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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #l’oeuf, #maison, #oeuf, #paques, #rouge

 

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Chers aminautes, je vous souhaite de Joyeuses Pâques et je vous convie à une promenade gourmande, artistique et philosophique sur le thème de l’œuf.

 

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Floris Hendrik Verster (1861-1927), Bol aux œufs, 1915.

 

Au commencement était l’œuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l’œuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par un initiateur sage et facétieux, le lièvre d'Ostara, la déesse germanique du Printemps, équivalent de la déesse anglo-saxonne Eostre (voir mon article intitulé Mystères et Traditions de Pâques), il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

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Illustration de Marjolein Bastin

 

L’œuf cosmos

 

Même si l'on écrivait une encyclopédie sur ce thème, on trouverait encore des traditions orales et des récits non étudiés mettant l’œuf en scène comme point de départ du monde et de ses habitants.

 

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L’œuf cosmique de William Blake (1757-1827)

 

Il existe une infinité de mythes fondés sur la puissance créatrice et poétique de l’œuf. Dans l'Égypte ancienne (mythe du dieu Thot et de l'Ogdoade Hermopolitaine), dans la mythologie hindoue (mythe de l’œuf de Brahma qui se divise en une moitié d’or et une moitié d’argent), chez les Incas où le dieu Viracocha crée le soleil derrière une immense roche noire, avec la coquille d'un œuf d'où jaillit l'humanité, dans le Japon Shintoïste où le ciel (léger et fluctuant) et la terre (dense) émanent d'un œuf parfumé, dans la Grèce antique où certaines statues du dieu Dionysos étaient représentées avec un œuf dans la main et dans plusieurs sépultures de l'ancienne Russie où l'on plaçait des œufs d'argile pour que les âmes puissent de nouveau s'incarner...

 

 

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Kolobova Margarita, Ilmatar Birth of Nature.

 

Dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea et ses genoux émergèrent de l'eau. Intrigué et séduit, le seigneur de l'air, incarné en canard, y déposa un œuf couleur de lune ou d'or. La déesse frissonna, la coquille se brisa et la vie apparut sur toute la terre.

 

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Ilmatar, 1860, par Robert Wilhelm Ekman (1808-1873), illustrateur de poèmes populaires et représentant du romantisme finlandais.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l’œuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais...»

 

 

Pour les alchimistes, l’œuf philosophique est un reflet de l’image du monde. Dans cet athanor, se produit l'émulsion qui permet d'aboutir à la pierre philosophale.

 

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L'Œuf Orphique de Jacob Bryant (1715-1804), savant, écrivain et mythographe britannique, 1744.

 

Le Mythe Orphique (environ 600 av JC) rapporte qu'au commencement était Chronos (seigneur du Temps), qui engendra Chaos (l'Infini) et Éther (l'aboutissement). Enveloppant le Chaos, la Nuit, « déesse aux ailes noires » stimula l'action créatrice contenue dans l'Éther. De cette « rencontre » naquit l’Œuf d'Argent, réceptacle de l'essence de Vie, qui engendra Phanès, la Lumière.

La Lumière s'unit à la Nuit et le Ciel, la Terre et l'Olympe où règne Zeus, seigneur de l'Éclair et de la Foudre, firent leur apparition.

 

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Salvador Dali (1904-1989), Jaune d'œuf Soleil, 1955.

 

L’œuf est un être à la fois organique et associé à une étrange forme de « minéralité » qui a profondément inspiré Dali. Le maître voyait à travers lui la possibilité de relier toutes nos vies : vies antérieures, expériences intra-utérines et renaissances au fil de l'existence.

 

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Cette puissante magie d'inspiration et de fécondité imprègne les œufs du folklore pascal.

 

 

Les œufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les œufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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La matrice de l’œuf est le réceptacle du mystère de la vie. Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des œufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un œuf rouge au creux d'un rocher. L’œuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les œufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L’œuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un œuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul œuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l’œuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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Pour la petite histoire, on disait aux enfants de Vendée que les œufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux paraître dans leurs grandes robes écarlates.

