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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

eau

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #emile, #fut, #jpg, #verhaeren

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

C'est un chant magique, tissé d'émotions vives que fait palpiter, sur les mues de la page blanche, la plume magistrale d'Émile Verhaeren. Ardentes et subtiles, ses images me happent et sa musicalité m'attire, entre deux mondes, auprès des créatures issues de l'onde chimérique. Ce Chant de l'Eau, sous l'obédience de l'envoûtante Mélusine, est l'un de mes poèmes préférés !

 

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« L'entendez-vous, l'entendez-vous

Le menu flot sur les cailloux ?

Il passe et court et glisse

Et doucement dédie aux branches,

Qui sur son cours se penchent,

Sa chanson lisse.

 

Là-bas,

Le petit bois de cornouillers

Où l'on disait que Mélusine

Jadis, sur un tapis de perles fines,

Au clair de lune, en blancs souliers,

Dansa ;

Le petit bois de cornouillers

Et tous ses hôtes familiers

Et les putois et les fouines

Et les souris et les mulots

Écoutent

Loin des sentes et loin des routes

Le bruit de l'eau.

 

Aubes voilées,

Vous étendez en vain,

Dans les vallées,

Vos tissus blêmes,

La rivière,

Sous vos duvets épais, dès le prime matin,

Coule de pierre en pierre

Et murmure quand même.

Si quelquefois, pendant l'été,

Elle tarit sa volupté

D'être sonore et frémissante et fraîche,

C'est que le dur juillet

La hait

Et l'accable et l'assèche.

Mais néanmoins, oui, même alors

En ses anses, sous les broussailles

Elle tressaille

Et se ranime encor

Quand la belle gardeuse d'oies

Lui livre ingénument la joie

Brusque et rouge de tout son corps.

 

Oh! les belles épousailles

De l'eau lucide et de la chair,

Dans le vent et dans l'air,

Sur un lit transparent de mousse et de rocailles ;

Et les baisers multipliés du flot

Sur la nuque et le dos,

Et les courbes et les anneaux

De l'onduleuse chevelure

Ornant les deux seins triomphaux

D'une ample et flexible parure ;

Et les vagues violettes ou roses

Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent

Autour des flancs, autour des reins ;

Et tout là-haut le ciel divin

Qui rit à la santé lumineuse des choses !

 

La belle fille aux cheveux roux

Pose un pied clair sur les cailloux.

Elle allonge le bras et la hanche et s'inclina

Pour recueillir au bord,

Parmi les lotiers d'or,

La menthe fine ;

Ou bien encor

S'amuse à soulever les pierres

Et provoque la fuite

Droite et subite

Des truites

Au fil luisant de la rivière.

 

Avec des fleurs de pourpre aux deux coins de sa bouche,

Elle s'étend ensuite et rit et se recouche,

Les pieds dans l'eau, mais le torse au soleil ;

Et les oiseaux vifs et vermeils

Volent et volent,

Et l'ombre de leurs ailes

Passe sur elle.

 

Ainsi fait-elle encor

A l'entour de son corps

Même aux mois chauds

Chanter les flots.

Et ce n'est qu'en septembre

Que sous les branches d'or et d'ambre,

Sa nudité

Ne mire plus dans l'eau sa mobile clarté,

Mais c'est qu'alors sont revenues

Vers notre ciel les lourdes nues

Avec l'averse entre leurs plis

Et que déjà la brume

Du fond des prés et des taillis

S'exhume.

 

Pluie aux gouttes rondes et claires,

Bulles de joie et de lumière,

Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,

Car tout l'automne en deuil

Le jonche en vain de mousse et de feuilles tombées.

Son flot rechante au long des berges recourbées,

Parmi les prés, parmi les bois ;

Chaque caillou que le courant remue

Fait entendre sa voix menue

Comme autrefois ;

Et peut-être que Mélusine,

Quand la lune, à minuit, répand comme à foison

Sur les gazons

Ses perles fines,

S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,

Et, suivant que le flot anime sa cadence,

Danse encor

Et danse. »

 

Émile Verhaeren

 

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Biographie

 

Émile Verhaeren (1855-1916) est un artiste belge flamand d'expression française, né dans le petit village de Saint-Amand (Sint-Amands), sur le fleuve Escaut, à la lisière de la Province d'Anvers.

 

 

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Passionné par les grandes questions sociales de son temps, il aima profondément le Naturalisme et fut l'un des maîtres flamboyants du Symbolisme en littérature. Soucieux des gens et imprégné par les idées de l'Anarchisme, il publia un grand nombre d’œuvres dans la presse Libertaire.

 

Issu d'un milieu aisé, (ses parents, Henri Verhaeren et Adélaïde De Bock, étaient commerçants dans le domaine du textile), Émile Verhaeren décrivit avec un mélange de Réalisme et de Lyrisme les atmosphères de la grande ville et son opposé tout aussi envoûtant, la campagne.

 

Esprit brillant, il fut poète, dramaturge, critique d'art et auteur de récits dans la veine symboliste. Lié avec des artistes issus du Symbolisme et du Néo-Impressionnisme, il apparut comme l'un des « découvreurs » des peintres Fernand Khnopff (1858-1921), le maître de l'énigme et James Ensor (1860-1949).

 

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Émile Verhaeren nourrit des liens privilégiés avec de nombreux peintres célèbres (Paul Signac, Maximilien Luce, Dario de Regoyos, Willy Schlobach, William Degouve de Nuncques, Théo Van Rysselberghe...) et des écrivains (André Gide, Stéphane Mallarmé, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Albert Mockel...). Il fut, dans les années 1883-1899, l'un des principaux rédacteurs de la revue L’Art Moderne.

 

Une femme compta particulièrement dans sa vie : il s'agissait de Marthe Massin (1860-1931), une artiste originaire de Liège. Quand Émile Verhaeren la rencontra, il pensait rester vieux garçon mais il eut un coup de foudre et sentit que l'influence de Marthe sur sa vie artistique ne pouvait que lui être bénéfique. Ils se marièrent en août 1891, n'eurent pas d'enfant et s'aimèrent jusqu'à la fin de leurs jours.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, Émile Verhaeren composa des poèmes pacifistes, s'insurgeant contre la folie des hommes et il dut se réfugier en Angleterre où il lutta à sa manière en écrivant « Les Anthologies Lyriques », constituées de « La Belgique sanglante », « Parmi les Cendres » et « Les Ailes rouges de la Guerre ».

 

De toutes ses forces, il essaya, au cours de conférences à succès, de renforcer les liens d'amitié entre la Belgique, la France et l'Angleterre et c'est dans ce contexte qu'il connut une fin tragique...

 

Venu donner une conférence à Rouen, il fut poussé accidentellement sous un train, le 27 Novembre 1916, par la foule qui s'était amassée. Ses derniers mots auraient été, d'après la légende populaire, « Ma Femme, ma Patrie »...

 

Le gouvernement français souhaita faire transférer son corps au Panthéon mais sa famille refusa. Sa dépouille fut placée au cimetière militaire d'Adinkerque puis au cimetière de Wulveringem, à Furnes, dans la Région Flamande et enfin, en 1927, elle rejoignit le village natal de Saint-Amand où fut créé, en 1955, le musée provincial Émile Verhaeren.

 

 

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Pour célébrer son Chant de l'Eau, j'ajoute un petit florilège de photos prises au gré de mes promenades.

 

Pour le plaisir d'une rêverie...

 

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Belles pensées avec ce Chant de l'Eau, chers Aminautes...

 

Prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Albert, #eau, #petit, #petitsMérat, #rosne

 

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi... avec des pensées pour Lady Marianne.

 

J'ai choisi ce texte en m'imaginant suivre le cours de cette petite rivière de poésie... Aller gambader, caracoler, papillonner au bord de l'eau qui chante et laisser toute perturbation derrière soi... Quel bonheur de ressentir la vie ainsi, une vie qui pétille dans le charme des couleurs et la symphonie des reflets aquatiques.

 

« La petite rivière, bleue

Si peu que le ciel ait d'azur,

D'ici fait encore une lieue,

Puis verse au fleuve son flot pur.

 

Plus grande, elle serait moins douce,

Elle n'aurait pas la lenteur

Qui dans les herbes mène et pousse

Son cours délicat et chanteur.

 

Elle n'aurait pas de prairies

Plus vertes si près de la main,

Non plus que ces berges fleuries

Où marque à peine le chemin.

 

Ni le silence si paisible,

Ni parmi les plantes des eaux

L'étroit chenal presque invisible

Entre les joncs et les roseaux.

 

Et le moulin qui sort des branches

N'aurait pas à bruire ailleurs

Plus d'eau dans ses palettes blanches,

Ni plus de mousses et de fleurs.

 

La petite rivière est gaie

Ou mélancolique, suivant

Qu'un oiseau chante dans la haie

Ou qu'il pleut et qu'il fait du vent.

 

Selon l'heure, joyeuse ou triste,

Couleur du soir ou du matin,

Comme une charmeuse elle insiste,

Lorsque l'œil la perd au lointain,

 

Derrière le saule incolore

Ou le vert des grands peupliers,

A montrer une fois encore

Ses caprices inoubliés.

 

Albert Mérat

 

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J'aime énormément cette petite rivière. Je ressens son énergie bienfaisante à travers la lecture du poème d'Albert Mérat (1840-1909), poète parnassien plutôt méconnu du grand public.

 

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Dans sa jeunesse, Albert Mérat fit des études de Droit puis il travailla à la Préfecture de la Seine. Passionné de poésie, il fréquenta les milieux littéraires et rencontra Paul Verlaine avec qui il tissa des liens profonds. Il fut apprécié de son vivant pour son talent mais à la différence d'autres poètes de son temps, il fut oublié ensuite dans nombre d'ouvrages et malmené par la postérité.

 

Rimbaud le qualifia « d'artiste visionnaire », Verlaine lui dédia un poème appelé « Jadis » et il fut l'auteur de plusieurs poésies pour la revue intitulée « Le Parnasse Contemporain ».

 

Le mouvement littéraire du Parnasse naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme. Le chef de file de cette école d'art et de pensée fut Leconte de Lisle et ses membres principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient.

