris.

 

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http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-splendeurs-de-l-hotel-de-behague-a129273782

 Le lien permet de retrouver l'histoire de ce splendide édifice devenu Ambassade de Roumanie.

 

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Des boiseries ornées de motifs d'inspiration rocaille : coquilles, entrelacs, oves, masques, palmettes, rinceaux, grappes de raisin, trophées de musique et d'art...

 

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Des trésors à explorer...

 

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Je redécouvre aussi les visages poupins et les ombellifères qui ornent l'élégante façade du Café Roussillon, rue Cler, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

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Je maraude comme un chat vers la Maison Eymonaud, ancien Hôtel de l'Escalopier, demeure située dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche.

 

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Je suis accueillie par une myriade de personnages sculptés qui chuchotent des histoires et m'invitent à emprunter un fascinant escalier...

 

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Je promène mes rêveries dans la Rue du Trésor, charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes et où il y eut réellement un trésor...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-rue-du-tresor-a145660678

 

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La rue se pare d'une infinité de fleurs, des rhododendrons de plusieurs couleurs, à la saison propice...

 

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Je salue ensuite les Ondines de la Fontaine de la Porte d'Auteuil...

 

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Et le chimérique bestiaire marin de la Fontaine Gaillon, dans le 2e arrondissement de Paris.

 

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L'enfant au dauphin, les poissons fantastiques...

 

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A proximité, je suis observée par un visage avenant...

 

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En attendant de vous retrouver pour d'autres promenades à travers Paris et ses alentours, je vais lover mes pensées dans le vert et les alcôves parfumées qui rythment la trame romantique de la Roseraie de Bercy... En pensant bien à vous...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-roseraie-et-les-parterres-de-bercy-a100974845

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité !

 

Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #anniversaire, #fee, #huit, #jpg, #paris

 

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Mon blog fête ses huit années d'existence...

Je me réjouis de cet anniversaire qui témoigne de belles rencontres et d'affinités précieuses avec vous, chers aminautes. Passionnés de littérature et d'art, butinant des petits bonheurs au fil des jours, nous cultivons nos jardins colorés de la toile et tissons des liens, mots après mots... Merci à vous pour vos présences fidèles et votre sollicitude concernant ma santé, merci pour les sourires et la complicité, pour le partage et les messages venant du cœur !

 

Je veux fêter cet anniversaire avec des fleurs et surtout vous embrasser bien fort !

 

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Symphonie où se mêlent roses, gaillardes, rudbeckias, roses trémières, anémones du Japon, althéas, hortensias, dahlias... Un mélange coloré, butiné à travers les squares et les jardins de Paris, pour célébrer ce huitième anniversaire et vous dire MERCI !

 

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Image trouvée sur Pinterest, ©Modèle pour Lanterne Fée par La rêveuse de bijoux...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #avril, #dame, #Notre Dame de Paris, #paris, #parvis, #pompiers

 

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 Notre-Dame vue, pendant l'hiver 2019, depuis le parvis de l'Hôtel de Ville avec au premier plan, à gauche, La Science, 1880-1882, de Jules Blanchard (1832-1916).

 

Comment ne pas se sentir bouleversé par tant de beauté, de mystère, de force esthétique ?

 

Nous avons failli perdre un inestimable joyau...

 

Sans les pompiers de Paris auxquels un hommage ô combien mérité vient d'être rendu, Notre-Dame ne serait qu'un spectre de pierre, noyé dans la poussière... Alors bravo à celles et ceux qui se sont battus, au péril de leur vie, pour que la Cathédrale demeure, œuvre de Foi et de Ferveur au cœur de l'Île de la Cité.

 

Il faudra du temps pour la reconstruction... A ce sujet, je ressens l'Espérance de bien des personnes, une Espérance qui balaye, bien heureusement, de vaines polémiques associées à l'argent versé pour permettre la renaissance d'un chef-d’œuvre.

 

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La Cathédrale est un Trésor Intemporel. Au-delà de toutes croyances, elle incarne la Concorde entre Religion et Laïcité, elle est notre héritage à travers les siècles, elle a résonné de toute son âme pendant les moments clefs de notre histoire...

 

Comme nombre d'entre nous, je dois digérer ma tristesse et l'angoisse que j'ai ressentie en cette nuit où elle flambait, une nuit qui semblait irréelle...

 

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Image L'Opinion

 

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Image Europe 1

 

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Image France 24.fr

 

Notre-Dame est encore debout et les 200 000 abeilles qui vivent au sommet de la sacristie attenante ont survécu ! C'est un beau symbole... Petites abeilles industrieuses qui se gorgent de miel afin de protéger leur reine lorsqu'elles détectent un danger et qui s'endorment dans les atmosphères enfumées. Leurs minuscules organismes se sont réveillés après l'incendie. Les réactions affluent du monde entier pour saluer la bonne nouvelle.

 

Une autre nouvelle... La girouette en forme de coq qui couronnait la pointe de la flèche a été retrouvée dans la soirée du 16 avril. « Cabossée mais vraisemblablement restaurable » d'après le ministère de la Culture.

 

Le coq contenait, à l'instar d'un « paratonnerre spirituel », un fragment de la Couronne d’Épines, une relique de Saint-Denis et une relique de Sainte-Geneviève, la sainte patronne et protectrice de Paris. Ce coq reliquaire, en cuivre repoussé, est enfoncé et il est compliqué de savoir s'il abrite encore une partie de ses trésors.

 

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Photo © Jacques Chanut montrant Philippe Villeneuve, l'architecte en charge des travaux de Notre-Dame, avec la girouette.