 

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Le Vendredi Saint était autrefois traditionnellement consacré à la décoration des œufs. Les jeunes filles confectionnaient des « œufs d'amour ».

 

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Pieds nus dans la rosée du matin, elles récoltaient les œufs et les teignaient de rose marbré de rouge puis elles les couvraient de vœux et d'inscriptions comme celles-ci « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Elles les cachaient ensuite dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et elles les offraient à leurs amoureux.

 

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Les œufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

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Réputés imputrescibles, les œufs du Vendredi-Saint étaient conservés sur les manteaux de cheminée. Ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies. On les pensait également capables de « détecter les sorcières » si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques ou si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office.

 

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Image Folkstar.pl

 

Leur pouvoir protecteur et magique était amplifié par les couleurs et les motifs dont ils se paraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si l'on conservait pendant cent ans un œuf pondu le Vendredi-Saint et peint en rouge, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

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Le dimanche de Pâques, les marraines et les parrains offraient à leurs filleuls les œufs du Vendredi-Saint, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé ou dans un panier d'osier.

 

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Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et la roulée.

 

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Nikolaï Kochélev (1840-1918) : Enfants jouant à faire rouler des œufs de Pâques, 1855. Musée Russe, Saint-Pétersbourg.

 

La roulée était une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné ou en s'aidant d'une longue tuile qui formait un petit toboggan, des œufs durs, de préférence colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l’œuf resté intact), dégustait les œufs cassés.

 

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« Osterspiele » (Jeux de Pâques), gravure sur bois réalisée en 1880 d’après un dessin original de Carl Röhling (1849–1922).

 

Pour jouer à la toquette, comme vous l'apercevez au second plan de l'image, on tenait fermement un œuf dur, ne laissant dépasser qu'une partie de la coquille, afin de le faire « toquer » contre un autre. Le perdant payait sa tournée de friandises (enfants) et de boissons (adultes)!

 

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Ces jeux étaient (et sont encore) très répandus en Russie mais aussi dans plusieurs régions de France (Lorraine, Alsace, Franche-Comté etc...). La tradition des Rolling Eggs existe dans de nombreux pays, avec certaines variantes.

 

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« Easter Monday Egg Roll » en Angleterre où les participants font rouler des œufs depuis le sommet d'une colline pour « réveiller » les forces du printemps. (Photo geograph.org.UK).

 

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Easter Roll en 1911, à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche (1600, Pennsylvania Avenue). Photo Library of Congress.

 

D'après certains historiens, cette tradition aurait été initiée par Dolley Madison, l'épouse du Président James Madison, en fonction de 1809 à 1817 mais d'autres chercheurs avancent que ces courses d’œufs auraient vu le jour entre 1860 et 1865, sous la présidence d'Abraham Lincoln (1809-1865). En 1872, des articles de journaux rapportent que les enfants s'amusaient à faire rouler des œufs de Pâques sur les pelouses du Capitole et que cela inspira, en 1876, à des esprits chagrins le vote d'une loi par le Congrès pour interdire ces jeux de plein air.

Ensuite, il semblerait que le président Rutherford B. Hayes, en fonction de 1877 à 1881, ait invité les enfants à venir à la Maison-Blanche pour faire rouler les œufs.

 

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Course aux œufs, dans les jardins de la Maison-Blanche, le lundi de Pâques (photo de Chuck Kennedy). Les enfants sont pressés de pousser les œufs sur le gazon verdoyant avec une cuillère dotée d'un long manche.

 

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Les gourmands collectent chaque année, avec un bonheur indicible, les œufs déposés sur l'herbe tendre ou cachés dans les habitations par le lièvre du printemps mais aussi par les cloches revenues de Rome qui rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villages et des villes.

 

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La découverte des œufs, gravure de 1889.

 

Les couleurs des œufs de Pâques

 

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La couleur la plus répandue est le rouge dont je vous parlais plus haut, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les forces malveillantes. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des œufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

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Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des œufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis œufs rose pâle et le suc de betterave rouge des œufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les œufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc...