 

Albert Mérat eut une vie riche sur un plan artistique et il partagea une belle amitié avec Verlaine. En revanche, ses relations furent plus tendues avec Rimbaud. Dans la dernière partie de sa vie, nommé Chevalier de la Légion d'honneur il devint bibliothécaire au Palais du Luxembourg, l'actuel Sénat.

 

 

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Mes photos illustrant ce billet vous montrent bien une « Petite Rivière ». Il s'agit du Petit Rosne de Sarcelles, la rivière qui coule dans ma ville. Depuis peu d'années, le Petit Rosne revit. Il a été oublié pendant très longtemps, on l'avait transformé en cloaque et enterré depuis le début du XIXe siècle. Désormais, son chant se fait entendre avec un aménagement qui fait plaisir aux habitants de Sarcelles.

 

Grâce à un projet chapeauté par le SIAH (Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement Hydraulique des Vallées du Croult et du Petit Rosne, créé en 1945) et la ville de Sarcelles, le Petit Rosne a été nettoyé, réaménagé et il coule à ciel ouvert.

 

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Le Petit Rosne naît à Bouffémont, au pied de la forêt de Montmorency et se charge des eaux de ruissellement venant de petits cours d'eau dotés de noms pittoresques : le Ruisseau des Quarante-Sous, le Ruisseau des Longs-Prés...

 

Au Ier siècle de notre ère, des thermes gallo-romains furent installés sur ses berges et il fut qualifié, quelques temps plus tard, de « Fluvio Rodono », un vocable celtique.

 

Au IXe siècle, après une donation effectuée par Eudes, le roi des Francs, l'eau du Petit Rosne irrigua un paysage où se dressaient des moulins à blé. Il traversait une vallée fertile et bien placée pour les échanges commerciaux avec la capitale. Le blé obtenu par les meuniers était de qualité et au début du XVIIIe siècle apparurent des moulins à tissu. Mais au XIXe siècle, les machines utilisant l'électricité et la vapeur détruisirent les industries de la région.

 

Les moulins périclitèrent, la pollution s'installa et les rivières locales, à l'instar du Petit Rosne, furent condamnées, enterrées, effacées des mémoires de nombreux habitants. Cependant, en 1929, une terrible inondation eut lieu à Sarcelles-Village et en 1992, le Village fut noyé sous 1,60 mètres d'eau.

 

 

Le Petit Rosne est aujourd'hui bien présent, avec sérénité, dans le paysage urbain, à l'instar d'un autre cours d'eau dont il est l'affluent, le Croult. Cela est le résultat d'un travail de longue haleine, comme vous vous en doutez.

 

J'aime me promener sur les berges agréablement recréées et cheminer à travers une jolie petite zone humide peuplée de mares miniatures, d'un « ponton pédagogique », d'une « passerelle-observatoire » et agrémentée d'une végétation composée « d'espèces autochtones comme l’épilobe à grandes fleurs, l'eupatoire chanvrine, le roseau commun, la lysimaque commune, le fenouil d’eau, la salicaire commune, la menthe aquatique, le jonc hérissé...

 

Je suis contente de vous montrer notre Petit Rosne, je l'apprécie beaucoup...

 

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Mon ami le rocher au bord de l'eau, voyez-vous son visage ?

 

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Notre Petit Rosne en pleine ville, se dirigeant vers les Halles du Marché de Sarcelles.

 

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De l'autre côté, vers la passerelle-observatoire.

 

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Gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bien, #eau, #etat, #toilettes, #usees

 

 

Chers Aminautes,

 

 

 

Je n'avais pas envie d'écrire ce billet mais vu les circonstances, j'ai grandement besoin de m'exprimer !

 

Je sais bien que d'autres personnes ont une infinité de problèmes à gérer mais Christophe et moi sommes confrontés à une vraie galère de vie décente dans notre appartement.

 

Depuis plus d'une semaine, suite à un énorme problème d'évacuation des eaux usées, le contenu des toilettes de nos voisins soit plusieurs appartements se déverse dans notre appartement et vu que la salle de bains se situe à côté de la chambre, tout rentre dans la dite chambre, vous imaginez donc la situation !

 

 

 

Au fil des années, nous avons connu plusieurs fuites et inondations de ce genre. Nous avons « écopé » les eaux usées de manière périodique et sans nous plaindre. Nous avons signalé les problèmes, nous avons surtout pris sur nous mais là, la coupe est plus que pleine !

 

 

 

Je suis toujours du genre à voir les choses du bon côté et à apprécier les petits bonheurs de la vie mais là, franchement...

 

 

 

Christophe n'a pas dormi pendant près de 96 heures, vous imaginez l'état de danger sur la santé d'un être humain. Personne ne peut rester comme ça sans dormir... 96 heures à ne pas fermer l’œil du tout ! De plus, il souffre d'hypertension artérielle et la tension se régule la nuit. Je suis très inquiète pour lui et son état d'épuisement. Il ne pouvait se coucher puisqu'il devait vidanger manuellement, de manière continuelle, les matières ultra ragoûtantes venant des toilettes et n'étant pas à nous.

 

 

 

Il pu dormir seulement dans la nuit du samedi au dimanche car un plombier est venu samedi pour cimenter nos WC. Ils n'étaient déjà pas utilisables. Ils ne le sont évidemment toujours pas, vous vous en doutez.

 

 

 

Verdict du plombier : tout changer soit une intervention dans la colonne d'eaux usées qui passe par notre cave, cave qui a été cambriolée la semaine dernière (petit aparté... ) plus des interventions à différents endroits qui ne sont accessibles que par les services du bailleur, plus changer les toilettes qui sont désormais cimentées...

 

 

 

Les jours passent et pendant ce temps, aucune proposition de relogement temporaire ne nous a été faite, aucun dédommagement pour les frais occasionnés (achats multiples de différentes choses pour tenter de juguler nous-mêmes ce problème etc... affaires ayant souffert...), même pas un petit mot de compassion de la part des gens concernés, hormis un « je suis désolée »... venant de la gardienne de la résidence.

 

 

 

Il faut également savoir que vu que nos WC sont cimentés, nos voisins des parties supérieures ne peuvent plus se servir de leurs toilettes, sous peine que leurs eaux usées refluent chez eux ! Cela fait donc plusieurs personnes dans une vraie galère et pour le moment, on attend tous de voir le bout du tunnel.

 

 

 

Je ne demande rien d'autre que de pouvoir décemment vivre dans ce logement dont nous payons le loyer, les charges etc ! Et ce n'est pas donné...

 

 

 

Bien sûr, certains nous diront de déménager or ce n'est pas si facile. Combien de personnes cherchent désespérément un logement en Île de France et pas seulement en Île de France ?

 

 

 

Si nous pouvions financièrement partir, nous l'aurions déjà fait ! Nous ne sommes pas idiots ou masochistes !

 

 

 

Pour le moment, je ne peux continuer à naviguer sur le net comme si tout allait bien. Tout ne va pas bien ! J'ai besoin de retrouver une habitation décente et Christophe en a besoin aussi.

 

 

 

Je mets donc mes blogs en pause. Il faut que je me calme et que je digère tout ça autant que faire se peut...

 

 

 

Je ne demande rien pour Noël hormis des WC en état de fonctionnement et je ne pense pas que cela soit trop exiger !

 

 

 

Nous multiplions les courriers aux différents services potentiellement concernés et j'espère que la situation pourra trouver une solution au plus vite.

 

 

 

Merci d'avoir lu ce que j'ai écrit, j'en ai plus que ras-le-bol et je me contiens pour ne pas déposer le contenu de mes propres « eaux usées » au secrétariat du bailleur mais si ça continue, je sens qu'ils vont y avoir droit ! Je ne vais pas pouvoir retenir encore longtemps la fureur que je sens monter...

 

 

 

Notre bailleur est la SNI, Société Nationale Immobilière, CDC Habitat.

 

 

 

Merci à nos amis qui nous soutiennent et sont écoeurés par la situation. On vous tient au courant de « l'évolution du problème »...

 

 

 

Combien de temps allons-nous rester sans WC, sans évacuation d'eaux usées et avec notre appartement sens dessus dessous ?

 

 

 

Le Code de la Santé Publique, notamment ses articles L.1331-1 à L.1331-31, qui régit les critères de décence d'un logement, dit que :

 

 

 

Extrait...

 

 

 

« Les équipements : sanitaires (douche et toilettes séparées de la cuisine et de la pièce principale), alimentation en eau potable, évacuation des eaux usées, cuisine, chauffage suffisant, installation électrique aux normes et fonctionnelle, etc doivent être assurés. »

 

 

 

« Il y a rupture de bail de la part du bailleur si les équipements sanitaires ne sont pas accessibles ou sont caractérisés par des indisponibilités répétées. »

 

 

 

« L'évacuation des eaux usées dans un logement doit être assurée sinon cela présente un danger pour la santé ou des risques pour la sécurité de ses habitants. Cela est passible de poursuites judiciaires. »

 

 

 

 

 

J'ai aussi des pensées pour les victimes des inondations répétées dans le sud de la France. Ce qu'ils vivent est atroce. Je vois ce que des eaux usées qui s'infiltrent partout peuvent faire alors je compatis de tout cœur... Je ne compare pas ma situation à la leur mais il y a certaines similitudes ...

 

 

 

Je suis bien peinée par tous les malheurs qui sont arrivés ces derniers temps, comme le décès de nos valeureux militaires français et celui de notre aminaute Lady Marianne que je ne risque pas d'oublier.

 

 

 

Je pense bien à vous tous et je vous souhaite un beau mois de décembre. Moi je vais tâcher de retrouver un peu de « zen » dès que ce sera possible mais je ne sais pas quand ça arrivera...

 

 

 

J'espère des jours meilleurs...

 

 

 

Gros bisous à tous...

 

 

 

Cendrine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #enghien, #jpg, #lac, #ville

 

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Retour sur les bords du lac d'Enghien, entouré de nombreux bâtiments de style éclectique. Il y a quelques jours, je vous ai conté l'Histoire de la Ville et du Casino depuis la jetée ornée d'élégants lampadaires. Tout en suivant le mouvement de l'eau, nous allons poursuivre notre découverte des lieux.