 

La flèche que nous connaissions fut conçue, entre 1859 et 1860, par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. Heureusement les douze apôtres et les quatre évangélistes monumentaux qui ornaient sa splendeur avaient été retirés des hauteurs de Notre-Dame quelques jours avant l'incendie. Ils sont en cours de restauration dans la ville de Périgueux.

 

La flèche originelle avait été érigée en 1250 et démontée entre 1786 et 1792.

 

Je veux dire encore BRAVO aux pompiers de Paris qui ont sauvé la Cathédrale et espérer qu'un magnifique projet de restauration puisse voir le jour...

 

Pour les personnes intéressées, j'avais publié un billet consacré à Notre-Dame de Paris, au moment des fêtes de Noël 2018, sur La Chimère Écarlate :

 http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/12/notre-dame-de-paris-et-son-sapin.html

 

 

Les photos qui suivent ont été prises les 16 et 18 avril. Les rues qui entourent le parvis ne sont pas accessibles. Il y a un monde fou et plein de télévisions françaises et étrangères. Il n'est pas évident de se frayer un chemin pour photographier mais vous aurez une idée de l'état de Notre-Dame... Avec beaucoup d'émotion associée...

 

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On ne peut se rendre sur le parvis. Les pompiers ont toujours beaucoup de travail à accomplir car des pignons et différents éléments sculptés risquent -hélas- de tomber.

 

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Notre-Dame est vraiment une miraculée !

 

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18 avril

 

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16 avril

 

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18 avril, jour de l'Hommage rendu aux pompiers et à Notre-Dame sur le parvis de l'Hôtel de Ville. La foule s'était dispersée après les discours d'Anne Hidalgo et de Christophe Castaner.

 

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Continuons de penser très fort à la Dame du cœur de l'Île de la Cité et à ses pierres vives...

 

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J'aimais tellement voir cette flèche s'élancer dans le ciel...

 

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Pensées pour tous les bâtisseurs, petits ou grands et que résonnent à jamais les mots des amoureux de Notre-Dame...

 

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Superbe roman paru en 1831 chez l'éditeur Charles Gosselin.

 

Né de la plume ardente de Victor Hugo (1802-1885) qui nous emporte dans le Paris de 1482.

 

A redécouvrir ou à découvrir avec un féroce appétit littéraire !

 

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Notre-Dame de Paris, Quasimodo et Esmeralda, illustration de © Benjamin Lacombe.

 

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Esmeralda par © Benjamin Lacombe

 

Pensées pour vous chers Aminautes et merci de votre fidélité...

 

Gros bisous gourmands à l'orée de Pâques...

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© Lynn Bonnette

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annees, #fee, #monarchie, #paris, #sept

 

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Sept années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Sept années et quelques jours ! Alors, en ce mois de Septembre qui, doucement, se pare de couleurs d'automne, je vous dis « Merci », fidèles lectrices et lecteurs.

 

Merci pour les liens tissés, pour nos confidences et nos moments de partage et de complicité.

 

Je continuerai avec passion de vous montrer Paris au gré de mes articles. Paris et pas seulement... Mon esprit voyage entre histoire de l'art, folklore, mythologie, chimères et poésie.... mais ça, vous le savez !

 

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J'ai pris les photos illustrant ce billet anniversaire au numéro 20 de la rue de Richelieu, très jolie rue située à côté de la Comédie-Française et à quelques encablures du Louvre. Elle sillonne les 1er et 2e arrondissements de Paris.

 

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Il s'agit d'une ferronnerie de style Monarchie de Juillet (1838-1848) qui évoque, avec sa fée, ses petits faunes, ses angelots, ses cornes d'abondance, ses rinceaux et son charmant et fantastique bestiaire (lapins, écureuils, griffons...), la prospérité, la luxuriance, la fécondité et dont les ornements ont aussi été réalisés dans un but apotropaïque (du grec apotropaios : « qui détourne les maux »).

Le numéro 20 est une demeure datée de 1659 d'après l'historien Rochegude et sa porte a été redécorée dans la période dite de la Monarchie de Juillet.

 

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Pour ces sept années fort sympathiques, je vous redis...

 

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et vous embrasse bien amicalement !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Beaubourg, #fontaine, #jpg, #maubuée, #paris, #rue, #venise

 

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Au croisement de la minuscule rue de Venise et de l'imposante rue Saint-Martin, épine dorsale du Quartier Beaubourg, se dresse l'une des plus anciennes fontaines de la capitale : la fontaine Maubuée. Rescapée d'un réseau de fontaines qui vit le jour, il y a bien longtemps, sur la rive droite de la Seine et qui ont presque toutes disparu.

 

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Mentionnée dans des lettres patentes du 9 octobre 1392, lettres par lesquelles le roi Charles VI (1368-1422) tenta de faire cesser « les concessions particulières accordées ou usurpées sur les eaux de Paris. », elle était « adossée à une maison ».

Cette maison était la propriété de la Ville de Paris qui la loua, au fil du temps, à différents notaires soit le notaire Levasseur (1600), le notaire Guy Remant (1620) et le notaire Jacques (1667).

 

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Planche conservée à la BNF.

 

Vers 1733, la fontaine fut reconstruite par les architectes, père et fils, Jean Beausire (1651-1743) et Jean-Baptiste Augustin Beausire (1693-1764) et décorée, pour l'occasion, d’un bas-relief qui représente un vase rocaille, entouré de roseaux et de plantes marines.