 

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Les œufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki, Pysanky ou Pyssanka, d'après le verbe pysaty qui signifie «écrire», était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps. Avec une pointe fine, une femme dessinait sur un œuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l’œuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l’œuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, d'autres femmes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les œufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

Sur cette photographie issue des collections du Musée Canadien de l'Histoire, on voit une maman ukrainienne et ses enfants accomplir des gestes ancestraux.

 

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L'entrée du musée des œufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie (ua-travelling.com). On y apprend tout sur les œufs depuis les premiers temps du Paganisme.

 

 

Des œufs chargés d'histoire...

 

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Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les œufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne du roi Charles IX (1550-1574), l'année débuta le premier janvier mais l’œuf, aux vertus aussi gourmandes que mystiques, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

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Associé aux différentes théogonies, l’œuf connut, dans toutes les couches sociales et à toutes les époques, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de « quêter les œufs » pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens accomplissaient leur tournée, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Île de France pour y collecter les plus gros œufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

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Les œufs précieux

 

Les œufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais en Angleterre, on trouvait des œufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle et traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des œufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (1710-1774) offrit à sa maîtresse, Madame Du Barry (1743-1793), un œuf abritant une figurine de Cupidon qui connut un grand succès.

 

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Cette œuvre est signée par le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920), artiste concepteur de la série des œufs de Pâques impériaux, sous les règnes des tsars Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918).

 

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L’œuf de Pierre le Grand, 1903.

 

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L’Œuf aux douze monogrammes, en émail bleu, or rouge et diamants, 1896, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna. (Hillwood Museum Washington DC).

 

A partir de 1884, Pierre-Karl Fabergé devint le fournisseur officiel de la Cour Impériale. Sollicité par toutes les Cours d'Europe, il « régnait » sur de prestigieux ateliers qui accueillaient plusieurs centaines d'artisans.

 

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Ouvriers Fabergé dans un atelier en Russie, vers 1900. Photo Fabergé SA.

 

Commercialisées de manière internationale, ses créations figurent dans les plus prestigieuses boutiques de Moscou, de Londres et de Paris.

 

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L’Œuf à la Poule, en or et en émail blanc, cadeau d'Alexandre III à la tsarine Maria Feodorovna, née princesse de Danemark.

 

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Il s'agit du premier œuf confectionné par Fabergé, en 1885. La poule en or chatoyant abritait une couronne ornée de petits œufs en rubis. L'impératrice apprécia tant son cadeau que le tsar commanda tous les ans un nouvel œuf au joaillier. Après la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II poursuivit cette tradition jusqu'en 1917, année de la faillite de son pouvoir.

 

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L'Œuf au cygne, en émail mauve, cristal, or, argent et aigue-marine, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna en 1906.

 

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L’œuf au treillis de roses, 1907, en or, diamants rose-thé et feuilles d'émeraude.

 

Les œufs gourmands

 

 

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Dans les années 1780, l'apothicaire Joseph Storrs Fry (1769-1835) ouvrit une petite manufacture de pâte de chocolat à Bristol, en Angleterre, sous le nom de « J.S. Fry et Sons ». Il conçut la première broyeuse hydraulique pour fèves de cacao et, convaincu que le chocolat était doté de vertus médicinales, il fournit en « matière première » des salons de thé et de nombreuses officines pharmaceutiques. Après sa mort, ses fils Joseph, Francis et Richard eurent l'idée de mélanger du beurre de cacao, du chocolat en poudre et du sucre, obtenant ainsi une pâte molle facile à verser dans des moules. Le chocolat à croquer était né.

 

Vers 1847, le chocolat essentiellement connu sous forme de boisson put être savouré autrement. Dans les années 1890, apparurent les œufs en sucre coloré et aux alentours de 1900, les œufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

 

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Et maintenant voici quelques « œufs d'art » imaginés par des maîtres chocolatiers alors régalez-vous... les yeux !