 

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Affiche illustrée par Raymond Tournon (1870-1919) pour les chemins de fer du Nord.

 

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La réputation d'Enghien, ville cossue, s'est forgée autour de la beauté de ses eaux et des vertus médicinales qui leur ont été attribuées. Comme je vous le disais il y a quelques jours, en 1823, les eaux d’Enghien-les-Bains ont été associées à la guérison du roi Louis XVIII (1755-1824) qui souffrait d’un ulcère à la jambe. Grâce à la nouvelle qui s'est répandue très rapidement à l'époque, Enghien est devenu le lieu de villégiature à la mode, la station thermale où tout le monde voulait venir.

 

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Après avoir évoqué Mistinguett, Arsène Lupin et Louis Blériot, le Navire-Casino, le Pavillon Chinois et bien d'autres choses encore..., nous continuons à longer le lac qui constitue une formidable réserve de biodiversité. Tout autour, l'architecture, pleine de charme, nous offre l'opportunité de contempler une myriade de styles : balnéaire, néo-classique, néo-gothique, néo-féodal, régionaliste, Second Empire, Art Nouveau...

 

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Plusieurs de ces demeures se situent Avenue de Ceinture, dans une partie de la ville que je vous montrerai à travers ses détails au fil du temps.

 

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Le lac possède une superficie de quarante-trois hectares. Il est peuplé d'oiseaux (cygnes, canards colverts, oies...) et abrite de nombreux poissons : gardons, carpes, rotengles, tanches, carassins, brochets, sandres, perches, poissons chats et aussi des anguilles et des écrevisses (attention, les écrevisses se raréfient, la pêche est réglementée...)

 

On ne peut pas en faire le tour complètement. Certaines parties sont fermées par des grilles à la circulation des véhicules et des piétons ou dévorées par une végétation qui empêche le passage mais la promenade est tout de même très étendue. Je vous montre différents « visages » de ce magnifique plan d'eau et ses couleurs changeantes.

 

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C'est en contemplant les moires aquatiques, dans une partie plus intime de la ville (nous passons par les Jardins du Pont de la Muse et de la Presqu'île aux Fleurs), que je veux me plonger dans l'histoire du nom « Enghien ».

 

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Aux origines du mot Enghien-les-Bains, on trouve une ville de Belgique : Enghien (Edingen), située dans le Comté de Hainaut, à 30 kilomètres de Bruxelles.

 

La famille des Princes de Condé possédait ce territoire grâce au mariage de Marie de Luxembourg (1462-1546), protectrice des arts et grande bâtisseuse, fille du Comte Pierre II de Luxembourg et de la puissante Marguerite de Savoie (1439-1483), avec François de Bourbon, Comte de Vendôme, ancêtre de la lignée des Condé.

 

L'aîné des Princes de Condé portait le titre de Duc d'Enghien mais les Condé voulurent se départir de cet héritage (pour la spéculation...) tout en conservant le nom, ce qui n'était pas compatible avec la loi française. Ils eurent alors recours à une solution acceptée par le roi Louis XIV : donner le nom d'Enghien à l'une de leurs meilleures terres de France, la terre de Montmorency.

 

Deux étangs existaient à cette époque là dans la région de Montmorency : L'Étang Neuf et l'Étang Vieux. Ces plans d'eau devinrent tous les deux Étangs d'Enghien.

 

Après la Révolution Française, Montmorency reprit son nom initial mais l'Étang Neuf continua d'être appelé « Étang d'Enghien ». La Ville d'Enghien, née officiellement vers 1850, est issue d'un regroupement de terres qui affleuraient vers le fameux étang, devenu lac aux propriétés thermales mondialement réputées.

 

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Enghien-les-Bains et Enghien en Belgique sont jumelées depuis 1957.

 

Le blason d'Enghien-les-Bains est « d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au bâton péri en bande de gueules, brisé en chef d'un lambel d'argent. »

 

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Il s'agit des armes traditionnelles de la maison de Bourbon-Condé, ces mêmes armes que portait Louis-Antoine duc d'Enghien, le 21 mars 1804, lors de son exécution dans les fossés du château de Vincennes.

 

https://www.herodote.net/21_mars_1804-evenement-18040321.php

 

 

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Le blason d'Enghien en Belgique est un « blasonné gironné de dix d'argent et de sable, chaque deuxième pièce étant chargée de trois croisettes recroisetées au pied fiché d'or. »

 

En héraldique, le terme « sable » signifie « noir » et le terme « gueules » signifie « rouge ».

 

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Une histoire bien complexe que celle d'Enghien !

 

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Profitons de cet élégant petit kiosque situé sur les berges du lac et dont je vous ai montré des détails un peu plus haut dans mon article...

 

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La vue est très agréable et l'eau, comme le ciel, modifie souvent ses couleurs...

 

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De l'autre côté du kiosque, il y a une zone plus sauvage que j'aime beaucoup et cet arbre chargé de lierre et de gui. Il me fascine avec son allure de créature de conte de fées et ses habitants aux ailes bruissantes...

 

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Le lac d'Enghien est une mosaïque de territoires. Il est issu de la rencontre de plusieurs étangs, réserves piscicoles au Moyen Âge entre Montmorency et L'Isle-Adam (des lieux où je vous emmènerai au fil du temps...). Des levées de terre furent aménagées pour permettre le fonctionnement de plusieurs moulins à travers de vastes zones marécageuses. Ces zones avaient été explorées par les Romains, créateurs de la chaussée César, au premier siècle de notre ère.

 

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La gestion des lieux est associée à un projet européen de recherche appelé Prolyphic. Ce projet, fondé sur l'étude de la prolifération des micro-algues, étudie le taux d'oxygène dans l'eau et différents facteurs comme la fluorométrie (ou spectroscopie de fluorescence), une étude des photons de lumière à travers les différentes molécules d'eau. Ces travaux sont essentiels pour connaître la qualité du milieu aquatique et pouvoir surseoir à une prolifération d'organismes dangereux.

 

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C'est dans ce milieu particulièrement riche au niveau de la faune et de la flore que le père Louis Cotte découvrit, en 1766, les particularités médicinales des eaux locales, les plus sulfureuses de France.

 

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Affiche de Léonce Burret (1866-1915), Imprimerie Bourgerie & Cie, 1897, Paris, Faubourg Saint Denis.

 

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Enghien, Grand établissement thermal, 1906, illustration de H. Bertheteiny.

 

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Gardienne des activités humaines sur le lac, la Société Nautique d’Enghien fut créée, le 29 septembre 1885, par des riverains qui avaient reçu, via la Société Anonyme des Eaux d’Enghien, des permis de pêche et de bateau pour une durée de 99 ans. Des activités de voile et d'aviron se multiplièrent depuis la base nautique située sur l’île aux Cygnes au milieu du grand plan d'eau.

 

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Avant la création de la Société Nautique, il y eut des régates sur le lac et l'histoire locale fait état d'une fête orchestrée, le 9 septembre 1860, par le directeur des Beaux-Arts et du Musée du Louvre, Monsieur De Reiset qui venait d’être élu Maire. Il choisit de célébrer sa victoire en lançant une invitation « aux canotiers d’Asnières et des autres ports de Seine à venir se mesurer à l’aviron sur le lac. »

 

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Vous apercevez sur la photo l'ancien Casino avec ses deux grandes tours et son navire ornemental. Un aspect de l'histoire d'Enghien que j'ai développé dans mon précédent article.

 

Plaisirs d'architecture autour du Lac d'Enghien

 

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Image Port-Rhu.com

 

La Société Nautique d’Enghien est à l'origine de la formation de nombreux athlètes en voile et en aviron. Elle a obtenu des dizaines de titres de Champions de France et plusieurs titres de Champions du Monde, de Champions d'Europe et de Champions Olympiques.

 

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Outre les performances sportives accomplies sur le lac d'Enghien, on aperçoit aux beaux jours des adeptes du pédalo et le long de la jetée promenade, chaque été, on peut flâner, savourer des glaces, prendre un bain de soleil...

 

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J'ai encore nombre de photos et d'informations historiques à partager sur Enghien alors au fil du temps, nous continuerons à nous promener dans cette ville-lac pleine de charme...

 

Merci de votre fidélité, chers aminautes, je pense bien à vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #casino, #eau, #enghien, #lac, #ville

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Rendez-vous sur la jetée promenade du Lac d'Enghien, dans le Val d'Oise, le 95, mon département, à environ onze kilomètres au nord de Paris.

 

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La promenade, aménagée en 1910 par l'architecte Louis Olivier, a des similitudes esthétiques avec la jetée de la ville d'Arcachon, inaugurée en 1903.

 

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Les promeneurs apprécient l'esplanade Henri Patenôtre-Desnoyers, la vue sur le lac et le casino dont je parlerai tout à l'heure.

 

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A Enghien, ville propice à la villégiature, la marche est rythmée par l'élégante présence du mobilier urbain. Les hautes silhouettes des lampadaires se découpent sur le bleu de l'eau et du ciel et la scénographie de l'espace est particulièrement réussie.

 

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J'aime tout particulièrement ces têtes de béliers !

 

Si la symbolique du Bélier dans les Arts vous intéresse, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous :

 

Le Bélier dans les Arts et le Folklore

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/04/le-belier-dans-les-arts-et-le-folklore.html

 

 

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L'eau est indissociable du développement et de la renommée d'Enghien mais avant de se nommer « Enghien-les-Bains », la ville fut l'un des territoires affiliés à la puissante seigneurie de Montmorency qui connut, au XVIIe siècle, ses lettres de noblesse.

 

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En 1633, les Princes de Condé firent l'acquisition de ce vaste domaine qui devint « Duché d'Enghien », en raison du titre de ducs d'Enghien détenu par les Condé dès le XVIe siècle.

 

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Au creux de la vallée de Montmorency, Louis Cotte (1740-1815), jeune prêtre de l'oratoire de Montmorency et scientifique aguerri, découvrit, en longeant une étendue d'eau appelée « Étang d'Enghien » des eaux sulfureuses qui favorisèrent la création d'établissements de nature thermale.