 

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Située jadis dans le périmètre occupé par le Centre Georges-Pompidou, (dans une vieille rue Maubuée, ex rue Simon Le Franc qui n'existe plus), la fontaine Maubuée fut démontée en 1937 et entreposée, pendant une quarantaine d'années, dans un enclos attenant à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, rue Galande, dans le 5e arrondissement de Paris. Elle a été remontée là où nous pouvons la voir aujourd'hui.

 

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Sur cette photo datant de la fin du 19e siècle, on voit la fontaine avant son déplacement en 1937 et le nom rue « Maubuée ».

 

Maubuée signifie « mauvaise buée », « mauvaise lessive », ou « malpropre ». Cela se rapporte à la piètre qualité des eaux qui l'alimentaient autrefois. Ces eaux venaient des sources de Belleville, via l'enclos du Temple, situé à quelques encablures, et le prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Trop calcaires, ces eaux abîmaient le linge, au grand dam des lavandières du quartier.

 

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Citée par le poète François Villon (1431-1463) en 1461, dans son Testament, la fontaine a subi les outrages du temps mais elle est encore debout.

 

« A Maubuée sa gorge arrouse » (Qu’il (le passant) arrose sa gorge à la fontaine Maubuée).

 

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Vers 1900, on pouvait lire « A la fontaine »dans le cartouche dominant le vase rocaille et un lampadaire à la fine silhouette éclairait l'endroit.

 

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A l'entrée de la rue de Venise (il s'agit plutôt d'une ruelle dont le nom se réfère à la boutique d'un prêteur sur gages Lombard du XVIe siècle : l'Écu de Venise qui a disparu), cette fontaine est un précieux vestige du Moyen Âge, une sentinelle de la mémoire de Paris. Elle nous chuchote que la création des plus anciennes fontaines fut demandée par le roi Philippe Auguste (1165-1223), considéré comme l'inventeur de la Nation Française.

 

Le symbole de la nef, emblème de la Ville de Paris et de la toute puissante Hanse des marchands de l'eau décore le côté de la fontaine donnant sur la rue de Venise.

 

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Ce n'est pas facile à photographier, la rue de Venise est plongée dans l'ombre toute la journée.

 

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La Hanse médiévale des marchands de l'eau fut l'héritière du pouvoir des Nautes, une confrérie de marchands bateliers qui appartenaient à la tribu gauloise des Parisii. Dans l'ancienne Lutèce, les Nautes avaient pour symbole une nef et leur puissance se concentrait autour d'un pilier sacré, le Pilier des Nautes dont les vestiges furent retrouvés, le 16 mars 1711, dans les fondations du maître autel de Notre-Dame de Paris, lors de fouilles entreprises avant la réalisation du Vœu de Louis XIII.

 

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Reconstitution du « pilier » (14-37 après J.-C.), une colonne monumentale gallo-romaine qui fut érigée par les Nautes en l'honneur de Jupiter, sous le règne de l'empereur Tibère (42 avant J.-C- 37 après J.-C.)

 

Haut de cinq mètres, le Pilier des Nautes était constitué de quatre dés de pierre, disposés sur un socle et ornés de bas-reliefs sculptés sur les quatre faces. Ces bas-reliefs représentent des dieux issus des panthéons latin et gaulois.

 

Le panthéon latin évoque Jupiter, maître de l'Olympe portant le foudre et accompagné de son aigle tutélaire ; le dieu guerrier Mars arborant son manteau de général (paludamentum) ; le forgeron Vulcain (Volcanus) ; Mercure, dieu du commerce ; Fortuna, qui accorde la chance ; Vénus qui règne sur l'amour et favorise la fécondité ; les Dioscures Castor et Pollux, jumeaux sacrés et protecteurs des chevaux et des cavaliers.

 

Le panthéon gaulois met en scène le dieu bûcheron Esus coupant les branches d'un arbre avec une serpe ; Cernunnos, le dieu cerf, maître des animaux de la forêt et parèdre de la Grande Déesse Mère ; Smertrios, le « Pourvoyeur », dieu de la guerre mais également dieu d'abondance et parèdre de la puissante Rosmerta, déesse à la corne d'abondance (cornucopia). Il présente aussi Tarvos Trigaranus, le taureau aux trois grues, créature magique accompagnée des « trois grues », les trois aspects de la déesse Lune (nouvelle lune, pleine lune, lune noire).

 

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Cernunnos. Photo RMN.

 

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Esus, le dieu bûcheron. Photo RMN.

 

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Vulcain, le maître des forges divines. Photo RMN.

 

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Tarvos Trigaranus, gardien des mystères de la sylve. Photo RMN.

 

On peut contempler ces vestiges dans la salle du frigidarium des thermes du Musée de Cluny.

 

La nef, indissociable du pouvoir des Nautes, est l'élément central des armoiries de Paris qui apparurent en 1190, au moment où Philippe Auguste partit pour la Terre Sainte.

 

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Le roi décrivit « un écu dont le champ était de gueules, à la nef d'argent, au chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or. » En héraldique, « gueules » désigne le rouge, couleur de l’oriflamme de Saint-Denis, étendard sacré des rois de France. « Gueules » évoque le sang versé pour la cause que l'on défend, le sang du sacrifice et du martyre. Le bleu du « chef d'azur » désigne quant à lui le manteau céleste et protecteur de la Vierge Marie et la couleur « officielle » du souverain de la France depuis le règne de Louis VII (1120-1180).

 

Les fleurs de lys sont perçues comme le symbole de l'autorité royale à Paris, depuis le règne du roi Charles V (1338-1380).

