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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

catherine

Publié le par maplumefee
Publié dans : #catherine, #fille, #jeune, #roue, #saint

 (Édition revue et augmentée)

 

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A la croisée de l'automne et de l'hiver, aux portes de l'Avent, refleurissent les roses de Sainte-Catherine.

 

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Leurs couleurs vives et douces, au charme suranné, propagent, avec le frisson des premières neiges, les voeux d'amour et les rituels de bonne fortune. Ouvrons, près d'une tasse de chocolat aux épices, le grand livre des traditions populaires.

 

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Brillante et cultivée, Catherine naquit en 290 dans la famille du roi Costus d'Alexandrie dont elle était probablement la fille.

 

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Lors d'une fête donnée par l'empereur Maximien, elle convertit au christianisme, après un débat philosophique particulièrement ardu, cinquante sages païens. L'empereur voulut l'épouser mais elle ignora sa demande et fut condamnée à subir le martyre.

 

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En l'an 307, on l'attacha à une roue munie de pointes mais, sous l'intensité de ses prières, la roue se brisa et les sinistres pointes aveuglèrent les bourreaux. L'empereur, ivre de colère, ordonna sa décapitation. Après sa mort, du lait jaillit de son corps supplicié et des anges apparurent pour la porter au sommet du Mont Sinaï où un couvent fut érigé en son honneur.

 

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Sainte-Catherine d'Alexandrie peinte par Le Caravage (1571-1610) en 1598.

 

De nombreuses corporations sont placées sous son patronage, à commencer par les fabricants de roues et les métiers pour lesquels on utilise la roue (les meuniers, les charretiers...) Elle est aussi la protectrice des théologiens, des orateurs, des étudiants, des philosophes, des notaires, des tailleurs, des fileuses, des modistes, des nourrices et des jeunes filles en quête d'un mari, en des temps où le célibat n'avait pas bonne presse, surtout pour une femme.

 

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Il ne faut pas confondre Catherine d'Alexandrie avec Catherine de Sienne. Fille d'un teinturier, cette dernière refusa le mariage et choisit de vivre son célibat au sein de l'ordre des dominicains. Ses adeptes portaient le nom de Caterinati.

 

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Sainte-Catherine de Sienne sculptée par Francesco Messina (1900-1995), pour le château Saint-Ange à Rome. (Photo Lalupa.)

 

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Catherine d'Alexandrie, dans une niche de l'église Saint-Martin de Croix-Caluyau, dans le Nord-Pas-de-Calais. (Image Fraternité de Cambrai.)

 

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Catherine d'Alexandrie, peinte par Artemisia Gentileschi (1593-1653) en 1620.

 

Dans l'Allemagne médiévale, les filles dont le père exerçait un métier utilisant la roue étaient baptisées « Katharina ». D'après une chanson populaire, « toutes les filles de meuniers s'appellent Catherine et sont de riches filles à marier ».

 

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« L'Amour est, nous dit-on, un petit dieu malin

Pour lui les bonnets sautent par-dessus les moulins. »

 

Les jeunes filles en quête d'un mari se plaçaient naturellement sous l'obédience de Catherine d'Alexandrie mais le terme « catherinette », associé à une jeune fille célibataire, âgée de 25 ans, ne fut attesté qu'en 1882.

 

A partir des années 1920, sous l'impulsion des couturières et des créatrices de mode, la Sainte-Catherine connut un regain de popularité. Pour les élèves des écoles de mode, elle fut l'occasion de déployer leur savoir-faire et de confectionner des chapeaux extravagants et des tenues coquettes.

 

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Dans le Larousse de 1948, la catherinette désigne une couturière ou une modiste encore célibataire à l'âge de 25 ans. On disait qu’une jeune fille venue coiffer Sainte-Catherine « se mariait à l’aiguille. »

 

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Le 25 novembre était férié dans les ateliers de couture.

 

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Au croisement de la rue de Sévigné et de la rue Saint Antoine, dans le 4e arrondissement de Paris, une statue de Sainte-Catherine tient la palme du martyre et de la reverdie. Vraisemblablement sculptée en 1896, au moment de la construction de l'immeuble attenant, cette statue fait référence au thème de la « maison à l'image », si fréquent dans les rues de la capitale au Moyen-âge.

 

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A l'angle de la rue de Cléry et de la rue Poissonnière, dans le 2e arrondissement, une autre Catherine, aux lignes modernes et épurées, arbore le même attribut.

 

Plusieurs générations de catherinettes se sont succédées dans le Sentier, quartier parisien traditionnellement associé à la confection. Les petites mains des ateliers offraient à la sainte des couronnes de fleurs et chaque jeune fille devait la coiffer avec son chapeau. Elles utilisaient pour l'occasion la grande échelle des pompiers, ce qui provoquait des scènes joyeuses et cocasses. Un jury désignait ensuite le chapeau le plus réussi.

