Spirit of the Night de John Atkinson Grimshaw, 1879.
Beltane est une fête celte protohistorique, célébrée dans la nuit du 30 avril au premier mai. La tradition murmure qu'au cours de cette nuit sacrée, le voile séparant les humains et les créatures du Petit Peuple devient si ténu que nous pouvons communiquer avec les êtres magiques.
Dans les pays anglo-saxons, dans plusieurs lieux de Bretagne et partout où s'exerce la spiritualité druidique et néo-païenne, Beltane est à l'honneur. J'ai tissé un poème à l'approche de cette nuit si particulière...
Fée de l'artiste préraphaélite Sophie Gengembre Anderson (1823-1903).
Fée de Beltane
Es-tu d'eau vive ou de nectar
de mandragore ou de rosée
dans les glacis de ton regard
danse une écriture embrasée
Une incantation de sirène
nue et plus douce que la mort
qui s'enracine dans mes veines
me désaltère et me dévore
Ta chevelure sur ma peau
est une aurore qui ruisselle
un élixir un feu nouveau
un serpent bleu qui m'ensorcèle
Montre-moi la lande perdue
où le ciel nourrit ses chimères
avec des nacres inconnues
nées des abysses de la mer
Les bois où les sombres pavots
s'étoilent d'or sous les feuillages
les roses mélangées sur l'eau
happant la nuit dans leur sillage
Le cerf aux ramures d'argent
s'ébat dans la prairie sacrée
buvons dans le calice blanc
le suc étrange des secrets...
Cendrine
Le ravissant compagnon rouge ou silène dioïque de Cicely Mary Barker (1895-1973), la créatrice des « Flowers Fairies ».
L'épilobe en épi, aux fleurs mellifères, que les fées transforment, d'après le folklore anglo-saxon, en de petites robes ravissantes.
Et maintenant, pour le plaisir des yeux et de l'esprit, des parures embaumées « cueillies » dans les squares et les rues de Paris...
Des fleurs sucrées dans le vent fou qui caracole...
Poésie, pureté et transcendance...
L'éphémère incarné...
Poudrées de senteurs exquises...
L'inspiration jaillit, telle une flamme, dans les squares de Paris.
Le tumulte de la ville s'apaise dans ces lieux privilégiés. Paris est une capitale verte, offrant des charmes bucoliques à qui veut s'en régaler.
Les fées préfèrent la nature sauvage mais ces nids de verdure sont sûrement visités par des représentants du Petit Peuple.
J'ai posé mon carnet et mon stylo dans le square Marcel Pagnol.
Ce bel endroit se déploie, depuis 1867, à quelques pas de l'église Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement de Paris.
J'aime écrire, à l'ombre de ce monument, réalisé par Victor Baltard (1805-1874), le bâtisseur des anciennes Halles de Paris. Le square fut dessiné par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891), pendant les travaux du baron Haussmann.
Entre deux giboulées, le ciel m'a offert une scintillante palette...
Et le doux chuchotement de ma fée m'a emporté...
Une fée qui s'amusait dans les fleurs, dévoilant ses prunelles au creux de l'averse...
Muse sauvageonne, elle sautait si vite sur les pages de mon carnet
que je devinais à peine, en clignant des paupières, son ombre veloutée.
Dans les frondaisons parfumées, elle s'est lovée, facétieuse parmi ses soeurs...
Mais avant la prochaine tempête, elle m'a guidée vers une délicieuse prairie en bordure de Seine.
Envolée cerise...
Un semis de fleurs chuchotantes m'y attendait.
Des ballerines fruitées...
Des belles d'avril en pleine conversation...
Une voluptueuse flambée...
Les ambassadrices du Printemps...
Celles qui enveloppent nos coeurs...
L'élue...
et pour clore cette rêverie, la reine des fragrances...
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