 

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Nef de Paris dominant l'une des entrées du Passage du Grand Cerf.

 

Reconnues officiellement par Saint Louis, les armoiries de Paris connurent plusieurs transformations au fil du temps (évolution de la taille de la nef, de la forme des voiles, de la profondeur de celles-ci etc, mais aussi remplacement des fleurs de lys par des abeilles à l'initiative de Napoléon Ier et par « un semé d'étoiles » pendant la Seconde République.) Il fut même évoqué, à l'initiative de l'historien, poète, philosophe et homme politique Edgar Quinet (1803-1875), la mise en place d'un pigeon sur les dites armoiries après la guerre de 1870, les pigeons ayant rendu de grands services à la Nation pendant le conflit...

 

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Blason de Paris sous le Premier Empire (1811-1814).

 

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Blason pendant la Seconde République (1848-1852).

 

Quant à la célèbre devise : « Fluctuat nec mergitur » qui signifie « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas », elle accompagna la nef à partir du XVIe siècle et ne fut officialisée que le 24 novembre 1853 par arrêté du baron Haussmann alors préfet de la Seine !

 

Avant l'apparition de la devise, le sceau de la Hanse était agrémenté de la sobre légende : « Sigillum mercatorum aquæ Parisius ».

 

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Le blason actuel comporte des ajouts par rapport au blason plus ancien. Sous la devise, on aperçoit, de gauche à droite : la Croix de la Libération, la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre de 1914-1918.

 

L'écu est surmonté d'une couronne murale d'or à cinq tours crénelées et soutenu par deux branches de chêne et de laurier.

 

Les armoiries de Paris ont connu un regain de popularité après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, devenant un emblème de résistance à la violence et au sang versé par les terroristes.

 


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Fluctuat nec mergitur par Seth, artiste de Street Art (photo Elle.fr). Une locution latine qui revêt plus que jamais tout son sens...

Et n'oublions pas que les couleurs de Paris : le bleu, le rouge et le blanc sont à l'origine du drapeau de la France. Après la prise de la Bastille, le marquis de La Fayette « insista » pour que Louis XVI arbore la cocarde tricolore. Une association censée symboliser une possible réconciliation entre le peuple et la monarchie...

 

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Outre l'histoire de la nef de Paris, la fontaine Maubuée nous permet d'évoquer la rue de Venise, l'une des plus étroites de la capitale que l'on aborde en imaginant le Paris médiéval, profondément enfoncé dans ses ruelles. (Et je songe aussi à la rue du Chat-qui-Pêche, insolite venelle que nous traverserons dans un futur article...)

 

La rue de Venise

 

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La rue de Venise changea souvent de nom au fil du temps. Qualifiée, au XIIe siècle, de rue Erembourg, elle devint, quelques décennies plus tard, rue Hérambourg la Tréfelière puis rue Lingarière. Elle fut connue comme rue de la Plâtrière en 1280, rue de la Corroierie en 1303, rue Bertaut qui Dort en 1388, rue Plasteye au XVe siècle, rue Courroier, rue Couroirie et enfin rue de Venise en 1512 !

 

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Comme la plupart des rues parisiennes, la rue de Venise fut fréquemment rebaptisée, les noms étant liés à des activités commerciales ou associés à des habitants qui jouissaient d'une certaine notoriété. Les gens avaient tellement l'habitude de voir les rues changer de nom qu'ils ne s'alarmaient guère ! Heureusement que cela s'est « calmé » car on ne peut qu'imaginer les complications aujourd'hui...

 

On y trouvait autrefois un commerce de chiffons ; un marchand de vin réputé, à l'enseigne du Cerf Galant ; un petit restaurant, à l'enseigne du Port-de-Venise ; le recherché Écu de Venise du Lombard Prêteur sur Gages... et le célèbre cabaret de l'Épée de Bois. Dans ce lieu fameux, Mazarin (1602-1661) avait autorisé des réunions entre des musiciens de la cour et une compagnie de maîtres à danser, sous l'autorité d'un chef appelé Roi des Violons. Ces séances chantées et dansées furent à l'origine de la création de l'Académie Royale de Danse qui établit par la suite ses quartiers aux Tuileries puis à Versailles...

 

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Si vous avez l'occasion de cheminer rue de Venise, n'hésitez pas à vous arrêter quelques instants devant la fontaine Maubuée, cette dame de pierre ancienne qui a « voyagé » dans Paris et dont les eaux ne coulent plus. Face à l'agitation qui règne sur le parvis du Centre Beaubourg, il est émouvant de la contempler et passionnant de songer à son histoire et à la symbolique dont elle est la gardienne.

 

Il semble que la mairie envisage de la faire restaurer. J'espère que cela arrivera sans trop attendre...

 

Bibliographie

 

Amaury Duval: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Stanislas Lami : Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au dix-huitième siècle. Paris : Honoré Champion, 1911.

 

Théophile Lavallée: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris, 1844.

 

Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.

 

Gustave Pessard : Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, 1904

 

Comme certains aminautes me l'ont demandé, j'évoquerai Beaubourg avec grand plaisir dans le futur. J'ai de nombreux articles en préparation et Beaubourg en fait partie. En attendant de publier quelque chose à ce sujet, voici une photo prise en me trouvant à côté de la fontaine.

 

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Elle évoque L'aventure de la couleur à Metz, une exposition centrée sur « l'incarnation de la couleur dans l’histoire de l’art moderne et contemporain, d’Henri Matisse à François Morellet » et elle est présentée dans la Grande Nef du Centre Beaubourg messin, du 24 février 2018 au 22 juillet 2019.