 

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Le cortège de la Sainte-Catherine, rue de Cléry, le 25 novembre 1937. (La photo, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, porte le numéro Ph.1940.64.1. Réf. 00006533.)

 

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La tradition de « coiffer Sainte-Catherine » s'est perpétuée dans les grands magasins et dans certaines entreprises, de préférence liées à la mode et au commerce. La recherche d'un mari n'est désormais plus prioritaire mais les catherinettes continuent d'arborer d'extravagants chapeaux, confectionnés avec humour par leurs collègues.

 

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Reines d'un jour, elles se rassemblent et participent à de joyeux défilés. Autrefois, dans chaque quartier de Paris, des confréries de jeunes filles veillaient sur une statue de la sainte qu'elles paraient de fleurs, chaque 25 novembre, et d'une coiffe neuve, confectionnée avec le plus grand soin. Celles qui trouvaient un époux devaient, après un rituel d'offrande à leur divine patronne, quitter la sororité.

 

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Catherine, dont le nom issu du grec « katharos » signifie « pureté », fut la seule sainte à qui l’Église attribua trois auréoles. La première, de couleur verte, symbolise la connaissance. La seconde, rouge sang, fait allusion au martyre et la troisième, d'un blanc immaculé, incarne la virginité.

 

Au-delà du voile protecteur qu'elle tisse sur les jeunes filles, elle est associée à la liberté de croyance et à l'intégrité du corps.

 

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Broderies et chapeaux

 

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A l'origine, le chapeau de la catherinette était une ravissante charlotte brodée, aux bords froncés, une coiffe régionale ou une coiffe de mariée en dentelle ou en tulle.

 

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Elle était agrémentée de noeuds verts et jaunes, de brins de fleurs d'oranger ou de fines fleurs blanches, symboles de lumière et de pureté.

 

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(Crédit photographique: Agence ROL).

 

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Sous l'impulsion des modistes, le chapeau devint l'expression d'une créativité bouillonnante se déclinant en deux couleurs symboliques: le jaune et le vert. Réputées incarner la foi et la connaissance, ces couleurs sont en réalité bien plus riches de sens.

 

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(Photo trouvée sur mc-creations.mabulle.com)

 

Gorgé d'or solaire, le jaune brille, avec force et sagesse dans la brume automnale, mais il fait aussi allusion aux dentelles jaunies et, par extension, à la « vieille fille » dont l'ombre plane sur toute catherinette. Le vert vient heureusement contrebalancer son pouvoir délétère.

 

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Le vert, associé à la déesse Vénus, protectrice de l'amour et des voeux ardents, signifie l'espoir et la force de la nature en liesse, le printemps triomphant et la satisfaction des désirs.

 

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Couleur du Green Man, le Feuillu, l'homme de la sylve qui s'unira, après les frimas hivernaux, à la déesse des fécondités printanières, et dont l'image s'est perpétuée, depuis des temps fort anciens, sur les chapiteaux des églises, les clefs de voûte, les stalles et les miséricordes.

 

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Le vert nous entraîne dans sa ronde ambivalente... Couleur des fées et des fous dans l'Europe médiévale; liqueur ensorcelante qui jaillit des yeux de Lucifer, le porteur de lumière; émanation des voeux et des connaissances perpétuées par différentes confréries; couleur de tout ce qui est « changeant », de la jeunesse et de l'amour, de la fortune fluctuante...

 

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Les Catherinettes revêtent donc les couleurs attribuées aux êtres instables et insaisissables dans le monde médiéval. Le jaune et le vert habillent ceux qui sont en marge, les initiés mystérieux qui échappent aux contraintes de la société et sont marqués par les dieux.

 

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Pendant plusieurs siècles, les « Catherinettes » désignèrent à Paris les religieuses augustines de l'Hôpital ou Hôtel-Dieu Sainte-Catherine situé dans la rue Saint-Denis. Ces Catherinettes étaient très aimées de la population parisienne. Les statuts de leur ordre imposaient l'hospitalité, les soins aux malades et l'inhumation en terre consacrée des personnes mortes en prison, noyées dans la Seine ou trouvées inanimées dans la rue. Elles apportèrent aussi leur aide aux jeunes filles livrées à la prostitution et créèrent des accueils pour les femmes venant de Province. Il s'agit du premier asile de nuit pour femmes, ancêtre de « l'Oeuvre de la protection de la jeune fille. »

 

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Au cimetière des Innocents, la croix de Sainte-Catherine veillait sur un périmètre accueillant les défunts dont personne ne voulait.

 

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Le folklore de la Sainte-Catherine

 

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Dans la tradition populaire, Catherine est liée à de nombreuses pratiques de magie amoureuse. Les jeunes filles allumaient une bougie à la nuit tombée et soufflaient leurs désirs dans la flamme dansante, en murmurant le nom de la sainte.

 

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Le fer à cheval, amulette gorgée de puissance lunaire, veillait au bon accomplissement de leurs voeux.

 

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Les pensées, les roses et les trèfles à quatre feuilles sont autant d'émanations de la Bonne Fortune amoureuse.

