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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

autre

Publié le par maplumefee
Publié dans : #ame, #autre, #lorado, #solitude, #taft

 

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Lorado Zadoc Taft (1860-1936), The solitude of the soul, 1914, Art Institute of Chicago.

 

En écoutant les informations, ce mardi 23 mai au matin... tristesse, effroi, consternation...

Une nouvelle fois, de la colère, de l'incompréhension... mais aussi de la compassion, de l'espoir en des jours meilleurs et beaucoup de tendresse envers les victimes de l'attentat de Manchester.

 

J'ai détesté, les semaines écoulées, entendre en France certains banaliser ce qu'ils appellent « le temps des attentats ». Du genre, oui il y en a eu plusieurs et oui, il y en aura d'autres... alors on hausse les épaules et on attend le suivant... C'est sûr qu'on ne va pas s'empêcher de vivre mais ça veut dire quoi, que parce qu'il y en aura d'autres on va s'y « habituer » et qu'on ne doit pas/plus avoir d'émotion lorsqu'un nouvel attentat se produit ?

 

Oui, il y en aura d'autres mais je ne me sentirai jamais blasée face à ces pousses humaines tombées en pleine vigueur où que ce soit sur cette terre...

 

Continuons à prendre soin de nous et de ceux que nous aimons et que la culture éclaire notre monde !

 

Je pense à vous...

 

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Lorado Zadoc Taft était un sculpteur néoclassique et naturaliste. Il fut aussi écrivain et professeur à l'Institut d'Art de Chicago. Je vous laisse admirer la beauté de cette œuvre qui entre subtilement en résonance avec ce que l'on peut ressentir...

 

Dans l'une des pièces de l'Institut des Arts de Chicago se dresse « The Solitude of the soul ». Les figures sont nues et la nudité des corps exprime celle de l'âme dans sa pureté.

 

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Quatre personnages : deux hommes et deux femmes se tiennent (la deuxième jeune femme est cachée) autour d'un rocher, dans une atmosphère empreinte de gravité et même s'ils se touchent, chacun a son individualité. Leurs lèvres sont closes et pourtant chacun est « connecté » à un(e) autre dans un dialogue silencieux. Solitude inspirée... Silence où s'étreignent les âmes car seule une âme perçoit la voix, la vibration d'une autre âme.

 

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Le silence est perçu comme le sanctuaire de l'âme. De l’œuvre émane un silence profond où les mains s'enlacent, brisant la solitude qui enferme les êtres et ce groupe devient le symbole de l'unité de la vie à travers le risque de la séparation.

 

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Lorado Taft nous parle également d'Inspiration car celle-ci naît dans le creuset de l'âme. Inspiration... souffle de muse... Une voix pleine de lumière face à l'obscurantisme dont certains s'abreuvent sans modération...

 

A très bientôt chers aminautes, merci de votre fidélité !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #autre, #feuille, #platane, #platanus

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Après vous avoir fait découvrir ou redécouvrir l'histoire de la fontaine Médicis, je voulais vous parler des grands platanes qui bordent son bassin. Choyés par les jardiniers du Sénat et très appréciés des visiteurs pour leur ombrage -quand la saison s'y prête-, ils apparaissent comme des gardiens de la mémoire des lieux.

 

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Plantés en 1810, ils soulignaient le tracé d'une grande allée menant à la fontaine mais rappelez-vous, en 1862 (voir « les amants de la fontaine Médicis »), la création de la rue de Médicis (rue longeant les grilles du jardin pour rejoindre le boulevard Saint-Michel) se fit sur une partie conséquente du domaine. La fontaine Médicis dut être déplacée et la majorité de ces platanes dut être abattue. Heureusement, certains d'entre eux ont été conservés.

 

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Il s'agit de platanes à feuilles d'érable (platanus x acerifolia). Platanus vient du grec « platys/platos » qui signifie « large » et acerifolia dérive du latin « à feuilles d'érable ».

 

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Avec leurs troncs bien dressés, leurs branches vives et leur port ample, superbement étalé, ils dessinent une majestueuse forêt urbaine.

 

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Hybride entre le platane d'Orient (Platanus orientalis) et le platane d'Occident (Platanus occidentalis), le platane à feuilles d'érable fut créé en Espagne en 1663. Ce bel arbre se caractérise par sa résistance au gel, aux fortes chaleurs et à la pollution urbaine mais il est vulnérable face à une maladie appelée « chancre coloré » qui décime hélas nombre de ses représentants depuis la seconde guerre mondiale. Le chancre s'est imposé via des caisses en bois contaminé originaires des États-Unis.