 

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Maison Boissier : l’œuf dentelle.

 

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Jean-Paul Hévin : Bouton d’œuf 2016.

 

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Jean-Paul Hévin : L’œuf pap !

 

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Jean-Charles Rochoux

 

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Maison Puyricard : Œuf  « griffé » par le danseur et chorégraphe Angelin Preljocaj pour célébrer les 30 ans de la compagnie qu'il dirige.

 

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Maison Fauchon

 

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La Famille Pâquerette pour la Maison du Chocolat.

 

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Christophe Roussel

 

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Œuf de Tian Long, le « Dragon du Ciel », réalisé par les maîtres chocolatiers du Palace Shangri-La. (Photo de Roméo Balancourt). Cet œuf entièrement façonné à la main comporte plus de deux cents écailles.

 

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Œuf bijou du Park Hyatt Vendôme qui s'inspire des œufs de Fabergé.

 

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de Pâques. Gros bisous et à très vite...

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #cause, #partout, #pensees, #terre, #terrorisme

 

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Pensées pour les victimes de cette barbarie survenue en Belgique aujourd'hui...

Pensées pour mes ami(e)s belges et ceux qui souffrent partout sur notre terre, à cause du terrorisme...

 

Que cette image d'une petite déesse de printemps, symbole de vie, de lumière, d'ouverture aux autres et de fécondité reflète et accompagne ce qu'il y a de meilleur en nous, contre cette obscurité avide de sang !

 

Je vous aime toutes et tous, prenez soin de vous...

Tendrement,

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #caventou, #fontaine, #pelletier, #quinquina, #saint

 

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La Fontaine Pelletier et Caventou ou Fontaine des Pharmaciens se situe à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue de l'Abbé de l'Épée, sur la place Louis Marin, dans le 5e arrondissement de Paris.

 

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En longeant les grilles du Jardin du Luxembourg, on aperçoit le monument qui se dresse devant l'immeuble historique des éditions Armand Colin.

 

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Louis Marin (1871-1960) vécut au numéro 95 du boulevard Saint-Michel, de 1916 jusqu'à sa mort. Le célèbre compositeur de musique César Franck (1822-1890) habita lui aussi à cet endroit, à partir de 1865.

 

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Le bâtiment qui abrite la Librairie Armand Colin fut construit en 1870. Il est situé non loin de l'Institut National des Jeunes Sourds, fondé par l'abbé Charles-Michel de L'Épée (1712-1789) et dont l'accès est aujourd'hui condamné.

 

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Vous apprécierez sûrement les élégants mascarons qui décorent les façades en belle pierre de taille.

 

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N'ayant pas voulu choisir entre mes photos prises de face ou légèrement sur le côté, je les publie toutes.

 

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Dans les caves de l'immeuble des éditions Armand Colin on retrouva, en 1975, des peintures gallo-romaines datées du début du IIIe siècle de notre ère. Probablement associées à la construction d'un nymphée, elles présentent, entre autres, une scène de « dextrarum junctio » soit l'union des mains droites des époux au moment du mariage.

 

J'ai pu trouver cette gouache de restitution de l'une des peintures, étudiées et conservées au Musée Carnavalet.

 

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Mais revenons à la fontaine... Je ne m'étais pas éloignée du sujet car le thème des eaux guérisseuses, fondamental dans la Lutèce antique, occupe une place de choix tout autour du lieu où nous nous trouvons (au Musée de Cluny, au Jardin du Luxembourg ou sur la Montagne Sainte-Geneviève) et que les sous-sols de la rue Saint-Jacques (située à proximité) regorgent d’œuvres liées au thème de l'eau.

 

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Le monument rend hommage à deux esprits brillants, personnalités incontournables du monde de la pharmacie : Joseph Bien Aimé Caventou (1795-1877) et Pierre-Joseph Pelletier (1788-1842) qui furent à l'origine de l'obtention de la quinine.