 

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On offrait jadis, de charmants petits bonnets brodés et destinés à favoriser la rencontre avec l'être aimé. Bonnets amulettes, réceptacles de prières et de superstitions, brimborions si fragiles qui ont traversé le temps, investis de tant d'espoirs et de rêves...

 

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« Amener quelqu'un sous la coiffe » signifiait se marier.

 

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La coiffe de Sainte-Catherine, renouvelée chaque année, symbolisait le renouvellement des saisons. Les bonnets qui décorent les cartes du jour sont investis de ce pouvoir calendaire et sacré.

 

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Ils sont accompagnés de devises aux allures de comptines, incantations populaires que certaines prononçaient, sitôt la carte reçue, en direction d'une flamme, en serrant contre leur coeur une petite poupée de chiffon baptisée « Catherine ».

 

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Le matin du 25 novembre, des groupes de jeunes filles se réunissaient. Chacune gravait son nom sur une bougie qui était ensuite fixée dans une coquille de noix. Les frêles esquifs scintillants étaient posés à la surface d'un récipient rempli d'eau. Ceux qui se frôlaient désignaient les jeunes filles qui seraient les premières à se marier.

 

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On faisait aussi couler des gouttes de cire à la surface d'un miroir ou d'un bol rempli d'eau. Si la cire formait un anneau, cela signifiait qu'un mariage était proche.

 

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Les jeunes filles enduisaient d'huile trois aiguilles bénies et les posaient à la surface d'une soucoupe remplie d'eau. Si l'une d'elles coulait dans les dix premières secondes, la perspective d'un mariage était fortement compromise.

 

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Glisser dans sa poche un petit bonnet vert au lever du jour est réputé favoriser la chance amoureuse mais replier un parapluie humide multiplie les chances de « coiffer Sainte-Catherine » ou, pour les garçons, de « porter la crosse de Saint-Nicolas »!

 

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Dans les chapelles consacrées à Sainte-Catherine, les jeunes filles âgées de 25 ans venaient piquer, dans la coiffe de la sainte, 25 épingles en faisant le voeu de trouver un époux. Jusqu'à leur trentième anniversaire, elles rajoutaient une épingle par an, si bien sûr elles n'avaient pas rencontré l'amour. Elles conservaient précieusement la trentième épingle, en espérant que la venue de l'âme soeur se concrétiserait le plus vite possible...

 

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La fleur d'oranger, quintessence de fécondité et de prospérité, était offerte aux jeunes mariées, sous forme de couronnes parfumées.

 

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En Provence, on présentait aux Catherinettes des petits bonnets et des objets en forme de coccinelle, insecte traditionnellement associé aux voeux d'amour et appelé « Catharinetto ».

 

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La coccinelle, amie des jardiniers (image vente-coccinelles.fr)

 

Si une jeune fille apercevait une coccinelle, elle faisait un voeu et regardait dans quelle direction l'insecte s'envolait. Un mari l'y attendrait peut-être...

 

Fileuse des opportunités d'amour, Sainte-Catherine était aussi appelée « protectrice de la santé » dans plusieurs régions de France et de Belgique. Elle était invoquée, le jour de sa fête, pour soigner l'eczéma, appelé « roues de Sainte-Catherine ». Il fallait brûler un cierge en l'honneur de la sainte dans la première église devant laquelle on passait.

 

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Sainte-Catherine et la roue de l'année

 

D'après certaines légendes, le soir de sa fête, Catherine se déplace dans les airs, à cheval sur une roue dentée qui symbolise la roue de l'année.

 

Gardienne des cycles calendaires, elle règne sur les mystères du Zodiaque et les secrets des éléments.

 

Dame d'abondance, elle dépose sur le seuil des portes et le rebord des fenêtres des sucreries et des jouets pour les enfants sages, des fleurs et des talismans d'amour (petites poupées, coeurs de tissu, broches en bois ciselé), pour les jeunes filles désireuses de se marier.

 

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La Fortune, par Guido Reni (1575-1642).

 

Catherine est assimilée à Fortuna, la déesse de la chance, dotée de pouvoirs prophétiques et invoquée par les jeunes filles en quête d'un époux. Elle est représentée debout sur une sphère ou une roue. Elle brandit un gouvernail et une corne d'abondance (cornu copiae). Elle s'élève dans le vent et navigue dans le ciel diurne et nocturne. Au fil du temps, elle est devenue l'incarnation du destin favorable à certains hommes politiques mais elle a toujours été associée aux voeux et aux cycles de la féminité.

 

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Fortuna, 1541, par Hans Sebald Beham (1500-1550).

 

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La Roue de Fortune ou Roue du Destin.

 

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La Roue de Fortune issue du Tarot des Imagiers du Moyen âge d'Oswald Wirth (1860-1943), mon tarot préféré...

 

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 Les anciens Gallois célébraient la déesse Arianrod ou « roue d'argent », navigatrice céleste à la barque de lune.