 

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Le platane à feuilles d'érable était très utilisé comme arbre d'alignement à l'époque de Napoléon Ier (1769-1821). Son bois brun rosé, considéré comme un excellent combustible, était très apprécié des menuisiers et des ébénistes.

 

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J'aime contempler les reflets de ces platanes historiques dans l'eau du bassin de la fontaine Médicis.

 

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Des mondes se créent, respirent, se déforment et l’œil en apprécie la mystérieuse esthétique...

 

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Reflets sertis dans un miroir de glace...

 

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Dès que nous regardons vers le ciel, la myriade de branches serpentines happe notre attention.

 

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Histoire et symbolique du platane

 

La plupart du temps, nous lui accordons peu d'attention mais dans l'Antiquité, il était considéré comme un arbre sacré.

 

Vénéré, à l'instar du chêne, du pin, de l'olivier et du cyprès, il était appelé « fils de Gaïa » et voué à la déesse de la terre.

 

Les dendrophores ou « porteurs d'arbres » menaient, dans les villes et les provinces de la Rome ancienne, la procession du pin sacré en l'honneur d'Attis, le seigneur de la végétation. Au cours de « l'arbor intrat », l'arbre divinisé pouvait être le tronc ou les branches d'un platane sacré, transporté au moment de l'équinoxe de printemps.

 

Un platane majestueux se dressait sur l'île de Kos, dans le temple d'Asclépios, dieu grec de la médecine. Le célèbre médecin Hippocrate dispensait son enseignement sous son ombrage. Le caducée est d'ailleurs une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents.

 

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Dans l'ancienne Carthage, le platane était consacré à Tanit, la déesse de la fécondité. Dans la mythologie grecque, ayant abrité les amours de Zeus et de la nymphe Europe, il fut décidé qu'il ne perdrait plus ses feuilles. Bien sûr, le platane est un arbre caduc mais la légende est belle et n'est-ce pas le propre d'une légende : enchanter et réinventer les « formes » du quotidien ?

 

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Je suis sous le charme de ce bel arbre qui fut l'un des premiers arbres cultivés pour l'ornementation des villes. Dans la Grèce antique, il était aimé d'esprits comme Socrate et associé aux lieux où l'on pratiquait la philosophie et la gymnastique. D'où le terme « plataniste » qui désigne un lieu ombragé où les jeunes gens se réunissaient pour discourir et accomplir de l'exercice physique.

 

Dans le monde romain, il est fait état d'un platane géant poussant dans la province orientale de Lycie. Un consul appelé Linicius Murianus fut censé accueillir, lors d'un festin, dix-sept invités dans la cavité formée par son tronc.

 

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L'animal associé au platane est le serpent. Nous retrouvons par ce biais l'image du caducée et les pouvoirs de guérison liés aux différentes parties de l'arbre. Écorce et feuilles étaient réputées pour leurs vertus astringentes. Quant à son ombrage, on disait qu'il pouvait favoriser la fécondité, faire baisser la fièvre, dissiper la mélancolie...

 

De nos jours, il entre dans la composition de plusieurs remèdes naturels. En homéopathie, il est préconisé contre la cataracte et en gemmothérapie (la médecine des bourgeons), le macérât glycériné de platane est utilisé contre l'acné et comme dépuratif général de l'organisme.

 

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L'écorce des plus vieux platanes s'exfolie en belles écailles polychromes qui font penser à une mue de serpent.

 

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Dans Paris, d'autres platanes anciens, ancêtres magnifiques ont su traverser les siècles...

 

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Le vieux platane du parc Monceau... Il s'agit d'un platane d'orient (Platanus orientalis), « arbre remarquable » aux formes féeriques qui fut planté en 1814.

 

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Le visage de l'arbre...

 

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Promenade au Parc Monceau

 

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Les platanes du Jardin des Plantes

 

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Dans ce vénérable jardin, on « rencontre » des platanes plantés en 1785. Dire qu'il ont connu la Révolution Française et tant d'autres événements historiques ! Je vous laisse admirer la puissance des troncs, des branches et des racines et la luxuriance des fruits.

 

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Impressionnantes racines...

 

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Autre platane planté en 1785.

 

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En vous souhaitant une très agréable fin de semaine, je vous adresse mes pensées amicales. Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #13 novembre 2015, #attentat, #autre, #bien, #Charlie, #Daesh, #terroriste, #vie, #visages

 

Edvard Munch (1863-1944), Le Cri, 1893.

