Symboles ancestraux de liberté, de force et de sagesse, les arbres sont aussi considérés comme des sources d'énergie, des êtres féeriques et des avatars de divinités. Depuis des temps immémoriaux, de nombreuses traditions invitent l'Homme à caresser leur écorce, à souffler vœux et prières dans leur feuillage, à méditer sous leur ombrage...
Des arbres « remarquables » s'épanouissent dans les jardins et les bois de Paris. Leurs silhouettes variées enchantent le paysage urbain.
Un superbe Marronnier d'Inde avec sa parure d'automne.
Un bouquet d'arbres majestueux au Jardin du Luxembourg.
La lumière étincelante révèle la magie de ces corps d'écorce...
Le Jardin du Luxembourg abrite de magnifiques platanes dont certains ont été plantés vers 1810. Les plus anciens se dressent dans l'allée Delacroix et autour de la Fontaine Médicis où leurs branches feuillues tissent un ciel verdoyant.
Ciel sylvestre

Peau d'arbre
Ce magnifique Orme de Sibérie trône à proximité de l'Orangerie du Jardin du Luxembourg.
L'Orme de Sibérie (zelkova carpinifolia) appartient à la famille des Ulmacées. Originaire du Caucase et d'Iran, il fut introduit en Europe en 1760 et à Paris en 1782. Il possède un tronc massif et de nombreuses branches dressées qui se soudent parfois entre elles. Il est considéré comme un symbole de longévité.
Ce Ginkgo Biloba « femelle » se métamorphose doucement dans la lumière de l'automne.
Vénéré dans plusieurs pays, il est appelé « arbre aux quarante écus », « arbre aux mille écus », « noyer du Japon », « fontaine de jouvence », « arbre du ciel » ou encore « fossile vivant » et se caractérise par ses feuilles à deux lobes en forme d'éventail, aux puissantes propriétés antioxydantes.
Originaire de Chine, le ginkgo biloba est un survivant de la flore de l'ère secondaire. Au Printemps, les inflorescences mâles et femelles naissent sur des arbres « séparés ». Les fruits jaunâtres de ce ginkgo femelle ressemblent à des petites mirabelles. Dès qu'ils mûrissent, ils exhalent une odeur nauséabonde mais la beauté de l'arbre l'emporte sur ce désagrément.
Le nom « ginkgo » dérive d'un vieux mot chinois lu en japonais « ginkyō ». En chinois moderne, le ginkgo ou « yinxing » signifie « arbre aux abricots d'argent ». On associe également à cet arbre ancestral les mots chinois « ya-tchio » qui signifie « patte de canard » et « yin-kuo »: « fruit d'argent ». Il revêt en automne une somptueuse parure dorée.
Arbre d'or
Magnificence
Le majestueux Marronnier d'Inde (aesculus hippocastanum L.), de la famille des Hippocastanacées, est originaire d'Asie Mineure, du Caucase et des Balkans. Un nommé Bachelier, qui revenait du Levant, l'introduisit à Paris en 1615.
Ce grand arbre ornemental peut atteindre 30 m de hauteur et vivre plus de 300 ans. Son écorce brun rougeâtre se fissure et se détache sous forme de petites plaques. Ses fleurs blanches ou roses, mouchetées de rouge, sont généralement groupées en thyrses ou bouquets pyramidaux. Ses grandes feuilles caduques sont dotées de cinq ou sept folioles dentelées. Ses bourgeons pointus, gorgés de résine, apparaissent en automne.
Son fruit se compose d'une capsule à piquants dans laquelle se love le marron d'Inde, une grosse graine lisse et luisante, de couleur brune. Mais le marron n'est pas comestible pour l'homme. C'est la châtaigne qui est utilisée, sous différentes formes, pour régaler les gourmands.
Le marronnier est réputé, depuis fort longtemps, pour ses vertus médicinales. Riches en tanins et en flavonoïdes, son écorce, ses feuilles et ses fleurs agissent de manière bénéfique sur la circulation sanguine et sont préconisées contre la fragilité capillaire, les problèmes de jambes lourdes, les hémorroïdes, les douleurs articulaires et rhumatismales.
En Turquie, on mélangeait la poudre de marron à l'avoine des chevaux pour soigner leurs problèmes pulmonaires.
Pendant la période des guerres napoléoniennes, l'écorce de marronnier pulvérisée était utilisée contre les fièvres, en remplacement du quinquina quand il venait à manquer.
Des études médicales ont montré que certaines substances contenues dans le marronnier pouvaient contribuer à traiter le diabète.
Les usages du marron sont variés. Il permet d'obtenir de la saponine, utilisée pour fabriquer des savons et blanchir le linge.
Dans le folklore européen, le marron est un puissant protecteur contre les cauchemars. Glissé sous l'oreiller, il attire la chance et repousse les créatures de la nuit.
Arbre chandelier
Luxuriance
Dans le Jardin du Luxembourg se love aussi un verger, héritier de la tradition horticole des lieux qui appartenaient jadis aux moines Chartreux.
Le « plus vieil arbre de Paris » s'épanouit dans le Square Viviani-Montebello qui borde l'église Saint-Julien le Pauvre, face à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.
Cet arbre vénérable, originaire d'Amérique du Nord, est un Robinier faux acacia (robinia pseudoacacia), de la famille des Fabaceae. En raison de son grand âge et de son poids conséquent, une structure en ciment est nécessaire pour le soutenir.
Le naturaliste anglais John Tradescant (1570-1638) offrit des graines de « robinia » à Jean Robin (1550-1629), le directeur du Jardin des Apothicaires.
Jean Robin le ramena d'Amérique et le planta à Paris en 1602. (Un autre robinier, planté en 1636, se trouve au Jardin des Plantes).
Le tronc du robinier est généralement court. Son écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief. Ses branches sinueuses forment une ample couronne feuillue.
Ses feuilles se composent de plusieurs paires de folioles vert jaunâtre. Vers le mois de juin, apparaissent ses fleurs blanches parfumées qui forment des grappes pendantes.
Il est périodiquement « envahi » par du lierre mais les jeunes pousses de ce « parasite gourmand » sont ôtées chaque année. C'est ce qu'on appelle « la toilette de l'arbre ».
Je voudrais conclure cette promenade en territoire fantastique avec des silhouettes d'arbres particulièrement étranges...
Le Vieux Platane du Parc Monceau aux branches serpentines.
Il a déjà stimulé mon inspiration dans un article que vous pouvez retrouver dans ce blog.
Un platane en tenue de camouflage
Une créature d'écorce et de conte « maléfique »...
Parfois, alors qu'on ne s'y attend pas, la lumière, le réel et le rêve s'entremêlent. L'arbre devient le messager de mondes cachés qui se révèlent pour nous ensorceler...
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