 

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La Roue des Moires, les « Destinées »...

 

Clotho file les jours et les évènements de la vie. Lachesis enroule le fil et détermine le sort de chacun. Atropos coupe avec ses ciseaux le fil de l'existence et libère le souffle vital de l'enveloppe corporelle.

 

Catherine, la fileuse des voeux, revêt certains attributs des Moires antiques, des Parques et des Nornes, appelées aussi les Trois Fées.

 

Dans certaines régions de France, le 25 novembre, les petites filles allaient frapper aux portes des villageois, guidées par une « reine Sainte-Catherine », adolescente tirée au sort par les trois femmes les plus âgées de la communauté. Vêtue de blanc, elle brandissait une petite quenouille (attribut des fées), décorée d'une pomme rouge. Les fillettes chantaient des chansons et recevaient des sucreries. Elles confectionnaient aussi des roses en tissu.

 

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Dans certaines régions de France, comme la Haute-Saône et la Franche-Comté, les pâtissiers préparent, depuis des siècles, des cochons en pain d'épices qui symbolisent la prospérité. De grandes foires Sainte-Catherine se tenaient autrefois sur les principaux axes commerciaux. La fête de Sainte-Catherine coïncidait aussi avec l'achat du cochon que les paysans allaient engraisser pendant l'hiver.

 

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Ces cochons en pain d'épices recouverts de chocolat ont un petit sifflet de bois à la place de la queue.

 

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(Image Office de tourisme de Vesoul.)

 

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On peut écrire son nom sur ces gourmandises porcines.

 

Au Canada, on savoure la tire Sainte-Catherine, une sucrerie à base de mélasse, de sirop de maïs ou blé d'Inde, de beurre, de cassonade, de sucre blanc ou brun.

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Une religieuse de Nouvelle-France nommée Marguerite Bourgeoys (1620-1700) en est la créatrice. Elle fonda la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, ouvrit sa première école un 25 novembre et fit déguster aux petites amérindiennes dont elle s'occupait ces friandises brun doré.

 

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Les jeunes filles à marier fabriquaient la tire pour l'offrir aux célibataires vivant près de chez elles. Aux États-Unis et au Canada anglais, ces gourmandises sont appelées « kisses ». Des baisers joyeusement sucrés dont la « fabrication » est encore plus aboutie quand elle se fait à deux... Chaque personne tire sur le mélange afin de lui donner une meilleure élasticité.

 

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Il existe de nombreuses recettes familiales avec plus ou moins de variantes. On y rajoute parfois du chocolat.

 

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Sainte-Catherine et la magie végétale

 

« A la Sainte-Catherine tout bois prend racine... »

 

Ce diction populaire, bien connu des jardiniers, désigne, à partir de la fin novembre, une période propice au bouturage des branches d'arbres. La saison est primordiale pour la multiplication de très nombreux arbres et arbustes, aussi bien ornementaux que fruitiers.

 

Défunts et Ancêtres ont été honorés pendant le cycle de Samain-Halloween et la terre profonde fourmille de vie, octroyant à certains végétaux des pouvoirs protecteurs.

 

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D'après les Archives Suisses des Traditions Populaires, (Tome XIII, 1909, p. 178), on choisit une rave le jour de la Sainte-Catherine. On coupe et on creuse la partie inférieure pour la remplir de terre et y semer des grains de blé puis on suspend la rave devant la fenêtre « qui s'ouvre à l'orient ». A la période de Noël, « la Catherine » ressemblera à une étrange poupée végétale, dotée d'une gaine de feuilles au bas du corps et d'une abondante chevelure verdoyante au-dessus. Protectrice du foyer, « la Catherine » sera nourrie avec un mélange de lait, d'eau de rose et de pluie.

 

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La ronde des dictons

 

Savourons quelques adages et devises issus des anciens almanachs et de la sagesse populaire...

 

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« Sainte-Catherine en manteau blanc

Apporte du froid pour longtemps. »

 

« Sainte-Catherine vient toujours de blanc habillée.»

 

« Pour la Sainte-Catherine fais de la farine

Car pour Saint-André le blé sera gelé. »

 

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« Quand au ciel Sainte-Catherine fait la moue

Il faut patauger longtemps dans la boue. »

 

« Sainte-Catherine, toute fille veut la fêter

Mais point ne veut la coiffer. »

 

Pour la Saint-Martin la neige est en chemin

Pour la Sainte-Catherine elle est à la courtine... »

 

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Je souhaite aux « Catherine » une excellente fête et je souffle à celles et ceux qui attendent l'être aimé mes pensées d'espoir et mes voeux de bonne fortune. Que la sagesse des Anciens leur soit favorable et que leurs rêves se réalisent!

 

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Le 25 Novembre est aussi la Journée Internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes mais n'oublions pas que l'attention aux victimes et le refus des actes de barbarie s'imposent chaque jour.

 

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Que virevoltent rêves et pensées au rythme des saisons!

