Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

anciens

Publié le par maplumefee
Publié dans : #anciens, #eau, #nenuphar, #petit, #rose

 

Image001.jpg

 

A Bercy, en contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent devant la Demeure X d'Étienne-Martin, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

 

Image002.jpg

 

Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

 

Image003.jpg

 

On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

 

Image004.jpg

 

Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

 

Image005.jpg

 

La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

 

Image006.jpg

Paul Chabas (1869-1937), Les nénuphars.

 

Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

 

Image007.jpg

Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

 

 

Image008.jpg

Vitrail aux nénuphars du maître verrier Jacques Grüber (1870-1936). Virginia Museum of Fine Arts.

 

Image009.jpg

Détail du vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber.

 

Image010.jpg

Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

 

 

Image011.jpg

Émile Gallé (1846-1904), Vase Nénuphar en verre multicouche, fond filigrané et marqueteries de verre gravées à la meule. Crédit Photo © fine-arts-museum.be

 

 

Image012.jpg

Panneau de céramique, aux poissons et nénuphars, créé en 1900 à la Faïencerie et Manufacture des Arts de la Table de Mettlach (née en 1836 à l'initiative de deux anciens concurrents, Nicolas Villeroy et Jean-François Boch...) Crédit Photo Villeroy&Boch.

 

Image013.jpg

Crédit Photo Villeroy&Boch.

 

Image014.jpg

Encrier Art Nouveau, femme allongée sur une feuille de nénuphar.

 

Image015.jpg

Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d’œuvre au musée d'Orsay.

 

Image016.jpg

 

Image017.jpg

 

Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

 

 

Image018.jpg

Claude Monet (1840-1926), L'étang aux nénuphars, 1897/1899.

 

Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia et des fleurs qualifiées de faux nénuphars qui se mirent délicatement dans l'eau.

 

Image019.jpg

Artiste © Theresa Ferguson

 

 

Image020.jpg

Faux nénuphar (Nymphoides peltata)

 

 

Image021.jpg

Charles Courtney Curran (1861-1942), peintre américain dont l’œuvre est une rencontre entre Réalisme, Impressionnisme et Symbolisme, Nénuphars.

 

L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

 

Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

 

Image022.jpg

© Elaine Ferdinandi, Water beauty.

 

Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

 

Image023.jpg

© Ann Mortimer, Water Lilies.

 

Associé à plusieurs mythes de création du monde et consacré à la Lune et à la Nisse, la Déesse des Eaux, le nénuphar représente pour les peuples anciens, en Europe mais aussi chez les Mayas et les tribus Amérindiennes, l'abondance, la fertilité et la connaissance des choses enfouies. Il apparaît comme une « clef magique » utilisée par les chamanes pour la traversée des mondes aquatiques souterrains et l'on dit qu'il existe une porte secrète sous le Victoria Regia ou Amazonica, le plus grand nénuphar existant (un spécimen pouvant atteindre jusqu'à trois mètres de diamètre)...

 

Image024.jpg

Vitória Regia par © JanainaArt sur DeviantArt.

 

Victoria ou Vitória Regia est un superbe nénuphar qui s'épanouit sur le fleuve Amazone et dont les pétales blancs parfumés ne s’ouvrent que la nuit et se parent de rose au lever du soleil. D'après une légende indienne, il serait né grâce à la Lune qui aurait transformé en fleur la princesse Naiá.

 

 

Image025.jpg

© Anna Vinogradova

 

Image issue de mon article intitulé Roussalki, les enchanteresses de l'onde et les dieux slaves, publié sur La Chimère écarlate.

 

Symbole de transformation, d'accomplissement, d'épanouissement de soi au-dessus de la frontière mystérieuse des eaux, le nénuphar était aussi le gardien des petites fées...

 

Image026.jpg

 

 

Image027.jpg

Harold Gaze (1939-2012), Fée des eaux, 1929.

 

 

Image028.jpg

Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

 

 

Quant aux Nymphéas de Claude Monet, fantasmagories artistiques mêlées de nénuphars, iris et autres roses d'eau, on les admire à Giverny, village situé sur la rive droite de la Seine, aux confins de l'Île de France et de la Normandie, jardin d'eau chevauché par un petit pont à la fois réel et chimérique, et dans le Musée de l'Orangerie, aux Tuileries, que je vous ai déjà présenté...