 

La couleur, territoire infini d'émotions et de sensations... et tout au-dessus des toits de Paris, une créature de nuages...

 

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Avec mes amicales pensées, en remerciant celles et ceux qui prennent plaisir à venir en cet espace. Je vous envoie de gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #crue, #paris, #pont, #saint, #seine

 

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Dame Seine modèle et remodèle le paysage d'Île de France. En cet hiver 2018, j'ai pris grand plaisir à la photographier alors qu'elle charriait, toutes les deux secondes, la taille d'une piscine olympique !

 

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Avant de poursuivre notre promenade au musée Grévin, je voulais partager ces photos avec vous.

 

Avec des pensées pour les personnes rudement touchées par les inondations, la jeune policière de la brigade fluviale de Paris, emportée par les flots au pied de Notre-Dame et les victimes de ces crues dans les différents départements. Bon courage à tous les sinistrés...

 

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Pour répondre aux personnes qui ont gentiment pris de mes nouvelles, mon département : le Val d'Oise est touché mais là où nous nous trouvons nous avons la chance de ne pas être inondés. Nous avons des soucis d'infiltration d'eau et de moisissures dus à un phénomène de capillarité entre les murs de notre vieil immeuble et les sols trempés. Ce n'est pas évident, je galère pour préserver mes livres et mes carnets, je suis obligée de tout emballer dans des boîtes ou des petits sacs étanches et d'entasser comme je peux mais nous n'avons pas à nous plaindre au regard de ce qui arrive à de nombreuses personnes.

 

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 Vue sur le pont au Change très « enfoncé » dans l'eau et sur les sauveteurs sillonnant la Seine. Merci à eux pour leur humanité et leur efficacité !

 

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La crue de 1910 transforma Paris en spectrale Venise. Elle est enracinée dans les mémoires mais Paris connut d'autres inondations tragiques au fil de son histoire et notamment celle de 1658.

 

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A compter du 20 décembre 1657, un froid terrible enveloppe la capitale. Les Parisiens se calfeutrent comme ils le peuvent et brusquement, le 18 février, neige et glace se mettent à fondre. Les températures remontent vite et les habitants de la capitale sont confrontés à une crue de la Seine qui atteint, le 28 février 1658, le terrible record de 8 mètres 81 !

 

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Vue de Grenelle lors de la crue de 1658

 

Les principales rues du Paris d'alors, voies antiques et médiévales majeures, soit les rues Saint Martin, Saint Denis, Saint Antoine…, mais aussi la place de Grève, les Halles jusqu'à l'église Saint-Eustache, l’hôpital des Quinze Vingt, le Cloître des Célestins et différents faubourgs de la rive gauche (Saint Marcel, Saint Victor, le quartier Saint Bernard...), les rues de l’Université, la rue du Bac, le quartier des Jacobins etc... sont inondés. La vie s'organise tant bien que mal et les sinistrés se déplacent sur des petites barques, sortant de leurs habitations par les fenêtres...

 

Le récit d'un chanoine de l’abbaye de Saint Victor, le père de Thoulouse, est édifiant : « Le vendredi après dîner, les religieux se promenaient à pied sec dans les prés. Après les vêpres, la Seine dégorgea par le canal de la rivière de la Bièvre, dont un bras arrose nos prés, et, le lendemain, samedi 23 à 7 heures du matin, les eaux se trouvèrent au haut des degrés par où on accède au pré, sous la bibliothèque. Il fallut employer la matinée à vider la chapelle Notre Dame, et tous les lieux en contrebas où l’eau vint dans l’après midi. Le cellerier, s’en allant, le samedi à la halle, marchait dans l’eau à la barrière des Sergents (située au bas de la montagne Sainte Geneviève) à la place Maubert, et eut beaucoup de peine à gagner la rue des Noyers. Le 27 février, les eaux furent, dans les endroits les plus bas, 5 pouces (0m13) plus haut qu’elles n’avaient paru pendant les années 1649 et 1651. »

 

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Dans la nuit du 1er mars 1658, ce furent deux arches du Pont-Marie, ouvrage reliant la rive droite à l‘île Saint Louis, qui cédèrent entre une et deux heures du matin. Vingt deux habitations furent précipitées dans les flots et le bilan fut terrible : environ soixante morts et de nombreux blessés. Le Pont-Marie fut reconstruit une vingtaine d'années plus tard mais en 1769, en référence à la crue meurtrière de 1658, toute construction de maisons sur les ponts de Paris fut interdite.

 

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Pont-Marie, janvier 2018

 

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Pont-Marie, Été 2017.

 

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Au pied du Pont-Marie, en janvier 2018, là où les Parisiens se prélassent au moment de Paris Plages...

 

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Très éprouvés après la tragédie du Pont-Marie, les Parisiens prièrent avec ferveur Sainte-Geneviève, protectrice de la ville, et voici ce qu'écrivait un Conseiller du Parlement de l'époque : « Dans notre infortune, nous pouvons avouer que notre salut n’est pas dans nos mains. Ces inondations aussi fréquentes que funestes sont des effets de la colère du Ciel. Élevons notre esprit au dessus de nos yeux, et considérons que, regardant toujours la terre pour y trouver un canal, c’est dans le Ciel que le plus efficace se trouve. Le canal dans le Ciel est tout formé, c’est sainte Geneviève qui est le canal divin par lequel Dieu fait découler toutes ses grâces. »

 

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Paris a toujours dû s'adapter au rythme des crues...