 

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Bibliographie

 BRIÈRE, Léon: L'hôpital de Sainte-Catherine en la rue Saint-Denis (1184-1790). Paris: Imprimerie Nationale, 1890, 88 p. in-8°.

 COURSAULT, René: Sainte-Catherine d'Alexandrie. Le mythe et la réalité. Maisonneuve et Larose.

 DUMAX, V: Sainte-Catherine, patronne des jeunes filles. 1883.

 HURTAUT, MAGNY: Dictionnaire historique de la ville de Paris. Genève: Minkoff, 1779, 4 volumes. Réédité en 1973.

 

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 Merci de votre fidélité, grosses bises!

 

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Je vous offre cette rose d'automne photographiée sous la pluie, début novembre dans le Val d'Oise.

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #catherine, #fille, #jeune, #roue, #saint

 

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À la croisée de l'automne et de l'hiver, aux portes de l'Avent, refleurissent les roses de Sainte-Catherine.


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Leurs couleurs douces et vives, au charme suranné, propagent, dans la brume de Novembre, les voeux d'amour et les rituels de bonne fortune. Ouvrons, près d'une tasse de thé aux épices, le grand livre des traditions populaires.


Image03

Brillante et cultivée, Catherine naquit en 290 dans la famille du roi Costus d'Alexandrie dont elle était probablement la fille.


Image04

Lors d'une fête donnée par l'empereur Maximien, elle convertit au christianisme, après un débat philosophique particulièrement ardu, cinquante sages païens. L'empereur voulut l'épouser mais elle refusa de se soumettre à sa demande et fut condamnée à subir le martyre. En l'an 307, on l'attacha à une roue munie de pointes mais, sous l'intensité de ses prières, la roue se brisa et les sinistres pointes aveuglèrent les bourreaux. L'empereur, ivre de colère, ordonna sa décapitation. Après sa mort, du lait jaillit de son corps supplicié et des anges apparurent pour la porter au sommet du Mont Sinaï où un couvent fut érigé en son honneur.


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Sainte-Catherine, 1598, par Le Caravage (1571-1610).


De nombreuses corporations sont placées sous son patronage, à commencer par les fabricants de roues et les métiers pour lesquels on utilise la roue (les meuniers, les charretiers...) Elle est aussi la protectrice des orateurs, des étudiants, des philosophes, des notaires, des fileuses, des modistes, des nourrices et des jeunes filles en quête d'un mari, en des temps où le célibat n'avait pas bonne presse, surtout pour une femme.


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Il ne faut pas confondre Catherine d'Alexandrie avec Catherine de Sienne. Fille d'un teinturier, cette dernière refusa le mariage et choisit de vivre son célibat au sein de l'ordre des dominicains. Ses adeptes portaient le nom de Caterinati.


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Catherine d'Alexandrie, dans l'église Saint-Martin de Croix-Caluyau.


Dans l'Allemagne médiévale, les filles dont le père exerçait un métier utilisant la roue étaient baptisées « Katharina ». D'après une chanson populaire, « toutes les filles de meuniers s'appellent Catherine et sont de riches filles à marier ».


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« L'Amour est, nous dit-on, un petit dieu malin

Pour lui les bonnets sautent par-dessus les moulins. »

 

Les jeunes filles en quête d'un mari se plaçaient naturellement sous l'obédience de Catherine d'Alexandrie mais le terme « catherinette », associé à une jeune fille célibataire, âgée de 25 ans, ne fut attesté qu'en 1882.

 

A partir des années 1920, sous l'impulsion des couturières et des créatrices de mode, la Sainte-Catherine connut un regain de popularité. Pour les élèves des écoles de mode, elle fut l'occasion de déployer leur savoir-faire et de confectionner des chapeaux extravagants et des tenues coquettes.


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Dans le Larousse de 1948, la catherinette désigne une couturière ou une modiste encore célibataire à l'âge de 25 ans. On disait d'ailleurs qu’une jeune fille venue coiffer Sainte-Catherine « se mariait à l’aiguille. »


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Le 25 novembre était férié dans les ateliers de couture.


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A l'angle de la rue de Cléry et de la rue Poissonnière, dans le 2e arrondissement de Paris, trône une statue de Sainte-Catherine, aux lignes épurées. Elle tient la palme du martyre et de la reverdie.


Plusieurs générations de catherinettes se sont succédées dans le Sentier, quartier parisien traditionnellement associé à la confection. Les petites mains des ateliers offraient à la sainte des couronnes de fleurs et chaque jeune fille devait la coiffer avec son chapeau. Elles utilisaient pour l'occasion la grande échelle des pompiers, ce qui suscitait des scènes joyeuses et cocasses. Un jury désignait ensuite le chapeau le plus réussi.


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Le cortège de la Sainte-Catherine, rue de Cléry, le 25 novembre 1937. (La photo, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, porte le numéro Ph.1940.64.1. Réf. 00006533.)