 

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En 1820, grâce à une analyse gouvernementale des vertus des eaux du royaume, Enghien acquit une renommée qui allait se développer tout au long des 19e et 20e siècle. La devise de la ville est : « Dant robur virtutemque fontes » soit : « Ces sources qui donnent force et courage ».

 

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Le roi Louis XVIII (1755-1824) bénéficia des vertus de ces eaux qui lui permirent de soigner un ulcère à la jambe et le médecin en chef de l'Hôpital Saint-Louis en fit l'apologie.

 

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A l'époque des Lumières, les lacs s'imposèrent comme des éléments incontournables de la mise en scène du paysage, ce qui annonçait une vision romantique de la Nature et une série d'aménagements financiers et hydrauliques.

 

Madame de Sévigné (1626-1696), Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ou encore Alphonse de Lamartine (1790-1869)... (ils ne furent pas les seuls...) chantèrent les vertus des lacs de France et de Suisse et le thermalisme devint l'un des fleurons des théories hygiénistes de l'époque. Dans ce contexte, la station thermale d'Enghien se développa grâce à Jean-Baptiste Péligot 1777-1837), ancien administrateur en chef des hôpitaux et hospices de Paris.

 

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Les abords du lac furent défrichés, aménagés. On se mit à forer des puits artésiens, on lotit de manière effrénée. Une symphonie architecturale vit le jour, composée de belvédères, de chaumières, d'ermitages, de chalets, de demeures néo-gothiques, néo-normandes ou Renaissance et Enghien se métamorphosa en « Nouveau Village d'Enghien ».

 

 

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Le 7 août 1850, l’Assemblée Nationale opta pour la création d’une commune nouvelle appelée « Enghien-les-Bains » et en 1863, les thermes furent remplacés par un complexe de soins qui est devenu l’un des plus modernes et des plus prisés sur la scène européenne et de manière internationale.

 

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Dans les années 1830, on pouvait admirer, dans ce décor de carte postale, l'Hôtel des Quatre Pavillons qui a disparu. Gravure BNF Estampes.

 

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Affiche Enghien, Compagnie de Chemin de Fer du Nord, Musée de l'Île de France.

 

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Le lac d'Enghien a attiré de nombreux artistes, venus chercher l'inspiration dans un paysage peuplé de demeures pittoresques, de hameaux de style versaillais, de chalets suisses et de pavillons exotiques. Enghien avait ses habitués comme le maître sculpteur James Pradier (1790-1852), les peintres Horace Vernet (1789-1863), Eugène Isabey (1803-1886), Paul Delaroche (1797-1856) et bien d'autres, ainsi que des personnalités politiques comme Napoléon III (1808-1873), Charles Giraud (1802-1881) etc... et de célèbres actrices comme Mademoiselle Mars (1779-1847).

 

Enghien est aussi la ville de Mistinguett (1875-1966), pétillante artiste née Jeanne Florentine Bourgeois au numéro 5 de la rue du Chemin-de-Fer (actuelle rue Gaston Israël).

 

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Vous trouverez, en cliquant sur le lien ci-dessous, une biographie très complète, agrémentée de nombreuses photos.

 

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio//mistinguett/mistinguett.htm

 

 

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Mistinguett en revue

 

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Sur les bords du lac, on aperçoit le célèbre Casino d'Enghien.

 

En 1870, lors de l'occupation prussienne, le casino était une sorte de chalet où les habitants d'Enghien venaient se livrer à des activités ludiques : jeux de société, jeux de boules... mais les Prussiens, saisis par le froid intense de l'hiver, démontèrent le bâtiment pour en faire du petit bois qu'ils brûlèrent pour réchauffer.

 

Le casino fut reconstruit, en forme de navire, entre 1901 et 1902 par l'architecte Edmond Autant. Il attira de nombreux visiteurs, il abrita même un hôpital militaire mais des problèmes de sécurité furent signalés au fil du temps. Le bâtiment fut reconstruit en 1908 et associé à un théâtre à l'italienne, pouvant accueillir jusqu'à 700 spectateurs.

 

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Le navire casino : Reproduction Vialles, J-B, 2009. Service Patrimoine et Inventaire du Conseil régional d'Île de France (base Mémoire 20099500213).

 

Un théâtre à l'italienne est un théâtre dont la salle est en forme de demi-cercle et où les spectateurs sont placés à plusieurs niveaux( l'orchestre, les corbeilles, les balcons, la galerie).

 

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Le casino actuel appartient au groupe Lucien Barrière dirigé par Dominique Desseigne. Lucien Barrière est le neveu de François André, homme d'affaires inventeur du concept de « resort à la française », soit la réunion dans un même lieu d'un casino, d'hôtels, d'un hippodrome et de terrains de golf.

 

François André et son associé, Eugène Cornuché, s'illustrèrent en faisant construire des établissements de luxe, à partir de 1912, sur les côtes de Normandie. Personnages incontournables des Années Folles, ils se lièrent d'amitié avec les rois, les princes, les hommes politiques et les artistes. François André fut le premier à ouvrir les portes des casinos à une clientèle féminine.

 

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Des célébrités comme Coco Chanel (1883-1971), André Citroën (1878-1935), le peintre Maurice Utrillo (1883-1955) ou encore les membres de la famille Rothschild avaient l'habitude de fréquenter les lieux et à la fin du mois de mai 1906, le célèbre ingénieur Louis Blériot (1872-1936) a entamé sur le lac « les essais d’un intéressant aéroplane de son invention. »

 

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Photo trouvée sur Le Figaro.fr

 

Voici ce que nous dit la revue L’Aérophile de la même année.

 

« Cet appareil a une surface portante de 60 m² répartis sur deux cellules elliptiques. Ces surfaces sont en soie Française vernie, tendue sur une armature en bois de frêne creux. À l’avant, se trouvent deux hélices de 2 mètres de diamètre, tournant à 600 tours et placées côte à côte. Elles sont actionnées, au moyen de deux arbres flexibles, qui constituent une transmission d’une régularité et d’une souplesse remarquables, par un moteur de la célèbre marque « Antoinette », de 24 chevaux, 8 cylindres, pesant 40 kilogrammes. Les hélices ainsi actionnées ont fourni un effort de traction de 80 kilogrammes. L’ensemble de l’aéroplane est monté sur un hydroplane extrêmement léger, en bois perforé, garni de flotteurs en toile caoutchoutée. Des gouvernails horizontaux et verticaux assurent la stabilité dans tous les sens. L’appareil peut être monté par une ou deux personnes. Il a été établi sur les données de M. Blériot, le constructeur de phares bien connu dans les grands ateliers d’aviation Blériot et Voisin, à Billancourt. »

 

 

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Le casino d'Enghien-les-Bains est semble-t-il le seul casino de France à avoir un droit d'accès payant et qui varie en fonction de chaque jour.

 

Je ne suis pas entrée à l'intérieur. J'ai préféré me promener sur les bords du lac en songeant à la vie qui bruissait là autrefois et en me rappelant de certaines lectures comme Le Bouchon de Cristal, roman policier de Maurice Leblanc (1864-1941) qui met en scène les aventures du gentleman-cambrioleur Arsène Lupin.

 

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Le roman parut en feuilleton dans Le Journal, de septembre à novembre 1912 puis il sortit, peu de temps après, en librairie. Maurice Leblanc rend hommage à La Lettre Volée d'Edgar Allan Poe (1809-1849), une nouvelle pleine de rebondissements dans laquelle un objet que l'on cherche à dissimuler est placé en évidence. L'action du Chapitre Un du Bouchon de Cristal se déroule au Lac d'Enghien.

 

Synopsis : « Arsène Lupin cambriole la villa du député Daubrecq. Mais les choses tournent mal : Lupin réussit à s’enfuir avec un bouchon de cristal, qui disparaît presque aussitôt. Lupin espionne Daubrecq et découvre que c’est un maître chanteur qui possède une liste de vingt-sept noms impliqués dans l’affaire du Canal de Panama. Un scandale qui s'est déroulé entre 1892 et 1893.

Un document explosif serait caché dans le fameux bouchon de cristal ! »

 

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Époque fascinante du Pavillon Chinois, une construction issue de l'Exposition Universelle qui se déroula à Paris en 1867. A la fin de la manifestation, il fut démonté à l'initiative d'Albert De Montry, le directeur du premier établissement thermal et installé à Enghien où les visiteurs et la haute bourgeoisie de la ville l'apprécièrent pour son dôme exotique et ses formes polygonales incurvées et mouvantes, entre ombre et lumière. Il s'altéra hélas au fil du temps et dut être remplacé par un bâtiment inauguré le 14 juillet 1911.

 

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Il abrite aujourd'hui le restaurant panoramique du Pavillon du Lac.

 

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De l'ancien vers le nouveau...

 

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Enghien est une ville magnifique qui a été tout autant convoitée que menacée, dans sa beauté éclectique, au fil du temps.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, elle a abrité, de manière régulière, les régiments allemands de passage ainsi qu’une Kommandantur d'importance régionale. A la Libération, des affrontements d'une grande violence se sont déroulés dans ses rues « entre les forces allemandes et des éléments de la seconde division blindée du général Leclerc, appuyés par la Résistance locale. »

 

 

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J'ai encore plein de choses à vous dire au sujet d'Enghien et une myriade de photos à vous montrer alors je vous donne rendez-vous dans quelques jours, après ma publication du Premier Mai, pour la suite de cette promenade.

 

Merci de tout cœur pour votre gentillesse, chers aminautes qui vous reconnaîtrez. Belles et douces pensées pour vous et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #anciens, #eau, #nenuphar, #petit, #rose

 

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A Bercy, en contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent devant la Demeure X d'Étienne-Martin, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

 

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Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

 

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On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

 

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Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

 

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La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

 

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Paul Chabas (1869-1937), Les nénuphars.

 

Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

 

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Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

 

 

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Vitrail aux nénuphars du maître verrier Jacques Grüber (1870-1936). Virginia Museum of Fine Arts.