 

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Entre 779 et 780, des travaux furent entrepris à l'initiative de l'empereur Charlemagne (vers 742-814) pour tenter d'endiguer le fléau résultant d'inondations répétées mais dans les années qui suivirent, de nombreux champs furent ravagés par la force des eaux. Famine et peste s'installèrent, notamment dans les années 816-817, 819-820, 830-831, 833-834, 841-842, 845-846...

 

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En 886, une crue historique de la Seine suscita la levée du siège de Paris par les Normands.

 

En 1119, la Seine déborda violemment et en mars 1196, elle brisa plusieurs ponts de la capitale. Elle fut également destructrice en 1206, 1219, 1235, 1240, 1242, 1281 et en 1296 où elle anéantit le Petit Châtelet.

 

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Comme je l'ai écrit plus haut, l'année 1658 fut terrible pour les habitants des bords de Seine et le XVIIIe siècle connut un épisode de crue majeure, en 1740, quand la Seine atteignit 7 mètres 90 au pont de la Tournelle.

 

L'année 1802 est soulignée, dans les almanachs et les livres d'histoire, pour la puissance des intempéries observées et en 1876, la pluie tomba en hiver pendant plus d'un mois, de manière ininterrompue. Les habitants d'Alfort durent être évacués par l'armée et jusqu'à la mi-mars, Joinville, Maisons-Alfort, Charenton et les campagnes alentour furent « avalés » par les eaux.

 

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Après la crue centennale de 1910, il y eut des crues dangereuses en 1924 (7,32m), en 1939, en 1945, en 1955 (7,12m) et en 1982 (6,18m).

 

Hormis ces phénomènes, la Seine connaît, de manière régulière, ce qu'on appelle des crues moyennes. Celles-ci se traduisent par la fermeture des voies sur berge quand le niveau d'eau atteint les 3 mètres 30 et la navigation sur le fleuve est interdite à partir de 4,30 mètres.

 

Crue de l'hiver 2018...

 

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Depuis le Pont-Neuf, la vue est impressionnante, le paysage transfiguré. A cet emplacement, se déploie normalement le square du Vert Galant...

 

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Ce petit écrin de verdure est sous les eaux...

 

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Il se love à fleur de Seine, à l'extrémité ouest de l'Île de la Cité. Isolé du tumulte et de l'agitation de la ville, il offre un point de vue remarquable sur le fleuve, le Louvre et plusieurs ponts de Paris. Bordé par de grands arbres (marronniers, érables, noyers...) il se situe à proximité de sites emblématiques de la capitale : place Dauphine, Palais de Justice, cathédrale Notre-Dame, hôtels particuliers de l'Île Saint-Louis etc...

 

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Vous pouvez retrouver l'histoire du Pont-Neuf et celle du square du Vert Galant en cliquant sur ce lien : Les Secrets du Pont-Neuf.

 

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Le square en été...

 

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en cet hiver 2018, comme vous le constatez, il a « disparu »...

 

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Un peu plus loin, les piles du pont des Arts ont fait de même...

 

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D'habitude, c'est ce que l'on voit...

 

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Devant la gare d'Orsay, la passerelle Léopold Sédar-Senghor s'enfonce inexorablement...

 

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Le spectacle fascine...

 

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Fascination certes... Je ne donne pas de leçon, ayant moi-même franchi des barrières installées par la ville pour photographier le square du Vert Galant, mais le danger est bien réel.

 

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Nous suivons l'eau et les Renommées dorées du pont Alexandre III semblent très loin...

 

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Les bateaux mouches restent à quai...

 

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...gardés par le T-Rex du sculpteur Philippe Pasqua.

 

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La Tour Eiffel se dresse toujours comme une « épingle à chapeaux »...

 

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et Octave le Zouave s'interroge... Combien de temps cela va-t-il durer ?

 

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Mon article sur le pont de l'Alma et l'histoire d'Octave

 

Voici ce qui est écrit dans le Parisien du 31 janvier...

 

« Ce mardi, la Seine était à 5,74 m, contre 5,85 lundi. Malgré tout, la Ville guette avec inquiétude les pluies annoncées ce mercredi et jeudi.

 

Les berges restent submergées et les bateaux à l’arrêt. Fermées depuis le 24 janvier, les sept gares parisiennes du RER C ne rouvriront pas avant le 5 février. A l’Hôtel de Ville, Anne Hidalgo a réuni à nouveau ce mardi après-midi la cellule de crise avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF…) ainsi que les maires d’arrondissement. La mairie de Paris réitère ses conseils de prudence et de vigilance. »

 

Bon courage à nos amis de Normandie, de Seine-Maritime et des différents départements où les eaux débordent...

 

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Et gros bisous, chers aminautes, en vous remerciant de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #jouffroy, #paris, #passage, #theatre

 

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Au cœur des Grands Boulevards, dans une atmosphère précieuse et surannée, s'ouvre une succession de passages (Panoramas, Jouffroy, Verdeau etc... ) où le temps ralentit sa course.

 

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Je vous invite à suivre un Lutin de Lutèce à travers l'histoire du passage Jouffroy où de jolies vitrines, destinées à enchanter petits et grands, nous sont présentées.

 

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Premier passage de la capitale entièrement conçu en métal et en verre, (le bois est essentiellement plaqué sur la structure moderne), il fut créé, à proximité de l'Opéra Garnier, sur trois parcelles de terrain, entre 1845 et la fin de l'année 1846. Son inauguration se déroula le 17 février 1847.