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La tradition de « coiffer Sainte-Catherine » s'est perpétuée dans les grands magasins et dans certaines entreprises, de préférence liées à la mode et au commerce. La recherche d'un mari n'est désormais plus prioritaire mais les catherinettes continuent d'arborer d'extravagants chapeaux, confectionnés avec humour par leurs collègues.


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Reines d'un jour, elles se rassemblent et participent à de joyeux défilés. Autrefois, dans chaque quartier de Paris, des confréries de jeunes filles veillaient sur une statue de la sainte qu'elles paraient de fleurs, chaque 25 novembre, et d'une coiffe neuve, confectionnée avec le plus grand soin. Celles qui trouvaient un époux devaient, après un rituel d'offrande à leur divine patronne, quitter la sororité.


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Catherine, dont le nom issu du grec « katharos » signifie « pureté », fut la seule sainte à qui l’Église attribua trois auréoles. La première, de couleur verte, symbolise la connaissance. La seconde, rouge sang, fait allusion au martyre et la troisième, d'un blanc immaculé, incarne la virginité.


Au-delà du voile protecteur qu'elle tisse sur les jeunes filles, elle est associée à la liberté de croyance et à l'intégrité du corps.


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Broderies et chapeaux


Image18

A l'origine, le chapeau de la catherinette était une ravissante charlotte brodée, aux bords froncés, une coiffe régionale ou une coiffe de mariée en dentelle ou en tulle.


Image19

Elle était agrémentée de noeuds verts et jaunes, de brins de fleurs d'oranger ou de fines fleurs blanches, symboles de pureté dans la lumière quasi hivernale.


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(Crédit photographique: Agence ROL).


Sous l'impulsion des modistes, le chapeau devint l'expression d'une créativité bouillonnante qui se décline en deux couleurs symboliques: le jaune et le vert. Réputées incarner la foi et la connaissance, ces couleurs sont en réalité bien plus riches de sens.


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(Photo trouvée sur mc-creations.mabulle.com)


Gorgé d'or solaire, le jaune brille, avec force et sagesse dans la brume d'automne, mais il fait aussi allusion aux dentelles jaunies et, par extension, à la « vieille fille » dont l'ombre plane sur toute catherinette. Le vert vient heureusement contrebalancer son pouvoir délétère.


Le vert, associé à la déesse Vénus, protectrice de l'amour et des voeux ardents, signifie l'espoir et la force de la nature en liesse, le printemps triomphant et la satisfaction des désirs.


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Couleur du Green Man, le Feuillu, l'homme de la sylve qui s'unira, après les frimas hivernaux, à la déesse des fécondités printanières, et dont l'image s'est perpétuée, depuis des temps fort anciens, sur les chapiteaux des églises, les clefs de voûte, les stalles et les miséricordes.


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Le vert nous entraîne dans sa ronde ambivalente... Couleur des fées et des fous dans l'Europe médiévale, liqueur ensorcelante des yeux de Lucifer, émanation des voeux et des connaissances perpétuées par différentes confréries.


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Les Catherinettes revêtent donc les couleurs attribuées aux fous dans le monde médiéval. Le jaune et le vert habillent ceux qui sont en marge, les initiés mystérieux qui échappent aux contraintes de la société et sont marqués par les dieux.


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Vue sur le cimetière des Innocents, 1552.


Pendant plusieurs siècles, les « Catherinettes » désignèrent à Paris les religieuses augustines de l'Hôpital ou Hôtel-Dieu Sainte-Catherine situé dans la rue Saint-Denis. Ces Catherinettes étaient très aimées de la population parisienne. Les statuts de leur ordre imposaient l'hospitalité, les soins aux malades et l'inhumation en terre consacrée des personnes mortes en prison, noyées dans la Seine ou trouvées inanimées dans la rue. Elles apportèrent aussi leur aide aux jeunes filles livrées à la prostitution et créèrent des accueils pour les femmes venant de Province. Il s'agit du premier asile de nuit pour femmes, ancêtre de « l'Oeuvre de la protection de la jeune fille. »


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Au cimetière des Innocents, la croix de Sainte-Catherine veillait sur un périmètre accueillant les défunts dont personne ne voulait.


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Le folklore de la Sainte-Catherine


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Dans la tradition populaire, Catherine est liée à de nombreuses pratiques de magie amoureuse. Selon une vieille coutume, les jeunes filles allumaient une bougie à la nuit tombée et soufflaient leurs désirs dans la flamme dansante, en murmurant le nom de la sainte.


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Le fer à cheval, amulette gorgée de puissance lunaire, veillait au bon accomplissement de leurs voeux.


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Les pensées, les roses et les trèfles à quatre feuilles sont autant d'émanations de la Bonne Fortune amoureuse.


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On offrait jadis, de charmants petits bonnets brodés et destinés à favoriser la rencontre avec l'être aimé. Bonnets amulettes, réceptacles de prières et de superstitions, brimborions si fragiles qui ont traversé le temps, investis de tant d'espoirs et de rêves...


