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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

nymphe

Publié le par maplumefee
Publié dans : #caventou, #ecorce, #fontaine, #nymphe, #Pelletier, #quinine

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

J'ai choisi un poème de Claude Roy (1915-1997) qui célèbre les charmes de l'eau, la beauté enivrante d'une rivière, territoire de vie, de magie, de rêverie... Je l'illustre avec des photos d'une Nymphe incarnant les principes guérisseurs et salvateurs de l'élément aquatique.

 

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La Rivière endormie

 

« Dans son sommeil glissant l’eau se suscite un songe

Un chuchotis de joncs de roseaux d’herbes lentes

Et ne sait jamais bien dans son dormant mélange

Où le bougeant de l’eau cède au calme des plantes

 

La rivière engourdie par l’odeur de la menthe

Dans les draps de son lit se retourne et se coule

Mêlant ses mortes eaux à sa chanson coulante

Elle est celle qu’elle est surprise d’être une autre

 

L’eau qui dort se réveille absente de son flot

Écarte de ses bras les lianes qui la lient

Déjouant la verdure et l’incessant complot

Qu’ourdissent dans son flux les algues alanguies. »

 

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Poème de Claude Orland, nom de plume Claude Roy (1915-1997). Ce monsieur était un esprit brillant, un polygraphe* et un polymathe* : poète, romancier, chroniqueur littéraire, journaliste, essayiste, historien d'art, auteur de contes pour enfants...

 

https://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-roy/

 

*Polygraphe : Nom fondé à partir des mots grecs « polugraphos/poly » signifiant « plusieurs » et « graphos » désignant « l'écriture ». Ce nom évoque un auteur qui écrit à propos d'une grande variété de domaines.

 

*Polymathe : « Celui qui a étudié en grande quantité » est considéré comme un « Génie Universel ». La polymathie désigne « la connaissance approfondie d’un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences. »

 

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Au-delà du poème qui évoque l'eau, sa beauté, sa sensualité, ses pouvoirs, ses mystères... retour sur l'histoire d'une fontaine couronnée par une Nymphe.

 

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Le monument, appelé Fontaine des Pharmaciens ou Fontaine Pelletier et Caventou, se dresse à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue de l'Abbé de l'Épée, sur la place Louis Marin, dans le 5e arrondissement de Paris.

 

La Nymphe du lieu, dotée de vertus protectrices contre les épidémies, représente les eaux guérisseuses. Je l'avais évoquée il y a quelques années et vu le contexte sanitaire, je la trouve fortement d'actualité.

 

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Appelée aussi Allégorie de la Guérison, la Nymphe a été sculptée en 1951 par Pierre-Marie Poisson (1876-1951), un artiste dont le travail, fondé sur une recherche de pureté lisible à travers la puissance et la simplicité des formes, peut être admiré en Province et en divers endroits de Paris.

 

La fontaine, inaugurée le 2 mars 1951, rend hommage à deux esprits brillants, personnalités incontournables du monde de la pharmacie : Joseph Bien Aimé Caventou (1795-1877) et Pierre-Joseph Pelletier (1788-1842) qui furent à l'origine de l'obtention de la Quinine.

 

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P.-J. Pelletier

 

Pierre-Joseph Pelletier rencontra Joseph Bien Aimé Caventou à l'Hôpital Saint-Antoine. Ils se lièrent d'amitié et étudièrent les substances d'origine végétale, travaillant à en extraire les principes actifs.

 

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Joseph Bien Aimé Caventou

 

Ils nommèrent la « Chlorophylle » en étudiant la substance verte qui compose les feuilles et, en 1818, ils isolèrent la Strychnine de la Fève de Saint-Ignace et de la Noix vomique. Mais la découverte qui les rendit célèbres est sans conteste celle de la Quinine.

 

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La Quinine est extraite de l'écorce du Quinquina (Cinchona officinalis condaminea), arbuste ou petit arbre sempervirent (à feuillage persistant) de la famille des Rubiacées, originaire de l'Équateur, de la Cordillère des Andes et d'Amérique centrale. Le Quinquina fut découvert par le Chevalier Charles Marie de La Condamine (1701-1774), explorateur, astronome et encyclopédiste au service de Monseigneur le Duc d'Orléans.

 

Charles de La Condamine découvrit les Cinchona (ceux que vous pouvez voir sur ma photo) en 1739, dans la province de Loxa au Pérou. Il voyageait avec Joseph de Jussieu (1704-1779), médecin, naturaliste et frère des célèbres académiciens Bernard et Antoine de Jussieu et avec l'astronome, physicien, mathématicien et hydrographe Pierre Bouguer (1698-1758).

 

Pour certains, le nom Cinchona dérive de celui de l'épouse d'un vice-roi du Pérou, la comtesse de Chinchon qui, d'après plusieurs témoignages, aurait été guérie d'une violente fièvre, en 1635, grâce à une décoction d'écorce de quinquina.

 

L'écorce séchée et pilée fut appelée « poudre de la comtesse » ou « poudre des Jésuites » car les Jésuites connaissaient les vertus fébrifuges, digestives, toniques et antipaludéennes du remède obtenu. En péruvien, « kina-kina » signifie « écorce des écorces ».

 

C'est à Pelletier et Caventou que nous devons l'obtention de la quinine cristallisée à partir de l'écorce du quinquina.