 

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Détail du vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber.

 

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Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

 

 

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Émile Gallé (1846-1904), Vase Nénuphar en verre multicouche, fond filigrané et marqueteries de verre gravées à la meule. Crédit Photo © fine-arts-museum.be

 

 

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Panneau de céramique, aux poissons et nénuphars, créé en 1900 à la Faïencerie et Manufacture des Arts de la Table de Mettlach (née en 1836 à l'initiative de deux anciens concurrents, Nicolas Villeroy et Jean-François Boch...) Crédit Photo Villeroy&Boch.

 

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Crédit Photo Villeroy&Boch.

 

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Encrier Art Nouveau, femme allongée sur une feuille de nénuphar.

 

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Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d’œuvre au musée d'Orsay.

 

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Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

 

 

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Claude Monet (1840-1926), L'étang aux nénuphars, 1897/1899.

 

Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia et des fleurs qualifiées de faux nénuphars qui se mirent délicatement dans l'eau.

 

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Artiste © Theresa Ferguson

 

 

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Faux nénuphar (Nymphoides peltata)

 

 

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Charles Courtney Curran (1861-1942), peintre américain dont l’œuvre est une rencontre entre Réalisme, Impressionnisme et Symbolisme, Nénuphars.

 

L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

 

Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

 

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© Elaine Ferdinandi, Water beauty.

 

Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

 

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© Ann Mortimer, Water Lilies.

 

Associé à plusieurs mythes de création du monde et consacré à la Lune et à la Nisse, la Déesse des Eaux, le nénuphar représente pour les peuples anciens, en Europe mais aussi chez les Mayas et les tribus Amérindiennes, l'abondance, la fertilité et la connaissance des choses enfouies. Il apparaît comme une « clef magique » utilisée par les chamanes pour la traversée des mondes aquatiques souterrains et l'on dit qu'il existe une porte secrète sous le Victoria Regia ou Amazonica, le plus grand nénuphar existant (un spécimen pouvant atteindre jusqu'à trois mètres de diamètre)...

 

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Vitória Regia par © JanainaArt sur DeviantArt.

 

Victoria ou Vitória Regia est un superbe nénuphar qui s'épanouit sur le fleuve Amazone et dont les pétales blancs parfumés ne s’ouvrent que la nuit et se parent de rose au lever du soleil. D'après une légende indienne, il serait né grâce à la Lune qui aurait transformé en fleur la princesse Naiá.

 

 

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© Anna Vinogradova

 

Image issue de mon article intitulé Roussalki, les enchanteresses de l'onde et les dieux slaves, publié sur La Chimère écarlate.

 

Symbole de transformation, d'accomplissement, d'épanouissement de soi au-dessus de la frontière mystérieuse des eaux, le nénuphar était aussi le gardien des petites fées...

 

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Harold Gaze (1939-2012), Fée des eaux, 1929.

 

 

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Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

 

 

Quant aux Nymphéas de Claude Monet, fantasmagories artistiques mêlées de nénuphars, iris et autres roses d'eau, on les admire à Giverny, village situé sur la rive droite de la Seine, aux confins de l'Île de France et de la Normandie, jardin d'eau chevauché par un petit pont à la fois réel et chimérique, et dans le Musée de l'Orangerie, aux Tuileries, que je vous ai déjà présenté...

 

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Les Trésors de l'Orangerie, Chapitre Deux

 

 

Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée et pense bien à vous, chers aminautes !

 

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Fée des Nénuphars, illustration SEG

 

Que cette petite fée souffle vers vous de gros bisous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #octave, #paris, #pont, #zouave

 

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Octave, dont le nom a fait couler beaucoup d'encre, est incontestablement l'une des « personnalités » mythiques de l'histoire de Paris. Situé sur la rive droite amont du fleuve, (il se trouvait autrefois sur la rive gauche, environ 70 centimètres plus bas qu'aujourd'hui), il apparaît comme une sentinelle des humeurs de l'eau et permet de mesurer, de manière officieuse mais incontournable, les crues de la Seine.

Quand celle-ci affleure à la pointe de ses bottes, on se pose la question de la fermeture des voies sur berge et la question ne se pose plus dès que ses mollets « disparaissent ». Lors de la crue de 1910 qui culmina à 8,62 mètres, il eut de l'eau jusqu'aux épaules alors souhaitons que cela ne se reproduise pas !

 

Je joins à cet article mes pensées pour les personnes rudement éprouvées par ces inondations de Juin 2016.

 

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A l'instar du pont des Invalides qui le précède, le pont de l'Alma fut érigé à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855, dans le cadre des grands travaux d'embellissement menés par le Préfet Haussmann (1809-1891), mais en raison d'un hiver 1854-1855 particulièrement rigoureux et d'une succession de retards « techniques » il ne fut inauguré qu'en 1856. L'empereur Napoléon III (1808-1873) le traversa, le 2 avril 1856, pour présider la cérémonie de remise des drapeaux aux régiments illustres de la campagne de Crimée (1853-1856).

 

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Le pont de l’Alma. Vue prise vers le nord en janvier 1910 © Albert Chevojon/BHVP/Roger-Viollet.

 

La construction de ce premier ouvrage, doté de trois arches elliptiques et long de 151 mètres, fut confiée à l'architecte Gariel et aux ingénieurs Lagalisserie, Darcel et Vaudrey. Il résista à la crue de 1910 mais en 1970, suite au tassement de l'une de ses arches et à une augmentation conséquente du trafic automobile, on décida de le détruire. Entre 1970 et 1974, les ingénieurs Blanc et Cosne et les architectes Dougnac et Arsac ont érigé un pont métallique à deux arches qui se compose en réalité de deux ponts indépendants reposant chacun sur une arche formée de deux poutres-caissons métalliques.

 

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Prouesse technique, le pont mesure 142 mètres pour une largeur de 42 mètres. Inauguré en 1974 et particulièrement fréquenté, il permet de réunir d'importantes avenues haussmanniennes (Bosquet, Rapp...) et des lieux comme les Champs-Élysées et la Place du Trocadéro.

 

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Il fait référence à la bataille de l'Alma, remportée le 20 septembre 1854 par l'alliance franco-britanno-turque sur l’armée russe menée par le prince-général Menchikov.

 

Octave

 

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Il fut réalisé en pierre de Chérence, réputée pour sa solidité, par Georges Dieboldt (1816-1861), un sculpteur du Second Empire qui s'illustra notamment par la décoration de certaines parties du Louvre, de l'Hôtel de Ville de Paris et de la Tour Saint-Jacques.

 

Il mesure 5,20 mètres et pèse environ 8 tonnes. Les jambes croisées, il est appuyé sur son fusil et tourne son regard vers la gauche. Vous noterez la présence de la Croix de Guerre sur sa poitrine.

 

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Les opinions divergent en ce qui concerne son « identité ». Pour certains, il représenterait Louis-André Gody, né en 1828 à Gravelines, dans le Nord de la France, qui combattait dans le troisième régiment de zouaves de la garde impériale de Napoléon III. Pour d'autres, il serait un certain Bérizot ou Nérigot, soldat breton, mais il n'existe pas de certitude à ce sujet.

 

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A l'origine, Octave avait trois compagnons : un chasseur et un artilleur, créations d'Auguste Arnaud (1825-1883) et un grenadier, sculpté par Dieboldt.

 

Le grenadier se trouve aujourd'hui à Dijon, ville natale de son créateur.

 

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Le grenadier (Photo Erkethan, travail personnel).

 

L'artilleur a été transporté à la Fère, dans l'Aisne, où Louis XIV fonda, en 1720, la première école d'artillerie.

 

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L'artilleur (Photo CodeLyoko95120 CCBY-SA3)

 

Le chasseur est installé contre le mur sud de la redoute de Gravelle, à la pointe sud-est du bois de Vincennes et visible depuis l'autoroute A4.

 

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Le chasseur à pied, 1856 (Photo Gérard Delafond, travail personnel). Vous noterez sur l'image la présence du petit « Invader », mosaïque inspirée du jeu vidéo Space Invader, sorti en 1973 au Japon sur console Atari 2600.

 

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Ces quatre statues qui représentaient les principaux corps armés de la guerre de Crimée décoraient les avant-becs semi-circulaires de l'ancien pont.

 

Les Zouaves

 

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Aleksander Raczynski (1822-1889) : Zouaves durant la guerre de Crimée.

 

Un zouave est un soldat d’infanterie légère, associé à l'incorporation de soldats kabyles lors de la conquête de l'Algérie.

Le corps des zouaves exista de 1830 à 1962. Leur devise était « Être zouave est un honneur. Le rester est un devoir. »

 

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Image trouvée sur Pinterest

 

Leur uniforme, qui s'inspire de la tenue traditionnelle masculine algérienne, fut dessiné par le commandant Duvivier, à l'initiative du général Lamoricière. Il se compose d'un ample « sarouel » doté d'un trou au fond, le « trou Lamoricière », destiné à laisser l'eau couler après que le soldat ait franchi une rivière. Une veste-boléro appelée « bedaïa » « en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance » était portée sur un gilet sans manches : le « sédria ». Le zouave arborait aussi une large ceinture de laine bleu indigo, bien serrée pour tenir le ventre au chaud afin de lutter contre la dysenterie et une sorte de pèlerine courte de couleur bleu intense ou « gris de fer bleuté ». Cet uniforme pittoresque mais peu pratique dans un cadre militaire devint purement cérémoniel à partir de 1915.

 

Vigie légendaire des crues de la Seine, Octave -qui possède son compte Twitter- a été immortalisé par le chanteur Serge Reggiani (1922-2004), sur des paroles de Claude Lemesle.

 

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« Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur le pont de l'Alma

Où quelquefois

Comme autrefois

J'en bave

Mais plus qu'en Afrique

Aux temps héroïques

Quand sous la chéchia

Garance. J'a-

Vais mission historique

D'éduquer les peuples

Sauvages et aveugles

De guider sur des

Torrents d'idées

Le grand troupeau qui beugle

Que j'ai de la peine

Toute la semaine

Moi qui aimait tant

Voir couler le sang

De voir couler la Seine!