 

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L'entrée principale, au numéro 10 du boulevard Montmartre.

 

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Ses maîtres d'oeuvre, les architectes François-Hippolyte Destailleurs (1787-1852) et Romain de Bourges (avec ou sans le « s », cela dépend des endroits où son nom est évoqué), gendre du précédent, l'ont établi à partir d'un plan audacieux. Son tracé forme un double coude à angle droit.

 

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Estampe issue de L'Ancien Paris d'Adolphe Martial Potémont (1828-1883), graveur spécialiste du paysage urbain.

 

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Spacieux (il mesure 140 mètres de long pour une largeur de quatre mètres), moderne (il fut le premier passage à avoir un chauffage par le sol) et couvert d'une ample verrière, soutenue pour la première fois par une charpente métallique, il traverse un immeuble dressé à l'emplacement « d'une grande maison de cinq étages, construite au début du XIXe siècle, [qui ] avait abrité successivement l'ambassade de Turquie, puis un prince russe original, richissime du nom de Tuffiakin, et dans les années 1820, quantité de gens de théâtre et de musiciens, ce qui lui avait valu le surnom de Boîte aux Artistes. » Georges Cain « Le Passage Jouffroy » in Le Figaro, 10 décembre 1909.

 

J'ai fait ce que j'ai pu pour certaines photos, avec la lumière ambiante et mes appareils qui n'aiment pas le froid, ce n'était pas facile du tout...

 

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Inscrit au titre des Monuments Historiques par arrêté du 7 juillet 1974, il n'offre pas de décor foisonnant. Il est empreint de sobriété. Au fil de la marche, on y aperçoit deux horloges, enserrées par des branches d’olivier, sur un fond de treillage à motifs floraux.

 

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Robert Doisneau (1912-1994), Sous l'horloge du passage Jouffroy, 1976.

 

Il abritait jadis « quelques lieux propres à attirer la foule des flâneurs parisiens. Sur le boulevard même s'étalait l'imposante façade d'un hôtel de luxe, l'hôtel Terrasse Jouffroy datant de 1836, aujourd'hui hôtel Ronceray. L'entrée du passage était flanquée de deux cafés « assez populaires et grouillants de vie » (Cf. Les passages Choiseul, Jouffroy et des Panoramas », dans l'Écho de Paris, 11 nov. 1891.).

 

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Le public s'y régalait d'un grand nombre d'attractions, composées d'un « Bazar Européen » dont le sous-sol accueillait une salle de danse, le bal Montmartre. « Ce bal fut remplacé par un petit théâtre spécialisé dans les marionnettes et la prestidigitation, puis, à partir de 1860, par le théâtre des Ombres chinoises ou théâtre Séraphin, établi depuis 1784 au Palais-Royal. Il devint en 1865 théâtre de Marionnettes sous le nom de Passe-Temps, puis en 1873 s'appela Théâtre Miniature. » L'Écho de Paris.

 

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En 1895, le Théâtre Miniature céda sa place au Petit Casino, un café-concert, transformé en cinéma dans les années 1950.

 

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Les visiteurs appréciaient également l'estaminet lyrique ouvert par Joseph Darcier (1819-1883), célèbre chanteur, acteur, compositeur et chansonnier parisien et venaient tenter leur chance, auprès des dieux de l'argent, dans une loterie burlesque, « La loterie des Lingots d'Or »...

 

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Cette histoire de loterie fut une gigantesque arnaque, un récit picaresque dont vous pouvez lire les détails en dessous...

 

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/archive/2011/12/29/a-l-origine-de-la-ruee-vers-l-or.html

 

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Dans le même esprit « Gribouille », un ouvrage anglais paru en 1878 faisait état, au gré du passage, de « plusieurs restaurants à prix fixes et modérés, comme le Dîner du Rocher et le Dîner de Paris où l'on servait des menus cocasses : Potage de requin aux concombres, filet de baleine aux vieux parapluies, tête de gorille à la Croquemitaine... Au Dîner quelque chose et au Restaurant Autre-chose, on savourait le Potage Mamamouchi mais aussi du dragon rôti, des queues de lézard en papillotes ou du civet de chats de Perse ! » Georges Augustus Sala : Paris herself again, pages 51/52.

 

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L'impressionnant décor du Dîner de Paris, un restaurant comme un théâtre...

 

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Les messieurs élégants venaient acquérir une malle de voyage ou un chapeau haut de forme à la Chapellerie Delion, chez les renommés Delion et Caron qui travaillaient admirablement le « chapeau de soie ». Ce lieu n'existe plus...

 

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Le Passage Jouffroy accueille le célébrissime musée Grévin, inauguré le 20 janvier 1882, dont je vous conterai l'histoire dans un article qui lui sera spécialement consacré, début 2018 et l'élégance de ses boutiques, riches de tant d'objets, en fait toujours le paradis des chineurs et des collectionneurs. Florilège...

 

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Les amateurs de beaux livres se régalent à la Librairie du Passage, institution parisienne, ancienne librairie Paul Vulin. On y découvre des milliers d'ouvrages consacrés aux arts décoratifs et à l'histoire de l'art ainsi que des dessins et de jolies estampes, sans plus de précision...

 

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D'autres boutiques sont également très appréciées, comme « Brésilophile », ouverte en 1997 aux numéros 38-40... Temple des amateurs de minéraux et de pierres semi-précieuses.

 

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Au numéro 34, on admire la boutique de cannes anciennes de collection, de parapluies et d'objets de curiosité de M&G Segas, installée dans le passage depuis 1983...