 

Ce texte, je l'écris à chaud, à 2h38 du matin, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015.

Habitée par une colère noire, aussi épaisse que le sang et par une tristesse abyssale... Les mots ont-ils encore un sens ou un pouvoir en cet instant, je veux croire que oui même je n'en suis pas convaincue...

Nauséeuse, je pense à ceux qui ont perdu un proche, luttent pour survivre à leurs blessures, ont assisté au carnage et resteront marqués à vie...

Je pense à ceux dont l'existence a basculé dans un magma sombre et poisseux parce que des enfoirés, imbus de leur ignominie, sont venus dézinguer des innocents ou se faire exploser, mus par une bêtise crasse et une cruauté pathologique... La tempête a eu lieu et je me sens impuissante. Mon cœur et mon esprit sont écorchés vifs...

 

Nous sommes en guerre. Aucun de nous ne peut se dire « je ne serai pas une cible » mais nous devons continuer d'avancer et nous battre, pour ce que nous sommes, pour notre mode de vie et ce qui compose notre identité métissée. Nous ne devons pas nous replier sur nous-mêmes et laisser des bonimenteurs ultra-nationalistes profiter de ce qui s'est passé pour chercher à obtenir le pouvoir. N'oublions pas que parmi les victimes se trouvent des personnes de confession musulmane qui ne voulaient rien d'autre que vivre en paix et que ces enfoirés d'assassins se réclamant de l'Islam pourraient tout aussi bien se réclamer d'autre chose.

 

Nous avons eu nos fanatiques aussi. Ils portaient des croix et ils évangélisaient dans le sang, avec des lames bien aiguisées. Ils n'ont pas hésité, il y a des siècles, à détruire des villages entiers le long du Rhin (ce n'est qu'un exemple parmi d'autre et hélas pour ces crimes il n'y a aucun devoir de mémoire) parce qu'ils chassaient de prétendues sorcières. A cet effet, mettre à mort des centaines de femmes et de fillettes ne leur posait aucun souci. Je pourrais vous en citer des livres sur lesquels j'ai travaillé à ce sujet, dans le cadre de mes études ! Les faits historiques parlent d'eux-mêmes. Au XVIe siècle, dans certains villages de Rhénanie, il n'y avait plus, après leur passage, une femme ou une fillette vivante. Et si je vous disais ce qu'ils « s'amusaient » à faire dans de nombreux villages de France, vous vomiriez sur le champ... Ces fanatiques étaient chrétiens mais ils ne représentaient pas tous les chrétiens. C'est la même chose aujourd'hui, avec une autre religion.

 

A chaque époque ses démons, ses fous furieux, ses inhumanités alors ne nous offrons pas en pâture à ceux qui ne veulent que semer le chaos. Vivons et ne nous divisons pas ! Les assassins de Daesh ont théorisé sur le fait de fracturer la société davantage, de monter les gens les uns contre les autres et d'accentuer les clivages... ne tombons pas dans le piège !

 

J'habite à proximité de Stade de France. Nous y passons à chaque fois que nous prenons le RER et nous avons failli y être vendredi, à l'heure en question... Quant aux lieux visés dans Paris, ils nous sont tellement familiers... Il y a des noms et des visages que je n'oublierai jamais. Pour eux, continuons de vivre et accueillons cette fin d'année avec autant d'espoir que possible car l'espoir c'est ce qui reste au fond de la boîte de Pandore lorsque s'échappent les fléaux.

 

Prenez bien soin de vous et de vos proches mes ami(e)s ! Ce sont des temps sombres mais nous avons bien plus de ressources qu'ils ne le pensent et nous continuerons à aimer la vie, notre vie parce que nos cœurs sont libres.

 

A ceux qui ont payé le prix de ces attaques en série, j'adresse toute ma compassion, en lettres majuscules.

 

J'adresse également mon soutien aux services de l'État, aux médecins urgentistes et au personnel soignant ainsi qu'à notre Président, à notre premier ministre et à tous les ministres et les fonctionnaires qui font ce qu'ils peuvent pour nous protéger. Ils ne sont pas des surhommes et s'il était facile de lutter contre la menace que nous subissons ça se saurait !

 

De belles choses sont à souligner, comme l'attitude profondément altruiste de ceux qui ont ouvert leur porte aux personnes qui ne pouvaient pas rentrer chez elles et la démarche des chauffeurs de taxi qui ont ramené gratuitement des gens à leur domicile.

 

Gardons foi en ceux que nous aimons !

 

Je pense à vous... Je crois en nous...

 

Cendrine

 

Le Cri

Plume

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