 

On nous redoutait comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Au printemps le fleuve

Me met à l'épreuve

Comme si les frimas

Ne suffisaient pas

Il faut encore qu'il pleuve

Et il monte monte

Ce lent mastodonte

J'affrontais le front

C'est un affront

A présent que j'affronte

Car j'ai de la flotte

Jusqu'à la culotte

Jusqu'au gros colon

Jusqu'aux galons

Parfois jusqu'à la glotte

Moi qu'on put connaître

Zouave et fier de l'être

Il y a des moments

Maintenant où j'en

Ai par-dessus la tête

 

On nous redoutais comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur ce pont damné

Où chaque année

Je sens que mon cas s'aggrave

Dans mes jambes ça bouge

J'ai des fourmis rouges

Un jour je vais me tirer

Faire une virée

Je vais prendre un bateau mouche

Direction le septième

Régiment que j'aime

Encore des beaux jours

Pour les Tambours

Et pour les chrysanthèmes

Paraît qu'y'a une chouette

Guéguerre qui vous guette

Ça sent le crime

Et les vieux de Crimée

Ne seraient pas de la fête

 

Bataillon! à mon commandement

Ligne de section par trois!

En avant, marche...

Une, deux, une, deux...»

Interprétation Louis BAUDEL

 

 

Jacqueline Maillan (1923-1992) lui rendit également hommage dans sa chanson intitulée : Le zouave du pont de l'Alma ou Sous le pont de l'Alma, écrite par Michel Emer, son mari et faisant référence à l’expression « la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave ». Coquine l'expression ? Sûrement, mais elle est surtout énigmatique. Nombreux sont ceux qui se demandent ce qu'elle signifie mais les recherches sont apparemment infructueuses.

 

(https://www.youtube.com/watch?v=lQBl60H3Jjw)

 

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Crédit photo Bertrand Guay/AFP

 

Notre légendaire Octave a désormais de l'eau à mi-cuisses. J'aurais aimé pouvoir le photographier mais je ne peux me rendre à Paris pour le moment alors voici quelques liens intéressants. Les liens en question peuvent être réactualisés en fonction de l'évolution de la crue.

 

http://www.liberation.fr/france/2016/06/03/paris-2016-crue-classee_1457241

 

http://www.linternaute.com/actualite/societe/1309676-crue-de-la-seine-a-paris-pourquoi-les-previsions-se-sont-trompees-d-un-metre-3-juin-2016/

 

Compte Twitter d'Octave: https://twitter.com/zouavealma

 

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Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Édition de 1999. 14 volumes.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle, 1996.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

 

J'adresse à nouveau des pensées de réconfort aux sinistrés et je vous remercie, chers aminautes, de votre fidélité. Je ne peux pas passer vous voir comme je l'aimerais. J'ai passé une semaine très éprouvante sur le plan médical, la nuit de jeudi à vendredi aux Urgences et j'enchaîne sur un scanner cérébral mercredi, avant toute une batterie d'examens. Prenez soin de vous, je vous donnerai des nouvelles au fil du temps...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #eau, #maison, #nenuphar, #paris

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Butine, ensorcelée, la couleur de l'instant

Fouille l'or et la soie, la rosée et l'encens

Corsetée de mystère au velours d'un regard

Souffle dans la lumière ton feu de nectar...

 

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Je vous ai présenté, il y a quelques semaines, l'histoire des vignes et du château de Bercy. Je suis ravie de vous retrouver dans le parc qui en perpétue le souvenir, à quelques encablures de la Seine, dans le 12e arrondissement de Paris. Au tout début du mois de septembre, alors que les raisins se délectaient à mûrir dans la lumière dorée, le jardin s'est paré de tons et de reflets merveilleux.

 

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Entre 1993 et 1997, les architectes Bernard Huet, Madeleine Ferrand, Jean-Pierre Feugas et Bernard Leroy, assistés des paysagistes Philippe Raguin et Ian Le Caisne, ont réalisé, entre les pavillons de Cour Saint-Émilion et le Palais Omnisports de Paris Bercy, un ensemble de trois jardins spécifiques.

 

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Notre flânerie commence dans le « Jardin Romantique » dont la végétation évoque les parcs à l'anglaise, à proximité des anciens chais qui témoignent de l'âge d'or du négoce du vin.

 

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Nous voici devant la Maison du Lac, ancien poste de garde des entrepôts, qui se contemple dans un miroir dormant. Les gardiens veillaient à ce que les habitants de Bercy ne récupèrent pas, à la nuit tombée, plus de vin qu'ils n'étaient autorisés à collecter chaque jour soit dix litres par personne!!!

 

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Sur cette photo datée de 1900, vous apercevez la grille d'entrée des entrepôts et la maison des gardiens dans le fond.

 

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Elle accueille aujourd'hui des expositions consacrées à l'art des jardins. L'eau et les arbres (cèdres du Liban, pins de Corse, arbres aux quarante écus, bouleaux, saules, chênes, liquidambars) composent tout autour une romantique scénographie.

 

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« L'Oeil... Tout l'Univers est en lui, puisqu'il voit, puisqu'il reflète. » Guy de Maupassant (1850-1893), Le Horla (1886-1887).

 

Dans les spires de l'eau, fusionnent l'ombre et l'instant soyeux, les lignes vives et les ondulations mystérieuses. Aimantée par les sortilèges aquatiques et les mues chatoyantes du paysage, je songe à la riche histoire des lieux...

 

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On a retrouvé, à proximité de cette jolie bâtisse, des vestiges de l'ancien village néolithique de Bercy, vestiges que l'on peut admirer au musée Carnavalet.

 

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Le minutieux travail des archéologues exhumant de la grève sableuse l'une des pirogues monoxyles en bois de chêne. Crédit photographique INRAP (Iconothèque de l'Institut National de recherche archéologique préventive.)

 

Des fouilles ont été menées à Bercy en 1990, en 1991, en 1992 et en 1996, afin de mettre au jour les restes d'un village installé sur les berges de la Seine depuis l'époque néolithique (4500-2000 avant J.-C.). Dans le cadre du « Projet Archéo 2000 », les objets collectés ont été installés dans l'ancienne Orangerie du musée Carnavalet.

 

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Outre les pirogues que j'ai présentées dans mon article consacré aux vignes de Bercy, un arc de chasseur en bois d'if, datant de la période de Cerny (4600-4400 avant J.-C.), a été retrouvé. Il s'agit vraisemblablement du plus ancien arc conservé dans sa totalité. Taillé dans un if âgé de plus de 50 ans, il permettait de tirer des flèches d'environ 68 centimètres de long.

 

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Moulage et reconstitution de l'arc d'après l'original. Ce travail a été accompli par Mr Blaise Fontannaz, facteur d'arc, spécialisé dans l'archerie traditionnelle.

 

Situé sur la rive gauche de la Seine, à l'emplacement d'un ancien chenal, le gisement archéologique de Bercy a dévoilé des milliers d'objets de la vie quotidienne: outils de pierre, de silex et d'os, haches et meules de pierre, statuettes, céramiques décorées, figurines en bois de cervidé, ossements de poissons, de sangliers et de petits carnassiers...

 

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De nombreuses coupes à socle datant du Chasséen (vers 4200 avant J.-C.), aux parois hachurées et ornées de motifs en damier et en losanges, ont été retrouvées dans la partie supérieure de l'ancien chenal, au-dessus des vestiges de l'époque de Cerny.

 

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Cette hache en silex poli date du néolithique final (2700-2200 avant J.-C.). Elle a été exhumée lors des fouilles de 1991.

 

Malgré les inondations périodiques qui ont obligé les habitants à reconstruire leurs maisons et à déplacer leur village au gré des caprices de l'eau et du ciel, les lieux ont été occupés pendant près de trois mille ans.

 

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L'eau continue d'occuper une place très importante à Bercy où elle donne à certaines parties du jardin des allures de cité lacustre.

 

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En face de la Maison du Lac, sur un îlot dominant un tapis de nénuphars, se dresse une fascinante sculpture contemporaine: la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste contemporain Étienne-Martin en 1968. (Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.)

 

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Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Oeuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas ».

 

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Elle se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

 

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Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os. « Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt.

 

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Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

 

La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

 

Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

 

H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de dark fantasy et de science-fiction. Un petit clin d'oeil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

 

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Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

 

« Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

 

Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

 

Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi.

 

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En contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent au pied de la Demeure X, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

 

Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

 

On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

 

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Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

 

La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

 

Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

 

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Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

 

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Vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber (1870-1936).

 

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Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

 

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Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d'oeuvre au musée d'Orsay.

 

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Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

 

Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia.

 

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Photo Aquatic Bezançon

 

L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

 

Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

 

Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

 

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 Il était aussi le gardien des petites fées...

 

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Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

 

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Dans le Jardin Romantique de Bercy, on se laisse happer par le murmure du vent dans les hautes herbes et les chants d'oiseaux facétieux.

 

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Nous évoluons dans une utopie végétale qui reflète, entre désir de mémoire et soif de modernité, la passion de ses créateurs.

 

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L'eau verte serpente entre les hautes herbes et forme un gracieux petit étang.

 

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Les promeneurs et les oiseaux apprécient cette construction sur pilotis qui se dévoile avec élégance dans le paysage.

 

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Espace de rencontre, de rêverie ou de méditation à fleur d'eau...

 

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A la saison propice, les fleurs sont souveraines.

 

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Les roses trémières m'ont enchantée...

 

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Au bord de l'eau, palpite une végétation luxuriante où s'abritent de nombreux oiseaux.

 

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Poules d'eau, canards, et même un héron cendré s'ébattent joyeusement dans cet espace privilégié.

 

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Les poules d'eau (gallinula chloropus) se laissent approcher de plus en plus facilement.

 

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Les poules d'eau adolescentes, dont la couleur diffère avec celle de leurs parents, s'occupent des poussins avec beaucoup de soin.

 

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Mais qu'aperçois-je de bon matin, immobile comme une statue?

 

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Monsieur héron cendré, un grand oiseau gris, au port majestueux, doté de longues pattes grêles jaune grisâtre, d'un cou étiré et d'un grand bec jaune grisâtre en forme de poignard. Son ventre, le dessus de sa tête et son cou sont zébrés de noir. Il émet des cris rauques et perçants.