 

 

Pierre-Joseph Pelletier rencontra Joseph Bienaimé Caventou à l'Hôpital Saint-Antoine. Ils étudièrent les substances d'origine végétale et travaillèrent à en extraire les principes actifs.

 

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Ils nommèrent la « chlorophylle » en étudiant la substance verte qui compose les feuilles et, en 1818, ils isolèrent la strychnine de la fève de Saint-Ignace et de la noix vomique. Mais la découverte qui les rendit célèbres est sans conteste celle de la quinine.

 

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Quinquina rouge (Image Herboristerie Michel Pierre)

 

La quinine est extraite de l'écorce du Quinquina (Cinchona officinalis condaminea), arbuste ou petit arbre sempervirent (à feuillage persistant) de la famille des Rubiacées, originaire de l'Équateur, de la Cordillère des Andes et d'Amérique centrale. Le Quinquina fut découvert par le Chevalier Charles Marie de La Condamine (1701-1774), explorateur, astronome et encyclopédiste au service de Monseigneur le Duc d'Orléans.

 

Charles de La Condamine découvrit les Cinchona en 1739, dans la province de Loxa au Pérou. Il voyageait avec Joseph de Jussieu (1704-1779), médecin, naturaliste et frère des célèbres académiciens Bernard et Antoine de Jussieu et avec l'astronome, physicien, mathématicien et hydrographe Pierre Bouguer (1698-1758).

 

Pour certains, le nom Cinchona dérive de celui de l'épouse d'un vice-roi du Pérou, la comtesse de Chinchon qui, d'après plusieurs témoignages, aurait été guérie d'une violente fièvre, en 1635, grâce à une décoction d'écorce de quinquina.

 

L'écorce séchée et pilée fut appelée « poudre de la comtesse » ou « poudre des Jésuites » car les Jésuites connaissaient les vertus fébrifuges, digestives, toniques et antipaludéennes du remède obtenu. En péruvien, « kina-kina » signifie « écorce des écorces ».

 

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C'est à Pelletier et Caventou que nous devons l'obtention de la quinine cristallisée à partir de l'écorce du quinquina.

 

Le quinquina a également permis d'obtenir le remède China officinalis qui apparaît comme le tout premier décrit par Samuel Hahnemann (1755-1843), le père fondateur de l'Homéopathie.

 

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Mais avant la fontaine qui rend hommage aux deux célébrités du monde de la Pharmacie, il y eut un premier monument inauguré le 7 août 1900. Une souscription internationale permit de faire ériger un socle puissant décoré de beaux caducées (œuvre de l'architecte Georges Lisch, arrière petit-neveu de Caventou) et deux statues de bronze (créations d'Édouard Lormier) représentant Pelletier et Caventou portant leur toge professorale. Hélas, fin novembre 1941, les allemands firent déboulonner les statues afin d'utiliser le cuivre qu'elles contenaient pour le sulfatage des vignes.

 

Après de nombreuses difficultés, un nouveau monument, celui que nous admirons aujourd'hui, a été créé au même emplacement. Le socle -qui est resté le même- est surmonté d'une allégorie de la Guérison sculptée en 1951 par Pierre-Marie Poisson (1876-1951). L'ensemble a été inauguré le 2 mars 1951.

 

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Fondé sur une recherche de pureté lisible à travers la puissance et la simplicité des formes, le travail de l'artiste peut être admiré en Province et en divers endroits de Paris. Oscillant entre œuvres monumentales (il a conçu de nombreux monuments aux morts) et créations plus intimes (statues et bustes pour des particuliers), il a réalisé un superbe bloc sculpté en ronde-bosse : La Jeunesse pour l'Exposition Universelle de 1937 mais ceci est une autre histoire...

 

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La Jeunesse...

 

Merci à la Revue de l'Histoire de la Pharmacie (année 2005) pour les précieux renseignements concernant Messieurs Pelletier et Caventou.

 

Je termine cette promenade en vous remerciant de votre fidélité et en vous souhaitant une belle fin de semaine. Je pense bien à vous...

Plume

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