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« Amener quelqu'un sous la coiffe » signifiait se marier...


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La coiffe de Sainte-Catherine, renouvelée chaque année, symbolisait le renouvellement des saisons. Les bonnets décorant les cartes du jour sont investis de ce pouvoir calendaire et sacré.


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Ils sont accompagnés de devises aux allures de comptines, incantations populaires que certaines prononçaient, sitôt la carte reçue, en direction d'une flamme, en serrant contre leur coeur une petite poupée de chiffon baptisée « Catherine ».


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Le matin du 25 novembre, des groupes de jeunes filles se réunissaient. Chacune gravait son nom sur une bougie qui était ensuite fixée dans une coquille de noix. Les frêles esquifs scintillants étaient posés à la surface d'un récipient rempli d'eau. Ceux qui se frôlaient désignaient les jeunes filles qui seraient les premières à se marier.


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On faisait aussi couler des gouttes de cire à la surface d'un miroir ou d'un bol rempli d'eau. Si la cire formait un anneau, cela signifiait qu'un mariage était proche.


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Les jeunes filles enduisaient d'huile trois aiguilles bénies et les posaient à la surface d'une soucoupe remplie d'eau. Si l'une d'elles coulait dans les dix premières secondes, la perspective d'un mariage était fortement compromise.


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Glisser dans sa poche un petit bonnet vert au lever du jour est réputé favoriser la chance amoureuse mais replier un parapluie humide multiplie les chances de « coiffer Sainte-Catherine » ou, pour les garçons, de « porter la crosse de Saint-Nicolas »!


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Dans les chapelles consacrées à Sainte-Catherine, les jeunes filles âgées de 25 ans venaient piquer, dans la coiffe de la sainte, 25 épingles en faisant le voeu de trouver un époux. Jusqu'à leur trentième anniversaire, elles rajoutaient une épingle par an, si bien sûr elles n'avaient pas rencontré l'amour. Elles conservaient précieusement la trentième épingle, en espérant que la venue de l'âme soeur se concrétiserait le plus vite possible...


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La fleur d'oranger, quintessence de fécondité et de prospérité, était offerte, sous forme de couronnes parfumées, aux jeunes mariées.


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En Provence, on présentait aux Catherinettes des petits bonnets et des objets en forme de coccinelle, insecte traditionnellement associé aux voeux d'amour et appelé « Catharinetto ».


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La coccinelle, amie des jardiniers (image vente-coccinelles.fr)


Si une jeune fille apercevait une coccinelle, elle faisait un voeu et regardait dans quelle direction l'insecte s'envolait. Un mari l'y attendrait peut-être...


Fileuse des opportunités d'amour, Sainte-Catherine était aussi appelée « protectrice de la santé » dans plusieurs régions de France et de Belgique. Elle était invoquée, le jour de sa fête, pour soigner l'eczéma, appelé « roues de Sainte-Catherine ». Il fallait brûler un cierge en l'honneur de la sainte dans la première église devant laquelle on passait.


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Sainte-Catherine et la roue de l'année


D'après certaines légendes, le soir de sa fête, Catherine se déplace dans les airs, à cheval sur une roue dentée qui symbolise la roue de l'année.

 

Gardienne des cycles calendaires, elle règne sur les mystères du Zodiaque et les secrets des éléments.


Dame d'abondance, elle dépose sur le seuil des portes et le rebord des fenêtres des cadeaux pour les enfants sages, des fleurs et des talismans d'amour (petites poupées, coeurs de tissu, broches de bois ciselé), pour les jeunes filles désireuses de se marier.


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La Fortune, par Guido Reni (1575-1642).


Catherine est assimilée à Fortuna, la déesse de la chance, dotée de pouvoirs prophétiques et invoquée par les jeunes filles désireuses de se marier. Elle est représentée debout sur une sphère ou une roue. Elle brandit un gouvernail et une corne d'abondance (cornu copiae). Elle s'élève dans le vent et navigue dans le ciel diurne et nocturne. Au fil du temps, elle est devenue l'incarnation du destin favorable à certains hommes politiques mais elle a toujours été associée aux voeux et aux cycles de la féminité.


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Fortuna, 1541, par Hans Sebald Beham (1500-1550).


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La Roue de Fortune ou Roue du Destin


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La Roue de Fortune
issue du Tarot des Imagiers du Moyen âge
d'Oswald Wirth,
mon tarot préféré...


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Les Gallois célébraient la déesse Arianrod, roue d'argent, navigatrice céleste à la barque de lune.


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La Roue des Moires, les « Destinées »...


Clotho file les jours et les évènements de la vie. Lachesis enroule le fil et détermine le sort de chacun. Atropos coupe avec ses ciseaux le fil de l'existence et libère le souffle vital de l'enveloppe corporelle.


Catherine, la fileuse des voeux, revêt certains attributs des Moires antiques, des Parques et des Nornes, appelées aussi les Trois Fées.