 

Le héron apprécie les zones humides peu profondes (étangs, marais, cours d'eau) et riches en nourriture. La nature de l'eau: douce, salée, saumâtre, vive ou dormante, lui importe peu. Redoutable chasseur, il peut rester appuyé, sur une seule patte, pendant des heures avant de fondre sur sa proie, de préférence des poissons, des anguilles et des batraciens. Il se nourrit aussi de petits rongeurs, d'insectes, de reptiles et de crustacés.

 

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Le héron cendre est devenu la mascotte de Bercy, mascotte à laquelle une jeune fille a donné le nom d'Henry. Il se régale des poissons rouges qui nagent dans les eaux calmes du parc et savoure aussi des carpes et des petits gardons.

 

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Étant donné la quantité de poissons qui s'offre en ces lieux, Henry n'est pas près de crier famine!

 

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Sources et bibliographie

 

«Les Demeures», ouvrage collectif, catalogue d'exposition, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 1984

 

MULLER Joseph-Émile: L'art au XXe siècle. Paris:Larousse, 1967.

 

PESSARD Gustave: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Paris: Lejay, 1904.

 

VALLIER Dora: L'art abstrait. Paris: le livre de poche, 1980.

 

VOLBOUDT Pierre: Étienne-Martin, revue du XXe siècle, numéro 39, décembre 1972, pages 130 à 132.

 

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Le Parc de Bercy nous réservant bien d'autres surprises, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la suite de cette promenade. Je vous remercie de m'avoir accompagnée sur ces chemins buissonniers qui se fondent dans les méandres du temps...

 

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Avec mes amicales pensées, gros bisous!

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #ile, #paris, #pont, #seine

 

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Je vous invite sur les bords de Seine, en cet été 2013 où flâner dans la capitale et laisser voguer rêves et pensées au fil de l'eau est particulièrement agréable.

 

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La Seine se déploie, majestueuse, entre les berges bordées de monuments historiques et la treizième édition de Paris Plages nous offre un accès privilégié aux ponts et aux couleurs changeantes du fleuve.

 

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Nous profitons d'une exposition intitulée « Regardez Monsieur Monet comme la Seine a changé! »

 

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Cette exposition dont je vous parlerai en détail à la rentrée est fondée sur la mise en perspective de reproductions d'oeuvres de Claude Monet et de photographies illustrant les changements des bords de Seine depuis un siècle.

 

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La Seine, gigantesque serpent d'eau nourricier aux mémorables « colères », est indissociable de la naissance, de l'expansion et de la prospérité de Paris.

 

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Elle est la voie navigable la plus fréquentée de France et une source d'inspiration pour les artistes depuis des siècles. En pleine Révolution Industrielle, Claude Monet fut un témoin privilégié de ses humeurs et de ses transformations. Il décrivit aussi les promenades au fil de l'eau et les loisirs nautiques prisés par une société en quête de villégiature.

 

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La Seine à Argenteuil, 1875.

 

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Le canal Saint-Martin, le 4 mars 1894.

 

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Autrefois, quand elle n'était pas retenue par de fortes digues, la Seine charriait beaucoup de sable, de grosses pierres, des arbres et différents déchets organiques. Tour à tour placide et tempétueuse, elle formait une myriade de petites îles et de bancs limoneux. Certaines de ces îles, bordées de roseaux et de saules, étaient exploitées au Moyen-âge. Hormis l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, constituée de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches, elles ont aujourd'hui disparu.

 

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Une journée radieuse, le regard suspendu entre le ciel et les moires de l'eau...

 

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avant de contempler les façades de l'Île Saint-Louis, hiératiques derrière les arbres ivres de lumière.

 

L'île est environnée de quatre quais en pierre de taille garnis de beaux et puissants parapets, le quai Bourbon, le quai d'Orléans, le quai de Béthune et le quai d'Anjou. Je publierai bientôt des articles sur le sujet ainsi qu'une abondante bibliographie.

 

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La plupart des hôtels qui dominent l'eau étaient autrefois habités par des magistrats de cours souveraines. Sous les grands ombrages, l'île Saint-Louis nous invite à redécouvrir ses secrets et pour cela, il faut traverser le pont Marie, construit à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France. Le roi Louis XIII, alors âgé de treize ans, posa la première pierre de ce pont à cinq arches, le 11 décembre 1614, sous la régence de sa mère Marie de Médicis.

 

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Le pont fut ouvert à la circulation en 1635 et surmonté de cinquante maisons mais, dans la nuit du 1658, une crue de la Seine emporta deux arches et vingt-deux maisons, ce qui coûta la vie à près de soixante personnes. La communication avec l'île ne fut rétablie qu'aux alentours de1660, grâce à un pont de bois.

 

Les deux arches de pierre ne furent reconstruites qu'en 1667 et à partir de 1769, la décision fut prise de démolir les maisons érigées sur les ponts dans la crainte de nouvelles crues.

 

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A travers les arches du pont Marie, on aperçoit le pont Louis-Philippe qui subit de nombreuses modifications après la pose de la première pierre, le 29 juillet 1833. Le pont actuel fut construit entre août 1860 et avril 1862, un peu plus en amont que le précédent ouvrage.

 

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Je vous emmènerai bientôt visiter l'île Saint-Louis, ses quais, ses portes, ses façades remarquables, ses détails d'architecture et ses ornements mystérieux. J'ai collecté de nombreuses photos depuis des années et des centaines de gravures et de plans dans le cadre de mon Doctorat alors je prends le temps nécessaire pour bien partager cette documentation.

 

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L'été, les berges de la Seine deviennent d'agréables lieux de villégiature que se réapproprient les touristes et les franciliens.

 

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Il est bien agréable de pouvoir se promener là où passent habituellement les voitures.

 

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Dans le vent et l'écume, les hommes du fleuve filent à toute allure.

 

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Il est encore tôt, la promenade est à nous!

 

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Ceux qui ont lu mes précédents articles sur Paris Plages savent que j'apprécie tout particulièrement la bibliothèque éphémère Flammarion, située à l'ombre du Pont Marie.

 

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Cette année je me suis installée dans ces drôles de poufs verts, ultra gonflés, hybrides de chamallows et de cocons ventrus...

 

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Une agréable invitation à la sieste et à la lecture.

 

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Ce n'est pas Christophe qui me contredira!

 

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Ou cette dame qui a dévoré son livre tout au long de l'après-midi...

 

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Demoiselle libellule bronze dans la lumière d'or.

 

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Rêveries littéraires dans le doux et mystérieux clapotis de la Seine.

 

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Lors des journées caniculaires de juillet, l'atmosphère très rafraîchissante du jardin des brumes était la bienvenue.

 

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Cette année encore, dans le contexte de Paris Plages, je me suis régalée à cheminer le long de la Seine et à photographier les charmes de la capitale au bord de l'eau.

 

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Tôt le matin, quand les couleurs semblent jaillir de la palette de monsieur Monet...

 

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et quand le soleil descend, aimanté par les scintillements de l'eau. A contrejour, de sombres mystères crépitent dans les profondeurs de la Conciergerie et dans les pierres de Notre-Dame.

 

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Laissons la ville écrasée de chaleur s'endormir doucement... Je vous conterai plus tard l'histoire des lieux, le marchand de sable m'enveloppe de son souffle doré.

 

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La plume fée se pose quelques temps. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite un très agréable mois d'août. Je pense bien à vous, merci de votre fidélité!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bleu, #certes, #domaine, #eau, #graveyron, #marais, #mer, #pres

Pour la Carte de France des Paysages tenue par Claudine (Canelle)

 

dition revue et augmentée de « Les beautés de Certes-Graveyron ». )

 

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Je vous invite à cheminer, entre terre et eau, dans le Domaine de Certes-Graveyron, un espace naturel unique situé sur le delta de la Leyre. Cette escapade sur les bords du Bassin d'Arcachon a le parfum de l'amitié et des souvenirs. J'ai vécu en Gironde pendant de longues années et ma famille de coeur y est toujours installée.

 

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Dans ce paysage magnifique, le ciel, la végétation et le vent s'entremêlent.

 

Des Espaces Naturels Sensibles

 

Depuis 1991, le Conseil Général de la Gironde gère et valorise ces lieux choisis en raison de leur patrimoine historique et de leur exceptionnelle biodiversité.

 

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 Dans l'immensité des prés salés, les vaches savourent l'herbe au goût iodé.

 

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Pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le marquis de Civrac, seigneur local, fit mener d'importants travaux d'endiguement et transformer la plus grande partie des prés salés en marais salants. Depuis cette époque, les digues, constamment attaquées par les tempêtes et les fortes marées, sont étroitement surveillées. Leur entretien minutieux permet de protéger les terres et favorise l'accès au Sentier du Littoral.

 

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Dans cette mosaïque de prairies humides, naturellement salées, un camaïeu de vert, de brun et de bleu nous attire vers des mondes enchantés...

 

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Historique des lieux

 

A l'époque médiévale, un tertre artificiel fut érigé sur le domaine de Certes afin de surveiller la circulation maritime du bassin d'Arcachon et à partir de 1768, dans un paysage de prés salés, de marais côtiers et de végétation herbacée, la saliculture se développa, grâce à François Aimery de Durfort, marquis de Civrac, seigneur de Lamothe, de Certes, de Comprian et baron d'Audenge (1724-1773). Les seigneurs locaux arboraient aussi un titre princier, celui de « Captal de Certes ».

 

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Dispensé par le roi de payer l'impôt sur le sel, le marquis fit dresser de puissantes digues autour de l'île de Branne, située à proximité, et créer des marais salants, entre 1768 et 1773, le long du domaine de Certes. Mais suite aux récriminations des producteurs de sel charentais, son privilège d'exonération de redevance sur le sel fut aboli. François de Civrac termina sa vie ruiné par les travaux pharaoniques qu'il avait engagés et par son train de vie dispendieux à la Cour. Il résidait très souvent, en effet, au château de Versailles et dans son hôtel parisien.