 

Image029.jpg

Les Trésors de l'Orangerie, Chapitre Deux

 

 

Je vous souhaite une bonne préparation de la rentrée et pense bien à vous, chers aminautes !

 

Image030.jpg

Fée des Nénuphars, illustration SEG

 

Que cette petite fée souffle vers vous de gros bisous...

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #anciens, #halloween, #monde, #racines, #sorciers

Image1

 

Peuplée de sorcières, de vampires, de fantômes et de créatures issues du folklore anglo-saxon, la fête d'Halloween jaillit dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Importée aux Etats-Unis par les Irlandais, les Gallois et les Ecossais vers le milieu du XIXe siècle, Halloween plonge ses racines complexes dans le terreau des siècles celtiques. Dans ces périodes lointaines, on célébrait Samain ou Samhain, Samon ou Samonios en Gaule et Soween, en Irlande, qui signifie « fête de l'entrée dans l'hiver ».

 

Sacrée pour les Celtes et les Gaulois, cette nuit mystérieuse ouvrait les portes de « l'année sombre », du 31 octobre au 31 avril.

Image2 (Illustration ancienne venant de la collection de Gabriella Oldham. Carte éditée en 1988 par Dover Publications.)

 

 

Une fête aux multiples visages

 

A cette date fatidique, les tribus se réunissaient autour de grands brasiers pour affronter l'obscurité, peuplée d'êtres maléfiques. Des festins se succédaient, marquant la fin des activités guerrières au début de l'hiver. Agapes initiatiques au cours desquelles on « dévorait » rituellement le roi de l'ancienne année avant d'introniser le nouveau.

 

Des porcs, animaux chthoniens, conducteurs des âmes et messagers entre le monde humain et celui des dieux, étaient sacrifiés.

 

Des repas étaient dédiés aux ancêtres. Des chants, accompagnés de danses à caractère prophylactique, éclataient dans la nuit. Les outils agricoles étaient mis au repos.

 

Présente sous de nombreuses formes, la mort est initiatique et nourricière. Dans les légendes celtiques, elle attend le roi et ses guerriers dans le ventre d'un chaudron magique, sorte de puits ouvert sur le monde d'en-bas, espace temps d'épreuves et de dangers qui régénèrent l'impétrant, renouvellent ses forces en même temps que celles de la communauté.

 

Image3

(La Déesse à la Pomme, illustration venant du Tarot de Merlin, créé par R.J. Stewart et illustré par Miranda Gray).

 

 

Dans la terre profonde, entremêlée de racines que les sorcières utilisent pour concocter leurs différentes mixtures, vivent des esprits qui s'incarnent sous la forme de lutins maraudeurs et d'animaux noirs. Ces « entités » sont particulièrement voraces à la période d'Halloween.

 

Image4

 

 

Héritière de superstitions et de rituels très anciens, ancrés dans le folklore anglo-saxon, Halloween se présente comme la résurgence de nos propres traditions, réveillant un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

Parés de costumes et de masques, les enfants et les adultes défilent dans les rues en tenant des lampions, des lanternes, des balais de sorcières et différents accessoires magiques.

 

Dans le monde anglo-saxon, les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent une phrase consacrée: « trick or treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort »! Ils reçoivent des sucreries, des babioles ou des pièces de monnaie dans un sac ou un petit chaudron.

 

Un peu partout, se dressent des citrouilles évidées et sculptées dans lesquelles sont placées des bougies, de manière à créer des visages de feu qui défient l'obscurité de la nuit.

 

 

Image5

(Illustratrice Ellen H. Clapsaddle (1865-1934), collection de Gabriella Oldham. Carte éditée en 1988 par Dover Publications.)

 

 

« Fruits-visages » et lampes d'Halloween

 

Originellement, ces lampes fantastiques étaient creusées dans de gros légumes et dans des fruits. A partir de l'équinoxe d'automne, les racines, les rhizomes et les tubercules se « chargent » de pouvoir. Transformés en lanternes flamboyantes, ils sont réputés éloigner les démons tapis dans les ténèbres et le froid.