 

Le quinquina a également permis d'obtenir le remède China officinalis qui apparaît comme le tout premier décrit par Samuel Hahnemann (1755-1843), le père fondateur de l'Homéopathie.

 

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Avant la fontaine qui rend hommage aux deux célébrités du monde de la Pharmacie, il y eut un premier monument inauguré le 7 août 1900. Une souscription internationale permit de faire ériger un socle puissant décoré de beaux caducées (œuvre de l'architecte Georges Lisch, arrière petit-neveu de Caventou) et deux statues de bronze (créations d'Édouard Lormier) représentant Pelletier et Caventou portant leur toge professorale. Hélas, fin novembre 1941, les allemands firent déboulonner les statues afin d'utiliser le cuivre qu'elles contenaient pour le sulfatage des vignes.

 

Après de nombreuses difficultés, un nouveau monument, celui que nous admirons aujourd'hui, a été créé au même emplacement. Le socle -qui est resté le même- est surmonté de la Nymphe qui évoque la Guérison.

 

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Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée, chers Aminautes. Merci de votre fidélité et gros bisous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chenier, #fut, #jpg, #nymphe, #vers

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne...

 

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J'ai choisi un poème d'André Chénier, « Invocation à la Poésie ». La Poésie, fille de l'Inspiration, y est perçue comme une Nymphe, esprit de fécondité, médiatrice entre le monde humain et celui des dieux.

 

J'illustre ce billet avec des photos d'une statue appelée « La Nymphe », visible au Jardin des Tuileries. Photos prises au fil des saisons et que je n'avais pas encore publiées.

 

« Nymphe tendre et vermeille, ô jeune Poésie !

Quel bois est aujourd’hui ta retraite choisie ?

Quelles fleurs, près d’une onde où s’égarent tes pas,

Se courbent mollement sous tes pieds délicats ?

Où te faut-il chercher ? Vois la saison nouvelle :

Sur son visage blanc quelle pourpre étincelle !

L’hirondelle a chanté ; Zéphyr est de retour :

Il revient en dansant ; il ramène l’amour.

L’ombre, les prés, les fleurs, c’est sa douce famille,

Et Jupiter se plaît à contempler sa fille,

Cette terre où partout, sous tes doigts gracieux,

S’empressent de germer des vers mélodieux.

Le fleuve qui s’étend dans les vallons humides

Roule pour toi des vers doux, sonores, liquides.

Des vers, s’ouvrant en foule aux regards du soleil,

Sont ce peuple de fleurs au calice vermeil.

Et les monts, en torrents qui blanchissent leurs cimes,

Lancent des vers brillants dans le fond des abîmes. »

 

André Marie de Chénier (1762-1794)

 

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Esprit brillant, André Marie de Chénier réussit haut la main ses études littéraires classiques au prestigieux Collège de Navarre à Paris. La poésie fit palpiter son âme, inspirée par sa enfance voyageuse... Il naquit à Constantinople (sa mère était grecque, son père français) et fut élevé, entre légendes et histoires locales, dans la cité de Carcassonne.

 

Il aima profondément la littérature antique et la mythologie gréco-romaine. Il commença à écrire très tôt et, suite à un chagrin d'amour et une tentative inaboutie de carrière dans l'armée, il reprit ses habitudes de voyageur, explorant les beautés de l'Italie et les paysages emblématiques de la Suisse. Il fut par la suite journaliste et philosophe et devint un auteur incontournable du Journal de Paris. Désireux de sauver le roi Louis XVI (1754-1793), il s'impliqua dans sa défense auprès du magistrat Malesherbes (1721-1794).

 

Ses opinions monarchiques et sa tentative d'aider le roi le mirent en danger. Il dut fuir Paris pendant l'été 1792 et fut arrêté à Passy, le 7 mars 1794. On l'expédia à la prison Saint Lazare où il fut condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire. Il fut guillotiné à Paris le 7 Thermidor de l’an II (25 juillet 1794) à l’âge de 31 ans.

 

Il est toujours considéré comme l'un de nos plus grands poètes...

 

 

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Beauté de marbre, la Nymphe des Tuileries fut sculptée en 1866 par Louis Auguste Lévêque (1814-1875) et installée en 1872 à proximité du Louvre et du Jardin du Carrousel. Commandée par Napoléon III (1808-1873), elle s'est parée des traits de l'impératrice Eugénie de Montijo (1826-1920).

 

Elle a été photographiée par Eugène Atget (1857-1927), vers 1905.

 

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La photo se trouve au Musée Carnavalet, musée de l'histoire de la ville de Paris.

 

Cette Nymphe, émanation de l'impératrice Eugénie, est représentée en train de regarder son chien, un braque, en train de boire dans un plan d'eau imaginaire. (Il serait bien qu'on lui refasse des mains, la pauvre!)

 

 

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Vous apprécierez sûrement ce beau toutou accompagnant sa maîtresse et si la Symbolique du Chien en Orient et aussi en Occident vous intéresse, j'ai écrit il y a quelques temps un article à ce sujet.

 http://chimereecarlate.over-blog.com/2019/02/de-l-annee-du-chien-a-l-annee-du-cochon-entre-orient-et-occident-un-passage-riche-de-symboles.html

 

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 La Nymphe, pendant l'hiver 2019... Dans sa blancheur marmoréenne, en résonance avec les nacres de la neige.

 

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Merci pour vos gentils messages,

 

Belles pensées pour vous et ceux que vous aimez, gros bisous !

Plume

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