Dans certaines régions de France, le 25 novembre, les petites filles allaient frapper aux portes des villageois, guidées par une « reine Sainte-Catherine », adolescente tirée au sort par les trois femmes les plus âgées de la communauté. Vêtue de blanc, elle brandissait une petite quenouille (attribut des fées), décorée d'une pomme rouge. Les fillettes chantaient des chansons et recevaient des sucreries. Elles confectionnaient aussi des roses en tissu.


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Dans certaines régions de France, comme la Haute-Saône et la Franche-Comté, les pâtissiers préparent, depuis plusieurs siècles, des cochons en pain d'épices qui symbolisent la prospérité. De grandes foires Sainte-Catherine se tenaient autrefois sur les principaux axes commerciaux. La fête de Sainte-Catherine coïncidait aussi avec l'achat du cochon que les paysans allaient engraisser pendant l'hiver.


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Ces cochons en pain d'épices recouverts de chocolat ont un petit sifflet de bois à la place de la queue.


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(Image trouvée sur le site de l'office de tourisme de Vesoul.)


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On peut écrire son nom sur ces gourmandises porcines.


Au Canada, on savoure la tire de Sainte-Catherine, une sucrerie à base de mélasse, de sirop de maïs ou blé d'Inde, de beurre, de cassonade, de sucre blanc ou brun.


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Une religieuse de Nouvelle-France, Marguerite Bourgeoys, en est à l'origine. Elle fonda la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, ouvrit sa première école un 25 novembre et fit déguster aux petites amérindiennes ces friandises brun doré.


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Les jeunes filles à marier fabriquaient la tire pour l'offrir aux célibataires vivant près de chez elles. Aux États-Unis et au Canada anglais, ces gourmandises sont appelées « kisses ». Des baisers joyeusement sucrés dont la « fabrication » est encore plus aboutie quand elle se fait à deux... Chaque personne tire sur le mélange afin de lui donner une meilleure élasticité.


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Il existe de nombreuses recettes avec plus ou moins de variantes. Certains y rajoutent du chocolat.



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Sainte-Catherine et la magie végétale


« A la Sainte-Catherine tout bois prend racine... »

 

Ce diction populaire, bien connu des jardiniers, désigne, à partir de la fin novembre, une période propice au bouturage des branches d'arbres. La saison est primordiale pour la multiplication de très nombreux arbres et arbustes, aussi bien ornementaux que fruitiers.


Défunts et ancêtres ont été honorés pendant le cycle de Samain-Halloween (consulter à ce sujet mon article intitulé La mystérieuse nuit d'Halloween) et la terre profonde fourmille de vie, octroyant à certains végétaux des pouvoirs protecteurs.


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D'après les Archives Suisses des Traditions Populaires, (Tome XIII, 1909, p. 178), on choisit une rave le jour de la Sainte-Catherine. On coupe et on creuse la partie inférieure pour la remplir de terre et y semer des grains de blé. Puis on suspend la rave devant la fenêtre « qui s'ouvre à l'orient ». A la période de Noël, « la Catherine » ressemblera à une étrange poupée végétale, dotée d'une gaine de feuilles au bas du corps et d'une abondante chevelure verdoyante au-dessus. Protectrice du foyer, « la Catherine » sera nourrie avec un mélange de lait, d'eau de rose et de pluie.


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La ronde des dictons


Savourons quelques adages et devises issus des anciens almanachs et de la sagesse populaire...


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« Sainte-Catherine en manteau blanc

Apporte du froid pour longtemps. »


« Sainte-Catherine vient toujours de blanc habillée... »


« Pour la Sainte-Catherine fais de la farine

Car pour Saint-André le blé sera gelé. »


« Quand au ciel Sainte-Catherine fait la moue

Il faut patauger longtemps dans la boue. »


« Sainte-Catherine, toute fille veut la fêter

Mais point ne veut la coiffer. »


Pour la Saint-Martin la neige est en chemin

Pour la Sainte-Catherine elle est à la courtine... »


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Je souhaite aux Catherine une excellente fête, et je souffle à celles et ceux qui attendent l'être aimé mes pensées d'espoir et mes voeux de bonne fortune. Que la sagesse des Anciens leur soit favorable et que leurs rêves se réalisent!


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Le 25 Novembre est aussi la Journée Internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes mais n'oublions pas que l'attention aux victimes et le refus des actes de barbarie s'imposent chaque jour...


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Que virevoltent nos rêves au rythme des saisons!


Bibliographie


BRIÈRE, Léon: L'hôpital de Sainte-Catherine en la rue Saint-Denis (1184-1790). Paris: Imprimerie Nationale, 1890, 88 p. in-8°.


COURSAULT, René: Sainte-Catherine d'Alexandrie. Le mythe et la réalité. Maisonneuve et Larose.


DUMAX, V: Sainte-Catherine, patronne des jeunes filles. 1883.


HURTAUT, MAGNY: Dictionnaire historique de la ville de Paris. Genève: Minkoff, 1779, 4 volumes. Réédité en 1973.


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