 

Les salines tombèrent peu à peu en désuétude, au profit des prés salés originaux, mais les modifications humaines se poursuivirent.

 

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Les écluses croisées sur le bord du chemin témoignent de cette activité bien particulière. Elles sont plus que jamais les gardiennes du niveau des eaux en fonction des marées et des variations de la météorologie. Il en existe trente et une, réparties sur la totalité du domaine.

 

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A partir de 1843, Ernest Valeton de Boissière (1811-1894), le fils de François Valeton Boissière, un négociant en vin du Quai des Chartrons, à Bordeaux, influa sur le destin de Certes. Il fit planter des pins et creuser des bassins pour la pisciculture.

 

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 Diplômé en 1830 de l'École Polytechnique, ce personnage atypique devint ingénieur géographe dans l'armée avant de quitter celle-ci vers 1832.

 En 1818, son père avait acquis une importante partie du Domaine de Certes auprès d'un certain Guillaume Darles, pharmacien bordelais. En 1837, il acheta de nouveaux terrains au parisien Augustin Walbreck.

 Dès 1843, Ernest de Boissière entreprit la transformation progressive des anciennes salines en réservoirs à poissons. Cette politique de grands travaux exprimait une vision humaniste de la société, fondée sur les théories de Charles Fourier.

 

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 Charles Fourier (1772-1837) envisageait une société composée de phalanstères, des bâtiments communautaires habités par des personnes qui décidaient de s'unir librement. Dans cette nouvelle société utopique, devaient fleurir les fermes, les potagers, les vergers et les viviers à poissons. L'Homme et la Nature pouvaient ainsi vivre en harmonie, éloignés de la notion de profit égoïste.

 Grand philanthrope, Ernest de Boissière concrétisa ces théories en fondant des écoles mixtes. Il semblerait d'ailleurs que le premier collège mixte de France ait été celui d'Audenge, une commune attenante au domaine. Il traversa l'Atlantique quelques années plus tard, en des temps troublés, pour créer une communauté idéale à Silkville, au Kansas.

 

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Vue de Silkville en 1877.

 

Le château de Certes

 

Un premier château fut érigé vers 1350, sur une motte féodale, pendant la Guerre de Cent Ans. Il fut détruit en 1765.

 Entre 1766 et 1769, le marquis de Civrac fit édifier une demeure seigneuriale qui disparut en 1866. Ce « vieux château » se dressait sur une butte artificielle. Un moulin à eau était situé près de sa tour.

 

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Carte datant de 1708.

 

Ernest de Boissière fit raser cette construction et ériger à la place une élégante chartreuse, aux alentours de 1855. Il utilisa des matériaux issus des bâtiments démolis et notamment des modillons médiévaux.

 

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(Parc des Landes de Gascogne.fr)

 

Après sa mort, Camille Descas, le fils de Jean Descas, un célèbre négociant en vin de Bordeaux, fit moderniser la « maison Boissière » dans le style Second Empire. Il fit ériger des tourelles et un belvédère et agrémenter la demeure d'un décor « Art Nouveau », composé de faïences et de boiseries précieuses, mais le 14 novembre 2010, l'aile sud fut détruite par un incendie.

 Camille Descas et son frère Ferdinand favorisèrent l'essor de la pisciculture et de l'élevage dans les prés salés mais, après leur disparition, survint une période troublée au cours de laquelle le domaine partit en déliquescence.

 Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL) acquit, à partir de 1984, cette mosaïque de zones humides pour assurer leur protection.

 

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Le domaine est le paradis des oiseaux. Hérons, milans noirs, spatules blanches, gorges bleues, aigrettes, cormorans, mouettes, goélands, bernaches, canards, oies cendrées, cygnes et bien d'autres espèces évoluent dans ce sanctuaire aquatique, survolant l'immensité des prés salés.

 

Les poissons qui entrent dans les bassins, grâce aux fortes marées du Bassin d'Arcachon, servent de nourriture aux plus gourmands, ce qui explique la présence de filets sur certains viviers.

 

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Le délicat gorge bleue à miroir blanc, très rare en nos contrées et à protéger absolument. (Photo de Philip Friskorn pour le Calendrier de l'Oiseau en 2001.)

 

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 Monsieur Cygne a gentiment pris la pose au moment où nous passions.

 

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L'énergie sauvage des marées et la volonté humaine ont modelé ce réseau d'écluses et de canaux où se reflètent les humeurs du ciel.

 

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Les « bosses » sont des levées de terre qui séparent les bassins. Les eaux peu profondes y favorisent le développement des algues et des plantes aquatiques et dessinent des méandres bleu saphir.

 

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Des bleus changeants...

 

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Des moirures féeriques...

 

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L'eau, territoire de rêves et de fécondité...

 

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Au fil de notre marche, nous avons longé le joli port d'Audenge à marée basse. A l'extrémité du quai, se dresse la cabane bleue aux artistes où, de février à novembre, se déroulent des expositions. Les peintres, les sculpteurs et les écrivains y rencontrent le public dans un cadre qui se veut authentique.

 

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La mélodie graphique des pontons...

 

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De scintillantes écritures qui dansent au rythme des marées...

 

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Le lieu est propice à de nombreuses activités: canoë kayak, randonnée, ramassage de coquillages, visite des tonnes (les cabanes de chasseurs), découverte de l'ostréiculture, balades à vélo sur les pistes cyclables autorisées (à ce propos, il est nécessaire de se renseigner dans les Offices de Tourisme d'Audenge et de Lanton).

 

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Les silhouettes tourmentées des cotonniers qui jalonnent le chemin.

 

Le baccharis ou faux cotonnier d'Amérique est une espèce invasive, dont les branches et les troncs composent en hiver une étrange forêt. Au printemps, les fruits ressemblent à de grandes aigrettes cotonneuses, répandues par le vent. En été et en automne, ses fleurs mellifères, appréciées des abeilles, donnent un miel biologique de caractère, vendu dans les épiceries locales.

 

Les Cotonniers de Bassalane est un roman de Michèle Perrein (1929-2010), paru en 1984 aux éditions Grasset. Ce livre, qui reçut le Prix Interallié la même année, relate la vie à la grande époque de la pisciculture.

 

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Nous abordons la « petite plage » qui fait les délices des baigneurs, à la bonne saison.

 

Dans ce lieu, les cotonniers, les tamaris et les ronciers affrontent les colères du vent et servent de refuge à différents animaux.

 

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Ce monde changeant offre une palette unique de formes et de couleurs, comme si le givre de la nuit avait griffé le ciel.

 

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Je remercie mon amie Antoinette, son mari et sa maman de nous avoir guidés à travers ce paysage alchimique, né de la force du flux et du reflux, entre mer et marais...

 

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Des espèces rares et menacées vivent dans ce milieu remarquable. Une prise de conscience de leur vulnérabilité est donc indispensable.

 

La Cistude d'Europe (Emys orbicularis) est une petite tortue qui aime les eaux douces et saumâtres, âgée de deux millions d'années et en voie de disparition. Dotée d'une carapace sombre et un peu bombée, ornée de petits points jaunes, elle possède des pattes palmées, aux puissantes griffes, et une longue queue effilée. Elle arbore un plastron généralement jaune ou noir.

 

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Elle ressemble à un beau galet brillant.

 

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Elle aime les marais, les étangs, les lacs, les canaux et les tourbières. Elle se nourrit de végétaux (elle raffole des carottes) mais elle est aussi carnivore et nécrophage. Elle savoure des poissons, des crustacés, des amphibiens et des petits animaux morts.

 

Dans les haies, les roselières et les prairies humides, vivent le vison d'Europe, nocturne et discret, la loutre joueuse, la genette farouche et la belette, agile, vorace et gourmande, sans oublier les ragondins, les musaraignes et les facétieux lapins sauvages.

 

Le lézard vert aime profiter de la chaleur sur le bord des chemins. Pendant la période nuptiale, la gorge des mâles se pare d'une somptueuse couleur bleu turquoise.

 

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(Photo Dinosoria.com)

 

Les rainettes arboricoles se lovent dans les ronciers et les arbustes des haies: prunelliers, aubépines, églantiers...

 

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Les chauve-souris, les papillons (paon de nuit) et les insectes (capricornes, lucanes cerf-volant...) abondent dans le domaine. Des « chasses au drap », organisées périodiquement par la Société Linnéenne de Bordeaux permettent de découvrir ces fascinantes créatures nocturnes.

 

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Grand paon de nuit sur un tronc de tilleul. (Photo de Pierre-Jean Bernard sur e-fabre.com. )

 

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La flore locale est aussi luxuriante que la faune. Roseaux, ajoncs, fraisiers, violettes et arums sauvages, jacinthe des bois, ancolie bleue, lavande de mer, pissenlits et boutons d'or composent une symphonie colorée et parfumée qui répond, à la saison propice, aux senteurs enivrantes des aubépines et des acacias en fleur.

 

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La gestion des niveaux des eaux saumâtres doit être effectuée avec beaucoup de minutie.

 

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Le clocher de l'église d'Audenge, dressé comme un phare dans le paysage.

 

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Dans ce territoire où nous évoluons constamment à la lisière du conte et de la réalité, les formes se troublent et le jour et la nuit s'interpénètrent... Nos sens aiguisés s'enivrent du chant de l'eau et de la mystérieuse respiration de l'air...

 

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Si vous en avez un jour l'occasion, je ne peux que vous inviter à découvrir ces merveilles, dans le plus grand respect de ce fragile écosystème, en permanente évolution, et dont la préservation est une absolue priorité.

 

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Bibliographie

 

C. BOUSQUET-BRESSOLIER, F. BOUSCAU et M.-J. PAJOT: Les aménagements du Bassin d'Arcachon au XVIIIe siècle. Mémoire du laboratoire de géomorphologie de l'École Pratique des Hautes Études, n°43. Dinard éditions, 1990, 224 p.

 

M. HOUDART: Entre terre et mer, les 250 ans du littoral. IFREMER, mai 2003.

 

F. VERGER: Marais et estuaires du littoral français. Paris: Belin éditions. 333p.

 

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