 

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où décorateurs de théâtre et de cinéma viennent faire des emplettes...

 

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Le passage Jouffroy est une véritable caverne d'Ali-Baba !

 

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Les ravissants ornements de la Maison du Roy, antiquaire spécialiste du XVIIIe siècle et de l'esprit boudoir, au numéro 24...

 

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Ambiance cabinet de curiosités...

 

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Le passage Jouffroy risqua, pendant un temps, d'être détruit et remplacé par « une large rue flanquée de beaux immeubles afin de mettre en communication la rue du faubourg Montmartre avec le boulevard du même nom » mais, après une importante enquête administrative, il fut préservé de la démolition et modernisé en 1932 avec l'installation de rampes électriques. Il a été restauré et rénové en 1987 et demeure aujourd'hui très aimé des parisiens et des visiteurs de la capitale.

 

Je vous donne rendez-vous, début 2018, dans cet espace plein de charme pour vous conter l'histoire du musée Grévin, de l'hôtel attenant : l'Hôtel Chopin et d'autres anecdotes concernant le boulevard Montmartre... En attendant, mon blog se love dans les harmonies de fête avec des billets aux couleurs de la saison. Juste pour le plaisir !

 

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Très amicales pensées et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #catalpa, #fontaine, #fruits, #Gabriel Pierné, #paris, #square

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Rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris, un petit square élégant, créé en 1938, rend hommage au compositeur, organiste, pianiste et chef d'orchestre Gabriel Pierné (1863-1937). Le lieu, dominé par la coupole de l'Institut de France, s'organise autour d'une fontaine « singulière ».

 

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Conçue d'après des dessins d'Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850), le fils du célèbre peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), cette fontaine alimentait autrefois le marché des Carmes qui se situait place Maubert.

 

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Le marché de la place Maubert était l'un des plus anciens marchés de Paris. Créé au milieu du XVIe siècle là où des cours de philosophie et de théologie étaient dispensés depuis le Moyen-Âge.

 

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La fontaine fut réalisée, en 1830, lors de travaux d'embellissement et déplacée, un siècle plus tard, à la destruction du vieux marché. En 1938, elle trouva sa place en bordure de l'Institut de France.

 

Depuis le 29 octobre 1952, elle est inscrite au titre des Monuments Historiques.

 

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Émanation des bornes antiques ou des Hermès des carrefours, elle se compose d'un petit bassin où s'écoulent deux filets d'eau issus d'une colonne surmontée d'une tête de femme à deux visages.

 

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Couronnée du polos, coiffe caractéristique des statues de l'Antiquité gréco-orientale et qui ressemble ici à un vase chargé de fruits, cette version féminine du dieu Janus symbolise le Commerce et l'Abondance.

 

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Sous chaque tête, on contemple un lourd collier orné de fruits, de cornes d'abondance et d'un caducée, emblème du dieu Mercure, gardien des richesses de la ville. Le caducée n'est pas toujours associé au dieu de la médecine, il est l'un des attributs d'Hermès/Mercure, dieu des commerçants, des négociants, des voyageurs et aussi des voleurs...

 

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Les rameaux d'olivier sont associés à la même symbolique : luxuriance, opulence, prospérité...

 

La fontaine des Carmes n'est pas la seule « curiosité » que l'on peut découvrir dans le square Gabriel Pierné. Les visiteurs apprécient les bancs en forme de livres qui célèbrent la vocation littéraire et culturelle du quartier peuplé de boutiques d'antiquités, de galeries d'art et de librairies spécialisées. Nous sommes à Saint-Germain-des-Prés !

 

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Des bancs pour les rêveurs...

 

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En 1968, une statue nommée « Carolina » a été installée près de l'entrée du square. Il s'agit d'un bronze contemporain, œuvre du sculpteur italien Marcello Tommasi (1928-2008).

 

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Elle est considérée comme un portrait de la fille de l'artiste et le réalisme est saisissant...

 

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L'agréable réputation du square est aussi liée à la beauté de sa végétation : magnolias, rhododendrons, cerisiers et les visiteurs sont accueillis par un arbre classé « Remarquable », un catalpa de la famille des Bignoniaceae.

 

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Originaire du sud-ouest des États-Unis, ce catalpa commun (Catalpa Bignonioides, Walter) se caractérise par des fruits très particuliers, en forme de gousse, drus et allongés. Il mesurait en 2011 quinze mètres de hauteur pour une circonférence de deux mètres soixante.

 

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Je ne développe pas davantage car mon prochain article sera pleinement consacré aux Catalpas de Paris. Ils sont très appréciés des jardiniers et des promeneurs, entre autres pour leur ombrage généreux.

 

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La coupole de l'Institut et les fruits « haricots ».

 

L'Institut de France, institution vénérable, se refait actuellement une beauté. D'impressionnants échafaudages couvrent la façade courbe de ce bâtiment, ancien Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations dont la fondation fut réclamée par Mazarin, en 1661. J'attends de pouvoir faire une série de photos montrant l'architecture des lieux, après restauration.

 

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Aux amoureux des squares de Paris, je ne saurais trop conseiller la visite de cet endroit plein de charme où je m'installe souvent, carnet à la main, sur les bancs-livres, pour observer les saisons qui papillonnent autour de la fontaine et du catalpa.

 

Que cette fin septembre vous soit agréable, je vous remercie de votre fidélité et vous adresse, une nouvelle fois, de gros bisous... Merci pour vos charmants petits mots écrits à l'occasion des six années d'existence de mon blog...

Plume

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