 

Image6

 

 

Ces « têtes lumineuses » étaient placées autrefois à la croisée de plusieurs chemins (lieu associé aux apparitions du Diable, aux sabbats des sorcières, aux rencontres avec l'au-delà), à l'entrée des cimetières et devant les bâtiments en ruines, repaires de rôdeurs maléfiques...

 

Image7

 

La tradition des Rommelbootzen ou « têtes de mort de la Toussaint » existe toujours en Lorraine et en Moselle. De grosses betteraves sont creusées en formes de masques grotesques et illuminées par de petites bougies. Elles sont ensuite placées aux croisées de chemins, au pied des calvaires et sur le rebord des fenêtres. La coutume veut que les sculpteurs de betteraves y « transfèrent » un peu de leur âme.

 

Image8

(Affiche du festival des « Betteraves Grimaçantes »
qui se déroule au château Saint Sixte de Freistroff,
près de Bouzonville en Moselle, du 26 au 31 octobre 2011.)

 

Les racines relient le monde des profondeurs au monde de la surface où évoluent les vivants. Dans le folklore du nord de l'Europe, certaines racines sont « habitées » par des esprits dont il faut se concilier les faveurs. Les légendes allemandes font référence à Rübezahl, le « compteur de navets », un démon de la terre que l'on appelle aussi « Maître Jean », « Seigneur Jean » ou « Sire Jean ».

 

Originaires d'Amérique, les grosses citrouilles oranges (pumpkin), se développent sur des lianes luxuriantes. Leur peau épaisse se partage en quartiers. Leurs grandes feuilles vert vif forment des vrilles décoratives. Leurs fleurs jaune d'or en forme d'entonnoirs se forment à la fin du printemps. Gorgées de graines à la période d'Halloween, elles évoquent la fécondité et la mort. Elles symbolisent la connaissance et tissent des liens subtils entre les mondes. Leurs graines rissolées sont des trésors d'énergie et de vitamines à déguster.

 

Le potiron vient aussi des Amériques. Ce beau fruit se distingue par ses couleurs variées, du rouge vif au vert foncé en passant par l'orange lumineux. Sa chair appétissante excite les papilles et stimule l'imagination des gourmands. Sa chair est moins filandreuse et plus sucrée que celle de la citrouille.

 

Image9

 

Courges musquées, butternut ou spaghetti, giraumons, potimarrons, pâtissons... le monde des cucurbitacées nous régale de bienfaits. Avec leurs couleurs solaires et leurs silhouettes bizarres, ces « merveilles végétales » sont les emblèmes d'Halloween.

 

Le lendemain d'Halloween, on aborde la « sobre » Toussaint, suivie, le 2 novembre, du « Jour des Morts ».

 

Contrariée par la survivance des rituels de Samain, l'Eglise voulut substituer le culte des saints à celui des esprits et des âmes. Au IXe siècle, sous l'égide du pape Grégoire IV et de l'empereur Louis le Pieux, la Toussaint telle que nous la connaissons prit davantage d'importance. Mais l'Eglise ne put éradiquer les vieilles croyances qui perdurèrent, sous des formes plus ou moins actives, suivant les régions.

 

Image10   Image11

 

 

A la fin du Xe siècle, l'abbé Odilon de Cluny ordonna qu'une messe soit célébrée pour les morts, le 2 novembre, mais chaque 31 octobre, l'ancienne tradition est perpétuée par les chandelles brillantes, les citrouilles grimaçantes, les incantations ludiques et les déguisements facétieux.

 

Image12

 

Halloween Greetings!

 

Image13

(Illustration ancienne venant de la collection de Gabriella Oldham. Carte éditée en 1988 par Dover Publications.)

 

 

Bibliographie

 

MARKALE, Jean: Halloween: histoire et traditions. Imago Editions, 2000.

 

PREAUD, Maxime: Les Sorcières Catalogue d'exposition. Paris, 16 Janvier-20 Avril 1973, B.N. Paris: Bibliothèque Nationale, 1973.

 

RONECKER, Jean-Paul: Halloween.Puiseaux: Pardès, 2000.

 

VALENCE, Marie de: S comme sorcière.Vallon-en-Sully: Cercle Beltane, 2000.

 

WARGNY, Guy de: La France des sorciers.Saint-Pierre-lès-Nemours: EUREDIF, 1980.

 

Image14

 

Image15

 

Plume4

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog