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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

leconte

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #leconte, #lisle, #poeme

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

Image007.jpg

 

Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

Image008.jpg

Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

Image009.jpg

 

Image010.jpg

 

Prenez bien soin de vous chers aminautes, je vous envoie de gros bisous et mes pensées d'amitié..

Plume

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Publié dans : #jpg, #leconte, #lisle, #poeme

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

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Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Leconte de Lisle fut le chef de file du mouvement littéraire du Parnasse, mouvement qui naquit sur une opposition aux effets lyriques du Romantisme.

 

La Poésie Parnassienne décrit et explore la vie de manière pittoresque, en faisant appel à un sens solide et scientifique de l'observation. Elle englobe souvent des notions historiques et archéologiques mais nombre d'artistes liés au Parnasse ont développé un art plein de fougue et de sensibilité, loin des grands effets de style et de certaines froideurs associées aux Sciences dont pourtant ils se réclamaient. Les Parnassiens principaux furent Théodore de Banville, Théophile Gautier, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, José Maria de Heredia, Stéphane Mallarmé, Sully Prud'homme, François Coppée... Il y eut aussi Baudelaire dont la manière et le talent s'aventurèrent jusqu'au Symbolisme.

 

 

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Le monument dédié à Leconte de Lisle fut réalisé en 1898 par le sculpteur Denys Puech (1854-1942), Grand Prix de Rome, qui reçut de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Financé par une souscription publique ouverte en 1894, il représente le Poète qui avance vers le Parnasse, en compagnie de la Gloire, séduisante allégorie ailée.

 

Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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Prenez bien soin de vous chers aminautes, je vous envoie de gros bisous et mes pensées d'amitié..

Plume

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi pour ce mardi « Le Colibri », un poème de Leconte de Lisle que j'ai illustré avec des photos du monument consacré à ce grand poète, des photos prises au fil des années, au gré des saisons...

 

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Deux Colibris, 1864. Ce peintre américain fut très apprécié pour ses vues de la faune sauvage, ses paysages aux couleurs intenses, ses natures mortes pleines de charme...

 

 

Le Colibri

 

Le vert colibri, le roi des collines,

Voyant la rosée et le soleil clair

Luire dans son nid tissé d’herbes fines,

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

 

Il se hâte et vole aux sources voisines

Où les bambous font le bruit de la mer,

Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,

S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,

Et boit tant d’amour dans la coupe rose,

Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,

Telle aussi mon âme eût voulu mourir

Du premier baiser qui l’a parfumée !

 

Charles Leconte de Lisle, Poèmes Barbares

 

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Martin Johnson Heade (1819-1904), Colibris gorge rubis.

 

 

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Portrait de Leconte de Lisle, vers 1840-1841, par Jean-François Millet (1814–1875).

 

Leconte de Lisle naquit, le 22 octobre 1818, à Saint-Paul, sur l'Île de la Réunion où son père, un ancien chirurgien des armées de l'Empire, s'était reconverti en cultivateur de canne à sucre. Il fit ses classes à Saint-Denis de la Réunion puis il se rendit en Bretagne et à partir de 1845, il s'installa à Paris. Partageant les idées de Charles Fourier (1772-1837), le fondateur de l’École Sociétaire, qui prônait la création de phalanstères, de grands ensembles de production dans lesquels les ouvriers vivaient « en communauté harmonieuse », il crut à la Révolution de 1848.

 

Il initia des pétitions contre l'abolition de l'esclavage mais cela lui valut de déclencher les foudres de sa famille et de plusieurs de ses connaissances. Rejeté pendant un certain temps, il choisit de se détourner de la politique pour se consacrer à la littérature.

 

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Passionné par l'Hellénisme, il publia, à la fin de l'année 1852, les Poèmes Antiques et continua d'exprimer sa vision du Beau dans les recueils qui suivirent : Poèmes et Poésies, 1855 ; Poésies complètes, 1858 ; Poèmes Barbares, 1862.

 

Il connut tout au long de sa vie des difficultés matérielles en devant subvenir aux besoins conséquents de sa famille. Il publia de nombreux recueils de poésies et réalisa des traductions d’œuvres majeures de l'Antiquité dont L'Iliade et L'Odyssée et Les Travaux et les Jours d'Hésiode.

 

De 1871 à 1894, il fut bibliothécaire du Palais du Luxembourg/Sénat. Il dut cette nomination à Jules Simon (1814-1896) qui était Ministre de l'Instruction Publique et le 11 février 1886, il fut élu, à l'Académie Française, au fauteuil de Victor Hugo (1802-1885) qui était un grand admirateur de ses œuvres.

 

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Leconte de Lisle :

 

« Mon éminent et cher confrère,

Je vous ai donné trois fois ma voix, je vous l’eusse donné dix fois. Continuez vos beaux travaux et publiez vos nobles œuvres qui font partie de la gloire de notre temps. En présence des hommes tels que vous, une Académie, et particulièrement l’Académie Française, devrait songer à ceci : qu’elle leur est inutile et qu’ils sont nécessaires.

Je vous serre la main. »

 

 

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Inauguré en juillet 1898, dans le Jardin du Luxembourg traversé par Leconte de Lisle chaque jour, cet ensemble sculpté fut aimé de certains et rejeté par les autres. Ainsi, le grand poète Anatole France dit-il à Rodin ces mots peu flatteurs concernant l’œuvre : « Leconte de Lisle, caressé par une grande femme ailée en saindoux, me semble surtout à plaindre. Et quand je l’aperçois, je me sauve en songeant que peut-être, un jour, sous les ombrages, Monsieur Puech représentera une affaire Dreyfus en suif, baisant à pleine bouche mon buste en margarine ! »

 

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